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1

Univ ersi té Ibn Zohr

Faculté des Lettres et des Scien c e s H u main e s

A ga d i r

Master de Langue et Cultures A mazi g h e s

Néologie scientifique amazighe:

Corpus lexical de chimie

Mémoire p - Ourl'obtention du diplôme du Master en Langue et Culture Amazighes

Présenté par:

SADIK ABDELAZIZ

- -- - - - --- - --- - - - ~ ---- - --- - - - - - - - -- - - ~ - - - -

Dirigée par monsie ur:

TALMENSSOUR ABDELA ALI

_- - - -

Année Universitaire : 2008/2010

1

~ ~~lIo A 9090, oA +1 0 Qee ~ +GAC +

~ ~~U~ o l ~ O

(J e dé d ie ce tra vai l à m e s par en t s défunts et à mon fils Anir)

-- - - - ----

-- - - --

_-- -- - - -

Je remercie vivement monsieur Abdelaali Talmenssour qui a accepté de diriger ce travail, pour ces directives et ces conseils éclairants.

Je remercie également monsieur Ali Barakate pour la documentation qu'il m'a fournie ainsi que tous les enseignants du Master de Langues et Culture Amazighes sans exception.

Mes remerciements vont également à monsieur lazzi Elmehdi pour ces remarques et ces conseils fructueux et à monsieur Hassan Ouzzat pour ces encouragements et ses remarques pertinentes.

Je remercie aussi mes amis de l'association Aaszsr (Tikiouine), pour leur aide notamment dans la mise en page de ce travail.

Jl'----

--- ---- - -

- - - ---- ----- - ----- -- - ---

"

Le sys t ème de transc r ip t ion

Pour transcrire le cor p us amazigh , nous avon s adop t é la transcri pt i on en carac tè r e s L a t i n - I R CAM.

1

C e s c a r act è res sont rés um és d ans ie ta b l e au s u i v an t :

- - - --

• Les consonnes

 

.

. 0

:::

 

<:'è

<1.>

Mode d'articulation

~

Oc c lusives

Constr i ctiv es

V ibrantes

Non

emphatiques

Emphatiques

Non empha t iques

Emphatiques

Sourdes 1 Sonores Sour d es

Son o res Sour d es

S

Sourdes

Sonores

ono res

Nasales N on emphat iq ues Emphat i ques Lat é rale

S e mi - c o nsonnes

R e m arqu e:

~

b

f

m

w

0

t

d

t

d

n

r

r

1

>

~

J

s

:?

ta

~

c

y

::Q)

>

k

g

1

~

L ' emphas e es t marqué par un poin t souscr i t ;

La tension par le redoublemen t de la con s onne ; La labio- v élaririsation par un w en exposant.

-- - - - -

• Les voyelles

L

a langue amazi g h e possède trois vo y elles courtes :

a, i, u .

_- --- -- - - --- - - -- - --

- -- - - -

, ~

:l>

kW

gw

;:s

~

q

x

y

:

:

<:'è

c

,

c

:l

<:'è

1

1).

e

1

h

- - - - - - - --

- -- - -- - - - -

1

-

>- S y stème d'abrévia ti o ns

acc .

A

c co mp l i

acc . nég . adj.q.

Accompli négatif Adjectif qualificati f

ad j. d é v.

ad j . R e l .

Ad j ec ti f dé ve r ba tif

A djectif de relation

adv.

mace

Adverbe

aor.

Aoriste

dict . Chafik

Dictionnaire arabo-amazighe , Mohamad Cha f ik

dict . Hadach i

Dictionnaire

de Tamazight, Haddachi (A)

dict. Taifi

Dictionnaire Tamazight- françai s, Taifi ( M . ) Inaccomp l i

Lex i que amazighe de Géolog i e, Said Kame l

lex

A zdoud

Lexique commun d es A it H adiddou , Azd o ud ( D . )

lex. Berkai . lex . Kamel lex. Tafsut .

Le xi que de la linguis t ique, Berka i A .

Le x ique des mathéma t iques tafsut

n

.

Nom

n

. ag.

Nom d'agent

n

. ag.p.

Nom d'agent passif

n.ag.ac t .

Nom d'agent acti f

n.a . v .

 

N

om d ' a ction verbal

n

. d . c

N

om déverbatif concret

n

. inst.

Nom d'instrument

h.l .

 

Nom de lieu

1

1

-

~

v

.

vo

v oc . g ram .

oc . méd i a smg .

pl

v. t r .

v

c . Boudr i s

.

Ver b e

Vo cabulaire de l 'éducation , Boudr i s B .

V ocabu l aire gramma t ical . IRCAM

Vo cabulaire des mas s média. IRC A M

S

i ngulier

Pluriel

V

erbe transit ive

fac .

f

Forme facti tive

f

. pa s .

Forme passiv e

f Pron.

fréc.

fref

For m e pro n omina l e Forme ré ciproque

For m e r é f léchie

>- Les symboles

->

en t raine / donne

< dé r ive de / provien t de

o

-- - - - + - - = - - - - introduit

introduit une entrée le terme corr e spondant dans laî angue C iDreou un s = y = n - = - o = n y = m =C : - e --- - -"- se lit "v i ent au s s i de " ou "dérive aussi de"

-

--

Ii

/

i

n tr odui t un sy non y me

 

indique que l e ter me n ' a pas de plu r iel . Ex emple : ama n , wama n , -

#

par alternance à , ou p ar o p position à

L

Introduction

l e xique commun et à son évolution , car une langue qui n'évolue pas sera dépou r vue de souples s e et cou rt même le r i sque de dispar i tion totale. La traduction , l'école et les ma s s- rn é d i as s o nt d e véritables canons de diffusion des termes et des expressions scienti f iques d ans le v ocabu l ai r e général d es langues appauvries par un pro c essu s de décrochage de l'évolution linguistique naturelle , ce qui a été pendant for t longtemps le cas de la langue amazighe . Ces outils de mise à jour, comme on peut les appeler, permettent peu à peu au langage jou r nalier d ' enrichir le lexique général de la langue .

La langue scienti f ique inf l uence la langue générale et p erme t donc son d y namisme de différentes manières. La rédaction d'un ou vr age scientif ique , l'édit ion d ' un j our n al d e

vulgarisation scientifique , dont les artic l es traitent par exemple de l ' économie , de l'informatique ,

, la diffusion d'une émission scientifique ou d'un documentaire , u n e

compagne de sensibilisation en langue amazighe, menée par des spécialistes con t re une mala d ie ou un phénomène naturel présentant un danger quelconque pour les populations

amazighophones, sont un ensemble de moyens indispensables pour l ' enrichissement de la langue générale, car l'évolution d ' une langue et son développement reposent sur sa capacité de r é expression .

ou du sport, etc

Actuellement la bibliothèque de référence de l'amazighe ne di s pose que des dictionnai r es généralistes régionaux , qui concernent un dialecte régiona l , et pas ou très peu de dictionnaires généralistes pan-amazighes. En plus , la majorité d e ces dictionnaires sont bilingues. La traduction des textes didactiques e t la publication éventuelle des revues scienti f iques dans des domaines tels que la physique , l a chim i e, les mathématiques, l a biologie , l'économie , etc . font encore défaut, principalement à cause de l'inexistence des vocabulai r es spécialisés. Très peu de travaux de terminologie scient i fique existent, notamment en Algérie, réalisés le plus souvent aux efforts indiv iduels d ' amateurs , et concernent surto u t les mathématiques , l' i nfor mat ique e t l ' éducation .

Elaborer une terminologie scientifique en amazighe n ' est pas une t âche fa cile, notamment dans l a situation actuelle de la langue amazighe caractérisée par ce que Bou k ous 1 appe l le la précari sation avancée . La difficulté ne réside pas dans la recherche des termes adéquats pour des concepts et des obje t s nouveau x ou étrangers , ca r le spécia l iste pe u t faire ce t r a v a i l , mais la difficul t é réside surtout dans l' absence d'une stra t égie clai r e, et donc d ' un plan d 'action dans l e cadre d ' une politique linguistique cl airemen t définie , permettant d e réaliser l es ob j ect i f s escomptés.

- -_

--

A pr é sent , aucun plan d ' ac t ion linguistique au ser v ice de la langue amazi ghe , qui offre à cette lan g ue la place qu'il mérite dans son propre terroir, n ' a été adopté ni au Mar o c , ni en

A lgérie, pays à plus forte dens i té de population amazi g h e. Par conséqu e nt ,

amazighe se trouve actuellemen t

l a terminologie

dans un état a l armant, caractérisée

par une prod u cti o n

-

an a rchique , ba s ée su r le « militantisme ling u is tique » i n d ivid uel o u as s oc i a tif , dont le « pu r isme »

l in g uisti q ue / est très souvent sa première pri orité.

sa

terminologie spécialisée? Que l s so n t les pr o céd és d e créa t ion te r minologique p r o pres à l'amazighe? Quels sont l e s f a c t eurs qui déte r m inent le c ho ix d 'u n né o logisme? Qu e l ?ls.r; d'action stratégiq u e, les acteurs et le s insti t utions offic iell e s chargés d e la p romoti on de l a l a ng u e amazighe doivent - ils adopter p o ur des objectifs dét e rmin és a u préalab l e ?

De quelles expéri e nces la langu e amazigh e peut- e lle s ' inspir e r pour promouvoir

En plus p r écis et pour délimiter un domaine somm e t oute qui dépasse de loin l' ambi t ion

1

de cette modeste recherch e , l a question prin c ip a le

apporter des é l éments de réponse théoriques et prat i ques, c ' e st comment p e u t - o n é la b o r er l e

que cette recherche voud r ait poser, et y

v ocabulaire scien ti fique amazighe e t notamment da n s le d omai n e de l a chi mie ?

Pour répondre à cette question et à l'ensemb l e

de toutes les quest i ons secondaire s

précédemmen t posées, nous nous proposons dans le premier chapitre de donne r un a pe rcu s u r

le s fondements théoriques de la terminologi e. Le deuxi è me chapitre sera consacré au p l an

d ' action stratécique pour un e création néonvmique en langue amazighe . Dans le troisième chapitre. nous nous proposons d'élaborer une liste détaillée des proc é dés de création terminologique amazighe . Le quatrièm e chapitre sera consacré à une application dans le domaine de la chimie .

Pour ce faire, nous p r oposons u ne a pp r och e analytique et contrastive entre les langues amazighe, française, arab e e t dans le cas échéant la lan g ue anglaise .

- - --

--- - - - -- - ~ -

_

2 Refus an t d e f a çon c a tég o rique l' em p run t: vo i r l a th è se d'Achab R. ( 1996 ) entre aut r e s

1

Chapi tr el :

Fondemen t s théoriques de la t e r minologie

Qu'est-ce que la terminologie?

• D ' a p rès le dict ion n ai re e n c y clopé diq ue

l e P eti t Laro u s s e

termin o l ogie dé sign e d e u x c o ncepts di ffére n t s:

illustr é 2 00 7, l e mo t

a- l ' é t ude des dénominations des sa v o i r ;

b- l'ensemble des termes particuliers

c o ncepts et des ob j e t s u til isés

dans tel ou tel doma i ne d u

à une science, à un ar t, à un domaine , à un locu t eu r .

• Par cont r e , selo n Cabr é (1 9 9 8, p. 70), l a t erm i no l o gi e

a cceptions différentes:

pos sè de au moins trois

a - L ' ensemb l e

des pr i ncipes e t d es f ondeme n t s conce p tuel s q u i régissen t l'é t ude d e s te rmes ;

b- L ' ensemble

des règles qui p ermet tent

de réa lise r u n tra v ail t erm i nograp h ique ;

c- L ' ensemble

des termes d'un doma i ne de spéciali t é donné.

en tant que

disc i pline ( acception a- ) et la termino l ogie en tant que méthodolog i e ( acception b-) , a l ors que l e

d ictionnaire enc y clopéd i que Larousse ne fait pas cette distinct i on .

N ous remarquo n s

que Cabré , fai t la d i s t inction

entre la terminolog ie

1 . A perçu histor i que sur l a terminologie

1 . 1 . Epoque ancienne

Les p r emie rs s pé cia li stes d e l a t erm i n olo gie,

se l on Ca b ré (19 98 ), é t a i ent d ' a b ord , l e s

sc i entifiques dans divers domaines de la science ( physique , chimie, botanique , etc.) au X VII I è me

siècle, ensui t e ce sont les technic i ens

siè cl e . Les l i n guiste s v iendront plus t a r d .

q ui avaient subi l' attrait de la terminologie vers l e x x =

L' object i f des prem i e r s étaien t l a dé n o mina tion

des ob j ets e t d es conc epts n o u v ea ux.

A insi , la terminologie est d ' abord une pratique . Elle est née, selon Cabr é ", au x v nr= siè c le

avec La v oisier entre autres. L ' intérêt des linguistes ne s'est manife s té q ue plus tard .

