Vous êtes sur la page 1sur 8

A l'attention de,

André Lucas, Conseiller Général du canton de Plestin,


Joël Lejeune, Président de Lannion Trégor Agglomération
Christian Marquet, Vice-président LTA en charge du développement
économique,
Jean-Yves Menou, Vice président LTA en charge de l'environnement,
François Bourriot, Vice Président LTA en charge du tourisme,
Jean-Claude Lamandé, Vice Président LTA en charge de la politique de
l'eau,

Le 28 Septembre 2009

Il y a quelques mois, les élus des communes de Saint-Michel en


Grève et de Tréduder se sont élevés (encore diront certains …) contre le
programme quinquennal proposé par le comité de bassin versant de la
Lieue de Grève, le jugeant trop tiède. Depuis, de multiples
rebondissements ont mis les algues vertes, plus que jamais, sous les
projecteurs. De nombreux débats agitent aussi Lannion Trégor
Agglomération à propos du projet de pont en aval du Léguer. Ces débats
masquent selon nous, une question plus large qui concerne
l'avenir et le développement du sud du Trégor, de Ploulec'h à
Plouaret, en passant par Plestin. En effet, on peut constater avec
lucidité le déséquilibre qui existe entre le nord et le sud, au niveau
économique, démographique, touristique et même culturel et social. Cette
fracture, "à l'italienne" risque encore de s'étendre avec l'arrivée
inéluctable de Perros-Guirec dans la communauté d'agglomération de
Lannion. Un tel déséquilibre, patent depuis plusieurs années, n'est sain
pour personne et certainement pas pour le Nord du Trégor. On a d'ailleurs
pu le constater lorsque le département a décidé d'attribuer les
subventions non plus par commune mais via les EPCI, ce qui a tendance à
pénaliser les petites communes rurales du sud Trégor, qui auraient pu,
dans un tel contexte, être mieux dotées en étant associée en
communauté de communes, par exemple à l'échelle du canton de Plestin.
Pour toutes ces raisons nous proposons que la communauté
d'agglomération de Lannion se penche sur la "question du sud"
rapidement, avec les outils et un projet adaptés.

Essayons de proposer un diagnostic. Le sud du Trégor est


essentiellement tourné aujourd'hui vers deux activités :
l'agriculture et, pour quelques communes essentiellement littorales
(Plestin, Saint-Michel en Grève, Trédrez-Locquémeau auquel on peut
ajouter Lanvellec grâce au château de Rosanbo), vers le tourisme.
Quelques unes, plus au nord, bénéficient de leur proximité avec Lannion
pour attirer des actifs voire pour accueillir des zones commerciales et
d'activité, notamment Ploulec'h, Ploumilliau et Trédrez-Locquémeau. Ces
deux domaines d'activités, l'agriculture et le tourisme, sont aujourd'hui
intimement liés mais par la pire des relations qui soit : la pollution et les
algues vertes. Ces deux secteurs d'activités sont pourtant amenés
à être les piliers d'un potentiel développement du sud du Trégor
de notre point de vue. Ils vont donc devoir transformer cette relation
quelque peu conflictuelle et doivent même opérer une véritable révolution
pour devenir complémentaires et associés dans un projet économique plus
global. Il faut développer l'économie du sud pour que celui-ci ne soit pas
complètement dépendant des emplois du nord, dont la pérennité n'est,
malheureusement, pas non plus garantie. Nous pensons qu'il faut
envisager de sérieusement compléter et même réorienter la stratégie de
développement économique actuelle de l'agglomération de Lannion, qui
consiste à développer des zones commerciales à toutes les portes de
Lannion, sans que de nouvelles activités industrielles à forte valeur
ajoutée viennent soutenir l'emploi et sans lesquelles ces zones
commerciales n'ont malheureusement, selon nous, pas d'avenir. Il faut
doter le sud d'une vie économique réelle pour éviter que seules les
communes limitrophes de Lannion se développent (sous la forme de "cité
dortoires", ce qui entraîne un régime néfaste de "migration pendulaire"),
abandonnant les communes plus au sud à leur atonie démographique et
économique, et à leur vieillissement. Il faut changer l'image du sud du
Trégor et promouvoir un projet pour que ce territoire soit un territoire
dynamique, moderne et où il fait bon vivre et passer ses week-
ends ou ses vacances, en famille, dans un environnement
préservé. Ce territoire, peu développé aujourd'hui, pourrait devenir un
endroit où l'on cultive un certain "art de vivre" qui deviendrait son
label, Qui plus est, si on tient compte des hauts et des bas du "tourisme
balnéaire" en Bretagne et de l'industrie des télécoms en permanente
restructuration, il nous paraît hasardeux de "mettre tous nos œufs dans le
même panier".

