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SUR LE SYSTÈME EUROPSY :


QUELQUES CONCLUSIONS NOTAMMENT JURIDIQUES
ET SUR LA PLACE DE LA PSYCHANALYSE.
Et une enquête en notes et additions successives
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François-R. Dupond Muzart — http://www.frdm.fr/


FR @ FRDM . FR

— DATE DE MISE À JOUR : 20091006, VERSION « DM » 6 8 PAGES —

Texte intégral, arrêté au 1 er septembre 2009 1 pour


le corps de texte principal,
et mises à jour successives par
notes de bas de page et additions datées

Publié en version abrégée dans la revue « Psychologues et Psychologies » du S NP – Syn-


dicat national des psychologues – nº 208 - V – octobre 2009 – p. 67-75 et en version in-
tégrale pour le corps de texte principal sur le site du S NP http://tinyurl.com/europsysnp
— Ce document sera mis à jour par des notes de bas de page et des « additions » nou-
velles respectivement datées sur http://tinyurl.com/europsy (cf. aussi le site du S NP , au-
tre adresse précitée, pour d’éventuelles autres versions des Additions) : pour connaître
l’époque de mise à jour, consulter la date au format « 20090901 » au début du nom de
fichier-document. — À l’effet de ces mises à jour, une « veille » régulière, automatisée
par logiciel, du site sur l’Internet du « Co F ra D e C EuroPsy » http://www.europsy.fr/ (et de
celui http://www.efpa.eu/ de l’E FPA -F EAP ) sera notamment effectuée 2 .

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1 — NOTE AU 20090901 — À la date du 1er septembre 2009, tant le site sur l’Internet de la FEAP-EFPA
European federation of psychologists’ association – http://www.efpa.eu/ – dont dépend le système
EuroPsy, que celui du « CoFraDeC EuroPsy » – http://www.europsy.fr/ –, « Comité français de délivrance
de la certification EuroPsy », ne sont pas à jour. Par exemple, l’on trouve au 1er septembre 2009 sur le
site de l’EFPA la mention suivante, à propos du « texte EuroPsy – http://tinyurl.com/lsyomh : « The boo-
klet will be updated in the beginning of 2009. ». Le présent article étant fondé sur les textes diffusés au
1er septembre 2009, il sera ensuite mis à jour notamment des publications sur les sites au fur et à
mesure par notes de bas de page et par « additions » en fin de texte. — NOTE AU 20090904 : même un
article du mensuel « Fédérer » de la FFPP nº 49, septembre 2009 – http://tinyurl.com/mxv7sf – p. 15-16 à
propos de Rapport du Standing comittee on psychotherapy de l’EFPA n’est pas à jour des travaux de
l’assemblée générale de l’EFPA tenue à Oslo en juillet 2009, et s’interroge sur l’issue de ces travaux.
Cet article a pourtant pour auteur le chargé de mission « Psychothérapie » au conseil d’administration
fédéral de la FFPP, laquelle est le membre français de l’EFPA et à ce titre met en œuvre en France le
système EuroPsy.
2 — NOTE AU 20091006 — À la date du 6 octobre 2009, aucune amélioration des textes du site sur l’In-
ternet du « CoFraDeC EuroPsy » – http://www.europsy.fr/ – n’est intervenue qui corresponde aux obser-
vations du présent article. Mais une telle perspective de telles améliorations paraît exclue : voir der-
nier commentaire en Addition 3 ci-après, et Addition 4 et ses notes. Cf. cependant Addition 5. (Et 6.)
— 2/67 — Sommaire (3 p.) —

Une première version de l’article a été communiquée au cours de l’été 2009 au président du
« CoFraDeC EuroPsy », Roger Lécuyer 3 – http://tinyurl.com/kumvzu –, aux fins d’un droit ou éven-
tuellement devoir de réponse – http://tinyurl.com/kvk9a5 – pour large diffusion simultanée au for-
mat « Pdf » par messagerie et sur sites de l’Internet. Un échange s’en est suivi, permettant dans
un premier temps d’enrichir l’article. Le « droit de réponse » a été reporté à la version finale du
corps principal de l’article, communiquée à cet effet un mois avant la diffusion au président du
« CoFraDeC » et aux http://tinyurl.com/r3tr6r – co-présidents de la FFPP Brigitte Guinot et Benoît
Schneider 4 . Le 21 septembre 2009, le président du « CoFraDeC » a fait parvenir par « email » ses
Réponses : cf. ci-après Addition 2. Le 24 septembre 2009, l’auteur a adressé au président du
« CoFraDeC » ses commentaires des Réponses : cf. ci-après Addition 3. Le 25 septembre 2009,
le président du « CoFraDeC » a répondu et l’auteur a commenté : cf. ci-après Addition 4. Le 26
septembre 2009, l’article dans son état au 25 septembre a été adressé aux co-présidents de
la FFPP. Le 28 septembre 2009, les co-présidents de la FFPP ont répondu, et l’auteur a com-
menté : Addition 5. Ces informations sont à jour à la date du 1er octobre 2009. — Tout ceci
n’exclut en rien des droits ou éventuellement devoirs de réponse postérieurs à la diffusion, et la
limitation réglementaire à « 200 lignes » de réponse ne sera pas appliquée, pourvu que le ou
les droits de réponse soient effectués par voie de documents de traitement de texte trans-
mis par message « email », à l’effet de diffusion « électronique » sur pages de sites de l’Internet
dont l’auteur a le contrôle et par messagerie. L’on pourra trouver notamment à l’adresse
http://tinyurl.com/europsy la dernière version du présent document comportant les mises à jour
telles que droits de réponse et commentaires de ceux-ci. Et d’autres versions avec éventuelle-
ment des Additions distinctes sur le site du SNP : http://tinyurl.com/europsysnp

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Le présent article fait suite à celui de Gérard Fourcher 5 dans la revue du SNP, Syn-
dicat national des psychologues – http://tinyurl.com/m3wnxf – « Psychologues et Psy-
chologies » nº 201-202 p. 21-30, octobre 2008, « Puissance publique / Puissance pri-
vée : Manœuvres européennes en psychologie » 6 ; l’auteur du présent article avait
participé à la préparation et aux notes de cet article.
Cf. aussi autre article de Gérard Fourcher, suite du précédent : « P&P » nº 205, avril
2009, « De fausses évidences : EuroPsy » – Dossier http://tinyurl.com/europsysnp
Cf. également l’article de Marie-Hélène Bigot, http://tinyurl.com/mo4472 – « La psy-
chologie de l’Europe, sans diversité » (autre source : http://tinyurl.com/6yuj2q ).
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3 — NOTE AU 20090901 — Roger Lécuyer est professeur émérite de psychologie du développement,


université Paris 5 ; il est président initial du « CoFraDeC EuroPsy », « Comité français de délivrance de
la certification EuroPsy » – http://tinyurl.com/kumvzu – il est aussi membre 2007-2011 du Conseil exé-
cutif de la FEAP-EFPA European federation of psychologists’ association – http://tinyurl.com/qygnc9 –
dont dépend le système « EuroPsy ». Il a été le secrétaire général initial de la FFPP élu le 25 janvier
2003, puis président jusqu’à l’automne 2008, précédant les actuels co-présidents.
4 — NOTE AU 20090901 — http://tinyurl.com/r3tr6r – Présentation des co-présidents sur le site de la
FFPP : Brigitte Guinot est psychologue clinicienne, psychanalyste, activité mixte — Benoît Schneider
est psychologue clinicien, DEA et thèse de 3e cycle en psychologie du développement, maître de
conférences en psychologie du développement puis professeur de psychologie de l’éducation à
l’Université Nancy 2 (le site de la FFPP n’est pas à jour semble-t-il en indiquant la qualité de « maître
de conférences » seulement — rectification sur le site : « Mise à jour le Mardi, 29 Septembre 2009 »).
5 — NOTE AU 20090901 — Gérard Fourcher est ancien psychologue au Centre hospitalier de Cholet et
chargé d’enseignement à l’Université Catholique de l’Ouest.
6 — NOTE AU 20090901 — Cf. le site du SIUEERPP, Séminaire inter-universitaire européen d’enseigne-
ment et de recherche de la psychanalyse et de la psychopathologie – http://tinyurl.com/nwd7xk —
NOTE AU 20090927 : Cf. Dossier sur « le système EuroPsy » sur le site du SNP pour tous les articles
cités ci-dessus et d’autres documents – http://tinyurl.com/europsysnp
— 3/67 — Sommaire (3 p.) —

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SOMMAIRE
Article et Additions
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Sur le système EuroPsy : quelques conclusions notamment juridiques
et sur la place de la psychanalyse.
Et une enquête en notes et additions successives.................................................................. 1
INTRODUCTION.............................................................................................................................. 5
0. — EuroPsy « contrat d’adhésion » et « nécessité interprétative » ................................................. 5
IRE PARTIE EUROPSY EN GÉNÉRAL .......................................................................................... 7
1. — Sur les intervenants et leurs compétences textuelles : anomalies et insuffisances
juridiques du texte EuroPsy 2005-2006 et des statuts de la FFPP du 6 déc. 2008 ....................... 7
2. — Sur la procédure de sanction et celle d’appel dans le système EuroPsy ............................ 13
3. — Sur la proximité du système EuroPsy avec un ordre professionnel ..................................... 16
4. — Sur la spécialisation EuroPsy en psychothérapie, et sur la concurrence avec le
« CEP » de l’European association for psychotherapy .................................................................. 18
5. — Sur les stipulations transitoires relatives à l’obtention du certificat EuroPsy ....................... 20
II PARTIE EUROPSY ET LA PSYCHANALYSE ...................................................................... 21
E

6. — Sur les rapports entre psychologie, psychothérapie et psychanalyse : « Art. 52 »................ 21


7. — Sur la « formation EuroPsy » : les « théories explicatives » en psychologie comme
matières de la formation, et la psychanalyse ............................................................................... 24
8. — Sur l’enjeu tenant aux « codes de déontologie » : la pratique et EuroPsy, et la
psychanalyse ................................................................................................................................ 26
9. — Sur l’annexe III du « texte EuroPsy » : « compétence et profilage des compétences »,
& l’annexe IV, « pratique supervisée », et la psychanalyse ........................................................... 30
CONCLUSION................................................................................................................................ 31
10. — Sur la responsabilité directe de la FFPP pour toutes les questions évoquées.................... 31
11. — État de droit et démocratie, et EuroPsy.............................................................................. 32
12. — Mentions de mise à jour : nouveau « texte EuroPsy » constamment retardé ...................... 33
ADDITIONS ..................................................................................................................................... 35
Addition 1 — 20090901 — Sur la « reconnaissance par les pairs » constitutive de « pouvoir
professionnel », les ordres professionnels et EuroPsy ................................................................. 35
Addition 2 — 20090921 — Réponse (232 lignes) du Président du « Cofradec EuroPsy »......... 37
Addition 3 — 20090924 — Commentaire - de la Réponse du 20090921 du Président du
Cofradec EuroPsy......................................................................................................................... 43
Addition 4 — 20090925 — Réponse (8 lignes) du Président du « Cofradec EuroPsy » au
Commentaire du 20090924 de sa Réponse du 20090921 et commentaire ................................ 61
Addition 5 — 20090928 — Réponse des Co-Présidents de la FFPP et commentaire ............... 63
Addition 6 — 20091006 — Le pouvoir professionnel comme potentat professionnel ................ 64

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— 4/67 — Article (31 p.) —

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« … ce qui est en jeu est tout simplement un principe fondamental de démo-


cratie : celui de la séparation des pouvoirs. Les démocraties modernes n’en
sont pas restées aux trois pouvoirs de Montesquieu et la complexification
considérable des sociétés depuis cette époque incite les pouvoirs démo-
cratiques à prendre en compte les formes d’organisations diverses des
pouvoirs et singulièrement les pouvoirs professionnels, fondés sur les com-
pétences professionnelles. »
— Roger Lécuyer, « Ordre ou pas ordre des psychologues : y a-t-il une al-
ternative ? », Le Journal des psychologues, nº 244 février 2007, p. 13.
— Citation découverte après confection du présent article et de ses addi-
tions jusqu’à la cinquième. Cf. Addition 6 ci-après.

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— 5/67 — Article (31 p.) —

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INTRODUCTION 7

0. — EUROPSY « CONTRAT D’ADHÉSION » ET


« NÉCESSITÉ INTERPRÉTATIVE »

« EuroPsy » est un système de certification des psychologues à l’échelle européenne,


conçu par l’EFPA-FEAP – http://www.efpa.eu/ – « European federation of psycholo-
gists’ associations, Fédération européenne d’associations de psychologues », asso-
ciation de droit belge basée à Bruxelles. L’EFPA-FEAP n’accepte dans chaque pays
qu’une seule organisation membre ; en France, il s’agit de la Fédération française
des psychologues et de psychologie, FFPP – http://tinyurl.com/llcpnb — Le système
EuroPsy prévoit aussi l’agrément des formations universitaires des psychologues –
http://tinyurl.com/mw454s — La FFPP, pour l’application du système EuroPsy, a ins-
tauré par stipulation à ses statuts – http://tinyurl.com/lpqcxl – la commission « CoFra-
DeC EuroPsy » – http://www.europsy.fr/ — « Comité français de délivrance de la certi-
fication EuroPsy » : il s’agit bien d’une « commission », dont les membres sont dési-
gnés par la FFPP, et puisque notamment il est indiqué aux statuts de la FFPP que le
« CoFraDeC » a pour « mission » d’« examiner des dossiers » individuels, tant de per-
sonnes physiques candidates que des formations à « certifier ». Il est indiqué au rè-

7 — NOTE AU 20090927 — Il paraîtra dans la suite manifeste au lecteur que le « texte Euro-
Psy » et ceux qui en sont tirés ont été rédigés sans la consultation d’aucun juriste, ce qui
paraît extraordinaire s’agissant d’un système dont la nature juridique de contrat n’est pas contes-
tée, conçu à l’échelle de l’Europe par l’EFPA-FEAP – http://www.efpa.eu/ – « European federation of
psychologists’ associations, Fédération européenne d’associations de psychologues », avec les moy-
ens que l’on peut supposer dont dispose une telle organisation. — Cf. ci-après Addition 3, dont
voici un résumé. — Mieux encore, à supposer même que des juristes aient été consultés en vue
de la conception du système EuroPsy, ces consultations n’auraient pas transpiré, puisque le pré-
sident du CoFraDeC EuroPsy “croit” pouvoir faire valoir une analyse des textes du système Euro-
Psy “indépendante du droit”. Et ceci qui plus est en vertu d’un « pouvoir professionnel » conférant
dans son esprit l’immunité juridique. Car avec bien entendu pour effet que les textes dont il est
responsable de l’application ont vocation à être opposés par lui aux autres, mais ne doivent selon
lui, dans un esprit anti-juridique et donc anti-démocratique, réciproquement pas lui être opposés
à lui-même — puisque les lui opposer dans ses fonctions entraîne ses lamentations personnelles
tenant à « procès d’intentions ». Le président initial du CoFraDeC EuroPsy ne distingue donc pas sa
personne de ses fonctions, et rend ainsi lui-même impossible cette distinction en commentaire de
ses propos mélangés (Addition 3 et Addition 4 ci-après), pour ne mieux que s’en plaindre ensuite
par répétition de lamentations plus révélatrices à chaque fois. — Sur l’aspect relatif à démocratie,
cf. aussi ci-après section 11 de l’article, dernier paragraphe, resté sans réponse comme bien
d’autres points significatifs. — Dans ces conditions résumées la publication d’une analyse
juridique la plus complète possible s’impose, nonobstant lesdites lamentations tenant à
« procès d’intentions », et pour cette raison même. — NOTE AU 20090928 : Il faut cependant
prendre en considération la réponse même partielle du 28 septembre 2009 des co-prési-
dents de la FFPP au présent article et ses Additions 3 et 4 ; cf. Addition 5, dont voici l’é-
lément principal : « Nous avons pris note de vos commentaires sur EuroPsy avec une grande atten-
tion, et vous remercions de cette lecture précise et étayée concernant les statuts. Nous ne manquerons
pas d’examiner cette situation lors d’un prochain Conseil d’Administration Fédéral qui décidera d’éven-
tuelles modifications. » — la réponse comporte aussi la mention « cette attention ne saurait cautionner
les modalités de mise en cause de R. Lécuyer » ; cependant celui-ci se met bien assez en cause lui-
même selon les pires modalités, le commentaire ne l’exposant que pour les lecteurs les moins avisés.
— NOTE AU 20091006 : Cf. par surcroît Addition 6.
— 6/67 — Article (31 p.) —

glement intérieur de cette commission, statutairement « approuvé par le Conseil d’ad-


ministration fédéral de la FFPP », à l’article 5, « Le CoFraDeC EuroPsy est une commission de
la FFPP qui jouit dans son champ de compétences d’une totale autonomie d’action par rap-
port aux instances dirigeantes de la Fédération » : mais comme on le verra, cette « auto-
nomie » est limitée dans la mesure de la compétence de l’organisation nationale, la
FFPP, prévue par le « texte EuroPsy » pour les appels des refus de décernement du
certificat EuroPsy par la commission « CoFraDeC ». Cependant cette compétence
d’« appel » pour rendre des « jugements » doit être exercée par une commission « in-
dépendante » mais dite seulement « consultative » par le « texte EuroPsy », et mise en
place par l’organisation nationale.

Pour le texte fondateur du système EuroPsy – http://tinyurl.com/m67d5k, cf. le texte


original en anglais qui seul fait foi, version 2005 – http://tinyurl.com/mz674g et sa
traduction « officieuse » en français pour le moins lacunaire et inexacte de 2005 –
http://tinyurl.com/llrszm (comparer par exemple l’article 11 en anglais et en français)
ou pour la version en anglais 2006 (substitution du terme « certificat » au terme « di-
plôme ») : http://www.efpa.eu/europsy/booklet – http://tinyurl.com/lsyomh — Le « texte
EuroPsy » est un acte juridique, c’est-à-dire un texte qui est conçu pour des effets
de droit : la délivrance de certificats individuels attestant la formation requise contre
versement de cotisation pour frais, et l’accréditation des formations. Ce texte se
présente d’ailleurs formellement comme un acte juridique : il est rédigé en articles
pour le corps principal, et comporte un préambule et des annexes. La rédaction en
articles est caractéristique des actes juridiques, en anglais comme en français.
Par conséquent, ce texte doit être soumis à une lecture juridique, et toute autre
lecture, par exemple « psychologique », n’est possible que si la complexité tech-
nique du texte nécessite le recours à un expert. Or, rien de ce qui sera commenté
ci-après ne présente cette caractéristique. « Les psychologues » même rédacteurs
du texte doivent donc bien comprendre que « leur lecture » d’un tel document qu’ils
ont rédigé n’a aucun intérêt contre la lecture juridique, à moins qu’ils démontrent
une technicité qui fasse renoncer les juristes à leur lecture sur tel ou tel point. Ce
qui, encore une fois, n’est pas le cas : le « texte EuroPsy » est rédigé presque sans
jargon, de façon à être compris de tous, et c’est une qualité de ce texte. Il est par
exemple sans intérêt que les rédacteurs viennent dire qu’ils ont voulu dire autre
chose que ce que le texte énonce pour des juristes : s’ils avaient voulu dire autre
chose, il fallait qu’ils écrivissent autre chose, mais une fois qu’ils ont écrit, le texte
échappe à leurs entreprises « explicatives » non juridiques.

Et plus encore, le « texte EuroPsy » relève de la catégorie des « contrats d’adhési-


on » : il est à prendre ou à laisser, par un grand nombre de souscripteurs, les psy-
chologues demandant le certificat ; cette caractéristique entraîne qu’un tel texte
s’interprète bien entendu contre le ou les rédacteurs (l’EFPA-FEAP), au cas de dou-
te et donc de nécessité d’interprétation. En toute hypothèse, l’interprétation n’est
licite qu’après avoir démontré en quoi un texte n’est pas clair : http://tinyurl.com/n85j5j
– c’est à celui qui prétend interpréter ou « expliquer » de démontrer lui-même
d’abord en quoi le texte n’est pas clair, opération préalable sine qua non de toute
interprétation d’un texte juridique qui fait différencier l’obscurité de l’obscurantis-
me 8 . Ce qui notamment sera pratiqué dans le présent commentaire, mais sans tou-

8 — NOTE AU 20090901 — Sur la « nécessité interprétative » indispensable à la licéité de l’interprétation,


cf. étude par Vincent Égéa, page 4 – http://tinyurl.com/n2h6jc – dont extrait ci-après. Le terme « cont-
…/…
— 7/67 — Article (31 p.) —

jours présenter d’interprétation univoque, car cela est rarement possible compte te-
nu des imperfections internes des documents examinés et de leurs contradictions
entre eux.

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IRE PARTIE
EUROPSY EN GÉNÉRAL

1. — SUR LES INTERVENANTS ET LEURS COMPÉTENCES TEXTUELLES :


ANOMALIES ET INSUFFISANCES JURIDIQUES
DU TEXTE EUROPSY 2005-2006 ET
DES STATUTS DE LA FFPP DU 6 DÉC. 2008

Le texte EuroPsy indique que des « comités » (commissions) sans personnalité ju-
ridique sont dotés de « responsabilités » (« responsibilities »), ce qui est inconsé-
quent : ceci concerne tant le « comité européen de délivrance de la certification Eu-
roPsy » que les « comités nationaux de délivrance ». Il est aussi dans ces conditions
indiqué de manière tout aussi inconséquente que le « comité européen » « délè-
gue » une « autorité » (et peut abroger cette délégation, mais non exercer directe-
ment la compétence en question) à des « comités nationaux », dont on ne sait pas
au nom de qui ils agissent par cette « délégation » : au nom de la FEAP, semble-t-il,
alors que ces comités nationaux sont des commissions d’organisations nationa-
les. Par ailleurs, la responsabilité des actes d’un comité national reposerait-elle
sur l’organisation nationale ? Ou bien qui donc est responsable ?

L’appel des décisions individuelles de refus de décernement du certificat EuroPsy,


prises par les comités nationaux, est confié aux organisations nationales, lesquelles
doivent faire « examiner » ces appels par un comité d’appel. Ceci tend à montrer que
les organisations nationales seraient responsables pour les « responsabilités » des
comités nationaux de « délivrance » : mais il n’est pas précisé non plus au nom de
quelle personne juridique les appels sont tranchés. Et par ailleurs, là encore, la res-

rat » peut être remplacé par celui de « loi » ou « règlement », les principes applicables étant identiques.
Le document original comporte des références jurisprudentielles qui ne sont pas reprises ici : « Quand
elle approuve les juges du fond, la Cour (de cassation) souligne systématiquement qu’ils ont procédé à
« une interprétation, exclusive de dénaturation, rendue nécessaire par… » l’ambiguïté des termes, ou en-
core par la contradiction entre des clauses… La Cour de cassation s’attache finalement peu à une défini-
tion de l’ambiguïté, ou de l’imprécision, n’en dégage pas des critères d’appréciation, mais se fonde sur
l’idée plus fédératrice de nécessité interprétative. La méthode est inductive. Quelques exemples jurispru-
dentiels récents illustrent ce propos. Par cette formule quasi-rituelle, la Cour de cassation a pu relever une
ambiguïté des termes du contrat préliminaire « rendant nécessaire l’interprétation souveraine des juges du
fond ». Ou encore, que cette fameuse interprétation était rendue nécessaire par « une rédaction ambiguë ».
Ailleurs, c’est « l’ambiguïté des termes du contrat » qui rendait nécessaire l’interprétation souveraine des ju-
ges du fond. Enfin, en utilisant la même formule, la Cour approuve les juges du fond d’avoir procédé à une
interprétation « en l’état de ces stipulations contradictoires et ambiguës qui rendaient nécessaires une in-
terprétation de l’acte pour permettre sa qualification ». La constance de la Cour de cassation dans l’appré-
ciation de cette « nécessité interprétative » ne laisse guère de doute quant à l’office des juges du fond. Pour
procéder à une interprétation, ceux-ci doivent préalablement en caractériser la nécessité, issue d’une obs-
curité, d’une ambiguïté, d’une contradiction, ou d’une mauvaise rédaction . Cette solution qui encadre les
pouvoirs du juge est évidemment bienvenue. En effet, pouvoir souverain ne signifie pas pouvoir arbitraire,
et le contrat clair demeure avant tout la loi des parties. ».
— 8/67 — Article (31 p.) —

ponsabilité de qui est-elle engagée lors de la procédure d’appel et par les décisions
rendues : celle de l’organisation nationale ou celle de la FEAP ? Il faut bien compren-
dre que savoir au nom de qui sont prises les décisions n’indique pas toujours
quelle est la personne juridique responsable : par exemple, lorsque les juridictions
françaises rendent leurs décisions « au nom du peuple français », ce n’est pas le
« peuple français » qui est responsable, c’est l’État français, qui seul a la personnalité
juridique.

Les psychologues qui ont rédigé le « texte EuroPsy » n’ont pas compris que la res-
ponsabilité ne peut être reconnue qu’à des personnes juridiques, et que la délé-
gation de pouvoir suppose la responsabilité d’une personne juridique pour l’exer-
cice de ce pouvoir. Les psychologues en question ont cru faire une « loi » ou même
une « constitution » au nom de la « nation des psychologues », la responsabilité de
l’application étant supportée par un « État des psychologues » incernable, que l’on
peut qualifier de « pouvoir professionnel » 9 posé en concurrent des États proprement
dits. Mais il faut nécessairement l’interprétation de juristes, et de juristes des États le
cas échéant de contentieux, pour compenser les défauts précités, pour pallier aux
stipulations défectueuses du « texte EuroPsy ». Et si les juristes décident que d’ap-
rès le texte EuroPsy, la responsabilité de l’exercice de la « délégation d’autorité »
et de l’appel devant les commissions nationales d’appel repose sur la FEAP, cela
pourrait impliquer que tout contentieux de la responsabilité devrait être intenté
contre la FEAP et le cas échéant devant les juridictions belges. Est-ce bien cela
que veut la FFPP, obliger les psychologues lésés par le « CoFraDeC », et par les ap-
pels devant une autre commission de la FFPP, à saisir les juridictions belges ? Si
ce n’est pas cela que veut la FFPP, elle doit énoncer clairement ce qu’elle veut
dans ses statuts, assumer ses responsabilités pour les psychologues qu’elle en-
tend rassembler par le système EuroPsy, en stipulant clairement que les conten-
tieux pourront (voire devront) être intentés en France contre la FFPP elle-même.
Quant à la rédaction du « texte EuroPsy », elle dénote un simulacre de nation et
d’État des psychologues, qui ne correspondent à rien, et élude les responsabili-
tés, tout en comportant ce terme à contresens à propos de « comités », tant celui
européen que ceux nationaux, qui n’ont pas la personnalité morale juridique.

Tout ceci a en partie pour origine une version abandonnée de projet de directive eu-
ropéenne, qui prévoyait l’instauration de l’équivalent d’un ordre professionnel euro-
péen (sur modèle partiel de la BPS britannique) pour les professions suffisamment
représentées par une association européenne. Le rejet (bien entendu) de cette ver-
sion de projet de directive par le Conseil européen est ce qui semble avoir laissé
suspendues dans le vide les stipulations impropres de « responsabilité » et de « délé-
gation » dans le « texte EuroPsy ». 10

9 — NOTE AU 20090901 — Cf. Addition 1, « Sur la ‹ reconnaissance par les pairs › constitutive de ‹ pou-
voir professionnel ›, les ordres professionnels et EuroPsy ». — NOTE AU 20090930 : Cf. dans l’Addition
4 ci-après, la section dont titre intercalé « Sur le pouvoir professionnel », sous section 3 « Sur les diffé-
rences entre EuroPsy et un ordre professionnel ».
10 — NOTE AU 20090928 — Au sujet des liens avec les textes et institutions européens, l’on trouve sur
le site du « CoFraDeC » (au 20090901) les mentions suivantes : http://tinyurl.com/yebcaa6 « 14. EuroPsy
est-il reconnu par l’Union Européenne ? Non. L’EFPA avait espéré que la directive européenne 2005/36 du 7
septembre 2005 sur la reconnaissance des qualifications professionnelles serait plus contraignante et
qu’EuroPsy serait une « plateforme » au sens de cette directive [en projet], mais la notion de « plateforme »
[dans la version de directive finalement adoptée] est beaucoup trop laxiste et l’EFPA n’a pas présenté à l’UE
…/…
— 9/67 — Article (31 p.) —

Il faut aussi bien comprendre que la question de la responsabilité et donc celle


des contentieux, points de vue désagréables s’il en est, sont celles par lesquelles
se règlent des questions de principe qui dépassent très largement l’intérêt cont-
entieux : fuir ces questions, c’est fuir toute responsabilité, tout en employant le
terme de façon impropre, caractéristique du « texte EuroPsy ».

