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Isis et les sept scorpions

Texte © Jessilia pour le site Sanctum Dea Isis, janvier 2013.

Isis et les sept scorpions Texte © Jessilia pour le site Sanctum Dea Isis, janvier 2013.http://www.metmuseum.org/Collections/search-the- collections/100002599 En revanche, trouver une transcription des hiéroglyphes gravés sur la stèle s ’ avère nettement plus difficile. Il semble en exister une version complète en français, rédigée par Alexandre Moret (1868 – 1938), et publiée en 1915 dans la Revue de l’Histoire des Religions n°72 (p.213-287) sous le titre Horus Sauveur . Cette revue apparaît dans les bases de registre de plusieurs bibliothèques, mais l ’ article lui-même ne semble pas disponible en ligne à l ’ heure actuelle. (si quelqu ’ un met la main dessus, n ’ hésitez pas à envoyer un message !) " id="pdf-obj-0-8" src="pdf-obj-0-8.jpg">

Lun des mythes du cycle osirien, on rencontre parfois cette histoire avec de légères variantes : tantôt Isis s’enfuit au départ en portant Horus dans ses bras, tantôt il n’est pas encore né ni apparemment conçu, tantôt elle est enceinte. La position des scorpions dans le cortège qui Laccompagne semble également connaître des variantes, mais en dehors de cela, le principal de l’histoire reste relativement identique d’une version à l’autre.

La source la plus complète, connue à ce jour, pour ce mythe est gravée sur un cippe d’Horus* connu sous le nom de la stèle de Metternich, et actuellement au Musée d’Art Métropolitain de New-York.

(*stèle en forme de pierre tombale représentant Horus enfant debout sur un crocodile et tenant plusieurs animaux dangereux scorpions, serpents, etc. dans ses mains, et généralement surmonté par la tête du dieu nain Bes. Les cippes servaient de protection aux endroits où ils étaient placés)

On peut voir des images en haute résolution de la stèle sous toutes ses coutures (on peut zoomer sur chaque image) sur le site du Musée : http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-

En revanche, trouver une transcription des hiéroglyphes gravés sur la stèle savère nettement plus difficile. Il semble en exister une version complète en français, rédigée par Alexandre Moret (1868 1938), et publiée en 1915 dans la Revue de l’Histoire des Religions n°72 (p.213-287) sous le titre Horus Sauveur. Cette revue apparaît dans les bases de registre de plusieurs bibliothèques, mais larticle lui-même ne semble pas disponible en ligne à lheure actuelle. (si quelquun met la main dessus, nhésitez pas à envoyer un message !)

Une transcription en anglais a été publiée dans le livre The Art of Medicine in Ancient Egypt de James P. Allen (p.49 à 64), disponible à la vente ici : http://www.amazon.com/Medicine-Ancient-Egypt-

On peut en voir la majeur partie sur Google books :

L’histoire se déroule donc comme suit :

Après le meurtre d’Osiris, Seth a enfermé Isis dans la

maison où elle tisse les bandelettes de lin qui doivent servir à préparer la momie de son défunt époux et frère.

Le dieu Thot vient la voir et l’exhorte à s’enfuir et à cacher son enfant jusqu’à ce qu’il soit grand et fort et revienne

pour monter sur le trône qui lui revient et régner sur les

Deux Royaumes (l’Egypte). [Vu le moment où se déroule cette histoire dans le mythe osirien, Isis n’est pas encore enceinte, et il s’agit donc d’une annonciation faite par Thot…]

Isis s’enfuit de nuit escortée par sept scorpions, à qui elle commande la plus grande discrétion et de n’adresser la parole à quiconque tant qu’ils n’auront pas atteint leur objectif et qu’Elle ne sera pas en sécurité. Les noms des scorpions sont donnés comme suit : Tefen et Befen, Mestet et Mestefet, Petet, Tjetet, et Matet sweeping. Deux ouvrent la marche devant elle ; deux l’encadrent, un de chaque côté ; et trois ferment la marche.

Ils vont jusqu’à Persui, « la ville des deux sœurs » [référence à Isis et Nephtys ?] mais lorsqu’ils approchent des maisons des femmes mariées, une femme noble prend peur en voyant le cortège qui accompagne Isis et lui ferme sa porte. Une femme modeste lui ouvre et laisse entrer.