Dans le domaine agricole, nous avions, de manière conjointe aux


communes de Tréduder et de Saint-Michel en Grève, initié une proposition
de programme pour le comité de bassin versant de la Lieue de Grève, qui
préconisait de donner une impulsion financière massive et décisive en
direction de la conversion des fermes vers l'agriculture biologique et les
systèmes herbagers. Cette économie doit, selon nous, se re-territorialiser
par des circuits courts soutenus par la demande des collectivités locales,
notamment au niveau des cantines scolaires, pour proposer un modèle
agricole économiquement viable et compatible avec notre
environnement exceptionnellement fragile. Le secteur du tourisme
ne doit pas être en reste et doit lui aussi participer à ce mouvement, en
soutenant la demande. Il semble qu'aujourd'hui le comité de bassin
versant fasse enfin un pas dans cette direction. Nous nous en félicitons et
nos communes sont prêtes à soutenir cette démarche, appelée de nos
vœux et soutenue par nous (le Panier Bio alimentant par exemple la
cantine de Saint-Michel en Grève) depuis longtemps. Cette démarche
suscite d'ailleurs l'intérêt de nombreux agriculteurs, souvent étranglés
financièrement dans le modèle productiviste actuel et démunis face à des
industriels de l'agroalimentaire, du secteur bancaire ou de la grande
distribution qui les essorent financièrement. Ce modèle, qui est
structurellement déficitaire, ne survie que par les subventions et qui est
en crise perpétuelle, n'est de toute façon pas viable sur la durée.
Proposons à nos agriculteurs un autre modèle, locale et solide
économiquement, et qui soit compatible avec notre environnement
particulièrement fragile ! La démarche vers l'agriculture biologique n'a pas
la prétention d'agir comme un coup de baguette magique, notamment sur
la question des algues vertes. Mais c'est la seule démarche qui, à l'heure
actuelle, comme nous l'écrivions dans notre document du 3 décembre
2008, est porteuse d'espoir, pour un Sud Trégor dont l'image est sinistrée
et pour les agriculteurs eux même. Elle est la seule viable
économiquement car elle s'appuie sur un label et sur des circuits courts
qui sont les seuls à même de permettre aux producteurs de gagner leur
vie par leur travail. Les mises aux normes et les changements de pratique
à dose homéopathique préconisés par le comité de Bassin Versant, ne
résoudront aucun des deux problèmes : économique et environnementale.
Comme nous l'indiquions déjà dans cette proposition, cette démarche doit
bien évidemment s'accompagner d'une politique foncière adaptée et
volontariste avec deux objectifs : préserver les zones les plus sensibles
(tout en développant la filière bois énergie et la sylviculture et pourquoi
pas une filière ameublement « haut de gamme » en créant les structures
nécessaires) et maintenir voire étendre les surfaces agricoles utiles (SAU)
nécessaires au développement d'une agriculture extensive (en
remplacement de l'agriculture intensive). Encore une fois, on peut
s'interroger sur la pertinence de consommer goulûment des hectares de
terres agricoles pour développer des zones commerciales aux portes de
Lannion alors que :
• Le tissu industriel (sur lequel repose toutes ces activités
commerciales) de la zone de pégase se fragilise et souffre d'une
faible diversification et d'un faible renouvellement
• Que notre environnement réclame un modèle agricole
extensif pour remplacer le modèle actuel
• Que la communauté d'agglomération lance en parallèle une
action pour re-dynamiser les centre-bourgs des communes

