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Eléments de réflexion pour un projet de territoire 2014 / 2020

Présentés au congrès des élus de Paimpol-Goëlo le 21 septembre 2013

Avant-propos
Ces éléments de réflexion pour un projet de territoire 2014 / 2020 ne constituent pas un nouveau projet mais un « état de l’opinion » des élus communautaires sortants en 2014. Ils résultent de débats internes aux instances de la C.C.P.G. et ont été présentés et amendés lors du congrès du 21 septembre 2013. Ces éléments sont mis à disposition des candidats de 2014 comme une contribution. Ils ont vocation à exprimer la volonté des élus actuels de permettre à celles et ceux qui vont être élus en 2014 de disposer d’outils utiles pour leur mandat à venir et d’être opérationnels dès leur élection. Il précise également quelques orientations à mettre en œuvre d’ici la fin de cette mandature, notamment quant au périmètre de l’intercommunalité et aux relations avec les habitants, lesquelles seront soumises au Conseil Communautaire le moment venu. Maurice GOARIN Président de la C.C.P.G. 21 septembre 2013

N.B. : L’état d’avancement du projet de territoire 2009/2014 a fait l’objet d’un rapport devant le conseil communautaire le 29/10/2013.

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Cette contribution est déclinée en 6 parties qui ont servi d’introduction aux débats du congrès des élus de Paimpol-Goëlo. I. Une réflexion générale sur le projet, portant sur les objectifs qu’un tel projet doit viser ; II. Des éléments sur les relations entre communes et communauté, concré- tisant la notion de « travailler ensemble » au cœur du projet de territoire 2009/2014 ; III. Le rapport à la population, pour laquelle la communauté reste une notion largement abstraite ; IV. Une liste de thématiques à développer déclinant des orientations de développement du territoire ; V. La question de l’intercommunalité, c’est-à-dire celle du périmètre d’inter- vention et la façon d’aborder la fusion avec les collectivités voisines ; VI. Des propositions sur la gouvernance de l’action intercommunale, intégrant la dimension communale de l’action pouvant ressortir également de la 2ème partie de la contribution.

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1er débat : Réflexion générale sur le projet de PaimpolGoëlo
Paimpol-Goëlo se doit d’être attirant : attirant pour les entreprises créatrices d’emplois pour les habitants et notamment les jeunes actifs, attirant pour de nouveaux habitants susceptibles de s’installer à un moment ou à un autre de leur vie professionnelle ou de leur retraite, attirant pour les touristes attachés à découvrir des paysages et un patrimoine préservés, attirant enfin pour les collectivités voisines pour travailler ensemble dans le respect et l’intérêt de chacun. Paimpol-Goëlo est un territoire excentré par rapport aux principaux axes de communication : c’est son handicap. Il dispose pourtant de nombreux atouts parmi lesquels sa notoriété qui vient de son passé et son poids économique relatif au nord ouest de la baie de Saint-Brieuc. Il n’y a aucune raison pour qu’il ne soit pas considéré à sa juste place, au même titre que les autres villes moyennes des Côtes d’Armor. Plus que jamais, Paimpol-Goëlo a besoin d’un projet qui le structure et lui donne du sens, en même temps que des projets qui le concrétisent. Pour le mandat 2014 – 2020, ces projets ne peuvent être définis seuls si nous nous situons dans une perspective de rapprochement avec nos voisins en raison de la nature même de ces projets. Dans les cinq parties qui suivent, plusieurs pistes sont abordées. L’effort à faire sera celui de ne retenir que quelques objectifs structurants et d’éviter la dispersion en cours de route, tout en restant réactifs. Nous devons reposer la question de l’équilibre des équipements sur le territoire (équipements sportifs au sud, vers Pléhédel mais aussi Lanvollon), de la place de Paimpol, ville centre, qui doit être confortée comme pôle entraînant tout le pays qui l’entoure. Nous devons également avancer sur le Schéma Local de Développement Touristique pour mettre le tourisme à la place qu’il doit occuper dans l’économie locale. Nous devons enfin faire face aux lobbys divers qui freinent les projets, à l’instar de Boulgueff, en réaffirmant constamment où est l’intérêt général. Les sujets à travailler sur des périmètres divers sont nombreux : l’eau à travers la Commission Locale de l’Eau et le SAGE ; le service aux personnes âgées et plus généralement les services aux personnes, pour lequel la question de la création d’un Centre Intercommunal d’Action Sociale (C.I.A.S.) devra être reposée. Ils impliquent des partenariats divers qui font déjà partie du projet de territoire actuel et que nous devons poursuivre ; c’est parce que des habitudes de coopération ont ou auront été prises que les périmètres des organisations évolueront de façon volontaire et réfléchie.