Tout ceci va être examiné plus en détail à partir d’extraits du « texte EuroPsy », du
« règlement intérieur » du « CoFraDeC » et de la « FAQ » du site sur l’Internet du « Co-
FraDeC ».

Le texte régissant le système EuroPsy dans sa version 2005-2006 comporte les sti-
pulations suivantes s’agissant des comités nationaux de délivrance de la certifica-
tion EuroPsy (seul le texte original en anglais fait foi) :

— « Article 12 — The responsibility for awarding the EuroPsy and entering an individual
into the Register according to these Regulations rests with the European Awarding
Committee. This Committee delegates the authority to enter the name into the Regis-
ter and to award the EuroPsy in accordance with these Regulations to a National Aw-
arding Committee. » — TRADUCTION revue par le présent rédacteur, celle de la version
française 2005 présentée sur le site sur l’Internet du « CoFraDeC » étant insatisfaisan-
te : « La responsabilité de décerner le [certificat] EuroPsy et d’inscrire une personne
sur le Registre en conformité avec les présentes règles appartient au Comité euro-
péen de délivrance. Ce Comité délègue à des Comités nationaux de délivrance l’au-
torité d’inscrire les personnes sur le Registre et de décerner le [certificat] EuroPsy en
conformité avec les présentes règles. ».

— « Article 15 — In each country where the EuroPsy is awarded there is a National Aw-
arding Committee appointed by the national association with delegated authority to
enter names into the Register and to award the EuroPsy. »

— « Article 16 — The National Awarding Committee consists of a Chairperson and four


other Members. They are appointed by the National Association of Psychologists
(Appendix I) for a term of up to four years, once renewable. The five members will re-
present the main professional contexts of psychology in that country and will provide
a balance between those working as practitioners and those working at universities
and involved in the education of psychologists. ».

Pour la suite figure ici la traduction en français présentée sur le site du « CoFraDeC » :

— « Article 17 — Les responsabilités d’un Comité National de Délivrance du [certificat]


doivent être [doivent comprendre] les suivantes : (“The responsibilities of a National
Awarding Committee include the following:”) / a) préparer et publier une liste des cur-
sus de formation universitaire en psychologie accrédités ; / b) informer les institutions
de formation des conditions d’accréditation ; / c) stipuler de quelle façon un candidat

EuroPsy comme plateforme [ce qui n’était plus possible]. Dans l’avenir, l’EFPA espère, dans le cadre du
processus de Bologne, une harmonisation des formations en Europe, se faisant pour les psychologues sur
la base d’EuroPsy. » // http://tinyurl.com/yep5a72 (cf. fin de page) « [Dans le cadre de la directive finale-
ment adoptée] l’EFPA va mettre sur pied une plate-forme commune [distincte du système EuroPsy] : / — re-
censement des différentes législations / — établissement de la plateforme (= mesures compensatoires pré-
déterminées, pas harmonisation des formations : donc EuroPsy n’est pas une plate-forme). / — acceptation
de la plate-forme par l’UE. ».
— 10/67 — Article (31 p.) —

doit faire la preuve de ses compétences professionnelles ; / d) produire des directi-


ves/mémentos permettant aux superviseurs d’évaluer les compétences ; / e) préparer
un document de déontologie professionnelle qui devra être signé par les candidats ; /
f) déterminer le montant des droits administratifs qui devront être réglés par les can-
didats ; / g) soumettre tous les règlements nationaux à l’approbation du Comité Euro-
péen de Délivrance du [certificat] ; / h) prendre une décision pour chaque demande
individuelle de délivrance du [certificat] EuroPsy, et informer l’intéressé des raisons
du refus ou de la délivrance [du certificat] EuroPsy ; / i) gérer une liste publique des
psychologues [certifiés] EuroPsy ; / j) préparer un rapport d’activités annuel destiné au
Comité Européen de Délivrance du [certificat] ; / k) assurer l’inscription et la radiation
sur la liste des psychologues au Registre, pour en maintenir la mise à jour. ».

À partir des stipulations ci-dessus, les comités nationaux de délivrance de la certifi-


cation EuroPsy ne doivent pas consister en personnes juridiques, personnes mora-
les, mais doivent consister en commissions de chaque association membre unique
de la FEAP-EFPA pour chaque pays. Et en même temps, ces comités nationaux alors
qu’ils ne possèdent pas la personnalité juridique doivent se voir « déléguer l’autorité »
de délivrer le certificat EuroPsy. Le texte EuroPsy 2005-2006 aurait pu prévoir que
chaque association nationale serait délégataire pour délivrer le certificat, à condi-
tion de faire exercer cette délégation par une commission (« comité ») répondant
aux critères souhaités, comme dans le cas de l’EAP et de son certificat « CEP »,
dont il sera fait état plus loin, et comme c’est le cas dans celui même du système
EuroPsy, pour les appels des refus de délivrance du certificat EuroPsy devant
l’organisation nationale, qui doit faire « examiner » ces appels par une commission
d’appel (voir plus loin, sur la procédure d’appel et l’article 28 du « texte EuroPsy »).
Mais non, le texte EuroPsy 2005-2006 a prévu une délégation directe d’« autorité »
par un comité qui n’a pas la personnalité juridique aux comités nationaux, alors
que ceux-ci n’ont pas non plus la personnalité juridique. Dans ces conditions,
contre qui engager un contentieux au cas de préjudice causé par le non-renouvel-
lement ou le retrait du certificat EuroPsy ? Contre les personnes physiques mem-
bres des comités nationaux, certes, en tant que participants à une « association
de fait » que constitue le comité national, et contre l’EFPA-FEAP devant les juridic-
tions belges, ou bien là encore contre les personnes physiques membres du comité
européen ?

Une indication de la responsabilité complète de la FFPP résulte implicitement d’un


article du « règlement intérieur » du « CoFraDeC », lequel est statutairement approu-
vé par le Conseil d’administration fédéral de la FFPP ; il s’agit des stipulations pré-
voyant à qui « rend compte » le « CoFraDeC », et prévoyant même l’« approbation » de
ce compte rendu :

« — Article 9 — Le CoFraDeC EuroPsy fait un rapport annuel qui est transmis à la FFPP
et à ses organisations membres, et publié sur le site web du CoFraDeC EuroPsy. Une
version anglaise de ce rapport est transmise au comité européen de délivrance de
l’accréditation EuroPsy. Ce rapport rend compte de l’activité du CoFraDeC EuroPsy
en direction des structures de formation, des candidats à la certification, des psycho-
logues exerçant une supervision de la pratique professionnelle. Ce rapport est pré-
senté pour approbation au Conseil d’Administration Fédéral de la FFPP par le prési-
dent du CoFraDeC EuroPsy ou son représentant. ».

Il est littéralement indiqué que le rapport du « CoFraDeC » « rend compte », et que


ce rapport est présenté « pour approbation » au Conseil d’administration fédéral
— 11/67 — Article (31 p.) —

de la FFPP par le président du « CoFraDeC ». « Rendre compte » est l’expression qui


dénote le mandat juridique, de même que la notion d’« approbation de compte-
rendu » par le mandant. C’est par accessoire, secondairement, qu’il est indiqué
qu’« une version anglaise » du rapport est simplement « transmise » au comité euro-
péen de délivrance de l’accréditation EuroPsy. Dans ces conditions, les juristes
peuvent conclure que la FFPP, par ces stipulations du règlement intérieur du « CoFra-
DeC » qu’elle a approuvées par son Conseil d’administration fédéral, revendique la
responsabilité des activités du « CoFraDeC ». Mais les présentes conclusions ne re-
posent que par implicite seulement sur les stipulations d’un règlement intérieur, que
cependant les tiers et notamment les « certifiés EuroPsy » peuvent invoquer contre la
FFPP pour faire constater son entière responsabilité des activités du « CoFraDeC ».
L’on peut estimer cependant qu’une clarification s’impose, et que la FFPP devrait
clairement revendiquer cette entière responsabilité, afin d’éviter des discussions
inutiles.

Mais ce n’est pas tout. Les statuts de la FFPP, en ce qu’ils prévoient une commis-
sion dite « comité de délivrance de la certification EuroPsy », ne sont nullement
conformes au texte EuroPsy, ce qui rend la « délégation d’autorité » par le comité
européen au « CoFraDeC » irrégulière selon le « texte EuroPsy » même. En effet,
dans les statuts du 6 décembre 2008 de la FFPP – http://tinyurl.com/mx3oss l’on trou-
ve ceci à propos du « CoFraDeC » :

— « Article 23 — Le CoFraDeC EuroPsy ou Comité Français de Délivrance de la Certifi-


cation EuroPsy est une instance de 9 membres (4 universitaires, 4 praticiens et un
président) qui a pour mission d’examiner les dossiers de cursus universitaires ainsi
que les dossiers individuels des candidats qui veulent obtenir la certification EuroPsy,
délivrée par la Fédération Européenne des Associations de Psychologues. Les mem-
bres du CoFraDeC sont élus par le CAF [Conseil d’administration fédéral]. Le prési-
dent du CoFraDeC est obligatoirement membre de la FFPP. Il siège, ou l’un de ses re-
présentants, au CAF avec voix consultative. Le règlement intérieur du CoFraDeC Eu-
roPsy est soumis à l’approbation du CAF. ».

Rien d’autre n’est précisé à propos du « CoFraDeC ». Et dans le « règlement intérieur »


de la FFPP, il n’est fait nulle mention du « CoFraDeC ». Rien dans le règlement intérieur
du « CoFraDeC » – http://tinyurl.com/lcst4b approuvé par le Conseil d’administration fé-
déral de la FFPP ne vient contredire les mentions précitées des statuts de la FFPP. Ce
règlement indique comme compétence du « CoFraDeC » ceci, et rien d’autre :

— « Article 1er — Le CoFraDeC EuroPsy est créé par la Fédération Française des Psy-
chologues et de Psychologie, membre français de la Fédération Européenne des As-
sociations de Psychologues (FEAP-EFPA) en vue de l’application en France de la certi-
fication EuroPsy, délivrée par l’EFPA. ».

Comme le règlement intérieur du « CoFraDeC » ne saurait être interprété dans un


sens où il violerait les statuts de la FFPP, ce sont ceux-ci qui s’imposent au « Co-
FraDeC ». Et dans ces conditions, l’on doit conclure que les missions confiées au
« CoFraDeC » par les statuts de la FFPP ne sont pas conformes aux conditions po-
sées par le texte EuroPsy. En effet, la seule mention de « mission d’examiner les
dossiers » ne permet même pas au « CoFraDeC » de recevoir les dossiers directement
des demandeurs, et la mention selon laquelle la délivrance de certificat appartient à
la Fédération européenne des associations de psychologues ne permet pas au « Co-
— 12/67 — Article (31 p.) —

FraDeC » de délivrer les certificats. Dans ces conditions, à quoi doit « obéir » le « Co-
FraDeC » : aux stipulations restrictives des statuts de la FFPP dont il est une commis-
sion, ou à la délégation d’« autorité » par le Comité européen de délivrance de la cer-
tification EuroPsy, et alors même que cette délégation est irrégulière au regard du
« texte EuroPsy » lui-même, puisque les missions confiées par la FFPP au « CoFraDeC »
ne remplissent pas les exigences du texte EuroPsy pour que le Comité européen
puisse opérer la « délégation » ? Il aurait fallu mentionner à l’article 23 des statuts
de la FFPP l’ensemble des missions obligatoires prévues par l’article 17 du texte
EuroPsy, et indiquer au même article 23 que le « CoFraDeC » est « autorisé par la
FFPP à mettre en œuvre la délégation par le comité européen pour délivrer la cer-
tification ».

Dans la FAQ sur le site sur l’Internet du « CoFraDeC » l’on trouve la « réponse » sui-
vante :

— « 6. — Qui délivre EuroPsy ? / Formellement, [le certificat] EuroPsy est délivré par
l’EFPA, via le comité européen de certification. Mais l’EFPA délègue la possibilité de
délivrer la certification à chacune des organisations membres des 34 pays ou l’EFPA
est implantée. En France, il s’agit de la FFPP. [Le certificat] EuroPsy n’est pas délivré
directement par l’organisation nationale, mais par un Comité National de Délivrance
d’EuroPsy (en France, le CoFraDeC EuroPsy) nommé par la FFPP. ».

L’on peut s’interroger à l’infini sur ce que vient faire le terme de « possibilité » dans
un tel contexte juridique. En toute hypothèse, cette réponse de FAQ est en contra-
diction avec les mentions des statuts de la FFPP, qui indiquent que la mission du
« CoFraDeC » est seulement d’« examiner » les dossiers, et que la « délivrance » de la
certification est opérée par l’EFPA-FEAP. Et alors, qui fait quoi, exactement ? Faut-il
« croire » les statuts de la FFPP, ou la « FAQ » du site du « CoFraDeC » qui dément les
statuts de la FFPP ? Juridiquement ce sont les statuts de la FFPP qui s’imposent au
« CoFraDeC ». Le « désordre » semble donc complet… une nouvelle fois, qui as-
sume quelle responsabilité dans cette affaire ? Où, dans quel pays, devront être in-
tentés les contentieux ? En France, et/ou en Belgique, et/ou dans tout autre État où
la FEAP-EFPA jugera bon de transporter son siège ou celui de certaines de ses activi-
tés, y compris à l’extérieur de l’Union européenne ? La FEAP-EFPA a-t-elle pris l’enga-
gement juridique de maintenir le siège du système EuroPsy à Bruxelles, pour appli-
cation du droit belge, ce qui est le type d’engagement élémentaire dans tout mon-
tage juridique multinational ?

En fait, le système EuroPsy est en phase d’expérimentation, et le texte EuroPsy pu-


blié sur le site du « CoFraDeC » pourrait ne pas être celui qui est appliqué par le « Co-
FraDeC » et qui sert de fondement à la « FAQ ». Le http://tinyurl.com/m67d5k – site du
« CoFraDeC » indique : « Attention ! Une nouvelle version de ce texte va bientôt remplacer
celle-ci. Elle sera alors disponible sur ce site. ». Le – http://tinyurl.com/lsyomh – site de
l’EFPA-FEAP indique au 1er septembre 2009 : « The booklet will be updated in the begin-
ning of 2009. ». Manifestement la mise à jour du « texte EuroPsy » a pris plus de temps
que prévu — sans parler de la mise à jour du site de l’EFPA-FEAP. Il faudrait donc at-
tendre le nouveau « texte EuroPsy » pour tirer des conclusions sur les points préci-
tés, à supposer que des améliorations portent sur les points évoqués au présent
commentaire, ce qui relève de l’optimisme probablement le moins réaliste.
— 13/67 — Article (31 p.) —

En l’état actuel des choses, le point 6 précité de la FAQ du site du « CoFraDeC » est le
seul à évoquer un montage juridique cohérent, comparé aux statuts de la FFPP et au
texte EuroPsy 2005-2006, auxquels ce point 6 de FAQ n’est pas conforme ; ce point
6 de « FAQ », en l’état, est donc le mieux conçu, mais non conforme aux textes mal
conçus qu’il est censé résumer : il est donc trompeur.

2. — SUR LA PROCÉDURE DE SANCTION


ET CELLE D’APPEL DANS LE SYSTÈME EUROPSY

Les seules stipulations du « texte EuroPsy » relatives à une procédure de sanction


sont les suivantes dans la seule version originale anglaise qui seule fait foi, la version
française présente sur le site sur l’Internet du « CoFraDeC » étant fantaisiste pour l’ar-
ticle 11 du « texte EuroPsy » :

— « Article 11 — The EuroPsy [certificate] loses its validity (i) after the date of its expiry;
(ii) on the request of the holder unless the holder is under investigation for infringe-
ment of the national Code of Ethics or has lost a national license, if applicable; (iii) in
the case that a psychologist is judged to have committed a violation of the profes-
sional code of ethics and if a sentence or measure is imposed, either by a court of
law or by a national committee on professional ethics, with the understanding that
such withdrawal is suspended during any period in which there is an appeal pending
against this measure or sentence. / Loss of validity of the EuroPsy [certificate] leads
to the immediate removal of the record of the psychologist concerned from the Reg-
ister. ».

L’on voit que les rédacteurs veulent interdire la « démission » du certificat par un dé-
tenteur si celui-ci fait l’objet d’une procédure pour violation du « code d’éthique » ou
de la perte d’une « licence nationale ». Il est sous-entendu par là que la démission du
certificat pourrait interrompre la procédure pour violation du « code d’éthique » (ce
qui n’est en rien évident), alors que les rédacteurs du « texte EuroPsy » ont voulu que
cette procédure parvienne dans tous les cas à son terme de sanction relative au
certificat EuroPsy. L’étonnement grandit lorsque l’on lit que toute sanction, toute
« mesure », même la plus dérisoire, doit obligatoirement conduire à la radiation du
certificat EuroPsy — sauf si l’on interprète ce que l’on qualifierait d’ambiguïté du
texte de l’article 11 contre ses rédacteurs, ce qui pourrait être le cas. Tout ceci est
déplorable d’ambiguïté. Et cependant, il n’est pas indiqué si l’intéressé peut ou ne
peut pas à nouveau solliciter le certificat une fois la procédure de sanction par-
venue au terme de son effet de radiation. Donc il le peut. L’on ne voit pas sur quel
fondement de texte un « comité national d’éthique professionnelle » pourrait im-
poser une période d’interdiction de solliciter et d’obtenir à nouveau la délivrance
du certificat EuroPsy après radiation, et aucune prescription ou péremption de la
sanction n’est prévue. Là encore, le désordre est complet, la latitude bureaucra-
tique est maximale, jusqu’à ce que des juristes viennent y mettre des bornes lors
de contentieux.

Il est indiqué dans la – http://tinyurl.com/kvbcxv – « FAQ » du site sur l’Internet du « Co-


FraDeC » ceci :

« — 1. — Quelles sont les conditions pour obtenir [le certificat] EuroPsy ? / Il y a trois
conditions : / a. Être titulaire d’un master de psychologie (ou d’un DESS ou DEA) [ceci
semble incomplet : en France il semble nécessaire aussi d’être possesseur du titre
— 14/67 — Article (31 p.) —

de psychologue pour demander le certificat EuroPsy, or la seule titularité d’un mas-


ter en psychologie ou DESS ou DEA ne confère pas le titre de psychologue] / b. Avoir
suivi une année de pratique professionnelle supervisée / c. S’engager à suivre le code
de déontologie français (ou du pays ou l’on exerce) et le métacode européen. / (…) /
— 3. Que se passe-t-il si on a dérogé au code de déontologie ? / Une commission (qui
reste à définir, mais qui pourrait être la CNCDP) instruit le dossier et la certification
peut être suspendue pour un temps ou de manière définitive. ».

Avant même de se demander par qui la « suspension » est décidée, l’on constate
que la « FAQ » du site sur l’Internet du « CoFraDeC » est formulée en violation du
« texte EuroPsy » : celui-ci ne prévoit aucune « suspension » du certificat, mais une
abrogation-radiation (« withdrawal »), et de plus fort ne prévoit aucune « suspen-
sion provisoire » (« pour un temps »), ni « définitive » : le texte EuroPsy ne prévoit
qu’une radiation pour « perte de validité », sans prévoir de caractère « définitif ». La
« FAQ » du site sur l’Internet du « CoFraDeC » rajoute des éléments sans fondement
dans le texte EuroPsy, par la mention du caractère « définitif » (ou « pour un temps »)
de la prétendue « suspension » du certificat.

Sur le site de la FFPP, l’on trouve ceci relatif à la — http://tinyurl.com/mn47rm –


« CNCDP » :

— « CNCDP — Commission Nationale Consultative de Déontologie des Psychologues /


La CNCDP, commission de la FFPP, donne des avis motivés sur les problèmes relatifs
à la déontologie des psychologues. / Le rôle de la CNCDP est purement consultatif et
ses avis sont rendus sur la base des prescriptions du Code de Déontologie des Psy-
chologues. / Les psychologues, les usagers, les institutions peuvent la consulter sur
simple demande écrite. ».

L’on voit donc que la procédure d’infraction au « code de déontologie » et au « mé-


ta-code » de l’EFPA-FEAP n’est pas encore établie en France, l’organe de la FFPP
différent du « CoFraDeC » pour traiter ces infractions n’étant pas déterminé, ou du
moins celui envisagé n’étant compétent qu’à titre consultatif, au moins pour
l’instant, et envisagé sur le site du « CoFraDeC » seulement pour l’« instruction » des
affaires d’infraction, non pour décision, alors que le « texte EuroPsy » exige que
soient prononcées des « sentences » ou « mesures » par le « comité d’éthique ». De
plus, aucune procédure d’appel des sanctions disciplinaires par un « comité na-
tional d’éthique professionnelle » pour violation du « code d’éthique » n’est prévue,
ni au « texte EuroPsy » 11 , ni aux textes de la FFPP.

11 — NOTE AU 20090901 — Le site de l’EFPA comporte à la rubrique « Ethics » une section « Recom-
mendations » avec le point suivant – http://tinyurl.com/qbst4l : « 12. Appeal / There should be an appeal
procedure. ». Il s’agit des recommandations aux associations nationales en matière de procédure dis-
ciplinaire pour « violation du code d’éthique ». — Par ailleurs, le « préambule » des recommandations
comporte la phrase suivante : « The term disciplinary refers to actions that involve sanctions including, but
not limited to, a reprimand, suspension from a register or expulsion from the Association. ». Le terme « sus-
pension » de l’inscription dans un registre (par exemple celui de la certification EuroPsy) entre en
contradiction avec le « texte EuroPsy » qui ne prévoit nulle suspension mais « loss of validity » / « with-
drawal » (perte de validité / abrogation-radiation). Naturellement lesdites « recommandations » sont in-
opposables aux récipiendaires de certificat EuroPsy dans la mesure où elles sont contraires au « tex-
te EuroPsy » et par surcroît sont plus défavorables, puisque la procédure de nouvelle inscription est
connue, tandis que paradoxalement les conditions d’une levée de suspension pourraient s’avérer
plus difficiles, et la suspension pourrait empêcher une procédure de réinscription immédiate. Enfin, il
faut noter que l’« expulsion de l’association » nationale ne saurait avoir aucun effet sur la titularité d’un
…/…
— 15/67 — Article (31 p.) —

Le « texte EuroPsy » prévoit certes une procédure d’appel, mais ce n’est pas un
appel de sanction disciplinaire entraînant la radiation du certificat ; il s’agit uni-
quement d’appel de la non-« délivrance » du certificat :

— « Article 27 — An applicant whose application for the EuroPsy [certificate] has been
rejected by the National Awarding Committee can lodge an appeal against this deci-
sion with the National Psychological Association within the country concerned, pro-
viding the grounds for the appeal. »

— « Article 28 — This National Psychological Association will establish an independent


advisory committee to examine the appeal. This committee will rule on the appeal
and provide a written judgement within 60 days. This judgement will be communi-
cated to the applicant and the National Awarding Committee. The independent advi-
sory committee can seek the advice of the European Awarding Committee. »

— « Article 29 — Where an applicant’s appeal is rejected, the applicant may appeal to


the European Awarding Committee (Article 14e). Such an appeal has to be submitted
in the English language and will only be considered when evidence is provided that
the National Awarding Committee and the national appeals procedure have failed to
apply the regulations governing the award of the EuroPsy [certificate] in a manner
that is consistent with how these regulations are applied in other countries. ».

L’on voit ici que l’appel de la non-« délivrance » du certificat doit être formé devant
une instance pour laquelle aucune stipulation du texte EuroPsy ne prévoit de com-
pétence de délivrer le certificat. Le « jugement » (sic, « judgement ») devant être
« communiqué » au comité national de « délivrance », l’on peut conclure qu’implicite-
ment ce jugement vaut injonction au comité de délivrance. Le « comité national »
« CoFraDeC » n’est donc autonome que de façade. En effet, il devra bien se plier à
la « jurisprudence d’appel » que produira la FFPP par la commission d’appel. À
moins qu’il passe son temps à provoquer des appels en ignorant cette « jurispru-
dence ». Car le « comité d’appel » est dit « consultatif » (« advisory »). Voici donc un
comité « consultatif » (« advisory ») qui rend des « jugements » « communiqués » (et non
« notifiés ») : le désordre terminologique (et conceptuel ?) est donc complet. De plus,
« le » comité d’appel n’a aucune stabilité, puisqu’il doit être composé à nouveau pour
chaque appel : « (Art. 28) This National Psychological Association will establish AN indepen-
dent advisory committee to examine THE appeal. » — « appeal » est au singulier.

Un appel de second degré est prévu devant le « comité européen de délivrance »,


mais cet appel de second degré est limité au cas et au motif où les règles qui gou-
vernent le décernement du certificat EuroPsy sont appliquées par un comité national
« d’une manière qui n’est pas homogène avec la façon dont ces règles sont appli-
quées dans les autres pays » (« texte EuroPsy », art. 29). Pour tout autre motif, seul
l’appel du premier degré s’applique et en dernier ressort devant l’organisation natio-
nale, donc devant la FFPP, prise dans une commission ad hoc « indépendante »
(donc différente de la commission d’éthique).

certificat EuroPsy, qui n’a aucun lien avec la qualité de membre. L’on voit donc que ces « recomman-
dations » n’ont aucunement été rédigées en considération spécifique du système EuroPsy.
— 16/67 — Article (31 p.) —

En conséquence, et par répétition ici pour bien insister, l’« autonomie » du « CoFra-
DeC », stipulée à l’article 5 de son règlement intérieur approuvé par le Conseil
d’administration de la FFPP, est partiellement factice, mais sur le point principal
de la « délivrance » des certificats : cette autonomie s’arrête là où s’exerce la com-
pétence d’appel de la FFPP, exercée par une commission d’appel. Ce que la FFPP
indique abandonner d’une main au « CoFraDeC » par une stipulation d’« autonomie »
au règlement intérieur de celui-ci, elle le récupère de l’autre main par les stipulations
directes du texte EuroPsy qui lui donnent compétence d’appel en dernier ressort par
une commission distincte contre le « CoFraDeC », hormis les cas où c’est l’unité
d’application entre les différents pays qui est en question, cas dans lesquels un ap-
pel de second degré est prévu devant le comité de « délivrance » EuroPsy européen.
À moins que le « CoFraDeC » refuse de se plier aux décisions du « comité d’appel
national », bien sûr, puisque ce comité est dit « consultatif » par le « texte Euro-
Psy ». Dans ce cas, les « jugements » émis par ce comité d’appel ne vaudront que
le papier sur lequel ils sont couchés» 12 .

Finalement, le comité d’appel et le comité d’éthique peuvent-ils être un seul et mê-


me comité ? Il semble que non, d’après le « texte EuroPsy » qui évoque ces comités
par des stipulations distinctes. De plus, le comité d’appel est dit « indépendant » et
peut être amené à « juger » des cas de refus de « délivrance » du certificat EuroPsy
après radiation ensuite d’une procédure de sanction pour violation du code d’éthi-
que. Il devient alors évident que le comité d’éthique et le comité d’appel ne peuvent
être un seul et même comité, ne peuvent comporter des membres communs, non
plus que le « comité de délivrance EuroPsy ». Par conséquent, l’organisme national,
la FFPP, doit mettre en place trois comités distincts : le comité de délivrance, déjà
formé, le comité d’appel, inexistant mais dont le « texte EuroPsy » semble indiquer
qu’il est formé pour chaque procédure d’appel, et le comité d’éthique, qui semble
devoir être permanent et pourrait se confondre avec l’actuelle « CNCDP », après modi-
fication des missions de celle-ci.

