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Module 1

OUVERTURE ET FONCTIONNEMENT DES COMPTES ENTREPRISES.

1.1 OUVERTURE DU COMPTE COURANT

C’est une opération contractuelle qui suppose le respect d’un certain formalisme, la connaissance des procédures et une aptitude commerciale de la part du banquier.

1.1.1L’environnement réglementaire de l’opération.

Le droit de la banque de refuser l’entrée en relation : il peut être motivé par l’existence de procédure judiciaire, d’interdiction bancaire à l’endroit de l’entreprise ou de connaissances de pratiques douteuses de la part du prospect demandeur.

Les conditions générales de banque doivent être publiées et la convention de compte courant soumis au prospect.

Le secret bancaire est un exigence déontologique de notre profession elle connaît des exceptions en cas de demande de l’autorité judiciaire ou dans le cadre d’échanges de renseignements entre banques.

1.1.2 Les formalités juridiques indispensables et l’examen des états financiers.

1.1.2.1 les formalités juridiques

Réclamer les Statuts, le R.C., le NINEA, le NITI, copie de pièce d’identité du ou des signataires.

A ce niveau vérifier les dispositions prévues au statut, pouvoirs des dirigeants, délibérations du C.A. pour les S.A. vérifier si les statuts présentés ont été mis aux normes OHAHDA.

Faire signer la convention de compte courant.

Recueil de spécimens de signature(s) autorisée(s) pour le fichier de la banque

1.1.2.2. Analyse des états financiers de l’entreprise

Procéder à une analyse des états financiers avant l’entretien si possible sinon après. L’analyse des états financiers permet de connaître la situation financière de l’entreprise très utile pour l’aide à la prise de décision en matière de risque, voir si l’entreprise n’est pas en situation de faillite ce qui pourrait motiver une décision de refus d’ouverture de compte.

1.1.2.3 La quête d’informations lors de l’entretien

d’ouverture de compte : les produits, moyens, positionnement, clientèle, concurrence de l’entreprise etc.

1.1.2.4 La recherche de renseignements auprès du fichier

de la Banque, des confrères, la déclaration au FICOB etc.

1.1.2.5

Les précautions à prendre dans le choix de la

clientèle : les pièges à éviter, la délinquance financière,

1.2.Suivi des opérations et analyse du fonctionnement du compte.

Il permet de réunir les éléments d’informations nécessaires à l’appréciation du risque et à la gestion commerciale de la relation.

1.2.1 Le suivi des opérations du compte :

Les opérations régulières, chèques, virements, domiciliations d’effets, opérations sur l’étranger transfert ou rapatriement en devises sont une mine d’informations sur l’activité de l’entreprise, ses fournisseurs et clients, les niveaux de salaire de ses agents…. peut servir de source pour la prospection d’autres clients entreprises, particuliers et professionnels.

Les opérations anormales : cavalerie, escompte papier de famille, compte « taxis » ou blanchiment d’argent etc. comment les déceler.

1.2.2 l’analyse du fonctionnement du compte :

Le mouvement d’affaires indicateur pertinent de la position qu’occupe la banque dans l’entreprise.

Analyse des opérations prises individuellement chèque ou virements d’alimentation de compte chez les confrères, chèques, traites ou virements croisés etc.

Analyse

portefeuille

signatures.

de

l’utilisation

des

effets

diversifié

concours

ou

concentrer

(découvert)

et

sur

quelques

1.2.3 le suivi du mouvement complément à l’analyse des documents comptables.

1.2.4

le suivi du compte instrument de contrôle des

risques. Quelle attitude adopter au vu de cette analyse……

1.3 les services liés aux opérations courantes

1.3.1 La gestion des avoirs : location de coffre,

1.3.2 Le service caisse : ramassage de fonds, délivrance de chéquier, exécution des ordres de virement ponctuels ou permanents ; remise de chèque, opérations de transfert, rapatriement, change de devises au guichet

1.3.3 Paiement des effets domiciliés, avis de prélèvement

automatique

1.3.4 le système de transmission télématique des informations bancaires logiciel ETEBAC ou INTERNET les cartes bancaires de retrait et paiement la mise à disposition de TPE chez les commerçants

1.3.5 les

comptes

de

certificat de dépôts

placement :

DAT,

bons

de

caisses,

1.3.6 Le Conseil aux entreprises obligation du banquier et ses limites (ingérence).

MODULE 2

LES TECHNIQUES DE FINANCEMENT

2.1- Le financement du cycle d’exploitation

Objet couvrir les besoins de financement de l’exploitation de l’entreprise dans l’attente des règlements clients.

