Vous êtes sur la page 1sur 70

numéro 08

les dossiers

numéro 08 les dossiers i f e n décembre 2007 Les pratiques environnementales des Français en
i f e n décembre 2007
i f e n
décembre 2007

Les pratiques environnementales des Français en 2005

Eau

Nature

Air

Sol

Territoires

Déchets

Risques

Pressions

Économie

Société

Synthèses Développement durable

Économie Société Synthèses Développement durable i n s t i t u t f r a

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

Moto, mobylette, scooter Voiture (sauf véhicule utilitaire) Autres véhicules motorisés** Vélo
Moto,
mobylette,
scooter
Voiture
(sauf
véhicule
utilitaire)
Autres
véhicules
motorisés**
Vélo
(sauf véhicule utilitaire) Autres véhicules motorisés** Vélo ç a i s d e l ' e

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Les pratiques environnementales des Français en 2005

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Les pratiques environnementales des Français en 005

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

Directeur de la publication : Bruno Trégouët, Directeur de l'Ifen

Rédactrice en chef : Françoise Nirascou

Auteur : Alexis Roy

Coordination éditoriale : Corinne Boitard

Traitements statistiques : Céline Métaireau, Céline Faure, Gaëtan Soulas, Marie Dagouassat

Traducteur : Geoffrey Bird

Maquette-Réalisation : Chromatiques Editing

Iconographie couverture : Medad (3) et DR (1)

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Sommaire

Les gestes « verts » à l’épreuve des contraintes quotidiennes

Du tri sélectif aux ampoules basse consommation :

11

des gestes et attitudes inégalement adoptés

11

L’influence de l’habitat sur l’adoption des pratiques environnementales

16

L’influence des conditions sociales et économiques de vie des ménages

18

Des pratiques conformes aux opinions ?

1

Le cas emblématique de la voiture

6

Méthodologie

9

L’enquête

9

Opinions, attitudes et pratiques

9

Champ et méthodes d'analyse

31

Tableaux détaillés

35

Répartition des ménages selon le nombre de pratiques adoptées

35

L’équipement des ménages

35

Tableaux croisés des 14 questions

36

Caractéristiques des ménages et nombre de pratiques

50

Les opinions

54

Classes d’opinion et caractéristiques des individus

56

Classes d’opinion et nombre de pratiques environnementales

61

Classes d’opinion et pratiques environnementales

6

Bibliographie

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

67

3

Les pratiques environnementales des Français en 005

4

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Liste des tableaux

Part des ménages ayant adopté des pratiques et attitudes environnementales

La progression des pratiques régulières de tri au sein des ménages entre 1998 et 005

Évolution générale de la présence de collecteur ou collecte à domicile

Évolution du tri parmi les ménages qui ont un collecteur public près de chez eux ou une collecte à domicile

Le tri des déchets selon l’offre de dispositif de collecte sélective

Les modalités les plus déterminantes dans le nombre de pratiques adoptées par les ménages

L’influence de la catégorie socioprofessionnelle sur l’adoption des gestes concrets

Type de commune et revenu par unité de consommation

Les classes dont les individus appartiennent à un ménage ayant adopté 10 pratiques et plus

Les classes dont les individus appartiennent à un ménage ayant adopté 6 pratiques et moins

Les pratiques environnementales selon les classes d’opinion

Parmi les moyens de transport suivants, lequel utilisez vous habituellement pour vous rendre sur votre lieu de travail ou d’études ?

La principale raison de l’utilisation de sa voiture ou moto pour se rendre au travail

Pour quelle raison la personne interrogée a pris la voiture ?

Liste des graphiques

L'équipement des ménages

Des pratiques environnementales bien installées dans les habitudes des ménages

L’adoption de gestes concrets selon le nombre de pratiques effectuées

L’adoption d’attitudes liées à l’attention selon le nombre de pratiques effectuées

Le rôle positif de la collecte en porte à porte

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

11

11

14

15

15

17

19

0

3

3

5

7

7

7

1

13

13

13

15

5

Les pratiques environnementales des Français en 005

Summary

T he survey of the environmental habits of French households provides a detailed view of the degree to which care for the environ-

ment has become integrated into daily household rou- tines. The survey was conducted in January 2005 by the Insee (national office of statistics), the Ademe (agency for environment and energy management) and the Ministry for Ecology and Sustainable Planning and Development's economic studies and environmen- tal evaluation unit. In addition to practical analyses, the survey provides a perspective on how adoption of environmental habits relates to individuals' environ- mental awareness.

Practices such as sorting of glass, batteries and packag- ing, not leaving the television on standby or being attentive to electricity consumption are now well estab- lished as part of people's daily lives.

Purchasing of organic produce, use of low-consumption light bulbs or paying attention to the amount of waste that may arise as the consequence of a purchase are, how-

ever, less common. These emerging forms of behaviour constitute the indicators for monitoring of the diffusion of environmentally conscious habits into daily life.

The survey illustrates the consistency between the degree to which households adopt environmental habits and their environmental awareness, measured by opinion surveys.

Habits are not only determined by households' environ- mental awareness, but also by lifestyle constraints (major urban conglomeration, average town, town centre, peripheral area), type of dwelling (apartment, private house), pace of life and by the amenities pro-

vided by local authorities (separate collection of waste,

cycle paths

),

etc.

More than income or social and professional status taken in isolation, it is a certain degree of social wellbe- ing that makes households more receptive to the collec- tive implications (citizenship, concern for future gen- erations) of ‘green’ habits.

6

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Résumé

L ’enquête sur les pratiques environnementales des ménages permet de dresser un état des lieux détaillé de l’intégration de l’environ-

nement dans les gestes quotidiens des ménages. Cette enquête a été conduite en janvier 2005 par l’Insee en partenariat avec l’Ifen, l’Ademe et la direc- tion des études économiques et de l’évaluation envi- ronnementale du ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables. Outre l’analyse de certaines pratiques, l’enquête met en perspective l’adoption des comportements envi- ronnementaux avec la sensibilité environnementale des individus.

Des pratiques comme le tri du verre, des piles, des emballages et du papier, l’arrêt de la veille de la télé- vision ou faire attention à sa consommation d’électri- cité sont désormais bien installées dans les habitudes quotidiennes.

L’achat des produits issus de l’agriculture biologique, l’équipement en ampoules basse consommation ou l’attention à la quantité de déchets qu’implique un achat sont encore peu diffusés. Ces comportements

émergents constituent des indicateurs de suivi de la diffusion de l’environnement dans les habitudes quo- tidiennes.

L’enquête a permis de mettre en évidence la cohé- rence entre le degré d’adoption des pratiques envi- ronnementales chez les ménages et leur sensibilité environnementale mesurée à l’aide de questions d’opinion.

Les pratiques ne sont pas uniquement déterminées par la sensibilité environnementale des ménages, mais aussi par les contraintes du cadre de vie (grande agglomération, ville moyenne, centre-ville, périphé- rie), l’habitat (appartement, maison individuelle), les rythmes de vie, les facilités offertes aux habitants par les collectivités (collecte sélective des déchets, pistes cyclables), etc.

Plus que le revenu ou la catégorie socioprofessionnelle pris isolément, c’est une certaine aisance sociale qui rend les ménages plus réceptifs au sens collectif (citoyenneté, solidarité avec les générations futures) contenu dans les gestes environnementaux.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

7

Les pratiques environnementales des Français en 005

D epuis une trentaine d’années, de nombreuses études ont été conduites afin de mesurer la diffusion

d’une sensibilité environnementale chez les individus (Ifen, 2000). Très majoritairement réalisées

à travers des enquêtes par questionnaires selon la technique des sondages d’opinion, ces études

consistent principalement à déterminer si les individus se sentent concernés par l’environnement parmi d’autres sujets de préoccupations (chômage, insécurité, terrorisme, maladie), quelles sont les questions envi- ronnementales qui les préoccupent le plus (pollution de l’eau, de l’air, atteinte à la faune et la flore, risque nucléaire, organismes génétiquement modifiés, effet de serre, bruit…), leur jugement sur la suffisance de l’information, la confiance qu’ils accordent aux divers acteurs intervenant dans le champ de l’environne- ment, les efforts financiers et les gestes « verts » qu’ils sont prêts à faire, etc.

Même si l’environnement ne constitue pas le sujet le plus préoccupant (le chômage, la misère et l’exclusion ou l’insécurité sont davantage cités), les enquêtes montrent qu’une part croissante de la population se déclare

sensible à ce sujet à travers les préoccupations qu’elle exprime et les gestes qu’elle déclare réaliser ou être prête

à réaliser. Ces enquêtes d’opinion révèlent aussi que le souci pour l’environnement a toujours été plus fort

chez les catégories sociales supérieures. Face à ce constat, l’une des thèses les plus répandues parmi les socio- logues de l’environnement (Bozonnet, Inglehart) consiste à établir un lien entre le souci pour l’environne- ment et le système de valeurs spécifiques aux classes les plus diplômées. Cette théorie postule ainsi que l’absence de préoccupations matérielles de base (se loger, se vêtir, se nourrir) rend les individus des pays industrialisés, et au sein de leur population ceux des classes supérieures, plus disponibles à des valeurs dites « postmatéria-

listes » comme l’hédonisme, la réalisation de soi, la liberté individuelle, le droit des femmes, la liberté sexuelle ou la défense de l’environnement. Si l’on a pu noter dans les enquêtes menées dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix que le diplôme ou la catégorie socioprofessionnelle (CSP) étaient des variables discrimi- nantes, ce phénomène tend néanmoins à s’éroder depuis quelques années. L’environnement devient en effet une préoccupation de plus en plus consensuelle. Les enquêtes d’opinion les plus récentes tendent, en effet,

à montrer que l’ensemble du corps social déclare accorder de l’importance à la question sans que l’on puisse dégager des écarts majeurs parmi les principales catégories sociodémographiques : âge, sexe, profession et revenu.

L’une des autres grandes régularités que révèlent ces enquêtes est l’écart existant entre la sensibilité des indi- vidus pour l’environnement, les efforts qu’ils déclarent être prêts à faire et ce qu’ils font réellement. Même si elle progresse, la traduction en acte (tri des déchets, usage du vélo et des transports en commun pour les déplacements quotidiens, économie d’énergie et d’eau) du « verdissement » de l’opinion demeure très partielle. Cependant, on peut faire l’hypothèse que l’éternel constat du décalage entre les opinions et les comportements est, en partie, lié aux dispositifs de mesure eux-mêmes que sont les enquêtes par question- naires sur la perception sociale de l’environnement. L’adhésion à la cause environnementale s’imposant de plus en plus comme une norme sociale consensuelle, les enquêtes centrées sur la mesure des opinions et attitudes à l’égard de l’environnement entraînent un effet de désirabilité sociale bien connu des sondages. Il s’agit ainsi pour l’individu interrogé, de répondre en conformité avec la perception qu’il a de ce qu’est la posture la plus répandue dans le corps social sur un sujet donné. Par ce processus, l’enquête contribue donc d’elle-même à amplifier l’écart entre ce que disent et ce que font les individus.

