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N° 67 – mai 2012

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Sélection d’études, audits et expertises
Saint-Pierre et Miquelon

Restructurer la filière pêche et aquaculture
Constitution d'un pôle de transformation unique
Jacques Brulhet

Depuis de nombreuses années, la filière pêche sur l'archipel de SaintPierre et Miquelon est en crise. Cette évolution date du moratoire imposé par le Canada en 1992 et de la décision prise la même année par le tribunal arbitral de New York sur la réduction de la ZEE (Zone économique exclusive) française.
En vingt ans, les ressources historiques de morue ont notoirement disparu, alors que d’autres pêcheries se sont au contraire développées sur de nouvelles espèces. En conséquence, les usines de transformation du poisson à terre ne sont plus adaptées au nouveau contexte. Ainsi, le plus gros opérateur de Saint-Pierre a déposé son bilan au printemps 2011, privant l'archipel de son principal outil de transformation.

Cette situation de blocage nécessitait une réflexion globale, remettant en cause les schémas initiaux des activités de la pêche et de l'aquaculture sur l'archipel. La mission confiée au CGAAER est au cœur de ces réflexions complétées par deux missions concomitantes, l'une sur la structuration de la pêche artisanale confiée au CNPMEM1, l'autre sur une expertise technique de la filière et des outils de transformation confiée à l'Ifremer2. La mission s'est principalement attachée à proposer, discuter et construire la mise en place d'une nouvelle structure patrimoniale garante de la pérennité de l'industrie de la pêche sur l'archipel, et permettant une gestion plus rigoureuse de l'allocation de subventions à cette industrie. La mission a procédé à une analyse ciblée des atouts et des handicaps des activités de pêche et d'aquaculture sur l'archipel.

1 CNPMEM : Comité national des pêches maritimes et des élevages marins 2 Ifremer : Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer

Sommaire
Saint-Pierre et Miquelon Restructurer la filière pêche et aquaculture Organisation des services de santé animale dans cinq États membres Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni Quel avenir pour la filière porcine française ? Diagnostic des bassins de production de volailles de chair
Port de Saint-Pierre

Gestion économe des terres agricoles dans les pays limitrophes Agenda prévisionnel de mai