Tout ceci n'a pas vocation à revenir à l'agriculture d'hier mais plutôt
à construire l'agriculture de demain. Une agriculture moderne n'est pas
une agriculture chimique, ni une agriculture qui surproduit de la « bouffe »
destinée à l'industrie associée mais au contraire une agriculture qui saura
allier productivité et qualité, aménagement et respect de l'environnement
considéré avec ses particularités locales qu'il faudra comprendre et
analyser. Il faut pour développer l'agriculture biologique et la rendre
productive et efficace, œuvrer à son développement en créant les
structures de recherche en biologie, en agronomie biologique et en
botanique (voire même en mécanique adaptée pour remplacer la chimie),
pourquoi pas en association avec le centre de formation et de recherche
sur le sujet que nous évoquerons à nouveau plus loin.

Ce programme pour la reconquête de la qualité de l'eau et pour


donner vie à une agriculture moderne et dynamique ne saurait servir,
seul, de projet économique pour le sud du Trégor et il ne saurait d'ailleurs
atteindre pleinement ses objectifs sans la définition d'un plan de
développement économique plus global. Il faut créer les structures pour
soutenir cette agriculture mais aussi capitaliser sur cette démarche
pour créer un véritable label identifiant ce nouvel élan et par
extension, identifiant, à terme, ce territoire. Un tel label serait
partagé entre toutes les activités économiques pour marquer la
différence d'un territoire développant une agriculture saine et durable, des
énergies renouvelables et proposant un cadre idéal pour un éco-tourisme,
tourné vers les familles, les activités de plein air orientée "natures" ainsi
que vers les sports nautiques pour les communes riveraines de la Lieue de
Grève. Tous ces projets revitalisant l'attractivité du sud du Trégor pour des
personnes en recherche d'authenticité (comme par exemple au niveau de
l'éco-hameau de Tréduder).
La pyramide des âges sur cette zone reste notoirement
déséquilibrée et si les services à la personne représentent un
potentiel vivier d'emploi, ils ne sauraient servir à eux seuls de
projet de développement économique. Il faut donc se donner les
moyens de rajeunir la population du sud Trégor, par le développement
d'un réel projet économique (mais dans le respect de l'environnement),
pour en rétablir la pyramide des âges, le dynamisme, social et culturel, et
l'équilibre financier. La qualité de vie des personnes âgées ne s'en
trouvera qu'améliorée et la pérennité des finances publiques également
(problématique généralisable au département des Côtes d'Armor
dépositaires notamment de l'APA et du RSA).

Il nous faut aussi nous pencher sur les services publics et


notamment sur les domaines de l'enseignement scolaire et la santé.
Le gouvernement lance le projet EPEP donc chacun pressent qu'il
ne peut s'agir que d'une vaste opération comptable, permettant les
économies d'échelle et offrant la possibilité de supprimer des postes, des
classes et des écoles, et en aucun cas un projet pour les écoles et les
enfants. Pourquoi ne pas anticiper et "prendre de vitesse" ce projet en
associant de fait nos écoles plutôt que les opposer comme on peut sentir
que le gouvernement veur le fait aujourd'hui. L'école primaire est un
service public et elle doit donc être au service des citoyens et des futurs
citoyens en culotte courte. On constate aujourd'hui qu'il existe des classes
de plus de trente enfants en maternelle dans certaines communes
(Ploumilliau), qu'il manque quelques élèves par ailleurs pour maintenir
toutes les classes (Plestin), que la situation géographique d'une école peut
en faire une école intercommunale de fait (Saint-Michel en Grève) et que
les communes les plus au sud se sont déjà associées en RPI (Plufur-
Lanvellec-Trémel). Va-t-on continuer les "guéguerre de clocher" encore
longtemps sur ce sujet ? Pourquoi ne pas organiser notre propre
carte scolaire à l'échelle d'un ou deux cantons ? Elle pourrait
permettre de maintenir toutes les classes en incitant les parents à inscrire
leurs enfants dans une école ou une autre en fonction des variations
démographiques notamment, par des aides techniques, de transport
notamment. Une telle carte pourrait aussi permettre d'alléger
potentiellement les classes surchargées. La situation idéale n'est pas la
situation "concurrentielle" actuelle mais bel et bien une organisation, à
notre échelle, des écoles pour atteindre quelques objectifs simples, qui
sont ceux d'un service public performant et au service des citoyens :
 Maintenir à minima toutes les écoles actuelles et
toutes les classes actuelles
 Parvenir à un juste équilibre en termes d'effectif des classes
pour mettre nos enfants dans les meilleures conditions
possibles
 Satisfaire les demandes des parents dans la mesure du
possible
 Organiser des services de manières souples et en
concertation directement avec les parents concernés pour :
o Des garderies peu onéreuses et aux horaires adaptées
o Des services de ramassage de petits groupes pour
optimiser le remplissage des classes et des écoles
o Des services de cantines orientées vers la qualité,
l'apprentissage du goût mais en maintenant des prix
bas
 S'assurer, en cohérence avec les PMI, que l'accueil des
enfants de 2 à 3 ans est bien assuré selon le souhait et les
possibilités des familles

