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Eaux dormantes

* Mares temporaires méditerranéennes

3170* * Habitat prioritaire CODE CORINE 22.34
3170*
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 22.34
 

Extrait

   

du

         

Manuel

         

d’interprétation

     

des

   

habitats de

l’Union

européenne

Version

EUR

15-1999

PAL.CLASS.:

22.34

1)

Plans

d'eau

temporaires

trËs

peu

profonds

(quelques

centimËtres)

existant

seulement

en

hiver

ou

la

fin

du

printemps,

avec

une

vÈgÈtation

amphibie mÈditerranÈenne

composÈe

d'espËces

thÈrophytiques

et

gÈophytiques

appar-

tenant

aux

alliances

Isoetion

,

Nanocyperion

flavescentis,

Preslion

cervinae,

Agrostion

salmanticae,

Heleochloion

et

Lythrion

tribracteati.

2)

VÈgÈtales

:

Agrostis

pourretii,

Centaurium

spicatum

,

Chaetopogon

fasciculatus

,

Cicendia

filiformis ,

Crypsis

aculeata

,

C. alopecuroides,

C.

schoenoides

,

Cyperus flaves-

cens

,

C.

fuscus ,

C.

michelianus

,

Damasonium

alisma

,

Elatine

macropoda

,

Eryngium

corniculatum,

E.

galioides,

Exaculum

pusillum ,

Fimbristylis

bisumbellata ,

Glinus

lotoides,

Gnaphalium

uliginosum

,

Illecebrum

verticillatum

,

#Isoetes

boryana

,

I.

delilei

,

I.

duriaei ,

I.

heldreichii ,

I.

histrix

,

#I.

malinverniana,

I.

velata

,

Juncus

bufonius,

J.

capitatus

, J.

pygmaeus ,

J.

tenageia,

Lythrum

castellanum

,

*

L.

flexuosum ,

L.

tribracteatum

,

#Marsilea

batardae ,

#M.

strigosa ,

Mentha

cervina,

Ranunculus

dichotomiflorus,

R.

lateriflorus

,

Serapias

lingua,

S.

neglecta,

S.

vomeracea.

Serapias lingua , S. neglecta , S. vomeracea. Caractères généraux Les mares temporaires

Caractères généraux

Les mares temporaires mÈditerranÈennes occupent des dÈpressions souvent endorÈiques, trËs inÈgales aussi bien en taille (quelques dizaines de centimËtres carrÈs pour les mares cupulaires sur rhyo- lithe de la Colle du Rouet, ‡ quelques hectares pour la dÈpression de Besses et Flassans dans le Var), quíen profondeur (quelques

centimËtres ‡ 40 cm). Ces dÈpressions sont soumises ‡ des sub- mersions de durÈe et de hauteur trËs variables (de quelques jours ‡ plusieurs mois), mais suffisamment longues pour y autoriser le dÈveloppement díune vÈgÈtation aquatique et conditionner la formation de sols hydromorphes. Líalimentation en eau se fait directement par les pluies, indirectement par les apports du bassin versant (ruissellement), et Èventuellement par les eaux souterraines. La grande variabilitÈ temporelle des condi-

tions de submersion (durÈe et pÈriodicitÈ) qui y rËgne est le trait le plus remarquable de leur Ècologie. Le cycle annuel complet (phases aquatique, díassËchement et terrestre) ne se

rÈalise pas nÈcessairement dans tous les sites, ni mÍme chaque

annÈe en raison des conditions climatiques et des particulari- tÈs locales. Il existe ainsi une grande variÈtÈ de marais tempo- raires dont les caractÈristiques hydrologiques et biologiques

dÈpendent du substrat et de la gÈomorphologie. La vÈgÈtation

de cet habitat correspond ‡ des pelouses basses ‡ dominance

díannuelles.

Ces mares temporaires se rencontrent sur líensemble de la rÈgion mÈditerranÈenne. Comme tous les milieux humides

littoraux et juxta-littoraux de France mÈditerranÈenne, les

mares temporaires sont des habitats en rÈgression, menacÈs

par les activitÈs humaines. Paradoxalement, líabandon de

certaines activitÈs ou les changements dans les modalitÈs de

leur mise en úuvre conduisent Ègalement ‡ la dÈgradation de

ces milieux. Pour la conservation, il est recommandÈ, au

niveau stationnel, de sauvegarder la richesse floristique en maintenant le fonctionnement hydrologique et les activitÈs de p‚turage extensif lorsquíelles existent. Au niveau rÈgional, líobjectif gÈnÈral est díessayer de maintenir la variabilitÈ spatiale et temporelle et de restaurer les sites dÈgradÈs.

Déclinaison en habitats élémentaires

4 habitats ÈlÈmentaires ont ÈtÈ distinguÈs en fonction des carac- tÈristiques hydrologiques et du substrat :

1 1 - Mares temporaires mÈditerranÈennes ‡ IsoËtes ( Isoetion ) : mares et cuvettes
1 1 - Mares temporaires mÈditerranÈennes ‡ IsoËtes ( Isoetion ) : mares et cuvettes

11 - Mares temporaires mÈditerranÈennes ‡ IsoËtes ( Isoetion ) : mares et cuvettes sur silice, submersion pendant líhiver et une partie du printemps et assËchement complet en ÈtÈ ; inclut des espËces ‡ dÈveloppement surtout printanier 22 - Gazons mÈditerranÈens amphibies longuement inondÈs (Preslion) : mÍmes conditions Ècologiques, mais profondeur supÈrieure ‡ celle trouvÈe dans l' Isoetion , soit plus de 40 cm ; inclut des espËces ‡ dÈveloppement sur- tout printanier 33 - Gazons mÈditerranÈens amphibies halonitrophiles ( Heleochloion ) : substrat sub-eutrophe et eutrophe, riche en calcaire et un peu salÈ ; inclut des espËces ‡ dÈveloppement estival et automnal (groupement le plus tardif) 44 - Gazons amphibies annuels mÈditerranÈens ( Nanocyperetalia) : inclut des espËces ‡ dÈveloppement prin- tanier et estival colonisant des substrats plus riches et souvent calcaires ou siliceux basiques

‡ dÈveloppement prin- tanier et estival colonisant des substrats plus riches et souvent calcaires ou siliceux
‡ dÈveloppement prin- tanier et estival colonisant des substrats plus riches et souvent calcaires ou siliceux
‡ dÈveloppement prin- tanier et estival colonisant des substrats plus riches et souvent calcaires ou siliceux
‡ dÈveloppement prin- tanier et estival colonisant des substrats plus riches et souvent calcaires ou siliceux
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Eaux dormantes

Position des habitats élémentaires au sein de la classification phytosociologique française actuelle

VÈgÈtation herbacÈe, riche en annuelles, oligotrophe ‡ eutrophe amphibie :

Classe : Isoeto durieui-Juncetea bufonii

CommunautÈs oligotrophes mÈditerranÈennes et thermo- atlantiques des mares et ruisseaux temporaires :

Ordre : Isoetetalia durieui

CommunautÈs mÈditerranÈennes ‡ IsoËtes :

Alliance : Isoetion durieui p.p.

Associations et groupement :

association ‡ Lythrum borysthenicum et Ranunculus

revelieri 1 sous-association ‡ Isoetes velata et Crassula vaillantii 1 Eryngio barrelieri-Isoetetum velatae 1 Isoetetum duriaei 1 Isoetetum setaceae 1 Isoeto duriaei-Nasturtietum asperae 1 sous-association ‡ Solenopsis laurentia 1 Junco capitati-Morisietum hypogeae 1 Myosuro heldrechii-Bulliardetum vaillantii 1 Plantagino-Nanantheetum perpusillae 1 Radiolo linoidis-Isoetetum hystricis 1 Spirantho aestivalis-Anagallidetum tenellae 1 groupement ‡ Illecebrum verticillatum et Isoetes duriaei 1

CommunautÈs mÈditerranÈennes longuement inondÈes des eaux profondes :

Alliance : Preslion cervinae 1

Associations et groupement :

Preslietum cervinae 2 Preslio cervinae-Trigonelletum ornithopodioidis 2 groupement ‡ Artemisia molinieri 2

CommunautÈs hygrophiles mÈditerranÈo-atlantiques ‡ continentales de bas-niveau topographique :

Ordre : Elatino triandrae-Cyperetalia fusci

VÈgÈtation eutrophe halonitrophile d'affinitÈ submÈdi- terranÈenne :

Alliance : Heleochloion schoenoidis

Associations et groupements :

Atriplici prostratae-Crypsidetum aculeatae 3 Chenopodio chenopodioidis-Crypsidetum aculeatae 3 Chenopodio chenopodioidis-Crypsidetum schoenoidis 3 Crypsio schoenoidis-Cyperetum micheliani 3 Echinochloo crucis-galli-Crypsidetum schoenoidis 3 Heliotropio supini-Heleochloetum schoenoidis 3 Polypogono monspeliensis-Crypsidetum aculeatae 3 Samolo valerandi-Crypsidetum aculeatae 3 groupement ‡ Chenopodium chenopodioides et Atriplex prostrata 3 groupement ‡ Crypsis aculeata 3 groupement ‡ Crypsis aculeata et Cressa cretica 3 groupement ‡ Crypsis schoenoides et Corrigiola littoralis 3 groupement ‡ Crypsis schoenoides et Cotula coro- nopifolia 3

1 Alliance non reconnue par le Prodrome des végétations de France.

2 Le rattachement de ces associations et de ce groupement au niveau de l'alliance reste à préciser.

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CommunautÈs mÈsohygrophiles mÈditerranÈo-atlantiques ‡ continentales :

Ordre : Nanocyperetalia flavescentis

Associations et groupement 2 :

association ‡ Lythrum tribracteatum et Teucrium aristatum 4 Elatinetum macropodae 4 groupement ‡ Lythrum tribracteatum et Damasonium polyspermum 4

Alliance : Nanocyperion flavescentis

Association :

Cyperetum flavescentis 4

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Eaux dormantes

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* Mares temporaires méditerranéennes

* Mares temporaires méditerranéennes à Isoètes (Isoetion)

3170* 1 * Habitat prioritaire CODE CORINE 22.341
3170*
1
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 22.341

Caractères diagnostiques de l’habitat

Caractéristiques stationnelles

Zones les plus chaudes de líÈtage mÈditerranÈen en France continentale ; en Corse, l'habitat se rencontre depuis le littoral jusquí‡ des altitudes atteignant 1 200 m, cíest-‡-dire líÈtage supramÈditerranÈen.

