Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Économie numérique

Les développeurs, un atout pour la France

6 mars 2014

Tariq KRIM
Entrepreneur Vice-Président du Conseil National du Numérique en charge des écosystèmes et de l’International

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Madame la ministre, Entrepreneur, qui ai choisi la rance pour y construire mes entreprises, notamment Net!i"es, puis #olicloud, $’ai pris % c&ur la mission que !ous m’a!e' con(iée) Cette mission arri!ait % un moment o* $e commen+ais % rencontrer de manière in(ormelle de $eunes entrepreneurs pour des ,o((ices hours,, une heure par semaine, pour tenter de répondre % toutes les questions qu’ils pourraient se poser) -ans mon entreprise, chacun de mes colla"orateurs dispose, le !endredi, de temps pour tra!ailler sur le su$et de son choi., pour e.périmenter quelque chose de nou!eau) C’est ce que nous appelons les pro$ets du !endredi) Cette mission était mon pro$et du !endredi, $/y ai consacré le temps que $e pou!ais me permettre de lui accorder) 0orsque $e tra!aillais dans la 1ilicon Valley, il y a!ait une rumeur persistante 2 derrière tout pro$et ma$eur, il y a!ait tou$ours un dé!eloppeur (ran+ais pas loin) Cette situation n/est d/ailleurs pas nou!elle) -e nom"reu. pionniers de l/in(ormatique sont (ran+ais mais, % l/instar de ses scienti(iques, la rance n/a $amais su ni les !aloriser, ni les médiatiser) 1i nous a!ons du mal % nous imposer sur la scène internationale 3l/a"sence de la rance du clu" de grandes plate(ormes Internet en témoigne4, ce n/est pas (aute de talents (ran+ais) Ces ,success stories, (ran+aises pro!iennent d’ingénieurs (ormés dans nos meilleures écoles, mais sou!ent aussi d/autodidactes comme 5a!ier Niel ou 6cta!e 7la"a, immigré polonais arri!é en rance en 899:) Initialement destinée % cartographier les ,talents numériques,, la mission a pi!oté ; <n peu % l’image de ces start-up qui réorientent leur positionnement produit=marché et leur modèle économique) #e me suis rendu compte que $e pou!ais (aire &u!re utile en recensant les dé!eloppeurs (ran+ais les plus marquants, en dressant un ta"leau des contri"utions (ran+aises % des technologies, % des logiciels signi(icati(s, !oire m>me % des "riques essentielles de l/Internet)

Parce qu’il (allait "ien (i.er une "orne, nous nous sommes limités % en présenter une centaine 2 certains "éné(icient dé$% d/une certaine notoriété au sein de la communauté, d/autres pas)
Naturellement, cette liste est loin d/>tre e.hausti!e et nous (erons appel % la communauté pour la compléter) Elle est aussi su"$ecti!e, comme tout recensement partiel)

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Nous nous sommes attachés % recenser les ?codeurs@ et non les dirigeants d/entreprise) 1i certains che(s d/entreprise apparaissent dans la liste, c/est au titre de leur3s4 contri"ution3s4 en tant que dé!eloppeurs) Inconnus du pu"lic comme des décideurs, ils sont % l’origine des outils que nous utilisons tous et des plus "elles entreprises internationales) -ans un monde dominé par les grandes plate(ormes américaines, cette communauté puissante de dé!eloppeurs, créati(s et capa"les d’in!enter des solutions alternati!es, constitue un !érita"le atout pour la rance) Cette mission aura été utile si elle donne un peu plus de !isi"ilité au. talents (ran+ais du Code) Elle dé"ouche aussi sur quelques recommandations) Au-del% de la reconnaissance, pour retenir les meilleurs dé!eloppeurs, il est important de leur donner le pou!oir de changer le monde, grBce % la technologie, depuis la rance)

Tariq KRIM

Cette Mission est dédiée % Cené Cougnenc, disparu "ien trop tDt en 899E) En introduisant et distri"uant la première !ersion de 0inu. en rance, il a permis % toute une génération de dé!eloppeurs (ran+ais de se li"érer des contraintes de l’ancien monde) 0a rance lui doit "eaucoup)

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Remerciements

#e souhaite a!ant tout remercier l’ensem"le des personnes qui m’ont aidé pour l’éla"oration et la rédaction de ce tra!ail) Maurice Conai, Féraldine Gal ainsi que Mathilde Gras et Grice Granden"urg qui m’ont aidé % la rédaction de ce te.te) Genoit Hhieulin, #ean-Gaptiste 1ou(ron, Gen$amin Cy'man, #ean Marie Iullot, Comain Fuy, Gen$amin Mestrallet, Philippe 0anglois, Al"an 1chmut', Gernard Genhamou, Gertrand -iard, Comain Iuet, Filles 1amoun, Cenaud Visage, 6li!ier -ecJmin, Filles Goccon Fi"od, 6lli!ier Co"ert, K!es Poilane, Marie EJeland, Fode(roy Geau!allet, Audrey Iarris, Gen$amin Ge$"aum, #onathan Genassaya, Ceda Gerrehili, Paul Cichardet, #ulien -ourgnon, 0aurent éral-Pierssens, Philippe -eLost, Ienri Verdier, 1téphane Mi"i, rancois Geau(ort, Comain -illet, 6m MaliJ, Marc -angeard et tout ceu. que $’ou"lie qui m’ont aidé % la réalisation de cette liste) A l’ensem"le des équipes de #olicloud et de Net!i"es pour leur soutien, leur temps et leurs conseils) A l’ensem"le des mem"res du Ca"inet de la ministre, et notamment 1é"astien 1oriano, Gruno 1portisse, Gertrand Pailhès, Aymeril Ioang, pour leurs encouragements) A l’ensem"le des mem"res et du "ureau du Conseil National du Numérique pour leur con(iance et aide précieuse)

