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BOUIRA

INCENDIE DANS LE TUNNEL AIN CHRIKI

LLiirree eenn ppaaggee 2244

CHRIKI L L i i r r e e e e n n p p a
CHRIKI L L i i r r e e e e n n p p a
CHRIKI L L i i r r e e e e n n p p a
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CHRIKI L L i i r r e e e e n n p p a

Le Quotidien

i i r r e e e e n n p p a a g g
i i r r e e e e n n p p a a g g
i i r r e e e e n n p p a a g g

Mardi 10 Janvier 2012 n°3404 - Prix : Algérie 10 DA — http://www.lexpressiondz.com — ISSN 1112-3397 — Directeur Fondateur : AHMED FATTANI

DOSSIER
DOSSIER

ELLE EST CONSIDÉRÉE COMME UNE ANNÉE CHARNIÈRE

Ce qu’attendent les Algériens en 2012

LLiirree nnooss aarrttiicclleess eenn ppaaggeess 66,, 77 eett 88

Les hommes politiques seront-ils à la hauteur des revendications populaires, ou bien continueront-ils à s’écharper
Les hommes politiques seront-ils à la hauteur
des revendications populaires, ou bien
continueront-ils à s’écharper sur des sujets
éloignés des préoccupations citoyennes ?
Ph. : R. Boudina

AHMED BENBITOUR,

ANCIEN CHEF DE GOUVERNEMENT, À L’EXPRESSION

«Il n’y a pas de menace islamiste sur la

«Il n’y a pas de menace islamiste sur la République» L L i i r r

République»

LLiirree eenn ppaaggee 33 lliinntteerrvviieeww rrééaalliissééee ppaarr AAmmaarr CChheekkaarr

TALEB IBRAHIMI PARLE DE LA REPENTANCE

«Les jeunes Algériens ont une vision positive de la France»

LLiirree eenn ppaaggee 44 llaarrttiiccllee ddee AAhhmmeedd MMeessbbaahh

LE PREMIER OPÉRATEUR RÉVÈLE LES TALENTS ALGÉRIENS

LE PREMIER OPÉRA TEUR RÉVÈLE LES TALENTS ALGÉRIENS DJEZZY LANCE LE CONCOURS PRODIGES L L i

DJEZZY LANCE LE CONCOURS PRODIGES

LLiirree eenn ppaaggee 2244 llaarrttiiccllee ddee SSaalliimm BBeennaalliiaa

DERNIER RAPPORT SUR LES RÉVOLTES ARABES

Amnesty International effleure l’Algérie

C’est l’une des rares fois où cette ONG épargne ses critiques aux dirigeants algériens.

LLiirree nnoottrree aarrttiiccllee eenn ppaaggee 44

L’ A ctualité MARDI 10 JANVIER 2012 Ph. : R. Boudina CONGRÈS CONSTITUTIFS DES P

L’Actualité

MARDI 10 JANVIER 2012

Ph. : R. Boudina

CONGRÈS CONSTITUTIFS DES PARTIS EN VOIE D’AGRÉMENT

CONGRÈS CONSTITUTIFS DES P AR TIS EN V OIE D’AGRÉMENT L L e e r r

LLee rraappppeell àà lloorrddrree dduu mmiinniissttèèrree ddee llIInnttéérriieeuurr

PP aass ddee ccoonnggrrèèss ccoonnssttii-- ttuuttiiff ssaannss llaavvaall ddeess aauuttoorriittééss ppoouurr lleess

partis en voie d’agrément. Toute réunion de ce genre est soumise à une autorisation délivrée par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales. C’est ce qu’a rappelé hier, le ministère concerné dans un communiqué diffusé par l’APS. « L’organisation de tout congrès constitutif des par- tis est assujettie à la déli- vrance préalable d’une autorisation », indique le communiqué. Cette note se veut, en réalité, un rappel de ce que stipule la nouvelle loi sur les partis. Le com- muniqué site l’article 22 de ladite loi qui dispose que l’organisation de tout congrès constitutif est assu- jettie à la délivrance préala- ble d’une autorisation sous forme d’arrêté par le minis- tre de l’Intérieur. La même source insiste que ce docu- ment « ne peut être établi évidemment que par réfé- rence à la loi dès sa publica- tion imminente au Journal officiel ». Cette réaction intervient après l’annonce de la tenue prochainement de leurs congrès constitu- tifs faite par certaines par- tis, alors que leurs dossiers d’agrément sont en cours d’instruction au niveau des services compétents. C’est le cas du Parti pour la liberté et la justice (PLJ), de Mohamed Saïd, et l’Union pour la démocratie et la république (UDR), de Amara Benyounès, qui ont annoncé la tenue de leurs congrès constitutifs durant la dernière quinzaine du mois de janvier. Le minis- tère déplore la démarche « de certains partis » qui agissent sans attendre la promulgation de la nouvelle loi organique relative aux partis politiques. «Certains partis politiques, dont les dossiers de constitution sont en cours d’instruction au niveau des services du ministère de l’Intérieur, ont déjà programmé la tenue de leurs congrès constitutifs dans un délai très rappro- ché, c’est-à-dire sans atten- dre la promulgation de la loi organique relative aux par- tis politiques », a conclu le

communiqué.

TT

FF

par- tis politiques », a conclu le communiqué. T T F F L L a a

LL aa ccrraaiinnttee dduunnee vviiccttooiirree ééccrraassaannttee ddeess iissllaammiisstteess lloorrss ddeess pprroocchhaaiinneess éélleecc--

tions législatives est-elle justifiée ? La réponse est oui, pour les partis de l’opposition Ils expliquent que l’échec du système et tous les revers infligés à l’opposition démocratique ouvrent la voie à ce courant. Pour les partis au pou- voir, le risque est à écarter. D’ailleurs, le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, leur accorde 35% des voix alors que le premier responsable du RND, Ahmed Ouyahia, estime que les islamistes n’auront la majorité que si un miracle se produit. Toutefois, rien n’est à écarter. La percée de leurs «frères» en Afrique du Nord est là pour jouer en leur faveur. « Le MSP a com- pris peut-être la donne et a décidé de rompre sa relation avec ses deux alliés. Son acte est fait dans cette perspective dans l’espoir que la mouvance islamiste s’unisse pour affronter ces échéances », nous explique un politologue, pré- cisant qu’en l’état actuel des cho- ses, de par la fragmentation des islamistes, il est difficile de pré- voir quoi que ce soit. Qui est donc en mesure d’endiguer une percée islamiste qui se profile à l’horizon et surtout comment ? Le Premier ministre avance une disposition constitutionnelle. «La Constitution de 1996 pré- munit le système républicain et démocratique, et le système de la proportionnelle ne permet pas d’accaparement des sièges des assemblées élues », a-t-il indiqué, avant-hier lors d’une conférence de presse. Le mode de scrutin à la propor- tionnelle peut-il donc empêcher les islamistes ou tout autre forma- tion d’avoir la majorité des sièges ? « Non, le même mode a donné l’actuelle assemblée qui est la plus paradoxale de tous les temps. Les islamistes, les radicaux républi-

MMOOHHAAMMEEDD BBOOUUFFAATTAAHH

CC eesstt eenn ssiittuuaattiioonn ddee ccrriissee aaiigguuëë qquuee lleess ppaarrttiiss ppoolliittiiqquueess ccoommpptteenntt aaffffrroonntteerr lleess

IIll eesstt ppaarrffaaiitteemmeenntt ccllaaiirr

qquuee la réussite des prochaines consultations électorales repose sur la participation effective des citoyens dont la majorité demeure silen- cieuse et ne croit plus au vote. Or, d’où vien- draient les électeurs ? Plusieurs partis en totale hibernation n’apparaissent ou n’ont de voix qu’une fois tous les 5 ans. En plus de l’ab- stention, un phénomène qui va crescendo en Algérie, est relatif au taux d’adhésion très fai- ble, l’aspect le plus important de cette crise. Les organisations de jeunesse sont inexistan- tes. La majorité des formations sont véritable- ment anémiques lorsqu’elles ne sont pas sym- boliques chez d’autres. Cet état des lieux est gravement exacerbé par les divisions, les déchirements et les dis- sensions qui traversent certains partis poli- tiques. Par-dessus tout, ils sont loin d’être des laboratoires d’idées, des appareils ou des machines hautement encadrées. Ils sont fonda- mentalement occupés à la distribution des investitures à la veille des joutes électorales. Il est donc tout à fait logique que le débat absent

llééggiissllaattiivveess

absent l l é é g g i i s s l l a a t

2

Les islamistes algériens sont certes testés et discrédités, mais le risque est d’autant plus grand que les partis au pouvoir sont eux aussi décriés et les démocrates « impossibles » à unifier. Pour certains observateurs, la possibilité d’avoir une majorité parlementaire islamiste est écar- tée, puisque le pouvoir a cultivé la division et a fragmenté l’électorat islamistes en laissant libre champ à plusieurs formations de ce cou- rant. Mais cela n’empêche pas ces partis, une fois à l’intérieur de l’Assemblée, de passer des allian- ces, pour s’en accaparer comme l’ont fait durant ce mandat les partis de l’Alliance présidentielle. La majorité des islamistes à l’APN peut représenter un danger pour la République et provoquer une instabilité institutionnelle. Rejeter la déclaration de politique générale du gouvernement implique la démission de ce der-

nier. « Pendant ce temps, la majorité parlementaire peut profiter de la conjoncture pour exercer une pres- sion et un chantage sur le Président de la République pour désigner le Premier ministre de son goût », explique le politologue.

Dans le cas contraire, ils auront toute la latitude de pousser le bou- chon ou de laisser les choses rent- rer dans l’ordre. Car, selon la Constitution, si l’Assemblée n’a- dopte pas la déclaration du nou- veau gouvernement, elle est dis- soute de plein droit. Le gouvernement en place est maintenu pour gérer les affaires courantes, jusqu’à l’élection d’une nouvelle Assemblée populaire nationale qui doit intervenir dans un délai maximal de trois (3) mois. Et bonjour l’instabilité ! Les démocrates gagneraient à cesser de jouer aux victimes des deux camps… C’est le moment ou

jamais.

KK

AA

12 000 candidats, le FLN a raflé à lui seul la

majorité à la chambre basse avec moins de 5 % du corps électoral, source du pouvoir législatif, car il désigne par son vote les gouvernants et

les législateurs. Regroupant tous les majeurs de plus de dix-huit ans, l’inscription aux listes électorales qui le matérialise ne draine pas grand monde. Cela démontre la conception

« alimentaire » qu’on fait de la chose politique chez nous.

A titre de comparaison, la dernière élection au Maroc avec 13 millions d’électeurs, est considérée comme un échec comparativement aux Tunisiens même si le taux de participation

a atteint 45,4% des inscrits. L’Algérie pourra- t-elle faire mieux sans bourrage ? Même les

26 000 mosquées qui peuvent se transformer

en QG électoraux des partis islamistes, n’y pourront rien. A quelques exceptions près, elles sont d’une manière ou d’une autre sous l’égide du courant salafiste, lui-même divisé sur le principe de participation au vote. Par ailleurs, le nombre de militants de l’ex- parti unique, l’unique parti relativement

structuré et ayant une large implantation, un chiffre à prendre toutefois avec des pincettes est estimé par le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, à «plus de 260 000 mili-

tants».

MM

BB

Belkhadem, à «plus de 260 000 mili- tants». M M B B ALORS QUE LES CRAINTES

ALORS QUE LES CRAINTES SE FONT DE PLUS EN PLUS PERSISTANTES

QQuueelllleessttrraattééggiieeppoouurrccoonnttrreerrlleessiissllaammiisstteess??

IILL AAPPPPAARRTTIIEENNTT à la mouvance démocratique de se mobiliser pour empêcher qu’un tel scénario ne se reproduise.