actuelles propriétaires des outils . c'est d'autant plus anormal qu’ils sont aujourd'hui rejetés dans le milieu naturel. très abondantes. doublée de variations saisonnières ou conjoncturelles. très largement sous utilisés. et CDC : Caisse des dépôts et consignations). Les atouts Même si l'accès aux zones de pêche de la flottille de Saint-Pierre et Miquelon s'est réduit depuis le moratoire de 1972 et si de façon concomitante la ressource en morues s'est effondrée. qui doit disposer de débarquements réguliers. maquereau). Les marges de progrès sont évidentes. homard. Renforcer l'expertise de l'État sur l'archipel . voire une très haute valeur commerciale : cabillaud. semble-t-il. importants et de qualité.une proposition forte de la mission. ce qui nécessitera un travail prospectif ultérieur et qui doit impliquer fortement le tissu professionnel local. les services publics sont très sollicités pour accompagner ce secteur économique de transformation des produits de la mer. Traiter les sous-produits. Former le personnel technique . ses possibles partenaires. La grande majorité des espèces capturables a une bonne. Une attention particulière a été portée sur les futurs partenaires.Les handicaps La grande faiblesse des apports de la flottille locale. crabe des neiges. son rôle et ses moyens de gouvernance. génèrent des frais fixes insupportables alors que d’autres besoins vitaux (glace en paillettes pour les pêcheurs. . traitement des sous-produits) ne sont pas remplis. On peut considérer que 6 000 tonnes de poissons.les opérateurs privés locaux. ce type de distribution devrait faire l'objet de nouveaux essais compte-tenu du contexte qui a évolué. Tester une distribution des produits haut de gamme en métropole par fret aérien . Leurs équipements. Renouveler la flottille de pêche. la proposition principale tient dans la constitution d'une association qui pourra évoluer ultérieurement vers un statut de coopérative. sans disposer sur place des experts nécessaires. Aider la promotion commerciale des produits de la mer : l'origine SaintPierre et Miquelon doit être valorisée à l'export par un label . stockage frigorifique. . notamment des pélagiques (hareng. l’une des clés de la réussite de cette opération : . le pôle de transformation unique et ses opérateurs techniques devront s'appuyer sur du personnel mieux initié aux techniques de cette industrie. actuels et futurs qui utiliseront ces outils . qui ne font pas l'objet d'une pêche vraiment organisée. Établir un partenariat fort avec l'Ifremer. Leur valorisation sur l'archipel n'existe plus . Les marchés qui peuvent valoriser les produits de Saint-Pierre et Miquelon sont nombreux. appuyée par la démarche « produit pays » déjà engagée. Les outils de transformation sont inadaptés tant à Saint-Pierre – où l'usine Seafood est restée en l’état depuis sa construction en 1970. dimensionnée pour recevoir 40 000 tonnes de morue par an – qu’à Miquelon où les bâtiments sont en mauvais état.éventuellement l'organisation des pêcheurs artisans qui doit se mettre en place . en détaillant son périmètre. il est également proposé un certain nombre de recommandations opérationnelles. Pour concrétiser ce projet. . coquille Saint-Jacques par exemple. une IGP (Indication géographique protégée) semble adaptée.les collectivités locales et les SEM (Société d’économie mixte). les quotas de pêche alloués à SaintPierre et Miquelon restent une valeur La lettre du CGAAER n° 67 – mai 2012 2 . et leur potentiel n'a pas encore été suffisamment exploré. c'est l'objet de la mission du CNPEEM . L'éloignement de l’archipel induit des frais de commercialisation conséquents qui justifient la recherche d’une haute valeur ajoutée pour supporter ces surcoûts. la dispersion de l'activité de transformation sur les deux îles de Saint-Pierre et de Miquelon est un handicap qui génère des surcoûts. crustacés et mollusques sont exploitables par cette flottille. ou les holothuries. Peuvent se rajouter des espèces peu ou pas pêchées aujourd’hui. en complément de l'action précédente. c'est d'y associer deux structures financières institutionnelles (AFD : Agence française de développement. Pour un archipel aussi petit. Lien d'accès au rapport Retour au sommaire Propositions La mission propose la création d'un « pôle de transformation unique ». ne permet pas de « nourrir » une industrie de transformation de poissons. sûre dans un contexte mondial de raréfaction des ressources halieutiques. qui apporteront stabilité dans le temps et qualité de gérance pour la nouvelle structure. La réussite à terme de ce projet ne peut se concevoir sans un certain nombre d'actions d'accompagnement : Organiser la pêche artisanale.