1 . 2. E poque modern e

L ' essor de la terminologie tant sur le plan théorique que pra tique n ' est sur v enu , selon

Cabré 4 qu'au deuxième tiers du xx= siècle. En e f fet , l a termino l og i e a c o nnu une é v o l u t ion

- -- -- ---- Spec1a c ul ai r e suit:

-

Car .actéri

sé e chrono l og i que m e nt p ar qu atre

3

Cabré (Mar i a Teresa) (1998, p . 22 )

4

-

I dem 3 , p . 22

5

I dem 4 , p . 2 8

nériodes 5 _ q Y& . n Ql!. u~ sl !l TIon LçO mI I!~

_

1

La prem i ère p é r iode (1 93 0 - 19 60) , ca r ac t ér i sée par la m i se a u po i n t de mé t hodes de

t

ravail terminologique

qu i tiennent

compte

du caractère s y stéma t ique

des

terminologies;

 

La

deuxième période ( 1 960-1975) ou période de st r ucturati on au cours de laque ll e les

 

i

nnov a t i o ns les plus marquantes en t erm i nologie pro vienn e n t du d é v e lo p p e men t de

l

' i nf o r m atique lourd e e t ( l es tech ni qu es docume ntair es . E t c ' est é g a l emen t l a ~ç:<J : i : :

 

au

cours de laquel l e , on assiste à une organ is a tion internationale de la terminol og i e ;

 

La

troisième période ( 1975- 1 985) ou pé r iode d'éclatement, est caracté r isée par l a mise

en

chantier de nombreux projets d ' aménagement linguistique qui font une p l ace à la

 

te r minologie . Parallèl ement, on met en re l ief l e r ôl e que joue la te r m i nolog i e da n s le

 

p

ro cessus de modern i sat io n d' une l a n gue et d e la soc i été qui l'u tilis e;

 

La quatrième période q u i commence à parti r de 1985 , e s t caract ér i sée par l ' apparition de nouvelles tendances. Deu x éléments sont à la base du déve l oppement de l a terminologie pendant cette période: d ' abo rd, l' informatique qui est en pleine muta t ion ,

a facilité aux terminologues le travail terminologique

développement des industries de la langue où la terminologie occupe une place fondamentale. Ensuite, La coopération international e prend de plus en plus d'importance , et on assiste à la création de r éseaux internationaux dans le but d'établir des échanges d'information et une entraide en matière de formation des terminologues .

en leur permet t ant

le

L ' essor de la terminolog i e , qui s ' est ampli fié de nos jours pour toucher tous les domaines

du savoir, s ' e x plique justemen t , par des changements qui touchent tous les as p ects de l ' activité

humaine . Ce qu i a engendré des besoin s nouveau x e n mat i ère li nguisti que. C es changements " sont nombreu x . Nous les résumons comme suit:

• Le développement sans précédant de la sc i ence et la technique entrainant la c r éation d ' un grand nombre de conce p ts et de d o maines de conceptualisat i on nouveaux à nommer ;

• L' accroissemen t rapide de la t echnologie qui s'est propagée pou r atteindre toutes l es couches sociales. Ce même accroisseme nt de la technologie se r é p ercute dans le domaine de l ' informa t ion e t la communication favorisant ain s i la créat i on de nouveaux modes de communication;

• La mu l tiplication de façon spectacu l aire des re l ations in t erna t iona l es tan t politiques que culturelles et économiques entrainant le passage des ma r c h és ré g ionau x ou na t ionaux au x marchés mondiaux de plus en plus étendus suit e à une p roduc ti on d e

-

-.- --- - -

- - - - m - asse · àe - èiens- àe - GOn : Sem m atien - ; -- -- -

--

- --.- --.----- - - -.

• L a product i on de masse es t la consé q uence de l 'envahissement du pro d uit norma l is é; e l le est aussi son moteur ;

• Le transfert des connaissances

et des produits suscite la création de nouveaux

marchés d'échange scientifique, technolog i que, culturel et comme r cia l ; de plus i l

6 V oir C abré o p. C it . p . 25-26

blige à ab o r der la qu es tio n du mu ltilin gu isme normal iser les éléments qui canalisent l'échange;

o

d a n s l es f o ru mes d 'é c h an ge

et à

• La multiplica t ion de manière ex t raordinaire de l ' information

q ui acquiert

u ne

i m p or tan c e fo ndame n t al e entrainant l e bes oin de supports puissan t s e t e ff icaces , e t

des bases de

do i vent ê t r e f a ci l e s à.' accès et ê tr e utilis é es oie mar è r e mul t id i me ns ionn e lle . C ' es :

pour c ett e r ai son qu' il de vi en t in di spensab l e

l e s sy stè m e s et l e s

donn é es ci e tou t g e nr e qu i néc e ss i tent une mi se à jour conti nu e, q u i

ii

de norma l iser

é l éments de stockage e t de récupé r ation de l'information;

• Le développement des moyens de c o mmunication de masse pe r mettan t une dif f usion

g én é r alisée de l a technolog i e , f a vo r i s a nt ainsi une i n ter ac tion e n tr e le l e xiq ue g é né r al et le lex i q ue s péc i a li sé. Ai nsi , g râ ce a u x : m o yens cie c o mmu n ication, l es ter m e s s e

b analisen t ;

• L 'in te rv ent i on

des Etats

et gouver ne m ents

en matière l in g u istique

a pour

c on séquence l' inclusion d e la t ermino l ogie dans les pol itiques de norm ali sa tio n de l a

lan g ue e t la création d ' organismes o f ficie l s pour la promouvo i r.

2. La terminologie: de la pratique à la théorie

2.1 . La terminologie en tant que pratique

La pratique de la termino l ogie est ancienne . C ' est au xvu r= siècle que les scient if iqu es

sent i rent le beso i n à la terminologie .

terminologiques ont v u le jour dans différents domaines scientifiques notamment en c hi mie (p a r

L a v ois i er entre autres) , en botanique e t en zoologie ( pa r Linné ) .

En effet, c ' est à cette époque que les premier s 7 tr av au x

o nt s en t i na t ional

l ' importance

qu ' international . L es linguistes ne se sont intéressés à la terminologie que pl u s t ard , lorsqu ' i l s

o n t découvert que l a terminologi e qui assure la communication entre les spécialis tes, fa i t part i e

de la l i nguistique . TI e st c l air , q ue la terminologie est considérée comme p r a t ique jus q u ' au momen t où les linguistes ont décidé de s ' y intéresser , Ce t te dernière position c o nt i n u e enco r e d'exi ster m ê me a p rès , notammen t avec Sager ( 1 9 90 , p. Il qui voit q ue la t ermino lo gie n' es t r i e n de plus qu ' une pra ti que q u i emprunte ses bases thé o riques à d'au t res disc i plines plu s anciennes.

Devan t

le f lu x de t e r mes

d'ordonner

e t dénominations,

ces mêmes scie nt i fi q u es

tant

au niveau

et de normaliser

ces dénominations

2.2. L a te rm i no l ogie en t an t que t héo r ie

N ous av ons vu précédemmen t ,

que la pra t ique de la te r min ol ogie

es t a n téri eure à la

théor i e terminolo g ique. En effe t, cet t e derniè r e na î t et se dével oppe , e n core au j ou r d ' hu i, d a ns le dé v e I O ppemen t d' i i ii è - pra t Ique qUl e 1 Ie-meme " ë st Tiêë â - l ' ar e so l mion - - ôü - p mb 1ê me ' - d e ' , --- - ,

communicat i on de nature linguistique .

7 Voir Cabré (1998 , p. 22 )

8 Voir (Sager , 1990 :1) cité par Cabré (Maria Teresa) (1998, p . 33 )

2.2. 1 . Ecoles c lassi ques de la termino l ogie

S e l on Ca bré 9, l e s t ra v a u x t erm i no l o gi q u e s

ré ali s és, si m u l tan é m e n t,

mai s d e ta çcn

s épar ée, par les scienti f iques Autrichiens , Soviétiques et Tchèques des années trente ont donné

naissance à t rois écoles de terminolog i e considérées comme c l assiques :

1

'r> L ' é co l e a utrichi e n ne :

de

normali s er les termes e t leurs d i sci p lines a f in d ' assurer la communicat ion profession n e l le et le transfert des connaissances en tr e spéc i a l istes .

L'é c o le autrich i enne est née de l a nécess i t é p ou r l e s t ec hni c i e ns et l e s s c ien t i fi q u e s

Elle s'ap p u i e sur le s tr a v au x d e Wüst er not a mme n t s a t h èse d e docto r at (1 9 3 0 ) e t a d op t e

l es pri ncip e s d e l a t hé or i e g én é r a l e d e l a t e r min o l ogie.

constitue un pil ier fo ndamenta l parce que c'est dans les textes scien t if i ques qu 'a pparaissent les te rm es u ti lisé s p a r l e s s p éc i a li stes et c ' est en pl us l es t e x tes qu i v é h icu l e nt l e s t e rmes ;

P o u r ce tte é co l e , la d o cumen t ati o n

~ L'école tchèque

Elle dérive de l'école pra g oise de linguis t ique fonctionne l le.

Par conséquent , el l e

s ' occupe par ticulièrement de I i descr i ption s t ructurelle des l angues de spéc i alité . E lle s ' intéres s e à la normalisation des langues et des t erminologies ;

~ L'école soviétique

Cette éco l e s'est intéressée aux travaux de Wüster dès leur parut i on. C ' est la raiso n pour

l a quel l e ses tr av au x por t ent p articu li èrement su r la norma l isa t io n des no t ions e t d es ter me s af i n de résoudre les pr o b l èmes engendrés pa r la situ a tion pluriling u e de l ' ancienne uni o n s o v iéti q u e .

D'aprè s Cabré lO , ces trois écoles de terminologie qui considèrent toutes l a termi nolog i e comme un moyen d'expression et de communication (a y ant en commun une approc h e linguistique ) , ont contr i bué à l ' é t ab li ssement des fondements théoriques de l a t ermin olo gi e et des princi pes m ét h o dolog i ques qui présiden t à son app l ication .

2.2.2. Les orientations

Les t r a v au x de ces t rois écoles sont à l a base, d'après Cabré 1 \

de ce q u e l es Au tri c h ie n s

appellent «science terminologique » à l' intérieur de laquelle nous pouvons d is t inguer tro i s

orien ta ti ons dif f é r en t es, ma i s q ui n e s ' e x c l uen t p a s :

• La première or i entation cons i dè r e l a te r mino l ogie comme une d i sci pline a u tonome à ca r actère interdisciplinaire , c'est-à-dire qu'elle s ' abreuve d'un ce rt ain n o mbre d e

> - - - - - --- - - --

> disciplines notamment l a li nguis t ique~l a l ogiqu e , T inîorma t lque

serv ic e des discip l ines scien t i f iques e t techn i ques ;

9 Cabré (Maria Teresa) (1998 , p. 38 )

10 Cabré (Maria Teresa ) (1998, p . 38 )

11 C abré ( 1998 , p. 30 )

en t f e a u t re s ,

" â ii - - - - -

:.c

Ii

• La deuxi ème or i entatio n , ce n trée sut la p hilosop hi e , s ' i ntéresse p rin c ip a l eme nt à l a

c l assi f ication logique de s sy s t èmes de n otions e t l'o r ganisa t io n de l a c o nna issance ;

• La troisième orientation, centrée sur la linguistique, considère la terminolo gi e

comme faisan t par t ie du lex i que de la la n gue , et les langues de spé c ial i t é co m me d e s

s o us - syst èm e s d e la l a n g u e g é n é r a le.

1

Il faut note r que l a t héor i e géné r a l e d e l a t er mino l og i e

dans laquel le

la n ature

de la notion ,

les relations

«

s ' appu i e

su r la prerm e re

l a reiation

or i entation ,

te r me / notion e t la dénomina t ion

notionnelles ,

des notions occu p ent une position c l é » Cabré ( 1 9 9 8 , p. 30 ) .

2.2.3. L e s coura nts d e la termino l o g ie c o n t emporaine

Nous dist i n gu on s, avec Auger ( 1 9 88 )1 2 , t roi s grands co u ran t s de la t erminolog i e :

);;> Le courant linguistico-term i nologique

Ce c o u r an t considère la terminologie comme u ne discipl i ne orientée ve r s l a l in gu is tiq ue .

Il est représenté par les trois écoles classiques (voir supra). TI faut noter que

l ' or i gine du courant d ' aménagement linguistique e t terminolog i que+' qui se dé v eloppera p lu s

tard au Québec e t au Canada .

ces écoles sont à

L ' object i f de ce courant est la normalisation

d'une communication précise et efficace.

des notions et des dénominations en v ue

)0> Le courant traductionnel

Ce courant considère la terminologie comme une discipl i ne or i entée vers la traduction . IL

est selon Cabré 14, le courant qui a l e plus influencé

terminologiques dans le monde francophone et il est à l'origine des travau x réalisés par l e s organismes internationau x multilingues (CCE , FAO, ONU , UNESCO , etc.) , et par des pa y s institutionnelleme n t bil i ngues ou multi l ingues car son objectif est surt ou t d ' établir da n s différentes langues des é q uivalents terminologiques utiles au traduc t eur .

sur le

dév eloppement des a c tivi t é s

)0> Le courant normalisateur ou aménagiste

Pour ce courant, la t e rminologie e s t orienté e ve r s la planif ication l in g uisti que. Ce l le-l à est née, d ' après Cabré 1 5 , dans les années soixante-dix e t elle est l i ée d ' abo r d à des proje t s d e

rev alori sation

s u r leur propre te r ri t oire dan s l e s que l s l a

terminolog i e occupe une p l ace impor t an t e .

des langues en si tu a t ion minorit a i re

- -- ~ Se l {}Il - Ge t t ~t hWI: i~ le --- S ta tuui ~ une - langue . en . dange r . peu t

s ' amélio r e r _ p - a r. I ' in t er v en t i o n

i

s y st é mat i que et s t ratégique des organismes mandatés à cette fin , une lé g isla t ion adéqua t e et d e s mesures destinées à promouvoir le changement.

1 2 Cité par Cabré (1998, p. 37 39 )

13 Cabré (1998, p. 39)

1 4 Cabré (1998 , p. 39)

15 Cabré ( 1998 , p . 39)

Dan s c e c o ura n t , l' un des o b je ct i fs fondame n taux de l ' ac t iv it é term in o l og i q ue e s t de ' favoriser la création néologique et d ' éviter d ' avoir recours aux emprunts.

2.2 . 4. L'organisation et les intervenants

Pour t r a i ter de l'o rg a n i sa t ion d e la termi n olog i e , i l faut d'abo r d , se lo n C a br é 16 a na l v s e r l e s

di f f éren t s a s p e c t s d e s a )J~·2.tique, ensu i t e é t a b l ir l e u; " fo n c ti o n n emen t e t e n f in d é ter min e , J u : ;; , : ;

sont les principaux i ntervenants.

2.2 . 4.1 .

L'organisation de la pratique terminologique.

L'organisation de la pratique terminologique dans le monde dépend des objectifs f ixés 1 par tel ou te l pays en mat iè r e de terminologie. Ce s objectifs so n t él a bo r és à par t i r d'un diagnost i c de la situation linguistique réelle du pays (mono l ingue, bi l i n g ue ou m u l ti l ingue ) , se l on s es besoins , et dans le cadre socio-politico-linguistique de ce pays.