8

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Afin de dépasser ces limites, il est nécessaire de concevoir des questionnaires qui permettent de s’affranchir le plus possible de la dimension normative et abstraite des enquêtes d’opinion classiques. L’interrogation détaillée sur des comportements environnementaux constitue une voie intéressante. En 1998 et en 2005, l’Ifen s’est ainsi associé à l’Insee pour réaliser une enquête sur les pratiques environnementales des ménages.

L’objectif de l’enquête a été de mesurer de manière aussi détaillée que possible l’ancrage d’un certain nombre de pratiques environnementales dans la vie quotidienne des ménages : tri des déchets, consommation d’eau et d’énergie, usage des équipements électroménagers, usage des transports, etc. Le questionnaire visait ainsi à restituer de manière aussi précise que possible la manière dont les pratiques environnementales s’insèrent dans « l’épaisseur » des habitudes quotidiennes. À l’aide de techniques d’analyse de données (régression logistique, analyse factorielle, classification), l’exploitation de l’enquête s’est attachée à produire une analyse intégrée des comportements et des facteurs qui les influencent que l’examen des seuls tris à plats et croisés ne permet pas ; ces derniers ayant l’inconvénient de livrer une vision souvent fragmentée et déterministe des variables influençant l’adoption des comportements.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

9

Les pratiques environnementales des Français en 005

10

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Les gestes « verts » à l’épreuve des contraintes quotidiennes

Quatorze questions emblématiques des pratiques écologiques ont été retenues de l’ensemble du questionnaire afin de caractériser le profil environ- nemental des ménages. Huit concernent des gestes concrets et six relèvent d’attitudes de vigilance dans le domaine de la consommation de biens et d’énergie. Un certain nombre de pratiques environnementales comme le tri des déchets sont désormais bien instal- lées dans les habitudes quotidiennes des ménages. Dans le domaine de la consommation, les produits issus de l’agriculture biologique ou les ampoules basse consommation occupent en revanche une place encore réduite. Le cadre de vie, l’habitat et la situation socio-économique influencent le degré d’adoption des gestes environnementaux. Parallèlement à ces contraintes, la sensibilité à l’environnement demeure toutefois un facteur explicatif important de l’intégration des pratiques environnementales.

Du tri sélectif aux ampoules basse consommation : des gestes et attitudes inégalement adoptés

Le tri des déchets est entré dans les habitudes

Parmi les différents comportements environnemen- taux possibles, certains d’entre eux sont adoptés par une large majorité des ménages interrogés. Parmi ceux-ci, les comportements liés au tri sont désormais bien installés dans la vie quotidienne des Français :

3 ménages sur 4 affirment trier régulièrement leurs déchets (verre, piles, papiers, emballages). Ces prati- ques ont progressé de manière significative depuis 1998 (Insee, 1999) où 36 % des ménages décla- raient trier régulièrement le papier, 24 % les piles et 20 % le plastique. Dans une moindre mesure, l’arrêt de la veille de la télévision ou l’apport d’un cabas à roulettes, d’un panier ou d’un sac pour faire ses courses sont éga- lement des gestes assez répandus. De même, une large majorité des ménages déclare faire attention à

Part des ménages ayant adopté des pratiques et attitudes environnementales

Les gestes concrets

En % des ménages

Tri régulier du verre usagé pour le recyclage

77

Tri des piles usagées pour le recyclage

73

Tri régulier des vieux papiers, journaux et magazines pour le recyclage

71

Tri régulier des emballages et des plastiques pour le recyclage

71

Arrêt systématique de la veille de la télévision

69

Apport d’un cabas à roulettes, d’un panier ou de sacs pour faire les courses (magasins de proximité ou grandes surfaces)

63

Achat au cours du dernier mois dans un magasin Bio ou dans le rayon Bio d’un supermarché

1

Équipement d’une part importante des luminaires par des ampoules basse consommation

15

Les attitudes liées à l’attention

 

Attention à la consommation d’électricité

84

Attention à la consommation d’eau

77

Connaissance du montant de la facture d’électricité

70

Attention à la consommation d’énergie lors de l’achat d’un électroménager

59

Connaissance du montant de la dépense annuelle en eau

56

Attention à la quantité de déchets qu’implique l’achat de certains produits

17

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

La progression des pratiques régulières de tri au sein des ménages entre 1998 et 005

Le tri des déchets (en %)

1998

2005

Tri régulier du verre usagé pour le recyclage

64

77

Tri des piles usagées pour le recyclage

4

73

Tri régulier des vieux papiers, journaux et magazines pour le recyclage

36

71

Tri régulier des emballages et des plastiques pour le recyclage

0

71

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 1998 et 005.

sa consommation d’électricité et d’eau. Prendre en compte la consommation d’énergie lors de l’achat d’un électroménager est également une attitude courante puisque 6 ménages sur 10 déclarent le faire.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

11

Les pratiques environnementales des Français en 005

À l’inverse du tri ou de l’attention à la consomma- tion d’eau et d’électricité, certaines pratiques comme l’achat de produits issus de l’agriculture biologique ou l’équipement d’une part importante des luminaires du logement en ampoules basse consommation sont mises en œuvre par un nombre limité de ménages. La question du surcoût de ces produits en est proba- blement l’une des raisons. Faire attention à la quan- tité de déchets qu’implique l’achat d’un bien est également une attitude encore peu répandue.

En moyenne, les ménages déclarent effectuer 8 pra- tiques parmi les 14 sélectionnées. La plupart des gestes et attitudes sont désormais bien installés dans la vie quotidienne de la majorité des ménages (77 %) qui ont intégré 7 pratiques et plus. Leur répartition selon le nombre de pratiques environnementales adoptées n’est toutefois pas uniforme : 23 % décla- rent de 0 à 6 pratiques, 43 % de 7 à 9 et 34 % de 10 à 14.

Quelques chiffres sur la consommation d’énergie par les ménages

• La dépense annuelle d’énergie pour un ménage s’élevait en 004 à 670 D.

• La consommation d’électricité a crû en volume de 7 % entre 198 et 005.

• En 006, l’éclairage représente 10 % de la consommation d’électricité d’un logement.

• L’augmentation de la consommation d’électricité du secteur résidentiel est essentiellement due aux consom mations d’électricité spécifique (électricité hors chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson) qui ont augmenté de 75 % depuis 1990. Cette évolution est principalement due à l’accroissement du nombre d’appareils élec troménagers dans les foyers : produits bruns (TV, magnétoscope, HI FI, décodeurs, téléphonie, ordinateurs…) et petits équipements électroménagers (fers à repasser, aspirateurs…) représentent en 006 plus de 0 % des consommations d’électricité du secteur résidentiel.

• L’équipement blanc le plus courant chez un ménage (réfrigérateur, lave linge et lave vaisselle) représente une consommation d’environ 837 kWh/an. Un sèche linge et un congélateur supplémentaires doublent cette consommation. Les étiquettes A+ permettent de réduire de 0 % la consommation d’électricité.

• Une lampe basse consommation divise par 5 la consommation d’électricité d’une ampoule classique.

• La veille des appareils bruns (téléviseur, ordinateur, chaîne, magnétoscope) représente environ 07 kWh perdus par an.

Source : Insee, Ademe, Dgemp, Enertech, Ifen.

L’équipement des ménages

En % 100,0 80,0 60,0 40,0 20,0 0,0 Réfrigérateur* Congélateur (seul) sèche-linge Lave-linge/ Lave-vaisselle
En %
100,0
80,0
60,0
40,0
20,0
0,0
Réfrigérateur*
Congélateur
(seul) sèche-linge Lave-linge/
Lave-vaisselle
Lave-linge
(seul) (seul)e
Sèche-linge
Téléviseur
Four à
micro-ondes
Climatisation
Chasse
deux d'eau
à
débits
Moto,
mobylette,
scooter
Voiture
(sauf
véhicule
utilitaire)
Autres
véhicules
motorisés**
Vélo

* avec ou sans congélateur ** utilitaires, camping car, van, quad…

0

1

2

3 et +

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

1

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Des pratiques environnementales bien installées dans les habitudes des ménages

En % des ménages 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0 0
En % des ménages
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
0
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14

Nombre de pratiques

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

Le Bio, les ampoules basse consommation… des pratiques qui se diffusent

L’achat de produits Bio, l’équipement d’une part importante des luminaires en ampoules basse consommation et l’attention à la quantité de déchets qu’implique un achat sont les trois actions les moins répandues. Tout en gardant à l’esprit les freins liés au

L’adoption de gestes concrets selon le nombre de pratiques effectuées

surcoût du Bio et des ampoules basse consomma- tion, elles peuvent ainsi constituer des marqueurs de la diffusion des pratiques environnementales au sein des ménages. Ces pratiques concernent, en effet, essentiellement les ménages les plus assidus (34 %), c’est-à-dire ceux qui en déclarent entre 10 et 14.

L’adoption d’attitudes liées à l’attention selon le nombre de pratiques effectuées

En % des ménages 70 60 50 40 30 20 10 0 0-6 pratiques 7-9
En % des ménages
70
60
50
40
30
20
10
0
0-6 pratiques
7-9 pratiques
10-14 pratiques
En % des ménages 70 60 50 40 30 20 10 0 0-6 pratiques 7-9
En % des ménages
70
60
50
40
30
20
10
0
0-6 pratiques
7-9 pratiques
10-14 pratiques

Tri verre

Tri emballages et plastiques

Tri papier et presse

Tri piles

Extinction veille télévision

Cabas, panier ou sac

Achat de produits BioExtinction veille télévision Cabas, panier ou sac Équipement en ampoules basse consommation Connaissance de

Équipement en ampoules basse consommationtélévision Cabas, panier ou sac Achat de produits Bio Connaissance de la dépense d'eau Attention à

de produits Bio Équipement en ampoules basse consommation Connaissance de la dépense d'eau Attention à la

Connaissance de la dépense d'eau

Attention à la consommation d'eau

Connaissance de la facture d'électricité

Attention à la consommation d'électricité

Attention à la consommation d'énergie pour l'achat électroménager

Attention à la quantité de déchets lors d'un achat

Note de lecture : Le tri du verre, du papier et du plastique concerne 1 ménage sur parmi ceux qui déclarent entre 7 et 14 pratiques. Moins répandus au sein de la population, l’achat de produits Biologiques ou l’équipement en ampoules basse consommation sont en revanche particu lièrement présents chez les ménages qui déclarent beaucoup de pratiques (entre 10 et 14). Ces achats sont peu répandus chez les ménages qui ont adopté entre 0 et 9 pratiques.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

13

Les pratiques environnementales des Français en 005

Elles possèdent donc potentiellement une marge de progression parmi les 43 % de ménages qui déclarent effectuer régulièrement entre 7 et 9 pratiques favo- rables à l’environnement.

Quelques chiffres sur l’achat de produits issus de l’agriculture biologique

• Le marché des produits alimentaires issus de l’agri

culture biologique est évalué à 1,6 milliard d’euros

en 005 soit moins d’1 % du chiffre d’affaire total

du commerce alimentaire. 4 % sont distribués

dans des magasins spécialisés, 39 % dans des gran

des et moyennes surfaces, 18 % en vente directe.