son rôle économique et social. Pays-Bas et Royaume-Uni Jacques Février. la cohésion et la compétitivité. ainsi que. Belgique. améliorer la croissance économique. cette filière connaît toutefois une forte érosion. Le défi environnemental reste une contrainte majeure au développement de la production et l'industrie de l'abattage manque de compétitivité. alors que l’Allemagne et l’Italie ont conservé des administrations traditionnelles. des laboratoires de diagnostic sont intégrés à l’organisation du service vétérinaire. La lettre du CGAAER n° 67 – mai 2012 3 . les perspectives d’évolution des marchés et la PAC (Politique agricole commune) post 2013 justifiaient la réalisation d’un diagnostic stratégique de cette filière. occupant le troisième rang derrière l’Allemagne et l’Espagne. Italie.Organisation des services de santé animale dans cinq États membres Allemagne. Muriel Guillet. elle est. en dépit des progrès réalisés. la filière porcine française semble entrée en léthargie. le recours aux praticiens libéraux ainsi que le positionnement des laboratoires. Italie. promouvoir la santé animale. notamment au profit de l’Allemagne. envisagée par l’Union européenne. Jean-Marie Travers ? ? ? ? Depuis 2002. Lien d'accès au rapport La Commission européenne a présenté en 2007 sa stratégie de santé animale pour une période de cinq ans. territoriaux) et d’agents contractuels. Si la politique de santé animale est prise globalement en charge par les éleveurs en Allemagne. en Italie et au Royaume-Uni. destiné à remplacer l’ensemble des dispositions existantes. La mission du CGAAER a examiné l’organisation des services vétérinaires de santé animale dans cinq États membres : Allemagne. aux Pays-Bas et en Belgique. promouvoir des modes d’élevage et une politique de bien-être animal qui préviennent les menaces liées à la santé animale et minimisent les retombées sur l’environnement. Cette stratégie vise à établir une nouvelle politique communautaire de santé animale. Dans tous les cas. Le ministre chargé de l’agriculture en a confié la mission au CGAAER en demandant que la dimension territoriale par bassin de production soit prise en compte. aux Pays-Bas et en Belgique. Si la France reste parmi les leaders européens de la production porcine. La production peine à se maintenir. le nombre de vétérinaires fonctionnaires (nationaux. le financement des missions. L’un des piliers du plan d’action concerne l’élaboration d’un cadrage « législatif » unique de santé animale. Cinq grands éléments structurants peuvent être retenus pour catégoriser ces administrations et leur fonctionnement : l’existence d’une Agence d’exécution. Pierre Fouillade. en conséquence. Marylène Nau Dans le cadre de la préparation de la loi « santé animale » (animal health law). le cas échéant. Belgique. souvent très décentralisées et. Quatre objectifs sont ciblés : garantir un niveau élevé de protection de la santé publique et de la sécurité alimentaire. L’importance de la filière. le ministère en charge de l’agriculture a demandé au CGAAER une description synthétique de l’organisation actuelle des autres États membres en matière de santé animale. les évolutions prévues dans ces pays. portée par des fonds publics. Les Agences d’exécution (opérateurs) chargées de la mise en oeuvre de la réglementation ont été créées au cours de la dernière décennie au Royaume-Uni. Retour au sommaire Quel avenir pour la filière porcine française ? Jean-Baptiste Danel. avec des effectifs importants de fonctionnaires. le commerce extérieur se dégrade. Pays-Bas et Royaume-Uni.

