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SATYRE

MÉNIPPÉE

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Bt vous orrez tunlost merveille De l'effet du Catliolicon :

De

la

a guéri monsieur du Maint morsure d'un fauxcon

LE CHARLATAN ESPAGNOL
FRONTISPICE DE LA PREMIÈRE ÉDITION DE LA SATÏRE MÉNIPPÉE PORTANT LA DATB DE 1593

SATYRE

MÉNIPPÉE
DE LA VERTU DU GATUOLICON D'ESPAGNE ET DE LA TENUE DES ESTATZ DE PARIS
M. D. XClIl.

NOUVELLE

ÉDITIO-N

REVUE SOIGNE L'SEUEXT SUR LES TEXTES ORIGINAUX PRÉCÉDÉE d'une INTRODUCTION ET ACCOMPAGNÉE DE NOTEi

CH. MARCiLLY

PARIS
GÂRNIER FRERES, LIBRAIRES-ÉDHEURS
6,

RLE DES SAINTS-PÈRES,

t>

1889

avec le grand règne de François I" et le artistique de la Renais- sance. si fin. une Ué- œuvre nippie. Béroalde de Yerville. Noël du Fail. — U.INTRODUCTION 1. finit au milieu des troubles des guerres civiles et religieuses. si français. du moins plus patriotique la Satyre . LES AUTEURS DE LA SATYRE. I. Hl. Malherbe. IV. sinon plus française que celles de ces : bons auteurs. BIBUOGRAPHIE. Marguerite de Navarre. — LA LIGUE. Après le Clément du Ronsard. l'anarchie Bellay. et l'oppression. dans une dernière convulsion. LA SATYRE MÉINIPPÉE. écoulant tristement ses dernières années dans Marot. il produit. DesPériers. LA LIGUE. collective. les gaies inventions Le xTi* siècle qui commence avec mouvement et les joyeuses fantaisies de Rabelais. après si grave Montaigne et cette série de conteurs à l'esprit gai.

il hommes de talent n'est pas inutile de jeter un coup d'œil rapide sur l'ensemble des événements qui ils leur inspirèrent l'œuvre satyrique à laquelle doivent une renommée Dès le populaire. l'impatience et la l'instabilité et la faiblesse le que causent d'un gou- Ternement de hasard. cinq hommes de professions diet originaires verses. L'horreur de l'injustice. L'amour de le la justice et du droit. des anciennes la mœurs et des traditions nationales. II. leur inspirèrent un pamphlet. de gens tarés. la compassion pour ses misères. d'éloquence et d'ironie. mais surtout dégoût pour cette foule d'ambitieux grands et petits. de provinces éloignées. qui surgissent de partout aux époques de troubles. rassemblèrent tout à coup. le mépris pour fatigue despotisme des masses . règne de François les dissensions religieuses ay.aient saient amené la guerre civile. Les troubles ne s'apaiun instant que pour se ranimer bientôt avec une nouvelle violence. œu- de bonne politique en même temps que chef-d'œuvre d'esprit. qui n'appartient qu'aux esprits justes et détachés de toute ambition personnelle. sans conscience. enfin la raison. haine de l'étranger cherchant à établir son influence la direction le sur des affaires intérieures de la France . Avant d'examiner ce que furent ces doublés d'hommes de bien. sainement les certitude de juger et de peser le choses pour bien et l'intérêt de tous.II INTRODUCTION. vre de raison et. presque inconnus les uns aux autres. sentiment de l'honneur de et cette la France. Si l'apaisement se faisait dans une pro- . le respect des institutions du pays. sans autre mobile que l'intérêt personnel. le bon sens. au mo- ment le plus critique.

avaient fait les maréchaux d'Armagnac en qu'un une en Languedoc avec seigneurs du pays. la guerre se rallumait dans m : une autre l'antago- nisme existait partout en France entre catholiques et huguenots.ISTRODUCTIOS. marquis de Trans Strossi et les s'était fait chef d'une ligue. le sives. dévastaient inquiétaient les le plat foulaient le paysan. Tince. On se groupait pour se protéger mu- tuellement de village à village. si le chef de la Ligue avait des vues d'intérêt per- . de bourgade à bourçade. mais aussi capable de renverser la royauté sonnel. et ces derniers. n'a- Taient pas reculé devant l'appel à l'étranger. enrôlaient des mercenaires dans les cantons suisses . la France. Dès le règne de Charles IX la ré- sistance s'était organisée d'une manière plus large dans quelques provinces. s'isolant dans une défense égoïste et individuelle. Leurs coreligionnaires d'Allemagne leur fournissaient des troupes ils . la se protéger contre les gens de guerre des deux Bourgogne avait organisé des confréries défende petites ligues ou d'associations militaires. sillonnant pays. suftîsait chef intelligent et populaire réunit en une seule ces associations provinciales. Il Dés lors la Ligue existait en principe. les bourgeois faisant garde de jour et de nuit aux portes et sur les remparts. pour égahser les forces. leur donnât une impulsion. villes. pouvant mettre fin aux troubles don- nait au roi son appui. et ces le bandes étrangères. et en face de l'association protestante se dressait une puissance si elle redoutable. et bonnes Toutes étaient armées et sur pied de guerre. Les populations du Limousin et du Vivarais s'étaient ar- mées pour partis. sortes Dans le Bordelais.

Ce fut la Picardie qui se déclara la première. croyant mettre le fin aux dissensions ci- en 1576. Le duc d'Alençon s'était joint aux huguenots roi de Navarre. et la religion nationale. protestantisme. Ligue. c'est-à-dire la il exaspéra les cala majeure partie de nation. était retourné à la religion protesIII. et l'acte d'association pro- clamé à Péronne en février 1577. Aux anciennes ligues. faisaient. le que Louis de Henri 111 la Trémoille y engageait Poitou. Henri viles.iT INTRODUCTION. cinquième Édit de pacification. s'échappant de la cour le où il se regardait comme prisonnier. et le duc de Mayenne en Bourgogne. se recruta presque exclusivement dans les hautes classes et parmi les savants et les lettrés. et aussitôt les ligues défensives changèrent d'objet et de- vinrent des associations dirigées contre l'envahissement du protestantisme dont le peuple ne la voulait pas permettre religion reconnaissance officielle comme que le autorisée. tante. à ses débuts en France. mais qu'il compta très peu d'adhérents parmi le peuple. Le duc de Guise en Champagne. à l'instigation de son gouver- neur. Mais cet édit ne pacifia rien tholiques. Il faut remarquer. un appui pour le catholicisme. en effet. et de tous les officiers de la province. reçut les signatures de plus de deux cents gentilshommes. fut frappé de voir s'élever subitement cette . Les ligues parurent donc le remède à opposer à l'extension de la religion nouvelle. presque en même tandis temps. s'en joignirent de nouvelles. Jacques d'Humiéres. la religion : accordant l'exercice public de prétendue ré- formée. qui se forti- fièrent. signait. La marche des événements accéléra la formation de la . entrer le peuple dans la sainte association.

la États de Blois en En Ligue parut d'abord frappée d'impuisle roi. les Guise. le Conteil de* Quarante. en son âme. Cependant il est nécessaire. D'ailleurs. A tous ces points de vue il crut habile de se mettre à la tête de la Ligue. il haïs- huguenots. créateurs de cette force nouvelle. le feu des passions religieuses se ralluma sou- dain. entre les mains d'un chef habile. habilement travaillé. Mais pour éviter la guerre civile. censeurs rigides de ses mœurs. d'exposer brièvefaits principaux qui signalèrent l'organisation définitive de la Ligue jusqu'à l'ouverture des États Géné- raux de Ce fut Paris. et ennemis des favoris dont s'entourait. se donna une sorte de gouvernement factieux. Le peuple de Paris. et les ligueurs s'écartèrent de lui. le chef pendant la réunion des effet. sance. pour en bien les faire saisir les allusions. t puissance qui. Sui- vant entre les le meneurs. demeurant à l'état de force latente.INTRODUCTION. dont il soupçonnait vaguement ambitieux desseins. dont . et il s'en déclara solennelle- ment 1577. Ici nous sortons des générahtés pour aborder de la le sujet même ment Satyre Ménippée. conil tempteurs de sa cour. ayant l'année suivante signé l'Ordonnance de Poitiers qui confirmait les privilèges accordés aux huguenots par les précédents Édits de Pacification. le rapprochement de Henri III et du roi de Na- varre qui donna une impulsion nouvelle à la Ligue. les Il redoutait les Guise. et la religion catholique était menacée. et naturellement désignés pour sait les la diriger. pouvait devenir un jour rivale de la sienne. roi et les il s'agissait d'une véritable alliance : protestants les huguenots allaient triompher.

dans cas où la le roi mourrait sans enfants mâles. excluant de à la couronne tous les princes hérétiques roi d'Espagne l'appui de la Ligue . usurpatrice le couronne. membres. prince hérétique. de payer tous les mois cinquante mille pistoles attribuées aux frais de la Ligue. et de rétablir sur trône de France les descendants de Charlemagne. succession pi^omettant au pour soumettre ses supar Philippe II. à charge. et un les avocat au Parlement. son émissaire. U s'agissait de l'écarter . et transmettre à chacun d'eux le les ordres des Qua- rante. jets rebelles des Pays-Bas. qui dans la suite se firent seize remat'quer par leurs excès. Il avait fait dresser et publier une généalogie de la maison de Lorraine où l'origine de cette maison se rattachait direc- tement à Charlemagne. nommé David. le Ce n'était pas sincèrement que chait à faire duc de Guise cher- admettre les droits au trône du cardinal de Bourbon. mais en réa- Hté porteur de mémoires secrets et de lettres pressant le pape de dégrader de la la maison de Hugues Capet. La mort récente du duc d'Anjou faisait de Henri de Navarre. et signait avec eux une les droits convention reconnaissant éventuels du cardinal le de Bourbon au trône de France. plus le : pWché héritier du trône. recevait secrètement dans son château de Joinville les envoyés du cardinal de Bourbon et ceux du roi d'Espagne. En même temps duc de Guise se retirait dans son gouvernement de Champagne. devaient être les chefs des seize quartiers de Paris. Lui-même y prétendait secrètement. était allé à Rome sous le prétexte de solliciter du pape bulles d'iriVestiture de l'archevêché de Toulouse pour Paul de Foix.VI IRTRODUGTIOR.

mort de Grégoire XIIÏ. les . et ne pou- que faire cause commune avec les ennemis de l'héritier dépossédé. Le duc. qui détenait le vait royaume de Pîavarre. Mais les Seize le pressent au contraire d'y entrer. sont sort armes. le et cette victoire. les bourgeois prennent les royales. Le pape redoutait l'extension du protestantisme en France. accompagné d'une troupe armée. La guerre entre catholiques et protestants se rallume aussitôt. fait acclamer son risiens. Ceux-ci appellent à leur aide les princes protes- tants d'Allemagne. nom des Pa- Le roi ouvre enfin les yeux. les dans leur pays.INTRODUCTION. et craignait que les huguenots ne contraignissent Aussi. tandis que duc de Guisé . les refoule le duc de Guise les poursuit. son successeur Sixte-Quint fulmina contre Henri de Navarre et le prince de Condé une bulle d'excommunication où rait incapables il les décla- de succéder à la couronne. c'est ta s'était allié dans ce but qne le duc de Guise à Phi- lippe U. Mais bat. et fait défense expresse au duc de Guise d'y venir sans son ordre. dont la Ligue s'attribue mérite. donne au duc de Guise un surcroît de popularité qui. réduites à l'inaction. Le 12 mai 1588 le peuple tend les chaînes au travers des rues. car ils craignent que le roi n'emploie contre eux des mesures de rigueur. élève des barricadas. qui entrent en France à la tête d'une puissante armée. y vient malgré sa présence y occasionne la défense royale. et le une révolution connue sous nom de Journée des Barricades. après la le roi à réunir un Concile national. de la domination qu'elle exerce déjà à Paris. 11 est *»fTrayé des pro- grès qu'a faits la Ligue. troupes et le roi désarmées le précipitamment de Paris.

et répandaient le bruit d'une conspiration dirigée contre sa personne. Au mois de il juillet publiait l'Édit de réunion. en plein jour. démasque courageusement leur ambition couverte par l'apparence du bien public et de l'intérêt de tous . Cédant à des conseils d'accord avec sa rancune. il les fit ouvertement royale. révèle leurs crimes. Le roi tenta la cependant encore un dernier effort pour gagner 1588 il sympathie des ligueurs. et duc de Guise et son frère le cardinal étaient : présents. dans il cas où mourrait sans enfants mâles.Tm INTRODUCTION. dans une résidence le soir duc les le 23 décembre. Le roi ne leur avait pas pardonné l'excitaient contre ses familiers eux. y avait un peu plus de sept mois de Paris devant le qu'Henri Ul s'était enfui duc de Guise et la faction des Seize. par lequel le s'engageait à anéantir l'hérésie dans royaume et déclarait inaptes le à régner après lui les princes huguenots. elle a levé masque. assassiner. puis Généraux. et les laisse . et s'empare de l'Arsenal de la Bastille. : un des leurs. et le cardinal le lendemain 24 puis cadavres mis en pièces furent brûlés dans une les re- salle basse du palais afin d'enlever Il aux ligueurs liques de leurs chefs. Elle en flagelle sans pitié les auteurs. La Ligue est toute-puissante le elle a Paris. se montre aussi hostile à Henri III qu'aux huguenots. le . qu'il met dans la main des Seize en y nommant gouverneur et Bussy-Leclerc. leurs turpitudes. dévoile leurs ruses. le Ils il convoquait à Blois le les États furent ouverts 16 septembre 1588. Les événements qui suivirent sont ceux auxquels s'appliquent plus particulièrement les allusions de la Satyre Ménippée.

ce vilain Hérode. Les curés ligueurs prêchaient publi- quement ils la révolte contre le roi. démasqués. était excommunié pour avoir la fait tuer un cardinal. pour il bien comprendre d'oeil est plus nécessaire encore de jeter un coup les rapide sur les événements qui remplirent quatre années précédant immédiatement l'ouverture des États Généraux de Paris. fustigés. comme nommaient Henri de Valois par l'anagramme de son nom. le traversait ainsi que la Champagne dont il soulevait les populations. instrui- .\inboise. et arrivait à Paris se mettre à la tête de la Ligue. à demande de faite la duchesse de Guise. les put précipitamment avant que ordres du roi pour s'assurer de sa personne fussent arrivés. honnis. et le sur le meurtre exécuté à Parlement sur poursuite des députés du royaume de France. La surexcitation y était grande depuis la nouvelle du meurtre des Guise. d'une part. et du « peuple et consors » d'autre part. La Faculté de Théologie publiait une consultation le déclarant les sujets déliés du serment de fidélité envers roi. il courait à franc étrier vers son gouvernement de Bourgogne. devenu ainsi tout à coup s'enfuir duc de Guise. et les exhortant à s'armer pour la défense de : la reli- gion catholique résultat des paroles III du légat Morosini ipso la qui avait déclaré que Henri facto. Le duc de Mayenne était à Lyon au tre moment du meuril de ses frères. Plus heureux que son jeune neveu Charles.INTRODUCTION. nippée la il a lire la Si pour Satyre Mé- est bon de se remémorer ce qui précède. une enquête avait été Blois. Bien plus. et tandis que son neveu arrêté était emprisonné à .

qui fut chargé de cette recherche. Partout la peuple arrachait. Quelques jours après. contre son gré et sa volonté. les provinces s'armaient. velle. dans les registres du Parlement et archives. . prenait une extension noules Seize. témoigner de la haine des factions. ordonnant des per- quisitions. Bussy Le Clerc arrête sur leurs sièges les membres du Parlement premier président pour suspectés de royalisme. Molan. . et porter atteinte à la majesté royale. déclare par-devant deux notaires. sous le nom de Sainte-Union. Paris est livré à l'anarchie et Le duc d'Âumale en est gouverneur la Bastille. qu'il est retenu de force dans Paris. «défendeur »*. les chiffres et les images du roi. auquel ils prirent trois pleine séance. Le Duchat a publié toutes les pièces de cet étrange procès dans ses Remarques sur la Satyre Ménippée. des confiscations. comme chez le trésorier de l'Épargne. des arrestations. devenus tout puissants. Henfi IV ordoiltia de rechercher et de détruire tout ce qui. les Seize Bussy Le Clerc tient répandent la terreur dans la ville. aux excès du despotisme. suspectant les opinions des citoyens. et les traîne à la Bastille. . brisait et traînait dans boue les armoiries. cent soixante mille écus. Barnabe Brisson. dirigeaient le déféraient au duc de mouvement le titre insurrectionnel et Mayenne nouveau de Lieute- nant général de l'État et Couronne de France. que tout ce qu'il a fait. Ce fut Pierre Pithou. Après son avènement au trône. La Ligue. et proteste solennellement contre tout ce qu'on 1. l'auteur de la Harangue de d'Aubray alors procureur général. procès de Henri de Valois. la Ligue. et même En des pillages. dit et délibéré en cour de Parlement lui a été arraché par force et contrainte.X sait le le INTRODUCTION. pouvait rappeler une époque de troubles.

Après roi la mort de Catherine de s'était Médicis.» III. 2. bords de la Seine. un blâme des agissements de la Ligue. : mêmes On pour exercer de nouvelles rigueurs contre interprète contre eux l'expression de leur visage est- elle gaie. parvin jusqu'au roi et ventre. ou sur un soupçon d'attachement à la cause royale. à Un jeune moine dominicain. ce sont des ennemis de la Ligue qui se ré- jouissent des victoires du roi. p. tous pendus dans une salle : du Châtelet. tua d'un coup de couteau dans le basla fanatisé par les prédications des curés ligueurs. Henri : uni au de Navarre. XLY. un peu gay étoient tenus pour politiques faillit et eut une maison honorable qui d'être saccagée il y pour ce que la servante avoit rapporté que son maîlre et sa maiti'esse avoient ce jour-là ri de bon courage '. rapproché de Paris les les deux ar- mées combinées campaient sur Saint-Cioud. mai 1589. Les échecs subis par les troupes de la Ligue sont prétextes les citoyens. Collection Petitot. . t. les exécutions se multiplient* gens de toutes conditions périssent pour une parole imprudente.INTRODDCTIOR. « Il faisoit lors à Paris fort dangereux de visage rire : car ceux qui portoient seulement le . de Montpensier. Voir Journal de f Étoile. II paya de sa vie cette courageuse déclaration : arrêté par ordre des Seiae avec les conseillers trois furent Larcher et Tardif. Du reste. Journal de fÉtoile. l'enrtemie personnelle de Henri et qui portait à sa ceinture des ciseaux destinés à le tonsurer 1. 403. le On dit que sœur du duc de Mayenne. l'obligera ainsi à faire. madame III. Jacques Clément.

de Henri IV. qui entre- tenait la Ligue de son or. réclamait la couronne de France l'Infante Isabelle. sous nom gner. le roi d'Espagne. Mais le duc de Mayenne 11 était opposé à cet arrangement. le faire pour moine. d'un roi par lui. H proposait de la marier à l'archiduc Ernest. le cardinal de Bourbon. Cependant Henri IV remportait de d'autant plus décourageants étaient nombreux les succès. se hâta de proclamer roi. sur la résistance du Parlement qui voulait maintenir la lique. petite-fille de Henri H. Philippe 11. mais il était hérétique. suscita l'assassin. Le roi de Nale varre se disait bien roi de France par succession. le récompensa par avance en se livrant à Un instant la Ligue se crut victorieuse. mais. Ainsi qu'il tenait le roi duc de Mayenne avait la annoncé de Navarre acculé à mer . il ne pouvait être le roi en voulait du moins régner fait sous nom d'un roi de son choix. et lui. et de Chinon à Fontenay-le-Comte. et loi sa- se refusait à admettre au trône de France un il prince étranger. et de proclamer les deux époux rois solidairement. destiné fatalement à n'être qu'un instrument dans des mains ambitieuses. prince sans caractère. lui répugnait de voir son neveu régner sur s'il lui : il voulait conserver le pouvoir. titre.xn INTRODUCTION. qu'ils pour le ligueurs moins attendus. offrait de la donner au jeune duc secrètement Charles de Guise. sous le nom de Charles X. qui voulait conserverie pouvoir. et le pape l'avait solennellement excommunié et déclaré incapable de ré- Leduc de Mayenne. mis de la D'ailleurs le il était prisonnier des enne- Ligue qui transportaient successivement d'Amboise à Chinon. sans énergie. En même temps pour sa fille. et.

où entrait en fugitif par une poterne*. Voir la Satyre. et qui réduisit les habitants à la dernière extrémité. puis repris. et qu'il se faisait fort. resserrant de phis en plus sa Ugne d'investissement autour de Paris. qu'il assiégeait enfin. et. xni près de Dieppe. p. qui y campaient avec leurs l'exercice de la justice interrompu. s'enfuyant devant le Béarnais il arrivait d'une traite à Mantes. Melun.INTRODUCTION. L'Université. sous peu de jours. Corbeil. 37. et l'herbe poussant dans les cours du 1. . comme pour une le fête. Enfin Henri IV prenait Chartres. échec à Ivry (1590) victorieux. hâtant sa marche. Déjà on ornait. 2. déserte et abandonnée . par la bouche de d'Aubray. Voir la Satyre. au contraire. p. Puis ce même il duc de Mayenne éprouvait un nouvel . interrompu par duc de Parme. Mais ce fut lui. il occupait les faubourgs la nuit Saint-Germain et Saint-Jacques dans saint de l'an 1589. trace un sombre le tableau de Paris pendant ce siège. au de la Tous- moment où en le les bourgeois hgueurs la suite pensaient crier Noël ! voyant prisonnier à du duc de Mayenne'. qu'il ne pouvait lui échapper. les salles des collèges servant de retraite aux paysans des environs. description de la sixième tapisserie. Pithou. Lagny. bestiaux . description de la septième tapisserie. la rue Saint-Antoine par laquelle vaincu devait entrer chargé de chaînes. et les dames y faisaient louer des fenêtres et des étaux pour assister à l'humiliation du Béarnais. 36. et. qui battit à Arques son prétendu vainqueur. de l'amener prisonnier à Paris.

des cette ceinture d'orfèvrerie. soit marchés vides. roi. morts d'inanition. Henri IV. d'un pain fabriqué avec les alla jusqu'à faire l'essai ossements des morts réduits en poudre C'est : mais on dut y renoncer. car la famine règne à Paris dans toute son horreur.xrv INTRODUCTION. et surtout d'exciter les convoitises de l'étranger. Le duc ne pouvait plus reculer. et qui faisait l'objet des convoitises et . à bout de ressources. . était mort. les circonstances dans lesquelles on se trouvait faisaient : désirer à tous une prompte solution la France était lasse des troubles. fait ont d'abord argent du demi-ceint. Palais plus de joyeuses réunions. déjà sacré à Chartres» . plus d'approvisionneles ments. et ont fait l'abandon de leur corps pour ne pas mourir de faim. furent enfin convoqués le pour faite mois de décembre 1592. Le Conseil de l'Union. lasse des guerres civiles. soit par la nécessité. et pour se procurer un peu de pain chacun Les femmes a vendu ses joyaux. par le pillage. les maisons nues et dépouillées. dont réunion avait été déjà plusieurs fois indiquée. sur la proposition de l'ambassadeur d'Espagne. dont Bernardin de Mendosse. puis chaque fois retardée par le duc de Mayenne qui craignait de perdre le pouvoir. la parure et l'orgueil des petites bourgeoises. lasse de servir d'enjeu à l'ambition de quelques chefs de parti. mais l'ouverture n'en fut le que 26 janvier 1593. Au mois de juillet 1593. les au milieu de ces calamités que la États Géné- raux. On les dit qu'une mère mangea corps de ses enfants. plusieurs d'entre ont oublié toute pudeur. le Son prétendu Cardinal de Bourbon. désirs des servantes et chambrières puis la disette augelles mentant.

du règne de François elle Vers la fin 1". le 18 octobre 1534. la réaction com- mençait les Paris ouvrait ses portes au roi le 22 villes faisaient mars 1594. Ce n'est pas à ses . spirituelle et futurs auteurs de la Satyre Ménip- pée sortaient du tiers état. — LES AUTEURS DE LA SATYRE. bonnes leur soumission. La France ouvrait enfin yeux et voyait . derniers repréle sentants. II. La Champagne revendique avec raison l'honneur d'avoir donné naissance à deux de ces hommes de talent : Jean Passerai et Pierre Pithou. et la royauté légitime était restaurée. du sein de dont les cette bourgeoisie lettrée. déver- ridicule sur les chefs de la Ligue. son véritable intérêt . Jean Passerai naquit à Troyes. causèrent en grande partie sa chute et son effondrement au milieu du mépris pubUc. déjà bien amoindris.INTRODUCTION. disparurent avec xvm' siècle. après plus tard. Alors parut sant l'odieux et le Ménippée. Les éclairée. archela Satyre vêque de Bourges. un peu avant Ligue et les premiers événements qui préparèrent la furent comme siècle l'œuf d'où devait éclore près d'un demiqui. naissaient ceux avoir été témoins de sa croissance et de ses excès. entre les mains de Renaud de Beaune. et qui aimait et cultivait les lettres. xt abjura là religion protestante dans l'église collégiale de Saint-Denis. et sur leurs les alliés de l'étranger. d'un père qui avait beaucoup voyagé.

où alla d'abord. entre son cours public et ses études le trouvant encore Il temps de publier ses premiers travaux d'érudition. il entra. son père à voyager. un beau jour. puis retourne à Paris où les est jugé digne d'enseigner Pies si s. Singulier commenet cement pour un futur érudit quence ! un professeur d'élo- Peu après on le retrouve à Sancerre. puis au collège de Boncourt il où il expliquait les Commentaires de César. Puis il réintègre le collège de Troyes. quittant sa ville natale il pour courir monde.xTi INTRODUCTION. étudiant avec passion les auteurs grecs. soins cependant qu'il dut le remarquable talent littéraire auquel il parvint. A Bourges. pendant trois années. que l'amour de mal. 11 va étudier au collège de Reims. soit qu'il fût mort dès la première enfance de Jean. lui. éveillé goût de l'étude paraît s'être en . celui-ci fut élevé par un chanoine du le fit le nom de Thiénot. personnelles. et. Sans doute son père lui avait transmis le en germe goût des belles-lettres . qui étudier au collège de Troyes. Il annonçait plus alors goût aventureux qui avait poussé l'étude. paraît- au service d'un maréchal ferrant. il à Paris revient à Troyes. où un religieux de Saint-Satur le recueille et le garde quatre mois près de et y reste lui. et les . son oncle maternel. tation méritée : jouissait déjà d'une répu- successivement professeur au collège du Cardinal-le-Moine. humanités au collège du C'est là qu'il se perfectionna. mais soit manque de fortune. le Durant cette période. attirait autour de sa chaire des lettrés comme Ronsard et Baïf. il Sous prétexte que son régent le traitait s'enfuit le il.

jusqu'à l'époque où se levèrent les jours sombres de la Lorsqu'il vit Paris livré à la tyrannie populaire. Le succès. et des États voisins savants venaient pour l'entendre. ouvert Il avait un cours particulier. il Pen- dant de longues années continua son enseignement au milieu de cette foule d'admirateurs éminents. L'occasion s'étant présentée le d'accompagner à Bourges l'abbé d'EIbenne. qui fut nommé pro- fesseur d'éloquence au Collège royal de France. en 4572. et lorsqu'il fallut donner un successeur au la célèbre le Ramus.INTRODUCTION. mais en égal. traité par de Mesmes non en protégé. magistrat aimant et protégeant les lettres. l'éclat de ce cours fixèrent sur lui l'attention. choix du roi s'arrêta sur Passerai. massacré pendant Saint-Barthélémy. où Passerai vécut les vingt-neuf dernières années de sa vie. Henri de Mesmes. Au retour. et s'y fixa définitivement. dans sa maison. puis revint à Paris. le titre où il commentait du Digeste De Verborum signifi- catione. vers 1569. le même en abbé d'EIbenne. professeur le pendant qu'il trois ans étudia avec On suppose s'arrêta fit ensuite. en ami. Autour de sa chaire se groupèrent attentifs lers et les présidents les lettrés et les les conseil- du Parlement. l'attira près de lui. regardant en philosophe les excès de la . prés de la porte Saint-Victor. originaire de Florence. hommes les plus distingués xvn de son temps par leur nais- sance ou leur talent. et droit sous Cujas. il desétroit cendit de sa chaire et se renferma dans le cercle de la vie privée. applaudi quitta sa chaire. un voyage Italie. Toute science l'attirait. il dans sa ville natale. Ligue.

d'un pédant. par l'abbé Goujet. de gaieté et de bon sens s'accorde bien avec et le caractère l'humeur qu'on lui connaît. Voir sur Passerat Mémoires sur le Collège royal de France. : . Il n'y a pas jusqu'à une très curieuse appréciation du talent de Rabelais. 295 . sur les œuvres duquel avait écrit un com- mentaire. Loin d'affecter sérieux et la gaie. détruit par son ordre à l'heure de sa mort.xviaa INTRODUCTION. 1. II. 130 Mémoires snr les Troyens célèbres. utt profond un poète élégant en français et en aux sources de gravité l'anle dont le talent s'était inspiré tiquité. c'était un homme d'humeur il lecteur assidu de Rabelais. — Vie de Passerat. 1. On peut le considérer comme l'auteur. discours imprimé à la suite de la Satyre. en patriote l'aveuglement des Fran- foule. — t. on pourrait même aller plus dans cette voie de l'hypothèse. Passerat n'était pas seulement érudit latin. p. qui l'illustre commentateurs de ne porte en la marque de son admiration pour railleur même temps 1. : c'était aussi un savant. et tout ce Discours plein de fantaisie. . p. de certains passages de la Ménippée évidem- ment loin. imités de Rabelais . dans les Œuvres inédites de Grosley. de et inscrire à son avoir le Discours r Imprimeur sur l'explication du mot de higuiero d'infierno. 231. L'érudition grecque et latine étalée sans prétention par le Seigneur Misoquene n'est pas indigne de Passerat. et regrettant çais «. p. seconde partie. et au bas duquel jusqu'ici personne n'a songé à mettre une signature. ou tout au moins l'inspirateur. dans les Éphémérides de Grosley. appré- ciation qui n'a été remarquée par aucun des précédents la Satyre.

qu'il suivit quelque temps. éléments du du grec et même de l'hébreu. Attaché aux nouvelle. on veut en retrancher tez les quolibets de taverne il et les sale- de cabarets'». de notre temps. il Énumérant les satyriques. était aussi de Troyes. et acheva ses études au collège de Boncourt. Voir la Satyre. y a probabilité et présomption morale. dès sa première latïji. le bon Rabelais. sur l'œuvre de Rabelais L'autre Champenois qui prit une large part à la rédac- tion de la Satyre Ménippée. qui • f « tous les autres en rencontres et belles robineries. p. et par les cours du collège de Troyes. il partit pour Paris comme son compatriote Passerat. Ainsi préparé à des éludes approfondies par son père. fils — pro- l'avocat éleva son Pierre dans les principes il du testantisme. retour à 1. et qui laissa imporreUgion tante et choisie. Puis de sous le célèbre professeur Turnèbe. les inculquant. . que la trace xn des scrupules de couscience qui lui firent détruire sept ans plus tard le travail qu'il avait consacré à son auteur de prédilection. En tout cas ce jugement contemporain était intéressant à noter. 331. a passé si dit. l'église — bien qu'à sa mort ait été enterré dans des Cordeliers suivant les rites catholiques. En même temps littéraire. Pierre Pithou naquit le 1" novembre 1559. grand amateur des après lui une bibliothèque doctrines de la il de Pierre Pithou. « et. lettres. Assurément le n'y a pas certitude pour attribuer à Passerat mais il Discours de VImprimeur.INTRODUCTION. lui s'occupait lui-même de son instruction jeunesse. du second mariage avocat distingué.

et gagnant sur les toits des maisons voisines l'abri que lui offrait il un ami dévoué. le de le l'Édit de pacification publié par Il roi Charles IX H août. revenait trop tôt. envoyait à son un souvenir qui est en même temps une glorieuse attestation de l'estime qu'il faisait de la science de Pierre Pithou et de son frère François. lors- que Pithou quitta ancien élève l'école. sur la foi En 1570 il rentrait à Paris. Mais quelques années il quiltait la France. C'est à grand la peine qu'il échappa au massacre de Saint-Barthélémy. et il eux des relations d'amitié. il faisait une perte 1. qui était digne de tels fils. il Troyes. Épitre dédicatoire du Code Théodosieq. et que je me rappelle celle qu'a éga- lement obtenue en tout genre de littérature leur père. et pendant cinq années il suivit à Bourges le cours de droit de Cujas. Longtemps dut se cacher. . lorsqu'il vait : écri- « Quand je considère la gloire que Pierre et Fran- « çois t « Pithou se sont acquise. fuyant en chemise par une lucarne. dont Cujas à son disciple. se décida à embrasser la carrière du barreau. après (1567) à l'âge reçu avocat au Parlement de Paris. de vingt et un ans. où ses opinions reli- gieuses entachées des idées nouvelles le mettaient en danger. en l'autori- donna une preuve éclatante sant à lui faire dans une thèse des adieux Plus tard il publics. je demeure persuadé que un séminaire de grands hommes* ».IX INTRODUCTION. tant par leur science que par leur courage. et se réfugiait à Bâle. L'illustre professeur le s'établit entre remarqua. Pierre Pithou fut « celte famille était En 1560.

à la du bien et de la conservation de sa patrie l'enflammait outre mesure. Hist. ces revers n'ébranlèrent pas sa consf ance. recula velle. on l'appelait. curé de Saint-Paul à Paris. qu'une mula besoin titude d'hommes de sentir une main qui la di- rige. Simon Yigor. CX^II. excès dans cette voie ouvrirent les yeux de cet homme comme C'est de sens et de raison. même parmi ses adversaires et ses anciens coreligionnaires. Pi- thou résista aux théories démagogiques de ses coreligionnaires. . ne diminuèrent pas son attachement royauté. celle de sa biblothëque qui avait été pillée. reçut son abjuration. ce patriote auquel ses profondes études avaient prouvé qu'une nation ne peut rester grande et subsister que sous une direction unique. supposer que ce royaliste convaincu. liv. a dit de Thou*. il quand. étaient connues de luui. ne mit en doute la sincérité de sa conversion. Ces dangers. tellement sa probité. l'honorabilité de son caractère. avec beaucoup de vraisemblance. sensible pour un savant xxi comme lui.INTRODDCTIOS.. et l'on peut croire leurs même que leurs tendances. Ce n'était pas seulement une religion 1. L'idée de Patrie était alors inséparable de celle de Royauté. On peut. en 1573 qu'il accomplit cet acte. à ce quela philosophie lui avait appris être le vrai. librement et l'église par conviction. Le désir à la France. et ne furent pas étrangères à la résolution qu'il prit d'abjurer le calvinisme. sous l'apparence d'une religion nou- découvrit des tendances politiques entièrement contraires à ses opinions. Personne. g n. de ce grand homme de bien.

qu'il faut advouer que leurs forces s'estoient plus alenties par cinq ou six ans de paix que faisoit par dix ans de guerre ouverte. qui a la remplacer dû bien les connaître. la les vieux se refroidissants et la plus-part s'ennuyants de longueur. et d'eux per- « mettants que leurs enfants se fissent catholiques pour « participer « autres*. il se retira du Palais dès lui que l'ar- restation des la membres du Parlement n'était plus eut prouvé que justice même respectée. 202. qu'il dut se rapprocher de son compatriote Passerai qu'il avait pu rencontrer 1. marié. la rigueur. . après avoir fait la guerre aux huguenots. Resté à Paris pendant la règne de Ligue et tyrannie des Seize. « les priver des honneurs. en 1581. et bénéfices. pen- dant cette retraite volontaire. et du Procureur général à la enfin. C'est alors. Procureur général de Chambre souveraine le instituée en la Guyenne.XXII INTRODUCTION. puis substiParis. Dans la harangue de d'Aubray. Voir la Satyre. : nouvelle que les huguenots introduisaient en France le but de la plupart d'entre eux était politique. charges « Si bien » d'Aubray. Pithou. il fait exposer par celui-ci les diverses tentatives la de Charles IX pour ramener Après avoir essayé de paix dans le royaume. » aux honneurs et aux bénéfices comme les Pithou. p. devint tut bailli de Tonnerre. donne preuve que l'intérêt personnel dirigeait les principaux d'entre eux plus que l'idée religieuse. Et ne se plus «de nouveaux « Huguenots. de dit « « il se contenta de leur interdire sa cour. et le ils ne son- geaient à détruire l'ordre existant que pour à leur profit.

comme Pithou. gens d'esprit et de science. Ces *deui l'autre : hommes. . on ne sait constances^. p. au pouil voir des Seize. 2. savants tous deux. et enfin conseiller-clerc au Parlement. l'amour de la l'un gai et enjoué. aimait à causer et à s'entretenir avec les Gillot. memla bres du Parlement. %ii. autrefois soit au collège de Trbyes. puis par suite de quelles cir- était revenu à Paris. se réunii'ent par un commun France. se plaisait à réunir chez les littérateurs dans sa maison du quai des Orfèvres. C'est en cette dernière qualité le qu'il fut arrêté par Bussy Le Clerc avec président Achille de Harlay et les la Bastille. embrassé l'état ecclésiastique. ! le respect des lois et l'horreur des excès populaires* Il y avait alors à Paris un érudit aimable. et enfermé à liberté. rnn de ou au cours de Cujas à Bourges. XLIX. Sotice tifs sur Jacques Gillot. par Petitot. Au milieu des troubles dont Paris. lien grave et austè-re. un lettré fln et spirituel. était naturel que les 1. et les beaux esprits contemporains. il Rendu à était allé rejoindre le Parlement à Tours. qui approfondissent toute science et ne se lassent jamais d'acquérir de nouvelles connaissances. non de ces travailleurs. était le théâtre. mais livres. à l'histoire de France ». étaitdevenu doyen de cathédrale de Langres. dans « les Éphéme'rides de Grosley. Voir : Vie de Pierre Pithou. était né vers I06O. Il aimant les aimant les auteurs.INTRODUCTION. Jacques famille bourgeoise avait la d'une bonne Il de Bourgogne. il S'il travaillait peu lui-même. soit à l'Université Paris. lui. puis chanoine de la Sainte- Chapelle de Paris. Collection des Mémoires relat.

Ayant peu ou point de fortune. Nicolas Rapin venait du Poitou. puis enfin celle de grand prévôt de la connétabHe. La célébrité de Passerai. du cénacle de Là ils se trouvèrent en belle et nombreuse compatalent. fut chassé de Paris pour être bon ser- « viteur « « du Roy. l'un d'eux. où Il fit il était né à Fonte- tenay-le-Comte en 1555 ou 1540.Miv INTRODUCTION. Sa fidélité au roi lui fit enlever sa charge par les Seize. t. animés du même désir ardent de la voir rentrer le dans la voie qui seule pouvait lui assurer repos. fut reçu avocat. duquel la la- Ligue investit un larron quelle injustice il nommé La Morliére . et dépouillé de son état. Collection Petitot. l'emmena à Paris. p. du reste. Rapin. il supportait philoso- 1. . Journal de Henri III. honnêtes gens se cherchassent pour s'aider à supporter les malheurs du temps. une nombreuse famille à soutenir. n'en pouvant avoir autre raison ». l'illus- tration dePithou. frappés gnie. Les vers étaient. que Passerat et Pithou rencontrèrent surtout chez Gillot. et remplit la charge de vicesénéchal à Fontenay. tous gens de cœur. leur ouvrirent les portes Gillot. d'esprit et de les d'une même douleur par calamités qui affligeaient la France. de s'en revengea sur le papier par des * « vers. Ce furent Nicolas Rapin. Pierre de l'Estoile rapporte fait « au mois de juillet 1588. Achille de Harlay l'ayant connu à Poitiers. Florent Chrestien et Pierre Le Roy. au profit de ce La Morliére. pré- vost de l'hostel. où il lui fit la obtenir la charge de lieutenant de robe courte de prévôté de Paris. XL?. la consolation de Rapin dans toutes ses disgrâces. 368. « En ce temps. ses études de droit à Poitiers.

il On ignore est l'épo- que de sa rentrée dans Paris s'y trouvait lorsque fut les mais la certain qu'il composée Satyre Ménippée par commensaux de Gillot. le d'origine bretonne. roi de France. choisi latine et littératures française. et alors qu'il voyait autour de lui tant de désertions inté- ressées. Mon temps Au lieu de mon bien soit perdu. J'iray me consoler de rymes. Jeanne la d'Albret l'avait la pour succéder au sieur de fils Gaucherie dans charge de précepteur de son Henri. Mais s'il faut et que ce qui m'est dû. phiqueraent son sort et françaises. xxr en composant des poésies latines Je suis de sept enfants chargé. me mesler de crimes. la misère que de se mesler de crjmes comme . c l'un des anciens serviteurs de la . Et mes forces sont consommées Des frais que j'ay faicts aux armées. d'un gentilhomme II des rois François I" et Henri et chancelier du duc de Vendôme. Florent Chrestien. était aussi un des hôtes assidus de la maison les du quai des Orfèvres. A cent créanciers engagé. il le dit. Très versé dans grecque. «Et luy bailla Florent Chrestien (dit Palma Cayet).INTRODUCTION. sa famille il était expulsé de Paris par : les s'était encore accrue il avait neuf enfants! D resta inébranlable dans sa fidélité au roi. né à Orléans qui fut médecin 26 janvier 1541. Au moment où ligueurs. a il aima mieux supporter ». qui fut depuis » Henri IV.

Les souvenirs littéraires leur donnèrent forme de la satyre. Il devait facilement sympathiser avec Pierre Le Roy. mais leur raison. p. lui. qui le connut. XXXIX. Tous ces hommes. dont le même de Thou a dit un honnête homme ennemi de toute faction. Collection Petitot. de ces littérail teurs et savants qui devinrent ses collaborateurs. Si Le Roy n'a pas la valeur de ses amis. et poussèrent de la raison outragée. t. 1. d'entrer pendant dans la pohtique et de créer le tiers parti. dont s'imagina. leur amour de au pamphlet l'autorité justice. rend hommage à la noblesse de son caractère.XXVI INTRODUCTION. animés des mêmes la senti- ments. l'appel au bon sens au la la patriotisme. à son indépendance et à sa sincérité. Chronologie novennaire de PalmaCayet. « « maison deVendosme. las de voir les à l'œuvre. De Thou. . ces bien eurent une révolte de le cri hommes et de la conscience. et aumônier du cardinal Charles de Bourbon. d'assister aux crimes d'ambitieux . un autre des amis de que c'était On sait peu de chose de sinon qu'il était chanoine de III l'éghse de Rouen. lettres et homme quoy versé en toutes bonnes la en la poésie. soudoyés par un souverain étranger effrayés de voir la France en proie à toutes les convoitises. à Royne se plaisoit ' ». apportèrent du vrai qui s'impose. 248. Gillot. le eut mérite de leur fournir l'idée première de la Satyre Ménippée. groupés pendant factions tourmente. il dut se séparer lorsque ce jeune prélat la Ligue.

les violences contre sonnes t ^'était-ce pas les gens de rien. Il de leurs fauteurs et adhérents. aux montres ou revues des forces de la Ligue coiffant du casque et armant de l'arquebuse les moines de tous ordres les pillages. lors de l'arrangement définitif de satyre. lui. C'est la petite pièce qui a à toujours été conservée en tête de la Satyre Ménippée. Pierre Le Roy avait composé et publié une petite plaquette satyrique. ? N'avaient-ils pas vu s'accomplir les per- les exactions. Dès l'année 1593. dans cette maison du quai des Orfèvres où vers conspirait littérairement contre la Ligue. la justice mé- France abaissée! Ne venaient-ils pas tous aux excès des Seize. dans sa concision et il dut être lu et relu sou- vent par les amis de Jacques l'on Gillot. eut sans le parti doute une grande joie en devinant rait tirer que l'on pour- de l'idée de son ami à rencontre des bgueurs. mordant et . Rapin. aux violences des prédica- teurs ligueurs. allait donc pouvoir enQn venger. qui trouvait à se plaindre en une si grande consolation à ses chagrins. les hommes . laquelle elle sert de prologue. — LA SATYRE MÉNIPPEB. d'assister la mais la raison. III. intitulée : La vertu du Catholicon d'Espagne^ qui se distribuait sous le et manteau. Grande fut spirituel la vogue de ce petit pamphlet.IHTRODUCTIOH. dont de nombreuses copies circulaient clandestinement à Paris et même en province. D est probable qu'elle fut la plus tard retouchée. non pas connues.

les rodomontades du duc de Mayenne. en tête : de laquelle les auteurs in- scrivirent ces seuls mots L'Abrégé des Estais de la Ligue. convoquez à Paris au dixiesme de février. l'ingé- rence des Espagnols dans les affaires de la France. Rapin. Quant le aux harangues de monsieur Lieutenant et du sieur de Rieux. celles de l'archevêque de du docteur Rose Florent Chrestien. et Pithou la harangue de d'Aubray. le de tant de maux. les défaites troupes de l'Union hypocritement transformées en victoires. Les rôles étaient ainsi distribués: Gillot composa la harangue du Légat Lyon et . . les auteurs n'en sont point connus. emprisonnaient ou exécutaient les à mort honnêtes gens. les bons Français ? les apodes logies du régicide dans les chaires sacrées. Parmi les . et cet événement important fournit le cadre et le titre de la satyre. tous les maux du siège de Paris dont l'ambition des chefs de la Ligue était la cause première. mépris et l'opprobre? les Le plan de l'ouvrage fut promptement arrêté entre amis. soit qu'elles leur fussent attribuées selon leur caractère et leur genre d'esprit. qui s'en distribuèrent les diverses parties. occupaient Et charges et dignités. celle du car- dinal Pelevé. n'avaient-ils pas été témoins de tout cela? Quel beau celui sujet de satyre que déjà où le récit des faits pur et simple semblait une ! exagération satyrique. cause le ridicule. soit que l'idée leur en fût personnelle. une invention de pamphlétaire la Et puis n'était-ce pas venger France que de déverser sur tous ces hommes. les États Généraux de la Ligue étaient assemblés. tenaient le haut du pavé. était alors On en 1593. enfin l'horrible famine.xxvra les plus tarés qui les INTHODUCTION.

la On reconnaît revanche de fit son système de vengeance de contre la force brutale. outre les deux harangues dont l'auteur. La harangue du Lieutenant. le il est composa une grande partie des vers viennent couper parfois là qui. du mot de Higuiero D'après la tradition. l'esprit Passerai et. D ne fit pas ce travail suivant son personnelle. y satyre C'est fort celle possible. il peut revendiquer au moms l'in- spiration de certains passages du texte en prose imité de la Rabelais. et (jue l'encadrement des haran- gues et le dernier coup de polissage pour les mener à per- fection sont le résultat des observations. selon goût du temps la suite des discours. mais surtout du sieur de sition. Rieux. autres lettrés qui fréquentaient le cénacle aurait-il des auteurs anonymes de la xxix de ? Gillot. qui ne d'une collaboration. c'est Rapin qui réunit les haran- gues et les rattacha entre eHes par un lien est très probable qu'il initiative commun. Les auteurs une œuvre impersonnelle. lettré. laissent pas place à l'hypothèse Nicolas Rapin. à des lectures des diverses parties de la satyre. . et très probablement composition du Dis- cours de rimprimeur sur l'explication dlnfierno. fut ont voulu faire amené à proposer. présentent une homogénéité de compoet entière une conception complète du caractère du personnage. un plaidoyer ils pour la France .INTRODUCTION. aussi plusieurs pièces de vers pour la satyre l'a comme on vu. des remarques. des corrections que le petit la suite cénacle littéraire de Gillot dans ses causeries. ne voyaient que le but à atteindre : convaincre leurs concitoyens et leur ounir les yeux sur .

du Cathoîicon. alors qu'elle avait. leurs vrais intérêts. le cardinal de Plaisance. d'une incontestable. l'Un espagnol. ToUs deUx débitent une certaine drogue. Aussi ne connaît-on la part de collaboration de chacun d'eux que par une tra: dition incertaine car il n'en est pas un qui. Le Cathoîicon composé est la drogue primitive à laquelle on a : ajouté quelque peu d'influence espagnole qu'il c'est-à-dire représente l'ingérence intéressée du roi d'Espagne les affaires dans de la France. p. : donna à l'œuvre nouvelle le titre de la Vertu Satyre Ménippêe^. sert de L'œuvre de Le Roy.XXX INTRODUCTION. dont les vertus mirifiqties sont exposées en cinquante articles sur une belle pahcarte. en paraissant n'agir que dans l'intérêt de la religion catholique. Rapin. après avoir accompli son travail de revision. il n'en est pas tm qui revendiqué sa part de collaboration. sa part du succès. liarville (dom d'Argonne. le cardinal de Pelevé. chai'U'eux). . contribué à l'anéantissement de la Ligue et au rétablissement de ait la royauté légitime. par de Vigneult. même au manière jour du triomphe. nommée Cathoîicon. et l'autre lorrain. Mélanges d'histoire et de littérature. d'é- cran pour cacher leurs desseins ambitieux et parvenir à leurs fins. Sous ce nom de Cathoîicon l'auteur désigne Ife pré- texte religieux qUi servit. prologue à la Satyre. ingérence appuyée par 1. aUx créateurs de la Ligue. î. alors que leur œuvre collective avait produit tout son effet. C'est le Cathoîicon simple. ceux de la patrie. 200 et sulv. seconde édition. qui met en scène deux charlatans.

harangue de monsieur le Lieutenant. a pour but de spécifier le caractère révolutionnaire et sé- ditieux de la Ligue. sert d'exposition. qui vient ensuite. Alors commence Satyre Ménippée proprement dite. Comme pour toutes les autres haa*angues qui suivent. Le duc de Mayenne. : chose de diverses démonstrations analogues entre dont Paris fut le théâtre au plus fort de la Ligue les montres ou revues armées des troupes ligueuses auxquelles prenaient part. l'argent qu'il dislribuait si xxii la libéralement aux chefs de Ligue. décoré du titre de Lieutenant gé- néral de l'État et Couronne de France. La description des Pièces de Tapisserie. Le chapitre intitulé de VOrdre tenu pour les les séances. Les sujets de ces les tapisseries sont saillants empruntés aux actes de rébellion plus dé toutes les époques. les of- moines fensives et fet jusqu'au* ecclésiastiques affublés d'armes défensives. et met en scène toUs principaux la personnages de la comédie des États. et tous se rapportent et font allusion à des faits contemporains de la LigUe. Ils placent cette bizarre procession à l'ouverture des États Généraux.INTRODUCTION. comnie chef reconnu de la Ligue. les . outre les soldats et les bourgeois. Les auteurs ont fait une seule et même elles. L'Abrégé des États de Paris se compose d'un certain nombre de titre pièces à l'ensemble desquelles appartient le de Satyre Ménippée. paraît d'abord en quahté de principal personnage. la Il prononce le premier discours. souverain effectif de la France. C'est d'abord une description grotesque de la proces- sion de la Ligue.

parle comme député du tiers état. et où toutes les actions des personnages sont. De Rieux. Les ligueurs parisiens le regardaient comme et le chef des politiques. et le sieur de Rieux. secrétaire Paris. c'est-à-dire des royalistes. l'archevêque de Lyon. des comme incon- vues d'ambition et d'intérêt personnel qui seules les dirigent. qui personnifie bien le hobereau ignorant qui emploie sa force pour opprimer les faibles. Pendant Ligue se montra l'adversaire déclaré des Seize. Ainsi paraissent successivement le Légat. qui les lui laisse commettre.XXXII INTRODUCTION. la . mais parce et qu'elle lui permet de piller de vivre sur le paysan. cyniquement exposées sous leur vrai jour. du roi. venant avouer naïvement qu'ils n'agissent la que pour les le compte de l'Espagne ou de les cour de Rome. avec l'aveu sincère. non par courage. auteurs ont eu l'ingénieuse idée de mettre dans la bouche des orateurs l'exposé des motifs secrets qui les font agir. qui en a récompensés ou en récompensera. Claude d'Âubray. est meilleur si les des gouvernements. et sa harangue. le recteur Rose. et scient. avait été élu la Prévôt des marchands de il en 1578. C'est une véritable confession de laquelle disparait le pré- texte spécieux du bien public. 11 partisan du roi. et cherchait à faire conclure la paix. Vient alors la Harangue de d'Aubray. et ne s'étonnerait nullement États le choisissaient pour roi de France. le soudard qui aime la guerre. de Rieux se complaît le dans l'aveu de ses crimes. par eux-mêmes. trouve que de la gouvernement le Ligue. il en effet entretenait une correspondance avec Séguier. le cardinal de Pellevé.

de cette Université. : Dilexi pairiam. Aussi.INTRODUCTION. les salles du Palais désertes il évoque l'apparition de ce peuple misérable. chez l'homme de bien qui inscrivait ces seuls mots en tête de son testa- ment bray. On ne traits pouvait attendre du savant austère. Pithou d'abord l'état la presque désert. des surtout dangers qui menaçaient l'existence de la l'État. des caractères. une pagnols. de ses collèges. il montre le cours de . nxra pièce la plus importante de la Satyre. qui démasque des chefs ambide France. ne pouvaient exciter la verve caustique et railleuse. avec la harangue de d'Au11 le ton de la SatjTC change entièrement. qui teurs des flagelle sans pitié les maux du montre pays. un asyle et seure re- . dévoile leurs projets. Le sentiment des malheurs de France. la justice interrompu. de l'homme et de bon sens de raison surtout. courbé sous l'impitoyable tyrannie d'une poignée de factieux. ne s'agit plus ici d'un lettré qui se venge par des traits d'esprit et : des épigrammes d'un régime qu'il déteste patriote convaincu qui laisse non. mourant de faim. l'humeur narquoise. Paris faisait sa tieux. rendez-vous des savants du monde entier. sans commerce. des seuls remèdes à ses maux. privé de ce qui gloire. publie leurs trahisons. et perception claire et assurée des besoins de la patrie. est l'œuvre de Pierre Pithou. mais citadelle d'Es- une spélunque de bestes farouches. et « < il s'écrie : « Paris! qui n'es plus Paris. un discours plein de visant à la caricature d'esprit. c'est un au- enûn éclater l'indignation dont son cœur est rempli. les la comme l'ont fait ses collaborateurs dans autres ha- rangues. Ouallons et Néapolitains .

168. est un chef-d'œuvre de composition. et à peser du poids de ses anathèmes pour changer l'ordre de la succession au trône. le qui accablent c'est votre le pays. d'une grande étendue. et te souvenir qui tu as esté. tout l'historique de la Ligue. les et pour s'élever sur ruines du trône . monsieur le Lieutenant. et lui. Il réfute avec adresse toutes les objections. de voleurs. . de ces malheurs vous. suit pas à pas les Guise dans leur poUtique tortueuse. finit eh proposant de conclure la paix avec de lui faire une soumission loyale et de l'acclamer roi. et dont toutes parties sont les heureusement équihbrées. C'est ambition effrénée qui pesez sur peuple. meurtriers et traite assassinâteurs . et Il qui avez rais la France dans cet état pitoyable. prouve les droits incontestables de Henri de Navarre à la couronne dé Fratice. après avoir exposé en l'état profond politique de la France et montré il les danle gers qui l'environnent et le sort qui l'attend. d'une logique serrée. proteste hautement contre les prétentions du Saint-Siège à intervenir dans les affaires de la France. ne veux-tu jamais te ressentir de ta dignité. c'est en inême 1. Ce discours. Voir la Satyre. Enfin. indique remède. au prix de ce que tu es?* » Et il recherche les causes de cet état. pour attirer à leur les Ligue les bonnes gens qui se laissent Il fait tromper par apparences. à l'origine des événements. cité la remonte montre que les Guise ont sus- Ligue dans l'intérêt de leur fortune personnelle. p. qu'ils n'ont que plus tard inventé le prétexte de la défense de la religion.XXXIV « « « INTRODUCTION.

dans son ensemble. La Satyre se termine par la description de certains ta- bleaux allégoriques placés dans l'escalier des États. l'expression timents et des désirs de la majorité des Français. xk» temps un des plus beaux morceaui d'éloquenca oratoire que la littérature française ait jamais produits. porain. ses auteurs ne parlaient pas en leurs noms bien réellement les interprètes mais qu'ils étaient de la nation. alerte Durant. épi- grammes et sonnets relatifs à des événements de la Ligue ou à des personnages du parti de l'Union un petit poëme . tout au moins. Dès sa publication elle exerça des événenaents. eu même 1. t. XXIVI. . voix populaire à la fin elle est du xvi* siècle. asne. mais où. celles des tapisse- Puis vient un petit recueil de vers. sa collaboration parait évidente. quatrains. la Satyre Ménippée. p. 248. dans ses mémoires ». CollecUon PeUtot. et une grande influence sur la marche l'immense succès qu'elle eut dans toute la France prouve surabondamment que seuls. avocat au Parlement de Paris et enfin le Discours de Vlmprimeur. On y trouve des renseigne- ments sur le lieu d'où est sortie la première édition de la Satyre. parle. de l'apparition de la Satyre comme d'un événement notable en politique. chancelier de France. Un conlemMénippée. et sur les remaniements on qu'elle subit ensuite. Hurault de Cheverny. l'on jugerait que mal si la considérait comme une œuvre bien l'écho de la des sen- de parti.INTRODDCTIOH. plein de grâce. Telle est. et qui renferin^t des allusions analogues à ries. peut-être écrit par Passerat. Écrite collectivement. RegreU à ma commère sw de Gilles le trépas de $on dû à la plume .

« Quelques bons et gentils esprits du temps. dans lequel. ou « « Satyre Ménippée. qu'il lui prédit temps un succès littéraire que la postérité a ratifié. souz paroles et allégations pleines de raillerie. ils boufonnèrent. déclarèrent et firent « apertement recognoistre les menées. qui touchoient quelques particuliers et principaux entremetteurs dudit party. en firent un livre intitulé le Catholicon d'Espagne. Ce serait méconnaître étrangement le caractère des auteurs de la Satyre Ménippée que de les considérer soit . ils comme en et arti- « riant le vrai se peut dire. et ne peurent néantmoins empescher « « que le tout ne fust demeuré dans la mémoire et dans la bibliothèque des plus curieux du temps. et d'autant qu'aux premières d'icelle il impressions y avoit certaines choses un peu libres. pour leur « « servir de honte. caprices et intelligences. telle sorte qu'il se peut dire qu'ils n'ont rien oublié de ce « « « « qui se peut dire pour servir de perfection à cette Satyre. qui. ils firent tant qu'aux secondes impressions ils en retranchèrent ce qui les offençoit. et qu'ils firent faire si par divers discours et et harangues aux uns aux autres. en se- « Ion leurs « humeurs. tant « « des chefs de la Ligue et Espagnols que des- dits estats par eux apostez. qui s'em- « « ployèrent à descrire la tenue et l'ordre desdits estats. et d'exemple à leurs semblables de se laisser emporter à telles furies et passions à ne pour leurs intérests » « chacun en particulier. desseins « fices. lesquels estoient depuis revenus en l'obéissance du Roy. mais « « « « « très véritables. bien entendue sera grandement estimée par la postérité.XXXVI INTRODUCTION.

croyants du moyen dans âge. L'indimembre de l'Église ne pouvait pour les . seconde partie. Le Roy était . p. ne permet pas les accuser d'impiété. soit partisans des idées religieuses des indifférents ou des incrédules. par-dessus sa tète. contre les ecclésiastiques indignes. entre les gnité d'un hommes et les croyances. 130. exphque pourle même les siècles où la rehgion se montrait moins tolérante.» La Satyre Ménippée ne renferme pas. ces attaques s'arrêtent Vhomme. rejaillir sur l'Éghse elle-même. « <t et est un abbé a dit de Passerat a Quant il sûr qu'ila toujours été sincèrement et très attaché à la foi . par l'abbé Gou- jet. et d'équité qui Sentiment plein de justice quoi. ne vont pas frapper toute une institution. jamais suspecté de sa conversion « à sa religion. et il s'est toujours déclaré contre la Ligue et ses partisans*. comme la plu- 1. comme comme tains à xxxvn nouvelles. de l'Éghse catholique. ne furent inquiétés. dans leurs récits. si acharnés. clergé.INTRODUCTION. il Il aimoit son Roi et sa Patrie « « étoit bon François. jamais les trouvères. Du de de la reste. ennemi des nouvelles opinions. ce que l'on connaît des la sentiments religieux plupart des auteurs de Ménippée. Si l'on ren- contre dans leur œuvre des attaques dirigées contre cer- membres indignes du et. Mémoire» sur le Collège royal de France. un ecclésiastique consciencieux viction. . L'ancienne France catholique éta- blissait une distinction rationnelle entre les personnes et les principes. Pierre Pithou se ait fit catholique par conla sincérité : sans que personne .

de nos pères. Les auteurs. et avant la publication Ménippée. IV. Prenons-les apprécier qu'ils sont . — BIBLIOGRAPHIE. La langue de celle les Ménippée est celle de l'ancienne France. commun à du goût tous les Français d'alors le même les pas- plus polis et plus châtié. et leur goût Ne jugeons pas à notre point de à son tour par nos vue. Il parait probable la première édition. les plus policés n'avaient étonné le public. On de la a vu que dès l'année 1393. La Vertu du Catholicon d'Espagne.vxxTiu INTRODUCTION. et on l'imprima sous le que la Ligue. Lorsque Gillot et ses amis eurent composé les divers réunit morceaux de l'Abrégé des Etats de le tout. pari des ouvrages ^grossièretés des indécences ou des suivant l'usage voulues. valait bien le nôtre. on répandait clandestinement à Paris le petit opuscule de Pierre Le Roy. et saclions sco le talent et l'esprit français sous toutes formes. ils ne reculent devant l'emploi du terme propre. eût Les écrivains du x\i* siècle. même plus instruits et le xviu' pas de ces dégoûts que la siècle nous a transmis. l'emploi que nous faisons de termes détournés de leur sens primitif pour remplacer ceux fort les dont notre pruderie s'effarouche. qui sera peut-être condamné tels descendants. l'on sont d'un temps où nommait les choses par leur nom. de 'eur fwnps. bien que . et où nos péri- phrases pudiques. titre Rapin de Satyre Ménippée. du xvi* siècle.

existe U jui une petite édition avec la même fausse date. lieu et 'lie désignerait alors non l'époque de l'impression. (je qui a esté moult bien receu. luy dy-je. à Tours. fut imprimée en 4594. . commandement) sans conparce que je n'en fy. •^ parlant de la Ménippés : t C'est un œuvre. peut-être pourrail- considérer comme faisant partie du titre même. mais celle effet de la Réunion des États Généraux. travaillant sur c "tte date. que sitost qu'il a esté veu à Paris. et que je l'ave imprimé en semaines quatre la suis prest de l'imprimer pour cinquiesme. et qui sans 1 . du moins.INTRODUCTION. où il le rit. faict monde trouré feu. par une erreur de l'imprimeur qui. ce que ion peut conclure d'un passage du DUcours de l'Imprimeur sur rexptication du mot de Higuiero d'infiemo. C'est. doit avoir été imprimée à Paris. Voir la Sat^. Mais ment à Tours. à vostre noistre sa valeur. du commencesept à huict cents exemplaires. si j'avoy communiqué seulement demy heure aTec » l'au- (heur*. I « « « » beau et si bien qu'on y a couru trois comme au et a fallu fois. où je tout le l'ay apporté avec l'a « mes presses si et mes meubles. On explique la fausse date de 1595 que porte cette première édition de Tours. après que Parlement fut rentré à Paris. 327 et 328.i la dernière partie du De ta tenue des Estatz de Paris. l'aurait un exemplaire du Caiholicon portant conservée dans la la nouvelle édition. qui eut ea en 1593. l'onmie cette date est inscrite sous titre o. p. et que j'ay imprimé n suis » » « typographe. est. ixm datée de io93.

on commença fait à supprimer certains noms de le parti personnages compromis dans qui depuis avaient substitua des est de la Ligue.XL cloute. dans la l'édition Satyre Menippée publié» à Paris par Delangle. Ce fait exphqué tout au long dans un passage du Discours de : l'Imprimeur. d'y effacer les noms de ceux qui se sont renduz bons serviteurs du Roy. Kerner) en parut une avec des notes de Du Puy. et on leur noms d'autres ligueurs invétérés. de 1600. si ré- imprimez la Menippée. Nodier. En 1664 (Ratisbonne. et ont besoin d'un s'y fier an « d'approbation auparavant qu'on doive les efface ny qu'on « du livre*. qui orne la première édition. en 1824. . Voir les Observations préliminaires de Ch. Kerner) en les notes de cette Du Puy et les re- marques de Le Duchat*. deux éditions de la Satyre Menippée parurent encore. marques de Le Duchat. Ce n'est qu'une elle diffère le réimpression de celle de Tours. et qui y continuent avec resolution . mais il y en a qui branslent encore au « manche . 342. INTRODUCTION. Ces volumes où sont réunies trois dernières furent refontrois dues en une seule en 1703 (Ratisbonne. Dès 1594. où Misoquene lui dit « « « « Je vous prie. Elles devinrent ensuite très fréquentes. mais cette fois avec la date vraie. puis en 1677 et 1696 avec des re1649. époque jusqu'à nos \oir h de Satyre. une de celles dont il est question dans le passage cité plus haut du Discours de V Imprimeur. On en a de 1599. » En 1594. 1612. 2. dont cepenCharla- dant par l'absence d'une gravure représentant tan espagnol. Depuis 1. mais leur soumission au roi. p.

loin de dimi- que grandir. si prouvent que sa vogue est loin d'être épuisée. la gravure représentant Charlatan espagnol manque à l'exemplaire de la Bibliothèque natio- 1. couvert en parchemin. faite La présente édition a été conformément au texte de la première édition parisienne. ET DE LA TENVE des Eftat\ de Paris. .INTRODUCTION.XCin. et beau ce d'actualité n'existe plus. est conservé à la Bibliotitre thèque nationale». M. Le en est ainsi disposé : SATYRE MENIPPEE DE LA VERTV DV CATHOLICON D'eSPAGNE. Comme tion dans tous les exemplaires de la première édile parisienne.D. l'estime pour l'intérêt qtu monument de nuer n'a fait notre ancienne littérature. il y a eu encore plusieurs que. jours «i' éditions de la Satyre. Coté L'53_448 (Réserve). dont petit in-S" un exemplaire.

On y a également ajouté Discours de l'Imprimeur. Cependant on a cru iiale. MARCILLY. et YÉpilre à ma commère sur le trépas de Ron âne. qui ne parut que dans l'édition datée de 1594. bon de la reproduire en tête le de cette présente édition. . borné à diviser le texte trop compact en alinéas qui en facilitent la lecture.iLii INTRODUCTION. petite pièce qui fut réunie à la Satyre à la même On épcque. Le texte original s'est a été soigneusement conservé. Cn.

r r SATYRE MENIPPEE .

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de porter à son maistre le duc de Florence. le ne qui le troublast en son repos. Breton de nation. Mais Dieu voulut 1. Mais il affaires de advint. la nourriture de deux chevaux. Henri de Bourbon. comme il est à présupposer. et ayant recogneu que son maistre n'estoit pas autrement bon Catholique.L'IMPRIMEUR AU LECTEUR Ce discours de la tenue des Estais de Paris et de la vertu du Catholicon d'Espagne que fut faict. parce qu'il appeloit le luy. se sépara doucement de sans luy rien dire qui le faschast. qui estoit à Paris pendant les Estais s'y tenoient. que son palefrenier. roi de France. pour luy représenter Testât admirable des France. si ne se voulant bazarder à long voyage. i . Le Biamois. Mesmes. roi de Navtrre. en langue italienne. depuis Henri IV. le en intention. par un gentil-homme florentin. Biarnois* ilRè di Francia. comme il s'en retournoit en son pays et passoit par Amiens pour aller en Flandre. pour soulager de le meilleur. en emmena avec la valize en laquelle estoit l'original dudit Discours.

avoir pris Les religieux du monastère de Château. réduit en poudre. se trouva l'original dudit le Discours italien. après avoir cogneu qu'il estoit hérétique. pour empescher et d'artillerie. que ledit Maire n'entendoit pas. qu'il portoit en sa bourse avec sept grains bénits et une chemise de Chartres qui avoit demouré neuf jours et neuf nuicts aux pieds Nostreles Dame-soubs-terre^. En tout cas ces moines donnaient esile aux soldats aux paysans maraudeurs. Si bien qu'on fut 1. Or. dite église dessous terre. 4. Guillaume Lucain. De- quoy Docteur s'excusa. aussi le nom et de Chàteauverts était devenu un sobinquet appliqué aux Ligueurs. dont inventaire fut faicte en présence du Maire et du Docteur Lucain* superinet tendant des prises rançons. prédicateur dévoué à la Ligue. ligueur tout dévoué aux intérêts de l'Espagne. entre les hardes de la valize. Les dévots les portaient sur eux en manière de scapulaire. par quelques Religieux du Cliasteau-Verd* et le mené devant Maire de Beauvais * où il eust esté déclaré de bonne prise. et d'estre pris coups de canons justice. ny en guerre ny en Tellement qu'il confessa librement qu'il avoit laissé son maistre. dans la crypte de la cathédrale.Vert paraissent une part active aux guerres de religion. le et pria docteur Lucain de ledit traduire en bon françois. 3. maire de Beauvais. sinon qu'il leur monstra une once de Catholicon. Les chemises de Chartres étaient de petites reproductions du vêtement dont on couvrait l'image de Notre-Dame placée 2. à cause de quelque sac de doublons qui se trouva dans la valize. en ce qu'il appeloit le Biarnois Roy de France.a qu'il fut pris SATYRE MÉNIPPEE. disant qu'encore qu'il sceust le bien parler langage de Rome. Godin ou Gaudin. toutefois il ne le sçavoit pas approprier à la naïveté françoise. .

SATYRE MÉNIPPÉE. l'un d'entre eux le la tourna en françois est et. tant pour ver de peine les curieux de veoir toutes nouveautez que pour piquer ceux qui languissent encore soubs de la tyrannie. fut 3. de main en main. Dans . lendemain. d'Orléans. lequel leur sembla si plaisant qu'incontinent . l'idée de l'auteur ladre clavelé revient à dire ladre au plus haut point. aller à Rome. A DIEU. Mais il advint que ledit moyne fut pris par quelques gen- tils-honmies et trouvé chargé dudit Discours. au superlatif. 1. Le claveau ou la clavelée est une maladie des moutons. contraint le donner à S qui. rompu vif en 1593 à Melun. à la bénédiction solennelle et procession générale que devoit faire le Légat pour la saincte et catholique entreprise que Pierre Barrière. Pierre Barrière avait formé le projet d'assassiner Houi IV. Un petit moine qui 2. allait Romam petere. Romipete. l'ay traduction rele- venue jusques à moy. 11 en pèlerinage à Rome. se desroba pour haste qu'il avoit d'estre à Paris. le • ung petit la moyne Romipete*. ne jettent pour le moins quelque soupir de leur mourante liberté. qui imprimé. le joug Car s'ils il faudra qu'il soyent parfaitement et ladres clavelez' ne sentent ce poignant esguillon. avoit faicte et jurée entre ses mains d'assassiner Sa Majesté à Melun*.

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. d'autant que les provinces assignées à longs .LA VERTU DU CATHOLICON Parce que les Estatz Catholiques. nagueres tenuz à Paris*. qui est comme un elixir et quinte-essence tirée et abstraicte. L'ouverture des États généraux eut lieu Les éditions postérieures portent la : le 26 janvier 1590. d'en mettre par escrit un som- maire. ne sont point Estatz* à la douzaine. mais ont quelque chose de rare et singulier par dessus tous les autres qui ayent jamais esté tenuz en France. termes et les assignations par plusieurs fois frus- i. « Ne sont point Estati » de baie. ny de ceux qu'où vend à douzaine. ni com- muns et accoustumez. mais aussi des intentions et prétentions des principaux pereonnages qui jouèrent sur cest eschaffaut. 2. non seulement des harangues. Or. j'ay pensé faire chose agréable à tous bons Catholiques zclez et servir à l'édification de la foy.