2ème débat : l’état des relations entre Communes et Communauté
Le projet de territoire actuel, intitulé « le devoir de travailler ensemble », fait des relations entre Communauté et communes le premier de ses 4 chantiers. Il précise que « la communauté et les communes ne forment pas deux niveaux de gestion territoriale distincts mais bien un ensemble unique et solidaire … », où la première règle de solidarité est que « l’ensemble communautaire avance au même rythme, dans une logique d’équilibre et d’équité territoriale ». Il souligne que « bien loin de limiter leurs responsabilités, l’action conjointe des élus au sein de la Communauté PaimpolGoëlo leur offre la possibilité de les assumer de manière collective et solidaire ». Les élus ont été confrontés à la double nécessité de mieux mutualiser le service rendu aux usagers, a priori au niveau intercommunal, tout en préservant le rôle des communes. Ceci implique d’aller au bout des compétences transférées, d’organiser services communaux et intercommunaux de façon liée, de réaffirmer le rôle primordial de la commune et de son Maire dans l’espace intercommunal, c’est-à-dire de redonner des perspectives aux communes au sein de l’ensemble intercommunal. A travers les six mesures concrètes à suivre, de natures très différentes, l’objectif de la C.C.P.G. est de mettre en valeur cette relation Communes / Communauté dans le mandat qui arrive. 1. La commune : collectivité de proximité. Les dernières parties de ce docu ment proposent des moyens concrets de réaffirmer le rôle central de la commune, de sa mairie, dans le service au citoyen (services décentralisés, rencontres avec les habitants dans les mairies, etc.). Quand bien même la Communauté dispose de ressources fiscales directes, son intervention demeure celle d’un établissement public et non pas celle d’une collectivité locale et, à ce titre, elle est dépendante du choix des communes sur le meilleur niveau de l’action publique : le critère du choix entre une compétence exercée au niveau intercommunal ou au niveau communal ne doit pas être uniquement financier mais résulter de l’appréciation de la qualité du service rendu aux habitants. Il en résulte que le « transfert de compétence » n’est pas nécessairement LA solution à tout. 2. Disposer malgré tout d’un pacte financier entre communes ET entre communes et communauté. Les ressources des communes et de la communauté vont à l’avenir, et pour l’essentiel, résulter de la fiscalité locale. La révision des valeurs locatives va être mise en oeuvre à partir de 2015. Son élaboration et ses effets seront au cœur du mandat à venir. Les choix implicites du passé ne seront pas suffisants. C’est pourquoi la réflexion actuellement en cours sur un nouveau pacte financier doit aboutir d’ici la fin du mandat à un état des lieux partagé sur lequel les nouveaux élus pourront s’appuyer pour leurs choix ultérieurs.

3. Il est de la responsabilité des exécutifs locaux d’organiser les rapports entre services communaux et intercommunaux. C’est pourquoi il est proposé de relancer la conférence des Maires, composée des Maires des communes et du Président de la Communauté, pour préciser chaque fois que c’est nécessaire l’étendue des compétences transférées, pour préparer ce qui doit être mis en commun et pour assurer la relation avec les habitants. 4. La coordination entre services communaux et intercommunaux est gage d’efficacité et d’économie de gestion dès lors qu’aucun chevauchement de compétence ne perdure. Cette coordination passe par un travail collectif des équipes administratives tenant compte de la différence de moyens humains dont dispose la communauté, la commune centre, les communes de taille moyenne et les petites communes. Le prochain mandat devra être l’occasion d’un rapprochement des SG / DG des communes et de la communauté (réunions régulières, missions collectives confiées à l’un ou l’autre, etc.) permettant à terme de constituer une véritable équipe opérationnelle de direction collégiale des services. 5. L’urbanisme aura constitué, avec les modifications successives des documents communaux prenant en compte les nouvelles réglementations entre 2008 et 2013, un casse-tête pour les Maires pendant le mandat qui s’achève. La question du Plan Local d’Urbanisme Intercommunal est posée, après qu’a été mis en œuvre le PLH intercommunal et que le SCOT a été étudié jusqu’à sa phase de contractualisation avec la Communauté de la Presqu’île de Lézardrieux et l’île de Bréhat. Outre ce qui est proposé dans la 6ème partie sur la création d’un service intercommunal dédié à l’instruction des autorisations d’urbanisme en lieu et place de l’Etat (DDTM), l’élaboration d’un PLUi peut commencer dès maintenant par la préparation de la modification des règles d’urbanisme rendues nécessaires par les dispositions du SCOT en matière d’implantations commerciales (DAC). 6. L’application des dispositions nationales sur les rythmes scolaires, décidée par les communes de Paimpol-Goëlo pour la rentrée scolaire 2014-2015, vient ajouter aux difficultés qu’ont connues les communes en matière de centres de loisirs sans hébergement et, plus globalement, aux activités périscolaires proposées à la tranche d’âge 5 / 12 ans. La volonté des communes est d’offrir le même service aux habitants sur tout le territoire. Pour autant, ce service est rendu dans plusieurs communes par des services communaux ouverts aux habitants des communes voisines non dotées. Une coordination et un accès homogène semblent indispensables pour l’avenir. Ceci peut résulter d’un travail coordonné collectivement mais sans pour autant que la compétence soit transférée à la communauté de communes, les services communaux remplissant bien leur fonction de service de proximité. L’apport de la Communauté pourrait être limité à une harmonisation tarifaire et à une dotation financière aux services communaux concernés.