Le mode de scrutin à la proportionnelle peut-il donc empêcher les islamistes ou tout autre
Le mode de scrutin à la proportionnelle peut-il donc empêcher les islamistes ou tout autre formation
d’avoir la majorité des sièges ?

cains et les nationalistes conserva- teurs ont trouvé le moyen de s’al- lier. Entre islamistes ou un autre groupe de partis du même courant, ça passera mieux », avertit le poli- tologue. La réponse àla question, il ne faut donc pas la chercher dans les analyses des experts. En 2007, le même mode de scrutin a été uti- lisé. Cela n’a pas empêché l’Alliance présidentielle d’accapa- rer l’APN et de barrer la route à toutes les initiatives qui n’éma- nent pas d’eux. « Le mode proportionnel per- met d’avoir une assemblée plura- liste dont la composante peut aller même jusqu’à 20 partis, mais il n’empêche pas une coalition d’ac- caparer l’Assemblée », nous explique la même source. Ceux qui parient sur l’échec des islamistes tirent leurs arguments d’un passé si proche et si sanglant que les blessures ne sont pas encore cica- trisées.

L’ABSTENTION EST LEUR BÊTE NOIRE

LLeess ppaarrttiiss iirroonntt--iillss àà llaa ppêêcchhee aauuxx éélleecctteeuurrss ??

TTAAUUXX DDAADDHHÉÉSSIIOONN très faible, panne intellectuelle, division structurelle, les micropartis trouveront- ils des électeurs ?

au sein des formations politiques naisse à leur périphérie et souvent à leur encontre. La panne intellectuelle des partis est ahu- rissante. La rupture avec l’élite due essentiel- lement à l’absence de débat démocratique à l’intérieur est telle qu’ils ne proposent pas les vraies questions ni les vrais enjeux. En revan- che, le statu quo a reproduit les mêmes pra- tiques d’antan. Avec la médiocrité et le sur- place, on perpétue les même gestes et faits cen- sés être révolus. A chaque réunion ou meeting public, on a recours systématiquement à l’a- cheminement du peu de militants qu’on a pour faire le remplissage des salles. Le show est par- fois poussé à la caricature. L’assistance non branchée déserte la salle au fur et à mesure du prêche du tribun. Ainsi, l’abstention fut très élevée puisque seuls 35% des citoyens se sont prononcés (soit 6,6 millions de personnes dont 1 million pour le FLN) et parmi ces votants, 1 million de per- sonnes ont déposé des bulletins nuls lors des dernières élections. Ces électeurs voulaient quand même voter, mais cela montre qu’ils sont analphabètes ou ne sont pas satisfaits de la situation prévalant à cette époque. Lors des dernières législatives de 2007 ayant recueilli la participation de plus 20 partis politiques et environ 100 listes indépendantes et plus de

L’ A ctualité MARDI 10 JANVIER 2012 AHMED BENBITOUR, ANCIEN CHEF DE GOUVERNEMENT, À L’EXPRESSION

L’Actualité

MARDI 10 JANVIER 2012

AHMED BENBITOUR, ANCIEN CHEF DE GOUVERNEMENT, À L’EXPRESSION ««IIll nn’’
AHMED BENBITOUR, ANCIEN CHEF DE GOUVERNEMENT, À L’EXPRESSION
««IIll nn’’ yyaappaassddeemmeennaacceeiissllaammiisstteessuurr llaaRRééppuubblliiqquuee»»
IINNTTEERRVVIIEEWW RRÉÉAALLIISSÉÉEE PPAARR
■■ AAMMAARR CCHHEEKKAARR
D ans
cet
entretien,
M. Benbitour ne s’est pas
contenté de tirer à boulets
rouges sur le système. Bien plus, il
a fait des propositions de sortie de
crise. Ecoutons-le.
L’Expression :: LL’’AAllggéérriiee aa
eennttaamméé ddeess rrééffoorrmmeess ppoolliittiiqquueess,, ddee
nnoouuvveelllleess llooiiss vviieennnneenntt dd’’êêttrree aaddoopp--
ttééeess ppaarr ll’’AAPPNN
QQuueell bbiillaann ffaaiitteess--
vvoouuss ddee cceess rrééffoorrmmeess ??
AAhhmmeedd BBeennbbiittoouurr :: Nous ne
sommes pas encore dans la période
des bilans. Ces lois ont été annon-
cées en avril 2011. Près d’une
année après, elles ne sont pas
encore publiées au Journal officiel.
Le moins que l’on puisse dire, est
que le pouvoir ne semble pas pressé
de passer de la parole à l’acte. Ceci,
en accordant le bénéfice du doute,
c’est-à-dire, sans commentaires sur
la capacité du système de gouver-
nance actuel en ce qui concerne
l’application et le respect des lois.
Mais je dois signaler que nous som-
mes depuis un quart de siècle dans
un processus de réformes écono-
miques et de réformes politiques
pour passer à l’économie de marché
compétitive et à la démocratie opé-
rationnelle. Nous n’y sommes tou-
jours pas. Nous sommes dans la
trappe de réformes permanentes !
En réalité, le peuple algérien n’a
plus besoin d’arguments supplé-
mentaires pour être convaincu par
des démonstrations plus ou moins
élaborées sur les faiblesses de ges-
tion de notre pays.
La période des analyses, des
bilans, voire des propositions de
lois, et même de gestion de la crise
est aujourd’hui largement dépas-
sée. Le peuple attend le change-
ment du système de gouvernance. Il
faut bien noter que le succès des
réformes nécessite : 1- un appui fort
du peuple pour la vision d’avenir
proposée et non un soutien à ceux
qui vendent des réformes cosmé-
tiques. 2- Des dirigeants politiques
capables, en particulier, l’action
déterminée d’un dirigeant politique
animé d’une vision et résolu à faire
face aux défis. 3- Des responsables
économiques et administratifs com-
pétents.
rer à l’amélioration des
perspectives d’avenir, à
prendre des décisions
éclairées et à la bonne
conduite des affaires
publiques. Aujourd’hui,
au service de la Nation,
je travaille à la mobili-
sation pacifique pour le
changement. C’est en
prenant acte de mon
immense responsabilité
vis-à-vis du peuple algé-
rien qui souhaite
ardemment l’avène-
ment de la démocratie
dans notre pays que je
recherche les alliances
et les coordinations de
toutes les forces qui
appellent au change-
ment pour préparer
ensemble les conditions
d’un sauvetage concerté
du pays, afin de mettre
en place une phase de
transition qui aboutira
à l’avènement d’une
nouvelle République, à
l’issue d’élections libres
et démocratiques.
ppeerrtt eenn ééccoonnoommiiee eett ffiinnaanncceess,, qquueell
rreeggaarrdd ppoorrtteezz--vvoouuss ssuurr ll’’aavveenniirr ddee
ll’’ééccoonnoommiiee nnaattiioonnaallee aauu rreeggaarrdd ddee
ssaa ggeessttiioonn aaccttuueellllee ??
Un regard très inquiet. Des
potentialités de développement
considérables : une masse de
cadres de niveau très appréciable
dans le pays et à l’étranger, des
richesses minières, des hydrocar-
bures, des terres agricoles, une
démographie maîtrisée, des infras-
tructures qui couvrent tout le ter-
ritoire. Mais une économie vulné-
rable, les exportations hors hydro-
carbures ne représentent que 2%
des importations. C’est une écono-
mie volatile, plus de 75% des recet-
tes budgétaires viennent de la fis-
calité pétrolière et 98% des devises
viennent des exportations d’hydro-
carbures. C’est une économie
dépendante, nous importons 75%
des calories que nous consommons,
en plus de la dépendance des prix
des hydrocarbures fixés sur le mar-
ché international. Il ne faut pas
confondre aisance financière due
aux prix du pétrole et performance
économique.
Les importations sont passées
de 20 Milliards US$ en 2006 à 39
Milliards US$ en 2010. Le chômage
Un regard lucide sur la société algérienne
UUnnee qquueessttiioonn ssuurr ll’’éé--
ccoonnoommiiee,, eenn ttaanntt qquu’’eexx--
des jeunes est inquiétant.
AA
CC
LLeess ppaarrttiiss ppoolliittiiqquueess aallggéérriieennss
ddaannss lleeuurr mmaajjoorriittéé ccoonnnnaaiisssseenntt ddeess
ddiissssiiddeenncceess iinntteerrnneess,, qquueellllee aannaallyyssee
ppoolliittiiqquuee ppoouurrrriieezz--vvoouuss ddoonnnneerr ppaarr
rraappppoorrtt àà cceellaa ??
Les raisons d’être d’un parti
politique est de développer un pro-
gramme et mobiliser les électeurs
pour arriver au pouvoir et mettre
en œuvre ce programme. Or ce que
nous constatons est que lorsque
l’opportunité est offerte par des
élections pour arriver au pouvoir,
nos partis s’alignent derrière un
candidat indépendant sans négocier
avec lui un quelconque programme.
Par ailleurs, le système de vote par
liste au niveau de la wilaya a fait
que les élections législatives sont
devenues un moyen d’enrichisse-
ment pour des parlementaires ren-
tiers. Il est naturel que les candi-
dats utilisent tous les moyens pour
se placer avantageusement dans la
liste du parti. D’où les dissidences
internes. La vocation de formation
politique du parti est totalement
délaissée.
ple ? Ce chiffre ne se compte même
pas en dizaines, malheureusement.
Le deuxième dossier est en corréla-
tion avec le premier, c’est la refon-
dation de l’Ecole. Le troisième est
la refondation de l’Etat. Le qua-
trième est la refondation de l’écono-
mie. A côté de ces quatre dossiers
prioritaires et urgents, il y a le pro-
gramme de lutte contre les princi-
paux maux de l’Algérie d’aujourd’-
hui, à savoir la perte de la morale
collective, la généralisation de la
corruption, la pauvreté, le chômage
chez les jeunes, la pénurie prévisi-
ble des ressources naturelles non
renouvelables, l’isolement diploma-
tique. Les feuilles de route pour
leur mise en œuvre sont confection-
nées, de même que le système de
contrôle de leur réalisation.
LL’’EEDDIITTOORRIIAALL
AA vvoouuss dd’’iinnvveessttiirr
■ AAHHMMEEDD MMEESSBBAAHH
O n retient notre souffle. Qu’allait-il advenir de Djezzy ? Les tra-
vailleurs d’ArcelorMittal allaient-ils conserver leur emploi ?
Ces deux derniers jours ont révélé la fragilité du tissu indus-
AA ll’’aapppprroocchhee dduu ssccrruuttiinn llééggiissllaa--
ttiiff,, llaa mmoouuvvaannccee iissllaammiissttee eesstt pprréé--
sseennttééee ccoommmmee uunn vvéérriittaabbllee ddaannggeerr
QQuu’’eenn eesstt--iill eexxaacctteemmeenntt ddee cceettttee
ssiittuuaattiioonn qquuii ppoouurrrraaiitt ssuurrvveenniirr aauu
ppaayyss ??
J’ai déjà expliqué à une précé-
dente occasion, que le système de
pouvoir a acquis l’art d’organiser
des élections plurielles sans change-
ment de majorité.
Avec le système de listes par
wilaya, l’essentiel des députés est
choisi avant l’opération de vote.
Mais plus que tout cela, la
Constitution algérienne n’oblige
pas le chef de l’Etat à choisir le
gouvernement à l’intérieur de la
majorité parlementaire.
Donc, le résultat des élections
n’a aucun effet légal sur la forma-
tion du gouvernement. Comme
vous le voyez, le système a mis en
place tous les éléments pour garder
l’Exécutif entre les seules mains du
chef de l’Etat, indépendamment des
résultats des élections législatives.
Tout le reste n’est que spéculations
de salon.
AAuu ccaass ooùù vvoouuss sseerriieezz ccaannddiiddaatt àà
llaa pprrééssiiddeennttiieellllee 22001144 QQuueell sseerraa llee
pprreemmiieerr pprrooggrraammmmee aauuqquueell vvoouuss
aalllleezz vvoouuss aattttaaqquueerr ??
Il est encore trop tôt de parler de
candidature à l’élection présiden-
tielle de 2014. Cependant, vous pen-
sez bien que je ne peux pas appeler
au changement du système de gou-
vernance sans élaborer un pro-
gramme de mise en œuvre de ce
changement. Mon programme s’ar-
ticule autour de quatre grands dos-
siers prioritaires et urgents. 1. La
numérisation, la gestion du savoir
et la promotion des compétences
nationales. Ce sera l’entrée en force
de notre pays dans l’ère des TIC.
Quel avenir pour un pays qui est
classé à la dernière place mondiale
pour l’indice d’innovation ? C’est le
cas de l’Algérie. C’est un vrai drame
dans le monde de l’économie du
savoir. Le système en place travaille
à la destruction de tout potentiel
d’avenir. Chaque année, des
milliers d’élèves réussissent leur
baccalauréat avec mention «Bien»
et mention «Très Bien» ! Mais com-
bien y a-t-il d’étudiants ou d’étu-
diantes algériens inscrits dans les
grandes institutions de formation
de niveau international : MIT,
Harvard, London School of
Economics, Grandes écoles françai-
ses … ? Combien d’étudiants algé-
riens inscrits au PhD dans ces éco-
les, comparativement aux
Egyptiens ou Marocains, par exem-
QQuu’’eenn eesstt--iill jjuusstteemmeenntt ddee ll’’éévvaa--
lluuaattiioonn ddeess CCiicccc ((CCeerrccllee dd’’iinniittiiaattiivvee
cciittooyyeennnnee ppoouurr llee cchhaannggeemmeenntt)),, qquuee
vvoouuss aavveezz llaannccééss eett ddee lleeuurr iimmppaacctt
ssuurr llaa ssccèènnee ppoolliittiiqquuee??
Les Cicc lancés en 2009 sont
une innovation en matière d’orga-
nisation du travail politique, une
innovation en matière d’instru-
ments de mobilisation pacifique
pour le changement et un pari sur
de nouvelles forces. Il suffit de lire
la presse quotidienne en Algérie
pour noter que nos mots d’ordre
pour le changement sont utilisés
par tous.
triel du pays et des complications lorsqu’il s’agit d’achever l’archi-
tecture du secteur tertiaire. Des ministres ont cru bon de monter au
créneau pour rassurer l’opinion. Il est jusqu’au président-directeur
général de la BEA de tenter de mettre le holà au chantage à l’emploi
exercé par ArcelorMittal. Il est clair que le pays a mal en ses investis-
seurs étrangers. Le halali était sonné dès 2008. Quelques mois plus
tard, la sentence tombe. La loi de finances complémentaire impose la
règle 49/51. Depuis cette date, c’est le branle-bas de combat dans le
milieu des affaires.
On va même jusqu’à imposer la présence physique des gestion-
naires des entreprises pour le retrait des marchandises du port. Le
tout en plein été. Certains gestionnaires étaient même à New York
dans leurs résidences secondaires en train de passer leurs vacances
lorsque la législation de l’Algérie opère sa mue. Commerce extérieur,
banques, investissement. Aucun secteur n’est épargné. Le gouverne-
ment perd patience. Lors de la tripartite de l’année dernière, Ouyahia
est revenu sur le sujet. Les investissements étrangers ne viennent
LLee mmiinniissttèèrree ddee ll’’IInnttéérriieeuurr
aannnnoonnccee ll’’aaggrréémmeenntt ddee nnoouuvveeaauuxx
ppaarrttiiss
PPeeuutt--oonn ss’’aatttteennddrree àà uunnee
mmooddiiffiiccaattiioonn dduu cchhaammpp ppoolliittiiqquuee
nnaattiioonnaall ??
Il est encore tôt de faire un bon
pronostic ; mais je pense qu’il va
plus s’agir d’un émiettement du
champ politique.
JJuusstteemmeenntt,, ll’’EEttaatt aa ddéécciiddéé dd’’éé--
llooiiggnneerr ll’’iimmpplliiccaattiioonn dduu ccoonnttrrôôllee ddee
ll’’aaddmmiinniissttrraattiioonn aauuxx iinnssttaanncceess jjuuddii--
cciiaaiirreess,, aaffiinn ddee rréédduuiirree llee rriissqquuee ddee
ffrraauuddee éélleeccttoorraallee ??
Les instances judiciaires jouis-
sent-elles d’une autonomie par rap-
port à l’administration ? Ces
instances ont toujours été parties
prenantes de l’opération d’élec-
tions. Qu’y a-t-il de nouveau ?
DDeess oobbsseerrvvaatteeuurrss eessttiimmeenntt qquuee
llee ccaarraaccttèèrree rrééppuubblliiccaaiinn rriissqquuee dd’’êê--
ttrree rreemmiiss eenn ccaauussee ppaarr lleess iissllaammiisstteess
ss’’iillss vviinnaaiieenntt àà oobbtteenniirr llaa mmaajjoorriittéé
aauu PPaarrlleemmeenntt ??
J’ai déjà répondu à cette préoc-
cupation dans la question précé-
dente. Il n’y a aucun risque. Le sys-
tème est bien verrouillé.
VVoouuss aavveezz ééttéé cchheeff dduu ggoouuvveerrnnee--
mmeenntt,, rreeggrreetttteezz--vvoouuss ccee ppoossttee qquuee
vvoouuss aavveezz qquuiittttéé vvoolloonnttaaiirreemmeenntt??
Pas du tout. J’ai quitté ce poste
en avertissant sur les dérives. Le
temps a confirmé mes craintes. Au
service de l’Etat, je veillais à œuv-
pas et il ne voit plus de raison pour que l’Algérie continue à leur faire
les yeux doux. On s’installe alors dans un climat de, ni guerre ni paix.
Un coup je t’autorise, un coup je te bloque.
Des investisseurs se sont encore plaints auprès du Premier
ministre car leur projet de construction au Club des Pins est bloqué.
Qu’ils se rassurent. Ils ne sont pas les seuls. Hier encore, le président
du Conseil consultatif de la PME, Zaïm Bensaci, a vertement vilipendé
le même mal. Il dit avoir trop de respect pour les responsables algé-
riens pour les nommer.
En tout, pour ce qui est des étrangers, les Egyptiens, Russes et
Indiens ne sont pas les seuls à donner du fil à retordre à Benmeradi
et à Djoudi. On constate que le français Renault n’arrive pas à poser
pied en Algérie, que l’allemand Linde avait provoqué l’ire de Barkat
lorsqu’il était au département de la Santé et que Gas Natural,
l’espagnol, a dû régler ses différends avec Sonatrach par le biais d’un
arbitrage international. C’est la découverte des dures lois du capita-
lisme international. Il est jusqu’aux Chinois et aux Japonais en
charge des projets des travaux publics de connaître quelques déboi-
res.
Conséquence de tout ce remue-ménage : des voix s’élèvent pour
demander la renationalisation des infrastructures et réclamer une
part importante des plans de charge aux sociétés locales.
Mais, dans un contexte de dépendance pour nos approvisionne-
ments en produits alimentaires essentiels (lait, céréales) et en médi-
caments, il sera difficile de redresser la barre de sitôt. Notamment si
l’on sait que les importations sont financées par les revenus des
exportations pétrolières soumises à des fluctuations du marché
international.
On a également entendu des discours privilégiant un patriotisme
économique.
A. M.
Ph. : R. Boudina
international. On a également entendu des discours privilégiant un patriotisme économique. A. M. Ph. : R.