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Les talents ran!ais du "ode
C’est un parado.e qui est sou!ent pointé par nos interlocuteurs au. Ntats-<nis 2 alors que la rance a perdu pied dans l’économie numérique, des chercheurs, des ingénieurs et des dé!eloppeurs (ran+ais ont été % l’initiati!e d’inno!ations essentielles du monde numérique)

Le code, une autre révolution ran!aise
C/est % la (in des années soi.ante que deu. ingénieurs, Pierre Gé'ier che' Cenault, et Paul aget de Castel$au che' CitroOn in!entent la Conception Assistée par 6rdinateur, la première "rique de la !irtualisation du monde) Il (audra attendre des décennies pour que leur contri"ution essentielle au monde moderne soit reconnue) -ans les années soi.ante-di., la rance est pionnière dans de nom"reuses disciplines du numérique) A!ec le langage de programmation par contraintes Prolog, Alain Colmerauer ou!re au. programmeurs l/accès au. premières pages de l/intelligence arti(icielle et de la singularité) #ean Ich"iah qui (ut le principal concepteur du langage de programmation A-A, retenu par le -épartement américain de la -é(ense, ou!re la possi"ilité des années a!ant #a!a 3au coeur d/Android et des systèmes des grandes entreprises4 d/un langage commun pour des en!ironnements in(ormatiques hétérogènes) C’est en 89PQ que ran+ois Fernelle mit au point le premier micro-ordinateur % "ase de microprocesseur, le Micral) En 89PR, Coland Moreno dépose le "re!et de "ase de la carte % puce) C/est % 0ouis Pou'in, en(in, alors chercheur % l’INCIA, que l’on doit le concept de datagrammes, qui ou!rit la !oie au protocole HCP=IP qui régule encore au$ourd/hui le tra(ic Internet) 0es années quatre-!ingt et quatre-!ingt di. ne sont pas en reste) Alors que la presse américaine !ient récemment de saluer le rDle de ran+ois Mi''i dans la mise au point des écrans tactiles, dès 89ST, c/est en Cali(ornie que s’illustre une nou!elle génération d/in(ormaticiens (ran+ais) Philippe 7ahn y crée Gorland 1o(tUare, qui (ranchit en quelques années le cap des V:: millions de dollars de chi((re d’a((aires annuel) Hou$ours acti( a!ec Motion5, sa plus récente société, il continue de s/impliquer dans le dé!eloppement de technologies de capteurs pour o"$ets connectés) En rance, 0aurent Ci"ardière crée la première "ase de données pour Macintosh R- 2 la presse in(ormatique de l/époque y !it le signe de l/arri!ée du phénomène start-up en rance) 1te!e #o"s ne tarissait pas d/éloges sur la qualité des ingénieurs) Il n/hésitera pas % (aire appel % plusieurs d’entre eu. pour des postes-clés dans ses trois sociétés 2 Apple, Ne5H et Pi.ar) -ans les années quatre-!ingt di., #ean-0ouis Fassée lance Ge Inc, son système d/e.ploitation Ge61 ré!olutionnaire) En a!ance sur son temps, il introduisait le principe de $ournalisation de (ichiers, dé!eloppé entre autres par Cyril Meurillon et désormais adopté par tous les systèmes d/e.ploitation moderne)

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C’est % #ean-Marie Iullot 3e.-chercheur de l’INCIA4 que 1te!e #o"s con(ia le poste de directeur technique des Applications pour Mac61 5, et ensuite la conception % Paris de ce qui de!iendra l/iPhone) 0es ha"itués des Jeynotes d/Apple connaissent "ien l/accent (renchie de Gertrand 1erlet qui, a!ant de créer sa propre startup <pthere, était Vice-président en charge du dé!eloppement de Mac61 5) 0/arri!ée de l/internet sera une nou!elle opportunité de démontrer le talent et le sa!oir-(aire (ran+ais) 0ouis Monier met au point le moteur de recherche d/Alta!ista 3il est aussi passé par Foogle4) ran+ois Gourdoncle en per(ectionnera certaines (onctionnalités) -e retour en rance, il lancera E.alead, l/un des rare moteurs de recherche ran+ais) #ean Paoli, reconnu comme l’un des co-in!enteurs du langage 5M0, dirige au$ourd’hui la di!ision 6pen 1ource de la société Microso(t) Marc leury, concepteur du ser!eur d/application #TEE 0i"re #"oss racheté par CedIat, tra!aille actuellement % la mise au point d/6penCemote, une plate(orme open source qui permet de piloter di((érents appareils domestiques % partir d’un smartphone ou d’une ta"lette) 0/équipe 6penHV issue d/une colla"oration entre 1un Microsystems et Hhomson Multimedia sera une e.cellente !itrine du sa!oir (aire (ran+ais dans la télé!ision interacti!e) Hristan 1a!atier sera l/un des principau. responsa"les du logiciel de décodage !idéo Mpeg) A!ec Filles Goccon-Fi""od, ils quitteront Hhomson pour créer 5audio et son décodeur MPQ utilisé par de nom"reuses sociétés, Apple notamment, qui le retiendra pour son logiciel iHunes) Parmi les dé!eloppeurs de la plate(orme 6penHV, on retrou!e Alain -epulch, l/un des pères du Hhomson H6P) Il se murmure m>me que Gill Fates a!ait dW em"aucher un traducteur (ran+ais pour comprendre les améliorations (aites sur le langage GA1IC, son produit phare de l/époque) 0/équipe,dirigée par Vincent -ureau, prendra la t>te du pro$et Foogle HV) 0es grandes (irmes Internet de la 1ilicon Valley ont tou$ours su accueillir les dé!eloppeurs et des architectes, (ormés dans nos uni!ersités et grandes écoles) Passé par 1un et Foogle, 0udo!ic Champenois est % l/origine d/App Engine, la plate(orme de cloud concurrente d/Ama'on Le" 1er!ice créée par Foogle) <ne autre société (ran+aise, -ocJer, sortie du prestigieu. K Com"inator, a réussi le pari de ré!olutionner la manière dont on hé"erge les applications sur le cloud) Che' Foogle, Comain Fuy, diplDmé de l/IN1A 0yon, sera l/un des dé!eloppeurs clé d/Android, tandis que le (ran+ais #ean Gaptiste Xueru s/occupera de la distri"ution de la !ersion opensource d/Android 3Android opensource pro$et4) Il quittera ce poste suite % une polémique sur la distri"ution d/Android pour re$oindre Kahoo)