3ème débat : le rapport à la population
La question des relations de la Communauté avec la population de Paimpol-Goëlo reste, à la fin du mandat 2008/2014, un sujet de préoccupation et la méthode n’aura pas été tranchée : faut-il une relation directe avec les habitants ou bien les Maires des communes doivent-ils rester les médiateurs de toute relation ? Les habitants de Paimpol-Goëlo sont, comme partout, très attachés à l’échelon local et n’ont pas le « réflexe communautaire » ; l’identification à un ensemble plus vaste que la commune reste incertaine. La solution réside dans une double communication, coordonnée entre la commune et la communauté, tout en privilégiant le rôle naturel du Maire de la commune, seul médiateur connu et revendiqué des relations avec la population. Il faudra toutefois vérifier, au cours du mandat à venir, si l’élection des conseillers communautaires au suffrage universel direct, est susceptible de modifier cette approche des relations élu / citoyen.

1ère mesure :
Renforcer l’information des élus communaux, en particulier des exécutifs locaux, sur les actions de la C.C.P.G. afin qu’ils soient en mesure de transmettre et d’expliquer en tant voulu les décisions prises au niveau intercommunal. Ceci passe par une meilleure structuration de la lettre d’information hebdomadaire avec une rubrique sur les évènements à venir (vade-mecum, questions/réponses, …). La rencontre avec le Maire (ou ses adjoints) doit rester la porte d’entrée principale de la relation avec les habitants. Celui-ci peut s’adjoindre le concours de l’élu intercommunal en charge d’une mission pour répondre à l’interpellation d’un habitant. D’autre part, la Mairie devant rester au centre de la relation de proximité, les rendezvous entre un citoyen et un élu intercommunal en charge d’un dossier, sont à prévoir dans la Mairie du lieu de résidence de l’habitant concerné.

2ème mesure :
Si la communication dématérialisée tend à se généraliser, l’édition d’une brochure reprenant les projets et les actions de la Communauté, diffusée à l’ensemble de la population est à reprendre. La forme que cette édition reste à préciser : édition autonome, supplément aux bulletins communaux, document intercommunal avec suppléments communaux (la partie communale restant de la pleine et entière responsabilité des communes).

4ème débat : les thèmes des orientations stratégiques de Paimpol-Goëlo
Dans le prolongement des 4 chantiers du projet de territoire « le devoir de travailler ensemble », les thèmes de ces orientations cadrent le champ de l’intervention intercommunale et donnent du sens aux actions concrètes qui seront déterminées au fil des années et des budgets successifs.