Une transcription en anglais a été publiée dans le livre The Art of Medicine in Ancienthttp://www.amazon.com/Medicine-Ancient-Egypt- Metropolitan-Museum/dp/0300107285 On peut en voir la majeur partie sur Google books : http://books.google.fr/books?id=jNbVl5LOjHUC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false ) L’histoire se déroule donc comme suit : Après le meurtre d’Osiris, Seth a enfermé Isis dans la maison où elle tisse les bandelettes de lin qui doivent servir à préparer la momie de son défunt époux et frère. Le dieu Thot vient la voir et l’exhorte à s’enfuir et à cacher son enfant jusqu’à ce qu’il soit grand et fort et revienne pour monter sur le trône qui lui revient et régner sur les Deux Royaumes (l’Egypte). [ Vu le moment où se déroule cette histoire dans le mythe osirien, Isis n’est pas encore enceinte, et il s’agit donc d’une annonciation faite par Thot… ] Isis s’enfuit de nuit escortée par sept scorpions, à qui elle commande la plus grande discrétion et de n’adresser la parole à quiconque t ant qu’ils n’auront pas atteint leur objectif et qu’Elle ne sera pas en sécurité. Les noms des scorpions sont donnés comme suit : Tefen et Befen, Mestet et Mestefet, Petet, Tjetet, et Matet sweeping. Deux ouvrent la marche devant elle ; deux l’encadrent, u n de chaque côté ; et trois ferment la marche. Ils vont jusqu’à Persui, « la ville des deux sœurs » [ référence à Isis et Nephtys ? ] mais lorsqu’ils approchent des maisons des femmes mariées, une femme noble prend peur en voyant le cortège qui accompagne Isis et lui ferme sa porte. Une femme modeste lui ouvre et laisse entrer. Les sept scorpions décident de venger l’affront qui vient d’être fait à la Déesse, et rassemblent leur venin dans le dard de Tefen, qui s’introduit sous la porte de la femme noble et pique son jeune enfant. Le poison qui asphyxie l’enfant est décrit comme un feu qui se déclenche dans la maison de la riche femme, qui n’a aucune eau pour l’éteindre, et sort de chez elle, se répandant en lamentations car elle ignore si son enfant va survivre. Isis prend pitié de l’enfant car il est innocent et dit à la femme de venir à Elle, car Elle est savante – ayant reçu l’enseignement de Son père – et sait repousser le venin. " id="pdf-obj-1-46" src="pdf-obj-1-46.jpg">

Les sept scorpions décident de venger l’affront qui vient d’être fait à la Déesse, et rassemblent leur venin dans le dard de Tefen, qui s’introduit sous la porte de la femme noble et pique son jeune enfant.

Le poison qui asphyxie l’enfant est décrit comme un feu qui se déclenche dans la maison de la riche femme, qui n’a aucune eau pour l’éteindre, et sort de chez elle, se répandant en lamentations car elle ignore si son

enfant va survivre.

Isis prend pitié de l’enfant car il est innocent et dit à la femme de venir à Elle, car Elle est savante – ayant reçu l’enseignement de Son père – et sait repousser le venin.

Elle étend ensuite ses mains sur l’enfant et prononce une formule magique, nommant un par un chacun des sept scorpions et commandant à leur venin de quitter le corps de l’enfant, car ainsi le dit Isis, déesse

grande en magie et bien-aimée du Soleil. Aussitôt l’enfant guéri, la femme riche apporta tout ce qu’elle possédait à la femme humble, car celle-ci avait ouvert à la déesse quand elle-même ne l’avait pas fait.

« Ainsi, que vive l’enfant et que le poison meurt, ainsi Horus sera en bonne santé pour sa mère Isis, et alors tous ceux qui souffrent recouvreront la santé également. Du pain d’orge repoussera le poison et les bulbes d’oignons feront tomber la fièvre. »

Cette histoire est gravée au dos de la stèle de Metternich, mais le reste de la stèle est couvert d’invocations et incantations pour la guérison et la protection. Verser de l’eau sur un cippe d’Horus en récitant les formules appropriées permettait de charger cette eau des vertus magiques décrites sur le cippe. Et les

invocations contenues dans le mythe d’Isis et les sept scorpions furent utilisées par les égyptiens pour

prévenir et soigner les piqûres de scorpions.

Comme l’indique la dernière invocation – que j’ai retranscrite à la fin – la personne souffrante était assimilée à Horus afin que le sort soit effectif. Les incantations devaient être récitées en même temps qu’on appliquait un onguent à base de pain d’orge, d’ail et de sel.

Metternich stela at the Metropolitan Museum of Arts, New York, NY.

  • Sources sur le mythe d’Isis et les sept scorpions :

  • Sources sur la stèle de Metternich :

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