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international. On a également entendu des discours privilégiant un patriotisme économique. A. M. Ph. : R.
L’ A ctualité MARDI 10 JANVIER 2012 AFFAIRE DU PORT D’ALGER S S i i

L’Actualité

MARDI 10 JANVIER 2012

L’ A ctualité MARDI 10 JANVIER 2012 AFFAIRE DU PORT D’ALGER S S i i t
L’ A ctualité MARDI 10 JANVIER 2012 AFFAIRE DU PORT D’ALGER S S i i t
L’ A ctualité MARDI 10 JANVIER 2012 AFFAIRE DU PORT D’ALGER S S i i t

AFFAIRE DU PORT D’ALGER

SSiitt--iinn ddeess ffaammiilllleess ddee ddéétteennuuss ddeevvaanntt llee mmiinniissttèèrree ddee llaa JJuussttiiccee

L’affaire des ex-cadres et ex- fonctionnaires du port d’Alger continue de faire polémique. Les familles des 6 détenus se sont rassemblées hier devant le siège du ministère de la Justice, à El Biar, pour réclamer la libération de leurs proches.

« Nous voulons la libération

de nos proches qui ont été emprisonnés à tort », réclament les familles des détenus. « Nos proches sont innocents», ajoutent-ils. «Près de 250 personnes ont écrit aux autorités pour clamer l’innocence de leurs proches, mais en vain. On n’a eu aucune réponse », se désolent-ils. « Comment ont - ils été condamnés sans

preuves ? », s’interrogent-ils.

« Les véritables responsables

n’ont jamais été inquiétés. Ils circulent au vu et au su des autorités qui n’ont même pas daigné les interpeller pour connaître la vérité»,

indiquent-ils. Ces familles qui n’ont pas été reçues hier au ministère de la Justice attestent qu’elles vont refaire une autre tentative aujourd’hui. A rappeler que deux anciens P-DG et des ex-cadres du port d’Alger ainsi que des opérateurs privés font partie des 6 condamnés dans cette affaire. Les griefs retenu contre eux sont :

malversation, violation de la législation en matière de passation de marchés publics, corruption et association de malfaiteurs et dilapidation de deniers publics de l’Entreprise portuaire d’Alger. WWAALLIIDD AAÏÏTT SSAAÏÏDD

OORRAANN

Tension dans les stations-service

La tension engendrée par la pénurie de certains carburants réapparaît à nouveau dans les stations- service à Oran, en témoignent les longues files d’attente de véhicules. Le problème est dû aux difficultésd’approvisionnem ent et de distribution de certains produits (le Super et le Sans plomb), qui sont acheminés pour l’essentiel par voie maritime depuis la raffinerie de Skikda, selon un responsable de Naftal. Cette perturbation a été ressentie ces deux derniers jours, a ajouté la même source. « Pour les autres produits, nos commandes sont assurées normalement sans réserve aucune », a-t-il fait observer. Cette situation a créé des désagréments au niveau de certaines stations-service Naftal, enregistrant une affluence peu coutumière de véhicules, comme c’est le cas à Bousfer (Aïn El Turck) ou encore à la station « El Bahia » à Oran.

TALEB IBRAHIMI PARLE DE LA REPENTANCE

««LLeessjjeeuunneessAAllggéérriieennssoonnttuunneevviissiioonnppoossiittiivveeddeellaaFFrraannccee»»

BBOOUUMMEEDDIIEENNEE, Mitterrand, Olof Palme et les révoltes arabes sont les sujets sur lesquels est revenu l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Taleb Ibrahimi, dans un entretien accordé à El Khabar.