La Satyre Mënippée sourent allusion au sort de Brisson. aux anciens Pairs de France. ne se peurent assem- bler à jour nommé. quoient en mauvais sens. que dis-je cinq cents? mais cinq mille. à cause des soient les chemins des députez. de bonne connoissance. tandis que les ligueurs se reconnaissaient à croix de Lorraine. qui ne cedoient rien. Et si l'Inquisition d'Espagne eust esté de bonne heure introduite. véritablement l'Assemblée ne fut pas il si grande qu'on avoit espéré et désiré. et rarement se defubloit ce que les Politiques. et disoient que les trois calottiers estoient tigneux. et un qui : portoit grand cha- peau*. qui portoient ca- lottes à la catholique. pour moins. Le cardinal de Pelvé. et que le grand chapeau : avoit la teste que leur avoit comme le poète /Eschylus commun dire estoit qu'auxdils trois tellement Estatz n'y que tigneux et un pelé*. Les troupes levées pour le roi de Navarre portaient l'c- charpe 2. 1. j'en vey plus de cinq cents. . escharpes blanches* qui traver- trées.6 SATYRE MÉNIPPÉE. jeu de rnot par à peu près sur fait lé nom du cardinal de Pelvé. 4. qui ne meritoient par leurs blasphèmes rien moins que l'acollade du président Brisson*. detor- qui sont encore plus de seize dans Paris. en grandeur de barbe et de corsage. blanche comme marque la distinctive. 3. le Il y en avoit trois. Toutesfois s'y trouva de notables et signalez officiers. pelé.

Le nom de de Uere a été supprimé daos les éditions postérieures et remplacé par celui de Daston. > par un ou deux promoteurs de 2. et tenaient le parti de la Ligue.. comme ledit jugement. Seiie. à tous les peuples assemblez pour ceste solennelle action. qui président au Parlement de Paris. chefs de la Ligue h Paria. de colle phrase : t Lesquelles nombreux encore. blasphémateur fut sainctement et catholiquement condamné à estre battu et fusiigé nud de verges à la queue de son asne. au Chàtelet. ponr hasler son misérable baudet tout errené de coups et du fardeau.SATYRE MÉÎÎIPPÉE. Maehaiill et Baston. qui. d'abord âa nombre de quatre membres. conseiller grand'cbambre. puis plus tard plus ils se multi|>lièrent et devinrent seiza. le 15 nov. par tous : les carrefours de Paris qui fut un prognostic infailli- ble et avant-jeu signalé pour tesmoigner. Machault et de liera éiaicnt conseillers en la cour. et defei ées aux deux promoteurs de le la foy.. et II fut arrêté par ordre des pendu le môme jour sans jugement» la dans sa prison. ibOl. avec Larcher. Mais le sort ne tomba sur aucun d'eux. que les procédures de tous les Ordres seroienl pleines de justice et d'équité. Gros-Jean. Les Seiïe. aux Estais! Lesquelles paroles ayant esté prises au bond par un ou deux du nombre du Cube Quarré*. conseiller en et Tardif. . airts 7 sur un pauvre malotiu meneur d'asne. On trouve une variante paroles ayans esté prises au bond la foy. Machault et de Hère*. i. dit tout haut en voix intelligible ces mots scandaleux et blasphématoires : Allons.

Le cardinal de Plaisance. Le Charlatan Espagnol estoit fort plaisant. jouant des regales' banque *. ancien temple et habitacle des Roys de France. 2. On dirait aujourd'hui faisant la parade. Le cardinal de Pelvé. et monté sur un et tenant petit eschaffaulx. se rendoient à suitte. comme on en la veoit assez à Ve- nise.8 SATYRE MÉNIPPÉE. devant tous ceux qui vouloient les aller veoir sans rien payer. fut l'échantillon de la grande pièce de la justice des Estatz futurs. . Or. de bruit. pendant qu'on faisoit les préparatifs et eschaf- faulx au Louvre. Instrument à touches comme l'orgue. 3. il luxe et la super- y avoit en la court dudit Louvre. boniment. et qu'on attendoit les députez de toutes petit parts. pompe ny parade de comme on anciennement quand l'orgueil le et la corruption de nos pères avoient introduit fluité vitieuse. scellée de cinq ou seaux 1. A son eschaffaulx escrite estoit attachée une grande peau de parchemin six en plusieurs langues. qui. et l'autre Lorrain *. l'un Espagnol * qu'il faisoit merveilleusement bon veoir vanter leurs jouer de passe -passe tout le drogues et long du jour. deux Charlatans. le Tenant banque. archevêque de Reims. en place Sainct-Marc. : 4. sans faisoit mois en mois.

9 tiltres de plomb. Triacleur. et se mettant en sa place. vint en Espagne. Où ayant apris que le CathoUcon simple de Rome n'avoit d'autres effects que d'édifier les âmes et causer salut et béatitude si en l'autre monde seulement. se fit baptiser et se mit à servir à Tollede. Var. ET DES EFFECTS MIRA- CULEUX DE SA DROGUE APPELÉE HIGUIERO d'lXFIERXO OU CATHOLICOX COMPOSÉ*. alambi- 1. de sophistiquer ce Catholicon. médecin du Cerif. bien qu'à force de le manier. > 1. : avec des en lettres d'or. au Collège des Jesuistes. 2. relégué en Afrique pour le Mahumetisme. Les auteurs de le chai'latan Satyre en font une drogue que vendait espagnol. Catholicon. roy de Marroque par une espèce de Higuiero * son père estant mort. empirique. qui' se feit . et de cire. se fauchant d'un long terme. portant ces mots LEITRES DD POUVOIR d'DÎJ ESPAG!«0L. a En dépossédant son maître peu à peu. c de inaistre d'eschole prescheur. marchand de thériaque. û.SATYRE MÉNIPPÉE. > 4. Le sommaire de toute ceste pancharte ce triacleur' petit-fils estoit que d'un Espagnol de Grenade. d'or. Le prétexte religieux sous lequel s'abritait la la Ligue. et enfln le tuant. . remuer. post. et des édit. s'esloit advisé. par le conseil testamentaire si de son père. Var.

. que nous avons séparée par un II. lequel (satva conscientia) assassinera son ennemy*. Var. fils Don Philippes. il en avoit composé dedans ce Collège un electuaire souverain. moyennant ceste sceu faire en se jouant. cacheté de Catholicon. et font l'artiret. entrera sans coup dans un Royaume ennemy. en sa qualité d'archevêque de Lyon. Lé- gats et Primats"'. sublimer. Philippe 6. brusie. II. ravage. luy trouvera homme. » Ce grand empereur. a « En vingt ou trente articles. émissaire du roi d'Es- pagne. usurpe. avec un simple Lieutenant de douze ou quinze mil hommes. ils : Ce sont de nos gens. calciner et quer. prince d'Orange. qu'il n'avoit peu vaincre pai* armes en vingt ans. — Ce que l'a ce pauvre malheureux Empereur * Charles unies et tous le Quint n'a peu faire avec toutes les forces les ca- nons de l'Europe. de la phrase qui suit. et duquel les preuves estoient déduites par cinquante* articles. massa- cre et saccage tout. tels qu'ils B'ensuyvent : I. fut tué d'un coup de pistolet. qu'il emporte. Var. » 3. ravisse. 2. et luy yra-t-on au devant avec croix et bannières. Guillaume de Nassau. et mette tout en désert. ticle lU 5. Roy casannier* s'amuse à affiqu'il escrive un mot en il Flandres au père Ignace. qui surpasse toute pierre philosophale. SIere Saincte Eglise*. le 10 juin t5Si. avait titre de primat des Gaules. son brave drogue. 1. ce le — Qu'un (ont pour la paix et pour nostre ner ceste drogue en son Escurial. par Balthasar Gérard. Pierre d'Espinac.10 SATYRE MÉNIPPÉB. — Que ce Lieutenant il ayt du Calholicon en i'erir ses enseignes et cornettes. Et. en 1582. •4. le Les éditions postérieures terminent ici rarticlc II. ayant échappé à une première tentative d'assassinat. Le roi d'Espagne. le peuple du pays dira sont bons Catholiques. bien qu'il ruyne.

2. aux tranchées. son ambassadeur. Les prédicateurs de la Li^ue publièrent que ce moine. un saint martyr. — Tranchez des deux costez. au canon. massacré après son crime commis. était 4. Le moine jacobin Jacques Clément. sans ci-aindre Dieu ny : hommes. VI. Il Ji — Si ce Roy se propose d'asseurer ses Estati le ses enfmts aprf^s sa mort. 1" août ô. la touchez l'argent du Roy pour faire guerre. Les cardinaiu Caietan et de Plaisance.SATYRE MÉSIPPÊI. el !• eirdinal de Pelvé. quiconque vous taxera sera estimé Huguenot ou fau- — teur d'Hérétique. Jésuite qui faisait. un coup du ci*!. à la chambre du Roy. eu au il escrive avec de deir ïnfUnw : Yo el Ret. V. ce prodigieux et horrible forfaict baptiseront dit du nom de coup CM de : dont lY. qui assassina Henri 1589. as. IIJ. son les de son camp. les parrains seront Cardinaux. légats du Saint-8iég«. et — Qu'une grande et Patrie. Légats et Primats*. n'aigrissez rien. archevêque de Lyon. Les prédicateurs de la Lifue appelaient l'assassinat de Henri UI 3. qu'on jette au milieu de ceste armée une demie dragme de Geste drogue. Serret d'espion au camp. 1. et en ses Conseils' : bien qu'on vous coftnoisse pour toi. des prédications îll le pleines de violence. et qu'au bas de sa lettre YHiçtiiei-o en escrive un mot à Mendoie. primat des Gaules. Pierre d"Espinac. . Judas. pourreu qu'ayez pris dés le matin un grain de Iliguiero. au milieu comme un un grand Roy de France. et puissante armée de piteux et horri- bles François soit preste à bien faire pour si la deffense la Couronne pour renger un espouvantable assassi- nat. elle engourdira tous les bras de Ces braves et gé- néreux gueiTiers. soyez perûde et desloyal. et d'envahir Royaume dautruy à petits frâii. archevêque de Reims. en faveur d« la Ligue. qui s'en yra soubs beau semblant.-assiner de sang froid beau-frère. lis feront plus ils canoniseront ce meurtrier' et et mettront ce Judas au dessus de Sain-t Pierre. ils luy fonrniront d'un re- ligieux apostat'. qui fat quelque temps lifuenr. qu'il père Commolet'. Peut^trs Yilleroy.

IX. que l'Eglise Catholique mesme courre risque qu'il y ait pervertissement de tout ordre : ou séculier. craignant d'estre réputé huguenot. — Que tout de mal en la pis. ni à lioy. que l'ennemy advance ses desseins et ne se recule de paix que pour mieux sauter. ni à Loy ayez là-dessus en jnain 1. le nom de « Mantes » est remplacé par celui de « Troyes ». renégat ou perfide. on peignait des flammes sur les murs extérieurs des hôpitaux où l'on recueillait les malades atteints du feu SaintAntoine. . mais des croix de Higuiero de l'arriereban. vous serez estimé trop VII. c'est-à-dire d'érysipèle. quelque francs Catholiques qu'ils ayeut tousjours esté. vous voila exempt du hoqueton et VIII. à faute de parler bon François semez finement un petit de Higuiero par le monde. Au moyen âge. voyant le beau jeu qu'on lui faict. comme d'infidèles aille et Huguenots. 3. changez. et — Voulez-vous estre un honorable rieur : neutre? Faictes peindre à l'entour de vostre maison non du feu sainct-Anthoine*. desunissez Princes : pourveu qu'ayez un giain de Catholicon en la bouche. et depuis Nantes jusques à Cambray'. soyez vilain. et entrera-t-on en deffiance des plus fidèles et anciens serviteurs. à Com: — il piegne qu'à Paris. n'obéissez ni à Dieu. X. vendez.12 SATYRE MÉINIPPÉE. trahissez. à Orléans qu'à Chartres. personne ecclésiastique ne s'en souciera et n'en osera pai'ler. Le pays ainsi délimité avait embrassé lu parti de la Ligue. . XI. l'on vous embrassera. pratiquez avec les ennemis tout vostre saoul colliez vostre pourveu que vous espée dedans le fourreau avec du Catholicon. — Soyez recognu pour pensionnaire d'Espagne. 2. . depuis le Havre jusques à Mezieres. monopoles lez. — Cantonnez-vous et vous instalez tyranniquement dans les villes du Roy. Ayez sur vous le poids de demy-escu de Catholicon ne vous faut point de plus valable passeport pour estre aussi bien venu à Tours qu'à Mante*. trocquez. homme de bien. Dans certaines éditions.

blasphémer contre luy. lequel s'il eusl vescu plus longuement. XV. de P. curé de Saint-André-des-. l'Estoile. ilUesa conscientia. . on eust este bien estonné d'ouir prèscher à Paris contre le pape. pourveu il que dedans vostre ancre XIV. — Ayez les la face honnie • et le front ulcéré. 4. — N'ayez . l'exécrer. bientost esU-e Cardinal : ? Frottez une des cornes de vostre bonnet de Higuiero il deviendra rouge et fussiez-vous le plus incestueux et ambitieux Primat du monde*. 6. DAiguevHle ou dHacqueville. tonner. 3. point de religion. Le pape Sixte-Quint était opposé aux intérêts espagnols. à Paris. IVI. (Mém. Vienne en Dauphinô.\ubry. Guillaume de Brie.SATYRE MENIPPEE. que Maugiron ouvrit au duc de Kemoaxs et aux ligueurs en 1592. il comme Sixte cinquiesme. dit publiquement en chaire « que Dieu nous avait délivrés d'un meschant pape et politique. et toutefois qu'il l'eust falu faire. maudire. et de tout droict divin humain mangez de la chair en caresme. et le faictes prescher en voslre canton. 2. livra celte ville aux ligueui-s en 1592. mocquez-vous à gogo des prestres et des sacrements de l'Eglise. faict quelque chose contre vous*. et il . gouverneur de Pont-Auderoer pour ie roi. XII. il vous sera advis que vous serez preudliomme XIII. : 5. archevêque de Lyon. de y ait tant soit peu de Higuicro. serez — Voulez. comme les infidèles Concierges' du Pont-Audemer et Vienne' frottez-vous un peu ycjx de ce divin electuaire. et riche. vous serez grand et Catholique homme. en dépit de l'Eglise ne vous faudra d'autre absolution ny d'autre chardonnerette* qu'une demie dragme de Catholicon.^rcs. Sorte d'assaisonnement préparé avec le cardon d'Espagne. au point que Christophe . — Si lui Pape.) 1. vous sera permis. — Soyez aussi criminel que La Hothe Serrant^. soyez Couverte de honte. Pierre d'Espinac.vous fait Cai'dinal. sieur de La Mothe Serrant. Il mourut en 1390. 7. haï des ligueurs. un 13 petit de Catbolicon.

scélérat le convaincu de faulse monnoye comme M. d'où il est venu. » Expression proverbiale qui signifie disputer sur les droits d'un tiei-s. sodomite comme Bussy'. — Que quelque Foy. s'en peut bien retourner XIX. hors de saison. la vous voila agneau immaculé et pilier de XVII. atlieiste et ingrat : Poète de l'Admiraulté* lavez-vous d'eau de Higuiero. vous verrez qu'on s'amusera plutost à veoir. 8. abbé de Bonport. sage Prélat. gouverneur de « pour la Ligue. qu'ils leur debalent non moins furieusement que cauteleusement et leur disputent la — Couronne servez-vous là-dessus de Catholicon. tandis la langue il vous sera permis laisser accuser de voula Religion que Dieu s'endormira. Angleterre. qui soutint des diseUSsiens théolo- giques contre le protestant Du Plessis'Mornsy. la chape à l'Evcsque* sur le Perron' du Plessis. '. Pierre Senault.U comme comme SATYRE MÉNIPPÉB. ou Conseiller d'Estat vray Catholique François. qu'à travailler à rames et à voiles pour faire lascher prise aux tyrans matois qui tremblent de peur. 4. 7. membre du la Bastille Censcil des Seize. s'ingère de s'opposer aux vulpines entreprises des ennemis de l'Estat : pourveu qu'ayez un grain de ce les Catholicon sur loir. Guillaume Du Bose. 2. 6. membre du Conseil des Seize. perdre comme en XVIII. C'est à peu prés la moitié des articles que conte- 1. quelque dispute de .'mdreville*. depuis cardinal. Dussy Le Clerc. Senault*. Que l'Espagne mette le pied sur la gorge de l'honneur de la France. procureur de la Cour. . sieur d'Esmandreville. — Que quelques bons Prédicateurs. que les Lorrains s'efforcent de voler le légitime héritage aux Princes du Sang Royal. Yar. non pednnts. Du Perron. soient pour aider à désensorceler le sortis des villes rebelles simple il peuple. s'il n'a un brin de Higuiero dans son capuchon. 3. Philippe des Portes.

A estoit souveraine. combien qu'il fust affublé d'un caban fourré tout l'appeloient pelé. dont a il languissoit^. peu parce commençoit à s'esven- manquant de l'ingrédient plus nécessaire qui est l'or. et le jaune était la couleur des débi- . noit la pancarte 15 le du Charlatan Espagnol . drogue de cestuy-ci veu monsieur d'Auraale. la J'ai Monsieur de Plaisance. comle de Boulongne. ils l'appeloient la vérité. n'avoit qu'un petit vieille serviette. escabeau devant luy. il Quant au Charlatan Lorrain. pleine aussi de Catholicon. Il était alors presque insolvable. Poète de l'Admiraulté en esté guary de la gratelle. à cause dequoy Kl. temps vous fera veoir les autres. Âllasioa au ^and nombre de dettes dont le parti était courert M. dont il estoit rongé jusques 1. couvert d'une et dessus une tirelire d'un costé et une bouëte de l'autre. Et sur la bouête estoit escrit : tra feALIMATHUS AllAS CATH0LIC05 COMPOSÉ POUR GUARIR DES ESCROUELLES. Ce pauvre Charlatan ne vivoit que de ce mestier. pour autant et que le Charlatan Espagnol estoit fort bouffon plaisant. et semorfondoit fort. dont toutesfois qu'il il debitoit fort ter.SATYRE HÉMPPÉE. d'Aumale lorsqu'il embrassa de la Ligue. qu'elle a guary de le la jaunisse saffrannée. les pages Monsieur de Pellevé.

il était libre et gracié. Le chapitre de Kouen jouissait autrefois du droit de le vrer chaque année. Possonou poisson. du haut mal de la corde. . il Le Duc de Savoye en avoit aussi de le pour le guarir la boulimie et gloutonnie. et c'est-à-dire de l'argent d'Espagne. 2. et un millier qui s'en alloient mourir en Chartres. 4.16 SATYRE MÉNIPPÉE. le greffier Senault. pris. pour guarir du plus desioyal et malin hocquet du monde. qui coupa la leurs insolvables et des banqueroutiers. dans un posson^ de laicl d'asnesse. de cette drogue. pauvre homme le ! 11 y a de pires saincls en Brevalet taigne que Catholique de monsieur de Fontaines. aux OS*. Théodore de Lignery. Des Portes. Le passage qui les le concerne a été supprimé dans éditions postérieures à 1600. en temps et lieu. 5. petite mesure contenant la moitié d'un demi-selier. eiist Concierge de VerneuiP il eu. mais revomit tout. de la caquesangue*. qui livra la ville de Verneuil aux déli- ligueurs en 1590. Le flux de sang. Et. tous les jours. jour de l'Ascension. se fust bien passé de lever la Fierté* de Sainct-Romain de Rouen. plus de dix raille zelez. abbé de Tyron de Bonport. L'auteur l'accuse d'être sorti d'embarras à l'aide de la drogue du charlatan espagnol. 1. un prisonnier qu'il faisait et auquel on soulever trois fois sur ses épaules la fierté ou châsse de Saint-Romain! Après cette céré- monie. Monsieur de Mayenne en prend. 3. si le sans cet Higuiero. choisissait. gouverneur de Sainct-Malo.

les hérétiques. et III. par les bas Bretons. La bulle In cœna Domini fut promulguée en 1536 par le pape Paul maces. estimé le dévot un second Sainct Yves.SATYRE MENIPPÉE. tous * les cas cœna Domini sont absoubs à pur et à plain par ceste quinte-essence GalholiqueJesuitte-Espagnole. reservez en la Bulle In En somme. Honoré de Bueil des Fontaines fut assassiné à l'instigation de M. les contu- . 2. gorge à son maistre en son lict. 17 moyennant deux : mil escus pour nostre Mère Saincte Eglise* chrestien est. elle les excommuniait tous eouemis du Saint-Siège. de Mercœur. 1. pource qu'il n'est jamais desgarny de Higuiero et de Catholicon. qui voulait s'approprier sa fortune.

le nom du jésuite Commelet ou mieux Commolet. de VEstoile. prédicateur de la Ligue. Bernard.) 2. de P. et procès verbaux des États généraux de 1593. Cette date février. qui se retrouve sur toutes les anciennes éditions. Après avoir été plusieurs fois retardés. L'ouverture n'en fut faite cependant que le mardi : 26 janvier. Lieutenant de le l'Es- Couronne de France. est inexacte.ABREGE DES ESTATS DE PARIS CONVOQUEZ AU DIXIESME DE FEVRIER 1595* TIRÉ DES MEMOIRES DE MADEMOISELLE DE LA LANDE ALIAS LA BAYONNOISE» ET DES SECRETTES CONFABULATIONS D'ELLE ET DU PÈRE COMMELAID» Monsieur tat et le duc de Mayenne. Nous ne nous expliquons pas cette date du 10 février il n'y eut même pas de séance ce jour-là. les États généraux furent convoqués pour le 17 janvier 1593. les députés ne s'étant (V. Iniriganle au service de madame de Nemours. par Aug. Mém. 5. Orthographe fantaisiste pour amener un jeu de 'mots sur paî assemblés du 8 au 12. du lO duc de Guise. . le con- 1.

voulurent que devant que commencer un si sainct œuvre. 10 nestable d'Aumale. jour fjaite fixé pour l'assemblée des États. Naples à et autres villes de l'Union. le cardinal Cayetan*. et maintenant grand maistre du Collège de Navarre et recteur de l'Université. reçurent la communion de la la main du légat. Il Ligue. La procession fut telle : Ledit recteur Roze. celle-ci Ménippée supposent une grotesque.SATYRE MÉNIPPÉE. la barbe et et la teste rasée tout au costé. c f e « Le dimanche 17 de janvier. Les auteurs de autre procession. et un hausse-col dessus de fraiz. ne jouissait plus de cet évêclié. » Mém. le comte de Chaligny. une 1. princes Lorrains. fut une procession à Notre-Dame. l'espée . de VEstoile. fust faicte une pro- cession. avec le camail et le roquet. n'agueres evesque de Senlis*. quittant sa capeluche rectorale. de P. qu'il avait reçu du feu roi la Henri III. et les autres députez d'Espagne. pareille à celle qui fut jouée en la présence de Monsieur test dit. prit sa robe de maistre-és-arts. estant assemblez Paris pour se trouver aux Estais convoquez au dixiesme février 1593. à laquelle se trouvèrent les députez qui étoient arrivei. Ce qui fut aussi tost faict : aussi car monsieur Roze. fît le lendemain dresser l'appareil et les personnages par son plus ancien bedeau. qui eurent réellement lieu à Paris. dont ils prennent le type sur les montres ou revues de religieux enrégimentés par 2. . et flrent leurs dévotions. Flandres. composée de moines armés.

leurs robes trous- ayants chacun le casque . tant cordeliers que Jacobins. pour met- chacun en son rang et ordonnance. et des plus séditieux et fendans prédicateui's « de Paris qui ne préchoient que le sang et le mem-tre. et devant eux marchoient moynetons et novices. fraiz. Il était curé de Saint-Jacques-la-Boucherie. avec l'espée et le poignard. couronne' * et la barbe faicte de une brigan- dine sur le dos. 4. cinquante ou soixante Religieux. faisoient le premier rang trois petits sées. » 2. en teste dessoubs col leurs capuchons et une rondache pendue au où estoient peinctes les armoiries et devises desdils seigneurs. habillé de violet en la gendarme scolastique. curé de Sainct- JaquesS marchoit à costé. La couronne pour tonsure. poussoit. et une halebarde sur l'espaule gauche. qui suoit. et le troisième de Saint-Gervais. un des docteurs tirans gages de madame de Montpensier. de trois en trois. Bou- cher et Lincestre^ un petit plus bizarrement armez. Puis suyvoient. Les curez Amilthon. . Quelques éditions postérieures le nomment Julian Pelletier. . tantost derrière. tantost devant. de sorte qu'il ne restait autour du crâne rasé qu'une bordure de cheveux iormant couroime. On la portait très grande autrefois. en forme de sergent de bande. la 3. 1.20 SATYRE MÉNIPPÉE. tre et haletoit. pertuisane sur l'espaule. Le premier « était curé de Saint-Cosme. Maistre Jaques Pelletier. L'Estoile qualifie ainsi ce dernier « : Lincestre. Cotte de maille. le second de Saint- Benoît.

par faute de meilleur passe temps. ne s'arrétant « nulle part. faisant le moulinet devant la dames'. moines belliarmés à l'antique catholique. ayant chacun un morion en teste. Les autres presque tous avoient des piques qu'ils bransloient souvent. Bernard de Montgaillard. tantôt . Ici la satyre n'invente rien et se rencontre avec la réalité historique. tous couverts avec leurs et habits agrafez. 2. Il y a ici un trait satyriquc dirigé contre ces queux. tantôt en tête. l'autre une l'autre croix. à queue. Bons-Hommes. qui. l'un portant une lance. capuchons . son bréviaire pendu par derrière . 1. et une arbaleste. livre xcvni. sur * : le modèle des Epistres de sainct Paul entre autres \ y avoit six Capuchins. comme le dit saint Paul dans sa deuxième épître aux Corinthiens. Ainsi qu'il fit en 1590 pendant le siège de Paris. revestuz de cottes leui-s de maille. une harquebuse. hormis un Feuillant boiteux*. à gauche. l'un l'autre un espieu. Si Carmes. courant à droite. armez à l'antique Catholique. qui est la en preuve : c II allait sur son pied boiteux. le tout rouillé par humilité catholique. y avoit trois Minimes. Et. et une hache d'arme à sa ceinture. se faisoit faire place avec une espée à deux mains. Feuillants et autres. ce ne serait que d'armes spirituelles. Minimes. l'espée ceinte au costé par dessus habits. armé tout à crud. S'ils étaient 3. et au dessus une plume de coq. Voici la traduction d'un passage de de Thou. surnommé le petit feuillant.SATYRE HÉNIPPÉE. et le faisoit bon veoir sur un les pied. Capuchins.

et armé à en morte-paye'. l'espée et pistolet à la ceinture. ou à quelqu'un des siens. et rachetant le vice de sa conformation par une activité toute militaire. » 4. et tirer. trainant la légère une halebarde gauchere. Us voulurent en passant faire salve une ou escoupelerie : mais le Légat leur deffendit. dans une cérémonie semblable^ . : tous d'une parure habits chacun sçavoir est. le fichait en canon de l'arquebuse pour Bâton que l'on sur lequel on appuyait 5. Plaisanterie sur le sort de ce prieur qui était déjà mort à cette époque. 4. Leurs arbalètes s'appelaient cranequina. t en queue de « € la colonne. et chacun une harquebuse à crocq sans fourchette*. qui s'estoyent excusez sur le commerce*. possédaient des biens dans les provinces royalistes. descouvert. Mais tout cela marchoit en moult belle ordonnance Catholigue. Je n'y vey ni Chartreux. de peur qu'il ne luy raesadvint. la salade* en teste. Apostoligue et Romaine : et sembloyent les anciens cranequi- niers^ de France. Derrière estoit le Prieur des Jacobins en fort bon poinct. comme au cardinal Cayetan'. ni Celestins. ayants sur leurs et le derrière un plastron à corroyés. faisant tournoyer des deux mains une large épée. composé d'une simple coiffe de fer. On l'a aussi 2. fort riches. Casque léger. 5. Arbalétriers. Un moine maladroit avait tué un homme de sa suite à la portière de son carrosse. nommé bourguignole. terre.23 SATYRE MÉNIPPÉE. 6. Ces moines.

159t. 2. de fraiz graduez par la sainte Union. de Pelvé tout bassement. et. 3. le 4 déc. Eu effet. puis la Cour de Parlement telle quelle. dont avait alors secrètement quitté le parti de le la Vétérinaire* de la confrairie Saint-Eloy. eu avait fait pendre quatre. les Paroisses . 4. procureur en la Cour. Après eux marchoiont les Prévost des Marchands et Eschevins. qui avoient tant ecclésiastiques multiplié en plusieurs Ordres. puis les Cent Gentils-hommes. Suyvoient après le cardinal : Monsieur de Lyon tout doucement. que séculiers puis . \Tay miroir de parfaicte beauté*. le duc de Mayenne. les gardes Itale liennes. Allusion plus grand Ligue. Les maréchaux- ferrants. à cause de l'exécution du président Brisson et de ses compagnons. des principaux : meneurs. bigarrez de diverses couleurs*. Aimonnot. quatre à quatre. réduits au nombre les des Àpostres' et habillez de mesme. 1. 2ï Après ces beats Pères marchoient les Quatre Mendiants. avocat au Châlelet. puis les Seize. savoir Ameline. nombre aux divergences d'opinions des échevins. . Louchart. Espagnoles et Wallonnes de Monsieur Lieutenant.SATTRE MÉIÏIPPÉB. C'est-à-dire à douxe. après eux Monsieur le Légat. très irrité contre les Seize. comme on joue à la Feste-Dieu. et après eux quelques vétérinaires de la confrairie Sainct-Eloy*. et Ânroui. Le cardinal de Plaisance était remarquable par sa lai- deur. commissaire.

femme du duc de Mayenne. 5. Jean de la Rue. chef de la Ligue le titre depuis l'assassinat de son frère Henri de Guise ftiit donner par les ligueurs l'État et Couronne de France. et maintenant pont un des cent Gentils- hommes suyvoient et Conseillers la d'Estat de l'Union ^ Et la Madame douairière de Monlpensier^ avec son escharpe verte. elle la duc de Montpensier. Royne-mere. 4. cy devant tailleur d'habits sur Sainct-Michel. suyvie de Mesdames de Belin. et Ma- dame la Lieutenante de l'Estat et Couronne de France^. son prétendaient au trône de France. ou grand-raere {in dubio) du Roy ôt luy portoit la queue mademoiselle de La Rue. et de Bussy le Clerc.588). fort sale d'usage*. de Lieutenant général de . Cette tait écharpe lui venait d'un de ses amants. por- en signe de joie depuis l'assassinat de Henri 5. son fils. Alors s'avançoit et faisoit veoir Monsieur le Lieutenant % et devant luy deux massiers fourrez d'her- 1. de Bourbon. futur* . 2. fille de noble et discrète personne monsieur le de La Rue.24 et SATYRE MÉNIPPÉB. Le duc de Mayenne. Henriette de Savoye. S'était 6. duc de Mayenne. et le jeune duc de Guise. (1. homme de mauvaise Catherine-Marie de Lorraine. Charles de Lorraine. veuve de Louis II réputation. représentant la Item venoit Madame de Nemours. avec la croix où pendoient les Bulles du pouvoir. devant luy marchoit le Doyen de Sorbonne. et III. émissaire des Seize. petit-fils.

cinq cens mille pionniers*. ou pour le moins graduez nommez et . et derne n'a conservé 2. On prétend que cette singulière proposition avait été faite à Charles VII par Jacques Cœur. Autrefois les devises se composaient de deux parties : le corps ou sujet figuré. monta en chaire lides oij. ayant prouvé par bons et vac'estoit à ce arguments* que coup que tout fin iroit bien. en ceste équipage. le rame c'est-à-dire la légende. Arrivez qu'ils furent tous. et que les deniers soyent maniez par les Docteurs en théologie. son espée et pertuisane. 8 pat" bons et 5. authentiques passages. raines. proposa un bel expédient pour mettre à la guerre dans six mois pour : le plus tard. portants ho- quetons noirs tous parsemez de croix de Lorraine rouges. et estoit Ife mot : In magnis voluisse sot est. Alors tous les assistants furent veuz tres- i. » Var. quittant son hausse-col. soldoyé homme catho- aux despens de la paroisse. nous ferons douze cens mille combattants. y a n'est dix-sept cens mille : clochers. en la chapelle de Bourbon. Raisonnant.SATYRE MÉNIPPÉE. L'usage monom de devise qu'à cette dernière partie. i . ayants devant et derrière une devise en broderie dont le corps* representoit l'histoire de Phaëton. dont Paris compté que pour un qu'on prenne de chacun clocher nn lique. Monsieur le recteur Roze. et à ses flancs Î5 deux Wallons. 4. ratio- cinant' ainsi En France.

qui ça. Seigneur f que dans tabernacle» sont beaux 1 chapelle En effet cette scène se passait du seigneur Roi. etc. . du moins pour avoir l'esprit peu sain. de joye. et. un peu de poussière puis Monsieur : Cathedrant acheva par caste conclusion Beati pauperes spiritu. et frelons avec le comme on appaise les mouches . pas attaquer les forts de Gournay et Sainct-Denis mais on les retint avec un peu d'eau beniste. chacun cheux soy. si besoin estoit. Le reste se retira en confusion. 1. la messe fut chantée en haute note par Monsieur le Reverendissime Cardinal de Pelvé.*. Rose passait sinon pour pauvre Dans tes la le texte d'etprit. Le sermon finy. 2. tous ceux qui dévoient estre de l'Assemblée accompagnèrent Monsieur le Lieutenant au Louvre. du psaume se trouve le mot Domine.28 saillir SATYRE MÉNIPPÉB. la chapelle de Rourbgn. à la fin de laquelle les chantres entonnèrent ce motet : Quant dilecta tabernacida tua^. et à mourir pour les Princes Lorrains. pour le Roy Tres-Catholique. avec telle véhémence qu'à peine put-on tenir son régiment de Moynes et Pédants qu'ils ne s'encourussent ce . Lors. et s'escrier : coup du Cielf Puis exhorta vivement à la guerre. qui là.

L'assemblée des États généraux se tint au Louvre. environ 1420. devant que vous parler des cérémonies et de Tordre des séances desdits Estats. qui toutes représentent des actes de violence et de réToIte contre l'autorité légitime. située au-dessus de la salle du rez-de-chaussée dite des Cariatides. soubs le roy Charles VI. et celui d'illégalité qu'ils attribuent aux Étals généraux de 1593. Dauphin et vray héritier de 1.LES PIÈCES DE TAPISSERIE DONT LK SALLE DES ESTAIS FUT TENDUE » % Or. dans salle du premier étage. La charpenterie et eschaffaudage des sièges esloit toute semblable celle des Estats qui l'an à furent tenuz à Troyes. 2. sert lion aux auteurs de de la la satyre à souligner le caractère de rébel- Ligue. à l'instance et et poursuitte du roy d'Angleterre du duc de Bourgon- gne. il ne sera pas hors de propos de vous figurer la disposition de la Salé ou l'Assemblée se devoit faire *. La description de ces tapisseries. lorsque Charles Vil. . C'est dans cette salle du une grande premier étage qu'est installée aujourd'hui la collection Lacaze.

le A un estoit des costez et pante du daiz. qu'il avoit révolter contre l'empire Romain. puis bannis ad tempus. Stampe. Il s'agit donc .28 la SATYRE HÉNIPPÉE. la teste et Au-dessus de au fond dudit daiz estoit un crucifix. ruina extinguam. par lesdits Estais. dont ladite Sale environ. ancienne forme du mot estampe. et déclaré fut. en douze pièces ou exprés. agravez. ayant la 1. de- gradé incapable de succéder au et Royaume . armer et En la troisiesme estoit le portraict dudit personla et nage ayant un flambeau dans mettre le main. sembloit estre moderne et faicte lisse. à la stampe* moderne de Paris. cloches sonnants et chandelles esteinles. estoit l'effigie En l'autre pante deSpartacus haranfaict guant sou armée d'esclaves. au bas de la pante y avoit escrit Si aqua non possum. habillé à françoise fée dont parmy des Espagnols. consultant une biche il disoit entendre la volonté des dieux. soubs lequel devoit estre assis Monsieur le Lieutenant. luy et tous ses adhérents fauteurs excommuniez. la représenté au vif un Sertorius. réagravez. par dedans. qui venoit de feu en : un temple . Couronne de France. et richement estoffée à haute ledaiz de mesme. se pouvoitveoir à cause de l'obscu- La quatriesrae ne rité contre son jour. Mais la Tapisserie estoit tendue.

massacré à Blois par ordre d'Henri en i. > Elle était sœur du feu duc de Guise. nom de Charles X mort en . lll Henri de Guise. proclamé roi par la Ligue le sous 5. le dehors des trois pantes de devant estoient. 4. elle est deset du Veau d'Or comme crite en Exode. et faisoit fort beau voir les sœurs de ce jou- venceau se métamorphoser en arbres de peupliers. et la droite estoit 20 libre : tenant une espée nue où entouré ce dictum Super Par te et super sanguinem tuuni. qui s'estoit rompue une hanche en courant pour secourir son frère. les chutes d'Icare et de Phaë- ton.588. où Bloyse estoient représentez par le Aaron y Roy defunct Henry troi- siesme et feu Monsieur le cardinal de Bourbon*. main gauche attachée à la croix. toute desche- La première pièce de estoit l'histoire tapisserie. . 1. 32* chapitre. Âddit. 1590. proche du daiz.SATYRE MENIPPEE. < et éplorée. post. Les États de Blois avaient déclaré le roi de Navafre exclu 2. duc de Guyse ' haut eslevé adoré pai* le peuple et les deux Tables * rapportoient la Loy fondamentale des Estats de Biois d'une gravure représentant ici un crucifix. et non d'une œuvre de sculpture. 2. dont l'une. fort bien elabourées. Charles de Bourbon. la douairière] de Montpensier. cardinal. Mais le Veau d'Or et estoit la figure du feu . ressembloit naïve- ment à velée*. et était en effet boiteuse.

2. qui la entra dans Paris à tête d'environ huit mille anglais. comme héré- tique.) s'at- On criait Noël en signe de réjouissance. Il s'agit ici le 21 juillet i588. et proclamait inapte à succéder au trône tout prince protestant. et qui avait pour cause les lourds impôts levés alors. Les ligueurs l'oi tendaient à voir amener le et déjà ils se réjouissaient. La seconde pièce estoit un grand paysage de diverses histoires anciennes et modernes. 3. vint s'emparer de quand ce prince leurs faubourgs le jour de la Toussaint 1389. le 23 octobre 1411. 1. où de la succession éTentuelle au trône de France. Jean-sans-Peur. . de (V. qui proclama l'abolition de tous les impôts. nommé Grand Henri III Édit d'Union. A un des coings estoit la Harelle* de Rouen.30 et l'Edict SATYRE MÉNIPPÉE de juillet 1587*. distinctes et séparées l'une de l'autre. 4. et au bas de la pièce eset toient escrits ces mots : In die ultionis visitabo hoc peccatum eorum. pris dans son sein. Cet édit. Journal de Paris. belle entrée Au plus haut se voyoit représentée fit denuictque et le duc Jean de Bourgongne à Paris'. duc de Bourgogne. fut rendu à Blois y déclarait sa volonté d'exfirpcr l'hérésie de son royaume. Le peuple de Rouen se donna un roi. Nom donné à une sédition qui se produisit à Rouen dès le commencement du règne du jeune roi Charles VI. quand les Parisiens crièrent Noël dès la Tous- saincts'. et néantmoins se rap- portants fort ingénieusement à mesme la perpective. de Navarre prisonnier à Paris.

Révolte à Paris. sous Charles VI. Partisans du duc de Guise. Chasfigneraye. estre chassé de de toutes parts avec tonneaux maison et assiégé barriques pour le prendre. 5. Autre révolte à Lyon. sous le roi Jean. tous appartenaient au corps des bouchers. Aubriot. estoit esleu Roy par de populace. nommé les Pourcelds. A l'autre coing estoit la Jaquerie Beauvoisin. suscitée par le le duc de Guise. qui prit naissance dans un tripot 3. en 1385. Caboche et et Jaques . et autres ba- 1. et qui avoit tant faict de biens et tant de privilèges donné sa et aux Parisiens. suite le 12 mai 1588. 2. et s'étaient armés des maillets servant à tuer les bœufs. en 1413. Révolte arrivée en Beauvoisis. ne servant que de paysage. à l'autre coing les faicts heroiques des '. Là estoient représentez plusieurs braves stratagèmes des sires qui menoient Tremont. . et ses émissaires dam la journée des Barricades. où l'on voyoit un Roy simple et bon Catholique. Presque Séditieux de Paris. anciens Maillotins soubs les capitaines Simonnet. et à la de laquelle roi Henri III dut s'enfuir de Paris. en 1358. Mais au fond et au la milieu de pièce estoient figurées les Barricades de Paris*. roys des bouchers escorcheurs et le tout en personnages racour- cis. 4. ung marchand nommé Le la 51 Gras.SATYRE MÉNIPPEE. Flavacourt*. avec leur capitaine Guillaume Caillet*. Au coing d'embas estoîent les Pourcelets liguez de et Lyon *.

chands de Paris. de ses tonneaux Le bien et le mal nou8 verse : Mais par ceux-ci. batteur de pavés signifiait détrousseur de grands chemins. Fut député aux États de 5. Il met tout à la renverse. et autres à qui le dies ' feu duc de Guise faisoit tant de bonaBiois. tous nouveaui. Marteau*. son mauvais conseiller. Allusion à la Journée des Barricades. et au bas de ladite pièce estoit escrit ce quatrain Jupiter. des cajoleries. ayant gaigné et corrompu par caresses indignes les plus abjects et faquins du menu peuple *. et se reconnoissoient aisément le président Jannin ^. 5. et remplit une mission La Chapelle-Marteau. 4. et Architophel. maître des Comptes. finit reusement ses jours. comment malheuappro- Puis se voyoit la punition qu'il en receut. en Espagne pour le duc de Mayenne. 2. Tous les visages estoient chants d'aucuns desdits Estats. Fit partie du Conseil des Quarante. Ribault ^. Prévôt des marBlois.32 bATYRE MÉNIPPÉE. Au sens propre. S au lieu leurs de pavé d'honneur : . et le chassa de la ville de Jérusalem. Ues amabilités. La troisième pièce contenoit l'histoire d'Absalon. nifie le Ici Absalon person- duc de Guise. . qui barricada son père. Était trésorier du duc de Mayenne. Aussi se voyoient aux Estats de Chou- i. 6. brigand.

Les prédicateurs de la Ligue le représen- taient 4. Et sur le front dudit moyne estoit escrit. Toussaint Pocart. qui ne crai- gnoient d'aller tuer. Greffier 2. assassiné par un Sarrazin. Vieux de la Montagne. assassiné par ordi-e du pendant les Etats de Blois. 3. Ici. jusques aux cureurs de fosses. en gros. proditoirement frappé d"un Cousteau par un mo^Tie débauché. Aloadin. Senault . leur commandoit. Entre autres y avoit deux figures plus apparentes : l'une. au un* siècle. maquignons. que ledit defunct martyr* baisoit en la bouche par zèle de religion. Les Assassins ou Uaschischins étaient des sectaires orien- taux qui. en grosses de lettres. Le duc Henri de Guise. jusques à la chambre et jusques au lict. le Yiel surnommé des Six ou Sept Montagnes *. les faicts d'armes des anc ens et modernes Assassins. ceux que leur prince imaginaire. . roi. en lui baisant les mains . d'un comte de Tripoli. potier d'étain. la Cour des Aides. d'mi Roy de France et de Polo- gne. 55 et autres La Rue. l'anagramme de son nom 1. exécutèrent aveuglément les le meurtres commandés par leur chef. La quatriesme representoit. zélateur. zélateur de sa religion. autre- ment appeliez Bédouins et Arsacides. tous gens d'honneur de leur mestier. en lui présentant à genoux une lettre missive. Pocart*. comme un du XI» martyr. bou- chers. et l'autre.SATYRE MÉMPPÉElier*. ce chef désigne le Pape.

et Givry *. se sauva à Saint-Denis. Charles de Lorraine. i. son suffragant. de Senlis. et par La Noue Bras-de-fer '. Ce vaillant prince d'Aumale. Le moule de leur pourpoinct. commandait sous de La Noue la noblesse de Brie à Id bataille de Seftlls. Quoy qu'il ait perdu sa raale. Pour avoir fort bien couru. remplacé par un bras en fer. : où Monsieur d'Aumale fut faict Connestable et luy estoient baillez les espérons aislez et zelez* par Mon- sieur de Longueville.34 SATÏRE MÉNIPPÉE. : Frère Jacques Clément CEST L ENFER QUI la bataille M'A CRÉÉ. . Henri d'Orléans. les ordres 5. de Senlis. duc d'Aumale. et 4. dii Ces vers. Anne d'Ânglure. Ceux qui estoyent à Ne s'y endormirent sa suitte point. duc de Longueville. N'a pas la mort encouru. par quatrain • : A chacun Nature donne Des pieds pour Il n'est le secourir : Les pieds sauvent la personne. que de len courir. En la cinquiesme se voyoit de Senlis. prince politique *. Autour d'icelle estoient escrits ces vers. gouverneur de Brie. qui gagna la bataille le nom de poliliguei aux par- du roi. par heureuse fuitte. Les ligueurs donnaient tisans 3. en 1589. à l'allure vive et gaie. Sauvants. François de La Noue avait perdu l'avait un bras en 1570 au siège de Fontenay-le-Comte. sont tfôyët Passerai. Après il la perle de la bataille 2.

Ne demeurez point derrière Il n'est que de bien courir. sieur d'Esclavoles et de Chamois. Les coureurs sont gens de bien Treraont et Balagny t : 35 mesme. Que se faire occire ou battre. et se cacha dans Paris après la bataille de Senlis. Il vaut mieux des pieds combattra. Quand ouverte est la barrière De peur de blasrae encourir. capitaine des gardes du duc de Mayenne. Souvent celuy qui demeure Est cause de son raeschef Celui qui fuit de : bonne heure Peut combattre de rechef. Pour n'avoir pris le devant. amena de Cambrai des troupes et du canon au siège de Senlis Congy ou Congis. même . En fendant l'air et le vent. s'enfuit . Bien courir n'est pas un vice : On court pour gagner C'est le prix. Et CongyS le sçavent bien. Jean de Montluc-Balagny. tué à la bataille de Senlis. chevalier du guet. Courir vaut un diadesme. 2. 1. tué au lieu en défendant bravement l'artillerie abandonnéo.SATIRE MÉÎfIPPÉE. Trémont. : un honneste exercice Bon coureur n'est jamais pris Qui bien court est homme habile : Et a Dieu pour son confort Mais Chamois et Menneville Ne coururent assez fort*. François de RoucheroUes-Menneville. Guédon.

Bataille remportée par le roi de Navarre sur la Ligue. pour lié amener et Biarnois prisonnier. bonne Françoise s'il en fut jamais*. sur les boutiques veoir et et ouvroirs le de la rue Sainct-Anthoine. les ligueurs affectaient Patronne de Paris. n'est que de bien courir. et autres qui avoient retenu place dix jours devant. fendeurs de nazeaux. faisoient la nique. et attendant laresponse de la lettre qu'il avoit escrite en poste à Madame Saincto Geneviève. prests de passer mer à nage. ce qui en estoit estoient les le plus beau. et membre du Conseil des Seize. et mangeurs de charrettes ferrées. que de leur parti. de regarder comme 3. six cents desconfortez. le 13 septembre 1589. Odon Pigenat. Etau coing de ladite pièce se voyoit Pigenat* au lict malade. jésuite ligueur. et mettoient en route par les charmes du Biarnois douze ou quinze mille rodomonts. en triomphe. Qui a de l'honneur envie Ne doit pourtant en il mourir : Où Il y va de la vie.36 SATYRE MÉNIPPÉE. parce qu'il 1. 2. . bagué. furieux et enragé de ceste fortune. En la sixiesme estoit depeinct le miracle d'Arqués où cinq ou la ^. Mourut de frénésie à Bourges. Et. comment il leur bailla belle. dames de Paris aux fenestres.

et s'empara des faubourgs le 1" novembre 1589. comme le peuple y comptiit. sauvez le moi et mes gens ! Tout est perdu. chevauchoit l'Union par derrière. S . prendre Mantes par guichet et dire : au habitants en note basse et courte haleine Mes amis. Ce mot désigne les huguenots.SATYRE MÉNIPPÉE. Bataille d'IvTj le remportée sur la Ligue par le roi de Navaire 14 mars 1590. et oà il entra par un guichet. 5.où se voyoient les Espagnols. par les faux-bourgs Sainct-Jaoques *. vint et 37 en autre habit. 4. Il y faisoit beau veoir Monsieur le lieutelaissant le nant. Expression du temps qui signiGe fuir au plus vite. mais Biarnois est mort! Surtout y avoit un merveilleux plaisir d'y veoir sagement inventorier ses coffres et bahuts. dont les portes étaient fermées. trompé d'outre moictié de prix. 3. et d'en veoir religieusement aveindre l'estendart de la Foy. 1. Sainct-Gerraain La septiesrae contenoit la bataille d'Ivry la Chaus- sée. qui. et autres catholiques zelez. et le Biarnois tout es- chaufé. Au lieu 2. à bride abatue. Lorrains. Après la perte de la bataille d'Ivry. le duc de Mayenne fuyant arriva à Mantes. maudissant le dernier* et comte d'Egmont pour juste les gaiges. par moquerie ou autrement monstrer leur cul aux maheustres'. le roi de Navarre y vint avec ses troupes après la victoire d'Arqués. s'encourir le sur un cheval turcq pour '. avec d'entrer prisonnier à Pai'is. où estoit peinct un crucifix sur taffetas noir.

comme un : tableau dedans lequel estcit escrite ceste chanson Reprenons la danse. Aitspice C/trisfo. Peuple Ghrestien. Qui voulez tout prendi'e. Roys embarrassez. Les Roys sont passez I Prenons quelque trefve '. qui devoit servir ses successeurs Roys à d'Oriflambe à l'avenir. Nous sommes lassez • Ces Roys de la tebve Nous ont harassez 1 Un Roy seul demeure. et auprès d'eux. Et rien n'embrassez 1 Un grand Capitaine : Vous a terrassez Allons.38 l'inscription : SATYRE MENIPPEE. Il y eut une trêve au mois d'août ISdià. si la corde n'eust rompu. Au coing de de bergers la petite tapisserie y avoit une danse et paysants. Jean du Mayne Les Roys sont passez! i. C'est celui estendart. tel qu'on le veoit pen- dant en l'église de Mantes. . : Allons. c'est assez Le printemps commence. : Les sots sont chassez Fortune à ceste heure Joue aux pots cassez Il t vous faut tout rendre.

à cheval comme et Sainct Georges. et d'une cuirasse par dessoubs. On appelait Paradi* des chapelles ou autels parés et éclai- rés extraordinairement. tués à Blois en 1588. ayant en la main une coupe pleine de sang dont il serabloit vouloir boire. portants jeusnes doubles. estoient les images de trois Saincts - nouvellement imprimées depuis le Calendi'ier Gré- gorien. assassin III. ayant à il ses pieds force la dames damoiselles à qui tendoit l'air main ^. A Rennes ces tombeaux semaine sainte sont encore nommés aujourd'hui Paradis. Ces saints de la Ligue étaient Jacques Clément. Le peuple leur portoit force chandelles. estoit polUe lanceas. tout autre que celuy de Sainct-Barthelemy. et induite vos Le troisiesme un Sainct. et un chapeau de mesme à longs cordons. . attendant 1. et leur monstroit une couronne en à : laquelle en souspiraut il aspiroit. L'autre est oit vestu d'une soutane rouge. du Jeudi Saint. ou les tombeaux de la 2. ayant un petit Cousteau en la main. en pie griesche. 59 La huictiesrae estoilla représentation des Paradis' de Paris. et de : la bouche d'ice- luy sorloit un escriteau en ces mots loricis. L'un d'iceux estoit habillé de noir et de blanc. State in galets. comme un coupeur de bourse. dedans lesquels. Le duc de Guise passait pour fort bien vu des dames. cardinal et le duc de Guise. comme le sont les reposoirs de la Fête- Dieu. in plurali. le de Henri S. et disoit de nouveaux suffrages.SATYRE MÊNIPPÉE. avec ceste devise Difficilia quœ pidchra. et par dessus le sainct Ciboire.

qui avortoit d'une infinité de vipères et monstres divers. Conseil des Quarante. membre du . 3. 2. les autres Catillonnois. Catholiques. Addit. Lipans. mais le vent emportoit et Les bordures de ladite pièce estoient de processions blanches. de Boucher. <iirnom de Bernard de Montgaillard. Zelez et Chasteauverds *. les uns intitulez Gaultiers. curé de Saint-Gervais 4.et le Petit Feuillant 'exhortant le peuple à la paix. et leurs cendres jetées au vent. et de sermons et Te Deum renforcez. 1 Le clergé ligueur Les corps faisait passer les deux Guise pour deux Guise. furent brùlos martyrs. pour paillarder avec ses micnons. Boucher. ' : qu'ils feissent miracles souffloit tout *. Et sur le front de ladite Géante estoit escrit : c'est la belle lutece qui. moine ligueur. faisoit veoir La neufiesme au naturel une grande Géante. où se voyoienten petit volume les faces Lincestre. a pait tder son pere et son espodx. le petit Feuillant.40 SATYRE MÉNIPPÉE. de 1649. Énumération d'aventuriers. de pillards ou de révoltés. « Et formant tous ses syllogisme.: en ferio. Lincestre. Ligueurs. tous assimilés aux ligueurs. curé de Saint-Benoît. » 5. . par une figure nommée antiphrase*. gisante contre terre. du cardinal et du duc de secrètement dans une salle basse du château de Blois. de l'édit.

Au dessus de ladite : un escriteau contenant ces mots Saint Anthoine piUé par Alla un chef des Dnis*. Madame d'Espagne luy nourice. le prit. força l'abbaye de Saint-Antoine-des- Ayant tenté l'escalade de Saint-Denis. dans Champs 3. Et au bas estoit l'epitaphe dudit chevalier d'Au- male comme mention il s'ensuit. Saint-Denis (Y. fors qu'il ne faisoit nulle '. comme au lui a. la Qui de ce Un peu de temps après. la se chargea de la vengeance de son voisin. pour recevoir servoit 41 et de sage femme de et allaicter son friiict. tort. 1591.) le 11 janvier Ce ne fut que le 1591 que ses parents envoyèrent corps du chevalier d'Aumale à Saint-Denis. pour le . il lut repoussé par le gouverneur Dominique de Vicq. plus fort s'en plaindre à sainct Denys. la nuit du 3 au 4 janv. chevalier d'Aumale. Le 5 mai 1590. le bras droit de^ Seize. et de France. qu'il fust mangé des rats et des souris i . ce paiilart entreprit De prendre Sainct-Denys mais sainct Denys : Et vangea dessus luy l'une et l'autre entreprise. et tué à l'âge de 28 ans. En la dixiesme estoit fort bien historiée la prise de la ville et de Sainct-Denis par le sieur le chevalier d'Aumale le sainct Apostre . dans une sortie faite par la porte Saint-Antoine. 2. * . Claude de Lorraine.SATYRE MÉNIPPÉE. le chevalier d'Aumale. qui mettoit aux poudres pour espouvanter pièce estoit les Parisiens. qui lui fortifioit sa jambe de bois le feu et sainct Anthoine des Champs. et la pilla. fort redouté à Paris de tout ce qui n'était pas ligueur. y paroissoit de Yiq. vengeance promise. chercher note précéd.

quand on leur parla de confession en leur baillant l'Ordre de l'Union' : ensem- ble leur élévation en Grève. ramener à 1. Ameline. du président Brisson. les rats avaient commencé de et le ronger. et ayant particulièrement trempé meurtre du président Brisson. Impunité par là vous prétende? le Mais vous devez tout contraire attendre : Oncques pendard ne put son juge pendre. J . Allusion au sup- L'Ordre de l'Union. Ameline. plus que cest entrepreneur. Paris. Anroux et Aymonnot. membres du dans le Conseil des Seize. ordonné par les Seize. des conseillers Larcher et Tardif L'huis. La longue lettre. parce que ladite pièce n'estoit assez large pour couvrir l'huis* de l'entrée. plice 2. ville prise. à icelle estoit attachée une demie pièce de l'apothéose et ou canonisation des quatre evangelistes saincts Louchard. faisants la crit ce martyrs. Anroux et Aymonnot. Le prit et le tua dedans sa En Tunziesme se voyoit au plus prés la piteuse et contenance du pauvre président Brisson de ses diacre et soubs diacre. Et. c'est-à-dire l'I. la porte. : et à leurs pieds estoit es- quatrain Meschants pendars qui les juges pendez. Celtiy qui gist icy fut un hardy preneur. Ainsi abandonné pendant huit jours dans une chapelle. furent pendus par ordre du duc de Mayenne. c'est-à-dire la corde.42 SATYRE MÉNIPPÉE. : Qui fit sur Sainct-Denys une fine entreprise fin Mais sainct Denys. . longue lettre'. Louchard. comparé à l'aspect que présente un pendu. 3.

qui n'avait la d'un Hercule que 2. con- tenoit le portraict. i . Faire le veau. Quant aux bancs. et de faux argent. estoient enchevestrez des veaux. expression proverbiale qui se disait de ceux qui échouaient maladroitement daus une affaire importante. ce que je peu remarquer dedans ladite Tapisserie. 4. au plus prés. le tout plus vuide que pour l'honneur de la feste. corpulence. Voila. 3. La douziesme et dernière 45 auprès des fenestres. L'assemLlée des États généraux n'était pas au complet. Plaisanterie dirigée contre le duc de Mayenne. aussi sans Au dessus de sa teste. noires et rouges. où se devoientasseoir Messieurs les Estais. aux sièges. comme en une nue. et de larmes miparties de vray plein *. tait Un quartier des armoiries de la maison de Lorraine por- des croisettes d'or. parsemez de croiseltes de Lorraine^. ils estoient tous couverts de tapis. où estoient es- ces mots : Je le feray. escriteau y avoit une . Et par la bouche dudit sieur Lieutenant en sortoit crits un autre. fort bien tiré de son long. Nymphe qui avoit un portant ces mots Gardez vous de faireîe veau'. de Mon- sieur le Lieutenant habillé en Hercules Gallicus S tenant en sa main des brides sans nombre.SATYRE MÉNIPPÉE. les provinces qui reconnaissaient le roi n'ayant députés. pas envoyé de . desquelles nombre.

DE L'ORDRE TENU POUR LES SEANCES Après que l'Assemblée fut entrée bien avant dedans la Grande Sale. — Monsieur ! duc de Guise. — Monsieur le Légat. Pair de i. ainsi : un héraut d'armes intitulé S qui les appella tout le Courte-joye- haut. approchant des degrezoù le daiz estoit eslevé et les chaires préparées. plaisamjnent défiguré de courte durée des ligueurs chevalier d'Auviile. Plaisanterie sur le titre de Légat a latere. ou grand-mere. * — Madame le la représen- tante la Royne-mere. . la place fut assignée à chacun par sainct-Denys fois. la satyre. de Montjoye qui fut celui du principal héraut d'armes du Ce nom. de dans là venait le nom roi. lorsque l'attaque de Saint-Denis par raale leur 2. par trois — Monsieur ! Lieutenant! monsieur le Lieutenant monsieur le Lieutenant de l'Estat et là Couronne de France! montez haut en ce Ihrosne royal. mettez-vous a latere. fit croire un instant qu'il avait pris cette A côté. Mont-Joye-Saint-Denis était l'ancien m de guerre le des rois de France. en la place de vostre Maistre. mettez-vous de l'autre costé. fait allusion à la joie de Paris.

mettez-vous '. pour ce coup. — Haut et puissant Principion. A cette dignité était attachée celle de Pair de France. vis-à-vis. Pair ad tempus la de Lieutenance. son neveu. mais dont il ne pouvait jouir qu'après que sa nomination aurait été confii-mée par 2. mettez -vous contre elle. la Lieutenande de sans préjudice de vos pré- tentions. Elle avait une extrême tendresse pour le jeune duc de Guise. d'. Connestable et Pair de la Lieutenance. Ces grands éperons de M.SATYRE MÉSrPPÉE. — Monsieur et le * Re- verendissime Cardinal de Pelevé. mettez-vous coste-à-coste du Re verendissime. 3. mais non reconnu et confirmé par le roi. comte de Chaligny. mettez-vous la soubs vostre nepveu'. — Madame Lieutenande. et ses ennemis répandaient le bruit que cette tendresse était l'indice d'une passion criminelle. — Monsieur d'Au- male. Il passait pour ignorant et pour un homme de peu de jugement. S. de vostre chef. . la 45 Lieutenance de l'Estat et Couronne de France. qui avez cet honneur d'avoir monsieur le Lieutenant pour 1. comme Princesse l'Estat. Il était archevêque de Reims nommé par le Pape Clément Vni. à cause de vostre comté de Boulongne érigée en pairrie. et gardez de deschirer sa chape avec vos grands espérons *.\umale sont il ici diverses occasions dans lesquelles prit la fuite par allusion à en si grande hàle qu'il crevait plusieurs chevaux. 4. sans préjudice de vos droicts à venir. la n'oubliez vostre calepin — Madame douairière de Mont- pensier. le roi. mettez-vous tout le fin premier.

i. soupçonnés de royalisme. et vous allez tout doucement seoir en ce siège 1 Henri de Lorraine. à faute d'autre. bouffon du qui fils de la troisième femme de Nicolas de Lorraine. d'abord prévôt de la puis procureur. laissez là vostre sœur *. Il Ligue. prenez ce bas- ton. mettez-vous aux pieds de Monsieur de Lieutenant. ne faut se tenir en garde contre ces bruits. Chicot. fit 2. furieux d'avoir été pris par un tel adversaire. '. infaillible futur Cardinal de l'Union Pair et Chan- celier de la Lieutenance. 3. Il espérait parvenir au Cardinalat par l'influence des chefs qu'il avait avec elle de la Ligue. comte de Yaudemont. prenez vostre place. parce que ce fut qui arrêta les membres de assemblée. Jean Le Clerc. comme Grand Chambellan la Lieute- nance. spirituel de la Ville et Grand Œconome de Chasteau le Paris. — Monsieur de Bussy et Grand Pénitencier du Parlement. 6. tre — Monsieur du la Saulsay®. jadis rang. Il On prétendait un commerce incestueux. roi. la haine politique reculant devant aucun 5. le prisonnier le comte de Cha- ligny au siège de Rouen. Frère du cardinal de Peivé et membre du Conseil des Qua- rante. Ajouta à son nom cette est qualifié de lui grand pénitencier du Parle- ment. et ne craignez plus cadet S Chicot qui est mort^ — Monsieur le Primat de Lyon.48 SATYRE MÉNIPPÉE. . salle. moyen pour perdre un adversaire. comte de Chaligny. et enfin gouverneur de la Bastille pour celui de Bussy. Celui-ci. Pair et Grand Mais- de Lieutenance. lui porta un coup d'épée dont il mourut quinze jours après. et venez icy prendre vostre le Clerc*.

Portugal. que tous les députez prennent place à raison de leurs pensions! Telle fut à peu prés la séance de Messieurs les i. n'approchez l'es- comte de Rethelois. escheoit. Lorraine. si le — cas y Messieurs les Secrétaires d'Estat. mollet. voilà un banc pour vous quatre. . etsignor Cornelio. Sicile. 47 — Messieurs Dom les Mares- chaux de la Lieutenance. Mar- teau. et Italie. Rosne. Diego. était f»rt gros. sauve à augmenter ou diminuer. et Nicolas. et comté de Bourgoigne. si les fesses de monsieur — Monsieur de Sainct-Paul. et c'est pour cela qu'on l'en- gage à ne pas s'en approcher. 2. secrétaire 3. Seigneurs Comtes et Princes Souysse. Au demourant. Saint-Paul n'avait que la jouissance le du comté de Rethelois. — Messieurs les Ambassadeurs d'Espagne. des- pour les Ambassadeurs d'Angleterre. chauffer et vous tenez auprès du sieur de Rieux. ce banc à main gauche tiné est pour vous . de Guise tua le 16 avril 1594. de peur de '. Des Portes. selon la date de leur impression. de précaire. Bois- Dauphin. préparé pour vous. Venise. sera pour les Dames et Damoiselles.SATYRE MÉNIPPEE. qui font défaut. Pericard*. Nicolas. et le banc à main droite. Nicolas y peuvent tenir *. à pas si tiltre prés de Monsieur de Guise. ceste forme d'en bas est pour vous quatre. Pérîcard avait été secrétaire du feu duc de Guise. d'Allemagne. du Roi. Naples. M.

Il comme lin et elle disoit. : Estais le tout sans dispute pour les préséances. procu- queue vous fume de Lorraine ! ! Vous venez icy parfu- mer les croix Mais Monsieur le Grand Maistre de Saulsay*. comme ma Le bruit Lieutenant fille. ses manières rappelaient la bassesse de son origine. dans salle. en commémoration. lebaston en la main: — Tout beau! du feu mesdames. Mais madame de Montpensier. sieur de Saussay. La femme de Bussy le Clerc. silence et attention de Messieurs les Estats. cette même à un bal de la cour. et la mauvaise odeur passée. la : — Allons. dé- puté de 3. le hormis que Gardien des Cordeliers et le Prieur des Jacobins contestèrent quelque peu à qui iroit devant. n'a pas long-temps. Cet noblesse et membre du Conseil des Quarante. se levant. Charles de Pelvé. 2. leur cria. de sainct Jacques Clément. ce qui ne l'empêchait pas d'être très orgueilleuse. Monsieur le commença à parler en ceste façon. y eut aussi un peu de garbouil entre mesdames de Be- de Bussy. madame de Belin dit tout haut à la Bussy' reuse. frère la du cardinal. Ne venez point icy conchier nos Estais. à l'occasion que l'une ayant lasché quelque mauvais vent pseudocatholique. accident grotesque arriva en effet à Mlle de Pelvé. . oyant ce bruit et en sachant la cause.48 SATYRE MÉNII'PÉE. le bal Roy. bailla l'avantage au Prieur des Jacobins. en cette Sale mesrae'. avec un grand 1.

HARANGUE DE MONSIEUR LE LIEUTENANT» Messieurs. que les Charles de Lorraine. et se venger de tous ses ennemis. Balafré estoit dedans lesquelles mon frère le heureusement entré. vous serez touts tesrnoings que. j'ay tousjoiirs eu ma j'ay conservation en telle préféré de recomman- dation que tres-bon cœur mon qui sçaura interest particulier à la cause de ftieu. duc de Mayenne. retour de mon expédition de Guyenne. Mesme je puis dire avec vérité que la mort de mes frères ne m'a point tant outré. que le désir de marcher sur les oncle le Cardinal mon père et et mon bon m'avoient tracées. lieutenant de l'Étal la et couronne de France. . Vous sçavez qu'à mon 1. bien se garder sans moy. quelque bonne mine que erres que j'aye faict. depuis que j'ay pris les armes pour la saincte Ligue. pour Ligue.

la fut contraint de laisser épouser par le. et dili- avec mon cousin le Connestable d'Au- 1. Davantage vous n'ignorez pas que je ne voulus point engager mon armée à aucun grand exploict. vous veistes en quelle gence je vous vins trouver en ceste quelle dextérité ville.50 SATYRE MÉNIPPÉE. Bravade. 2. dans l'intenlion de la donner pour femme 3 11 à son fils aîné. Castillon-sur-Dordogne. Le duc de Mayenne flt enlever la fille de Geoffroy de Caumont. advertissoient le tyran leur maistre fruict et ne tiray autre de mon voyage que je la prise de l'heritiere de à Caumont* que Mais le destinoy pour femme mon fils. vous auriez affaire le contrepied de moy. ni siège difficile(enquoytoutesfoisCastillon*me trompa. changement de mes affaires m'en faict à pré- sent disposer autrement'. me aux escoutes pour aux Estats de Blois. Quant à mes catholiques mon armée de Dauphinéjeluy tins tousjours faire halte. et attendre si. Quelques éditions portent Chas- tillon. Mais les choses ayant pris de nos souhaits et attentes. seigneur huguenot. rodomontade à la manière des capitons espa- gnols. comte de Saint-Paul. •4. S je n'effectuay pas en traistres qui Politiques appellent incagade ceste ville ce que je pensoy. que je pensoy emporter en trois jours). afin de me feis reserver plus entier pour exécuter desseins. . à cause des .

SATYRE MÉNI1>PÉE.

5i

maie, cy présent, fit préalablement descendre le SainctEsprit en poste sur

une

partie de Messieurs de Sor-

bonne^
Et de

Car, aussi-tost dit, aussi-tost faict.
là sont

procédez tous nos beaux exploicts de

guerre; delà ont pris origine ces milliers de saincts

martyrs François, qui sont morts de glaive, de faim,

de feu, de rage, de desespoir,

et autres

violences,

pour

la

cause de la saincte Union*. De là est venu le

chastiment de tant de piaffeurs, qui vouloient faire
les galants et

s'accomparer aux princes

;

de

là pro-

cèdent la ruyne et démolition de tant d'Eglises et
Monastères qui nuisoient à la seureté de nos bonnes
>illes
;

de tant de sac et pillage que nos bons sol-

dats, francs archers et novices, ont faict
villes,
la

en maintes

bourgs

et villages,

qui ont servi de curée pour
la

Foy aux dévots enfants de

Messe de minuict
ont, sans

;

de
et

tant de belles filles et

femmes qui

nopces

malgré

elles, esté

saoulées de ce qu'en mariage elles
si

ayment

le plus.

Et Dieu sçait

ces jeunes mobiles,

1.

Charles de Lorraine, duc d'Aumale, désigné

ici

soua

le

titre

de connétable, était cousin des Guises. Après l'assassinat
il

de ceux-ci à Blois,

se prétendit

gouverneur de Paris

et

ne

fut pas étranger à la décision de la Sorbonne.
sujets déliés
III.

déclarant les

du serment de

fidélité et

d'obéissance au roi

Henri
2.

En

effet, la

déclaration de la Sorbonne, sanctionnant

la

révolte, peut, dans
la

une certaine mesure,

être considérée

comme

cause de la guerre civile et des

maux qui en

résultèrent.

52

SATYRE MÉNIPPÉE.

tout fraischement defroquez, et ces prestres débauchez, y ont dévotement tourné les feuillets de leur
bréviaire, et

gaigné planieres indulgences! Bref,

ceste est la seule cause

du prompt

et zélé

décret de

Messieurs de nostre mère Sorbonne, après boire, qui
a faict enfin éclater force coups

du

Ciel

:

et,

par

nostre bonne diligence,

nous avons,

faict

que ce

Royaume, qui
plaisir et

n'estoit

qu'un voluptueux jardin delout
est

abondance,

devenu un grand

et

ample

cym<;tiere universel^ plein de force belles croix peintes, bières,

potences, et gibets.

Arrivé donc que je fu en ceste ville, après avoir

envoyé guarir
interdire le

la ville

d'Orléans de trop d'aise

*

et

commerce de Loire qui

entretenoit leurs

délices, j'en voulu autant faire icy, etbien

m'en prit.

En quoy, madame ma mère, ma sœur, ma femme,
et la cousine

d'Aumale, qui sont icy pour m'en dé-

mentir, m'assistèrent fort catholiquement. Car elles
et

moy n'eusmes autre
pour
la

plus grand soin et sollicitude

qu'à faire fond

guerre,

et,

en ce

faisant, sou-

lager et descharger tous les dévots habitants, bons

i.