2.1.1 l’escompte des effets de commerce

Nature du besoin : pour l’entreprise il s’agit de mobiliser une créance commerciale exigible à un certain délai pour retrouver dans l’immédiat une partie de sa trésorerie.

Elle doit reposer sur une opération commerciale identifiable. La banque qui escompte un effet devient propriétaire des garanties conférées par le droit cambiaire (propriété de la provision, solidarité des débiteurs cambiaires (tireur, tiré, avaliste.)

Aspect technique : elle suppose l’existence d’une autorisation d’escompte, la connaissance de la qualité du papier remis et le respect d’une division des risques dans le portefeuille effets.

Le risque : on dit que l’escompte est un crédit self-liquidate toutefois il est important de respecter un certain nombre de règle d’analyse et de suivi comme la recherche de renseignements sur les tirés, l’analyse du papier (le délai, l’acceptation, la domiciliation), le déposit sur effet etc.

Taux : généralement en dessous du taux du découvert.

La surveillance des incidents : quelques indicateurs pertinents (le pourcentage de retour impayés dans le volume d’effets escomptés, la fréquence des réclamations ou de prolongation d’échéance).

Le suivi : traitement du risque d’impayé la contre-passation, la passation en impayés, le protêt

Cas spécifique : l’escompte des certificats de détaxe émis par le trésor public. Sans risque, leur mobilisation permet à l’entreprise de reconstituer une trésorerie et la banque s’en sert pour se libérer des taxes à reverser au Trésor Public. Leur volume dépend parfois de la capacité de l’Etablissement financier à les absorber. Surtout utilisé par les entreprises de travaux publics. Le taux négocié est généralement en dessous du taux de base.

2.1.2 les crédits de trésorerie par caisse

Nature des besoins couverts :

la

facilité de caisse : à très court terme financement du

décalage entre les paiements à effectuer et les règlements à recevoir.

Le découvert : validité maximum 1 an complète un fonds de roulement insuffisant dans la couverture des besoins de financement de l’exploitation

aspect technique : elle se matérialise sous forme d’avance en compte courant, souplesse d’utilisation.

Taux : généralement élevé.

Aspect risque : crédit particulièrement risqué pour le banquier car ne pouvant contrôler l’utilisation finale d’ou l’utilité de procéder à une analyse financière pointue du risque, d’exiger un plan de trésorerie, de bien cerner la moralité des dirigeants et/ou de prendre des garanties.

Généralement c’est un crédit revolving.

Suivi de l’utilisation du crédit par caisse :

Très important pour le banquier, il convient d’apprécier certains indicateurs comme :

Le montant maximum de l’utilisation par rapport à l’autorisation ; Le montant moyen de l’utilisation par rapport à l’autorisation ; Les montants de l’utilisation par rapport au mouvement confié ; Les montants de l’utilisation par rapport aux utilisations globales recensées à la Centrale des Risques BCEAO Les délais et modalités de couverture des pointes débitrices.

Le crédit Spot : se matérialise par la souscription d’un billet à l’ordre de la banque pour une durée déterminée (10 jours à un an), la banque escompte le billet et crédite le compte du client du montant du billet déduction faite des intérêts. Le taux est généralement plus faible que celui du découvert. Il sert généralement à financer une opération spécifique grosse commande, ou opération exceptionnelle (exemple poulpes, rapatriement de dividendes en fin d’exercice etc.).

Il peut également être un crédit revolving et s’apparente dans ce cas à un crédit par caisse classique.

Ce type de crédit est réservé généralement au client de bonne signature montant minimum 100 Millions CFA.

2.1-3 L’avance sur marchés ou sur commande :

Il s’agit pour la banque d’accorder un crédit de caisse pour financer la réalisation de travaux ou une commande spécifique. Le montant à avancer devra représenter une partie du montant du marché de 70 à 90% maximum.

Cette opération suppose la bonne maîtrise du risque technique quant à la capacité de l’entreprise cliente de la banque à réaliser la commande ou les travaux dans les délais et normes spécifiés au contrat commercial.