Mares et cuvettes sur silice (dÈpressions temporairement inon- dÈes) et ruisseaux temporaires (Maures).

Sols pauvres en carbonates, oligotrophes, ‡ pH proche de la neutralitÈ, submergÈs pendant líhiver et une partie du printemps ; assËchement complet líÈtÈ et durcissement du sol ; durÈes et pÈriodes díinondation variables entre annÈes.

La mise en eau des mares temporaires se fait par une alimenta- tion directe ou indirecte (ruissellement du bassin versant) provenant des prÈcipitations atmosphÈriques. Parfois les eaux souterraines contribuent ‡ líalimentation en eau des mares et ruisseaux temporaires. Les niveaux díeau sont trËs variables, fonction de la topographie, de líimpermÈabilitÈ de la roche sous- jacente, de la pluviomÈtrie. La gamme de profondeur díeau, comprise entre quelques centimËtres et 40 cm, dÈtermine les formations vÈgÈtales.

Habitat ‡ caractËre hÈliophile, ‡ líexception de líassociation ‡ Spiranthe díÈtÈ et Mouron dÈlicat.

Variabilité

Variations selon le niveau topographique

Niveau topographique bas : conditions les plus humides, longue durÈe d'inondation (de l'automne au printemps), gÈnÈralement au centre des mares : vÈgÈtation immergÈe notamment caractÈrisÈe par la prÈsence de l'IsoËte voilÈ ou de l'IsoËte sÈtacÈ. Trois groupements gÈographiquement distincts :

- Languedoc : association ‡ IsoËte sÈtacÈ [ Isoetetum setaceae], particuliËrement riche en espËces, se rencontre au fond des cuvettes díeau peu profondes ;

- Provence : association ‡ PÈplis dressÈ ( Lythrum borystheni-

cum) et Renoncule de ReveliËre (Ranunculus revelieri) ; on peut aussi la trouver au niveau de ruisseaux ‡ Ècoulement lent ; ‡

ce groupement se rattache la sous-association ‡ IsoËte voilÈ

( Isoetes velata) et Bulliarde de Vaillant ( Crassula vaillantii),

occupant les petites cuvettes creusÈes dans la rhyolite, l‡ o˘ la

roche volcanique constitue des Èpanchements tabulaires ;

- Corse : groupement ‡ IsoËte voilÈ [ Eryngio barrelieri-

Isoetetum velatae] (vicariant de l' Isoetetum setaceae) ;

Niveau topographique moyen : conditions moins humides, plus en bordure des mares, nÈcessitant une moins longue pÈriode d'inondation : vÈgÈtation amphibie, pouvant Ítre caractÈrisÈe par deux autres espËces d'IsoËtes : l'IsoËte de Durieu et l'IsoËte Èpineux, parfois l'IsoËte voilÈ. VariabilitÈ gÈographique :

- Languedoc et PyrÈnÈes-Orientales :

ï association ‡ IsoËte de Durieu [ Isoetetum duriaei], assez variable floristiquement, pouvant parfois aussi s'observer dans petites dÈpressions au milieu des cistaies, ï association ‡ Myosure ‡ tÍte courte et Bulliarde de Vaillant [ Myosuro heldrechii-Bulliardetum vaillantii] ;

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- Provence :

ï association ‡ IsoËte de Durieu et Cresson rude [ Isoeto

duriaei-Nasturtietum asperae], assez variable floristiquement, sur les bordures des mares, le long des ruisselets temporaires, ou encore au milieu des cistaies sur des surfaces planes o˘

líhumiditÈ persiste ; la sous-association ‡ SolÈnopsis laurentie

( Solenopsis laurentia) se dÈveloppe sur les pistes sablonneuses et ombragÈes de la cistaie o˘ l'Èvaporation est attÈnuÈe, ï association ‡ Spiranthe díÈtÈ et Mouron dÈlicat [ Spirantho aestivalis-Anagallidetum tenellae], strictement infÈodÈe aux berges sablo-rocailleuses des petits ruisseaux encaissÈs et ombragÈs dÈvalant les versants ;

- Corse : quatre groupements pouvant Ítre classÈs selon un gradient altitudinal :

ï Ètage thermomÈditerranÈen : association ‡ NananthÈe de Corse [ Plantagino-Nanantheetum perpusillae],

ï Ètages thermo- et mÈso-mÈditerranÈen : groupement ‡

IllÈcËbre verticillÈ et IsoËte de Durieu et, dans des conditions moins hygrophiles, association ‡ Radiole faux-lin et IsoËte Èpineux [Radiolo linoidis-Isoetetum hystricis], localisÈe sur de petites dÈpressions de quelques mËtres carrÈs,

ï Ètage supramÈditerranÈen : association ‡ Jonc capitÈ

et Morisia ‡ une fleur [Junco capitati- Morisietum hypogeae]. Les trois groupements ‡ IsoËte de Durieu sont vicariants.

Physionomie, structure

Les communautÈs de l' Isoetion correspondent ‡ des pelouses plus ou moins hautes, ouvertes, submergÈes en hiver, dominÈes par les thÈrophytes, les hÈmicryptophytes et les gÈophytes. Le spectre biogÈographique de l' Isoetion est caractÈrisÈ par la frÈquence des espËces mÈditerranÈennes avec, toutefois, quelques variantes selon les associations vÈgÈtales. Les surfaces occupÈes par ces habitats varient de quelques dÈcimËtres carrÈs ‡ un demi-hectare.

La richesse spÈcifique des groupements de líIsoetion suit un

gradient spatial selon trois zonations, qui peuvent Ítre distin- guÈes en fonction de la profondeur et de la durÈe díinondation des mares :

- la zone centrale ‡ Callitriche pÈdonculÈ (Callitriche brutia) et Nitella opaca (charophycÈe), o˘ líon peut trouver par exemple líIsoËte sÈtacÈ (profondeur 10-40 cm), est caractÈrisÈe par des hydrophytes et des espËces amphibies, et une faible richesse spÈcifique ;

- dans des profondeurs plus faibles (0-20 cm), la richesse spÈ- cifique síÈlËve et se rencontrent des espËces amphibies comme

líIsoËte voilÈ, la Renoncule de Revelier ou, pour líIsoetion de Corse, la Littorelle uniflore ;

- en bordure de mares, ruisseaux ou dans des petites dÈpres-

sions humides, la richesse spÈcifique est ÈlevÈe et des espËces terrestres, annuelles ou gÈophytes se dÈveloppent comme líIsoËte de Durieu, accompagnÈ selon le type de substrat par le Scirpe sÈtacÈ et le Scirpe de Savi sur sol limono-sableux, par la Radiole faux-lin et l'AÔropsis fluet sur sol sableux.

Pour les ruisseaux, la zonation spatiale est diffÈrente, liÈe ‡ líhydrodynamisme :

- zone díÈcoulement des eaux ‡ Jonc agglomÈrÈ ( Juncus

conglomeratus), Jonc des marais (Juncus tenageia), Scirpe des marais (Eleocharis palustris ) ;

* Mares temporaires méditerranéennes

- zone de bordure ‡ IsoËte de Durieu, Cresson rude ;

- zone sableuse o˘ se dÈveloppent les pelouses ‡ HÈlianthËmes

ou ‡ graminÈes annuelles, puis passage aux cistaies et maquis ‡ ÈricacÈes.

Plus gÈnÈralement les mares et ruisseaux temporaires contras- tent vivement avec les milieux terrestres (maquis) dans lesquels ils sont insÈrÈs. Les espËces de ces milieux terrestres peuvent apparaÓtre dans líIsoetion pendant les annÈes sËches.

Espèces « indicatrices » du type d’habitat

Isoetes duriaei Lythrum borysthenicum Ranunculus revelieri Cicendia filiformis Isoetes velata Isoetes setacea Sisymbrella aspera Pilularia minuta Isoetes histrix Littorella uniflora Myosurus breviscapus Crassula vaillantii Ophioglossum lusitanicum Radiola linoides Spiranthes aestivalis Anagallis tenella Illecebrum verticillatum Centaurium maritimum Lotus angustissimus Ve ronica acinifolia Airopsis tenella Juncus capitatus Isolepis setacea Isolepis cernua

IsoËte de Durieu PÈplis dressÈ Renoncule de ReveliËre Cicendie filiforme IsoËte voilÈ IsoËte sÈtacÈ Cresson rude Pilulaire menue IsoËte Èpineux Littorelle uniflore Myosure ‡ tÍte courte Bulliarde de Vaillant Ophioglosse du Portugal Radiole faux-lin Spiranthe díÈtÈ Mouron dÈlicat IllÈcËbre verticillÈ Petite-centaurÈe maritime Lotier trËs Ètroit VÈronique ‡ feuilles díacinos AÔropsis fluet Jonc capitÈ Scirpe sÈtacÈ Scirpe de Savi

Confusions possibles avec d'autres habitats

Les diffÈrents groupements hygrophiles des mares temporaires ‡ IsoËtes peuvent parfois se confondre entre eux et avec les grou- pements terrestres de ce type díhabitat.