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Ioa -inh Viet et -ominique 0eca lancèrent 1parroU, le lecteur d/emails le plus simple pour iPhone) 1parroU sera la première société (ran+aise rachetée par Foogle) Ils seront re$oints par Fil"ert Ca"illic et son équipe de le.icore, responsa"le de -roidGooster, un accélérateur de code sous Android, également racheté l/année dernière par Foogle) 0a rance se singularise aussi par de très nom"reu. dé!eloppeurs (ran+ais qui, % titre indi!iduel, ont contri"ué % des pro$ets essentiels du logiciel li"re) A!ec le Centre Mondial de l/In(ormatique créé dans les années S:, #ean #acques 1er!an 1chrei"er a!ait su attirer les plus grandes (igures de l’in(ormatique, comme 1eymour Papert et Nicholas Negroponte) Parmi les nom"reu. dé!eloppeurs qui auront (réquenté les "ancs de ce curieu. institut (igurait Cichard 1tallman, penseur et promoteur du logiciel li"re) -ès la (in des années quatre-!ingt, la philosophie du logiciel li"re rencontre un large écho en rance) Parmi les premiers é!angélistes, Cené Cougnenc, 0oYc -achary, mais également des in(ormaticiens comme Cemy Card qui ont (ait de la rance l’un des pays pionniers de 0inu. dans le monde) -ans un monde discret, peu sensi"le au. honneurs, des centaines de dé!eloppeurs (ran+ais ont donné de leur temps pour améliorer, ren(orcer, traduire et créer des "riques de logiciels li"res) Parmi ces nom"reu. contri"uteurs, a"rice Gellard occupe une place % part) A peine connu en rance, il est pourtant l’un des pionniers des technologies de !irtualisation, a!ec la conception de l/émulateur XEM<) <n de ses autres "é"és, la li"rairie MPEF, a permis de ré!olutionner l/usage de la !idéo sur Internet) Foogle l/utilise comme li"rairie !idéo standard dans le na!igateur Chrome) #ulien -an$ou, % l/origine du gestionnaire de (en>tre AUesome - une alternati!e au. systèmes traditionnellement présents sur 0inu. - a !u son tra!ail utilisé par Ama'on pour certaines de ses liseuses 7indle) 0a distri"ution 0inu. Hails, l’une des plus sécurisées au monde 3utilisée par les $ournalistes qui tra!aillent sur les documents 1noUden4, aurait été con+ue en partie en rance) IacJers, cracJers, spécialistes en sécurité, e.perts en cryptographie 2 encore un domaine o* nous e.cellons) Iélas, % quelques e.ceptions, comme Philippe 0anglois, ils ne sont pas asse' impliqués dans la création de startups) Ils gagneraient % >tre plus écoutés par les pou!oirs pu"lics) -ans l’uni!ers du $eu !idéo et de la Q- en(in, la réputation de nos dé!eloppeurs n’est plus % (aire) Ils nécessiteraient leur propre liste Z