1. Une ambition : développer l’économie locale et l’emploi

Ce thème est autant une orientation en lui-même que la résultante de l’ensemble des politiques publiques. En ce sens, il est transversal par rapport aux autres orientations, de même que l’Agenda 21 en est le fil conducteur. Permettre à la population de Paimpol-Goëlo de « vivre au pays », c’est-à-dire d’y résider, d’y trouver l’emploi qui lui convient et les services dont elle a besoin est le rôle premier de la commune. Participer aux orientations du développement et réunir les moyens lui permettant de s’accomplir : telle est la mission déléguée à l’ensemble intercommunal. Ce développement s’appuie sur les potentialités du territoire, sur la valorisation de ses produits locaux, existants ou à créer, sur la qualité de son environnement, sur son réseau d’acteurs économiques. Nos 5 leviers de développement économique, en tant que collectivité publique, sont: - le transport (les infrastructures routières, ferroviaires et maritimes sont nécessaires au développement) - le foncier (outil de structuration à la disposition des collectivités locales) - l’énergie (levier décrit au point n°5) - la fiscalité (c’est-à-dire le niveau de contribution équitable de la population et des entreprises aux services publics) - les hommes (levier décrit au point n° 7) Les actions à entreprendre visent deux directions complémentaires : - l’économie « exportatrice », notoirement tournée vers les marchés extérieurs à notre territoire, dans laquelle on retrouve principalement les domaines suivants : o l’agriculture : étudier son devenir à 10 ans et déterminer les moyens à mettre en œuvre pour l’accompagner, o les activités maritimes, dont les orientations font l’objet de paragraphes spécifiques ci-après ; - l’économie « présentielle », tournée vers la satisfaction des besoins des personnes présentes ou de passage sur notre territoire, dans laquelle on retrouve les services tant publics que privés, le commerce, l’artisanat, les transports, la santé, la restau-

ration, etc., avec un champ d’intervention spécifique que constitue le tourisme, sur lequel il convient de continuer d’investir en s’appuyant sur le Schéma Local de Développement Touristique évoqué par ailleurs.

2. La culture, source du développement

A l’instar de certaines grandes agglomérations ou à la lumière de l’impact des grandes manifestations culturelles d’été, la culture apparaît comme un des facteurs incontournables de l’attractivité d’une région : dynamisme culturel et dynamisme économique sont étroitement liés. S’il est une région française qui est perçue au niveau national comme international au travers de sa tradition culturelle – musicale et patrimoniale -, c’est bien la Bretagne. Dans ce concert de l’action culturelle qui va de la pratique locale au Festival du Chant de Marin, Paimpol-Goëlo dispose d’une expérience à amplifier. Les actions à entreprendre s’appuient sur la culture bretonne qui fait de PaimpolGoëlo un territoire singulier doté d’une forte personnalité. Pour cela, nous devons disposer des équipements permettant leur mise en œuvre.

3. L’eau dans tous ses états : un effort à prolonger

Chantier prioritaire du projet de territoire 2009/2014 et domaine d’actions où la C.C.P.G. a révélé tout son savoir faire, l’eau doit rester un axe d’intervention fort pour les années à venir. C’est d’autant plus nécessaire que les programmes sont en cours et leur achèvement n’est prévu qu’à fin 2017. L’objectif reste le même : être exemplaire en matière de qualité de l’eau, tant celle qui est consommée (eau potable) que celle qui est traitée (eaux usées & eaux pluviales) ou que celle qui est utilisée pour la production (eau de mer). Les actions à entreprendre concourent à l’aboutissement d’une démarche de gestion intégrée de la zone côtière, terrain de prédilection de la mise en œuvre de notre démarche d’Agenda 21.

4. La façade maritime : la dynamique du futur

L’avenir de Paimpol-Goëlo est dans la synergie qui pourra être développée entre toutes les forces économiques du territoire autour du potentiel que représente la mer, en sus de l’agriculture, du tourisme et de l’économie résidentielle : les énergies marines, la pêche, l’ostréiculture, l’aquaculture et l’algoculture, la plaisance, etc. Les actions à entreprendre consistent à fédérer les moyens publics propres à permettre l’intervention du secteur privé, faciliter les relations entre les acteurs économiques

5. L’énergie : économiser et produire localement

Axe majeur de notre agenda 21 avec l’eau, la maîtrise de l’énergie joue un rôle central en Bretagne à la fois parce que le territoire est importateur et donc dépendant, et parce que des possibilités de changer les choses existent, que ce soit par la rationalisation de la consommation et par la valorisation de la ressource locale à terre et en mer. D’un handicap économique, le territoire doit faire de l’énergie un outil de développement. Les actions à entreprendre se saisiront des exemples voisins, sur la filière bois-énergie et la valorisation des déchets. Elles accompagneront la filière des énergies marines en offrant les conditions de son déploiement dans le cadre du site d’essai des énergies marines qui est désormais acté par les pouvoirs publics.