Après

le

meurtre du duc de Guise,

le

duc de Mayenne

fit

révoller la ville d'Orléans contre son gouverneur, et cette

ville,

qui jouissait jusque

d'une grande

prospérité, éprouva de

nombreuses calamités depuis
la Ligue.

qu'elle eut

embrassé

le parti

de

SATYRE MÉNIPPÉE.

53

Catholiques, de la pesanteur de leurs bourses, et va-

quer curieusement de pieds

et

de mains à recher-

cher et nous saisir des riches joyaux de la Couronne,
â nous appartenants en ligne collatérale*, et par forfaicture

du Seigneur
:

féodal *. Nous trouvasraes force
fraiz,

trésors inutiles

nous descouvrismes à peu de
d'un catholique maçon

par

la révélation

et la saincte

innocence de monsieur Machault, que je

nomme

icy
',

par honneur, le beau et ample muguot de Molan

nonobstant ses
miliers,

démons gardiens

et ses esprits fa-

que

ledit

Machault sceut vertueusement

conjurer, remplissant à cachette d'escus au soleil le

fond de ses chausses. Et sans ce divin secours. Messieurs, vous sçavez

que ne sçavions encore de quel
dont
la saincte

bois faire flèches

:

Union

est

grande-

ment redevable au soigneux mesnagemcnt dudit Molan, qui refusoit si

honnestement son maistre

et tous

1

.

Le duc de Mayenne
la

fit

vendre ou engager une partie des
la

joyaux de

Couronne, auxquels avait droit

branche aînée de

Lorraine, qui comptait
2.

un prince né de la fille de Henri II. Le seigneur féodal de la maison de Guise était le roi de
III,

France, Henri
texte
3.

contre lequel elle

s'était révoltée,

sous pré-

de mauvaise administration.

Mugnot ou mugot, aujourd'hui magot,

c'est-à-dire trésor

caché. Pierre Molan, trésorier de l'Épargne, avait frauduleu.se-

verte le 5
seil

ment amassé une somme de 250 mille écus d'or, qui fut découmars 1589 par les soins de Machault, et dont le conde la Ligue prolita.

54

SATYRE MENIPPÉE.
pour nous
le

ses amis de leur ayder d'argent,

con-

server
ter

si

à propos*. Et n'oubliez de lui en faire chan-

un
la

Salve,

quoy que
levée,
'.

soit,

luy promettre une
fera faire son tes-

Messe

main

quand on luy

tament tout debout
Je ne veux

oublier les sumptueux meubles d'or,
autres richesses, que nous

d'argent, tapisseries, et

fismes prendre, vendre, et subhaster^, appartenants
à ces

meschants Politiques Royaux dont
;

ma

cousine

d'Aumale

feit

fort bien son
les cabinets, et

devoir, fouillant elle-

mesme dedans

jusques aux fosses, où

elle sçavoit qu'il y eust

de la vaisselle d'argent ca-

chée. Tellement que, dés lors, nostre très-cher cousin son

mary,

et elle,

et

son grand page, feirent
et furent guaris

grandement leurs besognes,
jaunisse catholique
*

de la

dont

ils

estoient ensaffrannez

depuis les guerres de leur comté de Boulogne', à eux

catholiquement et légitimement dévolue par

le

mérite

i.

Pierre Molan étant à Tours avec le roi, venait de lui refu-

ser une

somme

de peu d'importance lorsque son trésor fut déle profit

couvert à Paris, pour
2.

de

la

Ligue.

Lorsqu'on

le

pendra.
à la criée.

3. Subhasler, 4. C'est-à-dire
5.

vendre
:

de

la

pauvreté et de la misère.

Leduc d'Aumale
;

élevait des prétentions

sur le comté de

Boulogne

il

assiégea

môme

la ville

en

octobre 1588, dans
ses attaques furent

l'intention

d'y établir son autorité. Mais

infructueuses.

SATTRE MÉNIPPÉE.
de leurs patenostres
et

55

dévotes processions, non point

par usurpation et larcin domestique, conune disent
les hérétiques relaps.

Ce

faict,

pour monstrer

ma

libéralité et magnifi-

cence, après ra'cstre asseuré de plusieurs villes, clias-

teaux

et clochers, qui

aisément se laissèrent per-

suader aux bons prédicateurs ausquels j'avoy faict
part

de

mon

butin, je dressay ceste

puissante et

glorieuse armée de vieux soldats aguerris, tous frais-

chement émouluz, que

je

menay, avec un grand

ordre et discipline, tout droit à Tours, où je cuiday
dire

comme un
poste

César catholique

:

Je suis venu,
*

fay
feit

veti, j'ai)

vaincu. Mais ce fauteur d'heretiques
le

venir en

Biarnois, lequel

je

ne voulus

attendre de trop prés,
d'estre

ny

le voir

en face, de peur

excommunié

*.

Et puis vous sçavez que la

levée

du siège de

Senlis,

mon

cousin cy présent

a bien faict parler de luy, joincte à la deffaicte de

Saveuse,

me

donnèrent couverture de tourner visage

:

ce que je fey aussi volontiers que vous, Messieurs de
Paris, le desiriez et

m'en requériez ardemment. De-

puis, vous sçavez à quel poinctnous fusmes réduits.

\.

Le roi Henri

III.

2. Explicntion plaisante

de

la retraite

du duc de Mayenne daIII

tant les troupes du roi de Navarre, appelé par Henri
secours.

à son

5b

SATYRE MÉNIPPEE.

qiiand ce Tyran, fortifiéde l'Hérétique S vint ànostre

barbe prendre Estampes

et Ponthoise. Mais,

par les
l'in-

bonnes

et dévotes prières

des Pères Jesuistes, et

tercession de

madame ma sœur,
f eist

avec l'entremise de

plusieurs saincts et religieux confesseurs, nous trou-

vasmes ce samct martyr, qui
Ciel
*

esclater ce

coup du

et

nous délivra de

la

misère

et captivité

nous estions prests de tomber en peu de jours.
Tellement qu'ayant pris haleine,
et faict

nouveaux

desseins et nouveaux marchez avec nostre bon

Roy
les

Tres-Catholique et

père

nourricier, je

levay

cornes hautes,
tie',

et

avec une gaillarde armée mipar-

m'en
les

allay haster d'aller les maheuslres, qui,

suivant

bons advis qu'en avoit reçuz madite

dame

et

sœur, s'enfuyoient outre mer à petit train.

Mais parce qu'ils ne trouvèrent leurs vaisseaux prests
à Dieppe,
les

où je fu

les visiter, je

me my

en devoir de
ville, et

vous amener tous prisonniers en ceste

1.

Le tyran est Henri

III et

l'hérétique le roi de Navarre.

2. L'a?sassinat

de Henri

III

par Jacques Clément, au camp de

Saint-Cloud en 1589. La duchesse de Montpensier, sœur du duc
(le

Mayenne,

et

prcpiré ce meurtre, et

ennemie acharnée de Henri III, passa pour avoir même pour avoir fait de ses faveurs la

récompense anticipée de l'assassin. 5. Après l'assassinat du roi, le duc de Mayenne se mit à la tête d'une armée composée en partie de troupes amenées par Bassompierre et Balagny, en partie de celles envoyées par le roi
d'Espagne, et voulut s'opposer à Henri IV.

SATYRE MÉNIPPEE.
VOUS souviendra bien avec quelle assurance je
vous promy,
diez
'.

57
le

et

avec quels préparatifs vous les atten-

Toutesfois,

quand

je vey
*,

que ces Hérétiques
et

nous faisoient barbe de foirre

ne se vouloient
fii

pas laisser prendre sans mitaines, je

en Flandres

pour en chercher',
cette

et

leur laissay cependant faire
ville
;

bourrasque aux auxbourgs de ceste

puis

leur

permy

d'aller se pourraener tout l'hyver à Yen-

dosme, au Mans, Laval, Argentan, Faleze, Alençon.

Vemeuil, Evreux

et

Honfleur, que je leur laissay

tout exprés prendre, m'asseurant bien

que

tost aprés

j'auroy tout leur butin en gros,

quand

ils se

seroienl

bien morfonduz et laissez mourir de froidure. Et de
faict, je

leur fey bravement lever le

cul à Dreux,

et s'en fussent fuis, s'ils

m'eussent voulu croire. Mais
'*

vous sçavez que ceste tirelaisse
car ces

nous couste bon

:

meschants Politiques n'en vouloient
m'eussent vilené
s'ils

qu'A

moy,

et

m'eussent peu joindre;
le

de quoy je

me

sceu bien garder par
à voir

bon exemple

1. Les Parisiens s'attendaient

le

duc de Mayenne rame-

ner Henri IV prisonnier, et

ils

avaient déjà loué des fenêtres

pour
2.

assister à cette entrée.

Pour gerbe de foirre ou feurre,

c'est-à-dire

de

paille. C'est

une expression proverbiale. 3. Le duc de Mayenne alla à Bruxelles demander au duc de Parme du secours contre llenri IV, et il en obtint un assez considérable, conduit par le comte d'Egmont.
4. Tirelaisse, sorte

de jeu, par extension tromperie.

58

SATYRE MÉNIPPÉE.

de

mon cousin

de Nemours, et de

mes amez

et

féaux

aussi cousins les

Duc

et Chevalier

d'Aumale, quin'aJe ne puis, Mes-

voient oublié le
sieurs, je

chemin de Nantes.

ne puis parler de ceste renverse de fortune

sans soupirs et sans larmes! Car je seray maintenant
tout à faict vous sçavez bien quoy*
falut aller quérir et
et ce fut là
:

au lieu

qu'il

me

mandier un maistre en Flandres,
changeay

que

je

ma
et

couverture Fran-

çoise en cape à l'Espagnole,

donnay

mon ame

aux démons méridionaux* pour desgager ce que
j'avoy de plus cher dedans ceste ville.

Mais je

me

fusse faict valet de Lucifer, aussi bien

que du Duc de

Parme, pour
Je ne

faire despit

aux Hérétiques.
les artifices, ruses
et retenir le

veux passer soubs silence

et inventions

dont j'ay usé pour amuser

peuple, et ceux qui nous cuidoient eschapper.

En

quoy

il

faut reconnoistre

que madame

ma

sœur, cy

présente, et monsieur le Cardinal Cayetan, ont faict

de signalez services à
et

la

Foy par subtiles nouvelles
et

Te Deums chantez à propos,
en
la

drapeaux contre-

faicts

rue des Lombards

',

qui ont donné occa-

1.

Roi de France.
Les démons méridionaux désignent
la
ici les

2.

Espagnols, qui

soutenaient

Ligue, et auxquels l'auteur applique plaisam;

ment
3.

le teste du psaume xc monio meridiano. »

i

Non

timebis ab incursu et dce-

Àilusioa aux fausses nouvelles répandues par les chefs de

et à de faux trophées drapeaux que faire en 1589 duchesse de Montpensier. qui conseillait aux Parisiens affamés de de faire de la 2. Bas pour Philippe 3. avec mon Conseil estroit la Ligne pour entretenir fit la confiance la da peuple. s'il en fut onc. Faut-il que je recite les viles et serviles suhmis- sions que je fey pour amener nos nouveaux amis à vostre secours? Et toutesfois je j'ay tousjours me suis tesmoin que eu mon dessein à part. composé de son secrétaire Baudouin. suy tousde faire jours réservé. Var. de son trésorier lUhault. zélateur de et Foy. vous n'auriez plus ceste horreur de veoir tant d'ossements aux cymetieres de Sainct-lnnocent et de la Trinité. amateur de la France. et que l'on suspendit aux voûtes de Noire-Dame. gouverneur des PaysII. et me '. farine des ossements des morts pour s'en nourrir. Le conseil privé du duc.» C'était l'ambassadeur H en France. et les eussent les dévots Catholiques réduits en pouldre. . et incorporez en leur propre corps. du président Jeaimin et de Des Portes. Philippe «Dom Bernardin de Hendoae.SATYRE HÉNIPPÊE. Et si on eust la voulu croire monsieur Mendoze*. duc de Parme. comme et les anciens Troglodites faisoient leurs pères amis trespassez. beuz et avalez. 59 sion à plusieurs de mourir alegrement de raale rage de faim plutost que parler de paix. comme pris à l'ennenii. quelque chose que je disse et offrisse à ce bon Duc*. Alexandre Farnèse. 1.

nous avons em- bouché des Prédicateurs bon tiltre . en le menaçant un petit de faire la paix s'il ne nous accorde ce que luy de- mandons. à la fin.60 SATYRE MÉNIPPÉE. Nous avons desja pratiqué deux illustrissimes Légats pour nous ayder à vendre nos gratis. Tu aiUem. . Domine. Savoir le tu autem d'une chose c'est la connaître du commencement 2. quelque chose de bon pour dant les gages si moy et les miens. du Nom de Jésus'. Et advienne qui voudra. ny ne manqueray pas de Bulles et d'Ex- communications. Merce. viaire. en gar- je puis. était La confrérie du cordon de Jésus existait à établie à Lyon. celle du Nom Paris dans l'église Saint-Gervais. merci de. Avons-nous pas eu de Rome des fulminations à tort et à travers contre nos ennemis Politiet ques? Les avons-nous devenir noirs pas faict excommunier comme beaux Diables? Nous avons faict continuer les Paradis à desseing. je ne m'en deferay que par force. etc. merce de Monsieur le Légat. nous avons eu des pardons bourse deslier. expression empruntée au bréoù les leçons se terminent par la formule Tu autem. et sçavons bien de quel biais faut prendre nostre Sainct Père. et trouveray tousjours assez de difflcultez pour exécuter ce qu'on me demande. sans il coquilles . qui en sçait tout le tu-autem \ pour embabouiner ceux qui y voudront croire. affîdez et hypotequez soubs nous avons faict renouveller les serments et aux Confrairies du Cordon 1.

une dame deux enfants morts de faim pendant le siège de . ses en croire les Mémoires de la Ligue. 61 nous avons mesnagé des processions nompareilles. voire quelques doublons qui ont eu des eflects merveilleux. sinon me donner aux Diables par engagement et avancement d'hoyrie. car c'est quasi le nostre. jusques à faire que les mères ayent *. pour parvenir à ce que 1. de la faict comme j'ay faict? Lisez les livres guerre des Juifs. et un mesrae que Jean jugez si les zélateurs Simon et ont eu plus d'inventions et déguisements de matières. jusques aux cordons bleuz Politiques. pour faire opiniastrer le pauvre peuple de Jérusalem à mourir de rage de faim. faict soubs main par toute la France du Catholicon d'Es- pagne. que j'en ay eu pour faire mourir de ville la mesme mort cent mil âmes dedans ceste de Paris*. S'il faut mangea Paris. ustensiles d'Eglise reliques les plus sainctes et j'ay que peu faire fondre pour mes affaires. je vous en prie. qui ont obscurcy le lustre des plus belles ries qui furent mommesemer oncques veues nous avons . les non plus qu'eut. mangé crée leurs enfants comme ils firent en ceste sa- cité. J'ay cent fois violé ma foy particulièrement jurée à mes amis et parents. et vous trouverez que je n'ay espargné. de Josephe. Lisez ceste histoire.SATYRE MÉNIPPÉE. Qu'eussé-je peu faire davantage. et pour cause.

prisonniers que j'ay retenuz. avait promis à chacun de ces princes en particulier de le faire nommer 2. tant pour haster nos amis de nous secourir que pour amuser nos ennemis à la moustarde ^ Et. on faire semblant. et et le mon cousin le Duc de Lorraine Duc de Savoye en sçauroient bien que dire^. comme pouvez croire. qui aspirait à roi.C2 je désire sans SATYRE MÉNIPPÉB. I . et cela ne doit desplaire à Yilleroy qui n'y est allé qu'à la bonne foy. Je ne parleray point dos voyages que j'ay faict faire vers le Biarnois pour : l'amuser d'un accord où je ne pensay jamais plus fins de les mon party y ont esté embarquez et n'en ont senty que la fraischeur du rasoir. Le due de Mayenne. si le Biarnois eust voulu croire quelques uns de i. Expression provei'biale. ou faict payer ma promesse ou contre la composition par moy faicte avec eux. Quant à timé que et les le la foy publique. ne me peuvent rien reprocher. J'en ay bien apasté d'autres qui ne s'en vantent pas. puis que j'en ay absolution de mon grand Aurançon contre mosnier et Confesseur. et qui ont traicté pour moy à deux fins. S'amuser à flâner. la moutarde signifie perdre son temps à des riens. j'ay tousjours es- rang que je tiens m'en dispensoit assez . les affaires desquels j'ay tousjours postposées à la cause de l'Eglise Gallicane et à la mienne. la couronne de France.

Mou! lieu les nostres passent rons. et aymeroy cent fois mieux me faire Turcq ou avec la bonne grâce et congé de nostre Sainct Père. que deveoirces hérétiques relaps retourner jouir de leur bien. voire plus. soft «3 Conseil qui ont quelque grain de Catholicon sur crié qu'il ne falloit la langue. qui après la victoire d'Ivry détournèrent Henri IV de marcher sur Pari». que vous et raoy possédons à juste tillre et de bonne foy. d'O. plutost que d'en venir là belle sépulture C'est une que la ruyne d'un il si grand Royaume si que celuy-ci. au par mes mains. Jamais ayt homme qui : monté où je suis n'en dévala que par force il y i. Il s'agit du maréchal de fiiron et du surintendant des finances. que deviendrions-nous rendre? S'il s'il falloit que je revinsse âmon plat et ancien estât. et qui ont tousjours rien aigrir de peur de désespérer tout S nous aurions maintenant beau jeu. mourons. soubs lequel nous faut ensevelir. . par an et jour. chose que nous devons tous craindre plus que la mort. nous ne pouvons grimper dessus. au lieu que nous voyons que les peuples se sont mis d'eux-mesmes à souhaiter et demander la paix. comment Il entretiendroy-je mon mes gardes? que me faudroit passer par des Secré- taires et Trésoriers de l'Espargne tous nouveaux. Juif.SATYRE MÉHIPrÉI. Hé Dieu falloit tout ! mes amis.

non plus et. Mais. et feuilleter ensemble leurs cayerspoursçavoir où le mal leur tient et qui sont nos amis et nos enne- mis. ce n'est que pour leur clorre le bec. C'est pourquoy. je m'as- seure que voudriez tous. autant pour moy que pour chacun de vous. pour ne point vous en mentir.«4 SATYRE MÉNIPPÉE. . je présenter une me suis advisé de et. et laudroit faire une grande conviendroit brèche au Royaume. qu'aux Estats de Blois . par conséquent. leiir mommerie j'ay d'Estats. parce qu'il en donner une bonne partie à ceux qui nous y auroient . que moy ou un Prince de nostre maison fust Roy. après faire avoir différé tant que peu pour éluder et refroidir les instantes poursuites de leurs députez. et leur faire croire que nous travaillons fort pour le public et entendons volontiers à faire accord. je vous ay icy convoquez pour y donner ordre avec vous. nous rompent de leur paix de leur Monarchie Françoise. Car les bonnes gens pour cela n'eu pisseront pas plus roide. Je sçay qu'il n'y a icy que de noz amis. Si est-ce et vous vous en trouveriez bien. a plusieurs portes pour entrer à la puissance quej'ay mais il n'y a qu'une issue seule pour en sortir. qui est la mort. voyant qu'un tas de Politiques qui la teste sont et parmy nous. si tost. et que cela ne peut se faire y a en- core une messe à dire.

D'autre part. 03 aydé. qui pas plus d'affection pour son neveu. pourquoy vaut encore mieux l'empescher que d'y penser. de désirer la converje vous prie croire sion du Roy de Navarre. tome V. vous prévoyez bien ïes daugers et inconvénients de la paix. en qui il était vieille. en suis aussi eslongné que la terre est du ciel : car. Voir de ses projets. Ce n'est pas l'ay escrit et publié me démange. 4. qui met ordre C'est à tout et il rend le droict à qui il appartient. et tous ces escrits que monsieur de Lyon a faicts et fera cy après sur ce sujet. je vous jure par fils la chère teste de et mon aine* que je n'ay veine qui y tende. non plus que monsieur le Légat son Exhortation au Peuple François^ . Henri de Lorraine. Mayenne n'aimait pas sa femme. que je ne désire rien moins. A défaut de la couronne pour lui-même. morts mon nepveu là et tous mes cousins la et parents que de veoir ce Biamois à où il messe'. la le duc voulait la il mettre sur 2. princes Lorrains. tête de ce fils. et aimeroy mieux veoir ma femme. en attendant quelque bonne aventure (vous m'enteii- 4. ne sont qu'à intention de retenir le peuple. quant à moy.SATYRE MÈHIPPÉE. par ma dernière Déclaration par ma Response subséquente. et n'a- vait le jeune duc de Guise. marquis de Mayenne du vivant de son père. encore que j'aye et faict semblant. Je ne qu'à dessein. . la Mémoires de Ligue. et les autres voyait des obstacles i la réussite 3. Et.

2. . avait pour chef le jeune cardi- nal de Bourbon. comme estant un grand moyen. C'est-à-dire faire assassiner Henri IV et proclamer saint son meurtrier. ce qui meure tousjours en nous acquierera force bons amis Catholiques. car je ne le désire ny ne l'entends. . et à l'avan- cement duquel je vous prie tous d'employer vos alliances et intelligences. Apostoliques et Ro- mains.66 SATYRE MÉNIPPÉE. sa Non pas pour contraindre l'Hérétique de tourner robe. comme on avait fait pour l'assassin d'Henri III. et de 3. m'asseure que le Roy ne me contre- pesera pas à la balance ^ Quoi qu'il en advienne. abbé de Bellozane. depuis cardinal. sans importance. comme je fay les miennes. Ce parti. Jacques Clément. afin qu'il desa peau. et m'as- seure qu'il n'en fera jamais rien. part. qui l'erapescheront bien de leur costé et et le mettront en grand accessoire qu'ils feront . pour faire bien nos besongnes. tant obstiné : il a le cœur qui est ce que je demande. et autant de Tiers-party*. Du Perron. inspirez du Sainct-Esprit. i. préparatoires pour où nous avons s'il bonne esclate. Et d'ailleurs c'est autant de division et d'atedie- ment et atiedissement le à noz ennemis. dez bien) que les pères Jesuistes nous procureront pour faire un second sainct martyr*. N'aura pas plus de poids que moi ne l'emportera pas sur moi. assisté de son précepteur Jean Touchard.

démisse du pouvoir que j'ay. Aussi ne me conseilleriei- vous pas que. Les ligueui-s soupçonnaient démarche. Monsieur a aidez à faire nos le Légat nous Mémoires et Instructions. et que. de demy avait été envoyé en 159-2 vers le Le marquis de Pisani. accompagné du cardinal de Gondy. pour renverser la négociation du Cardinal de Gondy. vous pourra tesmoigner. qui allez à est bon François che- pour nous. et contre ce que le Pape voudroit faire sur la préten- due conversion du Biamois. et y em- ploiera de sa part ses habitudes et confédérations du Consistoire. . pour une messe que le Roy de Navarre pourroit faire chanter (ce qu'à Dieu ne plaise !) je me 4.SATYRE MÉNIPPÉE. Mais nous avons suscité nos Ambassadeurs d'Espagne de protester contre l'audiance. qui sont Rome chercher un min de paix. si sa Saincteté faict autrement. aux despens et desavantage de l'Eglise de Rome. qui ne s'y es. chaufera pas plus qu'il doit et rompre trop les pratiques du Marquis de Pizani*. pape Clément VIII pour le disle ici poser à reconnaître ilenri IV pour roi dès qu'il aurait abjuré. je sçay l)ien comment il en faut avoir la raison.r cette en leur disant que le cardinal ne cherchera pas à réussir dans sa mission. nous avons envoyé coup sur coup nos agents à 67 Rome comme Monsieur le Cardinal de Pelvé. le me- naçant que nous sçaurons bien faire en ce cas nostre accord avec les Politiques. mon bon précepteur. et il les rassure duc do Mayenne dapproavo. Et.

je suis. qui nous veulent apprendre à croire en Dieu. Touteslbis. noz amis. par quels moyens nous empescherons paix et rendrons la guerre immortelle en France. Bien dite conversion advenoit à est vray que. voire que loitmesler. tique et excommunié. et Roy que pour faire tom- ber l'orage de ceste guerre sur la teste de ces bons Catholiques Espagnols. s'il le faisait. et que le Pape mesmes ne sçauroit lui donner absolution. fust-ce à l'article de la mort.08 SATYRE MÉNIPPÊE. et boit plus catholiquement que il le sainct Consistoire de Rome. . il lui-même. je seroy en grande peine et tiendroy le loup par les oreilles. C'est donc sur quoy lement la nous faut principa insister. 1. et que. qui sçait plus de latin. ce que nous devons l'adjouster au tenir comme treiziesme article de foy et si le Symbole des Apostres. nous le ferions Pape s'en vou- excommunier luy-mesme' par nostre mère la Sorbonne. Les prédicateurs de la Ligue avaient publié que serait le Pape héré- n'avait pas le pouvoir d'absoudre et de réhabiliter Henri IV. si la- bon escient. sçait Monsieur de Lyon et bien que le Roy d'Espagne moy luy avons s'il promis sur nostre honneur un peut tant faire par sa rethorique chapeau rouge. Monsieur de Lyon et noz bons Prédica- teurs m'ont appris qu'il n'est pas en la puissance de Dieu de pardonner à un Hérétique relaps. et par ce seul fait. je devinsse valet.

et souffrent mais qu'elles prennent mort en gré. Expression proverbiale. et que rien ne se fasse ny ne se passe au detriement et deshonneur de nostre Sainct Père et voire du sainct Siège Apostolique. Nous avons aussi certains Politiques. leur totale ruyne plustost que d'y penser et d'en ouvrir la bouche.SATYRE MÉNIPPÉE. et sa arres 69 sœur a desja receu pour un carcan de trois mil ducats et une chaisne de perles catholiques avec quelque millier de doublons*. au Conciliabule et Senatule des ennemis. . signifiant : par tous les moyens. si nous leur envoyons un peu de soie cramoisie pour faire les resnes de leur mule. ques cordons dudit chapeau rouge et. Il faut racler des prières de l'Eglise : ces fascheux mots Da pacem. Je conjure donc toute cette Catholique Assemblée de tenir la et sec* villes main et employer verd pour empescher que les Parisiens et autres la teste ne nous viennent rompre la de leur paix. quand les privilèges de l'Eglise Gallicane s'en devroient perdre. comme Marguerite d'Espinac. qui filent desja quel. Domine. baronne de Lux. qui renseignait les de la Ligue sur ce qui se passait dans les conseils d'Henri IIL 1 chefs 2. ils nous aideront bien et em- pescheront bien que ces meschants Huguenots acariastres n'entrent aux Estats. d'en venir à bout.

4. Zamet. Le duc IV. vint s'y le parti delà Ligue. la Il mourut en prison à Fon- tenay-le-Comte en Poitou. 2. que j'ay laissé mourir en prison et en nécessité. nous aurons faictmon bon ses peines et Zamet». pour monter où je suis. On le soupçonnait de vouloir abandonner d'Italie. originaire en France à la suite de Catherine de Médicis. Le vieux cardinal de Bourbon. qui. sans me soucier gueres et de luy après qu'il nous eut servy de prétexte planche. le Monsieur qu'ils Légat vous pourra tantost faire entendre la ne sont point de l'essence de messe ni et mots sacramentaux. Quoy qu'il en soit. Car je sçay bien que. pour cousin le le plaisir que lui a Duc d'Elbeuf.70 SATYRE MENIPPEB. et enrichit dans les Fermes. assez misérable. et nous nous entendons bien et continuons nos intelligences avec ce bien heureux Tiers-party. et sans avoir jamais pu obtenir moindro pension. Si Villeroy s'en lasse*. nous brouillerons si bien les affaires que ceux de Bourbon ne se verront de trente ans où ils pensent. ne plaindra voyages et se laissera aisément beffler* sur l'espé- rance de ses greniers à advienne qui pourra. Car je ne feray jamais plus de cas d'eux j'ay faict * que de leur oncle. Se laissera jouer. de que les Huguenots appelloyent planche pourrie. Faisons seulement semblant bonne mine. 4. tant qu'il y auroit de ceste race Bourbonnoise. si sel. de Mayenne l'employait à négocier une trêve avec Henri 5. .

où les vieux Roys son enterrez. reliques et ornements royaux*. croyant les y mettre en sûreté. ny celuy des Seize trop eslevê et insolent. Mais les chefs de la Ligue. . comme \ille. par la saincte dévotion de mon frère de Nemours qui est. Curez et autres dévots Pensionnaires. 71 qui faict meilleure preuve que raoy de sa dcËcente de Sainct Loys. suivant leurs be^ soins. a faict fondre la Cou- ronne. nous en tenons les joyaux. Pour tant mon regard. s'en firent livrer 1589. jamais ny gnerions sans querelles. afin que Dieu nous en saiche gré. Pour console. quand nous en au- rons affaire. Mais.. je tiendray que je pourray les choses en balance et appa- rence.. sans laquelle. vous m'entendez bien. Prédicateurs. de faire rage sur ce subjet. C'est im coup du Ciel ! Si priôi\s tous bons Confes- seurs. c'est que. qui plus la saincte Ampoule de Reims est en nostre puissance. si les le moins une chose me ennemis tiennent la ville de Sainct-Denis. en Saint-Denis. Deux religieux de l'abbaye aTaient apporté à Paris. les reliques et le trésor de une grande partie.. j'ay tousjours faict au gouvernement des Politi- de ceste ques ne souffrant que le party soit trop rabaissé. se 1. qui sont fricassez pour eux. de peur que l'un des deux.SATYRE MÉNIPPÉB. moy ny c'est les miens ne ré- pourquoy vous ne devez douter que je feray tout ce que je pourray pour m'en deffaire.

que Dieu absolve. 4. fait Le duc de Mayenne le tua de sang-froid en 1587. ne faisant le plus fort. On suppose que ce allusion à sont deux filles de joie.72 SATYRE MÉNIPPÉE. Au croy qu'il n'y a pas un de vous qui ne Sacremore*. J'ay espérance que moy et mon nepveu en ferons bien d'autres à l'honneur de ce bon Dieu. Ce n'est que certaine chaleur de foye que les médecins appellent alopécie. m'accusant que Saincte-Cere ou la Loue (je ne sçay laquelle des deux)* me ! l'avoit donnée. que certains Politiques m'ont la voulu improperer^. il n'eut que goutte. après se souvienne de la mort de m'avoir faict plusieurs bons services. . 3. 5. la Il n'en fut pas il puni comme le duc de Mayenne . Maladie qui fait tomber le poil. 2. me voulust aussi faire la loy : ce que mon cousin le Duc de Lorraine me reproche que j'ay appris de la reste. Reprocher. 4. à la suite de laquelle le duc de Mayenne fut atteint d'une maladie honteuse. ils en ont menty. •Uez pareille récompense en ce et atten- monde ou en l'autre. Ouant à la pelade*. et ce passage une partie de débauche qui eut lieu à l'hôtel Carnavalet en mars 1589. pourveu que vous autres messieurs nous serviez de pareille affection. et Monsieur de sçait que les gouttes viennent bien sans cela 5. je Royne Mère. à laquelle moy Lyon et les miens sommes subjets. Pierre d'Espinac se livrait à la débauche. les meschants Je n'y songeay jamais. dont mourut en 1599.

C'est-à-dire d'être pendu. avec grand applaudissement de l'assistance. grand Dataire du Légat. se leva et cria 1. pour la pros- périté de laquelle se donnait beaucoup de peine et de mou- vement quoique boiteux. Doyen de Sorbonne. et. mangeait et dormait beaucoup. où le président de NuUy'. pour rhonneur de la saincte Union. furent veuz pleurer de joye. % . n'en croire rien et regarder à nos affaires. les que les loups me puissent manger jambes! vous priant. vous pou- Monsieur le Lieutenant ayant achevé sa harangue. et Âcharie'. président à la Cour des Aides. qui occupait ce des Quarante et siège.SATYRE MÉNIPPÉE. Henri lY était vif et actif. 3. gros et alourdi. et qui use plus de bottes que de souliers'. car nous avons un ennemy qui ne dort pas*. en parlant da fit Béarnais. 5. s*il 75 est autrement. 2. 6. laquais le de la Ligue. le laquais de la ligue. et vous garderez des essi du haut mal*. fut membre du conseil surnommé il un des ligueurs les plus passionnés. Acharie. la population. fiait Etienne de Nully. A la suite du siège de Paris cette maladie de grands raVages parmi 4. Expression dont se servit le duc de Parme. J'ay dit. Vous y donnerez ordre. crouelles' et de tomber vez. après avoir tuer pendant Il la Saint-Barthélemy La Place. tandis que le duc de Mayenne.

copieuses trois pro- fondes faictes. et bénédictions préalablement commença à parler ainsi. .n tout haut habebitis : SATYRE MÉNIPPEB. Alors M. haranguam. et postea le Légat. Humiliate vos ad benedictionem.

Mais. d'altra mi truovo molto sbigoltito sentir tante opinione balorde fra voi altri Ligouri Catholici. d'autre part. et il me semble voir renaître : cette antique faction des ^oirs et des Blancs car les uns deman- . e mi pare che quella antiqua chi rinasce : fattione di Neri et Blan- percio che l'uni domandano bianco. lo mi rallegro. di Ma.HARANGUE DE MONSIEUR LE LEGAT In nomine Patris. plus Catholiques que les Romains eux-mêmes) de vous voir ici rassemblés pour un sujet si grand et si Catliolique. Je me réjouis et suis presque hors de moi (ô Seigneurs et Bourgeois. e Traddctioh In : nomme Patris. f. -J-. e son quasi fuora di me stesso (ô Signori e Popoli piu Catholici di vedervi qui collegati per che i medesimi Romani) un sogelto parte. je me trouve grandement abasourdi d'entendre tant d'opinions balourdes s'élever parmi vous autres Ligueurs catholiques. tanto grande e Catholico.

écrasés et enterrés au milieu des ruines de ce méchant paradis terrestre de France pour jouir plus vite du repos éternel du Paradis céleste. il me semble qu'il qu'on me donne un clystère à l'encre. valenti e magnifici Francezi! si perche mi pare. o veramente in dent blanc et les autres noir. Mais une seule chose nécessaire au salut de vos âmes paix. Considerando che molto raeglio è. que les Français et les Espavéritablement en gnols guerroient entre eux en France. donc! la guerre! ô vaillants et magnifiques Français! Car. per la quiète d'Italia e la securità de la santa Sede Apostolica. di la non parlar tutti mai gli di pace. ou . Guerra donque! guerra. e uccisi varolosamente. toutes les fois qu'il est question de paix et qu'on parle de trêve avec ces sycophantes pendards d'Hérétiques.76 gli altri il SATYRE MÉNIPPÉE. fracassati e solterrati trà le ruine di questo catlivo paradiso ter- restre di Francia. per goder piu presto la quiète im- raortaledel Paradiso Céleste. nero. et ne se soient fait vaillamment occir comme Sanson. à guiza di Macabei. que tous les Français succombé à la façon des Macchabées. La guerre. e manco procurar che prima Francezi non siano morti. Sans compter vaut beaucoup mieux. che mi sia dato un servitiale d'inchiostro. parla di trega con quando si ragiona délia pace e questi forfanti heretici manigoldi. che i Francezi e Spagnuoli guerreggiano tra loro in Francia. Ma una sola cosa mi pare anime vostre : necessaria à la salute délie cio è. pour la tranquillité de rité l'Italie et la sécu- du Saint-Siège Apostolique. bien : me parait c'est de ne parler jamais de n'aient auparavant moins encore d'y ti'availler. come fu Sansone.

qu'en Italie le pour Trés- Kaples ou Milan. à vous dire le vrai. 77 Flandria. E non parlate piu di tanti béni e tanti favori ch'i predecessori vostri hanno fatte à la santa Sede Apostolica. et le touche.SATYRE MÉNIPPÉE. non Sanlissimo Padre di tutti gli tocca di fatti voslri. Et ne parlez plus de tant de biens et de tant d'honneurs que TOS prédécesseurs ont faits au Saint-Siège . pourvu que les provendes de Bretagne et l'antique révérence due à Sa Sainteté ne lui manquent point. Tanto piu grande e tità riverita sarà sua San- quanto voi altri homuncioni sarete piccoli e pic- colini. per la religione o la corona. che in îtalia per Napoli o Milano. non gli mancano. anime vostre Demonio inferno : poco gli proveduto che gli sia che le provende di Bretagna et la riverentia antica. D'autant plus grande et révérée sera Sa Sainteté que vous autres pygmées.Apostolique. se non à tanto che non esser spogliato che si d'annate e in commende. Perche. peu lui importe. Date quanto voal leté le è. débita à sua Santità. per vi dir se ne cura il il vero. tout ce qui Saint Père n'est guère en peine de tous vos agissements. encore moins des richesses et des pays que les Papes tiennent des bienfaits de Charlemagne et des rois de France ses successeurs ! . C'est pourquoi. pour la religion ou la couronne. serez petits et tout petits. e altre espeditioni fanno Roma con oro e argento vestro. anco raeno délie richezze e paezi che gli Pape hanno del beneficio di Carlo Magne e di suoi Flandre. c'est de n'èti'e point privé des annates et cominendes et autres expéditions qui se payent à Home avec votre or et votre argent. Donnez tant que vous voudrez vo^ âmes au Diable d'Enfer.

atque totis viribus impediam Tout cela lés sont est chose faite. Sa Sainteté. en mes ordres et instructions secrètes. Rien. successori Régi di Francia. trastullare. je vous dirai le fin mot de mon ambassade. Scriptum est enim : Hœc omnia tibi dabo. Le pardonanze che havete ricevute da pochi anni in qua. et se peuvent changer. ne forte aliquis non satis intelligat Italianam. sed hanc ierram non vent paceni gladium. Atque. basta che le corone e del mondo sono à dispositione di sua Santità. Et. que je tire du 10° chapitre de Matthieu Ne croyez pas que je sois venu apporter ici la paix. Car il est écrit : Je le donnerai toutes ces choses. les Indulgences gratuites et les Jubi- d'un bien autre prix! Suffit d'ailleurs que toutes les et tous les sceptres couronnes du monde sont à la disposition de et rétablir. sono di molto gli scettri si piu pregio. pour continuer à vous haranguer en langue latine. en effet. Questo é cosa fatta. con le gratuite Indulgenze e Jubilai. de peur que quelqu'un de vous ne comprenne pas bien l'italienne. ne m'est plus recommande. Les Pardons que vous avez reçus de- puis peu d'années en ça. transférer. à suo modo. dicam vobis summara 10" cap iere in : legationis mae quae sumpta est ex Mattha3i Nolite arhitrari quia : pacem venerim mit' mittere. e torre e porre. et de vous empêcher de toutes mes : . Nihil enim habeo magis in mandatis et instructione sécréta quam ut vos perpetuo exhortem ad bellum et prselium. je ne suis pas venu apporter la paix. ôter à sa guise. et pos- sono cambiare.78 SATYRE MÉNIPPÉE. que de vous exliorter sans cesse à la guerre et aux combats. ut pergam latina lingua vobis loqui. mais le glaive.

entre vous. est de electione cujusdam Principis. Christianissimo simo Hispaniaram niaB filiae et tôt regnorum Régi. Je sais que vous ferez une chose très-agréable à notre Saint Père ainsi qu'à le Pape et au Saint-Siège Apostoliqua. qui est toute Hérétique. quem illa maritum eligere voluerit. illustrissimae Infanti : regnum vero conferatis alicui Principi ex ejus familia. Un autre point dont j'ai à traiter avec vous. Et ainsi couronne de France serait dotale sur cela le Révéren- et attribuée solidairement à tous deux. car ce serait de jamais vous entretenir de réconciliation et de paix là un grand forfait. sa très-iUustre fille. et dotali corona Franciae dignabitur in soli- forces. repudiata prorsus ista famjlia Bortota est Haeretica. si mon bieniaiteur le Très-Chrétien et Très-Catholique roi des Espagnes et de tant d'autres vous réseneï duché de Bretagne à conférez la couronne à le l'Infante. \i\ Regem vestrura. pour en faire votre Roi. ne tractetis 79 ullo modo de reconcijiatione et pace esset inter vos. conservetis Britan- Armoricae Ducatum ejus. boni Catholjci. Royaumes. et indigne de Chrétiens et de Catholiques. IlaBreticorura Ego vero scio gralissiraam et sanctae rem vos factures Domino nostro Papae Sedi Apostolicae. aut boniorum. bon Catholique. c'est l'élection d'un certain Prince. à l'exclusion totale de cette abomir nable famille des Bourbons. nec et Catholicissi non benefactori meo. Quod sane magnum crimen et jndi- gnum Christianis et Catholicis hominibus. Âlterwm vero punctum. ou fautrice d'Hérétiques. Hais .SATYRE HÉNIPPép. quod habeo vobiscum agendum. quae fautriï. et si tel voug Prince de sa famille qu'il la lui plaira choisir pour époux.

il sup- affaires. Cognoscit enim melius vestra negotia. utrique competenti. per vigenti annos. et pro reliquo supplebit. et pléera ce que j'omets. juvandum si in pompa velletis eligere aliquem in Regem ex suis benefactoribus Lotharingiae et Guisise. tanquam bonus optimus compatriota. adeo subti- liter et fideliter ut reduxerit res vestras ad punetum videtis. sane vos feceritis ei secundum cor suum : et ille alacriter unge- ret et sacraret eum ex oleo sanctae Ampullœ quod dissime Cardinal de Pelvé vous en dira plus long. vous ferez sans contredit selon son cœur. alin de vous aider à faire sa pompe funèbre et ses obsèques. et devotus confessorius et vos Sed. ad funebri et exequiis ejus. qu'il a traitées mieux que moi vos à Rome durant vingt années. tant au Car il connaît goût des Lorrains que de l'Espagnol. Sed de hoc plura Reveren dum dissimus Cardinalis de Pelve vobis disseret. comme si un bon et dévot confesseur et un excellent compatriote. cura ad quod illas nunc reductas crederet pius iste Praesul et civis Franciam. était à toute extrémité et rendait son dernier soupir. C'est pourquoi ce pieux Prélat. et il s'empressera de l'oindi'e et le sacrer avec l'iiuile de la Sainte . pensant que la Irance. quam me tam Lotha- ringicè quam Hispanicè. et si adroitement et fidèles lement qu'il a amené vos allaires au pomt où vous voyez réduites maintenant.80 SATYRE MÉNIPPÉE. sa mère. Idcirco. quae. Mais. esse in agone mortis piria. tractavit Romse. vous voulez élire pour Roi quelqu'un de ses bienfaiteurs Lorrains ou Guisai'ds. vint naguère la visiter. ce bon citoyen. matrem suam. et trahere ultima sus- venitnuper ad visitandam eam.

Abbés. Auex. en toute hâte. ou encore contre l'Évangile et le Décalogue. E. per Ampoule. Vescovi.SATYRE MÉNIPPEE. Abati. si quid in hoc contra leges et mores hujus Regni. et Rolliae ducis. vel etiam contra Evangelium et Decalogum. chi i sono Reali Politici. et cela pour rien. excellente nouvelle que Malheureux que je suis! J'oubliais de vous faire part d'une j'ai reçue de Rome. idque gratis. 81 habet Remis expresse reservatum. mauPolitiques. Archevêques. quanto Catholici siano. dans les siècles des Amen. siècles. qui sont Royaux & . je vous promets absolution et in- dulgence plénière. Archivescovi. ou seulement selon l'impression des Hérétiques. anathematiza Cardinali. vobis promitto plenam absolutionem et indulgentiam saecula saeculorum. Vous y aviserez. . Ego de expresso mandato Domini nosfeceritis tri. C'est que Sa Sainteté dit. vel contra Concilia Ecclesiae. conservée tout exprès à Reims. Évoques. saltem secundum impressionem Hsereticorum. excommunie. ou contre les conciles contre les lois de l'Église. et bene servatum sub custodia Sancti. par ordre exprès de et mon Maître. si vous faites en cela quelque chose mœurs de ce Royaume. Quant à moi. Prêtres et Moines. tant analhémalise tous les Cai'dinaux. Pauli Campaniae Vos videritis. per mezo di Zametto Roma scom- cio è che la sua Santità tutti i munica. par l'entremise de Zamet. agrava. Preti e Monachi. gouverneur de Champagne et du Rethelois. et tenue précieusement sous la garde de Saint-Paul. in Oi me non mi ! ricordiva di vi far intendere cli'ho ricevuta in fretta di : una molto buona nuova.

un Rè. podestate. accorde indulgences plénières à tous bons Catholiques-Lorrains. ou Français Espagnolisés. Et. depuis bien des années. Princes du sang. voisins. fratelli. pour ne laisser plus aucune différence ni jalousie entre Espagnols et Français. jusqu'à concurrence de trois cent mille ans de vrai pardon. quali amazzeranno padri. En et deviennent aussi bravaches et menil outre. fine à trecenta mille anni di vero perdono. litici heretici. farà Santissimo Padre che i Francezi haranno le scrofole. cugini. a sua posta : come sapete ch' ha designato. o Ilispano. come i Spagnuoli. Oltre fa ranno anco bravadori e bugeroni corne pieiio Indolgenze à tutti quanti buoni Catholici Loi reni. E non me ne euro che Catholiques soient-ils. le Saint-Esprit vous manque. vicini. de ne faire aucun Pape qui ne fût ou Italien ou Espagnol. car le sacré Consistoire le fait descendre à volonté des bras de Dieu le comme vous savez qu'il a pris soin. frères. Politiques Hérétiques. dopo molti anni. di creare alcuno Papa che non fosse Italiano. le Très-Saint Père s'arrangera de façon que les Français aient les écrouëlles tout comme les Espagnols. faites un Roi pour l'amour de moi I . tate ch' il E non il dubi- Spirito Santo vi manca. cousins. di grasi sie. teiu"s comme eux. en cette guerre très-Chrétienne. principi reali. po- in questa christianissima guerra.82 SATYRE MÊNIPPÉE. qui tueront pères. per anipr mio. Enfin de grâce . perche sacro Consistorio lo fa descendere. Magistrats. o Ilispani Francesi. In fine. ogni diferenza e gelosia tra gli Spagnuoli e il torre Francezi. e diventaessi. dalle bracçia di Dio padre. fatte tia. Et ne craignez pas que Père.

redevint catholique et fut membre du conseil des Quarante et chanoine de Boissons. Launay. farete quel che piacera lo Loutenant. Ben per vi dirô ch' il mio voto sarebbe volentieri la Infanta di Spagna. fût-ce le Diable. ! trêve. parce que c'est une noble Dame que son père aime Monseigneur le plaira à fort. tour à tour prêtre. Ces mots fmiz. Néanmoins vous ferez ce qui Duc de Feria et à Monsour lo Loutela nant. 1. per mezzo del quai son stato fatto Cardinale. Autrement le sacré Collège b«ucha en Je me recommande encore une fois à vous. sur toutes choses. e à Monsour d'aprir la bocca il Ma guardatevi mentre : per ragionar di pace o trega Collegio rinegarà Christo. huguenot. par moyen de qui je fus fait Cardinal. e del Rè Catholico. pourvu et feudataire soit serviteur le de Sa Sainteté et du Roi donne- Catholique. 83 modo che sia sérvitore e feucjat^rio de la sua Santità. Je vous dirai bien que volontiers rais ma et voix à l'Infante d'Espagne. e amata molto di suo padre. gardez-vous d'ouvrir pour parler de paix ou de renierait Christ Salut.SATYRE MÉNIPPÉE. . perche ella è valente donna. grâce à ce je bon Duc de Parme. altramente. cy-devant Ministre passé en l'Université de Genève* et à présent boute Point ne qu'il me chaut qui vous prendrez. sacro Ego me vobis conunendo iterum. Neantedimeno. le petit Launay. ministre et marié. al Signor Duca di Feria. merce al buon Duca di Parma. fosse el Diavolo. Valete. Mais.

5. fut pris de scru- pule. le Légat : crux. en Sorbonne. se remarquer entre tous les prédicateurs qui excitèrent le peuple à la révolte. Député aux États de de Henri IV. après avoir viaires* et mangé les grands Bré- Heures du feu Roy à faire festins à Mon- sieur le Lieutenant. au bois de Yincennes. et consulta à ce sujet le curé Aubry. spes unica. Jacques Cueilly. 4. Terme de mépris par lequel Henri III le populaire désignait les l'entrer oblats et 2. enfin d'Heures et de Missels préil cieux. d'Aubry. Pierre Barrière En apprenant la conversion venu de Lyon dans l'intention de l'assassiner. curé de Sainct-Germain-l'Auxerrois. le trouvèrent mau- Toutesfois chacun les suivit en chantant de 4. Hoc passionis temporel Quelques-uns de l'Assemblée vais. et qu'il vendit. Cordelier et Apostre apostat. et Béarnais pouvait lique. fit parait que Launay avait eu sa part du butin. originaire de Savoie. assurer le que triomphe de la que mort seule du la religion catho- . Cordelier. revenant de confesser Pierre Barrière*. 5. devant la croix de M. ave. une l'iche collection ments et d'ustensiles d'église. Le tout fut pillé par les ligueurs en 1589. moines convers qui pouvaient avait réuni dans le monde. cul* de Sorbonne.84 SATYRE MÉNIPPÉE. curé de Sainct-André-des-Arcs. auprès de de tableaux. d'orne- l'église des Minimes. qui lui persuada cette conversion était sans valeiu". se mit à genoux avec Garinus^ et. docteur la Ligue. assistez et de Cuilly*. entonnèrent à haute voix.

et. Il avait rejeté soa chapeau sur ses épaules. mesme. . mon maistre. puis s'estant rassis. puis une autre semblable devant Monsieur le Légat. le sort tomba à Monsieur le Cardinal de Pelvé de parler. . en manière de capuchon. comme une oye. Descendu. le 85 bransle finy. et une autre bassissime devant les Dames fois. après avoir fait une très-profonde révérence devant le siège de Monsieur le Lieutenant. il commença de dire ainsi. Lequel. son chapeau rouge avalé* en capuchon par derrière. 1.SATYRE MÉSIPPÉE. et toussy trois bonnes excita non sans excréation phlegmatique qui aussi un chacun à faire de mesme. se levant sur ses deux pieds. adressant sa parole à Monsieur le Lieute- nant. qui luy dit par trois fois : Couvrez vous.

qui fut un bon genet darme et un bon fermier* quant quant soubs le roy Charles huictiesme. Florent Chrestien est l'auteur 2. Cette assertion n'est de cette harangue. je reviendray à vous et à vos affaires. je fay quelque discours en langage latin. et en sçay presque mon grand père. auquel vous sçavez qu'il y a long-temps que autant que j'estudie. veut se Son grand-père.HARANGUE DE MONSIEUR LE CARDINAL DE PELVÊ* Monsieur le Lieutenant. 1. de Valogjie eu Cotentin. était. peut-être. qu'une méchanceté de l'auteur qui. Mais quand j'en auray dit trois mots. dont de bonne noblesse Normande. écuyer. seigneur . cardinal. vous m'excuserez si pour contenter ceste docte Assemblée et garder le déco- rum par et la dignité la volonté du rang que je tiens en l'Église de vous et des vostres. moquer des manières peu distinguées du il parle ici. Thomas de Pellevé. en 1428.

Habetis igi- Tradcctios *. à nous qui avons principalement étudié en • la célèbre Académie de en savons plus long que la lie du peuple. A vous donc de voir en 1. pour vous faire entendre bien des choses qui ne sauraient s'exprimer assez bien en langue française. et qui maître. pourvu qu'il soit de la maison d'Autriche ou Guisarde. Je veux donc que vous sachiez (et que ceci soit dit seulement pour les aureilles pieuses) qu'un décret.SATYRE MÈNIPPÉE. n'avons Nous donnons ici la traduction de M. d'avoii* quelque chose de secret qui ne soit point compris des femmes. par lequel il nous est permis d'élire. talem qualemvobis placuerit. un rescrit. et choisis dans tout ce ramas du pays de France. ou. Hommes atque ex tota Galliarum colluvie electissimi. si vous l'aimez mieux. donc à vous. secreti habeamus aliquid quod mulieres non intelli- gant. ut vobis intelligere faciam multa quse Gallica lingua satis non possunt exprimari . et sapimus magis quam fex populi. ^ .. sit de stirpe vel Austriaca vel Guysiaca. sacrer. sive mavultis res- criptum per brève a domino nostro Papa.. à laquelle nous fait que de légères corrections. est eniin operse pretium ul nos praecipue qui studuimus in celeberriraa Acade- mia * Parisius. notre Paris. a été rendu par le Pape. per quod nobis perraittitur eligere. et oindre un nouveau roi selon votre bon plaisir. Read. créer. sacrare et ungere Regera novum. modo. Ch. Yolo igitur vos scire (et haec dicantur tantiim piis auribus) quod exivit edictura.. C'est notre récompense. . un bref. creare. Je m'adresserai 87 illustres.

dé- qu'on appelle Bourbons il ne saurait être question. relaps. je suis Français. Principcm. notre maître. Car de ceux Pape. encore bien moins de cet Hérétique clare. Sane ego sura Gallus. et je ne renierai cette élection marchait à ma patrie! Mais. je n'hésiterais pas. Peut-être Monsieur le Légat a-t-il une afin de plaire aux Espagnols. à la la de donner vos voix à quelqu'un de vous prier maison de Lorraine. per idem rescriptum inferos. être d'ores et déjà damné aux enfers. Romaine. sed non dicit omnia qute habet tenete in scrinio pectoris. profecto pro bono meo et meorum. Nam de istis Borboniis non sunt loquelee neque seristo Hseretico relapso. nec rene- meam patriam. quanto minus de quem idem Dominus adfirmat esse rioster Papa. Vos interea hoc firmum : nullo modo esse loquendum aul laquelle des deux vous préférez choisir un Prince. mais il ne dit pas fout ce qu'il a au fin fond du cœur. tur adprovidendumexutragente mavultis. dans l'in- térêt de moi et des miens. Certes. si mon gré. Portasse vero Dominus Legatus habet aliud intentum. et ani- jam damnatum apud mam gabo ejus propediem servituram Lucifero pro me- renda pomeridiana. libenter vos precarer ut darelis vestras voces alicui ex familia Lotharena. que vous savez avoir de l'Église si bien mérité de République Catholique et autre visée. et dont l'âme servira avant qu'il soit peu au souper de Lucifer. atque etiam vestro. que le en ce même rescrit. Sed si ista electio vaderet ad libitum meum. quam scitis et Ecclesia tam bene fecisse in Republica Catholica Romana. Tenez toujours pour certain . ad placendum Hispanis.88 SATYRE MÉNIPPÉE. et aussi dans le vôtre. mones.

tant que je me sens dans les murs de La vérité est que j'avais préparé un bon discours à yous taire . ignem enim Régi nostro et ruinam tolius urbis vel regni nihil potestis facere gratius et acceptabilius Deo et Philippe et Catliolicissirao. Mais. audiendum de pace facienda cum Politicis . à recevoir une ambassade du le Biaruais. car vous ne pouvez rien lique. Sanè paraveram aliquid boni ad dicendum vobis qu'il ne faut faire avec ces aucunement parler. la mort même. Estote fortes curi sieut et ego : et se- modo sim intra rauros Parisius. ni rien écouter d'une paix à damnés Politiques. autant la lune est hors de lalteinte des loups. comme moi. vel étiam mortem. Armez-vous bien plutôt de la courage. Je n'ignore pas faire qui soit plus méritoire le agréable à Dieu et à notre roi Philippe Très-Catho- de Gondi et disposer le que le duc de Luxembourg. et préparez-vous à endurer toutes les extrémités. Sed quan- tum tuta est luna a lupis. le feu et la ruine de cette ville ou du royaume. notre Slaitre. et plus faim. : mem. ut préparent ani- Pap». 80 istis damnatis quin potius armate et parate vos ad pafa- tiendum omnes extreraitates. Non ignore et Luxemburgum miun domini Cardinalem Gondium Marchio- nem Pisanum Romam nostri profectos. tantum aversum est cor Domini nostri a talibus negotiis.SATYRE MËNIPPËE. autant Maître est cœur de notre assurés et éloigné de telles négociations. Soyez tranquilles Paris. tractaturam de conversione sua. chargée de traiter de sa conversion. ad audiendum Legationem Biarnezi. le cardinal le marquis Pisani sont pa.-tis pour Rome afin de Pape.

de Politici nonnulli nescio qui disséminant in vulgum. parce que arrivant. quoniam bealus Paulus multum bat ab isto Navarra. apparet ex eo quod Romae fuit illi amputatum caput. Mais j'ai été trompé dans mon attente par il longueur du dis- cours du seigneur du Maine. cujus conversio heri celebrabatur. quem volebam qiia stringere in conversionem islam. à l'antiquité les saint Paul était coutumes de son temps. Le cardinal de Pellcvé attribue naï- vement pendu. . Il noble et citoyen Romain et ce qui prouve qu'il la était tête noble et de noble maison. et civis Ro- manus : et quod nobilis fuerit. si mieux 1. et stirpe nobilis edi- tus. Autrefois on ne tranchait la tête qu'aux gentilshommes. haranguer hier. sive ma- sur saint Paul. et les roturiers étaient seuls pendus. Iste vero est infamis propter hœresim. et Iota familia Borboniorum descendit de becario. Sed meo me contin- me fefelli longa nimis oratio Do- mini de Mania. quia sperabara quod heri in ordine gebat loqui. Erat enim nobilis. que je ne crois ni n'espère être fondé.90 SATYRE UËNIPPËE. et ideo cogor remittere in vaginam gladium latinitatis meae. mon la tour de parole. quam tamen neque credo dista- neque cupio. ou. à propos de laquelle quelques Politiques répandent dans le public je ne sais quel bruit. Car saint Paul était était bien différent de ce Navarrois. et me faut rengainer mon élo- quence latine que je comptais brandir contre cetle conversion. dont je comptais vous la conversion se célébrait hier. et toute la famille des Bourbons est issue d'im boucher. Celui-ci est infâme à cause de son tiérésie. et il estime que de bonne noblesse puisqu'il fut décapité et non . c'est qu'on lui trancha à Rome'. de beato Paulo.

sine et cepisse tôt urbes et arces fortissimas. et parlant incapable de mentir. ni les foudres. dum plus quam centum millia et hoc esse : miraculum. et raagno terrore est affectus ex fulgure cœli. ni les si les pluies. mais en y pénétrant par des ouvertures inaccessibles et d'étroits souterrains où pouvait à peine passer un soldat. . Addite quod Paulus timuit. nec fulgura. imo nec acies nostras nostros tam bene instructos. iste non. qui carnem vendebat in laniena Pa- risina. nec imbres. et exercitus aut aestum. De plus. Paulus etiam conversus est cum miraculo. sed per invia foramina et arctos cavos vix uni soli militi penetrandos.SiTYRE MÉNIPPÉE. ni les froids. saint Paul ' s'est converti par un miracle. d'un abatteur qui vendait de cherie de Paris. ni les éclairs. ut asserit quidam poeta valde araicus Sanctœ Sedis Apostolicae. nisi forte dicat. Ajoutez aux éclats de turbable et que saint Paul eut peur et fut frappé de terreur la foudre. obsidione secinxisse circiter banc lu-bem menses quatuor intus essent cum ses millibus hominum. quos la cum TOUS aimez. grand ami du Saint Siège Apostolique. et d'avoir pris tant de villes et de citadelles très-fortes sans détruire leurs murailles. ni les glaces ardeurs de l'été. ni même nos troupes et nos armées bien ordonnées. viande à la bou- comme l'a dit un poëte. nec fulmen. murorum subversione. à moins elle ne se vante comme d'un miracle d'avoir investi cette ville durant environ quatre mois avec six mille hommes. qu'il On ne peut en direau- tant de celui-ci. At iste est imperterritus. quand en renfermait plus de cent mille . nec hyemem et glaciem. tandis que celui-ci se montre imperne redoute rien. Tiiltis 9i de lanio. ni de l'hiver. et ideo qui noluisset mentiri. nec limet quid- quam.

de eligendo rege Nam ab eo tempore quo fautor me . fortasse invideat. iste Hsereticorum meo meos episcopatu Senonensi. Pereat nialè diabolus iste velox et insomnis. et mes revenus . sive problemata disputanda. pauca manu audet expectare et ante venire. je proposai en Consistoire cinq protestations. quia de 80 nihil prsevidi aut prœmeditavi. saisit me déet mon archevêché de Sens. ce fauteur d'hérétiques. qu« tota respiciebant sanctissimam istam congregationem Francise.92 SATYRE MÉNIPPÉE. raison que je n'ai pas prévu le cas et n'ai Je me souviens que. qui tous avaient charmé cette très-sainte Assemblée. ose les alfronter et les mettre eu pièces ou en fuite. toujours éveillé. dont aujourd'hui la pour la qu'il ne soit pas jaloux. Memini. Je ne pourtant pas. et de- bellare aut fugare. dès temps où feu pouilla de le roi Henri. qui- dem cum essem Romœ. et in sua manu in posuit reditus et bénéficia quse liabebara suo regno. vous parler de saint Polycarpe. qui dit nos tam laboriose faligat et impe! dormira ad nostrum libitum Sed hactenus de Paulo. l'éunie pour élire un Roi de France. Que il dis-je ? il ose les attendre avec une poignée de ses soldats. ne Polycarpus. lorsque j'étais à Rome. quem tamen praetermittam. Ilenricus despoliavit functus. cujus hodie festum agitur. me proposuisse in Consistorio quinque protesta. La peste soit de ce diable. toujours accable de fatigues et nous mouvant. c'est le ferai Mais je ne vous ai jusqu'ici parlé et je devrais fête. qui nous empêche de dormir à notre gré! que de saint Paul. par rien de préparé. ou prole blèmes à discuter. in tempore Gregorii Papae. Car. du temps du Pape Grégoire.

. Sed me vocant Principes isti. adeo patriam meam sum oblitus. et j'ai fait ferai à toujours. nec se opposuerunt opprobrio saepius pretestatus . Monsieur le Lieute- nant. tradere diabolo. j'ai toujours eu l'intention et tout la volonté de me cet venger. quos et quas alloqui nunc et res postulat. Mais revenons à ces Princes merveilleux ici présents. meo. et vous diray que. ut quando deberera animam meam ista insignis injuria cadat in caput Gallorura om- nium qui passi sunt.SATYRE MENIPPÉE semper habui animara di. Je l'avais souvent annoncé : je l'ai enfin exécuté. faciam in seternum. Quod cum essem effeci ut vos sciretis tandem alio bene quid dicere. perles rares et de l'univers entier. si j'eusse trouvé en France bénéfices dont je jouissais. et vous en savez quelque chose. quam penè dedidici loqui. et istae totius orbis insignes uniones et gemmse mirabiles. auxquels il faut maintenant que je m'adresse. tant j'ai mon pays. qui ont souffert pareille chose et ne se sont point mon opprobre. quand je de\Tais mon possible (et je le donner mon âme au Diable) pour que opposés à insigne outrage retombe sur la tête de tous les Français. Je retourneray donc à vous. et feci »3 et intentionera et me vindican- omnia quse potui. ainsi qu'au reste des députés et diamants des députans. qui ont intérêt à m'entendre parler en français. cseteramque turbam deputatorum depulantium. malheureusement oublié j'ai presque oublié cette langue. quorum interest ut intelligant me disserentem lingua Gallica.

qu'ung Sainct Nicolas de village. sauf l'honneur que je dois à l'Eglise. Si vous aviez maintenant un plein verre de bon vin. puisque ce n'a pas esté : lonté de Dieu qu'ainsi fust. patience assez va qui fortune passe. il faict fort 3. étant au Concile de Trente. : î Oui. bon Au moyen âge des Saints Innocents servait de pré- texte à des parodies des cérémonies sacrées et à des saturnales auxquelles les clercs se livraient dans les églises. 2. je verrroy maintenant feu et aurions : Monsieur vostre frère en ce throsne royal. Si vous diray-je en passant que. les affaires avoir reussy selon les pratiques et intel- ligences que j'ay les menées depuis vingt-cinq ans^ avec Espagnols à Rome. postérieure veoir. Dès 1563. et ne vous advient point mal à faire le roy. bonne mine. Addit. fide mea. occasions de chanter avec ce bon patriarche dimittis. Mais. a fè di Dio. et qu'il pleust à la majesté de vostre Lieu: tenance boire à la compagnie.. JSunc la vo- etc. Vous n'avez faulte que d'une bonne cheville pour vous y bien tenir. . » la fête il s'était montré vous hostile à la France. Cette cou- tume scandaleusi fut abolie au xv* siècle. 11 me semble que nous célébrons icy la feste des Innocents' ou le jour des Roys. nous cririons tous 1. monsieur le Lieutenant.94 SATYRE MÉNIPPÉE.. Vous avez toute pareille façon. il vous et avez fort faict fort bon veoir' et assis là où vous estes. remplissez bien vostre place.

où nous erapeschasmes bien qu'on ne fist de Roy de la Febve de peur d'inconvénient et de si mauvais présage. s'advisa de faire allumer force feux par toutes les contrées pour purger et chasser le mauvais air : et moy tout de mesme. et ferons la my-Karesme à nous pouvons retenir jusques alors toute à laquelle je Calholigue Assemblée. la à son insu. le Ô5 Roy boit ! Aussi bien n'y a-il gueres que les Roys sont passez. qu'il assimile tour à tour aux folies du jour des Innocents. Ce grand médecin. veux : maintenant adresser mon propos en gênerai et que tout le monde m'entende. où je (je me suis comporté en vray hypocrite : vouloy dire Hipocrate.SATYRE MËNIPPÊE. Pellevé lait sérieusement. voyant son pays affligé d'une maladie epidémique et peste cruelle qui exterrainoit tout le peuple. et aux travestissements de 2. vous estes icy à ceste my- Karesrae prochaine. . Messieurs. la On appelait en Italie mal françait mêaie maladie qu'en France on nommait mal de Haplct. Mais. ne et me si tenez pas pour la homme je de bien (je bon Catholique del maladie de France n'en- tends parler maie Francioso)*. aux bombances du festin des Rois et 1. la mi-carême. veux dire vos misères et pauvretez. mais la langue m'a four- ché). nous chevaucherons tous avec- ques vous par cheval S ceste si les rues. ne m'ont faict venir par deçà. une dure satire de Ligne et des États-Généraux.

3. 2. et enfin Cardinal. quand il me feit Evesque. et en ces jours derniers les présidents Vêtus et Janin' m'ont assisté 1. pour venir à bout de mes desseins Catholigues. le second était membre du Conseil des Quarante. mon bon maistre.96 SATYRE MÉNIPPÉE. car m' ayant tiré de la marmitle des Capeltes* de Mon- tagu. où je des- couvry bien l'eschole. son protecteur. Si le feu vivoit. puis mis en la Cour de Parlement*. j'ai esté un des principaux auteurs (je le dy sans vanterie) de tous ces feux et embrasements qui bruslent et ardent maintenant toute la France. et obliger ma et vie et mon ame et à l'avan- cement de la la grandeur de Lorraine detriement de maison des Valois des Bourbons. A quoy je n'ay pas failly en tout ce qui possible m'a esté et que ma cervelle s'est peu estendre . d'où leur vint ce surnom. et qui ont tantost mis et consommé en cendres le plus beau qui y fust de reste des Goths et Vîsigoths. vous en rendroit bon tesmoignage. Le premier remplit à Rome une mission pour le compte de la Ligue . Us vivaient fort miséra- blement. Les boursiers du collège de Montaigu portaient de petites capes. puis Archevesque. et pour antidote à nostre saincte Union. qui est frappée de peste. il Cardinal de Lorraine. pour commencé par être solliciteur au Palais du cardinal de Lorraine. ce fut tousjours à condition expresse d'acheminer ceste affaire à sa perfection. Pellevé avait les affaires .

2. Toutesfois à nous perdre avec la nous avons bien eu raison de tous ces Valesiens. de ces Bourbonistes. >'icolas de Salcède. écartelé en Grève au mois d'octobre complice d'une conjuration au proflt de l'Espagne. et n'eut pas il bon bec. Dieu aidant. Quant à moy. comme Il avait compromis cardinal de Pellevé dans ses aveux. voicy à vostre com- mandement à vendre et à desp^ndre. le 1582. et l'aurons. la cathohques Espagnols. et de vos âmes qu'ils en percatholique : dent la leur par charité dont c'est grand -de pitié. 6 . Et vous prie d'y adviser de bonne heure peur que ce Biarnois ne nous joue quelque tour . était secrétaire mauvais renom au du clergé aux États-Généraux. de son mestier car. Mcolas Piles. de mémoire et pratiques. Messieurs. ayant très Palais. si cha- cun de vous y veut faire di galante uomo. me zelez.SATYRE MÉNIPPÉE. et devant eux encore mes collègues David et Piles^ n'eussent pas fait grand chose sans moy. et ont quasi 97 empiété mon crédit. s'il alloyt se convertir et ouyr une meschante messe seulement. car faillit descouvrit le pot aux roses. cancaro ! nous se1 . David était avocat ligueur. il mais non pas tout. dont luy*. pourveu que comme tiez bons Catholiques vous vous soubmeet super- aux archicatholiques Princes Lorrains. abbé d'Orbais. qui ayment tant qui désirent tant le salut France. Le pauvre Salcede sçavoit bien un tantinet du secret. ny moy sans eux.

Philippe atteint d'une sorte de gale ou de lèpre. et tous les droits qu'il a aux Pays-Ras que les Estats lui gardent. bis de la guérir de sa toux cela est faux : ce sont tous hérétiques qui le disent. . sur peine d'excommunication et de censure ecclésiastique. et tout bon catholique doit croire. était lépreux. reconnut un des et lui déclara le désir qu'avait la noblesse 1. duc de Piney. il promettent à n'en sera peut estre rien. Mais. in diibio. aurions perdu tout à un coup nos doublons et nos peines. premiers Henri IV de le voir 2. pour disposer le pape Clément VIII à reconnaître Henri IV. 11 y a ici une sorte de jeu de mots le roi : le preux mis pour II. et par conséquent sont plus propres à la guérir si les voulez croire. abjurer le protestantisme. vous vous devez haster de vous mettre entre les mains des médecins. qui sçavent vostre maladie et en connoissent la cause. et font comme le loup qui promettoit à la bre. encore que ces bonnes et Pisani^ le gens de Luxembourg* nostre Sainct Père. et rions affolez. voire son Duché de Milan. et que tous les François de Luxembourg. que le preux' Roy d'Es- pagne voudroit avoir perdu ses Royaumes de Naples. Le marquis de Pisani. 3. ces bons chrestiens de Castille.98 SATYRE MÉNIPPÉE. envoyé à Rome par les catholiques français en octobre 1592. et le Comté de Roussillon. Car ceux qui disent que les Espagnols sont dangereux empiriques. C'est pourquoy. Portugal et Navarre. parce que d'Espagne.

