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Il.

TOtrBSr tUP. lrE J. DoUSEÀpU.

lois

,I

I

I

I

HISTOIRE

DE

T{. S. JÉ$US.CHRIST

ET DE SON SIÈCIE

\

D'ÀPRÈS tAS DOTUMENTS ORIGINÀUX

DÀB ,

LE CÎ' DE STOTBERG

TRÀDIIITfi DE ['ÀU,EMÀNI)

ÀI'GUDNîÉ]E D,TII{E II{TRODUCTION ET DE NOTES UISTORIQÛDS

P.m M. r'assÉ JAGBR

pRoFEssEIIB D'EtsrotRE EccLÉsrÀsrIQUE a r,l rtcur,rÉ us tnÉoloclg DE PÀBls

TROISIÈME ÉNTTTON

REYTIE ET CONRTGÉE

PÀRIS

A LA LIBRAIRIE DE PtriTIi ET.D'EDUCATION

I"ÀIIGIUSND

VAIOIT

46 , nuE nu nic

r e5e

INTROI}T]CTION

--æ--'

Lorsqu'en Allemagne tant de faux docteurs, tels que

Strauss ,. Neander, Hase , d'Ammon , etc. , s'élèvent

pour anéantir les faits évangéliques sous le beau titre

dela Vte ile trésus, il est bien h propos de donner une

véritable vie de Jésus-Christ, pour prémunir les ûdèles

contre les subtilités et les blasphèmes de ces nouveaux philosophe$. Car, pour repousser leurs attaques, il n'est

pas nécessaire d'entrer dans de longues discussions, et

de les suivre pas à pas dans leurs recherches anti-chré-

tiennes; il suffit de lire attentivement les évangiles ,

qui portent un caractère de vérité qunon sent bien plus

qu'on ne le prouve, et contre lequel toutes les subtili-

tés des philosophes ne peuvent rien. En effet, à la pre-

mière ouverture de ces livres, on voi[ que les apôtres parlent de conviction de cæur, qu'ils ne sont pas des

enthousiastes, ni des visionnaires. Ils exposent avec

assurance ce qu'ils ont vu, ce qu'ils ont entendu

,

et

ee que leurs mains ont touché I ; ils en appellent au

t Quotl fuit ab initio, quod audivimus, quod vidimus oculis

noshis, of perspeximus, etmanus nostræ contrectaverunt de Verbo

est, et vidimus, et testamur, et annun-

vitæ, et vita manifestata

ciamus vobis, (I Jean, l, L.)

fi

INTRODUCTION.

témoignage de leurs contemporains t, ils racontent les

événements les plus merveilleux avec une naïve sim-

plicité, sans enthousiasme, sans éloge et sans réflexion,

et ne dissimulent pas même leurs propres défauts. Écrivant en divers temps et en elivers lieux, ils sont d'accorcl sur les mêmes faits, et leur différente ma-

nière tl'écrire , ainsi que leurs variantes, bien loin

d'affaiblir leur témoignage, le conlirment au contraire comme le dit saint thrysostôffiê 2, en éloignant jusqu'au moindre soupçon d'qn plan concerté. Éloignés les uns

,

cles autres , dispersds dans les diverses parlies de I'uni-.

vers ? ils ûennent toujours un même langage, sans se

déconcerter et sans jamais sê démentir; ils prêchen[

partout dans les assemblées avec un zèle et une assu-

raûce que la'vérité seule peut donner. Ce qu'ils gnt

prêché, ils le soutiennent devant leS magistrats , dans

les prisons et les fers , au milieu des, tourments, et le

scellent de leur sang. Et ce qui est peutétre plus

extraordinaire encorç, Cest gue saris lettres et sans

ddtcatiort, ils se présentent hardiment au monde ,

r Viri lsraelitæ, audite verba hæc: Jesum Nazarsnum, virum

approbatum a Deo in verbis, in virtutibus, et prorligiis et signis,

in rnedio vestri, ut vos ssitii. (Act., nre2;

guæ fecit Deus per itlum

voyez auqsi xi 37, 38. )

