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Questions-réponses, Migraine-Québec

(1 à 10, février 2014)

Tous maux de tête qui vous inquiètent doivent impérativement être examinés par un

médecin. Ce site et ses articles visent à donner des informations générales sur les maux

de tête, qui pourraient ne pas s'appliquer à vous en particulier.

1) Question du patient :

Je vous explique : ça a commencé exactement le 2 aout

de cette année, j’ai commencé le soir à avoir mal à la tête, ça se tolérait bien avec des tylenols. Il faut dire que je suis enceinte, à ce moment-là j’avais 8 semaines. Ensuite il ne

Ça empirait de jour en jour. J’avais des crises,

jusqu’à 3-4 par jour qui durait environ 1 hre 1h30. Mon medecin que je vois pour ma

grossesse m’a envoyé voir un neurologue (dès que je suis arrivé dans son bureau je me

il m’a

prescrit un médicament que j’ai pris 1 semaine et qui ne changeait rien alors pour mon bébé je l’ai arrêté. J’ai rappelé le neurologue pour lui dire que ça n’allait pas du tout, mais

pourtant je parlais

avec des migraineux et ce n’était pas du tout mes symptômes

une fois de temps en temps.

J’ai 30 ans et je n’ai jamais eu mal à la tête vraiment

il ne m’a pas prise au sérieux et il a dit de continuer les médicaments

suis mise à pleurer). Ce docteur m’a dit que je commençais des migraines

« J’ai vécu l’enfer il y a 2 mois

m’a plus quitté pendant 7 semaines

les voici :

Quand j’étais en “crise” je me promenais partout dans la maison en me tenant l’oeil et en

la crise était intense, parfois mon

nez et mon oeil coulaient. C’était toujours du même côté (droit) mon oeil venait

quand la

crise passait j’avais mal à la tête. TOUJOURS. Ça a duré quasiment 2 mois.Enfin, douleur EXTRÊME à l’oeil et à la nuque. Je me suis fait traiter 4 x pour le nerf Arnold :

rouge Même pendant les crises, j’avais mal à l’os du nez

pleurant

j’ai souvent pensé que j’allais mourir

plus

très mal

ensuite

aucun résultat. Ça fait 2 mois, et je suis tellement traumatisé que je cherche encore des

réponses

j’ai très peur que ça revienne

»

Réponse du Dr Leroux :

« Les symptômes décrits par cette patiente sont très évocateurs d’une céphalée de Horton (cluster headache), un problème plus fréquent chez les hommes, mais certaines femmes en sont aussi atteintes. Une référence en neurologie s’impose ».

Vous pouvez trouver davantage d’information sur la céphalée de Horton en suivant ces liens :

2) Question du patient « Mon médecin m’a prescrit Lyrica comme traitement de fond. J’hésite beaucoup à prendre un médicament tous les jours. J’ai en moyenne 3-4 migraines par mois qui surviennent surtout la nuit et c’est la douleur intense qui me réveille,. Dans ces cas je prends Axert mais cela ne suffit pas toujours et je dois garder le lit pendant une journée, le migraine dure 1-2 jours. Que pouvez-vous me dire sur Lyrica? Les commentaires que j’ai lus sur internet me parlent de prise de poids importants. »

Réponse du Dr Leroux « Je suis un peu surprise que le médecin vous ait prescrit du Lyrica comme traitement préventif des migraines, car il ne s’agit pas d’un traitement bien démontré. Avez-vous d’autres douleurs, comme une sciatique ou des douleurs de cou qu’il aurait voulu traiter en même temps? Ou peut-être de la fibromyalgie ? D’autre part, avec 3-4 migraines par mois, vous pourriez laisser tomber la prévention, et vous concentrer sur le traitement de crise.