Les produits les plus achetés : les produits d’épicerie

sucrée et salée (19 %), les fruits et légumes (17 %),

le pain et la farine (1 %), les viandes (11 %).

Source : Agence Bio 005.

Le tri des déchets facilité par les dispositifs de collecte

Le tri des déchets apparaît nettement comme le terrain d’élection des actions individuelles en faveur de l’envi- ronnement. Ceci est lié à la place particulière des déchets dans la sphère domestique, là où précisément s’exerce une relative maîtrise et où l’on peut plus facile- ment envisager le levier des « petits gestes » susceptibles d’entraîner des résultats significatifs. À cet égard, l’adoption des gestes favorables à l’envi- ronnement peut être plus ou moins dépendante des facilités matérielles offertes. La diffusion du tri est ainsi liée à la mise en place de dispositifs de collecte sélective dans de nombreuses municipalités : autant de possibilités objectives d’agir qui rencontrent des intentions établies depuis plusieurs années. En matière de solution de collecte sélective offerte aux ménages, plusieurs cas de figure peuvent se présen- ter : l’existence dans chaque domicile de plusieurs bacs de tri (collecte en porte à porte), la mise à dis- position de plusieurs bacs de tri au niveau de l’im- meuble, l’implantation de points d’apport volon- taire au niveau du quartier ou de la commune, et enfin l’absence de dispositifs de tri de proximité. Selon la dimension de cette offre de dispositifs de tri et sa proximité du domicile, l’adoption régulière des

14

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

gestes est plus ou moins coûteuse en effort et en temps. En 1998 comme en 2005, en plus des ques- tions sur les habitudes de tris, l’enquête Insee PCV sur les pratiques environnementales a questionné les ménages à propos de l’existence éventuelle de dispo- sitifs de collecte sélective de déchets en porte à porte ou sous la forme de points d’apport volontaire pro- ches du domicile. Le libellé des questions ayant été modifié pour cer- taines d’entre elles entre ces deux enquêtes (voir la méthodologie : « Libellés des questions sur les pratiques de tri en 1998 et 2005 » page 34), une comparaison stricte des résultats n’est pas possible. Cependant, il est toutefois possible de les confronter avec les pré- cautions qui s’imposent. Ainsi en 1998, à la ques- tion : « Existe-t-il dans votre commune des collec- teurs publics pour le verre usagé ? », 90 % des per- sonnes interrogées répondaient oui. En 2005, quand on leur demande : « Existe-t-il, à moins de vingt minutes à pied de votre domicile ou à moins de dix minutes avec un moyen de transport, un ou plusieurs collecteurs publics pour le verre usagé ? », un tiers des ménages répondent plusieurs, 50 % un et 10 % aucun. En tenant compte de la différence de formulation, on obtient un score assez proche (90 % en 1998 contre 84 % en 2005) concernant l’existence d’un collecteur public pour le verre usagé à proximité du domicile. Les dispositifs de collecte en porte à porte à domicile ont quant à eux nettement progressé. Près des deux tiers des ménages affirment en 2005 qu’il existe dans leur quartier ou leur village « une collecte sélective à domicile pour les plastiques, les emballages, les journaux, etc. ? » En 1998, ils étaient seulement 23 % à déclarer qu’il existait dans leur commune « un système de plu- sieurs poubelles à domicile pour le tri des déchets ménagers ».

Évolution générale de la présence de collecteur ou collecte à domicile

En %

1998

2005

Présence d’un collecteur public de verre

90

84

Présence d’une collecte à domicile

3

60

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 1998 et 005.

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Évolution du tri parmi les ménages qui ont un collecteur public près de chez eux ou une collecte à domicile

Le tri des déchets (en %)

1998

2005

Tri du verre avec présence de collecteur à proximité

67

80

Tri du plastique avec collecte à domicile

40

86

Tri du papier avec collecte à domicile

60

84

Note de lecture : Parmi les ménages qui bénéficiaient d’une collecte à domicile en 1998, seulement 40 % triaient le plastique alors qu’ils sont 86 % en 005 parmi ceux qui bénéficient d’une collecte à domicile.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 1998 et janvier 005.

La diffusion des pratiques de tri est très certaine- ment liée à la généralisation des dispositifs de collectes sélectives des déchets ménagers. L’enquête Insee PCV permet d’observer le lien entre l’offre et la pratique. Ainsi, l’absence de collecteur de verre pro- che du domicile diminue la pratique du tri. Même constat pour le tri du plastique dont la pratique augmente légèrement quand il existe un ou plusieurs collecteurs publics à moins de vingt minutes à pied ou à moins de dix minutes du domicile avec un moyen de transport. Mais davantage que la proximité des points d’apport volontaire, c’est surtout l’exis- tence d’une collecte dite « en porte à porte » au niveau du domicile qui favorise l’adoption des gestes de tri pour le papier, les emballages et les plastiques. Le rôle positif joué par la collecte sélective en porte à porte dans l’adoption du tri comparé aux points d’apport volontaire est, par ailleurs, confirmé quand on examine le cas des ménages qui trient peu ou pas, bien qu’ayant à leur disposition un dispositif de collecte sélective des déchets. À cet égard, les points

d’apport volontaire situés à proximité du logement ont un rôle dissuasif. En effet, 1 ménage sur 2 déclare ne pas trier régulièrement le papier d’une part, et les emballages et les plastiques d’autre part, tout en affirmant savoir qu’il existe à proximité de

son domicile un ou plusieurs collecteurs publics où

il est possible d’y apporter ses déchets. Quand il existe une collecte sélective à domicile pour les mêmes déchets, la proportion de ménages qui ne trient pas est alors ramenée à 1 sur 3.

Le rôle positif de la collecte en porte à porte

En % 70 58 60 57 50 40 33 30 30 20 10 0
En %
70
58
60
57
50
40
33
30
30
20
10
0

Ne trient pas régulièrement les vieux papiers, journaux et magazines pour le recyclage

les vieux papiers, journaux et magazines pour le recyclage Existence de collecteurs publics proches du domicile

Existence de collecteurs publics proches du domicile

Ne trient pas régulièrement les emballages et les plastiques pour le recyclage

les emballages et les plastiques pour le recyclage Existence d'une collecte sélective à domicile Note de

Existence d'une collecte sélective à domicile

Note de lecture : 57 % des ménages qui ne trient pas régulièrement les vieux papiers, journaux et magazines pour le recyclage disposent, près de leur domicile, d’un ou plusieurs collecteurs publics pour ce type de déchets. En revanche, la part de ceux qui ne trient pas ses déchets tombe à 33 % quand ils disposent, malgré tout, d’une collecte sélective à leur domicile pour les plastiques, les emballages et les journaux.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

Le tri des déchets selon l’offre de dispositifs de collecte sélective

En %

Avec collecteurs

Absence

Avec une

Absence

Total

proches du

de collecteur

collecte

de collecte

des ménages

domicile

proche du

à domicile

à domicile

domicile

Tri régulier du verre

80

65

*

*

77

Tri régulier des vieux papiers, journaux et magazines pour le recyclage

74

71

84

53

71

Tri régulier des emballages et des plastiques pour le recyclage

74

70

86

49

71

* absence de donnée.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

15

Les pratiques environnementales des Français en 005

Quelques chiffres sur le tri sélectif des déchets ménagers

• En 005, 90 % de la population (soit 58,6 millions) est desservie par une collecte sélective multimatériaux (papier, verre, plastique…) en porte à porte ou de points d’apport volontaire. Selon les organisations (Adelphe, Eco Emballages) et le type d’habitat (collectif/individuel, rural/urbain), la part de la population trieuse est de 70 % à 90 % en porte à porte et de 50 % à 85 % en apport volontaire.

• La production d’ordures ménagères en 004 est de 353 kg/hab/an.

• Entre 1960 et 000, la production annuelle d’ordures ménagères de chaque Français a doublé.

• Selon les données du Programme des Nations unies pour le développement, chaque Américain produit deux fois plus de déchets qu’un Mexicain, alors qu’un Japonais produit 100 kg de moins qu’un Français.

• En 005, le taux de collecte des piles était de 3 % (poids/poids de piles mis sur le marché).

Source : Ademe, 006. Emballages ménagers – données 2005. Angers, Ademe. 1 p. (coll. Repères) et Ademe, 007. Les déchets en chiffres – édition 2007. Angers, Ademe. 14 p. (coll. Données et références).

L’influence de l’habitat sur l’adoption des pratiques environnementales

Après avoir exposé l’adoption par les ménages des 14 pratiques sélectionnées, l’analyse portera sur les variables qui agissent sur le degré d’intégration de l’environnement dans les habitudes quotidiennes. Nous nous appuierons, essentiellement, sur les résultats apportés par les régressions logistiques réalisées, d’une part sur les ménages qui ont adopté 6 prati- ques et moins et, d’autre part, sur ceux qui ont adopté 10 pratiques et plus sur les 14 retenues. Il est important de souligner que les résultats présentés, dans cette étude, n’ont de sens que dans les limites des variables intégrées dans le modèle. Autrement dit, la portée des analyses demeure en toute rigueur valide dans le périmètre des 14 pratiques et des variables sociodémographiques observées. C’est pourquoi, ces résultats doivent parfois être relativi- sés et mis en perspective avec des éléments qui n’ont pas été initialement intégrés dans le modèle de régression 1 . Le lieu de résidence, le type de logement et le statut d’occupation influent sur l’adoption des pratiques environnementales. L’habitat collectif dans les gran- des villes constitue un obstacle à l’adoption des

pratiques environnementales. Toutes choses égales par ailleurs, les ménages qui adoptent peu de prati- ques se rencontrent plus souvent parmi ceux qui résident à Paris, dans son unité urbaine ou dans les centres-ville des grandes agglomérations. De même, les ménages qui habitent dans un appartement ont une probabilité supplémentaire de déclarer peu de pratiques par rapport à ceux qui résident dans une maison individuelle. Ce résultat rejoint ceux obte- nus dans les études sur le tri qui ont montré que l’espace disponible dans l’habitation est un facteur important dans l’adoption du tri sélectif des déchets (Deleuil, 2003 et 2004). Ainsi, les ménages habitant une maison individuelle sont 80 % à déclarer trier régulièrement les emballages plastiques contre 56 % quand ils résident dans un appartement situé dans un immeuble de 10 logements et plus (voir la métho- dologie : « Libellés des questions sur les pratiques de tri en 1998 et 2005 page 34). Les ménages ayant adopté peu de pratiques sont également plus souvent loca- taires (53 % contre 37 % au niveau national), alors que ceux qui ont fortement intégré l’environnement dans leurs gestes quotidiens sont plus fréquemment propriétaires de leur logement (43 % contre 37 % au niveau national) et vivent plutôt hors de Paris et de l’Île-de-France.