6. Le lien social, facteur de cohésion entre générations

Paimpol-Goëlo, comme beaucoup de territoires littoraux, attire une population qui y vient ou y revient pour son bon vivre, tout en laissant partir une partie de sa jeunesse pourtant de moins en moins nombreuse. Cette transformation de la société locale, même s’il faut en renverser la tendance à moyen terme, doit être accompagnée pour que ses effets soient positifs et permettre de relancer l’activité. Ce lien social à maintenir ou à conforter est indispensable pour préserver l’avenir. Les actions à entreprendre concerneront l’adaptation des services publics aux besoins des différentes catégories sociales notamment les personnes âgées et viseront à créer un sentiment d’appartenance à une communauté d’intérêts liés (création d’un C.I.A.S. ?)

7. La formation, l’enjeu du vivre au pays

Assurer à la jeunesse une formation adaptée à ses envies et aux besoins de la société est un enjeu pour Paimpol-Goëlo. Pour cela, le pari réside dans un Projet Educatif Global qui alliera la réussite scolaire et éducative, l’accompagnement et la place des parents, l’intégration dans la vie sociale et scolaire, l’art et la culture à la portée de tous, le sport toutes et tous ensemble, la santé et le bienêtre, l’éducation au développement durable et l’environnement, l’accès aux technologies numériques, l’ouverture au monde, le vivre ensemble entre générations. Les actions de ce Projet Educatif Global reposeront sur le rôle fédérateur de PaimpolGoëlo et la diversité des acteurs mobilisés dans cette démarche, la première étape étant la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires à la rentrée 2014/2015.

8. L’action internationale, expression de la solidarité

La Communauté s’est mobilisée autour d’un projet de développement en faveur d’une région défavorisée et oubliée du centre de l’île de Madagascar. Loin des schémas traditionnels de la coopération internationale, le projet consiste à exprimer une solidarité reposant sur les potentialités du milieu local lui-même en matière d’agriculture nourricière et productrice de richesse pour le pays lui-même, et s’appuyant sur des transferts de technologie entre agriculteurs bretons et malgaches. Des interventions associatives peuvent venir en complément de l’action publique sur d’autres domaines de l’aide au développement (Visa Santé, …) Les actions visent à pérenniser un projet dans le temps où les techniques importées trouvent une traduction et une adaptation à la situation de ce territoire particulier.

9. Le territoire d’exception, atout de la notoriété

Les atouts dont disposent Paimpol-Goëlo en matière de paysages (Bréhat, …), de patrimoine (Beauport, …), de culture (Chant de Marin, …), de produits phares (Coco, Huître, Homard, Coquille, …), de domaines naturels (Penhoat-Lancerf, Lapicque, …), etc., en font un territoire singulier doté d’une forte personnalité. Son positionnement est un atout comme le montrent à la fois son site Natura 2000 et le parc d’expérimentation des hydroliennes en mer. Les actions consisteront dans la mise en œuvre d’une politique évènementielle forte, ambitieuse et structurante, contribuant à la notoriété de la destination.

5ème débat : le périmètre de l’intercommunalité : futur du territoire, territoire du futur
La question du périmètre pertinent de l’intercommunalité est au centre de la réflexion des élus de Paimpol-Goëlo depuis le début du mandat 2008/2014 ; le chantier n°2 du projet de territoire adopté en février 2009 porte sur la construction « d’un espace ouvert » où les partenariats avec les communautés voisines sont développés et où le territoire est invité à « regarder vers la région guingampaise » en sus des relations avec le Trégor et Lannion. Force est de constater que l’approfondissement de ces relations n’a pas eu de prolongement institutionnel durant la période 2008/2013 malgré les offres formulées par Paimpol-Goëlo, dans et en dehors du Schéma Départemental de la Coopération Intercommunale (S.D.C.I.), et même si des services et des projets communs ont pu être mis en œuvre. La nouvelle période qui s’ouvre en 2014 doit être l’occasion de progresser rapidement dans le sens d’une meilleure prise en compte des bassins de vie des habitants, faisant fi des découpages administratifs actuels pour privilégier une démarche de projet donnant à une nouvelle intercommunalité la dimension d’agir et conservant aux communes le rôle de proximité qu’elles doivent avoir au plus près des citoyens. Dans cette perspective, le rôle que s’assigne la Communauté de communes PaimpolGoëlo est de séduire les collectivités voisines en leur proposant les projets de développement qui pourraient constituer le cœur du nouveau contrat reliant les communes de ce nouvel ensemble. Sans être exhaustif et à titre d’illustration, sont cités : - le projet « Grand Trieux », intéressant les communes des deux rives du fleuve portant sur l‘économie touristique ; - la création d’une seule entité portuaire autour du Trieux et de la baie de Paimpol, regroupant les activités portuaires de Bréhec à l’est de Pontrieux à l’ouest, en passant par Paimpol, Pors Even, Loguivy-de-la-Mer et Lézardrieux ainsi que les mouillages, acteur unique concernant la plaisance et interlocuteur unique du département concernant les activités de commerce, de transport et de pêche ; - la requalification de la voie ferrée Guingamp – Paimpol, en lien avec le projet BGV et le pôle multimodal de Guingamp, - la réalisation d’un projet de développement de Bréhec, à partir du site de l’En Avant Guingamp ; - la relance d’une initiative en matière sportive sur le principe de la Magic Armor, associant tourisme, environnement et sport hors saison estivale. Orientation n°1 : clarifier le rôle différent, vis-à-vis des communes, de la C.C.P.G. comme établissement public à fiscalité propre de celui des syndicats mixtes, outils opéra-

