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SPORT­BUSINESS

22 Août 2009 I Les Sports Mag I 24

25 I Les Sports Mag I 22 Août 2009

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Riccione, la ville où le vélo est roi

(D. R.)
(D. R.)

Le coach de Cancellara comme guide

Le faciès taillé à la serpe et le teint hâlé, Richard Steiner se fondrait sans pro- blème dans le peloton des pros de la Se- maine Coppi et Bartali qui s’élance cha- que année de Riccione. À 66 ans, Richard Steiner parcourt encore annuellement 20.000 kilomètres. Et pour cause, ce Suisse (professionnel de 1965 à 1984 et ancien spécialiste du cyclo-cross) est le responsable des guides cyclistes de l’hô- tel Dory. “Mon job consiste à concevoir les parcours que nous proposons aux stagiai- res et à gérer le staff des accompagna- teurs”, détaille cet ancien policier. “Il me faut réfléchir à des itinéraires pour des cy- clistes de tous niveaux dans lesquels l’inté- rêt athlétique des tracés ne doit pas occul- ter l’intérêt touristique. Mais la chose n’est pas trop ardue dans cette superbe région ” Une activité à temps plein que Richard mit entre parenthèses le temps d’un mois, en août de l’année dernière. “J’étais responsable de la délégation des cy- clistes suisses lors des JO de Pékin. Notre moisson fut excellente puisque sur les six médailles glanées par notre pays, quatre le furent par des cyclistes.”

Fabian Cancellara et les cyclistes suisses ont offert, lors des Jeux de Pékin, quatre médailles à Richard Steiner, leur chef de délégation. (D. R.)

à Richard Steiner, leur chef de délégation. (D. R.) Pour s’ouvrir un nouveau marché, hors saison,
à Richard Steiner, leur chef de délégation. (D. R.) Pour s’ouvrir un nouveau marché, hors saison,

Pour s’ouvrir un nouveau marché, hors saison, la cité balnéaire italienne d’Émilie-Romagne s’est spécialisée dans les vacances pour cyclistes

Texte QUENTIN FINNÉ

L brise fraîche d’un matin de

mars fait tourbillonner le sa- ble fin sur le Lungomare. Enva-

hies d’une horde de touristes

couleur écrevisse de la mi-juin

a

à

la fin septembre, les plages

de la région de Rimini semblent peiner à charmer des touristes bien plus occupés à profiter des derniers soldes dans les bouti- ques de luxe. Mais là où les autres cités balnéaires res- tent plongées dans une longue et pro- fonde hibernation, la pourtant très chic Riccione s’est découvert un nouveau pu- blic, bien différent de celui-ci qui pavane habituellement devant les vitrines des grands couturiers. Chaque matin, sur le coup de neuf heures, les artères de cette bourgade d’Émilie-Romagne résonnent au son des clic-clac des pédales automati- ques. Depuis un peu plus de dix ans main- tenant, la ville fait les yeux doux aux cy- clistes. Bien décidé à ne plus voir les volets de son établissement clos de la fin septembre au début du mois d’avril, Stefano Giulio- dori a ouvert les portes de l’hôtel Dory à cette nouvelle clientèle. “J’étais à la recher- che d’une nouvelle impulsion”, détaille le di- recteur de cet hôtel familial. “Il nous fallait trouver une nouvelle recette si nous voulions rompre la léthargie dans laquelle était plon- gée la région tout au long de la saison creuse. J’ai alors pris conscience que les atouts de no- tre arrière-pays étaient en parfaite adéqua- tion avec les exigences des cyclistes. Il ne nous restait plus qu’à adapter les infrastructures de l’hôtel à ce public quelque peu singulier.” Le garage à vélos et l’atelier aménagés, il restait à imaginer des parcours balisés emmenant les cyclistes sur les collines de

l’arrière-pays. “Avec le soutien des pouvoirs politiques locaux, lesquels ont bien perçu l’in- térêt touristique de la chose, nous avons ap- posé pas loin de 350 panneaux balisant des parcours de 30 à 180 kilomètres pour des

sportifs de niveaux très divers. Ceux-ci sillon- nent toute l’Émilie-Romagne, mais s’étendent également jusqu’aux Marches et à la Tos- cane.”