2 Sæpo enim intep so dissentire deprehenduntur. Cert iltud ipsum magnum est prg. veritate argunlenturyl. Si enim omnia accu-

rate consonassent, quantum atl'tempus; et quantum ail loca et

quantunl ad ipsa veuhà r'ex inimicis'uemo crediturus erat; sed ex mutuo lrumanoque conssnsu hæc scripta fuisse putassent; atque

hujusmodi consonantiam,

dero. Jam vero illa quæ, in exiguis rebus, deprehendi vidotur

,,

non ox simplicitate sinceritateque proce-

diversitasr' omnem ab illis suspicionem depetlit, smibentiumquo fldem clare vindicat. ( Chrysost. in i|atth. præmium. T. VII, p. 6;

INIITODUCTION.

III

entreat er discnssion avec les sages, les cQnfondent

par leur sagesse, et leur annoncent une doctrine in-

connue et sublime, bien supérieure à toutes les idées reçues, et surtout h celles qu'ils ont pu trouver dans la

Judée, s'dlevant h une hauteur h laquelle n'anrait osé viser âucun philosophe. Cette réflexion est de sainr

Chrysostôme ; rr lls sont illettrés, dit ce Père, e[ ce

(

a

n

n

que jamais aucun philosophe n'aurait rêvé , ils I'an-

rloncetrt avec une pleine assurance, et le persuadent

Dotr-sgulement de leur vivant, mais encore après leur

mort, noo h deux ou à vingt personnes, non h cent,

à mille ou à dix mille, mais h des villes entières, h

des nalions, h des peuples, à la terre, h la mer, h

la Grèce, â[x Barbares, h I'univers habité et aux

déserJs, et, pourtant ils parlent de choses qui sont

bien âu-dessus du génie de I'homme r. n De pareils

envoyés ne sont pas des imposteurs, ce n'est pas ainsi

qu'on invente. Yoilh ce gue se clit tout homnre qui lit

attentivement les évangiles; voilh ce que se dit burtout

celui qui a longtemps erré dans les régions abstraites

d'une vaine philosophie, et qui, fatigué de tant de

courses inutiles, revient enfin tout altéré h cette source pure. C'es[ alors qu'on sent le plus I'excellence rl'un livre qu'on a dédaigné d'abord. Saint Augustin, longtemps dgaré dans les vains sys-

a

a

a

a

a

I Quæ enim ne per somnium quidem

exteri imaginari potuerant,

e[ suadent, fuque non

_ hæc cum auctoritate magna hi annunciant

podg in vivis agentes, sed etiam defuncti, non duobus vef

hominibus, non centenis

viginti

vel millenis, vel decies millenis; sed

urbjbus, gentibus, populis, terræ, mari, Græciæ, barbarorum

regionibus, orbi e[ desertis. Et certe ea persuadebant quæ naturam

1oslram

longe probantur

exædere. ( Chrys. in Natth. premium.

T. VlI, p. l0; édit. Gaume. )

rv

INIR0DUCTION,

tèmes de philosophie, revient à l'Écriture

,

il

y trouve

tout son bonheur, il regrette le temps qu'il a perdu

dans les lectures iles philosophes. n A peine, dit-il

r

(

,

avais-je achevé de lire, qu'il se répandit dans mon cæur comme une'lumière qui lui rendit Ia paix, et

c qu'h l'instant méme se dissipèrenl les ténèbÏes dont <t rl€s doutes la tenaient enveloppée n. r Pénétré de la

divinité des Écritures; il jette loin de lui , avec une espèce de dégofit, tous les livres des philosophes.

a Nulle trace, s'écrie-t-il, dans les pages qu'ils ont

a dcrites , ni de I'humble piété des chrétiens, ni des

a larmes de la pénitence , ni du sacrifice qui vous est si

c'agréable, il'un cæur brtsé et humtltë.0n n'y entend

\,,

.{{r

tr, parler ni de la cité céleste,'votre épouse bienheu-

(

(

a

r

r

reuse, ni de ces prémices rJe votre esprit que vous

nous donnez dès ici-bas, ni du calice adorable qui

est le prix de notre rédempiion. Lh ne retentissent

pdint ces divines paroles : IWon dme ne saw-t-elle pas

soumise au' Sei,gneur?