SATYRE MÉNIPPÉB. 2. (Y. qui est Seigneur de les tant de Royaumes qu'il peut compter que par riche qu'il ne sçait les lettres de l'alphabet^. xxxii. quand se mousche. ce sont] des Couronnes. Ne croyez donc pas que ce bon Roy vous envoyé tant d'ambassadeurs. et vous fasse envoyer ces bons personnages Légats du Sainct Père à autre intention que pour vous faire croire qu'il vous aime sur toutes riens*. tant en est farcy \ 1. ce sont des Diadesmes. Imitation longue énumération des qualités de Qua- resraeprenant. par manière de dire. et si que faire de ses trésors. enfants d'humilité et obéissance. a Comme de la Charles - Magne faisoit ses monas- tères.) . livre IV. qui est la vraye et unique touche pour connoistre les bons chrestiens et catholiques zelez. Penseriez-vous que ne luy. > Addit. ce sont des Sceptres. > 5. ne luy est pas une contrée de ces nouvelles Sauvages. quand il rote. Quand il Isles conquises sur les il sue. voulust se mettre si seulement la en peine de souhaiter rie petite chose que seigneu- de France? Toute l'Europe. c. Pantagruel. Var.! quand il va à ses affaires. Rabelais. ce ne sont que Comtez et| il Duchez qui luy sortent du corps'. 99 François fussent bons Catholiques et voulussent volontairement et de la saincte fait recevoir ses garnisons avec Inquisition. « Qu'il vous aime sur toutes gens.

je vous prie pour l'honneur de Dieu. . 2. remply Ce seroit donc bien à propos de soup: çonner qu'il voulust estre Roy de France Je ne les ma il de si! dy pas que. hommage pense. hymne des vespres de : du jour des Uois. Et. non plus qu'un vieil singe. fut portée en Espagne par Claude Mathieu et l'envoya mais roi. à sa des devols habitans de bonne ville de Paris.1594 ajoute ici tiré 1. Mais autrement. de les recevoir comme son dos ses bons subjects de la et serviteurs et d'accepter . le gouverneur du Bourbonnais l'intercepta au . qui l'ont supplié par lettres expresses signées de leurs mains''. dont ne fist pays méridionaux sont fort infestez. ne seriez vous pas bienheureux d'estre assis là-haut. aux Pays Bas et aux Terres Neufves vous doivent asseurer qu'il ne pense à nul mal. en ParaL'édition datée de . fer et famine. ne pensez pas qu'il y Ses comportements . le pesant fardeau estoit si Couronne de France et ou. la prière quelque chose. Celte lettre.100 et SATYRE MÉNIPPÉE *. quand ainsi seroit qu'il vous auroit tous faict entretuer et périr par feu. qui luy en feroyt foy. pour guarir des escrouelles. datée le jésuite du 20 septembre 1591. si courbé chargé d'autres couron- nes plus précieuses que celle de France n'y peust trouver place. et révérence. pour le moins il en recompensast quelqu'un de ses hidalgos. Vers l'office d'un Non eripit mortaïia. qui régna dat cœlestia.

bandits.SATYRE MÉNIPPÉE. massacrez et bruslez hardiment tout : Monsieur le Légat pardonnera tout. a l'esprit à la France elle de se laisser mourir bonne Catholique. Tuez. que nous vous faisons faire en dévotion. Je vous serviray aussi. 6. Fttoruiciti. voix au marquis des Chaussons' Les hérétiques. Wallons et mettre en vostre place. . de leur pays. 101 au dessus des Confesseurs et Patriarches. c'est-à-dire des garnison espagnole. et monsieur Marteau signera et tout. Monsieur le Lieutenant avouera tout. Monsieur de Lyon scellera tout . Monsieur d'Amnale vous adjugera tout. après Monsieur le Légat. dis. estants assez purgées le feu de Pur- par les feux que nous avons allumez aux quatre coings et au milieu de ce Royaume pour la saincte Ligue. les soldats de Henri IV. baunis. jeusnes et abstinence. comme je vous en prie tous en gênerai et particulier. que vos âmes ne passeront point par gatoire. Africains. Quant à l'élection d'im Roy. et par la pénitence. Appellation grotesque qui désigne François de Lorraine. je donne ma i. et faire les Lorrains et Espagnols ses héritiers. vous asseurant. si de Père Confesseur. rostir et bouillir aux chaudières de Lucifer? Mourez quand il vous plaira : nous avons assez Foruscits* pour de Mores. sortis : il n'est lipu 2. Ici ce mot doit désigner les troupes napolitaines qui la composaient une partie de 3. et vous moquer des maheulres^ que vous verrez dessous vous.

se leva place. airis ny camusS bon Catholique. Faute d'un livre où est tout son sçavoir. 2. et moy de mesme. et à son du cardinal de Pellevé. Apostolique et Ro- main . je le vous recommande. la sale si fort que toute en retentissoit. un petit maistre ès-arts saillit marquis de Chaussins. et crièrent Vivat! par plusieurs fois.102 SATYRE MÊNIPPÉE. Et. Amen. Seigneurs Estats. i. où prononça tout haut de fort bonne grâce ce petit quatrain. frère du duc de Mercœur. et Prieur des Carmes* hors de sa il monta sur son banc. et Filii. en Bourgogne. il camard. tous les Docteurs de Sorbonne et Maistres ès-Arts là présents fraperent en paulme. c'est-à-dire ses instructions. il où. et spintus Sancti. In nomine Patris. et soutint les intérêts de Rome. Ces mots finis. 3. excusez ce bon Il homme : a laissé son calepin à Rome*. Quant au jeune duc de Guise. Simon Filleul. Les meiïiLres de la famille avait le nez d'Autriche avaient presque tous les lèvres grosses. envoyé pour soutenir les intérêts de l'Église Gallicane. après que le le bruit fut un peu cessé. s'il comme l'eust composé sur il le champ : Son éloquence n'a peu faire veoir. oublia son calepin. . prélca- dant au trône. Et tout à l'instant. plus roattitude au Concile de Trente. Allusion à la politique maine que française.

Monsieur de Lyon se leva et signe de la main qu'il vouloit parler. aussi en piedz. .SATYRE MÉNIPPÉE. après que tout le monde eust sono- rement et theologalement toussy. ou environ. Monsieur riUustrissime* :' Car ceux qui ont ouy vostre belle oraison Vous ont bien reconneu pour ignorantissime. dont le cardinal de Pellevé se déclarait le Italie fratelli ignoranti. répliqua de 103 mondit mesme en autant de carmes : Les Frères Ignorants* ont eu grande raison De vous faire leur chef. Les Capucins. protecteur. le non toutesfois si long que fit précèdent. pour l'ouyr plus attentivement à cause de tion de son éloquence. et tournant le visage vers sieur le Cardinal de Pelvé. et que l'on 2. il la réputa- discourut ainsi. Parquoy. craché et recraché. le titre d'illuslritsimè n'appartenait qu'aux Cai-dinaux-Princes.siècle. Tout le monde trouva ceste rime fort plaisante. et après avoir faict un second battement de mains. d. nommait en Au XVI.

On attribue cette haraugue à Nicolas Rapin. je commenceray mon propos par l'ex: clamation pathétique de ce Prophète royal David Quam terribilia judicia tua. maintenant si 1. N'est-ce point chose bien estrange. etc.HARANGUE DE MONSIEUR DE LION* Messieurs. « Dieu ! ! que vos Ceux qui jugements sont terribles et admirables » prendront garde de bien prés aux commencements et progrez de notre saincte Union auront bien occa: sion de crier les mains joinctes au ciel si Dieu ! vos jugements sont incompréhensibles. de veoir nostre Union. . ibi superabunda- vit et gratia. ! combien vos grâces sont-elles plus admirables l'Apostre : et de dire avec Ubi abundavit delictum. Messieurs les Zélateurs. Grand Prévôt de la Coiinétablle de France.

SATYRE MÉNIPPÉE. la de honte avec presque toute . et. rougir la Noblesse. bref. presque en toutes ses parties. Car qui 1. D'après de la Ligue étaient de Thou. les plus empressés à embrasser le parti les gens perdus. si 105 zélée et si dévote. de pardieu! Je dy beaux que les François doivent ouvrir les yeux de leur entendement pour profonde- ment considérer les ces miracles. C'est-à-dire que tous avaient quelque peccadille sur la conscience. 2. étaient hos- . tandis que les gens d'honlui neur ou recommandables par leur position tiles. et doivent là dessus gens de bien. comme si dit Monsieur le Lieutenant. tarez et entachez de quelque note mal dante avec la justice. voire les plus clairvoyants. veoir tout à un coup l'athéisme converty en ardeur de dévotion. composée de gens qui. avoir esté. plus saine partie des Prélats et du Magistrat. en pieté et en jeusne. en générosité et vaillance. et mal accor- par une miraculeuse méta- morphose. et de biens de ce Royaume. saincte. la volerie. l'ignorance. en science de toutes nouveautez et curiosité de nouvelles. qui font semblant d'avoir en hor- reur ce sainct et miraculeux changement *. le vice et le crime transmués en gloire et en honneur? Cela sont des coups du Ciel. auparaétoient tous solfiée * vant les sainctes Barricades. la concussion.

en ! corselets. ! cas merveilleux ô mystères grands 1 ô secrets du profond cabinet de Dieu. les petits estre faicts grands. . le chevalier Breton un Piémontais réfugié en France à commis dans son pays. en casques et salades N'est-ce pas une autre grande et admirable conver- sion de la plus-part de vous autres. le chevalier Breton S et cinquante autres des plus signalez de nostre party qui me feroient faire : une hyperbate et parenthèse trop longue je ne que ceux que nomme ils poipt m'ep sachent gré. ceux qui estoient debout. estre jugez. Messieurs les Zelez? entre lesquels je nommeray par honneur les sieurs de Rosne. ceux qui emprisonnoient. que de veoir tout en les valets un moment devenus maistres. les pauvres. les bréviaires. et que peut Dieu mesme faire de plus estrange. 1. au monde de plus admirable. en rondaches. prester à usure. de Mandreville. En 1581 allèrent en Flandre avec le duc d'Anjou pour d'un meurtre soutenir les protestants. ceux qui jugeoient. était la suite . en mosquets. les humbles. inconnus aux chetifs mortels ! Les aunes des boutiques sont tour- nées en pertuisanes. D'après Brantôme. insolents et orgueilleux .106 a-il SATYRE MENIPPEE. estre emprisonnez estre assis ? . la Mothe Serrand. et les capuchons. les escritoires. N'est-ce pas. les scapulaires. veoir ceux qui obeissoient commander ceux qui empruntoient. riches.

saffraniers*. par ceste saincte conversion. safran la maison des banqueroutiers. voleurs. de faulsaires. et et et désespérez. 107 grand cas que vous estiez n'agueres et en Flan- dres. de fausse monnaie. Fabricants 4.SATYRE MÉNIPPÉE. portants les armes politiquement employants TDS personnes et biens contre les archicatholiques Espagnols en faveur des Hérétiques des Pays Bas. 3. ils ont changé de nom. de corde. de coupe- gorges et brigands. les offrandes augmentées. Plié en double comme un manteau dont on ramène les iiins l'un sur l'autre . et les saints tipliez. Insolvables. hauts-gourdiers'. et soyent devenuz Catholiques à les autres ? double rebras *. bien loin devant vrais ! patrons de l'enfant prodigue dont parle l'Evangile dévots enfants de la messe de minuict ! sainct Catholicon d'Espagne. Pendards. mul- qui es cause qu'il n'y a plus de perfides. dis-je. les chandelles benistes ren- cheries. banqueroutiers. de d'incendiaires. et que vous vous soyez si catholiqueraent rangez la saincte tout à un coup au giron de tant de Ligue ? et que bons matois. 2. tous si gens de sac geusement. forgueurs'. en ce sainct party pour faire leurs affaires. par extension renforcé. et ont pris cet parce que l'on peignait en jaune ou couleur 1. se soyent jettez coura- des premiers. puis que. . qui es cause que le prix des messes est redoublé.

pour expier leurs crimes. n'avoient rien tant en haine que leur maison ' ! Je ne et veux icy comprendre maints gentils-hommes autres qui 1. effet. 2. seigneur de Lansac. il me semble revoir ce bon temps auquel les Chrestiens. il le parti de la Un ancien proverbe Il est comme les menestriers. qui avez eu ceste efficace de nous faire tous rajeunir et renouveler en une meilleure vie 1 C'est ce que dit nostre bon Dieu en parlant à son Père. se jetèrent dans 3. dut à auquel Ligue. se croysoient et alloient faire la guerre oultre mer comme tard. pèlerins. disait : de Catherine de Médicis obtenir l'évêché de office Comminges. en chez les autres que chez eux. et revelasti ea parvulis. contre les mescreants et infidèles. qui avez fait enrôler à la foule en vos quartiers tant d'honnestes gens qui. Urbain de Saint-Gelais. ressemblants aux menestriers. ne trouve point de pire maison que .408 SATYRE MÉNIPPÉE. honorable tiltre de Catholiques Zelez et de Gendarmes de l'Eglise militante ! deifîques doublons d'Espagne. qui amenait des troupes levées par lui pour le service de la Ligue. chap.a sienne. xi : Abscondisti a priideiUibus et sapienlibus. saincts pèlerins de LansacS et ton bon frère bas- Evesque de Comminges*. . Les Lansac n'ayant pu ils un se croyaient des droits. fut battu dans le Maine en 1590. Messieurs. Certes. Lansac. Les ménétriers qui allaient aux noces et aux festins se trouvaient mieux. en sainct Matthieu. fils naturel de Louis de Sainlla protection Gelais.

à suivre leur party . entra dans la Ligu» par ressentiment. et ont préféré leur injure particulière à tout autre devoir'. quoy que soit qui en ont la mine. aymants mieux estre leur Roy et à leur patrie que manquer de parole à maistre qui luy-mesme est valet et subjet la vérité. lesquels. du Roy. ayant reçu. tres à comme un ils disent. cas de M. se sont. de gayeté de cœur. ou servy les princes Catholiques et leurs adhérants. 7 . ayants conunis quel- que assassinat ou insigne lascheté party de l'ennemy. Batteurs de pavé. se et volerie au sont catholiquement jettez entre nos bras pour éviter la punition de Justice. ayant esté pages à pied. ayants receu quelque escorne* ou dommage du tyran ou des siens. 2. voire se fussent-ils rendus trais- Turcs. par indignation et esprit de vengeance. 109 sont du bois dont on les faict. Et devons aussi beaucoup remercier ceux qui. tournez vers nous.SAT\RE MÉNIPPÈE. C'est le faire justice. A nous sommes grandement obli- gez à ces gens-là. et trouver parmy nous toute franchise et impunité. quelque injure. Quelque honte. en 1587. aussi bien qu'à ceux qui. une injure du duc d'Épernon pour laquelle le roi refusa de lui 3. le et se pav'? monstrent vaillants coqueplu- mets* sur de Paris. de Villeroy qui. se sont obligez. car ceux-là plus que nuls autres sont obligez à 1.

Qu'il vous souvienne des entrevues et parlements qu'aucuns font En 1592 si souvent vers Sainct- 1. et leur faire faire des choses irrémissibles. . 3. et la et qui refusent et font de prendre pensions conscience de faire doublons d'Espagne. Ces gens Bont dangereux ils et nous pourroient faire un faux alloit à bond. Allusion àu meurtre du président Drisson.gardons-nous de ces nobles qui disent qu'ils sont bons François. qui ont faict de si beaux coups pour gaigner Paradis avec dispense de leur serment. le En quoy Monsieur Lieutenant a eu beaucoup de dextérité pour les engager. gardien du Ponteaude-Mer. bon jusques à pourquoy il tenir C'est la mort pour la saincte Union. ny pareillement de ceux qui ont courageusement mis et à la main au sang l'emprisonnement des Magistrats Politiques*. ils D'IIacqueville et Maugiron livrèrent ces deux villes dont étaient gouverneurs. et autres. et qui ne méritent d'avoir faict.110 SATYRE MENIPPÉB. 2. guerre aux marchands et laboureurs. jamais leurs espécs ne couperoient contre luy ny les siens. ni du concierge de Vienne*. jamais pardon non plus que ce qu'il a Mais . ne se faut point défier du baron d'AlegreS ni de llacqueville. qu'il avait attiré sous prétexte de se réconcilier avec lui. car se vantent que si le Biarnois la messe. le marquis d'Alégre tua d'un coup de poignard Montmorency-Halot.

ce entrevues à la Villette. et même sur 2. Le duc de Mayenne craignant que à ce jeune la couronne ne passât délinitivement qui occasionna de nombreuses prince. la pure cresme de nos Provinces. 3. mère goutte^ de nos nommer i. et ne prennent de l'eau beniste. n'oïent la messe que d'un genou. illustres assistants. la route de Paris à Saint-Denis. envoyé facilement de part et d'autre'. Monsieur de La ilothe lequel. à Aubervilliers. en entrant en l'Eglise. qu'en leur corps deffendant. son neveu.SATYRE MENIPPEE. de Tours pour et rendre tesmoignage de sa foy. la L'usage de viande était permis le samedi depuis Noël juscpi'à la Chandeleur. à la Chapelle. estant es prisons Serrand. refusa de disner prendre sa réfection de potage un jour de samedy après Noël S craignant qu'on ! eust mis de la graisse en sa soupe Et protesta ce champion de la foy. Denis. et des si Hl et passe ports qu'on reçoit qu'on là. Ha ! pleust à Dieu qu'ils ressemblassent tous à ce sainet pèlerin. confesseur. Les Espagnols avaient inutilement tenté de faire Rois de France le jeune duc de Guise et leur Infante. ouvrit des négociations pour obtenir une trêve du roi. Ces gens Messieurs. ce Machabée. ce devotieux martyr. de souffrir plustost la mort que de manger soupe autre que catho- hque. choisis et triez au la \o\iii pour la dignité de ceste notable Assemblée. et martyr catholique zélé . En Champagne on appelle mére-gouile Is plus pur jus du .

basteespèces de gens de la lie liers. Gouvernements. Bussys. cousteliers. Senaud. en 1412. Les royalistes politiques : leur avaient donné des surnoms ladier. 1. Senault Louchard le le était le rodomon- finet-mâdré. Membres du Conseil des Seize. Bussi le fendant. et la pluspart à vos dépens ! N'admirez-vous poinct les faits héroïques de nos Louchards.H2 SATYRE MENIPPEB. les autres de nuict. Goudard. et que Dieu a suscitez à Paris. qui n'oseroient de maintenant toussir ni gromla Pro- meler devant eux? N'est-ce pas en cela que phétie est accomplie. et DrouartS qui sont si bien parvenuz par tant de Caboches ' la plume? Que vous semble de qui se sont trouvez. et autres du peuple. Oudineau le résolu. avoir la première voix au Conseil et et Assemblées d'Estat. 2. donner la loy à ceux qui et auparavant estoient grands de race. et Drouart le pipeur. Moulieres. Crucé doitcet. Toulouze. La Morlière le bizarre. de biens qualité. les tailleurs. appelés ainsi du nom de l'écorcheur Caboche. qui estes vc. Lion. les autres seuls. où vous voyez les bouchers. Rouen.uz icy avec tant de travaux. Amiens. Oudineaux. Orléans. chef des bouchers révoltés contre Charles VI. . Troyes. les uns à pied. les cbiquaneurs. Crucé. Séditieux. qui dit : « De stercore erigens pauperem ? » Seroit-ce pas crime de passer soubs raisin qui coule naturellement de la cuve après qu'on y a dé- posé la vendange.

m'estoy meslé de dogmatizer la nuict avec 1. . mesme ayant eu plusieurs fois le chapitre et le fouet diffamatoire pour ses larcins et meschancetez. Encore que Caton die culpaveris ipse. Parce que l'on brillait les hérétiques. nec vous confesseray-je librement qu'auparavant ceste saincle entreprise d'Union. silence H3 ce sainct martyr. à de prononcer l'éloge des licenciés en Théologie. ont eu opinion que je sentoy un peu le fagot* à cause qu'estant jeune escholier j'avoy pris plaisir à lire les livres de Calvin. et quelques- uns de mes plus proches et qui m'ont hanté plus familièrement. je n'estoy pas grand mangeur de crucifix. et. éloquence pou- Mais j'ayme mieux m'en continuant que d'en dire trop peu. frère Jacques Clément? qui.SATYRE SIÉNIPPÈE. ayant esté le plus desbauché de son couvent (comme sçavent tous et les Jacobins de ceste ville). parleray de l'estrange conversion de mon ma te personne propre. discours. Nom que l'on donnait à l'orateur chargé. est neantmoins aujourd'huy sanctifié. si : Nec te laudaris. 2. la Sorbonne. voit attemdre à tes mérites taire ! mon et. et maintenant est là-haut à débattre la préséance avec sainct lago de Compostelle. estant à Toioze. de Dieu ! bienheureux confesseur le et martyr et que je seroy volontiers si paranyraphe encomiaste * de tes louanges.

depuis et la loy que j'eu signé la saincte Ligue fondamentale de cest Estât. Jo suis né à l'inceste. après Dieu à Monsieur le duc d'Espernon. Dans la Confession des chefs de l'Union. qui. suyvant les exemples des saincts Patriarches de la Bible. ny de coucher avec ma sœur'. de grand Politique 1. Pierre d'Éspinac assista à leurs assemblées pendant l'année 1563. Ayant pour cet clTet rompu son mariage. et devint 2. personne n'a plus douté de enquis plus avant ma créance et ne s'est de ma conscience et de mes comportements. nouveaux Luthériens *. En 1588 le duc d'Épernon Ilf. Celui-ci de- . Ce crime lui est reproché dans plusieurs pamphlets du temps. Véritablement je confesse que je doy ceste grâce de ma conversion. entre autres. et en préla sence de Henri les bruils qui couraient sur conduite et mœurs scandaleuses de l'archevêque de Lyon. Et depuis n'ay jamais faîct grande conscience ni difficulté de manger de la chair en Karesme. pour ra'avoir reproché au Conseil ce dont on ne doutoit point à Lyon touchant ma et belle-sœur^ fut cause que. mais il se retira de leur parti dèi qu'il vit qu'il y avait plus de dan- ger que de profit. Mais. accompagnée des doublons et de l'espérance du chapeau rouge. de ma belle-sœur abusé longuement Puis avecquo ma sœur je couche maintenant. on lui fait dire : mon premier âge. et dès J'ay : 3. même leui- persécuteur. par opposition aux anciens ou protestants d'Allemagne. les rappela publiquement. On appelait nouveaux luthériens les protestants français.114 les SATYRE MÉNIPPÉE.

je deyins conjuré Ligueur. Ne doutez donc plus de demeurer fermes constants en ce sainct party. pour mon regard. . je meltray peine que ma me marmite ne soit renversée. lui Le chapeau de Cardinal III avait été promis par Uenri après la journée des Barricades. car sans manda au nir. car. fut faict vaisseau d'élection.SATYRE MÉÎiIPPÉE. et n'ayant pu l'obte- se déclara pour le parti des Guise et de la Ligue. si bon luy paix que semble. il C'est pourquoy et dit : Ubi abundavit delictum. Et. ne plus ne moins que le benoist sainct Paul. vous y adviserez. Quant aux nécessitez pressions du Clergé. plein de tant de miracles et de coups du Ciel. auray toujours cré- dit avec Roland' qui ne manqueront de payer mes pensions. et comme je suis à présent directeur ordinateur des affaires secrets et importants de Testât de la saincte Union. dé[iulé aux Étals-Gcncraux^ fut depuis la nommé le roi Grand-Audiencier de 2. desquels il faut que fassiez et op- une loy fondamentale. de ma part. il roi lui faire faire réparation. comme on m'a moy comme je de bien mérité. et et Ribault. qui. puis plus tai'd par les chefs de la Ligue. de quelque part que l'argent : vienne chacun advisera à se pourveoir. ibi abundavii gro" et tia. de persécuteur de direstiens. s'il vous plaist. Chancellerie. Roland. 1. je l'ay ne désire point la premièrement je ne promis* et sois Cardinal. un peu Calviniste «5 grand et que j'estoy.

416

SATYRE MÉNIPPÉE.

Monsieur le Lieutenant ne seroit pas au degré où il est,
à cause que ce fut

moy

qui retins le feu Duc de Guise,

son frère, qui s'en vouloit aller des Estais de Blois,
se deffiant de quelque sourde

embusche du

tyran.

Mais je le fey revenir pour attendre la depesche de

Rome, qu'on me
et ce fut

devoit apporter dedans trois jours,

pourquoy Madame sa mère, cy présente, m'a
:

reproché maintesfois que j'estoy cause de sa mort
dont

Monsieur

le

Lieutenant et tous les siens

me
les

doivent savoir bon gré, parce que, sur ce prétexte et

pour venger ceste belle mort, nous avons excité
peuples et pris occasion de faire

un

autre Roy.

Courage donc! courage, mes amis! Ne craignez
point d'exposer vos vies et ce qui vous reste de biens

pour Monsieur le Lieutenant

et

pour ceux de sa Mai-

son. Ce sont bons Princes et bons Catholiques, et

qui vous ayment tout plein. Ne parlez point icy de luy abroger sa puissance, qu'aucuns murmurent ne
luy avoir esté donnée que jusques à une prochaine

tenue des Estats ^ Ce sont des contes de

la

cigongne

1

Ceux qui ont gousté ce morceau ne démordent

ja-

Le duc de Mayenne reçut le titre de Lieutenant général de Couronne de France en vertu d'une délibération du Conseil général de l'Union, en date du 4 mars 1589, confirmée
1.
l'Etat et

par arrêt de

la

Cour du

7 mai, qui limitait

son mandat à

la

réunion des Etats-Généraux.

SATYRE MÉNIPPÉE.
mais. Demanderiez-vous

117
et

un plus beau Roy,

plus

gros, et plus gras qu'il est? C'est, par sainct Jacques!

une belle pièce de chair,
qui le peze
!

et n'en sçauriez trouver

un

Messieurs de la Noblesse, qui tenez les villes et

chasteaux au

nom

de

la saincte

Union, estes-vous pas

bien aises de lever toutes les

tailles,

décimes, aydes,
et

magazins, fortifications,
daces
*

guet, corvées, iraposts

de toutes denrées, tant

par

eau que par
prises et

terre, et

prendre vos droicts sur toutes

rançons, sans estre tenuz d'en rendre compte à per-

sonne? Soubs quel Roy trouveriez-vous jamais meilleure condition ? Vous estes Barons, vous estes Comtes
et

Ducs en propriété de toutes les places et provinces
tenez.

que vous

Vous y commandez absolument
faut-il

et

en rois de carte. Que vous
oubliez ces
et

mieux

?

Laissez et

noms précieux de Monarchie

Françoise,

ne vous souvienne plus de nos ancestres ni de
les ont enrichis et anoblis. Bref,
si

ceux qui
sta,

Qui bien

non

move^.
les Ecclésiastiques, à la

Quant à vous Messieurs
vérité, j'y

perds

mon

latin, et

veoy bien que,

si

la

i.

Impôt sur Qui

les

denrées.

y rette. Nous avons conservé l'orthographe moitié française, moitié italienne de cette sentence,
2.

s'y trouve bien,

telle

que

la

donne

l'édition princeps.

7.

H8
guerre dure,
il

SATYRE MENIPPÉE
y aura moult de pauvres prestres.

Mais aussi n'esperez-vous pas vostre recompense en

en ce

monde caduc,

ains

au

Ciel,

la

couronne de

gloire éternelle attend ceux qui pâtiront et

mourront
!

pour
à

la saincte

Ligue. Se sauve qui pourra

quant
;

moy,

je suis capable

de porter un bonnet rouge

mais de remédier
sions

et obvier

aux nécessitez

et

oppreset

du

Clergé,

il

n'est pas en

ma puissance,

mes

gouttes ne
fois je

me

donnent pas

loisir d'y penser. Toutes:

crains

une chose

c'est que, si le

Roy de

Navarre révoque les passeports
qu'il a

et les main-levées
il

données aux monastères

et chapitres,

y aura

danger que vous ne criez tous au meurtre après le
Sainct Père, et Monsieur le Légat, et le revercndissime
cardinal, cy présents, qui pourroient bien laisser les
bottes en France,
là les
s'ils

ne se sauvent de bonne heure de-

monts. Je laisse à messieurs les Prédicateurs de

tenir tou«jours
et

en haleine leurs dévots paroissiens,

reprimer l'insolence de ces demandeurs de pain
*.

ou de paix

Ils

sçavent les passages de l'Escriture
et les tourner, vi-

pour accommoder à leurs propos,
rer,

aux occasions,

comme

ils

en auront besoin. Car

1.

A

la fin

se rassemblèrent en armes,

du second siège de Pai-is, en 1590, des bourgeois demandant à grands cris du pain
de
la

ou la paix

!

Celle espèce de petite sédition fut dui'ement répri-

mée par

les chefs

Ligue.

SATYRE UÉNIPPÊE.

149

jamais ne fut dit pour néant que l'Evangile est un
Cousteau de tripière, qui coupe des deux costez
:

Juxta

illud, et

de ore ejus gladiut utraque parte acu-

tus exibat. Et,

comme

dit l'apostre sainct
et

Payl

:

Vi-

vus est sermo Dei, et efficax,
gladio ancipiti.

penetrabilior

omni

Or, ce qui importe pour le présent le plus à nos
afiaires,

c'est

de bastir une loy fondamentale par de se
et

laquelle les
laisser

peuples François seront tenuz

coiffer,

embeguiner, enchevestrer,

mè-

nera
se

l'appétit

de Messieurs les Calhedrants*; voire

laisseront escorcher jusques

aux

os, et

curer

leurs bourses jusques au fond, sans dire

mot ny

s'enquérir pourquoy.

Car vous sçavez, Messieurs,

qne nous avons

affaire

de nos pensions. Mais surtout

faictes souvent renouveler les serments de l'Union

sur

le

précieux Corps de Nostre Seigneur, et conti-

nuez

les confrairies

du

Nom

de Jésus

et

du Cordon,

car ce sont de bons colliers pour

menues gens. De
et conscience

quoy nous chargeons l'honneur
nos bons pères

de

les Jésuites, et leur

recommandons
faire tenir

aussi nos espions, afin qu'ils

contmuent de

seurement de nos nouvelles en Espagne,

et reçoivent

1.

Nom

des théologieas et philosophes enseignant en chaire,

et aussi de celui qui préside à

ime

thèse.

lîO

SATYRE MÉNIPPÉE.
mandats secrets de
sa Majesté Catholique

aussi les

pour

les faire tenir

aux ambassadeurs, agents, curez,

couvents, marguilliers et maistres des confrairies ;
et

qu'en leurs particulières confessions

ils

n'oublient

pas de deffendre, sur peine de damnation éternelle,

de désirer

la paix,

et

encore plus d'en parler
dévots chrestiens au

;

ains

faire opiniastrer

les

sac,

au

sang

et

au feu, plustost que de se soubsmettre au

Biarnois,

quand bien
à ses

il

iroit à la

messe comme

il

a
le

donné charge

ambassadeurs d'en asseurer
si

Pape. Mais nous sçavons bien la contrepoison,
advient, et donnerons bien ordre

cela

que sa Saincteté
et, le

n'en croira rien,
faisant,

et, le

croyant, n'en fera rien,
rien,
si

que nous n'en recevrons

je

ne suis

Cardinal.

Pourquoy ne

le

seray-je

pas, si maistre

Pierre de Frontac, estant simple advocat à Paris,

du

temps du Roy Jean,

le fut

bien pour avoir diligem-

ment deffendu
ay quitté
tenir la
le seroy

les

causes de l'Eglise*? Et moy, qui
et

mon maistre
Si seray

trahy mon pays pour soubsje

grandeur du Sainct-Siege Apostolique,
pas
!

ne

!

si

je vous en asseure,

ou mes

amis
1.

me

faudront. J'ay dit.

Pierre de Féligny, avocat au Parlement et chanoine de

l'Eglise

de Paris, ayant

soutenu le parti de l'anti-pape Clélui cardinal

ment
1385.

VII, fut,

en récompense, créé par

en 1583 ou

SATYRE MÉXIPPÉE.
Après que ledit sieur Archevesque eut
fini

121

son

epiphoneme* en grande émotion de corps
il

et

de voix,

demanda permission

tout bas à

Madame de Mont-

pensier de se retirer pour changer de chemise, parce
qu'il s'étoit eschauffé

en son harnois. Le bedeau de
fil

Monsieur
fendre

le

Recteur, qui estoit à ses pieds, luy

la presse. Puis, s'estant

escoulé par dessus les
le

bancs des députez, mondit sieur

Recteur Roze,
roquet et

revestu de son habit rectoral, souz son

camail d'Evesque portatif-, ostant son bonnet par
plusieurs fois,

commença

ainsi.

1. Figure de rhétorique. Réflexion en forme d'exclamation, par laquelle on termine im discoui's ou un récit. 2. On donnait le nom d'évêque portatif à un évéque inpar-

tibus infidelium,

ou à un évéque

confidenciaire, c'est-à-dire

n'ayant que

le titre

de son évéché dont un autre touchait les

revenus. Ce dernier ca^ était à peu près celui de Guillaume
Rose, évéque de Senlis, dont la ville épiscopale se trouvait au

pouvoir des royalistçs.

HARANGUE'
DE MONSIEUR LE RECTEUR ROZE
JADIS EVESQUE DE SENLIS*

Tres-illdstre,

Très-auguste,

et

Tres-catholique

Synagogue

1

Tout ainsi que

la vertu

de Themistocles

s'eschauffoit par la considération des triomphes et

trophées de Miltiades, ainsi
le

me

sens-je eschauffer

courage en

la

contemplation des braves discours
le

de ce torrent d'éloquence, Monsieur
de
la

Chancelier

Lieutenance, qui vient de triompher de dire.

Et, à

son exemple, je suis

meu

d'une indicible ardeur

de mettre avant
harangue

ma

réthorique, et estaler

ma mar-

i.

Cette

est de Nicolas Rapin.

2.

Guillaume Rose, né à Chaumont en Bassigny, fut gi*and-

maître du Collège de Navarre, prédicateur du roi Henri III, et évêque de Senlis en 1582. Les bienlaits du roi ne l'empêchèrent pas de se monti'er ardent apologiste de Jacques Clément et de son crime. Henri IV se contenta d'exiler dans son diocèse, ce
ligueur exalté, où
il

continua son opposition au nouveau roi

jusqu'à sa mort, airivée en 1602,

SATYRE MÉNIPPÉE.
chandise en ce lieu où raaintesfois
dications
*

123

j'ai faict

des pré-

qui m'ont, par le

moyen du

feu Roy, laict

de meusnier devenir Evesque, comme, par vostre

moyen, je suis d'Evesque devenu meusnier. Mais

je

pense avoir assez monstre par mes actions passées

que je ne
que
j'ay

suis point ingrat, et
faire à plusieurs

que je

n'ai faict

que ce

veu

autres de ceste noble

Assistance, qui ont receu encore plus de biens

que

moy du Roy

defunct, et neantmoins l'ont bravement

chassé de son

Royaume

et faict assassiner

pour

le

bien de la foy catholiçpie,

soubs espérance d'avoir
estions

mieux,
promis.

comme nous nous

généreusement

Or, je ne veux icy refriquer

*

les

choses passées,

ny

capter votre benevolence par

un long exorde;
la

mais sommairement vous diray, Messieurs, que
fille

aisnêe

du Roy, je ne dy pas du Roy de Navarre,
icy, si Dieu plaist;

mais du Roy que nous eslirons
et

en attendant je diray la

fille

aisnée de monsieurle

Lieutenant de l'Estat et Couronne de France, l'Uniniversité de Paris, vous remonstre

en toute observance
elle n'a

que, depuis ses cunabules

et

primordes *

1.

Allusion à ses
III.

anciennes

fonctions de

prédicateur

de

Henri
2.

Reprendre, rappeler, reproduire une argumeutatioii.

3.

Berceaa et coounencement. Cette manière pédaulesque de

juppins galo- ches'. débauché. liv. hanter les bordeaux. qui vouloient monstrer l'envy qu'ils savoient plus de grec et de latin que les autres. y voyez une belle reformation s'estants tous ces à jeunes régents retirez. telles gens par les collè- Tous les supposts des Facultez et Nations.124 SATYRE MÉNIPPÈE. . Surnom des écoliers qui habitaient en ville et non dans les collèges. vi.. au lieu que nous soûlions* *. qui tumultoient pour les brigues de licences. veoir tant de fripons. Ces factions de maistres-és-arts. Expression populaire : disparaître. grands *.) 1. Avions coutume. et quereler les rostisseurs de Petit Pont. friponniers. vous ne voyez plus personne de ges. où l'on se batoit à coups de bourlet et de chaperon. (Pant. ont faict gille Les libraires. qu'elle est maintenant par la grâce et faveur de vous autres Messieurs. tirer la laine. Car. 4. c. marmitons. et petits. . Mot de l'argot des écoliers parisiens qui parait signifier : habitué des mauvais lieux. s'éclipser. et autres sortes de gens malfai- sants courir le pavé. sont ces- sées : tous ces escholiers de bonne maison. 2. et satyres et On ne joue plus de ces jeux scandaleux mordantes aux eschaffauts des collèges. imprimeurs. H. ne paroissent plus. si modeste et si paisible. 3. parler en latin francisé rappelle lais : un amusant passage de RabeComment Pantagruel rencontra ung Limosin qui contre- faisait le languaige français. si point esté bien morigénée.

On a vu précédemment que les prédicateurs avaient qualiûé l'assassinat de Henri III de coup 4. et en ont encore laissé suffisamment pour ceux qui ont demouré après eux.SATYRE HËNIPPËE. et passé par tous les degrez de la disci- pline scholastique. et et la vertu de la saincte *. ont cha- ritablement fendu le vent en cent quartiers pour en vivre. Galandius Turnebus'. tout est coy et paisible. . Bref. par le moyen de vous autres Messieurs. vignerons de Sainct-Cloud. et autres gens de 125 papier et par- chemin. doreurs. Les professeurs publics qui estoient tous Royaux la et Politiques. Sans doute l'enseigne d'un cabaret saient. relieurs. du Débauchés. ils Professeurs en grande réputation ou m» siècle. de la Ligue Ciel. 2. Mais maintenant. estudié et acquis des arts et sciences en nos collèges. de longue main et à grands iraiz. 3. les rufîens* de Montrouge les de Vaugirard. ne nous viennent plus rompre et teste de leurs harangues * : de leurs congrégations aux trois Evesques ils se sont mis à faire l'alqueraie chacun cheuz soy. vous diray bien plus : du temps des et Politiques et Hérétiques Ramus. Union. les beurriers et beurrieres et de Vanves. aU" nombre de plus de trente mille. et jadis. les carreleurs de Viileoù se réunis- 1. principalement par vos coups du Ciel le Monsieur Lieutenant. nul ne faisoit profession des lettres qu'il n'eust.

avec leurs chapons de haute graisse et ge- 1. py^o primo. sont devenuz juifve et autres cantons catholiques. les langues hé- mais nous aurions à présent plus de besoin de langue do seroit bœuf salée. vous y oyez à toute heure du jour l'harmonie argentine. mourir de faim per régulas. grecque et latine . aux classes.42Ô SATYRE MÉNIPPÉE. principaux. . dis-je. et le vray idiome des vaches et veaux de laict. ce clabaude- ment latin des régents qui obtendoient de tout le les aureilles ^ monde. qui nous et servent de cloches. : 3. les jours aftodidactôs sans autre précepteur que vous. Au lieu de ce jargon. et le doux rossignolement des asnes et des truyes. du latin oblcndcre. Allusion à la diset. moderne. présidents. AÙToà'iJàxTWî. couvrir. Ce mot grec est écrit dans la satire suivant la prononciation 2. Qui obstruaient. et si arguls philosophes que mieux que Ciceron mainte- nant ils disputent de invenlione. Aussi n'oyez-vous plus. bacheliers. et ces infaillibles voitures d'Angers. maistres-és-arts. secundo tertio.e qui régnait à Paris on n'y eut pas toujours même le pain d'avoine. apprennent. et boursiers des collèges. qui un bon commentaire après le pain d'avoine'. naturellement. Nous avons désiré autrefois sçavoir braïque. voiler. Monsieur le Lieutenant. et apprennent tous *. de soi-même. Mais le Mans et Laval. régents des classes.

. linotes. et Il tous ces miracles sont œuvres de vos mains. au grand contentement des escholiers attendants. vous nous si avez perduz et esperduz. et. Mais tant y a que vous en estes le principal motif et instrument.SATYRE MÉIfIPPÉE. inquam. escarboucle du Royaume. ainsi. Vous belle avez. Souillé. 1. que les Univer- sitez estrangeres en fond des sornettes grecques et latines : et versa est in opprobriiim gentium. pendant le xvi» siècle. diamant de de la France. Cepen- dant Messieurs nos Docteurs n'y trouvent que rire partie Ce passage fournit de curieux renseignements stir une de l'appronsionnement de Paria 60 temps ordinalfe. et une des fleurs de lys de Paris la plus blanche. Excusez-moy. ceste sante pucelle. est vray que nos prédications et décrets n'y ont pas nui. et de leurs estes cause de tout cela. perle unique du monde. et n'avons plus qu'un amer souvenir de ces messagers acadé- miques qui descendoyent à VArbaleste meuses hostelleries de la et autres faet rue de la Harpe' à jour poinct nonmié.nous ont failly «T comme les langues. pour vous dire en un mot. 2. si inquiné* et diffamé ceste fleuris- fille aisnée. régents friponniers. Vous Monsieur le Lieutenant. ceste pudique vierge. et non confiindebar. Je diray je parle avec le Prophète David : Loquebar in conspectu Regum.

le Limousin de Rabelais. ce n'est pas à dire que s'en sentent. prestres et raoynes et de nostre Université. si tellement que les ergots quelqu'un des plus espagnolisez a quelques doublons et reçoit quelque pension du Légat à catimini*. Le vin d'Orléans ne vient plus. vous avez faict pendre vostre argentier conzelateur. et n'eus- sions pas demouré en si beau chemin . Monsieur le Lieutenant. la pluspart nous autres Docteurs. ils Comme 2. encore : moins celuy de Gascongne sont cessez. où ils souloient avoir leurs propines * et festins. le i. licenciers. 5. Un des Seize. pour : avons esté promoteurs de ceste tragédie si ergo gluc. Lou- chard'. A la dérobée. Plus ne se passent tant de bacheliers. se saouloient usque ad guttur. ne vous fussiez hasté de venir. pendu par ordre du duc de Mayenne pour participation au meurtre du président Brisson. car ils n'ont pas les questions quoli- betayres si fréquentes. les autres Au reste. et. Or est-il que tous les jeunes curez. sa . et tel parle aujourd'huy bien haut à qui les dents ne feroient Où avaient l'habitude détenir leurs réunions bachiques. en se cachant. n'y docteurs. Recteur Rose parle latin en français.128 SATYRE MÉNIPPÉE. n'y que frire. nous en eussions bien faict d'autres. Et vous dy que. et avez déclaré par conséquent pendables tous ceux qui ont assisté à la cérémonie de l'Ordre de l'Union qu'on a baillée au président Brisson.

car remissio non dicitur nisi ratione criminis : ne pouvant ladite abolition abolir la peine méritée. point de mal* si 129 vous eussiez encore tardé trois jours à venir. pire que Henry de Valois. parce qu'ils estoyent pendarts. Zelez est tyran et fauteur d'Hérétiques atqui Mon- sieur le Lieutenant a faict pendre Louchard et consorts calholicissimes et zelatissimes : ergo Monsieur -Lieutenant est tyran et fauteur d'Hérétiques. Mais pour revenir à mon premier thème.\près l'exécution de quatre des Seize. 2. ordonnée par le duc de Mayenne. les Seize auraient fait périr d'autres personnes suspectées de royalisme. 1. in barroquo Quiconque faict pendre les Catholiques . ce prince publia une abolition des autres coupables ou amnistie en faveur du meurtre de Brisson. qui est un savon qui efface tout. 11 fault : donc nécessairement argumenter ainsi. . qui avoit pardonné à Louchard. dont deux seulement furent exceptés. C'est-à-dire que. le 4 décembre 1591. voire quand vous la destremperiez cent fois en Catholicon d'Espagne. Atqui la plus-part de nous autres Docteurs estions consorts pendu. sans l'arrivée du duc de Mayenne. . j'argu- mente ainsi : Louchard et ses consorts ont esté jus- tement penduz. et ne l'abolition qui sert faicte de rien d'alléguer touchant ce catho- nous a esté lique assacinat*. ergo pen- et adhérants et conseillers dudict darts et pendables.SATYRE MÉNIPPÉE.

Tramblecourt. quia non vult mortem peccatoris. Monsieur le Lieutenant est pire qu'Hérétique. Ils étaient entres dans la Ligue avant 1587 et s'oppo- sèrent par la force à l'exécution des ordres du roi. sots en latin en françois. et neantle moins^ nous autres Catholiques. qui a faict pendre ses meilleurs amis. a majori ad minus. de l'avoir enduré. Politiques ne concluent. et ne peut ce dicton et et empescher que nous ne soyons tousjours jugez reputez grands badaux et caillettes. cela est bon. qui les me il doivent sçavoir gré ne nomme. dignes du gibet plus de trois ans devant les Barricades*. Le Biarnois a tenu entre ses mains prisonniers les principaux chefs de la Ligue. 2.ISO SATYRE MÉNIPPÉE. que les la modo que 1. Henri IV les fit trai- ter avec liumaiiité. Flavacourt. sed comme plusieurs ont faict. Haste et La Morliere. Pescher. tique relaps : tenons pour Héré- Ergo. in et qui pis est. et figura. les CluzeauxS et si plusieurs autres. Faits prisonniers à la bataille d'Ivry. se pendant on s'estrangle. qui ne les en punit pas. . lesquels : n'a pas faict pendre. Qu'ainsi ne soit. De dire que cela soit faïci ad majorem cautelam. le pou- vant et devant ut resipiscat. Fontaine- Martel. probo minorem. comme Bois-Dauphin. pour ravaler mais l'orgueil et insolence des Seize. lesquels luy avoyent mis le pain en la main.

Mais surtout. au faict icy le nom de nostre Académie. dont Monsieur de Lyon a faict si grand cas*. Sorbonne peult errer : 131 feroit chose qui me de rechef si devenir insensé et courir les rues*. et l'on prétend que. je vous supplie. fleurs cela les nous ne sçaurions prouver par toutes de nostre rhétorique. 3. D'après les contemporains. si la mort voulait la révoquer et en fulminer ime contre de la Ligue. Parquoy. ni par toutes les loix fondamentales du Royaume. 2. Car. Monsieur le Légat faict les intentions du Pape qui n'aymoit pas tant la Ligue qu'on disoit'. car j'en ay à revendre. la plé- nitude de ses facultés intellectuelles et aurait eu des accès de folie. deussent estre jugez vrais martyre. de pallier ce plus catholiqucment qu'on pourra. Messieurs. ce prince lui était sympathique. tile Sarcasme contre l'archevêque de Lyon. les cliefs il cée contre Henri lY. comme Sixte. avoit lieu. par nostre précipité décret. que tant de milliers de pauvres Chrestiens que nous avons faict et faisons mourir de faim. notoirement bosaux intérêts de la France et aux libertés de TÉglise Galli- cane. de fer et de feu. si tant est que nostredit décret ne les a peu absoudre du serment de fidélité et obéissance naturelle que les subjects doivent à leur Prince.SATYRE MÉNIPPÉE. . Rose ne jouissait pas de 1. Malgré la bulle d'excommunication que Sixte Y avait lann'avait arrêté ses projets. je vous fourniray tant Au reste. de passages de l'Escriture que vous voudrez.

et Madame de Montpansier un peu de doublons a bien sceu dire qu'elle gai- gnoit plus de villes et faisoit plus de besongne avec qu'elle distribuoit aux Prédica- teurs et Docteurs. La bonté du pain que l'on distribuait journellement à Chanoine était passée en proverbe. La croyance au purgatoire attirait à l'Église force dona- tions. sans rien innover jusques au futur Concile. Mais ici. n'était pas le seul prédicateur dont l'éloquence en faveur de la Ligue fut entretenue à prix d'argent. et auxquels Henri IV avait promis de ne pas toucher. etiam discole. Je sçay que Monsieur bien l'estre Rose . Mais. pourveu qu'il nous laisse le pain de Cha- pitre* et le Purgatoire'.132 SATYRE MÉNIPPEE. que le Roy de Navarre ne faisoit avec toutes ses tailles et armées. en attendant. et Messieurs. je vous de Messieurs nos Condocteurs de la saincte Faculté de Théologie. car vous avez affaire de nous. . le aussi feroit son nepveu. recommande nos pensions. pour lesquels je parle. advisez si nous ferons un Roy Lieutenant voudroit ou non. comme et aussi de Messieurs les Curez et Prédicateurs. 3. et encore son 1. ne vous en sçauriez passer . Rose pi'end ce mot dans un sens plus étendu et veut parler de la 2 chaque jouissance de tous les biens que possédaient les gens d'église. Je vous adverty de bonne heure que il si ne fournissez à l'apointement*. y a danger que nous ne nous mettions tous à prouver qu'il n'est que d'avoir un Roy légitime.

Quand au Duc de Mercur S'il ses agents y feront autant que luy. pareils à ceux qu'avoit son ayeul Jean par sa femme. premier duc de Penthièvre. avec une partie du Lyonnois et du Languedoc. . Premièrement. je croy qu'il se fust contenté des droits qu'il a au duché de Rretagne^. il fut Il sur point d'être enlevé et livré par le duc de Mercœur. laquelle descendait en ligne directe de Jeanne-la-Boiteuse. que des couilles qui ont assez aflaire à leur maison*. le 3. réfugié dans un château de Bretagne. comme luy avoit promis.SATYRE MENIPPEE. et et je ne doute pas que Ducs de Savoye de Lorraine n'en ayent autant ils d'envie. dom Antoine'. je voui. car. Si vous voulez laisser au Savoyard le Dauphiné et la Pro- vence. Je m'asseure qu'ils se contenteront de peu. 2. C'est-à-dire qu'ils étaient sans énergie et à peine ca- pables d'être maîtres chez eux. y ont autant de droit l'un *. avait épousé Marie de Luxembourg. en parlant par révérence. à la vérité. pourveu que vous luy faciez prendre Genève. que l'autre. bon amy le son Roy Tres-Catholique. je vous conseille de ne vous arrester pas au Duc de Savoye ni au Duc de Lor- raine : ce ne sont. répandue au Portugal. eust pris de bonne foy le et l'eust livré à il Roy de Portugal. frère le 133 les Duc de Nemours. comtesse de Blois. fllle de Sébastien de Luxembourg. Mais icy qui n'y est n'y prend. Le roi d'Espagne cherchait à se défaire de don Antonio de En 1585. Cette forme du nom de Merccetir était très m* siècle. 4.

et baillez Sedan. bis-aycul. encore qu'ils soyent nos bons amis et bons catholiques. Monsieur de Guyse. vous l'appaiserez par après pour un morceau de pain. mais prenez garde que Duc de Feria' 11 n'ait remply ses blancs signez sans charge. et qu'on leur fins donne le nom d'estre à doubler. dont il se sert à toutes occurrences. tient.134 SATYRE MÉNIPPÉB. droy gager ma vie qu'il ne vous demandera plus rien que la confiscation d'Ediguieres. fils de bon père et de bonne more. ne . que les Prophéties et ont de long temps destiné aux et le Royaumes le Empires. qu'une parole. Metz. Quant au Duc luy de Lorraine. spécialement chargé des négociations relatives au mariage de l'Infante avec le . C'est-à-dire n'ayant 2. Je viens maintenant à vous. en a une pleine boite. II Ambassadeur extraordinaire de Philippe jeune duc de Guise. Ils vous promettent ceste divine la Infante en mariage pour faire Royne in solidum le avec vous. car y a plus de deux mil ans qu'ils s'en meslent. en France. ostez luy le Duché de Bouillon. 1. sont pas marchands à un mot* il et ce n'est pas d'à ceste heure. Ces messieurs d'Espagne. Vous voilà sur voslre grand un grand Charlemagne. toute la Champagne et partie de Bourgongne qui est à sa bienséance. vous ont surnommé Pépin point d'estre si Brief. marché mais regardez à ne vous laisser pas tromper.

les datte ou antidalte avecq son quand ait luy plaist. qui ne se marient qu'en leur famille. et et croyez que les petits enfants moquent 1. de sorte qu'elle disparaissait en empor- tant l'écriture. : On disait vulgairement d'une chose très populaire on en . 4. vous le car nous sçavons de bonne part que et mariage est desja accordé d'elle de son cousin l'Archiduc Ernest. 3. et s'entretiennent comme Mannequins^ ou hangynœs'en nelons. Pouvoir. un proTerbe popupar le dei-rière. en vont desja à la moustarde'. qu'il d'une forme à tout soulier et d'une selle à il il tous chevaux. que ce ne soit qu'artifice il pour nous amuser quand entendre à rompre soit a veu que ne voulions la Loi Salique. Annoblie par Charles V en 1364. quelque chose nous proposée. Si le sentirez. Le jeune duc de Guise était camard. Il y avait à ce sujet laire : Ce tonl Haniicquins. vous avez tant peu de nez'. qui vient du chef de la femme. elle était U'és puissante et en breuse. J'ay peur. souveraineté â. Quittez donc ceste vaine espérance de cocratie*. La principale branche de la famille Ilennequin était éta- blie à Troyes. 2. et les blancs seings qu'il était que l'encre dont il se senait composée d'mine. J'en ouy On prétendait que le duc de Féria remplissait lui-mâme avait.SATYRE MÉNIPPÉE. dévoués au duc de Guise. 135 comme urinai*. Les llennequins. Adde que ceux la de maison d'Autriche font comme les Juifs. jouèrent un rôle ils se tiennent tous important pendant la Ligue. par le cul l'un l'autre. les autres à Paris. et tous ses même temps très nom- membres se soutenaient les uns les autres et s'alliaient entre euï.

chantoit ce quatrain La Ligue se trouvant camuse. commissaire au Châtelet. vous regardants huze à huze* l'un l'autre ? Et au bas de ladite peinture ont j'ai mis ces vers. n'eust pas moins Estats'. que retenuz par cœur. A l'Infante d'Espagne ils ont ce Roy promis : va à la moutarde. de papier. allant faii-e les petites courses. 4. parce qu'il y va du vostre : Les François Espagnols ont faict un Roy de France . figure de la divine couronnée en Royne de France. eu que le meusnier qui s'est mocqué de nos Que diriez-vous de ces impudents Politiques qui vous feuille ont mis en figure en une belle desja couronné ticipation . Se sont advisez d'une ruse C'est : de se faire un Roy sans nez*. si j'eusse peu le faire attraper il par le com- missaire BazinS qui courut après. un qui. 2. c'est-à-dire que l'on en causait dans les rues en 1. comme vous. par anen la mesme feuille ont aussi mis la Infante. revenant tout bellement de la : taverne. attaché à la queue de son àne. 3. Hure à hure. Ce meunier fut condamné à être fouetté dans les carre- fours de Paris. Mais. Toujours l'allusion au nez écrasé du jeune duc de Guise. . et comme un Roi de carreaux. Bazin. Et les Ligueurs fort estonnez.136 l'autre jour SATYRE MÈNIPPÉE. les petites emplettes du ménage.

Ce livre publié en 1592 par Jean Hotman de agent . Hymen. et C'est une royaulté seulement en figure . : C'est La feinte. libelle il 2. ton paysible flambeau De ces corps eslongaez on assemble l'image. dévoués à la Ligue. car ces Hemesdisants retiiiues sont comme Diables. ce mariage a faict bien raison qu'estant Roy de France en painture. en qualité d'avocat gênerai. tous deux en ung tableau. A. Royaulté bien petite. Docteur catholique le et comme ils ont faict contre le sulte Chopin. D'Orléans. Chaudière. et aux carac- ses bons compères Bichon. Nivelle. c'est sa charge. Moule dans lequel on fond les caractères d'imprimerie. pour ce froid mariage. et favorisait sous le main l'oi. et 137 de peu d'importance. non l'amour. dieu nopcier. Morel et Thierry^ descouvriront la trice ^ ma- Quant à moy. 5. juriscon- soubs nom de Tmiiipin'^. Si Monsieur d'Orléans*. je m'en déporte. était ligueur. et craindroy qu'ils feissent quelque livre contre moy. Messieurs 4. : D'une Royne on luy fasse espouser le poiu-traict. Qui font l'amour des yeux. à ceste fois. H 'apporte. où la attaquait la sincérité de conversion de Henri IV. Villiers. 3. N. les imprimeurs qui publiaient des pamphlets contre les au lieu de publia poursuivre. Il lui-même un intitulé Le Banquet et après disnée du Comte d'Arette. Imprimeurs et libraires parisiens. Car leur France est comprise en l'enclos de Paris. et se connoist tères*. veut faire recherche de ces raeschants imprimeurs Politiques.SATYRE MÉNIPPÉE. avocat général.

tmo potitre M. Nicodemi de Turlupmis. votre horoscope ne ment. entre- tenir mes bedeaux. Combien de palmes et de trophées vous attendent! Combien de sceptres si et de couronnes se préparent pour vous. du Parquet y Je more et loco solitîs. mais faicles mieux : obtenez du Sainct Père une belle croisade contre les Turcs. comme vous dites que n'avez point de fortune bor- née! Laissez ce malotru Royaume de France il à qui daignera s'en charger : ne vaut pas que vostre Anlkhoppimis. ad M. : S. Monsieur de Guyse. me contente de prescher la parole de Dieu. ce n'est pas viande pour vos oyseaux n'en haussez pas vostre train. feront leur devoir. Unionis Hispmii' «i^rcma Guria talogallicœ advocalum incomparabilUtttnum de Henri IV en Suisse. Parisiiis. Var. s'y Il y a du foin S il n'y a que les bestes amusent. Tout* cecy par parenthèse. a pour tiu» Epistola congralulaloria : m Parlamenti i.158 SATYRE MÊNIPPEE. vostre qui vous appartient à cause de grand oncle. et mon enfant. Mais. Donc. cela : vous croirez un fol. ni n'en allongez pas vostre table pour qui cela. . S. Ne vous arrestez plus à . soit dit et solliciter mes pensions. Godefroy. G'est-à-dire Vous serei dupé. croyez moy. aussi bien que la Sicile et le Royaume de Naples. Renalum Choppiiium de Choppinis. et allez reconquérir ce beau Royaume de Jérusalem.

2.SATYRE MÉNIPPÉE. s'il est permis d'ainsi parler des Et vous. Plusieurs prédicateurs. s'humilie seins et indignes de vous et de vostre feu père. esprit. Monsieur le Lieutenant (à qui il faut maintenant que je parle). que Dieu absolve. et qu'elle vous dites que n'en vou- vous chargeroit trop. que pensez-vous faire? Vous leficié estes gros et replet * . vous tirez fille . vous deffendez aux députez la qu'on ne touche point sur cette grosse corde de Royauté. . Vous faictes croire au Roy d'Espagne que vous gardez France pour luy et pour sa rance. Sa sint haut. comm« oa l'a TU j'ius . Mais quoy lez point. traitèrent était le duc de Guise de saint martyr. lequel. Que ferons-nous donc? Il nous faut un Roy. 13© né pour les Empires et la Monarchie univerà si petits des- selle du monde habitable. le Royaume de et soubs ceste espétout ce du bon homme que les 1. comme disent les docteurs Politiques. compromise par suite d'excès. Les mes- chants Politiques disent qu'ainsi disoit le regnard des meures. vous estes pesant et ma- vous avez la teste assez grosse pour porter ! une Couronne. Saincts*. entre autres le jacobin Le Hongre à N'otre-Dame de Paris. Vous empeschez soubs mains que vostre nepveu ne soit esleu . melius sumitur quant quœritur.

plus offrante Ils avez mis celle de France au en font des livres à votre préjudice. comme larrons. Mais on a descouvert que secrè- tement vous envoyez vos agents à Rome et en Espa- 1. et vous avez des pratiques sourdes avec luy faictes porter des paroles par Villeroy et Zamet pour l'endormir. Cependant vous avez qui vous accusent qu'estes un maret chand de Couronnes. aveugles. mais il non pas et à voslre dévotion. et luy faire entendre qu'estes . où ils déchiffrent toutes vos actions. . car se garde de vous. faisant entendre que s'il le Roy d'Espague rongneroit que traitassiez d'accord vos distributions sçavoit avec les Hérétiques. à l'archiduc Ernest. à dix mil escus pièce. Royaume reconneu quand il aura esté à Et soubs la messe et nostre Sainct Père. Ils disent que le Biarnois. stipulant toujours des conditions fort avantageuses pour lui. bon François et ne serez jamais Espagnol et que pouvez luy remettre Paris et luy rendre tout son paisible. il vous entre- vous envoyé des armées. En effet. tient vostre plat.140 SATYRE MÉNIPPÉE. qui dévoient valoir pour quatre. puis aux ducs de Lorraine et de Savoie. et vous deffiez l'un de l'autre comme vous entendez irrité les Seize. le duc de Mayenne avait offert la couronne de France au roi d'Espagne. ceste ruse avez tiré quarante mil escus politiques pour trois mois. Il Indes et le Pérou luy peuvent envoyer.

Arquebusiers à cheval qui remplacèrent les argoulets. Pape ne luy donne abso- la demande et pour susciter le Roy d'Espagne d'envoyer nouvelles forces sur la frontière. Madrid. Vous pensez estre bien cousues de fil fin. du XI. le tromper. signifiait dé- capiter en place de Grève. lequel. par comparaison du supplicié à un chapeau rouge. qui prennent tous vos pacquets et devinent par art diabolique tous vos chiffres. Se jouer de quelqu'un. . gne pour erapescher que lution. et devez soui la certaines éditions ajoutent « Vous vous pouvez Yenir de ce que le duc de Féria en dist v03U:e conseiller et secrétaire d'Estat. et du Pape. mais vos finesses sont blanc . et en Allemagne. Connestable de France. enfin tout le monde les veoit : car ces Politiques ont des dragons' sur les champs. Grève *. et en Savoye. Roy d'Anen ung temps à estre enfin fut faict Cardinal chef. aussi bien que ceux du Roy d'Espagne estre . expression populaire qui 3. . : —A du tronc sanglant suite de ces mots. Vous befflez" touî le monde. Tout ce que vous devez faire. s'il -141 le . Beffler. Cardinal en Grève. tant subtils puissent-ils si bien qu'ils sçavent toutes vos faciendes * et et à à Rome. et tout le monde vous beffle aussi. prirent le 2. tous vos projets. temps du Roy Loys son maistre. Quand Roy de vostre ne vous y i.SATYRE MÉNIPPÉE. et gleterre tout le après avoir abusé et le duc de Bourgogne. le Danger y a que ne deveniez ce que fut comte de Sainct-Paul. > une fois à Marteau. 4. et nom de dragons vers 1585.

vostre part en est gelée. et vivre tousjours en guerre et en trouble. bien à vostre aise. qui en tirent tout Bref. sur vostre parole. et que le pain et peu de bien qu'ils ont pour vivre ne vient pas de vostre bienfaict ni de vostre vaillance. Vous voulez i. Le peuple avoit espéré. riez la rivière et renderiez les que vous débouclechemins et le com- merce libre. vos cousins compétiteurs feroient plustost sécession ad partes^ que de l'endurer. — Sibilot était fou en titre du Henri L'auteur veut dire qu'il ne manque plus au duc de Mayenne que ces deux attriJïuts do la il royauté. Tous vos aisnez s'y opposent. pendant que tout reste du peuple meurt de maie rage de faim. Les hoquetons étaient les archers de la garde du grand l'oi. bien gardé de Suysses et les d'Archers. mais ils voient au contraire qu'ils sont le plus serrez que devant. bien servy. III. Prévôt du le ainsi nommés roi de leur vêtement. mais de la libéralité du Biarnois et de son bon naturel.142 attendez pas : SATYRE MÉNIPPÉE. et vous les pendez et diminuez leur nombre tant que pouvez. 2. Bande à part. dont exerce teut l8 pôUTOir. la plus-part croit que voulez prolonger tant que pourrez la Lieutenance en laquelle on vous a mis. . des aquiteurs. ou de l'avarice le profit. bien traité. qu'il n'y Sibilot* manque que hoquetons le et pour estre Roy. Les : Seize ne veulent plus de vous car ils disent qu'ils vous ont faict ce que vous estes.

car vous avez chevauché la vieille". Au res(e. qui 1. 4. Du poison. qui sçait mille tours affaire et qui de Basque. il * qui se garde bien du bouquon*. veuve de Melchior des Prez. Lequel. « Si vous ne C'est-à-dire faire faites ce que vous conseille rompre son premier mariage. noire tage. les paysans de certaines provinces conservent encere au: jourd'hui au mot garce son ancienne acception c'e«t le féminin de garçon et par conséquent veut dire fiiU. vous auriez au Biarnois. se rendant Catholique comme il vous en menace. et à l'heure qu'il veut. lasses villes de la guerre et de la pauvreté. de peur de rendrt compte. à ceste garse de trente ! comme poivre. i4S garder les gaiges et estre curateur perpétuel aux biens vaquants. 3. qui empcsche et prolonge tant qu'il peut la délivrance des criées. seigneur de Montpesaî.SATYRE UÉNIPPÉE. et quant et quant le cœur de tous voyez les gentils-hommes François. . vous ne pouvez estre Roy par le le mariage de l'Infante^. Et puis faudroit un autre ramonneur que vous ans. le Légat. ne dort que tant qu'il veut. > 2. et d'apetit ouvert D'avan- quand nous vous aurions esleu Roy. Le duc de Mayenne avait épousé Henriette de Savoie. et mettez doigt au trou. tirera de son costé tous d'Italie et les potentats d'Allemagne. Addit. vous estes marié. dont la vous et desja plus-part branslcr au manche minuter leur retraite avec tant de pauvres affligées.

Monsieur le Lieutenant. Cluny en 1529. pour la pareille. comme si mère grenouille. mari d'une veuve était assimilé à un bigame et ne pouvait posséder aucun bénéfice ecclésiastique sans une dispense. qui obtint l'abbaye de la trois autres membres de en furent successivement abbés. cardinal de Lorraine. en grands prevost et maistres des requestes de vostre hostel enfler gros . qui est de vostre maison Vous aymez la soupe grasse et vous ruez volontiers en cuisine . en seaux. Vous avez beau nois faire le et Roy et contrepeter^ le Biar- en edicts déclarations. '. contrefaire. et la si serez couronné : je dy couronné de faicte des mesme couronne. maison de Lorraine . encore qu'on die qu'il n'a pas de gresse sur tout son corps pour paistre une allouette. et ne demandent autre chose que ceste couleur occasion pour se retirer colorer leur repentance. Depuis Jean. et en couvrir ou Songez-y. vous avez le ventre ample et spacieux. bonne du pair. n'estiez si bigame % de vous faire abbé : quiconqne sera Roy ne vous refusera pas l'abbaye de Clugny. : imiter. En droit canonique le 3. vous ne serez jamais gros seigneur que luy. quand vous devriez crever feit et la vous comme un bœuf. Mais sça- vez-vous que vous ferez? Je vous conseilleroy. Contrepeter 2. en gardes.144 SATYRE MÈNIPPÉE. et vostre couronne mesraes ciseaux que Madame 1.

mais suis de cet advis. je diray qu'il sçaura plus faire que maistre Mousche : ces animaux mescognoissent quelquefois leurs gouvemeiu-s. et ressemble Pi- crocole. Monsieur le Lieutenant. de bons of- Somme à ronger toute. Monsieur de Lyon. La ville de Lyon. Les armes de Paris portent une nef ou navire d'argent Le duc de Nemours avait été gouverneur de Paris en 1590 t . vostre 145 sœur disoit avoir penduz à sa ceinture pour faire la couronne monachale de feu Henry de Valois*. du roi Henri III pour le Cadre moine. Messieurs. Rabelais. 4. 3. : cestuy-là a faict caca en nos il a ses desseings à part. qu'il ne put gouverner puisque les habi- tants le firent prisonnier. c. se faict à pied monarque du monde pied ner le ^ il S'il peut gouver- roy des bestes' comme a faict la nef de Paris*. 1. vous ne m'en demandez je ne foy ne serment. I.SATYRE MÉNIPPÉE. disait-elle. par discours bien raisonnez. et ferez. bit. xxxm. luy fices. vous estes trop de chiens os. qui. portait à sa ceinture à couper les cheveux 2. 11 mesmement s'ils s'il changent d'haparvient à ses ne sera pas mal partagé . prétentions à quoi vous. je croy. Je ne parleray point icy de (les Politi- Monsieur de Nemours. sœur du duc de Mayenne. vostre frère utérin ques disent adultérin) paniers . une paire de ciseaux destinés. im Vous estes jaloux et envieux les uns 1 La duchesse de Montpensier.

U6

SATYRE MÉNIPPÉE.

des autres, et ne sçauriez jamais vous accorder ny
vivre sans guerre, qui nous mettroit en pire estât que

devant. Mais je vous diray faisons

comme on
Père.

faict

au Consistoire, à

l'élection
la

du Sainct

Quand

deux Cardinaux briguent

Papauté, les autres Car-

dinaux, de peur d'encourir la haine de l'un ou de
l'autre, choisissent

ung

d'entre eux, le plus foible

de reins,

et le font

Pape. Faisons-en ainsi. Vous estes

quatre ou cinq brigands* au Royaume, tous grands
princes, et qui n'avez pas faute d'appétit. Je suis
d'advis que pas

un de vous ne

soit

Roy

:

je

donne

donc n:a voix à Guillot Fagotin, marguillier de Genlilly,

bon vigneron

et

prud'homme, qui chante bien
son
office

au leterin

et sçait tout

par cœur. Cela ne
:

sera pas sans exemple, en tel temps celuy-cy

tes-

moin

la Ilarelle

de Rouen, où l'on

feit

Roy un nommé

Le Gras, plus mal advisé que Guillot. Et voicy où je
fonde

mon

advis

:

j'ai

leu quelquefois ce grand et

divin philosophe Platon qui dict que les Royaulmes

sont heureux où les Philosophes sont Roys, et où les

Roys sont Philosophes. Or sçay-je
trois

qu'il y a tantost
et sa famille,

ans que ce bon marguillier

avec

ses vaches,

médite jour

et nuict la

Philosophie en

une
4.

sale de nostre collège* en laquelle y a plus de
Jeu de mot sur brigand et briguer.

Si

Pendant

le

second siège de Paris,

les

paysans des environs

SATYRE MÉNIPPÉE.
deux cents bonnes années qu'on y a leu
disputé publiquement la
tote, et toutes sortes

147 et traité et

Philosophie et tout l'ArisIl

de bons livres moraux.

n'est

pas possible qu'ayant ce bon
meillé, et

homme

resvé,

som-

dormy

tant de jours et de nuicts entre ces

murailles philosophiques, où tant de sçavantes le-

çons et disputes ont esté faictes et tant de belles paroles proférées,
il

n'en

ait

demeuré quelque chose

qui ait entré et pénétré dedans son cerveau,

comme
le

au poète Hésiode quand

il

eut

dormy sur

mont

Parnasse. C'est pourquoy je persiste, et entends qu'il
soit

Roy comme mi

autre.

Comme
sourdit

Monsieur Roze achevoit ces paroles,

il

un grand murmure
les autres

entre les députez, les

uns approuvants,

reprouvants son opinion,

et furent veus les Princes et Princesses chucheter
l'aureille l'un

en

de l'autre

;

mesme

fut

ouy que Mon:

sieur le Lieutenant dit tout bas au Légat

Ce

fol icy

gastera tout nostre raistere

!

Neantmoins

ledit
il

Roze

voulut continuer son propos; mais, quand
bruit

veit le

recommencer avec un claquement gênerai de
il

mains,

se leva

en colère,

et cria

en voix stentorée
occupaient

:

réfugiés dans

la

ville

avec leurs

bestiaux,

les

collèges, et logeaient leurs bêtes dans les classes transformées

en étables.

148

SATYRE MÉNIPPÉE.
est-il

Comment, Messieurs,

pas permis icy de dire

ce qu'on pense? N'auray-je point liberté de parler et

conclure mes arguments,

comme
si

a faict Monsieur

de Lyon? Je sçai bien que,

j'eusse esté courtisan
:

comme luy,
frère
le

je n'eusse

charge du clergé de

nommé personne car il avoit nommer le Comte du Bouchage

Ange S pour espérance que ce Prince, aymant
changeroit aussi nos misères en

changement,
;

coups du Ciel

mais, je vous prie, gardez-le pour
:

porter l'Oriflambe' aux batailles
fire d'avoir quitté la

car

il

luy doit suf-

besace.

A

ces mots, chacun se mit de rechef à crier et
;

sifller

et
:

combien que

les heraults et massiers
:

huret

lassent

Quon

se taise! n'osants dire
le

Paix /à'/

que Monsieur
fois

Lieutenant commandast plusieurs
il

de faire silence,
;

ne

fut possible d'appaiser le

bruit

tellement que ledit sieur Recteur suoit, tem-

pestoit,

escumoit

et frappoit

du

pied. Et voyant qu'il

\. Le comte du Bouchage, père de madame de Guise, fut maréchal de France, puis se fit capucin. Il sortit du couvent pour prendre les armes en faveur de la Ligue, et se fit chevalier de Malte. Il rentra au couvent des capucins en 1599, et

mourut en 1608.
2.