3. — SUR LA PROXIMITÉ DU SYSTÈME EUROPSY


AVEC UN ORDRE PROFESSIONNEL

L’on trouve, toujours dans la – http://tinyurl.com/kvbcxv – « FAQ » du site sur l’Internet


du « CoFraDeC » le point suivant :

— « 24. — EuroPsy est-il comme on l’entend parfois équivalent à un ordre des psycho-
logues ? / Pas du tout : dans un ordre on est obligé de cotiser, tous les ans. Avec Eu-

12 — NOTE AU 20090901 — La « FAQ » du site sur l’Internet du « CoFraDeC » – http://tinyurl.com/kvbcxv –,


chose extraordinaire, ignore même l’existence de la procédure d’appel prévue au « texte EuroPsy »
quant au refus de décernement du certificat par le comité national, le « CoFraDeC » lui-même. Voici les
deux seuls points de la « FAQ » évoquant le refus de décernement ou de renouvellement du certificat,
dont la formulation dément même implicitement par ses silences l’existence de la procédure d’appel :
« 18. Que peut-on faire quand on n’obtient pas la certification EuroPsy ? / Tout dépend des motifs pour
lesquels on n’a pas obtenu cette certification. Le CoFraDeC EuroPsy donne évidemment ces motifs, et on
peut lui poser la question de savoir comment atteindre les critères. // 19. Que peut-on faire quand on
n’obtient pas le renouvellement de sa certification EuroPsy ? / Tout dépend des motifs pour lesquels on n’a
pas obtenu cette certification. Le CoFraDeC EuroPsy donne évidemment ces motifs, et on peut lui poser la
question de savoir comment atteindre les critères. On peut ensuite présenter un nouveau dossier dès que
l’on pense avoir atteint les critères. ».
— 17/67 — Article (31 p.) —

roPsy, on a le droit de poser sa candidature ou de ne pas la poser et EuroPsy n’est


pas une condition pour avoir le droit d’exercer. ».

La double mention du terme « droit » est de nature à éveiller la plus grande atten-
tion. Malheureusement, il s’avère que la mention « EuroPsy n’est pas une condition pour
avoir le droit d’exercer » est une assertion illusoire en ce qu’elle n’évoque que le pré-
sent transitoire. Cette assertion évoque un « droit d’exercer » purement théorique :
l’on devrait peut-être comprendre que la certification EuroPsy serait une « médaille
en chocolat » ne devant avoir aucune incidence sur les recrutements, donc sur le
« droit d’exercer » en réalité dans le futur. Or le « droit » théorique d’exercer ne sert à
rien si, dans les faits, les employeurs exigent le certificat EuroPsy des psycholo-
gues pour être recrutés (ou le public exige ce titre des psychologues libéraux
pour s’adresser à eux). Et précisément, le succès du certificat EuroPsy se mesu-
rera à l’aune de l’exigence par les employeurs de sa titularité pour les recrute-
ments. Dans les conditions mêmes où l’on pourra parler de succès de la certifica-
tion EuroPsy, le « droit » théorique d’exercer ne pourra plus dans les faits être
exercé au futur que par les détenteurs du certificat EuroPsy (sauf s’agissant des
concours de la fonction publique, sans doute, tandis que les recrutements contrac-
tuels dans les établissements publics pourront être concernés par l’exigence de fait
du certificat EuroPsy). Et la même logique s’appliquera s’agissant du certificat Eu-
roPsy de spécialisation en psychothérapie, lorsqu’il sera mis en œuvre par la FEAP et
ses agents nationaux, tel le « CoFraDeC » français. Dans les recrutements, pourquoi
se contenter des titres français de psychologue et de psychothérapeute, si se pré-
sentent des candidats possédant en sus le « certificat EuroPsy » et le « certificat Eu-
roPsy de spécialisation en psychothérapie » ?

Dès lors, dans les conditions mêmes de leur succès, la FEAP et le « CoFraDeC » se
retrouveront avec dans les faits les prérogatives essentielles d’un ordre profes-
sionnel, sans besoin d’aucun texte de droit public pour cela : inscription et cotisa-
tion obligatoires dans les faits sous peine de ne pouvoir répondre aux exigences
des employeurs (ou à celles du public), sanction possible de retrait de la certifica-
tion au cas d’infractions aux règles posées pour l’obtention, le maintien et le
renouvellement prévu tous les sept ans du certificat EuroPsy (le site du « CoFra-
DeC » indique une périodicité de cinq ans, et non de sept comme le « texte Euro-
Psy » 2005-2006 et le site de la FEAP). Ces sanctions conduisant dans le cas de
plein succès d’EuroPsy à la perte d’emploi ou au non-renouvellement de celui-
ci. Quant aux cotisations demandées, le certificat EuroPsy pourrait être gratuit que
cela ne changerait rien aux présentes conclusions, mais il faudra bien financer les
condamnations pour les abus de retrait ou de non-renouvellement de certifica-
tion, opérés sans le contrôle juridique de magistrats professionnels présidents
des chambres de discipline comme dans les ordres professionnels français : le
« pouvoir d’État » présente des garanties qu’un système privé ne présente pas.

Mais manifestement, le « CoFraDeC » EuroPsy, branche française de la FEAP pour la


délivrance des certificats EuroPsy, ne veut aucunement assumer la proximité évi-
dente, l’équivalence même du système EuroPsy avec un ordre professionnel préci-
sément dans le cas du succès du système EuroPsy, et sans besoin d’aucun texte
de droit public en ce sens. Alors qu’il serait si simple de reconnaître les faits, ou, au
pire, de s’abstenir de les nier : sont-ils déshonorants ? Est-il déshonorant de vouloir
mettre en place à l’échelle européenne l’équivalent de la British psychological socie-
ty, BPS – http://www.bps.org.uk/ — puis du HPC, Health professions council britanni-
— 18/67 — Article (31 p.) —

que – http://www.hpc-uk.org/ — d’abord dans les faits, et éventuellement ensuite en


tant que la BPS bénéficiait d’une « charte » octroyée par la Couronne pour un « regis-
tre » des psychologues – http://tinyurl.com/cuz9zz ? (Cette fonction de « registre » de la
BPS a été récemment attribuée au HPC, « created by a piece of legislation called the
Health Professions Order 2001 » – http://tinyurl.com/nbsdyt ) — Ce qui faisait de la BPS
l’équivalent d’un ordre professionnel français, d’abord dans les faits, puis en tant
que « chartered », et qui par surcroît bénéficiait de mention de prise en compte dans
les annexes de la directive européenne relative à la reconnaissance des qualifica-
tions professionnelles. L’équivalent d’une telle mention est attendu dans une recon-
naissance future d’EuroPsy par la législation européenne, donnant à EuroPsy un
fondement de droit public européen. Le « CoFraDeC » EuroPsy français, si l’opération
EuroPsy réussit complètement, sera l’équivalent formel d’un ordre professionnel
français, et non plus seulement dans les faits, sous la forme juridique qui sera élabo-
rée par l’Union européenne à propos du système EuroPsy à l’échelle de l’Europe.

Or, l’organisation de psychologues qui met en place le « CoFraDeC » français, la


FFPP, a pris position contre la mise en place d’un ordre des psychologues par le
législateur et l’État français – http://tinyurl.com/nrrt2a — Est-ce la raison pour la-
quelle le « CoFraDeC » EuroPsy français pense devoir nier au présent que sa réus-
site même en fera au futur la branche française d’un ordre professionnel euro-
péen, d’abord dans les faits, puis éventuellement en droit ? Pourtant, il n’y a pas
de contradiction entre refuser un ordre professionnel purement français et pro-
mouvoir l’équivalent d’un ordre professionnel à l’échelle européenne. Pourquoi
une telle position ne serait-elle pas parfaitement légitime aux yeux mêmes de
ceux qui l’adoptent ? Alors pourquoi le « CoFraDeC » s’en défend-il dans la « FAQ »
de son site sur l’Internet ?

4. — SUR LA SPÉCIALISATION
EUROPSY EN PSYCHOTHÉRAPIE, ET SUR LA CONCURRENCE AVEC
LE « CEP » DE L’EUROPEAN ASSOCIATION FOR PSYCHOTHERAPY

La supériorité de formation à celle des « simples psychologues », qui sera celle des
psychologues titrés psychothérapeutes en France, se retrouve dans le projet de cer-
tificat de spécialisation de l’EFPA-FEAP en psychothérapie. Celle-ci prévoit de délivrer
une « certification d’expertise spécialisée en psychothérapie qui sera délivrée par l’EFPA à
des psychologues possédant déjà la certification EuroPsy et ayant suivi une formation spé-
cialisée » : cf. site du « CoFraDeC » précité, et – http://tinyurl.com/nbrexb – site de l’EFPA.
L’on voit donc que la FFPP ne saurait s’élever contre l’instauration par la loi du « ti-
tre de psychothérapeute » comme titre supérieur à celui de psychologue, puisque
le système EuroPsy prévoit la même chose. Sauf que bien entendu, le titre français
de psychothérapeute n’est pas réservé aux titulaires du certificat « de base » Euro-
Psy. Pour un commentaire détaillé relatif à l’instauration en France du « titre de psy-
chothérapeute » par http://tinyurl.com/6hpdrf – l’article 52 de la loi du 9 août 2004,
modifié en 2009, qui réserve de fait le titre de psychothérapeute aux psychologues
sauf exceptions infimes : cf. http://tinyurl.com/ktejkj – « Art. 52 modifié 2009 Commen-
taire ».

L’on trouve dans la – http://tinyurl.com/kvbcxv – « FAQ » du site sur l’Internet du « Co-


FraDeC » le point suivant :
— 19/67 — Article (31 p.) —

— « 23. — L’EFPA a également une certification européenne pour la pratique de la psy-


chothérapie. Cette certification est conçue comme une spécialisation après l’obten-
tion d’EuroPsy et trois années de formation, et [délivrera] le titre [de] « psychologue
EuroPsy spécialisé en psychothérapie ». Donc pour l’EFPA, [le certificat de base] Eu-
roPsy [seul] ne permet pas de pratiquer la psychothérapie avec un label EFPA. ».

En réalité, le site de l’EFPA indique, à propos des « Training Standards for Psycholo-
gists specializing in Psychotherapy » :

— « These standards are guidelines for the future. They are open to revision in the
light of developments in the field. ».

Il semble donc que contrairement aux assertions optimistes du site sur l’Internet
du « CoFraDeC », l’EFPA n’« a » pour l’instant pas une certification en psychothérapie,
puisque celle-ci est en projet (« guidelines for the future »), et alors même que le certifi-
cat de base EuroPsy n’est pas encore mis en œuvre ou est en cours de mise en
œuvre, en France notamment. Mais le site de la FEAP sur l’Internet n’est pas à jour,
la certification en psychothérapie ayant été officiellement « lancée » ainsi que la
certification de base EuroPsy, lors du congrès de l’EFPA à Oslo en juillet 2009 (en-
core faudra-t-il en disposer des éléments publiés) 13 .

Penchons-nous sur la phrase précitée de « FAQ », « Donc pour l’EFPA, [le certificat de
base] EuroPsy [seul] ne permet pas de pratiquer la psychothérapie avec un label EFPA. ». Il
s’avère que cette phrase est sans fondement dans le « texte EuroPsy », ni un autre
qui soit connu. Aucune stipulation du « texte EuroPsy » n’envisage comme une viola-
tion de faire état du certificat « de base » EuroPsy pour annoncer la pratique de psy-
chothérapie. C’est apparemment une invention de la « FAQ » du site sur l’Internet du
« CoFraDeC ». Par conséquent, et contrairement aux énonciations de cette « FAQ », il
n’y a aucun obstacle et aucun inconvénient du point de vue de l’EFPA-FEAP à annon-
cer pratiquer la psychothérapie tout en faisant état du certificat « de base » EuroPsy,
tout en ne possédant pas le certificat supplémentaire EuroPsy de spécialisation en
psychothérapie. Ce certificat supplémentaire de spécialisation en psychothérapie
est tout aussi facultatif que le certificat de base, et dans la même mesure, c’est-à-
dire tant que le succès de ces certificats ne sera pas avéré par l’exigence qu’en po-
seront les employeurs et le public, comme il a été exposé ci-avant.

L’on doit en vis-à-vis du système EuroPsy se poser la question de la place qui sera
ou non celle de l’EAP-European association for psychotherapy, Association euro-
péenne de psychothérapie, et de son « CEP », « certificat européen de psychothéra-
pie » comportant un prérequis universitaire à « bac+3 » – http://www.europsyche.org/ —
dans le reste de l’Europe et non en France où l’article 52 tel que modifié en 2009 –
http://tinyurl.com/6hpdrf –semble éliminer le développement de ce système. Il pourrait
sembler que le système EuroPsy et son futur « certificat de spécialisation en psycho-
thérapie » et le système « CEP » aient vocation à se neutraliser l’un l’autre dans le
reste de l’Europe, les instances européennes ne pouvant pour se sortir de la situa-

13 — NOTE AU 20090904 — Cf. http://tinyurl.com/mxv7sf – mensuel « Fédérer » de la FFPP nº 49, sep-


tembre 2009, article de Philippe Grosbois, « EFPA Rapport du Standing comittee on psychotherapy de
l’EFPA – Oslo – 07/2009 », p. 15-16. Cet article de septembre 2009 ne prend pas en compte les tra-
vaux de l’assemblée générale de l’EFPA tenue à Oslo en juillet 2009, sur lesquels l’auteur de l’article
s’interroge même.
— 20/67 — Article (31 p.) —

tion que renvoyer le traitement de celle-ci aux États, dans le cadre de la compé-
tence réservée aux États membres dans le domaine de la santé, en l’occurrence
« santé mentale », s’agissant des psychothérapies. En réalité, le système « CEP » de
l’EAP semble ne pouvoir se développer que dans les pays où le titre ou l’activité
de psychothérapeute ne sont pas réservés aux psychologues diplômés au niveau
master et aux médecins, ce qui constitue un sérieux handicap pour le « CEP » par
rapport au système EuroPsy. Plus encore, l’on ne peut envisager dans les divers
pays qui ne l’ont pas encore fait qu’une hausse des prérequis, telle celle posée
par http://tinyurl.com/6hpdrf – l’« article 52 » français tel que modifié en 2009, ce qui
ne pourrait que tendre à marginaliser le système « CEP » à quelques pays « rési-
duels » au fil du temps. À cet égard, en France l’article 52 tel que modifié en 2009
constitue peut-être une étape de coup d’arrêt à l’échelle de l’Europe pour
l’ensemble du système « CEP », ce qui du côté des psychologues semble ôter de
son « urgence » au développement du système EuroPsy. Il ne demeure une telle
« urgence » que dans les pays qui ne requièrent pas encore le diplôme de niveau
master pour les psychologues, ni un diplôme de ce niveau en psychologie (ou en
psychanalyse) pour accéder à la formation permettant de faire usage du titre de
psychothérapeute et/ou pratiquer les psychothérapies. Comme cela est le cas main-
tenant en France s’agissant du titre de psychothérapeute, le « CoFraDeC » devra lui
aussi en tenir compte désormais.

5. — SUR LES STIPULATIONS TRANSITOIRES


RELATIVES À L’OBTENTION DU CERTIFICAT EUROPSY

Le « texte EuroPsy » exige pour le décernement du certificat que le psychologue dé-


montre une pratique d’une année supervisée suivant les modalités prévues à l’anne-
xe IV du « texte EuroPsy ». Or, en France comme dans un certain nombre d’autres
pays, le cursus conduisant au titre et dès lors à la pratique de psychologue n’inclut
pas une année supervisée à la suite des enseignements universitaires. Pour cette
raison, l’exigence de démontrer une année de pratique supervisée n’est imposée
qu’aux nouveaux diplômés, après l’adoption du « texte EuroPsy », selon les stipu-
lations suivantes :

— « Article 32 — Transitional arrangements will apply for four years after the Regula-
tions have been accepted by the EFPA Executive Council. Applicants, who before this
date have been licensed to practise independently as a psychologist by a national li-
censing body recognized by the European Awarding Committee, can substitute list-
ing of their supervised practice as a psychologist, with a record of their work history
after they were qualified for independent practice as a psychologist. In these cases
evidence of at least the equivalent of five years, within the past ten years, of inde-
pendent practice as a psychologist, and evidence of current competence and con-
tinuing professional development (see Appendix V) is required for the EuroPsy [cer-
tificate] to be awarded. ».

Cette « clause de grand-père » est prévue pour les psychologues en exercice depuis
un certain nombre d’années : ceux qui peuvent démontrer une telle activité pendant
une durée de cinq ans au minimum dans les dix dernières années avant l’adoption
du texte EuroPsy, ainsi qu’une formation continue selon les exigences du texte Eu-
roPsy (cf. annexe V de ce texte). Les autres devront apporter la preuve d’une année
de pratique supervisée. Cette « clause de grand-père » est donc très restrictive,
puisqu’elle n’inclut pas les psychologues qui exercent depuis moins de cinq ans,
— 21/67 — Article (31 p.) —

par exemple. Plus fort encore, cette clause n’est prévue que pour les quatre années
suivant la date d’adoption officielle du « texte EuroPsy » (date qui n’est toujours pas
publiée). Ce qui veut dire que les psychologues ayant plus de cinq ans d’exercice
professionnel à la date d’adoption du « texte EuroPsy » ne pourront plus, plus de
quatre ans après cette date, demander à bénéficier de la « clause de grand-père » :
ils devront prouver avoir eu une année de pratique supervisée. Il s’agit d’une pres-
sion, voire d’un chantage bureaucratique : s’agissant des psychologues déjà en
exercice professionnel, soit vous demandez le certificat EuroPsy (immédiate-
ment) dans les quatre ans, soit vous devrez suivre une année supervisée pour
pouvoir demander le certificat par la suite. Le seul intérêt des restrictions présen-
tes dans une telle clause est celui du pouvoir de nuisance bureaucratique, et de
promotion commerciale pour « achat immédiat ». 14

∽∽∽≈≈❃≈≈∼∼∼

IIE PARTIE
EUROPSY ET LA PSYCHANALYSE 15

6. — SUR LES RAPPORTS ENTRE PSYCHOLOGIE,


PSYCHOTHÉRAPIE ET PSYCHANALYSE : « ART. 52 » 16

14 — NOTE AU 20090921 — Dans ses « Réponses » en date du 21 septembre 2009, le président du Co-
FraDeC écrit, au point 5 desdites Réponses (ici en Addition 2) : « Il faut reconnaître qu’il y a eu un certain
flottement dans les divers textes se référant à EuroPsy quant à la durée d’application des mesures provisoi-
res, souvent appelées clause du grand-père. Attendons le texte définitif, mais celui-ci prévoira évidemment
que tout psychologue ayant une expérience professionnelle suffisante puisse en bénéficier s’il le souhaite,
ou en d’autres termes il n’y aura pas d’ancienneté du diplôme pour laquelle il serait impossible à vie d’avoir
la certification. ». Dont acte.
15 — NOTE AU 20090926 — Pour toute la IIe Partie, il faut garder à l’esprit la mention suivante issue du
site du CoFraDeC, « Actualités » – http://tinyurl.com/mdmbzj – sous le titre « Nouvelles d’EuroPsy » l’on
trouve (il s’agit d’un texte présent sur le site au 20090901) : « Le 17 janvier s’est tenue à Bruxelles une
réunion européenne sur la mise en œuvre d’EuroPsy dans les différents pays membres de l’EFPA. À cette
réunion assistaient le comité exécutif de l’EFPA, le groupe de pilotage d’EuroPsy, et les représentants de 30
des 34 organisations nationales membres de l’EFPA. / (…) Un travail de groupe a (…) été fait autour de cha-
cun des six pays qui appliquent actuellement EuroPsy à titre expérimental. (…). [Ce travail] a également
montré la nécessité d’adapter le projet aux spécificités historiques, légales, organisationnelles, et
conceptuelles de chaque pays : chaque pays est une exception (…) ».
16 — NOTE AU 20090904 — Cf. http://tinyurl.com/mxv7sf – mensuel « Fédérer » de la FFPP nº 49, sep-
tembre 2009, article de Philippe Grosbois, « EFPA Rapport du Standing comittee on psychotherapy de
l’EFPA – Oslo – 07/2009 », p. 15-16. L’on trouve dans cet article la mention suivante : « Quant à savoir si
la FFPP doit entrer dans le processus d’accréditation EFPA [accréditation ‹ EuroPsy with specialist expertise
in psychotherapy ›], il y a d’autres facteurs (sociologiques) à prendre en compte : / – la place de référence à
la psychanalyse (comme démarche personnelle formative, comme théorie de référence, en tant qu’école
de pensée / – (…) ». — La caractérisation desdits « facteurs » comme « sociologiques » est curieuse, et il
est encore plus curieux que la psychanalyse ne soit aucunement mentionnée comme pratique des
psychologues, mais seulement comme « démarche personnelle formative, comme théorie de référence,
en tant qu’école de pensée ». L’on doit même s’interroger sur ce que peut bien signifier dans le cont-
exte la notion de « place de référence », qui évoque plutôt les marchés financiers. L’invocation d’une
telle notion de « référence » seule marque encore plus la dénégation implicite de la psychanalyse
comme pratique dans l’assertion précitée. « Ce n’est pas ce que l’auteur voulait dire », sans doute,
mais c’est ce qu’il dit. Il a cependant le mérite d’évoquer la « place » de la psychanalyse dans le sys-
tème EuroPsy.
— 22/67 — Article (31 p.) —

La France présente la particularité de reconnaître la pratique professionnelle de la


psychanalyse et celle-ci en tant que discipline universitaire, http://tinyurl.com/6hpdrf
par des dispositions législatives adoptées à l’occasion de la réglementation du titre
de psychothérapeute. Cf. http://tinyurl.com/ktejkj – « Art. 52 modifié 2009 Commen-
taire ».

Supposons que, psychologue, l’on soit hostile à cette mention par la loi de la
psychanalyse et des psychanalystes. C’est ici le cas le plus simple à traiter. Ceci
implique que l’on considère que la psychanalyse est une sous-discipline de la psy-
chologie (dans le meilleur des cas, peut-être). Et dans ce cas, à moins que l’on ne
soit hostile à la psychanalyse elle-même bien sûr, les stipulations du « texte Euro-
Psy » doivent être complétées en France par des principes adaptés à la psychana-
lyse, par application des réservations du « texte EuroPsy » en ses annexes, comme il
va être exposé plus loin (puisque les annexes s’avèrent incompatibles avec la psy-
chanalyse, il convient de faire jouer leurs réservations). Ces principes doivent être
énoncés par application des compétences prévues à l’article 17 du « texte EuroPsy »
(précité) pour les « comités de délivrance » nationaux du certificat EuroPsy. (Mais l’on
a vu précédemment que l’article 23 des statuts de la FFPP était défectueux en ce
qu’il ne reprend pas les missions devant obligatoirement être confiées au « CoFra-
DeC » en vertu de l’article 17 du « texte EuroPsy ».)

Supposons que l’on soit favorable, ou d’une digne neutralité juridique voire idéo-
logique, envers la mention par la loi française de la psychanalyse et des psychana-
lystes. Paradoxalement, l’exposé dans ce cas sera plus étendu. Cette mention ne
retire nullement à la psychanalyse sa nature psycho/logique, y compris lorsqu’elle
est pratiquée par des psychiatres d’ailleurs. Car il se trouve simplement qu’en Fran-
ce, la psychologie n’est pas réservée aux psychologues, elle n’est d’ailleurs réser-
vée à personne. Ceux qui voudraient qu’elle le soit n’ont toujours pas présenté de
définition de la psychologie qui soit juridiquement acceptable. D’ailleurs, le propre
« code de déontologie » des organisations françaises de psychologues se garde bien
d’énoncer une définition de la psychologie qui puisse être réservée aux psycholo-
gues, ce code de déontologie n’évoque plaisamment que les « mésusages de la
psychologie » contre lesquels (mais lesquels) il faudrait protéger les usagers. L’affaire
est donc entendue : en France, même les psychologues sont incapables de définir
(de « cerner ») la psychologie, même pour les besoins et dans le cadre de leur « code
de déontologie ». Par conséquent, la mention par la loi de la psychanalyse et des
psychanalystes ne saurait en aucune façon soustraire la psychanalyse de la psy-
cho/logie… que même les psychologues ne savent pas définir (cerner) dans leur
code de déontologie. L’on ne saurait donc alléguer que la formation à la psychana-
lyse n’est pas une formation de psychologue. Et par conséquent, là encore, les sti-
pulations du « texte EuroPsy » doivent être complétées en France par des principes
adaptés à la psychanalyse, par application des réservations du « texte EuroPsy » en
ses annexes et des compétences prévues à l’article 17 du « texte EuroPsy ». Ceci est
d’autant plus impératif que précisément la loi a reconnu la légitimité de la psychana-
lyse, tant comme pratique professionnelle que comme discipline universitaire. 17

17 — NOTE AU 20090926 — (Note répétée) Pour toute la IIe Partie, il faut garder à l’esprit la mention
suivante issue du site du CoFraDeC, « Actualités » – http://tinyurl.com/mdmbzj – sous le titre « Nouvelles
d’EuroPsy » l’on trouve (il s’agit d’un texte présent sur le site au 20090901) : « Le 17 janvier s’est tenue à
Bruxelles une réunion européenne sur la mise en œuvre d’EuroPsy dans les différents pays membres de
…/…
— 23/67 — Article (31 p.) —

Il faut noter que la loi française ni n’implique que la psychanalyse est une psycho-
thérapie, ni n’implique qu’elle n’en est pas une. La loi est muette à ce sujet, ou plu-
tôt, elle constate implicitement que l’on ne peut ni dire que la psychanalyse est une
psychothérapie, ni dire qu’elle n’en est pas une. La loi constate simplement, et no-
tamment, que la psychanalyse a suffisamment de rapport avec la psychothérapie
pour favoriser l’accès du titre de psychothérapeute aux psychanalystes, et par im-
plicite, au motif de l’intérêt général que toute loi formule. La loi fait de même à pro-
pos des psychologues qui ne sont pas psychanalystes. Il aurait en effet été re-
grettable de ne pas accorder aux psychologues non psychanalystes ce qui était
adopté pour les psychanalystes : et pourquoi donc ne pourrait-on pas dire les
choses comme cela ? C’est précisément ce qui fait « enrager » un certain nombre
de psychologues et enseignants en psychologie non psychanalystes, alors autant
vaut en profiter pour le dire — certains vont même jusqu’à alléguer que le législa-
teur serait « sorti de son domaine de compétence » en mentionnant la psychana-
lyse et les psychanalystes dans la loi, tout en se présentant le cas échéant amis
de la psychanalyse et des psychanalystes, et du droit sans doute aussi. L’on peut
toujours se demander en quoi la mention de la psychanalyse et des psychanalystes
dans la loi les gêne, et c’est à l’infini que l’on peut se le demander, ainsi qu’à propos
du droit lui-même peut-être. Un – http://tinyurl.com/c5byd8 – communiqué de la FFPP
du 10 mars 2009 parlait même en terme de « pollution » à propos de la mention de la
psychanalyse (mention de master en psychanalyse) dans la loi : ce n’est donc pas
une vue de l’esprit.

D’une part, les dispositions législatives de l’article 91 de la loi du 22 juillet 2009, ré-
itérant la mention des psychanalystes dans l’article 52 de la loi du 9 août 2004, et y
ajoutant la mention de master en psychanalyse, ont été expressément soumises à la
censure du Conseil constitutionnel. Celui-ci n’a pas censuré ces dispositions sur
ces points ni sur d’autres, n’a pas constaté que le législateur serait sorti de son
domaine de compétence, alors même qu’il censurait spontanément d’autres dis-
positions non expressément soumises à cette censure, dans la même loi.