la consolidation des ventes de porc d'origine française suppose d'enrichir la démarche VPF (Viande porcine française) pour en faire un équivalent du « QS » allemand. Les nouveaux ateliers seraient prioritairement implantés en périphéries des zones de forte densité. Sur le marché intérieur. en France. où subsiste un certain dynamisme de la production et où des outils d'abattage performants sont encore présents. Sur les marchés européens. En Allemagne. ainsi qu’en zone de montagne (Massif Central. soit 1.5 % 1. de taille suffisante pour être en capacité de maîtriser l'ensemble de leurs effluents et d'appliquer les techniques les plus performantes pour prévenir les nuisances environnementales. Ils devront s'inscrire dans une démarche de développement durable respectant au mieux l'environnement (eau. l'image de la production porcine auprès du grand public. la mission pense réaliste d’atteindre. Une production différenciée du « porc standard » pourrait être développée principalement en Aquitaine et MidiPyrénées autour de la production de jambons de Bayonne en s'appuyant sur les coopératives céréalières.Pourtant les principaux concurrents européens ont connu.8 % Les conditions Plusieurs conditions doivent être réunies. qui contribueront au développement attendu de la production. par une communication puissante. devront être conçus sur un modèle « high–tech » exemplaire. Il faut d'abord restaurer.2 % La lettre du CGAAER n° 67 – mai 2012 4 . et de renforcer les liens industriels et commerciaux entre l'abattage et les outils français de seconde transformation. Franche-Comté) en consolidant le maillon abattage . devrait se faire sur la base d'ateliers porcins « high-tech ». des opportunités d'exportation vers les pays tiers sont à saisir en développant des approches coordonnées par pays et en renforçant la collaboration administration . Les efforts réels accomplis dans la maîtrise des rejets doivent être mieux connus et les préjugés combattus.découpe. consécutif à la conquête de marché. permettant de dégager des revenus suffisants et d’améliorer les conditions de travail. Ces nouveaux élevages seront créés le plus possible en lien avec le sol et en concertation avec les entreprises d’aval et les collectivités territoriales pour s'assurer à la fois de la bonne valorisation commerciale des produits et d'une meilleure acceptation sociétale de ces activités. il faut que nos entreprises puissent se faire certifier « QS »1 pour mieux vendre sur ce marché.7 % 1. puis étendu en 2004. sol. Espagne et Grèce qui absorbent près de 50 % de nos exportations. 1 Vers des ateliers porcins « high-tech » Le développement de la production. au cours de la même période. notamment au sud : Italie. 75 % 2. L'Allemagne. notamment des marchés mondiaux. Cette croissance permettrait la création de 4 300 emplois et consoliderait la compétitivité de la filière. À la conquête des marchés En s'appuyant sur les perspectives de croissance des marchés. Fondé en 2001 pour la filière viande. Il conviendrait alors de dynamiser l'exportation de produits de première et deuxième transformations . surtout. des implantations industrielles et commerciales devraient permettre de consolider les positions françaises. Les nouveaux élevages. a développé sa production de 36 % et multiplié ses exportations par trois (passant de 641 000 t à 1 810 000 t).profession. ________________ QS ou Qualität und Sicherheit (qualité et sécurité) est un référentiel allemand destiné aux denrées alimentaires animales et végétales ainsi qu’aux aliments pour animaux. un développement soutenu. bruit). Cela suppose aussi de rénover la gamme de produits de viande fraîche dans les linéaires en construisant un nouveau dialogue avec la distribution.8 millions de plus qu’en 2010. 27 millions de porcs produits par an à l'horizon 2015 . Répartition de la production porcine par grand bassin Total : 2 305 000 tec (tonne en équivalent carcasse) en 2010 (source : Service de la statistique et de la prospective) 3. il s'agit d'un contrôle complet depuis l'exploitation jusqu’au distributeur. air.