Correspondances phytosociologiques

CommunautÈs mÈditerranÈennes ‡ IsoËtes : alliance de l' Isoetion durieui p.p.

Dynamique de la végétation

La persistance des espËces caractÈristiques dÈpend du maintien de phases submergÈes en hiver, sÈlectionnant les espËces tolÈrantes ‡ líinondation. Le niveau de la nappe, donc la durÈe de submersion, conditionne la rÈpartition des ceintures de vÈgÈtation entre l' Isoetion, le Serapion et l'Helianthemion.

Dynamique intra-annuelle

La strate herbacÈe connaÓt un cycle annuel avec une succession dans le temps du dÈveloppement et de la reproduction des espËces. La reproduction des espËces caractÈristiques de líIsoetion se produit au printemps et au dÈbut de líÈtÈ, tandis que

le cycle vÈgÈtatif, contrÙlÈ par le cycle hydrologique, dÈbute avec les pluies automnales et síÈchelonne selon les espËces : les hydrophytes et les amphibies germent sous líeau, tandis que les espËces terrestres germent dans un sol, qui peut Ítre saturÈ díeau, mais est exondÈ.

Dynamique inter-annuelle

Le cycle vÈgÈtatif connaÓt des variations inter-annuelles impor- tantes en fonction de líintensitÈ et de la rÈpartition dans le temps des prÈcipitations. Si les prÈcipitations sont prÈcoces, le cycle dÈbute plus tÙt ; si elles sont retardÈes ou insuffisantes le cycle est retardÈ et certaines espËces ne se dÈveloppent pas. La composition spÈcifique peut varier entre annÈes de faÁon impor- tante, en particulier pour les espËces annuelles. De mÍme, líextension spatiale des groupements de líIsoetion peut varier díune annÈe ‡ líautre. Certains groupements voisins dans líespace peuvent mÍme en quelques annÈes se substituer líun ‡ líautre en relation avec les conditions hydrologiques successives

Dynamique naturelle de la végétation

Elle peut conduire :

- au dÈveloppement de ligneux (Ormes, Ulmus spp., FrÍnes,

Fraxinus spp. Ö), particuliËrement en líabsence de p‚turage ; ce dernier rÈduit la biomasse, supprime les espËces dominantes, limite les espËces sociales ;

- ‡ des mÈcanismes díatterrissement ; un exemple existe au

niveau des dÈpressions sur grËs permiens de la plaine des Maures : par comblement, les biotopes favorables ‡ líassociation ‡ PÈplis dressÈ et Renoncule de Revelier Èvoluent progressivement en milieux plus secs, colonisables par líIsoeto-Nasturtietum, qui peut ensuite Ítre envahi par des graminÈes ou des papillionacÈes (par exemple par le Chrysopogon grillon, Chrysopogon gryllus). Si le caractËre xÈrique du milieu síaccentue ou si le sol est plus sableux, líÈvolution se fait rapidement vers des pelouses ‡ TubÈraire ‡ gouttes (Tuberaria guttata), ces pelouses Èvoluant elles-mÍmes vers les cistaies et les maquis ‡ ÈricacÈes. Pour le groupement le plus frÈquent et le plus stable, lí Isoeto- Nasturtietum, la sous-association ‡ Solenopsis laurentia Èvolue

p arfois vers des tapis de bryophytes et de SÈlaginelles (groupement ‡ SÈlaginelle denticulÈe, Selaginella denticulata, AsplÈnium de Billot, Asplenium obovatum subsp. lanceolatum, Grammitis ‡ feuilles minces, Anogramma leptophylla) ;

- ‡ la dominance díhÈlophytes (Scirpe maritime, Bolboschoenus

maritimus , Massettes, Typha spp., Roseau commun, Phragmites australis ) si la durÈe de la phase díassËchement diminue pendant plusieurs annÈes, en raison díune succession díannÈes pluvieuses, ou par suite díune perturbation hydrologique du site et de son bassin versant.

Habitats associés ou en contact

Les habitats en contact avec les groupements de líIsoetion sont trËs variables, depuis les ceintures ‡ hÈlophytes jusquíaux cistaies.

Au niveau des habitats associÈs, líIsoetion peut Ítre intercalÈ entre les gazons mÈditerranÈens longuement inondÈs du Preslion cervinae (habitat 3170-2) et les pelouses mÈsophiles ‡ SÈrapias du Serapion (habitat 3120-1) ou les pelouses sËches silicicoles de líHelianthemion guttati (Cor. 35.3) et inclure quelques-unes des caractÈristiques de ces formations vÈgÈtales.

Répartition géographique

Cet habitat se rencontre en France mÈditerranÈenne (PACA, Languedoc-Roussillon et Corse) :

- Provence et CÙte díAzur : massif de Biot (Alpes-Maritimes),

massifs de líEsterel et de la Colle du Rouet, Plaine des Maures ;

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* Mares temporaires méditerranéennes

- Languedoc-Roussillon : garrigues de líUzÈgeois, costiËre

nÓmoise, plateau basaltique de la rÈgion de PÈzenas, plaine de BÈziers, plateau de Roque-Haute ; PyrÈnÈes-Orientales : mare de Saint-EstËve, situÈe sur la rive gauche du TÍt ; plateau de RodËs, dominant la vallÈe du TÍt ;

- Corse : extrÈmitÈs nord (pointe du cap Corse), nord-ouest

(Agriate) et sud de líÓle (environs de Porto-Vecchio et de

Bonifacio, littoral du sud-ouest).

de Porto-Vecchio et de Bonifacio, littoral du sud-ouest). Valeur écologique et biologique Habitat localisÈ en France

Valeur écologique et biologique

Habitat localisÈ en France mÈditerranÈenne prÈsentant une valeur

botanique et Ècologique remarquable, tant sur le plan des com- munautÈs vÈgÈtales (rares, parfois endÈmiques) que des espËces (rares, adaptÈes ‡ des conditions de milieu trËs particuliËres) :

- espËces protÈgÈes et/ou menacÈes (prioritaires) au niveau

national : les espËces appartenant au genre Isoetes, la FougËre díeau pubescente ‡ quatre feuilles ( Marsilea strigosa ), la Pilulaire menue ( Pilularia minuta ), lí…latine de Brochon ( Elatine brochonii), le Panicaut nain de Barrelier (Eryngium pusillum ), la Gratiole officinale ( Gratiola officinalis ), la Littorelle uniflore (Littorella uniflora), le Lythrum ‡ feuilles de thym (Lythrum thymifolium), la MolinÈrie naine (Molineriella

minuta), la Morisie ‡ une fleur (Morisia monanthos), la NananthÈe de Corse (Nananthea perpusilla), la Pulicaire vulgaire (Pulicaria vulgaris), la Renoncule ‡ fleurs latÈrales (Ranunculus lateriflorus), la Renoncule ‡ feuilles díophioglosse (Ranunculus ophioglossifo- lius), la Renoncule de ReveliËre (Ranunculus revelieri), la Spiranthe díÈtÈ (Spiranthes aestivalis) ;

- espËces protÈgÈes au niveau díune ou plusieurs rÈgions

(PACA, Languedoc-Roussilon, Corse) : líOphioglosse du Portugal ( Ophioglossum lusitanicum), la Bulliarde de Vaillant ( Crassula vaillantii), l'…latine longs pÈdoncules ( Elatine macropoda ), etc.

Les mares temporaires ‡ Isoetion prÈsentent un grand intÈrÍt au niveau faunistique, toutefois cette richesse est liÈe ‡ líunitÈ hydrologique (la mare) et ‡ líabsence de prÈdateurs (poissons).

Elles constituent des milieux naturels riches en espËces de :

- batraciens : Triton marbrÈ ( Triturus marmoratus ), Triton

palmÈ ( Triturus helveticus), Triton crÍtÈ ( Triturus cristatus), PÈlobate cultripËde (Pelobates cultripes), Crapaud calamite ( Bufo calamita), toutes ces espËces sont protÈgÈes sur l'en- semble du territoire national ;

- invertÈbrÈs remarquables par leur raretÈ dans la faune franÁaise :

colÈoptËres ( Graphoderes austriacus , Agabus undulatus ,

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Dryops algericus, Eretes sticticus), hÈtÈroptËres (Callicorixa praeusta , Parasigara concinna ), conchostracÈs ( Immadia yeyetta), notostracÈs ( Triops cauciiformis ?).

Espèces de l'annexe II de la directive « Habitats »

VÈgÈtales :

UE 1429 - Marsilea strigosa , la FougËre d'eau pubescente ‡ quatre feuilles.

Animales :

UE 1166 - Triturus cristatus, le Triton crÍtÈ.