La d i versité de ces objec t ifs explique l a divers it é des ac ti vités terminologiques e x i s t an t es, et l'adoption des modèles et des méthodes les p l us appropriés à ces objec t i f s . A insi, deu x pa y s

a y ant l es mêmes objectifs fixés et des ressources voisines auront le même type d ' organisation terminologique 1 7 ,

Cependant , d ' après Cabr é "; toute organisation de la terminologie qui se veut complète dans un contex te sociopolitique et linguistique spécifique , doit comporter les activités suivante s:

• La première activité concerne la planification, la coordination et la gestion des ressou r ces terminologiques. C'est-à-dire la planification des travaux à réaliser p o u r une langue et un pays, la coordination et le suivi de l' exécution du plan , la gestion des ressources et l 'évaluation des résu l tats obtenus;

• La deuxième concerne la recherche terminologique proprement di t e. C'est-à-dire l'élaboration des travaux systémat i ques de la terminologie spécialisée;

• La troisième concerne la normalisation des termes qu i suppose la définition d ' ur i e no t ion , le choi x d ' un terme pour la désigner et l'éva l uation des s y nonymes ;

• La quatrième concerne la diffusion des termes normalisés e t la résolution des problèmes terminologiques ou lingu i stiques soumis par des ser v ices de consu lt a t io n ;

• La cinquième c o ncer n e l ' impl i cation d e la t ermino l og i e dans l es m i l ieu x de t r a v a i l e t dans les domaines d ' act i vité spécialis és;

• La si x ième concerne la forma t ion en term i nologie

Cet t e activité suppose

l a format i on de terminologues qu i ont la responsabili t é de réaliser des tra v au x systématiques;

1 6 Cabré (1998, p. 48) . 1 7 Voir Cabré (1998 , p. 44 )

1 8 Idem1 7 , pp. : 48-49

la forma ti on en termi nologie d ' autres spécialistes dont la par t ici p ati on au x t r av au x est moins importante comme les scientifiques, les techniciens , les traduct eu r s , les

l inguistes, l es lexi cographes , les e n se i gn an t s, l es documen t alistes, e t c . ;

la formation des formateurs en terminologie, dans le but de su i vre l'évolution da ns le d o m a i ne d e l a te rm i nolo g i e .

En co n c l usion , « une bonne or g an i sation de l ' ac t i vité t erm inolog iq ue d o i t c omport e r u ne . distribution rationne l le des responsabi l ités et des tâches à remplir et une répartit io n d e s responsabilités dans les di v ers organismes selon leur comp é tence . » Cabré 1 9

2.2 . 4.2. Les inter v enan t s dans l 'ac t ivité terminologique

L e s terminol og ie s syst éma tiq ue s ne p eu v e nt ê tr e é tab lies que par les s pé c i ali stes d es d i ve r s do maine s en qu e st i o n . W üs t er a sou l i g né q ue le t r a v ai l s ys téma t i q u e d ev rai t in c o m ber aux t erminol ogues . C ' es t- à -dir e à de s s p éci alistes d es di ve rs domain es a y ant u ne f o rm a t i o n

co mpl é m ent air e en t e rminol og ie . {

.]

E n c o n séquence , l e tra v a i l t e rmino l o g i q ue moder ne se fait dans

t e rminolo gi e , l e s q uelles de v raient ê t re composées de s spécialis t es sui v ant s :

d e s c omm i ss i on s d e

( 1 ) Des sp éc ialis t es du domaine considéré [

.]

(2) Un s pé ci al is te de l'application des prin c ipes terminologiques et des méthodes d e

t erminographie [

] il devrait ê tre le spécialiste du sujet ou un linguiste a y ant reçu une

fo rmation s p éc i f ique aux principe s termin o l og iques .

( Felber , 1987 : 21-22f o

Selon Felbe r, en termino l og i e moder ne , l e t ra v ail terminolog i que

c o mmissions composées de :

doi t s e fai r e en

);> spécialistes dans des domaines scientifique et technique

Ils sont les seuls à pouvoir établir les s y stèmes notionnels et à connaître le ca r actère

commence pa r une bonne

v iable des dénominations car la terminologie en tant qu ' activité

connaissance du su j et sur le q uel porte la recherche termino l ogique ;

);> linguistes formés en terminologie ou spécialistes de l'application des principes terminologiques et des méthodes de terminog r aphie,

La présence des uns ou des autres permet de déci der de la forme de la dénomination la plus adéquate, la plus facile, celle qu i "sonne juste , m .

3. La terminologie et la linguistique

. - - -- - - r :; - a - clro c e p t r on l erminolugique - qui - pré v a u t - a u - c entre - e t - d a ns - l e - nord - de - r Eu r ope ; - e ooun- l'ae ---on-- - -

v u , insis t e sur la relat i on de la terminolog i e , en t a nt que dis c ip l ine , a v ec l a lo giq ue ,

l ' informatique , a insi que l a théorie de l a communication e t de l'informa t ion . C e tt e in s ist a n ce

e s t cohérente a v ec ses principes : la terminologie se v eu t d ' abord e t a v an t t ou t une étude d e la no t ion , une ét u de des sy stèmes notionnels qui structurent tout domaine spéc i alisé. L e travail

19 Cabré (1998, p. 49)

2 0 Cité par Cabré (1998 , p. 46 )

ter m inolog i que , quan t à l ui , cons i s t e s impl e ment à re prése n ter ce ch amp no tionne l e t à é ta b li r

les dénominations précises qui garant i ront une communication professionnelle rigoureuse . La

l inguistique n ' est q u ' un e d i sc i pline d e p l u s qui vi en t gro s sir c e ca r r e f o ur i nt er disc ip l in ai re .

Par contre , dans le courant normalisateur, la t erminologie se veut un domaine de linguistique

appliquée . Parce que son obje t est de n a ture l ing u istique et que ses objectifs sont pratiques . Le code t errninolog i que fa i t p a r tie du code l e x ica l de l a g rammaire d'une lan g ue . L a de scrip t i on

d ' u ne l a ngu e ne peu t è t re c om p l ète s a n s l a p rise e n COlTIpl=: œ l a t er mino l og i e .

Cabré (1 9 9 8 , p . 4 ' 7 - 4 8 )

D'après ce passage, Cabré distingue deux t endances pou r dé f inir la termi n o logie .

q u'e l l e entre t ien t avec

d ' autres domaines auxquels elle emprunte un ensemble de c o ncepts . Autrement dit, i l s ' agit de

sélectionner à partir d'un certain nombre de domaines , un ensemble de concepts et d'éléme n ts puis d ' en fai r e un objet et un c h amp propre sans j ama i s être un prolongemen t de ces dom a ine s .

La p r emière tendance d éfin it la t erminologie

par la r elation

C'es t dans cette perspe ct ive que Wüster 2 2 co n sidère la terminologie comme discipline autonome au car r efour de la linguistique, des sciences cognitives, des sciences de l ' informat i on , de la communication et de l'informatique .

Toutefois, Cabré 23 entre autres , pense que la terminologie doit être fermement ancrée

dans la l i nguistique . En ef fet , le but essentiel de l ' ouvrage de Cabré (1998) , comme il est indiqué dans l ' avant propos de cet ouvrage , était justement de préciser les bases linguistiques de l a terminologie e t de l es présenter de manière claire e t r aisonnée à un large pub l ic d'é t udiants de

p l usieurs disciplines comme la linguisti que , la traduction et l es langues étrangè r es app l iquée s.

Cette dernière tendance

rejoint

cel le de Goffin ( 19 85 , p. 13 ) 24 se l on lequel «L a

terminologie constitue sans conteste un des domaines privilégiés de la linguistique appliquée et pourrait du point de vue épistémologique se ranger du côté des "sciences appliquées". »

La linguistique appliquée est une discip l ine de la linguistique

qui conçoit la langue

précisément dans sa dimension sociale comme s t ructure et comme outil de communicat i on , comme sy stème et comme réponse aux besoins de communication et d ' informat i on que pose la société. Elle est inventée à une époque récente.

Dès lors, on commence à distinguer e n tre la linguis t i q ue appliquée e t l a ling ui st iq ue théorique. E n comparant la l inguistique , notamment la lexico l ogie, à la terminologie , Cabré

( 199 8 ) en tr e aut r es, a re l e v é u n certain nombre de spécificités caractérisant l a termi n olog i e par

, ---I éiQ.Q oràt l a li ng uis ti que . Ces s p éc i ficités sont r ésumées dans le tabl~au s u iv ~ n t :

2

2 Wüster (1981) cité par Cabré ( 1998, p. 61)

2

3 Voir avant propos de Cabré (1998 , p.17 )

2

4 Cité pa r Cabré ( 1998 , p . 65 )

~

_ ~.~ ~_

,

.

r

t ~

1

 

Linguistique (l e xi cologie)

La lex i cologie prend l es mot s comm e point de dépar t , et ne s ' in t éresse pas au s ignifié s'il n' e st pas lié au mot.

 

La terminologie

."

La te r minologie considè r e qu e la no tion , qui es t au centre de ces préo c cupations, peut êt r e

e

n v is a gée in dé p e nd a mment d e la d énomination ou

 
 

du t e rm e q u i la d és ign e .

 

L

a lex i c o l o gie n e fa i t j ama i s

1

des te r mes La termino l o gi e n e s 'in tére sse ~ 2 S 2 1

abstraction de la g r amma i re . Les mots

 

l a morphologie ni à l e ur syntaxe . Les terme s 5 " ' G :

 

i n téressants pour e ux - mêmes.

 

!

 

des dic t ionnaires sont déc r its en tenant compte de leur u ti l i sation en c ontex t e ; ils

 

,

ont conçus comme é l émen t s nécessai r es du d i scours.

L a linguist ique fa i t une dis t inction entre les asp ec t s s y nc h ro n i q ue e t diac h ronique des mots.

s

L a terminolog i e s'in t éresse plutôt à la synchronie .

La linguistique générale et par

La termin o logie dont la base repose sur

conséquent la lexicologie , prônent la libre évolut i on des l angues et s ' opposent

intervention consciente , a pour objectif l a normalisation.

l'

à

la normalisation et à la rédu c tion du

lexique de la langue par l ' adoptio n d ' une

forme plutôt qu'une autre.

La lexicologie agi t dans un c o n tex t e généralement national .

L a termin o l o gi e a g i t dans un cont e x t e

n t ernatio nal. E lle a t e ndan c e à adop t er des critères inte rnationaux de création de termes e t des guides de travail dont la validité d épasse l e cadre des lan z ues nation a l e s .

i

 
 

La linguistique agit su r la prononciation de la forme des mots

 

Dans le conte x te international , la t ermino l og ie agit uniquement sur la forme écrite des mots ( tan t sur l es formes dével oppées que su r les variante s

1

 

comme les sigl e s les abrévia tio ns

) et non s u r sa

pronon c iation q u i e st d u d o main e de la l inguistique .

 

La le x icologie part de la désignation , . pour présenter ses répertoires

(

dictionnai res , l exiques, vocabulaires )

 

La termino l ogie part du concep t, pour présen t er ses r épertoires ( dictionnaires , lexiques , vocabula i res )

La lexicologie ne fait pas usage des

La terminologie utilise des s y mboles , pu i sés surtout dans la logique , pour ind i quer les re l ations

s

y mboles , puis é s dans la logique pour

indiquer les re l a t ions entre les signifiés .

e

ntre les concep t s.

La lexicographie de la langue générale est moins explicite en ma t ière de traits sémantiques du mot, se limitant

L a terminologie a besoin de s ' assurer qu ' elle dénomme un obje t conceptue l spéci f ique à

l'

e xclusion de tou t autre objet p roche : elle vise l a

à

éviter qu ' i l y ait deu x dé f initions

pr é c i sion . C ' est pourquoi elle déc ri t ex h aus t i v ement ce t objet au m oy e n d ' u ne

iden t ique s , à moins qu ' il ne s ' agisse de

1

-

mot s emetartorrtre syrrouymietotate.: -

 

-

=

défin iti o n ; gérrénr l emem -- rle - na tu re - de scripti v e ; - e t - -

expr i mant sou v en t les re l ations qu i existen t e ntr e 1 les différents concepts.

 
 

L a le x icographie présente souven t ses entrées dans le s dictionn a ires génér aux, de façon a lphabétiq u e .

 

L a terminographie présen t e sou v en t ses en t rée s 1

d

a ns l e s dictio nn a i r e s spécialisés d ' une discipline

' adressan t à d e s spécialistes, de façon systéma tique e t non a lph a bétique . P u i sgue en terminologie les notions d ' un

s

1

1

En lexicographie , les dictionnaires

 

1

 

-

multilingues , prése nt en t souv en t, l es entrées de la langue de départ de manière , al p habéti qu e co m me dans l es

même domaine forment u n e n se m ble s t r u c turé , l a terminographie adopte souvent le c lassement par con c e pt s qui p ermet u ne p r es en t ation p i u s

 

i

dictionnaires généraux. satisfaisante des dictionnaires multilingues car la notion est théoriquement la même dans toutes les langues , et seule la dénomina t io n v arie .

La l e xi c ol o g i e s ' o c c up e d e

 

l

' ensemble des mo t s que con n aît le

5 L a t e r mino l oz i e n e s ' o c c u oe qu e des mo t s . ::: ~ :; fon t partie des domaines de spéci a l ité . Ai n s i, l e domaine d'é tu de de l a termi no l ogie es t i nclu t d an s ce l ui de la lex i cologie .

'-'

L

!

l

ocuteur d ' une l an g ue y compris l es mo t s

des domaines spécialisés. Car ces derniers font pa r tie de sa compétence

 

l

i nguistique.

L a l e x i colog ie , s'occu p e de l ' é t ude

La ter m i n ol ogi e s ' o cc u pe de l ' é t ud e des t er mes. La terminologie s ' occupe des termes pour bien circonsc ri re la noti on . Elle cher che seulement à proposer des éléments theoriques e t de s p rinc ipe s qui régissent le dépou i llemen t , l a s é l ec t ion e t l e classement des termes propres des domaines de spécialité dans le but de les normaliser. La terminologie ne vise pas la compétence terminologique des spécialistes. Car ces derniers possèdent réellement cette compétence La terminologie n'explique pas l e comportement, mais cherche des dénominations pour de s cases conceptuelles préalablement é t ab l ies . En terminographie , l a con f e ction d ' un

d

es m o t s d e f a ç on génér al e .

La lexicologie , considérée du point de v ue de la lin g uis t ique théorique,

' occu pe des mots dans le but de justif ier la compéten ce lexicale des l ocu t eurs

s

La lexicologie vise la compétence lexicale des locuteurs

La lexicologie tra - vai - lle à partir

d

' h y pothèses théoriques , qu ' elle réfute

ou qu ' elle valide grâce à des analy ses de 1 cas c o ncrets de la langue .