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"es développeurs ran!ais qui ont marqué l#univers du code $ l#international
Nous a!ons recensé une centaine de dé!eloppeurs qui ont contri"ué % (a+onner le numérique tel que nous le connaissons au$ourd’hui) 0eurs "iographies sont disponi"les en anne.e) Certains d’entre eu. ont participé au dé!eloppement et au succès des géants du numérique 2 Foogle, Apple, Microso(t, IP, eGay, 5ero., Go., ire(o., 0inJedIn, AltaVista, 6penHV, Colt Hechnology, Pi.ar, CocJstar North, ros"iteQ, Naughty -og; Il s’agit notamment de Comain Fuy, ran+ois Geau(ort, PatricJ Chane'on, 0udo!ic Champenois, Cédric Geust, Mathias Ier"erts, Gertrand 1erlet, #ean-Marie Iullot, 0uc #ulia, 0aurent Cer!eau, 6li!ier FutJnecht, Alain -elpuch, -a!id attal, Cyril Meurillon, Pierre 6mydiar, #ean-Marc 0oingtier, Christophe Iery, lorian #ourda, Paul Couget, #ean-0uc Vaillant, 0ouis Monier, Ale. Iad$ad$, 0udo!ic Cha"ant, Clémence 1ausse', Christophe Galestra; -’autres ont tra!aillé au dé!eloppement de "riques technologiques désormais incontourna"les, notamment dans le domaine du logiciel li"re 2 <CGI, -e"ian, 0inu., 76((ice, V0C, <"untu, 1a!annah, Papara''i, 6pen G1-, 6"$ecti!e Caml, -N1; 1amuel Hardieu, AJim -emaille, 1am Ioce!ar, #ulien -an$ou, 0ucas Nuss"aum, a"rice Gellard, Hhierry Carre', Cémy Card, rédéric Leis"ecJer, Eric -uma'et, -a!id aure, 5a!ier 0eroy, Pierre-K!es Citschard, Marc Espie, Pascal Grisset, Antoine -rouin, Michel Forra', Pierre-1elim Iuard, #eremy Hyler, 0oYc -achary, Christophe Massiot, #ean-Gaptiste 7emp(, Nicolas Garcet, Pierre-#ulien Fri'el, 1téphane Gort'meyer et encore "ien d’autres) -es dé!eloppeurs sont également nom"reu. % s’>tre lancés dans l’a!enture entrepreunariale en créant des sociétés parmi les plus inno!antes 2 -ailyMotion, ree, -ee'er, Neu( Cegetel, Criteo, Fandi, Net!i"es, e5o Plat(orm, Coden!y, -ocJer, MoodstocJ, #olicloud, Mandri!a, otopedia, E!ent"rite, 0ima, Applidium; 6n peut notamment citer 1olomon IyJes, 1é"astien Pahl, 1amuel Al"a, #érDme Peta''oni, 6li!ier Poitrey, Nadir 7adem, 1téphane Enten, 1é"astien Goutruche, Cani Assa(, Nicolas 1te(ani, Maurice 1!ay, ran+ois Iodierne, Gen$amin Mestrallet, Patrice 0amarque, 1té!an 0e Meur, Cédric -eltheil, Pierre Chapuis, Comain Iuet, Gen$amin Cy'man, #érémy Gethmont, Arnaud Vallat, Pierre Geyssac, 0aurent Chemla, Valentin 0acam"re, Comain Niccoli, rancJ le 6uay, -aniel Marhely, Aurélien Iérault, rédéric 0epied, Cédric Car"one, #érDme Cota, Iu"ert Mimmermann, #ean-Paul 1mets, 1é"astien Gourdeauducq, a"ien Potencier, 0udo!ic -u"ost, Filles Goccon-Fi"od, Hristan 1a!atier, Cédric Pinson, 1yl!ain Ce"aud, 1tee!e Morin, Michel Morcos, FaUen Ara", Charles 1ouillard, 0aurent Ci"ardière, Mathieu 0a"an, Christophe Lol(hugel, #ulien Fenestou., Pascale Vicat-Glanc, Gertrand Fuiheneu(, 1é"astien Maury, Cenaud Visage, Comain Foyet, -aniel Fla'man, MicJaOl Cémond, Kann 0echelle, 1téphane ermigier, Iadrien Fardeur;

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-’autres (ont partie des e.perts en sécurité reconnus au ni!eau international 2 Philippe 0anglois, Matthieu 1uiche, 7ostya 7ortchinsJy, rancJ -enis, Cenaud 0i(chit', 1é"astien Hricaud, #ulien Vanegue; 1ans ou"lier les pionniers de l’in(ormatique 2 Claude Masson, ran+ois Fernelle, Gertrand Meyer, Alain Colmerauer, Pierre Gé'ier, Paul de aget de Castel$au, #acques Pitrat, 0ouis Pou'in)

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Tirer parti des talents ran!ais du "ode
0a quasi-totalité des grandes entreprises numériques du monde occidental sont américaines) #amais, pourtant, la rance n’a eu en son sein autant d/e.pertise logicielle, ni d/en!ie de conquérir le nou!eau monde) #’ai rencontré au cours de cette mission une soi.antaine d’entrepreneurs de sociétés % !ocation plutDt technologique 2 Hrois questions re!enaient, de manière récurrente, dans nos échanges 2 ● ● L#avenir de nos entreprises est%il en "ali ornie & 'vons nous France & ait le (on c)oi* de vouloir, $ toute orce, entreprendre en

+ans quelle mesure les politiques pu(liques peuvent%elles compenser le caract,re as-métrique de la compétition&

Houtes les plate(ormes desJtop et mo"iles commerciales sont américaines) 0es startups américaines "éné(icient d’em"lée de toute une série d’a!antages structurels 2 un immense marché linguistiquement uni(ié, ou!ert % l’inno!ation [ une concentration e.ceptionnelle d’early adopters, une puissante industrie du capital-risque, disposée % miser des sommes considéra"les pour (aire grandir des start-up dès lors qu’elles disposent d’une technologie originale ou unique, une densité remarqua"le de serial entrepreneurs et de "usiness angels disposés % accompagner les start-up de pointe, une concentration unique de dé!eloppeurs 3(ormés dans les uni!ersités américaines mais aussi issus du monde entier et attirés par l’e.cellence technologique des géants de l’Internet ou des plus "rillantes start-up4)