L'oriflamme.

5. Plaisanterie

fondée sur ce que les Ligueurs parisiens consuspects tous ceux qui parlaient de la paix,
édicté des peines contre ceux qui la propo-

sidéraient
et

comme

avaient

même

seraient.

SATYRE MÉNIPPÉE.
n'y avoit plus
le plus

149

moyen de reprendre son thème,
peut
:

cria

haut

qu'il

Messieurs, Messieurs, je vois

bien que nous sommes à la Cour du Roy Petault, où

chacim

est maistre; je le

vous quitte; qu'un autre

parle. J'at dit.

Et là dessus se rassied en grommelant et s'es-

suyant le front, et
dict,

luy eschapperent, à ce qu'on

quelques rots odoriférants de l'estommac, qui
le

sentoyent

parfum de sa colère, avec des paroles
l'as-

en basse notte, se plaignant qu'on avoit fraudé
signation envoyée

d'Espagne pour

les

Doctem's, et

que d'autres en avoient

faict leur profîct;

mais que

ce seroit l'or de Tholoze, qui leur cousteroit bien
cher*.

Enfin la
ser,

rumeur commençant un peu
le jeune*,

à se racoiet gardien

Monsieur de Rieux

comte

de Pierre-Font, député pour

la noblesse

de France,

habillé d'un petit capot à l'Espagnole et

une haute

1.

Les Romains ayant pillé Toulouse par ordre deQuintus

Servilius Cœpio, tous ceux qui s'approprièrent l'or des temples
firent
2.

une

fin

malheureuse.
de Rieux

On

le

nomme

U

jeune, pour
il

le

distinguer de

l'ancienne maison de Rieux, à laquelle

napparteoait pas.

150
fraize, se leva

SATYRE MÉNIPPÉE.
pour parler;
la gorge,
et,

ayant mis deux ou

trois fois la

main à
:

qui luy demangeoit*,

commença
1. Allusion

ainsi

à sa

fin. Il fut

pendu en 1593 ou 1594.

HARANGUE
DU SIEUR DE RIEUX*
8IEUR DE PIERRE-F05T,

POUR

U NOBLESSE DE L'UMON

Messieurs, je ne pçay pourquoy

on m'a député

pour porter

la

parole en

si

bonne Compagnie pour
Il

toute la noblesse de nostre party.
qu'il

faut bien dire

y a quelque chose de divin en

la saincte Union,

puisque, par son moyen, de Commissaire d'Ârtdlerie
assez malotru, je suis

devenu Gentilhomme

et

Gou-

i.

On

sait

peu de chose touchant

le sieur

de Rieux. Ce fut

un

ofGcier de fortune,

comme

les

guerres civiles en produi-

sirent

beaucoup

alors,

brave mais cruel et peu scrupuleux, et

faisant la guerre plutôt

en brigand qu'en soldat. D'abord commis aux vi\Tes, sa bravoure le fit distinguer, et il devint capitaine ou gouverneur de Pierrefont pour la Ligue. Il faillit enlever Ilenri IV aux environs de Compiègne, en 1503. Pris l'an-

née suivante par la garnison de celte
ses méfaits.

ville, il fut

pendu pour

152

SATYRE M

ylPPÉE.

verneur d'une belle Forteresse; voire que je
puis esgaler aux plus

me

grands,

et

suis

un jour

pour monter bien haut, à reculon^ ou autrement.
J'ay

bien occasion

de

vous suivre,

Monsieur

le

Lieutenant, et faire service à la noble Assemblée,

à

bis

ou à

blancq, à tort ou

à

droit,

puisque

tous les pauvres prestres, moynes et gens de bien
dévots catholiques

m'apportent des chandelles,

et

m'adorent
C'est

comme un sainct Macabée du temps passé. pourquoy je me donne au plus viste des Diasi

bles que,

aucun de mon gouvernement s'ingère à

parler de paix, je le courray

comme un
avoir,

loup gris.

Vive la guerre

!

Il

n'est

que d'en

de quelque

part qu'il vienne. Je voy je ne sçay quels degoustez

de nostre noblesse qui parlent de conserver
gion et l'Estat tout ensemble,
perdront à
faire.
et

la reli-

que
si

les

Espagnols

la fin

l'un et l'autre,

on les laisse
:

Quant à moy, je n'entends point tout cela
les
tailles,
il

pourveu que je levé tousjours

et

qu'on
chaut

me

paye bien mes appointements,
le

ne

me

que deviendra

Pape, ni sa femme. Je suis après

mes

intelligences

pour prendre Noyon*:

si

j'en puis

i. Allusion à la
2.

potence où

il

monta en 1594.
fait prisonnier,

C'est

dans une tentative pour reprendre Noyon, alors au

pouvoir de Henri IV, qu'il fut piègne et pendu.

mené à Cora-

SATYRE MENIPPÉE.
venir à bout je seray evesque de la ville
et

153

des

ehampsS
que

et feray la

moue
la

à ceux de Compiegne*.
et le

Cependant je courray

vache

manant^

tant

je pourray; et n'y aura paysan, laboureur, ni
et à dix lieues à la et

marchand, autour de moy
qui ne passe par

ronde,
taille

mes mains

qui ne

me

paye

ou rançon.

Je sçay
:

des inventions pour les faire ve-

nir à raison
liées

je

leur donne le frontal* de cordes
;

en cordelière

je les

pends par

les aisselles, je

leur chauffe les pieds d'une pelle rouge, je les mets

aux

fers et

aux ceps'; je

les

enferme en un four,
je les

en un coffre percé plein d'eau;

pends en cha;

pon rosty*;

je

les fouette d'estrivieres

je les sale;

je les fais jeusner; je les attache estenduz

dedans

4.

Pendant

les

guerres on pendait souvent à des arbres en
ces

pleine campagne, faute de gibets. La soldatesque appelait
suppliciés des évêques

des champs, et prétendait qu'ils don-

naient la bénédiction avec leurs pieds.
2. C'est-à-dire le

que

les habitants
la

de Compiègne, qui doivent pays à la tête

pendre, lui verront faire

grimace.
le

3 Celte expression signiHait parcourir

d'hommes armés, enlevant
paysans.
4. Sorte

les

bestiaux

et

rançonnant
le front

les

de torture qui consistait à entourer

du pa-

tient d'une

corde que l'on serrait fortement jusqu'à ce qu'il
qui maintenaient les jambes et les bras

déclarât où était son argent.
5.

Pièces de bois

écartés.
6.
laille

Les

membres

repliés

au corps et

liés à la

façon d'un* vo-

préparée pour la broche.
9.

eux et toute leur race. pourveu que j'en aye? Qu'on ne : me parle point là-dessus c'est. aux conquestes de le Naples et de Milan. de la les autres se disent estre race de ceux qui allè. ou qui ont passé les monts. et Chevaliers de i. rent conquérir la Terre Saincte avec sainct Loys les autres. réduits à la Terme de blason. la moyens pour tirer quinte-essence de leurs bourses. 2. ni d'armoiries. ou qui ont chassé les Anglois de France et les Bourguignons de la Picardie . tymbrées ou non tym- brées^ : je veux estre vilain de quatre races.154 SATYRE MÉNIPPÉE. Le timbre est le casque ou le cimier que l'on place au-dessus des armoiries. Bref. Il du poinct d'honneur je ne sçay que y en a qui se vantent d'estre descenduz de ces vieux chevaliers François qui chassèrent les Sarrazins d'Es- pagne. de ceux qui ont remis les Papes en leur Siège par plusieurs fois. j'ay mille gentils un van. Il ne me chaut de tous ces tiltres et pancartes. Je n'ay point leu et annales ny les histoires s'il de France. . Que m'en soucié-je. pour- veu que je reçoive tousjours les tailles sans rendre les livres. que Roy d'Espagne a usur- pé sur nous. compte. et n'ay que faire de sçavoir est vray qu'il y ait eu des Paladins mendicité. et avoir leur substance pour les rendre belistres* à jamais. et remirent le Roy Pierre en son Royaume. Pauvres.

bonne espée et bon pistolet. je leveray ses terres. Je ne souffriray point taille. d'en faire tous ainsi. et n'y a sergent ni Prévost des Mareschaux qui m'osast adjourner pourra. usent de la substance du peuple comme si des choux de leur jardin. un capitaine Bayart. il : advienne qui la jus- me suffist d'estre bon Catholique. un Comte de Dunois. Messieurs les Nobles. ni receveur. J'ay Guy conter à ma grand-raere.SATYRE MÉNIPPÉE. et fussent neur et de deffendre leur roy plustost morts frir que de recevoir un reproche ou souf faict tort à qu'on eust quelqu'un. ni homme de . un Poton. mes payent de sinon à n"oy et vous conseille. gentilshommes et tice n'est pas faicte pour les comme moy. en portant ven- dre son beurre au marché. mais je me recommande J'ay à leurs bonnes grâces. Par la mort Dieu! je trouve ni sergent. Je prendray il les vaches les poules de mon voisin -les quand me plaira. ma biensubjects séance. je renferraeray avec les miennes dedans et si n'en oserait grommeler : tout sera à mon clos. pour ce regard. qu'il y a eu autrefois un Gaston de Foix. qui avoient rage pour ce poinct d'honneur et pour acqué- rir gloire aux François . que . un La Ilire. faict et autres. la 151 Table ronde qui ne faisoient profession que d'honet leur pays. Aussi bien n'y a-il que et les Trezoriers et Financiers qui s'en engraissent.

. don Diego d'Ybarra. tuer et assassiner parents. L'agent de Philippe II. voisins. m'eschauffent 1. père et et mère. pourveu qu'y fassions nos affaires que soyons bons Catholiques. qui galants. ni de trefve ni et vous prie d'en faire de mesme. je leur feray manger leur parche- min 1 C'est trop enduré! Sommes-nous pas libres? ne nous avez-vous pas donné Monsieur le Lieutenant. mais le seigneur Diego * me l'a donné par mémoire. ny s'ils bourlet que je ne fasse voler. Je ne sçay que c'est.156 justice. C'est. Mais j'ay encor une autre chose à vous reraonstrer : c'est de ne parler plus de ceste Loy Salique. amis. liberté de tout faire? Et Monsieur le Légat nous a-il pas mis la bride sur le col pour prendre tout le bien des Politiques. faisant SATYRE MÉNIPPÉE. exploict sur mes terres sans m'en demander congé. n'y a ny bonnet quarré. n'ont rien que ! Qu'on me les donne ung peu à manier fit Jale mais Bussy Légat la le Clerc n'y œuvre : si Monsieur me commande seulement de leur aller mettre il main sur le collet. et se meslent des affaires d'Estat. où veoir. en tout cas. qu'il aller saccager ces chaperons fourrez font les ils de la Cour de Parlement. sans jamais parler de paix? J'en feray ainsi. avec quelques pièces rondes qui faut me feront grand bien.

4. Cour. et n'opinoit que feu et sang. salique. raesmement à ce monsieur Maistre et ce train. Baptiste Machault était un marchand de Paris. si on luy promet seiller d'Estat du Biarnois. Ha. et suyvent le voient que leur party va ils mal. conseiller en Ils la cour de la loi Parlement. Le Maître. et du Yair.SATYRE MÉNIPPEE. 2. qui tant de l'eschauffé au commencement. qui mettent les autres le Que n'y donnez-vous ordre. Monsieur bien que le Lieu- tenant? Sçavez-vous pas Président de Nully vous a dit et nommé par nom et par surnom tous ceux qui ont opiné pour ceste meschante Loy ? Que ne il les envoyez-vous jetter en la rivière. je crains à la fin qu'il la ne fasse band'estre Con- queroute à Ligue. 5. 157 Le en du Vayr *. et membre du Conseil des Qua- rante. brave Machault! Ha. Lui et Bordeaux furent membres du Conseil des Quarante. . je n'ayme que vous et ce fameux i. trop les aureilles. président. vaillant Bordeaux'! vous estiez dignes d'estre comme moy eslevez au plus haut degré d'honneur de noblesse*! Entre les robes longues. comme faisoit vous a conseillé? Et ce beau Marillac*. avaient opiné en faveur du maintien de Surnom flatteur alors conseiller en la que Ion donnait à Michel de Harillac. Gardons-nous de ces gens si qui tournent leur robe vent de fortime quand aysement. C'est-à-dire qu'Us méritaient d'être peudus comme de Rieux.

de mencement laquelle il et progrez qu'il a le faict à la peut estre dit filles père putatif. Lorsqu'en la confessant son premier fruit cueilly. se lira du sang du bras pour signer son adhésion à l'Union. et ton Expostulation. Dans : la Confession générale des chefs de l'Union. faicte et la harangue en faveur et à l'honneur du Légat et des Espa- gnols.158 SATYRE MÉNIPPÉE. 3. puis avocat du roi la pour Ligue. a bien dai- gné exposer ses et prostituer leur réputation au bourdel. 2. pour faire service à messieurs les Prin- ces et à messieurs ses Curez et Prédicateurs*. ton Catholique Anglois. conseiller au Parlement. écrivit un pamphlet séditieux sous le titre : Le catholique Anglais. a deestropiée. on lui faisait dire Sous feinte hypocrisie j'ay caclié l'adultère De l'enfant que j'ay fait à la belle Neuilly. Monsieur de Nully. Loys Dorleans'. laquelle depuis. Rose avait séduit la fille du président de Neuilly. outre courageux comLigue. meritoient qu'on te raist en la place du pre- 1. des Quarante. avocat au Parlement. je aussi le faict héroïque de ce bon Baston. Jacques Bâton. président que je nommeray encore le icy par honneur. Diray. tant ce glorieux mouré souffrir martyr a voulu pour la saincte Union ^? Et toy. qui. membre du Conil seil Un des plus ardents ligueurs. par miracle. . généreux arc-boutant de l'Union. qui la signa tiré si valeureusement Ligue de son propre sang de sa main. la suite Louis Dorléans. et à de cela demeura estropié de la main.

au mois d'août pour la Ligue. à Chaalons. il par les Seize. s'en sont sçavoient Tours'. Mesjrnée 5. voyants qu'il n'y avoit plus rien à grabeler en leur Palais de ceste ville. Je mais je ne les ayme monstray une fois ma main le à une vieille vEgiplienne. et que je me gardasse de rond ou demy-rond*. . qui. où ils que la mangeoire pleine et les rasteliers garnis.1. écrivit un factura prétendait que le cardinal de Bourbon. second avocat dans lequel son neveu. Pouce large. et c'est lui qui pendre de Rieux à Compiègne. et au Diable meilleur faict. non pas ces foireux. Antoine lîotman. ostez-en cinq ou six de toute cette megnéeS le tout le reste n'en vaut ! rien. avait des droits à la couronne supérieui's à ceux de 4. 1591. qui me dit quej'avoy poulce rond^. famille. pour avoir curieusement là les droicts de l'oncle contre neveu ^ Ceux sont des hommes justes et vertueux. Bref. que Ton regardait comme indice de : a et l'instinct du vol. sident Brisson * : 150 les mais on ne recompense pas il gens de bien comme faut! non plus que ton comescrit si le pagnon d'office. oncle de nommé roi du Henri IV. et estoient vuides que tous leurs sacs allez à estoit ou penduz au croc. 2. Miron était intendant fit de justice dans l'armée de Henri lY. > ou mesgnie signifiait race. Addit.SATYRE MÉNIPPÉE. 3. Je ne sçay que ces gens de justice m'ont point. Je croy . 6. C'est-à-dire qu'on le pendit.

d'cslre tondue^. un i. me ferait mauvais parti. dit. les riamands les firent un brasseur de bière'. s'il ung Roy. chef des Gantois révoltés. au proverbe Cherclier de la laine et s'en aller le tondu. Messieurs. je crains que Monsieur Légat s'en fasche.160 SATYRE MÉNIPPÉE. élu roi des Phrygiens. Comme on car ». 6. Addit. Philippe Arleweldt. . de l'édit. j'ay charge de la Noblesse de vous remonstrer qu'il faut rabattre l'insolence de ces hoches-brides affaires et avaleurs de le frimats* et faire vos est beau. le et que l'Infante soit en danger mais je m'en rapporte à Monsieur et Lieutenant. Le laboureur Gordius. Au demoufaut eslire rant. Les Lydiens* (je ne sçay quelles gens ce sont) en firent la un qui menoit Duc qui estoit charrue^. Si pendant que temps Ja Loy le Salique est entretenue. de laire : Les royalistes qui cliercliaient à persuader aux Parisiens la d'abandonner 3. Addit. je : vous prie vous sou- venir de moy et de mes mérites on m'a faict croire qu'il s'en est faict autrefois de pires que moy. qu'elle vouloit dire de ces gens-là qui portent le bon- net rond *. Allusion Ligue et la paix. Enfin. < 5. la couronne de France. ni 4. Normands. des Mémoires de la Ligue » : « et qu'un jour quelque Myron 2. C'est-à-dire que l'Infante n'ainait ni duc de Guise pour mari. qui sçaura bien rompre le coup faire la barbe à son neveu sans razoyr. en 1382.

chef des Parisiens révoltés ou cabochiens. Saint-Paul. élévation Ût . et Enfer. L'écorcheur Siraonnet Caboche. et archevesque de Reims*. a gaigné en fer^. 161 les Parisiens. 4. je gaigneray Paradis. chef de la révolte de Rouen. dite la Barelle. en 1382. ou de France. un escorcheur' : je suis estoit plus que tous ceux-là. cuisinier* . 5. mareschal de l'Union. son maistre et bienfacteur*. Saint-Paul dut son lui au duc Henri de Guise. s'il mareschal en France. de 1411 à 1422. qui le protégea. lieutenant-général en Champagne pour l'Union. 2. Elevé page chez M. biens 6. De Rieux joue sur le double sens du mot maréchal et équivoque sur les mots en fer. 1. je supprimeray tous les sergents. s'appropriait les revenus de l'archevêché de Reims. procureurs. On dit que son père avait été intendant ou régisseur des du comte de Beauvais-Nangis. qui a bien son père n'agueres demeurant en une cahuette couverte de ses chaulme prés de Nangy^. Voilà monsieur de Sainct-Paul maintenant comte de Rethelois. et épouser une veuve riche et de bonne maison. car mon grand-pere et. et ferez bien. l'une avec un tavernier.SATYRE MÉNIPPÉE. de Beauvais-Nangis. vous pouvez bien me faire Roy. Le Gras. car je vous laisseray faire tout ce que vous voudrez. A ce compte. et qui a encore et l'au- sœurs mariées. qui preste argent sur bons gaiges à monsieur de Guyse. tre avec un tisserant : neantmoins et le voylà Pair et Mareschal de France. J'aboliray toutes ces mangeries de justice . 3.

chiquaneurs. 3. Celle (i Criées et exécutoires ». . Espèce de fou très populaire à cette époque. et vous en diroy davantage. 2. équivaut à s'il demeurait encore longtemps au monde. 4. le sieur de Rieux eut finy sa concion assistants chacun des monstra au visage qu'on avoit pris plaisir à son éloquence naturelle. Un grand c'est un pendu à une branche d'arbre. nommé le sieur d'Angoulevent*. Après que militaire. après le que j'auray combattu gouverneur de ceste ville. commissaires. excepté ceux qui sont de nos amis. sinon que je suis pressé d'aller exécuter mon entreprise sur Noyon*. c'est-à-dire que. et conseillers. la faisoit longue en ce monde ^. qui se don- nait le titre de Prince des Sols. Addit. : S'il la faisoit longue en ce monde. le faire qui eut pour résultat de ft-uit. mais il ne se parlera plus d'adjournements ni de saisies*. Et sur ce. Là dessus. Pour moins. se leva un des députez.162 SATYRE MÉNIPPÉE. s'il el qui pourroit faire un grand fruict. pendre. ni de payer ses debtes suffira le : vous serez tous comme rats en paille. il finirait par être pendu. quelque fut la durée de sou existence. Vous y adviserez. je sçay bien que j'en vaux bien un autre. qui fit entendre tout haut qu'il avoit charge de la Noblesse nouvelle et 1. pour un homme qui n'avoit point de lettre. bazo las manos de vostra merced. et mp que m'apelliez Sire.

de la part 163 et maistres des honnestes hommes de l'Union.. par ces mots : Monsieur. 1. fut député par ses collègues de Paris pour aller à Étampes saluer les membres du Parlement qui revenaient de Tours. qui n'estoit com- posé que de manants. jusqu'au le moment où sieur. fois Tout le passage qui sont imités suit. qu'il fust et qu'il estoit raisonnable Guy avant le Tiers-Estat. Lequel estant un peu cessé. douzième. .. et interpellant les gens du Roy de l'Union. Et incontinent le bruit se leva plus grand que devant.. Neantmoinsne : laissa pour la troisiesme fois de dire Monsieur. h douziesme^. membre de phrase plusieurs dune anecdote du temps. et bancq où il étoit commença il à dire : Monsieur. commença de rechef Monsieur. le : douziesme. mesmement l'avocat-ge- neral Dorleans qui avoit autrefois escrit en faveur à son réquisitoire. le de ladite Noblesse. Mais soudain fut interrompu par ung grand bruit de paysants. et débiter tout son discours.. le dernier étant entré. Le sieur d'Amours. Et.. conseiller au Parlement.. le douziesme de may. de remonstrer quelque chose d'importance touchant leur qualité. requérant Monsieur le Lieutenant de luy faire donner audience. qui estoient derrière les députez. il put la compléter : Mon- douzième de mai. reprenait sa phrase pour chacun d'eux. et ce répété. monta tout debout sur assis. d'adhérer ce disant.SATYRE IIÉNÎPPÉE. Il commença sa harangue en présence du le seul premier Président de llarlay. Interrompu par l'entrée il successive des autres présidents.

. comme la rumeur crois- desjà s'eschauffoient les factions pour l'un et pour l'autre jusques à en venir aux coups de l'avocat Dorleans poing. et que Monsieur le Lieutenant estoit* 1.. 2. et A la fm.164 SATYRE MÉNIPPÉE. et recommença plusieurs le fois ces trois mots : Monsieur. Addit. qu'il avoit mémoires de la Noblesse nouvelle. Et alors se leva le sieur d'Aubray. remonstra qu'il n' estoit plus temps de s'arrester aux anciennes coustumes. et contesta qu'il n'ap- partenoit qu'à luy de parler des ce jour-là de Barri- cades S et qu'on n'avoit point accoustumé en France. > . sinon au de la Religion. Ledit sieur d'Angoulevent disputa long temps de sa part. a par avanture. quant à luy. ni à toutes ces cérémonies faict du temps passé. lesquels meritoient bien estre considérez. et si que l'Assemblée desdits Estats n'y faisoit toutes . député de la et empeschoit que le nouvelle Noblesse fust ouy. qui avoit charge de parler pour le Tiers-Estat. attendu qu'il estoit tard. soit.. et à chaque foie fust interrompu. Toutesfois. seroit inutile on choses de quelque nouvelle façon veu les et. et n'estant qu'une dépendance comme un membre dudit estoit là Tiers-Estat. disant que chacun pour son argent. douziesme. Le 12 mai est la date de la jouraée des Barricades. de faire plus de trois Estats.

SATYRE MENIPPÉE. Ce que Monsieur prouva de la teste . qu'on l'envoiroit au le comte de Choisy'. le sieur d'Aubray. envoyé à l'hôpital. et l'heure passoit. doit êtr^ i. la rumeur peu peu cessée. Lieutenant apà et. et ledit Angoulevent à peine rassis. « 2. » Jacques de l'Hospital était comte de Qioisy. . Addit. député du Tiers-Estat. alias et à pou- faute de ce. et* se tairoit voit. à cause de sa folie. ayant laissé son espée. C'est une manière de dire qu'Angoulevant. il 1«» le du disner de Monsieur que ledit sieur Légat se reqiieroit d'Angoulevent s'il mettroit son dire par escrit. à jeun. haran- gua à peu près ainsi : au parsus.

Les li^'ueui's le craignaient autant qu'ils le haïssaient. temps de se desbourber. Prévôt des marchands en août 1578. des chefs de la Ligue sont dévoilés sans pitié. que ce n'estoit à tel coui'oiine de France apparlenoit. A ce que je voy par vos discours. mais à un de . les Pari- 1. Messieurs. Bou: cher avait dit a et qu'il estoit boueux que la Que nous estions embourbés il y avoit longtemps. l'occasion de l'anniversaire de Le 42 mai 1593. où les dessein:. vous nous baillé belle! Il l'avez n'estoit ja besoin que nos curez nous prescliassent qu'il falloit nous desbourber et desbour- bonner'. C'est La harangue de d'Aubray a été composée par le troyen un superbe morceau d'éloquence. 2. dans un sermon prêché à Noti'e-Dame à la journée des Barricades. 3.HAPiANGUE DE MONSIEUR D'AUBRAY» POUR LE TIERS-ESTAT» Par nostre Dame. Claude d'Aubray. Pierre Pithou. secrétaire du roi. était à Paris le chef des Politiques. noble et sérieuse.

chef de la Jacquerie en 1358. plus serfs et plus esclaves que les Chrestiens en Turquie. Nos • . 1. puisque. nous ont faict donner dans les rets des tyrans. Tout est à vous. ni de voix au chapitre. » 2. et nous ont par après mis en cage.) Allusion à Guillaume Caillet. et qui remplissez nos maisons de garnisons. L'auteur et fait allusion aux édits de Blois et de Chàtellcraut. en février mai 1589. de P. Messieurs. que j'ay veu estre l'asseuré refuge du secours des Roys en leurs urgentes affaires. par leurs caillets* enchanteurs.SATYRE MÉNIPPÉE. . 11 faut confesser que nous sommes pris à ce coup. siens en ont dans les bottes bien avant. Nous n'avons plus de volonté. qui nous tenez le pied sur la gorge. privilèges et franchises anciennes sont à vau-l'eau nostre Hostel-de-Ville. comme s'il eust voulu désigner le duc de (Mém. Nous n'avons plus rien de propre. les Prédicateurs et Sorbonistes. le 11 est désormais temps de nous appercevoir que faux Calholicon d'Espales gens gne est une drogue qui prend par le nez. et les Juifs en Avignon. Maienne. et sera difficile 167 prou de les desbourber. renfermez dedans nos murailles pour apprendre à chanter. ces Charles le preux. et ce n'est pas sans cause que les autres nations nous appellent Caillettes. que nous puissions dire : Gela est mien. de l'Estoile. comme pauvres cailles coiffées et trop crédules.

que les plus cruelles morts dont les Espagnols se sçauroient i. et l'Université devenue saulvage. et te souvenir qui tu as esté. qu'ayants la mort entre les dents. meurtriers et assassinateurs . boucherie*. Ouallons et Neapolitains. ne veux-tu jamais te ressentir de ta dignité. Paris ! qui n'es plus Paris. était alors Prévôt des marchands de Paris. caverne. 2. . nostre Sorbonne est au bourdel. comme sont les François. un asyle et seure retraite de voleurs.168 est à la SATYRE MÉNIPPÉE. pour un légi- time et gracieux Roy. il ne nous est pas permis de nous plaindre ni demander secours. De spelunca. plus intolérable mille fois et plus dure à supporter aux esprits nez libres et francs. t'a engendré cinquante Roytelets et cinquante tyrans? Te voila aux fers! Te voila en l'Inquisition d'Espagne. prédicateur de la Ligue. au prix de ce que tu es ? Ne veux-tu jamais te guarir de ceste frénésie qui. "^ de bestes une citadelle d'Espagnols. curé de Saint- Benoît. mais une spelunque farouches. nostre Cour de Parlement est nulle. nous disions que nous nous portons bien. et que nous sommes trop heureux d'estre malheureux pour si bonne cause. frère de Jean Boucher. et faut. Charles Boucher. Mais l'extrémité de nos misères est qu'entre tant de malheurs et de nécessitez.

Que peu supporter? c'est bien : tu l'as chassé de sa Ville. bien plus laborieux. si fami- qui s'estoit rendu comme concitoyen et bour- geois de ta Ville qu'il a enrichie. déjà expérimenté. qu'on et conseillers. qu'on emprisonne tes chasse et bannisse tes bons citoyens qu'on pende. de sa maison. accreue de bes remparts. de son lict! Quoy chassé? tu l'as assassiné. à ton dam. honorables! pis • forts et super- ornée de previleges et exemptions dis-je. qu'on te endures qu'on pille tes rançonne jusques Sénateurs. au sang. qu'on massacre tes principaux magistrats! Tu le vois. si facile. lier. et le loues. quelques nouveaux et tu edicts qui ne t'importoient nullement. et qui sçaura bien te serrer de plus prés. mais tu l'approuves. et ! n'oserois et ne sçaurois faire autrement Tu n'as peu supporter ton Roy. bien plus vigi- lant. comme tu as.SATYRE MÉSIPPÉE. car elle est cause monté en sa place. maisons. et tu l'endures! Tu ne l'endures pas seulement. qu'il a embellie de somptueux bastiments. et faict des feux de joye de sa mort! Et tu vois maintenant combien ceste mort qu'un autre est t'a prouffîté. bien plus guerrier. si débonnaire. Messieurs. l'as poursuivy! Quoi poursuivy? Tu canonizé l'assacinateur. s'il est permis de jetter 10 . adviser! tation 169 Tu n'as peu supporter une légère augmenet de tailles et d'offices. Je vous prie.

on n'avoit point touché aux joyaux de la Cou- ronne. et qui ont pillé à toutes mains les meubles des présents et des absents? Avons-nous pas con- sommé peu à peu toutes nos provisions. que nos Prescheurs nous faisoient croire estre le seul et unique moyen pour nous rendre heureux. vendu nos à meubles. fondu nostre vaisselle.170 SATYRE MÉNITPEE. chacun avoit sa vaisselle d'argent. et munie de pendants où les femmes suspendaient tits objets à leur usage. étui. Mais je ne puis en discourir qu'avec trop de regret de veoir les choses en Testât qu'elles sont. et ses meubles. au prix qu'elles estoient lors. engagé jusques nos habits. auraônière. tant diaprées et tapissées? tables friandes? Où sont nos festins et nos Nous voila réduits au laict et au 1. etc. considérons un peu quel bien et quel prouffit nous est venu de ceste détestable mort. si ce ne sont les voleurs. Ceinture garnie de plaques de métal. . les femmes avoient encore leur demiceint^ Les reliques estoient entières. le plus souvent d'arles pe- gent. et sa tapisserie. Mais maintenant qui se peut vanter d'avoir de quoy vivre pour trois semaines. ciseaux. qui se sont engraissez de la substance du peuple. encore ces derniers abois en liberté. Chacun avoit encore en ce temps-là du bled en son grenier et du vin en sa cave. pour vivoter bien chetiveraent? Où sont nos sales et nos chambres tant bien garnies.

comme les 171 : Souysses nos banquets ! sont d'un morceau de vache pour tous mets Bien et heureux qui n'a point mangé de chair de cheval de chiens. tirants ne trouvants que succer les meilleurs habi- i. et sans appréhender la punition que Dieu leur réserve pour tant de maux ils dont ils sont autheurs? Mesmement. sçavent bien qu'ils en sont cause peuvent-ils en ouïr parler sans rougir. caillettes et pieds de mouton! Et n'a pas tenu à Monsieur le Légat et à l'Ambassadeur Mendosse que n'ayons mangé les os de nos pères. comme font les saulvages de la Nou- velle Espagne*! Peult-on se souvenir de toutes ces choses sans larmes et sans horreur? Et ceux qui. aux lieux qu'on vendoit jadis les friandises de langues. en leur conscience. et peu passer de bouillie de son. mais de Mendoce.SATYRE MÉNIPPÉE. et bien heureux qui a tousjours eu du pain s'est d'avoine. melle néant les petits enfants mourir à la mampour de et leurs mères allangouries. . réduits en farine. frommage blanc. ou fit en eflct du pain avec les ossements du cimetière des Innocents. Cela eut lieu en effet 2. Invention de pendant le siège de Paris. on s'en trouva mal et on y renonça. quand se représenteront les imag'^s de tant de pauvres bourgeois qu'ils ont veuz par les rues tomber tous roides morts de faim. en août 1590. l'ambassadeur d'Espagne. don Bernardin A son instigation. . vendue au coing des rues*.

plus blancs et plus ternis qu'images de pierre. l'on accoureli- de toutes les parts du monde? Où sont les gieux estudiants aux couvents? les voila tous soldats Ils ont pris les armes. marcher par la ville tants et les soldats appuyez d'un baston. débauchez. les autres sont enfouyes et sacrilèges. Où sont . et le service divin ne sert plus qu'à tromper le monde par hypocrisie. Où sont nos châsses? Où sont nos précieuses reliques? Les unes sont fonet dues mangées. au lieu de les secourir ou consoler! Fut-il jamais barbarie ou cruauté pareille à celle et que nous avons veue endurée? Fut-il jamais tyrannie et domination pareille à celle que nous voyons et endurons? Où est l'honneur de nostre Université? liers? roit Où sont les collèges? Où sont où les escho- Où sont les leçons publiques. Les Prestres et les Prédicasi teurs se sont renduz vénaux et si mesprisez par leur vie scandaleuse qu'on ne se soucie plus d'eux ni de leurs sermons.172 SATYRE MÉNIPPÉE. en terre. qui les accusoient et menaçoient. et l'inhumaine response d'aucuns. sinon quand on en a affaire pour prescher quelques faulses nouvelles. pasles et loibles. mesme des Ecclésiastiques. ressemblants plus des fantosmes que des hommes. de peur des voleurs Où est la révé- rence qu'on portoit aux gens d'Eglise et aux sacrez mystères? Chacun maintenant faict une religion à sa guise.

et n'avez retenu que la racaille passionnée ou de bas courage. le chancelier. comme que la à des Hérétiques ou Politiques! Et neantmoins voulez qu'on croye que ce vous en faictes n'est que pour la conservation de Religion et de l'Estat! C'est bien dict. jadis tuteur des Roys et médiateur entre le Peuple et le Prince? Vous l'avez mené en triomphe à la Bastille. comme colomnes et appuiz de la Cou de ronne et Monarchie Françoise? Où sont les Pairs France. et traîné l'authorité et la justice captive. les présidents des cours souveraines légalement investis de leurs charges n'étaient pas présents. Examinons un 1. . les Princes 175 du sang. 3. Un ordre d an-estation.SATYUE MÉNIIM'ÉE. parmy ceux qui ont demouré. plus insolemment et plus honteusement que n'eussent faict les Turcs! Vous avez chassé les meilleurs. menacez de leur donner ung billet^. Encore. 2 rii- les Mannequins. qui ont toujours les esté personnes sacrées. On s'en servait dans les manèges pour aguerchevaux. 10. vous ne voulez pas souffrir et les que quatre ou cinq disent ce qu'ils pensent. qui devroient estre icy les premiers pour ouvrir et honorer les Estais*? Tous ces noms ne sont plus que noms de faquins'. Aux États de la Ligue. dont on faict liltiere aux et chevaux de messieurs d'Espagne est la de Lorraine! Où majesté et gravité du Parlement. les maréchaux.

que j'eusse et mais depuis j'ay et veu du pays. non pas désiré. par François deNoailles. où j'ay appris le dire : de Jesusfnictïbus Christ. estre véritable A eorum cognoscetis eos : on cognoist à la longue leurs quelles sont les intentions des hommes par œuvres et leurs effects. voyagé jusques en Turquie. que Roy d'Espagne^ un grand Prince. » III. avec est préface d'honneur. « et 2. évêque d'Acqs. est cause que ses seigneuries séparées lui coustent plus qu'elles ne lui valent. ne Madame saincte Geneviefve. Premièrement le je diray. nostre Sauveur. que jamais Monsieur sainct Denys patrons de France. comme celle qu'il cognoist estre plus généreuse. qui est entre l'Es- pagne et les Pays-Bas. Le passage qui suit est inspiré par YAdvis à Henri i585. par toute la Natolie. et avoir 1. si j'en et ments de mot.174 SATYRE MÉNIPPÉE. Mésopotamie. me soyent en ayde! J'ay tanl un peu estudié aux escholes. Escla- vonie*. jusques à l'Archipelago. car sur toutes nations il redoute la Françoise. peu vos actions et les deportements du Roy d'Espagne envers nous : et. le plus puissant plus grand terrien de tous les princes Chrestiens. et Tripoli de Syrie. Mais la France. et le seroit encore davantage si toutes ses terres cl royaumes se tenoient et estoientjoincts à l'approche l'un de l'autre. sage. cault et et advisé. Addit. . et Mar-Mnjour.

175 plus de valeur. comme pru- dent. conclue en 1559. C'est la procédure qu'il a tenue depuis qu'il veit Messieurs les Princes de Vendosme et de Condé mal contents. et la discorde il a tasché de semer la division parmi nous-mesraes. pour nous amuser à nous quereller. dés lors qu'il fut contrainct de faire ceste misérable paix*. Et. La paix de Cateau-Gambrésis.SATYRE MÉNIPPÉE. bien d'accord. qui fut scellée et signalée de la mort de nostre bon Roy Henri II. et de mesme volonté ensemble. tandis que nous nous affoiblirons. pendant que la France estait florissante. et impatiente du repos et de la do- mination estrangere. n'osant ouvertement y contrevenir ni la recommencer guerre. afin d'estre cependant laissé en paix et. unie. sitost qu'il a il vcu nos Princes se mescontenter ou se bigearrer. prévoyant et bien conseillé qu'il est. Monsieur le Lieutenant. s'augmenter de nostre perle et diminution. s'est secrètement jette à la traverse pour encourager l'un des partis. pour s'opposer aux avan- tageux progrez et advancements de vostre père et de vos oncles. C'est pourquoy. qui attirèrent avec eux la maison de Mont- morency et de Chastillon. et les rendre immortelles. croistre et. nourrir et fomenter nos divisions. qui avoient 1. . entrebattre et entreluer l'un l'autre.

ayant voulu faire continuer monsieur Boucher à vostre dévotion. usurpé toute petit Tauthorité et puissance du temps du Roy François. et : non de la diversité de religion. laquelle ne procéda que de jalousie de l'un sur estants tous l'autre. leur comme nous avons veu le messieurs de Joyeuse et d'Espernon soubs Roy . et ay veu des affaires du monde autant qu'ung autre : voire j'ay. et qu'on ne forçoit ni violentoit personne pour les voix et comme avez faict. raison on a faict jusques icy croire aux simples et idiots. doit par libre élection. Je suis vieil.176 SATTiRE MÉJJIPPÉE. et envahi royale. depuis n'agueres. Mais il me souvient encores de ces vieux temps. toutes nées et précédées de ces premières querelles. esté Eschevin ville. leur nepveu. deux grands mignons raaistre. Monsieur le Lieutenant. voire que toute le la que tout monde k "i car toutes les sanglantes tragédies qui ont depuis esté jouées sur ce pitoyable eschafaut françois sont . J'ay bonne mémoire du commence- ment de la querelle qui vint entre feu monsieur vostre père et feu monsieur le Connestable. et favoris du Roy Henry second. comme sans . comme si ce n'estoit que d'hier ou d'aujourd'huy. Prévost des Marchands en ceste du temps qu'on y procesuffrages. jusques aux plus universel ne sçache : Je ne dy rien petits. France. par la grâce de et Dieu et de mes amis.

prétendaient tous lement n'admit pas la svibstitution des nouveaux acquéreurs aux prétendus ayant droit. estants entrez en procez. et qui avoit seroit conservé estoit Grand-Maistre promesse du Roy que fils. Mais . qui ravant. pendant l'absence de vostre père. où il ne pas grand cas. il pour posséder Roy tout seul plus à son ou retarda empescha peut estre les affaires. 2. en monsieur le Connestable le tellement que gaigna par arrest. Le Par1. Henry troisième. ledit estât pour son fut le L'autre cause de leur mauvais mesnage comté de Dampmartin. 177 Leur première dispute fut sur Testât de Grand-Maistre. estant de retour*. qui l'y avoit faict le envoyer aise. frères deux tenir de leur mère le comté de Dammartin. ne demoura gueres sans en estre puny car il fut pris à la journée Sainct-Laurent. lequel. parce que monsieur le Connestable.SATYRE MÉNIPPÉE. Philippe utérins. tous deux avoyent acheté de diverses façons*. et contraignit ceux-ci à faire valoir leurs prétentions. Tout le passage qui précède. depuis : oùilne fit pas grand . par un de Boulainvilliers et Odard de Rambures. quand il fit monsieur de Montaupa- morency Connestable. Cela les altéra chacun d'eux taschoit de désarçonner son compagnon. Le connétable de Montmorency acheta ce comté du premier des deux frères et le duc de Guise du second. que le Roy donna à monsieur vostre père. son fils. que et. et de là vint le voyage que fit fit monsieur vostre père en Italie.

Pape à Ostie. si on l'eust attaqué : mais le destin il de la France luy bandoit les yeux. reprit les villes de Picardie que nous avions perdues. et fait prisonnier . n'y ayant pour le garder qu'un pauvre de reprendre prestre le cardinal de Trente. blessé de Saint-Quentin. dans les éditions postérieures. son frère.. Voylà ces deux grandes maisons en factions partialitez. où Monsieur le connétable et plusieurs autres furent pris. qui s'aigrirent encore et par la contention née entre monsieur le Prince de Condé et monsieur d'Aumale. qui avoit espousé leur niepce. père de cestuy-cy. à son retour. aussi tenir en longueur la prison de monsieur le Connestable S et n'oublia rien d'artifice pour empes- cher et dilayer sa délivrance : qui donna occasion à ses neveux. pour Testât de Colonel de la cast présente. voslre oncle. pour secourir le et toutes les plus belles forces de France. et Calais davantage. en 1557. aysé. par un à heur.178 SATYRE MÉNIPPEE. la variante qui : suit « à cause que son ambition particulière il le poiissoit à la : conqueste de Naples. 1.. d'implorer le secours et se jetter entre les bras du Roy de Navarre. pour se revancher des mauvais offices qu'il fit avoit sceu qu'on lui avoit faict en son voyage. Et. la vérité fort heur à admirable. qui estoit prest de quitter tout. et la journée de Saint Laurents. » la bataille Anne de Montmorency. où et laissa l'occasion se promettoit avoir quelque droit le qui luy estoit duché de Milan en passant. nous perdismes Saint Quentin. et de monsieur le Prince de Condé. messieurs de Chastillon.. puis Monsieur vostre père. et pendant son voyage où avoit emmené toute la noblesse.

frère de ramiral de Châtillon. quand messieurs de Chastillon. à la suscitation faict escrire de vostre oncle qui luy en avoit par le * Pape. à la suite messe. qui ne . la matière des guerres et des inimitiez que nous avons veues se preparoit deslors et a duré jusques à présent. François de Coligny. preschoient encore que dans les caves et peu à peu se joignirent de faction et d'intelligence avec eux. hommes courageux et mal endurants. Il 179 n'estoit encore lors mention de | 1 Religion ny de Huguenots. Mais la vérité est que. sinon au : supplice de ceux qu'on voyoit brusler opiniastres et neantmoins. 1. plus pour se deffendre et garantir de vostre père et de vostre oncle que pour attenter aucun remuement de nouveauté . . et en leur retraicte (fust-ce à bon escient. seigneur d'Andelot. et qu'il n'y avoit moyen de trouver crédit auprès du Roy pour les obstacles que les vostres leur donnoient. fust-ce par ruse et prudence) se mons- trerent favoriser les nouveaux Luthériens. arrêté à Monceaux en Brie. veirent que la faveur de vostre maison l'emportoit sur la leur. ils furent conseillez de se retirer de la Cour. prit luy-mesme monsieur d'Andelot à Crecy et l'envoya prisonnier à Melun. à peine sçavoit-on quelle estoit la doctrine de Calvin et de Luther. cavalerie légère.SATYRE MÉNIPPÉE. par ordre de de propos hérétiques tenus contre la Uemi II. sinon lorsque le Roy. et non à Crécy.

sance auprès du petit Roy François. et celuy Après cet emprisonnement du Vidame de du Parlement. neantmoins. qui leur estoit gens incongneuz. par le con- recula et abatit presque du tout celle de le monsieur Connestable et de tous ceux qui luy appartenoient. 27 août 1560. prince de Chala Bastille le bannais. désespérez de moyens ordinaires. soubs ce prétexte de délivrer le Roy de la captivité où vostre père et vos oncles le tenoient*. combien qu'ils eussent encore peu de créance avec eux. François de Vendôme. vidame de Chartres. Mais les bonnes gens ne se peurent garder 4. . parce que tout bransloit soubs la faveur des vostres.180 SATYRE MÈNIPPÉE. et n'ayant participé ni à Cène. de faire un cruelle exécution sur tous les vostres. de tous les quartiers et assemblèrent du monde. Et ce fut lors que les siens. çà et là escartez par divers coings du Royaume. du Roy. qui Chartres* et de quelques Conseillers survint la violente et miraculeuse mort esleva vostre maison au souverain degré de puiset. firent mémorable entreprise d'Amboise. une telle force à jour nommé. Et. par agents bien entenduz es le moyen de ils leurs ceste secrets. Entreprise dirigée par les huguenots contre les Guise. ni à Synode ou Consistoire. se joignirent de secrettes intel- ligences avec les Luthériens. avec un silence merde gens qu'ils furent prests veilleux. emprisonné à 2. traire.

et de là mandement rigoureux qu'on et la fit au Roy de Navarre. et beaucoup d'autres tristes accidents longs à raconter. avaient emmené 2. aux Estais d'Orléans. auxquels ils voulaient enlever le roi.SATYRE MÉNIPPÉE. petit la le soudaine mort du cours et Roy n'en eust destoumé alloit assener et rompu le coup qu'on sur ces premiers Princes du sang royal. projets des Les Guise. \9i des traistres: dont s'ensuyvit la penderie d'AmboiseS qui descouvrit les autheurs de la faction s'ensuyvit le . on vous porta Mais. mars 15C0. que monsieur vostre père et messieurs vos oncles jouèrent tout un temps à l'esbahy*. de Blois à Araboise. sur la famille de monsieur le Con- nestable et des Chastillons. la comme vous ils peustes faire quand nouvelle de la mort de vos frères. esbranlée et fracassée par ceste inopinée mort et pouvez croire. Là. non plus que vous. prison de monsieur le Prince de Condé. Expression proverbiale : û« s'aUeadaieat pas à ce qui arriva. avertis des le roi huguenots. et qui devait s'exécuter à Dlois le 6 1. par l'épée et la corde. Monsieur le Lieutenant. et dés lors eurent de bons advis et consolations du Roy d'Espagne. ne perdirent pas cou- rage. eurent lieu de nombreuse» c'est-à-dlr« qu'Us exécutions. lesquels eussent si continué beaucoup pires. il . des protestants conjurés. Il est aysé à juger combien vostre maison fut . duquel nous parlions tantost.

et si monsieur le Connestable rerais en sa charge. 1. se saisir du Roy et de la Royne sa raere à Fontainebleau. voyant Roy de Navarre remis en son rang de premier Prince du sang. reprenant encore ses erres délaissées et son ancien advantage après que monsieur le Prince de Condé fut eslargy. pour la tutelle du petit Roy Charles.182 SATYRE MÉNIPPÊB. qui vostre n'espargnoit de promettre argent et père. et amadouant l'autre par submissions et honneurs qu'il luy deferoit. . Sur l'espérance donc du support d'un grand Prince. A son piège. ardre et consommer toute la France. sans s'estonner d'une le si hommes. veuve du roi François IL . et alla. avec nombre de gens de guerre petit en grosse troupe. qui l'avoit failly belle il de deux ou trois jours seulement. 2. qui est le but final de ses prétentions. durant aux cscoutes à qui offriroit sa faveur. lourde cheute. ces premières dissensions estoit il qui. sceut les pratiqua tous dextrement jouer son rollet qu'il et tira à sa cordclle". Si bien que. D'épouser Uarie Stuart. deux contre leurs propres frères et leurs propres neveux repaissant l'un d'une espérance que je n'ose dire*. et attisoit le feu le d'une part et d'autre pour faire croistre en la force et grandeur que nous l'avons veu et voyons encore maintenant.

et Roy tel d'Espagne envoya à vostre père du secours. que ces gens-là se sont toujours vantez que ce et qu'ils en avoyenl la faict avoit esté à la requeste au mandement de Royne-mere. Vous n'ignorez pas ce qui conmie déz lors le se passa en ceste guerre. la deffense mais seulement pour mère. sans aucune mention de leur religion. se firent Luthériens tout à faict. mais que j'ay honte d'en parler : tous bisognes' ramassez. on guerre ouverte. ils appellerent à leur secours. . Monsieur le Lieutenant. lesquels et. Et vous sçavez. S.ont publié et faict imprhner lettres à eux par elle escrites à ceste fin*. ne se sentants assez forts de leur chef ni de leurs maisons. Troupes nouvellement enrôlées. par leur moyen. pour résister à si puissants ennemis couverts de l'authorité Royale. Et ce fut lors que mondit sieur le Prince et messieurs de Chaslillon. où elle se plaignait que son fils et elle étaient prisonniers des Guise. quatre lettres adressées au prince de Condé.SATYRE MÉNIPPÉE. écrites et signées par la reine mère. se saisirent villes de plusieurs grosses toutesfois faire de ce Royaume. Il y avait. et le» 1^3 amena à Melun. et se déclarèrent chefs et protecteurs des nouveaux Hérétiques. de laquelle les ils . qui jamais ne voulurent combattre à la bataille de 1. entre autres. et pour du Roy et de sa les oster de la captivité où monsieur vostre père les detenoit.

Car. et de Chas- ne demandoient que sa ruine. ingénieux et complaisant à qui vouloit. peu ou point il Monsieur vostre oncle. soubs le nom spécieux de de laquelle auparavant on avoit faict d'estat. Mais. il pratiqua monsieur le Cardinal vostre oncle. sceut tellement gaigner le cœur de la Roynequ'il mere. Dieu fasse pardon à l'appréhension qu'elle la bonne Dame! Mais. vostre mort. et la paix faicte. pour entretenir les troubles et divisions en ce la Religion. leur persuada que messieurs les Princes de Bour- bon aidez de ceux de Montmorency tillon. comme il estoit adroit. j'ay en grand peur .184 SATYRE MÉNIPPÉE. s'ils du depuis. cela fut une amorce pour allumer le courage des partisans et leur faire espérer qu'ils feroient bien quelque chose davantage une autre venoient encore à s'entrebattre. Toutesfois. et la Royne-mere celuy du Roy son fils. les divers fois. donnèrent père changements de nos affaires bien à l'Espagnol un autre jeu. et n'auroient jamais patience ni cesse qu'ils ne l'eussent chassée du Royaume et renvoyée en Italie cheuz ses parents. Royaume. Dreux. et se couvrirent des chariots du bagage. connoissant neantmoins ces puissantes familles animées et aheurtées l'une contre l'autre sans espoir de reconciliation. qui ne dormoit pas de son costé. pour eut.

SATYRE MÉNIPPÉE. si et l'autre à Sainct-Barthelemy. ils tous ceux de Montmorency se fussent trouvez. quand leur fit faire tout en leurs chausses*. où. se présentaient troupe armée. il ne faut douter qu'il n'eust bien eu raison de l'escorne que monsieur le Mareschal de Montmorency luy avoit faicte en ceste ville. prit en telle haine que jamais elle fit ne cessa qu'elle l'un à la bataille ne les eust ruinez. et à il monsieur vostre frère. parce qu'ils porloient armes defien- dues sans son passeport. duc d'Aumale rue Saint Denis. Mais il semble que les morts soudaines de ces trois Rois subséquents l'ung et après l'autre. le cardinal de Lorraine. à la tête d'une malgré la déiense du roi. sans mort la duquel. et sauvé ou pro- longé la vie à vos principaux ennemis. le main fort vaillamment à la roue pour mettre la feu en la teste du jeune Roy Charles. qu'elle a esté cause de 185 beaucoup de maux que nous elle les avons veuz de son temps. ayent tousjours rompu desbauché les beaux desseins de vostre maison. comme la elle de Jarnac. Car. n'en eussent pas eu meilleur marché. H fit arrêter. parce que. Le cardinal eut tellement peur qu'il conckia ses rV|aii<^v9. Venons à ce qui est advenu depuis : car il est i. . près des Innoils cents. le et le dtic de Guise. sieur voslre oncle lenoit la et poussoit A quoy mondextrement. sur ce sujet. en janTier 1565.

engendroient jalousie à tout le monde pour leur grand 1. Expression populaire qui exprime la surprise de gens qui ne savent plus où ils en sont. en qui se tramait contre les huguenots. pour en avoir l'appro- bation du Roy d'Espagne et l'absolution du Pape touchant le mariage qui servit de leurre et de tra- pusse^ aux Hugenots. puis . où l'on veit que le Roy de Navarre qui est aujourd'huy. si est-ce que le jeu ne se pas sans son entremise*. n'estoient qu'un cœur et une ame. et monsieur et vostre frère. . que deffendistes bravement.188 SATYRE MÉNIPPÉE. et temps de parler de vous de monsieur vostre frère. Allusion effet. qui commenciez dès lors à paroistre aux armées et marcher sur les pas et traces de vos prédécesseurs. et frottez à dire : Dont venez-vous'? Et. au courant de ce à un mot de Charles IX parlant do sa sœui* Marguei'ite. qui vous conseilloit de quitter tout et vous en aller. vostre devancier. Le cardinal de Lorraine était. 3. monsieur de Montpezat. vous continuastes vos coups au siège de la Rochelle. Piège. contre l'advis du premier mary de Madame la Lieutenante. encore que monsieur vostre oncle fust à feuilleter son bréviaire en fit Italie. où les compagnons furent pris endormis. 2. vaillances au Vous aviez desja faict paroistre vos siège de Poictiers. fustes à la bataille de Montcontour puis à la journée de Sainct-Barthelemy. ratière. Par après.

decedé sans enfants. quand vous le feu le vistes. jette les fondements de l'édifice que vostre frère et vous avez basti depuis. vostre frère et vous. et Roy son frère marié aveq voslre cousine*. comte de Yaudemont. qui et autrement ne vous aymoit pas beaucoup. Je ne suis pas de ceux qui croient que messieui*s vostre père et oncle eussent. dés leurs temps. qui ont pronostiqué mieux que Nostradamus tout ce que 4. Elle épousa en 1575 Henri III. Louise de Lorraine n'eut pas d'enfant. monsieur brehaigne' et stérile. fille de Nicolas de Lorraine. privauté. vous commençastes. Quand il predit que ceux de Guyse Hettroient ses enfants en pourpoinct Et tous ses sujets en chemise. .SATYRE MÉNIPPÉE. Quand vous Roy Ciiarles decedé. 2. dont luy-mesrae avoit faict ce quatrain. dis-je. Mais veistes le il 187 faut venir au poinct. à faire des desseins et projets que beaucoup de gens disent estre cause de tous nos mallieurs. fois répété le qui avoit plusieurs dire du grand Roy François. Bréiiai»ne qualitiait autrefois la femelle qui n'engendre pas. Ils dressèrent des mémoires pour la mission que remplit la à Rome le cardinal de Pelvé dans l'intérêt de Ligue. encore qu'on parle des mémoires de David et de Piles^. roi de France. maintenant tout vulgaire : Le Roy François ne faillit poinct. Louise de Lorraine. 5.

» Cet archi- diacre de 'ioul était François de Rozières qui écrivit nn livre Slemmafa ÎMharingiœ Barri Ducum. où il préten- dait étaLlir les droits des ducs de Lorraine au trône de France. prests à se marier. qui ne s'estoient point : robe des Hérétiques cela luy devoit couper toute espérance à ces désirs. tous puissants en de leur aage. convaincu du crime de lèse-majesté. enfants maison Royale en droite la fleur ligne. qui avoit de l'entendement avoir. Ce livre fut lacéré publiquement le 26 avril 1583. Je sçay bien que. et nous avons veu depuis leur mort.188 SATYRE MÉNIPPÉE. D'ailleurs. qu'on asseure que monsieur vostre oncle laire avoit dressé ung formu- de tout l'ordre qu'on y devoit tenir. ne dut la vie qu'à l'influence de la l'eine Louise. de son temps. voyant encore de et la trois frères. et l'auteur. . il a esté autheur que l'Archidiatre de Thoul* la a escrit que ceux de maison de Lorraine estoient les le descenduz de Charlesmagne par masles : sçavoir de Charles. et ne pouvoit pas deviner qu'ils mourroient sans lignée. après. Variante des édifions postérieures et depuis : « l'archidiacre de Verdun in\i\u\é encor celuy de Thoul ont et escrit. à qui lenoit après la royaume appar- mort de Loys cinquiesrae Roy de 1. ne puis croire que ce qu'homme pouvoit ses eust peu espérer de faire neveux Roys de France. il comme ils ont faict par voyoit grand nombre de Princes frottez à la du sang royal. duc de Lorraine. Mais je luy.

ou à faire mourir par glaive ou par poi- son. et que. 12 . Bien est vray que. en curatelle. Cela le soubs main jette parmy peuple : dont vous n'estiez pas marris. duquel il affirmoit les ducs de Lorraine s'est estre descenduz. comme il lasche et poltron. Cependant y estant à peu près parvenu. pour disposer de tout à son appétit et avancer ou reculer tous ceux qu'il luy eust pieu . de ce tempsla mondit sieur vostre oncle peust aspirer à Royauté. et ne fay les doute qu'il n'ait désiré posséder les Roys. ayant tant d"ob^tacles et de testes. nommée fit Aussi en ledit Archidiacre l'amende honorable par arrest.SATYRE MENIPPÉE. France. ou à corabaltre. Mais enfin là. dés son fut commencement. s'il eust peu. encore que les histoires communes et véritables tesmoi- gnent assez la race qu'il y a eu interruption d^s masles en et de Lorraine par deux femmes. comme il a faict de son \ivant. l'ayant 180 et Hues Capet pris à Laon mené prisonnier avec fils sa femme à Orléans. il ambitieux des grandeurs et du gouvernement l'Estat plus de que nul autre de son aage. et s'en desdict en présence de toute vostre famille. il eut un masle. les Maires comme faisoient anciennement du Palais. notamment Idain. qui est ce à quoi ordinai- rement les plus grands aspirent. n'y avoit apparence que. en la femme de Godefroy de Bouillon. et tenir.

190 il SATYRE MÉNIPPÉE. et. force serviteurs. dont vous fustes en partie cause pour les deffîances où vous le mettiez. force intelligences avec le Pape et le Roy d'Espagne et autres Princes de vos parens envers et et alliez. ou de vostre cousine femme. Quand dy vous. force gens de guerre obligez par bienfaicts. après je sa mort. j'entends parler de vos frères et vos cousins. beaucoup de choses vous : ont succédé l'une après l'autre fort à propos pre- mièrement sa la stérilité du Roy. puis la retraicte et absence du Roy de Navarre. le qui plus est. Vous avez sceu vostre proffit de ces préparatoires. VOUS avoit assemblé et préparé les matériaux desquels vous avez basti ce superbe dessein d'empiéter la Couronne . de laquelle vous seuls fustes les autheurs et promoteurs. faire fort bien et des estoffes qu'avez trouvées. mièrement de grands biens. la dis- sension et division du Roy et de Monsieur le Duc son frère. une grande opinion menu peuple que fussiez bons Catholiques ennemis jurez des Huguenots. vous ayant laissé en main preestais. Une autre chose dont vous vous ave» . et par après. aigrissant soubs main les esprits de l'un contre l'autre et leur promettant secrettement de les assister. de grands premiers offices et les charges du Royaume. Après la mort du Roy Charles. de grands gouvernemens. toutes prestes à mettre en œuvre.

prince de Conti. conditions. et trouvastes lors ces beaux noms d'Adhérents Fauteurs d'Hereliques). (car là-dessus vous pristes que jamais n'avez comprendre par et protestations la laissé ny oublié depuis. desquels vous tirastes 1. et convinstes aveques luy des moyens dont vous useriez pour empiéter l'Estat. et que vous vous vantiez. quand veirent que c'estoit directement à toute leur famille que vous en vouliez. en 15S7. de faire bulle du pape et par les serments du Roy d'Espagne. par crainte des desseins du duc de Guise contre leur maison. scéu bien ayder fut l'assistance que firent pour m un ils temps messieurs les Princes de Contyet de Soyssons au roy de Navarre. . luy promettant le royaume de Navarre et le Rearn pour sa part. embrassèrent le parti du roi de Navarre. leur cousin germain. Vous feistes dés lors vos pratiques avec le et asseurastes Roy vos d'Espagne plus manifestement. le sujet de supplanter. et stipulasles dés lors vos pensions. Et le prétexte qu'y prétendiez estoit le mau- vais gouvernement du Roy. de n'approuver fils jamais les Princes Hérétique. les prodigalitez qu'il faisoit à ses deux mignons. comte de Soissons. François de Bourbon. avec les villes qui seroient à sa bienséance en Picardie et Champagne.SATYRE MÉNIPPÉE. et Charles de Bourbon. ni et d'Hérétiques.

492 SATYRE MÉNIPPÉE. desquels vous- mesmes profitiez car on maintinst à monsieur vostre frère à Chartres. quand vous veistes Roy Henry sans espérance de lignée. lequel vous à des dévotions ridicules. pratiquant les villes. créer nouveaux : offices. en 1587 . car il fut tué à la bataille de Coutras. les premiers Princes tenuz pour Hérétiques ou fauteurs d'Hereti- i. luy conseilliez de surhausser les tailles. attirant à vous les chefs et capitaines de guerre. et contre son gré preniez la charge et conduicte des grandes armées. comme le en mangeant. duc de Joyeuse. qui ne s'en trouva pas mieux. et courtisant jusqu'aux simples soldats pour les gaigner. Ce commandement tourna mal pour lui. portait ombrage aux Guise. favori de Henri III. après les Barricades. Et ce fut lors faict la que vous conceustes tout à l'appétit vient Royauté. Anne. achetant les gou- verneiiients. cependant faisiez amuser bri- que vous guiez la bonne grâce de son peuple. à rendre le Tun' Vous employastes toute vostre industrie pauvre Prince odieux à son peuple. et mettant aux meilleures places des gouverneurs et gens à vostre dévotion. à vostre cordelle. d'inventer de nouveaux imposts. dont toutesfois vous rejettiez hayne sur ce pauvre Roy. qui lui firent donner un commandement dans l'armée du roi pour l'éloigner. qu'il avoit receu l'argent fort du party de trois Edicts bursaux la pernicieux.

2.SATYRE ques. Monsieur frère du l'eau béniste au corps de feu accompagné de feu M. accusa de complicité la maison de Lorraine. mourir. nion du cnractère du duc d'Anjou. D'après Sully. vous vous declarastes tout à bon^. Il se falloit défaire de luy. et vous fit mettre aux champs et . qui estoit Vous n'aviez plus un mauvais songe-creux* et qui sçavoit bien de quel bois vous vous chauffiez*. le cardina de Bourbon. accusé d'une conjuration contre et la vie du duc d'Alençon. Nicolas de Salcède. 15S2. qu'il feignoit tant de vouloir servir et honorer et luy eschappa ce mot qui fut oûy de plusieurs En ont-ils. risées. que feu Monsieur. 26 oct. allant donner de l'eu Iloy. Rome vous hocher Roy d'Espagne vous donner l'esperon. vous n'allasles plus connillant* ni à cachette . Addition « Et me souvient que feu M. : & bannières dcsployées. Alors vous ne fistes plus la petite bouche pour dissimuler vostre intention. les connils le En faisant des détours : comme ou lapins. Ou la Guise dit que le duc d'Anjou avait juré de venger sur mort de son ami l'amiral de Coligny. Henri lY aurait eu une fort mauvaise opi- i. cardinal de Guise vostre frère. » . 5. et le testa- ment de Salcede^ nous en a descouvert les fit moyens: la beso- mais. 4. Il même du il roi. la force n'ayant succédé. Tous vos serviteurs predisoient cesle mort plus de trois mois devant qu'elle fust advenue. et des mocqueries qu'il au bonhomme vivant. ne se peut tenir de monstrer tant de réjouissance que chacun s'appercevoit de ses faisoit au corps et à la religion. les 3. Mais fut écarteié rétracta ses aveux au le moment de en Grève. le Consistoire de et le 5IÉ:sIPPÉE. le poison gne. 195 la bride. maintenant? Cette mort donc vous haussa le cœur.

Dedans ce rets insensible le vous attirastes le bon homme monsieur Cardinal de Bourbon. qui se laissa engluer partie de hayne des comportements du feu Roy. pour avancer vos affaires. Vous forgeastes là-dessus vostre prerafer manifeste. prince si sans malice. mais bien demandiez tous les estats et gouvernements de ce Royaume estre les possedoient qui n'estoient à vostre ostez à ceux qui : dévotion ce que vous corrigeastes par vosU'e second . et et plusieurs villes et communautez. et le sceutes dextrement tourner et manier que luy mistes une bition dedans la teste folle et indiscrette amle pour faire de luy comme chat de la souriz : c'est-à-dire. enfants. entre les autres. partie de l'impression que luy donniez que la religion Catholique s'en alloit perdue. Et neantmoins. plusieurs gentilshommes capitaines. qui est un prétexte que tieux et remueurs de nouvelletez ont tousjours pris. le Roy mourant sans venoit au succession du se disoit Royaume premier Roy de Navarre. la si. ceste-cy misérable. qui ne portoit ung seul mot de Religion.194 SATYRE MÉNIPPÉE. après vous en estre joué. imprimé à Rheims. de le manger. qui Prince du sang. Vous y attirastes plusieurs sei- gneurs de ce Royaume. vous voulusles faire croire aux bonnes gens que c'esloit pour le bien public et pour la deffense de la Reliles sédi- gion Catholique.

SATYRE MÉNIPPÉB. Mais. : t eu campagne. plusieurs saffraniers. brouiller. où disiez que tous de se Huguenots du monde avoicnt comploté saisir du Royaume de France et en chasser tous les prestres. 195 du conseil de Rosne*. toute Italienne i. et raejoigny de ce partypour la crainte que j'ay tousjours eue de perdre de bonnes gens ont faict sont pas ma religion. Ayant ainsi joué vostre partie et receu force doublons d'Espagne. qui. .qui ne suis pas des plus rusez. pour tout dit qu'il ne falloit que mettre la Religion en avant. en Saxe. Variante la Diète de Magdebourg. vous suyvirent comme gens qui avoient besoin de la guerre civile. contumacez. 2. Aucuns vous crurent. De Rosne était maréchal de France pour le la Ligue. criminels. qui aymoit les troubles et estre pour se rendre nécessaire le hola. manifeste. Les autres qui ne deman- doient que nouveaux remuements. endebtez. 3. qui ne s'en mieux trouvez. à employée à faire quoy elle estoit propre. L'assemblée de Montauban. en septembre 1584 15 décembre 1584. Beaucoup comme moy. vous vous mistes aux champs ^ avec une belle armée. Et alors vous nous preschates d'ung Synode à Montauban les et d'une Diète en Allemagne *. Quelquesfit ims disent que cela ne se sentement de la pas sans le sceu et con- Royne-mere. j'en eu quelque opinion. et quant à moy. » . firent semblant de le croire.

L'édit de Réunion. tous les autres Edicts de pacification auparavant faicts et remettoit encore le feu et le carnage en France contre les Huguenots. si ruzée qu'elle y fut-3lle trompée. après qu'eustes mis le pied n'y avoit pas moyen de le retenir n'estant pas vray- 83mblab!e. en présence du roi. mais pour ramener à l'humilité et reconnoissance. Mais vous ne demeurastes pas en si beau chemin. ayant recongneu que la plus- part des bonnes villes qui vous avoient promis de 1. et ne descouvrit la si mèche que avant qu'il bien tard.196 et SATYRE MÉNIPPÉE. se laissoit plus gouverner qu'elle à d'autres qu'à elle). elle vous fil par après dissi- per vostre armée. eust voulu le laisser ruiner et le veoir priver de la Couronne pour y es- tablir vostre frère. de qui elle ne sefîoit que de bonne façon. car. sinon pour vous faire connoistre vos forces et pour extorqui cassoit quer par violence cest Edict de Juillet *. . qui ne vous servit de rien. le 48 août 1585. L'ayde donq que la bonne Dame vous le fît n'estoit pas pour perdre son fils. que vos desseins volassent si haut. car elle ne croyoit pas du commencement. encore qu'elle eust du mescontentement de son fils (qui à la vérité. vérifié au Parlement. fusl. Ce que pensant avoir faict pour vostre moyen.

dont on ne parloit point en ce payslà. la raison que 4. et c'est à mon advis. vous pratiquastes sans vous desarmer. où le il fit mal ses besongnes. Vostre frère s'en alla armer en Champagne et Bour- gongne pour surprendre les places du Roy. 3. ceux des habitants que sçaviez avoir quoique et créance les dignité sur le peuple. et es- loient encore retenues de quelque crainte et révé- rence du nom des Roys et de la Majesté Royale. les autres par promesses de biens. offices bénéfices. vous avoient manqué. Monsieur Lieutenant. Le premier agent que une ligue à Paris fut un le nommé duc de Guise employa pour former Charles Hotman. Vous corrumpisles uns par argent qui vous venoit en abondance d'Espagne. elles autras par impunité ils estoicnt d^•s crimes dont poursuivis en justice. dedans toutes les villes. jus- ques aux plus abjectes et et honteuses submissions. C'est en 1585 que le duc de Mayenne en Guyenne* . pour attendre l'occasion de jouer vos jeux*. Vous. la pour rechercher gagner simple populace*. non celles dos Huguenots. sinon à Sedan. Mais principale- ment vous dressastes vos machines contre ceste misé- rable ville où vous n'oubliastes aucun aitifice.SATYRE MÉKIPPÉE. allastes en Guyenne avec une puissante armée. dit La Roalla cheblond. s'eslevcr 197 pour vous quand elles vous verroient aux champs avec une armée.

ee qui n'eut pas du reste. en représentant la carte Gallicane. pour tuer cent lluguenaux A faict mourir mille Papaux : N'a-t-il pas bien gagné à boyre? faict Le quatrain qui en fut touchant les places est par deçà. ou Les villes et laissé chasteaux que ce grand Duc a pris la belle prise Je fistes ne parleray point de que vous du chasteau de Fronsac et d'une jeune dame qui estoit dedans. parce que vouliez temporiser en attendant à frapper vostre coup par deçà. héritière de la maison de Cau- mont^. ils firent une petite rime en leur voicy : patois. est pristes : commun. . » 2.198 SATYRE MÉNIPPÉE. grands portauxl lluys de Paris. tenez-vous hauts! Si entrera le Duc de Gloire. Oronce Fine de et Thevet sont tous deux auteurs de cartes géographiques. ! Qui. cela ne mérite pas i. qui mérite que la sachiez. 3. comme avez dit tantost. et Tlievet une cane'. à vostre retour. et la Ilaulsez voz voustes*. d'estre recité en ceste Variante : a testes. Ont oublié de mettre. Qui. Mais les Hérétiques de Sainc- tonge ne laissèrent de s'en moquer. un de ses fils . Elle duc de Mayenne la fit enlever par force pour la faire épouser pai' lieu. que vous Oronce un oyson. L'héritière la avait douze ans lorsque le maison de Caumont était protestante. par mépris. n'y fîstes pas grand cas. car.

par tenants et aboutissants.) Ceux qui devaient agir pour hii. l'Arsenac et fit saisir le Grand Hos- tel-de. (Voir h la du journal de Uenri III. son tuteur. par conseil de 1.SATYRE MEWIPPÉB.Ville. la est l'auteur d'un procès-verbal qui contient l'histoire de 'i Ligue depuis suite 3. 2. si le lieutenant' du pre- vost Hardy ne l'eust révélé. dont vous sçavez que je sçay quelque chose. car je n'avois point sceu que dés lors vous eussiez projette de prendre le Roy au Louvre. de la Vauguyon. à vostre retour. et fut cause que le Roy. Vous confesserez que. C'est chez M. sont déclarez par après. qu'elle se trouPoulain. n'ayant peu avoir justice contre vous. et renforça ses gardes pour empescher l'exécution de votre dessein. vous et faciendaires * et tous vos agents estiez perduz. qui descouvrit toutes vos assemblées et entreprises. Nicolas Il l'Isle de France. bonne Compagnie. et tuer ou emprisonner tous ses meilleurs et plus signalez serviteurs. lesquels on connoissoit par tout ainsi qu'ils se noms et par surnoms. s'il eust faict alors ce qu'il de voit et pouvoit. et petit Chastelet. lieutenant de la Prévôté de vait lorsqu'elle fut enlevée. jusqu'au 12 mai 1588. Mais le on y procéda trop mollement. . le janvier 1585. et non pas tout. Aussi n'estoit-ce rien au prix de ce qu'aviez délibéré faire en ceste ville. encore que le 199 bon homme de la Vauguyon * en soit mort de desplaisir. bien adverty.