: UE 1166 - Triturus cristatus , le Triton crÍtÈ. Divers états de l’habitat ; états

Divers états de l’habitat ; états de conservation à privilégier

Du fait de la raretÈ de cet habitat, de sa trËs faible Ètendue (de líordre de la centaine díhectares en France) et de sa grande variabilitÈ gÈographique, stationnelle et phÈnologique, tous les Ètats observÈs sont ‡ privilÈgier. Dans chaque station, líÈtat ‡ privilÈgier est celui díune diversitÈ spatiale et temporelle intra et inter-annuelle permettant líexpression successive ou simultanÈe des diverses associations gazonnantes ÈphÈmËres de líIsoetion, qui síagencent en mosaÔques et en ceintures selon le gradient hydrologique.

Tendances évolutives et menaces potentielles

Tendances évolutives

Comme tous les milieux humides littoraux et juxta-littoraux de France mÈditerranÈenne, les mares temporaires sont des habitats en rÈgression, menacÈs par les activitÈs humaines. Paradoxalement, líabandon de certaines activitÈs ou les changements dans leurs modalitÈs de mise en úuvre conduisent Ègalement ‡ la dÈgradation de ces milieux. Deux facteurs sont essentiels pour le maintien de cet habitat : le fonctionnement hydrologique et la dynamique de la vÈgÈtation. La dynamique spontanÈe de la vÈgÈtation va le plus souvent favoriser la colonisation par les ligneux du maquis. Le p‚turage contenait autrefois cette dynamique, mais, aujourdíhui, il se trouve fortement diminuÈ. LíÈtat de conservation des mares tem- poraires semble assez satisfaisant en Corse contrairement aux mares de France continentale.

Menaces potentielles

Les causes díaltÈration ou de dÈgradation sont multiples et síexercent ‡ des niveaux Ècologiques variables. Dans la plupart des cas, les consÈquences ne sont connues que de faÁon superfi-

cielle et mÈriteraient une Ètude des impacts et potentialitÈs de restauration :

- substitution par infrastructure (irrÈversible) : routes, construc- tions, etc. ;

- modifications hydrauliques par assËchement-drainage ou au

contraire mise en eau permanente. Les modifications hydrau-

liques sont parfois rÈversibles, mais les possibilitÈs de restaura- tion de líhabitat et de sa composition floristique sont faibles ;

- mise en culture sans drain (partiellement rÈversible si la topo-

graphie níest pas affectÈe, mais les possibilitÈs de restaurer la composition floristique initiale sont inconnues) ;

- modification de la qualitÈ des eaux (sensibilitÈ directe ‡ la

qualitÈ des eaux inconnue, líeutrophisation conduit probable-

ment ‡ la dominance díespËces plus compÈtitives) ;

* Mares temporaires méditerranéennes

- comblements/atterrissements (irrÈversible) ;

- abandon du p‚turage et colonisation par les ligneux (rÈver-

sible ?) ; les consÈquences sont la diminution de la lumiËre inci-

dente et une accumulation de litiËre modifiant le sol.

Potentialités intrinsèques de production économique

Le p‚turage extensif, outil de gestion, ne constitue pas ici une potentialitÈ de production Èconomique significative.

une potentialitÈ de production Èconomique significative. Cadre de gestion Rappel de quelques caractères sensibles de

Cadre de gestion

Rappel de quelques caractères sensibles de l’habitat

Le rÈgime hydrique liÈ au climat et ‡ la topographie est le facteur majeur dÈterminant la diffÈrenciation des associations de líIsoetion. La concurrence avec les hÈlophytes ou la vÈgÈtation terrestre est un facteur important. Les formations ‡ Isoetes (sauf peut-Ítre ‡ IsoËte de Durieu) sont moins sensibles que celles du Serapion aux modifications microtopographiques du fait des profondeurs díeau plus importantes.

Modes de gestion recommandés

Il est difficile dans líÈtat actuel des connaissances de proposer des mesures de gestion prÈcises.

Recommandations gÈnÈrales

Des mesures de restauration de certains sites peuvent Ítre envi- sagÈes, mais leur faisabilitÈ est ‡ Ètudier ; une Ètude conduite ‡ Grammont (HÈrault) montre quíaprËs plusieurs dÈcennies de mise en eau quasi permanente, il níest plus possible de restaurer une mare ‡ IsoËtes.

Le maintien du p‚turage, de prÈfÈrence par le mouton, doit Ítre encouragÈ.

Conserver le fonctionnement hydrologique.

OpÈrations de gestion courante contribuant au maintien des Ètats ‡ privilÈgier

Le p‚turage peut faciliter le maintien de cet habitat en limitant la progression des ligneux et des herbacÈes vivaces (cypÈracÈes, joncacÈes et poacÈesÖ) susceptibles de dominer les espËces qui le composent. Il doit cependant rester modÈrÈ car une surexploi- tation pourrait modifier líorganisation des communautÈs. Historiquement se pratiquait un p‚turage ovin, aujourdíhui remplacÈ par un p‚turage bovin dont on ne connaÓt pas bien les consÈquences sur ce type d'habitat (pas díÈtudes ni de donnÈes disponibles, mais líon sait que les bovins rentrent plus facile- ment dans líeau, avec un impact plus fort sur le substrat, tandis que les moutons consomment davantage de ligneux). A priori , le piÈtinement liÈ au p‚turage ne constitue pas une menace, si líon en croit líexemple des dayas marocaines surp‚turÈes et trËs riches en groupements ‡ IsoËtes, …latineÖ, mais il est prÈfÈrable cependant que les animaux ne p‚turent pas dans líeau pour Èviter

une destructuration du sol et un accroissement important de la turbiditÈ.

Les dÈgagements manuels sont ‡ privilÈgier lorquíil síagit de freiner la dynamique de certains ligneux pouvant compromettre le maintien de ces pelouses.

Líalternance díune phase sËche et díune phase aquatique est un ÈlÈment clÈ de la conservation de la valeur patrimoniale des marais temporaires. Quand elle existe encore, cette alternance doit Ítre conservÈe : si donc le rÈgime hydrique est maÓtrisÈ par líhomme, des objectifs de gestion doivent Ítre dÈfinis puisque les dates et durÈes díinondation dÈterminent les communautÈs vÈgÈtales obtenues.

Exemples de sites avec gestion conservatoire menée

Sur plusieurs des mares ‡ IsoËte sÈtacÈ du plateau de Roque- Haute, prËs de BÈziers, líimpact des scirpes et des ligneux va Ítre ÈvaluÈ et des techniques de gestion et de restauration vont Ítre testÈes dans le cadre díun programme Life ´ Mares tempo- raires mÈditerranÈennes ª.

Inventaires, expérimentations, axes de recherche à développer

Mieux comprendre la dynamique des diverses ceintures de vÈgÈ- tation par rapport au rÈgime hydrique des mares.

Suivre les phÈnomËnes díatterrissements en liaison avec les diverses perturbations environnantes.

…tudier les consÈquences des divers niveaux de p‚turage et de líimpact des populations de Sangliers ( Sus scrofa ) sur la dyna- mique des communautÈs vÈgÈtales.

…tudier les possibilitÈs de restauration de certains milieux.

…tudier les impacts des diffÈrentes techniques de gestion en fonction de leurs modalitÈs d'application (frÈquence, intensitÈ).

Bibliographie

AUBERT & LOISEL, 1971. BARBERO, 1965, 1967. GAMISANS, 1991. GRILLAS & al., 1998. GRILLAS & ROCHE, 1997. GRILLAS & TAN HAM, 1998. GUYOT & al., 2000. LOISEL, 1976. M…DAIL & al., 1998. MOLINA, 1998. MOLINIER & TALLON, 1950. NOZERAN & ROUX, 1957. OLIVIER & al., 1995. QU…ZEL & al., 1979. RIVAS GODAY, 1970.

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* Mares temporaires méditerranéennes

* Gazons méditerranéens amphibies longuement inondés (Preslion)

3170* 2 * Habitat prioritaire CODE CORINE 22.342
3170*
2
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 22.342

Caractères diagnostiques de l’habitat

Caractéristiques stationnelles

Habitat de l'Ètage thermomÈditerranÈen.

Habitat des mares et des ruisseaux temporaires trop profonds (plus de 40 cm) pour permettre le bon dÈveloppement des asso- ciations des mares temporaires ‡ IsoËtes (Isoetion) et trop secs, en ÈtÈ, pour celles des communautÈs ‡ grandes Laiches (Magnocaricion).

Substrats non calcaires oligotrophes.

SubmergÈes pendant une grande partie de líhiver et du printemps, les associations du Preslion sont entiËrement hors de líeau en ÈtÈ.

Variabilité

La variabilitÈ de cet habitat est faible, seuls deux associations et un groupement ont ÈtÈ dÈcrits dans des secteurs gÈographiques diffÈrents :

- association ouest-franco-mÈditerranÈenne ‡ Menthe des cerfs [Preslietum cervinae] ; - association centre-franco-mÈditerranÈenne ‡ Menthe des cerfs et TrËfle faux-pied-díoiseau [Preslio cervinae- Trigonelletum ornithopodioidis] ; toutes les stations o˘ l'on pou- vait rencontrer cette association ont disparu ; - groupement est-franco-mÈditerranÈen ‡ Armoise de Molinier (Artemisia molinieri).