Le terrain d’entraînement de Marco Pantani

La formule a, depuis, fait recette puis- que la Riccione Bike Hotels regroupe aujourd’hui quatorze hôtels disposant d’infrastructures spécifiques à l’accueil de ce public, dix autres établissements ouvrant également leurs portes aux cyclis- tes sans pour autant offrir de facilités par- ticulières. Une capacité d’accueil qui a fait de Riccione La Mecque du cyclisme ama- teur. Chaque année, ce sont ainsi 10.000 sportifs qui s’y donnent rendez-vous pour parfaire leur condition physique, sous la conduite de guides professionnels dictant l’allure pour des moyennes allant de 17 à 28 km/h. C’est que le relief de l’arrière-pays y est escarpé. Le bord de mer tout juste aban- donné au terme d’un bref échauffement, la route s’élève irrémédiablement. Sous un soleil déjà délicieusement printanier, de multiples essaims bigarrés ondulent aux rythmes des vallons romagnols, buti- nant les splendeurs d’une campagne en plein éveil. La montagne se fait tout à coup plus abrupte et le mollet plus crispé, comme pour mieux rappeler que c’est ici que Marco Pantani, le Pirate, fourbissait ses armes.

ici que Marco Pantani, le Pirate , fourbissait ses armes. Au milieu des champs d’oliviers et
ici que Marco Pantani, le Pirate , fourbissait ses armes. Au milieu des champs d’oliviers et

Au milieu des champs d’oliviers et des

pieds de vignes, le peloton est internatio- nal. Dans les petits groupes

répondant aux sobriquets de cappuccino ou limoncino, Américains, Australiens, Ca- nadiens, Anglais, Néerlan-

dais, Suisses et Italiens cô- toient une imposante colo- nie belge. “Notre hôtel, à lui seul, accueille près de 800 de vos compatriotes chaque saison”,

che (NdlR : mieux connu sous le pseudo de Monsieur Cyclo), tombé fou amoureux de notre région et qui a initié des voyages orga- nisés vers Riccione pour faire partager sa passion de l’endroit et du cyclisme.” Il faut dire que quand les frimas hiver- naux vous glacent encore l’échine en nos contrées, il fait habituellement de dix à quinze degrés de plus au bord de l’Adriati- que.

10.000 cyclistes s’offrent, chaque année, un stage à Riccione

EN SAVOIR PLUS détaille encore Stefano Giuliodori. “Un succès que nous devons à Jean Ghier-
EN SAVOIR PLUS
détaille encore Stefano Giuliodori. “Un
succès que nous devons à Jean Ghier-
www.riccionebikehotels.it
www.riccionebikeasbl.com

Une nouvelle voie de reconversion

De nombreux ex-coureurs profes- sionnels se sont lancés dans le busi- ness des stages cyclistes. Une voie de reconversion en plein boom auprès des anciens grands noms qui tirent alors pleinement parti de leur noto- riété auprès d’un public cible pour qui partager une sortie d’entraîne- ment avec, par exemple, Stephen Ro- che relève du rêve. Voici une liste, non exhaustive, des principaux ex- pros actifs dans le secteur.

Laurent Fignon : le double vainqueur du Tour de France a repris, en 2006, un complexe hôtelier à Gerde, com- mune voisine de Bagnères de Bigorre au pied des Pyrénées, pour y ouvrir, en février 2007, le Centre Laurent Fi- gnon. La philosophie de ces stages est essentiellement de parfaire la technique des cyclistes lors de sé- jours thématiques comme celui vi- sant à apprendre à gravir les grands cols pyrénéens.

Infos : www.centrelaurentfignon.com

Christophe Agnolutto : le Français, détenteur d’un brevet d’état, encadre lui-même les stagiaires en compa- gnie d’un autre ancien pro. Le gros

attrait de cette formule est le partage d’une sortie avec un coureur profes- sionnel en activité (Cristophe Mo-

Ces stages se

reau, Nicolas Portal

déroulent dans le cadre prestigieux (trois étoiles) de l’hôtel-casino du

Parc de Salies-de-Béarn.

Infos : www.abes-stagevelo.com

).

Stephen Roche : l’Irlandais est un des précurseurs dans le secteur. Ouvert depuis quatorze ans à Costa de Cal- via, au Sud-Ouest de l’île de Major- que, l’établissement quatre étoiles de très haut standing surplombe la mer et possède même un spa.

Infos : www.stephenroche.com

Paolo Bettini : s’il ne possède son propre établissement, le double champion du monde travaille à la promotion de sa province, la Tos- cane, comme destination pour des vacances cyclistes. Il est ainsi possi- ble de réserver, en octobre, un séjour d’une semaine au cours duquel l’an- cien vainqueur de Liège-Bastogne- Liège partagera la route avec les sta- giaires.

Infos : www.bikehotelstuscany.com

Andrea Tafi : si on ne peut pas parler réellement de stages cyclistes, l’an- cien vainqueur du Tour des Flandres a ouvert un agriturismo centré sur le vélo à Lamporecchio, en Toscane. Dans un ancien moulin totalement rénové, les sept appartements (cha- cun porte le nom d’une des grandes classiques du calendrier) accueillent les vacanciers dans un cadre très na- ture.

Infos : www.ilborghettodiandreatafi.it