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L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. PROCÉDURE PÉNALE Thème n° 5 : Le jugement par Olivier Bachelet Chapitre 1.), 1. les règles relatives à 1. — Nous étudierons ici la saisine de la juridiction de jugement (Chapitre l’audience (Chapitre Chapitre 2.) et celles concernant la décision rendue (Chapitre Chapitre 3.). Mais, avant tout, nous nous attacherons à l’étude des juridictions pénales de jugement (Chapitre Chapitre préliminaire). préliminaire Chapitre préliminaire. — Les juridictions répressives de jugement § 2. — Il s’agira de présenter rapidement les juridictions répressive de jugement de droit commun (§ 1.) § 2.) 1. et les juridictions répressives de jugement pour mineurs (§ 2. § 1. — Les juridictions répressives de jugement de droit commun 3. — Appelées à se prononcer sur la culpabilité éventuelle des personnes citées ou renvoyées devant elles, leur nomenclature est fonction de la distinction des crimes, des délits et des contraventions. Seront envisagées, successivement, les juridictions de jugement du premier degré (A A.), celles du second degré (B B.) et la Cour de cassation (C C.). A. — Les juridictions juridictions de jugement du premier degré 1.), 2.) 1. un délit (2. 2. ou 4. — Nous distinguerons selon que l’infraction commise est une contravention (1. un crime (3. 3.). 3. 1. — Les contraventions 1 1 1 1 a. la juridiction de proximité 5. — La loi du 9 septembre 2002 — d’orientation et de programmation pour la justice — institue, dans le ressort de chaque Cour d’appel, des juridictions de première instance dénommées juridictions de proximité. Cette juridiction statue à juge unique et est compétente — depuis la loi du 26 janvier 2005 — pour juger les les contraventions des des quatre premières classe ainsi que pour la validation des compositions pénales. pénales 6. — Les juges de proximité ne sont pas des magistrats de carrière, carrière mais des juges recrutés à titre temporaire assurant un certain nombre de vacations, le cas échéant concomitamment à leur activité professionnelle. Leur qualité de magistrat nécessite qu'ils soient soumis aux dispositions de l'ordonnance n° 581270 du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature (article 41-19). Celle-ci a donc été récemment modifiée par la loi organique n° 20032003-153 du 26 février 2003 relative aux juges de proximité. proximité Les juges de proximité doivent présenter des compétences qui les rendent aptes à l'exercice de fonctions juridictionnelles. Dès lors, peuvent être nommés juges de proximité (art. 41-17 de l’ordonnance) : - les anciens magistrats de l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif ; SARL CAPAVOCAT au au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. - - - les personnes, âgées de trente-cinq ans au moins, que leur compétence et leur expérience qualifient pour exercer ces fonctions. Ces personnes doivent être membres ou anciens membres des professions libérales juridiques et judiciaires soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé. Elles doivent, par ailleurs, justifier de quatre années au moins d’expérience professionnelle dans le domaine juridique ; les personnes justifiant de vingt-cinq années au moins d’activité dans des fonctions impliquant des responsabilités de direction ou d’encadrement dans le domaine juridique les qualifiant pour l’exercice des fonctions judiciaires ; les anciens fonctionnaires des services judiciaires des catégories A et B, que leur expérience qualifie pour l’exercice des fonctions judiciaires ; les conciliateurs de justice ayant exercé leurs fonctions pendant au moins cinq ans. Par ailleurs, les juges de proximité doivent suivre, préalablement à leur prise de fonctions, une formation théorique et pratique assurée par l'Ecole nationale de la magistrature et comportant un stage en juridiction (art. 41-19). 7. — Afin d'assurer l'indépendance des juges de proximité, leur nomination intervient pour sept années non renouvelables. En outre, ces magistrats ne pourront exercer leurs fonctions au-delà de soixante-quinze ans. Leur indépendance est également assurée par leur mode de nomination dans les formes des magistrats du Siège : ils sont nommés dans une juridiction déterminée, par un décret du Président de la République pris sur l'avis conforme de la formation du Conseil supérieur de la magistrature compétente à l'égard des magistrats du siège. Ils prêtent le même serment que les magistrats professionnels et bénéficient de l’inamovibilité des juges du Siège. 8. — Enfin, les juges de proximité exercent leurs fonctions à temps partiel et perçoivent une indemnité de vacation. vacation En outre, ils peuvent exercer une activité professionnelle concomitamment à leurs fonctions judiciaires sous certaines conditions. En particulier, est exclu le cumul d'exercice de ces fonctions avec celles d'agents public, à l'exception des fonctions de professeur ou de maître de conférences des universités. En outre, le juge de proximité ne peut connaître d'un litige en cas de conflit d'intérêts. Dans une telle hypothèse, le président du tribunal de grande instance, à la demande du juge ou d'une des parties, décide de soumettre l'affaire à un autre juge de la même juridiction de proximité. b. le tribunal de police 9. — Le tribunal de police, qui connaît des contraventions de 5ème classe (art. 521), est constitué par le juge du tribunal d'instance, un greffier et un officier du ministère public (art. 523). Le ministère public est diversement représenté : en principe, la fonction est remplie par le commissaire de police, mais le procureur de la République peut toujours décider d'intervenir en personne — c'est même une obligation lorsque le tribunal est saisi d'une contravention de cinquième classe (art. 45) —. Il existe au minimum un tribunal de police par arrondissement; il peut tenir des audiences foraines, dans des villes de son ressort autres que celles où il siège ordinairement. Le tribunal de police connaît des contraventions de 5ème classe (art. 521) et, accessoirement à l'action publique, de l'action civile, quel que soit le montant des dommages- intérêts demandés, les taux limitant la compétence du tribunal d'instance étant sans application. Cependant, il est incompétent pour les contraventions de cinquième classe commises par un mineur (Ord. 2 févr. 1945, art. 1, al. 2). Lui échappent également les contraventions commises à l'audience des autres juridictions (art. 676), celles portées initialement à la connaissance d'un tribunal correctionnel sous une qualification délictuelle (art. 466), celles enfin qui sont connexes à un délit ou à un crime ou qui forment avec eux un tout indivisible (art. 382, al. 4 ; 467). Dans les limites de son ressort géographique, le tribunal territorialement compétent est celui du lieu de commission ou de constatation de 1a contravention ou de résidence du prévenu ainsi que celui SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr 2 2 2 2 L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. du siège de l'entreprise détentrice du véhicule en cas de contraventions se rapportant à l'équipement ou au chargement de ce véhicule, aux conditions de travail dans les transports routiers, à la coordination des transports (art. 522). Pour les personnes morales, la compétence est déterminée par leur siège ou par le lieu de l'infraction (art. 706-42). 2. — Les délits : le tribunal correctionnel 10. 10 . — Il est le tribunal de grande instance statuant en matière pénale ; dans les tribunaux suffisamment importants, il existe une chambre spécialisée dite correctionnelle. Le tribunal correctionnel est composé d'un président et de deux assesseurs (art. 398 al. 1 ; désignation possible de plusieurs juges supplémentaires, en prévision de débat prolongés : al. 2), assistés d'un greffier. Les fonctions du ministère public sont assurées par le procureur de la République ou l'un de ses substituts (art. 398-3). Il existe au moins un tribunal correctionnel par département. Par exception, le tribunal siège à juge unique pour des délits limitativement énumérés par l'article 398-1 (certains délits en matière de chèques, de chasse et de pêche, délits prévus par le Code de la route, homicide par imprudence occasionné par la conduite d'un véhicule, blessures par imprudence ou par manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence, menaces, abandon de famille, détournement de gage ou d'objet saisi, outrage, actes de cruauté envers un animal, — depuis la loi du 9 septembre 2002 — tous les délits pour lesquels l’emprisonnement n’est pas encouru sauf les délits de presse, etc.). La formation collégiale doit cependant être saisie en cas de comparution immédiate, ou si le prévenu comparaît en état de détention provisoire ou encore si le délit est connexe à un autre échappant à la compétence du juge unique (art. 398-1 ; adde art. 398-2). Le tribunal correctionnel est compétent pour les délits (art. 381), sauf ceux relevant de la compétence d'une juridiction d'exception, ceux, autres que les outrages, commis à l'audience d'une autre juridiction (art. 677) ou encore ceux connexes à un crime ou indivisibles avec lui. Sa compétence peut s'étendre aux contraventions d'audience, à celles connexes à un délit ou formant un tout indivisible avec lui (art. 382), à celles qui lui ont été soumises à la suite d'une erreur de qualification. En outre, il se voit déférer certaines des décisions du juge de l'application des peines (placement à l'extérieur, « suivi » socio-judiciaire, etc. : art. 733-1, 763-3). Le tribunal correctionnel statue sur l'action civile, quel que soit le montant de la demande de réparation. Dans les limites de son ressort géographique, le tribunal territorialement compétent est celui du lieu de l'infraction, du lieu de résidence du prévenu ou du lieu de son arrestation, même opérée pour une autre cause (art. 382) ; en outre, il est compétent à l'égard de la personne détenue dans son ressort à la suite d'une condamnation prononcée par la juridiction du siège (art. 663, al. 2). Pour les personnes morales, la compétence est attribuée en fonction de leur siège ou du lieu de l'infraction (art. 706-42). Des tribunaux correctionnels sont spécialisés en matière de criminalité et de délinquance organisée (articles 706-75 et suivants), en matière économique et financière (art. 704), en matière militaire (art. 697), ainsi que pour certains délits contre les intérêts fondamentaux de la Nation (art. 702), dans le ressort de chaque cour d'appel. En matière de terrorisme (art. 421-1 du NCP), le tribunal correctionnel de Paris a une compétence concurrente de celle de la juridiction de province normalement compétente (art. 706-17, 706-17-1, 70620). 3. — Les crimes : la Cour d’assises 3 3 3 3 11. 11 . — La Cour d'assises est une juridiction originale au sein de notre système judiciaire : elle n'est pas permanente (une session par trimestre, avec des sessions supplémentaires en cas de nécessité : art. 236) ; elle n’échappe néanmoins plus à la distinction habituelle entre premier et deuxième degré de juridiction puisqu’un recours contre ses décisions a été créé par la loi du 15 juin 2000. Mais, surtout, elle est composite, formée pour partie de magistrats professionnels et pour partie d'un jury populaire ; les autres formations compétentes en matière criminelle et qui ne comportent pas de jurés ne sont donc pas des cours d'assises (un président et six assesseurs), même si elles en portent, indûment, le nom, SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. pour ne pas faire apparaître qu'il s'agit de juridictions d'exception — crimes militaires (art. 698-6) ou dirigés contre les intérêts fondamentaux de la Nation (art. 702) ; crimes terroristes (art. 706-25) ou en matière de trafic de stupéfiants (art. 706-27) —. Il existe une cour d'assises pour un département (avec la possibilité de la diviser en sections d’assises, si nécessaire : art. 233), qui lui prête donc son nom. 12. 12 . — La Cour, au sens étroit, se compose de trois juges, un président et deux assesseurs (art. 243, 248). Le président est, le plus souvent, un président de chambre de la cour d’appel (art. 244). Les assesseurs sont, dans la majorité des cas, conseillers de la cour d'appel. La cour est assistée d'un greffier (art. 242) et les fonctions du ministère public sont assurées soit par le procureur général. Introduit sous la Révolution, le jury a été conservé au prix de nombreuses réformes de sa composition, qui reflètent, en partie, les débats sur son opportunité. La loi pose plusieurs conditions pour être juré d'assises — être citoyen français, femme ou homme, âgé de plus de vingt-trois ans, sachant lire et écrire français (art. 255) ; ne pas avoir été condamné pour crime ou délit à au moins six mois d’emprisonnement (art. 256 CPP) ; ne pas être frappé de l'interdiction des droits civiques, civils et de famille (C. pén., art. 131-26, 3°) ; ne pas exercer une fonction incompatible avec celle de juré (notamment, membre du gouvernement, du Parlement, mais surtout conjoints, parents ou alliés jusqu'au degré d'oncle ou de neveu inclusivement d'un membre de la cour, de l'un des autres jurés, de l'accusé ou de son conseil). La formation du jury est établie par tirage au sort. La dernière étape intervient en audience publique, avant l'ouverture des débats et au début de chaque affaire mise au rôle de la session, le nom de neuf jurés est tiré au sort. Au fur et à mesure du tirage au sort, l'accusé ou son conseil d'abord, le ministère public ensuite peuvent récuser les jurés, dans la limite de cinq pour les premiers, de quatre pour le second (art. 297, 298 et s.). Le jury prend place aux côtés de la cour ou sur des sièges séparés du public, des parties et des témoins, en face de l'accusé (art. 303). Le président leur indique leurs devoirs (se prononcer en raison, d'après les charges et les moyens de défense, en conservant le secret des délibérations : référence à la présomption d’innocence et à la règle selon laquelle le doute profite à l’accusé et à l’intérêt des victimes, art. 304 CPP), les appelle individuellement pour qu'ils répondent « je le jure ». Le président déclare le jury de jugement définitivement constitué. 4 4 4 4 13. 13 . — La Cour d'assises connaît des crimes dont elle est désormais saisie par l'ordonnance de mise en accusation délivrée par le juge d’instruction, après un éventuel appel contre cette ordonnance devant la chambre de l’instruction. Mais, en raison de sa plénitude de juridiction (art. 231), elle statue sur la culpabilité de l'accusé quelle que soit la qualification exacte des faits qui lui sont imputés : elle reste compétente si le crime prétendu se révèle n'être qu'un délit ou qu'une contravention ; cette règle couvre même son éventuelle incompétence territoriale ou personnelle (à l'exception du cas du mineur : Cass. crim. 21 juill. 1963, B. 268). Elle connaît également des délits et contraventions d'audience, de ceux connexes au crime dont elle est saisie ou indivisibles avec lui. Mais elle est incompétente pour les crimes réservés à une juridiction d'exception (Cour d’assises des mineurs, par exemple). La Cour (sans le jury : art. 371, al. 1) connaît de l'action civile, y compris si elle exempte de peine ou acquitte l'accusé (art. 372), à la condition de fonder sa décision sur une faute civile distincte. 14. territoriale les crimes terroristes peuvent relever, en dehors de 14 . — S'agissant de la compétence territoriale, la cour d'assises spécialisée ordinairement compétente, de la cour d'assises de Paris (art. 706-17, 70617-1). En outre, dans le ressort de chaque cour d'appel, une « cour d'assises » est spécialisée en matière militaire (art. 697), pour certains crimes contre les intérêts fondamentaux de la Nation (art. 702), pour les crimes en matière de stupéfiants (art. 706-27). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. B. — Les juridictions du second degré 15. 1.) 2.). Cour d’appel (1. 1. et la Cour Cour d’assises d’appel (2. 2. 15 . — Nous étudierons successivement la Cour 1. — La Cour d’appel 16. 