Si les crises vous réveillent, et sont déjà intenses, il est probable que les comprimés soient trop lents. Des options comme le spray de Zomig, le suppositoire d’Indocid ou même l’injecteur d’Imitrex seraient des options. Il est même possible de combiner un triptan

et un anti-inflammatoire (Avil, Naproxen, Indocid). Voir

document joint pour un tableau des possibilités. La Société Canadienne a également émis des lignes directrices sur le traitement de la crise. Il faut essayer toute la gamme de traitements de crise avant de s’avouer vaincu, car garder le lit n’est pas très agréable (et j’en sais quelque chose). Effectivement le Lyrica cause une prise de poids chez un patient sur 6. Je le constate très certainement en clinique et c’est un problème, car le surplus de poids n’est pas favorable pour les migraines et pour la santé en général. Je joins donc les lignes directrices de prise sur la prévention migraineuse émises par la société canadienne des céphalées : ici. Aussi, notre document sur les traitements de fond : ici et .

(Axert, Zomig, Relpax

)

3) Question du patient :

« J'ai 51 ans. Je souffre de migraines avec aura. Il y a plusieurs années, ces migraines étaient douloureuses et se répétaient environ une fois par mois, souvent lors de mes menstruations. Ensuite, elles se faisaient plus rares, soit une fois par année et même une fois aux 2 ans. Depuis 6 mois, elles semblent revenir, elles sont plus fréquentes (une aux deux mois), mais elles sont sans douleur, toujours avec aura, sans maux de têtes. Voici ma question: on dit qu'à cause de mes migraines avec aura, je ne pourrai pas prendre d'hormones lors de ma préménopause. Est-ce vrai? Est-ce que je pourrais alors prendre des hormones bio-identiques? Je ne peux pas utiliser les médicaments (Relpax) contre la migraine, car j'ai eu des effets secondaires dangereux (engourdissement de la langue et du visage, entre autres). Que

puis-je prendre d'autre? Enfin, si vous pouvez aussi répondre a cette question, ce serait très gentil: est-ce vrai que les migraines avec aura peuvent provoquer un ACV? Et comment éviter ça, surtout si je

ne peux pas prendre de médicaments

»

Réponse du Dr Leroux :

« Vous posez d’excellentes questions. Concernant le risque d’AVC associé à la migraine avec aura il existe, mais il faut le mettre en perspective. Je joins donc un document résumé à l’attention des médecins, mais tout de même simple. De toute façon, ce document s’applique plus ou moins à votre cas, car le risque attribuable à la migraine avec aura disparaît après 50 ans, sans doute parce que d’autres facteurs plus puissants entrent en ligne de compte. Les doses d’hormonothérapie de remplacement sont très inférieures aux doses dans les contraceptifs. Aussi, vous devriez pouvoir les utiliser, à moins d’une autre contre- indication. La migraine avec aura est associée avec l’AVC ischémique (blocage d’une artère cérébrale), toutes causes confondues. Dans de très très rares cas, l’AVC survient durant une crise de migraine avec aura. L’aura continue et se transforme en déficit neurologique permanent. Ce phénomène est rarissime, et personnellement j’ai vu un seul cas. Aussi,

vous ne devriez pas vous inquiéter. Il faut tout de même traiter vos crises, pour votre qualité de vie! Concernant vos effets secondaires avec le Relpax, je dirai ceci : il y a 7 triptans (le Relpax est l’élétriptan) au Canada. Chaque patient est différent, et le fait d’avoir eu des effets secondaires avec l’un ne prédit pas une intolérance aux autres. Les triptans avec le plus faible risque d’effets secondaires sont l’almotriptan (Axert), le naratriptan (Amerge) et le frovatriptan (Frova, non couvert par la RAMQ). Je recommande souvent l’Axert qui a un bon ratio tolérance-efficacité. Ne vous découragez pas et faites d’autres essais. En cas d’efficacité partielle d’un triptan, vous pouvez combiner avec un anti-inflammatoire pour de meilleurs résultats et sans aucun danger. Enfin, j’ai vu certains cas de migraine avec aura s’améliorer de beaucoup avec une hydratation augmentée (2-3 litres d’eau par jour). C’est facile à faire et bon pour la santé. La prise de suppléments de magnésium est aussi une technique sans prescription. Cependant, si vos crises restent fréquentes, alors un traitement préventif est à envisager ». Plus d’informations à cette adresse : prendre contrôle de ses migraines et migraine avec aura et contraception .