tionnels d’action sur 5 missions spécifiques : - le traitement des déchets, - la gestion des plates-formes aéroportuaires, - le SCOT et l’instruction des autorisations d’urbanisme, - le SAGE, - le Pays. Quand bien même le périmètre des EPCI à fiscalité propre serait recomposé, certaines missions collectives ne peuvent être conçues avec efficience que sur des secteurs d’intervention bien spécifiques soit en raison des moyens à mettre en œuvre, soit en raison de leur rôle transversal d’action. Cette conception du rôle des syndicats mixtes rejoint celle, à l’échelle plus grande du Département ou de la Région, des missions concernant l’électricité, l’adduction en eau potable ou le Très Haut Débit. Dès lors, ces syndicats mixtes ont des missions clairement définies et différentes des établissements de coopération intercommunale financés directement par l’impôt (communautés de communes et d’agglomérations). Sur la question du périmètre d’intervention, la C.C.P.G. conserve sa demande de constitution, autour des villes de Lannion, Guingamp et Paimpol, d’un seul Pays, d’un seul SCOT, d’un seul SAGE et d’un seul Pays Touristique. Pour autant, dans la mesure où cette demande ne fait pas encore l’objet du consensus recherché, la question de la pertinence du périmètre du Pays de Trégor-Goëlo est posée dès aujourd’hui. Au-delà même du SCOT, les liens à approfondir avec Guingamp et son territoire constituent un enjeu immédiat, dès lors qu’est repoussée la perspective de la fusion de 5 communautés autour de la seule ville de Guingamp. A défaut d’un seul pays à l’ouest des Côtes d’Armor, la création d’un Pays d’Argoat et d’Armor autour de Guingamp et Paimpol constitue une première étape à saisir. Orientation n°2 : prévoir la création d’une nouvelle communauté, à partir des communautés les plus proches de Paimpol-Goëlo dès le 1er janvier 2015. Le projet de territoire, c’est un territoire du futur alliant ruralité et littoral, composé autour de Paimpol-Goëlo et de sa ville centre, moteur d’un ensemble cohérent donnant la bonne dimension à l’action collective centrée sur l’essentiel : un développement ouvert s’appuyant sur les forces de toutes ses communes : leur environnement, leur organisation spatiale, leurs hommes. Les élus de 2014 seront légitimes pour proposer à la population le cadre dans lequel ils agiront pendant 6 ans. Ainsi, la fusion entre collectivités doit se faire avec ceux qui le décideront dès le début de leur mandat. Paimpol-Goëlo réaffirme son souhait de travailler au moins avec les communes des trois collectivités limitrophes mais est prête à aller audelà pour asseoir un développement dans lequel elle pourra faire valoir les atouts de ses

activités maritimes (énergie, pêche, tourisme) ; ainsi veut-elle travailler également avec Guingamp et le sud du Goëlo, comme avec le Haut-Trégor. Pour cela, les projets évoqués en introduction peuvent constituer le socle d’un contrat commun. Orientation n°3 : articuler l’action de la nouvelle communauté, centrée sur le développement économique et des services mutualisés, avec l’approche communale où est mise en oeuvre la proximité voulue par les habitants. Le principal risque d’une intercommunalité à grande échelle réside dans la perception d’un éloignement des centres de décision pour les habitants et les élus ne siégeant pas dans cette instance. C’est pourquoi, il convient de définir deux modes de gestion différents des compétences intercommunales : l’un lié aux compétences stratégiques de développement, l’autre lié aux services de proximité. Il s’agit d’adapter au milieu rural les mêmes modes d’organisation de la gestion quotidienne et des processus de décisions qu’il en existe entre la ville et ses quartiers. Le règlement intérieur de la nouvelle communauté précisera les modalités de cette organisation adaptée et fondera le nouveau rapport entre communes et communauté.