En lex i cographie, la confection d ' un

dictionnaire de langue générale , se fait à dictionnaire spécialisé , se fait à parti r d'une l i ste de partir d'une liste de mots qui constituent concepts qui font partie d'une structure notionnel l e

les entrées du dict i onnaire que l e

plus ou moins formalisée , selon des domaines . Le

le x icographe décrit sémantiquement au termi nologue attribue à chaque case correspondan t mo y e n d ' une dé f in i tion lexico g raphique . à un concept une dénomination donnée , celle

 

qu ' emploient e f fect i vement les spécia l istes quand ils font référence à un concept de l a s t r u cture . Si les dénominations relevées par un même c o nc e p t sont

di

f fé r entes , on peut soit les écarte r tou t es sau f une ,

L a démarc h e suivie dans le t ra v ail le x icographique est sémasiologique : on

soit les accepter toutes tout en privil égiant une . L a démarche su i vie dan s le tr av ail t erm i no l ogique est onomasio l ogique: on par t d u concept pou r arri v er à la dénomi n a t i on.

p

art de la fo r me pour arr i ve r a u signifié.

 

~

aphie , 1 e - l@ - CQ gr nphe --

   

-

- ~ I l ---- t e

~

rminclogi --L:.élah ion . d

le ~ A

or

atlO n es - -- - - -

 

n

' éca rte pas l a s y non y m i e car e l le

dict i o nn air es condui t d i recteme nt à la

 

enri c h it le le x ique de l a langue générale

nor malisat io n ( ou s t anda r disa t io n ) d e s terme s propres à un domaine spécialisé a f in d ' a v oir une commun i ca t ion professionnelle précise , moderne et

q

u i , e ll e-même , prône la liberté

' expression et s' oppose à la normalisation et aux prescriptions.

d

un

i vo q ue qu i exc l u t l a s y nonymie.

4. Définitions

4.1 . Le t er me

Selon Felber (1987 , p. 3 ) 2 5 «une unité terminologique

ou terme est un symbo l e

con v entionnel représentan t u n e no ti o n d éf i nie dan s u n cer t a i n doma i ne d u sa v oir » .

L ' u n ité terminologique

est une un ité l e xi ca l e chois i e en commu n

a c c o r d p ar une

commissi o n de spécialist es ( les i n te rv enants en terminologie (voir supra.) ) .

Ainsi, une unité est dite terminologique lo r squ ' e lle s'i n sère dans un r éseau domainier , pa r opposition au réseau langagier .

Si on a ccepte a lo r s la p r oposi t i on se l on l aque l le la t erm i no l ogie es t une p a r t i e i ntég ra nt e du

s y s t ème le xi ca l d 'une « g ra mm ai re » , l es t enues sont des signes qu i p e u v ent ê t re a n a l y s é s

1

i nguis t iquement de trois points de v u e différents: formel (la dénomin ati o n ) , sém a n tique (le conc e pt) e t fonct i onnel ( l a c a tégor i e e t l a d i s t ribut i on ) .

l

Du poin t de v ue formel , les tenues son t des ensembles p h ono l og i qu e s susce p tib le s d ' ê tre ar t iculés phonétiquement et d ' être représentés graphiquement avec une structure interne constituée par des morphèmes. D ' un point de v ue sémant i que , les termes sont des unités de

é férenc e à une réalité et , en t a nt que te l s , ils sont dotés d ' un sens qui peut être décr i t par un ensemble de tr a its distinctifs. D ' un point de vue fonctionnel. les tenues sont des u nité s dis t ributionnelles qui on t besoin d ' un environnement linguistique déterminé , et qui se combinen t f réquemmen t a v ec d ' autres termes spécifiques dans le d i scour s ( l a phraséologie ) .

r

 

Cabré (1998, p . 150- 1 5 1 )

 

Le terme appa r tie nt en principe à un seu l domai ne spéc i alisé , mai s i l p e ut apparte nir à

 

d

i ff érents sous-domaines de ce grand domaine, et i l peut ê t re employé en même t emp s da n s

d

' autres domaines de spécialité.

 
 

Par contre , en terminologie, l'associat i on

de plusieurs termes à une même notion

 

(

synonymie ),

ou l' association

d ' un même terme à deux notions différentes

pour un mê me

domaine de spécia l ité , sont à éviter .

 
 

Plus clairement, en terminolog i e , on peut avoir l es cas suivants :

 

A

u terme T l, on associ e , la notio n NI d ans le doma i ne D l . ( relation u n iv oque )

 

T

l - > N 11 D 1

 

A

u terme T l, on associe, la notion N I dans le doma i ne Dl. M ais , o n pe u t au ss i lu i

 

associe r l a no ti on

N 2 da n s l e

domaine D2 , N 3 dan s le doma i ne D 3, etc .

-

-

--

- ----·-- e es t; ; ; à ~ iTe; _ o n

peu t - a v o ir - TI

. > - N Tf B l ~ - e t - - T T -> - N 2m2- ·- - - ·-- -- · _ ·-

Ex empie: T l = syst è me

Les notions associées à ce terme selon les domaines de spécialité :

S y stème d ' équations en mathématique s

2 5 Cité par Lerat ( 1988 , p . 12-13 L lui-même

cité pa r Cabré ( 1998 , p.149 )

Système nerv eu x en bio l ogie

S y s t ème sol aire en cosmo l ogie, etc .

Cependant , on ne doit pas avoir:

e T l - > Nd D l, e t T 2 - > Nd D l , c'es t - à - d i re , o n ne d o i t pa s u t ili s er d e ux ou p l u s i eu r s

1

t e r mes di f fér e n t s p our

(

co m municat i on entre spéc i a l i stes d ' u n doma i ne spécia l isé donné .

d é signer une m ême

l ' é v i t e

n ot i o n

da n s

un mêm e la p ré c isio n

s y n o n y mie ),

car l a t e r minologie

afi n d ' assurer

c o rna me d an s l a

• Tl - > NIlDl, e t Tl - > N21D1, c ' es t - à - dire , on ne doit

pas utiliser un s eul terme pour

d ési g n er deu x ou plusieurs n o t i ons dif férentes dans un même domaine ( homon y mie ) ,

ca r cel a ind uit l' a m b ig ü i té d a n s l a commun i c ati on ent r e spécia l is t e s

spé cialité don n é .

d ' u n doma i ne d e

En a r a be , o n a repé r é plusieur s e x e m p l es d e ce g en r e . On peut cite r à ti t r e d ' e xemple s le s

c a s suivan t s :

En biologie : Anticorps, possède d e ux correspondants arabes: « 1 "4\ wb~ » et « ~; wb~» .

En géométrie, à diagonale d'un rectangle, corre s pond « . ;b!» et au diamètre d'un cercle

correspond , «

.

.?-

rl=9».

4 . 2 . Classes conceptuelles des termes

Du point de vue sémantique ,

les termes

peuvent être regroupés ,

selon la classe des

concepts qu ' i ls d é nommen t . Ai nsi , selon cabr é '", nous pou v on s établir q ua t re g r a n d e s clas s e s

c onceptuel les :

• Les objets ou entités;

• Le s processus, l e s opérations , les acti o ns;

• Les propriétés, les états, les qualités ;

• Les r elations .

Chacune de ces c l asses de concepts peut s ' e x primer à l'aide d ' une classe fonc t ionne l l e

( ou catégorie grammaticale ) pri v ilégiée :

• Les objets ou e ntités peuvent être exprimés au moyen des substantifs ;

• Les processus, les opérations , les actions peuvent être e xp r i més au moy en d e s v e r be s

e t de nom i nalisations sur des bases verba l es ;

• L es propr i é t és, les éta t s , l es qualités peu v ent êt r e e x pr i més au mo y en de s a d jecti f s ;

-- - --· ---- - -- - - - - ~ _ es - r el_ a ti e _ n _ s _ peuven t - ê t - r -e ~r - i mées - au - mo y e n · E les - a - Elj e G t - i f - se t - àes

. v er l : : l e s. - -- - - -

Cette correspondance nous semble valable auss i pour l a l angue amazi gh e.

26 Cabré ( 1998 , p.158 )

Exemples:

Te r me amazighe

Ab l kim ( = atome), avrmi (= n o yau), as ddul ( = couvercl e ) , tadugamt (= symb o le ) , 1 Du g m ( symb olis e r ) , nn f si ( = se f o n d re ) , a n n f s i (f u s ion ) , 1 sb l k m ( = atomiser ) , zmm ( = p r e s s e r )

T i rvi ( = cha l eur ), tafssayt ( = solubilité ) , ta zayt ( poids ) ,

tismmi ( = acidité ) Adugman (symbolique), ablkam (atomique)

Classe c oncep tu e l le cor r espond a nte

O bj et s et e ntit é s

1 L e s processus , l es opéra t i on s , l es

j ac TIo ns

Les prop r iétés , les états , les qua l it és

Les relati o ns

Remarque:

En term i nolog i e , l es substan t i f s so n t numéri queme n t plus imp ort ants suiv i s d es adjec t i f s .

4.3. La terminographie

D ' après les spéc i alistes de l a terminologie , La terminographie est une act i vité a y an t p o ur

objet la collecte , l a description , le traiteme nt, l'orga n isation , l a distribution et l a mise en œu v re des terminologies. Bref, la te r minographie c orrespond à la constitution et à l'explo itation des vocabulaires spécialis é s (spécifiques).

La terminographie s'appuie sur les acquis d e la terminologie . Toutes deu x ont pou r objets les terminologies (ensembles cohérents de désignations linguistiques de val e urs conceptuelle s

s pécial isées), mais la première les constitue et les utilise, alors que la seconde les anal y se e t le s am énag e .

4 . 4. Terminologue et terminographe

4.5.1 . Terminol o gue

Le terminologue /" est un chercheur qui se consac re à l'étude des s y stèmes de désignation s spécialisées [les terminolog i es, s ' il s'agit de désignations lingu i stiques] et de l e u r s mises e n œu vr e dans le l angage et les act i vités profess i onnell es .

4.5.2. Terminographe

L e t erminographe 28 est un opérateur

description , le traitement , l'o r ganisation, l a dist r i but i on

ayant pour métier ou act i vité

la co l lecte ,

la

e t la mise en œuvre d e s ter minolo g i es . E n

d es

e

d ' autres termes, le termino g ra p he

v ocabu l a i res s p éc i a l isés ( spécifi q ues) .

es t un c ollecteur , un or g anisateur ,

t u n utilisateu r

L e term irro g r aph e prer n : l - en - -' comp t e - Ies - apports - du - - ter

mirro l ogue + C er t a ins - auteu rs

prét endent que l' inverse n ' est pas vra i e t que l e s t e r minologues ne tiennent aucun co mpt e d es ap por ts de l a pra t ique e t de l ' e x pér i ence .

2 7 http:/ / www . t e rmi no logi e .n e t/r e p e res/r e p _c la ri fi . htm .

n o v e mbre 2010

Qui peut être un terminologue'!

Le te r m i no l o g u e' " est :

• soit un enseignant de terminologie

ou encore un «lingu i s t e

spécialisé » ou un

•.

« lin g u i ste te r minologue » .

soit un opé r a te ur

tra i t emen t, l ' or g anisat ion , la d i str ibution e t/ou l a m ise e n œ uvr e des t e rmin o lo gie s,

d o n c , un terminographe au sens st r ict.

a v a n: p::H1T men e r

~:.2 a c tivité la. c o llec te,

la d escr ip t io n .

1::.

Le terminograph e - au sens str i c t - est un p rofessionne l caché derrière la dénomina t io n

de

terminologue d'entreprise (s' il est employé p a r une société de ser v ice linguistique - singu l ièremen t , u ne ent re pr ise de t raductio n) ou d e te r m i nologue pr of e s si on ne l ( s 'il e x e r ce comme pres ta t a i r e de se rv ices en terminologie ) .

La né o logie , néonymie e t normalisation terminologique

5. 1 . Not i ons de néolog i e e t néologisme

La dist i nct i on entre néologie et néolo gisme articule une opposition perti nente entre le procès e t le produi t , selon le trait [± a ccompli] . Les néologismes sont des un i tés le x ic a les nou ve lle s ; la néolog i e postule , un s y stème , un e n semble de règles et conditions qu i contr a ignent la créa tion ,

J. La néologie est u n fa it spé c ifique m en t

le x ic a l , et lorsque le changement af f e cte un autre domaine de la g r a mmaire, i l n ' e s t jamais

a nal y sé en t ermes de néologie .

le repérage et l ' emploi de ces un i tés nouvelles. [

Jacqueline BASTUn (1974, p . 6 ) Ainsi , selon Bastu j i, la néologie est un p rocessus , un d y nami sme q u i, à l ' intérieu r d ' un sy stème l in g uis t ique , d ' une unité culturel l e ou d ' un groupe s ocia l de c o mmun i c a nts , produi t des un it és lexicales no u ve l les appelées néologismes , af in de répondre à un besoin de communicat i on précis .

5.2. Définition de la néolog i e

Selon Cabré (1998, p. 252) « La néologie da n s son sens généra l , est l a discipline q u i

s' occupe des aspects relatifs au x nouveaux phénomènes qu i apparaissent da n s les l an g ues. Pour

l es l exicolo g ues classi q ues, comme Guilbert e t Rondeau ,

phénomènes ling u is t ique s q ui font leur appari tion à un moment dé t erminé de l ' é v o lu t i on d ' une langue vivante. Ces phénomènes peuvent appa r a î tre d ans l ' un ou l' autre des n iv eaux desc r ip t i fs d' une lang u e c omme la phoné t ique , l a p h onolog i e , la morpho l ogie, l a s y n taxe ou l e l e xiq u e . »

la néolo g ie, tr ait e de l'étude d es

5.3. Défin i tion du néologisme

- - --- ---- - ba - àét i nit - i e H - à l : l - né el eg Ï - sme- n 2 . est - pa s - t G u j Gu fs . -f -ac ile , -- - Ilo tam m en t . - quaI ld - il

né o log i sme s é man t ique .

.

s . ag it d ' un

Toutefois, Rey ( 1988a , p . 282 ) 30 a tenté d ' étab lir

un cer t ain n o m br e de cr itère s qu i

.

permettent de qualifier une unité lexicale de néologique . En effet , d ' après Rey , une unité le x ica l e

e st dite néologisme, si elle présente un ou plusieur s critères c i -dessous :

29 http : j !www.termi no l og i e .netjreperesj r e p _ darifi . htm.

nov e mbre 2010

• si ell e est apparue dans une diachronie récente : critère de diachronie ;

• si elle ne figure pas dans les dictionnaires : critère lexicographique;

• si elle présente des signes d'instabilité formelle (morphologiques, graphiques , ph o n étiq ues) : c r itères d' in s tab i l ité ;

• si les usagers l a perçoive nt comme un i té l e xi cale nouvelle: critère psychologique .