"omment c)an.er la donne & "omment les pouvoirs pu(lics pourraient%ils contri(uer $ compenser le caract,re as-métrique de la compétition &
Certes, les pou!oirs pu"lics, notamment depuis deu. ans, ont multiplié les initiati!es 2 pour encourager l’entrepreneuriat, pour encourager la C\- 3Crédit ImpDt Cecherche4, pour orienter l’in!estissement !ers les start-up, pour structurer des écosystèmes locau.-régionau., pour accompagner et promou!oir les startups 3 rench tech4, pour réunir les acteurs dans une logique de (ilières 3plans industriels4, pour (inancer des pro$ets 3In!estissements d’a!enir, Gpi, concours mondial d’inno!ation;4) Il est encore trop tDt pour é!aluer l’impact de cette politique, mais on peut aussi se demander si d’autres actions ne seraient pas nécessaires pour passer des intentions a((ichées % des résultats)

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La France sait produire d/incro-a(les talents dans le "ode, mais, peine $ en tirer pleinement parti
Nous de!ons >tre (iers des réussites (ran+aises dans le domaine du e-commerce; Mais pour changer le monde et créer des champions européens ou mondiau., il (aut aussi oser s’attaquer % des marchés réputés imprena"les, ou (aire ce que personne n’a osé (aire a!ant) Il (aut sa!oir (aire con(iance % des dé!eloppeurs, sou!ent $eunes, sans aucune e.périence)

La France manque cruellement de start%up 0disruptives0
Elle manque de con(iance dans ses dé!eloppeurs et ses entrepreneurs) Pour >tre (inancé et soutenu en rance, il (aut sou!ent adapter un ser!ice qui a dé$% marché ailleurs) 0e modèle d/in!estissement des acteurs du capital-risque en rance comme celui des In!estissements d’a!enir, a tendance % pri!ilégier les modèles économiques clairs et éta"lis) Il (a!orise sou!ent les entrepreneurs issus des grandes écoles, notamment des écoles de commerce) C/est pour cela qu/un grand nom"re de nos dé!eloppeurs se rend dans la 1ilicon Valley o* ils seront accueillis % "ras ou!erts) Hous les acteurs doi!ent >tre mo"ilisés pour soutenir plus les start-ups technologiques 2 grandes entreprises, acteurs pu"lics du (inancement 3Gpi, CFI4, capitau.-risqueurs) -e nom"reuses mesures ont été annoncées ces derniers mois en (a!eur des start-ups 2 l’é!aluation de leur impact réel est un !rai en$eu pour les années % !enir)

Financer les start%up est une c)ose 1 leur ouvrir des opportunités d#a aires en est une autre
0e soutien au. start-up repose pour l’essentiel sur des mécanismes de (inancement ou des mécanismes d’accompagnement, alors que les startups les plus entreprenantes pré(éreraient pou!oir e.périmenter et déployer leurs solutions ,dans le monde réel, 2 les mettre % l’épreu!e d’utilisateurs et de clients réels dans le système éducati(, dans l’uni!ers de la santé, dans le domaine de la transition énergétique) 0es opportunités dont il est question ici sont de deu. types 2 l’accès % des $eu. de données et des inter(aces de programmations 3API4 autour desquelles des start-up pourraient dé!elopper de nou!eau. ser!ices, et l’accès % la commande pu"lique) 0’ou!erture des données pu"liques a connu d’incontesta"les a!ancées au cours des derniers mois) Malgré l’engagement du Premier ministre, elle continue de rencontrer des résistances) Et les données disponi"les le sont encore trop rarement au tra!ers d’inter(aces de programmation 3API4) 1’agissant de la commande pu"lique 3R: milliards d/euros pour l/Ntat et S: milliards si l/on prend en compte les collecti!ités locales et les hDpitau.4, elle est trop sou!ent encadrée par des cahiers des charges contraignants et des procédures de marchés pu"lics dissuasi!es) 0es "udgets d/in!estissements annuels ne sont pas adaptés au. nou!eau. "usiness models de type

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1aa1, Appstore 3paiement !ia un magasin d’application4 ou ? remium@ 3usage gratuit a!ec (onctionnalités payantes4 alors qu’elle sont le (ondement des modèles des start- up disrupti!es) -e ce (ait, ils éliminent les plus petites start-up) 0e Pacte de compétiti!ité pré!oit la mise en place d’une procédure d’achats inno!ants) Il (i.e l’o"$ecti( de T ] d’achat pu"lic inno!ant % l’hori'on T:T:) Pour que cette procédure produise des e((ets, les administrations de!ront sortir d/une position passi!e d/attente de propositions en pro!enance des PME et des start-up et accepter d/e.périmenter régulièrement des nou!elles solutions, sans attendre une !alidation du marché) Il con!iendrait d’inciter les administrations % prendre les de!ants en pu"liant des appels d/o((res décri!ant un "esoin) Xuitte % sortir des sentiers ha"ituels de la commande pu"lique, autant s’orienter carrément !ers l’organisation de concours autour d’un ?pro"lème % résoudre@ 3?challenge@4 pour (aire émerger des concepts applicati(s inno!ants) 0e Fou!ernement américain recourt désormais largement au mécanisme des concours 2 il a m>me ou!ert une plate(orme, Challenge)go!, qui permet a chaque agence (édérale de lancer des ,dé(is,) -es initiati!es récentes !ont dans ce sens comme les Concours mondiau. d’inno!ation, les dé(is de l’Agence Nationale de la Cecherche ou encore les ,Challenges Gig -ata, du Programme des In!estissements d’A!enir) Cette dynamique doit néanmoins >tre ampli(iée et maintenue dans la durée)