16 . — La cour est composée d'un président et de deux conseillers (art. 510), assistés d'un greffier ; les fonctions du ministère public sont assurées par le procureur général, ou l'un de ses avocats généraux ou substituts. Dans les cours importantes, il existe une chambre spécialisée dite chambre des appels correctionnels. La cour d'appel statue statue sur les appels formés contre les jugements rendus en premier ressort (art. 496, 547). Elle connaît également de l'appel contre certaines décisions du juge de l'application des peines — ou du juge des enfants statuant sur les mêmes questions — (par exemple, en matière de surveillance électronique : art. 723-13 du CPP). Sa compétence s'étend aux contraventions et délits d'audience (art. 676, 677). 2. — La Cour d’assises d’appel 17. 17 . — Depuis le 1er janvier 2001 — date d’entrée en vigueur pour ces dispositions de la loi du 15 juin 2000 — les arrêts de condamnation en matière criminelle peuvent faire l’objet d’un appel. Ceci signifie donc que le procureur ne peut interjeter appel à l’encontre d’une décision d’acquittement (Cass. crim., 23 mai 2001). Depuis la loi du 4 mars 2002, les verdicts d’acquittement peuvent également faire l’objet d’un appel formé par le ministère public. Cet appel est porté devant une cour d’assises désignée par la Chambre criminelle de la Cour de cassation (art. 380-1, al. 2). Il s’agit du système dit de « l’appel tournant », consistant à faire connaître par une juridiction de même niveau — une autre cour d’assises autrement composée — de l’affaire pour laquelle appel a été interjeté. Cette cour d’assises est composée de douze jurés (art. 231, 296, 297, 298, 359, 360, 362 et 380-1 et s. CPP). Ceux-ci sont tirés au sort et un pouvoir de récusation existe comme en première instance (six par l’accusé, cinq par le parquet). En outre, a été réformée la composition des cours d’assises spécialisées qui compte, outre le président, huit assesseurs en appel (art. 698-6). Toute décision défavorable à l’accusé doit être prise à la majorité qualifiée de dix voix sur quinze. Les décisions de la Cour d’assises d’appel ne sont pas motivées. C. — La Cour de cassation 5 5 5 5 18. 18 . — La Cour de cassation doit assurer l'application de la loi et, si nécessaire, son interprétation uniforme. Elle peut être amenée à censurer ainsi les décisions rendues en dernier ressort par les juridictions de droit commun ou d'exception, de jugement comme d'instruction. Ne se prononçant que sur le droit, non sur le fait, fait elle n'est pas un troisième degré de juridiction. En matière pénale, sa compétence est élargie : en plus des pourvois en cassation, elle connaît des demandes en révision. Celles-ci sont adressées à une commission composée de cinq magistrats, désignés par l’assemblée plénière de la Cour ; les fonctions du Ministère public sont assurées par le procureur général. Cette commission saisit la chambre criminelle qui statue comme cour de révision (art. 623). § 2. — Les juridictions pour mineurs 19. 19 . — Le caractère particulier de la délinquance juvénile nécessite une organisation judiciaire adaptée, adaptée avec des juridictions d'exception. Après un première ébauche en 1912, des juridictions spécifiques ont été créées par l'ordonnance du 2 février 1945, plusieurs fois réformée. Néanmoins, ces juridictions ne sont pas compétentes pour les contraventions des quatre premières classes commises SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. par un mineur, celles-ci relevant des tribunaux de droit commun (soit la juridiction de proximité, soit le tribunal de police). Il est à noter que, tout au long de la procédure, le mineur poursuivi dispose de l’assistance obligatoire d’un avocat et, à défaut de choix d'un avocat par le mineur ou ses représentants légaux, le procureur de la République, le juge des enfants ou le juge d'instruction fait désigner par le bâtonnier un avocat d'office (article 4-1 de l’ordonnance de 1945). Cette obligation d’assistance joue même pour les contraventions des quatre premières classes, bien qu’en la matière aucune spécificité n’existe quant à la compétence des juridictions répressives (Cass. avis, 26 septembre 2006). A. — Le juge des enfants 20. 20 . — Le juge des enfants est un magistrat du tribunal de grande instance dans le ressort duquel le tribunal pour enfants a son siège, nommé par décret du président de la République sur avis du Conseil supérieur de la magistrature, et choisi en raison de l'intérêt qu'il porte aux questions de l'enfance. En application du principe de l’unité des justices civile et pénale, la compétence du juge des enfants est double, qui se rapporte à l'assistance éducative (C. civ., art. 375 et s.) et aux délits et contraventions de cinquième classe. De façon originale, il cumule les fonctions d'instruction d'instruction et de jugement. jugement Au stade de l'instruction, sa compétence concurrence celle du juge d'instruction : le procureur de la République choisit de saisir l'un ou l'autre (art. 5, al. 2, Ord. 2 févr. 1945) ; mais si une information est ouverte mettant en cause des mineurs et des majeurs ou concernant des faits criminels commis par un mineur, seul le juge d'instruction peut instruire (art. 7, al. 3). A l'issue de l'instruction, le juge des enfants peut décider de procéder lui-même au jugement, en fonction de l'issue qui lui parait opportune : il est compétent, en effet, pour prononcer une relaxe si aucune infraction n'a été commise ou une dispense de peine en cas de déclaration de culpabilité, ou encore pour décider certaines mesures éducatives : admonestation, remise du mineur aux parents, placement dans un établissement spécialisé, mise sous surveillance judiciaire, avec dans tous les cas, une éventuelle liberté surveillée (art. 8). C'est un cas rare où la compétence n'est donc pas déterminée abstraitement, par référence à la gravité de l'infraction, mais concrètement en fonction de la décision à rendre. Néanmoins, cette liberté laissée au juge des enfants vient de faire l’objet d’une limitation. En effet, la loi du 9 septembre 2002 impose le renvoi obligatoire du mineur de 16 ans devant le tribunal pour enfants ou la cour d’assises des mineurs lorsque la peine encourue est supérieure ou égale à sept années d’emprisonnement (art. 8 et 9, 3° de l’ordonnance de 1945). En outre, il exerce les attributions du juge de l'application des peines depuis la loi du 9 mars 2004. B. — Le tribunal pour enfants 6 6 6 6 21. 21 . — Le tribunal est composé d'un juge des enfants, président — en général, celui qui a instruit l’affaire —, et de deux assesseurs, simples particuliers choisis parmi des personnes âgées de plus de trente ans, de nationalité française, qui se sont signalées par l'intérêt qu'elles portent aux questions de l'enfance et par leur compétence. Les assesseurs sont nommés pour quatre ans. Le tribunal pour enfants a, au stade du jugement, une compétence très étendue. D'une part, il connaît des contraventions de cinquième classe et des délits commis par un mineur (Ord. 2 févr. 1945, art. 9, al. 2, 2° et 3°, 20-1), lorsque le juge des enfants n'est pas lui-même compétent. D'autre part, il est compétent à l'égard des crimes commis par un mineur de moins de seize ans (art. 9, al. 2, 4°, 13, al. 3). En outre, il se voit déférer les décisions du juge des enfants statuant en matière d'exécution des peines (« suivi » socio-judiciaire, etc. : C. proc. pén., art. 763-8). Si le mineur a des coauteurs ou des complices majeurs, une disjonction des procédures s'impose (art. 9, al. 3). 22. — Droit européen. Le cumul de fonctions du juge des enfants apparaît contraire au principe d’impartialité objective qui exclut que le magistrat qui a instruit une affaire juge cette même affaire dans la mesure où, en décidant du renvoi, il a nécessairement porté une appréciation sur la culpabilité de la SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. personne mise en cause (voir, par exemple : CEDH, 24 mai 1989, Hauschildt c/ Danemark, req. n° 10486/83). Néanmoins, au regard de la spécificité de la délinquance des mineurs — qui impose, en particulier, qu’au sein de la procédure un juge « référent » permette l’encadrement effectif du mineur en cause —, la Cour européenne a admis un tel cumul de fonctions (CEDH, 24 août 1993, Nortier c/ PaysBas, req. n° 13924/88). Toutefois, dans un récent arrêt concernant la Pologne (CEDH, 2 mars 2010, Adamkiewicz c/ Pologne, req. n° 54729/00), la Cour de Strasbourg a considéré, par une analyse in concreto des faits soumis — s’agissant d’un mineur ayant été jugé par la magistrat ayant instruit le dossier —, que le principe d'impartialité posé par l'article 6, § 1er, de la Convention n'avait pas été respecté dès lors que le juge aux affaires familiales avait fait, durant l'instruction, un usage ample des attributions étendues que lui conférait la loi sur la procédure applicable aux mineurs. mineurs Elle relève ainsi que ce magistrat s'était saisi lui-même, puis avait instruit seul le dossier, avant de renvoyer le mineur devant le tribunal pour enfants dont il était le président. C'est donc ce cumul circonstancié des fonctions d'instruction et de jugement qui se trouve, en l'espèce, mis en cause. Or, ainsi que nous venons de la voir, le même système s’applique en France. Procédant par comparaison avec l'arrêt Nortier c/ Pays-Bas, la Cour européenne affirme expressément que le critère en fonction duquel le cumul des fonctions du juge des enfants doit être examiné est celui de l'importance l'importance de l'usage de ses fonctions d'instruction. d'instruction Ainsi, elle rappelle que, dans l'arrêt Nortier, il avait été jugé que l'article 6, paragraphe 1er, de la Convention n'avait pas été violé parce que le juge en question n'avait « presque pas entrepris d'activité d'instruction » (§ 103 de l’arrêt), le requérant ayant reconnu sa faute dès le début de l'instance. Au contraire, dans la présente affaire, « le juge aux affaires familiales a fait durant l'instruction un ample usage des attributions étendues que lui conférait la loi sur la procédure applicable aux mineurs » et la Cour précise, ensuite, qu'« après avoir décidé d'office de l'ouverture de la procédure, ce juge avait lui-même conduit la procédure de rassemblement des preuves à l'issue de laquelle il avait décidé du renvoi du requérant en jugement » (§ 104 de l’arrêt). Ainsi, l'arrêt Adamkiewicz semble s'inscrire dans la continuité de l'arrêt Nortier, même si jamais la Cour n'avait dégagé avec autant de netteté le critère du cumul. Ce faisant, de manière très concrète, deux aspects de la procédure paraissent justifier la condamnation de la Pologne. En premier lieu, il est reproché au juge aux affaires familiales de s'être autosaisi, pour, plus tard, juger lui-même. Sur ce point, le droit français est à l'abri de la censure européenne, car, en matière pénale, le juge des enfants ne peut se saisir lui-même ; il doit l'être par une requête du parquet. En second lieu, la Cour insiste sur le fait que le juge a lui-même conduit la procédure de rassemblement des preuves à l'issue de laquelle il a décidé du renvoi du requérant devant le tribunal pour enfants. Sur ce point, la menace qui pèse sur le droit français est évidemment plus lourde, car l'instruction a notamment pour objet la recherche des faits et l'identité de leur auteur, afin de renvoyer l'affaire devant une juridiction de jugement. jugement Finalement, la Cour européenne des droits de l'Homme paraît n'autoriser un magistrat de la formation de jugement à instruire lui-même qu'à la condition qu'il n'instruise pas, ou si peu... Au-delà du paradoxe, cela signifie que, lorsque l'affaire requiert une véritable instruction, il est pour le moins préférable de confier celle-ci à un autre magistrat. En droit français, cette solution est largement envisageable puisque la compétence compétence du juge des enfants en matière d'instruction est concurrente de celle du juge d'instruction. d'instruction A cet égard, on rappellera que le juge d'instruction est seul compétent pour instruire les crimes, et que, en matière correctionnelle, le choix entre le juge des enfants et le juge d'instruction se fait en fonction de la complexité de l'affaire, de la présence ou non de majeurs, ou de faits s'étalant après la minorité de l'auteur. La répartition des compétences entre ces deux magistrats devrait donc s'enrichir d'un nouveau critère, celui de l'importance des actes d'instruction à réaliser. Mais est-il possible, lorsque le parquet décide de l'ouverture d'une information, de savoir l'usage que fera le magistrat choisi des pouvoirs d'instruction ? Cela paraît bien aléatoire et, dans le doute, il serait plus sage de recourir plus largement au juge d'instruction. Dans le même sens, au regard de ce seul critère, la possibilité pour le juge des enfants de juger seul, en audience de cabinet, après avoir instruit lui-même paraît, là aussi, risquée. C'est dire que la compétence en la matière du juge des enfants pourrait connaître, avec cette décision, un certain recul. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr 7 7 7 7 L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. C. — La Cour d’assises des mineurs 23. 23 . — La Cour d’assises des mineurs est composée d’un président et de deux assesseurs, pris en principe parmi les juges des enfants du ressort de la Cour d’appel, et d’un jury, composé de neuf jurés (douze en appel) issus des listes ordinaires. Elle connaît des crimes commis par des mineurs âgés de seize à dixdix-huit ans (Ord. 2 févr. 1945, er art. 20, al. 1 ). Des accusés majeurs peuvent être renvoyés devant elle, la disjonction n’étant pas obligatoire (art. 9, al. 3). Chapitre 1. — La saisine de la juridiction de jugement 24. Section 1.). 1. 24 . — Les juridictions de jugement peuvent être saisies selon des modalités diverses (Section Régulièrement saisies, ces juridictions doivent alors se prononcer sur les faits imputés aux personnes déférées devant elles, dans la limite de l’étendue de leur saisine (Section Section 2.). 2. Section 1. 1. — Les modes de saisine saisine 25. 25 . — Les procédés de saisine du tribunal correctionnel (art. 388, 389) et du tribunal de police (art. 531 à 533) présentent une grande similitude (§ § 1.). 1. En revanche, la gravité des faits soumis à la Cour d'assises, d'assises ajoutée à la complexité des problèmes abordés, justifie l'existence de règles procédurales spécifiques (§ § 2.). 2. § 1. — Les modes de saisine des tribunaux correctionnels et de police 26. 26. — Parmi les différents modes de saisine, il en est de communs aux juridictions correctionnelles et contraventionnelles (A. A.) A. ; d'autres sont propres aux premières, premières les délits ayant une gravité suffisante pour pouvoir justifier, parfois, une comparution en jugement rapide de leurs auteurs (B. B.). B. A. — Les modes de contraventionnelles saisine communs aux juridictions correctionnelle correctionnelles les et 8 8 8 8 27. 1.), 2.) 1. de la citation directe (2. 2. et 27 . — Il s'agit de la saisine par renvoi d'une juridiction d'instruction (1. de la saisine par comparution volontaire (3. 3.). 3. 1. — La saisine par renvoi d’une juridiction d’instruction 28. 28 . — Chaque fois que la poursuite s'est traduite par l'ouverture d'une information préalable, la juridiction de jugement normalement compétente est saisie par une décision de renvoi émanant soit d'un juge d'instruction (ou d'un juge des enfants) soit d'une chambre de l’instruction (ou d'une juridiction d'instruction d'exception). Devenue irrévocable, cette décision doit être signifiée aux intéressés par les soins du ministère public, qui fait citer le prévenu devant la juridiction normalement compétente, en étant tenu de respecter les mêmes délais que pour la citation directe. Dans les faits, ce mode de saisine demeure exceptionnel pour les contraventions, qui justifient rarement le recours à une instruction, y compris les contraventions de cinquième classe (pour lesquelles l'instruction est cependant obligatoire, si l'auteur est un mineur : Ord. 2 févr. 1945, art. 20-1). 29. 