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LA CRISE DE 1929 ET
L'EMERGENCE DU KEYNESIANISME
Jusqu'en 1930 les politiques économiques visaient l'équilibre budgétaire suivant la règle d'or des
finances publiques qui veut que les recettes courantes financent les dépenses courantes et que
seules les dépenses d'investissement soient financées par l'emprunt. Il peut donc exister des déficits
courants, mais ils doivent être temporaires. L'équilibre budgétaire fait que l'Etat a un comportement
pro-cyclique vis à vis de l'économie. En période de baisse de l'activité, il doit diminuer ses
dépenses, car les recettes fiscales diminuent consécutivement à la situation économique. Par contre,
en période d'expansion, lorsque les recettes sont élevées et croissantes, l'Etat doit augmenter ses
dépenses. On constate que ce comportement accentue les cycles. La crise de 1930 a mis à mal ces
idées d'où l'émergence de la théorie keynésienne dans laquelle l'Etat doit avoir un rôle de régulateur
et donc agir de façon anti-cyclique.
L'analyse keynésienne a permis de mettre en évidence le lien entre le revenu d'équilibre et la dépense
autonome. En particulier, une variation de la dépense autonome induit une variation plus que
proportionnelle du revenu grâce à l'effet du multiplicateur. L'équilibre macro-économique n'est
donc plus seulement déterminé par la valeur du revenu, mais par celle du couple (revenu, taux
d'intérêt). Il faut donc prendre en compte non seulement le marché des biens et services, qui permet
de trouver le revenu d’équilibre,Y*, mais aussi celui de la monnaie pour déterminer le taux d’intérêt
d’équilibre, r*. L'équilibre simultané de ces deux marchés permet de trouver l'équilibre macro-
économique.
A partir de l’analyse keynésienne, l'Etat prend une part croissante dans les questions économiques et
sociales. Bien que l'économie soit régulée principalement par les marchés, les pouvoirs publics ne
sont pas des observateurs neutres. L'Etat est le seul acteur à pouvoir intervenir au niveau macro-
économique. Son intervention se justifie par les limites de la régulation économique des marchés. Il
assure trois fonctions:
♠ Fonction d'affectation: production ou financement de biens et services collectifs
♠ Fonction de redistribution: transferts entre agents économiques
♠ Fonction de régulation: recherche du plein emploi, de la croissance, de la compétitivité nationale,
maîtrise de l'inflation.
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Keynes montre que le capitalisme débouche naturellement sur une situation de sous-emploi durable.
Il préconise donc l'intervention de l'Etat pour soutenir la demande.
Il ne faut pas oublier que l'analyse keynésienne est une analyse de la demande essentiellement
(l’équilibre économique général est déterminé par le comportement initial de la fonction de demande
globale). L'offre de monnaie est totalement contrôlée par les autorités monétaires et considérée
comme fixe, c'est donc une variable exogène qui ne dépend pas du taux d'intérêt.
Pour Keynes, les agents économiques détiennent de la monnaie pour trois motifs:
* transaction: la monnaie permet d'acquérir des biens. C'est une fonction du revenu
* précaution: elle permet de faire face aux aléas économiques. Cette demande de
monnaie n'est pas importante par rapport à la demande précédente. C'est aussi une
fonction du revenu.
* spéculation : ce motif est une rupture fondamentale par rapport aux analyses
précédentes. Il implique que la monnaie peut être demandée pour elle-même, c'est un
bien comme un autre alors qu'auparavant, la monnaie n'avait qu'un rôle utile: la
monnaie est un voile (J.B. Say) elle n'a pas de valeur en soi.
Le but des opérations de spéculation est de réaliser des plus-values en capital. Le spéculateur est
quelqu'un qui essaie de tirer partie du fait qu'il pense connaître le futur mieux que le marché. Il opère
des arbitrages dans le temps, c'est à dire qu'il achète des actifs quand leur valeur est faible pour les
revendre lorsqu'elle aura augmenté.
La demande de monnaie à des fins de spéculation ne dépend que du taux d'intérêt. En effet,
la monnaie, si elle constitue l'actif le plus liquide, ne rapporte pas d'intérêt. Le portefeuille de l'agent
est donc partagé entre titres financiers et monnaie
La demande de monnaie globale est la somme des demandes de monnaie à des fins de transaction et
de précaution et à des fins de spéculation.
La théorie de la demande de biens et services est l'interprétation de la théorie keynésienne du
revenu. La courbe IS (Investment-Saving) représente l'équilibre sur ce marché, c'est à dire, en
économie fermée:
Offre = Demande
Y = C + I + G
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C: demande émanant des ménages (consommation)
I: demande émanant des entreprises (investissements)
G: demande émanant de l'Etat (dépenses gouvernementales)
Y: revenu national
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