6ème débat : la gouvernance de l’intercommunalité et des communes : efficacité et démocratie

1. Impliquer tous les élus dans les choix concernant leur territoire d’élection

Les 9 communes de Paimpol-Goëlo élisent 161 conseillers municipaux ; à partir de 2014, 38 d’entre eux (36 conseillers intercommunaux titulaires, 2 conseillers suppléants) siègeront au conseil communautaire, soit environ un sur quatre. Alors qu’un nombre croissant de décisions concernant la vie des citoyens est pris au niveau intercommunal, le risque est fort que les élus communaux ne siégeant pas au Conseil communautaire se sentent exclus des choix effectués et perçoivent l’intercommunalité comme une dépossession de leurs prérogatives d’élu local au contact direct de la population. Pour autant, le suffrage universel continue à s’exercer au niveau de chacune des communes et la légitimité des élus n’est pas en cause malgré les délégations de compétences au niveau intercommunal, voir au niveau supra intercommunal dans des syndicats de service. Il est proposé de considérer la présence de 161 élus comme un atout démocratique et leur offrir la possibilité de s’investir dans tous les domaines qui les intéressent, qu’ils soient délégués ou non, dans les instances intercommunales ou intercommunautaires. L’organisation proposée ci-après trouve inévitablement ses limites en cas de fusion en raison du nombre de communes qui seraient regroupées et du nombre d’élus locaux concernés. Mesure n°1 : permettre aux conseillers municipaux de participer aux réunions des commissions communautaires. Cette mesure, inscrite dans les statuts de la C.C.P.G. depuis 2013, sera traduite dans le règlement intérieur afin d’assurer une représentation équilibrée des communes. Les commissions dont la composition est réglementée par la Loi, comme la commission d’appel d’offres, la commission intercommunale des impôts locaux, etc. seront exclues de ces dispositions. Mesure n°2 : prévoir la nomination d’élus communaux comme délégués de la C.C.P.G. dans les syndicats mixtes. Cette mesure, qui résulte du C.G.C.T. sur la composition des comités syndicaux des syndicats mixtes, permet aussi bien à des conseillers intercommunaux qu’à des conseillers

municipaux de représenter la Communauté en fonction de leurs centres d’intérêt, de leur disponibilité et de leurs compétences. Ils seront désignés par le Conseil communautaire et rendront compte de leur mandat exclusivement devant lui.

2. Concevoir au bon niveau la mutualisation des services communaux et intercommunaux

Les communes de la C.C.P.G. ont été précurseur en matière de mutualisation de moyens en transférant à la C.C.P.G. les agents et les matériels afférant directement aux compétences attribuées à l’intercommunalité, à quelques exceptions près pour des agents « partagés ». Par contre, cela n’a pas été le cas pour les services généraux, pour des raisons prégnantes tenant aux différences de situation et de taille des communes. Mesure n°3 : créer au niveau intercommunal ou intercommunautaire les services nouveaux répondant aux nouvelles politiques publiques. La réorganisation des services publics, qu’elle résulte de décisions prises à un échelon supérieur ou prises au niveau local pour les besoins de la population, ne saurait se traduire par la multiplication de nouveaux services communaux, ou intercommunaux, si une autre échelle de mise en œuvre peut être privilégiée. Il faut rappeler que la décision publique, par les élus, est détachable de l’exécution de celle-ci, par les administrations. Les premières décisions sur le sujet porteront sur : - la création d’un service intercommunal sur l’instruction des autorisations d’urbanisme, en lien avec le désengagement de l’Etat, avec la mise en œuvre d’un PLU intercommunal, avec le service chargé du SCOT au niveau intercommunautaire ; ce service intègrera les services communaux correspondant (cf. 2ème partie sur l’urbanisme opérationnel) ; - la création d’un service gérant les ressources humaines pour le compte des Maires et du Président de la Communauté, en lien avec le rôle dévolu au Centre de Gestion des Côtes d’Armor ; - la création d’un service gérant la comptabilité pour le compte des collectivités qui le souhaiteraient (adhésion volontaire au service), sous réserve d’adaptation des logiciels informatiques de gestion et des modes d’organisation interne des collectivités adhérentes ; - la mutualisation à échelle variable des services communaux chargés des centres de loisirs sans hébergement, sans transfert strict de compétence à la Communauté. Ces modes différents de gestion symbolisent les méthodes différentes de mutualisation de moyens entre communes et communauté (cf. 2ème partie).