2n tropisme persistant en aveur des .rands .roupes
0a rance s’est reconstruite dans les décennies qui ont sui!i l’après-guerre autour de grandes (ilières industrielles comme le nucléaire, le pétrole, l/aéronautique ou les télécommunications) 0es corps techniques de l/Ntat qui assurent la continuité de la politique industrielle (ran+aise depuis la 0i"ération sont % l’origine de nom"reu. succès mondialement en!iés dans ces domaines) Pour la conduite de pro$ets $ugés essentiels pour l’Ntat, les grands groupes ont capté l’essentiel des commandes pu"liques ainsi que du (inancement pu"lic de C\-) Xuand il s’est agi de dé!elopper une politique industrielle dans le numérique, la tentation a été (orte pour l’Etat d’y transposer des démarches similaires, en con(iant au. grands groupes la conduite des pro$ets numériques $ugés essentiels, !oire ?sou!erains@ 2 le pro$et Xuaero 3qui !isait le dé!eloppement d’un moteur de recherche alternati(4 est l’e.emple le plus connu de cette démarche) -e telles approches conduisent encore trop sou!ent % des choi. techno-industriels, a!ec une (ai"le cohérence et par(ois % contretemps) 6n notera notamment l’a"sence (ran+aise sur les plate(ormes essentielles pour les dé!eloppeurs 3 61, GroUser, outils de de!eloppements, )))4

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<n certain nom"re d/idées (ausses doi!ent >tre dé(initi!ement déconstruites auprès des décideurs de la politique industrielle du numérique en rance 2 ● ● ● ● ● ●

Ce qui est gratuit n/a pas de !aleur [ Il (aut plus de 8:: ingénieurs pour créer un logiciel de ni!eau mondial [ Il (aut énormément de capital pour réussir dans le logiciel [ 0es "onnes technologies !iennent des Etats-<nis [ Ce sont les grandes entreprises qui (ont la ré!olution numérique [ Il n’est plus possi"le de lutter contre les grandes plate-(ormes américaines

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3os recommandations
1. 4rendre en compte le r5le essentiel des développeurs
0es success stories (ran+aises du Le" et du logiciel pro!iennent de dé!eloppeurs 2 ingénieurs (ormés dans nos meilleures écoles mais sou!ent aussi autodidactes comme 5a!ier Niel ou 6cta!e 7la"a, immigré polonais arri!é en rance en 899:) 0’uni!ers des dé!eloppeurs "éné(icie en rance d’une (ai"le reconnaissance) Ils sont sou!ent considérés comme des e.écutants) 0es dé!eloppeurs sont dans un angle mort 2 on ignore leur nom"re) 6n ne sait pas grand chose sur leurs tra$ectoires, leurs quali(ications)

2. 2ne euille de route tec)nolo.ique pour l#6tat, les minist,res et les opérateurs pu(lics
Nous sommes entrés dans un nou!eau cycle technologique a!ec la migration !ers les mo"iles, l’a!ènement des o"$ets connectés et l’internet des o"$ets, le cloud, IHM0V et la ré!olution des données massi!es) Ces ruptures technologiques a((ectent l’ensem"le des domaines d’acti!ité et, de ce (ait, l’ensem"le des politiques pu"liques 2 santé, éducation et transition énergétique, en premier lieu) Alors que la politique industrielle, au tra!ers des plans industriels, promeut les technologies mo"iles et les o"$ets connectés, alors que les usages mo"iles se généralisent, tandis que les usages du Ue" sur ordinateur, commencent % régresser, les grandes politiques pu"liques 3santé, éducation, énergie4 tardent % prendre la pleine mesure de l’Internet mo"ile) 0es démarches de e-santé sous-estiment l’apport des applications mo"iles et de la nou!elle génération de dispositi(s médicau. connectés % la pré!ention comme au traitement des maladies chroniques) Elles n’ou!rent que très peu d’espaces d’opportunité pour les start-up (ran+aises qui tra!aillent % la mise au point de ce type de solutions) 0’éducation numérique est "Btie a!ec une colonne !erté"rale, les espaces numériques de tra!ail 3ENH4, dont le schéma directeur remonte % 8999) 0’architecture des ENH n’a pas été pensée pour la nou!elle génération d’usages mo"iles 2 elle "ride le déploiement des terminau. mo"iles et des manuels numériques) Cette situation rappelle un peu celle des années 9R-9P quand les administrations ignoraient super"ement Internet, !oire tentaient m>me d’y (aire "arrage) -ans un discours marquant, en 899P, 0ionel #ospin prenait acte d’un nou!eau cycle technologique 2 il sonnait le glas d’une génération de ser!ices en ligne organisée autour du Minitel et en$oignait au. administrations de mettre en &u!re les technologies de l’Internet)