29 . — La loi du 15 juin 2000 oblige, depuis le 1er janvier 2001, à respecter certains délais d’audiencement. d’audiencement Ainsi, pour les prévenus détenus, le délai jusqu’au jugement sur le fond ne peut dépasser deux mois à compter de l’ordonnance de renvoi. Ce délai peut faire l’objet de deux renouvellements exceptionnels par le tribunal. Au bout de six mois, l’intéressé doit être libéré (art. 179 CPP). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 2. — La citation citation directe 30. délivrée 30 . — La juridiction (correctionnelle ou de police) peut être saisie par une citation directe délivrée par huissier à la requête du ministère public, de la victime (qui doit éventuellement faire élection de domicile : art. 392) ou d'une administration à laquelle le législateur octroie le droit d'engager l'action publique à l'occasion de certaines infractions la concernant (art. 551). En la forme, la citation est faite ordinairement par huissier. L'exploit contient la désignation du requérant, la date, l'identification de l'huissier et celle de la personne citée à comparaître (pour une personne morale, sa dénomination et son siège). Sauf refus ou impossibilité, le destinataire de la citation la signe et en reçoit copie (art. 550). La citation énonce le fait poursuivi, vise le texte applicable et indique le tribunal saisi, l'heure, le lieu et la date de l'audience. Le délai entre le jour où la citation est délivrée et le jour de l'audience est de dix jours minimum, si le prévenu réside en France métropolitaine ; il est augmenté d'un ou deux mois, selon le cas, lorsqu'il demeure hors de la métropole ou à l'étranger (art. 552). Le formalisme dont est entourée la citation conduit à s'interroger sur ses sanctions. Si l'irrégularité tient à l'inobservation des délais, la citation doit être déclarée nulle par le tribunal dans le cas où la partie cité ne se présente pas. Mais dans le cas contraire, le tribunal doit seulement, sur la demande de l'intéressé, ordonner le renvoi à une audience ultérieure, demande qui doit être présentée avant toute défense au fond (art. 553). 3. — La saisine par comparution volontaire 31. 31 . — Le fait que la personne poursuivie consente à comparaître volontairement devant la juridiction de jugement pour y être jugée sur certains faits précis, suffit depuis longtemps, à saisir valablement cette juridiction. juridiction Le Code de procédure pénale l'a expressément affirmé dans l'article 388 (tribunal correctionnel), étendu par l'article 512 à la Chambre des appels correctionnels, et par l'article 531 au tribunal de police. Au contraire, ce procédé de saisine ne peut pas être employé devant la Cour d'assises ; celle-ci n'est saisie que des faits qui lui ont été déférés par la décision de mise en accusation et si d'autres faits délictueux viennent à être découverts au cours des débats, la Cour ne peut pas en retenir la connaissance. Si l'accusé est condamné, il appartiendra au ministère public d'envisager de nouvelles poursuites ; s'il est acquitté la Cour ordonnera qu'il soit conduit sans délai devant le procureur de la République, mais seulement si 1e ministère public a formulé, au cours des débats, une demande en ce sens (art. 369 CPP). 32. 32 . — Utilisation devant le tribunal de police et la juridiction de proximité. proximité. C'est surtout devant le tribunal de police et la juridiction de proximité qu'il est fait un large usage de la saisine par comparution volontaire. Dans la plupart des cas, les prévenus sont en effet convoqués devant ces juridictions juridictions par un simple avertissement (art. 532 du CPP). Cet avertissement doit préciser les faits constituant l'infraction, la qualification qu'ils comportent et le texte qui les réprime. Si les contrevenants comparaissent, la juridiction est alors valablement saisie par leur comparution volontaire ; s'ils ne comparaissent comparaissent pas, le juge ne peut pas juger l'affaire par défaut car il n'est pas régulièrement saisi ; le ministère public fera alors procéder pour une autre audience à une citation directe par huissier. huissier 9 9 9 9 33. 33 . — Utilisation devant le tribunal correctionnel. correctionnel. Une nouvelle application, destinée à prendre une grande importance pratique, a été organisée par le Code de procédure pénale. En effet, les bons résultats donnés en matière de police par le procédé de l'avertissement, ont conduit à en étendre l'usage en matière matière correctionnelle. correctionnelle L'article 389 du CPP prévoit que l'avertissement notifié par le ministère public (ce procédé de saisine n'est donc pas ouvert à la partie civile) « dispense de citation s'il est suivi de la comparution volontaire de la personne à qui il est adressé ». Cet avertissement doit mentionner le délit poursuivi (en exposant sommairement les faits dans les mêmes conditions que la citation directe) et le texte de loi qui réprime ce délit (art. 389, alinéa 2, du CPP). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Si le prévenu ne comparait pas, pas, le tribunal n'est pas régulièrement saisi et ne peut statuer par défaut ; il faut procéder à une citation régulière par exploit d'huissier. Inversement le tribunal est régulièrement saisi si le prévenu se présente de lui-même et accepte d'être jugé sur le fond quoiqu'il n'ait pas reçu l'avertissement de l'article 389. Ce procédé peut être employé même à l'encontre d'un prévenu en détention provisoire. provisoire Mais, alors que la comparution sur simple avertissement du prévenu libre fait présumer son consentement s'il n'élève pas d'objections, il n'en est pas de même du détenu (qui a été amené de force à l'audience) ; aussi l'article 389. alinéa 3, exige-t-il, pour que la saisine soit valable en pareil cas, que le tribunal constate formellement le consentement exprès du prévenu à être jugé sans citation préalable. Cette voie peut également être employée lorsque le tribunal constate que le délai de citation n'a pas été respecté ; si le prévenu se présente néanmoins, la saisine du tribunal pourra être régularisée par son acceptation de comparaître volontairement. Enfin, si des faits nouveaux constituant un délit sont découverts, découverts, à la charge du prévenu, prévenu, à l'audience du tribunal correctionnel, correctionnel celui-ci peut, sur réquisitions du ministère public — et si ces faits ne nécessitent pas l'ouverture d'une information — demander à l'intéressé s'il consent à être jugé sur ces chefs supplémentaires. L'acceptation, jointe aux réquisitions du ministère public, saisira le tribunal valablement. B. — Le mode de saisine propre propre au tribunal correctionnel 34. procès-verbal. Cette procédure permet au procureur de la 34 . — Il s’agit de la convocation par procèsRépublique d’inviter le prévenu, présent devant lui ou en garde à vue, à comparaître devant le tribunal dans un délai qui ne peut être inférieur à dix jours (sauf renonciation expresse de l'intéressé en présence de son avocat), ni supérieur à deux mois. Il lui notifie les faits ainsi que les lieu, date et heure de l'audience, ce qui vaut citation à personne (art. 394, al. 1) et provoque la saisine du tribunal. Le prévenu peut choisir un avocat ou s'en voir attribuer un qui a accès au dossier (al. 2). En l'attente de la comparution, le procureur de la République, s'il le juge utile, peut demander au JLD qu'il ordonne un placement sous contrôle judiciaire. Si le magistrat fait droit à cette demande après audition du prévenu et les éventuelles observations de son avocat, il choisit les obligations dans les conditions et selon les modalités prévues par les articles 138 et 139. La décision est notifiée verbalement au prévenu et mentionnée au procès-verbal dont copie lui est remise sur-le-champ (art. 394, al. 3). 10 10 10 10 35. 35 . — Distinctions. On constate que le procédé du « rendez-vous judiciaire » , inauguré en matière de flagrant délit par la loi du 6 août 1975 et généralisé sous la dénomination de « convocation sur procès-verbal » par la loi du 10 juin 1983, est proche de la saisine sur comparution volontaire. La différence est cependant capitale car la convocation sur procèsprocès-verbal (dont copie a été remise sur-le-champ à l'intéressé) « vaut citation à personne » (art. 394, al. 1 in fine), c'est-à-dire permettra de juger le prévenu par une décision réputée contradictoire. Au contraire, le simple avertissement est délivré selon une procédure administrative qui ne ne permet pas d'être sûr que l'intéressé ait été touché par cet avis. avis § 2. — Les modes de saisine de la Cour d'assises 36. 36 . — Depuis le 1er janvier 2001, la Cour d'assises est saisie, sauf hypothèses particulières — évocation par la Chambre de l’instruction, par exemple — par l’ordonnance de mise en accusation du juge d’instruction (art. 181). Une fois devenue définitive, elle fixe la compétence et couvre les vices éventuels de la procédure antérieure (art. 181, al. 4). Elle contient, à peine de nullité, l'exposé et la qualification légale des faits, objets de l'accusation (art. 181, al. 3). A défaut d'un exposé suffisant des faits, l’ordonnance est nulle. Elle doit permettre à la Cour de cassation, en cas de pourvoi, de contrôler la qualification retenue ; mais le juge d’instruction apprécie souverainement si les éléments constitutifs du crime sont réunis. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 37. provisoire l’article 181 du CPP dispose que l’accusé peut demeurer 37 . — En cas de détention provisoire, incarcéré pendant un an. A l’expiration de ce délai, il doit être immédiatement libéré, sauf en cas de prolongation de six mois — renouvelable une fois — sur décision de la Chambre de l’instruction. Section 2. 2. — L'étendue de la saisine 38. n’admet pas que les juridictions puissent se saisir saisir elleselles-mêmes, à 38 . — Notre droit positif n’admet l'exception de certaines infractions d'audience : elles doivent être saisies et selon des modalités précises. Elles ne sauraient donc tourner la règle et sortir des limites de cette saisine, tant au regard des faits visés (saisine saisine in rem saisine in personam ; § 2.). 1. qu'au regard des personnes impliquées (saisine 2. rem ; § 1.) § 1. — La saisine « in rem » des juridictions de jugement 39. 39 . — Saisies « in rem », les juridictions de jugement statuent sur les faits visés par l'acte de saisine (v. par ex. Cass. crim., 23 janv. 1995, B. n° 28 ; 21 mai 1996, B .n° 208 ; 10 octobre 2006). Néanmoins, à l'exclusion de la Cour d'assises — puisque l’information est obligatoire — (art. 231 ; v. Cass. crim. 21 févr. 1996, B. n° 82), les juges peuvent statuer sur des faits nouveaux révélés par les débats. Mais ils doivent, alors, respecter les droits de la défense, en s'assurant que la personne poursuivie y consent (CEDH, 25 mars 1999, Pélissier et Sassi c/ France ; Cass. crim., 16 mai 2001). 40. 40 . — Par ailleurs, la règle n'interdit donc pas aux juridictions de modifier la qualification donnée aux faits si elles l'estiment inexacte. Cette requalification est même pour elles un devoir : le juge correctionnel ne peut ordonner de relaxe sans vérifier que les faits constituent aucune infraction (Cass. crim. 15 mars 1994, B. n° 97 ; 22 janv. 1997, B. n° 31 ; Cass. crim., 28 mars 2000), sous réserve du respect des droits de la défense et du principe du contradictoire (CEDH, 25 mars 1999, Pelissier et Sassi c/ France ; Cass. crim., 16 mai 2007). 41. 41 . — Il reste qu'en cas de changement de qualification, la compétence de la juridiction saisie peut se trouver remise en cause. Tel est le cas du tribunal correctionnel qui considère que les faits pour lesquels il a été saisi ne constituent pas un délit, mais un crime ou une simple contravention. La juridiction saisie devrait alors rendre une décision d'incompétence, d'incompétence ce qui constitue une exception au principe selon lequel l’acte de renvoi couvre les éventuels vices de la procédure antérieure (Cass. crim., 7 juin 2000). En réalité, la solution, plus complexe, dépend du résultat de l'opération de requalification. Si l'opération de requalification entraîne une atténuation de la gravité des faits (le délit s'est révélé par exemple être une simple contravention), la juridiction initialement saisie demeure compétente ainsi de la Cour d'assises pour les délits dont elle a été incorrectement saisie (art. 231 : plénitude de juridiction), du tribunal correctionnel ou de la Cour d'appel pour les contraventions qualifiées à tort de délit (art. 466, 518 ; v. par ex. Cass. crim. 15 mars 1994, B. n° 97). Si, Si, en revanche, l'opération de requalification s'est faite au profit d'une qualification plus grave (la contravention était un délit voire un crime ou le délit, un crime), il est alors évident que la juridiction saisie ne peut plus statuer et doit se déclarer incompétente en renvoyant l'affaire devant le procureur de la République afin qu'il prenne la décision opportune (art. 469, 519, 540). Néanmoins, cette obligation se trouve nuancée par la légalisation de la correctionnalisation judiciaire opérée par la loi du 9 mars 2004. 2004 En effet, afin d’éviter la remise en cause d’une qualification correctionnelle acceptée par l’ensemble des parties et le recours à la lourde procédure d’assises, l’article 469, alinéa 4, du CPP prévoit désormais qu’à défaut de contestation au moment du règlement, par la voie de l’appel à l’encontre de l’ordonnance de renvoi (article 186-3 du CPP), la qualification des faits est définitive. La juridiction correctionnelle est alors privée de son droit d’exercer un contrôle sur sa propre compétence, dès lors qu’aucune contestation n’a été soulevée par les parties au procès. Une triple condition est toutefois posée, afin de s’assurer de l’accord des parties sur cette qualification : le SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr 11 11 11 11 L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. tribunal doit avoir été saisi au moyen d’une ordonnance ou d’un arrêt de renvoi, la victime doit avoir déjà été constituée partie civile au cours de l’information et elle doit avoir été assistée par un avocat (Cass. crim., 27 mars 2008, n° 07-85.076). Un tempérament est toutefois énoncé par l’article 469 du CPP : « le tribunal correctionnel saisi de poursuites exercées pour un délit non intentionnel conserve la possibilité de renvoyer le ministère public à se pourvoir s’il résulte des débats que les faits sont de nature à entraîner une peine criminelle parce qu’ils ont été commis de façon intentionnelle ». Dans une telle hypothèse, la gravité des faits — qui sont dans l’immense majorité des cas des atteintes à la vie — rendrait trop contestable l’impossible remise en cause de la correctionnalisation (Cass. crim., 24 mars 2009, n° 08-84.849, doc. n° 145). 145 § 2. — La saisine « in personam » des juridictions de jugement 42. juridiction de jugement doit statuer à l'égard de toutes les 42 . — Saisie « in personam », la juridiction personnes poursuivies et exclusivement sur cellescelles-ci. ci Il existe une différence marquante avec l'instruction dans la mesure où les juridictions d'instruction sont libres de mettre en examen les personnes qui leur paraissent avoir participé aux faits dont elles sont saisies. La règle est affirmée avec une vigueur toute particulière en matière criminelle, l'article 231 du Code de procédure pénale rappelant que la Cour Cour d'assises ne peut juger que les individus individus renvoyés devant elle par la décision de mise en accusation et qu'elle ne peut connaître d'aucune autre accusation. De plus, la séparation des autorités de poursuite, d'instruction et de jugement interdit à ces mêmes juridictions de jugement d'ordonner au parquet d'étendre les poursuites à d'autres individus. Mais, devant les tribunaux correctionnels ou de police et devant la Cour d'appel, la comparution volontaire peut atténuer la portée de la saisine in personam. Chapitre 2. — L'audience et l'instruction l'instruction définitive 12 12 12 12 43. 