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Les visages des 3 anciens Jésus

Les visages passés des trois anciens Jésus

Difficile la tâche de trouver les incarnations antérieures des trois Jésus dont la réunion forme les Evangiles Canoniques, cette caverne pleine de fantômes et de vivants. Plusieurs noms apparaissent sous la plume inquiète du philosophe en quête de vérités sublimes : Osiris, Zoroastre, Jérémie, Elisée, Akh-en-Aton, Melchisédech, Orphée, Lao-Tseu.

On pourrait procéder par élimination, arracher les feuilles folles pour que subsiste le tronc essentiel. Melchisédech "sans père, sans mère, sans généalogie, en tout semblable au Fils de Dieu" semble, malgré son attrait, devoir être rayé de la liste. Pour quelle raison ? Jésus, lui, a une généalogie et même deux, parfaitement contradictoires, ce qui montre déjà la multiplicité du personnage. Melchisédech est, comme le Comte de Saint- Germain, un sage immortel qui se matérialise un corps physique, quand il veut apporter un message à l'humanité. Il a surgi à l'époque d'Abraham, qui lui offrit la dîme des rois vaincus selon la Bible. On l'a revu pendant la première guerre mondiale où il célébra la messe du Saint-Esprit, dans une petite église d'Angleterre assurant ainsi à Londres l'appui des forces invisibles. En 1980, il se manifesta dans l'église de Tananarive où il annonça les malheurs de Madagascar.

Il convient d'écarter aussi Akh-en-Aton, le plus calomnié des mages, qui a resurgi dans François BROUSSE, avec un nouvel hymne au Soleil, aussi beau que l'ancien. Akh-en-Aton, le premier monothéiste, le premier pacifiste, le premier féministe de l'Antiquité, le Maître de Moïse, appartient à l'Emanation de Brahma, la Beauté parfaite, non celle de Vishnou, la Réforme religieuse. Les deux visages, avec celui de Sivâ, la Métaphysique implacable, ont chacun leur chemin de lumière et de divinisation.

Pour une raison analogue, Orphée, qui dompte les tigres et les lynx, qui fait naître les cités au son de sa lyre, qui chante le mystère des mondes, s'épanouit dans les rayons admiratifs de Brahma. Sa réincarnation normale brille dans le visage de Victor HUGO, dont le nom initiatique contient le cercle des Dieux immortels : Olympio. Romain Rolland, par exemple, a parlé justement de lui comme étant le nouvel Orphée. Le pharaon ailé, ainsi que le charmeur des fauves, évoluent parallèlement à Jésus, mais ne se confondent pas avec lui.

Lao-Tseu gronde et pleure dans le rire terrible de Sivâ, destructeur des préjugés et des erreurs. Par la liberté sans entraves, il monte jusqu'à la lumière insurpassable.

Ce génie naquit du viol d'une paysanne pendant que passait une comète aux éclats farouches. Il porte dans ses yeux hagards l'épouvante de l'une et la splendeur de l'autre. On ne saurait le confondre avec le rayonnement calme de l'Essénien. Un rictus, même sublime, n'est pas un sourire.

Les visages des 3 anciens Jésus

N'oublions pas également que l'histoire secrète nous offre, non pas un, mais trois Jésus. Le plus ancien, né vers -100 et mort lapidé en -63, se confond avec le Maître de Justice, dont parlent les manuscrits de la Mer Morte. Il s'affirmait le Messie prédit par les Ecritures. Il annonçait l'imminente fin du monde, et la résurrection des morts. Il écrivit, semble-t-il, le Livre d'Hénoch, où il déposa toute sa connaissance symbolique. Les prêtres l'accusèrent de sacrilège et il mourut sous le jet des pierres, mais ses disciples formèrent une communauté austère aux bords de la mer où sommeillent Sodome et Gomorrhe, blanches cités anéanties par la colère de Iahvé.

Il eut pour père et initiateur un certain Panther, centurion

d'origine gauloise, qui lui apprit les mystères les plus sacrés du Druidisme.

Le deuxième Jésus, beaucoup plus connu, fils de Joseph, initié de l'ordre Essénien, et de Marie, également initiée, reçut les hautes connaissances de l'Egypte immémoriale. Il naquit en -12, sous le vol effrayant de la comète de Halley, parallèlement avec Lao-Tseu, mais les grandes lois s'appliquent à des prophètes différents, dont le seul lien est d'être prophètes. Jésus entra dans la secte des Nazoréens, dont le grand Maître s'appelait Jean-Baptiste, qui lui conféra la suprême initiation dans le rite de l'eau divine.

A la mort de Jean-Baptiste, Jésus devint le grand Maître des

Nazoréens, jusqu'au schisme qu'il provoqua par son intrépidité novatrice. Il voulut en effet conférer l'initiation à un homme qui n'appartenait pas à la hiérarchie traditionnelle, son ami Lazare. Grave scandale ! D'autre part, le Galiléen osa procéder publiquement à ce rite sacré : non dans les cryptes d'un

sanctuaire, mais dans le village de Béthanie.

Jésus fut condamné à être crucifié. Les Pharisiens, fanatiques de

la lettre, et les Sadducéens, fanatiques du pouvoir, en portent

la responsabilité. Le prophète mort parut en corps astral à Marie-Madeleine, aux pèlerins d'Emmaüs, et surtout au persécuteur Paul qui, à la suite de cette apparition, devint la bannière combattante du christianisme.