C'est ile lui, rye uienilra ma

; mon, salut et ma gloire,

r iléli,arance. Il est mon astle

t

a

r

je ne serat, ytoint ébranlë. Lh ne se fait point entendre

la voix de celui'qui crie : Venes ù, mor,, aous tous qur,

êtes éputsés ile traao,tl; et ces superbes tlédaignent

<r d'apprendre de lui qu'il est iloùn et humble ile cæur ;

(
(

car ces choses, Seigneur, uous les auer, caclÉes aun sages et aun sauants, et uou,s les aaer, réudlées aun

,r kumbles et auæ petîts 2. )

La princesse de Gallitzin, dont il est question dans

t Confess. S. Aug., liv. VIII, chap. 12. Confess. S. Aug. tir'. YII, chap. 21.

'?

l

INTRODUCTION.

V

l

)

ce[ ouvrage r, détournde de la religion par le grand

monde, et mécon[ente d'elle-méme, chercha h étàncher

sa soif à la sagesse de Socrate r pour lequel elle éprou- vait une vive sympathie; mais sentan[ bientôt le vide et

I'insùffisance de cette philosophie, elle ouvrit l'évan-

gile de saint Jean. Ravie de l'élévarion et de la simpli- cité de la doctrine de Jésus.Christ, elle s'écrie : a Non, r jamais aucun sage qui ne fut qu'un homme ne parla

n ainsi?l ))

Les philosophes auront beau atlaquer les vérités

évangéliques, leurs efforts échoueront

l'évidence des faitô. Il y a dans l'Évangile un cachet

toujours devant

divin qui ne peut être contrefait, quelque chose d'ini- mitable qui ne peut être inventé par les hommes; il y.

a rn caractère de vérité qui frappe tout esprit juste et qui entraine les plus rebelles. Yoyez ce qu'en dit Jean-

Jacques Rousseau, malgré son impiélé et sa profonde

dépravation. a Je vous avoue

dit-il, que la saintetd de

l'Évangile est un argument qui parlà h mon cæur, e[

r

,

auquel j'aurais méme regret de trouver quelque

r

a

( avec toute leur pompe : qu'ils sont petits près de

bonne réponse. Yoyez les livres des philosophes

a celui-lh. Se peut-il qu'un livre à la fois si sublime et

a si simple , soit l'ouvrage des hommes ? Se peut-il que celui dont il fait l'histoire ne soit qu'un homme

Iui-méme? Est-ce lh le ton d'un, enthousiaste ou

(
(

d'un ambitieux sectaire ? Quelle douceur, quelle

I Page 260.

z La, piété de cette princesse, qui avait embrassé la

lique, fit sans doute

embrassa la religion

missionnaire en AmériEre, où

il est encore.

retigion catho-

de profondes impressions sur son fils, qui cailrolique comme elle, et se ût prêtie-et

vr

rNrRoDucllolt.

(

(

n

a

(

pureté dans ses mæurs I Quelle grâce torrchante dans

ses insBuctions I Quelle élévation dans ses maximes I

Quelle profonde sagesse dans ses discours I Quelle

présence d'esprit t Quelle {inesse et quelle justesse

dans ses réponses I Quel empire sur ses passions I Otr

a esl I'homme , où est Ie sage qui sait agir, souffrir, et

r mourir sans faiblesse et sans affestation

a

n

a Du sein du

(

Mais oir

Jésus avait-il pris'chez les siens cette morale élevée

et pure dont lui seul a clonné les leçons et I'exemple?

plus furieux fanatisme, Ia plus haute

entenelre, 0t la simplicité des

sagesse se ût

a

plus héroiques verlus honora le plus vil de tous les

a 'peuples. La mort de Socrate philosophant tranquille-

n rnetrt avec Ses amis est la plus douce que I'on puisse

rr desirer; la mort de Jésus expirant dans les tour-

(

ments, injurié" raillé, maudit de tout un peuple,

rr s[ la plus horrible que I'on puisse craindre. Socrate,

( prenant la eoupe empoisonnée, bénit celui qui la lui ,r présente et qui pleure; Jésus, au milieu d'un sup-

<r plice affreux, prie pour ses bourreaur acharnés. Oui,

,r si la vie et la.mor[ de Socrate sont d'un sage, la

<t vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu. Dirons-nous

que I'histoire de l'Éyangile est inventée h plaisir ?