Selon Cabré, les néologues favorisent, en général, le critère l e x ico graphique qualifier une unité lexicale de néologique.

pour

5.4. Les critères auxquels doivent satisfaire les néologismes terminologiques

Les intervenants dans la création terminologique ont fixé un certain nombre de critères auxquels doit satisfaire un terme d'une spécialité quelconque pour qu'il soit facilement en usage aussi bien dans la communication entre spécialistes d ' un domaine de spécialité donnée que dans la communication courante .

L'importance

de ces critères varie en fonction de la situation sociolinguistique

de la

langue en question. Berkai 3 1 a sélectionné , pour la langue amazighe, les critères suivants dont

certains ont été déjà cités ( voir supra . ) :

a-

L'unité notionnelle : le néologisme terminologique doit satisfaire au principe qu ' à une notion correspond une seule dénomination dans un doma i ne de spéciali t é donnée;

b-

La conformité aux règles de la langue : le néologisme tenninolog i que respecte r les règles morpho - phono log i ques de la langue en question ;

chois i d o i t

c= L~ dérivabilité : le néologisme terminologique choisi doit posséder une capacité de dérivation maximale afin que l'on puisse en dériver d'autres mots ou termes;

d-

L'euphonie :

le néologisme terminologique

choisi

ne doit pas présenter

des

difficultés de prononciation afin qu'il soit accepté par l'usager;

e-

La correspondance à un besoin : il faut que le néologisme tenninologique réponde à un besoin de communication dû au besoin de dénommer une réal i té conceptuelle nouvelle ou un objet nouveau;

f-

La motivation : Berkai dé f init ce critère comme « le caractère qui permet à un terme d'être facilement reconnu». C'est une sor t e de "reconnaissabilité", dit-il , qui facilite la compréhension ;

g- La - licence néologique: - ce ' critère - que - Be r ka - r - prop - ose - p - ou d a - t arrg u e - amazighe ; - mais --- --

qui reste également valable pour d'autres langues, consiste en ce que le néologisme tenninologique ou de façon géné r ale le néologisme, soit créé par une personne très connu par sa maîtrise de la langue en question.

3 0 Cabré (1998 , p. 254) 31 Berkai A. (200 7, p. 18-21 )

( pour plus de détails concernant ces critères v oir Berkai A. (2007, p : 18 :

5.5 Les types de néologismes

21) ~ '

Selon les moyens utilisés pour les former, on distingue selon Cabrë 2 quatre types de

n éologismes:

• l es néologismes de forme obtenus par les procédés suivants : la dérivation, la composition , la syntagmatique et par les procédés de troncation ou réduction ;

• les néologismes de sens ou sémantiques obtenus soit par l'extension du signifié de la

forme de base, soit par sa res t riction ou par le changement du signifié de la forme de

b ase ;

• l es néo l ogismes de fonction obtenus , par e x emple , par changement de l a caté go rie grammaticale ;

• les néologismes d ' emprunts qui comprennent les emprunts propremen t dits et l es calques.

Cette classification des néologismes, nous semble plus développée comparativement à d'autres classifications notamment celle que préconisent la plupart des linguistes , néologues ou terminologues qui rangent les néologismes seulement en trois types à savoir les néologismes de forme , de sens et d'emprunts.

Berkai 33 reproche à cette dernière classification un manque d'exhaustivité qui réside dans la difficulté de classement de certains néologismes comme , par exemple, les néologismes obtenus par le changement de la catégorie grammaticale, ou encore la création en français d u ve r be « réalise r» au sens de «comprendre » sous l' influence de l'anglais, etc .

Pour nous, la classification de Cabré ci- dessus, répond relativement aux pr é occupations" de Berkai entre autres .

-

En effet , dans le cadre de cette typologie , un néologisme obtenu par changement de la

catégorie grammaticale se range dans la néologie de fonction . Le verbe « réaliser » au sens de

comprendre est en fait un emprunt sémantique (emprunt

l ' influence de l ' anglais, par le changement du signifié de la forme de base «r é aliser» au sens de

« effectuer» .

de la notion seule) obtenu sous

Toutefois, la typologie de Cabré 35 convient aux langues de l a famille i n do-europ é enne notammen t les langues latines (italien , français , espagnol , catalan , portugais , galicien , mirandais , -- - - -

.

- . - --- ---

- -- ·-- - occt tan - : - fraI lcb-prm r enç - al ~ aTI:le ~ uuma i n _;_ stc i lier ç etc : - ).

32 Cabré (1998 , p. 256 ) 3 3 Berkai A. (2007 :22) 3 4 Idem 33 , p.22

35 VoirCabré , op. Cit . p. 256

Ainsi, les langues plus éloignées du modèle indo-européen «doivent proposer' leurs

propres modèles de formation et prendre une décision: soit elles favorisent les vraies solutions , et

s ' écartent des solutions plus internationales; soit elles optent pour le rapprochement en adoptan t les solutions d'autres langues dominantes ( »)36.

B e r k a i (20 07: 22 ) r é p ond q ue "ni une tra n sposition pure et simple des modèles é l aboré s

ailleurs , ni une évolution en vase clos ne conviennent à notre langue. ". Selon l' auteur, une solution éclectique est possible pour l'amazighe.

Ainsi, en s'inspirant des travaux de Sablayrolles notamment sa thèse de doctorat soutenue en 1996, Berkai" a proposé une typologie des néologismes adaptée à l'amazighe et qui s ' a r ticule autour de quatre procédés qui sont:

1

• Le procédé phonétique / graphique

• Le procédé sémantique

• Le procédé de l' emprunt

• Le procédé morphosyntaxique

Berkai 38 pense que cette typologie est celle qui convient mieux à l'amazighe pour la création néologique. En effet, cette typologie que l'on développera suffisamment, dans le troisième chapitre consacré aux procédés de création néonymique en langue amazighe , nous paraît relativement convenable à la langue amazighe . C'est pourquoi nous avons choisi de la reprendre dans ce travail et l ' enrichir afin qu ' elle soit plus développée.

Ainsi , selon Berkai

(2007,

p . 28), la néologie

graphique

«consiste

à modifier

l ' orthographe d ' un mot sans modifier nécessairement sa prononciation en su g gérant d ' au t res sens . x. Voici , les exemples que Berkai ( op . cit . ) cite à ce propos :

• oeuf course < of course ;

• cache-flot < cash-flow; etc.

Selon Berkai (2007, p . 28), ce procédé est particulièrement employé dans le monde journalistique. Ainsi, nous pensons que ce 'procédé que l'on peut considérer comme une sorte de jeu de mots généralement sous l ' influence d'une l angue étrangère, est loin d ' être un vrai procédé de création néonymique pour une langue. C'est pourquoi nous l'écartons pour le cas de notre langue, et nous proposons par conséquent, pour les néologismes amazighes , l a classification su i vante :

-- -

• La néologie morpho syntaxique ;

• La néologie sémantique;

• La n é ologie phonétique ;

• L a néolog i e par l' emprunt .

. - = -- . --- -- .

Cette classificat i on est identiq ue à cene d e A . Chao l : f 99 o, p . 3 T 7 r -- - - ----- -

3 6 Cabré (1998, p. 265 )

37

38

Berkai , op. Cit. p. 23 '

Berka i

er al, OP. rt. p. L

C ·

2-

- n

5.6. Néologi s mes et néonymes

"

' ,." , ~-"

, ' "

En se r éférant à Rondeau (1 983 , p . 124 ), C a br é . " p ré cise q u e l a néologie se présente d ans toutes les si t uat i ons de la communication et non seu l ement dans le d i scours spéc i alisé .

A insi, on dis t i n g u e d e ux so r t e s de né o logismes :

n é onym es ou n éo logismes t ermi nol o g iques.

les néolo gis mes propremen t di t s e t l e s

D a ns l e t able a u c i - a près , n o us présentons l es principales diffé r ences en t r e l e s d eu x ty pe s

de n é o l og i smes que n ous av ons rel evés de Cabré (1 998, p . 255) entre autres :

1

Néolog i sme p r o p rement di t

s a c r é ati o n e s t s po n t anée

a pp a rtien t à la langue commune ( LC .)

Né o n y me sa créa t io n r é pond toujo urs à u n beso i n de commu ru cation appartient à la langue de spécialité ( LS . )

la durée de son ét a t néon y mique e s t cou rte

l a durée de son état néologiq u e est longue

avant de p asser dans l ' usage ou disparaîtr e avant de passe r à l 'usage

sa datat i on est plus souven t hypothétique

sa datation est souvent très précis e

Les néolog i smes ont sou v ent des s y nonymes les néonymes évitent la synonymi e puisqu ' ils

et a c qu ièrent une valeur stylistique préc i se pa r contraste

ils ne se propagent pas au-delà de la lan g ue ils connaissent une vocation internationale dans l aquel l e i ls ont été créés manifeste

L es né ologi sm es ont les c a racté rist iques

d' une unit é l e xi cale ( a p partiennen t au

l

appart i ennent à la terminologie spécial i sée

Les néon y mes ont les caracté r istiq ues des t e rme s d ' u n e s p éc i ali té qu i son t:

~ E t res un iv oques

- Etres mono r éférent i e l s

~ Etres nécessaires

~ E tre s stab l es

~ A ppar t enir à un domaine d e spéc i a l ité

~ F avoriser l a forma t ion s ynt a g mati q ue

e xi que d e la la n gue commune )

6. Aperçu sur la normalisation terminologique

La nécessité de mett re de l' ordre dans la te r minologie des doma i nes spéc i a lisés à é t é se nt i

d è s que l a co mmunicat i on ent r e spéc i a l istes des domaines d e s pécia lité e st dev e nue de pl us e n

p lus ambigu ë, suite à la pro l iférat i on de t ermes pour dési g ne r les mê m e s no t io n s d ans ce r tain s

do ma in es d e spécia lit é , et à l' a p pa ri t i on de nouveau x d o maine s e t d e n o uv e lles prof es sion s q u i

_ ~ o=nt don n é l i eu à une in f inité de dénomi n ations p a r f~ is double _ ~ -. 9umul~ _ pl ~~:

En p l us , de nombreuses lan g ues sont u t i lisées dans l a communicat ion

s cient i f i qu e e t

te c h n iq ue . C e q ui rend encore l a communica t ion e nt re spéc i a listes plus di ff icile v o i r e i m possible notamment au niveau internat i o n al .

3 9 Cabré, o p. Ci t. p. 255

C'est ai ns i, que les spécialistes des doma in e s de spécialité se sont lancer d a n s l e

p ro cessus de nor m alisation des néologismes terminologiques a f in de freiner la multiplica t i on d es dénominations e t assurer la préc i si o n dans la communication entre spéc i a l istes tant au niveau national qu'internat i onal .

6 . 1 . D é finition . de l a nor m a l isat i on termin oio gi qu e

Se l on Cabr é 40 en ci t an t Auger (1 984 , p . 9) , l a « "no r ma li sa t io n termi nologi que " sen :

autan t à dés ig ner le processus d ' autorégulation d ' un s y stème terminologique que l'inte rv e ntio n

d ' u n or g anisme officiel pour entériner un usage termi n ologiq u e ».

1

1

-

- -

- - -

Ceci v e u t d i re que la no r malisation terminolog i que dés i gne à la fois

• un pr oc e ssus p ar l eque l un s y stè m e t e r m i no l ogi q ue d éterm i né s' au to r é gule e n accord av e c se s uti l isateurs ,

• une o pération qu i v ise l a normalisatio n des termes de s p écialité , e t ég alemen t la norm alisa t ion des pri nci p e s e t des mé th ode s de la term in ologie e n ta nt q ue théorie e t

p r at i que .

6.2. La normalisation des termes

Selon Cab r é 41 «la normalisation des termes spécialisés est un processus complexe

co mprenan t d iv erses opérations : l ' uni f ication des notions et des systèmes de notions , la

des termes , la réduc t ion de l ' homonym i e , l ' élimination de la sy non y mie , la

s t a bilisat i on des dénominations ( e t, s ' il y a lieu, des abréviations et des symboles). Sans oub li er la cré a tion des nou v eau x t e r me s.»

d éfi nition

Il faut note r que la norma li sation se f onde sur un ensemb l e p ostulats 42 q u i n o u s

pe r mettent de déterminer le cadre dans leque l e ll e p r end sen s et v alidi t é , e t qui aiden t à é t a blir des critères avec lesquels les spécia l istes doivent tra v ailler . Indépendamment d e ces postula t s ,

l' opérat i on d e normalisation n 'a tt eint pas tou j ours les ob j ect i fs qu ' e l le f i x e .

« C ' e st un i quement en partant d ' une bonne conna is sance de l a réa li t é compl exe d e s

l a n gu es et d ' une attitude de respec t à l ' ég a rd des différentes communautés l i n g uisti qu es q ue l'int e rv ention pourra acquérir une certaine lég i timité » Cabré , op . Cit . p. 2 46.

Il convient de no t er que « l a no r malisation t erm i no l ogi q ue s ' applique auss i a ux princ ip es

e t au x métho d es d e la terminolo g ie en tant que th éo rie e t activi té» Cabré, o p . C it . p . 244.

6. 3 . Orga ni sa ti on de l a norma i isa ti on t erm i nologi q ue

- - Se lon - eab r é ,

l es ac tiv ités - de -- i a - nonnalis ati o n - t er mi no l o giqu e - se - f - ont - à - t r ois - - niv e aux: -- l e --- --

niv eau i nterna tion a l , na ti ona l e t ré g iona l .

40 Cabr é (1998 , p. 244 ) 41 Cabré , op . Cit. p. 245 42 V oir Cabr é ( 1998 , p . 245 )

a. Au niveau international, deux organismes internationaux ont une grande autorité dans le domaine de la normalisation pour des raisons historiques:

CEl (Commission Electrotechnique Internationale) qui a été fondée en 1904, elle constitue aujourd'hui, l'organisme international de référence pour les domaines de l'électronique et l'électrotechnique;

L'ISO ( organisation internationale de normalisation) qui a remplacé en 1 946 ISA (Fédération internationale des associations nationales de normalisation) créée en 1 9 2 6. L'objectif de l'ISO est de faciliter la coordination et l'unification internationales des normes industrielles.