4) Question du patient :

« Je prends du sumatriptan 100 mg lorsque la migraine commence. Je prends ce médicament depuis 2008 et il m’aide grandement. Existe-il d’autres médicaments comparables avec le même effet, mais moins dispendieux ? »

Réponse du Dr Leroux :

« Le sumatriptan est le premier triptan commercialisé pour le traitement de la crise de migraine. Il existe donc en forme générique. Tous les triptans sont assez coûteux, mais la plupart sont remboursés par la RAMQ (sauf le Frova). J’ai fini par comprendre en discutant avec mes patients que la couverture est partielle et que la personne doit

débourser de sa poche des sommes souvent significatives pour ces traitements. L’autre sorte de traitement de crise disponible pour casser la crise de migraine : les anti- inflammatoires. Évidemment, ils ne sont pas toujours suffisants, c’est pour cela que les triptans ont été une véritable révolution pour les patients ! Il arrive, si vous avez des assurances privées, que celles-ci ne remboursent pas certains triptans couverts par la RAMQ, mais en général le sumatriptan est remboursé. Il m’est arrivé d’écrire des lettres pour insister pour que le triptan soit couvert Bref, je ne crois pas qu’il y ait un autre triptan moins coûteux, mais peut-être y’a-t-il quelque chose à régler avec votre assureur. D’autre part, je ne crois pas qu’un anti- inflammatoire sera aussi efficace que le sumatriptan. Aux Etats-Unis, les triptans ne sont pas remboursés et plusieurs migraineux utilisent des narcotiques (morphine ou autre) pour traiter leurs crises, ce qui déclenche des céphalées médicamenteuses et de la

dépendance

»

5) Question du patient :

« Je fais des migraines ophtalmiques depuis l'âge de 15 ans. Ces migraines sont devenues plus fréquentes par la suite et j'ai consulté, à l'âge de 20 ans, un médecin. Après un scan, nous en sommes venus à la conclusion que je faisais des migraines ophtalmiques et que des advils, pris dès l'apparition des auras, suffisaient comme traitement. J'ai maintenant 28 ans, et depuis les deux à trois dernières années mes migraines sont plus fréquentes. Je ne m'en suis pas trop préoccupé, car ça correspondait à mes premières années de travail et donc à un horaire plus rigoureux. J'ai dernièrement subi beaucoup de stress avec l'achat d'une maison en plus de travailler deux fois plus à cause des rénovations que nous avons effectuées nous-mêmes. La semaine dernière, suite à un match de soccer, je me suis réveillé en pleine nuit à cause d'un gros mal de tête. Le lendemain, j'ai fait une grosse migraine ophtalmique avec l'apparition d'auras dans mon champ visuel à plusieurs reprises (matin, midi, après-midi), alors que d'habitude elles ne revenaient pas. Le soir, croyant la crise finie, j'ai bu du vin, ce qui m'a valu un mal de tête terrible et insupportable pendant plusieurs heures. Depuis, j'ai toujours un peu mal à la tête, mais surtout, j'ai toujours des auras dans mon champ visuel. Ça fait maintenant 8 jours que ça dure et rares sont les moments pendant lesquels je vois bien. Je me demande si j'aurai pu subir un commotion cérébrale au soccer, suite à un impact légèrement douloureux avec le ballon, qui aurait aussi déclenché mes migraines, ou si je fais une grosse migraine très longue, ou encore si j'ai un autre problème neurologique. J'ai consulté un médecin, qui m'a donné une requête pour un rdv en neurologie, et m'a donné de l'indéral-LA en attendant ma rencontre avec le Neurologue. Je n'ai pas vraiment de problème de haute tension et je me demande si je devrais prendre ce médicament. Je m'inquiète, car je ne sais pas si une migraine peu durer 8 jours (avec aura). Que dois-je faire exactement? »

Réponse du Dr Leroux :