(

a

Mon ami, ce n'est pas ainsi qu'on invente, el les

tr

fai[s de Socrate elont personne ne doute, sont moins

c

attestés que ceux de Jésus-Christ. Au fond, c'est

r reculer la

difficulté sans la clétruire; il serait plus

a inconcevable que quatre homrnes d'accord eussent

a fabriqué ce livrer' qu'i[ ne I'est qu'un seul eu ait

a fourni le sujet. Jamais des auteuns juifs,n'eussent

a lrouvé, ni ce tou , ni cette morale, et l'Évangile a r des caractères de vérité si grands, si frappants, si

tNTnoDUcrloN'

vll

( parfaitement inimitables, {u0

a plusétonnantque

l'inventeur en serait,

Rousseau, il es[vrai,

le hérost. >

tptet ce

magnifique éloge trouve dans l'Évangile des

- - ---------------_t

choses î,ncroyables, iIæ ehoses qui, t'éTtugnent ù Ia raisott, , et Et'il est imqtossible ù' tout homme sensé de conceaoi,r et

d'aifunettre'. On sai[ que selon le langage de Rousseau ' tout ce qui est au-dessus de la raison est incroyable,

répugnant à la raison, et.ne peut étre conçu ni admis

par

un homme sensé. Mais s'il y avait bïen fait atten-

ti.on, il aurait trouvé même, comme saint Chrysos-

tôme, dans ces choses tnmogables qui,, selon.lui , répu'

gnmt ùlaranson, un nouveau caractère de vérité; câr

les hommes n'inventent que ce qui est h leur portée.

On voit Bar ces exemples, qu'il serait facile de multi-

plier, que pour sentir la vérité de l'Évangile et la futilité des objectioris qu'on y oppose, il sulfrt de le lire. En

le lisant, tous les doutes disparaissent comme les ténè-

bres devant la lumière, e[ I'on n'a qu'un seul regret,

c'es[ de n'avoir pas connu plus tôt cetle source pure '

et tl'avoir été si loin pour ehercher h v'érité, lorsqu'on . la trouvait de si près. C'est ce qu'ont éprouvé loutes

Ies persoanes du monde qui ont cherché sincèrement

Dieu; Cest ce qu'a éprouvé Ïauteur lui-même de cette

histoire, QUi, après s'ê[re longtemps appliqué a la phi- Iosophie païenne s e[ aux divcrs systèmes du protes- tantisme allemand, est revenu sincèrement h Dieu par la lecture des livres saints dont il a fait toutes ses dé-

r Émile,liv. IV.

2 lbôd.

3 stolberg nôus a laissé une tratluction en trois volumes , des

derniers discsurs de Socrate, et iles sublinrcs dlalogues de Platon.

VIII lices t. son histoire de Jésus.christ,

INTRODUCTTON.

italien parordre de la

tldjà tradrdte en

propagande, est un chef-d,æuvre

àe sa'vaste éruclition et le

il a mis tous les trésors

t fruit de ses Iongues recherches.

sans être prolixe et

diffus,'comme re père de Ligny,

comme sous.beaucoup

stolberg a fait

piété

sur lequel il a sous ce rapport,

d'autres, une supériorité incontestable,

de la vie de Jésus - chrisr un ouvrage à la fois die

et de science. De piétd, car l'auteur était sincèrement

aliment par

plus rle

vivacité, et lui firent jeter,sur le papier cles traiis brt-

pieux ; s.s sentime'ts recevant un nouvel

ses méditations sur l'Évangile, éclatèrent avec

ful!:

qui pénèrrenr l'âme et réveillônr le cæur le

plus

indiflërent. De science, pâr le soin qu'il a mis h clas-

ser les faits, h réunir res quatre évangiles

9t I9s prophètes, pour en former un'Je'l tout, h lever

, res épitres

les difficultés , à expliquer les usages cles Juifs, à faire

concourir les auleurs profanes h établir I'auttrenticité

contradictions appa-

hèu-

effets en Àllemagne u. Après I'avoir lu et relu

plusieurs ftiis avec une sorte clbnthousiasme, j'ai cru

rlps faits et h concilier toutes les

'entes.