il faut organiser la transformation. Retour au sommaire La lettre du CGAAER n° 67 – mai 2012 5 . Développer en périphéries des zones à forte densité d'élevage et en concertation avec les collectivités locales.entreprises . Danemark) où les principaux abatteurs sont quatre fois plus importants que les premiers abatteurs français. Recommandations de priorité 2 Sécuriser les démarches d'autorisation d’installation d’élevage par une charte partagée entre les différents acteurs s'accordant sur les spécificités locales . sous réserve d'une fertilisation azotée et phosphorée équilibrée. concertée et approuvée par tous les acteurs. organiser plus efficacement la concertation entre tous les acteurs (filière . des lisiers en amendements organiques ou en composts normalisés de manière à créer un flux économique d'exportation vers les zones céréalières. En outre. Améliorer la transparence du marché en favorisant la mise en place d'une cotation à livraison différée ainsi qu'une cotation des pièces plus représentative que celle qui existe actuellement. chacun s'accorde à constater des surcapacités d'abattage. l'image de la production auprès du grand public pour faire connaître les résultats acquis. Tisser les partenariats financiers et industriels avec les acheteurs de l'Europe du sud. Autoriser les restructurations en ZES (Zone d’excédent structurel) et hors ZES. Une amélioration de la situation passe probablement par une solution nationale d'abaissement des charges sociales. Renforcer les liens industriels et commerciaux entre les entreprises françaises de première et de deuxième transformations. proposer des accompagnements aux éleveurs. notamment en Bretagne. mais aussi des émissions de gaz et de particules). Pays-Bas. Réduire. Instaurer un nouveau dialogue avec la distribution et dynamiser la gamme de produits « viande fraîche » du rayon libre service des GMS (Grande et moyenne surfaces). en grande quantité.administration). Recommandations de priorité 1 Mettre en oeuvre une stratégie de développement de la filière. la capacité d'abattage en Bretagne pour améliorer la compétitivité de ce secteur. Les choix techniques les plus pertinents seront alors déterminés en fonction de l'exploitation prise dans sa globalité. Pour une plus grande efficience de l'exportation vers les pays tiers. phosphore. ayant pour objectif de vendre et produire 27 millions de porcs en 2015. à l'initiative des opérateurs. Renforcer la compétitivité du secteur abattage La restructuration de ce maillon de la filière est moins avancée en France que dans les pays du nord de l'Europe (Allemagne. de nouveaux élevages. S'engager résolument dans la lutte contre les odeurs et les émissions de gaz (et particules) par des mesures proportionnées à la taille des élevages. de réduire.Maîtriser les rejets Il faut poursuivre les efforts de maîtrise de tous les rejets (azote. le dossier de demande doit rester proportionné aux risques effectifs. Lien d'accès au rapport Retour au sommaire Faire qualifier les entreprises françaises d'abattage et de découpe « QS » pour faciliter les exportations vers l'Allemagne. à l'initiative des entreprises. en zone de forte densité d'élevages. Mener à son terme la restructuration des organisations de producteurs. Organiser. Faire évoluer le cahier des charges VPF pour en faire l'équivalent du « QS » allemand. Cela suppose une approche intégrée de leur gestion. Dans les zones où les capacités d’épandage sont limitées en raison de la densité de production. résultant des coûts de main d’œuvre. Le différentiel de compétitivité avec l'Allemagne. qu'il convient. doit également être réduit. le plus possible liés au sol et de taille suffisante pour amortir les technologies « high-tech » de maîtrise des rejets. Restaurer. une production massive d'amendements organiques ou de composts normalisés destinés aux zones céréalières. Diffuser largement le guide des bonnes pratiques environnementales d'élevage. par une communication puissante. Les organisations de producteurs doivent à l'avenir jouer un rôle important dans ce domaine d’action.