■■ AAHHMMEEDD MMEESSBBAAHH LL ’’aanncciieenn mmiinniissttrree ddeess AAffffaaiirreess ééttrraannggèèrreess,,
■■ AAHHMMEEDD MMEESSBBAAHH
LL ’’aanncciieenn mmiinniissttrree ddeess
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AAhhmmeedd TTaalleebb IIbbrraahhiimmii,, aa
accordé un entretien à El Khabar.
Il commence par dire que Roland
Dumas, ancien ministre français
des Affaires étrangères, a souvent
parlé de lui d’une manière drôle
dans ses Mémoires qu’il a publiés
récemment. Il a évoqué son refus
de se rendre au bâtiment du
ministère français des Affaires
étrangères à Paris ou à l’ambas-
sade de France à Alger. Il a
notamment écrit que le président
Mitterrand lui avait révélé que
Taleb Ibrahimi « ne nous aime
pas ». Taleb Ibrahimi estime que
les Français n’arrivent pas à se
débarrasser de la mentalité de
colonisateur. Il trouve également
inconcevable qu’un responsable
français refuse de serrer la main
au ministre des Moudjahidine.
L’ancien ministre algérien des
Affaires étrangères considère que
l’Occident est fidèle à sa doctrine
néocolonialiste qu’il appelle mon-
dialisation ou Nouveau Moyen-
Orient.
A propos des révoltes arabes,
Taleb Ibrahimi estime qu’on
assiste actuellement à des tentati-
ves de les contenir par les
Américains et par Israël. Le
ministre est un fervent supporter
du changement, mais il refuse que
celui-ci soit récupéré par le néoco-
lonialisme. « Quand je vois
Bernard-Henri Lévy aux côtés des
Libyens à Benghazi, je me
demande à quoi cela rime », lâche-
t-il. Il exprime son refus que le
changement soit dicté de l’étran-
ger. « Je considère que la souve-
raineté nationale est une notion
sacrée », dit-il. Selon lui, c’est ce
que ressentent les personnes qui
ont vécu le colonialisme en ajou-
tant que le responsable algérien a
toujours eu cette sensibilité sur
cette question sachant qu’il a
beaucoup souffert du colonia-
lisme.
Dans l’entretien, le ministre
aborde aussi la question de la
repentance. « Durant les années
Les Français n’arrivent pas à se débarrasser de la mentalité de colonisateur
1970, nous n’avions pas l’idée de
demander à la France de s’excuser
pour ses crimes commis en
Algérie. Nous préférions tourner
cette page sans la déchirer.
Parfois, je me dis que nous avons
exagéré et nous l’avions tournée
trop vite. » Résultat : « Les jeunes
Algériens ont une vision positive
de la France. » Il ne manque pas
d’épingler Bernard Kouchner,
ancien ministre français des
Affaires étrangères.
Son affirmation selon laquelle
« les relations entre l’Algérie et la
France ne s’amélioreront qu’a-
près dès le départ de la génération
de la Révolution » est malvenue,
selon l’ex-ministre des AE. « Tous
ces comportements sont inadmis-
sibles et nous devons nous souve-
nir de ce que la France a fait en
Algérie, afin de ne pas oublier et
pour que les jeunes d’aujourd’hui
comprennent que tourner la page
ne veut pas dire la déchirer »,
dit-il. Lorsqu’il parle de
Boumediene, il axe surtout son
intervention sur la relation avec
les paysans et les intellectuels. Il
évoque également l’assassinat
d’Olef Palme, ancien Premier
ministre suédois, qui serait peut-
être dû au fait qu’il a rencontré
Yasser Arafat à Alger, ce que les
sionistes ne lui auraient pas par-
donné.
Par ailleurs, les deux journalis-
tes qui ont réalisé l’entretien ont
longtemps exercé dans des domai-
nes liés à la culture, il n’est pas
étonnant que certaines de leurs
questions se rapportent à ce sec-
teur.
Ainsi, Hamid Abdelkader et
Mohamed Beghali ont évoqué des
écrivains comme Frantz Fanon.
Taleb Ibrahimi pense qu’il est
l’un des penseurs qui ont rejoint
la Révolution algérienne à
laquelle il a donné beaucoup de
choses. « Je pense que son idéolo-
gie sert toujours à combattre le
néocolonialisme. Il fait partie de
notre patrimoine historique, mais
il ne faut pas que nous oublions
nos penseurs », a-t-il averti. Taleb
Ibrahimi parle aussi de son livre
Dans les prisons algériennes.
Les idées exprimées dans le
livre restent-elles valables pour
faire face à la mondialisation ? Il
répond que ce sont des messages
instantanés qui ont été écrits en
prison et ne portent pas de mes-
sages philosophiques à l’instar
des idées de Frantz Fanon, mais
ils donnent une image sur les jeu-
nes Algériens à l’époque et une
idée de leur vision du colonia-
lisme. « Aujourd’hui, les jeunes se
précipitent pour gagner de l’ar-
gent et pour arriver au pouvoir »,
regrette-t-il.
AA
MM

DERNIER RAPPORT SUR LES RÉVOLTES ARABES

AAmmnneessttyy IInntteerrnnaattiioonnaall eefffflleeuurree llAAllggéérriiee

CCEESSTT LLUUNNEE des rares fois où cette ONG épargne ses critiques aux dirigeants algériens.

cette ONG épargne ses critiques aux dirigeants algériens. D D a a n n s s

DD aannss ssoonn ddeerrnniieerr rraappppoorrtt rreenndduu ppuubblliicc hhiieerr,, AAmmnneessttyy IInntteerrnnaattiioonnaall nnee sseesstt ppaass ttrroopp aattttaarrddéé ssuurr llAAllggéérriiee eett cceesstt

tant mieux. Intitulé « Une année de rébellion. La situation des droits humains au Moyen- Orient et en Afrique du Nord », ce document de 79 pages a survolé la situation qui a pré- valu en Algérie durant le printemps arabe, se contentant de quelques rappels sans commen-

taires à même de gêner les représentables algériens. « En Algérie, les émeutes généralisées qui ont éclaté en janvier en raison de la flambée des prix des denrées alimentaires ont été sui- vies, à partir du 12 février, de manifestations en faveur d’une réforme », écrit Amnesty International qui fait remarquer que la déci- sion de la levée de l’état d’urgence en vigueur depuis 19 ans a été prise par le président Bouteflika comme mesure d’apaisement. « Il

a promis ( le Président Bouteflika, Ndlr) de

mettre en œuvre d’autres réformes et a réduit les prix des denrées alimentaires », lit-on dans ce rapport qui souligne les manifestations

organisées par la Cncd durant 8 samedis consécutif. « Des organisations de défense des droits humains, des partis politiques d’opposi- tion et des syndicats ont commencé à organi- ser des manifestations toutes les semaines, et des jeunes sans-emploi ont protesté dans tout le pays ». Le rapport d’Amnesty international n’a pas émis d’avis et n’a porté aucun jugement sur le contenu des réformes annoncées par le président de la République lors de son dis- cours du 15 avril 2011. « Le 15 avril, le prési- dent Abdelaziz Bouteflika a annoncé des réfor- mes en vue de «renforcer la démocratie». Amnesty International a alors énuméré ces réformes comprenant la révision de la loi élec- torale et la création d’une commission de réforme constitutionnelle. L’adoption d’une nouvelle loi sur l’infor- mation a également été annoncée pour rem- placer les dispositions existantes du Code pénal, en vertu desquelles les journalistes, entre autres, reconnus coupables de « diffa- mation » envers le président ou d’autres insti- tutions étatiques, sont passibles d’une peine maximale d’un an d’emprisonnement assortie d’une amende. « Le président a aussi annoncé

l’amendement de la loi sur les organisations de la société civile, mais certains ont exprimé leur crainte que le nouveau texte ne limite encore davantage le fonctionnement et le financement de ces organisations », a ajouté le même rapport. Ce document analyse les événements de 2011, année historique et tumultueuse marquée par des souffrances et de la tristesse mais aussi par l’espoir pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Ficelé en 79 pages, ce rapport s’appuie sur les recher- ches menées par Amnesty International tout au long de l’année 2011. Il examine aussi la réaction de la commu- nauté internationale aux différents événe- ments qui ont marqué cette année, en appor- tant une attention particulière à la responsa- bilité internationale envers les réfugiés et les

migrants. Il contient des chapitres spécifiques sur Bahreïn, l’Égypte, l’Irak, la Libye, la Syrie, la Tunisie et le Yémen, mais un chapi- tre spécifique à l’Algérie. C’est l’une des rares fois où cette ONG épargne l’Algérie dans ses rapports. Il serait intéressant de lire les com- mentaires des responsables algériens qui ont toujours douté de la véracité des rapports

d’Amnesty International.

NN

BB

4

D e Q u o i j ’ m e M ê l e MARDI

De Quoi jme Mêle

D e Q u o i j ’ m e M ê l e MARDI 10

MARDI 10 JANVIER 2012

Le site officiel de Rachida Dati piraté RACHIDA Dati a porté plainte après le piratage
Le site officiel
de Rachida
Dati piraté
RACHIDA Dati a porté plainte après le
piratage de son site Internet, sur lequel a
été diffusé cette semaine un faux com-
muniqué annonçant sa candidature en
Seine-Saint-Denis. Selon Europe 1,
Rachida Dati a porté plainte mardi, jour
où elle a découvert le piratage de son
site Internet dont plusieurs éléments ont
été détournés : un acronyme « PIPE »
était notamment venu remplacer le logo
PPE. Le ou les auteurs du piratage
avait(ent) également glissé sur le site un
faux communiqué de presse annonçant
la candidature de Rachida Dati dans une
circonscription législative de Seine-
Saint-Denis, précise Europe 1.

Noséconomistesont rendez-vousavec Erdogan en février

LES « ENTRETIENS de la Méditerranée » auront lieu le 7 février prochain à Istanbul. Il est attendu la participation de chefs d’entreprise et d’économistes lors de cette rencontre comme lors de précédentes éditions. La réunion est le résultat de la réunion, le 22 novembre 2010, à Barcelone, des dirigeants de quatre instituts méditerranéens qui ont signé un accord de partenariat pour conjuguer leurs efforts au service de l’intégration économique méditerranéenne et organiser conjointement les « Entretiens de la Méditerranée ». 500 dirigeants des principales entreprises méditerranéennes, des représentants d’organisations patronales, des réseaux professionnels, associés aux meilleurs experts de la région échangeront, autour des travaux des quatre instituts partenaires, pour élaborer des propositions concrètes en faveur d’une meilleure convergence économique entre les pays méditerranéens.

Belaïz enseigne la déontologie aux juges

LE MINISTÈRE de la Justice a repris depuis hier les cycles de formation au profit des magistrats et du personnel d’autres corps au niveau des écoles rele- vant du ministère. Le premier cycle de formation sur les litiges commerciaux est organisé au profit des magistrats des sections et chambres de com- merce. Les magistrats bénéficieront d’un pro- gramme de conférences sur les litiges commerciaux et problématiques suscitées par le droit à la règle commerciale. Il sera également question du règle- ment des litiges induits par le contrat de gestion libre, des contrats d’assurance maritimes, des devoirs du magistrat et de la déontologie.

Les images d’Algérie de Bourdieu appréciées par le public

UNE EXPOSITION est proposée jusqu’au 12 février 2012, par l’Université de Strasbourg et Stimultania dans le cadre du Festival Strasbourg-Méditerranée. Images d’Algérie réunit 150 photographies en noir et blanc qui caractérisent une façon de regarder et de donner à voir. Des cli- chés pris entre 1958 et 1961 documentent l’Algérie en période de guerre. Âgé de 25 ans, Pierre Bourdieu (1930- 2002), jeune philosophe brillant, est, comme beau- coup d’autres de sa géné- ration, envoyé en Algérie où il fera son service mili- taire dans un pays qui vient de basculer dans la guerre. C’est dans ce contexte que, muni d’un appareil 6 x 6 cm, qu’il enregistre et immortalise la région.

L’UE s’invite dans la loi de finances 2012

LA COOPÉRATION entre le ministère des Finances et l’Union européenne a enfin donné naissance à une application concrète. Il s’agit du rescrit fiscal qui instaure le dialogue entre l’administration fiscale et les contribuables, introduit dans la loi de finances pour 2012. Même un responsable de la Direction générale des impôts a fait état de cette disposition. Le rescrit fait l’obligation à l’administration fiscale de répondre à la lecture fiscale du contribuable dans un délai de quatre mois, au-delà duquel cette lecture lui sera opposable.