« Tout d’abord je dois être très prudente concernant un avis médical dans une situation qui vous inquiète. Vous avez bien fait de consulter et c’est une bonne chose que vous

avez été référé en neurologie. Avez-vous passé un examen d’imagerie cérébrale? (scan ou résonance magnétique IRM). Sur une note plus rassurante, je peux vous confirmer qu’un trauma crânien, même mineur, peut provoquer une crise de migraine avec aura chez une personne prédisposée. Cette crise peut effectivement être plus longue ou plus sévère, et justifier une consultation médicale. Durant une période à risque comme celle que vous décrivez (manque de sommeil, stress), les autres déclencheurs, incluant l’alcool, risquent d’être moins bien tolérés, comme vous avez pu le constater L’Indéral ou propanolol, est un médicament contre hypertension. Cependant, c’est aussi un traitement de première ligne pour la prévention des migraines. Ce médicament diminue l’irritabilité du cerveau dans les études animales faites sur les souris, ce qui pourrait expliquer son action sur les migraines. Aussi, je vous encourage, si vous avez encore beaucoup de crises, à le tenter. Évidemment, aucun traitement préventif des migraines n’est parfait, et le pharmacien pourra vous expliquer les possibles effets secondaires de ce traitement. Une hydratation adéquate est essentielle pour un bon contrôle des migraines. J’ai vu des patients s’améliorer seulement avec une augmentation de leur consommation quotidienne d’eau. Du côté des produits naturels, le magnésium peut parfois aider (300 mg 1-2 fois par jour) et ne nécessite pas de prescription. Pour casser vos crises, il se peut bien que l’Advil (ibuprofène) ne soit pas suffisant. Les triptans sont une autre catégorie de médicaments très utiles contre les migraines. Leur arrivée sur le marché dans les années 1990 a été une révolution. Il en existe plusieurs sortes (voir liens plus bas), et vous devriez en essayer quelques-uns pour mieux contrôler vos crises. On conseille souvent de prendre le triptan après l’aura, mais dans les faits plusieurs patients le prennent, parfois en combinaison avec un anti-inflammatoire, dès le début de l’aura. Évidemment je suggère fortement l’utilisation d’un calendrier pour suivre vos essais et leurs effets. Le calendrier est un peu la prise de sang de la migraine, qui permet d’avoir l’heure juste sur la situation. J’espère que votre situation se stabilisera! La migraine est un problème fréquent et parfois invalidant, négligé par le système. C’est pourquoi je travaille sur Migraine Québec! J’espère vous avoir donné quelques

informations utiles. Enfin, si vous deviez être alarmé par d’autres symptômes, n’hésitez pas à reconsulter un médecin. » Vous trouverez plus d’informations sur les traitements de crise aux pages suivantes; ici et . De plus, voici un autre document pertinent : mythes et réalités sur la migraine.

6) Question du patient :