Il est à remarquer que les domaines d'ac t ion des deux organismes son t délimités par un accord officiel qui régit les rapports entre les deux organismes (pour plus de détails, voir Cab r é , op . cit . p . 241-243).

b. Au niveau national et régional:

De nombreux pays ont des organismes nationaux de normalisation qui agissent à titre de représentants officiels au sein de l'ISO et de la CEl: AFNOR en France , le CCN au Canada , le CEB en Belgique, le DIN en Allemagne , la BSI au Royaume-Uni, etc. ces organismes publient les normes dans la langue officielle du pays.

Cabré (p : 268)43.

Ainsi , certains pays organisent de manière systématique la normalisation de leur terminologie au niveau de leur propre territoire national, dans le cadre de la politique de normalisation de leur langue , de manière générale . Pour cela , ils créent des organismes offic i e l s qui «réunissent des savants et des terrninologues qui agissent en coordination, suivant les directives généralement élaborés par une commission de normalisation centrale» Cabré (p. 247).

Suivant ces directives qui relèvent de la politique de normalisation de l a langue dans son ensemble adoptée par tel ou tel pays, les décisions des comités de normalisation , «normalement guidés par certains choix . " . Selon ces critères , un organisme de normalisation peut prendre à

l

' égard d'un néologisme, trois types de décision qui lui ouvriront différentes possibilités :

l

' accepter qu ' il s'agisse d'un emprunt ou d'une création lexicale; le refuser ; l'accepter en

l

' adaptant au système linguistique (s ' il s'agit d'un emprunt).» Cabré (1998 , p. 261).

Bref, les normes terminologiques sont en général des normes de-jure, c'est -à-dire élaborées par un organisme de normalisation officiel . Ces normes sont le produit d'un processus de normalisation ouvert et bien organisé , fondé sur des règles officielles de production . Elles

L !Isagers~s exceE.!!on .Les normes de facto sont celles qui sont

produites par des entreprises commerciales établies ~ omme par exempl - ; - 44 - ~ - .Micro s o f t - - - -

- " s " "o ~ nU J ~lliI29sition~ tou

Windows™ .

. 43 Cabré (1998, p. 268)

6A. La normalisation: cas de Pamazighe

En ce qui concerne la normalisation terminologique amazighe, Il n'existe à présent à notre connaissance, aucune structure officielle qui se charge de la normalisation terminologique amazighe tant au niveau national qu'au niveau régional.

En e f fe t , la déc i sion p ol i t iqu e d e la p r o mo t io n d e l a m a z i ghe

a us s i D i en a u h~2 T : ; ~ ' . -- ~ - -

Algérie entre autres , n ' est pas accompagnée , en parallèle d'une autre décision qui consis t e e n l a révision du statut politique des langues en compétition dans ces pays .

C'est pourquoi les acteurs Amazighes de ces pays (chercheurs, universitaires, etc . ), doivent chercher les moyens qui permettent le suivi et le contrôle des néologismes

t erminologiques notamment au niveau régional, en créant par exemple , une co m mis s i on f ormée de savants et terminologues de d i fférents pays de Tamazgha.

Achab R. ( 1996 , p . 347 ), propose «une équipe inter-universités , où seraient représen t é e s l e plus possible d ' aires dialectales (Algérie, Maroc, Mali, Niger ) » . Parmi les tâches d ' une t el le équipe, selon Achab «figuraient la définition d'une démarche d'ensemble et une méthodologie , la refonte des matériaux néologiques déjà produits, l'élargissement du travail d ' aménagement du

l exique aux vocabulaires de spécialité, la proposition et la coordination des sujets de recherche (mémoires, thèses) , l'élaboration d ' instruments de suivi des néologismes sur le terrain, en collaboration avec les usagers et le milieu associatif.» .

Pour juger de l'acceptation d'un néologisme terminologique, Achab propose une gri l le

d ' é v aluation des néologismes qu ' il a empruntée à la Banque de terminologie de l 'U n i versit é de Montréal . Cette grille peut être complétée et adaptée à la langue amazighe. Selon Achab ( 1 996,

p . 351) , le c r itère pan-amazighe de la racine doit être rajouté aux critères d'acception ( voir

chpitrel: 5 . 4.) dans la grille d'évaluation des néologismes, et un système de points (de 0 à

permet de noter ces critères choisis pour la langue amazighe . Ainsi, la note zéro obtenue à l ' u n des critères est éliminatoire et le terme ne peut être accepté que si la note totale obtenue dépa s se la moyenne.

10)

Puisque actuellement, aucune initiative n ' est mise en œuvre tant au ni v eau régiona l,

--

- - - -

q

correspondants dans la langue cible qui est ici l' amazighe, de préserver les synonymes lorsque cela est possible, jusqu ' a u moment où une commission chargée de l a normalisation terminologique verra le jour pour l 'amazighe . A ce moment là , une telle commission aura pour première tâche l ' élimina t ion de l a synonymie de la terminologie amazighe déjà é l aborée .

des

u ' au

niveau de chaque

pays de la région ,

nous proposons,

lors de la recherche

- -

- - -- - - -- - - - - - -- - - -

-------- - --

-- - -- - - - - ----- - ----

-

Conclusion

de l a

terminologie , a d'abord pour objectif principal de savoir dans quel courant théorique la

terminolog i e amazighe peut-elle s' inscrire , de définir un ensemble de concepts se r appor t ant à l a

t e r mi no l o g ie , à 12 n é o lo g i e

néologisme et un n é o n yme . Il a éga l ement pour obj ectif de d éte rm i ner l e s di f f ér ents t yp e s ce néologismes ainsi que les critères permettant l'identification d ' un néologisme d ' un mo t d u le x ique général . N ous avons enfin présenté la normalisation et son organisation tant au niveau nat i onal qu ' au niveau international avec l'examen du cas de l' amazighe notamment au Maroc .

En conclusion, ce chapitre, qui traite bri è v ement

et Z l a n é or v m i e ,

des fondemen t s

t h éoriques

e t d e r ele v e r l es p r in c inale s d i f féren c e s e : ;:: - e - :

:

: :

Etan t donné que l ' amaz i ghe est une lang u e margina l isée, p l acée au r ang des d i a l ec t es et

e x clut de l'éco l e depu i s , au moins 1956 jusqu ' à l a création de l'i nstitut ro y al de la culture amazighe(IRCAM), la terminologie amazighe doit s ' inspirer du modèle des langues minorisées ,

c

o mme celui des l angues, turque et iranienne entre autres . Autremen t dit, l'amaz i ghe d o it

s

' inscrire dans le courant normalisateur ou aménagiste.

Ce courant en effet, permet aux langues lacunaires

pour ne pas dire dominées ou

menacées de disparition, de satisfaire les besoins de communication de leurs locuteurs et usagers dans les différents domaines du savoir en s'appuyant sur la néologie.

En d ' autres termes, les pays dont les langues sont lacunaires, et qui sont dépendan t s sur le plan technologique , se voient contraints d'exercer une activité terminologique qui repose sur la néologie . Ce qui est le cas de l ' amazighe .

et les

chercheurs amazighs doivent-ils adopter afin d ' accomplir leur mission de promotion de l'amazighe dans tous les secteurs et les domaines du savoir? La réponse à cette question sera donnée dans le deuxième chapitre .

Dans de telles circonstances,

quel plan d'ac t ion

s t ratégique ,

les institutions

-

- -

-

--- -_

-- -

- --

-

- -

_-

_-

- -

-

- - --

Chapitre 2:

Plan d'action stratégi q ue pour une c r éation néonymique amazighe

1 . Situation sociolinguistique de l'amazighe

L ' échiquie r linguistique ma r ocain est comp osé de p l usieurs lang u e s, mai s l ' en s eig ne ment

s

e f a it toujo ur s d a ns l e s l a ngues non mate r n elle s m ê me apr è s l'introduct io n

de l 'enseigne men t d e

l'

amazighe à 1 ' éco l e marocain e en 2 0 03 . P uisqu e cette int r oduc t ion v ise à prés en t , uni quemen t,

l ' enseignemen t

amazighe.

de la langue amazighe

et non pas l'enseignement

d ' autres discip l i n es en

Il faut noter que la décision de l'introduction de l'amazighe comme langue enseignée dans l'école ma r ocaine a été annoncée pour la première fois depuis au moins 1 9 56 , par le roi d u Maroc Hassan TI dans son disco urs royal du 20 a o ut 1994, su i te au x é v énements d'E rr ac h idia d u premier ma i 1994 .

Le mouvement amazighe doit attendre à peu près dix ans pour enfin v oir l e r ê v e d e

l ' enseignemen t de l' amazighe au Maroc se réaliser . C ' était justement deux ans après l'accession du nouveau roi Mohamed VI au trône que la déci sion royale pour la promotion de l' amazighe a été finalement prise , notamment dans le discours royal d'Ajdir de 2001 , dans lequel le Roi a déci dé de créer l'institut royal de la culture amazighe (IRCAM) .

L ' IRCAM, régi par le dahir royal ( n ° 1 - 01-299) portant sa création et son organisation et ,

formant son statut généra l , a pout vocation de sauvegarder et de promouvoir tous tes aspects de la langue et de la culture amazighes . Son statut général, lui permet de travailler en collaborat i on

a v ec les autorités gouvernemen t a l es e t les inst i tutions concernés afin d ' introduire l'amaz i g he dans le système éducatif, et assurer son rayonnement dans l'espace social , culturel et médiatique tant au niveau national qu ' aux niveaux régional et locaL

La situation sociolinguistique et politique de l'amazighe au Maroc est relativement similaire à celle de l'amazighe en Algérie malgré la reconnaissance de l'amazighe comme langue nationale dans la constitution algérienne. En effet, dans les deux pays , aucune p l anification stratégique à moyen ou à long terme n ' a été élaborée et donc aucun plan d ' action n ' a été fait pour exécuter les actions et les processus nécessaires qui conduisent au x object ifs escompt é s , dans le cadre d ' une politique linguistique qui déf i nit clairement le statut de la langue amazighe. Parce que, justement, la terminologie moderne n ' est pas isolée de la politique linguistique d ' un pa y s , mais elle est inc l u t dans cel le-ci .

Le mou v ement

amazighe aussi bien au Maroc qu ' en A l gérie , en t re autres , réc l a me

- - -- - -- i ncessammen tï offi . cialisatioa. deJaJangue

_ amaz i g h e _ --. Ce tte _

x.e.

.Y end i çill:. i O! L a _dpr_ ei sl_'_jlmpl~u L et

r i sque de se réa l iser très prochainemen t dans les deu x pays notamment au M aroc qu i es t en tra i n de se préparer à l'instauration de la politique de régionalisation é l argie.

Par conséquent, une révision de la politique linguistique actuellement adoptée par les deux pays , devrait voir le jour le plutôt possible pou r répondre aux ambitio n s du mouvemen t amazighe et pour éviter les contradictions avec les discours officiels dans les deux Eta t s .

dans la

c onstitution m a rocaine gagne du terrain et prend de l' ampleur notamment au sein des jeunes d u

m ouve m ent d u 20 fé v rier . Un bon nombre d'associations et de par t is po l itiques soutiennen t l e s

revendications de ce mouvement de jeunes qui représente une force vive et dynamique qui cont r ibuera sans doute à l'instauration de la d é m o c r a t i e e t sur to u t d e l a pa i x l i n g ui s t i que cians l e

p a y s.

Au j ourd'hui, la reve n dication de l'officialisation

de la langue

amazig h e

A insi , i l serait obligatoire, pour le Maroc de même que pour l'Algérie d'e n treprendre des

actions susceptibles de donner un statut respectable à la langue amazighe en renforçant son usage dans tous les secteurs: social , culturel , économique, administratif et poli tique, tout en la modernisant a f in q u ' elle soit capab l e d'êtr e en utilisée dans toutes l es s i tuatio n s de co m mun i cati on .

1 Pour ce faire , ces deux pays doivent prendre un ensemble de décisions po l itiques clés , un cadre j ur i d i que adé q uat , des canau x précis de d if f u sion et d 'implan t ation ( ense i g n ement , mo y e n s de communicat i on, etc . ). Ils do i v ent ég a lement p révoir une série d'acti ons s t ratégiques e t d es
1 mesures d ' intervention destinées à modifier l'évolution « naturelle» des langues appartenant à

l

'échiquier l in g u i stique de chacun de ces deux pay s comme l' arabe , le français et l ' amazighe .

Cet ensemble de mesures, d ' intervention ponctuelles , malgré leur importance demeurent ,

à notre avis , inefficaces si elles ne comportent pas des éléments de renforcement comme ceu x

que Cabré (1998 , p . 275-276) a puisé dans les expériences québécoises et canadiennes à savoir:

Un plan stratégique systémati que (plan de normalisation) qui compre nd des mesures

d

'i ntervention s' inscr i v ant dans une p o litique globa l ;

U

ne e x plicat i on claire des objecti fs à atteindre ;

U

ne planification rigoureuse des mo y ens e t des ac t ions à adopter pour attei n d re le s

objectifs visés;

Un cadre juridique appuyant l'intervention ;

Des cr i tères du su i vi de la situation , puisque ce l le-ci change r a à mes u re q ue

s

' applique le plan ;

U

ne stratégie consensuelle qui permette de réa l iser de manière cohé r ente l ' ensemble

des actions des différents agents intervenant dans ce processus .

 

I

l est é v ident qu ' un plan d ' action linguis t i q ue ne peut êtr e efficace q ue si

~

i l é t ab li t des objec t i f s de changemen t qui s ' ap p uien t sur une des cr ip t io n de la situati on sociolinguisti q ue de dépar t ,

~

i l est soutenu par une volonté pol i tique et des ressources adéquat es ,

-

- - -

---~

- · · l e s - 6 rgaru sm es a omm l sf t a f ifs - e f leS · · agen t ssoCÏau x · CfID d ë vr on t p articipe r a c t i v em e nt

-

-

au processus de changement p l anifié , l'assument p l e i nemen t .

A défaut de réunir tous ces éléments , il est difficile, se l on Cab ré (1 9 9 8 , p . 276 )

d ' entreprendre un processus de changement qui ait des chances de réussir. C ' e s t pourquoi nous

ass i stons , actuellement , à des échecs dans tous les secteu r s où l ' E tat a introduit l ' amazigh e , au s s i bien a u M aroc qu ' en Algérie.