la baisse des exportations de poulets vers les pays tiers. pour l'essentiel. L’importance de la filière avicole. les perspectives d’évolution des marchés et celles de la PAC post 2013 (Politique agricole commune) justifient la réalisation d’une analyse avec une dimension territoriale. (308 000 tec en 2010 contre 370 000 en 1998). Par ailleurs.7 % soit 450 000 tec. Spécificité française. tels que les ÉtatsUnis (50.tec). Ainsi le solde commercial connaît une évolution tendancielle qui risque de le conduire vers un déficit sous le triple effet de : la chute des exportations de dindes./an. la consommation par habitant a continué de progresser. imputable à la chute de la production de dindes et dindons.6 en 1997) et l'Arabie Saoudite (40. de l'ordre de 3 % par an./an en 2010 alors que dans le monde elle est d’environ 12 kg/hab. Cette réflexion. cette filière connaît depuis dix ans une forte érosion de sa compétitivité. confiée au CGAAER.1). qui sur la période 2000-2010. en % Répartition de la production par espèce Source : chiffres Agreste 2010 La filière française de production de viande de volaille de chair (poulets et dindes) a fortement perdu en compétitivité et reculé en parts de marché en Europe au cours des vingt dernières années. Pierre-Henri Texier Si la France demeure le premier producteur européen de volailles de chair avec 1 651 milliers de tonnes (en équivalent carcasse . son rôle économique et social. y compris dans les pays où elle est déjà très élevée. la consommation moyenne Production-consommation Import-export En 2010. en 2000 contre 44. cette production a diminué de 21./an en 2000 à près de 15 kg/hab. 24 kg/hab.2 kg/hab.6 kg/hab.6 kg/hab.5 en 2010 contre 25 en 2007). Son taux d'autosuffisance est alors passé de 158 % en 1998 à 114 % en 2010. Elle progresse également dans les pays émergents comme le Brésil (31. La viande à la découpe représente désormais plus des deux tiers des achats./an./an en 2010 (+ 24 %) avec une croissance soutenue. elle reste encore très faible dans des pays tels que l'Inde (0. elles représentent désormais 40 % de la consommation et viennent pour plus de 90 % de l'Union européenne.Diagnostic des bassins de production de volailles de chair Jean-Noël Ménard. La mission a donc travaillé essentiellement sur ces deux espèces.4 en 1997). Entre 1997 et 2007. 6 (mâles et femelles) et coquelets La lettre du CGAAER n° 67 – mai 2012 . l'augmentation des importations de viande de poulet qui ont plus que doublé en 10 ans . de viande de volailles était de 23. l'excédent commercial de la France a chuté de 70 % tant en volume qu’en valeur. la diversité de la production de volailles de chair satisfait une demande complexe héritée des traditions gastronomiques nationales.7 contre 32. En Europe. Cette baisse est. Elle est toutefois composée en majorité de poulets de chair (62 %) et dans une moindre mesure de dindes et dindons (24 %). Cela représente 30 % de la consommation mondiale de viande toutes espèces confondues. c’est la consommation française de viande de volaille qui reste relativement stable malgré une progression de la consommation de poulet.1 kg/hab. En dix ans. ce qui laisse augurer une poursuite de la croissance (3 % par an actuellement) de la consommation mondiale de viande de volailles dans la prochaine décennie. André Nil. a diminué de 47 % soit 358 000 tec. Celle-ci est passée de 12. Mais en dix ans. en 2007 contre 0. la production métropolitaine de volailles de chair était d’environ 1 651 000 tec auxquelles s'ajoute la production de palmipèdes gras. avait pour but de délimiter des bassins de productions cohérents et de réaliser un diagnostic stratégique de cette filière par bassin.

avec une obligation non pas de moyens mais de résultats. Elle propose pour chacun d'entre eux des éléments de diagnostic stratégique. en pourcentage par département. poursuite de la structuration de l'aval. Une organisation souple. Quatre bassins sont mis en évidence : un grand bassin ouest qui concentre 80 % des abattages. L'analyse de l’évolution de l'activité de ces bassins. Ses propositions font l'objet de neuf recommandations. Le bassin du Nord fait toutefois exception par la légère progression de la production malgré le recul important des abattages qui y sont pratiqués. les « déchets » doivent devenir des coproduits valorisables. démontre une baisse générale. mise en place au niveau de chaque bassin. Elle est principalement due à la perte du marché export de viande de dinde vers l'Allemagne. d'autre part. la mission met en évidence les spécificités et les caractéristiques des quatre bassins.Les bassins français de production La mission a procédé à une analyse géographique de la production. 7 . lors de ces dix dernières années. Elle analyse leurs atouts et handicaps en termes de compétitivité.transformation et de la consommation française. Elles s'appuieront sur des leviers d'action transversaux : renforcement de la professionnalisation de la production. La mission rappelle toute l'importance pour l'ensemble de la filière du maintien des exportations vers les pays tiers. sud ouest et nord. La lettre du CGAAER n° 67 – mai 2012 Répartition de la production mondiale par pays et par espèce 83. rénovation du parc de bâtiments avec un programme de financement de bâtiments neufs accompagnant un certain accroissement de la taille des exploitations. des capacités de production de volailles de chair en France métropolitaine Chiffres 2008 Source : ITAVI à partir des enquêtes Agreste Elles doivent également intégrer un changement de paradigme environnemental : d'une part. 4 millions de tonnes Répartition. La production de poulets de chair semble en effet y être stimulée : la demande d'animaux par les abattoirs belges et les bonnes conditions de valorisation des fumiers par les grandes cultures de la région Nord-Pas-de-Calais en seraient la cause. de l'abattage . la réglementation « Azote » sur les zones d'excédent structurel doit évoluer pour favoriser l'émergence d'élevages respectant les exigences environnementales. Les stratégies territoriales doivent prendre en compte la structuration de la filière autour des abattoirs et des dispositifs d'organisation fondés sur des modes d'intégration. chacun d’eux ayant ses spécificités. serait chargée de définir une stratégie à décliner dans les PRADD (Plan régionaux d’aménagement et de développement durable) et d'organiser la communication de la filière avec toute la société. et trois bassins secondaires : sud-est. Dans son rapport. tout en permettant la croissance d'une production à impact environnemental maîtrisé.