D’autre part, il est extraordinaire de constater que ce sont des promoteurs du sys-
tème EuroPsy, de son certificat « de base » et de son certificat de spécialisation en
psychothérapie, qui ne « supportent pas » la mention des psychanalystes et de la
psychanalyse dans la loi. Que leur importe, puisque précisément ils promeuvent des
certifications censées apporter des garanties supérieures à celles des législations
nationales ? Ils seraient bien avancés si la législation française reprenait leurs
préconisations dans le cadre de leurs certificats. Que deviendrait donc leur « pou-
voir professionnel » 18 dans ce cas ? L’on doit conclure qu’ils n’ont aucune confian-
ce dans le succès de leur entreprise. Naturellement ils pourront répondre qu’ils ne

l’EFPA. À cette réunion assistaient le comité exécutif de l’EFPA, le groupe de pilotage d’EuroPsy, et les re-
présentants de 30 des 34 organisations nationales membres de l’EFPA. / (…) Un travail de groupe a (…) été
fait autour de chacun des six pays qui appliquent actuellement EuroPsy à titre expérimental. (…). [Ce tra-
vail] a également montré la nécessité d’adapter le projet aux spécificités historiques, légales, orga-
nisationnelles, et conceptuelles de chaque pays : chaque pays est une exception (…) ».
18 — NOTE AU 20090901 — Cf. Addition 1, « Sur la ‹ reconnaissance par les pairs › constitutive de ‹ pou-
voir professionnel ›, les ordres professionnels et EuroPsy ». — NOTE AU 20090924 : cf. Addition 3, deu-
xième partie du point 3, signalée par « Titre intercalé pour commentaire de Réponse : Sur le ‹ pouvoir
professionnel › ».
— 24/67 — Article (31 p.) —

visent que l’intérêt général en contestant la mention des psychanalystes et de la


psychanalyse dans la loi. Malheureusement pour eux, le législateur n’a pas eu la
même conception de l’intérêt général, et a considéré que la psychanalyse et les
psychanalystes devaient continuer à être spécifiquement reconnus comme le fait la
jurisprudence depuis des dizaines d’années, y compris la jurisprudence de la Cham-
bre nationale de discipline de l’ordre des médecins. Il n’était tout simplement pas
question que, par le silence éventuel de la loi, la psychanalyse et l’activité de
psychanalyste soient soumises implicitement aux mêmes normes, notamment fu-
tures, que les autres disciplines psycho/logiques ou psychothérapeutiques. La
« psychopathologie du transfert » telle que mise au jour et traitée spécifiquement
par la psychanalyse, et aisément compréhensible dans son principe par les juris-
tes qui y ont affaire quotidiennement sous d’autres formes et terminologie, justifie
que la psychanalyse fasse l’objet d’un traitement spécifique par le droit, parmi les
disciplines psycho/logiques. Ceux qui ne veulent pas le comprendre ont un « pro-
blème » avec… le droit. L’exemple en ce sens de pays étrangers est inquiétant à ce
sujet. Il se trouve que la législation française ne s’inscrit pas dans le confusion-
nisme qui peut être constaté à l’étranger entre la psychanalyse et les autres dis-
ciplines psycho/logiques et ayant un rapport avec la psychothérapie : dont acte.

Il reste quelques mots à dire à propos du « certificat EuroPsy de spécialisation en


psychothérapie ». Dans les conditions législatives évoquées, il est impossible de pré-
tendre que la psychanalyse relève de la « spécialisation EuroPsy en psychothéra-
pie ». La psychanalyse est notamment une sous-discipline spécifique de la psy-
cho/logie, mais pas seulement, et il n’est pas nécessaire d’être détenteur du certifi-
cat EuroPsy de spécialisation en psychothérapie pour faire état de la certification
EuroPsy comme psychologue psychanalyste. Ou bien voudrait-on délibérément
susciter un contentieux à ce sujet, par défaut de reconnaître les principes applica-
bles en France, là encore par idéologie contre la loi, et les faits que celle-ci cons-
tate ?

7. — SUR LA « FORMATION EUROPSY » :


LES « THÉORIES EXPLICATIVES » EN PSYCHOLOGIE
COMME MATIÈRES DE LA FORMATION, ET LA PSYCHANALYSE

Le « texte EuroPsy », tant original 2005 en anglais – http://tinyurl.com/mz674g que sa


traduction française – http://tinyurl.com/llrszm ou pour la version en anglais « 2006 »
http://www.efpa.eu/europsy/booklet – http://tinyurl.com/lsyomh emploie à cinquante-
cinq reprises le terme « theory, theories, theoretical » en anglais, traduit par « théo-
rie, théorique » en français. Ce terme est employé par opposition au terme « prac-
tice », « pratique » : c’est donc ainsi qu’il doit être pris dans les tableaux de la for-
mation en annexes. Or, le texte EuroPsy y compris ses annexes ne fait aucune réfé-
rence à la psychanalyse comme matière de la formation en psychologie (« theories »,
« explanatory theories »), alors que d’autres références qui se veulent exhaustives de
matières dans la formation des psychologues sont mentionnées, comme celle à la
« psychologie cognitive » parmi une dizaine d’autres matières, pour ce qui concerne
la « Première phase » de la formation, celle de licence : Annexe II, tableau 1. Il n’im-
porte nullement à cet égard de savoir que la « psychologie cognitive » n’est pas le
« cognitivisme » : peu importe ce qu’est ou ce que n’est pas la « psychologie cogniti-
ve ». De plus, peu importe que ces « théories » se subdivisent en sous-théories, qui
sont elles-mêmes des théories, au sens du texte EuroPsy ; ce qui, au-delà de
— 25/67 — Article (31 p.) —

l’opposition à « pratique », paraît fort sage et d’une modestie scientifique de bon


aloi. Le tableau 2 de « Deuxième phase » (master) comporte en une vingtaine d’oc-
currences le terme « théorie ». Or, – http://tinyurl.com/mdmbzj – le « CoFraDeC » énonce
que la psychanalyse ne serait qu’un « cadre théorique de référence », que le texte re-
latif au système EuroPsy n’a pas en tant que tel à prendre en compte, tandis que la
« psychologie cognitive » par exemple serait un « domaine de la connaissance en
psychologie » et « donc » non une « théorie », ce qui en légitime la mention dans le
texte EuroPsy. Mais tant le texte original en anglais relatif au système EuroPsy que
sa traduction française ne comportent nullement les notions de « domaine de la
connaissance » ou de « cadre théorique de référence ». Le « CoFraDeC » semble vou-
loir nier cette évidence du document EuroPsy, et semble vouloir nier que la nature
juridique de discipline universitaire ne fait nullement disparaître la nature de théories
de ces disciplines, par opposition ou non à « pratique », ou matières de la formation.
Et de toutes façons, malheureusement pour le « CoFraDeC », dans l’« article 52 »
français relatif au titre de psychothérapeute, tel que modifié en 2009, la psycha-
nalyse est expressément reconnue comme une discipline universitaire, ni plus ni
moins qu’à l’instar de la psychologie dont les masters sont pris en compte audit
article. Et c’est heureux, considérant la position du « CoFraDeC » français consis-
tant à qualifier la psychanalyse de « théorie » par rapport aux disciplines et « do-
maines de la connaissance » en psychologie, pour justifier son élimination dans le
« texte EuroPsy » alors même que toutes les autres matières en psychologie y
sont mentionnées en tant que « théories explicatives », que l’on peut aussi appeler
« matières de la formation théorique », que ce soit comme le fait le « texte Euro-
Psy » par opposition à « pratique » ou non.

Cependant, il faut bien reconnaître ceci : la loi française, par l’article 52 de la loi du 9
août 2004, modifié en 2009, relatif à l’usage du titre de psychothérapeute, reconnaît
la psychanalyse comme une discipline autonome, exactement de la même manière
qu’elle mentionne la psychologie, expressément dans le domaine universitaire, et
aussi comme activité professionnelle. Dès lors il est possible dans un légalisme
tronqué de soutenir que la psychanalyse n’a plus à être reconnue comme « théorie
explicative » en psychologie, au contraire de la « psychologie cognitive » mentionnée
au titre de « théorie explicative » parmi une dizaine d’autres de ces théories par le
texte relatif au système EuroPsy, par opposition à « pratique ». Mais dans ces condi-
tions qui seraient celles de légalisme tronqué, pourquoi assurer à des « représen-
tants » de la psychanalyse en considération de cette qualité une place dans les ins-
tances du « CoFraDeC » ? Au contraire, ils devraient en être soigneusement omis, ain-
si les « choses » seraient parfaitement claires : le « texte EuroPsy » ne fait pas de réfé-
rence à la psychanalyse, le comité « CoFraDeC » ne doit pas comporter de psychana-
lystes ni d’enseignants en psychanalyse. Néanmoins, il paraît fantaisiste de considé-
rer que l’article 52 tel que modifié en 2009 a en vue l’élimination de la psychanalyse
de la psychologie : l’affirmation par la loi de la légitimité autonome de la psychana-
lyse comme discipline universitaire et comme activité professionnelle n’exclut pas
en elle-même la psychanalyse de la psychologie, pas plus que l’autonomie de la
discipline dénommée « économie » n’exclut que l’enseignement en soit délivré aux
étudiants juristes, et qu’elle soit nommée comme telle dans les programmes. Et loi
française ou non, la psychanalyse comporte bien une « théorie explicative » en psy-
chologie, pour s’en tenir aux termes « théorie explicative » employés par le texte Eu-
roPsy à propos par exemple de la « psychologie cognitive » et d’une dizaine d’autres
théories, que l’on peut aussi dénommer matières de la formation en psychologie,
— 26/67 — Article (31 p.) —

dans leur aspect « théorique » par opposition à « pratique », comme le fait le « texte
EuroPsy ».

Dès lors, il conviendra d’examiner quels efforts le « CoFraDeC » EuroPsy français


et/ou la FFPP déploieront éventuellement pour faire prendre en compte la loi fran-
çaise dans les versions à venir du texte EuroPsy et d’abord dans les propres do-
cuments français de la FFPP et du « CoFraDeC », par application des missions pré-
vues à l’article 17 du « texte EuroPsy » 19 . À défaut, il faudra considérer le système
EuroPsy et particulièrement son agent français le « CoFraDeC », voire la FFPP sous
l’égide de laquelle se trouve le « CoFraDeC », comme idéologiquement hostiles à la
psychanalyse, et ceci maintenant à l’encontre de la loi française, et quand bien
même des psychanalystes seraient parties et associés aux instances du « CoFra-
DeC » et de la FFPP. Ce qui n’a rien de regrettable, mais ne peut avoir de sens tant
que notamment le site du « CoFraDeC » ne mentionne pas la psychanalyse, alors
qu’il mentionne la « psychologie cognitive » comme « théorie explicative » dans la
formation, parmi une dizaine d’autres, par reprise du texte de l’EFPA-FEAP relatif
au système EuroPsy.

Plus précisément, il appartient à la FFPP et au « CoFraDeC » d’amener la FEAP-EFPA


à prendre en compte la loi française par toute sorte de « protocole additionnel » au
texte EuroPsy qu’il appartiendra, ou « déclaration interprétative » de la FEAP-EFPA,
dûment annexé(e) au texte EuroPsy, sans même besoin de toucher au principal
du texte EuroPsy.

Le refus de nommer la psychanalyse comme matière ou « théorie explicative » en


psychologie ne saurait être étranger à l’appréciation portée sur le système EuroPsy.
Si c’est bien le cas, au moins les « choses » sont claires. Dans ces conditions et no-
tamment sur ce motif, chacun pourra se prononcer plus clairement pour ou contre le
développement du système EuroPsy en France comme ordre professionnel de fait
avec instance disciplinaire privée.

8. — SUR L’ENJEU TENANT AUX « CODES DE DÉONTOLOGIE » :


LA PRATIQUE ET EUROPSY, ET LA PSYCHANALYSE

Un psychologue « certifié EuroPsy » doit respecter non seulement un « code de déon-


tologie » de droit public ou privé national s’il existe, mais aussi le « méta-code » euro-
péen élaboré par la FEAP-EFPA – http://tinyurl.com/nvzb6s — Ce méta-code est pour
l’instant laconique. Pour la France, il existe un document intitulé « code de déontolo-
gie » qui est en réalité un code d’éthique privé – http://tinyurl.com/l96wqb — Les in-
fractions à ces codes peuvent aboutir au retrait ou au non-renouvellement de la cer-
tification EuroPsy.

19 — NOTE AU 20090926 — (Note répétée) Pour toute la IIe Partie, il faut garder à l’esprit la mention
suivante issue du site du CoFraDeC, « Actualités » – http://tinyurl.com/mdmbzj – sous le titre « Nouvelles
d’EuroPsy » l’on trouve (il s’agit d’un texte présent sur le site au 20090901) : « Le 17 janvier s’est tenue à
Bruxelles une réunion européenne sur la mise en œuvre d’EuroPsy dans les différents pays membres de
l’EFPA. À cette réunion assistaient le comité exécutif de l’EFPA, le groupe de pilotage d’EuroPsy, et les re-
présentants de 30 des 34 organisations nationales membres de l’EFPA. / (…) Un travail de groupe a (…) été
fait autour de chacun des six pays qui appliquent actuellement EuroPsy à titre expérimental. (…). [Ce tra-
vail] a également montré la nécessité d’adapter le projet aux spécificités historiques, légales, orga-
nisationnelles, et conceptuelles de chaque pays : chaque pays est une exception (…) ».
— 27/67 — Article (31 p.) —

Le « code de déontologie français » lui-même est loin d’être stable, puisque la FFPP
et d’autres organisations en réclament la « réglementation » sans création d’un ordre
— sans se rendre compte semble-t-il que la rédaction dudit code serait faite par le
gouvernement, c’est-à-dire au ministère de la Santé, sans avoir à tenir compte du
texte préparé par les organisations. Voici un communiqué y relatif du 10 avril 2009
sur le site de la FFPP – http://tinyurl.com/ll96rl :

— « Code de déontologie — Création du GIRéDéP / 10 avril 2009 / Les organisations ci


dessous, signataires du Code de déontologie des psychologues, ont mené pendant
deux ans une réflexion commune. Au sein de leur organisation, elles ont cherché à
définir les modalités possibles de réglementation du Code de déontologie. Après dé-
bats et votes, elles ont pris acte des positions majoritaires pour une réglementation
par décret, sans création d’un Ordre professionnel. En conséquence ces organisa-
tions ont décidé, le 7 mars 2009 de : / — la dissolution de ce groupe [quel groupe ?],
les phases exploratoires étant terminées ; / — la constitution d’un nouveau groupe, ci-
dessous signataire intitulé : Groupe Interorganisationnel pour la Réglementation de la
Déontologie des Psychologues (GIRéDéP). / Elles invitent les organisations (associati-
ves, syndicales ou collégiales) dont les réflexions sont proches, à venir en débattre
avec le groupe. / ACOP-F, AEPU, AFPEN, Collectif COPsy du SNES, FFPP, PSYCLIHOS,
SFP, SNPSYEN, UNSA Éducation ».

L’on voit que le SNP, Syndicat national des psychologues, ne figure pas dans la liste
des organisations travaillant sur le « code de déontologie » avec la FFPP ; en effet le
SNP, qui demande l’instauration d’un ordre professionnel des psychologues, semble
préparer une autre version de code de déontologie compatible avec cette perspec-
tive.

Il a été précédemment exposé qu’un ordre professionnel des psychothérapeutes


sera instauré en France, avec son code de déontologie, et non pas un ordre des
psychologues avec son propre code de déontologie ou un code de déontologie
des psychologues sans ordre professionnel, et que d’ailleurs ces deux demandes
des organisations de psychologues ne faisaient que précipiter l’instauration d’un
ordre des psychothérapeutes, après application de l’« article 52 » relatif au titre de
psychothérapeute, modifié en 2009. — Cf. « Art. 52 modifié 2009 Commentaire » :
http://tinyurl.com/ktejkj

Par conséquent, le « code de déontologie » des psychologues restera ce qu’il est, un


code d’éthique privé, dans sa rédaction plus ou moins habile plus ou moins inspirée
de celle de « vrais » codes de déontologie de professions à ordre. Ou plutôt « les »
codes de déontologie, puisque le SNP semble préparer le sien de son côté. Mais
c’est le « code de déontologie » de la FFPP qui importe ici, puisqu’il s’agit de celui
pris en considération pour les sanctions relatives au certificat EuroPsy.

Or, ce code privé pourra subir toutes les modifications qu’il appartiendra, en parti-
culier au fur et à mesure du développement du système EuroPsy. Il en sera de mê-
me du « méta-code » EuroPsy lui-même 20 . Rien ne nous dit que ces évolutions reste-

20 — NOTE AU 20090901 — Le http://tinyurl.com/nvzb6s – « méta-code » d’éthique élaboré par la FEAP-


EFPA est d’ores et déjà incompatibles sur deux points avec la pratique de la psychanalyse, laquelle
traite de la psychopathologie du transfert : au titre allégué de « Respect for Person’s Rights and Digni-
…/…
— 28/67 — Article (31 p.) —

ront compatibles avec la pratique de la psychanalyse, et d’ailleurs il semble que la


réglementation en la matière la plus développée, celle du HPC britannique, Health
professions council – http://tinyurl.com/lxwy4f — soit d’ores et déjà incompatible avec
la pratique de la psychanalyse. Ces règles sont appelées à prendre la suite de celles
établies par la BPS – http://tinyurl.com/6qh34z — et ce n’est pas fini, puisque à l’invi-
tation du gouvernement britannique le HPC vient de lancer une consultation en vue
de régulation de l’activité des psychothérapeutes – http://tinyurl.com/mufeuq à partir
d’un projet de « 450 » règles pour ces activités 21 .

Dans les conditions dans lesquelles le Royaume Uni sert de modèle au système Eu-
roPsy dans la version de la BPS, relayée par le HPC, l’absence dans le texte fonda-
teur du système EuroPsy de toute référence à la psychanalyse, alors qu’une dou-
zaine d’autres « théories explicatives » en psychologie sont mentionnées comme ma-
tières de la formation en psychologie, prend un nouveau relief. Il en est de même du
refus éventuel du « CoFraDeC » EuroPsy de mentionner la psychanalyse, par exemple
par déclaration interprétative officielle, par exemple quant au contenu de la matière
« psychopathologie » dans laquelle l’on pourrait considérer que la théorie explicative
« psychanalyse » serait incluse.

Il s’agit de savoir si oui ou non le système et certificat EuroPsy est et restera compa-
tible avec la pratique par les psychologues de l’activité professionnelle de psycha-
nalyste — ou bien à l’inverse, si le système EuroPsy se désintéresse de l’activité de
psychanalyste pratiquée par des psychologues certifiés EuroPsy, et par voie de
conséquence ne conduira jamais à un examen de leur activité de psychanalyste
dans le cadre de ce certificat et de la procédure de sanction disciplinaire privée
pouvant aller jusqu’au retrait du certificat EuroPsy. Autrement dit, dans le cadre du
système EuroPsy, l’activité de psychanalyste reconnue par la législation française
fait-elle, oui ou non, partie de l’activité professionnelle de psychologue soumise à la
réglementation privée EuroPsy et aux procédures disciplinaires pouvant aller jus-
qu’au retrait de la certification ? Il faut se décider, dans un sens ou dans l’autre,
particulièrement en matière disciplinaire — même si « les promesses n’engagent
que ceux qui les écoutent ».

Pour sa délivrance et son renouvellement, le certificat EuroPsy exige un volume de


pratique professionnelle dans les années précédant la demande. Par conséquent,
un psychologue qui ne pratiquerait que la psychanalyse, ou dans une « trop grande »
proportion, ne pourrait demander le certificat EuroPsy, si le système EuroPsy consi-

ty », il est indiqué sous « 2. Privacy and Confidentiality », dernier alinéa : « Maintenance of records, and wri-
ting of reports, to enable access by a client (…). », et sous l’allégation de « 3. Informed Consent and Free-
dom of Consent » : « Clarification and continued discussion of the professional actions, procedures and pro-
bable consequences of the psychologist’s actions to ensure that a client provides informed consent before
and during psychological intervention. ». Ces deux points du « méta-code » d’éthique de l’EFPA sont pu-
rement et simplement recopiés de code de déontologie s’appliquant à la médecine somatique ; d’ail-
leurs le terme « intervention » convient très bien à la chirurgie. Telle est la nature du méta-code de
l’EFPA, qui pour autant et au contraire des codes de déontologie médicaux ne s’applique pas à des
actes définis (ne serait-ce que par les dispositions réprimant l’exercice illégal de la médecine), et en
lieu et place comme le « code de déontologie des psychologues » français évoque plaisamment le
« mésusage », « misuse of psychological knowledge or practice ». Avec cela l’arbitraire est impliqué,
s’agissant à propos du méta-code de l’EFPA de stipulations dont la violation peut conduire à la radia-
tion de la certification EuroPsy.
21 — NOTE AU 20090922 — Cf. http://tinyurl.com/mgx38e
— 29/67 — Article (31 p.) —

dérait la psychanalyse comme étrangère à son « domaine », ou si l’évolution du


« code de déontologie » et du « méta-code » s’avérait incompatible avec la pratique
de la psychanalyse. L’on trouve dans la FAQ du site du « CoFraDeC » la mention sui-
vante :

— « 8. — Quelle est la durée minimale d’activité professionnelle pour obtenir le renou-


vellement d’EuroPsy ? / ‹ Le postulant devra faire la preuve d’une expérience profes-
sionnelle d’au moins 400 heures par an sur une période moyenne d’au moins 3 an-
nées dans les 4 années qui précèdent la demande de renouvellement d’habilita-
tion. › ».

Par conséquent, tant qu’une déclaration claire et nette, revêtant un caractère « of-
ficiel » et au moins d’aspect pérenne, ne sera pas faite par le « CoFraDeC », la FFPP
et la FEAP-EFPA pour « EuroPsy », il est impossible de « croire » aux déclarations de
« neutralité théorique » telles celles actuelles du « CoFraDeC » : ces assertions ne
portent d’ailleurs que sur les prétendus « cadres théoriques de référence » de la
formation, selon l’expression du site du « CoFraDeC », non conforme à la termino-
logie du texte officiel EuroPsy qui fait état de « théories explicatives » comme ma-
tières de la formation. Il faut bien comprendre que cette « neutralité » alléguée ne
concerne d’ailleurs que la formation, et non la pratique professionnelle pouvant
être conforme ou non au « code de déontologie » présent et à venir, et au « méta-
code », présent et à venir, pour ce qui concerne la psychanalyse.

Il convient ici de présenter l’exemple des psychiatres : la Chambre nationale de dis-


cipline de l’ordre des médecins, présidée par une conseillère d’État, a décidé en
substance que la psychanalyse était une pratique légitime des psychiatres en tant
que tels à leur cabinet, mais que les dispositions du code de déontologie qui étaient
contraires à l’exercice de la psychanalyse ne s’appliquaient pas. À plus forte raison
ceci doit-il s’appliquer s’agissant des psychologues.

Les deux questions de principe sont les suivantes : la pratique de la psychanalyse


est-elle une pratique de psychologue, au moins comme elle est une pratique de
psychiatre à son cabinet de psychiatre, et les dispositions des codes de déontologie
ou « méta-code » des psychologues qui s’avéreront contraires à la pratique de la
psychanalyse seront-elles appliquées, rendant impossible cette pratique par un
psychologue « EuroPsy », ou non. Il s’agit là de questions de principe qui ne de-
vraient pas normalement être fuies, hormis hostilité à la psychanalyse bien sûr :
dans ce cas les pires tergiversations sur ces questions sont à attendre. Les allé-
gations de « neutralité » (entre quoi et quoi, d’ailleurs ?) n’ont aucun intérêt dans ce
contexte, autre que de révéler de telles tergiversations.

Mais ce n’est pas tout. Il faut consulter l’annexe III du « texte EuroPsy », relative à
« compétence et profilage des compétences », et l’annexe IV, relative à « pratique su-
pervisée », pour se rendre compte à quel point le « texte EuroPsy » est d’ores et déjà
objectivement hostile à la pratique de la psychanalyse, si l’on n’applique pas de la
manière la plus étendue les réservations faites pour les cas non prévus d’activité
professionnelle des psychologues.
— 30/67 — Article (31 p.) —

9. — SUR L’ANNEXE III DU « TEXTE EUROPSY » :


« COMPÉTENCE ET PROFILAGE DES COMPÉTENCES »,
& L’ANNEXE IV, « PRATIQUE SUPERVISÉE », ET LA PSYCHANALYSE

L’annexe III du texte EuroPsy est relative aux « Compétences et profilage des com-
pétences ». L’annexe IV est relative à la « Pratique supervisée ». L’application de ces
annexes est nécessaire pour l’obtention du certificat EuroPsy.

L’annexe III est presque entièrement contraire à la pratique de la psychanalyse.


Heureusement, l’introduction de cette annexe, intitulée « Competences of psycholo-
gists », se termine par la phrase :

— « The descriptions of these competences are intended to be generic and applicable


to MOST or all types of psychologists’ professional work, although they are imple-
mented in specific ways in different professional contexts. ».

Tout est dans le terme « most », « la plupart ». Ce terme permet d’écarter l’intégralité
de l’annexe III pour la pratique de la psychanalyse par les psychologues. Dans les
autres parties de cette annexe III l’on trouve des phrases dans le même sens telles
que :

— « A psychologist should gain each of these competences as far as applicable wi-


thin a particular professional context. ».

« As far as » : « aussi loin que », d’où : « dans la mesure où ». En conséquence, les tab-
leaux de la partie finale de l’annexe III, partie relative à « Procedures for EuroPsy Profi-
ling – Assessment categories », sont inapplicables à la pratique de la psychanalyse, car
ils ne lui sont applicables « dans aucune mesure » (sauf exception de certains items,
en en tordant les termes notamment de « service » et de « product »). Encore faut-il
que ceci soit clairement reconnu par le « CoFraDeC ».

Dans l’annexe IV, relative à la « Pratique supervisée », l’on trouve la phrase :

— « When the work has been completed, the Supervisor should complete an assess-
ment of the Practitioner-in-Training on each of the 20 competences that are rele-
vant for that piece of work. This assessment should be discussed with the Practitio-
ner-in-Training and areas for further development identified. ».

