CULTURE

Rosenblum Collection : un secret bien gardé

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© Anthony Lycett

Créée par le fondateur de Pixmania, Steve Rosenblum et sa femme Chiara, la Rosenblum Collection and Friends est un temple confidentiel de l’art contemporain.

a grande porte noire ne laisse rien imaginer. Pourtant, derrière, se cache un lieu unique, l'un de ceux que seul Paris sait si bien garder. La collection Rosenblum est une perle rare : totalement consacrée à l’art contemporain, cette fondation-galerie ouverte au public pour des visites privées, est le bébé de Chiara et Steve Rosenblum. Passionné d’art, ce couple de jeunes entrepreneurs a créé au fil du temps une collection impressionnante qui a trouvé résidence en partie dans cet espace de 1500 m2 niché au cœur du 13e arrondissement. → Œuvres monumentales “En 2010, en revenant de la foire de Miami où nous avions visité de grandes collections privées comme celle des Rubell, nous avons décidé de faire quelque chose de similaire à Paris. Le lieu, un ancien laboratoire photo, nous offrait une surface suffisamment

grande pour accueillir les œuvres monumentales acquises”, raconte Chiara Rosenblum. Et le pari est réussi, vu la liste prestigieuse des artistes exposés : Duane Hanson, Christian Boltanski, Matthew D. Jackson… “Au début la ligne politique guidait nos achats vers des pièces engagées, comme le container de bagages explosé de Christoph Büchel ou les œuvres emplies de pétrole d’Andrei Molodkin. Puis notre œil s’est aiguisé, nous sommes allés vers des pièces qui ne nous interpellaient pas au début. Nous suivons nos coups de cœur”. → Second Home La plupart des œuvres sont des commandes, le résultat d’un travail de dialogue et d’échange avec les artistes. C’est le cas de la pièce la plus impressionnante de la collection : Second home de Matthew D. Jackson. Un abri antiatomique de huit mètres sur quatre que Jackson a trouvé

aux États-Unis en 2010. “Il s’agit de la synthèse du mythe de splendeur et décadence américain. L’auteur a reproduit à l’intérieur de l’abri une série de symboles de la culture américaine, en montrant, pour chacun, le revers de la médaille”, explique Caroline Pons Hollande, qui gère la Collection pour Steve et Chiara. Déplacée à l'aide d'un tracteur., elle a été installée dans une structure de métal, verre et miroirs qui donne une impression de flottaison. “Nous essayons chaque année de renouveler l’accrochage à partir des œuvres que nous avons acquises et des prêts de nos amis. Nos portes sont ouvertes quelques jours tous les mois pour des visites commentées en français ou en anglais, ainsi qu’à l’occasion de la manifestation Paris Face Cachée, explique Chiara. Et nous allons ouvrir la Collection pour la prochaine édition de la Fiac, à l’automne 2015.” Federica Quaglia

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© Valérie Baeriswyl

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