Nous proposons donc de créer un SIVU (ou d'étendre les responsabilités


d'un SIVU déjà existant comme Aod Ar Brug) pour organiser la
concertation entre les écoles et les communes du territoire. L'objectif
étant simplement de mettre en place l'organisation, par le biais
tout simple d'une carte scolaire locale, qui permet de trouver
l'optimum entre souhait des parents, organisation et coût des
écoles mais aussi et surtout, condition de travail des enfants et
des enseignants. Loin de nous l'idée de mettre en place un RPI
"cantonale". Ce SIVU pourrait aussi mettre la place la coopération
financière nécessaire entre les communes, inhérente à une telle
démarche. Un tel projet serait par ailleurs cohérent avec un PLU
d'agglomération qui a vocation à organiser la vie future d'un territoire. Le
maintient d'un maximum d'école est nécessaire pour soutenir l'attractivité
du Sud Trégor pour les jeunes actifs et aussi pour offrir des conditions
idéales à nos enfants d'un point de vue matériel mais aussi d'un point de
vue de l'encadrement.

Concernant le service public de santé sur le territoire, il apparaît


également qu'il est trop réduit et qu'il devient urgent de rendre notre
territoire attractif pour quelques jeunes médecins généralistes et
éventuellement quelques spécialistes qui seraient les bienvenus
(ophtalmologistes, dentistes, pédiatre …). Pour cela il faut changer l'image
de notre territoire et promouvoir un "art de vivre" et un dynamisme qui
seront porteur d'intérêt pour de jeunes médecins en recherche eux aussi
de qualité de vie et d'authenticité (cette qualité de vie représentant la
meilleure prévention qui soit). C'est pourquoi il faut créer et/ou
moderniser quelques cabinets médicaux dans les plus gros bourgs
ou dans des endroits choisis pour leur intérêt géographique, qui
permettront de proposer un service public de santé de proximité
aux citoyens. Là encore, sans un projet simple mais ambitieux, et
cohérent avec les qualités du territoire, il parait inenvisageable d'attirer
quelques jeunes médecins sur la zone. La qualité de l'environnement
participant aux conditions d'un bon état de santé des citoyens, on peut
aussi soutenir le déploiement des médecines douces (ostéopathie,
homéopathie, etc.) sur ce territoire, ce qui serait en ligne avec le projet
présenté ici et qui vise à labéliser notre territoire pour son art de vivre et
sa qualité de vie.

Nous considérons qu'il faut donc prolonger cette démarche en


donnant l'impulsion à de nouvelles activités industrielles éco-
compatibles dans les régions de Plestin et de Plouaret,
notamment dans le domaine des énergies propres. L'idée serait de
rechercher l'autonomie énergétique pour le territoire par la recherche
d'innovations dans le domaine des énergies renouvelables et propres.
Pourquoi ne pas imaginer des lotissements où la source de chauffage
serait partagée entre tous les propriétaires ? Évidemment la biomasse doit
être mise à contribution par la création d'une filière bois énergie. On peut
ajouter qu'il faut aller vers des logements de plus en plus autonome et
dans ce sens l'énergie solaire (tout particulièrement parce qu'une
entreprise lannionaise est devenu un des piliers du secteur) mais aussi les
mini-éoliennes de toit peuvent permettre une autonomie accrues. Une des
solutions pour protéger notre environnement se trouve aussi dans le fait
de lutter contre le gaspillage, c'est pourquoi nous allons devoir
réapprendre à mettre en commun, plutôt que d'individualiser et de
saucissonner (vrai pour l'énergie, les transports, les matériels à usage peu
fréquent.