« Je suis un Homme de 27 ans, dans l’informatique depuis l’âge de mes 18 ans. Je fais du sport de façon répétée (au moins 3 fois par semaine). Je surveille également mon alimentation afin de manger des aliments sains et bons pour la santé. Je suis victime de Migraines avec auras depuis l’âge de 15 ans (environ). Voici comment je pourrais décrire mes crises: dans un premier temps, je ressens parfois des fourmillements dans la lèvre inférieure, puis dans les joues. Rapidement après viennent les troubles visuels (je perds la vision centrale, ou la vision sur la partie gauche). En général cet effet est réversible en 30 minutes environ, mais je reste très sensible à la lumière pendant 24h après la crise. Très rarement je suis victime de nausée. Puis viennent de très forts mots de tête qui peuvent varier de façon géographique dans mon cerveau. Le traitement qui semble faire ses preuves est le suivant: Prise d’un café dès l’apparition des troubles visuels puis prise de paracétamol 1000 Mg. Repos dans le noir complet et la migraine passe assez rapidement (en quelques heures). Jusqu’à présent, le rythme des migraines était d’une par année, cependant, depuis quelque temps je déplore plus d’une dizaine de migraines avec auras… Cette « période » de migraine a débuté par une très forte migraine. J’ai continué a ressentir comme des auras à minima pendant plusieurs semaines après la migraine (hyper sensibilité à la lumière, gène pour regarder les écrans, comme des « trous » visuels). Tout ceci sans forcément avoir mal à la tête. Je me suis rendu chez mon généraliste qui m’a prescrit une IRM. Les résultats sont bons, il n’y avait rien d’alarmant. Les migraines on continué et les troubles visuels on également diminué avec le temps. Cependant, j’ai l’impression d’être beaucoup plus sensible à la lumière au quotidien et de ressentir une gêne visuelle quasi permanente, bien que très légère… Également, l’impression d’avoir des douleurs au niveau du coup et à l’arrière de la tête. Je suis allé faire contrôler ma vue chez un ophtalmologue et il n’a rien décelé de particulier. Ma correction visuelle (hypermétropie) est toujours adaptée à ma vue. Pensez-vous que ces troubles qui perdurent soient liés aux migraines? Me conseillez-vous de consulter un neurologue? Mon généraliste m’a prescrit du Imigrane mais les effets indésirables me font peur et je n’ose pas en prendre pour le moment. Que pensez-vous de ce médicament? Vis à vis de mes gènes, y a t’il un comportement à risque à éviter? Des

compléments alimentaires à prévoir? Je vis dans la phobie qu’une crise de migraine se manifeste à nouveau et même si je sais identifier les crises, le moment on je perds partiellement le vue me fait énormément stresser, car j’imagine des causes plus graves qu’une migraine… »

Réponse du Dr Leroux :

« Tout d’abord je vous remercie de ce témoignage détaillé et très descriptif de votre réalité, qui est celle de milliers d’autres personnes. Vos symptômes sont typiques de migraine avec aura. Évidemment, L’IRM est rassurante. La vaste majorité des migraineux avec aura ont une IRM normale qui ne montre pas de lésion de la matière du cerveau. Le problème est à un niveau microscopique, électrique et chimique. Le fait d’accélérer la fréquence des crises après un épisode plus sévère n’est pas inhabituel. Il était cependant justifié de consulter un médecin. Concernant votre photosensibilité plus constante, je dois dire que j’entends cette observation assez souvent dans mon cabinet, mais nous avons bien peu de science à nous mettre sous la dent à ce sujet. Le cerveau migraineux est hyperexcitable, mais aussi peu habituable. Ceci signifie que les migraineux ont de la difficulté à baisser l’intensité des stimuli répétés que d’autres personnes finissent par ignorer. Cela vaut pour les lumières, mais aussi pour les sons, les odeurs et le mouvement. Je vous encourage à essayer l’imigrane (sumatriptan) prescrit par votre médecin. En fait, je suis même surprise qu’avec des crises comme vous les décrivez, vous n’ayez pas eu de triptan. Mais comme vous le soulignez, elles étaient peu fréquentes. Si ce traitement ne vous convient pas, il faut en essayer d’autres. Concernant vos gènes, on peut dire que votre risque vasculaire (par exemple celui de faire un accident vasculaire cérébral) est un peu plus élevé que celui d’une personne sans migraine avec aura, mais attention, il ne sert à rien de s’énerver : le risque reste faible si vous n’avez pas de facteurs de risque plus significatifs comme l’hypertension, le tabagisme et le diabète. L’exercice régulier est un excellent protecteur contre une quantité de maladies. Aussi, je vous conseillerais simplement de conserver vos bonnes habitudes de vie.