Or, les « 20 competences » sont celles mentionnées à l’annexe III, dont on vient de
voir qu’elle est inapplicable à la psychanalyse, selon la réservation tenant notam-
ment au terme « most », précité. Par conséquent, l’annexe IV tout entière doit être
ignorée pour la pratique de la psychanalyse. Ce n’est pas que la pratique de la psy-
chanalyse ne connaisse pas la « supervision », sous ce terme ou sous un autre, c’est
que les « 20 competences » prévues à superviser sont étrangères à la pratique de la
psychanalyse (à moins d’en tordre le sens manifeste pour y faire entrer la psychana-
lyse, ce qui n’est pas conseillé en matière de principes). Par conséquent le « CoFra-
DeC » devra se contenter de ce qu’est la supervision en matière de psychanalyse, et
— 31/67 — Article (31 p.) —

de ce que voudront bien en attester les superviseurs en la matière 22 . Encore faut-il


que le « CoFraDeC » l’annonce clairement a priori, et non pas laisse dans l’incertitu-
de les intéressés jusqu’à leur demande de certificat : il s’agit de questions de
principe à régler a priori, non d’adaptations individuelles a posteriori. Si le « Co-
FraDeC » est incapable de remplir et refuse de remplir les missions quant aux prin-
cipes prévues à l’article 17 du « texte EuroPsy », compte tenu des réservations
prévues aux annexes, autant vaut le dire tout de suite. 23

∽∽∽≈≈❃≈≈∼∼∼

CONCLUSION

10. — SUR LA RESPONSABILITÉ DIRECTE DE LA FFPP


POUR TOUTES LES QUESTIONS ÉVOQUÉES

En l’état du désordre au moins juridique qui résulte de la rédaction défectueuse


des statuts de la FFPP pour ce qui est relatif au « CoFraDeC » et au système Euro-
Psy, c’est à la FFPP qu’il y a lieu de demander des explications sur tous les points
précités. La FFPP, en l’état actuel de ses propres statuts publiés sur son site sur
l’Internet, ne saurait se retrancher derrière une « autonomie » du « CoFraDeC » sur
ces points. Cette « autonomie du CoFraDeC » ne peut en l’état actuel des statuts de

22 — NOTE AU 20090910 — Il est apparu sur le site du « CoFraDeC » EuroPsy à la date de la présente
note une – http://tinyurl.com/mdmbzj – annonce de « journée » organisée par le « CoFraDeC » le 21 no-
vembre 2009 : « L’une des nouveautés les plus importantes d’EuroPsy, en France comme dans beaucoup
de pays d’Europe, est la mise en place de ce que le texte EuroPsy appelle la pratique professionnelle su-
pervisée et que le CoFraDeC EuroPsy préfère nommer la PRATIQUE RÉFÉRÉE AUX STANDARDS EUROPSY. / Pour
le CoFraDeC EuroPsy, il est primordial que la mise en place de cette pratique profite de l’expérience ac-
quise par les collègues de plusieurs pays européens et qu’elle intègre les spécificités de la pratique profes-
sionnelle en France. Il propose pour ce faire qu’une réflexion collective soit menée à partir de ces deux ré-
alités en organisant le 21 novembre 2009 une journée consacrée aux pratiques de supervision en Europe et
aux futurs psychologues référents EuroPsy. / Programme du matin : communications sur les pratiques de
supervision dans plusieurs pays : Espagne et Italie (où elle se met en place), Royaume Uni, Québec, (où elle
est une pratique instituée). / Après-midi : ateliers par champ professionnel (champ clinique-santé, champ
enfance-éducation, champ travail-organisations, champ autres). Les débats seront introduits par de cour-
tes communications de professionnels expérimentés dans ces pratiques. / En fin de journée, rapport sur les
ateliers et synthèse faite par les membres du CoFraDeC EuroPsy. / Cette journée favorisera une meilleure
compréhension de ce qu’est le dispositif de certification EuroPsy et éventuellement vous permettra de
vous engager dans le processus pour devenir psychologue référent EuroPsy. Elle sera suivie de la publica-
tion sur le site web du CoFraDeC EuroPsy d’un bilan, et d’un calendrier de journées de réflexion-formation
des psychologues référents EuroPsy. ». — Il est pourtant manifeste que « pratique référée aux standards
EuroPsy » ne saurait avoir la même signification que « pratique supervisée ». L’on voit que le « CoFra-
DeC » hésite à employer l’expression « pratique référée », tout court, comme existe l’expression « prati-
que supervisée », tout court. En ajoutant la mention « aux standards EuroPsy », le « CoFraDeC » tord le
sens de l’expression « pratique supervisée » telle qu’employée dans le « texte EuroPsy ».
23 — NOTE AU 20090926 — (Note répétée) Pour toute la IIe Partie, il faut garder à l’esprit la mention
suivante issue du site du CoFraDeC, « Actualités » – http://tinyurl.com/mdmbzj – sous le titre « Nouvelles
d’EuroPsy » l’on trouve (il s’agit d’un texte présent sur le site au 20090901) : « Le 17 janvier s’est tenue à
Bruxelles une réunion européenne sur la mise en œuvre d’EuroPsy dans les différents pays membres de
l’EFPA. À cette réunion assistaient le comité exécutif de l’EFPA, le groupe de pilotage d’EuroPsy, et les re-
présentants de 30 des 34 organisations nationales membres de l’EFPA. / (…) Un travail de groupe a (…) été
fait autour de chacun des six pays qui appliquent actuellement EuroPsy à titre expérimental. (…). [Ce tra-
vail] a également montré la nécessité d’adapter le projet aux spécificités historiques, légales, orga-
nisationnelles, et conceptuelles de chaque pays : chaque pays est une exception (…) ».
— 32/67 — Article (31 p.) —

la FFPP porter que sur le fait d’« examiner les dossiers de cursus universitaires ainsi que
les dossiers individuels des candidats qui veulent obtenir la certification EuroPsy », seule
compétence restrictive prévue pour le « CoFraDeC » par les statuts de la FFPP, à l’ex-
clusion de toute décision, puisqu’il est renvoyé par les statuts à la FEAP pour la « dé-
livrance » des certificats.

En l’état actuel des statuts, c’est à la FFPP qu’incombe tant vis-à-vis de la FEAP-EFPA
que des tiers de prendre position sur les points précités par exemple relatifs à la
pratique de l’activité professionnelle de psychanalyste par les psychologues en
France, et à la formation théorique relative à la psychanalyse dans le cadre du sys-
tème EuroPsy, et ce dans le respect de la législation française à ce sujet, qui cons-
tate tant l’activité professionnelle de psychanalyste que la psychanalyse comme
discipline universitaire. Le « CoFraDeC » n’a, en l’état des statuts de la FFPP, statutai-
rement aucune compétence pour répondre à toutes les questions ici soulevées, ni
même pour s’exprimer à ce sujet. Pour le « CoFraDeC » « examiner des dossiers »
(seule compétence prévue aux statuts de la FFPP), c’est ce que l’on appelle l’instruc-
tion de dossiers. Or, la seule compétence d’instruire des dossiers devrait conduire
les personnes physiques membres du « CoFraDeC » à un devoir de réserve. Ce
qui, en vertu des statuts de la FFPP, met celle-ci en première ligne, et non le « CoFra-
DeC », pour répondre à toutes les questions soulevées. En « pratique » il est naturel
que le « CoFraDeC » s’exprime sur toutes ces questions, mais il faudrait au moins
qu’existe un projet de mettre les statuts de la FFPP en conformité avec les exi-
gences du texte EuroPsy, s’agissant des missions confiées à la commission « Co-
FraDeC ».

11. — ÉTAT DE DROIT ET


DÉMOCRATIE, ET EUROPSY

À propos du système EuroPsy, il n’est tout de même pas trop compliqué de se po-
ser la question « qui doit faire quoi », selon quelles compétences fixées par les textes
adoptés, qui est civilement responsable, et devant quelles juridictions d’État doivent
être portés les contentieux : même des psychologues devraient pouvoir répondre à
de telles questions dans leurs textes institutionnels pour leurs propres activités insti-
tutionnelles associatives. Autrement un complément de formation s’impose.

Cependant, il ne doit faire guère de doute que la bureaucratie corporatiste EuroPsy


non démocratique, voire anti-démocratique par méconnaissance du droit, telle
qu’elle vient d’être décrite, ne devrait que se développer, ne serait-ce que par la
fascination que suscite toute bureaucratie. Le présent commentaire en est une
longue illustration par l’intérêt porté à cette bureaucratie corporatiste proche d’un
ordre professionnel français, mais sans les garanties procédurales et de fond du
droit public et celle de la présidence des chambres de discipline par des magistrats
professionnels dans les ordres professionnels. Voilà ce qu’est en réalité le « pouvoir
professionnel » 24 : une bureaucratie corporatiste, un simulacre de droit public, mais
sans aucune garantie des droits que présente celui-ci, et dans l’absence de dési-

24 — NOTE AU 20090901 — Cf. Addition 1, « Sur la ‹ reconnaissance par les pairs › constitutive de ‹ pou-
voir professionnel ›, les ordres professionnels et EuroPsy ». — NOTE AU 20090924 : cf. Addition 3, deu-
xième partie du point 3, signalée par « Titre intercalé pour commentaire de Réponse : Sur le ‹ pouvoir
professionnel › ».
— 33/67 — Article (31 p.) —

gnation des juridictions d’État compétentes pour les contentieux, comme si ce


« pouvoir professionnel » bureaucratique corporatiste était censé y échapper, à l’ins-
tar ou même mieux que les corporations d’Ancien régime. Voilà le modèle juridique
de toute bureaucratie corporatiste dite « pouvoir professionnel ». Pour toutes ces
raisons mêmes, le succès d’une telle bureaucratie fascinante ne fait aucun doute.
Cependant il pourrait y avoir de meilleures raisons à un meilleur succès.

S’agissant du caractère non démocratique d’un tel système, au sens même restreint
de participation élective, il ne pourrait être pallié que si la titularité du certificat Eu-
roPsy comportait l’adhésion (ou au moins la faculté de celle-ci) à une association
aux statuts à caractère démocratique des psychologues certifiés EuroPsy par pays,
et que si les divers « comités » nationaux prévus dépendaient à terme de telles asso-
ciations, sur le modèle par exemple de la British psychological society : l’on est
sur ce point bien loin d’une telle perspective. Une possibilité intermédiaire aurait été
que les « certifiés EuroPsy » forment un collège spécifique, ayant « voix au chapitre »
pour les questions qui les concernent (et par exemple les seules questions qui les
concernent) au sein de l’organisation nationale mettant en place le système Euro-
Psy, et élisent des représentants nationaux au moins consultatifs envers et au sein
de la FEAP-EFPA pour les questions concernant le système EuroPsy. L’on en est bien
loin aussi. Pas de trace de la plus petite perspective en un tel sens. Et pourquoi
donc ? Parce que le « pouvoir professionnel » est à ce prix, sans doute.

12. — MENTIONS DE MISE À JOUR :


NOUVEAU « TEXTE EUROPSY » CONSTAMMENT RETARDÉ

Plusieurs des observations présentées ci-avant pourraient n’avoir qu’un intérêt tran-
sitoire, par exemple celles tenant aux lacunes des statuts de la FFPP qui peuvent êt-
re complétés pour compatibilité avec le système EuroPsy : l’annonce d’un tel projet
de modification statutaire peut être faite sans attendre sa réalisation par l’assemblée
générale de la FFPP (il s’agit là d’optimisme). De plus, s’agissant de défauts évoqués
du « texte EuroPsy », ils peuvent être tout aussi transitoires (il s’agit là d’optimisme
un peu forcé) puisqu’un texte révisé doit être adopté par l’EFPA-FEAP dans les mois
qui viennent, après des mois de retard par rapport à la date annoncée de « début
2009 ». Il en est de même des défauts de la « FAQ » du site sur l’Internet du « CoFra-
DeC EuroPsy », qui peuvent être corrigés le plus aisément. Le présent commentaire
pourrait donc s’avérer avoir la vertu de susciter la correction de quelques points
évoqués. Mais en conséquence, la date du présent commentaire est à retenir : le
présent commentaire est pour son corps principal à jour des textes au 1er sep-
tembre 2009 : « texte EuroPsy » de 2005-2006 original en seule langue anglaise
et sa traduction « officieuse » en français de 2005, statuts de la FFPP du 6 déc.
2008, « règlement intérieur » (malheureusement sans date) du « CoFraDeC » et
« FAQ » (malheureusement sans date) présents sur le site sur l’Internet du « CoFra-
DeC » au 1er septembre 2009. Par ailleurs, les notes de bas de page dans le pré-
sent article, de même que les « additions », consistent en mises à jour successives
aux dates qui y sont mentionnées, par suite notamment de « veille » régulière, au-
tomatisée par logiciel, des sites sur l’Internet du « CoFraDeC EuroPsy » et de l’EF-
PA-FEAP.
— 34/67 — Article (31 p.) —

Les mises à jour successives du présent commentaire par notes de bas de pa-
ge et « additions » seront disponibles à l’adresse suivante, avec date au format
« 20090901 » au début du nom de fichier-document :
http://tinyurl.com/europsy
avec autres annexes sur site du SNP – http://tinyurl.com/europsysnp

François-Régis Dupond Muzart


juriste de Droit public
http://www.frdm.fr/
fr@frdm.fr
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— 35/67 — Addition 1 (2 p.) —

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ADDITIONS
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ADDITION 1 — 20090901
• SUR LA « RECONNAISSANCE PAR LES PAIRS »
CONSTITUTIVE DE « POUVOIR PROFESSIONNEL » 25 ,
LES ORDRES PROFESSIONNELS ET EUROPSY

Il se présente des cas de « croyance » selon laquelle l’admission à un ordre profes-


sionnel comporte une part de « reconnaissance par les pairs », constitutive du « pou-
voir professionnel » des ordres, et que dès lors il y aurait confusion dans les ordres
professionnels entre « pouvoir professionnel » et « pouvoir d’État » (les parcelles de
puissance publique confiées aux ordres, comme le pouvoir disciplinaire). Ou bien au
contraire, cet aspect de « pouvoir professionnel » est mis en exergue par d’autres, en
faveur de l’instauration d’un ordre professionnel des psychologues, qui assurerait
selon leurs vœux la « reconnaissance par les pairs ».

Or, un ordre professionnel exerce des « parcelles » de la puissance publique, et ex-


clusivement de la puissance publique : un ordre professionnel n’a aucune compé-
tence pour apprécier la personne de l’impétrant, sa « valeur professionnelle » à l’oc-
casion de son inscription à l’ordre, il a seulement compétence pour enregistrer le fait
que l’impétrant dispose des qualifications matérielles, objectives (diplômes…) pré-
vues par le législateur (et/ou par le pouvoir réglementaire d’application). Il n’existe
de « pouvoir professionnel » dans les ordres professionnels que comme abus de
pouvoir, et ce sont précisément ces abus de pouvoirs que d’aucuns prétendent
ériger en… pouvoir d’EuroPsy, concurrent et « séparé » du « pouvoir d’État ». Il s’a-
git donc d’un « pouvoir » (« professionnel ») qui par hypothèse consiste en abus de
pouvoir, dans sa conception même. La « reconnaissance par les pairs » pour l’ex-
ercice d’une profession est un régime d’abus de pouvoir, dès lors qu’elle est éri-
gée en « pouvoir ». Il convient donc d’examiner dans le système EuroPsy ce qui
constituerait un tel « pouvoir ».

Mais l’on ne trouve pas dans le principe dans le système EuroPsy une « reconnais-
sance par les pairs ». Car le système EuroPsy repose sur des critères voulus comme
« objectifs », et cela se constate y compris par le détail technocratique des points
que doivent examiner et « noter » les « superviseurs » chez les « supervisés », dans
l’année de « pratique supervisée » obligatoire pour l’obtention du certificat EuroPsy
(cf. section 9). Il ne s’agit pas de « reconnaissance par les pairs » : un superviseur
n’est pas « les pairs ». Et en même temps, la prétendue objectivation des points à ex-
aminer par le superviseur et à attester au sujet du supervisé repose sur une fiction
technocratique de détermination de critères par le « texte EuroPsy » ; par consé-

25 — NOTE AU 20090924 — Cf. ci-avant section 11 de l’article, et ci-après Addition 3, deuxième partie
du point 3, signalée par « Titre intercalé pour commentaire de Réponse : Sur le ‹ pouvoir profession-
nel › ».
— 36/67 — Addition 1 (2 p.) —

quent, l’on peut dire que le superviseur en fait représente « les pairs » et que la « ré-
ussite » de la supervision d’un candidat représente en fait une « reconnaissance par
les pairs ». En fait, mais pas en principe. Par conséquent, au sujet du système Eu-
roPsy parler de « pouvoir professionnel » en tant qu’il consiste notamment en « re-
connaissance par les pairs » met l’accent sur le fait que le superviseur représente
« les pairs », et non sur le principe selon lequel les critères à examiner chez le super-
visé sont objectifs. Il faut bien distinguer le principe, et les faits qui peuvent dériver
en abus de pouvoir, par violation du principe.

Pour conclure sur ce point, il s’avère que l’affirmation erronée selon laquelle les or-
dres ont le « pouvoir professionnel » de « reconnaissance par les pairs » a pour seule
motivation possible celle de s’arroger ce pouvoir, ou plutôt cet abus de pouvoir, en
dénonçant une « confusion des pouvoirs » imaginaire à propos des ordres profes-
sionnels. Et ceci, alors même que le « texte EuroPsy » n’organise dans le principe
nullement une « reconnaissance par les pairs », mais que toutefois à un autre sujet,
il organise la confusion des pouvoirs. Il s’agit de la caractérisation comme « consul-
tative » (« advisory ») par le « texte EuroPsy » de la commission d’appel rendant des
« jugements » (sic) à propos des refus de décernement du certificat EuroPsy. Dès
lors, la commission de décernement des certificats (le « CoFraDeC ») peut ignorer les
« jugements » qui lui sont « communiqués » par la commission d’appel (cf. ci-avant,
section 2). — C’est-à-dire qu’au lieu de dénoncer une imaginaire « confusion des
pouvoirs » s’agissant des ordres professionnels pour justifier un « pouvoir profes-
sionnel » de « reconnaissance par les pairs »… tout aussi imaginaire dans le « texte
EuroPsy », il faudrait peut-être « faire le ménage » d’une réelle confusion de pou-
voirs dans le « texte EuroPsy », tenant à l’appel de refus de décernement de certi-
ficat. Ce sera toujours mieux que de vouloir saper l’État de droit en pensant opposer
un « pouvoir professionnel » au « pouvoir d’État », lequel ne saurait avoir comme vis-
à-vis que le pouvoir juridictionnel public exercé « au nom du peuple français »
(comme les décisions juridictionnelles l’indiquent), et pas au nom de l’État, et le
pouvoir législatif public, exercé au nom de « la nation » (comme la dénomination de
l’Assemblée nationale l’indique), et pas au nom de l’État. Ceci, selon la terminologie
française, laquelle peut varier selon les pays, bien entendu, selon les catégories qui
découlent de la Convention de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés
fondamentales européenne – http://tinyurl.com/lzm4ex — Encore faut-il, et c’est
chose faite, avoir eu l’occasion de « rencontrer » ces « subtilités » de l’État de droit et
démocratique pour ne pas les saper par inadvertance.

∽∽∽≈≈❃≈≈∼∼∼
— 37/67 — Addition 2 (6 p.) —

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ADDITION 2 — 20090921
• RÉPONSE (232 LIGNES) DU PRÉSIDENT DU
« COFRADEC EUROPSY »

Il s’agit de « droit de réponse par anticipation », avant diffusion de l’article auquel il


est répondu, et pour diffusion simultanée. Ce « droit de réponse par anticipation »
n’exclut pas des « droits de réponse » proprement dits après diffusion. Ce droit de
réponse par anticipation a été exercé dans l’état des mises à jour de l’article au 20
septembre 2009 par notes de bas de page et « Addition 1 » respectivement datées.
Le commentaire de ce « droit de réponse par anticipation » figure ici en « Addition
3 », par intercalations dans le texte de « Réponses » — François-R. Dupond Muzart

Roger Lécuyer,
président du CoFraDeC EuroPsy,
ayant reçu l’article, addition 1 et leurs notes arrêtés au 1er septembre 2009,
écrit le 21 septembre 2009 :

<<
Réponses au texte : « Sur le système EuroPsy :
quelques conclusions notamment juridiques et
sur la place de la psychanalyse »

Introduction

Globalement, Monsieur Dupond Muzart nous fait la démonstration que les psycho-
logues ne sont pas très bons dans la rédaction d’actes de nature juridique. Ce n’est
pas une nouveauté, et à mon sens, ce n’est pas très grave : j’ai vu maintes et main-
tes fois des débats très animés sur les statuts de telle ou telle organisation. Un an
après, aucun acteur de ces discussions ne se souvient du texte précis adopté et
lesdits statuts sont appliqués de manière très approximative. Ainsi, que les statuts
de la FFPP ne donnent au CoFraDeC EuroPsy que des compétences si limitées
qu’elles devraient l’empêcher de faire son travail n’a d’importance que si le Bureau
fédéral de la FFPP a l’intention de l’empêcher de faire son travail. Tant que ce n’est
pas le cas, cette maladresse de rédaction n’a aucune importance. Par ailleurs, et
comme le note fort justement l’auteur, « En fait, le système EuroPsy est en phase
d’expérimentation » et par conséquent, que des ajustements, y compris dans les
textes, soient encore nécessaires est d’évidence. Dans ces conditions, on peut se
demander à quoi sert de dénoncer un texte qui va nécessairement changer, qui est
d’ailleurs en cours de changement, et qui devra encore probablement évoluer dans
les années à venir ?

Dans le détail de ce long texte critique de Monsieur Dupond Muzart, il y a toutefois


des inexactitudes, et des approximations qu’il est néanmoins nécessaire de relever.
Même les juristes peuvent se tromper. Enfin, ce texte se termine par des procès
d’intention, toujours imprudents. C’est aux actes qu’il faut juger les gens ou les insti-
— 38/67 — Addition 2 (6 p.) —

tutions, et pour l’instant, ni l’European accreditation committee (EAC), ni le CoFraDeC


EuroPsy n’ont eu d’actes relevant de leur compétence 26 .

Je vais ci-dessous apporter mes réponses aux principaux points qui me semblent li-
tigieux.

1. — De la contestation en justice d’un


non renouvellement

Nous sommes parfaitement d’accord sur l’idée qu’EuroPsy est un « contrat d’adhé-
sion ». De ce fait, la demande d’EuroPsy résulte d’un choix personnel d’un psycho-
logue, qui doit être parfaitement informé des conditions dans lesquelles il effectue
cette demande, de ses recours possibles et du fait qu’il faudra procéder tous les
cinq ans à une demande de renouvellement. Si un psychologue n’est pas d’accord
avec cette démarche, rien ne l’oblige à demander EuroPsy.

S’il demande la certification et que celle-ci est refusée, soit la première fois, soit au
renouvellement, le candidat a deux recours successifs : l’un au niveau national, l’aut-
re au niveau européen. Il est clair en effet que le CoFraDeC EuroPsy, et derrière lui la
FFPP, agissent par délégation. Ceci veut dire que la responsabilité juridique des dé-
cisions incombe à l’EFPA. Celle-ci est effectivement une association de droit belge.
Un recours ne pourra donc être fait que devant un tribunal belge. Ni l’EAC [European
accreditation committee] ni le CoFraDeC EuroPsy ne sont des personnes morales,
mais l’EFPA en est une, la FFPP aussi et ces organisations peuvent déléguer à qui el-
les veulent des décisions engageant leur responsabilité. Créer une commission pour
traiter d’un problème est parfaitement banal et ces deux organisations, comme bien
d’autres, ont diverses commissions, apparemment sans problèmes. Tant qu’il est
dans le recours interne, le candidat dont la certification n’a pas été renouvelée suit
les procédures prévues en interne. S’il s’adresse à la justice, il se retourne contre la
personne morale qui délivre EuroPsy : in fine l’EFPA.

2. — Sur les procédures de sanction

Il est exact que « la procédure d’infraction au « code de déontologie » et au « méta-


code » de l’EFPA-FEAP n’est pas encore établie en France ». Il faut l’avouer, les pro-
moteurs d’EuroPsy ont plus pensé à ce en quoi la mise en place de ce dispositif
pourrait promouvoir la profession qu’à la prise de sanctions contre des psycholo-
gues indélicats. Mais bien entendu, il faut prévoir des sanctions et une instance pour
en décider. Il se trouve que cette question fait actuellement l’objet de discussions
entre organisations de psychologues. Il semble donc préférable que les décisions
prises dans ce domaine reflètent une volonté générale, plutôt que de mettre sur pied
dans l’urgence une instance contestable.

26 — NOTE AU 20090922 — Dans un message du 22 septembre 2009, le président du CoFraDeC pré-


cise : « L’EAC [European accreditation comittee] n’est pas encore officiellement constitué, et n’a donc
pris aucune décision. Le NAC [National accreditation comittee] français : le CoFraDeC a préparé des
décisions mais n’en a pris formellement aucune concernant EuroPsy : ni accréditation de cursus, ni
certification de personnes. ».
— 39/67 — Addition 2 (6 p.) —

3. — Sur les différences entre EuroPsy et


un ordre professionnel

Il est curieux de lire sous la plume d’un juriste ne manquant pas une occasion de
vanter la primauté du droit que le fait prime le droit et donc que l’absence d’obliga-
tion légale n’est d’aucune importance face à une (supposée) obligation de fait. C’est
pourtant l’une des bases de l’argumentation de Monsieur Dupond Muzart pour af-
firmer qu’EuroPsy a une « proximité » avec un ordre professionnel. L’argumentation
passe habilement d’une supposée obligation de fait à un droit, mais le droit d’ache-
ter un château ne m’en donne pas plus les moyens que l’obligation matérielle de ve-
nir en métro ou en voiture à mon travail ne m’interdit pas légalement de faire les
20 km à pied ! Il est donc nécessaire de séparer les deux notions. Il faut d’ailleurs no-
ter que dans son « Addition 1 », l’auteur défend l’idée de la nécessité de bien séparer
le fait du droit. Nous sommes donc d’accord sur ce point !

Deux caractéristiques fondamentales différencient clairement EuroPsy d’un ordre.


La première est que dans les ordres, il y a une cotisation à payer, et que ce paie-
ment est obligatoire pour pouvoir exercer. Dans le cas d’EuroPsy, il n’y a pas de co-
tisation. Il y a pour les demandeurs des frais à payer correspondant aux coûts de
fonctionnement d’EuroPsy. Comme la certification ne constitue pas une condition
d’exercice, le paiement n’est pas obligatoire. L’objection selon laquelle en cas de
succès d’EuroPsy, les employeurs accorderaient une préférence aux titulaires de
cette certification, et donc que la certification serait obligatoire de fait n’est convain-
cante ni en droit (cf. ci-dessus) ni en fait dans un pays où l’État est l’employeur de la
majorité des psychologues et où il fixe les conditions de ses recrutements, que
l’EFPA ne va donc pas lui dicter.

La seconde différence entre le « système EuroPsy » et un ordre est la délégation de


pouvoir : dans les ordres, il y a délégation de pouvoir de l’État. La British psychologi-
cal society, qui formellement n’est pas un ordre a pu légitimement y être assimilée,
puisqu’elle a longtemps reçu une délégation de pouvoir de l’État, mais d’une part
elle est toujours restée plus indépendante dudit État que les ordres de droit français,
d’autre part elle n’a plus cette délégation. EuroPsy n’a de délégation de pouvoir ni
de l’Union européenne ni de personne. La raison pour laquelle nous nions qu’Euro-
Psy soit un ordre est donc très simple : c’est parce qu’aucune de ces conditions
constitutives n’étant présente, ce n’en est pas un. Le fait d’être pour ou contre un
ordre n’a rien à voir avec cela, et d’ailleurs, EuroPsy semble s’appliquer aussi bien
dans un pays sans ordre (la Finlande ou l’Allemagne) que dans un pays avec ordre
(l’Italie).

Dans son « Addition 1 » Monsieur Dupond Muzart affirme qu’« un ordre professionnel
exerce des « parcelles » de la puissance publique, et exclusivement de la puissance
publique » ce qui différencie clairement EuroPsy d’un ordre puisqu’EuroPsy n’exerce
aucune « parcelle » de puissance publique.

Dans la même « Addition », l’auteur cherche à réfuter la notion de « pouvoir profes-


sionnel » que j’ai utilisée à plusieurs reprises. Sa réfutation est convaincante… si on
s’en tient à la manière dont il définit ce pouvoir professionnel : celui-ci serait consti-
tué par la « reconnaissance par les pairs ». C’est dans un sens bien plus général que
j’ai utilisé cette expression. Tout groupe social constitué et quelle que soit la ma-
nière dont il est constitué (association, manifestation, comité de quartier, signataires
— 40/67 — Addition 2 (6 p.) —

d’une pétition, etc.) exerce un pouvoir dans la société. Toute profession cherche à
défendre ses intérêts et donc à exercer un tel pouvoir. Celui-ci peut être plus ou
moins fort et efficace, c’est une autre question. Dans les pays comme la France où
l’immense majorité des professions n’a pas d’ordre, le pouvoir professionnel est
exercé par une ou plusieurs organisations, plus ou moins représentatives. Quand il y
a un ordre, il exerce une fonction de représentation auprès de l’État. C’est en tous
cas ce que ne cessent de nous dire les partisans d’un ordre. Si ce n’était pas vrai,
alors la situation est bien pire que ce qu’on ne pouvait craindre : l’ordre est une sim-
ple courroie de transmission du pouvoir de l’État.

4. — Sur la psychothérapie

L’EFPA a mis sur pied une certification « psychologue EuroPsy spécialisé en psycho-
thérapie » qui suppose de réunir les conditions pour avoir la certification EuroPsy
plus trois années de formation, valable pour cinq ans. Cette disposition a été votée
au congrès d’Oslo en juillet 2009 et je maintiens donc que la pratique de la psycho-
thérapie avec un label EFPA suppose ces conditions. Bien entendu, l’EFPA n’a ni la
volonté ni les moyens de s’opposer à ce que des psychologues qui n’ont pas son
label pratiquent la psychothérapie. En l’occurrence ce qui est important c’est que le
label de l’EFPA corresponde à une formation de haut niveau et non au rabais comme
dans le cas du label de l’EAP.