Voici maintenant que surgit sur notre écran mental Jésus le troisième, le fils d'Ananias. L'Evangile de Luc, Flavius Josèphe et Suétone mêlent harmonieusement leurs informations. Luc nous apprend que Jésus ben Ananias naquit en +6, lors du recensement de Quirinus. L'âne et le bœuf représentent l'initiation juive et l'initiation égyptienne qu'il ne tarda pas à recevoir. Bientôt il prit conscience de sa dignité de prophète, capable d'un coup d'aile de surmonter les montagnes des siècles futurs. Alors il visita les communautés judaïques éparses dans l'ampleur de l'empire romain et il ne tarda pas à porter le feu de sa parole à la capitale du monde. Son action fut tellement vivace que l'empereur Claude lui ordonna de s'exiler avec la communauté turbulente. Il revint à Jérusalem où il se mit à prédire les catastrophes qui menaçaient l'antique ville où Salomon avait bâti le temple du Dieu unique.Il fut pris par la police romaine et condamné à être flagellé. Puis on le relâcha, le considérant comme un visionnaire sans importance. Quand les armées de Rome investirent la capitale juive, Jésus ben Ananias était dans ses murailles. Tous les jours, il parcourait le forum en évoquant les quatre vents qui se précipitaient contre l'infortunée Judée. D'après Flavius Josèphe une pierre envoyée par une baliste romaine le heurta de plein fouet et mit fin à ses

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prophéties.

Ici commence pour les deux derniers Jésus le mystère du tombeau de Srînagar, capitale du Cachemire. Une lame de pierre, portant gravée la marque des pieds troués, indique la sépulture de "Jésus-Christ". Musulmans, Hindous et Chrétiens viennent prier autour de cette sépulture avec une égale dévotion et un égal manque d'esprit critique. Une gardienne ou un gardien surgit et vous exhibe un parchemin généalogique, d'où il appert que la personne en question descend directement du Maître divin.

Dans ce cas, un problème s'impose. Des trois Jésus, quel est celui reposant sous la dalle indéchiffrée de Srînagar ? Le fils de Pandira, c'est improbable. Son corps a disparu sous une grêle de pierres. Restent les deux autres visages de l'Avatar, Jésus ben Youssef et Jésus ben Ananias, l'un crucifié, l'autre frappé par un lourd projectile. Le crucifié n'était pas mort, le traumatisé restait peut-être vivant.

Les deux hypothèses peuvent s'exploiter joyeusement. On a supposé que le Crucifié n'était pas mort, simplement plongé dans une profonde léthargie, d'où il serait sorti après les trois jours fatidiques. Sa résurrection ne serait donc qu'une réanimation. De là son apparition, charnellement physique, à Marie-Madeleine et aux pèlerins d'Emmaüs. Il resta cinquante jours avec ses disciples pour les enseigner et ses enseignements demeurent dans le fameux livre : la Pistis- Sophia. Ensuite il se rendit dans l'Inde accompagné de sa mère et de son disciple bien-aimé, l'apôtre Jean. Sous les cieux cléments de Srînagar, il prit femme et fonda une dynastie.

Cette vision ne manque pas de vraisemblance, mais la destinée hypothétique du troisième Jésus traîne autant de séduction. On peut dire qu'il n'est ni Akh-en-Aton, ni Melchisédech, ni Orphée, ni Lao-Tseu. Restent comme candidats : Osiris, Zoroastre, Jérémie et Elisée.

Nous pouvons d'ores et déjà rayer le nom d'Elisée à cause de la brutalité de ce prophète qui fait tuer des enfants railleurs par des ours féroces, si nous en croyons les écritures.

Occupons-nous maintenant d'Osiris, de Zoroastre et de Jérémie.

Osiris "l'être bon" pourrait s'être réincarné dans Jésus ben Youssef qui prêcha l'amour universel. Jérémie, l'annonciateur des catastrophes aurait comme successeur et réincarnation Jésus ben Ananias qui prophétisa la chute de Jérusalem et de la nation juive. Quant à Zoroastre, comme il l'avait annoncé lui-même, il s'est incarné dans le "fils de la Vierge", sous le signe éblouissant de l'Etoile des Mages.

Nous pourrions résumer ce débat initiatique par trois équations

:

Osiris = Jésus Ben Youssef Jérémie = Jésus Ben Ananias Zoroastre = Jésus Ben Pandira

Mais, toutefois le problème de Melchisédech n'est pas entièrement résolu, car l'évangile de Marcion, le plus ancien de tous, prétend que "Jésus fils de Dieu est descendu du ciel tout formé à l'âge de 30 ans. " On distinguerait donc un quatrième Jésus doué d'un corps artificiellement créé par la pensée. Il est normal qu'il ait existé quatre Jésus correspondants aux quatre

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grandes initiations des écoles secrètes : La terre, l'eau, l'air et le feu. L'existence des trois Jésus nés physiquement sur la Terre s'appuie sur un texte précis des "Philosophumena" consacré aux Pérates, secte primitive gnostique la plus ancienne peut-être des mouvements secrets émanés du christianisme :

"En conséquence, ils enseignent expressément qu'il y a trois dieux, trois verbes, trois intelligences, trois hommes."

Rappelons également que dans un monastère orthodoxe Jésus est représenté avec trois visages. Les Orthodoxes sont plus près que les catholiques du lieu plein d'ouragans où souffle l'esprit.

L'Evangile lui-même annonce l'arrivée du Paraclet qui confirmera tout ce qu'a dit Jésus-Christ et dévoilera des choses nouvelles.

24 septembre 1989