ÎOO

SATYRE MÉNIPPÉE.
et disent

ceux qui disoyent

encore aujourd'huy qu'il

ne faut rien aigrir. Depuis, vous ne cessastes de
pratiquer et solliciter tout le

monde

quasi à des-

couvert, et principalement les Prescheurs et Curez, à qui vous faisiez quelque petite part de vos doublons. Vous envoiastes

une autre armée en Guyenne,

dont faisiez

estât, et

que pensiez qui deust resserbelles
I

rer ou prendre le

Roy de Navarre. Mais de

Vous

allastes précipiter et faire

perdre ce jeune

sei-

gneur*, presumptueux des espérances que luy donniez qu'il seroit

Roy de Toulouza. Vostre

frère avoit

d'autres forces sur pieds, qui luy vinrent bien à pro-

pos pour repousser les Reislres venants au secours
des Huguenots de Guyenne
;

et falut

que vous-mes-

me. Monsieur

le Lieutenant,

y allassiez en personne.

Encore ne sceustes-vous
et s'il n'y eust

les

empescher de passer,
vous en
faire

eu que vous

et les vostres qui

fussiez raeslez,

quelque chose qu'en ayez voulu

croire, ils fussent venuz boire nostre vin jusques à

nos portes et vous eussent mis en merveilleux accessoire.

Neantmoins vous voulustes vous donner foute
de leur desroute,
et la

la gloire

desrober au Roy et

à ses bons serviteurs, qui, en temporisant et s'op-

i.

Anne de Joyeuse, envoyé à l'armée à

l'instigation

du duc,

et tué à la bataille de Coutras.

SATYRE MÉNIPPÉE.
posant à leur passage de Loire

2(M

S y avoient apporté les

plus grands effects. Cela véritablement vous acquit

un grand honneur
dont
la

et

faveur envers les Parisiens,

pluspart ne sçavoient pas encore à quoy vous
;

tendiez

mais ceux qui participoient à vos secrets,

et qui lors prirent le

nom

de Catholiques Zelez,

fai-

soient

dejaung Dieu de vostre frère, l'invoquoient en

leurs afflictions, et avoient recours à luy
les

quand on
il

menaçoil du Roy
si

et

de

la justice;

dont

fut

ren-

du

orgueilleux et téméraire qu'il osa venir en

ceste ville avec huict chevaux*, contre les deffenses

tres-expresses que le

Roy luy en avoit

faictes

;

encore

qu'on sçache bien qu'il avoit assigné cinq ou six
cents

hommes de

cheval, qui se rendirent à mesnie

jour prés de luy. Le Pape Sixte cinquiesme sceut bien
dire quelle peine cela mcritoit,

quand
de

il

en sceut

la

nouvelle'; et n'eust pas

failly

le faire,

si telle

chose luy fust advenue. Mais

la

bonne raere

et ses

1.

Variante

:

« Seine. > le

2. L'entrée

du duc Henri de Guise à Paris,

12 mai 1588,

jour des Bai-ricades. Ce pape, en apprenant cette action du duc, s'écria « le de s'être ainsi livré témérairement entre les mains d'un prince irrité » Mais quand il sut que Henri III ne l'avait
5.
:

grand fou
fait

I

!

pas

arrêter,

il

dit

:

«

Que

voilà
si

un grand
ne

sot et

un grand

bénêl de prince, qui ayant une

belle occasion d'arrêter
l'a

im

aaaemi né pour être son

fléau et sa ruine,

point

fiùtl >

202

SATYRE MÉNIPPÉE.
faicts

bons conseillers ^

de sa main et de son humeur,

dont nous n'avons encore que trop de reste, sceurent
si

dextrement imprimer

la crainte

en

l'esprit foible

de ce pauvre Prince qu'il n'osa rien entreprendre, de

peur d'irriter

les Parisiens,
et

et craignant

remettre

encore les troubles

les

misères de la guerre en

son Royaume. Car,

encore qu'il n'aymast pas les
si

Huguenots plus que vous,
rimenté leur opiniastreté,

est-ce qu'ayant

expé-

et

que pour néant

on

taschoit les vaincre et ranger à raison par la vio-

lence de la guerre qui ruynoit son peuple,

il

s'estoit

résolu de ne tenter plus les voyes de la force*;

mais, par

un plus gracieux remède,

avoit

commencé

de

les attirer

à l'obéissance, et reconnoissance de
;

leurs fautes passées
suilte,

les privant

de sa Cour et de sa

des honneurs, charges,

gouvernements,

of-

fices, bénéfices,

dont
;

la

plus-part d'eux se faschoient

de se veoir excluz

si

bien qu'il faut ad vouer que

leurs forces s'estoient plus alenties^ par cinq ou six

ans de paix que par dix ans de guerre ouverte. Et ne
se faisoit plus de

nouveaux Huguenots,

les vieux se

1.

La reine mère et ses conseillers Villequier, d'O
par suite de cette résolution que
le

et

de Vil-

leroy.
2. C'est

roi accorda la

paix aux huguenots, à Poitiers, en septembre 1577.
3. Addit. « et diiniiMiée?. b

SATYRE MEHIPPEE.

203

refroidissants et s'ennuyants de la longueur, et la

plus-part d'eux

permettants

que leurs enfants se
et

fissent Catholiques

pour participer aux honneurs
les autres.

aux bénéfices

comme

Mais vous et les vostres, impatients du repos, et

qui aviez peu de soin de la Religion pourveu que
parvinssiez à vos attentes, ne peustes souffrir ceste
tranquillité, qui

ne vous

estoit

pas saine. Vous aviez

appris que la pescherie est meilleure

quand

l'eau est

trouble
siez

;

si

bien que n'eustes jamais repos que n'eus-

veu naistre celte belle journée des Barricades,
a,

qui nous

vous et nous, ruinez. Encor qu'il
s'il

soit

assez notoire (et vostre frère ne le nieroit pas
toit vivant, et

es-

tous ceux qui estoient de l'entreprise

qui sont icy présents

me

le

confesseront) que,

si le

Roy eust voulu user de son pouvoir et de son

autorité,

nous estions, dés ce jour-là, tous perduz*, estant
bien certain que vous fustes prevenuz et devancez

de trois jours, et que
devoit faire
n'estoit

le

jour de l'exploict qui se

assigné qu'au Dimanche*. Si

1

C'est

René de Villcquier qui persuada au roi de donner ordre
et

aux troupes de ne pas s'opposer aux bourgeois,
leurs quartiers. Cette

de rester dans
le

mesure intempestive

laissa

aux Parisiens

temps de se reconnaître, de s'organiser, et d'élever les barricades. 2. L'entreprise dite des barricades eut lieu en eOét plus lot que l'on ne l'avait résolu, les ligueurs s'étant aperçus que leurs
projets étaient connus.

204

SATYRE MÉNIPPÉE.
1

bien que le Roy, qui sçavoit toute

entreprise, en-

core que ceux qui approchoient de plus prés de sa

personne taschassent luy dissuader

et divertir d'ad-

jouster foy aux rapports qu'on luy en faisoit, eut ses

Suysses et ses gardes et autres gens de guerre tous
prests avant le jour, qui avoient déjà pris les places,

carrefours et quantons de la ville dés le matin, au-

paravant que vostre frère ni aucuns des entrepre-

neurs fust éveillé; lequel,

comme

sçavez, ayant sceu
si

à son resveil ce qui se passoit, se trouva
et si

surpris

esperdu qu'il n'attendoit rien moins sinon qu'on prendre ou massacrer en l'Hos-

le vinst assiéger et
tel

de Guyse,où ils'estoit résolu se deffendre seuleespée, n'y ayant faict préparatifs d'auallast fouiller, et

ment avec son

cunes armes, de peur qu'on y
ester tout
et les plus

pour

soupçon de luy.
mutins de

Ile

mesme, tous

les Seize

la faction se cachèrent

dedans

les caves et chez leurs

amis

et voisins, n'attendants
si

rien que la mort. Et n'y eust aucun
osast paroistre dedans la rue qu'il ne

hardy qui

fust plus de

huict ou neuf heures, tellement que le Roy eust peu,
sans aucune résistance, se saisir d'eux et de vostre
frère, et remettre

absolument sonauctorité,

s'il

eust

permis que ses gens de guerre eussent joué des

mains

et

chargé

les

premiers qui s'avancèrent à faire
les passages des rues. Mais

barricades et

à boucher

SATYRE MÉSIPPÉE.
sa timidité,

SOS
les

ou plustot sa naturelle bonté, avec

impressions que luy donnoient sa mère et ses traistres conseillers,

l'empescherent d'user de l'advan-

tage qu'il avoit en main, faisant deffendre à ses gens

de guerre de frapper ny offenser persomie,

et se

tenir coy sans rien entreprendre ni faire effort à

aucun des habitants. Qui
reprenants
jettée,

fut cause

que

les mutins,

cœur sur les

erres de leur entreprise pro-

eurent loisir de s'armer, et
entre deux gauffres
'

de renfermer

comme

ceux qu'ils n'osoient

auparavant regarder au visage.
Et vostre frère aussy, voyant qu'on tardoit tant à
le

venir attaquer, et que de toutes parts lui venoient

des gens

en armes, que

ceux du Roy laissoient

librement passer parce qu'ils n'avoient point charge

de prendre garde à luy,

et

sçachant que ceux de son

party commençoient à se reconnoistre et à faire teste

aux quartiers, selon l'ordre qu'on avoit auparavant
projette, de désespéré qu'il estoit,
il

entra en pleine

asseurance et envoya ses gentilshommes destinez,

par les rues

et

quantons, pour assister et encourager des places
;

les habitants, se saisir des portes et

et

de sa part, après

s'estre renforcé

de bon nombre

d'hommes armez qui avoient leur rendez-vous à luy,

1.

Ou mieux, comme

la

gaufre dans

le gaufrier.

13

iiOô

SATYRE MENIPPBE.
de sa maison sur
les dix à

sortit

unze heures pour donner

se faire veoirpar les rues, et par sa présence
le signal le feu

de

la révolte

générale qui mit incontinent

en

la teste

de tous les conjurateurs, lesquels,

comme
du Roy,

forcenez et furieux, se ruèrent sur les Suysses
qu'ils taillèrent en pièces. Et les autres gens

de guerre se voyants renfermez entre deux barricades, devant et derrière, sans s'être osé

deffendre à

cause que le Roy leur avoit deffendu, se rendirent
à la mercy de vostre frère, qui les
seureté hors de la ville. Ce qu'il
fit fit

conduire en
tant par clé-

non

mence

et

douceur qui luy fust naturelle que par

ruses et cautelle, pour mieux parvenir à son dernier

but qui estoit de se saisir

dii

Roy, lequel il voyoit en

armes, sur ses gardes en son Louvre, mal aisé à forcer
si

promptement sans grand massacre. Son artifice
fut de filer

donc

doux

[et

de contrefaire

le piteux,

disant qu'il avoit

un extrême
il

regret de ce qui estoit

advenu. Cependant

visitoit les

rues pour encouraplaces fortes,
il

ger les habitants,
se
fit

il

s'assuroit des
il

maistre de l'Arsenac, où

avoit

bonne
le
;

intelli-

gence avec Selincourt*, pour avoir
poudres
et les boulets à

canon, les
enjôla de

sa dévotion

il

belles paroles le pauvre chevalier

du

guet, qui luy

1.

Gouverneui' de l'Arsenal.

SATYRE MÉNIPPÉE.
rendit la Bastille, par faute de

207
11

bon appareil *.
;

ne

luy restoit plus que le Louvre

le Palais estoit à
le Maistre,

luy

:

ce n'estoit rien faict

s'il

ne tenoit

lequel avoit une porte de derrière pour se retirer.

Ce fut pourquoy, pied à pied, on avança

les barrica-

des pour gagner la Porte Neufve et celle de Sainctllonoré. Mais le pauvre Prince, bien adverty de ce

qu'on deliberoit faire

et

qu'on n'en vouloit qu'à luy,

ne s'osant

fier

en sa mère, ni au gouverneur de Paris *

qui estoit lors, qui l'entretenoient de parlements et
d'accord, prit

une resolution courageuse

et

approu-

vée de beaucoup de gens de bien, qui fut de s'enfuir
et quitter tout.

De quoy vostrc

frère se trouva bien

estonné, voyant que la proye qu'il pensoit tenir en
ses lacs lui estoit eschappée.
feste

mémorable des Barricades, que
'
!

tes feries et

tes octaves sont longues

Depuis ce temps-là, qu'aet

vons-nous eu que malheur

pauvreté, qu'angoisses,

peurs, tremeurs, alarmes, deflûances, et toutes sortes

1. D'après de Thou, ce fut par lâcheté ou trahison que Laurent Testu, gouverneur de la Bastille, rendit cette forteresse

au duc de Guise, deux jours après
2.
3.

la

journée des Barricades.
était

Le gouverneur de Paris alors en charge

de Yillequier.

Aux

États de Blois de 1588,
«

un député du
heureuse
et

clergé avait qua-

liflé la

journée des Barricades

sainte journée des

Tabernacles. » Jusqu'à l'entrée de Henri IV dans Paris, les
ligueurs solennisèreat l'anniversaire de cette joiu-née.

tant à Rouen qu'à Chartres. menées à qui peroit son mieux mieux. : le veoir et le l'y atil chérir en sa bonne Ville tirer et ne taschiez qu'à pour parfaire la besongne commencée. 334. vous pristes conseil d'y aller par finesse. et qu'il qu'à vous que vous fussiez n'avait tenu Roys. Vous faisiez les tristes et dolents de ce qui estoit arrivé quand vous en. cher du pair avec vostre Maistre. et mais envers les Estrangers vous bra- vous vantiez d'estre maistres de tout. et bien. Vous commençastes à maret. voyez vers luy viez. . dans les Mémoires de Ligue. Enfin après pluil sieurs déclarations que vous tirastes de luy dont ne fut chiche. de mîseres? Ce ne furent plus que ruses. comment il oublioit et remettoit tout 1. le pour faire croire que peuple de Paris et desiroit estoit plus à sa dévotion que jamais. dissimulations etfeintises. par le duc de Guise.208 SATYRE MËNIPPÉE. que finesses. mais fit n'en voulut rien faire. pratiques. d'une part et d'autre. Voir : Extrait de lettres la écrites t. fois diverses sortes Vous envoyastes plusieurs bassadeurs vers le d'am- Roy. viez parce que n'a- peu l'attraper par force ouverte. p. et qu'aviez gagné en ceste journée des Barricades plus que si vous eussiez gagné celles trois batailles : de quoy vos lettres et de vos agents font ample foy*. II. et à quitrom- compagnon.

vous vous lourdement en la allastes enfiEstais. vous y envoyastes Marteau. La et l'avocat Dor- Chapelle Compan '. Entre autres de ceste \ille. comment Dieu banda s'aller yeux à ceux de vostre famille pour jetter dedans la fosse qu'ils avoient préparée pour autruy ? et d'y Le duc de Guise eut grand soin de travailler les provinces.SATYRE MENIPPEE. 203 ce qui s'estoit passé. 12. député aux Etats de Blois. ses principaux 1. ne veit jamais une telle impudence que qui envoyez de ville en ville faire eslire des hommes de vostre faction pour venir auxdits Estats. les uns par force. . faire tout passer à vostre fanfistes par le moyen des brigues que vous *. faire nommer ses créatures ou ses partisans députés pour les États de Blois de 1588. En Languedoc. Roland leans. ligueur. Marchand de Paris. à l'élection des députez des Provinces En quoy on la vostre. qui estoient notoirement les principaux au- theurs de la rébellion et les instruments dont vous vous serviez le plus pour tromper le peuple. le Président de Nully. les autres par corruption d'argent. Qu'est-il besoin de remémorer et icy ce qui se passa les à ces Estats de Blois. et les autres par crainte et menaces. ler bien promotion des où vous vous promettiez taisie. préparez de mémoires accommodez à vostre intention. 2. où ne voulustes jamais qu'on usast du mot de pardomier. agents furent les moines feuillants.

210 SATYRE MÉNIPPÉE. messieurs vos frères. du duc Henri de Guise. 1588). rents et fauteurs d'Hérétiques* voicy une bourrasque qui enlevé ces deux grosses colomnes de la Foy. Monsieur le Lieutenant. les États. non plus que ses cousins adhé. 2. et l'autre. profond qu'on ne les a jamais veuz Fut-ce pas ouys depuis un grand coup du Dieu. et de son frère le CarIII dinal. dedans ceste en moyne et le ville pour le faire tondre renfermer en un cloistre. du vent. l'un se disant Lieutenant gênerai. se trouvè- rent tout à coup eux-mesme pris et renfermez par ? celuy qu'ils pensoient prendre Aucuns ont voulu dire que vous. par force ou autrement. massacrés pendant Blois. et faisoient leur compte de l'amener dedans trois jours. furent brûlés dans une salle basse du château de . par ordre de Henri (23 et 24 déc. estant jaloux de la grandeur et haute i. Patriarche de l'Eglise gallicane. Les corps Décision prise aux États de Blois. que Ciel un merveilleux jugement de ceux qui pensoient tenir leur Maistre à la chaisne. et le Roy de Navarre indigne de jamais succé- der à la Couronne. après Alors que pensiez estre au dessuz ceste belle loy fondamentale par laquelle vous déclariez le feu Cardinal de Bourbon premier Prince du sang. et les jette en gouffre de ni et un mer si *. en 1588. Grand-Maistre et Connestable de France.

le duc de Guise. une rivalité d'amour. et payer ses debtes. Il parait certain que madame d'Aumale vint de Paris à Dlois avertir le roi des projets des Guise et des membres de l'Union. Il y avait entre le duc de Mayenne et son frère. Au massacre de Où on l'eût fait ses frères. je ne pense pas qu'ayez eu le et cœur si lasche que de trahir vos frères . Si cela est vray. de porter des rubans à la couleur coutume était. si on luy eust voulu donner et gouvernement de Picardie de Boulongne. . où l'on vous eust faict de leur livrée*. madame d'Aumale'. faict Et dit-on que son mary et elle eussent dés lors banqueroute à le la Ligue. 4. je m'en rapporte à vous. 2. soit que vous vous deffiassiez de l'en- cloueure.SATYRE MÉNIPPÉE. vostre coule fut à Blois exprés : pour descouvrir tout mystère au Roy où elle ne perdit pas ses peines. vous vous tinstes à Lion. périr comme eux. Quant à vous. aux ou livrée du marié. aux escoutes. ou que ne voulussiez vous bazarder tous trois ensemble. advertistes le deffunct Roy de l'entreprise qu'on faisoit de l'emmener. mais. et ils furent même sur le point de se battre. on sçait bien qu'estiez convié à venir et vous trouver aux nopces». 21i fortune de monsieur vostre frère*. Mais c'est chose toute vulgaire. et l'admonestiez de se haster d'y prévenir. La noces. 5. que sine. pour attendre l'issue et l'exécution de l'en- 1.

Mais il fut prévenu. après l'assassinat des Guise. si que nous serions maintenant à nos ayses. que la renommée nous portée jusques icy après leur capture. Etienne de de les Nuilly. 3. Nous n'eussions pas veu les furieuses administrations et de Marteau. et se retira en la ville. pour s'emparer de sa personne par ordre du roi. si la justice. sçachant la nouvelle. que n'ayons la paix. dont nous avons tant de besoin. leur eust esté faicte comme elle devoit'. La Chapelle-Marteau. Au lieu mettre à mort. que n'csperiez. comme d'Aubray semble dire qu'on . avant qu'il n'apprit le meurtre de ses frères. ce Prince eust eu le courage de passer outre et conti- nuer ses coups ! Nous ne verrions pas Monsieur de et Lion assis prés de vous. Nully S le Compan Roland. le 1584. seigneur Alphonse Corse* n'eust esté devancé. et se relira dans son gouvernement de Bourgogne. vous servir d'arq-boutant pour faire vos pratiques et les siennes à Rome et en Espagne. qui ont mis peuple au desesavoit ap- poir. 2. Etienne de Nuilly. par ses sermons et ses raisons colorées de religion. ne se trouva pas asseurée aux fauxbourgs. où était duc de Mayenne. Jean Compan et Roland furent arrêtés à Blois. vostre Madame sœur eut la mesrae frayeur que vous. et toutes les autres gran- Alphonse d'Ornano fut envoyé en poste à Lyon. et pour empescher. et treprise qui fut toute autre s'en fallut si le peu que vous-mesmes ne fussiez de la farce. fut prévôt des marchands en 1582 et •1. qui.212 SATYRE MENIPPEE.

entre les Guise et il l'Espagne. sur commen- cement de leur révolte. l'avoit gastée*. et leur donnastes courage aurait dû le faire. si leurs députez eussent passé par le mesme Fidelium^. Deus. de qu'il pensoit gharir comme il ne se fust point laissé devancer par Sainct-Maurice et Rossieux^. et après la 5. et s'arresta lors qu'il devoit plus vivement poursuyvre son che- min. S'ils de la eussent eu le même sort que les Guise. dont vorisa l'extension dans fa- son gouvernement. Toutesfois. suivre. 2. fait François d'Entragues. 213 des villes n'eussent pas bnislé du feu de la rébellion. et se montrèrent ligueurs enragés. trésorier de France à Orléans. se contenta de veoir son principal ennemy et compétiteur abattu. fut plus tard secrétaire d'Etat pour la Ligue. Mais la toit douceur de ce bon Roy. les choses ne se fussent pas débauchées comme elles firent par faute de donner ordre à ce le premier tumulte. gouverneur de l'Orléanais à la suite du ti'aité conclu en 158i. etc.. Hais agirent tout différemment. à Joinville. tenait le château d'Orléans pour la Ligue. 1. le roi les fit relâcher. Vers 1588 il em- brassa du roi mais les Orléanais ne voulurent pas le mort du duc de Guise il dut se réfugier au château d'Orléans. sous promesse de ils s'employer à apaiser la sédition Parisienne. Royssienx..SATYRE ÎIÉNIPPÉE. A l'Introït messe des morts on dit une oraison qui commence par : Ftdelium. où vous vinstes. . qui n'es- nullement sanguinaire. ce qu'il avoit si le sieur la d'Ântragnes cust faict réduction d'Orléans. le parti .. et promis. où ils l'assiégèrent.

Les pièces et détruites depuis en furent recherchées de la 2. prononçait l'excommunication . la Cour de Parlement. par les enfants en leurs prières*. on ne le désignait que sous le nom de tyran. ce feu embrasa toutes bonnes villes de ce Royaume. la Sorbonne rendit. les quasy tout à un coup. si horrible et espouBussy-le-Clerc. et y en a peu qui se puissent vanter d'en avoir esté exemptes. et le chancelier chargea de cette recherche Pierre Pithou. à leur exemple. le 7 janvier 1589. fistes faire à accoustumé d'estre prosterné à geil noux devant 1.il dire ou alléguer rien de vantable que ce que vous petit procureur. les images et armoiries du roi furent brisées ou mutilées. et le Pape. par les Prescheurs. vous deffendistes de parler de luy sinon en qualité de tyran. tant vous aviez sceu dextrement pratiquer parts. Et se peut. l'auteur harangue de d'Aubray. hommes de toutes Là dessuz. le Parle procès du roi Henri 111. enfin le légat déchu. et relevait ses sujets de leur sei*ment de Morosini le proclamait excommunié ipso facto. par Henri IV. détester et maudire par les Curez. et opiniastrer à de se rebeller bon escient. vous le fistes exécrer. Après la mort des Guise. et. Sixte V. vous le fistes excommunier. un décret qui le déclarait fidélité. laquelle eut le lement de Paris instruisit Après l'assassinat du duc et du cardinal de Guise. pour nous rendre irréconciliables fistes faire avec nostre Maistre. Puis. vous nous luy son procez S vous nous fistes pendre et brusler son effigie. vous nous en fistes faire autant.214 SATYRE MÉNIPPÉE.

Jean Le Clerc. de l'Estoile. cœur de et la rage d'aller prendre M5 au siège vénérable captive et pri- la justice souveraine. 1. exactions et vilenies*. U ne faut que lire ces vers. que j'estime digne d'estre insérée aux registres et cayers de nos Ëstats : Pour cognoîstre les Politiques. et la mener sonnière en triomphe par les rues jusques à son fort et tesniere de la Bastille S dont elle n'est sortie que par pièces. fut faicte de ce temps-là une plaisante rime.) 2.SATYRE MÉNIPPBE. les emprisonnements et ran- çonnements des habitants et gentils-hommes qu'on sçavoit estre pecunieux et garnis d'argent. Fauteurs dHeretiques. autrefois procureur et alors gouverneur de la Bastille pour la Ligue. qu'il a exercées sur les gens les pillages de bien? Je laisse de plusieurs riches maisons. furent relâchés le jour même ou les jours rançon. sur ce propos. avec mille concussions. (Journal de Henri III. dit Bussy. la vente des précieux meubles. Et. Tant soient-ils cachez et couverts. en pleine audience. suivants. lesquels on baptizoit du nom de Politiques. D'autres tarent mis en liberté moyennant . le 16 janvier 1589. et les emprisonna à la Bastille. ou d'Adhérents et Fauteurs d'Hérétiques. par P. Ceui des membres du Parlement qui avaient suivi volontairement leurs collègues arrêtés. Adhérents. arrêta les membres du Parlement.

Ne vous liez en tout cela. ou pour être de garde aux portes de et la ville. : Qui ne Qui a dit point : te Biarnois. Au lieu de prendre son harnois. et qui loue . ainsi 2. Qui. la tranchée et au rampart'. aux Seize la moue. Dès le commencement des troubles les Jésuites insti- tuèrent. n'est point faict de la bonne part. Court à toutes processions. Qui 11 mention de concorde. sentinelle. faict la figue. une congrégation de Notice- Dame. ce siècle d'or où nous sommes . aux remparts aux trauchées . il ne vaut rien. Qui ne veut donner tout le sien A ceste cause. Les Seize étaient cette congrégation. Qui a pris sa robe foun'ée. sent le fagot ou la corde. En Qui se plaint du temps et des hommes. la la Qui aux Quarante a Qui n'a point barbe à Ligue. confit en dévotions. le Ains dit le Roy. dans leur maison de Paris. affiliés Pour faire que tous les principaux ligueurs. Les pensant hors de tout crédit. Qui tard l'Union a jurée. laict Qui en murmure ou en mesdit. Qui ne va point chez les Princesses. dite congrégation du Chapelet.216 SATYRE MÉNIPPÉE. 1. Qui se fasche quand on l'appelle A A Il la porte. Qui à Pasques n'oit que deux Messes. parce que tous les memà bres en devaient porter un sur eux. Mérite y avoir \u\ licol. à la sentinelle. Qui n'a des ciiapelets* au col. Qui a veu lettres de delà.

curé de Saint-Gervais ti'ois et Boucher. Machault. étaient membres du Conseil des Seize. quant à La Rue. paix. la prédicateurs ardents Ligue.SATYRE MÉNIPPÉB. curé de Saint-Benoît. l'auteur pré: tend qu'elle était suspecte depuis que le Parlement ligueur mort quiconque parlerait de la paix. Prières et pèlerinages. grand ligueur. tous deux boi- teux. Les frélut désignaient en Champagne ceux qu'à Paris on appelait les Politiques. il . Qui u'eust point peur à la Toussainct»^: 1. 3. Qui demande par la fenestre A ses voisins que ce peut estre. Lincestre. la et Pire qu'un Turc. xin ! Gardez qu'il ne vous enfariné Qui n'ayrae point ouyr prescher Commelet. c'était un tailleur. Deux bourgeois qui avaient blement du roi furent pendus par les liguturs. Allusion i Acharie et au petit Feuillant. Tous en faveur de 5. Da pacem. Aux alarmes et toque-saincts . . Une antienne commence par la Seigneur. 6. S'il 217 entremesle en ses suffrages pacem*-. Commelet. le Un Da C'est pour moins Combien qu'il fasse Adheran bonne mine. C'est un Maheutre. que Henri rV prit le» p::rlé £aTora- taubourgs de Paris. donne nous avait déclaré digne d 2. Mammelu! Qui n'honore seigneurie De Baston. Guincestre et Bouche Et qui volontiers ne salue Louchard. 4. les mots Par plaisanterie. Acarie. en souspirant. Et qui a dict en quelque endroit Que jamais boiteux n'iroit droit*. eu ung Frelu*. La Morliére et La Rue*. jésuite. Louchard et la Morliére. C'est le jour de la Toussaint 1589. Domine.

et Grand Prieur de la . ou Mvelle Ont imprimé quelque nouvelle. curé de Saint-Cosme. Des liarricailes. fête chômée solennellement par les ligueurs. Qui. Sainct-Cosme'. dievalier de Malte. comme Bussy Le Clerc. 6. et qu'il ne se peut rien faire de plus naïf pour exprimer nos procédures et les façons dont nous avons usé pour trouver de l'argent. Empougnez-moy Ils ces gallands-cy! en sont! Et pourquoy? Et pource Qu'ils ont de l'argent en leur bourse 1 J'ai retenu ces vers par cœur parce qu'ils sont si vulgaires que les femmes et petits enfants les ont appris. Ilamilton. Qui la bonne feste. qui vous ayderent 4. tille. Bussy*. le il pilla les plus dénonçait les maîti'cs 4. lors que Bichon En doute et s'enquiert de l'aullieuTi I Je gage que c'est D'autres eiicores un Fauteur on remarque et A une plus certaine marque. en janvier 1589. Uicliel de S^vre. il Après l'emprisonnement du Parlement. 3.•:is SATYRE MÉNIPPÉE. nommée chômée*. Olivier^. riches maisons de Paris. L'anniversaire de la journée des Barricades. qui furent pris par les ligueurs. 2. Quatre cent mille écus d'or. caches dans sa maison. dont royalistes. Mais on a oublié d'y mettre l'or de Molan» et le thresor du Grand Prieur de Champagne*. qui emprisonna Parlement à la Bas- 5. n'a Qui ne parle reveremment Du Cousteau de Irere Clément.

Car. a — Saint-.Vicolas-des-Champs bien. Les troupes du duc d'Aumale. Locution populaire et proverbiale qui. signifie 2. qui assiégeait Senlis. et du Prieur de : nation de Champagne. ramassée de gens transportez d'erreur et d'amour de nouveauté que leur mettiez en la teste.. il n'y avoit point de fuite sur la Et voulustes colorer vostre prière que nous vous fismes de nous secourir contre les courses de messieurs de Longueville. qui vous aydèrent 4. par antiphrase et au figuré. jadis Grand Aumosnier. pour braver vostre Maistre que pensiez prendre à despourveu. Amiot. la frayeur vous saisit tellement. feroient quelque tumulte pour veistes le vous sitost que et qu'on parloit à vous à coups de canon. Les éditions postérieures ajoutent Celuy de rEves(iue de Meaux. furent . après avoir mené je ne sçay quelle troupe. que le Roy de Navarre estoit venu assister et secourir son frère. et autres . » . qui ne fut pas long ni de grand effect. : avec peine et difficulté. ou avec espérance que ceux de Tours livrer.SATYRE MÉNIPPÉE. que ce fut à vous de vous retirer en diligence par des chemins esgarez où pierres*. de l'Evesque d'Auxerre. ayant un notable inte- rest qu'il ne tombast entre vos mains. de La Noue et de Givry. yostre Chancelier. après la honteuse levée du siège de Senlis».. au lustre des escharpes blan- ches. 219 bien à faire vostre voyage de Tours.

3. Vous laissastes neantmoins prendre. icy . voyant qu'on retournoit à vous pour vous attirer à bataille. Et. 1. du Roy. et le duc d'Aumale s'enfuit à Iranc élrier. contre tous les anciens privilèges à eux accor- dez par les deffuncts Roys. vostre Prince. Estampes et Pontoyse* sans les secourir. la ou vous resserrer entre nos murailles. Prises par les troupes royales en 1589. ainsi qualifié 2 . vostre Bienfaicteur. car je trouve emphase* en ce mot qui emporte battues par Longueville et La Noue. et qu'il n'y avoit plus Ciel =*. vostre Roy. Ce mot est employé ici dans une l>onne acception. que les vostres s'en alloient ruynées. L'attentat de Jacques Clément. moyen de vous en sauver sans un coup du qui estoit par la mort de vostre Maislre. ayant deux si puissants dogues à la queue. Vous vous doutâtes bien. mais ce ne furent que fleurettes au prix de ce que nous avons souffert depuis. et donnastes la deffense quelque ordre pour de Paris par un antisi dote pire que le mal n'eust esté on nous eust pris. vous au progrez des affaires veistes bien. par les prédi- cateurs de la Lifîue. Je dy vostre Roy. 4.220 SATYRE MÉNIPPEE. à vostre nez. Et ce fut lors que les Parisiens commencèrent à veoir des hostes vivants à discrétion en leurs maisons. . Estant vous vous deffîastes * bien qu'on ne tarderoit gueres à vous suivre de prés.

Variante < pour l'encourager. suivre. oincte. : Anagramme de Chartreux. et chérie 221 de Dieu. où font ces estranges et espouvantables feux qui passent de bien loin le feu matériel et élémentaire? Je ne veux pas dire que ce fust vous qui choisistes particulièrement ce raeschant que l'esfer créa'. le frère Jacques Clément. et obéir s'il en toutes ses voluptezS n'y avoit quelque divi- nité et quelque parcelle de la puissance de Dieu meslée. eveschez. a été remplacé. » . 4. pour aller faire cet exécrable coup que il les furies d'Enfer eussent redouté de faire. peust commander à tant de milliers d'hommes. monts et merveilles. aux les sui- i. par volontez. mais est assez notoire qu'auparavant qu'il s'acheminast à ceste raaudicte entreprise. les uns disent aux les autres à Saint-Lazare. se faire craindre. et laissastes faire le reste à Madame vostre sœur. Ce mot se tronve dans l'édition princeps. entre les anges et les hommes. comme mitoyenne Car comment foible. l'assassin eut une entrevue avec duc de Mayenne et Lachapelle-Marteau. Avant de tuer Henri III. vous luy promistes abbayes. une personne sacrée. vous le veistes et je diroy bien les lieux et endroits^ si je vouloy. comme on dit que les démons se meslent ils et entrejectent dedans les nues du tonnerre. Dans il vantes. 2 3.SATYRE MÉSIPPÉE. desarmé. seul. non sans raison. où l'encourageastes*. seroit-il possible qu'ung homme nud.

vous prendre prison- niers en ceste ville plus de deux cents des princi- paux citoyens et autres^. sitost que votre fistcs arrester et endia- blé fut party. sœur du duc de Mayenne.laciibins. même du crime. Puis. Les prescheurs de Rouen. s'abandonna à ce jeune moine. que pensiez avoir des biens. qu'on eust encore patience sept ou huict jours. On prétend même que l'on promit à Jacques Clément le chapeau de carJinal. Car. qu'il y fust advenoit martyrisée soit. i. il l'encouragea aumem-tre.222 SATYRE MÈNIPPÈE. quant au Prieur des. vous faisiez prescher le peuple. les prisomiiers. qui passoient bien plus Jésuites et à son Prieur. des amis. Mais l'assassin ayant été massa- cré à l'instant tiles. et lui fit en etïet la promesse ci-dessus. en cas qu'il eust esté pris avant le faict ou après. comme une précaution dont vous vous propole siez servir pour rascheter meschant Astarot. désormais inu- furent relâchés. qui parloit de se rendre. Ces prisonniers étaient des otages qui devaient répondre de la vie de Jacques Clément. et du crédit avec ceux du party du Roy. La duchesse de Montpensier. et Qu'ainsy ne que ne fussiez bien adverty de tout le mystère. 2. et qu'avant la fin de la sepmaine on verroit quelque grande chose qui nous metlroit à nostre ayse. d'Orléans et d'Amiens le prescherent en mesme temps moyne et en mesmes termes. oultre et ne lui promettoient rien moins qu'une s'il place en Paradis au dessus des Apostres. . E Ime Dourgoing.

car. et vous-raesme ne les devez pas moins remercier. par précipitée colère. Vous pouvez avoir ouy prescher que ceux qui tuèrent Absalon. Je ne veux fortifier ceste maxime par beau- coup d'histoires. Je n'en dirai que deux : l'une de la Dible. car. combien 1.SATYRE MÉNIPPÉE. et l'autre des livres Romains. après son coup faict. mourir en son lict. . vivre. si on l'eust laissé comme il faloit. sont bien obligez à ceux qui. ayant le gage de tant d'honnestes siez la 223 hommes. ceux que teniez prisonniers. tuèrent à coups d'espée ce une mes- chant. jamais on ne veit vassal et subject. et pas ne sçavons encore ce qu'il vous garde. et y eussiez blancs draps*. et mis entre le fil les mains de justice. treschange. en conlesquels. esté couché en pour une marque ineffaçable de l'a Yostre desloyauté et félonie. ny réfuter celles que nos prescheurs allèguent pour deffendre et justifier cest acte horrible. Mais Dieu ne ainsy permis. si les exemples du temps passé portent quelque conséquence pour juger des affaires du temps présent. nous eussions eu tout de l'entreprise naifvement deduict. sur faicte menace qu'eussiez de faire mourir. qui eust entrepris de chasser son Prince. vous pen- qu'on n'eust osé faire mourir cest assassin. Comme on dit : être dans de beaux draps. à la vérité.

le beaucoup cet auteur. scn Roy le qu'il fust eslevé et son pays. c'ost-à-dire cent vingt. pour l'empire Rome. Monsieur faire le Lieutenant. Otho et Yitellius. son prédécesseur. comme dit l'autheur qui sert aujourd'huyd'Evangeliste à plusieurs % pour amitié qu'il portast à Galba. mais pour enseigner tous les Princes d'asseurer leur vie et leur estât présent. . fit duc de Mayenne . à qui il commandement de Si faisoil la guerre. vous aurez trouvé que Yitellius six vingts fît mourir plus de d'avoir hommes* qui se vantoient tué Galba. bien qu'ennemy. et avoient présenté requeste pour en avoir recompense non. tandis qu'Henri 3. des feux de joye'. Le feu Six vingt pour six (ois vingt. L'historien latin. en armes contre son père. ayant sceu la nouvelle du cruel acci- dent de celuy par la mort duquel vous entriez au Vous fistes chemin de la Royauté. C'est pourquoy. vous avez leu les conflicts qui furent fnicts entre de. Tacite. duc Henri de Guise lisait III étudiait III. En apprenant la mort de Henri Machiavel. neantmoins furent punis de mort par David. leur successeur. ni honneur qu'il luy voulust faire. Galba.224 SATYRE MÉNIPPÉE. 1 2. en quelque façon que ce soit ven- gera leur mort. et faire connoistre à ceux qui entreprendroient d'attenter à leurs personnes que l'autre Prince. vous eustes grand tort de démonstration de tant d'allégresse.

la quittèrent à la mort de Henri 2. ou Jules César. au contraire de ces riez. d'honneur et d'authorité! Et. le peuple les rues. ligueurs proposèrent d'ériger une 15. . au lieu que deviez redoubler deuil les oz '. qui tesmoignoient acte. sutue à . et qui l'avoient tué. il combien que par et perdoit sa mort demeuroit Roy paisible en luy son plus grand enuemy . son fit compétiteur et capital adversaire. Certains prirent verte en signe de joie. grands personnages. en signe de resjouissance. assez combien vous approuviez ce malheureux fîstes faire l'effigie vous trer du meurtrier pour la mons- en public'. et le soir. et et du la cardinal de Guise. quand vous sçavez la cruelle mort de celuy de qui vous teniez tout ce que vous et vos prédécesseurs aviez de bien. de ces non content communes allégresses. ou faire fit comme Alexandre le Grand. qui et les fit recueillir de Saùl honorablement ensepulturer. la vostre noire. mourir ceux Mais vous. qui de si superbes pleura à obsèques à Darius. et man- allumer des feux de joie dans Paris gea et dansa dans 1. de resjouissance. sçachant la mort de Pompée. comme d'un sainct canonisé. 225 vous pristes l'escharpe verde.SATYRE MÉMPPÉE. au lieu qu'en de\iez faire de ûmebres . en signe de fit Vous deviez imiter David. qui chaudes larmes. Mayenne et il ses partisans portaient l'écharpe noire. vous feux de joye et toutes sortes et faictes festins. Depuis la mort du duc 111.

par Poltrot Fi'ançois de Guise. afin que cela un leurre et une amorce à d'autres qui pourroient entreprendre de faire encore un pareil coup au Roy de Navarre. mais il faudroit que la pa- menteuse (ce qui n'est point). une belle occasion de vous faire eslire Roy. par l'exemple de ce nouveau martyr. sur l'asseurance qu'ils prendroient. et le feu Admirai pour avoir faict assassiner vostre porc^ Mais je lairray traiter ceste matière aux Théologiens. puisque n'aviez point craint de déclarer en tant de lieux que vostre but estoit de régner. rechercher sa mère et ses parents pour les fiist enrichir d'aumosnes publiques. comme vostre a faict pour avoir assassiné le feu Admirai. pour vous ramentevoir une lourde faute que sur cest instant : fistes car. et sur le coup. sur un pilier de marbre dans l'église de Notre-Dame. vous aviez lors. On accusa le l'amiral de Goligny d'avoir fait tuer. qu'après leur mort ils seroient ainsi sanctifiez et leurs parents bien recompensez! Or. 1. ni vous pronostiquer ce qui vous peut advenir pour ce faict-là role de Dieu fust . de Méré.226 fistes SATYRE MÉNIPPÉE. je ne veux point examiner plus avant vostre conscience. duc . si vous ne recevez bientost le salaire que Dieu promet frère aux meurtriers et assassinateurs. et y fussiez mieux Jacques Clément.

une mesme la distance famille. et devint. en conferoient l'estoit recommandations de son père. qui avoient une grande opinion de vostre vaillance. dont vous estes fort descheu depuis. à qui inconsidéle tiltre rément TOUS deferastes sonnier*. qui se estoit pri- vostre nepveu. un prétendant à la couronne. Le jeune duc de Guise. en haine du gitime successeur qui notoirement estoit Huguenot. «7 parvenu que ne ferez pas à présent que vous briguez de l'estre. d'une mesme neantmoins de plus de dix degrez. donnoit beau lustre. où les Docteurs disent cesser tout lien et droit de consanguinité. comme vostre nepveu faict à présent'. . et ne lé- fay doute que ne l'eussiez emporté. aussy. 2. Le Cardinal de Bourbon. retenu à Amboise après l'assassinat de son père à Blois.SATYRE MÉSIPPÉE. s'en échappa. sur le changement d'une lignée en soit l'autre et et combien que ce tige. n mourut en prison à Fontenay en Poitou. Et puis. le 9 mai 1590. Vous aviez la encore les peuples animez. vous aviez les Prescheurs. qui eussent deduict mille raisons pour persuader le peuple que la Cou- ronne vous appartenoit mieux qu'à luy. toutes les de Roy. pour les ligueurs. ardens et courans à nouveauté. et l'un et l'autre ne vous y pouvoit nuire. L'occasion en estoit belle . encore que le docteur Balde a escrit que ceste règle 1.

et tout le droit divin des gens. encore qu'on l'attribue au Président Rrisson* ou Jeannin ccst expédient faillit : mais quiconque inventa et aux termes de grammaire dans sa tragédie des Phéniciennes. et vy selon Vous eustes peur de prendre ne craigniez pas d'en usurper la le tiltre de Roy. Tant y a que vous aviez la force et la faveur du temps en main. ains par une pusillanimité et couardise trop lourde et grossière. et je ne sçay qui en fut l'autheur. . dont on n'avoit jamais ouy parler en France . soy juste. Le pr. Mais au reste. combien qu'en toutes autres toutes les loix choses vous violiez impudemment du Royaume civil. qui disoit : souvent pour excuse ces vers d'un poète greq ' S'il faut estre meschant. naturel et Vous oubliastes toutes les maximes des grands maistres en matière d'entreprise sur les estats d'autruy. laquelle vous desguisastes d'une qualité toute nouvelle. de laquelle ne sceustes pas vous servir. qui se vantait d'être inventeur de ce titre nouveau.128 fallit SATYRE MÉNIPPÉE. Euripide.'sidenl Barnabe Brisson. donnant le tiltre de et forme de Roy à un pauvre Presbtre prisonnier. 2. soy-le pour estre Roy la Loy. mesmement celle de Jules César. le seul . 1. in familia Borhoniorum. et puissance. vous voulustes garder quelque modestie loy civile.

SATYRE MENIPPEE. Le Béarnais. d'Estat. au prix de faillir à Quand vous vous curastes fustes afflublé de ceste belle qualité. faict autrefois nom de Régent. à . qui il ne peut faire sa fonction. Quiconquos est Lieutenant est lieu tenant tient le lieu. dre. Mais de dire soit qu'ung homme l'Estat Lieutenant d'une chose inanimée. c'est-à-dire Henri IV. comme une Chimère contre d'ung autre. comme on avoit quand les Roys estoient prisonniers ou absents de leur royaume. faillir Mais c'est peu à parler. 229 On vous pouvoit donner le ou de Lieutenant gênerai du Roy. c'est chose absurde. et qui ne se peut soubstenir. et eut esté plus tolerable de dire en l'Estat et l'Estat. et la assiéger. pren- amener prisonnier le nouveau successeur à Couronne*. Couronne de France que Lieutenant de de chose de faire. comme ou la Couronne d'un Roy. si rudement nos bourses qu'eustes la- moyen de mettre sus une grosse armée. mais lieutenant de l'Estat et Couronne est ung tiltre inouy et eslrange qui a trop longue queue. qui ne se disoit pas Lieutenant. mais 1. cause de son absence ou autre empeschement est lieu tenant et Lieutenant d'ung autre homme. duquel nature qui faict peur aux petits enfants. . avec quelle vous promettiez poursuivre.

faut confesser que. avaient arré des chambres et places pour le voir passer quand on l'amènerait (Mémoires de lié et garotté. sans la résistance que luy à la porte de i. qui vous teste à le cul firent Arques. comme un lors qui devança nos pensées et les vostres. Nous fusmes bien esbahis. » P. quand au lieu de veoir ce nouveau Roy à la Bastille. grossie de tous vos secours estrangers. qui le croyaient ainsi.230 SATYRE MÈNIPPÉE. boutiques en la rue Sainct- Anthoine pour passer enchaisné. en attaquer cinq ou six mille. et enfin vous contraignirent lever honteusement et chercher vous mesme seu- reté au delà de la rivière de Somme. Que fistes-vous de cette grande armée. Mais vous vinstes qu'il à notre secours qu'estions . et le était acculé en de Normandie. de lEstoile. Les chefs Ligue répandaient ce bruit à : peuple y ajoutait « Même plusieurs de Paris et des plus simples. asseurez ne nous feroit plus de mal et fit. d'Espagne et d'Allemagne. d'Italie. . tout à faict. sept. nous le veismes dedans nos fauxfoudre de guerre bourgs avec son armée. la foi et qu'il allait infailliblement être pris. Le bruit avait couru à Paris qu'Henri IV plaisir. avec trente mille hom- mes.) La vic- toire d'Arqués fut une grande déception pour ces naïfs. comme il en estoit bruit. quand l'amèneriez de Dieppe prisonnier*. 1589. sinon faire connoistre vostre foiblesse imprudente et mau- vaise conduite? n'ayant osé. Vous nous aviez desja faict garder et louer des le veoir Roy nos places.

du Perche. qui dele parti puis embrassa 2. Bussy. puis il fut porté à cinquante-quatre. tant qu'à conquérant faict la eut en ronde du tiers de son Royaume. . 3. le Roy de Navarnî du Dmiois. Il décerna au duc de Mayenne 27 le titre de lieute- nant général de l'Etat. de la la fin. comme son nom l'indique. nous eust pris avant que fussiez arrivé. du roi. il mourut misérablement dans sa prison. et que laissiez tremper en prison vostre Roy imaginaire sans le secourir ni d'argent ni de estât moyens pour entretenir son se mit en possession royaP. du Yandosmois. il fit parvenir au conseil de la Ligue une demande de secours qui fut rejetée . Depuis ce temps-là vous ne fîstes rien de mémorable en vostre Lieutenance. que l'establissement de vostre Conseil des Quarante ^ et des Seize. Le cardinal de Bourbon. que vous avez depuis Et cependant révoqué et dissipé tant qu'avez peu. Charles X. Christophe de Bassompierre. luy i. faire Testât que vous vous amusiez à de vostre Mai- son. meilleure partie de après qu'il Normandie. le 9 mai 15j0. Le Conseil des Quarante fut d'abord composé de quarante membres. le mars 1589. moitié de honte moite de desespoir. 2H il un qui luy est aujourd'huy serviteur'. roi de la Ligue sous le nom de Dénué de tout.SATYRE MÉNIPPÉE. du et Mayne. et par l'importunité qu'on vous fit. vous fustes contrainct. père du maréchal. était prisonnier à Fontenay-le-Corate. et fut dissous par lui au mois de novembre suivant.

le Biarnois et fausses nouvelles . . au devant. vieil guerrier. Mais nous vismes ce mort bientost prés de nos portes . il tourna visage droit à vous. nous voulustes pour nous consoler en ceste perte. où il vous un tour de pour avoir moyen fit de vous combattre car il leva son siège et sem- blant de reculer dedans le Perche pour vous attirer plus avant et vous faire passer les rivières à le suivre. Mais. et vous-mesmes eustes loisir si grand peur de son ombre que ne pristes de vous reposer que ne fussiez passé en Flan- dres. mes gens! Tout est perdu. et vous donna la bataille et que perdistes. où vous fistes ce beau marché avec le Duc de 1. sauvez-moi mort. en et vou- lant se faire ouvrir les portes de Mantes. Inite après sa défaite d'Ivxy. ne pustes-vous vous tenir nous donner une bourde. duquel vous n'aviez osé attendre la veue ni la rencontre. vous et vostre sœur. 14 mars 1500.238 aller SATYRE MÉNIPPÉE. fît lorsqu'il assiegeoit Dreux. plus par faute de courage le de conduite que par faute d'hommes. nombre des vostres passant de beaucoup les siens*. 2. Encore en ceste grande de affliction. Bataille d*Ivry. criait Mes amis. sitost qu'il vous vit passé et engagé à la plaine. : Le duc de Mayenne. mais le Biarnois est . comme et vous estes coustumier. de nous paistre de mensonges faire croire. que estoit mort-.

de Poissi. au lieu de maistre.) . et qui vous a tellement ruiné d'honneur et de réputation que je ne voy pas moyen de vous en pouvoir jamais : relever car. D'autres éditions signifie : tiques et facétieux. qui depuis nous a cousté si 255 cher. Parme. et veut dire « Et ici Ke morfondre. c. Dequoy les gentils-hommes François qui vous accompagnoient avoient despit et desdain et . vous vous la allastes rendre valet et esclave de qui soit soubs le ciel.SATYRE MÉNIPPEE. nostre nouveau Roy ne chomil moit pas. Propos rusi. tant estiez transporté d'appétit de vangeance et d'ambition. pendant ces indignitez et deshonnestes sub- missions que faisiez au préjudice du et nom François de vostre qualité. x. On trouve dans Noël du Fail ce passage pour le froid qu'il avait naquelant des dents. proprement claquer -des dents. par la prise beil. car et nous boucha nostre rivière en haut de Mantes. il comme avez depuis expérimenté. ce qui est une faute. vous seul n'aviez honte de vous rendre vil et abject en deshonorant vostre lignée et vostre nation. Melun et Montreau. puis nous vint oster la Naqueter portent laçueter. de Cor- en bas. quand vous faisoit naqueter* après luy et attendre à sa porte avant que vous faire une response de peu d'importance. » (V. nation la plus insolente à Vous vous asservistes l'homme le plus fier et le plus ambitieux qu'eussiez sceu choisir. Or.

il n'y avoit plus de difflculté que ne fussions assiégez. plaine de France par la prise de Sainct-Denys.234 SATYRE MENIPPÉË. Mais faut-il dire que temps que vous mistes à nous venir secourir long qu'il cuida nous mettre plusieurs poir. et croy que si fut si fois au deses- le Roy vous eust demandé un il terme pour nous prendre. eussions faict ceste perte petit feu. comme nous le fusmes incontinant après. vos enfants. Je ne sçauroy croire que eussiez pris plaisir de veoir tomber vostre femme. que disiez communément que la prise de ceste ville seroit plus préjudiciable à vostre ennemy que proffitable. et depuis nous avons les mangé nos meubles . si nous eus! sions esté pris dés le lendemain que fusmes assiégez que nous serions maintenant riches. et que son armée se perdroit et dissiperoit en la prenant. Déslors le soldat victorieux eust pillé nos meubles. vostre frère et vostre si sœur à la le mercy de vos ennemis. ne sommes pas guaris. que nous eussions esté heureux. mais nous avions de l'argent pour racheter . Cela faict. n'en eust pas demandé davantage que luy en donnastes. Que fistes-vous pour nous secourir ? mais plustost et que ne fistes-vous point pour nous perdre rendre misérables? Je ne veux pas dire ce qu'aucuns ont raporlé de vous. ! si nous Mais nous avons bruDlé à et si nous avons languy.

les Nos reliques seroienl entières. qui se dissimule et ensevelit incontinant. comme mouclle nos rentes de l'IIostel-de-Ville nous seroient payées. au lieu qu'elles sont abonet données. riche. . opulente et peuplée.mêmes. au lieu qu'ils sont ruinez. Nous n'aurions pas veu mourir cent mille personnes de faim. misère grande. sans retour*. désert et abatuz. nos fauxbourgs seroient en leur estre. et plusieurs. depuis. et habitez comme ils estoient. d'ennuy et de pauvreté. et elles se sont mises au bourdeau d'elles. Mais. et nostre argpnt filles. lieu que ceste-cy se divulgue. qui sont morts en trois mois. la fin et se rend à en coustume effrontée. au lieu que vous en tirez la et le plus clair et denier! Nos fermes des champs seroient labourées. ! 235 Il eust forcé quelques femmes et encore eust-il espargné les plus notables et qui eussent peu garantir leur pudicité par celles respect ou par amis. désertes en friche. se prostituèrent pour ne pas mourir de faim. par Pendant siège de Paris 1.SATYRE MÉNIPPÉB. en recevrions le revenu. de la anciens joyaux Couronne de nos Roys ne seroient pas fonduz il comme sont. le les femmes vendirent tellem^îiit la lenrs était bijoux pour du pain. nostre ville seroit elle estoit. se continue. y sont encore qui est plus violente et la force transitoire de plus longue infamie que du au soldat. par la force de la nécessité.

nos ports de Grève et d'Escole seroient couverts de batteaux pleins de bleds. Addition postérieure : « qu'on appelle maintenant bridcété élevé par Henri IV. badaut l'île ». en 1592. Nous verrions encore nostre Université florissante et fréquentée. de vins. . fort de et Corbeil. et la Sale et la Galerie des Merciers pleines du peuple à toutes heures. et n'avons plus rien qu'à la mercy des Chevreuse soldats de Sainct-Denys.233 les rues et SATYRE MÉNIPPÉE. Gournay S 1. au lieu que tout est vuide et vague. dans les hospitaux. au lieu que ny voyons plus que gens de loisir se pourmener au large. de foin et de bois . Odet de La Koue en était . au lieu qu'en huict fours on n'en veoit passer une seule. Le fort de Gournay avait la dans du même nom sur gouverneur Marne. au lieu qu'elles sont des charettes et des vuides et fermées la presse coches seroit sur nos ponts. ne servant plus qu'aux paysans villages aux vaches des voisins. nous verrions nostre Palais remply de gens d'honneur de toutes qualitez. nos haies et nos marchez seroient foulez et de presse de marchands de vivres. au lieu qu'elle est du et tout solitaire. que celle du Légat . sans miséricorde et sans secours. et l'herbe verte qui croist là où les hommes avoient à peine espace de se remuer. Les boutiques de nos rues seroient garnies d'artisans.

Ha Messieurs les et députés de Lion. Vous sçavez tous quels nous avons esté. et Paris ne peut souffrir ses Pasteurs et Curez. Rouen. regardez à nous et y prenez exemple : que nos misères vous fassent sages à nos dépens. Troies Orléans. de ce microcosme et abrégé du monde. Paris.SATYRE HÉNIPPÉE. et peuplée du monde aussi l'estoit Paris. et lisez l'Histoire ne le sçavez. n'y a rien au monde qui et se rapporte tant l'un à l'autre. goufre et abisme de désolation nous avons si par ce long et misérable siège . villes. Jérusalem ne pouvoit endurer les bons Prophètes qui luy reraonstroient ses erreurs et idolâtries. perraettez-moy que petite digres- m'exclame en cest endroit par une sion hors du cours de ma harangue. Amiens. excepté l'issue et la fin estoit la plus ville comme Jérusalem du siège. qui représente au Il naïf celuy de nostre ville. de Josephe. Ha je ! 237 Monsieur le Lieutenant. Jérusalem grande et : la plus riche. et voyez main- tenant quels nous sommes Vous ! sçavez tous en quel esté. pour déplorer de ceste Roine des I le pitoyable estât villes. qui blasmeat et accusent ses superstitions et folles va- . de la guerre des Juifs et du siège de Jérusalem par Titus. Qui eslevoit son chef sur toutes autres Autant que le sapin sur les bruyères viles. Tholouze.

qu'ils juroient estre l'idole du Diable que le tyran adoroit. Lincestre. ainsy par- loient-ils de leur Maistre et de leur Roy^. et le : trahir par un de ses disciples. de ses Princes : nitez et l'ambition nous faisons la guerre aux curez de Sainct-Eustache et de SainctMederic* parce qu'ils nous remonstrent nos fautes et nous prédisent le fit malheur qui nous en et doit arriver. les ligueurs curé de Saint-Méry. 2. René Benoît. prêchant le mercredi des Cendres. volé dans sor de Henry III aux Capucins du bois de Vincennes.238 SATYRE MÉNIPPÉE. Jérusalem mourir son Roy fit son oinct de la race de David. et dit . dévotions. l'a faict son Roy. Ces mesmes Docteurs de Jérusalem prouvoient par l'Escriture que 4. son oinct naturel. et de sa nation Paris a chassé son Prince. et Claude Morenne. tira de sa le tré- manche un chandelier représentant un satyre. et après siner et trahir par assas- un de ses moynes. Les docteurs de Jérusalem donnoient à entendre au peuple que leur Roy avoit le Diable au corps. que c'était l'image du diable que le tyran adorait. curé de Saint-Eustaclie. et nom duquel il mesme aucuns ont au faisoit toutes ses esté si impudents de montrer en chaire publiquement à leurs auditeurs des effigies faictes à plaisir. furent chassés de Paris par parce qu'ils prêchaient la soumission au roi. au nom duquel il faisoit ses ils miracles : nos Prescheurs et Docteurs ont- pas presché que le feu Roy estoit sorcier et ado- roit le Diable.

soubs le mesme nom de Zélateurs. assistez des Idumeens estrantrois fac- gers : Paris a esté agité tout de mesme de tions de Lorraine. m. et des Seize partici- pants de toutes les deux. surnom de Délices du genre reli- Paris a esté assiégé par un prince de gion différente. mais plus humain et débonnaire. d'Espagne.PÉE. De- dans Jérusalem estoient trois factions qui se faisoient appeller de divers noms. mourut le en odeur de sainteté. c. et secundum legem débet mori^ ! Nos Prédicateurs et et Sorbonnistes ont-ils pas prouvé. et est connue sous nom de la bienheureuse Marie de l'Incai-uatioiu . et AcariesS et plus de Jeans qu'il n'y en avoit en Jérusalem. v. et neantmoins si doux et gratieux qu'il acquit le . mais les plus meschants se disoient Zélateurs. prince de diverse religion. qui ont leurs Eleazars et leurs Zacharies. 2. Evangile selon saint Jean. Davantaç^e ce Titus ne vouloit 1. le 18 avril 1618. et crioient tout haut Nos tegein habemus.SATYRE MÉNIP. Jérusalem estoit assiégée par Titus. approuvé par leurs textes appliquez à leur fantaisie. voire louable et méritoire le Roy ? et l'ont encore preschè après sa mort. Acarie le boiteux. 2S9 : Jésus-Christ raeritoit la mort. plus hazardeux et prompt d'aller aux coups que jamais ne fut Titus. 7. de tuer qu'il estoit permis. dont la femme. Barbe Aurillot. allant aux hazards et dangers comme un humain simple soldat.

La Bastille Saint. Josephe. 1. Sorte de cavesson dentelé. comme un de Sion. pour laquelle ils disoient com: battre. : rien innover en la religion des Juifs aussy ne faict ce prince en la nostre. qui nous servent de camorre* et de mords pour nous tenir et ramener à l'appétit des gouverneurs. qui bri- doient le peuple et l'empeschoient de bransler ni de se plaindre le : nous avons le fort de Sainct-AnthoineS fort Temple. les exhorl'ire toit de prévenir de Dieu. 2. et neantmoins n'en voulurent rien faire nous avons eu parmy nous beaucoup de bons citoyens. ains au contraire nous donne espérance de l'embrasser quelque jour. et en peu de temps. n'eut plus de pouvoir. et en fut empeschée par les chefs de la faction : combien avons-nous et. et leur faisoit entendre qu'eux mesmes ruinoient leurs temples. souffert avant que nous connoistre. combien avons-nous désiré de pouvoir nous rendre si n'en eussions esté empeschez par ceux qui nous tenoient soubs le joug 1 Jérusalem avoit le fort d'Anthonia. de mesme nation et religion que les Juifs.Antoine. après nos souffrances. Jérusalem souffrit toute l'extrémité devant que de se reconnoistre. le Temple et le fort de Sion. leurs sacrifices et leur religion.240 SATYRE MÉNIPPÉE. et se reconnoissant. et le Louvre. .

Enfin. pouvons-nous attendre autre chose qu'une totale ruine et désolation entière. puisque nous et convenons nous rapportons. villes libres. à la cité de Jérusalem. sans avoir pitié de tant d'ames désolées. bouclez de toutes parts. François et Catholiques fait pareilles 241 comme nous. envahis. faisant desbaucher les les presbtres. et monstre par bonnes opiniastreté et raisons que nostre nos guerres civiles ruinoient la religion Catholique et l'Eglise. qui nous ont remonstrances. Apprenez donq. comme dinaire.SATYRE MÉMPPÉE. coneommant bénéfices et anéantissant le service divin partout le plat pays. qui languissent sans religion. la de nos boues et egouts. sans pasture et sans administration d'aucun sacrement. Nous sommes serrez et pressez. en tant de rencontres. et neantmoins nous persistons comme devant. si Dieu. la sienne. et tout l'ordre ecclésiastique. égarées et abandonnées de leurs pasteurs. car tout autre air de liberté des champs nous est deffendu. apprenez. ne prenons air que l'air puant d'entre nos murailles. par nostre U . par ung miracle extraoril ne nous redonne nostre bon sens? Car est impossible que puissions longuement durer ainsy abattus et alangouris de longue ma- estant desjà ladie si que les soupirs que nous tirons ne sont plus la que les sanglots de mort. religieux et religieuses.

et ne vous laissez plus enchevestrer. qui n'aspirent qu'à vous engager et rendre si foibles et si souples qu'ils puissent jouir de vous. qui n'ayent tousjours pris quelque tiltre spécieux de bien public ou de religion ? Et toutesfois. ont esté victorieux. pour les attraper à leur ayse. façon . et de vos biens. manger vistes-vous jamais d'autres. comme En les regnards amusent de leurs longues queues.242 SATYRE MÉNIPPÉE. sont pleines de tels exemples. les touchoit point. quand il a esté question de faire quelque accord. Et m'es- bahy. de s'embattre et s'envoler à ce faux . tousjours leur interest particulier a marché devant et ont laissé le bien du peuple en arrière. à vous gouverner d'ores en avant d'autre dommage. et de vostre liberté. duquel aydez à parvenir au dessus de leurs désirs. fin a comme s'ils chose qui ne ou bien. par les comme avons faict. tant anciennes que modernes. charmes et enchantements des prescheurs corrompus de l'argent et de l'espé- rance que leur donnent les princes. leur et tousjours esté de ils s'estoient subjuguer mastiner le peuple. à leur plaisir ! Car ce qu'ils vous font ils entendre de la religion n'est qu'un masque dont amusent les pies et les simples. puisque toutes les histoires. la de ceux qui ont aspiré à domination tyannique sur le peuple. comsi ment se trouve encore des hommes pauvres d'en- tendement.

son frère. qu'il retenoit pour son butin. et advantager une maison faict sur l'autre. et encore plus par le lois. Si vous prenez plus haut. vous verrez les factions de Bourgongne et d'Orléans avoir tousjours tailles et esté colorées du soulagement des affaires. Roy Comte de Charoles ne prindrent autre couleur de lever le armes et que pour bien et soulagement du peuple du Royaume*. aux Annales de France. . et du maul'in- vais gouvernement des neantmoins tention des principaux chefs n'estoit que d'empiéter l'authorité au Royaume. sans faire mention du public non plus que du Turcq. enfin. donner des des appointements à tous ceux qui l'avoient assisté. suscitez et encouragez par d'Angleterre. La guerre dite du Bien public. comme l'issue a tousjours foy : car enfin le Roy d'Angleterre emportoit tousjours quelque lippée pour sa part. et le Duc de Bourgonville gne ne s'en departoit jamais sans une ou une contrée.SATYRE MÉNIéPPÉB. et quelques le Princes de France. leurre I Î43 L'histoire des guerres civiles et de la révolte fit qui se récente contre le Roy Loys unziérae est encore le : Duc de Berry. mais position. Quiconques voudra prendre loisir de lire ceste histoire y verra 1. traitta quand il falut venir à com- on ne et que de luy augmenter son offices et appanage. en 14C5.

: nostre misérable siècle naifvement représenté il y verra nos prédicateurs boutefcux. On y veoit massacres. . Roy d'Espagne. comme la fin le descouvrit aussi vous ay-je déduit que pre- mièrement de Bourbon la jalousie et envie de ces deux Maisons et de Lorraine. tels qu'avons veu voyons tous les jours sur nous et sur nos voisins. . qui ne laissoient pas de s'en mesler. comme comme des font maintenant et pour de des et l'argent maintenant. feu comme les nostres nostre mignon. encore qu'il ne fust nullement question de religion ilspreschoient contre leur Roy. l'ambition et la mais vengeauce de ces deux grandes la : Maisons en estoit vraye et primitive cause. des tueries de gens innocents : fureurs populaires.244 SATYRE MÉNIPPÉE. en celle du Roy d'Angleterre. ils le faisoient . bon protecteur. suivies de ruines et désolations. comme ils ils font maintenant ils faisoient des propositions à la Sorbonne contre les bons citoyens. y est représenté et nostre en la personne le du Duc de Bourgongne. Vous y voyez nostre crédulité et simplicité. puis la seule ambition et ont esté et sont la convoitise de ceux de Guyse. comme ils font maintenant. Le bien public estoil le charme et ensorcellement qui bouchoit l'oreille à nos prédécesseurs. le Duc de Guyse. excom- munier. et de saccagements et brusle- ments de et villes et de fauxbourgs.

se composait de barons. Le traité roi d'Angleterre de Troyes. et la chaleur et l'ame. le savant troyen. tenue à Troyes. pendant que nous dormons. P. qui a tout de* États-Généraux. Voici ce qu'en dit un historien cham: * Ce traité aurait été débattu parties intéressées. En la mesme le histoire trouvez-vous pas aussy comme type de nos beaux Estats icy assemblez? tint à Ceux qu'on Troyes sont-ils pas tous pareils. par Irop grande évacuation. l'un après l'autre. lesquels. et qui sert de médicament narcotique pour stupéfier nos membres. car cette assemblée. conclu le 20 mai 1420. eût ignoré à ce point l'histoire de sa ville. en le traité. 11 y eut en ellet à Troyes. conmie une opiate bien sucrée. qui bientost perdra tout le sang. *auf le nombre. mais encore dans le* caractères de celle* non-seulement par les une astemblée. Les commentateurs de la Satyre Ménippée ont tous dit qu'il n'y avait pas eu d'Etats-Généraux à Troyes à cette occasion. Il était cependant difBcile d'admettre que avril 1420. . et une réunion chargée de préparer penois qui avait tous les caractères d'une Assemblée d'Etats. et auxquels on exhereda le \Tay la légitime héritier de et Couronne. Sfi la Mais Religion Catholique et Romaine est le breuvage qui nous infatué et endort. procureurs et ambassa14. nous ne sentons pas qu'on nous coupe pièce à pièce. comme excommunié gens il réagravé ? Dieu sçait quelles y avoit à ces Estats M Ne doutez i. et ne restera que le tronc. de conseillers.SATYRE MÉMPPÉE. de nobles. de prélats. proclamait le héritier de la couronne de France au détri- ment du liauphin. seule cause de tous nos maux. Pithou.

ni vergongne. le bénéfice. comme vous n'y a pas cial et qui autres Messieurs. 422 et suiv. ni respect. » (Hist. de la ville do Troyes. dont il si la A la fin neantsi moins. l'office. ou faict quelque craint volerie et meurtre estre recherché par vengeance. après tant de meurtres fallut-il et de pauvretez. • pas qu'il ne fussent tels que vous autres Messieurs choisis de la lie tieux. et vinssent à ses pieds demander pardon de leur rébellion. et que la nous y serons contraincts en peu de temps par force de la nécessité. au mauvais train que nous prenons. quoy qu'il tarde.246 SATYRE MENIPPÉE. deurs des communes et bonnes villes du royaume. Boutiot. Car je m'asseure qu'il n'ait un de vous qui quelque interest spé- ne désire que n'y a pas la les affaires demeurent en ou ait trouble. ou maison de son ou qui n'en pris les meubles. qui n'a ni loy. p. par T. qu'il nous en faudra faire autant. . paix se faisoit. qu'ils l'eussent et déclaré incapable d'cstre Comme de mesme qui ne voit et ne juge aysement. ou levé le revenu. il un qui n'occupe voisin.). le que tous ces mauvais reconnussent Roy Charles septiesme. des plus mutins et tous et sedi corrompuz par argent. du peuple. proffît prétendants quelque parculier au change et à la nouveauté. t. II. combien auparavant excommunié leur Roy.