Physionomie, structure

Le Preslion est dominÈ par des hÈmicryptophytes et des thÈro- phytes. Au sein des hÈmicryptophytes, la Menthe des cerfs est líespËce qui montre le plus fort degrÈ de recouvrement ; le Lotier trËs Ètroit domine chez les thÈrophytes. La physionomie de la vÈgÈtation varie fortement au cours du cycle, les associations atteignant leur dÈveloppement optimal en fin de printemps :

aux prairies submergÈes díhydrophytes (Callitriche, Nitella) succËdent en fin díhiver des prairies humides assez diversifiÈes de hauteur comprise entre 10 et 40 cm. Ces communautÈs couvrent des surfaces souvent faibles (de líordre du mËtre carrÈ), limitÈes au centre des mares (mares de Roque-Haute), ou de plus grandes surfaces (plusieurs hectares au lac Gavoty).

Espèces « indicatrices » du type d’habitat

Callitriche brutia Mentha cervina Trifolium ornithopodioides Lotus angustissimus Baldellia ranunculoides Oenanthe globulosa Artemisia molinieri Ranunculus trichophyllus Ve ronica anagalloides Eleocharis palustris Sisymbrella aspera

Callitriche pÈdonculÈ Menthe des cerfs TrËfle faux-pied-díoiseau Lotier trËs Ètroit Baldellie fausse-renoncule Oenanthe globuleuse Armoise de Molinier Renoncule l‚che VÈronique faux-mouron Scirpe des marais Cresson rude

Confusions possibles avec d'autres habitats

Absence d'informations.

Correspondances phytosociologiques

CommunautÈs mÈditerranÈennes longuement inondÈes des eaux profondes : alliance du Preslion cervinae (non reconnue par le Prodrome des vÈgÈtations de France).

Dynamique de la végétation

Comme toutes les alliances des Isoetetalia, le Preslion est conditionnÈ par la profondeur et la prÈsence temporaire de líeau. La profondeur plus importante limite les risques díenvahisse- ment par les ligneux, mais les hÈlophytes peuvent alors coloniser les parties profondes des mares (Scirpe maritime, Bolboschoenus maritimus, Massettes, Typha spp., Roseau commun, Phragmites australis) pour former des roseliËres.

Au cours du cycle hydrologique se succËdent des espËces avec des formes de croissance submergÈes (hydrophytes strictes et amphibies en phase aquatique), une vÈgÈtation amphibie et une vÈgÈtation terrestre.

La composition spÈcifique de la vÈgÈtation peut varier entre annÈes en fonction des conditions díinondation (dates, profon- deur). Les hydrophytes peuvent Ítre totalement absentes une ou plusieurs annÈes. Pendant les annÈes sËches, les espËces des niveaux topographiques supÈrieurs peuvent apparaÓtre, depuis les formations ‡ IsoËtes par exemple, ou depuis les milieux pÈri- phÈriques, donc avec une grande variabilitÈ entre sites.

Habitats associés ou en contact

On retrouve classiquement deux habitats ‡ proximitÈ du Preslion : ‡ une profondeur plus faible, les groupements des mares temporaires ‡ IsoËtes (Isoetes spp.) (Isoetion, habitat 3170*-1) et, ‡ une profondeur plus ÈlevÈe, lorsque les mares síassËchent tardivement en ÈtÈ, les communautÈs ‡ grandes Laiches (Magnocaricion elatae, Cor. 53.2). On retrouve dans le Preslion des espËces communes ‡ ces deux habitats.

Répartition géographique

Cet habitat est strictement mÈditerranÈen. Le Preslietum cervinae est relativement frÈquent en Languedoc :

outre le plateau de Roque-Haute, il síÈtend de maniËre diffuse sur toute la basse plaine languedocienne, occupant avec des herbacÈes vivaces les fonds de ruisseaux (temporaires), les mares temporaires et les lavognes (‡ líexclusion des zones de montagne).

Le Preslio-Trigonelletum Ètait uniquement prÈsent en costiËre nÓmoise mais a complËtement disparu dans les annÈes 70.

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* Mares temporaires méditerranéennes

Le groupement ‡ Armoise de Molinier est localisÈ dans le Var (marais de Gavoti ‡ Besse et lac Redon ‡ Flassans).

En Crau humide, la prÈsence de Preslia cervina est attestÈe, mais, en l'absence d'Ètudes rÈcentes, l'appartenance de ce grou- pement au Preslion reste incertaine.

de ce grou- pement au Preslion reste incertaine. Valeur écologique et biologique Cet habitat prÈsente une

Valeur écologique et biologique

Cet habitat prÈsente une trËs forte originalitÈ, en particulier du fait de sa raretÈ : le nombre de sites existant en France est trËs faible et un grand nombre díentre eux ont ÈtÈ dÈtruits. La valeur Ècologique doit Ítre ÈvaluÈe ‡ deux niveaux : la mare et la for- mation vÈgÈtale (habitat). La valeur Ècologique de líhabitat est proche de celle des mares temporaires ‡ IsoËtes ; le nombre díes- pËces vÈgÈtales y est gÈnÈralement plus faible du fait de la pro- fondeur supÈrieure. La valeur pour les peuplements faunistiques doit Ítre jugÈe ‡ líÈchelle de la mare (valeur forte pour les inver- tÈbrÈs, comme pour les mares ‡ IsoËtes).

EspËces protÈgÈes au niveau national et inscrites au livre rouge de la flore menacÈe de France (espËces prioritaires) : FougËre díeau pubescente ‡ quatre feuilles (Marsilea strigosa), Renoncule ‡ fleurs latÈrales (Ranunculus lateriflorus).

EspËces protÈgÈes au niveau rÈgional et inscrites au livre rouge de la flore menacÈe de France (espËces prioritaires) : Artemisia molinieri (PACA), Mentha cervina (PACA).

EspËces protÈgÈes au niveau rÈgional : Sisymbrella aspera (RhÙne-Alpes), Trifolium ornithopodioides (Languedoc- Roussillon).

Espèces de l'annexe II de la directive « Habitats »

UE 1429 - Marsilea strigosa, la FougËre d'eau pubescente ‡ quatre feuilles.

, la FougËre d'eau pubescente ‡ quatre feuilles. Divers états de l’habitat ; états de conservation

Divers états de l’habitat ; états de conservation à privilégier

Tous les Ètats encore existants sont ‡ privilÈgier, en raison de líextrÍme raretÈ de cet habitat au niveau national : Preslietum cervinae, groupement ‡ Artemisia molinieri.

Tendances évolutives et menaces potentielles

Tendances évolutives

Toutes les stations du Preslio-Trigonelletum ont disparu ‡ la suite de drainages et de mises en culture. Les deux stations ‡ Artemisia molinieri sont menacÈes, líune par des activitÈs agri- coles, líautre par líurbanisation du bassin versant et líaltÈration de la qualitÈ des eaux.

Menaces potentielles

Les causes díaltÈration ou de dÈgradation sont multiples et síexercent ‡ des niveaux Ècologiques variables. Dans la plupart des cas les consÈquences ne sont connues que de faÁon superfi- cielle et mÈriteraient une Ètude des impacts et potentialitÈs de

restauration :

- substitution par infrastructure (irrÈversible) : routes, construc- tions, etc. ;

- modifications hydrauliques par assËchement-drainage ou au

contraire mise en eau permanente. Les modifications hydrau-

liques sont parfois rÈversibles mais les possibilitÈs de restaura- tion de líhabitat et de sa composition floristique sont faibles ;

- modification de la qualitÈ des eaux : sensibilitÈ plus forte des espËces de la phase aquatique, dans la phase terrestre, líeutro- phisation conduit probablement ‡ la dominance des hÈlophytes. Le dÈveloppement díhÈlophytes peut conduire ‡ la disparition de líhabitat et ‡ líaccumulation de matiËre organique.

Potentialités intrinsèques de production économique

Cet habitat ne prÈsente pas de potentialitÈ intrinsËque de dÈvelop- pement Èconomique, ou seulement trËs faible, par le p‚turage extensif.

ou seulement trËs faible, par le p‚turage extensif. Cadre de gestion Rappel de quelques caractères sensibles

Cadre de gestion

Rappel de quelques caractères sensibles de l’habitat

Cet habitat dÈpend du maintien du fonctionnement hydrolo- gique, de la qualitÈ des eaux et, au moins dans certains cas, díune pression de p‚turage permettant la limitation des hÈlo- phytes compÈtitives.

Modes de gestion recommandés

Recommandations gÈnÈrales

La dÈgradation des habitats est liÈe le plus souvent ‡ des usages nouveaux ou des abandons díutilisation des milieux affectant la production (hydrologie, nutriments) ou la structure de la vÈgÈta- tion (p‚turage). Il est recommandÈ de veiller ‡ líÈquilibre des usages et de la dynamique de la vÈgÈtation.

Les recommandations de gestion sont ‡ faire ‡ líÈchelle de líunitÈ hydrologique de la mare : conserver le fonctionnement hydrologique et maintenir un rÈgime de perturbation par le p‚turage lorsque cela est possible.

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* Mares temporaires méditerranéennes

OpÈrations de gestion courante contribuant au maintien des Ètats ‡ privilÈgier

Le p‚turage peut faciliter le maintien de cet habitat en limitant la progression des ligneux et des herbacÈes vivaces (cypÈracÈes, joncacÈes et poacÈesÖ) susceptibles de dominer les espËces qui le composent. Il doit cependant rester modÈrÈ car une surex- ploitation pourrait modifier líorganisation des communautÈs. Historiquement se pratiquait un p‚turage ovin, aujourdíhui remplacÈ par un p‚turage bovin dont on ne connaÓt pas bien les consÈquences sur ce type d'habitat (pas díÈtudes ni de donnÈes disponibles, mais líon sait que les bovins rentrent plus facile- ment dans líeau, avec un impact plus fort sur le substrat, tandis que les moutons consomment davantage de ligneux). Les dÈgagements manuels sont ‡ privilÈgier lorsquíil síagit de freiner la dynamique de certains ligneux pouvant compromettre le maintien de ces pelouses.

