Siffler en travaillant

LE MONDE | 05.01.2014 à 18h26 • Mis à jour le 06.01.2014 à 11h41 |Par Annie Kahn

« Siffler en travaillant », chantait-on dans Blanche-Neige, accréditant l'idée que l'on travaille mieux quand on est heureux. Ce qui paraît évident. Reste à savoir ce qui met un travailleur de bonne humeur. Sa rémunération ? Ses stock-options ? Ses primes et augmentations ? Un article du magazine du cabinet McKinsey de 2009, qui figure toujours sur la liste des plus consultés en 2013, affirme que ces critères ne sont pas essentiels. Les incitations non financières que sont « les compliments de son supérieur, l'attention de ses chefs, et les occasions de diriger des projets ou des équipes » ont plus d'importance aux yeux des salariés – déjà correctement rémunérés certes – qu'une poignée de dollars (ou d'euros) de plus. De ce constat, à savoir que l'argent ne fait pas le bonheur (des salariés), est née dans nombre d'entreprises l'idée qu'il fallait rendre le travail plus amusant. En organisant des soirées et autres concours de productivité ou jeux censés améliorer l'esprit d'équipe. C'est là que le bât blesse. Car non seulement ce type de festivités fabriquées n'est pas du goût de tous, loin de là, mais, en outre, elles peuvent s'avérer contre-productives, viennent de démontrer Michael Tews, professeur de gestion des ressources humaines à l'université Penn State (Etats-Unis), et deux de ses collègues. Quand un manager encourage les activités ludiques, il réduit certes le turnover, mais également le chiffre d'affaires, affirment-ils en conclusion de leur article « S'amuser est-il payant ? », paru en novembre 2013 dans Cornell Hospitality Quaterly. L'ILLUSION DU BONHEUR Ils ont étudié une population de 195 serveurs de restaurant pour arriver à ce résultat. Les esprits critiques diront que ce qui vaut pour cette profession n'est peut-être pas généralisable. Gageons, néanmoins, que ces idées festives sont souvent une solution de facilité adoptée par les managers pour se donner et donner aux autres l'illusion du bonheur. Alors qu'il serait plus efficace qu'ils modifient leur comportement. En s'efforçant de confier à leurs subordonnés des tâches qui les fassent progresser au lieu de les confiner à des activités mortellement répétitives. En remerciant l'un de ses efforts et en prenant la peine d'expliquer à tel autre comment s'améliorer. En étant équitable, à l'écoute. Un défi bien plus important à relever pour les douze prochains mois que l'organisation des festivités de la nouvelle année.

Motiver les salariés, premier facteur de compétitivité Le premier facteur de compétitivité des entreprises est-elle la diminution du coût du travail, comme l'affirment leurs organisations représentatives ? Ou "la capacité à

la "reconnaissance du travail de chaque collaborateur" est le premier facteur "incitant à l'innovation". 17 % "la capacité à attirer et fidéliser les clients". Plaçant donc leur "motivation" en tête des facteurs de compétitivité. et quand elles le font c'est plus pour "améliorer les processus internes" (30 %). MANAGEMENT OUVERT 19 % seulement ont le sentiment que "leur entreprise s'appuie suffisamment sur leur capacité à innover".. que 26 %. d'innovation managériale dont les entreprises françaises ont besoin pour demeurer compétitives. . 23 % citent "la capacité à innover". et 4 % la "capacité à attirer et à fidéliser les investisseurs".c'est ce dernier item sur lequel les salariés souhaiteraient voir le plus leur créativité "sollicitée" par leur employeur (36 %) . a interrogé un échantillon représentatif de 775 salariés. Plus que d'argent ou d'inventivité technique. 65 % pensent que leur entreprise ne sollicite "pas suffisamment" ou "pas du tout" leur "créativité". 20 % et 12 % des suffrages des salariés. c'est. la "politique de rémunération satisfaisante" n'arrivant qu'en troisième position (16 %). dans le même ordre. comme l'affirment 40 % des salariés dans un sondage publié le 26 novembre par l'association Innov'Acteurs ? Cette association. alors que. selon Innov'Acteurs..motiver et à attirer des talents". "développer de nouveaux produits et services" (28 %) ou améliorer "les relations avec les clients ou les fournisseurs" (19 %) que pour "améliorer les conditions de travail" (15 %). suivi par "un management ouvert à la nouveauté et au dialogue" (20 %). les items prioritaires pour l'entreprise ne recueillent. Pour 40 %. qui regroupe entreprises privées (dont treize du CAC 40) et organismes publics autour de la promotion des "meilleures pratiques" d'innovation dans les organisations. 16 % "la capacité à s'adapter aux aléas du marché".