5. — Sur la « clause du grand-père »

Il faut reconnaître qu’il y a eu un certain flottement dans les divers textes se référant
à EuroPsy quant à la durée d’application des mesures provisoires, souvent appelées
clause du grand-père. Attendons le texte définitif, mais celui-ci prévoira évidemment
que tout psychologue ayant une expérience professionnelle suffisante puisse en bé-
néficier s’il le souhaite, ou en d’autres termes il n’y aura pas d’ancienneté du di-
plôme pour laquelle il serait impossible à vie d’avoir la certification.

6. — Sur les rapports entre psychologie et


psychanalyse

Cette question est envisagée de deux manières : d’une part la place de la théorie
psychanalytique ou de la discipline psychanalyse par rapport à la discipline psycho-
logie, et la manière dont EuroPsy traite la question, d’autre part la place de la prati-
que psychanalytique dans l’activité professionnelle du psychologue.

Le premier point est le plus complexe. À un premier niveau, on peut choisir de


considérer la psychanalyse comme une discipline, débouchant sur une profession.
C’est en quelque sorte ce qu’a fait le législateur français en décidant que pour être
psychothérapeute, il fallait être soit psychiatre, soit psychologue, soit psychanalyste.
Alors, les deux disciplines sont indépendantes, et dans un cursus de psychologie on
peut enseigner de la psychanalyse, comme on peut aussi enseigner de la sociologie
ou de la linguistique. Réciproquement, dans un cursus de psychanalyse, on peut
enseigner de la psychologie.

On peut également choisir de considérer que la psychanalyse est une théorie parmi
d’autres en psychologie, théorie dont le domaine d’application privilégié est la psy-
chopathologie, et la méthode par excellence la psychologie clinique. Dans ce se-
— 41/67 — Addition 2 (6 p.) —

cond cas, il est historiquement démontré que la psychanalyse est l’une des princi-
pales théories de ce champ. Par conséquent, un enseignement de licence de psy-
chologie compatible avec le modèle EuroPsy doit normalement comporter des en-
seignements de psychanalyse.

Le premier point de vue est mis en pratique dans le master recherche de psychana-
lyse de Paris VIII. Le second est mis en pratique dans l’immense majorité des UFR
de psychologie. Que les membres du CoFraDeC EuroPsy soient à titre personnel fa-
vorables ou défavorables à la psychanalyse n’a rien à faire là dedans : ils doivent re-
connaître ces réalités. Il n’est donc pas besoin pour les en convaincre d’aller distor-
dre complètement le sens du texte EuroPsy pour faire reconnaître ces évidences.

Il est parfaitement exact que le texte de base d’EuroPsy utilise abondamment le


concept de théorie. Par contre la phrase : « La « psychologie cognitive » est qualifiée
de « théorie », et plus précisément de « théorie explicative » est fausse. Nulle part, la
psychologie cognitive (ou pour prendre d’autres exemples du tableau 1 la psycholo-
gie générale, la psychologie sociale ou la psychopathologie) ne sont qualifiées de
théories. D’ailleurs, la seconde colonne du tableau 1 où ces domaines de la psycho-
logie sont listés ne décrit pas des théories et n’est pas intitulée « théories ».

Mais comme cette interprétation erronée du tableau 1 est destinée à justifier la de-
mande qu’il soit fait référence à la psychanalyse dans le texte EuroPsy ou dans une
sorte d’annexe française à ce texte, ou dans une déclaration du CoFraDeC EuroPsy,
apportons les précisions suivantes :
a. — Aucune théorie n’est citée dans le texte EuroPsy, mais ce texte invite à ce que
les principales théories soient enseignées. La psychanalyse doit donc logiquement
l’être.
b. — Le CoFraDeC EuroPsy a déclaré dès sa première réunion qu’il souhaitait favoriser
la pluralité des approches. Il me semble que l’on ne peut parler de pluralité des prin-
cipales approches en psychologie, et plus précisément en psychopathologie en
France en 2009 sans inclure la psychanalyse.
c. — Il faudra donc juger le CoFraDeC EuroPsy aux actes, c’est-à-dire aux décisions
d’accréditation qu’il prendra et aux justifications qu’il fournira à d’éventuels refus
d’accréditation. Refuser d’attendre ces décisions du CoFraDeC EuroPsy est faire un
procès d’intentions.

L’autre aspect est celui de la pratique professionnelle, puisque Monsieur Dupond


Muzart pose la question : « Autrement dit, pour EuroPsy, l’activité de psychanalyste
reconnue par la législation française fait-elle, oui ou non, partie de l’activité profes-
sionnelle de psychologue soumise à la réglementation privée EuroPsy ». À mon sens,
la réponse à cette question n’appartient pas au CoFraDeC EuroPsy, mais au psycho-
logue lui-même : s’il considère qu’il exerce deux métiers : psychanalyste et psycho-
logue, il fera le décompte de ses heures d’activité de psychologue en en excluant sa
pratique psychanalytique. S’il considère qu’il exerce un seul métier : psychologue, et
qu’il a dans sa pratique une référence théorique de son choix : la psychanalyse, il
décomptera toutes ses heures. La position éthique du CoFraDeC EuroPsy lui interdit
d’aller y voir de plus près. Mais le voudrait-il que je ne vois pas comment il en aurait
les moyens.
— 42/67 — Addition 2 (6 p.) —

Conclusion

L’analyse des textes par un juriste présente aux yeux du profane un très grand inté-
rêt, car ce dernier sait ainsi situer précisément certaines de ses faiblesses, et peut
éventuellement y remédier. Cet intérêt trouve aussi ses limites dans la manière très
différente dont chacun fait ses analyses. Le droit n’est pas tout, et le droit n’est pas
l’étalon permettant la mesure de tout. Dans ces conditions, il y a toujours un grand
danger à passer du droit à l’analyse des intentions de l’auteur d’un texte, en particu-
lier quand celui-ci n’est pas juriste. C’est pourquoi je conclurai en me répétant : ce
qu’il faudra voir dans EuroPsy, c’est la manière dont il sera appliqué, et partout en
Europe, et en particulier en France. Entre le droit et le fait, c’est bien souvent le fait
qui l’emporte, et le droit ne fait que suivre. Partir des faits est donc le meilleur moy-
en d’éviter les procès d’intentions.

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— 43/67 — Addition 3 (18 p.) —

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ADDITION 3 — 20090924
• COMMENTAIRE 27-28 DE LA RÉPONSE
DU 20090921 (232 LIGNES) DU PRÉSIDENT DU COFRADEC EUROPSY

Roger Lécuyer,
président du CoFraDeC EuroPsy,
ayant reçu l’article, addition 1 et leurs notes arrêtés au 1er septembre 2009,
écrit le 21 septembre 2009,
et François-R. Dupond Muzart commente le 24 septembre 2009
par intercalations signalées par la mention « COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE » :
(pour le texte original de « Réponses » sans intercalations, cf. Addition 2 ci-avant)

<<
Réponses au texte : « Sur le système EuroPsy :
quelques conclusions notamment juridiques et
sur la place de la psychanalyse »

27 — NOTE AU 20090928 — Cf. Addition 5, pour mentions de modifications.


28 — NOTE AU 20090927 — (Note répétée de l’introduction de l’article : ) Il aura paru manifeste au
lecteur de l’article que le « texte EuroPsy » et ceux qui en sont tirés ont été rédigés sans la
consultation d’aucun juriste, ce qui paraît extraordinaire s’agissant d’un système dont la nature
juridique de contrat n’est pas contestée, conçu à l’échelle de l’Europe par l’EFPA-FEAP, « European
federation of psychologists’ associations, Fédération européenne d’associations de psychologues » –
http://www.efpa.eu/ – avec les moyens que l’on peut supposer dont dispose une telle organisation.
— Cf. la présente Addition 3, dont voici un résumé. — Mieux encore, à supposer même que
des juristes aient été consultés en vue de la conception du système EuroPsy, ces consultations
n’auraient pas transpiré, puisque le président du CoFraDeC EuroPsy “croit” pouvoir faire valoir une
analyse des textes du système EuroPsy “indépendante du droit”. Et ceci qui plus est en vertu
d’un « pouvoir professionnel » conférant dans son esprit l’immunité juridique. Car avec bien enten-
du pour effet que les textes dont il est responsable de l’application ont vocation à être opposés
par lui aux autres, mais ne doivent selon lui, dans un esprit anti-juridique et donc anti-démocrati-
que, réciproquement pas lui être opposés à lui-même — puisque les lui opposer dans ses fonc-
tions entraîne ses lamentations personnelles tenant à « procès d’intentions ». Le président initial du
CoFraDeC EuroPsy ne distingue donc pas sa personne de ses fonctions, et rend ainsi lui-même
impossible cette distinction en commentaire de ses propos mélangés (la présente Addition 3, et
l’Addition 4), pour ne mieux que s’en plaindre ensuite par répétition de lamentations plus révéla-
trices à chaque fois. — Sur l’aspect relatif à démocratie, cf. aussi ci-avant section 11 de l’article,
dernier paragraphe, resté sans réponse comme bien d’autres points significatifs. — Dans ces
conditions résumées la publication d’une analyse juridique la plus complète possible
s’impose, nonobstant lesdites lamentations tenant à « procès d’intentions », et pour cette
raison même. — NOTE AU 20090928 : Il faut cependant prendre en considération la réponse
même partielle du 28 septembre 2009 des co-présidents de la FFPP au présent article et
ses Additions 3 et 4 ; cf. Addition 5, dont voici l’élément principal : « Nous avons pris note de
vos commentaires sur EuroPsy avec une grande attention, et vous remercions de cette lecture précise
et étayée concernant les statuts. Nous ne manquerons pas d’examiner cette situation lors d’un pro-
chain Conseil d’Administration Fédéral qui décidera d’éventuelles modifications. » — la réponse com-
porte aussi la mention « cette attention ne saurait cautionner les modalités de mise en cause de R.
Lécuyer » ; cependant celui-ci se met bien assez en cause lui-même selon les pires modalités, le
commentaire ne l’exposant que pour les lecteurs les moins avisés. — NOTE AU 20091006 : Cf. par
surcroît Addition 6.
— 44/67 — Addition 3 (18 p.) —

Introduction

Globalement, Monsieur Dupond Muzart …/…

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Monsieur Dupond Muzart indique qu’il est très honoré de voir son nom
mentionné à de multiples reprises dans le texte de Réponses du président
du CoFraDeC. Cependant, l’auteur du présent commentaire s’interroge sur
cette caractéristique, alors qu’il s’agit de débat sur des principes, et non
de débats relatifs à une personnalité. Quoique, par une telle personnalisa-
tion le président initial du CoFraDeC souligne respectivement que ses ca-
ractéristiques personnelles sont en cause, comme on le verra. L’auteur du
présent commentaire s’interroge aussi sur la nature du procédé du prési-
dent du CoFraDeC consistant à se lamenter à de multiples reprises à pro-
pos de ce qu’il évoque par les termes « procès d’intention », comme le lec-
teur va le constater. Les deux procédés ont paru liés à l’auteur du présent
commentaire ; en toute hypothèse c’est le lecteur qui appréciera, comme la
suite. >>

…/… nous fait la démonstration que les psychologues ne sont pas très bons dans la
rédaction d’actes de nature juridique 29 . Ce n’est pas une nouveauté, et à mon sens,
ce n’est pas très grave : j’ai vu maintes et maintes fois des débats très animés sur
les statuts de telle ou telle organisation. Un an après, aucun acteur de ces discus-
sions ne se souvient du texte précis adopté et lesdits statuts sont appliqués de ma-
nière très approximative.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— En introduction, le président du CoFraDeC évoque des « acteurs » de « dis-
cussions » relatives à la rédaction d’actes juridiques tels des statuts : après
un an ces « acteurs » oublieraient, et on les comprend, la nature et le détail
des discussions et des « textes précis adoptés ». Le présent rédacteur, tout
juriste qu’il est, revendique le même phénomène : il est impossible, sauf ex-
ceptions dont le présent rédacteur n’est pas, de se « souvenir » des textes
juridiques que l’on n’a pas consultés depuis un an. Il est nécessaire de re-
lire les textes, et de ne pas se fier à sa mémoire.
— Le président du CoFraDeC s’identifie implicitement aux « acteurs » de
« discussions » et rédactions qu’il décrit, au lieu d’assumer ses fonctions de
président, donc de garant de l’application des textes. Le président du Co-

29 — NOTE AU 20090930 — Le président du CoFraDeC EuroPsy admet donc qu’il s’agit d’actes
juridiques dans le cadre du système EuroPsy, et par la même occasion ingénue indique
qu’ils ont été rédigés à l’échelle de l’Europe et notamment en France pour les actes d’ap-
plication sans la consultation d’aucun juriste. Dont acte. La responsabilité en repose sur
l’EFPA-FEAP à l’échelle de l’Europe, et pour l’application en France sur le président du Co-
FraDeC EuroPsy lui-même et les présidents successifs de la FFPP (cf. Addition 5), et non
sur les juristes, dont le présent rédacteur. S’agissant des présidents successifs de la FFPP,
l’actuel président du CoFraDeC a été le président de la FFPP précédant les actuels co-prési-
dents, jusqu’à l’automne 2008. C’est donc lui-même qui a légué la situation d’impéritie aux ac-
tuels co-présidents. Pour la réponse de ceux-ci devant cette situation, au présent article en ce
inclus additions 3 et 4, cf. Addition 5 ci-après.
— 45/67 — Addition 3 (18 p.) —

FraDeC se décrit donc comme incapable d’assumer ses fonctions, puisque


implicitement il revendique non seulement ne pas se souvenir au bout d’un
an des textes qu’il est chargé d’appliquer, mais encore qu’il n’a nulle inten-
tion de les relire pour se rafraîchir la mémoire, puisque une application
« très (sic) approximative » suffit, selon ce qu’il en reste de souvenir après
un an ou plus. Ainsi, il n’est nul besoin de procès d’intention : celui-ci, à le
supposer même, est largement dépassé par les assertions du président du
CoFraDeC. Il ne s’agit en effet pas de simples « erreurs » dues à l’inculture
juridique, comme il tente par ailleurs de le faire croire. Il s’agit d’une volon-
té délibérée de ne pas se référer aux textes juridiques fondant sa propre
activité exécutive. Dans ces conditions, le président du CoFraDeC peut se
plaindre à l’infini de « procès d’intentions », puisqu’il suffit que ses inten-
tions soient « bonnes » à ses propres yeux, indépendamment des textes qui
fondent ses fonctions. Textes dont une application « très approximative » lui
suffit, ce qui pervertit la notion même d’application. Il suffit que quelques
simulacres soient mis en place, pour l’exercice d’un pouvoir sans autre
borne que les « bonnes intentions » de l’intéressé. Dans ces conditions c’est
la politique des faits accomplis, bons ou mauvais cela devient secondaire.
Alors le président du CoFraDeC excède même la notion formelle de « bon
plaisir » qui ornait les actes de nos rois, juridiquement « irresponsables ». Il
sera pourtant pour simplifier évoqué son “bon plaisir” dans la suite des
présents commentaires. >>

Ainsi, que les statuts de la FFPP ne donnent au CoFraDeC EuroPsy que des compé-
tences si limitées qu’elles devraient l’empêcher de faire son travail n’a d’importance
que si le Bureau fédéral de la FFPP a l’intention de l’empêcher de faire son travail.
Tant que ce n’est pas le cas, cette maladresse de rédaction n’a aucune importance.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le président du CoFraDeC ne saurait ignorer dans son bon plaisir que si,
comme l’exige le texte EuroPsy, les statuts de la FFPP reprenaient dans leur
article 23 la liste des compétences prévues par l’article 17 du « texte Eu-
roPsy » pour le comité de « délivrance » national du certificat EuroPsy, alors
c’est la responsabilité de la FFPP qui serait formellement engagée par l’ex-
ercice de ces compétences par le comité national. De même, si l’article 23
des statuts de la FFPP indiquait comme il se doit que le comité est « autori-
sé à mettre en œuvre la délivrance des certificats », alors la responsabilité
de la FFPP serait mieux établie par cette autorisation par laquelle elle en-
dosserait la « délégation » par le comité européen pour délivrer les certifi-
cats. Ce qui impliquerait formellement que les recours pourraient être in-
tentés devant les juridictions françaises, et non uniquement devant les juri-
dictions belges, comme le président du CoFraDeC l’indique plus loin, selon
son bon plaisir, belge en l’occurrence.
— Les « intentions [sic] du Bureau fédéral de la FFPP » n’ont aucun intérêt
dans ce contexte (il s’agit d’ailleurs d’un procès d’intention [… effectué
par le président du CoFraDeC]), hormis pour savoir que le président du
CoFraDeC compte sur le fait que comme lui le Bureau fédéral exerce son
bon plaisir dans le sens qui conviendra au sien. L’on se demande dans ces
— 46/67 — Addition 3 (18 p.) —

conditions quel est le rôle du Bureau fédéral de la FFPP : “chambre d’enre-


gistrement” du bon plaisir du président du CoFraDeC, sans doute 30 . Et dans
ces mêmes conditions, pourquoi publier sur les sites sur l’Internet le « texte
EuroPsy » et les statuts de la FFPP, et d’ailleurs pourquoi même en confec-
tionner de si étendus ; quelques lignes devraient suffire : mais nous som-
mes, ne l’oublions pas, devant le règne du bon plaisir, y compris celui de
fabriquer des textes forts étendus mais pour simulacre. Il faut que ceux-ci
aient l’apparence du sérieux, que leur donne le détail finalement inutile de
leurs prévisions 31 . >>

Par ailleurs, et comme le note fort justement l’auteur, « En fait, le système EuroPsy
est en phase d’expérimentation » et par conséquent, que des ajustements, y com-
pris dans les textes, soient encore nécessaires est d’évidence.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le président du CoFraDeC entre ici en contradiction avec ses assertions
précédentes, que l’on doit traduire par “le règne du bon plaisir” : dans ce
règne, pourquoi donc envisager d’améliorer, d’« ajuster » les textes ? À quoi
bon, si ce n’est pour redoubler de simulacre ? >>

Dans ces conditions, on peut se demander à quoi sert de dénoncer un texte qui va
nécessairement changer, qui est d’ailleurs en cours de changement, et qui devra
encore probablement évoluer dans les années à venir ?

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le président du CoFraDeC imagine ici qu’il faudrait attendre à l’infini le
texte supposé “parfait” pour qu’il y ait lieu à commentaire. Dans l’intervalle,
son bon plaisir doit suffire. >>

Dans le détail de ce long texte critique de Monsieur Dupond Muzart, il y a toutefois


des inexactitudes, et des approximations qu’il est néanmoins nécessaire de relever.
Même les juristes peuvent se tromper. Enfin, ce texte se termine par des procès
d’intention, toujours imprudents.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Compte tenu des motifs des observations qui précèdent, l’esprit de bon
plaisir et de simulacre du président du CoFraDeC n’est plus à démontrer. Et
bien entendu, dans ces conditions les contradicteurs ne peuvent qu’être

30 — NOTE AU 20090928 — Mais voir Addition 5, le 28 septembre 2009 les co-présidents de la FFPP
ont répondu à la communication de l’article avec la présente addition avant sa diffusion : « Nous avons
pris note de vos commentaires sur EuroPsy avec une grande attention, et vous remercions de cette lecture
précise et étayée concernant les statuts. Nous ne manquerons pas d’examiner cette situation lors d’un
prochain Conseil d’Administration Fédéral qui décidera d’éventuelles modifications. ». — Les co-prési-
dents de la FFPP rejettent donc les positions du président du Cofradec au moins sur ce point. — La
réponse comporte aussi la mention « cette attention ne saurait cautionner les modalités de mise en
cause de R. Lécuyer » ; cependant celui-ci se met bien assez en cause lui-même selon les pires mo-
dalités, le commentaire ne l’exposant que pour les lecteurs les moins avisés. — NOTE AU 20091006 :
Cf. par surcroît Addition 6.
31 — NOTE AU 20090926 — Hormis lorsqu’il s’agit et s’agira, dans la position du « pouvoir profession-
nel », d’opposer le détail des textes en question aux autres. Naturellement.
— 47/67 — Addition 3 (18 p.) —

« imprudents », euphémisme compte tenu du bon plaisir de simulacre. Mais


ce n’est pas tout, il y a la suite. >>

C’est aux actes qu’il faut juger les gens ou les institutions, et pour l’instant, ni l’Euro-
pean accreditation committee (EAC), ni le CoFraDeC EuroPsy n’ont eu d’actes rele-
vant de leur compétence 32 .

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le président du CoFraDeC confond le droit, i.e. le raisonnement juridique,
sur les textes juridiques (qui sont d’ailleurs aussi dénommés « actes ») et la
morale (la morale de son bon plaisir, d’ailleurs), sur les « activités » (ce ter-
me ici pour éviter la confusion avec les textes-actes). Ce modèle de “pen-
sée primitive” ne différenciant pas encore le droit de la morale convient ef-
fectivement au “bon plaisir”. Et ce qui par ailleurs fait que le « droit » n’est
pas « tout » : il y a au moins aussi par ailleurs la morale, qui est loin d’être
toujours favorable à l’épanouissement du bon plaisir, d’ailleurs. Nous
avons donc au moins le droit, la morale et le bon plaisir, qui ne font pas
toujours bon ménage. Il y a aussi le roman et la poésie (pour parler des tex-
tes). >>

Je vais ci-dessous apporter mes réponses aux principaux points qui me semblent li-
tigieux.

1. — De la contestation en justice d’un


non renouvellement

Nous sommes parfaitement d’accord sur l’idée qu’EuroPsy est un « contrat d’adhé-
sion ». De ce fait, la demande d’EuroPsy résulte d’un choix personnel d’un psycho-
logue, qui doit être parfaitement informé des conditions dans lesquelles il effectue
cette demande, de ses recours possibles et du fait qu’il faudra procéder tous les
cinq ans à une demande de renouvellement. Si un psychologue n’est pas d’accord
avec cette démarche, rien ne l’oblige à demander EuroPsy.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le bon plaisir du président du CoFraDeC lui fait tordre la notion de « cont-
rat d’adhésion » telle qu’elle était mentionnée dans l’article auquel il ré-
pond. Il est indiqué au dernier paragraphe de l’introduction de l’article :
« le « texte EuroPsy » relève de la catégorie des « contrats d’adhésion » : il est à prendre
ou à laisser, par un grand nombre de souscripteurs, les psychologues demandant le
certificat ; cette caractéristique entraîne qu’un tel texte s’interprète bien entendu
contre le ou les rédacteurs (l’EFPA-FEAP), au cas de doute et donc de nécessité d’in-
terprétation ».
L’on voit donc que la nature juridique de « contrat d’adhésion » est telle
qu’elle exclut le plus radicalement le “bon plaisir”. L’on ne s’étonnera pas

32 — NOTE AU 20090922 — Dans un message du 22 septembre 2009, le président du CoFraDeC pré-


cise : « L’EAC [European accreditation comittee] n’est pas encore officiellement constitué, et n’a donc
pris aucune décision. Le NAC [National accreditation comittee] français : le CoFraDeC a préparé des
décisions mais n’en a pris formellement aucune concernant EuroPsy : ni accréditation de cursus, ni
certification de personnes. ».
— 48/67 — Addition 3 (18 p.) —

dès lors que le président du CoFraDeC, dans la suite logique de ses décla-
rations qui précèdent, s’applique à vider de son sens la notion juridique de
« contrat d’adhésion » qui était soigneusement décrite dans l’article : il ne
peut plus dès lors plaider l’ignorance juridique (en fait si, même lorsque les
explications sont fournies son « pouvoir » va jusque là). L’on observera que
dans son bon plaisir, le président du CoFraDeC consent à ce que si un psy-
chologue « n’est pas d’accord » (avec ce bon plaisir), il peut ne pas deman-
der le certificat EuroPsy. Ce qui est faux, à partir du moment où ce sont les
employeurs qui exigeront ce certificat. >>

S’il demande la certification et que celle-ci est refusée, soit la première fois, soit au
renouvellement, le candidat a deux recours successifs : l’un au niveau national, l’aut-
re au niveau européen. Il est clair en effet que le CoFraDeC EuroPsy, et derrière lui la
FFPP, agissent par délégation. Ceci veut dire que la responsabilité juridique des dé-
cisions incombe à l’EFPA. Celle-ci est effectivement une association de droit belge.
Un recours ne pourra donc être fait que devant un tribunal belge. Ni l’EAC [Eu-
ropean accreditation committee] ni le CoFraDeC EuroPsy ne sont des personnes mo-
rales, mais l’EFPA en est une, la FFPP aussi et ces organisations peuvent déléguer à
qui elles veulent des décisions engageant leur responsabilité.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Il s’agit ici exclusivement des recours concernant le refus de décerne-
ment ou de renouvellement de certificat, et non des recours contre des dé-
cisions disciplinaires. Le président du CoFraDeC en parlant de « deux re-
cours successifs » nie implicitement le fait que le recours de deuxième ni-
veau ne concerne que les cas où il est établi qu’un comité national a appli-
qué le « texte EuroPsy » d’une façon qui n’est pas homogène avec les ap-
plications qui en sont faites par les autres comités nationaux (cf. dans l’ar-
ticle ci-avant, la section 2, qui détaille ce point). Pour tous les autres cas, la
compétence de la commission d’appel nationale, agissant apparemment
au nom de l’organisation nationale, donc la FFPP, est de dernier ressort :
donc logiquement, c’est la FFPP qui est responsable devant les tribunaux
français pour ces recours de dernier ressort internes à l’organisation natio-
nale française. Car dans ce cas de recours, la FFPP n’agit nullement par dé-
légation : elle ne fait que mettre en œuvre une condition posée par le « texte
EuroPsy », et elle est entièrement responsable de cette mise en œuvre. Adi-
eu les juridictions belges : dans le cas décrit de premier et dernier niveau
de recours interne national, ce sont les juridictions françaises qui seront
compétentes, d’évidence. (Il en est par ailleurs de même s’agissant des dé-
cisions du « comité d’éthique » disciplinaire.)
— Mais il ne faut pas oublier que les commissions de recours contre les re-
fus de décernement de certificat, mises en place par les organisations na-
tionales, sont dites « consultatives » par le texte EuroPsy, alors même que
celui-ci parle en terme de « jugement » à propos des décisions qu’elles ren-
dent : là réside une difficulté, qu’il appartient à la FFPP, et sur ce point non
au président du CoFraDeC seul, d’éclaircir : la FFPP compte-t-elle permettre
au CoFraDeC et à son président de s’asseoir sur les décisions de la com-
mission d’appel mise en place sous la responsabilité de la FFPP devant les
juridictions françaises, c’est à la FFPP seule d’en décider puisque le CoFra-
DeC n’est en droit qu’une commission de la FFPP.
— 49/67 — Addition 3 (18 p.) —

— Lorsque des personnes morales, telles l’EFPA ou la FFPP, confient des ac-
tivités à des commissions, comme le nom de com/mission l’indique il s’agit
de missions, et non de délégations. Or, le « texte EuroPsy » parle pour la dé-
livrance des certificats de délégation du comité européen aux comités na-
tionaux. Il est donc difficile de considérer que les comités-commissions
nationaux sont des commissions… de la FEAP. Difficile mais pas impossi-
ble : après tout, l’on pourrait considérer que les comités nationaux sont des
commissions communes de la FEAP et des organisations nationales. En-
core faudrait-il l’affirmer. En l’état, le bon plaisir du président du CoFraDeC
lui fait mélanger « délégation » et « mission », mais que lui importe, puisqu’il
s’agit de règne du simulacre juridique. Accessoirement, il ne se présente
nulle mention du comité européen de délivrance de la certification EuroPsy
dans les statuts de l’EFPA publiés sur le site de l’EFPA en septembre 2009.
— Enfin, la désignation « imprudente » de compétence des seules juridic-
tions belges par le président du CoFraDeC s’analyse en intention [et vo-
lonté affichée] de nuire aux psychologues français qui seront concernés
par le système EuroPsy. >>