Líalternance díune phase sËche et díune phase aquatique est un ÈlÈment clÈ de la conservation de la valeur patrimoniale des marais temporaires. Quand elle existe encore, cette alternance doit Ítre conservÈe : si donc le rÈgime hydrique est maÓtrisÈ par líhomme, des objectifs de gestion doivent Ítre dÈfinis puisque les dates et durÈes díinondation dÈterminent les communautÈs vÈgÈtales obtenues.

Autres éléments susceptibles d'influer sur les modes de gestion de l'habitat

PrÈsence díespËces ‡ grande valeur Ècologique : Marsilea strigosa et Ranunculus lateriflorus.

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Inventaires, expérimentations, axes de recherche à développer

Suivi de la dynamique des communautÈs des mares tempo- raires :

- mieux comprendre la dynamique des diverses ceintures de

vÈgÈtation par rapport au rÈgime hydrique des mares ;

- suivre les phÈnomËnes díatterrissement en liaison avec les

diverses perturbations environnantes ;

- Ètudier les consÈquences des divers niveaux de p‚turage et de

líimpact des populations de Sangliers (Sus scrofa) sur la dyna-

mique des communautÈs vÈgÈtales.

ExpÈrimentations Èventuelles de gestion ou de restauration ‡ entreprendre, voire de crÈation dans des situations favorables.

Bibliographie

AUBERT & LOISEL, 1971. BRAUN-BLANQUET & al., 1952. GRILLAS & ROCHE, 1997. LOISEL, 1976. M…DAIL & al., 1998. OLIVIER & al., 1995. QU…ZEL & al., 1966. RIVAS GODAY, 1970.

* Mares temporaires méditerranéennes

* Gazons méditerranéens amphibies halonitrophiles (Heleochloion)

3170* 3 * Habitat prioritaire CODE CORINE 22.343
3170*
3
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 22.343

Caractères diagnostiques de l’habitat

Caractéristiques stationnelles

L'habitat se rencontre ‡ l'Ètage thermomÈditerranÈen au niveau de mares ou en bordure de marais, souvent dans des zones humides amÈnagÈes (irrigation).

Il se dÈveloppe sur des substrats sub-eutrophes, voire mÍme eutrophes, souvent riches en calcaire, ‡ pH neutre ‡ basique, faiblement salÈs.

Ces terrains sont temporairement inondÈs et s'assËchent ‡ la fin du printemps ou en ÈtÈ ; líassËchement et líhumiditÈ estivale constituent des facteurs dÈterminants pour la vÈgÈtation de l'habitat.

Variabilité

L'habitat prÈsente une variabilitÈ d'ordre gÈographique.

En France continentale :

- dans le Var, les Bouches-du-RhÙne, le Languedoc : groupe-

ment ‡ Crypsis piquant (Crypsis aculeata), parfois accompa- gnÈ du Crypsis faux-choin ;

- dans des mares temporaires des Bouches-du-RhÙne et du Languedoc-Roussillon : groupement ‡ Crypsis piquant

(Crypsis aculeata) et Cressa de CrËte (Cressa cretica) ;

- en Camargue et Languedoc : groupement ‡ ChÈnopode ‡

feuilles grasses (Chenopodium chenopodioides) et Arroche couchÈe (Atriplex prostrata), parfois associÈs au Cressa de CrËte autour de líÈtang de Berre.

En Corse littorale, une dizaine de groupements ont ÈtÈ dÈcrits :

- groupements dominÈs par le Crypsis piquant :

ï dans des milieux gÈnÈralement p‚turÈs, ‡ substrat ni trop salÈ ni trop dulcicole et moyennement riche en matiËre organique :

communautÈs ‡ Arroche couchÈe et Crypsis piquant [Atriplici prostratae-Crypsidetum aculeatae],

ï sur des substrats assez riches en matiËre organique et restant relativement humides ‡ la fin de líÈtÈ : communautÈs ‡ ChÈnopode ‡ feuilles grasses et Crypsis piquant [Chenopodio chenopodioidis-Crypsidetum aculeatae],

ï en milieu sableux assez humide et non salÈ, en rÈgime de fort amoindrissement de pacage : communautÈs ‡ Polypogon de Montpellier et Crypsis piquant [Polypogono monspeliensis- Crypsidetum aculeatae],

ï au niveau de bordures de sentiers, dans des ruisseaux et des talwegs encaissÈs et humides, en rÈgime de faible frÈquenta- tion par les bovins : communautÈs ‡ Samole de Valerand et Crypsis piquant [Samolo valerandi-Crypsidetum aculeatae] ;

- groupements dominÈs par le Crypsis faux-choin :

ï sur une retenue assÈchÈe, sur substrat limono-argileux, avec un assez fort pacage fini-estival : communautÈs ‡ Crypsis faux-choin et Souchet de Micheli [Crypsio schoenoidis- Cyperetum micheliani],

ï sur substrat argileux riche en matiËre organique, peu com-

pactÈ car peu piÈtinÈ, et bien nitrifiÈ : communautÈs ‡ ChÈnopode ‡ feuilles grasses et ‡ Crypsis faux-choin [Chenopodio chenopodioidis-Crypsidetum schoenoidis],

ï sur substrat argileux plus compact, car plus piÈtinÈ et moyen- nement nitrifiÈ : communautÈs ‡ …chinochloa pied-de-coq et

‡ Crypsis faux-choin [Echinochloo crucis-galli-Crypsidetum schoenoidis],

ï sur substrat argileux trËs compact, car trËs piÈtinÈ, et riche en nitrates : communautÈs ‡ HÈliotrope couchÈ et Crypsis faux-choin [Heliotropio supini-Heleochloetum schoenoidis],

ï sur les berges assÈchÈes díun rÈservoir : groupement ‡

Crypsis faux-choin (Crypsis schoenoides) et Corrigiole des

grËves (Corrigiola littoralis),

ï dans des dÈpressions dÈnudÈes en ÈtÈ par le pacage des

bovins et fortement inondÈes au printemps : groupement ‡ Crypsis faux-choin et Cotule pied de corbeau (Cotula coro- nopifolia).

Physionomie, structure

Cet habitat correspond ‡ des communautÈs amphibies halonitro- philes et se prÈsente comme une vÈgÈtation herbacÈe basse ‡ densitÈ trËs variable dans líespace et dans le temps. Le recou- vrement moyen níatteint pas 100%, le substrat est donc apparent en certains endroits. InondÈes líhiver, ces pelouses sont mar- quÈes par une phÈnologie tardive. Si le niveau d'eau le permet, des herbiers díhydrophytes submergÈes peuvent s'y dÈvelopper, la vÈgÈtation caractÈristique de l'habitat se dÈveloppe quant ‡ elle pendant et aprËs líassËchement, en fin de printemps et en ÈtÈ. La composition spÈcifique peut varier sensiblement en fonc- tion de la date díassËchement et de la salinitÈ. Les surfaces occu- pÈes varient du mËtre carrÈ ‡ quelques hectares selon les sites.

Espèces « indicatrices » du type d’habitat

Atriplex prostrata

Chenopodium chenopodioides ChÈnopode ‡ feuilles grasses

Crypsis aculeata Cressa cretica Cotula coronopifolia Samolus valerandi Heliotropium supinum Crypsis schoenoides Corrigiola littoralis Cyperus michelianus Polypogon monspeliensis Centaurium spicatum Bolboschoenus maritimus Echinochloa crus-galli Coronopus squamatus

Arroche couchÈe

Crypsis piquant Cressa de CrËte Cotule pied de corbeau Samole de Valerand HÈliotrope couchÈ Crypsis faux-choin Corrigiole des grËves Souchet de Micheli Polypogon de Montpellier Petite-centaurÈe en Èpi Scirpe maritime …chinochloa pied-de-coq SÈnebiËre corne-de-cerf

Confusions possibles avec d'autres habitats

Absence d'informations.

Correspondances phytosociologiques

VÈgÈtation eutrophe halonitrophile d'affinitÈ submÈditerranÈenne :

alliance de l'Heleochloion schoenoidis p.p.

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* Mares temporaires méditerranéennes

Dynamique de la végétation

Spontanée

La strate herbacÈe est le plus souvent maintenue basse par le p‚turage, mais elle est influencÈe par les conditions de submer- sion, en partie liÈes au climat. Une inondation longue ou des hauteurs díeau plus importantes peuvent influencer certains groupements, notamment celui ‡ Crypsis piquant, en entraÓnant un dÈveloppement de la vÈgÈtation hÈlophytique et submergÈe :

vÈgÈtation hygrophile du Callitricho-Batrachion, formations des marais temporaires doux ou faiblement saum‚tres ‡ charo- phytes (Chara aspera, Chara vulgaris, Chara contraria, Tolypella spp.). Líenvahissement par les hÈlophytes (scirpes, roseaux) conduit ‡ la disparition des espËces caractÈristiques, le p‚turage semble alors indispensable.