43. — La procédure de jugement, encore dénommée procédure d'audience ou procédure d'instruction définitive, définitive a pour objet de permettre la production des preuves et leur discussion devant les juridictions de jugement, afin qu'elles se prononcent sur la culpabilité du délinquant en vue d'une éventuelle sanction. L’on oppose traditionnellement les caractères de la procédure d'instruction définitive à ceux de l'instruction préparatoire. La première serait de type accusatoire, tandis que la la seconde revêtirait un caractère inquisitoire. inquisitoire L'affirmation n'est qu'en partie exacte dans la mesure où le législateur a considérablement renforcé le caractère accusatoire de l'instruction préparatoire. Quant à l'instruction définitive à l'audience, elle conserve par certains aspects un caractère inquisitoire marqué. Le rôle essentiel — trop souvent excessif — joué par le président dans la conduite des débats comme dans la recherche de la manifestation de la vérité l'éloigne de la conduite passive qui devrait être la sienne dans une procédure d'audience de type accusatoire. Elle en conserve cependant les autres caractères en demeurant en principe orale, publique et contradictoire. Section 2.) d’audience (Section 2. et, 44. — Nous étudierons le déroulement, d’une part, de chaque procédure d’audience d’autre part, des procédures sommaires (Section Section 3. 3.). Section 1. — Le déroulement de l’audience devant les juridictions de jugement 45. § 45 . — Nous étudierons l’audience, en premier lieu, devant les juridictions contraventionnelles (§ 1.), en second lieu, devant le tribunal correctionnel (§ § 2.) § 3.). 2. et, enfin, devant la Cour d’assises (§ 3. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. § 1. — L’audience devant les juridictions contraventionnelles 46. procédure 46 . — Devant la juridiction de police, sont applicables les règles prévues pour la procédure correctionnelle et relatives à la publicité de l’audience, la police de l’audience, la comparution du prévenu, la constitution de partie civile, l’administration de la preuve, la discussion par les parties et le jugement (articles 535 et 536 du CPP). Une règle dérogatoire doit toutefois être soulignée : les procèsprocès-verbaux concernant les contraventions ont une valeur probante plus forte que ceux concernant les délits. délits En effet, s’ils ont été régulièrement établis par les officiers et agents de police judiciaire et les agents de police judiciaire adjoints ou par les fonctionnaires auquel la loi a attribué le pouvoir de constater les contraventions, ces procès-verbaux font foi jusqu’à preuve contraire. Le tribunal, après l’examen de l’affaire, se trouve trouve devant le même choix que le tribunal correctionnel. correctionnel Le tribunal peut soit entrer en voie de condamnation en prononçant une peine, soit se déclarer incompétent, soit renvoyer l’intéressé des fins de la poursuite s’il estime que le fait ne constitue pas une infraction à la loi pénale ou n’est pas établi (article 539 du CPP). § 2. — L’audience devant le tribunal correctionnel 47. 47 . — Nous nous intéresserons, en premier lieu, à la participation des parties privées à l’audience (A. A.), B.). A. puis nous examinerons le déroulement déroulement de l’audience (B. B. A. — La participation des parties à l’audience 48. 48 . — Sachant que le ministère public est présent devant toutes les juridictions répressives, nous étudierons, d’une part, la participation du prévenu à l’audience (1. 1.) 1. et, d’autre part, celle de la partie 2.). civile (2. 2. 1. — La participation du prévenu 13 13 13 13 49. 49 . — Le principe est que le tribunal correctionnel examine le dossier en présence du ou des prévenus. Le prévenu doit donc comparaître. En cas de non-comparution du prévenu, la règle était jusqu’à une époque récente, que le tribunal n’entendait pas son avocat. La jurisprudence de l’A l’Assemblée plénière de la Cour de cassation avait récemment évolué évolué puisque, par un arrêt du 2 mars 2001, elle avait estimé — sous l’influence de la jurisprudence jurisprudence de la Cour de Strasbourg (CEDH, 28 mai 2000, Van Pelt c/ France) — qu’il était était contraire à la Convention Européenne des Droits Droits de l’Homme l’Homme de ne pas accepter d’entendre l’avocat de la personne absente qui dispose d’un mandat de son client. client Après cet arrêt, toute juridiction correctionnelle devait donc accepter l’intervention de l’avocat de la personne non comparante qui avait un mandat de son client, et ce, quelle que soit la peine encourue (Cass. ass. plén., 2 mars 2001, affaire Dentico, Bull. ass. plén., n° 56). Dans un arrêt du 5 juin 2002, il avait été décidé par la Chambre criminelle que, même en l’absence de mandat exprès pour l’avocat du prévenu, la juridiction devait entendre cet avocat qui l’avait saisie de conclusions régulièrement déposées pour la défense au fond du prévenu (Cass. crim., 5 juin 2002, n° 01-85.616). Ainsi, en son dernier état, la jurisprudence de la Chambre criminelle enjoignait aux juridictions du fond d’offrir au conseil du prévenu l’occasion de présenter ses observations à l’audience. La loi n° 2004-204 du 9 mars 2004, tirant les conséquences de cette jurisprudence, a introduit de nouveaux principes qui peuvent se résumer ainsi. ainsi 50. pas le tribunal doit entendre 50 . — Si le prévenu régulièrement cité à personne ne comparaît pas, l’avocat l’avocat — qu’il ait, ou non, mandat de représentation (Cass. crim., 12 décembre 2006) — qui se présente pour assurer la défense de l’intéressé (articles 410 et 411 du CPP). Par ailleurs, le tribunal doit statuer sur le caractère valable, ou non, de l’excuse invoquée par le prévenu absent (Cass. crim., 10 novembre 2004) SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Le tribunal, s’il ne l’estime pas valable ou s’il considère la présence du prévenu comme indispensable, peut demander la réassignation du prévenu en vue de sa comparution. Si le prévenu ne comparaît toujours pas, il est jugé contradictoirement — le jugement est alors « à signifier » — et si son avocat est présent, celui-ci est entendu. Dans les deux cas, le jugement est contradictoire, ce qui ferme la voie de l’opposition. Les délais d’appel commencent à courir à compter du prononcé du jugement. Toutefois, si le prévenu absent n’est pas représenté, les délais ne commencent à courir qu’à partir de la signification effective du jugement (article 498 du CPP). Il convient de noter que, lorsque la peine encourue est égale ou supérieure à deux ans, le tribunal peut renvoyer l’affaire et délivrer un mandat d’amener ou un mandat d’arrêt contre l’intéressé (article 410-1 du CPP). 51. s’il n’est pas établi que 51 . — Dans le cas où la citation n’a pas été délivrée à personne et s’il l’intéressé a eu connaissance de la citation, citation la décision est rendue par défaut sauf si un avocat est entendu, sachant que la Cour de cassation considère que le dépôt de conclusions écrites vaut représentation par un avocat (Cass. crim., 14 octobre 2008, Bull. crim. n° 207). 2. — La participation de la partie civile 52. 52 . — La victime peut se constituer partie civile à l’audience pour obtenir réparation de son préjudice (article 418 du CPP). Cette constitution peut se faire : - soit à l’audience, avant les réquisitions au fond du Parquet, par déclaration consignée par le greffier (article 419 du CPP) ; - soit par lettre recommandée ou par télécopie parvenue au tribunal au moins vingt-quatre heures avant l’audience, accompagnée de toute pièce justificative du préjudice subi ; - soit, avec l’accord du procureur de la République, par demande faite au cours de l’enquête de police auprès d’un officier ou d’un agent de police judiciaire qui en dresse procès-verbal. Dans ces deux derniers cas prévus prévus par l’article l’article 420420-1 du Code de procédure pénale, pénale, la partie civile est dispensée de comparaître à l’audience. l’audience Toutefois, si la partie civile a été régulièrement citée et ne comparaît pas ou si elle n'est pas représentée à l'audience, elle est considérée comme se désistant de sa constitution de partie civile (article 425, alinéa 1er, du CPP). B. — Le déroulement de l’audience correctionnelle 14 14 14 14 53. 1.), 1. d’autre part, à 53 . — Nous nous intéresserons, d’une part, au rôle du président du tribunal (1. l’administration de la preuve (2. 2.) 3.). 2. et, enfin, au déroulement des débats (3. 3. 1. — Le rôle du président du tribunal 54. 54 . — Le président exerce la police de l’audience et la direction des débats : c’est une différence essentielle de la procédure pénale française par rapport à elle des pays de « common law », où le juge est seulement arbitre entre l’accusation et la défense (article 401 du CPP). Ceci s’explique par le fait que la la procédure d’enquête est écrite et le président du tribunal en prend prend connaissance avant l’audience : on comprend tout l’intérêt de ce travail préparatoire dans le cadre de l’examen de dossiers qui peuvent parfois être d’une grande technicité, et qui peuvent exiger du juge un temps considérable de préparation. Cette place éminente du juge dans la conduite du procès ne le dispense évidemment pas d’un devoir d’impartialité, devoir dont le respect constitue une garantie essentielle des droits de la défense. Cette impartialité constitue un impératif essentiel, notamment au regard de l’application de la convention européenne des droits de l’homme. 55. 55 . — L’une des règles essentielles du procès pénal étant que le juge doit être impartial, la nécessité que cette règle soit respectée passe par le recours à l’application des dispositions sur la SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. récusation prévues par les articles 668 et suivants du Code de procédure pénale. pénale La loi énumère ainsi un certain nombre d’hypothèses dans lesquelles le juge — que ce soit le président ou l’un de ses assesseurs — ne se trouve pas dans une situation de totale indépendance par rapport à l’une des parties. En dehors des hypothèses de lien objectif entre les parties et un juge, il est une cause ayant une portée assez large, celle consistant en une manifestation, entre le juge et une partie, assez grave pour faire suspecter l’impartialité du magistrat. L’exercice de cette procédure mène à la saisine — par la partie mise en examen, le prévenu, l’accusé ou toute autre partie — du premier président de la Cour d’appel qui devra statuer par ordonnance sur le bien-fondé de la demande de récusation. Il peut, à l’occasion d’une ordonnance rejetant une demande de récusation, prononcer une amende civile à l’encontre du demandeur. 56. 56 . — Distinction. Il convient de ne pas confondre la procédure de récusation avec celle de dite de « suspicion légitime légitime » (article 662 du CPP). Une telle requête en renvoi pour suspicion légitime vise, en effet, l’ensemble d’une juridiction et non un seul juge. Une requête en ce sens peut être présentée par la personne mise en examen, la partie civile, le ministère public près la juridiction concernée ou le procureur général près la Cour de cassation. Cette requête est adressée à la Chambre criminelle de la Cour de cassation qui pourra décider du renvoi de la connaissance l’affaire à une juridiction répressives autre autre que celle territorialement compétente. compétente 2. — L’administration de la preuve 57. 57 . — Avant que soit engagé le débat sur le fond, une exception préjudicielle peut être présentée (article 386 du CPP). Il faut relever que les juridictions pénales ont désormais, aux termes de l’article 111-5 du Code pénal, pleinement compétence pour interpréter les actes administratifs, réglementaires ou individuels, et pour en apprécier la légalité lorsque de cet examen dépend la solution du procès pénal. En revanche, il est de principe constant que l’appréciation de la constitutionnalité d’une loi échappe à la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire. Dès lors que l’interrogatoire du prévenu est engagé, il n’est plus possible de soulever une exception préjudicielle (Cass. crim., 29 mars 1995, Bull. crim. n° 137). 58. 58 . — Il faut aussi retenir qu’aux termes de l’article 385 du Code de procédure pénale, le tribunal correctionnel a qualité pour apprécier les nullités des procédures qui lui sont soumises (Cass. crim., 12 avril 2005), à condition qu’elles le soient avant toute défense au fond (Cass. crim., 10 octobre 2006) et dès lors qu’il n’est pas saisi par une ordonnance du juge d’instruction, laquelle purge toutes les nullités antérieures (voir, pour l’admission de la requête en nullité portant sur une citation directe : Cass. crim., 28 avril 2009, n° 08-85.219). 3. — Le déroulement des débats 15 15 15 15 59. 59 . — De manière générale, les preuves doivent être contradictoirement discutées devant le tribunal correctionnel. Le tribunal interroge interroge le prévenu et recueille ses déclarations. déclarations Par ailleurs, le ministère public et les avocats des parties peuvent lui poser directement des questions. En pratique, la participation du prévenu à l’audience est un élément essentiel de celle-ci. En effet, alors que les témoins ne sont pas systématiquement cités et que le président peut se contenter de rappeler leurs déclarations en cours de procédure, le prévenu est interrogé en détail sur les faits qui lui sont reprochés. C’est le moment pour lui de faire connaître sa position définitive sur les divers éléments du dossier, sans que cette intervention n’annule ses déclarations antérieures qui peuvent toujours être prises en compte par le tribunal. En effet, celui-ci, pour forger son intime conviction, puise dans tous les éléments du dossier qui demeurent à sa disposition. 60. témoins Les personnes citées 60 . — Le tribunal correctionnel recueille aussi les déclarations des témoins. pour témoigner doivent se présenter, et en cas de non-comparution, elles peuvent y être contraintes par SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. la force publique. Les témoins déposent séparément. Ils prêtent préalablement serment, sauf s’ils sont les ascendants, descendants, les frères et sœurs du prévenu ou son époux. En cas de refus de témoigner, l’intéressé encourt une amende correctionnelle s’élevant au maximum à 3 750 € (article 438 du CPP). Il est à noter que, si le ministère public peut s’opposer, en appel, à l’audition de témoins dans un souci de célérité de la procédure, ce pouvoir ne lui est reconnu qu’à l’égard des témoins qui ont déjà été entendus en première instance (article 513, alinéa 2, du CPP ; Cass. crim., 3 juin 2009, n° 08-83.665). Après leur déposition, le président, le ministère public et les parties posent aux témoins les questions qu’ils jugent nécessaires (article 454 du CPP). Les témoins peuvent être confrontés entre eux ou avec le prévenu ou la partie civile. 61. 61. — Il est tenu note des déclarations des témoins et des réponses du prévenu par le greffier (article 453 du CPP). Par ailleurs, le tribunal correctionnel correctionnel peut entendre les dépositions des experts qui peuvent consulter leurs rapports et annexes au cours de leur audition. audition Après celle-ci, des questions peuvent leur être posées par le président, notamment sur la demande du ministère public et des autres parties (article 168 du CPP). 62. 62. — Au cours de l’instruction à l’audience, le président, d’office ou sur demande, présente à la personne poursuivie ou aux témoins les pièces à conviction qui peuvent ainsi donner lieu à une discussion contradictoire (article 455 du CPP). Le tribunal peut aussi procéder à un transport sur les lieux auquel participent les parties et leurs avocats, un procès-verbal des opérations étant dressé (article 456 du CPP). 63. 63 . — Après les phases qui viennent d’être évoquées, chaque partie fait valoir oralement son point de vue. L’ordre de prise de parole est strictement prévu par la loi loi. La partie civile est entendue. Le procureur de la République prend ses réquisitions et l’avocat du prévenu et le prévenu lui-même ont la parole en dernier (article 460 du CPP). § 3. — L’audience devant la Cour d’assises 16 16 16 16 64. A.), B.), A. la présence de l’accusé (B. B. 64 . — Nous étudierons brièvement : les formalités préparatoires (A. le déroulement des débats (C. C.) D.). C. et la clôture des débats (D. D. Il s’agit là du droit positif, sachant que la Comité Léger a proposé plusieurs modifications de la procédure criminelle (voir : doc. n° 143). 143 A. — Formalités préparatoires 65. l’accusé. 