DSK donnera une conférence à Bruxelles DOMINIQUE Strauss-Kahn donnera une conférence sur l’économie et la
DSK donnera
une conférence
à Bruxelles
DOMINIQUE Strauss-Kahn donnera une
conférence sur l’économie et la zone
euro entre fin janvier et début février à
Bruxelles, à l’invitation de l’association
U
40, qui rassemble des jeunes dépu-
tés européens. Cette intervention sera
la
deuxième de l’ancien directeur géné-
ral du FMI depuis mai dernier et l’af-
faire du Sofitel de New York où il avait
été accusé de tentative de viol sur une
femme de chambre. Depuis, les char-
ges pénales contre lui ont été abandon-
nées. Le 19 décembre dernier, il avait
été invité à s’exprimer lors d’un forum
économique à Pékin. Dominique
Strauss-Kahn avait alors comparé la
zone euro à un « radeau (qui) semble
sur le point de sombrer », ce qui lui
avait attiré des critiques de l’UMP.
», ce qui lui avait attiré des critiques de l’UMP. O O N N r r

OONN

rr ee mm ee tt

ÇÇAA

O O N N r r e e m m e e t t Ç Ç

L a bande de joyeux lurons qui

avaient bruyamment envahi le

troquet, menaient une conversa-

tion très animée ponctuée par d’inces- santes libations. Leur accent indiquait leur origine géographique. « Cela fait plaisir à voir ! Cela fait longtemps que je n’ai vu pareil spectacle. J’étais habitué à voir des gens tristes devant leur bouteille en train de ressasser un douloureux passé ou des conflits inso- lubles », avait justement remarqué mon ami Hassan dont la mine s’était un peu décontractée grâce à la nou- velle ambiance. « Ils doivent sûrement fêter un heureux évènement : l’un d’eux a dû gagner au loto ou alors ils ont dû vendre à bon prix tout un trou- peau de moutons. C’est vrai que par les temps qui courent, ce n’est pas un spectacle habituel. Tu sais, nous avons le vin triste. Toutes les mesures administratives, fiscales ou culturelles prises depuis

SOIRÉES

«« LLee rréécciitt ddee llaa ffêêttee eesstt llaa mmooiittiiéé ddee llaa ffêêttee

»» PPrroovveerrbbee ttaaddjjiikk

l’Indépendance ont conduit le consommateur à se culpabiliser et à le détourner de la consommation de l’al- cool. Alors, certains, et davantage les jeunes, se sont tournés vers le canna- bis. Je ne dis pas que le cannabis est une bonne chose mais c’est pire que l’alcool. Tous les spécialistes te le diront. Et toutes les campagnes menées par les autorités contre ce fléau qui vient de l’Ouest sont demeurées vai- nes. Des jeunes qui roulent des joints dans un silence proche du recueille- ment sont moins repérables qu’une bande de joyeux drilles qui créent une ambiance comme celle à laquelle nous assistons. Tout l’effort de l’adminis- tration, dès le début, a été de présen- ter les consommateurs d’alcool comme des pestiférés. Et maintenant on se retrouve avec une délinquance difficilement maîtrisable puisque le trafic de la drogue étend ses ramifica- tions à tous les secteurs de la société. Moi, sans être un consommateur invétéré, je n’ai jamais pu dissocier mes penchants culturels de la consommation modérée de l’alcool. Ma première bière, je l’ai prise dans

une arrière-salle d’un café de Bérard. Juste à côté du port. C’était juste pour protester contre l’interdiction faite alors aux tenanciers des bars de servir des nationaux. J’ai connu un collègue qui avait le physique d’un Européen et l’accent pied-noir qui se faisait servir là où il se présentait. On avait affaire à un vrai délit de faciès dans sa propre patrie. Donc, j’avais juste commencé à prendre de la bière uniquement par opposition politique. On sortait d’un système colonial qui nous barrait éco- nomiquement tous les accès à une vie digne et on se retrouve avec une orga- nisation politique qui vous dicte votre conduite quotidienne. C’est aberrant ! Plus tard, c’est autour de la Cinémathèque que nous avons pris l’habitude de sacrifier à Bacchus. En attendant la projection d’un film ou après, il était agréable de discuter autour d’un verre avec des journalis- tes qui s’improvisaient critiques. A l’é- poque, il y avait même des étrangers, des coopérants techniques qui y venaient. Le cosmopolitisme ajoutait une note d’animation aux groupes qui se formaient sur les terrasses des

cafés. Les amitiés se nouaient ou se dénouaient au fil des prises de posi- tion des uns et des autres. Les techni- ciens du film et certains réalisateurs se retrouvaient le soir dans un bar qui avait une large baie vitrée en face du cinéma l’Afrique. Cela donnait au bar un aspect d’aquarium : les gars de l’Oncic et de la RTA s’y retrouvaient chaque soir pour échanger des idées, parler de leurs expériences quotidien- nes et casser du sucre sur le dos des responsables d’alors. Les inévitables ragots et les commérages pimentaient les longues veillées où kémias et biè- res remplaçaient le dîner. Mais, les meilleurs souvenirs sont liés à l’am- biance des tournages qui s’effec- tuaient à l’intérieur du pays : les frais de mission donnaient aux techniciens et réalisateurs une aisance financière. Après le « Coupez ! roulez ! » Tout le monde se retrouvait au bar pour conclure dans la décontraction, une dure journée de travail et pour mieux préparer la journée suivante. Dieu merci, il n’y eut jamais un incident regrettable lié à ces mémorables soi-

rées. »