1 Les régressions logistiques présentées dans ce document (tableau ci contre) sont différentes de celles qui ont été utilisées dans « Le 4 pages » n° 109 de l’Ifen. Des variables ont été ajoutées aux modèles : la variable « CSP » a été séparée afin de distinguer les modalités « Agriculteurs » et « Artisans, commerçants, chefs d’entreprises », la variable « Type de logement » remplace la « Sur face du logement habité » et le « Type de commune » remplace la « Strate de tirage ». Sans modifier la structure générale de l’influence des variables, ces changements ont entraîné quelques variations dans les résultats.

16

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Les modalités les plus déterminantes dans le nombre de pratiques adoptées par les ménages

Variables Écart à la probabilité de référence pour 6 pratiques et moins Écart à la
Variables
Écart à la probabilité de référence
pour 6 pratiques et moins
Écart à la probabilité de référence
pour 10 pratiques et plus
Âge
15
30 ans
+108%
63%
31
40 ans
ns
7%
41
50 ans
Référence
61
70 ans
ns
ns
Personne seule
+44%
5%
Couple sans enfant
+%
+9%
Autre type de ménage
ns
ns
Moins de 400
ns
38%
800
1 00
Référence
1
600
000
ns
ns
Pas de diplôme
+58%
44%
BEP/CAP/Brevet professionnel
ns
ns
Bac +
ns
ns
Bac +5 et plus
ns
ns
Agriculteur
+3%
56%
Ouvrier (y compris ouvrier agricole)
+63%
5%
Employé
Référence
Chômeur (inscrit(e) ou non à l’ANPE)
ns
ns
Etudiant(e), élève, en formation ou stage
+91%
ns
Autre situation (personne handicapée…)
ns
ns
Ferme, pavillon ou maison indépendante
Référence
Appartement dans un immeuble de 10 logements et plus
+56%
37%
Autres
ns
ns
Locataire
Référence
ence
Propriétaire
3%
ns
ns
Paris
+151%
ns
Pôle urbain, unité urbaine de + de 100 000 hab. (ville centre)
+50%
Pôle urbain, unité urbaine de + de 100 000 hab. (ville banlieue)
ns
Pôle urbain, unité urbaine de
de 100 000 hab (ville banlieue)
ns
ns : écart non significatif.
Variable non significative. * Revenu mensuel par unité de consommation dans le ménage. Note de lecture : Toutes choses

égales par ailleurs, une personne de 15 30 ans a 108 % de chance supplémentaire d’avoir 6 pratiques et moins qu’une personne de 41 50 ans.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

17

Les pratiques environnementales des Français en 005

Quelques chiffres sur l’habitat

• 75 % des habitants de la métropole vivent dans des communes urbaines en 1999.

• En 003, l’habitat occupe 3,7 % du territoire national avec millions d’hectares.

• Deux facteurs contribuent à la périurbanisation :

l’essor de la maison individuelle (61 % des construc tions entre 1999 et 004, 57 % du parc de loge ment en 00) et l’augmentation des surfaces habitables (+ 0,5 % par an sur dix ans).

• Le nombre de ménages augmente : pour 1 000 personnes, il fallait 33 logements en 1968, 417 en

1999.

• Une maison représente en 004 une occupation au sol de 1 17 m², un appartement 95 m² au sol.

Source : Ifen, d’après Teruti Scees et comptes des loge ments, SESP et Ademe, 007. Les déchets en chiffres – édition 2007. Angers, Ademe. 14 p. (coll. Données et références).

Cependant, la validité de ces résultats est circons- crite aux 14 pratiques retenues. Ils ne traduisent, en aucun cas, l’impact global des ménages sur l’envi- ronnement. Si cette analyse montre, en effet, qu’ha- biter en appartement dans le centre d’une grande ville peut constituer un obstacle à l’adoption de certaines pratiques environnementales, on sait bien par ailleurs que la périurbanisation liée à la multipli- cation des maisons individuelles en zones pavillon- naires est à l’origine de problèmes environnemen- taux importants. Habiter une maison entraîne une dépendance accrue à la voiture et de nombreux déplacements, une consommation d’énergie et d’es- pace plus importante par habitant. Au fur et à mesure que l’on s’éloigne des centres ville, la consommation d’énergie par habitant augmente. L’étalement des agglomérations est ainsi fortement lié à des modes de vie consommateurs d’énergie et donc émetteurs de gaz à effet de serre : un périurbain émet 2 à 3 fois plus de CO 2 qu’un habitant de centre-ville (Ifen, 2006b ; Ifen, 2006a).

18

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

L’influence des conditions sociales et économiques de vie des ménages

Dans l’ensemble, l’adoption de comportements et d’attitudes favorables à l’environnement s’observe plus fréquemment chez des ménages relativement « bien installés » dans la vie. Cette situation en matière de conditions de vie s’exprime à travers différentes caractéristiques des ménages (logement, revenu, com- position) et de la personne de référence de ces ménages (âge, catégorie socioprofessionnelle). L’âge de la personne de référence et la composition du ménage influencent plus particulièrement le nombre de pratiques adoptées. Parmi les ménages effectuant un petit nombre de pratiques environne- mentales (entre 0 et 6 sur les 14 sélectionnées), on trouve des personnes seules qui ont entre 15 et 30 ans plus souvent que la moyenne. La probabilité pour qu’un ménage adopte 6 pratiques et moins est deux fois plus élevée si la personne de référence a moins de 30 ans que si elle a entre 41 et 50 ans, toutes choses égales par ailleurs. À l’opposé, la probabilité d’adopter un grand nombre de prati- ques environnementales (entre 10 et 14) est beau- coup plus faible pour un ménage dont la personne de référence a moins de 30 ans que si elle a entre 41 et 50 ans. La composition du ménage détermine également le nombre de pratiques environnementales adoptées :

les personnes seules, les familles monoparentales en déclarent peu comparativement aux ménages vivant en couple. De plus, les couples sans enfant à domi- cile sont un peu plus fréquents parmi les ménages ayant entre 10 et 14 pratiques environnementales. La catégorie socioprofessionnelle est aussi un critère discriminant. La probabilité de déclarer peu de pra- tiques favorables à l’environnement est beaucoup plus importante pour les agriculteurs que pour les employés. Être artisan, commerçant ou chef d’entre- prise augmente également la probabilité d’avoir peu intégré de gestes favorables à l’environnement dans les habitudes quotidiennes. Certaines caractéristi- ques influent davantage selon qu’il s’agit de gestes concrets ou de pratiques relevant de l’attention. On rencontre ainsi plus d’ouvriers parmi ceux qui ont adopté peu de gestes concrets comme le tri des

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

déchets ou l’arrêt de la veille de la télévision. Inversement, les cadres, professions libérales et pro- fessions intellectuelles ainsi que les ménages les plus diplômés (ceux dont la personne de référence possède 3 à 4 années d’études supérieures) sont ceux qui effectuent le plus de gestes concrets (7 ou 8). Un faible niveau d’études ou l’absence de diplôme est également un critère défavorable à l’adoption de pratiques environnementales. Mais les différences observées peuvent aussi traduire les facilités offertes par la collectivité d’adopter ou non des attitudes respectueuses de l’environnement :

caractéristiques liées à la taille des unités urbaines et forte spécificité des agriculteurs due à leur isolement géographique. Le revenu influe également sur le nombre de prati- ques environnementales : les ménages dont le revenu (par unité de consommation) est inférieur à 800 D sont relativement peu nombreux parmi ceux qui effectuent 10 à 14 pratiques environnementales. Un résultat de la régression semble toutefois nuan- cer l’effet du revenu sur l’adoption des pratiques environnementales. En effet, les ménages ayant des revenus mensuels par unité de consommation supé- rieurs à 2 000 D ont, toutes choses égales par ailleurs, plus de chance d’adopter peu de pratiques environ- nementales par rapport aux ménages ayant des reve- nus compris entre 800 et 1 200 D. Symétriquement, on observe qu’avoir des revenus élevés constitue un frein à l’adoption de 10 pratiques et plus. Il est pro-

bable que ce résultat « paradoxal » soit lié à une corrélation entre les plus hauts revenus et le fait d’habiter à Paris ou dans l’unité urbaine de Paris. À travers les plus hauts revenus, c’est donc un effet Paris et de son agglomération qui s’exprimerait. Le frein que constitue la résidence dans un milieu urbain très dense est ainsi conforté par cette obser- vation. Comme évoqué précédemment pour le cas du type de logement et du lieu d’habitation, ces résultats sur les pratiques environnementales ne permettent pas de tirer des conclusions concernant l’impact qu’ont réellement les ménages sur l’environnement. Cette étude montre que ce sont les ménages situés dans le haut de l’échelle sociale qui adoptent le plus de gestes favorables à l’environnement. Comme le montre une étude de l’Insee (Insee, 2007b) réalisée à partir de la même enquête, les ménages les plus aisés achètent davantage d’équipements électroménagers ayant des performances énergétiques supérieures. Cependant, ils disposent également d’un nombre plus élevé d’appa- reils que les ménages plus modestes dont certains comme les sèche-linge ou les lampes halogènes sont de gros consommateurs. De même, l’usage systéma- tique du sèche-linge ou du lave-vaisselle, même quand ils ne sont pas pleins, est une pratique davan- tage répandue chez les ménages les plus aisés. Comme pour la maison individuelle associée à la réussite sociale et au bien-être, les modes de consom- mation des ménages les plus favorisés réduisent « les

L’influence de la catégorie socioprofessionnelle sur l’adoption des gestes concrets

En %

Nombre de gestes concrets

Catégorie socioprofessionnelle

0 3 pratiques

4 6 pratiques

7 8 pratiques

Femme ou homme au foyer

8,5

67,6

3,9

Etudiant(e), élève, en formation ou stage

49,6

44,1

6,4

Chômeur (inscrit(e) ou non à l’ANPE)

4,8

51,0

6,

Retraité(e) ou retiré(e) des affaires

18,4

70,4

11,

Agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise

7,6

6,7

9,7

Ouvriers (y.c. ouvriers agricoles)

34,9

59,1

6,0

Employés

30,1

58,1

11,8

Techniciens, professions intermédiaires

19,8

65,7

14,6

Cadres, professions libérales et professions intellectuelles

18,1

6,7

19,3

Autre situation (personne handicapée…)

38,4

56,1

5,6

Ensemble des ménages

5,1

63,7

11,

Note de lecture : 35 % des ouvriers déclarent entre 0 et 3 gestes concrets contre 5 % des ménages français.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

19

Les pratiques environnementales des Français en 005

Type de commune et revenu par unité de consommation

En %

Type commune

 

Revenu par unité de consommation

 

Total

- de 400 J

400-800 J

800-1200 J

1200-1600 J

1600-2000 J

2000 J et +

Paris

4,0

17,

16,5

19,3

1,3

30,7

100,0

Unité urbaine de Paris

,4

13,0

19,3

1,3

18,4

5,6

100,0

Pôle urbain, unité urbaine de + de 100 000 hab. (ville centre)

6,

1,1

5,8

0,0

1,9

14,0

100,0

Pôle urbain, unité urbaine de + de 100 000 hab. (ville banlieue)

,5

18,0

6,4

3,1

13,0

17,1

100,0

Pôle urbain, unité urbaine

,4

1,9

30,

0,6

11,6

13,4

100,0

de

de 100 000 hab. (ville centre)

Pôle urbain, unité urbaine

1,9

18,5

36,8

0,1

11,6

11,1

100,0

de

de 100 000 hab. (ville banlieue)

Communes multi polarisées ou périurbaines

1,6

14,8

30,6

5,1

14,0

13,9

100,0

Espace à dominante rurale

,6

,0

34,7

,0

10,

8,5

100,0

Ensemble

,8

18,

8,4

,1

13,1

15,3

100,0

Note de lecture : 31 % des ménages résidant à Paris ont un revenu par unité de consommation de 000 euros et plus alors que 15 % des ménages français possèdent en moyenne ces revenus.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

économies que leurs achats auraient permis de faire » (Insee, 2007b). Inversement, les ménages les plus modestes témoignent d’attitudes plus économes en matière de consommation d’électricité. Ils ont aussi moins de lampes halogènes que les ménages les plus aisés. À travers cette « culture d’économie populaire », le souci de ne pas trop dépenser rejoint la protection de l’environnement pour les ménages modestes. Par ailleurs, certaines différences observées peuvent aussi traduire des situations particulières liées aux facilités offertes par la collectivité d’adopter ou non des attitudes respectueuses de l’environnement. Ces cas peuvent ainsi dépendre des caractéristiques liées à la taille des unités urbaines, l’offre en services publics environnementaux ou encore la forte spécificité de certaines zones rurales caractérisées par l’isolement géographique de la population (agriculteurs).