Maintenant, il existe des traitements préventifs des migraines, mais ceci dépend évidemment de votre fréquence actuelle. Je ne peux aucunement prévoir ce qui arriverait à votre photosensibilité avec ces traitements. Je souligne l’importance du sommeil et d’une bonne hydratation pour les migraines avec aura. Parfois, un supplément de magnésium (300 mg 2 fois par jour) peut aider, mais peut donner des selles molles. La phobie de la prochaine crise est un phénomène répandu, surtout après une période difficile et parfois franchement traumatisante. Cette anxiété est souvent mal comprise par l’entourage. En général les migraines sont sous-estimées par la population et par les médecins. Bref, nous en avons encore beaucoup à apprendre sur les migraines et sur les auras. J’espère vous avoir donné quelques informations utiles, et je vous souhaite de vous améliorer et de trouver des traitements qui vous aideront. »

7) Question du patient :

« Je souffre de crises de migraines chroniques depuis l'âge de 17 ans, j'ai 38 ans maintenant. J'ai essayé toutes sortes de traitements, de médicaments mai en vain. Actuellement même les triptans (relpax, imigrane) ne font plus d'effet dans l’immédiat. Pour casser la crise je prends un triptan associé à xanax et ça ne marche pas à tous les coups En résume c'est un vrai handicap pour moi et j'ai tellement peur de ma prochaine crise que j'ai des palpitations rien quand y pensant. Bref, je voulais vous demander s'il existe un remède naturel en prévention des crises ou pour diminuer au moins le nombre de crises? Est-ce que boire du jus d'oignon à jeun, prendre de l'ail régulièrement pourrait diminuer le nombre de crises (je rappelle que j'ai une crise par semaine, dont une crise sévère tous les 15 jours liée à mon cycle menstruel). »

Réponse du Dr Leroux :

« Je comprends bien votre détresse. J’entends ces paroles dans la bouche de dizaines de femmes (et d’hommes) souffrant de migraine chronique. C’est difficile de se sentir incompris, d’avoir une maladie invisible et imprévisible. L’anxiété est un problème fréquent causé par les crises fréquentes, et c’est compréhensible. Mais ne vous découragez pas! Concernant votre situation, vous semblez avoir autour de 10 jours de crises par mois. Avez-vous des maux de tête moins intenses les autres jours? Combien de jours utilisez- vous les triptans? Je joins les documents sur la migraine chronique, la céphalée médicamenteuse. Je vous encourage à lire nos pages sur les produits naturels. Je n’ai aucune évidence scientifique disponible sur le rôle de l’oignon ou de l’ail contre les migraines, et je n’ai jamais encouragé mes patientes à en prendre. Les crises associées au cycle menstruel sont souvent pénibles et peuvent durer plusieurs jours, en plus d’être plus difficiles à casser que les autres. Une des options est de prendre un contraceptif avec estrogène en continu, mais à votre âge ce n’est parfois pas possible en raison des risques des estrogènes (risque de thrombose vasculaire du type phlébite ou AVC). Une autre option est de couvrir la période à risque en prenant un anti-

inflammatoire pendant quelques jours. Ceci devrait évidemment être discuté avec votre médecin. Si la fréquence des crises a un impact marqué sur votre vie, vous devriez peut-être considérer un traitement médicamenteux préventif. Personne n’aime les médicaments, mais la migraine est un vrai problème qui nécessite parfois une prescription. Évidemment, aucun traitement n’est parfait, mais votre médecin devrait pouvoir vous guider dans vos essais (voir documents). Par ailleurs, si vous souffrez de migraine chronique, alors les choix démontrés incluent le topiramate (Topamax au Canada) et le Botox (parfois difficile de trouver un médecin compétent pour l’administrer). » Vous trouverez plus d’informations aux pages suivantes :

8) Question du patient :

« Je fais des migraines depuis 40 ans, j’ai un peu d’expérience avec le chocolat et je ne suis pas d’accord, il provoque des migraines chez moi. »

Réponse du Dr Leroux :

« Merci de cette remarque fort pertinente! Le chocolat est un déclencheur possible pour certaines personnes. Il faut aussi souligner que pour certaines personnes «chocolat» veut dire «tablette chocolatée avec beaucoup d’autres choses que du cacao». L’étude que j’ai mentionnée vise à souligner que le chocolat n’est pas un déclencheur universel des migraines.