Ces échecs persisteront

tant

que des obstacles

de nature juridique,

sociopolitique et idéologique ne sont pas levés.

psychique,

2. Les obstacles de la promotion de l'amazighe

a. Les obstacles juridiques

I l faut noter qu'en ve rtu de l'a ::- : :~ c : : :'::C : l e;-

:::;)fC:-::':':.:::':_ :r:3.::-J~~:"'~::-_; _~ S2:' .: ~:::XI:::_:

juridiques dont bénéficie , à présent, l'amazighe au Maroc sont le dahir royal portant création de l'IRCAM (2001), le discours du trône (2001) et le discours d'Ajdir de 2001 .

A part ces textes qui sont des initiatives proprement royales, aucune imnanve en la

matière n'est, à présent, enregistrée aussi bien du côté du parlement

gouvernement qui possèdent, selon la législation marocaine, le droit de promulguer des lois.

que de celui du

1 Ce qui explique «l'absence de mécanismes d'institutionnalisation , notamment le manque de textes d'application» 45 qui , normalement, doivent être promulgués par les départements ministériels concernés en réponse aux initiatives royales notamment le dahir royal portant création de l'IRCAM, afin d'exécuter les volontés du roi qui consistent à protéger et à promouvoir, entre autres, la langue et la culture amazighes.

Cette situation rend floue le devenir de l' amazighe au Maroc car justement le statut de

l ' amazighe et surtout ses fonctions sociale et politique ne sont pas clairement déterminées même dans le dahir d' Ajdir précité.

C'est pourquoi on assiste actuellement aux problèmes d'intégration de l ' amazighe dans

les écoles publiques . Aucune loi , par exemple , n ' oblige les professeurs, les directeurs d ' écoles , et même les délégués et les directeurs des académies d ' enseigner l'amazighe. Si, par exemple un lycée ou un collège manque d'un professeur de français et si par hasard, le choix est tombé sur

un licencier en français qui enseigne l' amazighe, ce dernier regagnera la nouvelle

son poste vacant, et ceci par la force de la loi qui introduit l'enseignement du français dans les institutions d'enseignement marocain .

tâche laissant

b. Les obstacles psychiques

Lorsque l'Etat marocain a décidé de promouvoir la langue et la culture amazighes , il n'a pas accompagné cette décision d'un ensemble de mesures qui visent le changement des comportements de nombreux Marocains et de leur vision négative envers l'amazighe.

Cette décision devrait normalement être accompagnée d'une mobilisation des mass-

médias afin de sensibiliser le peuple Marocain à l'intérêt et à l'importance de la promotion de

l ' amazighe dans tous les secteurs en organisant, pour cela , des tables rondes et des émissions

diverses pour corriger les idées que de nombreux Marocains

se sont fait (sous l ' effet des

- - --Vro - gramme- s - scoi - aires - et - des- programmes - télévisés -- en-tre -- au - tres - ) - des -- pepulat - ie- n - s - Amaz - ighes --et - de --- -

ia langue et la culture amazighes depuis bien longtemps .

Cette démarche

nous semble

très e f ficace

pour supprimer

tous

les obstac l es

psychologiques dont souffre la majorité des Marocains et qui entravent tout processus visant à promouvoir l' amazighe.

c. Les obstacles politico-idéologiques

De nombreux partis politiques et associations, mêmes ceux qui se décla r ent de temps à autre être les défenseurs de la langue et la culture amazighes, sont enco r e prisonniers de l'idéologie arabo-islamo-baâtiste .

Ces par tis e t associations c r oient encore à l' u nité arabe e t au d es t in c o mmun des Arab es, ce q u i bloque t ot a i ement t ou t e t e ntativ e d e l a pr omotion de la l angu e amazig h e , puisq u e C ê so n:

ces partis qui détiennent le pouvoir et donc ce sont eux qui orienten t l ' opinion publiq ue à l ' a i de des programmes et des lois.

Cette situation que vie l'amazighe au Maroc est pratiquement similaire à celle qu ' elle vit en Algérie. Si on ajoute à cela , les mauvaises relations politiques qui existent entre les deu x pays à cause du con f li t du Sahara, on se rend compte de l a dif f icu l té de prévoir tou t e sor t e de coopération entr e les deux pays y compr i s dans l e domaine de l a p lani f ication s t ra t é g ique de la langue amazighe.

En ef f et , aucune volonté politique n'est à présent expri mée tant au Maroc qu ' en Al gér i e , pour élaborer une planification linguistique commune entre les deux pays à court, à moye n ou à

long termes, et sur laquelle amazighe.

les spécialistes peuvent s'appuyer pour aménager la langue

Somme toute,

si cette situation persiste, elle aura, à notre avis, un impact négatif sur

l ' aménagement et la standardisation de la langue amazighe dans les deux pays et bien entendu sur le rapprochement des deux peuples.

Si aucune stratégie de travail n ' est prise à court, à moyen et à long termes par les acteurs amazighes notamment les chercheu r s un i versitai res et les institutions char gées de la promoti o n de l ' amazighe comme l'IRCAM au Maroc, le Haut Commissariat à l ' Amazighité en Algérie , entre autres , l ' amazighe sera réduit, dans les mei l leurs des cas à des langues locales n ' a y ant aucun avenir ni à long ni à moyen terme.

Ainsi, la langue amazighe s'éloigne

Amazighes qui militent pour une langue pan-amazighe.

beaucoup

des ambitions

de la majorité

des

3. plan d'action pour une langue amazighe unifiée et standardisée

Avant de présenter un plan d'action faisable et réalisable pour la promotion d ' une langue

amazighe que l'on pourrait qualifier un jour de pan-amazighe,

notamment

au ni v eau du

vocabulaire

spécialisé, il est judicieux

de faire un survol

du bi l an

de la production

terminologique

amazighe depuis sa naissance jusqu'à

ce jour, afin de mettre en e x ergue

l'ampleur

p r omotion de l ' amazighe.

du travail qui attend les chercheurs

amazighes et les institutions

chargées de la

--- --- -- - - - - - - -- -- - -- -

--- -- - - - -- --

.- --- - - -- - - --

3.1 . Etat des lieux de la terminolog i e amazighe

Lorsqu ' on cherche à établir l'état des lieux de la terminologie et de la néologie amazighe depuis leur naissance à ce jour , on distingue deux périodes essentielles:

~ La première période s'étend des années 1940 à ' 1995 :

La majorité des Amazighis a nts s ' accordent sur le fait que l ' amé n agemen t l ex ic al de

l ' amazighe est une affaire ancienne . Selon Chaker, «les premières initiatives ont porté sur le

vocabulaire sociopolitique et datent des années 1940-1945. », lors de l'occupation française en Algérie . Ce sont les militants Kabyles qui ont initié ce mouvement de créat i o n néologiq ue .

Au début de ce tt e épo qu e, l a . néoiogie pa r e mp ru n t, notammen t in t e r - diai ecta l , G c:::r

grand succès en Algérie.

::-.::.::]

Ensuite, à partir de 1970, la création néologique connaît de plus en plus de succès et de

l ' intérêt au sein des populations amazighes grâce à un besoin de communication

langue notamment dans le milieu associatif amazighe tant en Algérie qu'au Mar oc.

dans ce t te

En 19 7 5- 1 980 , l'Amawal élaboré en A lger par une équipe qui s ' es t cons t ituée au t our de Mammeri , est sans conteste , l'initiative la plus significative en matière de la création lexicale . Ensuite , de nombreux travau x ont vu le jour dans divers domaines spécialisés . On cite , p ar

exemple:

• En grammaire : Tajerrumt (1978) publié par Mouloud Mammeri (livre de gramma i re amazighe entièrement rédigé en amaz i ghe ) ;

• Architecture : lexique de l ' architecture, Abdessalam (1986) ~

• En mathématiques: lexique des mathématiques (1984) ;

• En géographie : lexique de géographie , Touati (1987) ;

• En informatique : lexique de l ' informatique Saad - Bouzefrane ( 1 991 ) ;

• En droit : lexique juridique , Adgherni et a l ii ( 1996) ;

• En éducation : le lexique de l'éducation , Boudris (1993) ;

• En électricité : vocabulaire de l'électr i cien (1995), etc.

Il faut noter que toutes ces initiatives sont caractérisées par ce qui suit:

Elles sont , au départ d ' origine Kabyle ;

Elles sont individuelles à l'exception

microgroupes comme le lexique des mathématiques (1984), et l'Amawal ( 1 9 78 ) ;

Elles sont faites en dehors de tout cadre institutionnel ~

E l les sont , le plus souven t , pr i ses en charge par des mi l itants qu i , t r è s s ou v e nt s o n t de s

de quelques unes qui se sont faites dans des

--- -.

ama t eurs non formés en linguis tique .

En outre , ces productions comportent, dans la majorité des cas , des cré a tions malformées

--- - t allt - ali - niveau - meFph0syntaK - i{!H€ -- qHe - phon€tique -- e t -- pOOnQl{)gique ~ - Ces - . néo l ogismes . - dénaturent

la langue. Ce sont donc des Il néologites Il 46 , pou r reprendre l' expression util isée par M ounin G . (1974 , X-X I ) pour décrire l'anarchie des néologismes.

46 Le suffixe " ite " signifie en médecine (pathologie) "maladie"

Malgré le caractère anar chique des produc ti ons né o l og i ques de cette p é r i ode - ce rt a i ns " néologismes ont été introduits dans le lexique amazighe sous la pression de la demande soc i ale , not a mme nt da ns l es milieux associatifs tan t a u M a roc qu 'en Alzéri e .

v

En outre , même si un jour on pourra i t qualifier cette période de «p réhistoi r e d e

l' aménagement du berb è re s' " , i l est judicieux de r e c on n a îtr e q u ' e ll e a un impac t posi ti f s ur l a

dy n ami q ue gl ob al e d e l a r e v endicat ion linguistique , c u lturel l e e t identitaire a ma zig h e au s s i bie n

a u M aro c q u ' en Al gérie .

~ La période qui s'étend de 1995 à ce jour.

Cette période est caractérisée par l ' institutionnalisation de l ' amazighe qui s e traduit par l a cré a tion du H aut commissariat à l' amazighité ( RC A) en Algérie en 199 5 e t par l a suit e l a

c réat i on de l'i ns titu t ro ya l d e l a c ult ure amazighe (I R C A M) a u M a r oc en 2 001 .

Dès le début de cette période , les travaux terminologiques et néologiques commencen t à

s ' or g anise r e t s e font de plus en plus dan s le cad r e un i ve r sitaire et à l' intérieure des ins t i t u tion s de recherch e . ' E n e f fet , de nombreuses publ i cations o n t commencé à voir l e jo ur et to u chen t tous

l es aspects de l a lan g ue et l a c u l t ure amazighes notammen t :

• En géologie : lexique de géologie, Said Kamal ( 2006) , publié par l'IRCAM ;

• En linguistique : lexique de la linguistique Français-Anglais- Tamaz i ght, Ber k ai A .

( 2007 );

• En g rammaire: v ocabulaire gramma t ical , IRCAM (2009 );

• Dans le doma i ne média t ique: vocabulaire des médias , IRCAM (2 0 0 9);

• En le xi qu e g énéral :

v ocabulaire d e l a l ang u e amazig h e , I RC AM ( 2 0 0 6);

L e x ique de l a l ang u e a m az i ghe, I R CAM ( 2009 ) .

Il faut noter que "le vocabulaire grammatical" , publié par l'IRCAM en 2009 , est un

l e cad r e de la coopéra t ion entre l'IRC A M e t l' I NA L CO . L ' éq ui pe d e

t rav ail qui . a été fa i t dans

recherche est composé de chercheurs Marocains e t Algériens .

En fai t , dans la si t uation act u e l le de l ' amazighe , le travai l en équipe et la coopéra t ion

i nterinstitut i onnelle dans l e domai ne de l a recherc h e en amaz ig he , notammen t dans la cr é at ion

l e x ical e , so n t nécessaire s e t recommandés pour él aborer une l angue ama zi ghe q ue l ' on po u rra qualifier dans l ' a v enir de pan-amaz i ghe , dans les pays de l'Afrique du Nor d.

3.2. Plan d ' action

Pour Chaker 48 en t r e autres , il e xi ste b e l e t bi en u n e stratég i e q u i po urra it gar an tir

l' u nif ic a t i on de l a lan g ue a m azi gh e da n s l es pa y s de l'A f r iq u e du N ord . Ce tt e stra té gie de travail

r e p ose sur un tr aV a I l conce rt e en ttel e s che r c h eur s d ec es p a y s afinû - O - et a biirci e s - m éth o n e s - - --

commune s e t de s procédés de cr éa ti o n c o mmuns .

47 Expression utilisé par Chaker S. (2009L " quelques réflexions généra l es sur l e travai l néolog i que dans le domai n e berbère: une décantation difficile mais nécessai r e", in Néologie et terminologie grammaticale amazighe, actes des journées d ' étude organisé par l'IRCAM- Rabat 2 7 -28juin 2005, p. 1 1 -19.

4 8 Chaker S. (2009) , " quelques réflexions générales sur le travail néologique dans l e domaine berbère: une décantation difficile mais nécessaire " , i n Néo l ogie et terminolog i e grammaticale amazigh e , actes des j ournées

d ' étude organisé par l ' IRCAM- Rabat 2 7 -28ju i n

2005, p. 1 1 -19 .

~/ .

-

Ainsi ; les intellectuels Amazighes seront-ils capables de réaliser ce que les po l iticiens ,' dans les deux pays , sont incapables de réaliser?

La réponse à cette question est oui. En effet, les chercheurs et universitaires «par leur autonomie relative d'action , par leur maîtrise des données et par leur cu l ture scientifique commune sont sans doute les seuls à pouvoir dépasser les clivages et les fr ontières . B i en sûr tout

n ' est pas s i mple e t i d yll i que dans la "rép u b liq ue d e s savan t s ", mai s l'e xi s t e nce d ' un lan gage commun et de capacités de distanciation par rapport à l ' objet leur permet plus facilem ent qu ' à

d ' autres une évaluation des prob l èmes, des choix et de leurs implications.» 4 9

La coopération et le travail concerté entre les différents acteurs amazighes aussi bien les individus que les institutions sont une donnée à exploiter et à encourager afin d'établir des lexiques communs dans les pays amazighs notamment les lexiques spécialisés .

L' aménagement le x ical peut et doit ê t re largement commun . On imagine mal ce qui pourr a it justifier l ' existence de terminologies distinctes pour la linguistique , les mathématiques et le s sciences juridiques en chleuh , rifain ou kabyle! Le stock des racines l exicales est un patrimoine commun à l'ensemble du domaine berbère , les procédures de formation du mo t , p a r dérivation et , plus marginalement, par composition , sont communes à l ' ensemble du domai n e. TI en va de même pour la synaptique(les syntagmes figés) et la néologie sémantique qui relèvent des potentialités intrinsèques de la langue (et de quasiment la langue d ' ailleurs).