Elle suppose également une bonne connaissance de la qualité de la signature sur le débiteur de notre client, engagement de domiciliation irrévocable du règlement à faire signifier par voie d’huissier ou nantissement en bonne et due forme du marché.

L’avance sur marchés est très utilisée dans le cadre des

marchés publics pour le secteur du BTP ; le décaissement est fait par le banquier sur la base de la présentation de documents comme :

- Les situations de travaux faits : factures émises et non

encore approuvées.

- Les attestations de travaux : factures approuvées par le maître d’œuvre ou le maître d’ouvrage. - Les décomptes de droits à paiement ou de droits constatés

Le dénouement de cette opération se fait à la réception du règlement par le débiteur.

Bien que garanti par la domiciliation irrévocable ou le nantissement du marché l’avance sur marché peut être source d’immobilisation de créances, lenteur de règlement due au procédure des bailleurs de fonds internationaux voire de non- remboursement litige technique quant à la bonne exécution des travaux, fausse facture, ou même changement de gouvernement ou troubles sociaux politiques.

Elle nécessite un suivi comptable particulier débit d’un sous avance commerciale ou avance sur marchés et crédit du compte courant de notre client lors de la mise en place et débit du C/C et crédit du sous compte avance lors du règlement de la facture.

Le taux est négocié généralement en dessous du taux d’un découvert classique.

2.1.4 Le crédit de campagne

Besoins couverts : financement temporaire de stocks de produits dont la vente est différée mais assurée, il s’adresse généralement aux entreprises du secteur agricole ou agro alimentaire café, cacao, coton, arachide, sucrier, pêche etc. exemple SONACOS, SODEFITEX au Sénégal

Aspect technique : montant à déterminer en fonction des besoins de l’entreprise (plan de trésorerie) il se réalise sous diverses formes :

découvert sur un compte « bis » dénommé crédit de campagne permettant de mieux suivre les opérations,

sous forme de billets à l’ordre de la banque souscrit par l’entreprise ;

ou enfin

sous forme de mise en place de crédit

de

trésorerie par billet.

Taux : il est négocié généralement bien en dessous du taux de base et l’intervention des banques se fait souvent en Pool s’agissant de financement de montant très élevé.

Risque : il peut être particulièrement élevé pour les entreprises dont l’activité est fortement dépendante des aléas climatiques ou économiques ; l’échec de la campagne demeure le risque majeur.

En cas de survenance d’impayés ou d’immobilisation le banquier est obligé de consolider en MT ou de différer le remboursement sur la campagne à intervenir.

2.1.5 l’avance sur marchandises

Consiste à financer un stock de marchandises et appréhender en contrepartie de ce crédit les marchandises qui seront gagées au profit de la banque. ;

Besoins couverts: généralement le financement d’importation de matières premières, le négoce de denrées alimentaires (riz)

Aspect technique : sous forme d’avance commerciale ou par l’escompte d’un billet à ordre.

Cette opération est souvent appelée « tierce détention » parce que le client doit être effectivement dépossédé de la marchandises gagées qui est remis à un tiers consignataire

professionnel qui assume la surveillance, le contrôle des entrées et de sortie de stocks ; il ne doit s’en dessaisir que sur instruction écrite du banquier et doit remettre à la banque périodiquement un état des stocks. Le dénouement d’une telle opération s’effectuera au fur et mesure des rentrées commerciales issues de la vente du stock ; ainsi les versements des acheteurs doivent s’effectuer aux caisses de la banque qui délivre alors un reçu et un bon d’enlèvement que l’acheteur devra présenter chez le consignataire. Opération très risquée pour la banque mévente, déperdition sur stocks, baisse de cours de vente etc.

La banque doit s’assurer du professionnalisme du tiers entrepositaire, de la souscription de diverses assurances couvrant les stocks et de la valeur marchande des stocks.

La valeur de la marchandise doit être évaluée par un expert en la matière. Le financement bancaire ne portera que sur un pourcentage de cette valeur expertisée.

2.2Le financement de l’investissement:

2.1 Le crédit moyen ou long terme

Besoins couverts : investissement d’équipement, de renouvellement, d’extension ou alors de restructuration. Durée de deux à sept ans voire dix ou quinze, généralement les banques commerciales se limitent au CMT max 7 ans.