65 . — Avant le procès devant la Cour d’assises, le président de cette juridiction interroge l’accusé Si la personne ne se présente pas pour cet interrogatoire, le magistrat peut mettre à exécution l’ordonnance de prise de corps, c’est-à-dire faire incarcérer l’accusé (article 272 du CPP). Le président de la Cour d’assises peut également ordonner des actes d’information complémentaires auxquels il procède lui-même ou pour lesquels il délègue un magistrat (article 283 du CPP). Au jour de l’ouverture de la session, le greffier procède procède à l’appel des jurés. jurés La cour statue sur le cas des jurés absents, la Cour pouvant les condamner à une peine d’amende (3 750 €). Ensuite, au début de chaque affaire, il est procédé au tirage au sort des jurés. Lors du tirage, l’accusé peut récuser cinq jurés au plus et le ministère public quatre (articles 288 et suivants du CPP). Le jury est composé de neuf jurés non récusés (article 296 et suivants du CPP). La Cour est, quant à elle, composée de trois magistrats du Siège Siège professionnels, professionnels le président étant un président de chambre ou un conseiller de la cour d’appel (articles 243 et 244 du CPP). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. B. — La présence de l’accusé 66. 66 . — L’accusé peut comparaître librement à l’audience. Depuis la loi n° 2000-516 du 15 juin 2000, l’audience. Il demeure il n’a plus, s’il n’est pas détenu provisoire, à se constituer prisonnier la veille de l’audience libre pendant tout le cours du procès, sauf s’il se soustrait aux obligations du contrôle judiciaire ou s’il apparaît que la détention est l’unique moyen d’assurer sa présence (article 272-1 du CPP). 67. 67 . — Lorsque l'accusé n'est pas présent, soit qu'il se soit dérobé à la justice dès le début des poursuites, soit qu'il se soit évadé au cours de celles-ci, il était jugé par contumace, selon une procédure que le Code de procédure pénale n'avait que faiblement modernisée modernisée (anciens articles 627 à 641 du CPP). Sous l’influence de la jurisprudence de la Cour de Strasbourg (voir, notamment : CEDH, 13 février 2001, Krombach c/ France), la loi du 9 mars 2004 a prévu une procédure de « défaut criminel » (articles 379-2 et suivants du CPP). En l'absence de l'accusé, la Cour peut décider le renvoi à une session ultérieure, après avoir délivré un mandat d'arrêt. d'arrêt La Cour statue sur l'accusation sans l'assistance des jurés, sauf si d'autres accusés sont jugés simultanément ou si l'absence a été constatée, après l'ouverture des débats (art. 379-3 du CPP). Si un avocat est présent dans l'intérêt de l'accusé, la procédure se déroule normalement, sinon la Cour statue après avoir entendu l'avocat de la partie civile et les réquisitions du ministère public. L'arrêt rendu par défaut ne devient irrévocable qu'avec la prescription de la peine prononcée ou le décès du condamné dans ce délai. JusqueJusque-là il est susceptible d'être anéanti par l'opposition et l’appel n'est pas recevable (article 379-5 du CPP). Si l'accusé se constitue prisonnier prisonnier ou s'il vient à être arrêté avant la prescription de la peine, peine la décision se trouve automatiquement anéantie ainsi que toute la procédure qui avait suivi la décision de mise en accusation. Celle-ci conserve au contraire ses effets ; il en est de même du mandat d'arrêt (art. 379-4 du CPP). En revanche, les condamnations civiles sont anéanties. L'accusé est alors déféré à la Cour d'assises dans les formes normales. Cette procédure de défaut criminel est applicable aux mineurs (Cass. crm., 21 mars 2007). C. — Le déroulement des débats 17 17 17 17 68. 68 . — Publicité des débats. Les débats peuvent ensuite s’engager. Ils sont publics, à moins que le mœurs. Le huis clos ne soit décidé du fait que la publicité serait dangereuse pour l’ordre public ou les mœurs huis clos est aussi de droit lorsque les poursuites sont exercées, notamment, des chefs de viol ou d’actes de torture et de barbarie et si la victime partie civile le demande (article 306 du CPP). Les débats ont lieu sans discontinuer (article 307, alinéa 1er, du CPP), ce qui doit être nuancé en pratique afin, notamment, de ménager les droits de la défense (CEDH, 19 octobre 2004, Makhfi c/ France : en l’espèce, l’avocat de l’accusé avait dû plaider à 4 heures du matin, après 14 heures environ de débats, et la Cour délibéra entre 6 et 8 heures du matin après une durée totale de 17 h 15 de débats ! ; contra : Cass. crim., 10 novembre 2004). 69. 69 . — Le procès commence par la lecture de la décision de renvoi à laquelle procède le greffier (article 327 du CPP). Le président a la la police de l’audience et la direction des débats (article 309 du CPP). Il est investi d’un pouvoir discrétionnaire qui lui permet de prendre toutes mesures utiles pour découvrir la vérité (article 310 du CPP). Le président peut donc prendre l'initiative de décider toute mesure qu'il estime opportune, sans consulter la Cour, ni même le jury. Comme son pouvoir est discrétionnaire, cela lui permet de passer outre à certaines formalités légales, et personne ne peut le requérir de l'exercer. Ainsi il peut faire apporter devant la Cour certaines pièces non saisies ou faire rechercher certains renseignements, par exemple, ordonner de procéder à l'identification d'une empreinte digitale. Il peut même ordonner l'audition de personnes qui n'étaient pas régulièrement SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. citées ou dont le nom n'avait pas été préalablement signifié. En revanche, il ne pourrait limiter le droit des parties ou du ministère public de produire des pièces (Cass. crim., 17 juin 1976, Bull. crim. n° 219). 70. 70 . — Au cours des débats, le président recueille les déclarations de l’accusé — qui doit être assisté, mais éventuellement par un simple ami (article 275 du CPP) — avec interdiction de manifester son avis (article 328 du CPP). Le ministère public et les avocats peuvent poser directement des questions à l’accusé, à la partie civile et aux témoins (article 312 du CPP). La loi réglemente ensuite le mode de recueil des témoignages, témoignages étant observé que la Cour peut faire comparaître par la force publique le témoin qui ne se présente pas. D’ailleurs, la loi du 30 décembre 2000 punit de 3 750 € d’amende le témoin qui refuse de comparaître, de prêter serment ou de déposer (art. 326 et 438 du CPP). 71. 71 . — L’oralité des débats. A l’instar de toute juridiction répressive, le principe qui gouverne l’audience devant la Cour d’assises est celui de l’oralité. Il concerne tous ceux qui participent au débat sur les preuves : le prévenu ou l'accusé doivent être interrogés, les policiers qui ont constaté l'infraction peuvent être entendus, les témoins déposent oralement (ils ne peuvent s’aider d’écrits sans y avoir été autorisés par le président : Cass. crim., 7 novembre 2007), les experts relatent verbalement le résultat de leurs opérations et, bien évidemment, le ministère public prend des réquisitions orales et les avocats font valoir leurs plaidoiries. On ne saurait donc faire état d'une pièce écrite du dossier (par exemple, une déclaration faite au juge d'instruction), sauf à la lire lorsqu'elle peut être versée aux débats (lecture de la déposition d'un témoin empêché de venir à l'audience ; rappr. art. 460-1), ni communiquer au document écrits à la Cour et au jury sans qu’il en soit donné lecture à l’audience (Cass. crim., 13 février 2008). De même, l'article 379 du Code de procédure pénale prévoit qu'« à moins que le président n'en ordonne autrement d'office ou sur la demande du ministère public ou des parties, il n'est fait mention au procès-verbal, ni des réponses des accusés, ni du contenu des dépositions ». La doctrine majoritaire justifie cette règle en affirmant qu'en interdisant au greffier de faire mention dans le procès verbal des débats du contenu des déclarations des accusés et des témoins, la Cour d'assises qui aura à connaître de la même affaire en appel ou sur renvoi après cassation ne pourra pas être influencée par le compterendu de ce qui a été dit devant la première Cour d'assises (voir, notamment : Cass. crim., 18 février 2009, n° 08-82.527, doc. n° 147). 147 Par ailleurs, en matière criminelle, le délibéré doit suivre immédiatement la clôture des débats (art. 307) et se dérouler sans l'aide de pièces écrites (mais les magistrats et jurés peuvent prendre des notes pendant l'audience : art. 340), le président se voyant interdire d'emporter dans la salle des délibérations le dossier de l'affaire, sous réserve de sa faculté d'ordonner le transport d'une pièce, en présence alors du ministère public et des conseils des parties (art. 347, al. 4). Ces règles anciennes sont aujourd’hui critiquées, en particulier avec le développement du recours à l’expertise — qui peut imposer des traces écrites en raison de sa technicité —, c’est pourquoi le prérapport Léger préconise sa suppression. D. — La clôture des débats 18 18 18 18 72. 72 . — Après que l’instruction à l’audience a été menée, les débats sont clôturés. Le président donne lecture des questions auxquelles la cour et le jury auront à répondre (article 348 du CPP). Si le huis-clos a été ordonné, celui-ci prend fin avec les débats, et la publicité doit être rétablie pour la lecture des questions (Cass. crim., 19 mars 1986, Bull. crim. n° 111). accusation. Chaque fait donne lieu Ces questions sont, en principe, celles découlant de la mise en accusation à une question principale sur la culpabilité — cette question doit reproduire tous les éléments constitutifs de l'infraction, y compris l'élément moral — et à des questions distinctes sur chacune des circonstances aggravantes, y compris celles qui se seraient révélées au cours des débats (art. 349 et 350). Ainsi, il y a complexité prohibée à poser une seule question englobant le fait principal et une circonstance aggravante (voir : Cass. crim., 27 juin 2007). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Par ailleurs, la loi du 15 juin 2000 a introduit un art. 349-1 selon lequel, lorsque est invoquée comme moyen de défense, l'existence de l'une des causes d'irresponsabilité pénale tenant au trouble psychique, la contrainte, l'erreur, l'ordre de la loi ou de l'autorité légitime, la légitime défense ou l'état de nécessité, chaque fait donne lieu à deux questions. Enfin, il convient de noter que les questions doivent refléter les débats tenus tenus lors de l’audience. l’audience En effet, en vertu de l’article 6 de la Convention européenne, en cas de requalification des faits, les parties doivent avoir pu en discuter au cours des débats (voir : CEDH, 25 mars 1999, Pelissier et Sassi c/ France). Par conséquent, le président de la Cour d’assises ne saurait, à l’issue des réquisitions et des plaidoiries, soumettre au jury des questions portant sur une nouvelle qualification (voir, par exemple : Cass. crim., 13 juin 2007 et 13 février 2008 ; Cass. crim., 4 février 2009, n° 08-85.144, doc. n° 149). 149 Ces questions doivent à nouveau être lues, avec les réponses auxquelles elles ont donné lieu, devant la Cour d’assises d’appel. d’appel 73. loi ne 73 . — Après la lecture des questions, le président de la Cour d’assises rappelle que la loi demande aux aux jurés que de répondre en fonction de leur intime conviction. conviction Cette instruction doit, d'ailleurs, être affichée en gros caractères dans le lieu le plus apparent de ladite salle (art. 353 du CPP). La Cour et le jury se retirent ensuite pour délibérer. La décision défavorable à l’accusé en ce qui concerne la culpabilité doit être prise à la majorité de huit voix au moins en première instance (article 359 du CPP). En cas de déclaration de culpabilité, la peine est décidée à la majorité absolue. L’arrêt est ensuite prononcé dans la salle d’audience d’audience par le président de la Cour Cour d’assises qui donne lecture des réponses faites aux questions et prononce l’arrêt portant condamnation ou acquittement (article 366 du CPP). La Cour, Cour, sans l’assistance du jury, jury, se prononce ensuite sur les intérêts civils, civils étant observé que la partie civile peut, même en cas d’acquittement, demander la réparation de son préjudice causé par la faute de l’accusé telle qu’elle résulte des faits qui étaient l’objet de l’accusation (articles 371 et 372 du CPP). 74. 74 . — ProcèsProcès-verbal de l'audience. l'audience. L'article 378 du CPP décide que le greffier dresse à l'effet de constater l'accomplissement au cours des débats des formalités prescrites, un procèsprocès-verbal qu'il signe avec le président. président Cette signature doit avoir lieu dans les trois jours au plus tard du prononcé de l'arrêt ce qui implique que ce document doit être daté. Il y a atteinte aux intérêts du condamné si son avocat ne peut prendre connaissance du procès-verbal cinq jours après le prononcé (Cass. crim., 15 décembre 1999, Bull. crim. n° 310). 75. les es propositions issues du rapport du Comité 75 . — Propos conclusifs : l Comité de réflexion sur la justice pénale. La réforme d’ampleur proposée par le comité en ce qui concerne la phase préparatoire du procès pénal avec la transformation du juge d’instruction en un juge investi uniquement de pouvoirs juridictionnels trouve son prolongement dans la phase d’audience avec la modification du rôle du président d’audience et le renforcement du contradictoire dans cette phase. Le rôle du président d’audience en matière pénale est défini par la loi, mais découle également de la pratique. De manière générale le président dispose de la police d’audience et dirige les débats. Le code de procédure pénale prévoit qu’il lui appartient d’interroger le prévenu ou l’accusé et de procéder à l’audition des témoins. En droit comme en pratique, le président d’audience occupe donc un rôle central. Compte tenu du caractère inquisitorial de notre procédure, il participe acti activement vement à la recherche de la vérité, notamment durant la première phase du procès où il est procédé à l’instruction des faits. faits Comme le juge d’instruction, le président d’audience est à la fois enquêteur et juge durant la première phase du procès, puis uniquement juge une fois les débats clos. La majorité des membres du comité considère que ce cumul, préjudiciable durant la phase de l’instruction, l’était également durant l’audience. La conduite de l’audience, telle qu’elle est actuellement prévue, permet difficilement difficilement au président de conserver une impartialité subjective. subjective Quand un mis en cause nie, il appartient naturellement au président de l’interroger sur les éléments à charge rassemblés lors de l’enquête, ce qui induit inévitablement un parallèle avec le représentant de SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr 19 19 19 19 L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. l’accusation. Il est de plus fort difficile pour le président de ne pas manifester son opinion lors de la conduite de cet interrogatoire ou, plus généralement, de ne pas donner l’impression qu’il manifeste son opinion. Du reste, la défense peut parfois prendre appui sur cette prétendue subjectivité afin d’assimiler le président à une partie et de contester sa légitimité, ce qui nuit au bon déroulement de l’audience. Face à ces constats, la majorité des membres du comité estime nécessaire de renforcer la neutralité du président d’audience sans toutefois aboutir à un système équivalent à la procédure anglosaxonne. Dans cette dernière procédure, le juge ne participe pas directement à l’élaboration de la preuve : si l’accusé plaide non coupable, chaque partie doit présenter ses éléments de preuve sous l’arbitrage du juge qui s’assure uniquement de la loyauté des procédés utilisés. Le comité propose donc à la majorité que le président soit davantage un arbitre et que pour ce faire il ne dispose dispose plus de la direction des débats mais veille uniquement au bon déroulement de ceuxceuxci. Compte tenu de ce nouveau rôle du président et de la transformation de la phase d’instruction proposée par le comité, l’audience débutera par un exposé du ministère public au cours duquel celui-ci détaillera les faits reprochés au prévenu ou à l’accusé et les charges ayant justifié sa poursuite. Le prévenu sera ensuite interrogé par le ministère public puis par l’avocat de la partie civile et enfin par celui de la défense. Durant cet interrogatoire « croisé », le président vérifiera uniquement la bonne tenue des débats, il veillera à ce que ceux-ci ne se prolongent pas inutilement et au respect du contradictoire. A l’issue de cet interrogatoire, le président pourra à son tour poser les questions complémentaires qui lui apparaîtront utiles. La victime, les témoins et les experts seront ensuite entendus dans les mêmes conditions. Cependant, si le témoin ou l’expert n’a pas été cité par le ministère public, il sera interrogé en premier par l’avocat de la partie ayant procédé à cette citation. Une fois l’instruction terminée, la partie civile sera entendue puis le ministère public prendra ses réquisitions et l’accusé présentera sa défense. A la différence du système angloanglo-saxon, ce schéma permet de conférer au président une plus grande neutralité tout en conservant la possibilité pour celuicelui-ci d’être pleinement éclairé avant de devoir statuer. Dans cette même logique, le président continuera à avoir connaissance du dossier constitué lors de l’enquête. Il sera également compétent pour trancher les éventuels litiges quant à la détermination de l’ordre des auditions et conservera la possibilité d’ordonner des suppléments d’information. Le président pourra ainsi demander aux parties de produire tout élément qu’il estimera nécessaire à la manifestation de la vérité. Section 2. — Les procédures sommaires 20 20 20 20 76. 