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C’est un tournant de m>me nature qu’il con!ient d’engager 2 il s’agit de synchroniser les choi. technologiques qui sous-tendent la politique industrielle 3mo"ile, o"$ets connectés, cloud4, la modernisation de l’action pu"lique 3MAP4 et les stratégies numériques sectorielles 3éducation, santé, énergie4) Cette di((iculté % (i.er des orientations technologiques au. administrations tranche a!ec la situation qui pré!aut dans d’autres pays) -ans le mémorandum qu’il consacrait au ,gou!ernement numérique du 55Ie siècle,, en mai T:8T, GaracJ 6"ama en$oignait les agences américaines de mettre en &u!re, dans les 8T prochains mois, une stratégie !isant % ,permettre % des citoyens américains de plus en plus

mo"iles d’accéder % des in(ormations et des ser!ices numériques de qualité en tout lieu, % tout moment et sur tout type d’appareil,) Cette stratégie numérique se déclinait en une série de
recommandations technologiques, (ormalisées dans une 1tratégie (édérale de mo"ilité) 0a stratégie numérique du Fou!ernement "ritannique pré!oit que les ser!ices numériques de l’Ntat de!ront ,>tre con+us pour (onctionner sur une large gamme d’appareils, en particulier

mo"iles) Xuant au. applications nati!es, liées % une plate(orme mo"ile, elles ne pourront >tre réalisées qu’une (ois le ser!ice de "ase pleinement accessi"le au. terminau. mo"iles@) Elle
préconise la généralisation des démarches de ?Le" adaptati(@ 3responsi!e design4 ainsi que le recours au. standards ou!erts du Le" pour les ser!ices mo"iles, c’est-%-dire IHM0V) La euille de route numérique du 7ouvernement .a.nerait $ 8tre complétée par une euille de route tec)nolo.ique9 A l’intention des directions responsa"les des systèmes d’in(ormation de l’Ntat et des opérateurs pu"lics 3c’est en cours4, mais aussi et % l’intention des ministères en charge des politiques numériques sectorielles 3santé, éducation, énergie, notamment4) -e nature prescripti!e, cette (euille de route dé(inirait quelques a.es technologiques 2 prise en compte des terminau. mo"iles 3mo"ile (irst4, Ue" adaptati( 3Cesponsi!e -esign4 pour le Ue" pu"lic, recours au. standards ou!erts du Le" 3IHM0V, en premier lieu4, logiciel hé"ergés dans des architectures de type cloud, utilisation et ou!erture d’accès au. données grBce % des inter(aces de programmation 3API4 qui permettent notamment d’ou!rir (acilement l’accès % des applications mo"iles, primauté % l’usage de "riques logicielles réutilisa"les et standardisées 3li"rairies, code implémenté4 qui seraient mises sur des (orges logicielles ou!ertes de type Fithu") 2n :7it)u(; Fran!ais, permettant au* services de l#<tat, des collectivités locales et de leurs partenaires de structurer l#ensem(le des li(rairies et (riques tec)nolo.iques essentielles de la France et accessi(les au* développeurs, serait un pas en avant ma=eur pour notre pa-s9

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>9 4romouvoir les développeurs dans l#administration
0’Ntat consacre Q milliards d’euros au dé!eloppement et % l’entretien de ses systèmes d’in(ormation)

0a Cour des Comptes pointe régulièrement, % l’occasion de ses rapports, les (ai"lesses de l’in(ormatique pu"lique)

?0’in(ormatique est en pratique per+ue comme un simple moyen technique de!ant respecter un en!ironnement réglementaire dé(ini et des délais spéci(iques alors qu’il s’agit d’une !érita"le ré-ingénierie des processus [ -ans un conte.te de ma^trise (ragile des (onctionnalités, le recours au. prestataires e.térieurs reste trop sou!ent une source de di((icultés additionnelles) 0’administration (ran+aise peine % déterminer les compétences indispensa"les % la conduite des programmes in(ormatiques, ce qui la conduit % (aire appel % des prestataires pri!és sur des champs par(ois stratégiques, mettant ainsi en péril la réussite du pro$et et ultérieurement, la ma^trise du produit et de ses é!olutions) Alors que la conduite de pro$ets de cette nature est (ortement consommatrice de compétences managériales et d’e.pertises techniques, ces dernières sont peu disponi"les au sein de l’Ntat) Ces e.périences pro(essionnelles sont en(in peu !alorisées dans les parcours de carrière des intéressés@)

0e Fou!ernement a entrepris de moderniser en pro(ondeur les systèmes d’in(ormation de l’Ntat 2 il en!isage de ?ren(orcer la démarche de mutualisation des in(rastructures matérielles et logicielles et de mieu. inclure l’inno!ation dans les démarches pro$ets@) Il s’assigne l’o"$ecti( de diminuer la dépense annuelle hors masse salariale de V:: % S:: M_ en Q % V ans sur le périmètre de l’ensem"le des ministères 3CIMAP de décem"re T:8Q4) 1i la ma^trise de la dépense in(ormatique appelle des démarches d’ur"anisation 3elles sont en cours4 et de mutualisation, elle ne progressera guère tant que les pro$ets in(ormatiques seront sous-traités a!euglément % de grandes sociétés de ser!ices et % de coWteuses assistances % ma^trise d’ou!rage) Il (audrait cesser de !oir chaque pro$et de dé!eloppement logiciel comme autonome et non é!oluti( 2 les pro$ets de!ront s’appuyer sur des "riques numériques réutilisa"les et des méthodes de dé!eloppement agiles) 0es dé!eloppeurs sont sou!ent "ien placés pour mettre en oeu!re ces nou!elles approches 3dé!eloppement agile, mutualisation4 et leur implication dans les choi. stratégiques ren(orcerait l’e((icacité de l’action pu"lique) Les administrations .a.neraient ainsi $ promouvoir des développeurs au* postes de responsa(ilité pour la conduite des pro=ets numériques9