naturels et forestiers sous pression urbaine. 7. S'en tenir aux niveaux des normes définies à l'échelon européen. en faveur d'un rétablissement de l'image de la production de volaille-standard dans l'opinion publique. performants sur le plan énergétique et à faible impact sur le milieu naturel. les autorités de la région. dans le cadre de la préparation des lois qui ont concrétisé les engagements du Grenelle de l'environnement et de la loi de modernisation agricole.Les recommandations 1. dans tous les pays limitrophes. Par ailleurs. ont été rencontrées. Ce phénomène. Lien d'accès au rapport relatif à cet article sur la compétitivité de la filière volailles de chair française (oct. Encourager une action concertée des organisations professionnelles d'éleveurs et des industriels. encourager la création de filières économiques de valorisation de ces produits. fixer un calendrier de formalisation de la stratégie. a été au centre de débats animés. les deux conseils généraux ont organisé le 18 novembre 2011 à Paris un séminaire de travail. afin de rechercher les voies et moyens pour en limiter l'ampleur. remplacées par un autre système de soutien aux expéditions de volailles sur les marchés grand export. celles de la province et d'une ville. visant à une gestion économe des espaces agricoles sous pression urbaine. Modifier la réglementation relative aux zones d'excédents structurels afin de favoriser le développement d'unités de production aux impacts environnementaux maîtrisés. Ce séminaire a permis de préciser certains points et également de confronter les situations dans les différents pays. notamment dans les domaines de l'énergie et de la fertilisation . Dans chacun des pays. Olivier Beth1 La consommation d'espaces agricoles pour les besoins de l'urbanisation. Exclure de financer les rénovations.découpe. Lien d'accès au rapport __________________ 1 avec Aude Dufourmantelle et Annick Hélias pour le CGEDD (Conseil général de l’environnement de du développement durable) Retour au sommaire La lettre du CGAAER n° 67 – mai 2012 8 .10032 Retour au sommaire Gestion économe des terres agricoles dans les pays limitrophes Philippe Balny. toute exigence supplémentaire pouvant générer des distorsions de concurrence au détriment des producteurs français. CGAAER et CGEDD. Mettre en place des comités de bassin avicole. 2. Les observations ont été étendues aux espaces boisés. et pour améliorer l'image du métier. Pays basque espagnol. 5.développement sur la valorisation des coproduits. Les dispositions relevant du droit du sol et de la planification spatiale étant. dévolues aux régions. 4. définir un mode de gouvernance. qu'il est logique d'inclure dans cette problématique. La mission recommande tout particulièrement une meilleure normalisation des conditionnements de la découpe de viande de volailles. Les restitutions à l'exportation doivent être maintenues ou. la mission a choisi de focaliser son analyse sur les territoires voisins – Bade-Wurtemberg. 2010) Lien d'accès au rapport CGAAER . dans des exploitations répondant aux objectifs de professionnalisation qui seront précisées dans les PRADD (Plan régional d’aménagement et développement durable). excessive au regard de la croissance démographique. Soutenir la recherche . en liaison avec les comités de bassin. a fait l'objet de nombreuses analyses ces dernières années. qualifié d'étalement urbain. Le rapport de la mission a été enrichi de ces échanges. 8. à défaut. Mobiliser l'enseignement agricole pour sensibiliser et former son public au regard des opportunités d'installation en aviculture. Mobiliser les fonds européens du prochain programme de développement rural pour financer des bâtiments neufs. et Bâle – avec lesquels par ailleurs une coopération décentralisée peut être établie. Désigner un correspondant du ministre par bassin. avec les interlocuteurs rencontrés. La mission a réuni des informations détaillées relatives aux documents spatiaux élaborés ainsi qu’aux principales mesures susceptibles d'affecter les espaces agricoles. 6. 9. ont mis en place une mission de veille afin d'observer et analyser les dispositifs mis en œuvre dans les pays voisins. 3. Flandre. Ce dossier complexe nécessite un suivi particulier et les deux Conseils généraux. en impliquant les industriels de l'abattage . portant sur la consommation des espaces agricoles.