S. M.

5

D ossier MARDI 10 JANVIER 2012 ELLE EST CONSIDÉRÉE COMME ÉTANT UNE ANNÉE CHARNIÈRE CCee

Dossier

MARDI 10 JANVIER 2012

ELLE EST CONSIDÉRÉE COMME ÉTANT UNE ANNÉE CHARNIÈRE CCee qquu’’aatttteennddeenntt lleess AAllggéérriieennss
ELLE EST CONSIDÉRÉE COMME ÉTANT UNE ANNÉE CHARNIÈRE
CCee qquu’’aatttteennddeenntt lleess AAllggéérriieennss eenn 22001122
LLEESS HHOOMMMMEESS politiques seront-ils à la hauteur des revendications populaires, ou bien continueront-ils à s’écharper
sur des sujets éloignés des préoccupations citoyennes ?
SS
ii lleess ssoonnddaaggeess dd’’ooppiinniioonn
aavvaaiieenntt ccoouurrss eenn AAllggéérriiee,,
ppeerrssoonnnnee nn’’aauurraaiitt eeuu dduu mmaall
à déceler les préoccupations des
Algériens et leurs attentes en cette
année électorale. Mais même sans
cet instrument de mesure, il n’est
pas difficile de classer l’emploi et
le logement au premier rang des
revendications. Voilà des dossiers
terre-à-terre auxquels les candi-
dats aux prochaines élections doi-
vent réserver la plus grande partie
de leurs programmes. Sans aller
dans des promesses sans lende-
main afin de ne pas céder à des
prévisions chimériques.
Si l’on s’attarde sur les préoc-
cupations matérielles, il n’y a pas
d’objection à ajouter à cette liste la
question du pouvoir d’achat. Pour
prendre le pouls de l’opinion sur
ces thèmes, rien de tel que de faire
un tour au marché. Les ménagères
constatent chaque jour que les
prix des différents produits ne ces-
sent de s’envoler.
Les derniers exemples en date
sont fournis par l’évolution des
prix des viandes. Le kilo de viande
de volaille frôle les 500 dinars
alors que la viande rouge est cédée
quelquefois à plus de 1 000 dinars.
Fruits et légumes secs et frais
n’échappent pas à la règle. Pour se
rendre compte de l’importance
qu’accorde le citoyen au contenu
de son panier, on n’a qu’à se réfé-
rer aux émeutes de janvier 2011
qui ont été provoquées par la
hausse des prix de l’huile et du
sucre.
La vie collective est aussi
source de soucis. En ville, l’urba-
nisme n’est nullement conçu pour
absorber les sources de stress. Le
transport est mal géré alors que
les structures de loisirs laissent à
En ville, l’urbanisme n’est nullement conçu pour absorber les sources de stress
désirer. Ce ne sont certainement
pas des phénomènes qui réjouis-
sent les citoyens. Ils aimeraient
bien que ce décor de désolation
soit effacé de leur vue. Ils ne ver-
raient pas, non plus, d’un mauvais
œil une réplique d’un plan anti-
pénurie, ne serait-ce que dans le
domaine de la santé.
Les citoyens sont outrés d’as-
sister impuissants aux ruptures
successives de stocks en médica-
ment les obligeant à reporter les
soins au risque de voir leurs mal-
adies s’aggraver. C’est particuliè-
rement vrai pour les personnes
atteintes de cancer, mais c’est tout
aussi valable pour d’autres patho-
logies. Depuis le début des années
1990, personne n’a encore cons-
taté de dysfonctionnement aussi
grave dans un secteur aussi vital.
Les citoyens caressent alors
l’espoir que leur confort soit
mieux pris en charge. C’est le
même souhait qu’ils expriment
lorsqu’il s’agit d’évoquer leurs
attentes dans d’autres domaines.
Ils aimeraient effectuer leurs
déplacements sur des routes amé-
nagées et ne dédaignent pas à être
raccordés aux réseau de distribu-
tion d’eau potable ni que leurs
foyers soient connectés au réseau
d’alimentation en gaz naturel.
Logement, emploi et pouvoir
d’achat sont certes des dossiers
qui reviennent comme un leitmo-
tiv dans les discussions avec les
citoyens, mais ces derniers ne per-
dent pas de vue pour autant des
domaines strictement politiques.
Le premier souhait est que
l’ère de la fraude électorale ne soit
plus qu’un mauvais souvenir. Les
déclarations de Abdelaziz
Belkhadem, secrétaire général du
FLN, anticipant sur le score des
islamistes prédisant entre 35% et
45% des voix ont été reçues
comme une douche froide et
réveille le spectre des élections à la
Marcel-Edmond Naegelen – du
nom du gouverneur français qui
dirigea l’Algérie de 1948 à 1951
laissant son nom lié aux fraudes
électorales massives.
Dès que la question de la
fraude électorale est évoquée, le
lien est vite fait avec un autre gros
fléau qui écœure les Algériens,
celui de la corruption. Ce sont
autant de maux qu’ils aimeraient
voir disparaître de leurs écrans.
A propos d’écran, il est intéres-
sant de constater que les Algériens
tendent de plus en plus à calquer
leur mode de vie sur ce qu’ils
voient sur les stations de télévi-
sion étrangères. Faute d’atteindre
un niveau de vie comparable à ce
qui est en vogue en Occident, les
jeunes font tout pour y poser pied,
même s’ils doivent pour cela
emprunter les eaux tumultueuses
de la Méditerranée à bord d’em-
barcations de fortune. Leurs
parents souhaitent certainement
que les opportunités d’éducation
et d’emploi soient meilleures pour
leurs enfants afin qu’ils ne ris-
quent pas leur vie dans des aven-
tures pareilles.
Mais est-ce que les hommes
politiques, toutes tendances
confondues, seront à la hauteur de
ces revendications, ou bien conti-
nueront-ils à s’écharper sur des
sujets éloignés des préoccupations
de leurs éventuels électeurs ? Une
déception des électeurs ne profite-
rait qu’aux extrêmes. Pour l’ins-
tant, les islamistes sont les mieux
placés pour remporter le suffrage
des mécontents.
AA
MM
TIZI OUZOU
UUnnee bbuurreeaauuccrraattiiee ééttoouuffffaannttee
LLAA BBUURREEAAUUCCRRAATTIIEE et l’insécurité retardent tous les projets de développement de la wilaya.
KKAAMMEELL BBOOUUDDJJAADDII
LL aa wwiillaayyaa ddee TTiizzii OOuuzzoouu bbéénnééffiicciiee ppoouurr
ll’’aannnnééee eenn ccoouurrss ddee pplluussiieeuurrss ggrraannddss
pprroojjeettss DDaannss lleess sseecctteeuurrss ddeess ttrraavvaauuxx
publics, de la santé, de la jeunesse et des
sports, de l’hydraulique et de l’énergie, les
projets inscrits sont à la mesure des atten-
tes des populations. Mais, hélas, l’espoir est
infime de voir ce rêve devenir réalité. Même
les citoyens ont cessé d’espérer de voir venir
une réalisation. Les expériences passées
sont largement suffisantes pour décourager
les plus optimistes. La situation sécuritaire
de plus en plus délétère n’encourage, elle
aussi, ni le lancement des projets ni même
la redynamisation de la machine écono-
mique. Avec plus de 65 kidnappings et les
actions terroristes qui surviennent prati-
quement chaque semaine, il est difficile de
faire venir un investisseur qui risque d’y
laisser des plumes et des milliards. Alors
que les populations souffrent économique-
ment en baignant dans une insécurité
inégalée, des milliards de dinars dorment
dans les tiroirs d’une administration
bureaucratique et dans les poches de mem-
bres des groupes armés qui sèment la ter-
reur.
Tous les projets inscrits demeurent encore
en voie de réalisation ou non lancés pour des
motifs souvent légers.
Les exemples de projets toujours en
attente sont nombreux. A noter cependant
que les causes de ces retards sont diverses.
Les responsabilités pour une grande partie,
incombent aux autorités compétentes, il
n’en demeure pas moins que les populations
sont en partie derrière des retards injusti-
fiés. Mais, pour se convaincre de cette iner-
tie des directions de wilaya concernées, un
petit retour en arrière. Lors d’un conseil de
wilaya qui s’est tenu en mai dernier et
consacré à l’évaluation du bilan annuel de
l’exécutif, le wali de Tizi Ouzou a avancé des
chiffres surprenants. Durant toute l’année
2010, douze directions n’ont pas consommé
un seul dinar de budget tandis que d’autres
ont fait l’effort de n’en consommer que
quelque 0,6%.
DDeess pprroojjeettss eett ddeess eessppooiirrss
DDeess ddiirreeccttiioonnss mmoorriibboonnddeess
En 2010, sur une autorisation de pro-
gramme estimée à 20 milliards de dinars, la
consommation du budget dans la wilaya et
dans tous les secteurs confondus n’a été que
de 0,8%. En 2011, le taux n’a guère évolué.
Aussi, en 2012, les attentes sont grandes
mais l’espoir, lui, reste très mince. Pour la
réalisation de plusieurs grands projets à tra-
vers les différentes communes, l’autorisa-
tion de programme réservée est estimée à
22 750 millions de dinars. En effet, pour une
véritable redynamisation de son activité
économique, la wilaya de Tizi Ouzou va être
reliée à l’autoroute Est-Ouest.
52 milliards de dinars ont été alloués à ce
grand projet structurant. La pénétrante
s’ouvrira vers l’autoroute Est-Ouest en pas-
sant par Draâ El Mizan sur un tronçon rou-
tier de 46 kilomètres. Toujours dans le volet
des projets attendus, le secteur de l’énergie
et des mines connaîtra un important redé-
ploiement de réseaux d’alimentation en gaz
de ville. Sur pratiquement toutes les com-
munes, ils seront pas moins de 45 500 foyers
qui seront raccordés. En matière d’alimen-
tation en eau potable, cette année 2012
verra le lancement des travaux de réalisa-
tion du barrage de Souk Tleta. Justement,
ce projet confié par l’Agence nationale des
barrages et des transferts (Anbt) à l’entre-
prise turque Nuro-Ozaltin depuis plus
d’une année, a bénéficié d’une enveloppe de
11 milliards de dinars. Le projet attendu
donc pour cette année, est pour rappel en
attente depuis 1984.
Un exemple qui illustre parfaitement les
dégâts de la bureaucratie. En effet, depuis
cette date, les propriétaires expropriés n’ont
pas cessé de réclamer des indemnisations à
la hauteur du prix réel de leurs terres, sans
se faire entendre. Il aura fallu donc plus
d’une trentaine d’années pour que ce litige
connaisse une fin. Une autre enveloppe lui
est réservée et estimée à pas moins de 7
milliards de dinars. Le retard pris pour le
lancement de ce projet rappelle également le
volet du logement. Après avoir évalué le
besoin de la wilaya à quelque 81 000 loge-
ments, les pouvoirs publics ont lancé les tra-
vaux de réalisation depuis 2004. Jusqu’à
aujourd’hui, la réalisation connaît un déficit
énorme. Elle n’excède pas les 40% avec une
attente de plus en accrue.
Par ailleurs, si l’administration est
obnubilée par une mortelle bureaucratie, il
n’est pas à ignorer également que la part
des citoyens n’est pas négligeable dans les
retards accusés par les différents projets
dont a bénéficié la wilaya.
QQuuaanndd lleess ooppppoossiittiioonnss
ddee cciittooyyeennss ppaarrttiicciippeenntt
aauu mmaassssaaccrree
Les exemples sont nombreux. Alors
qu’une partie de la région nord de la wilaya
est restée en marge du développement à
cause du faible réseau d’alimentation en
électricité, il s’est avéré que la cause n’est
autre qu’une opposition d’un citoyen.
Refusant à l’installation d’un centre de
distribution sur son terrain, ce dernier,
habitant à Tala Athmane, a maintenu son
opposition depuis 1984 sans que les respon-
sables concernés ne daignent régler le
conflit.
C’est, enfin, à la même date que les
citoyens se sont opposés à la réalisation des
travaux du barrage de Souk N’Tleta pour
un désaccord portant sur le taux des indem-
nisations.
Le conflit est resté en suspens depuis
1984. Il n’est pas aussi à ignorer que les
oppositions en question ont également
causé des retards au projet de raccordement
au gaz naturel à travers plusieurs localités.
Enfin, avec tous les blocages des projets à
réaliser, la population locale espère voir la
situation sécuritaire s’améliorer. Elle
s’avère être une priorité car elle conditionne
tout le reste.
KK
BB
Ph. : R. Boudina
s’améliorer. Elle s’avère être une priorité car elle conditionne tout le reste. KK BB Ph. :

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s’améliorer. Elle s’avère être une priorité car elle conditionne tout le reste. KK BB Ph. :
D ossier MARDI 10 JANVIER 2012 BOUIRA 22001111 EESSTT ÀÀ MMEETTTTRREE AAUUXX OOUUBBLLIIEETTTTEESS LLAA VVIILLLLEE,,