Nous considérons que cette façade maritime magnifique (hors


période d'algues vertes) peut être mieux exploitée et notamment qu'il
serait bon d'envisager un développement du port de Locquémeau, en
cherchant un positionnement original et en s'appuyant éventuellement sur
les deux piliers (agriculture et tourisme) évoqués précédemment
(transport de produits alimentaires frais, étape de croisières près des
côtes bretonnes, …). La conciliation des activités conchylicole ou piscicole
et du tourisme n'est pas toujours évidente mais il va de soit que la
raréfaction des ressources halieutiques va amener au développement
d'une véritable "agriculture marine" près des côtes, qu'il faudra
rendre compatible avec notre environnement dès le départ. Ce
levier peut aussi être générateur d'emploi et être éco-compatible là
encore, notamment en contribuant à la préservation des ressources
marines au large. Ce type de culture nécessite une qualité d'eau
irréprochable et cela peut aussi être un argument intéressant pour
préserver au maximum la qualité des eaux côtières, même si là encore
l'équilibre avec le tourisme et la beauté des paysages sera à définir de
manière très fine.

Par ailleurs, un schéma de transport spécifique, orienté vers


le développement du sud, doit être construit pour relier Plestin,
Plouaret et Lannion. Il faut ouvrir ce débat et discuter sereinement des
différentes options et des différentes priorités entre une "rocade sud", un
pont en aval du Léguer et d'autres propositions qui pourraient émerger.
Par exemple, il faudrait selon nous, promouvoir les déplacements collectifs
et doux pour alléger la circulation sur la RD 786, réduisant de fait sa
dangerosité et son impact environnemental. Et pourquoi ne pas aller
encore plus loin et rêver à des tramways "de banlieue" traversant le
Trégor du nord au sud et d'Est en Ouest à plus long terme ? Ce retour du
"petit train" pourrait être un projet réellement vecteur de développement
et d'ambition pour tout le Trégor et notamment pour le sud qui est
encore franchement enclavé et dont les axes de circulation
actuels sont saturés ou inadaptés (RD 786 par exemple).
L'inter-modalité doivent devenir la règle surtout pour un territoire
semi-rural comme le notre. Chacun doit pouvoir faire une partie des trajets
seul et le reste en transport en commun: encore faut-il définir un schéma
et créer les points de convergences nécessaires à cet objectif. Il paraît in-
envisageable d'avoir un bus tous les ¼ d'heure entre Plestin et Lannion
mais cela n'est pas aberrant, aux heures de pointes (de 7h à 10h par
exemple) entre La Croix-Rouge à Ploumilliau et la zone de pégase ou le
centre de Lannion où se trouvent les lycées. Pour cela il faut créer les
aires de co-voiturage, les parkings, les navettes, les pistes cyclables et
piétonnes nécessaires.
Il nous faut aussi développer les structures éducatives qui
accompagneraient un tel projet et pourquoi ne pas imaginer installer
sur cette zone une petite école d'ingénieur agronome, spécialisée dans
l'agriculture biologique ? A tout le moins, un petit institut de formation et
de sensibilisation pourrait voir le jour pour former les agriculteurs et les
particuliers aux cultures biologiques. On pourrait même étendre le
concept à une filière d'hôtellerie restauration spécialisée et labellisée sur
le même thème qui formerait notamment les professionnels de l'hôtellerie
locale et des cantines municipales.