Créer une commission pour traiter d’un problème est parfaitement banal et ces deux
organisations, comme bien d’autres, ont diverses commissions, apparemment sans
problèmes. Tant qu’il est dans le recours interne, le candidat dont la certification n’a
pas été renouvelée suit les procédures prévues en interne. S’il s’adresse à la justice,
il se retourne contre la personne morale qui délivre EuroPsy : in fine l’EFPA.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le président du CoFraDeC au moins ne fait pas dans la dentelle s’agis-
sant de la fuite de toute responsabilité, l’on peut au moins lui reconnaître
cela : il affirme et confirme qu’il ne veut pas de la compétence des juridic-
tions françaises pour quelque responsabilité que ce soit du CoFraDeC et de
la FFPP à propos de l’application, de la mise en œuvre du système EuroPsy
en France 33 . Cependant lorsqu’il écrit : « la personne morale qui délivre Eu-
roPsy : in fine l’EFPA », c’est inexact. L’EFPA, par son comité européen, ne
fait selon le « texte EuroPsy » que délivrer le « papier » du certificat (une tâ-
che d’imprimerie et de vaguemestre) : l’« autorité » d’attribution du certificat
et d’inscription et radiation du registre appartient exclusivement aux comi-
tés nationaux, par la « délégation » (sic) opérée par le comité européen.
C’est si vrai que dans le cas où le comité européen suspend la « déléga-
tion » à un comité national qui ne remplit pas ou mal les exigences du « tex-
te EuroPsy », le comité européen ne peut pas exercer directement les com-
pétences d’inscription et de radiation du registre : ceci n’est pas prévu aux
compétences du comité européen, et ceci se comprend très bien, compte

33 — NOTE AU 20090930 — Il paraît manifeste qu’un individu qui se pense irresponsable juridiquement,
parce que selon lui ses actes ne peuvent engager sa responsabilité — celle de l’institution qu’il re-
présente — mais engagent selon lui la responsabilité d’une autre institution, qui plus est étrangère et
devant des juridictions étrangères exclusivement, va se comporter différemment d’un individu se sa-
chant responsable — ou l’institution qu’il représente — devant les juridictions françaises. Les propos
en premier peuvent en être affectés : c’est ainsi notamment que s’expliquent les propos du président
du « CoFraDeC EuroPsy ». Mais cf. Addition 5, la réponse des co-présidents de la FFPP, d’une autre
teneur.
— 50/67 — Addition 3 (18 p.) —

tenu des difficultés matérielles que cela entraînerait, ne serait-ce qu’a pro-
pos de la langue dans laquelle seraient composés les dossiers selon les di-
zaines de pays concernés. L’on ne peut donc guère penser qu’il s’agirait
d’une omission dans les compétences du comité européen. Mais qu’impor-
te au bon plaisir du président du CoFraDeC.
— Cependant l’on trouve dans le « texte EuroPsy » ceci (et cf. dans l’article
ci-avant, la section 1) :
« Article 12 — The responsibility for awarding the EuroPsy and entering an individual
into the Register according to these Regulations rests with the European Awarding
Committee. This Committee delegates the authority to enter the name into the Regis-
ter and to award the EuroPsy in accordance with these Regulations to a National Aw-
arding Committee. ».
Mais comme il a été dit précédemment, non seulement le terme « respon-
sabilité » est impropre s’agissant d’un comité qui n’a pas la personnalité ju-
ridique, mais encore pour que le comité national puisse exercer la « déléga-
tion », il faudrait en droit interne, qui est le droit français et non le droit bel-
ge même s’ils sont très proches, que la FFPP l’y autorise formellement, et
par là « endosse » l’exercice de l’activité de délivrance (ou de refus) de cer-
tificat : alors l’on pourrait avoir de ce fait, sans exclure d’autres fonde-
ments, une double compétence juridictionnelle, belge et française.
— En toute hypothèse, le président du CoFraDeC non seulement se refuse à
une mise au point de l’article 23 des statuts de la FFPP qui soit conforme au
« texte EuroPsy » (cf. sa réponse et commentaire ci-avant), mais encore il
continue de ne pas se renseigner sur le droit applicable, et enfin il paraît
ignorer, dans son bon plaisir d’irresponsabilité rejetée sur l’EFPA, que des
activités exercées sur le territoire français et/ou causant le cas échéant des
préjudices sur le territoire français paraissent nécessairement de la compé-
tence des juridictions françaises, le cas échéant de façon cumulative avec
la compétence belge dans les cas qui nous occupent : omission de le dire
dans l’article ci-avant, réparée. Le présent rédacteur n’exclut pas de faire
un exposé plus poussé à ce sujet, mais une nouvelle fois, il appartient plu-
tôt à la FFPP d’éclaircir ces points, à propos desquels le bon plaisir du pré-
sident du CoFraDeC, caractérisé au premier passage des présents com-
mentaires, ne saurait suffire. >>

2. — Sur les procédures de sanction

Il est exact que « la procédure d’infraction au « code de déontologie » et au « méta-


code » de l’EFPA-FEAP n’est pas encore établie en France ». Il faut l’avouer, les pro-
moteurs d’EuroPsy ont plus pensé à ce en quoi la mise en place de ce dispositif
pourrait promouvoir la profession qu’à la prise de sanctions contre des psycholo-
gues indélicats. Mais bien entendu, il faut prévoir des sanctions et une instance pour
en décider. Il se trouve que cette question fait actuellement l’objet de discussions
entre organisations de psychologues. Il semble donc préférable que les décisions
prises dans ce domaine reflètent une volonté générale, plutôt que de mettre sur pied
dans l’urgence une instance contestable.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Nulle urgence n’était évoquée dans l’article : il ne saurait éventuellement
se présenter une telle urgence que le jour où une première affaire serait
à traiter, si la commission disciplinaire (« comité d’éthique ») n’est à cette
— 51/67 — Addition 3 (18 p.) —

époque pas encore établie. Mais ce n’est pas parce qu’elle serait alors éta-
blie dans l’urgence que cette seule caractéristique rendrait une telle com-
mission « contestable ». >>

3. — Sur les différences entre EuroPsy et


un ordre professionnel

Il est curieux de lire sous la plume d’un juriste ne manquant pas une occasion de
vanter la primauté du droit que le fait prime le droit et donc que l’absence d’obliga-
tion légale n’est d’aucune importance face à une (supposée) obligation de fait. C’est
pourtant l’une des bases de l’argumentation de Monsieur Dupond Muzart pour af-
firmer qu’EuroPsy a une « proximité » avec un ordre professionnel. L’argumentation
passe habilement d’une supposée obligation de fait à un droit, mais le droit d’ache-
ter un château ne m’en donne pas plus les moyens que l’obligation matérielle de ve-
nir en métro ou en voiture à mon travail ne m’interdit pas légalement de faire les
20 km à pied ! Il est donc nécessaire de séparer les deux notions.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Ce paragraphe ci-dessus est incompréhensible, ou bien d’une sorte qui
encore une fois est celle du bon plaisir. L’évocation de « château » est bien
plaisante à cet égard. Mais bref, que signifie « primauté du droit » ? Cela n’a
aucun sens aux yeux d’un juriste, dont il est pourtant prétendu résumer par
là le ou un propos. Même l’expression en langue anglaise « rule of law » ne
signifie pas « primauté du droit ». La séparation-articulation des pouvoirs,
assortie de représentation élective, le tout heureusement bien exposé en
fin de section 11 de l’article et en fin d’Addition 1 ci-avant, exclut précisé-
ment toute « primauté ». Il n’y a de dit du droit par un juge que s’il est saisi,
et un juge dans le contexte de séparation-articulation des pouvoirs ne sau-
rait se saisir lui-même, hormis exceptions qui sont plutôt à regretter. En
l’absence de saisine juridictionnelle, il s’agit de prévoir comment le juge
trancherait. Si la solution déterminée est insatisfaisante, il convient de mo-
difier le texte applicable, mais tant que le texte (loi ou contrat) en vigueur
n’est pas modifié, il s’applique. Nulle primauté à ce propos, puisqu’il ap-
partient de modifier les textes par accord ou délibération. Mais le président
du CoFraDeC se moque d’accord ou délibération tels, son bon plaisir suffit,
qui fait des textes juridiques un simulacre. Mais stupéfiante « primauté du
droit », ce n’est rien encore. Que signifie inversement « que le fait prime le
droit » ? Il s’agit avec cette dernière expression, par laquelle le président du
CoFraDeC pense “traduire” un autre passage de l’article auquel il répond,
en réalité de la “mentalité” du président du CoFraDeC lui-même. Pour avoir
des “idées”, des formulations pareilles, il faut être dans une logique de
« voie de fait », c’est-à-dire de violence (laquelle ne se circonscrit pas à la
force ouverte). Au sens et dans le vocabulaire des juristes, bien sûr, mais…
qu’importe. >>

Il faut d’ailleurs noter que dans son « Addition 1 », l’auteur défend l’idée de la néces-
sité de bien séparer le fait du droit. Nous sommes donc d’accord sur ce point !

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— 52/67 — Addition 3 (18 p.) —

— Il n’est nullement question dans l’Addition 1 ci-avant de « nécessité de


bien séparer le fait du droit » : c’est de l’invention du président du CoFraDeC.
Le président du CoFraDeC dans son bon plaisir confond « distinguer » et
« séparer » (quand bien même l’étymologie fait apparaître certaines accep-
tions communes aux deux termes, par lesquelles l’on explique l’un par
l’autre : s’il s’agit même d’étymologie, il s’agit d’évoquer ce qui dans celle-
ci est spécifique à chacun de ces deux termes). Le fait de signer un contrat
ou d’adopter une délibération comme le « texte EuroPsy » [qui s’analyse
comme un « contrat d’adhésion » pour ceux qui demanderont le certificat]
consiste en acte juridique : l’acte est distingué du fait, alors même qu’il en
est inséparable. De même que le fait par le président de la République de
signer les textes produits par le parlement consiste en acte de promulga-
tion de ces textes (qui seront) « exécutés comme loi de l’État », selon la
formule signée. Tandis qu’un auteur de roman ne produit pas comme tel
d’acte juridique, même si la teneur publiée peut engendrer des dommages
susceptibles d’indemnisation. Il serait pour autant saugrenu de parler en
terme de « séparation » du roman relativement au droit : il n’y a rien à sépa-
rer à ce propos, il s’agit de fait commun d’écriture, et de distinguer s’il
s’agit d’acte juridique, c’est-à-dire conçu pour des effets juridiques, ou
non.
— Mais bref, et pas tout. Il est question dans l’Addition 1 de ne pas laisser
le fait dériver en abus de pouvoir (à propos de « reconnaissance par les
pairs », dans le cadre de la supervision prévue par le « texte EuroPsy », et
pas dans le cadre d’un roman du bon plaisir). >>

Deux caractéristiques fondamentales différencient clairement EuroPsy d’un ordre.


La première est que dans les ordres, il y a une cotisation à payer, et que ce paie-
ment est obligatoire pour pouvoir exercer. Dans le cas d’EuroPsy, il n’y a pas de co-
tisation. Il y a pour les demandeurs des frais à payer correspondant aux coûts de
fonctionnement d’EuroPsy. Comme la certification ne constitue pas une condition
d’exercice, le paiement n’est pas obligatoire.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Parce que les cotisations aux ordres professionnels ne sont pas desti-
nées à en couvrir les frais de fonctionnement ? Et à quoi donc sont desti-
nées ces cotisations, selon le président du CoFraDeC ? La phrase « comme
la certification [EuroPsy] ne constitue pas une condition d’exercice, le paie-
ment n’est pas obligatoire » est presque comique. Le paiement est non pas
obligatoire, mais il est nécessaire, si et lorsqu’un employeur exige le certi-
ficat pour embaucher ou renouveler un contrat à durée déterminée. Mais le
président du CoFraDeC ne fait pas non plus la distinction entre « obligation »
et « nécessité ». Pour le reste le rédacteur des présents commentaires ne
peut que renvoyer le lecteur à la section 3 de l’article ci-avant. >>

L’objection selon laquelle en cas de succès d’EuroPsy, les employeurs accorde-


raient une préférence aux titulaires de cette certification, et donc que la certification
serait obligatoire de fait n’est convaincante ni en droit (cf. ci-dessus) ni en fait dans
un pays où l’État est l’employeur de la majorité des psychologues et où il fixe les
conditions de ses recrutements, que l’EFPA ne va donc pas lui dicter.
— 53/67 — Addition 3 (18 p.) —

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Les psychologues qui, y compris dans les établissements publics, ne
sont pas fonctionnaires en titre, apprécieront le paragraphe de « Réponse »
ci-dessus. Le président du CoFraDeC montre qu’il ne comprend pas la no-
tion même de droit (c’est logique : l’on a déjà vu qu’il en faisait un simula-
cre), en prétendant régler des questions de principe par des arguments de
majorité des cas de fait 34 . >>

La seconde différence entre le « système EuroPsy » et un ordre est la délégation de


pouvoir : dans les ordres, il y a délégation de pouvoir de l’État. La British psychologi-
cal society, qui formellement n’est pas un ordre a pu légitimement y être assimilée,
puisqu’elle a longtemps reçu une délégation de pouvoir de l’État, mais d’une part
elle est toujours restée plus indépendante dudit État que les ordres de droit français,
d’autre part elle n’a plus cette délégation. EuroPsy n’a de délégation de pouvoir ni
de l’Union européenne ni de personne. La raison pour laquelle nous nions qu’Euro-
Psy soit un ordre est donc très simple : c’est parce qu’aucune de ces conditions
constitutives n’étant présente, ce n’en est pas un.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Tout ceci est sans objet, puisque l’article n’allègue en rien que le sys-
tème EuroPsy « est » ou « soit » un ordre professionnel, mais expose une
proximité de fait, et non en droit. Le rédacteur des présents commentaires
ne peut que renvoyer le lecteur à la section 3 de l’article ci-avant. >>

Le fait d’être pour ou contre un ordre n’a rien à voir avec cela, et d’ailleurs, EuroPsy
semble s’appliquer aussi bien dans un pays sans ordre (la Finlande ou l’Allemagne)
que dans un pays avec ordre (l’Italie).

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Bien entendu puisque en Italie c’est l’ordre professionnel des psycholo-
gues – http://www.psy.it/ – qui – http://www.inpa-europsy.it/ – met en place le
système EuroPsy. Le président du CoFraDeC l’ignore-t-il ? 35 >>

Dans son « Addition 1 » Monsieur Dupond Muzart affirme qu’« un ordre professionnel
exerce des « parcelles » de la puissance publique, et exclusivement de la puissance
publique » ce qui différencie clairement EuroPsy d’un ordre puisqu’EuroPsy n’exerce
aucune « parcelle » de puissance publique.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Tout ceci est sans objet, puisque l’article n’allègue en rien que le sys-
tème EuroPsy « est » ou « soit » un ordre professionnel, mais expose une

34 — NOTE AU 20090930 — Arguments qui plus est erronés : la moitié environ des psychologues tra-
vaillant dans les institutions relevant du droit public n’ont pas le statut de fonctionnaire, mais de
contractuels.
35 — NOTE AU 20090925 — En Italie le site de l’« Ordine nazionale psicologi » – http://www.psy.it/ – ren-
voie vers le site http://www.inpa-europsy.it/ de l’« INPA », « Italian Network Psychologists Association –
aderente EFPA » — Tandis qu’en Espagne le site EuroPsy est en sous-domaine du site du « Consejo
general de Colegios oficiales de psicólogos » : http://www.europsy.cop.es/ – équivalent partiel d’un or-
dre professionnel à la française ; cf. site du « Consejo general » : http://www.cop.es/
— 54/67 — Addition 3 (18 p.) —

proximité de fait, et non en droit. Le rédacteur des présents commentaires


ne peut que renvoyer le lecteur à la section 3 de l’article ci-avant. >>

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


Titre intercalé pour commentaire de Réponse :
SUR LE « POUVOIR PROFESSIONNEL »
>>

Dans la même « Addition » [Addition 1], l’auteur cherche à réfuter la notion de « pou-
voir professionnel » que j’ai utilisée à plusieurs reprises. Sa réfutation est convain-
cante… si on s’en tient à la manière dont il définit ce pouvoir professionnel : celui-ci
serait constitué par la « reconnaissance par les pairs ».

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Dont acte. Avec le point 5 ci-après, il s’agit de l’unique passage dans le-
quel dans ses « Réponses » le président du CoFraDeC expose un accord
quant aux propos de l’article ci-avant, sans faire d’erreur à ce sujet. >>

C’est dans un sens bien plus général que j’ai utilisé cette expression. Tout groupe
social constitué et quelle que soit la manière dont il est constitué (association, mani-
festation, comité de quartier, signataires d’une pétition, etc.) exerce un pouvoir dans
la société. Toute profession cherche à défendre ses intérêts et donc à exercer un tel
pouvoir. Celui-ci peut être plus ou moins fort et efficace, c’est une autre question.
Dans les pays comme la France où l’immense majorité des professions n’a pas d’or-
dre, le pouvoir professionnel est exercé par une ou plusieurs organisations, plus ou
moins représentatives.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Dont acte. Le président du CoFraDeC confond « pouvoir » et « représenta-
tion ». Mais il semble que dans cette confusion le président du CoFraDeC
n’oppose pas le « pouvoir professionnel » au « pouvoir d’État » : il parle à pro-
pos du « pouvoir professionnel » d’« un pouvoir dans la société ». En quelque
sorte comme l’on peut dire du « pouvoir de la presse, des médias » : c’est
par figure de style que l’on en parle en terme de « pouvoir ». C’est accepta-
ble, le terme « pouvoir » n’ayant pas la même portée dans les deux cas : ce-
lui de l’État et celui « professionnel » ou celui « des médias ». Le présent ré-
dacteur espère ne pas faire d’erreur quant à l’accord qu’il manifeste, mais
ce n’est pas certain, car le président du CoFraDeC semble dans l’expres-
sion « pouvoir professionnel » prendre le terme « pouvoir » au pied de la let-
tre. Cela ne saurait étonner le cas échéant, s’agissant de son bon plaisir.
Ce qui serait alors remarquable, c’est de prendre l’expression « pouvoir
professionnel » elle-même au pied de la lettre : le pouvoir comme profes-
sion. Pour le président du CoFraDeC, il semble qu’il ne soit pas trop tard. >>

Quand il y a un ordre, il exerce une fonction de représentation auprès de l’État.


C’est en tous cas ce que ne cessent de nous dire les partisans d’un ordre. Si ce n’é-
tait pas vrai, alors la situation est bien pire que ce qu’on ne pouvait craindre : l’ordre
est une simple courroie de transmission du pouvoir de l’État.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— 55/67 — Addition 3 (18 p.) —

— Ni les « partisans d’un ordre (des psychologues) » tels qu’ils sont cités, ni
le président du CoFraDeC ne sont dans le vrai. Un ordre professionnel n’a
aucune mission générale de représentation d’une profession auprès de
l’État. Il n’est pas question de « fonction de représentation », il est question
de compétences définies par le législateur, par exemple celle de proposer
au gouvernement la modification d’un code de déontologie, ou de répon-
dre au gouvernement lorsque celui-ci présente une demande d’avis dans
les cas prévus par le législateur. Mais un ordre n’est nullement « une simple
courroie de transmission du pouvoir de l’État ». Un ordre tient son « pouvoir
disciplinaire » qui est essentiel directement de la loi, donc du parlement,
et non de l’État (cf. Addition 1 et ci-avant sur cette distinction, l’articulation
s’opérant par la promulgation de la loi). >>

4. — Sur la psychothérapie

L’EFPA a mis sur pied une certification « psychologue EuroPsy spécialisé en psycho-
thérapie » qui suppose de réunir les conditions pour avoir la certification EuroPsy
plus trois années de formation, valable pour cinq ans. Cette disposition a été votée
au congrès d’Oslo en juillet 2009 et je maintiens donc que la pratique de la psycho-
thérapie avec un label EFPA suppose ces conditions.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le président du CoFraDeC maintient, mais ne cite nul texte au soutien de
ce maintien. Par conséquent il reste légitime aux yeux de l’EFPA d’annoncer
pratiquer la psychothérapie avec le seul certificat « de base » EuroPsy. Jus-
qu’à ce que le « texte EuroPsy de base » soit modifié pour dire le contraire
(et il faudra prévoir alors [des mesures transitoires,] une « clause de grand-
père » spécifique), « la pratique de la psychothérapie » et l’annonce de celle-
ci restent en tous points légitimes et conformes au « texte EuroPsy de
base » en faisant état du seul certificat « de base » EuroPsy. Cf. section 4 de
l’article ci-avant. >>

Bien entendu, l’EFPA n’a ni la volonté ni les moyens de s’opposer à ce que des psy-
chologues qui n’ont pas son label pratiquent la psychothérapie.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— De quel « label » le président du CoFraDeC parle-t-il donc là : du « label » de
base, ou du « label » spécifique en psychothérapie ? Cf. point de commen-
taire immédiatement précédent. >>

En l’occurrence ce qui est important c’est que le label de l’EFPA corresponde à une
formation de haut niveau et non au rabais comme dans le cas du label de l’EAP.

5. — Sur la « clause du grand-père »

Il faut reconnaître qu’il y a eu un certain flottement dans les divers textes se référant
à EuroPsy quant à la durée d’application des mesures provisoires, souvent appelées
clause du grand-père. Attendons le texte définitif, mais celui-ci prévoira évidemment
que tout psychologue ayant une expérience professionnelle suffisante puisse en bé-
— 56/67 — Addition 3 (18 p.) —

néficier s’il le souhaite, ou en d’autres termes il n’y aura pas d’ancienneté du diplô-
me pour laquelle il serait impossible à vie d’avoir la certification.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Dont acte. Ce point correspond dans l’article ci-avant à la section por-
tant le même numéro 5. [Avec le premier paragraphe relatif au « pouvoir
professionnel » dans la réponse, il s’agit de l’unique passage dans lequel
dans ses « Réponses » le président du CoFraDeC expose un accord quant
aux propos de l’article ci-avant, sans faire d’erreur à ce sujet.] >>

6. — Sur les rapports entre psychologie et


psychanalyse

Cette question est envisagée de deux manières : d’une part la place de la théorie
psychanalytique ou de la discipline psychanalyse par rapport à la discipline psycho-
logie, et la manière dont EuroPsy traite la question, d’autre part la place de la prati-
que psychanalytique dans l’activité professionnelle du psychologue.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Sur tous les points non commentés dans ce point 6, cf. entière IIe partie
de l’article ci-avant. >>

Le premier point est le plus complexe. À un premier niveau, on peut choisir de


considérer la psychanalyse comme une discipline, débouchant sur une profession.
C’est en quelque sorte ce qu’a fait le législateur français en décidant que pour être
psychothérapeute, il fallait être soit psychiatre, soit psychologue, soit psychanalyste.
Alors, les deux disciplines sont indépendantes, et dans un cursus de psychologie on
peut enseigner de la psychanalyse, comme on peut aussi enseigner de la sociologie
ou de la linguistique. Réciproquement, dans un cursus de psychanalyse, on peut en-
seigner de la psychologie.

On peut également choisir de considérer que la psychanalyse est une théorie parmi
d’autres en psychologie, théorie dont le domaine d’application privilégié est la psy-
chopathologie, et la méthode par excellence la psychologie clinique. Dans ce se-
cond cas, il est historiquement démontré que la psychanalyse est l’une des princi-
pales théories de ce champ. Par conséquent, un enseignement de licence de psy-
chologie compatible avec le modèle EuroPsy doit normalement comporter des en-
seignements de psychanalyse.

Le premier point de vue est mis en pratique dans le master recherche de psychana-
lyse de Paris VIII. Le second est mis en pratique dans l’immense majorité des UFR
de psychologie. Que les membres du CoFraDeC EuroPsy soient à titre personnel fa-
vorables ou défavorables à la psychanalyse n’a rien à faire là dedans : ils doivent re-
connaître ces réalités. Il n’est donc pas besoin pour les en convaincre d’aller distor-
dre complètement le sens du texte EuroPsy pour faire reconnaître ces évidences.

Il est parfaitement exact que le texte de base d’EuroPsy utilise abondamment le


concept de théorie. Par contre la phrase : « La « psychologie cognitive » est qualifiée
de « théorie », et plus précisément de « théorie explicative » est fausse. Nulle part, la
psychologie cognitive (ou pour prendre d’autres exemples du tableau 1 la psycholo-
— 57/67 — Addition 3 (18 p.) —

gie générale, la psychologie sociale ou la psychopathologie ne sont qualifiées de


théories. D’ailleurs, la seconde colonne du tableau 1 où ces domaines de la psycho-
logie sont listés ne décrit pas des théories et n’est pas intitulée « théories ».