Dossier

MARDI 10 JANVIER 2012

BOUIRA 22001111 EESSTT ÀÀ MMEETTTTRREE AAUUXX OOUUBBLLIIEETTTTEESS LLAA VVIILLLLEE,, QQUUII AA GGRRAANNDDII,, subit
BOUIRA
22001111 EESSTT ÀÀ MMEETTTTRREE AAUUXX OOUUBBLLIIEETTTTEESS
LLAA VVIILLLLEE,, QQUUII AA GGRRAANNDDII,, subit les aléas de ce développement : commerce informel en plein essor, chômage et anarchie
■■ AABBDDEENNOOUURR MMEERRZZOOUUKK
LL aa vviiee àà BBoouuiirraa nnee ddiiffffèèrree
ppaass ddee cceellllee ddee ll’’eennsseemmbbllee
ddeess AAllggéérriieennss àà ttrraavveerrss llee
territoire national. Partagé entre
les occupations quotidiennes, les
responsabilités familiales, l’a-
dulte à Bouira n’a aucune possi-
bilité de se détendre pour récu-
pérer ou décompresser. Ils sont
nombreux à se rendre quotidien-
nement à la forêt Errich, sise à la
sortie Nord de la ville, pour y
effectuer des activités sportives.
Hormis cette distraction
utile, rien n’est offert aux habi-
tants pour passer quelque temps
de repos.
Les deux cinémas de la ville
ont fermé pour être reconvertis
en salles de théâtre. Malgré la
nouvelle activité des lieux, ils
continuent à fermer leurs portes
ne les ouvrant que pour des acti-
vités politiques ou des rassem-
blements conjoncturels. Certes,
la ville s’est dotée de nouvelles
infrastructures destinées au
repos.
L’ex-bidonville situé à
quelques mètres du siège de la
wilaya s’est transformé en un
beau jardin public.
La fréquentation familiale se
limite aux périodes où le climat
est clément ou en période de
Ramadhan.
La ville, qui a grandi, subit les
aléas de ce développement. Ils
sont des milliers à rallier la capi-
tale pour diverses raisons. Ce
fait complique la circulation
même si de grands boulevards
ont été réalisés.
L’occasion est aussi une
aubaine pour les multiples com-
merces de proposer des repas
légers. Les pizzerias et les cafés
prolifèrent et se multiplient
d’année en année. L’ouverture
de plusieurs cabinets médicaux
spécialisés accentue le déplace-
ment vers le chef-lieu de wilaya.
La ville paisible de jadis a alors
L’Université de Bouira
laissé place à une agglomération
bruyante, sale et stressante. Ce
climat de tension reste le facteur
le plus influent qui aura engen-
dré des rixes et des accrochages
entre les automobilistes, les pié-
tons, les commerçants et leurs
clients. L’université est aussi un
élément à l’origine de cette
situation.
Le grand nombre d’étudiants
et d’étudiantes a augmenté la
densité dans une ville déjà exi-
guë. Les bagarres sont le quoti-
dien des quartiers populaires.
L’exemple le plus criant reste
celui des cités des 1100 et des
140 Logements où plusieurs cri-
mes ont été perpétrés durant
l’année 2011.
Par le passé, une dame ou
demoiselle pouvait arpenter tou-
tes les ruelles de la ville sans
aucun souci. De nos jours, il est
recommandé à la gent féminine
d’éviter de sortir la journée sans
être accompagné. Même si elles
sont nombreuses à occuper des
postes d’emploi, l’esprit conser-
vateur et le caractère rural de la
wilaya continue à être un rem-
part à une véritable émancipa-
tion de la femme dans cette
wilaya.
Les femmes qui conduisent
éprouvent les pires difficultés
devant des machos-chauffards
qui n’ont d’égard pour per-
sonne.
A n’importe quel coin de rue
elles peuvent être victimes d’a-
gression et la récente mésaven-
ture d’une jeune fille d’Ahl El
Ksar, rapportée par notre quoti-
dien, est dans les mémoires. Si
l’autoroute facilite le déplace-
ment depuis Bouira vers Alger,
Sétif ou Bordj Bou Arréridj, se
rendre dans l’une des villes de la
wilaya reste une véritable souf-
fance pour les usagers de la
route.
Le transport intra-wilaya est
de loin insuffisant et demeure
sous l’emprise des transporteurs
qui dictent leur loi. Que ce soient
les conditions de déplacement ou
les prix, l’usager est l’éternelle
victime. Ainsi et pour venir de
Taghzout, moins de 5 kilomètres
à l’est du chef-lieu, le citoyen
peut attendre plus d’une heure
et débourser 25 DA dans des
fourgons qui n’offrent aucune
condition élémentaire de confort.
L’ouverture d’un hypermar-
ché a sensiblement changé les
habitudes pour bon nombre de
citoyens. Partagés entre parti-
sans et opposants, le lieu est une
destination pour des personnes
qui se pavanent des heures
durant sans rien acheter.
C’est le côté frime qui domine
et non un quelconque attrait
commercial.
Les prix sont identiques à
ceux affichés par l’ensemble des
commerces du chef-lieu. Le chô-
mage aussi s’est accentué avec
l’essor de la ville.
Le manque d’opportunités
pousse des ouvriers à se regrou-
per sur le bord de la route, juste
en face du centre universitaire et
attendre qu’un entrepreneur ou
un privé dans le besoin vienne
les embaucher pour la journée.
Des métiers jusque-là révolus
comme celui de porteur, ont fait
leur réapparition.
La fonction tend à se rajeunir.
Devant l’essor que connaît le
commerce informel, des adoles-
cents font l’école buissonnière
pour aller s’installer dans les
marchés de fortune qui s’impro-
visent aux quatre coins de la
ville. D’autres, armés de gour-
din, s’imposent comme gardiens
de parking et se partagent des
rues à leur guise.
L’autorité, qui cherche à cal-
mer les esprits et qui marchande
la paix sociale, laisse faire. Même
si la ville de Bouira ne dispose
pas d’une grande équipe de foot-
ball, le phénomène de la violence
autour des terrains caractérise
certaines rencontres.
Cette recrudescence de la vio-
lence n’épargne pas des lieux de
culte jadis réservés à la piété et à
la bonne parole. Le phénomène
est accentué par des prêches qui
frisent quelquefois l’inconceva-
ble.
AA
MM
CCoommmmeenntt sseerraa llaa nnoouuvveellllee aannnnééee
LLEESS GGEENNSS attendent des projets pourvoyeurs d’emploi et non des structures commerciales qui ne profitent qu’à leurs propriétaires.
DD eeppuuiiss ddeeuuxx aannnnééeess eett àà llaa ffaavveeuurr ddee
ll’’eemmbbeelllliiee ffiinnaanncciièèrree eenn AAllggéérriiee,, llaa
wwiillaayyaa ddee BBoouuiirraa ss’’eesstt llaannccééee ddaannss
une multitude de projets. La fin de l’année
2011 est une occasion pour marquer une
halte et tirer les conclusions mais surtout
entrevoir l’avenir. Le constat global peut
se limiter au terme « insuffisant ». Quels
sont les grands défis qui attendent les
responsables pour cette nouvelle année ?
Sur le plan économique et devant la mon-
tée crescendo du chômage, les Bouiris
espèrent voir des investisseurs venir créer
de l’emploi.
Les discours réconfortants des respon-
sables qui vantent les mérites des zones
d’activité et l’existence des potentialités
contrastent avec le peu d’opportunités qui
s’offrent aux demandeurs d’emploi.
Les gens attendent des projets pour-
voyeurs d’emploi et non des structures
commerciales qui ne profitent qu’à leurs
propriétaires, l’allusion est faite aux deux
réalisations d’un richissime commerçant
national.
Même les espoirs sont revus à la baisse.
Après une première semaine de cette nou-
velle année, Bouira en est déjà à sa cin-
quième protestation.
Les motifs qui reviennent sont l’eau, le
gaz, l’électricité, le transport, l’éducation,
le chômage … autant de secteurs qui doi-
vent accélérer leur rythme d’exécution
pour répondre dans les délais aux aspira-
tions du citoyen.
En ce début de 2012, des foyers conti-
nuent à se chauffer au bois, à la bouse de
vache, des filles arrêtent leur cursus sco-
laire et ne vont plus à l’école parce que l’é-
tablissement est à des kilomètres du lieu
de résidence, des enfants étudient dans
des écoles non chauffées, le ventre creux,
attendent midi pour prendre en janvier un
repas froid.
En 2012, un malade ne trouve pas un
médecin spécialiste du secteur public pour
le prendre en charge. Il se rabat sur des
charlatans qui, avec quelques versets du
Livre Saint, prétendent tout guérir.
Malgré la diversité des doléances, le loge-
ment reste un dénominateur commun aux
habitants des quatre coins de la wilaya. La
proximité avec Alger (depuis l’ouverture
de l’autoroute) ne laisse pas les natifs
indifférents.
Certains craignent une ruée de ceux
qui vont tenter de fuir la capitale et ses
tracas. D’autres ont peur que des commer-
ces indélicats s’installent, allusion faite
aux night-clubs et autres complexes dou-
teux. D’autres encore affirment que cette
proximité influera sur le foncier et l’im-
mobilier qui deviendront inaccessibles aux
populations locales aux revenues limités.
C’est le règlement de tous ces problèmes
que les Bouiris souhaitent voir sur les
agendas des responsables à tous les
niveaux. La promotion du centre universi-
taire Akli-Mohand Oulhadj en université
reste la meilleure nouvelle pour l’année
universitaire 2012. Là aussi, les avis sont
rétifs. Le simple décret de promotion ne
suffit pas si les moyens ne sont pas mis ou
ne suivent pas. Les citoyens craignent de
voir les projets s’éterniser.
La possible création d’un département
de médecine est un rêve qui permettra à
Bouira de disposer d’un CHU, d’éviter des
déplacements parfois périlleux vers d’aut-
res villes du pays.
Dans l’immédiat, la course contre la
montre organisée pour combler les déficits
en paramédicaux sera un premier défi
pour le secteur de la santé.
Avant la concrétisation du vœu de voir
un CHU à Bouira, les étudiants espèrent
des sièges pour pouvoir étudier dans de
bonnes conditions. Sur le plan sportif, les
attentes diffèrent d’une région à l’autre.
Lakhdaria et Sour El Ghozlane croient
avec raison aller en Nationale
2 pro quand Bouira essaie juste de se
maintenir en Régionale 1 pour le MBB et 2
pour le MCB.
Les jeunes veulent voir les responsables
s’impliquer dans leurs projets de restruc-
turer dès cet été le sport et l’ensemble du
mouvement associatif local. Pour le quoti-
dien, les citoyens mettent au défi les
responsables d’éradiquer le commerce
informel comme ils le prétendent. Les
citoyens souhaitent la mise en place des
mécanismes à même d’endiguer la cherté
des prix qui caractérise la wilaya de
Bouira.
Politiquement, 2012 restera une année
charnière à cause du renouvellement des
instances élues.
Le marasme, qui aura caractérisé la
majorité des assemblées locales, servira de
leçon dans le choix que feront les citoyens
à l’occasion de la consultation électorale
prochaine. Sur toute la durée de l’année
écoulée, les APC ont connu des remous
plus ou moins importants. Dans la majo-
rité des cas, ce sont les représentants du
peuple qui sont désignés du doigt même si
souvent, la responsabilité ne leur incombe
pas. La promulgation des nouveaux Codes
de la commune et de la wilaya sont atten-
dus malgré la méconnaissance de leurs
contenus par beaucoup de citoyens qui
espèrent voir les pouvoirs publics poser
des garde-fous pour éviter des blocages qui
nuisent à la collectivité et aux citoyens.
La mésaventure de la commune de
Haïzer est dans toutes les mémoires.
AA
MM
à la collectivité et aux citoyens. La mésaventure de la commune de Haïzer est dans toutes

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à la collectivité et aux citoyens. La mésaventure de la commune de Haïzer est dans toutes
D ossier MARDI 10 JANVIER 2012 DE GRANDS PROJETS EN VOIE DE RÉALISATION À CONSTANTINE