76 . — Pour des infractions bénignes ou donnant lieu à un « contentieux de masse », le législateur a permis d'éviter, dans la plupart des cas, la comparution du prévenu par l'instauration de procédures sommaires. Il s'agit même d'assurer parfois le paiement d'une amende sans intervention du juge. Nous étudierons la procédure de l’amende amende forfaitaire (§ § 1.), ordonnance pénale (§ § 2.), 1. celle de l’ordonnance 2. celle de la comparution immédiate (§ § 3.) 3. et celle de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (§ § 4. 4.). § 1. — L'amende forfaitaire 77. amende forfaitaire stricto sensu, réformé à plusieurs reprises, résulte 77 . — Le système de l'amende désormais des articles 529 et suivants du Code de procédure pénale (A A.). Il est complété par celui de l'indemnité indemnité forfaitaire qui apparaît comme une forme de transaction (B B.). A. — L'amende forfaitaire stricto sensu 78. 78 . — S'agissant d'une procédure administrative dénuée de garantie, son domaine est par nature limité. Il ne peut s'appliquer qu’à certaines contraventions énumérées par l’article R. 4848-1 du CPP. CPP SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Il s’agit notamment des quatre premières classes de contraventions au Code de la route (art. 529-6) ou au Code des assurances (en ce qui concerne l'assurance obligatoire des véhicules terrestres à moteur). Ces infractions sont soumises au régime de l’amende forfaitaire même si elles entraînent un retrait des points affectés au permis de conduire. Toutefois, la procédure n'est plus applicable si, parmi les contraventions relevées simultanément, l'une d'entre elles ne peut donner lieu à amende forfaitaire (art. 529, al. 2, 529-6). 79. 79 . — Lorsque le procédé est possible, l'amende est immédiatement versée entre les mains de l'agent verbalisateur ou, par timbre, auprès du service indiqué par l'avis dans un délai de quarantequarante-cinq jours (art. 529-1). Le montant de l'amende forfaitaire peut être minoré minoré pour certaines contraventions au Code de la route, s'il est acquitté avant l'expiration d'un délai de trois jours — à compter de la constatation de l’infraction — ou quinze jours — à compter de l’envoi de l’avis de contravention (art. 529-7, 529-8 ; voir : Cass. crim., 29 avril 2009, doc. n° 150). 150 80. 80 . — Le contrevenant dispose du droit de formuler, auprès du service indiqué dans l'avis, une requête en exonération qui doit être transmise au ministère public (art. 529-2, 529-9). Ce dernier peut alors soit renoncer aux poursuites, soit exercer celles-ci en utilisant la voie de l'ordonnance pénale ou de la saisine de droit commun (art. 530-1, al. 1). Si une condamnation intervient, l'amende prononcée ne peut être inférieure au montant de l'amende ou de l'indemnité forfaitaire (al. 2 ; Cass. crim., 12 septembre 2007). En dehors de cette hypothèse, en l'absence de paiement ou de requête dans un délai de quarantequarantecinq jours, l'amende forfaitaire sera majorée de plein droit (art. 529-2, al. 2; 529-9). Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant au paiement de l'amende forfaitaire majorée, le contrevenant peut former une réclamation motivée auprès du ministère public, qui annule le titre exécutoire, si elle est recevable (art. 530, al. 2). Ici encore, le parquet peut renoncer aux poursuites ou décider de les exercer par voie d'ordonnance pénale ou selon la procédure ordinaire (art. 530-1, al. 1). B. — L'indemnité forfaitaire 21 21 21 21 81. 81 . — Il s'agit d'une forme de transaction applicable aux contraventions des quatre premières classes à la police des services publics de transports transports ferroviaires et des services de transports publics de personnes, personnes réguliers et à la demande (art. 529-3). Ces infractions doivent avoir été constatées par les agents assermentés de l'exploitant. Ceux-ci proposent au contrevenant une transaction par laquelle il l'invite à s'acquitter, en plus de la somme due au titre du transport, d'une indemnité forfaitaire (art 529-4). 82. 82 . — Si le règlement n'est pas effectué entre leurs mains mais intervient dans un délai de deux mois auprès du service de l'exploitant, la somme due est majorée du montant des frais de constitution de dossier (al. 2, 2°). Le contrevenant peut formuler une protestation auprès de l'exploitant, qui doit être transmise au ministère public accompagnée du procès-verbal d'infraction (art. 529-5, al. 1). A défaut de paiement ou de protestation dans le délai de deux mois, le contrevenant redevient redevable de plein droit d'une amende forfaitaire majorée (al. 2). En cas de protestation, le ministère public, s'il ne renonce pas aux poursuites, peut procéder selon la procédure de l'ordonnance pénale ou la procédure ordinaire (art. 530-1). § 2. — L'ordonnance pénale 83. 83 . — Le Code de procédure pénale a instauré une procédure simplifiée (articles 495 et suivants pour les délits et article 524 et suivants pour les contraventions) peu formaliste (B B.) dont le domaine est relativement vaste (A A.). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. A. — Le domaine de l'ordonnance pénale 84. 84 . — La procédure simplifiée est applicable au gré du ministère public à toutes les contraventions, même de cinquième cinquième classe ou commises en état de récidive. récidive Ne sont exclues que les contraventions prévues par le code du travail, celles de cinquième classe imputables à un mineur et enfin les contraventions pour lesquelles la victime a fait citer directement le prévenu devant la juridiction avant qu'ait été rendue l'ordonnance pénale (art. 524). L'ordonnance pénale est également applicable à la suite d'une procédure d'amende ou d'indemnité forfaitaire, forfaitaire après rejet de la requête en exonération, de la réclamation adressée au ministère public ou de la protestation formulée auprès de l'exploitant (art. 530-1, al. 1er). Par ailleurs, certains délits peuvent également faire l’objet d’une telle procédure simplifiée. Il s’agit notamment des délits prévus par le Code de la route peuvent faire l’objet d’une procédure simplifiée, simplifiée sauf si ils ont été commis en même temps qu’une atteinte à la personne et, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance, du délit d’usage de stupéfiants prévu par l’article L. 3421-1, alinéa 1er, du Code de la santé publique (articles 495 du CPP). 85. 85 . — Mais la procédure simplifiée ne permet, en principe, que le prononcé d'une amende non celui d'une peine complémentaire, complémentaire telle que la suspension du permis de conduire ou la confiscation. Dès lors, le ministère public qui entend requérir une sanction autre que l'amende est obligé de recourir à la procédure de droit commun (art. 525, al. 3). En outre, l'ordonnance pénale est doublement facultative : elle dépend du ministère public qui peut préférer la procédure de droit commun (y compris après avoir initialement recouru à la procédure de l'ordonnance pénale, tant que celle-ci n'a pas acquis l'autorité de la chose jugée, par expiration du délai d'opposition : Cass. crim. 3 févr. 1998, B. n° 41) ; par ailleurs, le juge peut toujours renvoyer l'affaire au ministère public, aux fins de poursuite dans les formes de la procédure ordinaire (art. 525 al. 3). B. — La procédure de l'ordonnance pénale 22 22 22 22 86. 86 . — Le juge est saisi par la transmission du dossier de la poursuite, accompagné des réquisitions écrites du ministère public. Il statue sans débat préalable par une ordonnance pénale portant relaxe, s'il estime par exemple que les faits visés ne tombent pas sous le coup d'une qualification pénale, ou condamnation à une amende dont il détermine librement le taux dans la limite du maximum légal. légal L'ordonnance pénale mentionne l'état civil du prévenu et la qualification juridique des faits ; elle n'a pas à être motivée (art. 526). 87. 87 . — Dans les dix jours de l'ordonnance, le ministère public peut faire opposition à son exécution (art. 527, al. 1er) ; l'ordonnance est alors privée de ses effets et l'affaire renvoyée à la juridiction répressive statuant selon la procédure ordinaire (art. 528). A défaut, l'ordonnance est notifiée au prévenu par simple lettre recommandée avec demande d'avis de réception. réception Il a le choix entre trois possibilités. Il peut, tout d'abord, dans un délai de trente jours — quarante-cinq jours pour les délits —, payer l'amende et le droit fixe de procédure. L'action publique est alors éteinte. Il peut aussi faire opposition au greffe par lettre ou par déclaration verbale — personnelle ou par un avocat ou un fondé de pouvoir spécial — (art. R. 45), en respectant le même délai, à dater de l'envoi de la lettre recommandée lui notifiant la décision (art. 527, al. 3) ou, s'il ne l'a pas reçue, du moment où il en a eu connaissance (al. 5). Cette opposition a le même effet que celle du ministère public sauf renonciation du prévenu (art. 528, al. 2). Enfin, dans l'hypothèse où le contrevenant s'abstient de faire opposition dans les délais, l'ordonnance pénale a les effets d'un jugement passé en force de chose jugée (art. 528-1) et elle est mise à exécution dans un délai de trente jours — ou quarante-cinq jours — à compter de la date d'envoi de la lettre recommandée (art. R. 43). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 88. 88 . — Le législateur a souhaité conservé à la victime les avantages de la voie pénale en l'autorisant à porter son action civile devant la juridiction juridiction répressive malgré l'extinction de l'action publique. publique Il est allé encore plus loin dans la dissociation des deux actions en énonçant que l'ordonnance pénale « n'a pas autorité de la chose jugée à l'égard de l'action civile en réparation des dommages dommages causés par l'infraction » (art. 528-1, al. 2). La juridiction répressive peut donc s'abstenir de prendre en compte une décision de relaxe ou la qualification juridique des faits retenue par l'ordonnance. § 3. — La comparution immédiate 89. B.) B. de comparution immédiate a un 89 . — Prévue par les articles 395 à 397-5, la procédure (B. domaine limité (A. A.). A. Mesure efficace, elle a été transposée par les lois du 9 septembre 2002 et du 5 mars 2007 pour le jugement des mineurs (C. C.). C. A. — Le domaine de la comparution immédiate immédiate 90. 90 . — La procédure de comparution immédiate concerne deux catégories de délinquants. Il s'agit tout d'abord de l'auteur d'un délit flagrant lorsque l'emprisonnement prévu par la loi est de six mois au moins (un an avant la loi du 9 septembre 2002). La référence à la peine maximale encourue de sept années d’emprisonnement a été supprimée par la loi du 9 septembre 2002. En second lieu, la procédure de comparution immédiate concerne les auteurs d'un délit non flagrant sanctionné par une peine d'emprisonnement d’au moins deux ans (art. 395, al. 1er). La référence à la peine maximale encourue de sept années d’emprisonnement a également été supprimée par la loi du 9 septembre 2002. B. — La mise en œuvre de la comparution immédiate 91. 91 . — La comparution immédiate permet au procureur de la République de traduire le prévenu sursur-lele-champ devant le tribunal (art. 395). Le prévenu est alors retenu jusqu'à sa comparution qui doit avoir lieu le jour même : il est conduit sous escorte devant le tribunal (al. 3). 23 23 23 23 92. 92 . — Dans l'hypothèse où cette réunion immédiate du tribunal est impossible — circonstance qui n’a pas à être prouvée par le parquet (Cass. crim., 23 mai 2006) — et si une mesure de détention provisoire semble s'imposer, le procureur de la République peut peut traduire le prévenu devant le JLD qui statuera en chambre du conseil avec l'assistance d'un greffier (art. 396, al. 1). Après avoir entendu le prévenu, son avocat ayant été avisé, ce magistrat statue sur les réquisitions du ministère public (al. 2). S'il décide d'un placement en détention provisoire, il rend une ordonnance, notifiée verbalement au prévenu, non susceptible d'appel. Cette ordonnance doit indiquer les considérations de fait et de droit qui la fondent par référence à l'article 144, ainsi que les faits retenus. L'ordonnance saisit le tribunal, devant lequel le prévenu doit comparaître au plus tard le deuxième jour ouvrable suivant. A défaut, il est mis d'office en liberté. En revanche, si le JLD estime que la détention provisoire n'est pas utile, il peut décider d’un placement sous contrôle judiciaire (art. 396, al. 4). Il est à noter qu’en vertu du principe d’indisponibilité de l’action publique exercée, la saisine du tribunal par la voie de la comparution immédiate exclut que le procureur de la République ait concomitamment recours à l’ouverture d’une information judiciaire (Cass. crim., 20 février 2007). 93. 93 . — Le tribunal une fois saisi, le prévenu ne peut être jugé le jour même qu'avec son accord recueilli en présence de l'avocat choisi ou désigné d'office (art. 397). Si le prévenu consent à être jugé séance tenante, il doit en être fait mention dans les notes d'audience. A défaut ou si l'affaire ne paraît pas en état d'être jugée (voir, pour le renvoi du dossier au parquet qui n’est pas susceptible d’appel : Cass. crim., 29 octobre 2008, n° 08-84.623), le tribunal, après avoir recueilli les observations des parties et de leurs avocats, renvoie en principe l'affaire à une prochaine audience, qui doit avoir lieu dans un SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. délai de deux semaines minimum, sauf renonciation expresse du prévenu, et six semaines maximum (art. 397-1). Depuis la loi du 9 septembre 2002, le prévenu encourant une peine supérieure à sept ans entre ntre deux et quatre mois d’emprisonnement peut demander le renvoi de l’affaire dans un délai compris e (art. 397-1 du CPP). Par ailleurs, depuis la loi du 9 mars 2004, le prévenu peut — en cas de renvoi — demander la réalisation de tout acte d’information nécessaire à la manifestation de la vérité. vérité 94. 94 . — Lorsque le tribunal a décidé de renvoyer à une audience ultérieure, un placement ou un maintien sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire provisoire peut être ordonné conformément conformément aux textes les régissant. régissant Ces décisions sont exécutoires par provision. En cas de détention provisoire, le jugement sur le fond doit être rendu dans les deux mois (art. 397-3 CPP) suivant la première comparution devant le tribunal. Sinon, il y a lieu de procéder à une remise d'office en liberté si le prévenu n'est pas détenu pour une autre cause (art. 397-3). 95. 