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Selon son bon plaisir que nous retrouvons là, le président du CoFraDeC
dans un tableau à double entrée lit les en-têtes de colonnes… mais pas les
en-têtes des lignes, qui présentent les matières de la formation comme
« théories explicatives ». S’agissant de distordre complètement le sens du
texte EuroPsy, l’on peut toujours compter sur le bon plaisir du président
du CoFraDeC : ce n’est même plus ici de la distorsion, c’est de l’oblitérati-
on. >>

Mais comme cette interprétation erronée du tableau 1 est destinée à justifier la de-
mande qu’il soit fait référence à la psychanalyse dans le texte EuroPsy ou dans une
sorte d’annexe française à ce texte, ou dans une déclaration du CoFraDeC EuroPsy,
apportons les précisions suivantes :
a. — Aucune théorie n’est citée dans le texte EuroPsy, …/…

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— C’est faux. Cf. « commentaire de la réponse » immédiatement précé-
dent. >>

…/… mais ce texte invite à ce que les principales théories soient enseignées. La
psychanalyse doit donc logiquement l’être.
b. — Le CoFraDeC EuroPsy a déclaré dès sa première réunion qu’il souhaitait favoriser
la pluralité des approches. Il me semble que l’on ne peut parler de pluralité des prin-
cipales approches en psychologie, et plus précisément en psychopathologie en
France en 2009 sans inclure la psychanalyse.
c. — Il faudra donc juger le CoFraDeC EuroPsy aux actes, c’est-à-dire aux décisions
d’accréditation qu’il prendra et aux justifications qu’il fournira à d’éventuels refus
d’accréditation. Refuser d’attendre ces décisions du CoFraDeC EuroPsy est faire un
procès d’intentions.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Cf. Commentaire précédent. « Attendre les décisions du CoFraDeC » est
sans intérêt dans une discussion sur les principes, et non sur le bon plaisir
du président et du CoFraDeC. Le président du CoFraDeC là encore ne com-
prend pas la distinction entre les principes et le bon plaisir. Il vaut mieux ne
pas formuler ceci sous forme interrogative, ce serait seulement un procès
d’intention. >>

L’autre aspect est celui de la pratique professionnelle, puisque Monsieur Dupond


Muzart pose la question : « Autrement dit, pour EuroPsy, l’activité de psychanalyste
reconnue par la législation française fait-elle, oui ou non, partie de l’activité profes-
sionnelle de psychologue soumise à la réglementation privée EuroPsy ». À mon sens,
la réponse à cette question n’appartient pas au CoFraDeC EuroPsy, mais au psycho-
logue lui-même : s’il considère qu’il exerce deux métiers : psychanalyste et psycho-
logue, il fera le décompte de ses heures d’activité de psychologue en en excluant sa
pratique psychanalytique. S’il considère qu’il exerce un seul métier : psychologue, et
— 58/67 — Addition 3 (18 p.) —

qu’il a dans sa pratique une référence théorique de son choix : la psychanalyse, il


décomptera toutes ses heures. La position éthique du CoFraDeC EuroPsy lui interdit
d’aller y voir de plus près. Mais le voudrait-il que je ne vois pas comment il en aurait
les moyens.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le commentateur souligne l’insinuation à propos de l’activité de psy-
chanalyse, résidant dans les termes « aller y voir de plus près ». Que s’agi-
rait-il donc d’« aller y voir de plus près » ? Et que cette énigmatique « posi-
tion éthique du CoFraDeC » ne nous est-elle expliquée ? De quoi s’agit-il
donc ? Il s’agit précisément pour le président du CoFraDeC d’éluder de tel-
les explications.
— Selon son bon plaisir que l’on retrouve une nouvelle fois, le président du
CoFraDeC omet entièrement de répondre (dont acte) aux deux sections sui-
vantes essentielles de l’article ci-avant, et les élude par la prétendue « posi-
tion éthique du CoFraDeC EuroPsy (qui) lui interdit d’aller y voir de plus près,
mais le voudrait-il que je ne vois pas comment il en aurait les moyens ».
— Sections de l’article ci-avant entièrement éludées :
8. — Sur l’enjeu tenant aux « codes de déontologie » : la pratique et EuroPsy, et
la psychanalyse
9. — Sur l’annexe III du « texte EuroPsy » : « compétence et profilage des com-
pétences », & l’annexe IV, « pratique supervisée », et la psychanalyse. >>

Conclusion

L’analyse des textes par un juriste présente aux yeux du profane un très grand inté-
rêt, car ce dernier sait ainsi situer précisément certaines de ses faiblesses, et peut
éventuellement y remédier.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— En considération de tous les points de « Réponses » commentés, cette
phrase du président du CoFraDeC est pure pétition de principe (pour une
fois qu’il s’agit de principe sous sa plume), qui ne correspond à aucune
manifestation concrète (sauf s’agissant du point 5). 36 >>

36 — NOTE AU 20091006 — L’on peut aussi comprendre les « choses » différemment. Dans le cadre
du « pouvoir professionnel » du “bon plaisir” anti-démocratique car anti-juridique, le “potentat”
n’est intéressé et est effectivement intéressé par « l’analyse des textes par un juriste » que pour
mieux rédiger ce qu’il va opposer aux autres : « ce dernier [le prétendu « profane » “professionnel du
pouvoir”] sait ainsi situer précisément certaines de ses faiblesses ». Tandis que les textes ne devront
jamais lui être opposés, ainsi qu’il a été exposé en 1re note en introduction de l’article, reprise en
1re page de la présente Addition 3, et ce sous peine de lamentations (pour le moins, et pire) tenant
à « procès d’intentions ». Car le “potentat” se réserve toutes sortes d’« analyses » de nature discré-
tionnaire contre celles juridiques qui lui seraient opposées à propos des actes qu’il reconnaît
pourtant en pure perte comme juridiques, comme la suite immédiate de la réponse commentée ici
le montre à l’envi. Il conviendrait dès lors par la suite de parler en termes de « potentat pro-
fessionnel » pour mieux qualifier le « pouvoir professionnel », et aussi d’« ordre EuroPsy »
(cf. section 3 de l’article ci-avant, et point 3 dans la présente réponse commentée), et selon pré-
férence par raccourci de « potentat EuroPsy », puisque le président du CoFraDeC tient ab-
solument au terme « pouvoir », n’évoque jamais ses devoirs et ne s’en reconnaît aucun
(car il n’en a pas, il n’a que des « bonnes intentions »), et renvoie toute responsabilité sur
la lointaine EFPA devant les juridictions belges (dans ces conditions, le potentat est même
…/…
— 59/67 — Addition 3 (18 p.) —

Cet intérêt trouve aussi ses limites dans la manière très différente dont chacun fait
ses analyses. Le droit n’est pas tout, et le droit n’est pas l’étalon permettant la me-
sure de tout.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Même les juristes peuvent employer le terme « dénégation ». Le droit
n’est pas tout, et réciproquement le tout n’est pas droit. Et à propos, que
serait donc la « mesure de tout » par « étalon » : le bon plaisir, sans doute. >>

Dans ces conditions, il y a toujours un grand danger à passer du droit à l’analyse


des intentions de l’auteur d’un texte, en particulier quand celui-ci n’est pas juriste.
C’est pourquoi je conclurai en me répétant : ce qu’il faudra voir dans EuroPsy, c’est
la manière dont il sera appliqué, et partout en Europe, et en particulier en France.
Entre le droit et le fait, c’est bien souvent le fait qui l’emporte, et le droit ne fait que
suivre. Partir des faits est donc le meilleur moyen d’éviter les procès d’intentions.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Le droit consiste précisément la plupart du temps à analyser les inten-
tions de l’auteur ou des auteurs de textes-actes juridiques, c’est-à-dire
conçus pour des effets de droit, comme les contrats et le « texte EuroPsy »,
spécialement quand les auteurs ne sont pas juristes. En prétendant qu’il y
aurait là un « grand danger », le président du CoFraDeC montre encore une
fois qu’il n’a strictement rien compris à la notion même de droit, plus préci-
sément qu’il refuse la notion même de droit, tout en s’en parant de simula-
cres selon son bon plaisir.
— L’on trouve donc en conclusion le bouquet final du « bon plaisir », du fait
accompli « qui l’emporte », de la voie de fait, contre les textes-actes juridi-
ques qui n’ont plus qu’une fonction de simulacre. Dont acte. Et cf. le pre-
mier des présents commentaires de « Réponses ».
— L’absence de réponse explicite aux sections 8 et 9 de l’article est la ma-
nifestation concrète du refus 37 d’exercer, à propos de la psychanalyse

de “droit divin”… belge) (cf. point 1 de la présente réponse commentée). Dans ces conditions
remarquablement cohérentes de réussite assurée il s’avérerait préférable que le système Eu-
roPsy soit mis en œuvre par un véritable ordre professionnel, comme en Italie, ou son équivalent
en Espagne, comme il a été évoqué ci-avant dans la présente Addition 3, puisque c’est le prési-
dent du CoFraDeC lui-même qui l’évoquait s’agissant de l’Italie. — Mais cf. Addition 5, il semble
que les co-présidents de la FFPP aient mieux les pieds sur terre : il faut prendre en consi-
dération leur réponse même partielle du 28 septembre 2009 au présent article et ses Ad-
ditions 1à 4 ; en voici l’élément principal : « Nous avons pris note de vos commentaires sur Eu-
roPsy avec une grande attention, et vous remercions de cette lecture précise et étayée concernant les
statuts. Nous ne manquerons pas d’examiner cette situation lors d’un prochain Conseil d’Administrati-
on Fédéral qui décidera d’éventuelles modifications. » — la réponse comporte aussi la mention « cette
attention ne saurait cautionner les modalités de mise en cause de R. Lécuyer » ; cependant celui-ci se
met bien assez en cause lui-même selon les pires modalités, le commentaire ne l’exposant que pour
les lecteurs les moins avisés. — Cf. par surcroît Addition 6.
37 — NOTE AU 20090926 (Note répétée, reprise de Partie II de l’article ci-avant.) — Voir pourtant la
mention suivante issue du site du CoFraDeC, « Actualités » – http://tinyurl.com/mdmbzj – sous le titre
« Nouvelles d’EuroPsy » l’on trouve (il s’agit d’un texte présent sur le site au 20090901) : « Le 17 janvier
s’est tenue à Bruxelles une réunion européenne sur la mise en œuvre d’EuroPsy dans les différents pays
membres de l’EFPA. À cette réunion assistaient le comité exécutif de l’EFPA, le groupe de pilotage
d’EuroPsy, et les représentants de 30 des 34 organisations nationales membres de l’EFPA. / (…) Un travail
…/…
— 60/67 — Addition 3 (18 p.) —

comme activité de psychologues, les compétences prévues à l’article 17


du « texte EuroPsy » à la lumière des réservations que présentent les an-
nexes, lesquelles compétences ne sont d’ailleurs pas reprises à l’article 23
des statuts de la FFPP, en infraction au « texte EuroPsy » (cf. article ci-avant,
section 1).
— Au point où le président du CoFraDeC pousse le refus de la notion même
de droit tout en s’en parant de simulacres, ne fait que pratiquer le bon plai-
sir, et choisit ce qu’il élude, le tout manifestant sa conception du « pouvoir
professionnel » qu’il appelle de ses vœux et qu’il pense « pouvoir » incarner,
il serait étonnant que la suite de ses propos et aussi de ses activités mani-
feste une quelconque résipiscence.
— Pour autant, l’auteur de l’article et des présents commentaires reste
convaincu que la conception ainsi caractérisée du « pouvoir professionnel »
par le président du CoFraDeC a de beaux jours devant elle. Le président du
CoFraDeC devrait dans ce cadre s’habituer en homme de « pouvoir profes-
sionnel » a être critiqué pour sa destruction systématique de la notion de
droit, tout en s’en parant de simulacres. Il semble qu’il n’y ait à vérifier
dans la suite guère que ce point de meilleure habitude à acquérir par le
« pouvoir professionnel » du président du CoFraDeC. Ou bien serait-ce au
dessus de son « pouvoir » ? >>

>>

Rappel : pour le texte original de « Réponses » sans intercalations de commentaires,


cf. Addition 2 ci-avant.
∽∽∽≈≈❃≈≈∼∼∼

de groupe a (…) été fait autour de chacun des six pays qui appliquent actuellement EuroPsy à titre expéri-
mental. (…). [Ce travail] a également montré la nécessité d’adapter le projet aux spécificités histori-
ques, légales, organisationnelles, et conceptuelles de chaque pays : chaque pays est une exception
(…) ».
— 61/67 — Addition 4 (2 p.) —

∽∽∽≈≈❃≈≈∼∼∼

ADDITION 4 — 20090925
• RÉPONSE (8 LIGNES) DU PRÉSIDENT DU « COFRADEC EUROPSY »
AU COMMENTAIRE DU 20090924 DE SA RÉPONSE DU 20090921
ET COMMENTAIRE

Roger Lécuyer,
président du CoFraDeC EuroPsy,
ayant reçu l’article et ses additions dans leur état au 24 septembre 2009,
en ce compris additions 1 à 3 et leurs notes selon dates,
écrit le 25 septembre 2009,
et François-R. Dupond Muzart commente

<<

J’ai lu avec attention vos « commentaires » sur mes réponses. Après l’argumentation,
vous aviez été contraint pour rester sur vos positions aux procès d’intentions. Une
fois de plus vous n’en êtes pas avare, mais vous franchissez un nouveau pas, en
ayant recours de manière préalable au dénigrement de la personne, censée n’agir
qu’en fonction de son « bon plaisir ». Pour le démocrate que je suis, vous êtes donc
passé à l’insulte. / Je déplore qu’une discussion de principe sur un sujet aussi im-
portant tourne à l’insulte, et refusant de vous suivre sur ce terrain, je cesse de discu-
ter avec vous.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Si tel est le bon plaisir du président du CoFraDeC EuroPsy de se déclarer
ami de la démocratie 38 , et en même temps du droit et de la psychanalyse,
sans doute — quoique sur ces deux derniers points il ne s’agit là à ce pro-
pos que de procès d’intention 39 . Tous les propos en réponse et leurs lacu-

38 — NOTE AU 20090926 — Cf. dernier paragraphe de section 11 de l’article ci-avant, resté sans ré-
ponse comme bien d’autres. — NOTE AU 20091006 : Cf. par surcroît Addition 6.
39 — NOTE AU 20090927 — (Note répétée de l’introduction de l’article et de celle de l’Addition 3 : ) Il
aura paru manifeste au lecteur de l’article que le « texte EuroPsy » et ceux qui en sont ti-
rés ont été rédigés sans la consultation d’aucun juriste, ce qui paraît extraordinaire s’agis-
sant d’un système dont la nature juridique de contrat n’est pas contestée, conçu à l’échelle de
l’Europe par l’EFPA-FEAP, « European federation of psychologists’ associations, Fédération européen-
ne d’associations de psychologues » – http://www.efpa.eu/ – avec les moyens que l’on peut suppo-
ser dont dispose une telle organisation. — Cf. ci-avant Addition 3, dont voici un résumé. —
Mieux encore, à supposer même que des juristes aient été consultés en vue de la conception du
système EuroPsy, ces consultations n’auraient pas transpiré, puisque le président du CoFraDeC
EuroPsy “croit” pouvoir faire valoir une analyse des textes du système EuroPsy “indépendante du
droit”. Et ceci qui plus est en vertu d’un « pouvoir professionnel » conférant dans son esprit l’im-
munité juridique. Car avec bien entendu pour effet que les textes dont il est responsable de
l’application ont vocation à être opposés par lui aux autres, mais ne doivent selon lui, dans un es-
prit anti-juridique et donc anti-démocratique, réciproquement pas lui être opposés à lui-même —
puisque les lui opposer dans ses fonctions entraîne ses lamentations personnelles tenant à « pro-
cès d’intentions ». Le président initial du CoFraDeC EuroPsy ne distingue donc pas sa personne de
ses fonctions, et rend ainsi lui-même impossible cette distinction en commentaire de ses propos
…/…
— 62/67 — Addition 4 (2 p.) —

nes du président initial 40 du CoFraDeC EuroPsy assurant le lancement du


système EuroPsy en France sont décidément essentiels à considérer pour
la compréhension nécessaire des « principes » de l’opération. [Par surcroît
cf. Addition 6 ci-après.] >>

>>
∽∽∽≈≈❃≈≈∼∼∼

mélangés (la présente Addition 4, et l’Addition 3), pour ne mieux que s’en plaindre ensuite par ré-
pétition de lamentations plus révélatrices à chaque fois. — Sur l’aspect relatif à démocratie, cf.
aussi ci-avant section 11 de l’article, dernier paragraphe, resté sans réponse comme bien d’autres
points significatifs. — Dans ces conditions résumées la publication d’une analyse juridique
la plus complète possible s’impose, nonobstant lesdites lamentations tenant à « procès
d’intentions », et pour cette raison même. — NOTE AU 20090928 : Il faut cependant prendre en
considération la réponse même partielle du 28 septembre 2009 des co-présidents de la
FFPP au présent article et ses Additions 3 et 4 ; cf. Addition 5, dont voici l’élément princi-
pal : « Nous avons pris note de vos commentaires sur EuroPsy avec une grande attention, et vous re-
mercions de cette lecture précise et étayée concernant les statuts. Nous ne manquerons pas d’exami-
ner cette situation lors d’un prochain Conseil d’Administration Fédéral qui décidera d’éventuelles mo-
difications. » — la réponse comporte aussi la mention « cette attention ne saurait cautionner les mo-
dalités de mise en cause de R. Lécuyer » ; cependant celui-ci se met bien assez en cause lui-même
selon les pires modalités, le commentaire ne l’exposant que pour les lecteurs les moins avisés. —
NOTE AU 20091006 : Cf. par surcroît Addition 6.
40 — NOTE AU 20090930 — Roger Lécuyer est professeur émérite de psychologie du développement,
université Paris 5 ; il est président initial du « CoFraDeC EuroPsy », « Comité français de délivrance de
la certification EuroPsy » – http://tinyurl.com/kumvzu – il est aussi membre 2007-2011 du Conseil exé-
cutif de la FEAP-EFPA European federation of psychologists’ association – http://tinyurl.com/qygnc9 –
dont dépend le système « EuroPsy ». Il a été le secrétaire général initial de la FFPP élu le 25 janvier
2003, puis président jusqu’à l’automne 2008, précédant les actuels co-présidents.
— 63/67 — Addition 5 (1 p.) —

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ADDITION 5 — 20090928
• RÉPONSE DES CO-PRÉSIDENTS DE LA FFPP
ET COMMENTAIRE

Brigitte Guinot et Benoît Schneider,


co-présidents de la FFPP,
ayant reçu l’article et ses additions dans leur état au 25 septembre 2009,
en ce compris additions 3 et 4 et leurs notes selon dates,
écrivent le 28 septembre 2009,
et François-R. Dupond Muzart commente

<<

Nous avons pris note de vos commentaires sur EuroPsy avec une grande attention,
et vous remercions de cette lecture précise et étayée concernant les statuts. Nous
ne manquerons pas d’examiner cette situation lors d’un prochain Conseil d’Admi-
nistration Fédéral qui décidera d’éventuelles modifications.
Cette attention ne saurait cautionner les modalités de mise en cause de R. Lécuyer,
mais nous nous abstiendrons de commentaires supplémentaires sur ce point.

<< COMMENTAIRE DE LA RÉPONSE :


— Il s’agit d’une réponse partielle bienvenue, contraire à celles du prési-
dent du CoFraDeC puisque les co-présidents de la FFPP annoncent leur in-
térêt pour une mise en cohérence des statuts avec le « texte EuroPsy »,
pour fonder correctement les pratiques de la FFPP et de sa commission Co-
FraDeC, et peut-être les droits des psychologues concernés par le système
EuroPsy. Toutefois il n’est pas fait état de projet précis de modification des
statuts, au sens évoqué en section 11 de l’article ci-avant, et ces modifica-
tions sont même dites « éventuelles ». Cependant la réponse reste bienve-
nue.
— Et même compte tenu de l’intervention implicite des co-présidents de
la FFPP en faveur du président du CoFraDeC, quelques passages de com-
mentaires en Addition 3 ci-avant ont été supprimés [quoique des notes
aient été réciproquement ajoutées]. Sans que ces suppressions portent
sur les mentions par lesquelles R. Lécuyer motive sa réponse en date du
20090925 (ci-avant, Addition 4) ; au contraire, puisqu’une note du 20090927
a été entre-temps ajoutée en première page de l’introduction de l’article, et
reprise au début d’Addition 3 et d’Addition 4, pour résumer les points moti-
vant ladite réponse en date du 20090925.
— Et cependant le président du CoFraDeC se met bien assez en cause lui-
même selon les pires modalités, le commentaire ne l’exposant que pour les
lecteurs les moins avisés. [Cf. par surcroît Addition 6.] >>

>>

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— 64/67 — Addition 6 (3 p.) —

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ADDITION 6 — 20091006
• LE POUVOIR PROFESSIONNEL
COMME POTENTAT PROFESSIONNEL

« … ce qui est en jeu est tout simplement un principe fondamental de démocratie :


celui de la séparation des pouvoirs. Les démocraties modernes n’en sont pas res-
tées aux trois pouvoirs de Montesquieu et la complexification considérable des so-
ciétés depuis cette époque incite les pouvoirs démocratiques à prendre en compte
les formes d’organisations diverses des pouvoirs et singulièrement les pouvoirs pro-
fessionnels, fondés sur les compétences professionnelles. »
— Roger Lécuyer, « Ordre ou pas ordre des psychologues : y a-t-il une alternative ? »,
Le Journal des psychologues, nº 244 février 2007, p. 13.

Postérieurement à la confection du présent article et de ses additions jusqu’à la cin-


quième, la découverte de l’article dont citation ci-dessus s’avère très utile.

Est-il utile de développer, comme il a déjà été dit peut-être pas pour tous les lec-
teurs. Un effort en ce sens sera cependant encore une fois ici consenti.

Il faut d’abord reconnaître à Roger Lécuyer une cohérence étonnante de tous ses
propos de président du « CoFraDeC EuroPsy » avec la citation ci-dessus, dans les
moindres détails. Il s’agit d’une mise en œuvre méthodique, complète, admirable.

La citation ci-dessus, que l’on pourrait avec trop de légèreté prendre pour une fan-
taisie philosophante sans intérêt et sans conséquence de la personne de R. Lécuy-
er, présente en réalité ce qui est devenu le programme politique officiel du « CoFra-
DeC EuroPsy » mis en œuvre dans ses fonctions de président par la personne en
question. Le lecteur en aura retrouvé tous les éléments dans l’article et surtout les
notes et les additions qui précèdent.

Mais tout d’abord, la « séparation des pouvoirs », qui forme sous ces termes une thè-
se de Montesquieu 41 , n’est en rien une invention de celui-ci : il a simplement illustré
ce thème, comme Locke avant lui. Puis, ce thème ne correspond en rien à une épo-
que particulière, que la « modernité » de nos démocraties aurait dépassée, sauf si
l’on entend par là l’abandon de la conception aristocratique de la séparation de
pouvoirs par Montesquieu.

Car il ne s’agit pas de « séparer » n’importe quels pouvoirs, ou plutôt fonctions : il


s’agit d’identifier, pour les dire à séparer, ou plutôt articuler, les seuls pouvoirs-fonc-
tions dont cette séparation-articulation est nécessaire et essentielle à ce que l’on

41 — NOTE AU 20091006 — « Tout serait perdu si le même homme, ou le même corps des principaux, ou
des nobles, ou du peuple, exerçait les trois pouvoirs : celui de faire des loix, celui d’exécuter les résolutions
publiques et celui de juger les crises ou les différens des particuliers. » – Montesquieu, De l’Esprit des
loix, 1748 – http://tinyurl.com/yg4zv9y
— 65/67 — Addition 6 (3 p.) —

désigne comme « les droits de l’homme » déclarés. C’est ainsi que par soustraction
des abus tenant à confusions contre les droits de l’homme déclarés, les pouvoirs-
fonctions sont déterminés et « constitués » et surtout en cela maintenus à trois. Une
fois cette opération faite, il reste à articuler ces pouvoirs-fonctions, par illustration de
ce qui peut être « déclaré » des droits de l’homme par ce qui se présente comme des
compromis entre l’intérêt individuel ou privé et l’intérêt général ou public. Les pou-
voirs-fonctions doivent être définis de telle sorte que les droits de l’homme déclarés
soient effectifs 42 .

Par suite, la détermination des fonctions ainsi constituées se « diffuse » lentement


dans la « société », lorsque par exemple des associations ou partis politiques, com-
me récemment, instaurent en leur sein ces mêmes trois fonctions, en les séparant-
articulant, dans le respect et par transposition explicites des pouvoirs-fonctions pu-
blics.

Mais voilà que les élucubrations de la personne de R. Lécuyer, devenues politique


officielle du « CoFraDeC EuroPsy » avec sa présidence, balayent tout cela. Il s’y agit,
en « ignorant » le fondement des pouvoirs-fonctions sur les droits de l’homme décla-
rés, de prétendre à la « séparation » de n’importe quel « pouvoir », par exemple « pro-
fessionnel fondé sur les compétences professionnelles » (il faut d’ailleurs admirer la
tautologie « significative »). Le critère essentiel de fondement sur les droits de l’hom-
me déclarés est bafoué, ou bien l’on doit conclure que le « pouvoir professionnel »
devient un nouveau « droit de l’homme », chose étonnante. Mais ce n’est pas du tout
cela qu’énonce la personne en question : cette personne « ignore » tout simplement
que le principe fondamental de démocratie : celui de la séparation des pouvoirs re-
pose et s’articule sur la déclaration de droits de l’homme. Cette personne n’affirme
bien entendu pas, quoique l’on puisse s’attendre à tout, que le « pouvoir profession-
nel » serait un droit de l’homme qui serait alors à « déclarer ». Cela ne lui importe pas
du tout : la « séparation » des pouvoirs les plus divers est pour cette personne un but
en soi, détaché de tout critère tenant aux droits de l’homme.

La pensée de « séparation des pouvoirs » pour une telle personne devient dès lors un
gadget funeste au service de son aspiration au pouvoir qu’elle promeut, ici « profes-
sionnel », dans le refus de transposition, dans l’institution qu’elle dirige, des vérita-
bles principes publics de séparation-articulation des pouvoirs-fonctions 43 , en ce

42 — NOTE AU 20091006 — Ceci est soit implicite, comme dans la Convention de sauvegarde des
Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales européenne – http://tinyurl.com/yl5gja8 –, spéci-
alement s’agissant de l’indépendance juridictionnelle, soit explicite, comme dans l’article 16 de la
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 française – http://tinyurl.com/dctb3t – à la-
quelle renvoie le préambule de la Constitution de 1958 et d’application directe. — Il s’agit là de
« droit positif », et point de « philosophie ».
43 — NOTE AU 20091006 — Pourtant dans un article non daté mais portant la date d’enregistrement de
Pdf au 24 septembre 2006, et titré « Pourquoi des organisations qui ont crée la FFPP n’en sont-elles pas
membres ? » – http://tinyurl.com/yd6lfqu –, Roger Lécuyer écrit, p. 7 : « La commission statuts mise en
place à la réunion du 19 octobre 2002 rend sa première version le 12 novembre. C’est désormais sur ces
statuts que se font les discussions (…). Si l’on compare ce projet initial à ce que sont actuellement les sta-
tuts de la FFPP, deux différences notables apparaissent. D’une part (…) ; d’autre part, le projet initial pré-
voyait une séparation des pouvoirs entre instances législatives (congrès, CAF), exécutive (BF) et de contrôle
(commission de régulation). Les changements sont allés, sur pression des partisans de la fédération faible,
dans le sens d’un contrôle total du CAF sur les deux autres pouvoirs. ». — R. Lécuyer, jusqu’en septem-
bre 2006, n’ignorait pas en quoi consiste la « séparation des pouvoirs » en ce qu’elle se limite à trois,
…/…
— 66/67 — Addition 6 (3 p.) —

que ceci suppose le respect des textes fondant ces institutions et leurs activités
— cf. note en première page d’introduction de l’article ci-avant, et Addition 3, en
particulier point 1. Cette personne ne « voit » pas que lesdits pouvoirs publics sont
constitués comme des fonctions de ce qui forme un tout en tant qu’articulé sur les
droits de l’homme déclarés. Elle ne perçoit que l’aspect de « pouvoir », non celui de
« fonction », et, sous couvert d’élucubrations, énonce simplement « moi aussi, j’en
veux ».

C’est pourquoi pour mieux caractériser son expression « pouvoir professionnel », il


faut parler de « pouvoir comme profession », de pouvoir pour le pouvoir et dès lors
de « potentat professionnel », détruisant le droit à la racine, notamment celle des
droits de l’homme déclarés. C’est pour autant ce qui est devenu la politique officielle
du « CoFraDeC EuroPsy » sous la présidence de la personne en question, qui ne fait
que reprendre lorsqu’elle s’exprime dans cette responsabilité ses élucubrations phi-
losophantes précitées, et rien d’autre, dans le détail de ses déclarations qui s’en
inspirent avec une logique cohérente admirable.

Notamment, une telle personne ne peut pas accepter que l’on lui oppose dans ses
fonctions les textes qui fondent celles-ci — cf. note en première page de l’introduc-
tion de l’article ci-avant, et Addition 3 —, pas plus qu’elle ne s’intéresse au fonde-
ment dans les droits de l’homme déclarés du principe fondamental de démocratie :
celui de la séparation des pouvoirs. Dans ces conditions sous sa plume la revendi-
cation d’« être un démocrate » est une parodie — cf. Addition 4.

Le « CoFraDeC EuroPsy » est dès lors déconsidéré comme institution par la prési-
dence par une telle personne de ce comité.

Les institutions concernées devraient selon la logique la plus courante prendre la


« défense » de leur « membre si éminent » mis en cause par ses propres déclarations
ici exposées : en ce sens, l’effort fait ici pour le lecteur ne pourra que bénéficier à la
personne en question, et pas au sens de sa résipiscence.

Enfin, l’on comprend que le refus du président du « CoFraDeC EuroPsy » de répondre,


autrement que par des insinuations, aux sections 8 et 9 de l’article ci-avant, concer-
nant la place de l’activité de psychanalyse dans les prévisions du « texte EuroPsy »,
n’est qu’une partie d’un tout. Pour rappel, les insinuations en question tiennent s’a-
gissant de l’activité de psychanalyse à prétendue « position éthique du CoFraDeC Eu-
roPsy (qui) lui interdit d’aller y voir de plus près, mais le voudrait-il que je ne vois pas
comment il en aurait les moyens ». Cf. Addition 3, fin du point 6. Mais compte tenu
de la citation ici commentée, le « problème » est bien plus large, quoique l’on puisse
dire qu’il était déjà pressenti dans l’article ci-avant, et mieux entre-temps dans les
additions à celui-ci, commentaires dans celles-ci, et notes.

et peut être transposée dans des institutions associatives – à supposer d’en respecter les textes. En
février 2007, donc cinq mois plus tard, époque de l’article dont citation commentée dans la présente
addition, R. Lécuyer “ne sait plus” en quoi consiste la « séparation des pouvoirs » : on ne peut cepen-
dant pas dire qu’il est en pleine confusion, puisqu’il veut voir partout des pouvoirs divers séparés
concurrents des trois pouvoirs constitués, « et singulièrement les pouvoirs professionnels, fondés sur les
compétences professionnelles ».
— 67/67 — Fin et suite (1 p.) —

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Les mises à jour successives du présent article par notes de bas de page et « ad-
ditions » nouvelles reprenant notamment les notes nouvelles seront disponibles à
l’adresse suivante, avec au début du nom de fichier-document date au format
« 20090901 » :
http://tinyurl.com/europsy
avec éventuelles autres annexes sur site du SNP – http://tinyurl.com/europsysnp

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http://www.europsy.fr/

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