Liée aux activités humaines

Le p‚turage est un ÈlÈment trËs important car il permet de limiter le dÈveloppement des grandes hÈlophytes et donc de maintenir líHeleochloion. Les apports díeau artificiels pour le p‚turage peuvent favoriser le Paspalum faux-paspalum (Paspalum distichum), espËce exotique envahissante tendant ‡ former des peuplements monospÈcifiques, ou encore les Jussies (Ludwigia peploides, Ludwigia grandiflora).

Habitats associés ou en contact

Ils sont trËs variÈs, líHeleochloion pouvant se rencontrer dans des trouÈes de roseliËres (celles du Scamandre en petite Camargue gardoise), en contact avec des formations annuelles pionniËres ‡ Salicornes (Thero-Suaedion), des groupements halonitrophiles ‡ Chenopodium chenopodioides et des forma- tions díhydrophytes (communautÈs du Callitrichio-Batrachion, Cor. 22.432, herbiers de charophytes, UE 3140), etc.

Répartition géographique

Cet habitat strictement mÈditerranÈen a surtout ÈtÈ ÈtudiÈ dans le Var et en Corse, mais sa prÈsence est attestÈe dans les Bouches-du-RhÙne et dans le Languedoc-Roussillon.

Va r : groupement ‡ Crypsis piquant (Ètangs de Villepey et des Pesquiers).

Bouches-du-RhÙne (Camargue et Ètang de Berre) et

Languedoc :

- groupement des bords díÈtang ‡ Crypsis piquant auquel sías- socie parfois le rare Crypsis faux-choin ;

- groupement ‡ Crypsis piquant et Cressa de CrËte de

certaines mares temporaires de Camargue et du Languedoc ;

- groupement ‡ ChÈnopode ‡ feuilles grasses et Arroche

couchÈe, avec parfois le Cressa de CrËte (Ètang de Bolmont).

Corse littorale :

- Atriplici prostratae-Crypsidetum aculeatae : nord de Porto- Vecchio, Barcaggio, Crovani, Ètangs de Tanchiccia et de

Gradugine

- Chenopodio chenopodioidis-Crypsidetum aculeatae : Tizzano,

Tanchiccia, Padulone, Lavu Santu ;

- Polygono monspeliensis-Crypsidetum aculeatae : Lavu santu,

Agriate ;

- Samolo valerandi-Crypsidetum aculeatae : Agriate ;

- Crypsio schoenoidis-Cyperetum micheliani : une station

unique aux environs díAlÈria ;

- Chenopodio chenopodioidis-Crypsidetum schoenoidis : marais

de Tanchiccia ;

- Echinochloo crucis-galli-Crypsidetum schoenoidis : vallÈe de líOrtolo, marais de Canniccia ;

;

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- Heliotropio supini-Heleochloetum schoenoidis : marais de Tanchiccia ;

- groupement ‡ Crypsis faux-choin et Corrigiole des berges :

Alzitone-Ghisonaccia ;

- groupement ‡ Crypsis faux-choin et Cotule pied de corbeau : Ètang de Gradugine.

faux-choin et Cotule pied de corbeau : Ètang de Gradugine. Valeur écologique et biologique Habitat trËs

Valeur écologique et biologique

Habitat trËs localisÈ et rare en France.

Exception faite de Centaurium spicatum et de Coronopus squa- matus, les caractÈristiques et diffÈrentielles díalliance sont des espËces relativement rares sur le littoral varois. Certaines d'entre elles sont protÈgÈes au niveau rÈgional : Crypsis aculeata (PACA), Cressa cretica (PACA, Languedoc-Roussillon ; cette espËce est par ailleurs inscrite au livre rouge de la flore mena- cÈe de France, parmi les espËces prioritaires), Crypsis schoe- noides (PACA), la Pulicaire de Sicile (Pulicaria sicula) (PACA, Languedoc-Roussillon).

InterÍt pour líavifaune, surtout en hiver, comme sites díalimen- tation des canards (herbiers díhydrophytes).

díalimen- tation des canards (herbiers díhydrophytes). Divers états de l’habitat ; états de conservation à

Divers états de l’habitat ; états de conservation à privilégier

Líinformation disponible sur ces groupements est trËs faible, leur dynamique et les relations entre cette dynamique et les activitÈs humaines sont peu documentÈes, bien que probablement trËs impor- tantes. Les Ètats ‡ privilÈgier semblent Ítre ceux correspondant au fort recouvrement des espËces rares (CrypsisÖ), cíest-‡-dire ‡ des conditions instables dans líespace (plage díexondation temporaire) et dans le temps (variabilitÈ inter-annuelle). Ces conditions peuvent Ítre pÈrennisÈes par une pression de p‚turage prÈvenant la domi- nance des espËces hÈlophytes et compÈtitives.

Tendances évolutives et menaces potentielles

Du fait de sa raretÈ et compte tenu des menaces risquant de le faire disparaÓtre, cet habitat est trËs important ‡ sauvegarder. Dans le Var, il est menacÈ par líaction de líhomme, en raison

* Mares temporaires méditerranéennes

notamment de líinstallation díun camping (amÈnagement et tendance ‡ líeutrophisation).

Par ailleurs, líallongement de la pÈriode de submersion et líaug- mentation des hauteurs díeau peuvent entraÓner la disparition des espËces caractÈristiques et une Èvolution vers des groupe- ments ‡ vÈgÈtation hÈlophytique ou submergÈe. Le dÈveloppe- ment d'espËces envahissantes (Paspalum distichum, Ludwigia peploides, Ludwigia grandiflora), favorisÈ par les apports díeau artificiels pour le p‚turage, constitue Ègalement une menace potentielle.

Potentialités intrinsèques de production économique

Elles sont trËs faibles (p‚turage extensif).

économique Elles sont trËs faibles (p‚turage extensif). Cadre de gestion Rappel de quelques caractères sensibles de

Cadre de gestion

Rappel de quelques caractères sensibles de l’habitat

L'habitat Ètant situÈ dans des lieux souvents anthropisÈs (gestion de líeau et du p‚turage), tout changement dans cette gestion peut conduire ‡ un dÈplacement vers la roseliËre ou tout au moins vers une altÈration des conditions hydrologiques favorables.

Modes de gestion recommandés

Recommandations gÈnÈrales

LíÈcologie de cet habitat est mal connue ; les conditions favorables semblent Ítre une inondation longue sur substrat riche, sans dÈveloppement de roseliËre, ce qui suppose que la durÈe díinondation et/ou la profondeur restent limitÈes ou que la vÈgÈtation soit contrÙlÈe par le p‚turage.

OpÈrations de gestion courante contribuant au maintien des Ètats ‡ privilÈgier

Le p‚turage peut faciliter le maintien de cet habitat en limitant la progression des herbacÈes vivaces (cypÈracÈes, joncacÈes et poacÈesÖ) susceptibles de dominer les espËces qui le compo- sent. Il doit cependant rester modÈrÈ car une surexploitation pourrait modifier líorganisation des communautÈs.

Líalternance díune phase sËche et díune phase aquatique est un ÈlÈment clÈ de la conservation de la valeur patrimoniale des marais temporaires. Quand elle existe encore, cette alternance doit Ítre conservÈe : si donc le rÈgime hydrique est maÓtrisÈ par líhomme, des objectifs de gestion doivent Ítre dÈfinis puisque les dates et durÈes díinondation dÈterminent les communautÈs vÈgÈtales obtenues.

Inventaires, expérimentations, axes de recherche à développer

Suivi de la dynamique des communautÈs des mares temporaires :

- mieux comprendre la dynamique de la vÈgÈtation en fonction

du rÈgime hydrologique pour les diffÈrentes associations et les principales espËces (Crypsis en particulier) ;

- suivre les phÈnomËnes díatterrissements en liaison avec les diverses perturbations environnantes ;

- Ètudier líimpact du p‚turage, en particulier pour son rÙle díouverture du milieu.

Bibliographie

AUBERT & LOISEL, 1971. GRILLAS & ROCHE, 1997. LOISEL, 1976. MARTINEZ PARRAS & al., 1988. M…DAIL & al., 1998. OLIVIER & al., 1995. PARADIS, 1992a, 1992b. PARADIS & LORENZONI, 1994. RIVAS GODAY, 1970.

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* Mares temporaires méditerranéennes

* Gazons amphibies annuels méditerranéens (Nanocyperetalia)

3170* 4 * Habitat prioritaire CODE CORINE 22.32
3170*
4
* Habitat prioritaire
CODE CORINE 22.32

Les gazons annuels de l'ordre des Nanocyperetalia atteignent dans le domaine mÈditerranÈen leur extension la plus mÈridio- nale ; ils y sont extrÍmement rares et les connaissances relatives ‡ ce type d'habitat demeurent trËs rÈduites.

Caractères diagnostiques de l’habitat

Caractéristiques stationnelles

L'habitat se rencontre ‡ l'Ètage thermomÈditerranÈen en bordure de mares ou de marais ou au niveau des orniËres de chemins humides. Il se dÈveloppe sur des substrats riches et souvent calcaires ou siliceux basiques, mÈsotrophes ‡ eutrophes, submergÈs en hiver.

Variabilité

L'habitat prÈsente une certaine variabilitÈ selon les caractËres du substrat. Sur des sols riches en matiËre organique : association ‡ Souchet jaun‚tre [Cyperetum flavescentis] survivante des pÈriodes glaciaires. Sur des sols basaltiques, noir‚tres, pauvres en terre fine et en calcaire, ‡ rÈaction faiblement basique : association ‡ …latine ‡ longs pÈdoncules [Elatinetum macropodae]. Sur des sols eutrophes, limoneux ou argileux : association ‡ Lythrum ‡ trois bractÈes (Lythrum tribracteatum) et GermandrÈe de Crau (Teucrium aristatum) ; en Camargue, au niveau de mares temporaires plus halophiles sur sols argilo-limoneux riches en calcaire actif, peut síobserver un groupement ‡ Lythrum ‡ trois bractÈes et …toile díeau (Damasonium alisma).