3. Responsabiliser l’ensemble des conseillers communautaires et déléguer au Bureau communautaire des compétences de fonctionnement

Alors que les affaires gérées en commun au niveau communautaire s’accroissent, le nombre d’élus communautaires va diminuer, tant au niveau du conseil lui-même que du bureau. Il est possible de rationaliser le fonctionnement de deux façons : - en confiant des responsabilités déléguées à tous les conseillers communautaires, sans ôter des prérogatives de coordination aux Président et Vice-présidents ; - en délégant au Bureau communautaire une partie des décisions relevant des affaires courantes, à l’instar des commissions permanentes aux niveaux départemental et régional, cette disposition organisationnelle étant prévue au C.G.C.T. Mesure n°4 : les conseillers communautaires peuvent se voir confier une mission de suivi portant sur un sujet précis relevant de la Communauté, sous le contrôle des membres du bureau et du Président. Cette mission ne donne pas lieu à indemnité, sauf remboursement éventuel des frais. Décidées en accord avec les membres du Bureau communautaire, à partir d’une liste préparée par le Président, ces missions de suivi proposées aux conseillers communautaires permettent de mobiliser l’ensemble du conseil communautaire et de couvrir l’ensemble des missions intercommunales. Il va de soi que chaque conseiller travaille au sein des commissions intercommunales sur les sujets qu’il a à traiter, selon des modalités, fixées dans le règlement intérieur de la communauté, qui les différencie des délégations données par le Président aux vice-présidents et aux autres membres du bureau s’il y a lieu. Mesure n°5 : prévoir la délégation des attributions du Conseil communautaire au bureau communautaire relatives aux affaires courantes dans la limite prévue par l’article L5211-10 du C.G.C.T (hors décisions budgétaires, délégations de service public et orientations d’aménagement). Décidée lors d’une des premières réunions du Conseil communautaire, cette délégation entraîne l’obligation d’un compte rendu au Conseil communautaire par le Président et apparaît suffisante comme, par exemple, pour les attributions individuelles de subventions pour le programme P.I.G. ou les réhabilitations d’installations d’ANC. Le Conseil communautaire peut à tout moment, modifier ses délégations et le règlement intérieur fixe les modalités du contrôle.

4. Organiser la participation du Président et des membres du bureau communautaire aux réunions des conseils municipaux

Depuis que la maison du développement a été construite à Plourivo, l’habitude a été prise de réunir systématiquement toutes les instances de la C.C.P.G. au siège. De même, la quasi-totalité des réunions intéressant l’intercommunalité toute entière ou concernant un secteur plus restreint, sont organisées au siège, alors que rien ne l’y oblige. Il en résulte un relatif « éloignement du terrain » des décisions et des réflexions (sauf sans doute pour Plourivo). De même, l’exécutif intercommunal est tenu de par la Loi à rendre compte de son action au moins une fois par an et de faire son rapport dans chaque conseil municipal s’il en fait la demande. Force est de constater que ce n’a pas été souvent le cas depuis la création de la C.C.P.G. et ceci constitue une anomalie contribuant à renforcer l’idée fausse que l’intercommunalité est déconnectée des communes et serait une instance de même nature que celles des niveaux départemental ou régional. Mesure n°6 : systématiser les réunions décentralisées des commissions, des groupes de travail et autres réunions dans les communes. Le règlement intérieur aura à prévoir l’organisation des réunions des instances communautaires « hors les murs », dès lors que les thèmes abordés la rendront possible. Il permettra la participation, en auditeur libre, des agents communaux concernés ou intéressés et, chaque fois que cela pourra paraître utile, de la population locale pour les réunions publiques. Mesure n°7 : assurer la présence du Président et des Vice-présidents de la C.C.P.G. aux réunions des conseils municipaux à l’ordre du jour desquels une question à caractère intercommunal sera systématiquement prévue. Le dialogue commune / communauté ne peut être mieux entendu, aussi bien par les élus communaux non conseilleurs intercommunaux que par la population locale, qu’au sein de la principale instance démocratique locale qu’est la réunion du conseil municipal. Les questions intercommunales seront ainsi l’occasion d’un échange dans les deux sens entre l’exécutif intercommunal et le conseil municipal, auxquels seront pleinement associés les conseillers intercommunaux issus de la commune.

CCPG Décembre 2013 - Impression IAP Paimpol décembre 2013