De plus, je trouve intéressante l’idée que le fait d’avoir envie de chocolat puisse être un des symptômes précurseurs de la crise. Cette notion de prodrome, ou phase préparatoire est très importante pour mieux comprendre la migraine. La crise migraineuse débute avant la phase douloureuse!

eh bien il faut sans

Quoi qu’il en soit, si pour vous le chocolat est un déclencheur clair doute l’éviter! »

9) Question du patient :

« Je souffre de migraine régulière depuis plus de 10 ans, à raison d’une par mois, lors de ma période menstruelle. Au début, j’endurais ce mal épouvantable qui durait en moyenne 2 jours, sans pouvoir dormir et avec vomissements. Avec l’aide de mon médecin et l’utilisation du calendrier, il est rapidement apparu que mes migraines étaient liées à mes règles, donc à la baisse de mes hormones (oestrogènes). L’essai de ¨patchs¨ d’hormones juste avant mes menstruations (pour faire remonter les oestrogènes), n’a pas fonctionné. C’est alors que j’ai commencé à prendre du sumatriptan (Imitrex), à raison d’environ 5 comprimés par mois et ce, depuis 9 ans. Je tiens à souligner que le sucre et le fait de sauter un repas m’amènent aussi à une crise de migraine. Mais si je contrôle ces aspects, je m’évite des souffrances. Bref, je prends Imitrex depuis de nombreuses années. Mon questionnement maintenant est de savoir quels sont les effets à long terme de ce médicament sur le cerveau. Parce qu’honnêtement, je sens qu’il y en a. Si vous avez des informations sur les conséquences de la prise de sumatriptan à long terme, j’aimerais en savoir plus. Faits à remarquer: Il est vrai qu’avant une crise de migraine, j’ai des rages de chocolat. Maintenant en pré-ménopause, mais crises de migraine sont beaucoup moins sévères et plus distancées. Quel bonheur! J’ai fait des migraines à l’adolescence et ensuite, à partir d’environ 40 ans. Quand j’ai une migraine, j’ai tendance à vouloir manger plus salé et aussi, à vouloir manger du poulet! Comme si ça contrebalançait mon taux de sucre! Quand je passe une journée ou deux sans manger de viande (protéines animales), j’ai tendance à faire des migraines (hypoglycémie???). Alors, c’est du poulet que j’ai envie de manger et pas nécessairement des viandes rouges, bien qu’aussi bénéfiques. J’ai pris des anovulants quelques années, mais ai dû y mettre un terme, surtout, à ce moment-là, pour photosensibilité et non pour migraines. Ai réessayé plus âgé, mais là, la migraine apparaissait immédiatement. »

Réponse du Dr Leroux :

« Concernant la prise au long terme de sumatriptan (Imitrex), vous posez une question pertinente dont les médecins parlent peu. Je n’ai pas découvert de données publiées en faisant une revue de littérature sur Pubmed. Cependant, l’expérience sur le terrain est

rassurante. Je ne suis pas en pratique depuis assez longtemps pour parler personnellement, mais les discussions avec mes collègues expérimentés n’ont jamais mis en lumière de risque ou d’effet indésirable des triptans au long terme (et des millions de personnes en ont pris). Vos observations sur vos envies dans la période pré-migraineuse sont intéressantes. La modification des envies alimentaires est un des prodrômes rapportés par les migraineux, mais est moins fréquente que des symptômes comme la fatigue, l’irritabilité ou les perturbations gastro-intestinales. Nous ne comprenons pas encore pourquoi ces envies surviennent. La zone du cerveau associée en principe au prodrôme se nomme l’hypothalamus et gère le métabolisme de notre corps, la faim, la soif, le sommeil. Concernant les migraines reliées aux menstruations (migraines menstruelles ou cataméniales), elles sont bien fréquentes (près de 60% des migraineuses en décrivent) et souvent incapacitantes. Elles semblent aussi se transmettre de mère en fille. Une étude récente suggère en effet que certains gènes se retrouvent de façon préférentielle chez les femmes avec migraine menstruelle. Les femmes ayant des migraines fortement associées à leurs menstruations sont souvent améliorées durant les grossesses et après la ménopause, lorsque les variations hormonales sont moindres. Le cerveau migraineux est sensible aux changements, et les cycles hormonaux sont un des changements susceptibles de déclencher une crise. »