Physionomie, structure

Cet habitat se prÈsente sous la forme de pelouses amphibies souvent rases et couvrant de faibles surfaces. Ces pelouses se caractÈrisent par une flore essentiellement palÈo-tempÈrÈe ; elles sont composÈes díune majoritÈ díespËces amphibies et sont fortement dominÈes par des espËces annuelles. La plupart des espËces sont ‡ dÈveloppement printanier et estival. La hauteur de la vÈgÈtation varie de 5 ‡ 30 cm en fonction de líhumiditÈ.

Espèces « indicatrices » du type d’habitat

Pycreus flavescens Cyperus fuscus Damasonium alisma Elatine macropoda Teucrium aristatum Lythrum tribracteatum Carex viridula Juncus compressus Polygonum aviculare subsp. depressum

Souchet jaun‚tre Souchet brun-noir‚tre …toile díeau …latine ‡ longs pÈdoncules GermandrÈe de Crau Lythrum ‡ trois bractÈes Laiche tardive Jonc comprimÈ RenouÈe des oiseaux

Riella batandieri Isolepis setacea Myosurus breviscapus Herniaria glabra Polygonum aviculare Plantago major subsp. intermedia

Scirpe sÈtacÈ Myosure ‡ tÍte courte Herniaire glabre RenouÈe des oiseaux Plantain intermÈdiaire

Confusions possibles avec d'autres habitats

Absence d'informations.

Correspondances phytosociologiques

CommunautÈs mÈsohygrophiles mÈditerranÈo-atlantiques ‡ continentales : ordre des Nanocyperetalia flavescentis p.p. Le Cyperetum flavescentis fait partie du Nanocyperion flavescentis, le rattachement des deux autres associations et du groupement au niveau de l'alliance reste ‡ prÈciser.

Dynamique de la végétation

Des variations existent lors du dÈveloppement de ces espËces, influencÈ par les conditions climatiques de líannÈe (niveau díeau et durÈe díinondation), qui affectent la hauteur et la composition spÈcifique de la vÈgÈtation. Les annÈes sËches sont caractÈrisÈes par une forte intrusion díespËces terrestres des formations vÈgÈtales voisines (variable selon les situations). Certaines espËces caractÈristiques sont trËs instables entre annÈes (GermandrÈe de Crau, …toile díeau) parce quíelles níapparaissent que durant les annÈes humides.

Habitats associés ou en contact

Ils peuvent Ítre trËs variÈs : en Crau, l'habitat síinstalle au niveau des trouÈes dans les prairies ‡ hautes herbes ‡ Molinie bleue (Molinia caerulea) et Choin noir‚tre (Schoenus nigricans) (Molinio-Holoschoenion, UE 6420), ou dans les groupements ‡ Bident tripartit (Bidens tripartita) (Bidentetum tripartiti, Cor. 22.33) ; il peut Ègalement se trouver en contact avec des milieux aquatiques plus profonds ‡ hydrophytes submergÈes (charophytes : Chara aspera, Chara contraria, Chara vulgaris) (UE 3140). En Camargue, il jouxte des groupements moins hygrophiles dominÈs par lí…lurope du littoral (Aeluropus littoralis) et des habitats plus hygrophiles ‡ Callitriches et Renoncules (Callitricho-Ranunculetum baudotii, Cor. 22.432). Ailleurs, on note la prÈsence díespËces caractÈristiques du Preslion cervinae (habitat 3170*-2) telles que la Menthe des cerfs (Mentha cervina) ou encore de líIsoetion (habitat 3170*-1) avec l'IsoËte Èpineux (Isoetes histrix), l'IsoËte de Durieu (Isoetes duriaei).

Répartition géographique

Ces quatre groupements strictement mÈditerranÈens sont trËs localisÈs et prÈsentent une trËs faible extension :

- le Cyperetum flavescentis et l'association ‡ Lythrum ‡ trois bractÈes et GermandrÈe de Crau sont endÈmiques de Crau ;

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* Mares temporaires méditerranéennes

- l'Elatinetum macropodae se trouve aux environs díAgde ;

- le groupement ‡ Lythrum ‡ trois bractÈes et …toile díeau

síobserve dans les Bouches-du RhÙne (2 localitÈs), dans le Gard (1 localitÈ), dans le Var (2 localitÈs) et dans líAude (2 localitÈs).

Dans ces rÈgions, tous ces groupements extrÍmement rares ne sont connus que de quelques secteurs.

extrÍmement rares ne sont connus que de quelques secteurs. Valeur écologique et biologique Cet habitat prÈsente

Valeur écologique et biologique

Cet habitat prÈsente une forte valeur patrimoniale en raison de son extrÍme raretÈ. L'ordre des Nanocyperetalia est principale- ment reprÈsentÈ en Europe moyenne et occidentale. En France mÈditerranÈenne, cet ordre devient extrÍmement rare et l'habitat reprÈsente ainsi ses irradiations les plus mÈridionales.

Par ailleurs, plusieurs espËces protÈgÈes sont observables au sein de cet habitat :

- espËces protÈgÈes et/ou menacÈes (espËces prioritaires) au

niveau national : Lythrum tribracteatum, Teucrium aristatum,

Damasonium alisma ;

- espËce protÈgÈe au niveau rÈgional : Elatine macropoda (Languedoc-Roussillon).

Riella batandieri est une hÈpatique extrÍmement rare en Europe.

batandieri est une hÈpatique extrÍmement rare en Europe. Divers états de l’habitat ; états de conservation

Divers états de l’habitat ; états de conservation à privilégier

En raison de l'extrÍme raretÈ de líhabitat, tous les Ètats sont ‡ privilÈgier.

Tendances évolutives et menaces potentielles

Tendances évolutives

Les connaissances relatives ‡ cet habitat sont trËs rÈduites et sa situation actuelle n'est pas connue avec prÈcision. Son extrÍme raretÈ en fait nÈanmoins un habitat vulnÈrable.

Menaces potentielles

Les causes díaltÈration ou de dÈgradation sont multiples :

- substitution par infrastructure (irrÈversible) ;

- assËchement-drain (difficilement rÈversible) ;

- mise en eau permanente (rÈversible) ;

- mise en culture sans drain (rÈversible si la topographie níest

pas variable) ;

- modification de la qualitÈ des eaux (irrÈversible) ;

- comblements-atterrissements (irrÈversible) ;

- opÈrations forestiËres (irrÈversible) ;

- abandon du p‚turage (rÈversible) ; il conduit ‡ la mise en place de prairies humides et ‡ la disparition des espËces rares.

Potentialités intrinsèques de production économique

Elles sont trËs faibles (p‚turage extensif).

économique Elles sont trËs faibles (p‚turage extensif). Cadre de gestion Rappel de quelques caractères sensibles de

Cadre de gestion

Rappel de quelques caractères sensibles de l’habitat

Comme beaucoup díhabitats des mares temporaires, les gazons annuels mÈditerranÈens des Nanocyperetalia sont conditionnÈs par la profondeur et la prÈsence temporaire de líeau, et par le p‚turage ; ils sont de ce fait particuliËrement sensibles aux pres- sions anthropiques.

Modes de gestion recommandés

Recommandations gÈnÈrales

Les connaissances actuelles ne permettent pas de proposer des mesures de gestion prÈcises. NÈanmoins, le maintien de l'habitat nÈcessite de conserver le fonctionnement hydrologique et le p‚turage doit Ítre maintenu.

OpÈrations de gestion courante contribuant au maintien des Ètats ‡ privilÈgier

Le p‚turage peut faciliter le maintien de cet habitat en limitant la progression des herbacÈes vivaces (cypÈracÈes, joncacÈes et poacÈesÖ) susceptibles de dominer les espËces qui le compo- sent. Il doit cependant rester modÈrÈ car une surexploitation pourrait modifier líorganisation des communautÈs.

Líalternance díune phase sËche et díune phase aquatique est un ÈlÈment clÈ de la conservation de la valeur patrimoniale des marais temporaires. Quand elle existe encore, cette alternance doit Ítre conservÈe : si donc le rÈgime hydrique est maÓtrisÈ par líhomme, des objectifs de gestion doivent Ítre dÈfinis puisque les dates et durÈes díinondation dÈterminent les communautÈs vÈgÈtales obtenues.

Inventaires, expérimentations, axes de recherche à développer

Suivi de la dynamique des communautÈs des mares temporaires :

- mieux comprendre la dynamique des diverses ceintures de vÈgÈtation par rapport au rÈgime hydrique des mares ;

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* Mares temporaires méditerranéennes

- suivre les phÈnomËnes díatterrissements en liaison avec les

diverses perturbations environnantes ;

- Ètudier les consÈquences des divers niveaux de p‚turage et de líimpact des populations de Sangliers (Sus scrofa) sur la dyna- mique des communautÈs vÈgÈtales.

Bibliographie

BRAUN-BLANQUET & al., 1952. GRILLAS & ROCHE, 1997. LOISEL, 1976. M…DAIL & al., 1998. MOLINIER & TALLON, 1950. OLIVIER & al., 1995. RIVAS GODAY, 1970.

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