aussi son ouvrage a-t-il produit les plus

r,eur

!!'on ne pouvait rendre un plus grand

ficlèles

,

e[ surrout h la jeunesse chrétienne

,*roi., ,o"

, qu'en le

point

publiant dans notre la,gue. La chose n'étaii

facile; I'auteur a. une manière d'écrirq qui. esl h lui ; ,

et

t

-qqfbe1S,

à

fervent protestant, a embrassé ta

religion

catholique

ert 1800,

toire de la Religion.

la suite des recherches qu'il avait faites-pour 6on /tis-

' soÎ ouvrage a conrirmé les

catholiques dans leur croyance e[

ôroit qùË c'est a

ramené un assez grând nombre de prote'stants. 0n

cette lecture que le prinoe de trtecklambourg a dfi-sa convôrsion.

INTRODUCTION.

IX.

qui rdsiste le plus h la version. Un ami dévoué, M. I'abbé Bour, convaincu, comme moi, de I'utilité de I'ouvrage, a rompu les premières difûcultés. J'y ai travaillé h mon tour, vérifiant phrase par phrase, corrigeant ou modi-

tant tout ce qui pouvait être obscur dans l'original, ou

défectueux dans Ia traduction. Si nous ù'avons pas tou-

jours réussi, nous présentons du moins au public un

travail consciencieux; c'est surtout aux pères de famille

gue nous le recommandons, trê croyant pouvoir leur

offrir un ouvrage plus propre à former le cæur de'leurs enfants et, à développer leurs facultés intellectuelles.

Autrefois l'Évangile était le livre élémentaire de

toutes les écoles, Cest par lh qu'on commetrçait l'édu- cation des jeunes enfants. Saint Àugustin, consulté par

une dame romaine sun l'éducation de sa fille,'lui

répond

de. I'instruire par l'Écriture, etr commençant par les

évangiles. Fénelon propose le même plan r. Cela ne

veut pas dire que I'histoire de Jésus-Christ ne convient qu'aux enfants; elle est une source intarissable pour tous les âges. Car c'est dans la vie et dans la doctrine

de Jésus que les Pères de l'Église ont puisé leurs plus

nobles inspirations; Cest lh que Bossuet se plaisait h nourrir et h exercer son génie. Il a éprouvé ce que dit saint Jérôme, qui compare la loi tle Dieu a h un vaste a champ, croissent des témoignages de vérité

a comnie des fleurs célestes

qui récréent et charment

c I'esprit du lecteur'. I Les Pères ne trouvent pas

1 Voyez Ed,ucati,an des fi,Il,es, chap. vrr. z Latus quidem et immensus divinæ legis campus extenditur

{Hier. ad Celat., ep. ilv, t. I,

qui

diversis testimoniis veritatis, velut cælestibus quibusilam floribus

vernans, mira oblectatione

legentis animum pascit, ac refovet.

p. ll4; edit. Par, )

X

INTRODUCTION.

assez d'éloges quand ils parlent de ce sujet. c La pro-

des lettres chrdtiennes (c'est-h-dire de l'É-

a fondeur

(

a

<

criture ) est telle que si j'essayais de les étudier, en

leur donnant tout rnon temps et tous mes soins,

depuis ma tendre enfance jusqu'h la décrépitude de

a la vieillesse, je serais str de faire tous les jours

(

de

nouveaux progrès r. n Il est inutile de multiplier les

témoignages. Les Pères n'ont qu'une voix guand il

s'agit de proclamer I'ercellence de l'Écriture, dont I'histoire de Jesus fait la plus belle partie, comme le

dit le même Père'. tt C'es[ là, dit-il r QUe nous appre-

(

nons ce que nous devons aimer, ce que.nous devons

c mépriser, ce que nous devons faire, ce que nous tr devons éviter et espérer s. rr On ne peut donc offrir

rien de plus utile qu'un livre les actions et la doc-

trine de Jésus-Christ sont exposées avec simplicité par

les quatre évangélistes, cornparés et réunis. C'es[ ce

qu'a fait Stolberg avec une grande pidté et une pro-

fonde éruilition, jointe à un discernement exquis.