Des gestes plus accessibles pour les ménages « bien installés »

Ces limites rappelées, cette étude montre que l’adoption de pratiques environnementales est liée à une certaine aisance sociale. Elle émerge plus particu- lièrement au sein de ménages propriétaires, vivant en couple, dans lesquels la personne de référence, âgée de plus de 30 ans, est diplômée et appartient à une caté- gorie socioprofessionnelle supérieure. Ces résultats sont conformes à ce qui est, par ailleurs, observé dans

0

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

le domaine de la distribution socio-économique des comportements environnementaux. Mais plus que le seul effet du diplôme et de la caté- gorie socioprofessionnelle souvent mis en avant dans les travaux consacrés à cette question, c’est aussi du côté de la situation générale du ménage qu’il faut chercher les explications concernant l’adoption des comportements favorables à l’environnement. Le logement (maison ou appartement), le statut d’oc- cupation du logement (propriétaire, locataire), le cadre de vie (taille de l’agglomération, résider en centre-ville ou en périphérie), la composition du ménage (vivre en couple ou être seul) sont autant de variables (en plus de la CSP, du diplôme et du revenu) qui, en se combinant, dessinent les contours des conditions de vie plus ou moins propices à l’in- tégration de l’environnement dans les habitudes quotidiennes. Au-delà du lien encore vérifié entre le niveau socio-économique et l’attention à l’environ- nement, l’action conjointe de ces facteurs souligne que l’adoption de gestes environnementaux est d’autant plus facilitée que l’on est bien inséré socia- lement. L’aisance sociale qui caractérise la situation des ménages appartenant aux classes moyennes et supérieures prédispose davantage ces derniers à être réceptifs vis-à-vis de la portée collective contenue dans les pratiques environnementales. La plupart des gestes environnementaux comme le tri des

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

déchets, les économies d’énergie et d’eau sont d’ailleurs de plus en plus valorisés sous l’angle d’une attitude citoyenne. Inversement, les populations appartenant aux classes défavorisées sont aussi celles qui ont le plus de réticences à se mobiliser pour des causes collectives 2 (Observatoire national des zones urbaines sensibles, 2004 et 2007). Les situations de relégations sociales et économiques, en nourrissant un sentiment de stigmatisation et d’abandon par les institutions, engendrent des attitudes de repli sur la sphère privée (Rui, 2004 ; Villechaise-Dupont, 2000). Enfin, un autre élément qui vient renforcer les inégali- tés en matière d’adoption des gestes environnementaux est la dimension élitiste qui caractérise, de plus en plus, les biens de consommation aux propriétés favorables à l’environnement. Les vertus environnementales sont ainsi souvent les caractéristiques des objets haut de gamme dont le coût peut être élevé (ampoule basse consommation, produits Bio, appareils économes en énergie). De plus en plus partie intégrante de modes de vie valorisés par une société de consommation, certains produits « écologiques » sont difficilement accessibles aux ménages les plus modestes.

Des pratiques conformes aux opinions ?

Quelques questions d’opinion ont été insérées à la fin du questionnaire de l’enquête Insee PCV de janvier 2005 afin, d’une part, de caractériser l’atti- tude générale des individus vis-à-vis de l’environne- ment, et d’autre part, de mesurer le degré de cohé- rence entre les pratiques déclarées et la sensibilité environnementale des individus. À l’aide d’une ana- lyse factorielle (analyse des correspondances multi- ples) suivie d’une classification (classification ascen- dante hiérarchique), six classes d’opinion homogè- nes ont été identifiées. Il a ainsi été possible d’analy- ser la répartition des 14 pratiques retenues dans chacune de ces classes d’opinion 3 .

La faible participation électorale dans les quartiers populaires n’est qu’une des expressions les plus manifestes de cette situation. 3 Cf. page 50 et suivantes pour les résultats détaillés.

Quelques opinions sur l’environnement

Presque 60 % des individus jugent que l’état de l’environnement est bon dans leur commune alors

qu’ils ne sont que 4 % à penser qu’il est bon en France et seulement 3 % dans le monde (environ

43

% pensent que l’état de l’environnement dans

le monde est mauvais). 15 % des individus n’ont pas d’opinion sur l’environnement dans le monde, 7 % en France et 0,5 % dans leur commune.

19

% des individus discutent souvent des problèmes

d’environnement avec les personnes de leur ménage

et 8 % des individus n’en discutent jamais.

76

% des individus font ce qui est bon pour l’envi

ronnement même si ça leur prend plus de temps, mais seulement 56 % font ce qui est bon même si ça leur coûte plus d’argent.

Environ 7 % des individus pensent que tout ce que nous faisons dans la vie moderne nuit à l’en vironnement et 83 % estiment que les pouvoirs publics devraient plus écouter les associations. Presque un tiers des individus pense qu’il ne sert à rien de faire des efforts sur l’environnement si les autres ne font pas de même, un tiers pense que les menaces sur l’environnement sont exagérées.

Partition des individus en classes homogènes selon leur opinion de l’environnement

L’analyse factorielle et la classification ont permis d’identifier six classes homogènes. Celles-ci s’organi- sent autour de l’implication à travers la propension à agir, l’environnement comme sujet de discussions familiales, du jugement sur l’état de l’environne- ment ou l’opinion sur l’impact de nos modes de vie sur l’environnement.

« Plutôt impliqués, pessimistes » Cette première classe (effectif = 1 395) se compose d’individus qui affirment plutôt agir pour l’environ- nement (71-76 % des individus de la classe). Ils discutent de temps en temps des problèmes d’envi- ronnement (43 % des individus de la classe). En ce qui concerne l’état de l’environnement, ils estiment que celui dans le monde est mauvais (56 %) et que celui de la France est moyen (trois quarts des indivi- dus de la classe). Ils pensent plutôt que la vie moderne

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

1

Les pratiques environnementales des Français en 005

nuit à environnement et que les menaces qui pèsent sur l’environnement ne sont pas exagérées.

« Plutôt impliqués, optimistes »

Dans cette classe (effectif = 870), les individus pen- sent plutôt que l’état de l’environnement est bon en France ainsi que dans leur commune (88 % des individus de la classe) et moyen dans le monde. Ils estiment que la vie moderne ne nuit pas à l’environ- nement. Ils affirment plutôt agir en faveur de l’envi- ronnement même si cela leur prend du temps (plu- tôt vrai : 92 % des individus de la classe).

« Pas concernés »

Cette classe (effectif = 1 113) est composée par des individus qui n’agissent pas en faveur de l’environne- ment. Ainsi, 67 % de cette classe déclarent ne pas agir pour l’environnement si cela leur prend du temps.

37 % des individus de la classe ne discutent jamais des

problèmes d’environnement avec les personnes de leur ménage. Globalement, ils ne se sentent pas réellement concernés par les problèmes d’environnement.

« Intéressés, non impliqués, pessimistes »

Cette classe (effectif = 565) se caractérise surtout par des individus qui ont une vision négative de l’état de l’environnement : pour 91 % d’entre eux l’état de l'environnement dans le monde est mauvais. Ils discutent souvent des problèmes d’environnement avec les personnes de leur ménage mais déclarent ne rien faire en faveur de l’environnement. Ils estiment que la vie moderne nuit à l’environnement et que les pouvoirs publics devraient plus écouter les associa- tions.

« Très engagés, pessimistes »

Dans cette classe (effectif = 368), les individus affir- ment clairement agir pour l’environnement : 90 % d’entre eux font ce qui est bon pour l’environne- ment même si cela leur prend du temps. Ils ont une vision négative quant à l’état de l’environnement :

74 % d’entre eux pensent que l’état de l’environne-

ment dans le monde est mauvais. Ils discutent sou- vent de ces problèmes avec les personnes de leur ménage. Les trois quarts d’entre eux estiment que les pouvoirs publics devraient davantage écouter les

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

associations pour résoudre les problèmes liés à l’en- vironnement.

« Très engagés, sans opinion, optimistes » Cette sixième classe (effectif = 713) se compose sur- tout d’individus qui affirment agir pour l’environ- nement tout en n’ayant pas d’avis sur un certain nombre de questions (par exemple : 30 % n’ont pas d’avis sur l’état de l’environnement dans le monde). Ils ont une vision positive quant à l’état de l’environnement : 82 % d’entre eux estiment que l’état environnemental de leur commune est bon, la moitié d’entre eux estime que l’état envi- ronnemental de la France est bon. La moitié d’en- tre eux pense que les menaces pesant sur l’environ- nement sont exagérées.

Les pratiques selon les classes d’opinion

Afin de déterminer si les déclarations de pratiques sont conformes aux opinions 4 , on a procédé à un examen des pratiques associées à chaque classe d’opinion 5 . Pour atteindre cet objectif, deux régressions logisti- ques ont été réalisées. Une première a permis de connaître quelles classes d’opinions caractérisent des individus appartenant à un ménage ayant adopté 10 pratiques environnementales et plus, et une seconde a permis de connaître quelles classes d’opi- nions caractérisent des individus appartenant à un ménage ayant adopté un faible nombre de pratiques environnementales (6 et moins). Des tris croisés ont ensuite été réalisés pour déterminer quelles prati- ques environnementales précisément ont été inté- grées par classe d’opinion. La probabilité d’avoir adopté 10 pratiques environ- nementales et plus est :

• 27 % plus importante si un individu appartient à la classe des « très engagés pessimistes » que s’il appartient à la classe des « plutôt impliqués pessi- mistes » ;

4 La base d’étude est réduite aux individus ayant répondu aux questions d’opinions. Cela peut induire de faibles différences de pourcentages dans les tris. 5 Cf. tableaux détaillés page 35 et suivantes : tris croisés entre les classes et le nombre de pratiques environnementales du ménage d’une part, et chaque pratique individuellement d’autre part.