Jean Boucher. et vindica- je n'y vois tives que des femmes ambitieuses prestres S que des corrompuz et desbauchez. et coup de me fusse contenté de dire simple- ment la charge que j'aydu Tiers-Estat. ha! véritablement j'espère- que ceste congrégation nous apporteroit beaufiniict. vêque Cueilly. arched'Aix. curé de Saint-Benoît. sans lesquels on ne peut assembler ni tenir de justes et légitimes Estats . et nombre d'hommes de qualité et réputation. qui sont les vrais Officiers pour authoriser FAssemblée. je n'y vois noblesse qui i. de Guise. pour présenter l'interest que chacun a d'avoir la paix. Les duchesses de Nemours. Si je voyois icy des Princes 247 et du sang de France des Pairs de la Couronne. abboyants après et altérez nous de nostre sang et de nostre substance . Mais je ne vois icy que des Estrangers passionnez. assistaient à la nombre de dames de séance d'ouverture des États-Géné- raux. François évêque .SATYRE MÉNIPPÉE. qui sont les principaux personnages. Jacques curé de Saint-Germain. la comtesse d'Aumale et qualité. Péricart. un Chancelier. si j'y voyois les Présidents des Cours ses souveraines. des Mareschaux France. évêque de Senlis. 2. connuz des longtemps pour aymer et leur le bien du peuple rois honneur. Gilbert Géncbrard. si j'y voyois un de Connestable. de Monlpensier. Guillaume Rose. de Mayenne. et pleins de folles espérances *. les Procureurs-généraux du Roy en Parlements.

qui se soumit la au roi. gouverneur de l'Orléanais et du Derry. évêque de Vannes. qui ble. parcequ'ils vivent aymela guerre et le trouet du bien du bonhomme. Georges Daradon. Charles de Cossé« Brissac. le cardinal de Pellevé. qui avait ouvert la de Meaux à Henri IV. à comme Cordeliers un chapitre provincial. Gatlierine de Bourbon. Jérôme Hcnne- quin. venue pièce à pièce des provinces. ra- Les éditions postérieures remplacent ce mot par caille >. Que faict icy la liberté Monsieur le Légat? sinon pour empescher des suffrages et encourager ceux qui luy ont promis de faire merveilles pour les affaires de Rome et d'Es- d'Avranches. etc. Claude de La Châre. docteur eu théologie. Ligue. Eléazar de Rastel. Jean Dadré. J'aurois honte de porter la parole icy pour ce qui est du Tiers-Estat si je n'estoy bien advoué d'autres gens de bien qui ne veulent se mesler avec ceste canaille. abbesse de Notre-Dame de Soissons. évêque de Riez. auprès de leur Roy et pour leur pays. ne sçauroient vivre du leur ni entretenir leur train en temps de paix : tous les gentilshommes de noble race et de valeur sont de l'autre part. 1. Pierre d'Epinac. SATYRE MÉNIPPÉE. .nécessiteuse.248 vaille. archevêque de Lyon. que trois ou quatre qui nous eschappent et qui s'en vont nous abandonner*. Tout le reste n'est que ripaille. étaient députés aux EtatsGénéraux de 1593. évèque de Soissons. ville Louis de l'IIospital. sieur de Vitry. qui déjà se retirait de 2.

. Vous deviez en core amener et faire seoir icy sur les fleurs de lys le duc de Feria et Mendoze. dom Diego d'Ibarra cl Mendoze furent seulement admis le 2 avril 1593. vous faict-il pas bon veoir. la et Dom Diego. propositions qu'ils avaient à faire de la part du roi d'Espagne. communiquer du Mais je vous deman- démons méridionaux désignent ici les Espagnols. avoir neantmoins renoncé à vostre chresme et vostre nation. puis vous n'oublierez rien à leur résultat de nos délibérations. Monsieur de Pelvé. à présenter aux États les 1. plaider et les droits la cause du Roy di-je.SATYRE MÈNIPPÉE. en ceste Compagnie. pour prendre leur ad\is comment verner. Le duc de Feria. pour servir à vos idoles de Lor- raine et aux démons méridionaux'. Les 2. sinon pour profiter à nostre dommage ? Et vous. car le ils France se doit gou- y ont interest. et non celles d'Italie et d'Espagne. D'où luy viendroit ceste curiosité. et avez tort. d'Espagne de Lorraine? vous. Mais leur présence agents et et inutile. puis qu'ils ont icy leurs si avocats. qui ont dignement parlé pour eux. pagne : 2^3 luy. et que nous connoissons estre né en France. Monsieur Lieutenant. que ne les y avez receuz. tranger ne doit avoir icy ni rang ni séance ce sont icy les affaires des François qui les touchent de près. qui estes François. qui est Italien et vassal d'un Prince es. ils l'ont comme im- pudemment seroit demandé *.

et qu'avisions à pren- . et continuer ceste puissance sou- veraine qu'avez usurpée. en ce faisant. où vous nous promettiez donner si bon ordre Je à nos affaires et si nous faire tous heureux? ne m'esbahy pas et tant dilayé * avez tant reculé à vous y trouver. Mais nous y voulons mettre sères.2o0 SATYRE MÉNIPPÉE. et. mettre fin à nos mi- On ne vous avoit conféré ceste belle et bien con- trouvée qualité de Lieutenant de l'Estat qui sent plus. Monsieur fin Lieutenant. car vous vous doubliez bien qu'il s'y trouveroit quelque eslourdy qui vous diroil vos veritez et qui vous graleroil où il ne vous démange pas ! Vous voulez tousjours filer vostre Lieulenance. par les Estais Géné- raux. y eut esté pourveu. et tant faict troter de pauvres hères de députez après vous. fin. pour continuer la guerre. et jusques à ce qu'autrement. le style d'un clerc de Palais ou d'un pé- dant que la gravité de la charge. ft quelle vous avez assemblé ces gens de bien icy. Le duc de Mayenne pas pressé de les réunir. le deray volontiers. à la vérité. Tellement qu'il est temps qu'en soyez demis 4 et dépossédé. le but de l'assemblée étant de . sinon ad tempus. sans laquelle vous ne seriez pas si bien traité. Généraux n'était La première décision relative à la convocation des Etatsest du mois de décembre 1589. Sont-ce icy ces Estais Généraux. ni si bien suivy et obéy que vous estes.

nous demourions à jamais misérables? Voulez-vous achever de perdre ce peu qui reste? Jusques à quand serez-vous substanté de nostre sang et de nos entrailles? Quand serez-vous saoul de nous manger. Voulez-vous que. parce qu'ils vous ont congneu mauvais pilote. et pour aggrandir vous et les vostres. contre droit et raison. dre 251 ung : autre gouvernement et assez vescu en ung autre gouver- neur c'est anarchie et desordre. Vous serez tout estonné les que vous vous trouverez abandonné de toutes bonnes villes qui feront leur appointement sans vous.SATYRE MÉNIPPÉB. et se retireront au port de sauveté. aussi après les dates de 1590 et 1591 succesles fixées. du . mais qui bientost re- tourne à son devoir. et de nous veoir entretuer pour vous faire vivre à vostre aise ? Ne songez-vous point qu'avez affaire aux Franest çois ? c'est-à-dire à une nation belliqueuse qui quelquefois facile à séduire. Vous verrez tantost l'un. Avez-vous donc tant en nommer un sivement des SeizCé roi. ne se décida-t-il à convoquer pour l'année roi d'Espagne et 1595 que sous la triple pression du Pape. et surtout ayme ses Roys naturels et ne s'en peut passer. pour vostre plaisir. qui traiteront sans vous. qui n'avez sceu gouverner la navire dont aviez pris la charge et l'avez eschouée bien loin du port. tantost l'autre de ceux que pensez vos plus familiers.

252 SATYRE MÉNIPPÉE. et abuseur. qui contre le na- trompez vos amis et vos et. et en quels termes le Roy d'Espa- gne escrit de vos façons de faire. Car. encore la demandent-ils? Qu'ont doncq servy tant de voyages. lesquels toutesfois vous en savent peu de gré. mais à catimini. sous ce prétexte de parler d'accord et d'acheminer les choses à quelque tranquillité? Vous estes donq ungpipeur ennemis. traitter des affaires Vous n'avezjamais voulu faire publiques par personnes publi- ques. qu'avez faict faire à Monsieur de Villeroy et à d'autres. et avez faict calumnier les procédures d'aucuns notables personet nages qu'y avez employez par forme d'acquit. Par ce moyen vous avez perdu la le créance et bienveuillance du peuple. vous n'usez plus et que d'artifice de ruses. d'allées et de venues. par petites gens façonnez de vostre le main et dépendants de vous. si vous sçaviez les langages qu'ils tiennent de vous. pour octroyer quelque chose à ceux qui vous en supplioient. qui estoit principal appuy de vostre authorité. pour nous tenir tousjours soubs vos pattes à vostre mercy. le horreur nom de paix. à qui vous disiez résolu de ne rien faire de ce mot en l'oreille. je ne pense pas . Vous avez eu crainte d'offenser les Estrangers qui vous assistent. que 'n'y vueillez point du tout entendre? Ceux qui peuvent vaincre. tout qui seroit accordé. turel de vostre nation.

croyent que vous ne demandez la trêve que pour attendre vos partie à forces. sot. foible comme vous et estes. comment esperez-vous. et mande bayes' et belles paroles sans effect. et donner à sa les lettres Dans Majesté Catholique le temps d'envoyer en France des secours pour la Ligue. buffle. de promesses trompeuses. C'est-à-dire 3. et prendre garde que ne preniez trop de pied et d'authorité.et une négociation publique authentique. 15 . par lesquelles ils vous nomment Puerco. Locho profiado*. le duc de Mayenne au roi d'Espagne qu'il n'avait fait des propositions de trêve ou de paix à Henri lY.SATYRE MÉNIPPÉE. qu'eussiez le et 253 cœur si serf et abject l pour le caresser rechercher comme vous faictes On a veu de leurs lettres surprises et dechifrées. entêté. Porc. et en d'autres et généralement leur Roy se mocque à ses agents de vous entretenir de de vous. vos adversaires. faire croire que vous nous voulez pouvez sauver? Cela ne se peut. écrivait qui furent interceptées. Les Royaux. et mieux dresser vostre et et Rome faire et en Espagne . Cela estant. sinon par . 2. de rendre à sa Saincteté le respect que luy devez. Pourroit-elle trouver mauvais 1. que pour l'amuser. et quelquefois Bufalo. qui justifie et authorise une droite : intention c'est chose que pourriez faire soubs le afin bon plaisir du Pape. la nous disons que c'est pour durer guerre * mieux faire vos affaires particulières.

et : aussy que ce moyen ne vous reste aucun autre pour arrester la cheute eminente de . Hérétiques pires que ceux-cy. croy. la que vous voulussiez entendre à avec vosfre paix avec vos voisins. et remettre toute la querelle en la main de Dieu. vous inviteroit à ce bon œuvre. qui a tousjours tenu plus grand rang que vous. Je Monsieur le Lieutenant. imitant l'exemple de ses prédécesseurs. nepeutestre quand vous prendrez ce il chemin sans fard que très et sans dissimulation. très honorable et à vostre grande descharge et contentement d'esprit est seul et unique. nous voulons croire que le Sainct- Pere. pour mon regard. car pape Jean deuziesme alla bieu luy-mesmes trouver l'Empereur de Constanle prier tinople pour de faire la paix avec les Ariens. Au contraire. qui feroit ce que les hommes ne pouvoient faire. le feu s'il vous y voyoit enclin. et somme un si bon fleuron de ruine la plus forte colonne qui appuyé l'Eglise Chrestienne et l'authorité du Sainct Siège. le Roy? Car. pour esteindre de la guerre civile qui conla Chrestienté. quand ne voudriez recon- noistre pour tel. Et ne s'arrestera point le sur ce mot d'Hérétiques.£54 SATYRE MÉNIPPÉE. encore ne sçauricz-vous nier qu'il ne soit prince du sang de France et Roy de Navarre. et à vous. seur et utile au gênerai de la France. en vostre particulier. et tousjours marché par dessus vous et tous vos aisnez. que.

comme avez qui vueillent se perdre de gayeté de cœur. 2. qui ne sont que co- quins que je ne daignay jamais saluer.SATYRE MEMPPEE. . En 1592. sans crainte de billet ni de proscription*. Enfîii chascun est laz de la guerre. > D'Aubray se retira dans sa terre de Brières-le-Cbàteau. et et patrie. pour de le peu compte que je fais d'eux *. Ne pensez pas trouver à l'avenir tant de gens. don< d'AuLray était considéré les Seize comme de gen* $an9 qvfu et diffama. titre et n'en D'Aubray fat expulsé de Paris à de politique ou royaliste. faict. il traita tiques. comme bon bourgeois et citoyen de Paris. Mayenne lui avait « Vous conjurant écrit un billet où se trouvait celte phrose que vous veuilliez vous accommoder à la prière que je vous : fais pour quelque temps d'aller prendre du repos chez vous. Je vous parle franchement de ceste fa- çon. auquel d'entre vous les carcasses de nos os demourreront. dans ime conlcrence entre les Seize et les Polile chef. 255 tout l'édifice. et espouser un desespoir pour le reste de leur vie et pour leur postérité. je suis jaloux de la conservation de suis en ce ma que je puis serviteur de vous de votre maison. et ne m'cspouvante pas des rodomontades Espagnoles. au commencement de l'année Ib^i. Nous voyons bien que vous- mesmes 1- estes aux filets du Roy d'Espagne. qu'il n'est plus question et mais de nostre servitude. en laquelle de nostre nous voyons bien religion. Je suis amy de ma religion. ni des tristes grimaces des Seize.

où leur fut respondu que. à la charge et à la charrue. lesquels luy venants la demander recompense qu'il leur avoit il promise devant qu'il en fust en possession. que misérable et perdu. et le mena à la chasse du cerf. puis monta dessus avec bons espérons. par ce moyen. Tesmoins ceux qui luy livrèrent raescham- ment le royaume de Portugal. et dont il dict communément faut recompenser ceux qui trahissent leur Prince et leur pays. si le Roy d'Espagne faict il de vous. le rendit souple à la houssine et à l'esperon. mais le sella et l'homme luy mit un mords en bouche. Et ne doutez maistre du par vostre moyen qu'il s'estoit faict royaume. pour se deffendre du cerf. qu'il appelle de la Conscience. ou autrement car c'est la qu'il façon dont il use. les renvoya à il son Conseil. était lent et pesant. était Leduc de Mayenne prompt et actii. s'ils avoient remis le Portugal 1. et partout ailleurs où bon luy sembla. équipa. ne se deffist bientost de vous par : poison. tandis qu'Heiuri IV . Vous avez comme lequel luy. par calomnies. comme pas. le il cheval qui. et. pour s'en servir à toute besongne. ni luy ester la bride et la selle. c^ sentoit plus viste et plus vigoureux :e appela l'homme à son la secours*.256 sortirez jamais faict SATYRE MÉNIPPÉE. sans vouloir descendre de dessus.

connoistle naturel du François. le Royaume de Naples. pour le moins nous affoiblir et mettre si bas que jamais. nous ne puissions nous relever rebequer * contre eux. mais. ou. après que vous nous auriez livrez à de telles gens. les plus advisez d'entre eux ne s'y attendent pas. ce ne sommes pas délibérez de souffrir. et le duché de Milan. Se rebiffer. Le verbe prominai te rebequer qui implique en Champagne. et bution et salaire au Ciel. et ou de long-temps. Voilà le salaire qui vous attendroit. l'avoient livré. et Castillans. ils meritoient d'estre penduz comme que traistres. Il et le Comté de Roussillon qui nous appartiennent. comme. sont nos anciens et mortels ennemis. rebéquat. a. un substantif: l'idée d'arrogance. à la vérité. qui est un vieil renard.SATYRE MENIPPÉB. sçait bien le tort qu'il nous tient. qui désigne un enfant insoumis et irrespectueux. s'ils ne peuvent. . ils n'avoient faict faire rétri- de bons et loyaux subjects. d'insolence. 1. pour l'oster à leur raaistre. Car le Roy d'Espagne. s'ils peuvent. Nous sçavons trop bien que les Espagnols. entre les mains 257 du Roy d'Espagne comme luy apparque ce que dévoient en auroient leur s'ils tenant. pour joindre l'Espagne. croyants qu'il ne lui appartint point. qui : demandent de deux choses l'une juguer et ou de nous sub- rendre esclaves. la France et les Pays-Bas tout en un te- nant. et Bour- guignons. usurpant contre toute justice.

après sa mort. l'une desquelles a mariée avec le prince le plus ambitieux et nécessiteux de l'Europe*. et le reste de sa famille estre il en deux fdles. et sçait que l'un de les François ses gendres attaque son fils. qui ne peut plus guère tarder selon le cours de nature. qui cherche party* et ne peut faillir d'en trouver un grand. l'autre. contre gré se des habitants qui luy sont mal affectionnez. L'Infante Isabelle. quand il François dort.258 SATYRE MÉNIPPÈE. la plus-part en espérances. Si. et voit ses Estats séparez. le il quasy tous usurpez par violence. de nous affoiblir par nous-mesmes et nous mettre si au bas que ne luy puissions nuire. le Diable le berse. voire après sa mort? Aussy avez- vous veu comment qu'il il s'est comporté aux secours en papier et nous a envoyez. dont l'attente nous a causé plus de mal que la venue ne nous a faict de bien? Ses doublons 1. 2. et son fils aisné peu vigoureux mal sain. qui ne gçauroit long-temps demourer en pnix sans attaquer ses voisins : dequoy les Flaments ont le faict un proverbe qui dict que. Fait-il pas donc en Prince prudent et prévoyant. D'ailleurs. ses Estats se partagent. . Le duc de Savoie. voit vieil et et caduc. il que ne dormiront pas et resveille- ront leurs vieilles pretensions.

aJin d'entretenir la popularité . les rues. 4. dans qu'il jetait par poignées au peuple de Philippe II. la somme énorme de 594 raillions de ducats. et ses 259 hommes ne tiré la sont vemiz. Mendoze. Avant sa mort. depuis 1563. avait fait frapper. chaudrons. combien tost. et que n'en pouvions plus. Il qu'il eust peu nous secourir beaucoup plus ne nous engraisse pas pour nous vendre.SATYRE MÉNIPPÉE. qu'il nous les geôliers nourrissent donne à leche-doigt. mais de tost. prolonge nostre languissante vie d'un peu de panade. Messieurs les Princes. Sons Charles IX il dépensa quatre millions pour ses inavouait à son que. 2. ou entre les vostres. il peur que nous ne mourions trop reserver à plus grande nous voulant ruine. pour les reser^-er à l'exécution du supplice. trigues en France. avait dépense en il fils il France et dans les Pays-Bas. pendant le siège de Paris. Il n'a resté au peuple que des auxquels nous avons employez toutes nos chaudières. capitaines et prédicateurs. L'ambassadeur d Espagne. une grande quantité de demi-sols aux armes de son maître. et six autres millions depuis 1585 jusqu'à 1593. qui lés tenez bien enfermez en vos coffres. doubles rouges*. les comme bouchers font leurs pourceaux. Que sont devenus tant de millions de dou- blons qu'il se vante avoir despensez* pour sauver nostre Estât? : Nous n'en voyons point parmy le peuple la plus-part sont entre les mains de nos adversaires. sinon aprcsnvoir long- temps langue. comme les criminels. gouverneurs.

Les doublons et les et quadruples de fin or du Pérou sont esvanouis. C'est sur ne se voient plus. chenets et cuvettes. De nous persuader meshuy que ce qu'en faict ce bon Prince n'est que pour la conservation de la Religion Catholique. nous troublons : Et de tous tes doublons qui causent tant de troubles. Les articles de leurs accords sont imprimez i. un autre honneste il homme mal rencontré. la Il ne nous reste rien à la On que des doubles. Et les doublons tournez en vent. son intention. si et y employerons nostrc artillerie et nos cloches nostre nécessité dure encore peu de temps. quand a dict : Les François.260 SATYRE MÉNIPPÉE. un traité de 1576 entre les provinces de Hollande . cela ne se peut. Sont par doublons devenuz doubles. Sur ce n'a pas mesme sujet. coquemarts. Un édit de Don Juan le d'Autriche. publié à Bruxelles ratifiait 17. et l'or de tes doublons. insensez. poisles. et à fait Anvers le 27 février 1577. pauvre France. Nous sçavons trop quelle est . simples paravant. et rien plus. quoy un poète de fort gentil : nostre temps a faict Par toy. gouverneur des Pays- Bas. un quatrain Toute superbe Espagne. par ses agents et par ses mémoires il nous sçavons comment a vescu et traité cy-devant avec les Huguenots des Pays-Bas^. Ou bien en cuivre et rouges doubles.

2. 1. Uaures. y a long-temps qu'il en a offert autant au et à Messieurs les Estats Il Duc Maurice pour avoir la paix avec eux. et haist ceux qui n'en sont point. prince d'Orange. par lesquels s'il leur per- met l'exercice de leur religion. le jeu est Le duc de Feria a fait veoir ses s'il mémoires par degrez et pièce à pièce. par le commandement de son maistre. comment Turcs peut-il endurer les Juifs et les Marranes ' en ses pays? Comment se peut-il accorder avec et les les il Mahumetans d'Afrique. que nous avons apris avoir accordé aux Protestants d'Allemagne et aux Luthériens ce qu'ils ont voulu. . Guillaume de Kassau. desquels chèrement? Il achepte la paix bien ne faut plus que nous viennent : ses espions. une boite et de Zélande et les autres Etats des Pays-Bas. ne voudroit pas faire pis que son père. les Jésuites Scopetins'. et. parce que les Jésuites de Trêves étaient soupçonnés d'avoir suscité l'assassin qui tua. 15.SATYRE MÉXIPPEE. en 15S4. et publiez 261 il de son auctorité. d'un coup de pistolet. S'il a^ine tant la Reli- gion Catholique. escopette. pourveu qu'ils le reconneussent pour Prince et lui payassent ses droicts. vendre ces coquilles de Saint-Jacques trop descouvert. par lequel la re- ligion nouvelle continuerait à être librement pratiquée dans les Pays-Bas. il ne tenoit qu'à cela. comme avoit apporté d'Afrique. De Kopetia. fertile en poisons et venins.

et d'une autre nous trouve autre- ment. à qui elle est destinée femme'. 2. Royaume de France en on nous parloit des rares vertus de ceste divine Infante. Le nom de l'archiduc Ernest est écrit Arnest. et déclarait qu'un prince français pouvait seul régner. reconSalique régissait toujours en France l'ordre naissait que la loi de la succession au trône. pour la faire eslire héritière de la Couronne*.'262 SATYRE MENIPPEE. Devant que nous eussions loi faict entendre que voulions entretenir la Salique*. Puis. reconnaître l'Infante Isabelle succession. voulaient la mai'ier à cet . quand i. on nous a offert de la et la donner à un Prince qu'eslirions Roy. Les Espagnols avaient fait des ouvertures tendant à faire reine de France. l'autre qui faict mieux son opéraà en hyver. Les Espagnols en faisant leur Infante reine de France. pour s'en servir nostre endroit selon les occasions et occurences. de diverses qualitez : pleine de diverses drogues l'une qui tue tost. ayant charge de nous en donner d'une telle s'il nous trompe disposez en s'il humeur. suivant une prononciation vicieuse propre aux Parisiens. à défaut de descendants mâles de Henri 3. dessuz les brigues estoient pour l'archiduc Ârnest. Quand ils ont veu qu'on vouloit garder l'ancienne coustume des masles. Un arrêt du Parlement. loy qui depuis huict cens ans a maintenu le sa force et virilité. en date du 28 juin 1503. l'autre qui tue tard. l'autre plus prompte en tion esté. par droit de II.

lia ! Monsieur le Légat. proposition rcpoiissée par les Etats qui déclarèrent que le peuple n'admettrait pas pour souverain un prince étran- ger. car il n'est icy venu à autre la comme ou n'estant Cardinal que par faveur du Roy d'Espagne'. courtier. la marchandise. Ce mot a été employé jusqu'au ivui" siècle. sieur le Légat servoit de couralier*. signez de la main propre de Yo el Re*. avec protestation de ruiner la France la faire tomber en pièces entre les mains de ceux qui l'ont faict ce qu'il est. comme vostre am- arcbiduc . 2. cardinal en 1591. Moi. nostre nécessité nous a osté la taye des yeux.SATYRE MÉNIPPÊE. les Espagnols lui choisirent alors pour époux le jeune duc de Guise. Il vous estes des- couvert. et sçavons qu'il a bref spécial pour assister à l'élection un Roy d'un de France *. Entremetteur. Et pour tout et cela se sont trouvez mémoires mandats à propos. et les feroit-on Roys de France m : soîidum. ils 563 n'estoit point se sont apperceus que cest Arnest ils harnois qui nous fust duisant. le roi. où il a pris sa forme moderne courtier. 3. . 1. ont parlé d'on Prince de France à qui on marieroit l'Infante. A quoy Monpour faire valoir fin. le voile est levé! n'y a plus de charmes qui nous empeschent de veoir clair. à la re- L'évéque de Plaisance fut fait commandation du roi d'Espagne et du duc de Parme. 4 II parait établi que le cardinal de Plaisance avait pouvoir du Pape Clément Vill pour procéder à i'électiou d'un roi de France.

à quelque prix que ce soit. sont toutes viandes creuses qui ne rassasient que les cerveaux éventez. de ce mortel labyrinthe ^ Il n'y a ni paradiz bien tapissez et dorez*. met aux vostres . ni quarantaines. est de s'agrandir de : nos pièces et tenir en repos leurs Seigneuries le nostre est de nous mettre à couvert et d'accorder nos différents. qui vous met- tent en besongne. . Vostre interest particulier vous aveugle : trouvez bon que nous regardions au nostre. ni confrairies. brefs et bulles de Rome. Nous voulons sortir. ni bravacherie 1 Addition s : c Vous ne nous ferez pas précipiter du pinacle du temple. Les pardons. comme un journalier à la tasche de la démolition d'une maison.264 bition la SATYRE MÉNIPPÉB. mais vous ne voyez goûte en vostre devoir de Pasteur de l'Eglise. Reposoirs pour les processions. vous voyez assez clair en nostre i^juine. 11 n'y a ny rodomontade d'Espagne. L'interest de vos maistres. stations. ni prédications ordinaires ou extraordinaires. Dans quelques provinces on appelle encore Paradis le Tombeau ou représentation du Sépulcre pendant la semaine Sainte. qui nous donnent rien à manger. ni processions. Vous venez icy pour tirer la laine d'un troupeau et pour luy oster ses gras pastis et ses herbages. en estant les folles vanitez que nous avez mises en la teste. et faisant la paix. indul- gences. 2.

ni fort d'Ancitadelle. ou dont on nous et menace. Nous n'aurons plus peur que nos soient violées femmes et nos filles ou desbauchécs la nécessité par les gens de guerre. painturez d'or et On retranchera le nombre font leur efiVené des financiers. . Nous n'aurons plus ces sangsues d'exacteiu*s et maletostiers . thonioS ni du Temple. petits verras* ram- pants contre terre. en un moment. et celles que a destournées de l'honneur se remettront au droit chemin. de petits vers rampants deviennent grands papillons volans. grands papillons volants. qui nous puisse empescher de désirer demander la paix. et s'en paignent de diverses couleurs. Napolitaine. qui propre des 1. dont le proffit ne revient pas au public. Variante : « S'en peignent de diverses couleurs.Antoine. où il se commet mil abuz et concus- sions. assimilée à la tour Antonia à Jérusalem. de d'azm*. et deviennent. donnent par qui Nous n'aurons plus ces chenilles. 2. et sur les vivres qui entrent aux bonnes villes. > mx moment. et en contre terre. sucent et rongent les belles fleurs des jardins de la France.SATYRE MÉNIPPÉE. La Bastille Saint. ni mutinerie S65 "Walonne. on ostera ces lourds imposts qu'on et a inventé à l'IIostel-de-Ville sur les meubles mar- chandises libres. mais et s'en à ceux qui manient les deniers les joues.

et consommons nostre meilleur et acquérons des catarres maladies qui ruinent nostre santé. qui chasliera les violents. . fera rendre gorge à ces esponges fera contenir et et larrons des deniers publics. ceux des autres seize quartiers villes. s'accommodent du plus net et plus clair denier. Nous n'aurons plus tant de gouet se verneurs qui font les Roitelets. assez riches vantent d'estre quand ils ont une toise de rivière à leur tyran- commandement. du peuple. chacun des de Paris. et retiendra tous ces tyranneaux en crainte et en devoir. un chacun aux limites de sa charge. et inventent mille termes élégants affaires et pour remonstrer la nécessité des à pour refuser de faire courtoisie un homme d'honneur. 1. conservera tout le monde en comme la repos et tranquillité. devait mettre chaque jour douze cents hommes en armes. et ne serons plus subjets aux la gardes et sentinelles*. Les bourgeois de Paris. moitié de aage. exterminera les voleurs et pillards. punira les refractaires. où nous perdons nostre temps. Nous serons exempts de leurs nies et exactions. et du reste taillent et cousent à leur volonté. fournissaient les parts. hommes pour garde des portes et dos rem- Pendant la Ligue.266 tailles SATYRE MENIPPEE. pour en distribuer seulement à ceux de qui ils espèrent recevoir une pareille. Nous aurons un Roy qui donnera ordre à tout. retranchera les aisles aux ambitieux.

Nous de- mandons ung Roy et chef naturel. \mg bras de fer et teste. Nous ne voulons pour conseillers et médecins ceux de Lorraine. de long-temps béent après nostre mort le Roy que nous demandons est desja faict par la nature. qui veulent estre nos tuteurs par force. mais non pas des Roys pour les porter. mais non pas un arbre ou : .SATYRE MÊNIPPÉE. Ceux qui parse trompent. et n'en voulons point prendre le conseil des Espagnols. qui. s'ennuyants de leur Roy paisible. ung nez d'argent. verdoyant du tige de Sainct Loys. Enfin. un rameau verd il faut que la nature le produise. on peut faire une maison. . et ne la con- noissent que depuis trois jours. et nous apprendre à croire en Dieu et en la foy Chres- ] tienne. non artificiel . On peut faire ime jambe de bois. mais non pas une Aussy pouvons-nous faire des Mareschaux à la douzaine. On peut faire des sceptres dos couronnes. qui . né au lis vrav parterre des fleurs de et de France. nos ennemis ' inveterez. ung Roy desja faict. la par espace de temps. S67 la paix. nous voulons ung Roy pour avoir faire mais nous ne voulons pas comme les greesi nouilles. du suc et de la moelle de terre (jui entretient la tige en sa sève et vigueur. leurent la cigogne qui les dévora toutes. et non à faire. en laquelle ils ne sont baptisez. et lent d'en faire un autre ne sçauroient et en venir à bout. jetton droit .

et qu'un roi de Finance. choisi par que Doucher avait les Espagnols. des Pairs. pèi<î du cardinal. L'auteur de i. Le duc de Lorraine. ne II serait pas plus clairvoyant. la Satyre laisse curé de Saint-Benoît. s'empara du mar- . que nous abandonnons au sieur d'Ediborgne. pour avoir vie et valeur. ni pourquoy nous ne voulons ouir parler d'Infante d'Espagne. duc de Savoie. mais de Roy. affaires. était entendre que son bon œil ne voyait rien aux intérêts français à cause de l'or d'Espagne reçu . ni au Duc de Savoye*. insensible C'est immobile en nos plaintes. esmaiilé d'or d'Espagne. fut élu en 1592 évoque de . soutint les armes à la main les droits de son lils. et des Secrétaires et Conseillers d'Estat. des Admiraux. Le borgne Boucher. 2. mais les protestants nommèrent un autre évêque. ne veoit rien*. aussy un Roy et électif et artificiel ne nous sçauroit jamais veoir. et de là la guerre à Strasbourg par les catholiques laquelle la Satyre fait allusion. Bouclier. vous confessera que son œil. que ni nous laissons à son père'. Les uiéJisaiits prétendaient que Philippe aimait sa fille d'un amour qui n'avait rien de paternel. seroit non seulement aveugle en nos et mais sourd. et à . 4.268 SATYRE MÉNIPPÉE. cardinal de Lorraine. Chai'les-Eraniauuel I". ni du Duc de Lorraine ou fils que nous lairrons manier au Duc de Bouillon ceux de Strasbourg". point : il faut que celuy seul naisse de luy-mesme. d'Archiduc Arncst. 5. Charles. que nous recommandons aux et Turcs de son au duc Maurice aisné. pédant des plus mes- chants et scelerez.

Catherine-Michelle d'Autriche. Surnom injurieux des habitants de Milan. devaient montrer la figue au bourreau en criant figue. se gonfler d'orgueil. Jeu de mot sur le nom de Lesdiguiëres {l'aide y guère).SATYRE MÉNIPPÉE. et Figons' qui luy ont tousjours faict la figue. quelque bipedale qu'elle plus non les que Genève. à condition qu'ils tireraient avec les dents et remettraient de même une : figue ils enfoncée dans l'anus de la mule. Gènes. c'est-à-dire se pava- ner. . Le peuple de cette ville ayant chassé la femme de l'empereur berousse. Final. pour sa bouche. c'est pour cela qu'il fera bonne bosse au lieu de faire le gros dos. l'empereur assiégea la étant rendu maître. Frédéric Bar- 2. Le duc de Savoie était contrefait. 1. le visage tourné vers la croupe de l'animal. Monaco. altesse il fera bonne bosse* avec la dédaigneuse le de son Lifante*. et tirer quité de Saxe mais la France n'est pas un morceau soit. Au de- mourant. Cependant plaisir aura ce son anti- de se dire Roy de Chypre. qui ne luy ayde guieres^ : 269 celay4a se doit contenter de nous avoir soubstrait le Marquisat de Saluées par fraude et trahison. guieres. S'en y fit un grand carnage des habitants. essaya en 1590 de s'approprier le comté de Provence. puis enfin laissa la vie à ceux qui restaient. 4. ruiner quisat de Saluées en 1588. Quand ils avaient réussi. L'expression faire la figue Italie voici la à quelqu'un a été conservé en comme injure. en danger de le ren- dre bientost au double. profitant des troubles de nos guerres religieuses. il ville. après l'avoir placée sur ime mule. 3. qui servira plus à et. fille de Philippe II d'Es- . si nous avons un peu de il temps pour prendre haleine.

ni par comme les zélateurs de Jérusalem qui eleurent pour sacrificateur un villageois contre les bonnes nommé Phanias. garde de : s'il est bien là. pour qui Teneçay a des mémoires par lesquels il le le baron de veut ren- dre préférable au Duc de Guyse. lurent pris. Elle croyait déroger n'ayant épousé qu'un duc de Savoie. électif. de despense et de faste somptueux qu'à l'agrandir. ou brigucurs Royauté. et lui laisser entendre les droits qu'il pré- tendait lui-même y lui avoir. . mœurs et contre l'ancienne loy pagne. ni nostre goust pour nous suffisants. faicts vaillants à bonnes enseignes. Tant y a que tous ces brigands. qu'il s'y tienne. ne sont ni propres.270 SATYRE MÉNIPPÉE. et se la beste*. Nous ne voulons point en tout de Roy sort. leur contenu divulgué. Catherine de Loriaine. et les ligueurs furent éclairés sur les secrètes ambitions du duc de Nemours. Le duc de Nemours avait envoyé le baron de Ténissc au duc de Mayenne pour le sonder sur ses intentions relativement au trône de France. Quant au Duc de Nemours. le jeune duc de Guise. et d'Elisabeth de France. une affection trop tendre. i. nous luy conseillons. de ni la à commander aussy que nous voulons observer nos loix et coustumes anciennes. . était accusée de porter à sonneveu. Les mémoires dont le baron était chargé 2. Je ne diray rien lera du Duc de Guyse pour luy et le Monsieur le Lieutenant par- recommandera à sa sœur*. duchesse douairière de Montpen- sier. pour le bien qu'il nous a faict de nous avoir aguerris.

Les gouverneurs se regardaient dans leurs Provinces. c'est luy seul. près enfants. C'est luy seul. qui peut. nous voulons que Monsieur le Lieutenant sçache que nous recongnoissons pour nostre vray Roy légitime. de Berry sons : Solongne. deffaire ces monstres hideux. né en Gaule. et souverain sei- gneur. En ung mot. du klin majorée. luy seul qui peut nous relever de nostre cheute. comme un Hercules naturel. C'est luy seul. naturel. quand se sera sis au throsne de • ses majeurs*. et agissant en souve- \ rains. par mille bonnes raisons. . Ancôtres. et non \ autre. de Lyonnois. 271 de Judée. et non autre. de Provence. de Lan- \ / guedoc. | i. qui dissipera ces Ducs de Noret mandie. qui peut remettre la Couronne en sa première splen- deur et nous donner la paix. en son lict de justice qui l'attend en son Palais Royal. de Reims et de Sois- tous ces fantosmes s'esvanouiront au lustre il de sa présence. Henry de Bourbon. que nous recongnoissons estre capable de soubstenir l'Estat de France et la grandeur de la réputation des François. qui exter- .SATYRE MENIPPEE. levant les tailles comme indépendants . cy-devant Roy de Navarre. 1. de Bourgongne et de Champagne*. minera ces petits demy-Roys de Bretaigne. qui rendent toute la France horrible et espouvanlable à ses pro.

tant s'est monstre tousjours respectueux en . Monsieur le Lieutenant. voire de ceux qui désirent en approcher. s'ils posez sur le tableau de l'élection. et veut estre enseigné. ni en mes- disance l'un sent l'esclave. car nous sçavons de bonne part que Dieu luy a touché le cœur. de tous les Princes que la France nous monstre marquez à la Fleur de Lyz et chent à la Couronne.272 SATYRE MÉNIPPÊE. comme le vous- mesmes. si à l'oreille je vouloy je ne veux pas dire la religion différente de la npstre. l'autre tient du sédi- tieux. que lui objecter. Messieurs. son oncle. Vous n'avez rien. et desja s'accommode à l'instruction. mais Je ne veux pas dire estoient tous proil les défauts des autres. ni qui ayt tant de vertus royales. que luy re- prochez tant. ni par : flaterie. mais je puis dire avec vérité. le plus capable et le plus digne d'estre je diroy bien : Une chose luy manque. se trouveroit de beaucoup esleu. de quoy il je fay estât comme si je l'avois desja veue. que. il n'y en a point qui mérite tant que luy. Le prétexte de l'oncle osté par la Je puissiez est au nepveu vous mort de Monsieur le Cardinal. ne veux parler de luy. et tous ceux qui hantent monde ne qui tou- nieront pas. que de quelqu'un. mesme a fait porter parole au Sainct Père de sa prochaine conversion. vous n'avez rien à présent. ni tant d'avantages sur le commun des hommes.

pour la diversité de religion? L'excomles munication ne s'estend que sur les corps et les fortunes. ainsy en a-t-il faict deux en l'Église. comme Dieu a deux grands luminaires pour le jour. qui est le Pape. et non pas pour la tuer. faict dit que. pour la guérir et ramener en santé. qui Ce sont les les corps qui jouissent des biens. car elle n'est qu'un médicament pour l'ame. en 1. pour cela le faudroit-il priver de son droit légi- time de succession à la Couronne? Quelles loix. et l'autre pour les corps. et les Roys de leurs Royaumes. et non pas âmes. au soleil. quand ainsy seroit qu'il persisteroit en son opi- nion. . mais pour faire peur de damnation. et non sur Innocent troisiesme exaltant superbement* qu'il peut sa puissance papale. le plus âmes. quel Evangile nous enseigne de dépossé- der les hommes de leurs biens. Aucuns disent qu'on n'en auroit point de peur. Elle n'est pas pour damner. il faudroit. pour les âmes. et religieux gardien de ses paroles. Yariante : < hautement >. mais cela avoit lieu. quels chapitres. qu'il accompare est le Roy. 273 ses promesses. L'excommunication donc ne les peut oster. de les la vie. si on n'ostoit quelque conunodité sensible avec comme les biens et la conversation si hommes. Mais. et la au ciel sçavoir est le soleil lune pour l'un la nuict.SATYRE MÉNIPPÉE.

cap. H. et les armées? Ce sont contes de vieilles : il 1. comment roit que ce pauvre Roy dépouillé rentresaisis. vers. yvrongnes. mesdisants. comme vous autres messieurs y voulez digneMais. mais dict pas qu'il leur faille oster leurs biens. luy deffendre aux paillards leur oster leurs femmes. le vin. I. V. £p. et les trésors. peu après. et luy quitter les places fortes. s'il ment pourvoir.274 SATYRE MÉNIPPEE. . car ne seroit pas raisonable que le peuple demourast sans Roy. et quand on auroit osté le Royaume la Couronne à ung Roy. Je de- manderoy volontiers. en son Royaume? Ceux qui en seroient et tricnaux possesseurs à juste tiltre. s'en voudroientils démettre. Sainct-Paul aux Corinthiens^ deffend de boire et manger avec les forniil caleurs. ce Roy. ou d'ung autre sub- séquent comme est-ce ils sont assez coustumiers de révo- quer et deffaire ce que leur prédécesseur a faict. revinst à résipiscence. encore eslire et en en mettre ung autre en sa place. advenoit. et aux ladres leur deffendre de se galer. se converlist à la vraye foy et obtînst son absolution du mesme Pape. et excommuniant un yvrongne. pour estre faudroit-il il excommunié ou hérétique. que excommunié et destitué de ses Estais. larrons. faire ne pour leur peur et les faire retirer de leurs vices.

et de vous. 275 n'y a ni raison. parce que toute puissance souveraine est de Dieu sente l'image de Dieu. ni apparence de raison en tout cela. ains ont été receus et admis en l'auctorité Impériale. Aussy sçavons-nous bien que beaucoup d'Empereurs Arriens. Et y a long-temps que Sainct-Bernard a dict : Stetisse quidem judicandos Apostolos lego. et par exprez ont commandé et repré- en leurs Epistres d'obéir aux Roy» et Princes. se- disse judicantes nunquam lego : les Apostres ont souvent comparu tout debout devant les juges pour estre jugez. n'ont pas esté rejettez ni re- poussez de leurs peuples et subjecls orthodoxes. mais jamais ne se sont sis en chaire pour juger. Il y a long-temps que l'axiome est arresté. qui . tels qu'il plaisoit à Dieu leur donner. C'est bien loing et les de nos mutins. tuelle .SATTKE MÉNIPPEE. que les papes n"ont aucun pouvoir de juger des royaumes temporels. qui voulut obéir aux loix de l'Empe- reur Tibère. Monsieur le Légat. se formans à l'exemple de Jesus-Christ. qui les chassent massacrent. imitans Sainct4*aul et Sainct-Pierre. venants à l'Empire par sucession ou par adoption. qui obéirent à Néron. sans tiuuulte ne sédition jours eu ceste maxime. et les Chrestiens ont tous- comme une marque et perpé- de leur religion. d'obéir aux Roys Empe- reurs. fussentils Arriens ou Payens.

et le sera encore malgré nous. je ne dy pas n'y fallust entendre. naturel et légitime héritier. si voulez en faire perdre la race. et les plus proches parents en degré de consanguinité à leurs plus proches de la mesme ligne et famille. et faut accepter avec joye et allégresse ce grand n'a Roy que Dieu nous envoie. et ayants un si brave et généreux Prince en ce degré. n'avions plus nous du sang de ceste noble famille Royale. du latin pcedicare . mais ayants de temps immémorial et la ceste louable loy qui est la première plus ancienne loy de nature. sans controverse ni dispute qu'il ne soit le vray. ou que nous fussions en un Royaume comme qu'il en Polongne ou en Hongrie. Vraiement. suis-je me destourné de mon propos pour dire la reli- quelque chose sur ce qu'on luy objecte de gion . l'en voulons empescher. et plus habile à succéder à la Couronne. qui que faire de nostre aide pour l'estre.276 SATYRE MÉNIPPÉE. et qui l'est si desja sans nous. que le fils succède au père. d'élection. mais ce n'est pas ce que je Vouloy dire qui luy manque. et qui retarde beaucoup l'avancement de ses affaires : aussi n'est-ce pas ce que les Prédi- cateurs et pédicateurs* luy reprochent. il n'y a plus lieu d'élection. de l'amour Il Sodomistes. nous Or.

le plus sage et le plus doux Prince qui ait jamais porté sceptre. et principalement Monsieur le Lieutenant. n'aimoit-il pas esperdument la Royne Bérénice. Qu'on et considère tous les il grands capitaines monarques du monde. au contraire. C'est pourquoy Platon souhaitoit une armée toute composée de gens amoureux. bons naturalistes et Aussy tres les poètes. ce n'est pas imperfection qui puisse em- pescher les actes de vertu. grands maisfaict le en la science des mœurs. ont toujours dieu Mars amy de Venus. jour monsieur le cardinal de Pelvé luy sceut bien dire 10 . amours luy ses ou apportassent retardement à concéder aux Princes affaires? 11 faut quelques relasches et récréation d'esprit. seroient invincibles et feroient qui mille beaux exploicts d'armes pour plaire à leurs maistresses. sans que jamais toutesfois ses fissent préjudice. 277 des femmes. : ne s'en trouvera guère de sobres en ce mestier l'Em- pereur Titus. € Comme un >. Je m'assure que la plus-part de la Compagnie. faire de l'honneur pour se ajmer avoir d'elles. ne lui sçauroit faire ce reproche sans rougir*. à la vérité. qui est proposé pour le plus vertueux. mais.SATYRE MÉSIPPÉE. Car. ja- mais brave guerrier ne fut qui n'aymast et qui n'aymast acquérir les dames. après qu'ils ont tra- 1- Âddit.

des batailles. la science qui concerne les camps. s'il il a quelque inclination à aymer les choses belles. lassent tousjours ne se mesleurs d'interpréter sinistrement mœurs n'y a et complexions. etc* . Les Roys. ne vaut rien. Il ne fut jamais que les peuples ne fissent d'iniques et jugements des actions des Princes. sans quelque rafraischissement sion à autres pensées plus agréables et plus douces. c'est pourquoy le Sage . Aymer ung peu sagement. des castrametations* et logis de letors armées.278 vaille SATYRE MÉNIPPÉE. ne laissent pas d'estre hommes. et. : sujets il aux mesmes passions que faut confesser leurs subjects mais que cestuy-cy en a moins de vicieuses qu'aucun de ceux qui ont passé devant luy. que bien. pour estre Roys. aux affaires sérieuses qui importent nostre repos. Il n'est possible et que l'âme soit tousjours tendue en ces graves pesantes admiet diver- nistrations. le choix dd l«ur em- placementi leur disposition. et après qu'ils se sont lassez aux grandes actions des sièges. ne se souvenants pas qu'il seul de ceux qui en jugent qui ne fasse ung pis. mesme a dit : Bonum est pauxillura araare sanè insanè non est n'est bonum. u'ayme que les parfaites 1. Mais trop aymer follement. et qui n'ait beaucoup de plus grandes imper- fections.

et curieusement apprend les passages et retient les distances et guez des rivières. luy est ou passe-temps de il comme un exercice de vertu. pourquoy ne me sera- . marque en quels endroits elle seroit commode de camper son armée. et des villes il bourgades. n'ayant jamais entre- pris de tels voyages qu'il n'ait eu en main une ou deux entreprises sur quelques places rebelles. Quand on s'est mis une fois à haïr un homme. vous diriez que S'il est ce seroit feinte ou hypocrisie. dont use le plus souvent. de reconnoistre l'assiette advenues de son armée. permis de ju- ger ainsy des actions d'autruy. Mais il auroit beau estre continent. quand roit. et les excellentes. plaisir. «79 comme il est excellent en juge- ment et à congnoistre le prix et la valeur de toutes choses. et ne faire que prier Dieu et donner l'ausmone. auroit beau s'abstenir de tous plaisirs.SATYRE MÉNIPPÉB. vous y trouveriez tousjours que redire. 11 on interprète en mauvais sens tout ce qu'il faict. de remarquer il des villes et places où passe. sans laisser. y passe- et tousjours faict s'enquiert et apprend quelque chose du de ses ennemis. morne et grave. les parmyses esbats. au lieu de la chasse et de la vé- nerie. tempéré. sage. et retiré. la nature des per- sonnes qu'il rencontre. contre la deffense expresse que Dieu en a faict. Encore ce petit destour. des lieux et contrées qu'il traverse.

encore qu'il fasse sa prunelle toute blanche en la tournant aux voultes de l'Église. Terme injurieux. permis de croire que tous ces Marranes'. en laquelle il est superlatif et excessif. Or. utrague specie. c'est qu'il nous traitte trop doucement et nous choyé trop. qui me luy semble manquer. qui font tant de signes de croix. La clémence. 2. Lu- comme il a esté autrefois. ne pîaist pas à tous les la mortels les uns veulent de pluye pour leurs choux. et se frappent la poitrine avec tant d'esclat à la messe. est une vertu fort louable et qui porte en fm de grands fruicts et de longue du- i. t . et les autres la craignent pour leurs moissons. sont neantmoins Juifs et Mahumetants. Addition il : « Et il sçait bien ce qu'on luy a dit n'aguères les quand a proposé de faire faire stib Pasques à cette belle assemblée. par extension cette appellation s'est appliquée à tout chrétien d'une orthodoxie douteuse. C'est par ce nom que les Espagnols dé- signaient les Maures établis en Espagne. quelque bonne mine qu'ils fassent? est Pourquoy ne diray-je que Monsieur de Lion thérien. et y a piter un vieil il proverbe qui dict que Ju- mesme quand : pleut. et ce dequoy vous et moy sommes plus tenuz. ou feint d'adorer le Mais ce n'est pas d'à ceste heure qu'on parle ainsy des Roys.280 il SATYRE MÉNIPPÉE. quand Crucifix «? il adore. ce lui que j'ay différé à dire.

quand ceux sont entreprenants de troubler et courtois un Estât. par laquelle il vouloit se rendre agréable au peuple et attirer un chascun à son party. 16.SATYRE MÉNIPPÉE. ou craignent que. Monsieur le Lieutenant. à ceux qui envahissent un contre droict. semble que ceux qui épargnent leurs ennemis désirent qu'on leur en fasse autant. n'estoit pas clémence. et demandent revanche de leur gras'ils tieuseté. se montrez gracieux leurs du commencement de douceur dont usoit exécutions. encor qu'ils soient longs et tardifs à venir. ains flatterie et courtoisie ambitieuse. devant qu'il fust victorieux. se monstrent sé- vères. estimants que celuy qui n'ose user de son droict n'est pas encore asseurê de vaincre et craint aucunement d'estre vaincu. Aucuns l'attribuent à couardise et car timidité il plutost qu'à vaillance et générosité. Mais les Philosophes qui ont traitté de ceste matière à plain fond. Aucuns l'appellent imbécillité de cœur tout à faict. comme la César envers les citoyens et gens-d'armes romains. Et maistre d'Estat : c'est ce que dict ce grand Imperium occupantibus utilis est clementiœ fama . 2S1 rée. et à ceux qui n'ont plus personne qui leur résiste. Mais il n'appartient qu'aux victorieux d'en user. n'ont pas attribué à vertu. . qui. ils ne puissent avoir raison de leurs autres ennemis qui restent à dompter. Royaume comme à vous.

Concluons donq que nostre Roy devoit reserver à user de sa clémence quand il nous auroit tous en sa puissance. Je ne fay doute. le tra- et faict plus de gracieuseté. voire cruauté. . différence entre clémence et douceur y a donc la douceur de tombe ordinairement aux femmes petit courage. les remettant tous leurs biens. après avoir vaincu Pompée et deffaict tout ce qui luy pouvoit résister. honneurs et dignitez. car ceux à qui il avoit pardonné.282 SATYRE MÉNIPPÉE. furent ceux qui Il : hirent et massacrèrent misérablement. dit Ciceron. de pardonner à ceux qui ritent mourir. et aux hommes mais la clémence n'est qu'en celuy il qui est maistre absolu. et jamais les guerres civiles mé- ne pren- dront fin si nous voulons continuer de justice à estre gracieux où la sévérité est nécessaire. il vint à Rome sans triomphe et pardonna à tous ses capitaux ennemis. et qui faict du bien quand peut faire tout mal. La malice des rebelles s'opiniastre et s'endurcit par la douceur dont on use envers eux. sont tombez entre ses mains que ne fussions â présent tous soubs son obéissance. doux et la réputation d'estre gracieux ne sert de beaucoup. Mais ce fut clémence quand. très en Dequoy toutefois mal luy prit. C'est inclémence. parce qu'ils pensent qu'on n'ose les irriter ni les mettre à pis faire. s'il eust chastié chaudement tous ceux qui depuis ces troubles.

nous prenants armez pour luy résister et pour l'assaillir. Monsieur le Légat. v. retournez à Rome et emmenez avec vous vostre porteur de rogatons. hostes. allons donq. il nous reçoit à mercy et nous laisse la vie et tout ce que luy demandons.SATYRE MÉNIPPEE. c. veu que. espérons encore il mieux de luy quand nous verra prosternez à ses pieds. qui portent la paix et annoncent le salut et sauvetè du peuple Que tardons-nous ! à chasser ces fascheux . Messieurs Ambassadeurs d'Espagne. luy offrir nos vies et nos biens et luy deman- der pardon de nos fautes passées. gracieux et bening. las comme sauterelles? la luxure et Ne sommes-nous point de fournir à aux voluptez de ces harpies? Allons. tous d'une voix luy n'y a paix si demander vaille ciosi la paix! Il inique qui ne mieux qu'une très-juste guerre. Allons. le Cardinal de Pelvé : nous avons plus de besoin de pains benists les agents et las que de grains benists. . 283 Mais puisqu'il a pieu à Dieu luy former le naturel ainsy doux. nous sommes de vous •1. nuntiantiiim hona dit Isaye* : sahitem! que ceux ont les pieds beaux. Allons. maupiteux bourgeois insolents animaux qui dévorent notre substance et nos biens. quam speet pedes nuntiantium pacem. Isaîe. 7. LU. mes amis.

l'eau. : la fausses. 3. reliques de saincts*. si Je sçay bien qu'au partir d'icy vous m'envoierez i. Mes- sieurs ses cousins et alliez. Piei'res y eut à la fois à Paris treize princes de c'est la hardelle de la Satyre. Petits navii-es longs et plats. sont tous ces petits princes de leur maison. qui n'avez ne force ne vertu. Hardelle. troupeau d'animaux maigres et en mauvais état. nous entretuer servir de gladiateurs à outrance et pour vous donner du plaisir. avec vostre hardelle* de princes. nostre vray Roy. nous vous tenons pour fantosmes de protection. c'est-à-dire ceux qui leur ont survécu. rera. Allons. tués à Leurs reliques. sangsues du sang des Princes de France. . au figuré. que nous sommes Fran- çois. il En l'année 1584. Les saints c'étaient le Blois. mais sans mérite ni valeur réelle. maison de Lorraine 2. fustes evantées'. marchant à rames et à voiles. hapelourdes *. gens d'apparence.284 SATYRE MÉNIPPÉE. Messieurs [de Lorraine. d'où. Et que Monsieur le Lieutenant ne pense pas nous empescher ou retarder par ses menaces! Nous luy disons haut et clair. nostre bon Roy. et allons avec les François exposer nostre vie et ce qui nous reste de bien pour assister nostre Roy. qui vous rangera aussy bientost à la force. mesme reconnoissance par inspi- ou par un bon conseil que Dieu vous en estes dignes. duc et le cardinal de Guise. Une fuste éventée est celle qui est percée et laisse passer 4. et à vous tous.

et plusieurs autres. Une addition nomme après lui « le marquis de Menelay ». 1. pour être l'amant de madame de Guise. Yous êtes foibles de reins. un billet*. en ces angoisseuses misères je conclueray et. ou peut-estre m'envoierez à ou me ferez asssasiner. Sainct-Maigrin'. 4. à quitter Paris où son franc parler déplaisait et à se retirer dans ses terres. 283 la Bastille. maison de Bretagne. parce qu'il 2. 3. . Tous les princes de la maison de Lorraine subirent des déiaites — pendant les guerres de la Ligue. ma trop longue harangue par tel un épil'ay logue poétique. : Mais vains sont tous voz efforts Nulle force ne s'esgale A la puissance Royale. assassiné. Soupçonné de vouloir rendre cette place à Henri IV. Allusion au billet par lequel le duc de Mayenne invita d'Aubray. en sortant du Louvre.SATYRE MÉNIPPÉE. Mignon de Henri III. en Picardie. aux Ligueurs. Pour la Couronne debatre Yous TOUS faictes tousjours battre*. le 21 juillet 1578. Mais je tiendray à partie de grâce.le duc de Mayenne. Ce marquis était gouverneur de La Fère. en 1594. poiu. avant que mourir. : Yous estes vaillants et forts. rir plutost si me faictes promptement moulong temps que me laisser languir plus . comme avez faict Sacremore'. ce duc le flt assassiner en 1591. que je vous adresse que je de long temps composé : Messieurs les Princes Lorrains. par les ordres du duc de Mayenne. Bâtard de la passait postérieure.

Aussi n'est-ce pas raison Qu'aux eni'ants de la maison Les serviteurs mènent guerre. : Naissent toiisjours couronnez Le vray François ne se range A Roy ni à Prince estrange. N'est assisté que de Princes Et de Rarons des Provinces. la deviez. : Vous ont faict leur chef de part Ce qui vous suit de Noblesse Est de ceux qui le hast blesse. Pour les chasser de leur terre. ou la plus-part.286 SATYRE MEÎ^IPPEE. Ciel faut qu'on vous Noz Roys du ordonnez. Si quelque droit y aviez. Pour sa garde d'Escossois. Mais le vray Roy des François. mes amis. Quittez donc au Navarrois la Couronne de noz Roys. A tort par vous prétendue > Aussi bien l'a-vous fondue. Fondre vous ne Ou bien il Tiltre de donne Roys sans Couronne. Allons tous à Sainct-Denis Dévotement recognoistre Ce grand Roy pour nostre mai«lr& . Tous vilains. Allons doncques. Grande Qui à folie entreprend : son Maistre se prend les rebelles Eieu encontre Soubstient des Roys les querelles.

Quelque chose en pourront croiM. la Ils I archidiacre de Toul. Qui nous mettez aux danger» Et nous paissez de fumée. J'aydit. : Retournez en voz pays Trop au nostre estes haïs. Tenants la guerre allumée. Et comptez de Charlemagne Aux lisières d'Allemagne. Allons tous. qui fut ouye arec un grand silence et attention. beaucoup de gens demeu- 1. Prouve» y par voz Romans. Tant il est Prince accostable. dép«N6déft da tr^ de Fraoce par les Capétiens. . Geste harangue achevée. Princes estrangers. D'estre doux et débonnaires Et courageux aux affaires . Tous les Princes de Bourbon Ont toujours cela de bon. 587 Pour luy demander la paix : Wous irons jusiju'à sa table.SATYRE MÉNIPPÉB. et dans des généalogies dressées par ordre des princes Lorrains. se trouvait mentionnée prétendue te disaient descendance de leur maison de Charlemagne. Que venez des Carlomans* : Les bonnes gens après boire. Mais vous. dru et espais. Dans 1« livre d«fi Stemmata de François de Rosières.

qu'il * ne demeurast du Ponent de ses frais. . chascun se voulut lever pour s'en aller. Henri IV l'ayant fait gouverneur de 2. André de Villars-Brancas. et du Levant. ï 6. stos vellachos Ce disant.288 SATYRE MÉNIPPEE. Tuons tous ces marauds. camuz et estonnez. Mais l'Admirai de Villars. de ne faire point la paix avec les Hérétiques. sans faire aucune révérence à personne. aussy i. Josaphat. Addition 5. partit de sa place. de Bon-Port et de : < Qu'il Ponant. de longbruit. Son nom a été supprimé dans les éditions postérieures de la Satyre. et ne fust payé avec rétention de ses bénéfices*. Gaultiers*. était privé du revenu de ses bénéfices que les royalistes retenaient. temps après. familier et conseiller de l'amiral de Villars. des Mu- ment d'esprit. possédait la terre d'Yvetot. : 4. Rouen et de Calais. amiral de France. au nom des Cantons Catholiques et des Ligues des Catillonnois. mo- derne Roy d'Yvetot^. haut : Todos mattaremos. Philippe des Portes. tinados los se leva le premier et dict tout *. Lipans. 3. supplia les Estats. *. ne demeurast maistre de la mer du abbé de Tiron. et rerent bien ne fut. Variante « francs museaux. Là dessus. soldats des vieilles troupes espagnoles qui 66 mutinèrent fréquemment en Flandres faute de paie. et autres communautez zélées. toussy ne craché. ni faict aucun comme coup du si les auditeurs eussent esté frappez d'un Ciel ou assoupis en un profond endormissejusques à ce qu'un Espagnol. Motinados.

Variante : « Et abroger les loix du péculat et de repe- tundis. A quoy. trésorier du duc de Mayenne. Ribaut. 2. pour le désir que j'avoy de veoir les choses rares et singulières. était un de ses prin- cipaux agents. 289 de ne point eslire de Roy qui ne fust bon compagnon et amy des Cantons. qui attendent avec beaucoup de désir quelle sera la procédure et l'issue de ces fameux Estats. Puis se levèrent Ribaut et Ro- land*. pour ce que ceste loy n'estoit ni Catholique. ni fondamentale '. qui supplièrent l'Assemblée de casser et abro- ger la loy De repetundis*. d'assez bonne heure au Louvre. ny fondamoi- Ules.SATYRE MÉNIPPÉB. afin d'en advertir mon Maistre et les Princes d'Italie. le taciturnité. parce qu'elles a'estoient ny catholiques. Nicolas Roland était son favori et son conseiller. et. la porte massier advertissoit à de retourner au Conseil à deux heures de relevée. Ce faict. et les cérémonies qui s'y feroient. Ils poursuivis de ce chef. 3. chascun se leva avec une merveilleuse en sortant. et. me présentant pour entrer en la Salle 1. moy qui parle. encaissés chez le Général de la Cause. Je revins donq après disner. > « k . Ribaut et Roland s'étaient approprié une grande partie des pouvaient donc craindre d'être deniers publics. tenus contre tout ordre et façon de faire accoustumée en France. c'est-àdire le duc de Mayenne. ne voulus faillir.

et pour sçavoir les Princes et Princesses sans queue ' entreroient en la mesrae cé- rémonie qu'au matin. il Autrefois toutes les sculptures étaient peintes. l'huissier me à reet fusa parce qu'il vit que je n'estois marqué L* n'avoy point de raereau * entrèrent beaucoup plus comme j'en vy plusieurs qui mai en poinct et plus deschi- rezque raoy. car la main de l'ouvrier en estoit excellente. dgg taverniers. et y avait des un tableau ou peinture sur une surface unie. on disait c'est une plate peinture. voix en l'élection. entre autres j'y vy recevoir des bouchers. i. Cette expression ne désigne pas de mauvaise peinture.290 SATYRE MÊNIPPÉE. Jeton de passe. Car. haute comme j'avoy faict au matin. et la besongne fort nette et naifve. mais je puy dire que je pry un merveilleux plaisir à les con- templer l'un après l'autre. sans préjuger aucunement son mérite tableaux ou peintures en bas-relief. je voulus attendre leur venue . « 3. Variante ATeq leurs queues. dont je receu unpeu de déplaisir. sergents et qui dévoient avoir fit escorcheurs que je connoissoy. Je ne sçay y avoient esté mis ex- prés pour parer le lieu. et en attendant. » 4. 8. potiers d'estain. pour désigner : . plus de trois. ou pour les vendre. Toutesfois ser ma curiosité me si pas- mon desdaing. Marqué au : chiffre de la Ligue. * me my à regarder des tableaux de plate painture qui estoient estallez sur les degrez s'ils de l'escalier.

doigts 3. bons ' deux. ime couronne de or figuré. À droite du tableau. A quoy ledict Géant tendoit les bras tant qu'il pouvoit. Orteils. Catherine. la roue que du bout des voit joindre.SATYRE MÉSIPPÉl. à un pied fin et demy ou environ. comme dessoubs celle de Saincte à trois testes féminines. . Et à la main droite sine y avoit un bras couronné qui. parties 2. qui un monstre avoi^nt leurs noms escrits sortants de leur bouche : AMBITION. de fer luy donnoit sur Soubs ceste roue paroissoit. 291 pleine d'énigmes de divers sens qui faisoient tendre tous les esprits à deviner dessus. REBEUIOIf. Janfes. avec une liousles doigts. entre de bourgs. sans pierreries. et une espée de rouillée par faute d'estre portée et mise en usage. et auprès d'icelle un sceptre royal Justice. des pieds. du Utin articulut. parce que Monsieur de Nemours les avoit mangées. et au dessuz de sa y avoit teste. dont les gences* estoient toutes tortues. et neantmoins n'y pouvilles parce qu'il y avoit tout plein de et gros. de la roue. et se haussoit sur les pieds si advantageusement qu'il n'apuyoit sur orteils*. 1. Le premier sur lequel je jectay l'œil estoit la figure d'un Géant ayant les deuî pieds sur une roue mal graissée. im peu rongé de souris. FEI5CTE RELIGIU>'.

C'est ce Henri qui a fait supprimer ce passage dans les éditions suivantes. Ce tableau a été supprimé dans la troisième édition de 1594. non moindre où estoit '. et remplacé par 3. Pantag. ayant regardé de plus prés le visage dudit il Géant. meslé de blanc deux noms*.292 SATYRE MÉNIPPÉE. du nez lade de et la barbe. 5. qui me firent entendre tout GEA^T. xxi. » (Rabelais. marquis de Villeroy. se rallia à De l'italien cera ou ciera qui signifie visage. TD AS BEAU TE HAULSER mystère: ET t'eSLEVER sur CESTE ROUE. fors qu'il n'avoit point la * . mais. painctun habillé à * homme. Là je vey ung jeune parazon guarir comme vous diriez de L. IV. V. A petit la suite de ce tableau. AUX CORBEAUX TU FEROIS LA MOUE. ch. avec tous les linéaments des yeux. et neantmoins portant la chère çoise. Il Nicolas de Neuville. Les couleurs de 4. que cela pouvoit signi- Je ne sçavoy de prime face fier.) Rouen. . SI DIEU NOUS VOULOIT EXAUCER. et rouge l'Espagnole. après son abjuration. Maladie vénérienne. France et d'Espagne. qui avoit Fran- A son costé droit avoit 1. je dy de la bien fine. et avoit la teste et le ventre aussi gros luy. me que de sembla qu'il resserabloit à celuy de Monsieur le Lieutenant. pe- Rouen et au dessous estoient escrits ces le quatre vers. un autre. y en avoit ung autre de artifice et plaisir*. a les veroUez. 2.

. pleuvoit une petite pluie d'or. Et au dessus d'iceluy tableau y avoit cest autre vers : Eheu! ne tibi fit privata injuria tanti. Lln&nte Isabelle. Qui me fit douter que c'estoit une des personnes 1. 4. sinon par l'inscription que je vy au dessoubs en ces mots : Vendidit hic auro patriam. n avait été Secrétaire d'Etat sous Charles IX et Henri m. laquelle sembloit l'accepter in tolidum avec ung beau petit mary de beurre fondu au soleil *. dont le pommeau estoit couronné qu'on d'un chapeau de fleurs. 2. bazanée. une escritoire 2^ pendue * et au gauche une espée qui tenoit au bout. et sa gibecière quadruplée'. 3. et son chapeau doublé. Remplie de quadruples d'Espagne. thminumque potentem Impotuit. et dessus sa teste. du costé d'entre le soleil de midy et le cou- chant. et avoit en sa main une cou- ronne de papier muette et qu'il présentoit à une jeune dame'. qui luy faisoit trahir son Maistre . comme les pucelles enterre. L'archiduc Ernest auquel les Espagnols voulaient la ma- rier en la faisant reine de France.SATYRE MÉNIPPÉE. Je ne pouvoy comprendre que vouloit dire la figure. Sa contenance estoit double.

il avait quitté les insignes de l'ordre. Jacobins et Jesuistes. Henri III l'en Il Grand Trésorier. 2. les autres. Villeroy avait été chargé. de encore qu'il eust quitté le Sainct Es- prit*. paraît que du temps où l'île était ligueur. morts le cul et' vivants ^ qui avoit entre deux selles à terre. augmen*. . la Trinité. La Ligue. c'est-à-dire ses partisans. ils souffloient avoient des soufflets d'orgues.294 SATYRE MÉNIPPÉE. de dresser fit de le l'ordre du Saint- Esprit. L'Ile partis. comme curez de grosses paroisses. Rabelais a inventé de Ruach. dont les uns étaient morts et les autres rahandoniiaient pour le parti du roi. veuve de ses maris. qui estoit plus grand et large que les premiers. moines. uns luy aux qui apportants des pacquets scellez et bridez. conjointement avec le chanceles statuts lier de Chiverny. dont le nom ici en hébreu Paria. qui se laissoient emporter 1. tée DE NOOVBAO DEPUIS LE TEMPS DE RABELAIS lieu estoit Au mi- une dame coiffée en veufve de plusieurs maris. et autour d'elle y avoit force gens les d'Eglise. et meslé de plusieurs diverses qui et plaisantes drôleries. de Ruach désîgile aux fureurs des 3. de l'autre costé de l'escaliep. dont au cul de plusieurs manants. livré signifie vent ou esprit. J'en vy ung autre. me fît tourner pour : le veoir parce qu'au dessus estoit escrit DEscniPTiON de l'isle de ruach. et autres elle en donnoit de estoient habillez mesmes. il 30 décembre 1578.

Ladicte dame en foumissoit du les contreporteurs car elles luy sortoient de dessous sa cotte en abon- dance . C'est le siège. Colporteurs. que des revendeurs portoient par les rues. allusion à la famine qui régna à Paris pendant 2. D'autres se tenoient tout debout. et y avoit plaisir à veoir les diverses gri- maces de ceux qui luy fouilloient soubs la queue pour en gouster. graveleurs et cacochimes. Et aux quatre coings y avoit une les quatre vents fendus en i. et se revendoient de main en main à bon compte 11 y avoit aussi une autre viande en papier. tournants à vuide. où au lieu de pain et viande on exposoit en vente des balons. ! : Nouvelles rats et ! nou- comme on crie la mort aux aux sou'. dont onfaisoit grand cas. figure. au dessoubs de ladite comme une place publique représentant les Haies ou la place Maubert de Paris. les nourissoient de vent comme d'une viande céleste propre à guérir les goûteux. Le reste du paysage dudict tableau estoit des moulins-à-vent. et lesdits et 295 la gueule curez leur souffloient en la bouche. On voyoit. et n'en avoit pas qui vouloit.SATYRE MÉNIPPÉE. et de girouettes en l'air. et grosses vessies de por- ceau. couilles de béliers bien enflées. bée et ouverte. avec plusieurs coqs d'Eglise. et les crioient velles ris. au vent. dont on trafiquoit au marché *. .

l'huissier qui m'aet voit desja poussé la me remarqua première fois : repoussa plus rudement qu'à resolution de qui me fit prendre me retirer. C'est-à-dire : les vents venant des quatre points cardinaux. ou LA ROYNE SE PAIST DE VENT : QUI VOUDRA SCAVOIR DES NOUVELLES METTE LE NEZ SOUBZ SON DEVANT. L'édition la Satyre Ménippée comprise les Mémoires de la Ligue. les Princes et Princesses susdites passèrent. parce que la presse n'estoit pas grande. sud-est. et laisser là les Estats bien cloz et fermez'^.206 SATYRE MÉNIPPÉE. le plus gros et souffloit le plus fort et envoyoit les nues du costé du Nord -Nord -Est. et auparavant que j'eusse jette la veue sur les autres qui suivoient. dudit tableau estoit escript ce quatrain : ICT SONT LES TERRES NOUVELLES. vent du sud-ouest dans est celui qui vient d'Espagne. Au dessoubs petit. . Pendant que je me ravissois en la contemplation de ce troisiesme tableau. subdivisés en vents intermédiaires. Par rapport à de la situation de Paris. 3. nord- ouest. et fallut que je cou- russe après pour entrer à leur suitte. sud-ouest. compte encore quinze tableaux après ceux-ci. comme le nord-est. dont sembloit que le Sud-Ouest fust *. il double*. etc. 2. Mais. 4.