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49 'dapter les conditions d#investissement pour soutenir les pro=ets tec)nolo.iques
Le inancement classique de l/innovation en France n#est pas adapté au* start%up disruptives9

Certains entrepreneurs m/ont a!oué qu/ils !eillaient % rendre leurs pro$ets moins disrupti(s pour a!oir une chance d/o"tenir des rende'-!ous)
0es guichets de (inancement pu"lic ont tendance mécaniquement % (a!oriser les acteurs éta"lis qui en ma^trisent plus (acilement la comple.ité que les start-up) Est-ce que Foogle, Apple ou ace"ooJ auraient été (acilement (inancés en rance ` 0a ma$orité des start-up disrupti!es, notamment dans le 1AA1 31o(tUare as a 1er!ice4 doi!ent ainsi trou!er leurs premiers clients hors de rance) Comme $e l/a!ais noté il y a P ans pour Net!i"es, il y a une !raie incompréhension des grands groupes sur les technologies de rupture, ce qui entra^ne relati!ement peu d/achats) 0a capacité de créer de la !aleur par le produit ou par de l/audience, la capacité de construire des modèles de croissance naturels 3groUth hacJing4 ne sont que très rarement !alorisées dans les décisions d/in!estissement, qui s/appuient sur des règles très classiques de ,"usiness plan, et de chi((re d’a((aires sur Q ou V ans) T: ] des pro$ets (inancés de!raient sortir du cadre traditionnel de (inancement a(in d/ou!rir le marché % des startups disrupti!es) 0/usage de notes con!erti"les, qui permettent d/o"tenir en quelques semaines des (onds qui seront ensuite !alorisés lors d/un tour de ta"le plus important, sem"le >tre un outil % généraliser dans des domaines o* la !itesse d/in!estissement est primordiale)

?9 Formation des développeurs
0e ministère du Hra!ail recense en rance VQQ ::: in(ormaticiens, employés pour moitié dans les 11II, et pour moitié dans les entreprises utilisatrices) A ces VQQ ::: in(ormaticiens ,reconnus, 3titres, diplDmes, pro(ils de poste4, il con!ient d’a$outer pro"a"lement S:: ::: ou 9:: ::: personnes qui e.ercent des (onctions qui mo"ilisent une compétence in(ormatique 2 paramétrage d’applications, dé!eloppeurs Le", administrateurs système) 1ans compter celles qui e.ercent une acti!ité dans l’in(ographie, des métiers graphiques % (orte composante logicielle, la conception et l’administration de sites Le") Malgré ce stocJ de compétences, des tensions sont percepti"les sur le marché de l’emploi) 0es recruteurs ont sou!ent du mal % trou!er des candidats adaptés au. postes % pour!oir) A!ec l’émergence d’Internet, de nom"reu. ingénieurs quali(iés sont a((ectés % des tBches de techniciens in(ormatiques (aute de candidats employa"les % ce ni!eau de (ormation) Ce phénomène engendre une pénurie dans les demandes de postes % haut ni!eau)

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Pour remédier % cette pénurie de talents, il (audra continuer de (ormer des ingénieurs, des pro(ils "ac aV mais aussi des cycles courts 2 "acaT) 6n pourrait aussi mettre en place, en ci"lant de manière prioritaire les "anlieues, des ,écoles du numérique, destinées % des $eunes de 8S % TV ans ,décrocheurs,) Ces dispositi(s peu!ent s’inspirer de réalisations e.istantes comme ?Le"bcademie@, ,RT, ou ,codeacademy)org,))) Nous de!rons aussi >tre capa"les d/identi(ier les talents dès l/école primaire en é!eillant les élè!es % la programmation)

69 @isa de travail pour les développeurs venant en France
0e Président de la Cépu"lique a annoncé la mise en place prochaine d’un ,!isa entrepreneur, en !ue d’inciter les entrepreneurs étrangers % s’implanter en rance) -estiné au. talents étrangers porteurs d’un pro$et inno!ant, ce titre de sé$our déli!ré sous condition d’in!estissement minimal et d’une e.pertise préala"le, "éné(iciera d’une procédure accélérée a!ec des $usti(icati(s simpli(iés en pré(ecture ou dans les consulats) Plusieurs pays ont mis en place ce type de ?startup !isa@) 2n dispositi du m8me t-pe pourrait 8tre mis en place mais $ destination, cette ois, des in.énieurs et développeurs étran.ers9 Il permettrait d/attirer en France l/immi.ration )autement quali iée que représentent ces milliers d/in.énieurs, ")inois, Russes ou encore Indiens qui ne parviennent pas au=ourd#)ui $ o(tenir de visas pour les 6tats%2nis9 "es si* recommandations réactivent la question du "TA B")ie Tec)nolo.- A icerC 1 un responsa(le, au plus )aut niveau de l/6tat, c)ar.é de coordonner la 0plate orme tec)nolo.ique France0 et de valoriser le pool de tec)nolo.ies et de codes développés en France9

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