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

• 79 % moins importante si un individu appartient

à la classe des « pas concernés » que s’il appartient

à la classe des « plutôt impliqués pessimistes » ;

• 46 % moins importante si un individu appartient

à la classe des « intéressés non impliqués pessimis- tes » que s’il appartient à la classe des « plutôt impliqués pessimistes » ;

• 30 % moins importante si un individu appartient

à la classe des « plutôt impliqués optimistes » que

s’il appartient à la classe des « plutôt impliqués pessimistes ». La classe d’opinion qui influence positivement sur l’adoption de 10 pratiques et plus par rapport à la réfé- rence est donc celle des « très engagés pessimistes ». Dans cette classe, on note une surreprésentation des individus appartenant à un ménage qui a adopté plus de 10 pratiques (51 % des individus de la classe

appartiennent à un ménage qui a intégré 10 prati- ques et plus contre 35 % dans la population). Les individus de cette classe sont nettement sous-repré- sentés parmi les ménages qui ont adopté moins de 6 pratiques. Toutes les pratiques environnementales sont bien intégrées par les individus de cette classe, notam- ment, l’achat dans un magasin Bio (29 % dans la classe contre 20 % dans la population), l’équipe- ment d’ampoules basse consommation (21 % contre 16 % dans la population), l’apport d’un cabas, sac ou panier pour faire ses courses (68 % contre 62 % dans la population), mais aussi les pratiques de tri (mais un peu moins fortement que dans la classe précédente). Les pratiques liées à l’attention sont aussi fortement intégrées telles que l’attention à la consommation d’énergie lors de

Les classes dont les individus appartiennent à un ménage ayant adopté 10 pratiques et plus

Classes d’opinion

Répartition de la population (en %)

Répartition des individus ayant adopté 10 pratiques et plus (en %)

Coefficient

Effet de chaque modalité sur la part d’individus ayant adopté 10 pratiques et plus

estimé

« Très engagés pessimistes »

7,1

10,3

0,4

7

« Plutôt impliqués pessimistes »

27,6

34,3

référence (valeur 0)

 

« Plutôt impliqués optimistes »

17,1

17,8

0,36

30

« Intéressés non impliqués pessimistes »

11,9

11,1

0,61

46

« Pas concernés »

3,9

9,8

1,57

79

« Très engagés sans opinion optimistes »

1,5

16,7

ns

 

ns : écart non significatif. Note de lecture : La classe des « très engagés pessimistes » représente 7,1 % de la population totale mais 10,3 % des ménages ayant adopté 10 pratiques et plus. Le coefficient (0,4) mesure l’influence (positive dans ce cas) pour les individus appartenant à la classe des « très engagés pessimistes » d’adopter 10 pratiques et plus. Toutes choses égales par ailleurs, la probabilité d’adoption de ces pratiques est dans cette classe supérieure de 7 % à celle de la classe de référence.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

Les classes dont les individus appartiennent à un ménage ayant adopté 6 pratiques et moins

Classes d’opinion

Répartition de la population (en %)

Répartition des individus ayant adopté 6 pratiques et moins (en %)

Coefficient

Effet de chaque modalité sur la part d’individus ayant adopté 6 pratiques et moins

estimé

« Pas concernés »

3,9

46,9

1,78

494

« Intéressés non impliqués pessimistes »

11,9

13,6

0,98

167

« Plutôt impliqués optimistes »

17,1

1,3

0,4

53

« Plutôt impliqués pessimistes »

27,6

15,9

référence (valeur 0)

 

« Très engagés pessimistes »

7,1

3,6

ns

 

« Très engagés sans opinion optimistes »

1,5

7,8

ns

 

ns : écart non significatif.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

3

Les pratiques environnementales des Français en 005

l’achat d’un électroménager (68 % contre 61 %), l’attention à la quantité de déchets à recycler lors de l’achat de certains produits (26 % contre 16 % dans la population) et la connaissance de la dépense en eau (69 % contre 60 % dans la population). La probabilité d’avoir adopté 6 pratiques environne- mentales et moins est :

• 494 % plus importante si un individu appartient

à la classe des « pas concernés » que s’il appartient

à la classe des « plutôt impliqués pessimistes » ;

• 167 % plus importante si un individu appartient

à la classe des « intéressés non impliqués pessimistes »

que s’il appartient à la classe des « plutôt impliqués pessimistes » ;

• 53 % plus importante si un individu appartient à la classe des « plutôt impliqués optimistes » que s’il appartient à la classe des « plutôt impliqués pessi- mistes ». Les classes d’opinion qui influencent sur l’adoption de 6 pratiques et moins par rapport à la référence sont celles des « pas concernés », « intéressés non impliqués pessimistes » et « plutôt impliqués opti- mistes ». Pour chacune d’entre elles, on a pu carac- tériser les pratiques prépondérantes.

« Pas concernés »

Dans cette classe, on trouve une forte surreprésenta- tion d’individus appartenant à un ménage qui a adopté moins de 6 pratiques (44 % des individus de cette classe appartiennent à un ménage qui a adopté respectivement 6 pratiques ou moins contre 22 % dans la population totale). Les pratiques adoptées sont plutôt liées à l’attention (connaissance de la facture d’eau et d’électricité).

« Intéressés, non impliqués, pessimistes »

Les individus appartenant à un ménage qui a intégré 6 pratiques et moins sont surreprésentés dans cette classe (26 % dans la classe contre 22 % dans la population). Les pratiques les plus significatives sont l’attention à la consommation d'énergie lors de l’achat d’un électroménager (66 % dans la classe contre 61 % dans la population) et l’attention à la quantité de déchets à recycler lors de l’achat de certains produits (20 % dans la classe contre 16 % dans la popula- tion) alors que les moins significatives sont liées au

4

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

tri, surtout du plastique (60 % dans la classe contre

71 % dans la population) et du papier (63 % dans

la classe contre 72 % dans la population).

« Plutôt impliqués, optimistes »

Ce qui caractérise les individus de cette classe, c’est la forte pratique du tri (papier : 81 % contre 72 % dans la population, verre : 87 % contre 77 % dans la popu- lation, plastique : 82 % contre 72 % dans la popula- tion et piles : 77 % contre 71 % dans la population). Pour la classe de référence et la classe non significa- tive par rapport à la référence, les caractéristiques des pratiques adoptées sont :

« Plutôt impliqués, pessimistes »

Dans cette classe, les individus appartenant à un ménage qui a adopté 10 pratiques et plus sont surre- présentés (47 % dans la classe contre 35 % dans la population) et ils sont sous-représentés parmi les ménages qui ont adopté moins de 6 pratiques. Les pratiques de tri sont très courantes (environ 80 % des individus de la classe appartiennent à un ménage qui trie les piles, le verre, le papier et le plastique). Les individus de cette classe appartiennent aussi à un

ménage qui fait attention à l’eau et à l’électricité (eau :

83 % dans la classe contre 77 % dans la population,

électricité : 88 % contre 84 % dans la population). La classe suivante n’est pas significativement diffé- rente des « plutôt impliqués pessimistes » quant au nombre de pratiques adoptées. Elle semble regrouper des individus qui ont plutôt un niveau important de pratiques.

« Très engagés, sans opinion, optimistes »

Les pratiques de tri sont fortement intégrées (papier :

86 % contre 72 % dans la population, verre : 90 %

contre 77 % dans la population, plastique : 86 % contre 72 % dans la population et piles : 79 % contre 72 % dans la population). 88 % des indi- vidus appartiennent à des ménages qui font atten- tion à leur dépense en électricité (contre 84 % dans la population), 21 % font attention à la quantité de déchets à recycler lors de l’achat de certains produits (contre 16 % dans la popula- tion) et 83 % font attention à l’eau (contre 77 % dans la population).

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Des opinions cohérentes avec les comportements

Cette analyse conjointe du degré d’adoption des pratiques environnementales et des classes d’opinion fait ainsi ressortir une relative cohérence entre les attitudes et les comportements.

• Les individus ne se sentant pas concernés par l’en- vironnement (une classe) déclarent ne pas agir en sa faveur si cela leur prend du temps ou leur coûte de l’argent. Ils sont les plus nombreux à ne jamais discuter d’environnement au sein de leur ménage. Les individus appartenant à cette classe sont plutôt jeunes (moins de 30 ans), célibataires, étudiants ou chômeurs avec de faibles revenus et urbains. On retrouve dans ce groupe les individus appartenant aux ménages ayant intégré le moins de pratiques environnementales : 44 % appartiennent à un ménage ayant adopté 6 pratiques ou moins contre 23 % dans la population totale. De plus, celles qu’ils déclarent relèvent surtout de démarches liées à l’attention, avec un bénéfice économique à la clé.

• Les individus préoccupés par l’état de l’environne- ment mais qui s’impliquent peu à son égard (une classe) estiment que nos comportements nuisent à

l’environnement et déclarent aussi discuter de ces problèmes au sein de leur ménage. En dépit de cet intérêt, ils concèdent ne pas faire « ce qui est bon pour l’environnement, même si cela leur prend plus de temps ». Les individus de cette classe ont un profil similaire à la classe précédente. Ils sont aussi surreprésentés dans les catégories des ménages ayant adopté 6 pratiques et moins. • Les individus impliqués dans l’environnement (deux classes) affirment agir pour le protéger et il est un sujet de discussion au sein du ménage. Ces deux classes se distinguent dans la mesure où l’une concerne des individus qui ont une vision néga- tive de l’état de l’environnement et qui estiment que l’impact de nos modes de vie sur celui-ci est réel. L’autre classe rassemble des individus également impliqués mais qui ont un jugement positif sur l’environnement. Ces deux classes présentent globalement des caractéristiques sociodémogra- phiques relativement moyennes par rapport à l’ensemble de l’échantillon. Les individus de ces deux classes déclarent surtout des pratiques liées au tri des déchets et à l’attention.