Puisse son ouvrage, reproduit dans notre langue,

confirmer les ûdèles dans leur foi et les garantir contre les subtilités de ces philosophes téméraires qui cher- chent aveo une infatigable ardeur à détruire jusqu'aux

r Tanta est enim christianarum profundihs litterarum, ut in eis

quotidie proficeremn si eas solas ab ineunte pueritia usque ad de-

cr0pitam senectutem maximo otio, summo stuilio,

conarer adiliscere. (August. epist. cxxxvu, t. II, p. &02.)

meliore ingenio

c Inter omnes divinas auctoritates n

{træ

sanctis litteris continen-

il,

part. u, p. l. )

tur, evangelium merito excellit. 1.l,ugust. t.

s Dictum est nobis in prædicatione

Evangelii, qnid â.maro debea-

vitare, quid speraro.

mus, quid contemnere, quid agere, quid

(August. Serm.260. InNatal. Apost,, t. v, p. {20t.)

INTRODUCTION.

XI

derniers vestiges de la foi chrétienne pour ne laisser à

I'homme que le désespoir l C'est le fruit que nous atten.

dons de cette publication.

-Â=el-q -

JrrCrn.

'$-

1

HISTOIRE

NOTRE SDIGNEUR JESUS-CHRIST

NT DE SON SIÈCIE

Êaoa--

TTVRE PREMIER

DEPDIS LÂ NÂTSSANCE DE SÀINÎ JEÂN-BADTISIE

DE JÉSUS-CHRISI

JTSOÛ,A CEI.LE

CHAPITNE PREMIER.

( au commencement

ehope;

était Ie verbe, et

ii

atiit

,io

le

verbe

piuo,

Dieu.

était en

,"

n." o,,

r.,

glre verbe étaft Dieu.

Toutes

lôilàrïlrî.!"t

.onr été faites

fait

sans

lui-

p,a11ui;rûôËi;

-otrït

r"

ru ol**"*r"t

i.if

it,

a érê' fait n'a été-

nn'lili

était la lumière des homm*r. nt

ténèbres

par lui.

,

et les ténèbres ne

homme envové ite Dieu,- ao*

pour

_r'ont

rentlre.tiiuloignrqr e r"

Il n'était

paslp.

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monde' et le monde.avait

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nous, et nous ayons vll sa groire, ta ftoirà

Ëîto"orr*i

"0,

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I trIsToIRE DE rÉsÛs-cERIsT' -

LIYIIE J'

uniquetlu Père, plein de grâce et ile vérité' D (S' Jean,

--

r,

l.

I'It.)

ïinsi

*Jl.

â,exprimel'homme

Verbe rlu Père

titr;

sublime et tligne ile tout amour'

pendant sa vle

< le disciple

éternel avait honoré,

Ainsi p4t

hiiiàUàl^d;

d'ami et ile frère.

;;Jér;|"ù":iîts.-Jtto,

ilËà"ruu.u

;ùË;iï

;il

nouvelie

ô"

qu'il

nouodite

"Ëifr**o*Ëît-ef*

saintes

;"J

pi*

Écriturels,

xur, 23i xlr, 7-2011 > telle est

annonce aux bommes au commen-

céleste,

oÈ, si je ne me trompe., et

la rie éter-

autre partie tles

$e

.autrg PQfrte nous

poot

paroles ? La

lTT:,Jt

nous a enfin

gfferts'y1i:-P

{t

tS!