Aspect risque : Il s’agit de crédit confirmé accordé sur une durée dépassant deux années et dont le remboursement doit être assuré par les cash flow dégagés par l’entreprise bénéficiaire. D’ou la nécessité de procéder à une analyse approfondie du risque au travers d’une étude exhaustive portant sur:

la situation économique et financière de l’entreprise :

produits ou services commercialisés, état de l’outil de production, situation financière.

l’évolution

prévisible

de

la

société :

visibilité,

opportunités / menaces, faisabilité des prévisions.

la connaissance de l’environnement économique dans lequel évolue l’entreprise: les tendances du marché, le positionnement de l’entreprise, la concurrence etc.

la

compétence

et de la moralité des managers de

l’équipe.

 

Et

enfin

des

garanties

à

donner

et/ou

covenants

financiers à respecter de la part de l’emprunteur.

Le montant du crédit s’apprécie par rapport au programme d’investissement soumis à la banque, celle ci peut limiter son intervention à un certain pourcentage du programme, autofinancement fixé généralement à 30 % dans certain cas ce taux peut être ramené à 10 % voire 0 %.

Si l’investissement est particulièrement lourd ou dans le souci de partager les risques la banque peut décider de faire le crédit en pool avec d’autres banquiers. Le partage du crédit entre deux ou plusieurs banques peut aussi relever d’une décision de l’entreprise dans le but de satisfaire tous ses banquiers.

Il faut noter qu’il existe des organismes de refinancement (FPE, AFD et/ou de garantie Fonds GARI, FAGACE qui octroient aux banques des ressources longues pour pallier l’insuffisance de ressources longues à affecter à de prêts à LMT ou pour pallier les insuffisances de garanties offertes par les entreprises.

Aspect technique: La mise en place et la comptabilisation peuvent se faire sous forme :

de billets à ordre émis par le client : à l’émission son c/c est crédité du montant du billet et à l’échéance le c/c est débité ; le client émet alors un nouveau billet de montant inférieur qui suivra la même procédure que le précédent. Les intérêts sont perçus séparément comme dans le cas de l’escompte.

Ou de mise en place en une seule fois et prélèvement automatique sur le c/c du client à chaque échéance mensuelle, trimestrielle, annuelle. Le montant du billet inclus le capital et les intérêts, le tableau de remboursement doit être accepté par le client au moment de la signature de la convention de prêt.

2.2 le crédit bail mobilier ou immobilier

Technique originale de financement de l’investissement qui connaît un grand développement ce qui a amené bon nombre de banque commerciale à offrir ce type de financement à leur clientèle. Il s’agit d’une location d’un bien (machine, outillage, matériel de transport, immeuble) à usage professionnel pendant une durée minimum avec possibilité pour le locataire d’acquérir le bien loué moyennant un prix convenu ( valeur résiduelle) tenant compte des versements effectués à titre de loyers.

Avantage pour l’entreprise : souplesse, pas d’autofinancement au départ, avantage fiscal les loyers sont totalement déductibles du R.I.

Aspect technique : l’opération C.B. met en présence trois parties :

Le preneur, l’entreprise, qui choisit le matériel et le fournisseur,

Le fournisseur qui reçoit le règlement de la B. ou de la STE de C.B. ;

Le bailleur la banque ou société de C.B. propriétaire du bien et qui loue le matériel.

Un contrat est signé la location est faite sur une durée correspondante à la durée de vie économique du bien. Les loyers ont diverses formes et s’adaptent aux possibilités de l’entreprise. Coût : généralement le C.B. coûte plus cher que le crédit classique. Aspect risque : le C.B. nécessite pour le bailleur d’avoir des compétences avérées dans la connaissance du matériel financé, les possibilités de rachat. Le niveau de risque est toutefois élevé. Il est généralement réservé aux PME n’ayant pas de possibilités d’autofinancement.

Les formes particulières de crédit-bail : La cession-bail ou lease-back : le bailleur rachète un bien à une entreprise, bien figurant à son actif, pour le lui louer immédiatement. Permet de disposer de liquidité et d’améliorer la structure financière.

Le crédit-bail adossé : technique qui permet à un fabricant de vendre ses biens d’équipement à une société de crédit bail qui les laisse à sa disposition et l’autorise à les sous-louer à des tiers.

Le crédit-bail à l’export : l’acheteur étranger est financé par une société de crédit bail.

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