Les pratiques environnementales selon les classes d’opinion

     

Pratiques

 

Classes

Caractéristiques

Peu

Beaucoup

Détail des pratiques

d’opinion

sociodémographiques

(0-6)

(10-14)

 

surreprésentées

(en %)

(en %)

 

« Pas

Jeunes, faibles revenus, locataires, célibataires, étudiants ou chômeurs, peu diplômés, urbains

44

14

6,7 pratiques en moyenne, pratiques plutôt liées à l’attention

concernés »

déclarent peu de pratiques parmi la classe

déclarent beaucoup

 

de pratiques parmi la classe

 
 

« Intéressés

Jeunes, plutôt des femmes, célibataires, étudiants, diplômés, locataires/accédants à la propriété, logements de petite taille, urbains

6

33

7,9 pratiques en moyenne, attention à la consommation d’énergie lors de l’achat d’un électroménager, attention à la quantité de déchets lors d’un achat

non impliqués

 

pessimistes »

« Plutôt impliqués

Plutôt des hommes, plutôt âgés, retraités, mariés, ruraux, propriétaires, logements de grande taille, bassin parisien

16

37

8,4 pratiques en moyenne, forte pratique du tri

 

optimistes »

« Plutôt impliqués

Revenus élevés, tendance moyenne

13

44

8,9 pratiques en moyenne, pratique le tri, attention à la consommation d’énergie d’eau et d’électricité

 

pessimistes »

«

Très engagés

Agés, retraités, mariés ou veufs, propriétaires, peu diplômés, logements de grande taille

14

47

8,8 pratiques en moyenne, forte pratique du tri, attention à eau et électricité, attention à la quantité de déchets lors d’un achat

optimistes »

«

Très engagés

Plutôt âgés, logement de taille moyenne, retraités, mariés, peu diplômés, propriétaires, petites ou grandes unités urbaines

11

51

9,1 pratiques en moyenne, achat magasins Bio, attention à la quantité de déchets lors d’un achat, utilisation ampoules basse consommation, attention à la consommation d’énergie lors des achats d’électroménager, apport de sacs pour faire les courses

pessimistes »

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

5

Les pratiques environnementales des Français en 005

• Les individus que l’on peut qualifier de très enga- gés (deux classes) affirment clairement agir pour l’environnement quelles qu’en soient les contraintes de temps ou d’argent. Ces deux classes se distin- guent à propos du jugement porté sur l’état de l’environnement. L’une est très négative alors que l’autre fait un diagnostic plutôt positif. Les indivi- dus de ces deux classes sont plus âgés que la moyenne, mariés et sont aussi plus souvent à la retraite. Ils sont plus fréquemment propriétaires de leur logement dont la surface est importante. Les individus de la classe des « très engagés pessi- mistes » appartiennent aux ménages qui déclarent le plus de pratiques environnementales : 1 indi- vidu sur 2 appartient à un ménage ayant intégré 10 pratiques et plus contre un tiers dans la population. La plupart des pratiques environnementales ont été intégrées par ce groupe et notamment les pratiques les moins répandues : l’achat de produits Bio, l’équipement en ampoules basse consommation ou l’attention à la quantité de déchets lors d’un achat.

Le cas emblématique de la voiture

Les transports ont des impacts environnementaux importants (émissions de polluants, de gaz à effet de serre, bruit). Les déplacements quotidiens des indivi- dus pour se rendre à leur travail, leur lieu d’études ou de loisirs contribuent à un usage de plus en plus impor- tant de la voiture. L’étalement urbain et la sectorisation fonctionnelle de l’espace urbain (dissociation spatiale des lieux de vie, de travail, de production, de consom- mation, de loisirs) contribuent largement à l’augmen- tation des déplacements (Ifen, 2006b ; Insee, 2007a). En 2005, 81 % des ménages disposent d’au moins une voiture, et 29 % des ménages en ont deux (cf. tableaux détaillés : « L’équipement des ménages » page 35). La distance totale effectuée par l’ensemble des véhicules a connu une augmentation de 39 % entre 1990 et 2005. Elle résulte de l’effet conjoint de la croissance du parc de véhicules (+ 5 %) et de l’accroissement des distances parcourues entre lieu de résidence, lieu de travail, lieu de consommation de services, de biens et de loisirs (+ 7 % par véhicule en quinze ans). Dès lors, la limita- tion de l’usage de la voiture par les individus constitue un objectif majeur des politiques urbaines.

6

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

Jamais les contradictions qui se nouent autour de la voiture ne sont ainsi apparues avec autant d’acuité ces dernières années : si elle est, en effet, de plus en plus perçue comme une source de nuisances (pollution de l’air, bruit, insécurité, congestion), l’organisation de nos modes de vie ne cesse d’accroître notre dépendance vis-à-vis d’elle. Dès lors, on peut constater que le choix du mode de transport est quasiment indépendant de la sensibilité environnementale des individus. On note toutefois que les deux classes « pas concernés » et « intéressés non impliqués pessimistes » ont davantage recours aux transports en commun. Cela est lié à la plus forte représentation des jeunes dans ces deux grou- pes. Les individus ayant entre 15 et 30 ans utilisent, en effet, plus les transports en commun que l’ensemble de la population (30 % contre 17 %). Le lieu de résidence et l’offre en transports en com- mun influencent l’usage de la voiture pour les dépla- cements quotidiens. Les personnes résidant en zone périurbaine ou rurale sont ainsi particulièrement dépendantes de la voiture individuelle. Si 1 individu sur 2 en moyenne utilise sa voiture pour aller travail- ler ou étudier, ils sont environ 2 sur 3 (65 %) à le faire dans les communes multipolarisées, périurbaines ou à dominante rurale contre seulement 1 sur 10 (14 %) à Paris. Inversement, 1 individu sur 5 en France utilise exclusivement les transports en commun pour aller travailler ou étudier quand ils sont environ 1 sur 10 à le faire dans les communes multipolarisées, périurbai- nes ou à dominante rurale. En revanche, deux tiers des personnes résidant à Paris n’utilisent que les trans- ports en commun pour se rendre à leur travail (et 42 % dans l’unité urbaine de Paris). Quand on interroge les individus sur les raisons pesant sur le choix de la voi- ture pour effectuer leurs déplacements quotidiens, la distance et l’offre en transports en commun sont le plus souvent invoquées. La voiture illustre bien les tensions qui existent entre la conscience des enjeux environnementaux et les comportements. Les contraintes liées à l’organisation des pôles urbains (périurbanisation, prolifération des zones commerciales en dehors des centres ville, loisirs, travail…) et aux modes de vie concourent à une utilisation massive de la voiture. Dans ce contexte, l’offre de transports en communs (fré- quence, trajet, horaires) n’est pas toujours en mesure

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

de répondre à la croissance de la mobilité quoti- dienne des individus. Cet exemple montre bien que le changement des comportements ne peut se résumer à la question de

la sensibilisation de la population. Un certain nombre de nos pratiques sont insérées dans un tissu dense de contraintes matérielles qui peut limiter sévèrement le champ des possibles.

Parmi les moyens de transport suivants, lequel utilisez vous habituellement pour vous rendre sur votre lieu de travail ou d’études ?

En %

« Plutôt

« Plutôt

« Pas

« Préoccupés

« Très

« Très

Total

impliqués

impliqués

concernés »

non impliqués

engagés

engagés

pessimistes »

optimistes »

pessimistes »

pessimistes »

optimistes »

Une voiture ou un véhicule utilitaire exclusivement

59,6

56,9

53,5

5,1

5,7

6,6

56,4*

Une moto, un scooter ou un autre deux roues motorisé exclusivement

1,

1,0

1,5

0,3

1,4

0,8

1,1

Total voiture et deux roues motorisé

60,8

57,9

55,0

5,4

54,1

63,4

57,5

Un ou plusieurs transports en commun exclusivement

1,6

1,8

16,7

17,4

11,

11,6

14,

Un vélo exclusivement

1,

3,0

,0

,6

,8

0,6

1,9

La marche à pied

8,5

7,3

10,3

10,5

1,8

10,4

9,5

Total modes « doux » (transports en commun, vélo, marche)

,3

3,1

9,0

30,6

6,8

,6

5,6

Un véhicule personnel (voiture ou deux roues) et un ou plusieurs transports en commun

16,0

18,

14,8

16,3

16,

13,1

15,9

C’est trop variable pour répondre

0,9

0,8

1,3

0,7

,9

0,9

1,1

Total

29,2

16,4

25,2

14,6

5,7

8,9

100,0

* Concernant l’usage des moyens de transports, les pourcentages sont légèrement différents des tris à plats. Ces écarts viennent des différentes pondérations appliquées pour chaque échantillon : les questions d’opinion de la partie variable ont été posées aux individus de 18 ans et plus alors que les questions sur l’usage du moyen de transport ont été posées dans le cadre de la partie fixe aux individus de 15 ans et +.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales », janvier 005.

La principale raison de l’utilisation de sa voiture ou moto pour se rendre au travail

En %

Distance domicile-travail

Pas de transport en commun

Besoin du véhicule pour travailler

Gain de temps

Plus confortable

Autres

Entre 0 et km

17

34

18

6

5

Entre et 10 km

4

18

7

7

4

Entre 10 et 0km

43

1

3

19

3

Plus 0

km

49

0

14

14

4

Note de lecture : 17 % des individus résidant à moins de km de leur lieu de travail utilisent leur voiture ou moto pour se rendre à leur travail à cause du manque de transport en commun.

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie « Pratiques environnementales des ménages », janvier 005 (tableau n° 6, Insee, 007b).

Pour quelle raison la personne interrogée a pris la voiture ?

En %

Pôle urbain

Commune périurbaine

Espace à dominante rurale

Plus confortable, plus sûr

0,1

15,7

18,1

Gain de temps

6,1

13,9

11,7

Besoin de la voiture en journée

0,4

18,7

19,3

Les transports en commun ne désservent pas le lieu de travail aux horaires adéquats

30,

46,6

44,4

Autres raisons

3,

5,1

6,5

Source : Insee, Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages « Pratiques environnementales », janvier 005 (graphique n° 3, Insee, 007b).

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

7

Les pratiques environnementales des Français en 005

8

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

Méthodologie

L’enquête

L’un des objectifs de l’enquête « pratiques environ- nementales des ménages », conduite en janvier 2005 par l’Insee dans le cadre de l’enquête permanente sur les conditions de vie des ménages (EPCV), est de mieux comprendre les facteurs qui influencent le degré d’adoption, par les ménages, des pratiques environnementales. Soumis auprès de 6 210 ménages, le questionnaire a été élaboré conjointement par l’Insee, l’Ifen, l’Ademe et la direction des études économiques et de l’évaluation environnementale du ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables. Le questionnaire a ainsi été conçu pour faire un état des lieux de la diffusion d’un certain nombre de pratiques environnementales et, également, pour mieux comprendre les détermi- nants de leur adoption à travers des variables contex- tuelles : caractéristiques sociodémographiques des ménages, caractéristiques d’habitat et cadre de vie, équipements domestiques, offre de services et d’infras- tructures (tri des déchets, transports collectifs, pistes cyclables), sensibilité environnementale, etc. D’une durée de cinquante minutes environ, le ques- tionnaire était divisé en deux parties : une partie fixe et une partie variable (voir encadré page suivante). Outre la mesure de certaines pratiques emblémati- ques comme la fréquence du tri des déchets, l’achat de produits issus de l’agriculture biologique, de papier recyclé, l’attention à la consommation d’eau, le questionnaire portait également sur la consomma- tion d’énergie à travers les modes d’utilisation des appareils électroménagers, sur les déplacements (voiture, transports en commun, vélo, marche à pied) et les choix modaux dont ils faisaient l’objet, sur la pratique des espaces naturels, etc. Mais l’en- quête dépasse le cadre des pratiques, d’une part pour fournir des informations sur les équipements du ménage (électroménagers, ampoules basse consomma- tion, lampes halogènes), d’autre part pour tenter d’ap- porter des réponses à la question des déterminants de

ces pratiques. Celles-ci sont à la fois fonction de la proximité ou de la disponibilité de certains équipe- ments et services (collecte sélective de déchets en porte à porte ou au niveau du quartier, pistes cycla- bles, offre de transports en commun, facilité d’accès à pied ou en transports en commun à certains services, proximité des espaces verts…), des caractéristiques sociodémographiques des ménages (taille, revenu), de son habitat (logement, taille de l’agglomération) et des individus qui les composent (niveau d’études, âge…). Enfin, quelques questions sur des attitudes et des opinions à l’égard de l’environnement ont été introduites en fin de questionnaire afin de mesurer leur lien avec le degré de prise en compte de l’envi- ronnement dans les pratiques quotidiennes. Les questions qui ne réclament qu’une seule réponse par ménage (catégorie socioprofessionnelle, revenu, tri, consommation d’eau) ont été posées à la per- sonne dite de référence du ménage dont les réponses servent à caractériser l’ensemble du ménage. D’autres questions comme celles sur l’usage des transports pour se rendre sur son lieu de travail ou d’étude ont été posées à des individus de 15 ans et plus. Les questions sur les opinions en matière d’environne- ment ont, quant à elles, été posées à un individu de 18 ans et plus tiré au sort dans le ménage.