95 . — Enfin, au jour de l'audience et dans le cas où le prévenu est condamné à un emprisonnement sans sursis, sursis quelle qu'en soit la durée, le tribunal peut ordonner le placement ou le maintien en détention provisoire par décision spécialement motivée (art. 397-4). Dans l'hypothèse où un appel aurait été interjeté, la cour doit statuer dans les quatre mois (art. 397-4 CPP), faute de quoi le condamné sera remis d'office en liberté sous réserve qu'il ne soit pas détenu pour une autre cause (art. 397-4) ; ce texte n'ayant prévu d'autre conséquence pour le dépassement du délai, sa méconnaissance ne saurait entacher de nullité la procédure ni mettre fin aux poursuites (Cass. crim. 13 janv. 1992, B. n° 8). C. — La procédure de présentation immédiate devant la juridiction juridiction pour mineurs (article 14-2 de l’ordonnance du 2 février 1945) 24 24 24 24 96. 96 . — Cette mesure, créée par la loi du 9 septembre 2002 et modifiée par la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance concerne : les mineurs de seize à dixdix-huit ans ans qui encourent une peine d’emprisonnement supérieure ou égale à un an en cas de flagrance ou supérieure ou égale à trois ans dans les autres cas ; les mineurs de treize à seize ans, ans à condition que la peine encourue soit d’au moins cinq ans d’emprisonnement, sans qu’elle puisse excéder sept ans. En outre, la procédure de jugement à délai rapproché ne peut être engagée que si des investigations sur les faits ne sont pas nécessaires et que si des investigations sur la personnalité du mineur ont été réalisées, le cas échéant, à l’occasion d’une procédure antérieure de moins d’un an. 97. 97 . — Si ces conditions sont remplies, il convient de distinguer deux situations. D’une part, la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance permet désormais la présentation immédiate du mineur devant le juge des enfants aux fins de jugement, jugement sachant que celui-ci ne peut que relaxer le mineur ou lui infliger des mesures éducatives ou prononcer une dispense de peine. D’autre part, les mineurs peuvent également être traduits par le procureur de la République devant le tribunal pour enfants dans un délai de dix jours à un mois, pour les mineurs de seize ans ; dix jours à deux mois, pour les mineurs de treize ans. Le procureur peut également saisir le juge des enfants aux fins de placement en contrôle judiciaire ou en détention provisoire jusqu’à l’audience de jugement. Son ordonnance peut faire l’objet d’un appel devant la Chambre de l’instruction. Il est à noter que la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance permet de raccourcir le délai de jugement. jugement En effet, il peut être procédé au jugement du mineur à la première audience du tribunal pour enfant lorsque le mineur et son avocat y consentent expressément, sauf si les représentants légaux du mineur dûment convoqués font connaître leur opposition. Il s’agit là d’une véritable consécration de la comparution immédiate dans le domaine de la délinquance des mineurs. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. A l’audience, le tribunal pour enfants peut, s’il estime que l’affaire n’est pas en état d’être jugée, renvoyer l’affaire à une prochaine audience dans un délai qui ne peut être supérieur à un mois. mois Si le mineur est en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire, le tribunal doit statuer de manière motivée sur le maintien de la mesure. Le jugement au fond doit être rendu dans un délai d'un mois suivant le jour de la première comparution devant le tribunal du mineur détenu provisoirement. Faute de décision au fond à l'expiration de ce délai, il doit être mis fin à la détention provisoire. Le tribunal pour enfants peut également, s’il estime que des investigations supplémentaires sont nécessaires compte tenu de la gravité ou de la complexité de l'affaire, renvoyer le dossier au procureur de la République. République Lorsque le mineur est en détention provisoire, le tribunal pour enfants statue au préalable sur le maintien du mineur en détention provisoire jusqu'à sa comparution devant le juge des enfants ou le juge d'instruction. Cette comparution doit avoir lieu le jour même, à défaut de quoi le mineur est remis en liberté d'office. § 4. — La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité 98. 98 . — On se trouve ici face à l’une des « mesures phares » de la loi du 9 mars 2004 que l'on appelle souvent le « plaider coupable » ou « plaidoyer de culpabilité culpabilité ». La matière est traitée aux articles 495-7 à 495-16 du Code de procédure pénale pour l'essentiel. L'idée générale est celle-ci : pour tout délit puni à titre principal d'une peine d'amende ou d'une peine d'emprisonnement ne dépassant pas cinq ans, la sanction infligée résulte d'un accord entre le procureur et l'auteur des faits, homologué ensuite par le président du tribunal de grande instance. Est ainsi consacré avec éclat le principe d'une sorte de consensualisme judiciaire. Techniquement, la procédure comporte une phase initiale et des phases postérieures dont le sens varie selon la volonté des acteurs. 99. 99 . — Phase initiale (CPP art. 495495-8). Le magistrat du parquet reçoit à son cabinet l'auteur des faits. Il recueille les déclarations par lesquelles la personne reconnaît les faits en présence de son avocat, avocat le texte précisant même que la personne « ne peut renoncer à son droit d'être assistée par un avocat » (CPP, art. 495-8, al. 4). Il est à noter que le Conseil d’Etat a annulé les dispositions de la Circulaire du ministre de la justice du 2 septembre 2004 relative à la CRPC et qui permettait de « préproposer » cette mesure au cours de la garde à vue, sans que l’avocat soit présent (CE, 26 avril 2006, Syndicat des avocats de France). Par ailleurs, la Cour de cassation a considéré que dans l’impossibilité de faire intervenir un avocat, la proposition de recourir à la CRPC devient caduque et le procureur de la République peut alors avoir recours à une procédure ordinaire (Cass. crim., 29 octobre 2008, n° 0884.857). Aussitôt il lui propose « d'exécuter une ou plusieurs peines principales ou complémentaires encourues ». Le pouvoir du parquetier est ici encadré : 1° Si le magistrat entend proposer à l'intéressé une peine d'emprisonnement, la durée de celle-ci ne peut dépasser un an, ni excéder la moitié de la peine encourue ; 2° Si le magistrat propose une peine d'amende, son montant ne peut être supérieur au maximum légal. Dans tous les cas, la peine peut être assortie du sursis. L'avocat peut consulter consulter le dossier sur le champ et l'intéressé peut s'entretenir avec lui hors la présence du parquetier avant de donner sa réponse. réponse Le magistrat doit aviser la personne qu'elle peut demander à disposer de dix jours avant de faire connaître sa décision d'acceptation ou de refus. 100. 100 . — Suite à la proposition faite par le magistrat du Parquet, la procédure peut suivre un schéma idéal — dans l’hypothèse d’une acceptation de la mesure par la personne mise en cause et d’homologation par le président du tribunal — (A A.) ou, au contraire, faire l’objet de complications (B B.). A. — Le schéma idéal 25 25 25 25 101. 101 . — L’audience. Si la personne accepte immédiatement l'offre du parquetier, elle le fait en présence de son avocat et elle est aussitôt présentée devant le président du tribunal qui est saisi par le parquetier d'une requête en homologation. Néanmoins, la loi du 12 mai 2009 est venue prévoir que la SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. présentation de la personne non détenue au juge homologateur peut intervenir dans un délai inférieur ou égal à un mois (art. 495-9 du CPP). Le magistrat du siège tient une audience publique. publique Sans doute la loi votée définitivement avait prévu que l'audience avait lieu « en chambre du conseil ». Mais le Conseil constitutionnel, dans sa décision du 2 mars 2004, a supprimé ces quatre mots en se fondant sur quatre articles de la Déclaration de 1789, les articles 6 (égalité des citoyens), 8 (peines strictement et évidemment nécessaires), 9 (présomption d'innocence) et 16 (garanties des droits) qui impliquent « qu'une décision pouvant conduire à une peine privative de liberté doit, sauf circonstances particulières nécessitant le huis-clos, faire l'objet d'une audience publique » (cons. 117). De façon sous-jacente, on pense aussi à l'article 6, § 1 de la CESDH sur le procès équitable, qui pose le principe de la publicité de l'audience. Au cours de l'audience, le juge vérifie « la réalité des faits et leur qualification juridique » (CPP art. 495-9, al. 2). S'assurer de la réalité des faits conduit le juge à interroger l'intéressé sur les circonstances de l'infraction et à déterminer si ce dernier a bien reconnu les faits, ce qui est une des conditions d'emploi du plaidoyer de culpabilité. S'assurer de la qualification juridique oblige le juge à vérifier que l'infraction n'est pas punie de plus de cinq ans d'emprisonnement et même à déterminer s'il n'y a pas une autre qualification mieux fondée en l'espèce et qui pourrait être punie de plus de cinq ans. Evidemment l'avocat est présent et peut prendre la parole. La présence de la personne mise en cause est donc obligatoire (art. 495-9, al. 2 du CPP). En revanche, la loi n° 20052005-847 du 26 juillet 2005 a modifié l’article 495495-9 du Code de procédure pénale qui facultative tative. prévoit désormais que la présence du magistrat du parquet à l’audience d’homologation est facul tative Le vote de cette nouvelle disposition, déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel (Cons. const., 22 juil. 2004, n° 2005-520 DC, JO du 27 juil. 2005, p.12241), est intervenu suite à un avis de la Cour de cassation (avis n° 005 0004P du 18 avril 2005) et deux ordonnances de référé du Conseil d’Etat (ordonnances n°s 279833 et 279834 du 11 mai 2005) soulignant que — conformément à l’article 32 du Code de procédure pénale — le ministère public devait être présent à l’audience d’homologation. L’objectif du législateur est clairement affiché : il s’agit de décharger le parquet de certaines tâches afin d’assurer ailleurs une meilleure efficacité de la procédure pénale. pénale Il n’en demeure pas moins que, de la sorte, le principe du contradictoire semble remis en cause. 26 26 26 26 102. 102 . — L’ordonnance du président du tribunal. Les débats terminés, le juge rend une ordonnance le jour même. S’il accepte d'homologuer, plusieurs règles s'appliquent alors alors. D’une part, le juge ne peut pas modifier dans un sens ou dans l'autre la proposition du parquet. D’autre part, l'ordonnance d'homologation est motivée « au regard des circonstances de l'infraction et de la personnalité de son auteur », allusion transparente à l'article 132-24 du Code pénal. Par la suite, l’ordonnance a les effets d'un jugement de condamnation. condamnation Elle est immédiatement exécutoire. Si l'homologation porte sur une peine d'emprisonnement, la personne est, soit immédiatement incarcérée, sait convoquée devant le juge de l'application des peines auquel l'ordonnance est alors transmise sans délai, selon la volonté du magistrat du parquet. Un appel est possible de la part du condamné. condamné La règle peut étonner puisque le condamné est par hypothèse d'accord. Mais le législateur a voulu lui conférer une sorte de droit de repentir. Et du coup, en cas d'appel de sa part, le Ministère public peut faire appel aussi. À défaut d'appel, l'ordonnance a les effets d'un jugement passé en force de chose jugée. B. — Les complications 103. 103 . — Le refus de la personne mise en cause. La personne mise en cause peut parfaitement ne pas adhérer d'emblée à la proposition. Il peut d'abord user du délai de disjoins pour donner sa réponse. réponse Le parquetier peut alors dans l'intérêt de l'ordre public, présenter la personne devant le juge des libertés et de la détention aux fins de placement sous contrôle judiciaire. Il peut même « à titre exceptionnel et, si l'une des peines proposées est égale ou supérieure à deux mois d'emprisonnement ferme » et dès lors « que le procureur a proposé sa mise à exécution immédiate » la présenter à ce juge aux fins de placement en détention provisoire jusqu'à sa seconde comparution devant le parquetier. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Ensuite, en cas de rejet de la proposition immédiatement ou à l'issue du délai délai, le procureur procède à une convocation par procès-verbal ou à une comparution immédiate, à moins qu'il ne requiert l'ouverture d'une information (CPP, art. 495-12, al. 1er). Il est à noter que la loi protège les intérêts de l'auteur des faits en ce que le procès-verbal établi par le parquet au début de la procédure ne peut être transmis à la juridiction d'instruction ou de jugement et les parties ne peuvent en aucun cas faire état devant les juridictions des déclarations faites (CPP, art. 495-14, al. 2 ; Cass. crim., 17 septembre 2008, n° 08-80.858, doc. n° 151). 151 Par ailleurs, la Chambre criminelle de la Cour de cassation a refusé que le procureur de la République décide concomitamment du recours à la CRPC et d’une citation directe, conformément à l’article 495-12 du CPP, afin d’éviter une fraude aux droits de la défense (Cass. crim., 4 octobre 2006 : pression accrue sur la volonté du suspect, atteinte au droit de disposer du temps nécessaire à la préparation de sa défense …). Néanmoins, la loi du 12 mai 2009 est venue briser cette jurisprudence en insérant un article 495-15-1 qui précise désormais que la mise en œuvre d’une CRPC n’interdit pas au procureur de la République de procéder simultanément à une convocation en justice en application de l’article 390-1, la saisine du tribunal devenant, le cas échéant, caduque, si la personne accepte la ou les peines proposées et qu'elles sont homologuées. Cette nouvelle disposition, d’application immédiate (Cass. crim., 24 novembre 2009, doc. n° 152), 152 n’est pas sans susciter des critiques quant à l’effectivité du droit de ne pas contribuer à sa propre incrimination et quant à la règle non bis in idem (voir : doc. n° 144). 144 104. 104 . — Le refus du président du tribunal. Quant au juge, son pouvoir de blocage apparaît deux fois. D'abord, si l'auteur l'auteur des faits rejette la proposition du parquet, il est tenu de rendre une ordonnance de refus d'homologation (le juge « rend une ordonnance de refus », rappelle l'article 495-12 al. 1er). Ensuite, le Conseil constitutionnel a observé que le président peut peut également refuser de sa propre initiative d'homologuer la proposition si les déclarations de la victime apportent un éclairage nouveau sur les conditions d'accomplissement de l'infraction ou sur la personnalité de l'auteur. 27 27 27 27 105. 105 . — Le refus de la victime. victime. Reste le cas de la victime dont l'existence a conduit le législateur à poser plusieurs règles inscrites à l'article 495-13 du Code de procédure pénale. D'abord, selon l'alinéa 1er, si la victime est identifiée, elle est informée aussi vite que possible du choix du parquet en faveur du plaidoyer de culpabilité, et elle est invitée à comparaître — avec son avocat le cas échéant — devant le juge en même temps que l'auteur, afin de pouvoir se constituer partie civile et demander réparation de son préjudice. Le juge statue sur cette demande même si la partie civile n'a pas comparu à l'audience, en application de l'article 420-1 du Code de procédure pénale. La partie civile peut faire appel de l'ordonnance du juge en ce qui concerne ses intérêts. Ensuite, selon l'alinéa 2, si la victime n'a pu exercer l'action civile (par exemple parce qu'elle n'a pu être avertie), le procureur doit l'informer de son droit de lui demander de citer l'auteur des faits à une audience du tribunal correctionnel statuant conformément aux dispositions du quatrième alinéa de l'article 464 du Code de procédure pénale, une date lui étant indiquée pour lui permettre de se constituer partie civile. Le tribunal statue alors sur les seuls intérêts civils. En somme l'affaire aura alors donné lieu à deux décisions, une première — sur l’action publique — sous la forme d'une ordonnance du président et une seconde — sur l'action civile — sous la forme d'un jugement du tribunal correctionnel. Il y aura donc dissociation des deux actions, publique et civile, ce qui rappelle un peu la composition pénale où le parquetier doit proposer à l'auteur des faits de réparer le dommage causé par l'infraction (CPP, art. 41-2). Ce qui n'est pas dit à l'article 495-13, c'est que la victime peut étouffer le plaider coupable coupable. oupable Il lui suffit de se constituer partie civile devant le juge d'instruction avant que le juge ait rendu son ordonnance. Le juge doit alors rendre une ordonnance d'irrecevabilité. II doit en aller de même en cas de citation directe devant le tribunal correctionnel à la diligence de la victime. Le plaider coupable ne saurait en effet priver la victime de son droit d'agir devant une juridiction pénale. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 106. 106 . — Observations conclusives sur les procédures sommaires. La proposition du Comité Léger d’allégement d’allégement de la procédure d’assises en cas de reconnaissance de sa culpabilité par l’accusé. Le comité propose un certain nombre de modifications ponctuelles de la procédure criminelle en cas d’aveu de la personne mise en cause. Toutefois, compte tenu de la gravité des faits jugés par une cour d’assises et de l’importance des débats pour les victimes, il a été considéré que cette procédure simplifiée ne pouvait être similaire à celle prévue par la loi en matière correctionnelle. La procédure dite de « comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité » exclut tout débat lors de l’audience d’homologation, que ce soit sur les faits ou la peine. Il s’agit par ailleurs d’une procédure extrêmement rapide qui ne sied pas au jugement d’un crime. Le comité propose donc à la majorité l’instauration d’une procédure simplifiée originale en cas de reconnaissance de culpabilité en matière criminelle. Dans cette hypothèse, et contrairement à ce qui est prévu en matière correctionnelle, une véritable audience aura lieu en présence de l’accusé et de la victime. Au cours de cette audience, la cour s’assurera du caractère fondé de la reconnaissance de culpabilité mais il n’y aura pas de débat sur cette question ni d’audition de témoins ou d’experts tendant uniquement à démontrer démontrer la culpabilité de l’accusé. En revanche, un débat aura lieu quant à la peine devant être prononcée. prononcée Les parties pourront citer des témoins pour que la cour soit éclairée sur la personnalité de l’accusé. En cas de recours à cette procédure, la peine maximale maximale encourue par l’accusé sera minorée. minorée Toutefois, cette procédure ne sera pas applicable à l’ensemble des crimes, des exclusions devant être prévues en fonction de la nature des faits ou de la peine encourue (cette procédure ne serait par exemple pas applicable lorsque la réclusion à perpétuité est encourue ou pour le crime de tortures commises de manière habituelle sur un mineur de quinze ans). La reconnaissance de culpabilité devra intervenir préalablement à l’audience, l’accusé étant alors nécessairement assisté de son avocat. En cas d’appel, cette procédure simplifiée pourra également être utilisée. Chapitre 3. — La décision de la juridiction de jugement 28 28 28 28 107. 107 . — Nous n’étudierons ici que les décisions sur le fond de l’affaire — s’agissant des jugements avant dire droit ou sur la compétence, je vous renvoie à un manuel —. Nous verrons, d’une part, la décision sur l’action publique (Section Section 1.) Section 2.). 1. et, d’autre part, la décision sur l’action civile (Section 2. Section 1. publique 1. — La décision sur l'action publique 108. 108 . — La décision qui intervient sur l'action publique a, quelle que soit la juridiction, pour unique objet de faire ressortir l'innocence ou la culpabilité de la personne poursuivie et de prendre les mesures pénales adaptées à la situation du condamné et à sa personnalité. Mais la gravité de l'enjeu justifie de distinguer les décisions rendues par les juridictions correctionnelles § 1.), correctionnelles ou de police (§ 1. des arrêts de Cour d'assises (§ § 2.). 2. § 1. — La décision des juridictions correctionnelles ou de police police sur l’action publique 109. A.) A. et les décisions de relaxe 109 . — Il faut distinguer les décisions qui concluent à la culpabilité (A. (B. B.). B. A. — La décision de culpabilité 110. 110 . — Après avoir conclu à la culpabilité du prévenu, à l'audience même ou après avoir mis l'affaire en délibéré (art. 462, 536), les juridictions correctionnelles ou de police ont deux possibilités procédurales : se prononcer sans attendre sur la peine (1. 1.) 2.). 1. ou différer le moment de le faire (2. 2. SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. 1. — La décision immédiate sur la peine 111. 111 . — La solution la plus traditionnelle consiste pour le tribunal à infliger au coupable une peine (art. 464, 539), sauf s'il bénéficie d'une cause d'exemption de peine (art. 468, 542). La condamnation visera la peine principale énoncée par le texte ou une peine principale alternative, ainsi éventuellement qu'une peine complémentaire ou accessoire. Si le prévenu est détenu, détenu le tribunal correctionnel peut prolonger cette détention provisoire, par décision spéciale et motivée (art. 464-1). S'il ne l'est pas, pas le tribunal correctionnel peut le placer en détention, lorsqu'il a prononcé un emprisonnement sans sursis d'un an minimum — mais en cas de comparution immédiate, la durée de l'emprisonnement prononcé est indifférente (art. 397-4) — ou en cas de récidive légale (Cass. crim., 16 mai 2007). Le tribunal délivre alors mandat de dépôt — ou d'arrêt, si le prévenu est en fuite — (art. 465). Semblablement, le tribunal correctionnel peut maintenir le prévenu sous contrôle judiciaire, s'il le condamne à un emprisonnement sans sursis ou assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve (art. 471). 112. 112 . — Depuis une réforme essentielle du 11 juillet 1975, le tribunal correctionnel ou la juridiction de policeest en mesure, en revanche, de prononcer une dispense de peine, peine après avoir déclaré la culpabilité (art. 469-1, 539), s'il apparaît que le reclassement du coupable est acquis, que le dommage causé est réparé et que le trouble issu de l'infraction a cessé (art. 132-59 du Code pénal). La décision sera inscrite au casier judiciaire (art. 768), sauf décision contraire du tribunal (art. 132-59, al. 2, du Code pénal) ; après trois ans, à dater de la condamnation définitive, elle en disparaîtra (art. 769). 2. — L'ajournement du prononcé de la peine 113. 113 . — Après avoir déclaré la culpabilité, le tribunal correctionnel ou de police peut différer le moment de prononcer la peine ou d'en accorder dispense (art. 469-1, 539), si les conditions d'une dispense sont en voie d'être remplies (art. 132-60 du Code pénal). L'ajournement peut être simple (C. pén., art. 132-60 et s.), assorti d'une mise à l'épreuve (art. 132-63 du Code pénal ; 747-3 du CPP) ou d'injonctions (art. 132-66 du Code pénal ; 747-4 du CPP). Sauf pour l'ajournement avec injonction (art. 132-68 du Code pénal), cette procédure suppose la présence à l'audience de l'intéressé. 114. 114 . — A l'audience de renvoi, le tribunal prononce une peine ou en dispense le condamné ou a recours à un nouvel ajournement (sauf s'il s'agit d'un ajournement avec injonction). En cas d'ajournement simple ou avec mise à l'épreuve, la décision doit intervenir un an plus tard après la première décision d'ajournement (art. 132-62 à 132-65 du Code pénal). B. — La décision de relaxe 29 29 29 29 115. 115 . — Lorsque le tribunal estime que le fait poursuivi ne constitue pas une infraction à la loi pénale ou que le fait n'est pas établi ou encore qu'il n'est pas imputable au prévenu (trouble psychique, contrainte), il renvoie celuicelui-ci des fins de la poursuite (art. 470, 541). Bref, il le relaxe. Le prévenu détenu doit être remis en liberté nonobstant l'appel et s'il était sous contrôle judiciaire, celui-ci prend fin immédiatement (art. 471, al. 1, 3). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. § 2. — La décision de la Cour d’assises sur l’action publique 116. acquittement (A. A.) B.). A. de la décision de condamnation (B. B. 116 . — Nous distinguerons la décision d’acquittement A. — La décision d'acquittement 117. 117 . — L'accusé est acquitté lorsque le fait retenu ne tombe pas ou ne tombe plus sous l'application de la loi pénale ou lorsqu'il est déclaré non coupable (art. 363). Dès cet instant, l'accusé ne pourra être repris ni accusé à raison des mêmes faits, même sous une qualification différente (art. 368 du CPP). Acquitté, l'accusé doit être immédiatement libéré, s'il n'est retenu pour une autre cause (art. 367 ; en cas d’appel du parquet, le contrôle judiciaire est exclu : Cass. crim., 29 septembre 2004). Mais la découverte des charges afférentes à d'autres faits révélés par les débats peut justifier sa conduite immédiate devant le procureur de la République, afin qu'une information soit ouverte (art. 369). B. — La décision de culpabilité 118. 118 . — L'arrêt de condamnation indique la peine fixée après délibération de la Cour et du jury. La décision n’est pas motivée et ne doit pas l’être (Cass. crim., 15 décembre 1999, D. 2000, IR, 50). Nous savons que cette situation est aujourd’hui critiquée, en particulier par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH, 13 janvier 2009, Taxquet c/ Belgique), c’est la raison pour laquelle le pré-rapport Léger préconise la motivation des verdicts d’assises de première instance et d’appel. La Cour d’assises — si elle ne l’a déjà fait — peut délivrer mandat de dépôt qui sera exécuté nonobstant l’appel (article 367 du CPP ; Cass. crim., 21 juillet 2005). Par décision spéciale et motivée, elle peut ordonner que l'accusé qui s'est entouré de coauteurs ou de complices insolvables sera tenu solidairement des amendes (art. 375-2), ce qui renvoie à la décision sur les intérêts civils. Section 2. 2. — La décision sur les intérêts civils 30 30 30 30 119. 119 . — La partie civile peut obtenir réparation de son préjudice quelle que soit la juridiction saisie : les juridictions correctionnelles ou de police, comme la Cour d'assises, sont compétents pour allouer des dommages-intérêts. Comme précédemment, nous étudierons successivement la décision de la Cour d’assises (§ § 1.) 1. et celle du tribunal correctionnel ou de police (§ § 2.). 2. § 1. — La décision de la Cour d’assises sur les intérêts civils 120. 120 . — Après s'être prononcée sur l'action publique, la Cour, sans l'assistance du jury, doit examiner les demandes demandes en dommagesdommages-intérêts formées soit par la partie civile contre l'accusé, soit par l'accusé acquitté contre la partie civile (art. 371). La partie civile peut demander réparation de son dommage non seulement en cas de déclaration déclaration de culpabilité suivie suivie de condamnation ou d'exemption de peine, mais aussi en cas d'acquittement (art. 372). En effet, même si elle acquitte l'accusé, et à la condition que la partie civile le lui demande expressément (Cass. crim. 13 avr. 1988, B. n° 157), la Cour d'assises peut rechercher si la personne acquittée n'a pas commis une faute civile distincte du crime écarté. Ainsi, après acquittement du chef de viol, la Cour peut accorder réparation sur le fondement des violences subies par la victime (Crim. 11 mars 1987, B. n° 121). Elle condamne enfin l'auteur de l'infraction à payer à la partie civile la somme qu'elle détermine au titre des frais non payés par l'Etat, en tenant compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée (art. 375), sauf à l'en dispenser même d'office. Depuis le 1er janvier 2001, la Cour d’assises peut ordonner l’exécution provisoire de ses condamnations civiles (art. L. 85 ; art. 374 CPP). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr L’usage de ce document est strictement réservé aux étudiants de CAPAVOCAT. Toute reproduction non autorisée est formellement prohibée sous peine de poursuites judiciaires. Quant à l'accusé acquitté, la Cour peut lui allouer des dommages-intérêts s'il a formulé une demande en ce sens, en cas de plainte de la partie civile portée de mauvaise foi, de façon abusive ou téméraire (art. 371). § 2. — La décision des tribunaux correctionnels et de police sur les intérêts civils 121. 121 . — La décision sur les intérêts civils dépend dans une large mesure de ce qui a été décidé sur l'action publique. Nous examinerons, d’une part, les conséquences civiles de la relaxe (A. A.) A. et, d’autre part, les conséquences civiles de la décision de condamnation (B. B.). B. A. — Les conséquences civiles de la décision de relaxe 122. 122 . — La relaxe de la personne poursuivie doit, en principe, entraîner le rejet de la demande de la partie civile puisque les juridictions, correctionnelles et de police, ne peuvent connaître de l'action civile qu'accessoirement à l'action publique — qui vient d'être jugée non fondée. 123. 123 . — Toutefois, en cas de relaxe dans une poursuite pour une infraction non intentionnelle, le tribunal saisi par le ministère public ou par renvoi d'une juridiction d'instruction, demeure compétent, sur demande de la partie civile ou de son assureur formulée avant la clôture des débats, pour accorder réparation selon les règles du droit civil de tous les dommages résultant des faits qui ont fondé la poursuite (art. 470-1, 512, 541). Le juge pénal est donc compétent pour statuer sur le fondement des articles 1384 alinéa 1er,1385, 1386 du Code civil, de la loi du 5 juillet 1985 régissant les accidents de la circulation ou encore des principes de la responsabilité contractuelle sans faute (obligation de résultat : Crim. 1er juill. 1997, B. n° 259). Ces dispositions sont cependant écartées lorsqu'un tiers responsable doit être mis en cause, le tribunal devant renvoyer alors l'action civile à la juridiction civile compétente 31 31 31 31 124. 10 juillet 2000, 2000 ces juridictions ne pouvaient, en revanche, envisager une 124 . — Jusqu’à la loi du 10 action en responsabilité civile fondée sur la faute délictuelle (C. civ., art. 1382, 1383 ; v. Crim. 18 nov. 1986, B. n° 343 ; 20 nov. 1996, B. n° 414) dans la mesure où la relaxe établissait son absence en vertu du principe de l'identité des fautes civile et pénale. Aujourd’hui, avec la nouvelle définition des infractions non intentionnelles, l’article 44-1 du CPP relaxe elaxe (Cass. crim., 30 janvier 2001, autorise la condamnation pour une faute délictuelle civile malgré la r s’agissant d’un accident d’hélicoptère). Il est à noter qu’un décret, déjà mentionné, du 20 septembre 2001 a étendu la nouvelle définition des délits non intentionnels aux contraventions non intentionnelles. B. — Les conséquences conséquences civiles de la décision de condamnation 125. 125 . — En cas de déclaration de culpabilité, même suivie d'une exemption légale ou judiciaire de peine, la partie civile est en droit de se voir accorder réparation par le tribunal. tribunal Elle obtiendra donc des dommages-intérêts ou tout autre forme de réparation civile — publication de la décision par exemple — et la restitution éventuelle de son bien — cas du vol, notamment —. Il est à noter que la loi du 15 juin 2000 donne au tribunal correctionnel la possibilité de renvoyer l’affaire à une audience ultérieure, même sans mesure d’instruction, s’agissant de l’action civile (art. L. 112 ; art. 464 CPP). La solidarité quant aux restitutions et aux dommages et intérêts est de droit lorsque plusieurs personnes ont été condamnées pour un même délit (art. 480-1) ou une même contravention de cinquième classe (art. 543). Le tribunal correctionnel a la possibilité d'ordonner l'exécution provisoire de tout ou partie des dommagesdommages-intérêts (art. 464, al. 2) ; cette décision peut être rapportée par le premier président de la Cour d'appel, en référé, si elle risque d'avoir des conséquences manifestement excessives (art. 515-1). SARL CAPAVOCAT au capital de 7.620 € R.C.S. Paris B 3953332970003 Siège social : 106bis, rue de Rennes — 75006 Paris — Téléphone : 01.47.07.87.27 — web : www.capavocat.fr