» Les comédies représentées à l'Hôtel de Bourgogne. 4. » C'était le bourreau de Il Paris pendant la Ligue.SATYRE MÉNIPPÉE. l'an 1594. comme les double-tierces. avait eiécuté le président Brisson et « Maistre Jean Rozeau. de Trévoux. . 2. sur le soir. où j'entendis. 297 Cela fut la première Session. ses collègues. embarrasser. et sur quel pied l'Union marcheroit J'ay aussy sceu depuis que le résultat du Conseil portoit qu'on feroit plusieurs Karesmes en l'an. parce auparavant. On mur- .\lias : de Jésuites. 5. On que les enfants s'en jouoient y fit aussy desdeffenses de vendre des œufs de couleur après Pasques. Jean Rozeau^. en cette occasion. Pareil- lement fut aux femmes enjoinct de porter de gros culs*. avec fréquentes qui se tournoient indictions de jeusnes doubles. en continue. Variante : <i danseroit. enger signifie remplir. et quoiqu'il n'eût été. charger. On deffendit aussy jeux de Bourgongne* et les quilles de M. 1. qui estoit de les mauvais exemple. la Au les commencement de comédiens s'étaient lieutenance le du duc de Mayenne. *. et fut pendu en Grève Des verlugadins. et d'enger'' en toute seurté soubs iceux. permis de mettre en scène d'une façon ridicule. D'après le Diction. sans craindre le babil des sages femmes. il paya ce meurtre de sa vie. que l'in- strument. 17. qu'on avoit mis en délibération de quel bois on se chauferoit le Karesme supant. Les bâtiments qu'ils occupaient furent destinés à l'installation d'un collège 3. .

Hérétique seroit envoyé sons. et que son feu frère l'avoit bien voulu estre si on l'y eust voulu recevoir. parleroit de paix de vingt ans. On trouve. on exaltoit le labeur de Monsieur de Lyon qui forgeoit une loy fondamentale. par laquelle seroil porté que quinconque. sur toutes choses. comme et Maheutre. et leur les falloit un chirurgien pour phlebotomizer ^ Plu- sieurs autrçs sainctes et louables ordonnances furent faictes. . 2. comme monnaie.298 SATYRE MENIPPEE. dans des actes du temps. Quelques-uns mirent aussy en avant que. fist il si le Roy de Navarre le se faisoit falloit que Monsieur Lieutenant se Huguenot. parce 1. dont on promit me donner mais. Aussi fut advisé de convertir l'hostel de Bourgongne en un collège de Jesuistes. Catholique. et les mulets bannis de Paris. qui avoient besoin de récréation pour la grande quantité de sang dont ils estoient boursouflez. aussi mura que les carosses seroient censurez. des Philippe-dales mentionnés Monnaie espagnole. dedans Paris ou en ville bridée de l'Union. pour l'entretenement des Docteurs. Quant à l'électout neuf. d'entrée la liste . on dit qu'elle fut mise sur tion d'un le Roy bureau. de jeu. ou demanderoit le teroitle commerce libre etregretenexilàSoysla bon temps passé. ou payeroit à bourse de l'Union certaine quantité des dales *. mais que ce ne fut sans dispute. Saigner.

S90 que les uns proposoient qu'il valoit mieux entrer en . fomentée. quoyque le vin fust cher. Voilà à peu prés ce queje pus apprendre et ^eje puis rapporter de ce qui se passa aux Estais de Paris. republique. suivoit pas qu'il fallust ne s'en- cracher contre luy et ne s'en laisser servir plus. loligarchie Athénienne aucuns parlèrent d'un Dic- tateur perpétuel et de Consuls annaux. et : car on dict que Roys et Papes s'en le que Primat de Lyon ne dort ni jour fera poser les pour esclorre im escript qui le armes à tout monde et contraindre tous les Mal- heutres de s'enfuir en Angleterre ou par delà. Toutesfois parlèrent d'avoir il y a quelque apparence qu'ils : un Roy car un nommé Trepelu. faisoit geler les vignes. on n'en put rien résoudre. comme la les anciens Gaulois les autres demandoient démocratie anarchique. ni pour cela de boire chopine. vigneron de Suresnes. soustint fort et ferme que le Roy estoit le vray astre et le si vray soleil qui avoit depuis long temps regy et esclairé la France et icelle nourrie. desquels toutesfois on s'attend qu'il sortira des éclats espouvantables mesleront. survenant après la il gelée de la nuict. Qui fut cause que pour la diversité des opinions. les autres .SAT-YRE MENIPPÉE. Nous . substantée et de sa chaleur. que si quelquefois le soleil. ni nuict.

300 SATYRE MENIPPEE. fait Dont Livius ample mention la figure \. verrons en peu de temps que ce sera. Dit Il : la chanson'. qui couroient les rues. Couplet inscrit sous du Charlatan Espagnol dans la les premières éditions. Que tu sçauras par ces vers les Estais furent hyer ouverts : Où l'on a faict maintes belles harangues. Reliqua autem sermonum. il se fit quelques petits vers françois. Dieu est sur tout. Allusion aux mots operœ preiium de harangue du car- dinal de Pellevé. 2. EPISTRE DU SIEUR D'ENGOULEVENT A UNG SIEN AMY suit LA HARANGUE QUE LE CARDINAL DE PELVé FIT ACX ESTAIS DE PABIS. . Mon grand amy. a parlé du Père Pretion^. le Mais surtout ceux qui ont don des langues. Ce grand Prélat et Cardinal de Sens Par son discours nous a ravy les sens Veux tu l'ouïr? Détoupe tes aureilles. et universa sunty quœ facta die- nonne hœc scripta mnt in lihro sermonum rum RegumJuda? Pendant lesdits Estais. dont j'ay faict un recueil pour les faire veoir aux Italiens qui en sont curieux. et tu orras merveilles.

tous terminez De cinq en oire. Phrase du bréviaire gxuto. On se souvint comme il fut barbouillé Dansant une bonne pièce Dit que ce fut du K K de sa niepce*. SOI En sa Décade*. et sembloit l'escoutant esté protestant : Que Jesus-Christ eust les de l'Histoire de Tite-LÎTe.SATYRE îiÉNIf'PÉE. Kn contenance et gravité romaine. il eut peur. où il dit qu'en son aage Ce Pretion fut un grand personnage. Je ne sçay pas s'il fut Grec ou Breton. » On la trouve en effet dans la harangue du Cardinal. En dansant au Louvre la de Charles Pellevé. parla du lieu qui fut souillé. et du pape Gringore De Luxembourg. Quant il et Pisani encore. La fille dinal. faites en 1585 par le Cardinal contre le Pape Grégoire XIII qui refusait de reconnaître la Ligue. l'Espagnol. n De a parlé en François renégat. . ass€z bon compagnon la volte. : Et de sa croix. Il Comme Et si a parlé de Sainct Paul le convers . 4. 1. n s'escrima. De domino. c'est-à-dire : fi de mademoiselle da Saussay. frère du carelle commit l'incongruité dont il est ici question. quand il cheut à l'envers a dict qu'il estoit geutilhonune fut-il : Aussi décapité à Rome. Un autre adjouste. vel protestationes > dit la harangue. et du pays du Mayne. L'introduction mots : f : 3. Fy de SauUe. 5. commence par Facturus ne aperce pretium sim. c Protestations Qinnque protuta. du bonnet du Légat. sieur de Saussay. et : c Fy de la saulse* : il y a de l'oignon! » Il s'est vanté qu'un jour au consistoire protests*. Il a parlé d'Exivit edictum*. » « Exivit edictum a Catare Au2.

Seigneurs estais. Quant au surplus. Ouït : Desja se fend et s'esclatte de rire. et que j'envoye exprés. A Dieu. excusez ce bon Il homme : a laissé son calepin à Rome. monsieur l'illustrissime Car ceux qui ont ouy vostre belle oraison Vous ont bien recognu pour ignorantissime. ce porteur qui de prés le tout. III AUTRE SUR LA MESME HARANGUE Les frères ignorants ont eu grande raison De vous faire leur chef. II EXCUSE SUR LADIGTE HARANGUE Son éloquence il n'a pu faire voir Faute d'un livre où est tout son sçavoir. Le dira mieux ma plume. Danger y a que quelqu'un ne le mande Aux Protestants de la terre Allemande. a tant escrire.502 SATYRE MÉNIPPÉE. qu'ils sont beaux et blonds Voz doublons! . IV AUX ESPAGNOLS SUR LEURS DOUBLONS Moû Dieu.

qui ne prend rien. qui n'est votre proye. Les Maheutres et Politiques. archevêque et prince de Bourges. Ou bien vous en retournez. Bazanez : Paris.ATYRE MÉNIPPÉE. : Le pauvre Paris tant endure Qu'impossible est que plus Pensez-y bien. 503 Demy-raores. si il dure : . . France vous escbape. Quoyqu'iU se disent Catholiques. Les ligueurs eurent un moment l'idée triarche de France. 1. Si on y faict un anti-Pape*. pensez-y bien ! Tel chasse à tout. et leur choix s'était arrêté sur de créer un paRenaud de Beaune. Vous la perdrez. Faictes en chercher encores. vous voulez On y pend desja les Zelez. Parmy yoz jaunes sablons. Ne seront jamais bons Romains Les Huguenots encore moins. Vous renvoyé Avecques cent ^ëds de nez I SUR LE BRUIT QUI COURUT QC'ON YOULOIT FAIRE UNG PATRIARCHE EN FRANCE ET SUR LA PENDERIE DE QUATRE DES SEIZE Père Sainct.

le reste se Et faut que houze*. ramiers. seize Quarteniers. 2. le voyage. Estre perchez comme VI DE MONTFAULGON ET DES SEIZE DE PARIS A chacun le sien. i. après le meurtre du président Brisson. . De Seize ils sont reduicts à douze*. VII D'UN TRÉZORIER QUI FUT MIS PRISONNIER A LA BASTILLE Qu'est-ce qu'a faict celuy que l'on encoffr»? Des angelots le Il il avoit en son coffre. Pour. A Mont-faulcon.304 SATYRE MÉNIPPÉE. Par l'exécution que Se botte pour fit faire le duc de Mayenne de quatro d'entre eux. c'est justice. après les quatre premiers. seize piliers : C'est à chascun sou bénéfice. A Paris. cacliot il méchant! qu'au soit mis : a logé cheux soy les ennemis.

jour où fut assassiné les Henri III. Tant d'enragex courants par IX DES FEUX DE U SAINT-PIERRE me plaist bien. les ans on fêterait cet anniversaire par des réjouis^ . et on y danse Pierre. X irOU SONT DITZ LES ZELEZ DE L'UNION Dieu gard' messieurs Qui avez mangé Et les les Catholiques. 4. Parisiens firent des feux de joie. 305 Yin SUR L'EMPRISONNEMENT D'UN ADVOCAT FOL Je ne sçay par quelle raison De droict canon ou loy ciyile. et les ligueurs ordonnèrent que tous spnces. Sans croire en Dieu ni en son ReUques a-vallé le Crucifix. Fils. : 1592 » Le feu de saino^ Jean On chante De sainct autour. et où l'on célèbre la fête de Saint-Pierre-ès-liens. Mais ses feus bruslent nostre France. On a mis un fol en prison. Dans la soirée du 1"' août 1589. ville. je n'en dis rien .SATYRE MÉNIPPÉE.

le poil. Monsieur : elle est de bonne prise. On pense que c'est pour voz zèles l'on vous Que Mais vous avez ce nomme les Zélés : nom des aisles. L'esprit maling qui vous manie. de Lorraine. La France a razée et unie : De là est dicte l'Union. puisque vous l'avez. On a vu que duc de Mayenne en . Parce que si bien tous yolez. 1. Sous couleur de religion. Gardez-la.306 SATIRE MÉNIPPÉB. XI SUR LES DOUBLES CROIX DE LA LIGUE» Hais dictes-moy que signifie Que les Ligueurs ont doubles croix? C'est qu'en la Ligue on crucifie Jesus-Christ encore une fois. xn A MONSIEUR LE LIEUTENANT SUR LA PRISE DE LA PELADE» La Pelade vous avez prise Par la brèche que vous sçavez. Les croix recroitettéeê des armoiries 2. et occasionne le chute des cheveux et de tout était atteint. La pelade la est le résultat d'une maladie vénérienne.

507 Xffl A MONSIEDR DE LA CHAPELLE-AUX-URSINS Les advi§ des François tous à un se rapportent.SATYRE MÉNIPPÉE. XV AU PRESCHEUR BOUCHER Flambeau de la guerre civile. alors que 2. XIV A MONSIEUR DE LION Monsieur. dit la Chapelle-aui-Urslns. quitta le parti du roi en i592 pour entrer dans la Ligue. : Quand on parle de vous. i. Et porte-enseigne des raeschants. La Chapelle-aux-Ureins Tous Yous advisez tard. . la plupart de ses adhérents la laissaient. donner le chapeau rouge à l'ar- dievêque de Lyon. tous serez Cardinal. François Juvénal des Ursins. Qui en la Ligue entrez quand les autres en sortent*. et n'estes dcs plus uns. Nous sçavons où vous tient le mal Mais que cela plus ne vous grève Et chassez ce sinistre oyseau Qui dit que maistre Jean Rozeau : " Yous doit le chapeau rouge en Grève*. était Jean Rozeau C'est en le décapitant qu'il doit bourream de Paris pendant la Ligue.

Mais si tu veux sauver quelque peu de ton bien. Triboulet surnommé*. Pour saluer le duc de Parme et de Plaisance Il avoit deux chevaux. en ont eu tant d'ennuy. Qui. contraints d'y aller. successivement demandé plusieurs évêchés sans Ses actions lui auraient bien mérité la potence. 4. avec le cardinal Caje- . XVII DE DEUX CHEVAUX TCËZ EN ALLANT VOIR LE DUC DE PARME Un certain président. alla. XVI A L'ADVOCAT D'ORLEANS Si pendre te voulois. Suivit XVHI SUR LE MESME SUBGECT Cocher. eschevin renommé. Tu seras évesque des champs*. Puisqu'on ne peut avoir de toy miséricorde. Parce que trop fort ils coururent. meilleurs françois que luy. Va te jetter en l'eau : tu gagneras ta corde. Que touts deux en deux jours sont morts de desplaisance. Si tu n'es évesque de ville. Il avait pouvoir les obtenir. Il Antoine Hennequin d'Assy.308 SATYRE MÉNIPPÉE. et c'est ainsi qu'il eût pu être évéque des champs. tu ne ferois que bien. la bénédiction avec les pieds. : monsieur Roland. donnant 2. quand les chevaux moururent.

1590. Luy seul vaut bien deux grosses bestes. 1. Le duc de Mayenne. *. Tu devois. IIX DE DEUX QUI BRIGUENT LA BOYAUTÉ Deux ont mis Hais ils le royaume en queste. 2. l'appétit. C'est de se faire ung roy sans nez. à ce qu'on dict aux requestes.SATYRE MÈNIPPÉE. saluer le touts Tos quatrains et sonnets duc de Parme devant Corbeil qu'il assiégeait. en perdront L'ung pour avoir trop grosse teste Et l'autre le nez trop petit*. Is 25 sept. en tel accident. : 509 Mettre au coche le président Car. . le jeune duc de Guise. XXI RESPONSE POUR LE DUC DE GUYSE Le petit Guysard faict la nique : A tan. Se sont advisez d'une ruse. XX DE L'ESLECTION DU DUC DE GUYSE La Ligue Et se trouvant camuse les ligueurs bien estonnez. Son neveu.

Pendant le siège de Paris. Et s'acquitte à noz despens. XXII SUR LE VŒU D'UN NAVIRE D'ARGENT FAICT A NOSTRK-BAME DE LAURETTE. dans une assemblée à l'Hôtel de et de-Laurette Notre-Dameune lampe un navire d'argent du poids de 300 marcs. C'était les Thévet avait voyagé en Orient. Et puis s'en acquitter quand on est au rivage C'est chose bien louable. Il ne sent point quand on le pique. lait : plus Il un crocodile empaillé que l'on appe- La grosse béte de Thévet.510 SATYRE MÉNIPPEB. et blasmer ne la veux : Mais qui est l'insensé qui veut payer ses Estant encore en vœux mer au fort de la tempeste? si Thévet* ne vit jamais une grosse beste. xxin REPRISE SUR LE MESME SUBGECT Qu'ay-je dit? je m'en repends : : Beste n'est celuy qui voue De nostre cuir il se joue. le vœu. Après le siège» Ville. PRÉVOST DES 1URCHAND8 (1590) * Faire aux saincts quelque vœu en péril de naufrage. s'agiseait d'offrir pour les habitants personne ne songea à accomplir 2. . 1. Car estant camus et punais. PAR MARTEAU. le docteur Boucher eut l'idée d'un il vœu à . avait rapporté un voyageur monstres les cré- dule et naïf qui prétendait avoir vu fabuleux.

Combien S'il qu'il eust aux mains quelque vertu. m XXIV DES DOCTEURS DE L'UNION Les docteurs de feincte Union Pensent par leur doctrine foie. Qui fit sur sainct Denys une fine entreprise : Mais sainct Denys plus fin que cet entrepreneur. Souvent se perd en maie : Je m'en rapporte au chevalier d'Aumale. et se met trop avant. et le tua dedans sa ville prise. XXV EPITAPHE DU CEEVALIEB D'ADVALE Celuy qui fuit. Mais qui tient bon. à mainte rencontre. eust des pieds aussy bien combattu A Sainct-Denis comme Neus ne plaindrions ici sa mal-cncontre. XXYI AUTRE Celuy qui gist icy fut ung hardy preneur.SATYRE UÉNIPPÉE. Le prit. . il eschappe souvent et est troussé . Du manteau de religion Faire une cape à l'espagnole.

croyons qu'il est un Dieu Voyant de ce rebelle et la peine et le lieu. Ennemy de Pompée de la liberté. d'ambitieux courage. la Qui luy a de ce tort vengeance promise. quand le grégeois orage murs de Neptune eut sa foudre éclaté. Croyons plus que jamais. La Tombe ensanglanter sur Troyen rivage. Ainsi à sainct Denys l'ennemy de ses Roys Auprès de leurs tombeaux a rendu les abois. Claude de Lorrape. XXVIII SONNET SDR CE QUE LEDICT CHEVALIER D'AUMALE FUT TUÉ PRÉS LE LOGIS DE L'ESPÉE ROYALE Comme Sur les jadis on vit. comme au plus fort. fut tué . l'Estat renversa de et la grande cité.512 SATYRE MÉNIPPÉE. '. Et vengea dessus luy l'une et l'autre entreprise. ung chef des unis. dit le chevalier d'Aumale. Victime trop tardive à leur cendre immolée. et d'Achille irrité le Trébucher Polyxène. Cheut percé de cent coups aux pieds de son image. se plaindre à sainct Denys. XXVII AUTRE Sainct Anthoine pillé par Alla. ce pillart entreprit : Ung peu de temps après De prendre sainct Denys mais sainct Denys le prit. Comme Qui Jules César. Meâfnes qu'il est tombé souz la royale espée 1.

mangé des souris*. A Sainct-Denys il est mort estendu. que n'aguere on vit estre : U Tant ennemy de l'Estat de son maistre. Vengeur des roys. Et que le corps fust dans un coup de main qu'il tenta contre Saint-Denis. jorps défiguré ne fut ne reculait pas devant la violence Dans l'affaire de Saint-Denis. Qui de son chef pcusoit toucher aux deux Si fier. qui leurs justes querelles Prend en sa main et les va soustenant Tel ne l'a cru qui le croit maintenant. Ce Chevalier. quelques jours après. déposé provisoirement dans une chapelle. Semblent bénir la justice de Dieu. 2. rongé des rats. Tombé aux lacqs par luy mesme tendu. Le corps du chevalier d'Aumale. De qui les os. rogue et si audacieux. Il était très débauché pour satisfaire ses désirs. Qui a voulu pour la foy violée Ceste victime estre au Roy immolée . : A FÉpée royale. le 3 jan- vier 1591. son reconnu qu'à des chiffres qu'une fille de et coie lui avait tatoués sur les bras. reposants en ce lieu. 18 . si . Est trébuché d'une griefve ruyne. 543 XXIX SUITE SUR LE MESME SUBGECT est ung Dieu punisseur des rebelles. Où l'a poussé la vengeance divine. fut trouvé. De son orgueil s'est faicte la vengeance Prés des tombeaux de ces vieux Roys de France. Son corps fut apporté dans une hôtellerie qui avait pour enseigne 1. Tant mignardé des Dames de Paris *.SATYRE MÉNIPPÉE.

ainsi seront punis. On Auparavant qu'en juste sépulture eust porté son orde pourriture Poui' faire entendre aux plus grands des Unis. Sic hostis Regum. Regum ad raonumenta suorum Procumbens. Qu'ainsi faisants. Ut generi ad statuam non uno Julius ictu. pii. busti hostilis Ad Et Victor victi corruit ante pedes. XXXII SONNET SUR LA RETRAICTE DD DUC DE PARME Mais où est maintenant cette puissante armée. Qui sembloit en venant touts les Dieux menacer. et probat esse Deos.31'i SATYRE MENIPPÉE. jussa mori. XXX EN LATIN Ut Phrygio cccidit Priaraeia littore virgo. marmora. Nunc gaudete nani cum hsec regalibus umbris Victima dat pœnas. XXXI IN Nocturno iste dolo EUNDEM urbem : Dionysi ceperat Sed captor capta captus iu urbe périt. Et qui se prometloit de rompre et terracer La noblesse Françoise aveq son prince armée? . mérita cœde cruentat liumum.

Parisiens. où aurei-Tous recours? D faut bon gré mal gré. et le regnard s'enfuit. Est contrainct. Despouillez maintenant ce courage inhnmain Qui vous enfle d'orgueil. Mais si vous irritez vostre Roy contre vous. son temps. comme ung Teneur le suit. Henry. Petits princes Lorrains quittez vostre espérance : Ne suivez plus l'erreur de cet asne Cumain. Voyant le vray lion. sans espoir de secours. en Flandres rebrosser. Ce superbe appareil s'en retourne en famée. despit et blesmé. bàstards de cette France Qui ne se peut dompter que par sa propre mtàh. . perd cœur et asseurance Et vous. les lois Vous ranger au devoir où vous ubiigent . et vous perd d'ignorance. sans rien faire. apprenez que jamais estrangef N'attaqua le François qu'avecq perte et danger : Le François ne se vainq que par le François mesme. Le presse. Et ce duc qui pensoit tout le monde embrasser. îiim SONNET 1 tOtJTS CED! DB LA LIGCE François desnaturei . Le menton contre terre. Espagnols. honteux. Qui vestu de la peau du grand lion Romain. sa renommée. le talonne .SATYRE MÉNIPPEB. Les enlants et les fouis S'ils ne sont cbastids jamais ne s« corrigent. 315 Ayant perdu ses gens. nostre grand Roy. Vous serei chastiez.

Par hart. Gens de sang. Sera gros Jan comme devant. Mont-faulcon vous apelle : A demain! crient les corbeaux. et D'estre doux aux vaincus pardonner à tous . Criez au Roy miséricorde : Ou au gibet vous en Seize. A Dieu en soit gloire infinie : Louange à eux. honneur au Roy. Tesmoings Vitry et Villeroy. Qui vous faictes nommer Zélez. de sac et de corde. ou par glaives tranchants. 4 . Ce grand colosse enflé de vent. Ce lieutenant imaginaire. La Ligue à se perdre commence. XXXIV DES SEIGNEURS DE VITRY ET DE VILLEROY QUI ONT RECOGNEU LE ROY L'Union s'en va désunie. Qui pensoit le Roy contrefaire. XXXV AU ROY SDR SA TROP GRANDE CLEMENCE C'est bien une vertu belle entre les plus belles. Seize piliers de sa chapelle Vous seront autant de tombeaux. Dont bien confus sont les meschants Estaincte en sera la semence.316 SATYRE MÈNIPPÉE.

XXXVI EN LATIN Hagna quidem in magno virtus clementia Rege. fuit hœc virtus. crimen. 317 mesme envers les rebelles. c'est maintenant \m crime. le meilleur des humains. extincto Cœsare. XXXIX AU ROY Prince yictorieux. . depuis De vertu que que Cœsar à mort fut ainsy mis. fuit ducibus magnis clementia virtus. Hostibus et seraper parcere velle suis. grand Prince comme vous. Sed nimia haud tuta est clementia curia quondam Testis Julsei coede cruenta ducis. Car Cîesar en moiuoit. 48. Hais. c'estoit.SATYRE ME>'IPPÉE. tes Dieu de sa main a mis deux sceptres eu mains. Mais gardez-vous du trop. ixxYin EN LATIN Ante. Post. : xxxvn SUR LE MESME SUBGECT C'estoit jadis vertu à un Roy magnanime Faire grâce et pardon aux plus grands ennemis.

XL EN LATIN Invicte Princeps. né se trouve pas dans la première édition. Nul ne te peut ester ce que le Ciel te donne. Manuque tradunt gemina sceptra fcËlici. Regem inaugurât virtus. A MADEMOISELLE MA COMMÈRE SDR LE TRESPAS DE SON A9NÉ REGRET FUNEBRE * Depuis que la guerre enragée Tient nostre muraille assiégée 1. Quod prœpes alto candida attulit cœlo. Sacrumque olivum Regibus datum G^lis. Ex hoste Ibero quae recepta gestabis : Hoc una quondam de tribus soror nevit : Quin. Regera coronat. Non id vetabit.318 Et Les t'a SATYRE MENIPPÉE. pleine de naïveté et de nature). Elle ne fut ajouté» à la . more quin patrura règnes. Pour cela toutesfois moins Roy tu ne serois : C'est la vertu qui sacre et couronne les Roys. d'Espagne conjurée. race de Sainct Tu régneras en Louys . : Maugré tous les efforts vœux des bons François à la fin sont ouys paix. au throsfte assis de très longue durée. et tuî decus secli. si negelur capitis aureum insigne. Cette jolie pièce. Quand tu commanderois sans sceptre et sans couronne. Solio in avito te ipsa collocant fata .

SATYRE MÉNIPPÉE. Mais quoy? la mort n'espargne rien! Il n'y a chose si parfaicte soit Qui ne par elle deffaicte. Je perds le sens et le courage Quand je repense à ce dommage. Que pour vostre Je asne. i. ennuy ! Vostre asne. : A de Styx l'a mené boire. par aventure Fut un chef d'œuvre de nature. Slyx des morts l'éternel séjour Qui n'est plus passable au retour. Elle a été de 1594. Vostre asne qui. Et qui m'ait semblé plus araère. Plus que l'asne Apuléien*. en quelque part que l'esprit j'aille me revient la taille. avocat au Parlement de Paris. Le maintien et le poil poly De cet animal tant joly . et la l'eau exempt du trespas Parque noire. Et tousjours depuis en secret Mon En cœiu" en gémit de regret . Tousjours. Aussi son destin n'estoit pas Qu'il deust vivre Il est mort. et maincomposée par Bergerie. que dans de la suite de la Satyre l'édition datée tenue dès lors dans toutes Gilles Durant. hélas ô quel meurs quand je repense à luy. et 319 qu'aa dedans On nous Par la fait allonger les dents faim qui sera suyvie fin D'une austre de nostre Yie. Je jure que je n'ay point eu Douleur qui m'ait tant abbatu. ! ma commère. L'âne qui joue un si grand rôle dans les Milamorphote* d'Apulée. . Par le dehors. sieur les autres.

Vostre Asne fut d'autre nature. Portant sa maîtresse à vandanges. Ces pauvres baudets de village. sans cœur et sans courage. par ung long usage. Et non point pour estre sommier Comme ces porteurs de fumier. . Qui n'avoit rien de l'ordinaire. Parmy les sablons et les fanges. Ung asne doux et débonnaire. du badaudage.320 SATYRE MÉNIPPÉE. bien refaict. Lourdauts. A Poulangis il s'en alloit. retenoit Et faisoit Quand on matin. Car Martin souffert ne l'eust pas. Ung vray mulet de Lorsque d'une gravité douce. Qu'à Qui jamais ne prennent leur ton la mesure d'ung baston. Nay pour faire aux Dames service. Sans jamais broncher d'un seul pas. ung peu le mutin le sangloit trop Et de Il faict. Martin qui tousjours par derrière Avoit la main sur sa croupière. Couvert de sa petite housse Qui jusqu'au bas luy devalloit. J'ay tousjours en la souvenance : Sa façon et sa contenance Car il sembloit. à ce que j'en ay appris. Bien membru. Mais qui sentoit aveq raison Son asne de bonne maison : Ung asne sans tache et sans vice. Au surplus ung Asne bien faict. bien gras. Il estoit : bourgeois de Paris. Et couroit plus belle advanture Car. le regardant. Président.

. Et de verser son sang à terre Parmy les efforts de la Non point de vieillesse Plus belle guerre. envie. est mort. et le vendit-on Pour veau peut-estre. Son corps par pièces Et veut qu'on l'estime zélé. il est mort sans la vie. Toutefois je n'ay cognoissance 321 y avoit eu sa naissance Quoy qu'il en soit. En 1 la nécessité publique. Car au boucher qui l'acheta. Tel Seze.SATYRE MÉSIPPÉE. Da et Quand si le fit bien paroistre le pauvret aima mieux estre Pour l'Union en pièces mis. certainement Il y demoura longuement. ou pour moutoiu Par cesle façon magnifique. accablé. ma commère. La Ligue luy cousta Pour le moins eut-il ce bonheur Que de mourir au lict d'honneur. : Trente escus d'or il cousta : La chair. blé. Or bien. qui de foy se vante. Tout soudain en fut dispersée Au Légat. par membres despecée. Pendant Car ! les sièges Sans jamais en estre sorty il estoit du bon party. S'il : Et soustint la guerre de ci\ile la ville . I rigueur estrange du sort Toatre Âsae. Ke voudroit ainsi mettre en vente estallé. Que vif se rendre aux ennemis. galeux. au coing d'un fin luy estoit deue Sa mort fut asseï cher vendue. Rongneux.

J'ay tel ennuy de son destin entières : Que depuis quatre nuicts Je n'ay sçeu clorre les paupières Car lors que je cuide dormir. par avanture. faut n On le fit que je meure après luy. je le dis sans reproche. mourir en la fleur le de son aage. que pour n'avoir plus d'ennuy. Mille regrets viennent attaindre mon cœur. et De souspirer Sans cesse de me plaindre .22 SATYRE ÎIÉNIPPÊB. . Depuis ce malheur advenu Martin malade est devenu. Yostre Asne qui. et l'esmoy Ne desloge point de chez moy. Fut ung chef d'œuvre de nature. mardy xxvm* d'aoust 1590. Je me sens forcé de gémir. Depuis ceste cruelle perte Mon âme aux douleurs Si est ouverte. Tant il portoit A ceste pauvre beste ! une amour forte morte ! Hélas qui peut veoir sans pitié Ung si grand effect d'amitié ? De moy. Quoy que je ne feusse si proche Du deffunct comme estoit Martin.

p.DISCOURS DE L'IMPRIMEUR sot L'EXPUCÀTION DU MOT de BIGUIERO D'INFIEMO ET D'AUTRES CHOSES QU'lh A APPRIMES DE l'aDTREQK* Messieurs. du tome V des Mé- moires de la Ligue. et d'un autre extrait de l'Abrégé det État* de la Ligue. dans la seconde édition de 1594. langage du si qu'un et si Italien ne peut avoir faict un ouvrage françois poly. par le style et le et moy-mesme livre. ay bien aysement jugé. depuis que la copie françoise m'en fut premièrement donnée à Chartres. 635. La ville de Reims étant encore au pouvoir des ligueurs» Henri lY fut sacré à Chartres. Car. par le gentil-homme duquel j'ay cy-devant faict mention. le profîct que j'ay faict. Elle se com- pose d'un extrait de le titre et la pièce intitulée Obtervationt notable* tur contenu de la Satyre Ménippée. . en 1504. Cette Explication a été insérée pour première fois à la suit« de la Satyre. qui montre une parfaicte connoissance de toutes la i. j'ay veu plusieurs doctes hommes. à l'impression et au débit de ce Discours m'a rendu plus désireux de sçavoir qui en estoit l'autheur. 2. au sacre du Roy*.

jusques à ce qu'un de ces jours. que tout le ne me celez point ce monde sçait. — Non. ne parlants que par indices. mais que je ne Eupragmon. Tellement qu'il faut par nécessité que ce soit un François qui que le le l'a faict. ser viable. comme vint. soub- çons et conjectures. je n'ay et trouvé personne qui m'en de bien certaines asseurées nouvelles.324 les SATYRE MÉSIPPÉE. je ne peus luy nier qu'à 1. adressera fort moy par que j'ai la rue un grand vieil homme c'estoit maigre et pasle. du commencement. C'est pourquoyje me suis travaillé avec un soin merveilleux pour descouvrir celuy à qui nous estions redevables de cest ouvrage. et Florentin qui l'emportoit en son pays. et comme aucuns ont faict. Alors. nommé dedans. qui a donné tant de plaisir et de contente- ment à tous les gens de bien. bienveillant. dit-il. auquel son valet desroba avec la valize. voyant qu'il en sçavoit tant. affaires et du naturel de toutes les personnes plus signalées de France. depuis ouy nommer si maistrePaul Ypragmon*. et sçay bien le nom de ceux qui vous en donnèrent la copie originale. qui pas me demanda le d'abordée moy qui avoit imprimé le Catholicon. la vérité je l'avois imprimé à Tours. Mais. bien entendu et rompu tourné à la Cour. non. Je fis difficulté. l'eust de françois en italien pour le faire veoir en Italie. ne sçavez pas qui en est l'autheur. crai- gnant que ce fust quelqu'un qui y fust s'en sentist offensé. quelque perquisition • que j'en aye peu ait dict faire. J'estois à Tours quand vous l'imprimastes premièrement. mais peut-estre que ny vous. j'estois presque désespéré d'en rien sçavoir. se de fortune. de luy confesser. . ny ceux qui vous l'ont donnée.

t. au moins s'il m'estoit le sçavoir. 4. qui ont guerre continuelle contre les Argyrophiles et Timomanes * nation fort puissante et populeuse. Réussi. et vous enseigneray son logis. 5. Libre. on en avoit desja veu plusieurs copies imparfaictes et barbouillées. auparavant que l'eussiez mis en vente. — Cela vous a bien succédé* dit-il. natif d'une petite ville et bastie qu'on appelle Eleuthere^. et est mais d'Alethie* (qui est bien loing de l'autre). parce que j'avois beaucoup de choses d'importance à luy dire pour son bien et honneur. et le priay instamment de permis de me le nommer. Son nom est le seigneur Âgnoste*. dit-il. en vostre Epistre liminaire. 2. qui avoient donné plus d'envie de veoir le reste bien limé et mis au net. d'avoir dict que ce fust un Italien qui le fist aux Estais de Paris qui l'a faict. car je sçay fort bien le nom de celuy qui ne se tient pas loin d'icy. Mais vous vous estes trompé. de la famille des Mis«quenes*. son nom. — Je vous diray. habitée par les Parisiens. 6. à la charge de ne les révéler à personne car il est homme qui n'ayme pas estre tant visité. Qui méprisent les nouveautés. Pays de la vérité. l'or et les honneur». qu'il fallut plier bagage pour s'en venir en ceste après que les Parisiens furent retournez à leur bon sens. Qui aiment Inconnu. Ceux qui vous ont rap- porté qu'il estoit d'Italie se sont abusez d'une lettre seu- lement : il n'est pas d'Italie. 3. et reduicts en l'obéis- sance du Roy. . 19 . l'avois 525 peu achever qu'au temps ville.SATYRE MÉNIPPÉE. et . car. Alors je fus tout rejouy de ceste rencontre.

En effet cette fin du xvi* siècle n'était pas un bon temps. et va le pourmener aux Carmes. J'usay. Beaucoup plus. puisque je sçavois le nom la et le logis de mon autheur. tient plus car j'ay affaire ailleurs pour pacquets venuz de Rome. bref. à courir rues sans rien apprendre. . affaire et point gentil-homme de bon trompeur. m'en vay par tous les quartiers de Paris donnée. 4. 5. C'est un grand petit homme la qui a le nez entre les deux yeux. et se mouche volontiers à ses manches. les jours suyvants. sinon que je ren- 1. comme s'il avoit à penser et gouverner des lyons. et les dents en et la bouche. plus souvent se à l'enseigne du Riche Laboureur. Vous le trouverez à présent logé en la rue du Bon Temps. j'y fusse encore. et. qui ayme mieux le concile de m' que de Trente. barbe de mesme. paires de souliers. du mesme pas. me laisse encore en suspens. m'enquerir de rue et de l'enseigne qu'il m'avoit Mais point de nouvelles de trouver ny de Bon Temps.396 SATYRE MÉNIPPÉE. Jeu de mot puéril sur vin et vingt. Et là dessuz les me recommande. Le poète Rapin avait collaboré au Gatholicon. Carmes pris dans le sens latin qui signifie des vers. les et la il n'y avait guère de riche laboureur depuis guerres de Ligue. parce qu'il les ayme fort*. Vous le recon- noistrez parce qu'il est tousjours habillé d'une façon. qui assurent qu'à que nostre absolution ne bout de l'an. un fil et à ce outre. et ne change jamais d'accoustrements. ny de Riche Laboureur*. et Comme il eut dict ces mots tout brutivemenl. les trois ou environ. toutesfois satisfaict il passe aucune- ment' plus que je n'estois auparavant. 2.

fy la mesrae demande que j'avoy desja faicte dix mille fois à autant de personnes inutilement. — On il m'appelle bien Misoqueue. me fit. me monstra un et bien petit buis bas. je l'en à quelque temps. L'édition de 1583 porte pour la vertu du Catholicon d'Espagne. et ville. appuyé. voulez quelque chose de luy. où j'entray sans frapper. un homme livre. assez gaye approchant au plus prés de meublée. ay. et luy que c'est luy qui est autheur de ce petit Dis- cours de la tenue des Estais de Paris du Catholicon d'Espagne*. et trouvay en uno petite chambre haute. Je luy s'il demanday révérence présupposez) n'estoit pas le seigneur Agnosle Misoquene. de belle représentation. je croy d'ici — Monsieur. après beaucoup de tournées et il ce qu'il virées par des ruelles escartées. parce qu'il y en avoit plusieurs de Je le priay de 8oit : mesme nom en Alethie. Cestuy-cy me dict avoir la famille ouy parler des Miso- d'un gentil-homme d'Eleuthere. De de la tenue de* Eiialz de Parie. Celuy que demandez est mon rent proche. pourray advertir dy-je. de quenes. — C'est un titre : œuvre. contray par hazard dire autrefois 527 j'avoy un honneste homme. dit-il. mais pa- je ne suis pas Agnoste. et lisant sur un la taille et façon que ce (salut et maistre Paul me l'avoit descrit. qu'il a intitulé Satyre Menippée. Toutesfois. . ouy parler ainsy. mais ne sçavoit si c'estoit celuy que je demanday. — Je luy en dy-je. car son logis est plus caché que le nid d'une si tortue. que auquel je ouy estre Parisien. et Satyre Menippée. dit-il.SATYRE MÉMPPÉE. conduire au logis de celuy qu'il cognoisEt enfin. le sommes tous deux d'un pays et d'une le puissiez mais sera mal aysé que trouver pour présent. luy 1.

car. Aussy l'ay-je ouy plaindre d'un autres. et retranché plusieurs choses qui peut estre se trouvoient passables lorsqu'il le composa. Toutesfois l'argument est pubhc. par avarice ou jalousie des imprimer cet œuvTe en petits caractères si mal corrects et mal plaisants. Dans les éditions postérieures on supprima en effet des ils passages et des noms. et a fallu que je imprimé en semaines quatre la fois. . (je suis qui a esté moult bien receu. où chascun peut matière. au temps où nous sommes. et que j'ay imprimé typographe. si j'avoy communiqué J'ay souvent seulement demy heure avec l'autheur. à vostre valeur. à Tours. parce commandement) sans connoistre du commencement sa que je n'en fy. faict tout le monde l'a trouvé si bien l'aye qu'on y a couru trois comme au feu. parce que ceux auxquels s'appli- quaient avaient fait leur soumission au roi. Mais esté sitost qu'il a veu à Paris. — ouy dire à qu'il estoit mon cousin. pourroient engendrer quelque scandale y sont et offenser des . que sept ou huict cents exemplaires. personnes de qualité qui nommées ou designées car ceux qui ont reconneu et amande leurs fautes méritent qu'on en supprime et ensevehsse la mémoire plustost que la rafraischir et perpétuer par des escrits piquants et facétieux'.328 SATYRE MENIPPÉE. et suis prest de l'imprimer pour cinquiesme. mais. bien marry que cela avoit esté mis en lumière sans qu'il l'eust reveu. où je l'ay apporté avec mes beau presses et et si mes meubles. et a esté téméraire d'y la justice oster et d'y adjouster ce qu'il a voulu (ce que ne devroit pas endurer). a faict libraire qui. dit alors cest honneste homme. sçay fort bien que mon 1. faire des additions qui servent à la je au reste.

— Geste question. mais. Alors je luy deraanday s'il n'y avoit point il moyen que fit je pusse veoir ledict seigneur Agnoste. que tout qu'aux copies à Estats. aux festes publiques. meslez de proses et de vers entrelardez. veu de Satyre Menippée. mais aussy toute sorte d'escrits remplis de diverses choses et de divers argu- ments. — et Je prendray donc la hardiesse. . et sur ce qu'on luy venoit rap- porter tous les jours des propos qu'on tenoit au Palais et par la ville touchant son livre. pensoit me pouvoir satisfaire tout autant que son cou- sin mesme. Et me response que non pas pour raoit quelquefois lors. il ne s'en pouvoir pas a affecté ce tiltre nouveau pas. : ne peut tomber qu'aux esprits ignorants car tous ceux qui sont nourris aux lettres sçavent bien que le mot de satyre ne signifie pas les seulement un poème de mesdisance pour reprendre vices pubhcs ou particutiers de quelqu'un. Juvenal et Perse. parce que son cousin se renfer- pour huict jours sans veoir personne. Horace. luy dy-je. Mais j'estime que le nom vient des Grecs. dit comme entremets de langues de bœuf salées.SATYRE MÉNIPPÉE. où je veoy beaucoup de personnes s'ahurter bien résoudre. à cause qu'ils avoient souvent devisé ensem- ble sur le mesme sujet. la le monde n'entend main y avoit l'Abrégé et l'Ame des dit-il. puisque je ne puis avoir cet heur de le veoir. Varron pelloit ainsy qu'on ap- anciennement une façon de pastisserie ou de sortes farce où l'on mettoit plusieurs d'herbages et de viandes. il si je vouloy sçavoir quelque chose de son intention. 329 cousin n'en veut ny n'en espère honneur ou louange. comme celles de Lucilius. qui in trodui soient sur les eschafauts. Premièrement. de vous demander quelques doutes.

et encore qu'elle soit escrite en prose. sans autre sujet que pour railler et mesdire d'un chascun. appelé par Quintilien et par sainct Augustin le plus sçavant des Romains. et s'en trouve assez en nostre pays de Parisie qui ayment mieux perdre un bon amy qu'un bon mot et un brocard appliqué bien à propos. auxquelles donna c« .330 SATYRE MÉNIPPÉE. y receurent les les mimes et pantomimes. qu'aucuns ont estimé estre souverain bien. avoieiit pris liberté d'attaquer et brocarder tout le faisoit monde impu- nément. Mais poètes ingénieux s'en servirent à contenter leur esprit le de médisance. On leur anciennement dire leurs vers injurieux tout seuls. en leur place. les chassèrent du tout hors des theastres. hommes déguisez en Satyres. faisants esclater de rire ceux qui ont l'ame innocente et asseurée de n'avoir point desvoyé du bon chemin. qui les introduisirent rire le peuple. Quant à l'adjectif de Menippée. nuis et barbouillez. mais farcie rem- plie d'ironies gaillardes. plus graves sérieux. que Macrobe dict avoir esté il appelées Cyniques et Menippées. auxquels on dit leur veritez. a faict des Satyres aussy de ce nom. Ce n'est donc pas sans raison qu'on a intitulé ce petit discours du nom de Satyre. mais. Puis on diens. et que sainct Hierosme raconte en estre apparu un à sainct Anthoine. Et ces hommes une ainsy déguisez. le piquantes toutesfois et mordantes s'y fond de la conscience de ceux qui sentent attaquez. les mesla avec les comé- parmy leurs actes pour faire et plus A la fin les Romains. au contraire. et. il n'est pas nouveau : car il y a plus de seize cents ans que Varron. qu'on feignoit des estre demy-dieux lascifs el folastres par les forests. tels qu'on ou présenta un tout vif à Sylla.

les quolibets on veut en retrancher de taverne et les saletez de cabarets. toutes pleines de brocards salez et de gausseries saulpoudrées de bons mois pour rire et pour mettre aux champs les hommes fit vitieux de son temps. qui lieu qu'il estoit s'est faict commun et appellatif. alors abondamment . et y font interprétations n'a jamais pensé. en de mesme en prose.SATYRE MÉNIPPÉE. sçay donc qui sont ees délicats qui trouvent mauvais à l'exemple de ces grands personnages. Je ne si. le de nostre temps. je vous en diray mon fort — a Je suis . Cunœus. bien. et Lucien et. car il dire l'autheur par ce mot de Higuiero cornues. satisfaict autre chose.quant à ce tiltre. philosophe cynique. $<zcxili émvit un livre intitulé Satira Menippaa ïn *wt homi' ne$ inepte entditot. 3M nom à cause de Menippus. Et Varron. en la langue grecque. et après luy Apulée. jurisconsulte : né à Flessingue. y beaucoup de personnes qui ne sçavent que des il c'est. comme. à on a voulu donner un ouvrage semblable un tiltre semblable au leur. mais on est en dispute qu'a voulu d'Infierno. Voyla ce que je vous puis dire pour ce regard : si vous désirez quelque advis. en a usé un docte Flamand antiquaire». les autres pour tirer mais il y a bien loin de huict à dixet érudit. bon Rabelais. qui a passé si tous les autres en rencontres et belles robineries. au aupa- ravant propre et particulier. n'a pas long temps. qu'il en a qui se veulent jouer sur uns pour se donner carrière. — Je sçay et les dit-il. luy dy-je. à mon y advis. auxquelles. qui en avoit faict de pareilles auparavant luy. Pierre : l'affinité des paroles. à son imitation. l'autheur en envie i. comme depuis fit Petronius Arbiter. .

où les femmes ont appris à parler aussy bien qu'à le faire à l'Espagnolle. leur père et créateur les Ligueurs. proprement appeller Figuier d'Enfer au lieu que celuy dont Adam et Eve cou- vrirent leur manifeste estoit le Figuier de Paradis. et grande différence cent fois ouy dire à mon cousin. entre aspirer et siffler. H : hacer. parents. que Higuiero d'Infierno ne en langue castillane. depuis ce temps diffamé entre les là. fils. Cela n'est maintenant que trop commun que la à Paris. et c'est-à-dire Jesuistes et le prétexte que Roy gai- d'Espagne les autres prêcheurs. et faire la fort guerre plus que civile en leur pays. pour couvrir leur désobéissance et bienfaicteur. harina. : que luy. f-^u. J'ay huict. farine. dont cacher leur honte et leur péché. C'est pourquoy licon Cathole d'Espagne. cest arbre a toujours esté fleurs maudit et hommes. est pour plusieurs raisons : premièrement. et je scay aussy bien signifie autre chose. ont donné aux Ligueurs séditieux et ambitieux de se rebeller et révolter contre leur Roy naturel et légitime. ne portant ny ny embel . de leze-majesté tout ainsy que et ingi'atila ils contre leur Dieu. que le Figuier est un arbre mal-heureux et infâme. hijo. Ce qu'il dict donc. se peut . higo. ont pris Rehgion pensent le Apostolique et Romaine. gnez des doublons d'Espagne.532 SATYRE MENIPPEE. Et. tournent les F en faire. hogo. car les Espa- comme les Gascons. figue. qu'un Figuier d'Enfer gnols. drogue du Char- latan Espagnol s'appelloit Higuiero d'Infierno. duquel les feuilles il (comme après se trouve dans la Bible) servirent jadis à couvrir les parties qu'ils vergogneuses de nos premiers eurent péché et commis crime . tude contre leur Roy Catholique.

5. se depeschast d'y venir. qu'il perd aysement reçoit toutes sortes comme a faict la Ligue. auquel plusieurs s'estoient desja penduf il fit crier au il trompette que si quelqu'un s'y vouloit pendre. Greffes. du commencement ne parvient point que celuy de mieux. Le livre Dez conf&rmttez de Saint François à Jésus- Henri Estienne prend ce livre à partie dans son Apologie pour Hérodote. ch. et le fruit à 353 a esté traduit mesmes en la nommer la plus deshonneste partie de femme » et la plus sale maladie qui naisse aux endroits qu'on ne peut nommer*. non plus que le Mais ce qui luy convient encore et qui a des conformitei avec la Ligue plus François n'en a avec Nostre Seigneur*. non plus que son fruict. Fica. Vous n'ignorez pas aussy que les anciens : tenoient cest arbre entre les gibets comme quand Timon faisoit Athénien voulut en arracher un qui luy nuisance en son jardin. parce qu'il le vouloit faire arracher. c'est Figuier des Indes. puis. elle y prend racine. sur cette une autre feuille. que les Espagnols mesmes ont nommé pour la le Fig^er d'Enfer : duquel Mathiol dit sçavoir feuille et vray que qui en coupe seulement une plante à demy dedans feuille croist terre. lissement quelconcpie. et que grande partie du fruict qui paroist à maturité. qu'il d'antures*. . Ficus. xvr 19. Chmt. 4. toutes sortes faict de gens la et qu'il ne dure gueres en la plus vie. comme la Ligue a receu . Pline nous apprend que cest arbre n'a la aucune odeur. non plus qu'a Ligue . ainsy.SATYRE «ÉNIPPÉE. feuilles croissantes i. Ligue . sainct la Ligue. 2.

par faute d'avoir un bon pied la un fort tige pour soubstenir. la de façon qu'on peut la mettre entre les Y a-t-il rien si semblable et rapportant à Ligue. la et leur fin estoit une couronne : c'est à sçavoir Couronne de France. Ce Figuier des Indes. sans tronc. en ceste grande hauteur où nous l'avons veue*. dont long-temps parlé livrées l'escharpe. d'une feuille. c'est à dire d'un petit commencement. Le dedans n'est qu'une si poulpe comme qu'il en nos figues. tant pour se marquer aux des Espagnols que pour le sang qu'elle vouloit espaiidro si des bons François. La couleur qu'elle en rouge : verte. sur devient haute ef comme un arbre. sans sans branches. Addition de l'édition de 1599 : c £sgale à ung grajiii «stat. appelle Figuier d'Enfer. est devenue. quasy sans racines: miracles de nature*. finissants par devant en une couronne (ce sont les propres et mots de Mathiol). Il fréquent eu l'Opuntia ou s'agit ici d'une plante grasse bien connue : Ficus Indica. pièce à pièce. et faict uriner rouge comme dont beaucoup de gens ont peur. produit des fruicts semblables aux figues le communes. feuilles. de cou- leur entre verte pourprée. et rouge. d'une personne à l'autre. Ce Figuier d'Enfer est 1. à laquelle estoit verte et elle tendoit. » . pour resjouissance elle a eut de la mort du feu Roy. s'en est allée à bas au premier vent ? Ce n'est pas tout. cesle plante tige. 2. et et néant- moins. mais bien plus grosses. Avez-vous pas veu que la Ligue a eu de efiects? Ses fruicts ont esté gros. qui. mais pleine d'un suc rouge teint les mains comme sang : les meures. et plus enflez mesmes que les communs.554 SATYRE MÉNIPPÉE.

et entre autres celle qu'un médecin affricain a escrite. de linge. que de l'arbre du Palque mar seul on peut le faire tous les ustensiles et provisions d'un navire. Espafia . vous y trouverez mille autres conformitez qui seroyent trop longues à discourir. de couverture de maisons. l'isle 355 espagnolle nouvellement descouverte aux Indes qu'un autheur vient 11 italien dit que tout en est plein. et qu'il y comme un par despit jusques aux cours des maisons. qui escrit de la propriété d'une huile qu'on appelle du Figuier d'Enfer. ou en castillan Hi- guiero d'Inûerno. nommé « Juan Fragoso'. y a autre médecin espagnol. et bref de 1. de de table. Juan Fragoso. provincia en la Nueva. » Qui monstre que ce que les Italiens appellent Fico d'Infierno est appelle par les Espagnols Higuera d'Inûerno. o catapucia mayor. et le fruict s'appli- que à tous usages. » et un peu après il dit : t Siendo el mismo como es los Ita- con nombre de cherva. y dicen venir de Gelisco. Yoyla donc les raisons qui l'ont meu de nommer le Catholicon d'Espagne Figuier d'Enfer. Et. auteur de Diicortot de lot cosa* aromatica». comme a faict la Ligue. de vin. y medecinai timplet de la India.SATYRE MÉNIPPÉE. et sert de pain. et navire mesme. arboUt. que lianos Ilaman Palmachristi o Mirasolis. vaisselle. si on veut encore passer outre. et dire que ce Figuier est le Palmar. parce que les Espagnols appellent ainsy ce Figuier des Indes qui porte son fruict plein de sang . en ces termes : Algunos modernos que escrivierion cosas de las Indias Occidentales hacen capitilo proprio de un aceyte que Ilaman de la Higuera de! Infiemo. médecin et chirurgien de Philippe II. frutat. .

se voyants ne pouvoir plus subsister et n'y avoir plus . exercé toutes sortes de tyrannies sur le pauvre peuple et ruyné tous leurs voisins. et d'ingratitude. et qui. que vous mes soldats sont grossiers et lourdauts. et dit qu'il le faut prononcer : par quatre syllabes mais ce n'a point esté l'intention de mon cousin d'en parler. dit le Roy. doit suffire à ceux qui veulent deviner. parce que cières en usent ordinairement et la pour faire leurs charmes enchantements. d'ambition. de toutes sortes d'espé- rances. ou de rilelioscopion. comme les Ligueurs se sont servis de Religion Catholique pour charmer et enchanter le peuple. sortes de pas- a servy à toutes sortes de gens. d'avarice. Quelques-uns ont rapporté à mon cousin qu'on a trouvé sédila mauvais tieux qu'il y ait mis les noms propres d'aucuns le et principaux autheurs de tout malheur de France. de haine. du commencement. et leur repro: choient leur trahison y faire. ou disputer sur ce mot.336 SATYRE MÉNIPPÉE. Il y a bien un autre arbre que Baptiste Ramuse appelle Higuero. comme la Ligue. après la reddition. après avoir faict révolter les villes contre le Roy et faict la guerre tant qu'ils ont peu tenir. Ceux qui a voient livré pour de l'argent leur propre ville au lippe de Macédoine se plaignoient bien Roy Phi- que ses soldats. les appelloient traistres. pellent Je ne sçauroy. mais je luy ay ouy dire qu'il estoit d'un pays où l'on appelloit le pain pain. et les figues figues. qui ap- les choses par leur nom. et de moyens pour couvrir toutes sions. Ceux qui. de vengeance. que le grammairien Nebrissense appelle les sorciers et sor- aussy Higuera del Infierno. Mais cela. non plus que du Lathyris. ce me semble. tout ce qu'on veut .

sur un de nos poètes. marchands et vendeurs de leur pays. seront les appelle traistres : on mais si sera-il mal aysé qu'il n'en eschappe quelque mot aux Parisiens. A beaux deniers comptants. ou pour quelque indignation et haine qu'ils eussent con- . laissés du commencement. a dict en six petits vers. s'estants. ont vendu chèrement les si places au Roy. les places et les villes. concussionaires. Encore ne le peut-il faire que par l'oubly qu'il peut induire en nos esprits. ville pour ne nous souvenir plus de ce qui ce propos. et n'y a que Dieu seul qui puisse faire que les choses faictes ne soyent faictes. s'est passé. luy font-ils bon marché. fust-ce pour affection particulière qu'il portoient aux chefs du Party. et qui ont marchandé et barguigné pour parvenir à un certain : J'en veux avoir tant ! Car. un peu d'argent s'exposants aux envies. comme les juges qui font la justice qu'ils ils sont tenuz faire. Encore. par ces guerres civilles. mesmement prix contre ceux qui ont pris de l'argent. à Car. ces jours passez : Ceux qui vendent au Roy. et ne doivent plus recevoir d'honneur de leur bienfaict. pour Ils advis. si est-ce qu'en prenant de l'argent ont tout gasté. Toutesfois s'en trouve quelques-uns qui. (fust-ce emporter au torrent de la Ldgue pour crainte de perdre leur Religion. dont nostre d'Eleu- there est assez bien fournie. rien 337 les que prendre. et livré bien marris pauvres habitants à sa mercy.SATYRE MÉ>'IPPÉE. encore qu'ils ayent faict ce qu'ils doivent. vendent quant et quant leur honneur et leurs vies mon : Jamais homme il de bien sur ce train n'a marché. Us ne peuvent se sauver qu'on ne les appelle traistres. Et.

sans marchander ny entrer en composition sont plus excusables autres. et mis aux Chrotyrannie espa- niques pour avoir délivré leur pays de gnole. et ont veu Catho- remis en sa puissance les places qu'ils tenoient. se vantoit d'avoir esté cause qu'elle fut reprise par Fabius : k la vérité. car. et se glorifier qu'ils sont cause que le est converty. Ceux-là fit me à font soubvenir d'une response que le grand Fabius un capitaine Romain. je si ne l'eusse point reprise ny recouvrée tu ne l'eusses perdue. le feu Roy). Aussy se peuvent ces oi gens icy vanter qu'ils sont cause de tant de trophées de triomphes que le Roy a acquis en reconquérant son il royaume . receuz et bien veneuz. aux Villes et d'elles Communautez. d'estre la avec leur Maistre. qui se soub- mesmes secouèrent le joug estranger pour raettre à la douce puissance de leurs Roys naturels.S38 SATYRE MÉIfIPPÉB. sans leur trahison et rébellion. dit Fabius. Et ceux-là leur de première erreur que les voire meriteiU recommandation et louange. se ceue contre sont d'eux-mesmes soubmis à si tost qu'ils l'ont reconnoistre le Roy présent. après avoir laissé perdre la ville par la trahison des citoyens. n'eust pas tant gaigné d'honneur à les subjuguer et ranger à raison*. gouverneur de Tarente. J'en veoy d'autres qui n'ont bougé de leurs mai- ftt Variante d« l'édition de 1599 : < Car tant trahison et re» . Mais ce qui fasche le plus tous les gens de bien est de veoir ceux qui ne l'ont faict que par force Roy et nécessité estre neantraoins caressez. qui. lique. comme on : y veoit ceux qui délivrèrent la France des Anglois dont sont venuz tant de beaux privilèges octroyez aux Familles.

SATYRE NÉNIPPiE. il n'eust pas tant gaigné de batailles. tant Mais cette plainte mérite diray plus que Lorrains qu'Espagnols. sons «t de leur ayses. Je une autre Menippée. une ne vous deux petits quatrains. sçais-tu que nous ferons ? Surprenons quelque place. gens de bien sont les moins avancez. offices et recompenses. > clémence dont il a usi à leur . pour avoir eu. deux ou leur laire. plein d'horribles misères. On guerdonne l'offense Si les plus : Qui n'a point faict de mal n'a point de récompense. Soyons un peu meschants. mauvais François sont bien recompensez. et puis nous traitterons. lie pouvants plus résister à la nécessité qui les pressoit. et qui. Agnoste. la ny mérité tant d'honneur par •ndroit. ville. poursuyvit en autant de vers. Durant ce temps fascheux. non moins à propos que les premiers : et faire nos affaires. L'autre. trois jours devant la réduction de quelque bon souspir et sentiment de mieux sont aujourd'huy neantmoins ceux qui parlent plus haut. et se vantent d'avoir faict plus de services au Roy et à la France que ceux qui ont quitté leurs maisons offices et leurs biens et pour suyvre leur Prince. k deschirer le Ml et nom du Roy des Princes du sang de France tant qu'ils ont peu. et qui ont les estasts. tout à l'instant. le que deux de noi fois compatriotes firent sur discourions sur ce Si les que nous mesme sujet. et qui ont voulu endurer la toutes sortes de nécessitez plutost que de conniver à tyrannie des Estrangers. champ. ny pris d« villes. mon amy. Pour estre bien venuz bellion.

Qui pourra jamais estouper la bouche à la postérité. ruynées. et qu'il n'y ait cent fois plus de plaisir à 1 . quand à leur retour ils trouvent leurs maiil sons vagues. ains comme d'hommes. pour le faire le mettre un jour en lumière et jtout veoir tout formé et la grand. bien qu'il y a des gens qui ne prennent pas et qu'on parle et qu'on escrive ainsy librement. comme le après tant de pertes. du verbe ramenlevoir. de peur comme hurlements de bœufs et de le taureaux. quand et ils en verront temps et commodité? Jamais ne fut ne sera (quelques loix et ordonnances qu'on y puisse faire) que la médisance ne soit mieux receue que la louange. désertes. et langue.540 Je sçay plaisir SATYRE MÉNIPPÉE. et l'empescher de parler du Tiers-party et de ceux qui l'ont enfanté et allaité. et la de nous plaindre. au lieu qu'ils les n'y a plus que les avoient laissées richement meublées. Mais ceux feroient pis que Phalaris : ne car faisoit à il qu'il escoufoit dans son veau d'airain crier. . afflictions passées. volez. Qu'on rappelle. où murailles. 11 est mal aysé que ceux qu'on la Bastille. et accommodées de toutes choses. ne les empeschoit point de sinon qu'il ne vouloit pas ouïr leurs cris d'en avoir pitié. emprisonnez en ville et rançonnez et chassez de leur de leurs charges. et la parole. mesmement quand elle est tirée de la vérité. pour desguiser son de la voix humaine. et le qui le tiennent encore renfermé en chambre. a pillez. la ils ils nous vouloient encore oster liberté sentiment. s'offensent au premier mot qu'on ramentoit* nos si. le nourrissent et subsfantent de bonnes viandes. ne jettent quelque malédiction sur ceux qui en sont cause.

ou qui fasse de toutes offenses nouveaux articles de crime de leze-majesté. la servitude. le et. et Dorleans. et qui semblent quasy se repentir de s'estre repentis. que les Pari- siens ne s'en donneront gueres de peine. de sçavoir que le peuple les deschire et les maudit secrette- ment.SATYRE MÉNIPPÉE. Mais aussy ne peut on trouver mauvais qu'on y pique ceux qui tout événement. Je ne doute point que le petit Olivier. et Boucher. relles. . mesdire d'un poltron qu'à louer un C'est la punition s'ils 541 homme pour le de bien. ne soyent maintenant bien empeschez pour faire un Anticaet Tapis- thoUcon et des Apologies contre des Tableaux series. à l'ancienne fidélité et humilité sans partialité ny bigarrure. ont tous leurs plaisirs moins faut-il qu'ils ayent ce desplaisir et ce ver sur cœur. s'y monstrent retifs. . il connoist le naturel des François. mais on les y attend. Il donne aux gens de bien autant de liberté qu'ils en doivent désirer . En quand il n'y aura que les notoirement je croy meschants qui s'en scandaliseront. à toutes heures et à jamais. et que leur mort. car faut plus tascher d'adoucir nos maux que de les aigrir. les escrivains ne les espargneront pas après Dieu mercy! nous ne sommes point soubs un Tibère qui espie les paroles des subjects. et la nos vieilles que- user de façons injurieuses qui empeschassent réunion de son peuple à une il mesme dévotion soubs son obeyssance. afin que nous nous rangions tous que devons à nos Roys. car ils ont loisir à revendre . comme luy. Aussy ne seroit-il pas raisonnable de rafraischir. que les meschants ne peuvent éviter d'ailleurs. ny qui ne peuvent souvent souffrir ny toute toute la liberté.

leurs hieubrations le méritent. encore au manche. mon bon amy. au n'aye destourné n'ont joué que des espées rebatues. Et peu s'en a fallu que je ma ne colère sur les Jesuistes la : mais. LetU'es 2. je conseil- leray toujours à cousin de s'amuser à autre chose qu'à leur respondre mais j'en connoy plus d'une douzaine en nostre ville à qui la peau et la plume démangent. et qui nous lieu qu'ils menacent de jouer des espées blanches. après Châtel. à ce que disoit un député de Un Espagnol sans un Jesuiste est une perdrix . et j'ay extravagué un peu hors de emporter à l'indi- suis quasy laissé gnation que j'ay contre ces gens qui bastissent encore sur les fondements de la première rébellion. beaucoup plus sanglantes que la première. mon . ils feront plus gueres longue en ce pays'. si sommes partis. . le faire sçavoir. et ont besoin d'un an d'approbation 1. faire et et n'attendent qu'un cojnpulsoire* pour extraits vidimus* de leurs Menippées. Mais pour retourner d'où nous prie. Re vision. je vous réimprimez la Menippée. d'y effacer les noms de ceux qui se sont renduz bons serviteurs du Roy. qui avait été élevé chez eux. pour vous contenter.3IS si SATYRE MÉNIPPÉE. provocation. sans orange. à ce que j'entends. de contrainte. et par ce gûust aux Espagnols Bourgongne : moyen on ne trouvera plus grand car. nostre propos. Quant à moy. eut tenté d'assas- 3. en i594. et qui y continuent avec resolution mais il y en a qui branslent . Les Jésuites furent bannis par arrêt du Parlement. que Jean siner Henri IV. je vous prie me me Vous voyez comme. Si en apprenez quelque chose.

Toutesfois. sinon que j'estime que imiter le mon cousin a voulu naturel dudict sieur d'Aubray. Alors je connus bien qu'il me retirer. au prix des précédentes.- me lairrei. . vous plaist. qui sont tous chelmes». — Je n'en sçay. Mais en ce qu'on l'a faict parler sérieusement.8ATT11B Mé!fIPPÉK. i. et est : c'est ce que je vouloy vous dire pour s'il !. grand à que le temps ne m'avoit point duré. qui sont toutes courtes et burlesques. et je luy dy qu'il me vouloit donner me pardonnast si un si congé de je l'avoy plaisir tant ennuyé. Chelme : rebelle. de mettre avant chose qui servist à turbulent. et ne s'est trouvé que luy en et la bouche duquel il fust propre l'in- de dire vérité. dit |e Dictionnaire de Trévoux. mais que j'avoy pris l'ouyr. et n'of- fenser personne de ceux qui peuvent nuire et qui sont parmy nous dernier. auparavant qu'on livre. ny quelle en la estoit raison de l'autheur. non plus que vous. et tel acte. car il heure de souper. d'en juger. dit-il. auxquels il n'eust pas esté séant de faire dire rien de bon . séditieux. le SIS s'y doive fier ny qu'on les effacê du ce n'est ni à vous. meilleur sera d'oster tous les noms propres. et qui ne trouve jamais de son sçavoir ny de «es discours. mesmement en un auquel il a deu représenter tout ce qu'il sça- voit avec affection de persuader. fanatique. ni àraoy. qui est aussy et copieux abondant fin en raisons. c'est pour lui rendre plus de dignité qu'aux autres précédents. toutesfois le qu'auparavant que partir je vouloy encore advertir que la beaucoup de gens disoient que harangue du sieur d'Aubray estoit trop longue et trop sérieuse. en repos. et que je ne sçavoy que leur respondre.

appella son valet. Sur cela je n'osay Timportuner davantage. struction et connoissance sérieuse des affaires passées. y a rien qu'on en puisse oster. et vous prie pour me laisser en paix. comme ils voudront. qu'on vinst mettre la nappe. M'en vins instruit de ces belles responses. contentement de ceux la vérité. mais à la il me coupa broche. desquelles je vous ay voulu faire part. Ce disant. et j'eus honte de demourer plus long temps. encore que j'eusse grand désir de sçavoir si luy ou le seigneur Agnoste n'avoient rien faict sur la cause des Jesuistes. Je vous diray donc que je pense que c'est assez discouru pour ceste fois. en la puissance desquels la il est de rongner et retrancher. et qui n'y soit appliqué fort à propos. et la raison dont on doit payer ces délicats. Toutesfois il à vous est permis plaira : la tailler ou rongner pas le comme vous je la n'en fin trouveray vin pire. et vous prie encore un coup de me laisser en paix. mode de nostre pays. le comme moy. ou de n'en lire que le quart ou la moitié. curieux de . et me dit : On a accoustumé. mais je m'en rapporte aux mieux entenduz. de dire ce qu'on pense. pour qui sont. s'ils la trouvent trop lons'il gue .3i4 SATYRE MÉNIPPÉE. Voylà toute la finesse qu'on y entend.

Pages. I. jadis évesque de SeuÛs 44 49 73 86 104 122 . alias la Bayonnoisc. xv III.TABLE DES MATIERES INTRODUCTION. convoquez au disiesme de février 1595. La Ligue Les autechs de la Sattre i II. et des secrettes confabuladu père Commelaid la salle 18 Les pièces de tapisserie dont des Estats fut tendue 27 De l'ordre tenu pour les séances Harangue de Monsieur le Lieutenant Harangue de Monsieur le Légat Harangue de Monsieur le cardinal de Pelvé Harangue de Monsieur de Lion Harangue de Monsieur le recteur Roze. La Satyre Mémppée xxvn XXXVVl IV. BlBUOefiAPHIE SATYRE MENIPPÉE. L'imprimeur au leclem* La vertu du Catholicon Abrégé des Estais de Paris. Tiré des Mémoires de mademoiselle de La tions d'elle et 1 5 Lande.

VII. A Monsieur de La Chapellc-aux-Ursius XIV. sur la prise de pelade 306 307 307 307 XIII. Siu" l'emprisonnement d'un adyocat fol IX. bruit qui courut qu'on vouloit . D'où sont ditz les zélez de l'Union XI. 510 . De deux qui briguent l'cslection royauté 509 du duc de Guyse le 309 309 XXI. 1592 X. prévost des . Aux Espagnols. 1590 . pour 166 PIECES DE VERS. Au prescheur Boucher XVI. . allant voir le duc de 308 308 XVm. . Episti'e du sieur d'Engoulevent à ung sien aniy. Des feux de la Saint-Pierre. mesme harangue leurs doublons fjiire 302 502 IV. Response pour XXII. 151 . Sur XX. sur la harangue que le cardinal de Pelvé fit aux Estais de Paris la 300 302 II.546 TABLE DES MATIÈRES. Pa(çe». faict à NoslreDame de Laurette. A Monsieur de Lion XV. . • marchands. Sur le duc de Guyse vœu d'un navire d'argent. ung 303 patriarche en France et sur la penderie de quatre des Seize VI. Harangue de Monsieur d'Aubray. 304 505 305 505 306 la XII. pour de l'Union le Tiers-Estat. A l'advocat d'Orléans De deux chevaux tuez en Pai-nie le 308 XVII. I. Harangue du sieur de Rieux la noblesse sieur de Pierre-Font. Sur les doubles croix de la Ligue A Monsieur le Lieutenant. par Marteau. Excuse sur ladicte harangue Autre sur III. De Montfaulcon et des Seize de Paris D'ung trézorier qui fut mis prisonnier tille 304 à la Bas- VIII. De mesme subgect la XIX. sur Sur le V.

Au Roy. Sonnet sur la retraicte du duc de Parme . Des docteurs de l'Union XXV. Autre \XVII. En latin 317 318 sur le trespas de son asne. mesme subgect 310 311 XXrV.n. qui ont recogneu le Roy . En latin XXXIX. — Pariï. Somiet à touts ceux de la Ligue XXXIY. Reprise sur le 347 Pages. 314 314 315 316 316 317 317 317 XXXV. et d'autres choses qu'il a apprises de l'autheur 323 9496. A Mademoiselle ma Commère. . 311 311 312 le logis tué près de l'Espée Royale XXIX. Impriment* A. Julik. Suite sur le mesme subgect XXX. IXIII. Des seigneurs de Vitry et de Villeroy. Regret funèbre Discom's 318 sur l'explication du mot de de l'imprimeur Higuiero d'Intierno. In eundera XXXII. ÉpiLaphe du chevalier d'Aumale XXVI. Sonnet sur ce que ledict chevalier d'Aumale fut . sm* XXXVI. Autre XXVIII. Sur le sa trop grande clémence mesme subgect XXXVIII. Au Roy XL. En latin 312 313 314 XXXI.TABLE DES MATIÈRES. En latin XXXVII. 7. rue des Canetltc . XXXIII.

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