Opinions, attitudes et pratiques

En plus des questions destinées à recueillir l’opinion des personnes interrogées sur des propositions, le questionnaire contient donc des interrogations sur des attitudes et des pratiques (ou les comporte- ments). Ces trois notions complémentaires ren- voient à des contenus différents. • Les opinions sont des points de vue, des prises de position exprimés verbalement à propos d’un sujet ou d’un débat en cours. • Les pratiques, les comportements sont des actions objectivement observables mises en œuvre par un individu. Dans l’enquête Insee PCV, les pratiques

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

9

Les pratiques environnementales des Français en 005

Les enquêtes permanentes sur les conditions de vie (EPCV)

Mis en place en 1996, le dispositif d’enquêtes perma nentes sur les conditions de vie (EPCV) consiste à suivre annuellement des indicateurs sociaux sur les ménages. L’ensemble des indicateurs est divisé en trois groupes, chacun faisant l’objet d’une enquête annuelle en janvier, en mai et en octobre. Ces enquêtes comportent une « partie fixe » dite « indicateurs sociaux » et une « partie variable » destinée à appré hender ponctuellement un problème social particu lier lié aux conditions de vie.

Une enquête EPCV comporte trois parties :

• La partie « indicateurs sociaux », ou partie fixe, est destinée à appréhender et mesurer régulièrement certains aspects de la vie des ménages. Cette partie aborde donc des thèmes qui reviennent chaque année. Trois groupes d’indicateurs ont été définis, chacun correspondant à une vague du dispositif annuel :

l’enquête de janvier traite des questions de la qualité de l’habitat et du voisinage, des équipe ments collectifs de proximité et de l’insécurité ; l’enquête de mai concerne la santé, les difficultés financières des ménages, le confort et l’équipe ment du logement ; l’enquête d’octobre aborde les questions liées à la participation sociale des personnes, à la fois au travers de l’emploi et des conditions de travail, des contacts familiaux, de la vie associative et des loisirs.

• La seconde partie, dite « partie variable », est une enquête consacrée à un aspect particulier des conditions de vie des ménages. Le thème de cette partie est variable d’une enquête à l’autre. • Ces deux parties s’articulent autour d’une partie commune : le tableau de composition du ménage (TCM) décrivant les caractéristiques sociodémogra phiques des individus du ménage, et un court questionnaire sur les revenus du ménage.

C’est dans le cadre de la vague de janvier consacrée aux questions de la qualité de l’habitat et du voisi nage, des équipements collectifs de proximité et de l’insécurité qu’une partie variable sur les pratiques environnementales a été réalisée en 1998 et en

005.

Chacune des vagues d’interrogation est mise en œuvre sur un échantillon de 8 800 logements tiré de l’échantillon maître de l’Insee. Les échantillons de janvier, mai et octobre sont indépendants : il est donc impossible de réunir l’information complète des indicateurs sociaux d’une année donnée et por tant sur les mêmes ménages. En revanche, les occu pants d’un logement donné sont interrogés deux années de suite à la même date : l’échantillon est renouvelable par moitié tous les ans. Au final, cha que fichier d’enquête fournit des résultats sur envi ron 6 000 ménages effectivement répondants.

environnementales sont déclarées. Les personnes interrogées sont amenées à se les remémorer à partir d’une grille dont l’objectif est d’augmenter la mise en situation de l’interrogation (fréquence, échelle de temps, préciser un ordre de grandeur). • Les attitudes sont un ensemble de dispositions inté- riorisées durablement par l’individu. Elles fondent les opinions et les comportements. Elles véhiculent des valeurs sous-jacentes par rapport à un objet ou une pratique. Elles se distinguent de l’opinion par le fait qu’elles ne sont pas toujours verbalisées. Ces trois notions peuvent alternativement couvrir les différentes dimensions de la sensibilité environ-

30

i

n

s

t

i

t

u

t

f

r

a

n

ç

a

i

s

nementale des ménages. Les opinions et les compor- tements sont les plus aisés à repérer à travers les enquêtes par questionnaires. Davantage intériorisées, les attitudes sont plus diffuses et donc plus difficiles à mesurer directement. Les sondages associant des questions d’opinion et de comportement peuvent toutefois apporter des éléments d’interprétation en termes d’attitudes. Ayant des degrés d’objectivité et de subjectivité variables, les opinions, pratiques et attitudes entretiennent des liens réciproques. Les opinions peuvent être l’expression verbale d’attitudes :

être contre les organismes génétiquement modifiés (OGM) peut se comprendre en fonction d’une atti-

d

e

l

'

e

n

v

i

r

o

n

n

e

m

e

n

t

tude hostile au libéralisme, à l’artificialisation et à la privatisation du vivant. Les attitudes peuvent également fonder les pratiques : éteindre systématiquement la lumière d’une pièce lorsqu’on la quitte peut être lié à une éducation dans la sobriété matérielle et l’écono- mie. Ces liens n’existent cependant pas toujours. On peut avoir un comportement contradictoire avec une attitude. On dit alors que l’individu se trouve en situation de dissonance cognitive. Dans le domaine de l’environnement, l’observation des écarts entre les attitudes et les comportements est assez fréquente. L’enquête Insee PCV a cependant permis de constater qu’il y avait malgré tout une relative cohérence entre ces deux dimensions.

Champ et méthodes d’analyse

Afin de caractériser les facteurs qui déterminent l’adoption des pratiques et attitudes environnemen- tales, quatorze questions considérées comme emblé- matiques de l’intégration de l’environnement dans les habitudes domestiques quotidiennes des ménages ont été retenues de l’ensemble du questionnaire. Huit concernent des gestes concrets comme le tri ou l’équipement en ampoules basse consommation et six relèvent d’attitudes de vigilance concernant la consommation d’énergie, d’eau 6 ou la quantité de déchets qu’implique un achat. Même si la motivation financière peut primer sur celle de la protection de l’environnement pour certains de ces actes, cette dernière demeure une motivation relativement explicite, mais à des intensités variables lors de l’ac- complissement de ces quatorze gestes et attitudes retenues. Dans de nombreuses pratiques, le souci pour l’environnement n’est en effet pas présent de manière exclusive mais associé à d’autres intentions :

financière, sanitaire, confort, praticité, etc. L’analyse des déterminants de l’adoption des prati- ques environnementales a été réalisée à l’aide d’une régression logistique. Cette méthode permet d’éva- luer l’effet de chaque caractéristique sociodémogra- phique sur le nombre de pratiques adoptées. En isolant chaque modalité, il est possible d’estimer son

6 Tout en sachant que la capacité pour un ménage à faire atten tion à la consommation d’eau et d’électricité est en partie liée aux équipements (compteur) qui permettent de la mesurer.

influence par rapport à une situation de référence, toutes choses égales par ailleurs. Les écarts sont donc mesurés entre deux ménages qui ne diffèrent que par cette caractéristique. À partir des quatorze questions sélectionnées, trois classes de ménages ont été constituées selon le nombre de pratiques qu’ils déclarent accomplir : 0 à 6 pratiques, 7 à 9 pratiques et 10 à 14 pratiques. L’analyse s’est attachée à décrire les ménages ayant intégré beau- coup de pratiques environnementales (10 à 14) et ceux en ayant intégré peu (0 à 6). Après avoir réalisé des tris croisés entre les trois classes de pratiques et les principales variables sociodémographiques, deux régressions logistiques ont été réalisées :

- La première pour étudier l’événement « avoir intégré

10 pratiques environnementales et plus » contre l’évé-

nement « avoir intégré moins de 10 pratiques ». On cherche à savoir quelles modalités ont tendance à faire augmenter ou diminuer la probabilité d’avoir intégré beaucoup de pratiques.

- La seconde pour étudier l’événement « avoir intégré

6 pratiques environnementales et moins » contre

l’événement « avoir intégré plus de 6 pratiques ». On cherche alors à savoir quelles modalités ont ten- dance à faire augmenter ou diminuer la probabilité d’avoir intégré peu de pratiques. Pour chacune des variables, une modalité de réfé- rence est choisie (en vert dans les tableaux de syn- thèse). Elle sert de base de comparaison dans les descriptifs. Les variables sociodémographiques explicatives des différentes pratiques incluses dans le modèle de régression sont les suivantes :

• Âge de la personne de référence (référence = 41-50 ans)

• Type de ménage (référence = Couple avec au moins 1 enfant)

• Revenu mensuel du ménage par unité de consom- mation (référence = 800-1 200 D)

• Catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence (référence = Employés)

• Statut dans le logement habité (référence = Locataire)

• Type de logement (référence = Ferme, pavillon ou maison indépendante)

• Diplôme le plus élevé de la personne de référence (référence = Bac général, technologique ou profes- sionnel)

les dossiers I ifen I numéro 08 I décembre 007

31

Les pratiques environnementales des Français en 005

• Type de commune (référence = Communes multi- polarisées ou périurbaines) • Zone d’étude et d’aménagement du territoire (référence = Île de France) • Nationalité de la personne de référence (référence = Française de naissance) Certaines des variables ne sont pas significatives. Elles ne sont pas reprises dans les tableaux synthétiques. Pour chacune des quatorze questions, les non- réponses (valeurs manquantes) ont été redressées selon le profil des ménages. On pose l’hypothèse que la non-réponse dépend du profil des ménages. Les valeurs manquantes sont souvent dues à des filtres. On suppose qu’il s’agit des ménages peu équipés qui ne répondent pas à certaines questions. Par exemple, les ménages qui n’ont pas répondu à la question concernant l’arrêt de la veille du téléviseur sont ceux qui n’ont soit pas de téléviseur, soit pas de veille sur leur téléviseur. Dans un premier temps, une régres-

3

i