devant la section « mission d’inspection générale et d’audit ».agriculture. directrice d’Agropolis Fondation. Anick LeblancCuvillier Appui technique : Dicom Crédit photos : Pages 1 et 2 : Jacques Brulhet . page 6 : infographie R. international » et « recherche. par Guillaume Benoit.Agenda prévisionnel de mai Nota : les travaux en cours ne donnent pas lieu à des comptes rendus diffusables. page 3 : cuisine à la Française . • L'audit interne : Comité d'harmonisation de l’audit interne (CHAI).GOUV. • L'eau et la sécurité alimentaire : retours du Forum mondial de l'eau et perspectives : Introduction sur les avancées du forum mondial de l'eau de Marseille . supprimer son abonnement. de la pêche. Ministère de l'agriculture. compte rendu et débat sur les perspectives . « Perspectives internationales. Contact : Conseil général de l’alimentation. formation. rue de Vaugirard 75732 PARIS Cedex 15 diffusion. membres du CGAAER. Figuet .FR/LETTRE-MENSUELLE-AAER .cgaaer@agriculture. sans suggérer qu’il vous soutienne ou approuve votre utilisation de sa publication.gouv. devant la section « économie. transmettre un avis Accès aux numéros précédents : ISSN : 1961-8913 HTTP://AGRICULTURE. distribués ou transmis à condition de ne pas les modifier et de citer explicitement la source. filières et entreprises ». Georges-Pierre Malpel. société. proposition de schéma d'organisation pour le suivi des audits. • Les industries agro-alimentaires. signaler un changement. Rémi Toussaint.fr Pour s'abonner. de l’agriculture et des espaces ruraux. Directeur de la publication : Jacques Brulhet Responsable de la rédaction : Raymond Figuet Comité de rédaction : Éric Bardon. Philippe Marchal. négociations dans le cadre de Rio+20 et du G20». Projection 2050-2100 Retour au sommaire La lettre du CGAAER et ses articles peuvent être partagés. devant la section « forêts.gouv. Emmanuelle Bour-Poitrinal. de la ruralité et de l’aménagement du territoire – http://photo. métiers ». CGAAER – Conseil général de l’alimentation. Charles Dereix. par Pierre-Henri Texier. devant les sections « prospective. membre du CGAAER . de l’agriculture et des espaces ruraux 251. de l’alimentation. membres de l’Inspection générale des finances. eaux et territoires ». par Mylène Testut (DGPAAT : Direction générale des politiques agricole. et Mickaël Ohier. page 5 : abattoir de Locminé (56) . (mission conjointe entre le CGAAER et l'Inspection générale des finances).fr/. copiés. agroalimentaire et des territoires). « Eau et sécurité alimentaire ». • La fondation de coopération scientifique AGROPOLIS : quelle spécificité ? Quelle stratégie ? par Anne-Lucie Wack. page 9 : La Documentation française.