La revitalisation commerciale, associative et culturelle de ce


territoire est indispensable pour lutter contre l'isolement des
zones rurales. Il faut densifier les bourgs et soutenir financièrement et
techniquement les associations de la zone. Il faut que Plestin et Plouaret
représentent des lieux de création et de diffusion (annexes du carré
magique ?). On peut constater le succès des conférences qui sont
organisées notamment sur secteur pour se rendre compte que la
demande existe réellement. Il faut soutenir l'existence de médiathèques
et de galeries d'art, ou de musées dans chaque commune. Il faut aider ces
communes à entretenir leur patrimoine historique et religieux, qui vient
merveilleusement compléter l'offre de "vacances nature" évoquée plus
haut. C'est un véritable investissement sur la durée là encore. Faire de
ce territoire, un territoire dynamique culturellement et où la
culture est présente partout et populaire par sa proximité avec
les citoyens, nous semble un objectif atteignable, notamment en
soutenant de manière plus nette les associations qui existent déjà. De
même, en faire une terre d'exemplarité en matière de citoyenneté
donnerait là encore de la cohérence à ce projet. Il faut selon nous,
développer la démocratie participative dans toutes les communes de ce
territoire et déléguer à ces "ecclésias" un certains nombres de décisions
sur lesquels le projet politique des assemblées municipales ne peut pas
être remis en cause (choisir entre deux projets, faire émerger des idées et
des propositions, mesurer les réactions par rapport à des propositions de
la municipalité, susciter des candidatures pour des commissions
consultatives, travailler aux agendas 21 etc.). On pourrait aussi imaginer
se donner les moyens d'atteindre des scores de participation proche de la
perfection aux élections, en organisant justement des consultations
locales en parallèle des consultations officielles, en offrant un espace de
convivialité aux votant ou en proposant directement de petites remises
d'impôts aux votants (même si cette solution reste particulièrement
matérialiste). De même, le développement de l'économie sociale et
solidaire sur le territoire serait facilité par la création d'une monnaie
locale.

Ce territoire peut aussi devenir terre d'exemplarité et de modernité


dans le domaine des communications et de l'informatique par la
généralisation de l'utilisation par les écoles, les institutions, des
commerces et des entreprises des systèmes d'exploitation et des
logiciels libres. Nos enfants et nos entreprises pourraient ainsi devenir à
terme les champions du Web et du développement informatique, dans un
esprit de collaboration et de coopération, en opposition frontale avec les
modèles fermé, lucratif et compétitif de Microsoft. Des millions de
personnes travaillent sur le domaine à travers le monde mais aucun
territoire n'en a encore fait un facteur de démocratie, d'identité et de
développement. Oui, tout développement fait dans ce contexte ne vaut
que s'il est ouvert et libre de droit, mais l'expertise et la prestation de
développement elle même peut permettre la création d'une filière viable
économiquement, dans un esprit collaboratif et ouvert, ce qui encore une
fois serait vecteur d'identité pour le territoire. La communauté
d'agglomération de Lannion a déjà fait des pas dans cette direction et
peut servir de point d'appui.

Enfin, il faut que des réseaux de communication de qualité viennent


soutenir ce projet et lancer une négociation globale avec France Télécom
pour que les communes qui ne sont pas encore raccordées en fibre
optique le soit rapidement (c'est par exemple le cas de Trédrez-
Locquémeau). Il faut savoir que pour les communes qui sont raccordées
en liens cuivres doivent se contenter de 8 Mb pour … tout le central
téléphonique. Une telle connexion n'a de "haut débit" que le prix. De
même, la couverture en téléphonie mobile ou en accès à la TNT n'est pas
parfaite loin de là (même la TNT n'est pas forcément la priorité des
priorités compte tenu du paragraphe précédent sur le développement
culturel du sud-Trégor mais reste tout de même un vecteur de connection
avec les monde qui paraît indispensable). Pourquoi d'ailleurs, ne pas
imaginer une Web TV locale ?

Ce ne sont que quelques idées qui n'ont d'autres ambitions


qu'ouvrir le débat et lancer la discussion. Bien d'autres idées,
probablement meilleures, viendront à coup sûr alimenter ce débat que
nous souhaitons voir lancé et animé par LTA.

Nous proposons que le Pays du Trégor Goélo, en association avec la


communauté d'agglomération de Lannion, pour construire un projet et une
ambition pour le sud du Trégor.

Nicolas Kerdraon & Christophe Kergosien


Respectivement adjoint au maire de Saint-Michel en Grève et adjoint au
maire de Tréduder