10) Question du patient :

« Je suis en arrêt de travail depuis 6 mois parce que je souffre d’un NDPH depuis le mois de mars… quel enfer ! Suite à une sinusite (en Mars) et 2 traitements antibiotiques, à la fin Avril on a découvert que je soufrais de migraines, et en Juin j’ai finalement été diagnostiquée pour NDPH. J’ai eu 2 hospitalisations (3 jours et 2 semaines) en neurologies et une autre de 6 semaines en psychiatrie pour dépression majeure. J’ai des migraines tous les jours (je n’avais jamais connu cela auparavant), exactement comme votre graphique le décrit. Je pleure encore beaucoup, parce que j’ai peur que ça ne finisse jamais et que je ne puisse retrouver ma vie d’avant. Je prends actuellement 150 mg de Topamax, 20 mg d’Elavil et 120mg de Cymbalta par jour. J’ai perdu 16 livres et j’ai des troubles de visions qui me donnent de la difficulté à lire. Durant mes hospitalisations j’ai eu (entre autres!) 1 bloc occipital et 1 bloc facétaire. J’ai eu mon premier traitement de Botox à la mi-Juillet avec des résultats mitigés. Dans les prochains jours mon docteur me donnera le 2ieme traitement Botox, nous espérons beaucoup que les résultats soient plus tangibles. Avez-vous un certain succès à traiter les NDPH ? Je sais que ça peu être très long à traiter, et mon Dr me dit que les histoires d’horreurs qu’on voit sur internet sont des cas mal traiter… svp rassurer moi. Que pensez-vous du traitement qui consiste à traiter les sujets (qui n’ont pas d’hyperflexibilité des jointures) avec Singulair + Doxycycline ? Avez-vous déjà essayez? »

Réponse du Dr Leroux :

« Le NPDH est une entité controversée sur laquelle les discussions vont bon train dans les congrès. Cette entité a été décrite tout d’abord chez de jeunes personnes. Il s’agissait d’un mal de tête apparu de façon très bien identifiée dans le temps, une journée précise, et souvent dans un contexte post-infectieux. Le mal de tête pouvait ressembler à une migraine. Les premiers cas rapportés s’amélioraient toutefois spontanément. Par la suite, le terme NDPH a été utilisé pour plusieurs cas de céphalée chronique d’emblée sans étiologie retrouvée et réfractaires, ce qui est bien différent des premiers cas décrits.

Puisque les moyens d’investiguer les causes des maux de tête sont limités, il arrive souvent que nous n’ayons pas la clé de l’énigme dans les situations difficiles. Je suis confrontée à ce problème bien souvent. Il fut une époque où la plupart des maladies neurologiques restaient obscures, alors je ne perds pas espoir que de nouvelles façons de mieux comprendre soient développées dans le futur (si la recherche est financée bien sûr). Ceci dit, le diagnostic différentiel du NDPH est large. Je me permets de joindre un excellent article qui souligne que le NDPH est un syndrome et non un diagnostic, et que plusieurs autres causes aux maux de tête doivent être envisagées. Bref, en ce moment le terme NDPH me semble regrouper un groupe mal défini de céphalées chroniques. Nous ne comprenons pas la cause de ce problème, et donc le traitement est très empirique. On a tendance à utiliser les traitements anti-migraineux, bien entendu. Aussi, je ne veux pas vous décourager, mais j’ai peu d’information de qualité à vous communiquer sur le sujet, puisque l’entité en elle-même reste mal définie. J’ai prescrit la doxycycline à quelques patients chez qui je suspectais cette condition, je dois le dire sans succès. Je tiens à vous encourager, et surtout à souligner que même si certaines personnes ne comprennent pas ce que vous vivez ou remettent en doute vos symptômes, vous ne devez pas vous remettre en question. Les céphalées chroniques invalidantes sans cause claire existent et il faut continuer la recherche à ce sujet. »