Dossier

MARDI 10 JANVIER 2012

DE GRANDS PROJETS EN VOIE DE RÉALISATION À CONSTANTINE LLaa vviillllee rrééhhaabbiilliittééee ddaannss sseess
DE GRANDS PROJETS EN VOIE DE RÉALISATION À CONSTANTINE
LLaa vviillllee rrééhhaabbiilliittééee ddaannss sseess ddrrooiittss
BBEEAAUUCCOOUUPP ont l’espoir que ces projets qui ont fait couler tant d’encre vont agréablement bouleverser l’image de la ville.
TT rraammwwaayy,, vviiaadduucc ttrraannss--
rrhhuummmmeell,, vviillllee uunniivveerrssii--
ttaaiirree,, rreepprréésseenntteenntt lleess pprriinn--
cipaux grands projets devant don-
ner naissance à une nouvelle confi-
guration de Constantine. Ayant
atteint un rythme de croisière, ces
projets qui, malgré leur importance
du point de vue modernisation de
la ville, ont causé des désagréments
aux citoyens, qui prennent leur mal
en patience car conscients de l’uti-
lité majeure de leur réalisation. Le
défi est à relever donc par les auto-
rités locales appelées à rattraper
les retards qu’ont accusés ces pro-
jets, notamment en ce qui concerne
le tramway.
Celui-là même est prévu pour la
fin de l’année en cours, si on prend
en considération la déclaration
faite par le ministre des Transports
Amar Tou lors de la récente visite
de travail et d’inspection, et qui n’a
pas caché sa satisfaction quant à
l’avancement des travaux relatifs
aux trois projets. Au premier
regard on a l’impression que
Constantine est un grand chantier
à ciel ouvert qui ne s’achèvera
jamais.
Cependant, beaucoup ont
l’espoir que ces projets qui ont fait
couler tant d’encre allaient agréa-
blement bouleverser l’image de la
ville pour lui restituer son titre de
capitale de l’Est. Un grand intérêt
est porté à la nouvelle ville Ali-
Mendjeli. Longtemps remise en
question à cause des anomalies
relevées, cette ville qualifié de cité
dortoir, vient de connaître le lance-
ment de plusieurs actions pour la
Le pont suspendu de Constantine
réalisation de dizaines d’infrastruc-
tures socio-éducatives, pour l’an
2012. Cette ville est appelée selon
les autorités de la ville à abriter
400 000 habitants d’ici 2014 et elle
sera réhabilitée dans ses droits.
Pour ce faire, on prévoit également
la réalisation d’une dizaine d’éta-
blissement scolaires, des centres
hospitaliers et sécuritaires. La nou-
velle ville Ali-Mendjeli, qui abrite
l’une des structures des plus
importantes, à savoir l’hôpital mili-
taire, connaitra également la cons-
truction d’un second stade, des
lieux d’activités sportives et de loi-
sirs. Les mises à niveau program-
mées pour cette année vont certai-
nement donner un cachet convivial
à la ville où de plus en plus de
citoyens demandent à s’y installer.
C’est dire que cette ville gagne de la
considération urbanistique. On
peut en dire autant du viaduc
trans-rhummel qui attire toute
l’attention.
Prévu sur une longueur de 1150
m, ce futur pont sera conçu pour
faire jonction entre le Vieux Rocher
et les hauteurs du Mansourah
déversant Sakiet Sidi Youssef et ses
prolongements vers Ziadia, Djebel
El Ouahch, Daksi et Oued El Had
du côté du centre-ville. Cet
immense projet auquel personne
n’avait cru au départ, est en pleine
réalisation. Il prendra naissance à
la place des Nations unies, au
niveau de la zone stratégique de
Djanan El Zitoun. D’une largeur
d’une vingtaine de mètres, le projet
ne manquera pas d’offrir un
énorme soulagement à la circula-
tion devenue insupportable et
étouffante.
Cet ouvrage est classé parmi les
plus grands projets de modération
de l’Algérie, tant espéré par les
autorités du pays et dont les atouts
sont considérables. Il représente un
substitut du pont de Sidi Rached,
en reliant les deux rives de
Constantine, il dénoue la circula-
tion, mais surtout c’est son atout
touristique qui est frappant. Ce
projet qui a néanmoins accusé un
retard de plusieurs mois, pour
cause d’obstacles environnemen-
taux, une rallonge financière de 14
milliards de dinars a été ajoutée à
la somme initiale, qui est de 15
milliards de dinars selon le direc-
teur des travaux publics, après une
étude de revalorisation, affirmant
que « les modifications qui seront
apportées à la structure porteront
plus sur renforcement de l’ouvrage,
son embellissement et sa jonction
avec l’autoroute Est-Ouest ».
Lancé en septembre 2010, l’œu-
vre d’art, qui sera le huitième pont
de Constantine, devrait être récep-
tionnée en juin 2013. Sa réalisa-
tion a été confiée à un groupe bré-
silien Andrade Gutierrez. Il figu-
rait au programme de la visite du
président mauritanien lors de son
passage à la ville du Vieux Rocher.
GG
II
DES PROJETS À LA PELLE POUR BÉJAÏA
CCee ssoonntt lleess rrééaalliissaattiioonnss qquuii mmaannqquueenntt llee pplluuss
EE nn sseepptteemmbbrree 22001100,, uunn ccoommmmuunniiqquuéé ddee
llaa wwiillaayyaa ddee BBééjjaaïïaa aannnnoonnççaaiitt uunnee
ffeeuuiillllee ddee rroouuttee ppoouurr llee pprroocchhaaiinn
quinquennal, chiffrée à 419 milliards de
dinars. Presque un an et demi après, qu’en
est-il de la situation ? Où en est-on dans la
réalisation ? Que reste-t-il à faire ? Dans une
wilaya minée par des protestations au quoti-
dien et où l’oreille attentive n’est que très
rarement au rendez-vous, on ne peut s’éton-
ner de ce bilan peut reluisant. Mais cela
n’empêche pas le citoyen de garder espoir
quant à un avenir encore meilleur.
Le secteur des travaux publics, qui a
bénéficié d’une enveloppe de 288,5 milliards
de DA (soit 62% de l’enveloppe quinquen-
nale), pour notamment la réalisation de la
pénétrante autoroutière, la modernisation de
256 km de routes et divers travaux mariti-
mes, l’extension de l’aéroport de Béjaïa, le
dédoublement de la nationale 26, peine à
avancer. Le projet de la liaison autoroutière
entre la ville de Béjaïa et l’autoroute
Est-Ouest n’a pris forme en réalité que
depuis que la Commission nationale des mar-
chés publics (Cnmp) a validé l’attribution
provisoire de ce projet au groupement de
bureau d’études sud-coréen Kungdong-
Saman pour un peu moins de deux millions
d’euros. Cette attribution provisoire a été
annoncée il y a plus d’une année. Il faudra
encore patienter pour espérer voir les tra-
vaux démarrer. Le projet de la pénétrante,
qui reliera la ville de Béjaïa à l’autoroute
Est-Ouest au niveau de Mchedellah dans la
wilaya de Bouira, reste le projet phare sur
lequel sont basés tous les espoirs aussi bien
du simple citoyen que des opérateurs écono-
miques publics et privés. Elle traversera les
localités de Sidi Aïch et d’Akbou. Les travaux
de réalisation de cette autoroute devraient
commencer cette année, après le lancement
de l’appel d’offres. Elle prendra son départ à
partir du port de Béjaïa et désengorgera la
ville et son port. Elle favorisera le développe-
Des chantiers par-ci par-là
ment économique de la vallée de la
Soummam où sont implantées de nombreu-
ses entreprises privées dans l’agroalimen-
taire comme Danone, Ifri et Soummam, lea-
ders nationaux dans la fabrication de pro-
duits dérivés du lait et de l’eau minérale. Le
dédoublement de la RN 26 a été évoqué
comme solution palliative au retard que
prendra sans doute la réalisation de la péné-
trante. Il est encore au stade de projet. Le
cas de l’élargissement de la piste d’atterris-
sage de l’aéroport de Béjaïa ne verra pas le
jour de sitôt.
En dépit du feu vert donné par Amar Tou,
ministre des Transports, le département
d’Amar Ghoul n’a pas jugé utile de suivre le
pas et l’on attend encore. Le dédoublement et
l’électrification de la voie ferroviaire reliant
Béjaïa à Béni-Mansour sur une distance de
88km et l’inscription, en étude et en réalisa-
tion, d’un téléphérique au chef-lieu de Wilaya
sont d’autres projets très attendus. M. Amar
Tou, a lors de l’une de ses visites, souligné
l’inscription à l’étude, d’un projet de tram-
way pour la ville de Béjaïa et une gare rou-
tière pour la ville d’Akbou. Nous sommes en
2012 et le coup de starter n’est toujours pas
donné. Après la réalisation d’une première
trémie, la ville de Béjaïa s’apprête à récep-
tionner une deuxième.
Au carrefour d’Aâmriw les travaux ont
atteint un taux de 35 %. Sera-t-elle prête
avant la saison estivale ? Personne n’est en
mesure de répondre pour l’heure. Le secteur
de l’Habitat, avec 31 500 logements et une
enveloppe financière de 59,5 milliards de DA,
arrive en seconde position de la dotation
quinquennale. Il comporte 16 000 logements
ruraux, 9 500 logements sociaux et 6 000
logements participatifs.
Les contraintes foncières et la bureaucra-
tie laissent traîner la réalisation de ces uni-
tés. Le secteur de l’Hydraulique a bénéficié
de 11 projets d’alimentation en eau potable :
de Beni Ksila et 3 grands forages. Avec 12
milliards de DA, le secteur de la santé verra
la réalisation d’un CHU de 500 lits, la réali-
sation de 4 polycliniques et l’aménagement
et l’équipement des structures de la santé au
niveau des communes. Le secteur de l’éduca-
tion a bénéficié d’une enveloppe de
8 milliards de dinars pour la réalisation de
10 lycées, 13 collèges, 337 salles de classes,
28 internats, demi-pension et cantines ainsi
que 29 infrastructures sportives.
Le secteur de l’énergie comprend un pro-
gramme de raccordement de 50 000 foyers en
gaz naturel qui permettra de porter le taux
de couverture de la wilaya à plus de 60% en
2014. Le programme comporte aussi le rac-
cordement de 3 410 foyers en électricité.
L’enseignement supérieur verra la réalisa-
tion de 9 000 places pédagogiques, 4 500 lits
d’hébergement et 150 logements pour une
enveloppe financière de 6,5 milliards de
dinars. La pause de la première pierre a eu
lieu récemment. Dans le secteur de
l’Agriculture il est prévu dans le cadre de
3 dispositifs (Le fonds de développement
rural et mise en valeur des terres, le Fonds
national de développement des investisse-
ments agricoles et le Fonds national de régu-
lation de la production agricole) un dévelop-
pement conséquent. La réalisation de 2 salles
omnisports de 500 places, 11 maisons de jeu-
nes, 7 complexes sportifs de proximité, 8 sal-
les polyvalentes, 4 auberges de jeunesse, 16
12 pour l’assainissement, 2 stations d’épura-
tion des eaux usées, 1 barrage dans la région
aires de jeux, 5 piscines, 2 terrains de football
et 2 camps de jeunes sont d’autres projets
inscrits pour le compte du secteur de la
Jeunesse et du Sport.
Une cour de justice et un tribunal admi-
nistratif, 20 projets pour la Dgsn, 12 pour la
Protection civile sont des projets ayant pour
but de renforcer la couverture sécuritaire de
la wilaya de Béjaïa. Au final, ce ne sont pas
les projets qui manquent à Béjaïa. Le frein
réside au niveau de la réalisation. Ces projets
inscrits sont pour la plupart en phase d’é-
tude. Viendront ensuite les procédures admi-
nistratives qui déboucheront sur l’entame
des réalisations.
AA
SS
Ph. : R. Boudina
les procédures admi- nistratives qui déboucheront sur l’entame des réalisations. AA SS Ph. : R. Boudina

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les procédures admi- nistratives qui déboucheront sur l’entame des réalisations. AA SS Ph. : R. Boudina
L’ A ctualité MARDI 10 JANVIER 2012 DISTRIBUTION DES 350 LOGEMENTS À ORAN L L

L’Actualité

MARDI 10 JANVIER 2012

DISTRIBUTION DES 350 LOGEMENTS À ORAN

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d’envoi de l’attribution, par voie de pré-affectation des 4 000 logements a commencé hier. La première opération, qui a été transmise en direct par Radio Oran, a eu lieu au Palais des expositions d’Oran. 350 familles ont bénéficié des déci- sions d’attribution et cela en présence d’un impressionnant dispositif policier qui a quadrillé tous les pourtours et ceinturant tous les accès menant au Palais des exposi- tions. «Cette opération, pre- mière au niveau de tout le terri- toire national, constitue le début de la fin définitive de la crise du logement puisque ce sont quelque 4 000 logements qui seront attribués», a indiqué Abdelmalek Boudiaf, wali d’Oran, qui est longuement revenu à la crise latente de l’ha- bitat qui marque la deuxième ville du pays et les mesures pri- ses pour la résorption de l’habi- tat précaire. Les premières opérations de relogement effectif des occu- pants des vieilles bâtisses auront lieu à partir du mois de mai de l’année en cours tandis que la disparition définitive de l’habitat précaire est prévue pour l’année prochaine. «Les familles d’El Hamri, Mediouni et de Derb, seront toutes relo- gées en dernier délai, du pre- mier trimestre de 2013», a affirmé le wali d’Oran. Pour mieux étayer ses propos, le pre- mier responsable de la wilaya a annoncé la mise en place des bus spéciaux permettant aux bénéficiaires de suivre de près l’avancement des travaux de leurs futurs appartements. Ceux-ci, constitués de F3, sont réalisés dans les localités de Belgaid, Gdyel et Oued Tlélat. Le logement semble consti- tuer l’un des premières problé- matiques prises en compte par les services locaux et hiérar- chiques du bâtiment. Tout compte fait, la mission n’a pas été aussi simple vu le nombre de demandeurs d’une habita- tion décente qui est devenu phénoménal. «Les services locaux ont recensé plus de 81 000 demandes de logements», a indiqué le wali. Là encore, une autre problématique resurgira inéluctablement dans le proche avenir puisque la demande dépasse largement l’offre qui est pour le moment de 3 900 logements qui sont encore en chantier. L’enjeu est de taille tandis que la tricherie prend de l’ampleur. La situation est gra- vissime. Dans une déclaration faite exclusivement à L’Expression, le wali d’Oran a indiqué que «les membres de la commission de logement ont opéré plus de 16 000 vérifica- tions et procédé à l’invalidation de 467 dossiers dont la majeure partie (plus de 250 cas) a été recensée dans la commune d’Oran». Les institutions loca- les semblent avoir identifié la source du mal qui a accompa- gné pendant aussi longtemps la question de l’habitat.

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aussi longtemps la question de l’habitat. W W A A O O L L a a

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d’ArcelorMittal, avant-hier, diman- che, par devant la chambre com- merciale, près le tribunal d’El Hadjar, circonscription de compé- tence, est tombée comme un coupe- ret sur les 7 200 employés de l’en- treprise sidérurgique de Annaba. Cette disposition obéit notons-le au Code du commerce, tout autant que le dépôt de bilan des activités pour l’année 2011. Cette dernière démarche qui n’a pas encore été effectuée par la direction générale d’ArcelorMittal, a mis l’ensemble des travailleurs dans la tourmente, redoutant que leur entreprise déclare faillite, et par conséquence fermer, les mettant au chômage. Signalons également la déclara- tion du P-DG de la BEA, M. Mohamed Loukal, qui a accusé le groupe ArcelorMittal, le parte- naire de l’Algérie dans le complexe sidérurgique de Annaba, de « vou- loir faire endosser à la banque ses propres contraintes financières». Des informations, pour ne pas dire des indiscrétions, colportées par les

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une dizaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de wilaya continue à vivre un climat de tension. Rejetant une liste relative aux bénéficiaires de logements dans le cadre de l’éradication d’un bidonville, les citoyens ont fermé le siège de l’APC. Une semaine depuis cette action, rien n’a changé selon des participants. « A ce jour, aucune autorité n’a daigné nous recevoir ou ten- ter de nous approcher pour dénouer la situation », nous affirmera un citoyen par téléphone. « Certes il y a la procédure administrative du recours mais nous exigeons l’annulation pure et simple de cette opération et nous exigeons

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