augysleg

de Jésus-ehrist

à I'Incarnation ilu Fils ile

qvant tout pour entenclre le

passés, qui ailendaient avec

d;.i prt*ir de"parler ainsi, les pàroles

û""t

que

dâns-tôute

bien_s d uoj

et oir les

àlairemént exposés. el

oser bésaver un mot air sujet

ffii*i8iLiirt.irr

ii;À.,rllr.g;ffiil

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N.ùJ

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dans son

Ëi"ite

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ii

était

f,Àg"r",i-

lui

cent

ptoptOtiq"Ë,

e[

îpËrîrfiqù;,

tel

.ot-Ï

àà .o" grand. précurseur. Nous sommes

isthmË étroiiilu temps; derrière nous

le riom était alors encore

un.autre océan'. I'heu-

alliance. I[ nous tartle de nous

nous, Je-ar'

qli

{gtqlpegché'

(9'

brille

't*'

d''une

Jésus-Chri'1'

d,un rnortel l le feu

fr.ont est

empreint

pourtant il est eniwé de d.éIices'

.

.il vit

et

avec

nom

et

rioâgu tle.Fathmos'^.quantl

ile

Sion,

nontagne

millq

!w.le,

qui

avaient son'

hont : suand

[*ira.s

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dàbôut sur

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p-otr=é.tit-

;;**.l,

iîoàË"aliî"

;;#t.-il;i.l,

le bruit

d'un

il entenilit

graitlôs eaux et comme

oËix était comme le son

$undî;;;Ë,î

de

harpé

A;îËit*";Ë".ors

oui-

chantaient

iil."i:d.iïi-t-h

$ii-9uent

!a1pes'

et

comme un-cantique

coniluire-à

"rrs

nouveau-' D'{Apocal'-,

la crèche ile l,enf'ant,-à

le Fils éternel tlu bénie entre-toutes

fut.donnée

lg!

No-n' rl laisse

Faute,

la

ilifuér:r:bpUt"tTr=nous

ËËrÏiiTr"lf"a*r

i#f;;tt,

aussi

pour

del;

mère,

Ë;;ifi;dt"t*.É

br"s.

ie

ne

blasphème

qoqtrera't-il

dela

femme

viitæ ti+able

a iu ffiàti

du t*

;;r"gétistes. {Jne

dùî"û;-.g.lr

et pure'qui

aiiin

rilq?

métlitation plus

a,r l'Enfant mëme tlont

ilîi"rirî"fot-rorbËt6'pâi-f

iunombrablemilicetlescieux,

NAISSÂNTE DE SÀINT JEAN.BAPTISTE.

l'emporte au loin,

il ne s'occupe ni

ef nous entralne avec lui ! En ce moment

-de

l'espace, ni rlu temps, ni rle rien de ce

,

il ^s'ô,nfonce , lui, fils

qui est fini.^Rempli de I Espiit saint

de la poussière comme nouS, tlont les âmes sont un souffle

tte Diôu comme la sienner'il s'enfonce,

abîmes ile l'éternité, dans les profondeurs de

dis-je,

{ans les

l'Etre tles

êtres !

<r Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en

Dieu, et le Yerbe était Dieu. > Le Verbe était de toute éter- nité: il était Dieu, et il était avec Dieu. Ce Yerbe, le Verbe

sa-

gesse

essentiel, < la vérité et la vie ( S. Jean, xrv, 6)

ilu Père,

pensée

éternelle;

Dieu, et il était Dieu.

sa

Il était et

il

,

> la

il était inséparable de

est

,

suivant le grand

dans le sein du

ilit un d.e nos

F'ils; il demeure

éternellement

I

Jean-Baptiste. <r le Fils unioue crui repose

Père. o

granils docteurs, par Ie Père, car

iS.Jean,

car

,

il

est

r, 18.)

u il

esf,prodirit,

il

est son

{ui

subsiste

sa pensée,

en lui

Dieu comme lui, carie Verbe'était Dieu; Dieu en Dieu,

Dieu ile

Dieu, engentlré par Dieu, existant en Dieu, comme

,

au-dessus de

(Eléuations à,

lui Dieu: suivanf saint Paul (Rom., rx, 5)

toutes choses, et béni dans tous les siècles, > Dieu sur les mystères, par Bossuet.

Les trailitiofis les

llïs