Chaker S.5 0

Les problèmes relevant notamment

de la création

sémantique

comme

le cas

d ' incompatibilités sémantiques entre dialectes peuvent selon Chaker, être résolus .

Pour ce faire, Chaker ( op . Cit . ) , propose

aux chercheurs

un certain nombre

de

disposit i ons à prendre en compte pour chaque terme créé ou à créer :

• Faire une étude suffisamment précise avec vérification des év entuels usages prée x istants dans to u tes (ou du moins les principales) variantes de l'amazighe ;

• Privilégier toujours les racines les plus stables et les plus pan-berbères qui ont moins de probabilités de connaître des évolutions régionales erratiques ou fortes ;

• Privilégier les composés synaptiques , plus transparents et donc plus facilement recevables et moins sujets à la «dérive sémantique» .

Ainsi , ~our standardiser l' am a zighe à long terme au n i veau de Tamazgha ou l'Afr i que du No r d, Chaker 1, entre autres, propose une démarche convergente de la standardisation de la langue amazighe . Cette démarche doit :

• Partir des réalités e t des matériaux existants, sel on le principe de p rogressivité en commençant par les priorités pour répondre aux urgences. Dans ce cas un diagnostic très précis de la langue amazighe est nécessaire ;

-- -- - - - -- - .- --- ---~-- -- ----

- -- ----- -

-

-

• Adopte r le principe d ' expérimentat ion

de manière permanent

l ' adéquation des choix;

-

--- - - --- -- - - - -

afin de v éri f ier

49 Chaker S. (2009 ), "quelques réflexions générales sur le travail néologique dans le domaine berbère: une

décantation difficile mais nécessaire" , in Néologie et terminologie grammaticale am a zighe, actes des journées

d 'étude organisé par l 'IRCAM- Rabat 27-28juin 2005 , p. 11-19 . P. 16

5

0

.

 

Idem

49 . P . 1 7

51 Idem

5 0, P . 1 7

• Clarifier les objectifs notamment l'objectif. du pan-amazighe, · et- établir les procé d é s - de création néologique en amaz ighe de manière exhaustive .

• Etablir des ponts de coopération entre les institutions (IRCAM , RCA , INALCO

) e t

universités marocaines, algériennes entre autres, dans le cadre des attributions

assignées à ces institutions , afin d'é t ab l ir des travaux communs

t e r minologie e t en néo l ogie .

no t amment e n

Ce plan d ' action est faisable puisque

ce sont les universitaires

et les spé c ial i st e s d e

l'amazighe qui vont le mettre en œuvre grâce à l'autonomie scien t ifique dont ils béné f icient.

Conclusion

la sit u a t ion

sociolinguistique de l' amazighe et l'état des lieux de la production terminologique en amazighe

Dans

ce c h apitre,

nous

avons d ' abord

présenté

de façon

brè v e

1 tout en précisant les contraintes qui entravent la promotion de la langue amazighe.

Ensuite , nous avons montré que la terminologie amazighe a besoin d ' être orgamsee, sinon on s'attendrait dans une date très proche à une an a rchie terminologique , et donc à une ambiguïté qui caractériserait la communication entre spécialistes et entre tous les usagers de la terminologie des domaines de spécialité.

Ainsi ,

il est urgent

de réfléchir

à une comnussron

constituée

de chercheurs

et

universitaires comme celle proposée par Achab (1996), laquelle commission aura pour mission la normalisation terminelogique de notre langue entre autres.

se fait dans un

environnemen t caractérisé pa r une politique linguistique qui n ' est pas suffisammen t cl ai r e et

encourageante , nous avons essayé de dégager une stratégie de travail qu i garantira à l ' amazighe dans l ' avenir , son unité et son intégrité. Pour cela, nous nous sommes inspirés des idées

d ' éminents chercheurs Amazighes pour établir un plan de travail stratégique dont l'application est faisable.

Enfin,

et après avoir montré

que la promotion

de l' amazighe

: Chapitrè3: "·:·"·~'-

. Liste détaillée des procédés de création terminologique amazighe Avec des exemples deformations néologiques

Il faut noter que le vocabulaire scientifique est construit sur le même modèle q ue le

ab

V O Ca u , al, v

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du

lexique général est que le terme est caractérisé par la précision , la monosémie , l ' univoc ité, e tc . (voir chapitre2 . ).

même qu ' i l poursuit l e même but d'information , mais ce qui dis t ingue un terme d'une unité

1 . Création morphosyntaxique

Ce type de création de termes comprend les néologismes de forme et les néologismes de fonction.

1 . 1 . Dérivation

Nous distinguons avec Berkai 5 2 cinq types de dérivation en amazighe : la dérivation grammaticale, flexionnelle, expressive, affixale et la dérivation par analogie .

1 . 1 . 1 . La dérivation grammaticale

La dérivation grammaticale est un procédé de création qui consiste à combiner un lexème à un ou plusieurs morphèmes grammaticaux . Ce procédé comprend, d'après Berkai (2007) entre autres , la dérivation verbale Surune base verbale, la dérivation verbale sur une base nominale, la dérivation nominale sur une base verbale et la dérivation nominale sur une base nominale auxquelles nous ajoutons la dérivation sur une base autre que nominale et verbale.

1 . 1 . 1 . 1 .

la dérivation verbale sur une base verbale

La dérivation verbale sur une base verbale appelée aussi la dérivation d'orientation est un procédé de création qui consiste à préfixer un morphème à une base verbale pour exprimer des formes: factitive, passive, réflexive et réciproque.

1 . 1 . 1 . 1 . 1.

la forme factitive et la forme causative

La forme factitive (faire faire) et la forme causative (faire devenir) s ' obtiennent en préf ixant à une base verbale le morphème de transitivité :

• s-, lorsque la base verbale (radical verbal) commence par une consonne.

Exemples:

dus (être en bonne santé) -> sdus (mettre en bonne santé);

ffuy (sortir) -> sffuy ( faire sortir) .

. - ----

. - - - - - -- -. - . --

e

--.

sS- ï - lof'sflHe - la - l3ase - verbale · commence . par - u . ne~oy . eJle. - - - -

Exemples:

lzir (voir) -> sslzir (faire voir);

ar (vider) -> ssar (faire vider)

5 2 Berkai (2007, pp. 22-23)

TI es t à remarquer que:

• La préfix a t ion du morphème de transiti v i t é à une base verbale peu t don n er à l a forme v erbale obtenue un nouveau sens .

Ex e m p le:

~ r ( t ornb e -) - > s Q r ( pon dr e, p o u r u ne p ou l e )

• Le mo r phème "s" se réalise " Z " , "c " ou " j " par assimilat i on lo r sque le ra d i c al verbal de base comporte l ' une de ces trois consonnes .

Ex emples:

azzl ( cour ir) -> sazzl qui de v ien t : zazzl ( f aire c o ur i r) kcm (entrer) -> skcm qu i d ev i ent: ckcm (fa ir e en t rer ) Jgugl (pendre) -> sjgugl qui devient: jjgugel (faire pe n dre).

1 . 1 . 1 . 1 . 2.

L a f orme passive e t r é f léchie

Certa i ns linguistes'' pensent que seule la f orme passive existe en amazig he e t que pa r co ns équent la forme r éfléch i e n'existe pas dans ce t te langue . Cependant , d ' au t res lin g uiste s admetten t l ' e xis tence des deu x formes.

a. La forme passive

L a forme passive s'obtient par la préfix ation

p assif :

à une base verbale d'un morphème

du

• t ty - e t t tw- , p r é f i x é s aux v e r be s commençant , g éné r a l e m e nt pa r u n e voy e lle .

Ex e m ples :

a k . wr(voler) -> ttyakar (être volé) ; ara (écrire) -> ttyara (êt r e écr i t).

T outefo i s , tt w - peut être emp l o y é avec les verbes commençan t par une c o n so n ne t endu e so u s la forme t t w a- o u tt way - .

Ex emple s:

qqn (fe r me r , attache r) -> t twaqqn ou ttwayqqn (êt r e fe r mé, a t taché ) ; zzu (planter) -> t t wayzza ( ê t re planté ) ; ~ g (t r ai r e ) -> ttwazzg ( ê t re trait ).

• tt u - e t tt iw - , pré fixé s au x v e r be s qu i co m m encen t p a r une c o nsonne .

~ ~~m p l~~ _ :

.

.

b«;lu ( pa rt ager ) -> ttubd u ( ê t re partagé ) ; k r z (labourer ) -> ttiwkraz (être labouré ) .

En re v anche, ttu- peut être emplo y é avec des v erbes qu i commencent par une voy el l e av e c e f facemen t de ce t te voyel le .

5 3 Chake r ( 1983 , p. 136 ) cité pa r Barakate A. ( 2005 , p. 152 )

E x emples:

ini (dire) : ttunna, mais auss i ttwaynna

af (trouver) : ttufa

(être trouvé).

(être di t) ;

• mm- , m - qu i de v iennen t nn - , n- de v a nt l es l abia l e s ( m , f , b ) , p e uven t aussi ê tre

p réfix és au x ver be s tra n s itif s pour e x pr i m e r l e !JeSS::.

Ex emples :

rzm (ouvrir) -> nnurzm (être ouvert, s'ouvrir) ; gg-dm (renverser) -> nng-drn (être renversé, se renverser) ; tts (éparpiller, disperser) - > nfattas (être éparpillé, dispersé, se disperser).

1

I I e x is t e en amazighe des verbes d i ts réversibles ou symétr i ques ou e n core mixt e s. C e

sous le ur

t y pe de verbes n ' a pas besoin d'af f ixes pour avo i r la valeur du pass if . i l s s ' e m p l oient

forme simple sans complément d ' agent même si la forme préfixée du passif e x iste.

A ins i, le passi f du verbe mix t e est marqué morphologiquement par la marque de l'état

d ' annex ion du complément

l ' état d ' annexion.

Ex emples :

d ' objet de la forme active si ce dernier peut posséder l a f orme de

ir?Dargaz sg ufud (il a cassé l'homme au niveau du genou) : forme active . lrza urgaz sg ufud, mais aussi itturza urgaz sg ufud (l'homme s'est cassé au niveau du genou) : forme passive;

tqqn

tafunast (elle a attaché la vache) : forme active.

tqqn

tfunast ou ttwayqqn tfunast ( la vac h e a été at t achée) : forme passive.

b. La forme réfléchie ou pronominale

Pour certains linguistes, la forme ré f léchie s'obtient

à partir d ' un

schème par la

préfixation de l' un des préfixes n- ou m- qui deviennent parfois nn- ou mm-.

E x emples :

base v erbale gg - drn ( ren v erser ) nnd ( entoure r) dfs ( plier ) rzm (l ib ère r )

Forme réfléchie

ring-dm (se renverse r)

rnrnunnd (se tordre , s ' en t ortil l e r )

nndfs ( se p l ier)

n n u r zm ( se lib è r e r )

1 . 1 . 1 . 1 . 3.

L a forme réciproque

 

L

a f orme réciproque se rt à exprimer une action q u' écha n ge nt s i mult a n éme n t deu x ou

-

- -- --I J1 u s Ieurs

p arti c i pan ts en t re eu x. E lres ~ 6 i 5fi e ïlC eif préfiYâJ f Càuh e 1r a s e - v er bate - tes - p ré f i x e s - : - m , ; .- -

---

o u l' u n e d e s es var i ante s mm- et m y -.

Ex emp l es :

sqsa ( questionner ) -> msqsa (questionner mutuellement, se q ues t ionner ) ;

z r ( voir ) -> mmzr ( se voi r) ;

caw r ( concerter ) -> mcawar ( se concerte r ) ;

aws ( aide r ) -> myawas ( s ' ent r aide r) .

1

1

1 . 1 . 1 . 1 . 4.

Une forme

verbale

Les formes sur-dérivées

est dite sur-dérivée,

lorsqu'elle

dérivationnels de valeurs différentes.

Exemples:

combine plus i eurs préfixes

dd r ( vivre ) -> ttwasiddr (être fait vivre) ; ffy [ ser t i r ) - > ttwassuff v ( ê t re fa i t so r tir } ; ffy (sortir) -> mssuffy (se faire sortir réciproquement) ; kcm (entrer) -> ssemyakcam (faire entrer l'un dans l 'autre).

1 . 1 . 1 . 2. La dérivation verbale sur une base nominale

Ce type de dérivation est un procédé de création basé sur le changement de la catégorie grammaticale. On peut donc, classer ce procédé de création dans ce que Cabré entre autres , appelle la néologie de fonction.

Les e x emples les plus cités par les linguistes amazighs sont:

awal (parole) - > siwl ou sawl (parler); azrf (droit) -> szrf qui devient: zzrf(juger); argaz (homme) -> srgz qui devient zrgz(devenir homme).

Toutefois, nous pouvons citer des exemples que nous proposons ici, comme néonymes dans le domaine de la chimie :

ablkim (at-em . e - )- - > sblkm (atomiser); ayyun (ion) -> syyn (ioniser) agg-a ( charge) -> sagg-a (charger)

1 . 1 . 1 . 3. La dérivation nominale sur une base verbale

La dérivation nominale sur une base verbale comprend le nom d'actio n (n.a.), le nom

(n . inst. ) et le nom de lieu

d'agent (n . ag.), l'adjectif qualificatif (adj. q . ), le nom d'instrument

(n.1. )

1

. 1 . 1 . 3.1 .

Le nom d'action

Le nom d'action est obtenu par la préfixation de a-, U-, i-, mais également t

tu

, ti

Exemples

., à une base verbale (simple ou dérivée) .

rwi (remuer) -> arway (action de remuer) ; sblkm (atomiser) -> asblkam (atomisation); syyn (ioniser) - > asyyan (ionisation).

t , ta

,

- -- - -- -- L e - nOrfi - cra ~fion - p - e TI t

e x prtme r - une - - action - abstraite - ( nom - c t' a : ctior r v erbale - ( n : a . : V : -))- ou - - - - - -

concrète (nom déverbatif concre t (n.d . c . )).

La di stinc ti on entre le nom d ' action verbale et le nom déverbatif concret ne s e fait , souvent que s é mantiquernenr'" même si parfois, des jeux vocaliques ou consonantiques , peuvent ,

1

es istinguer

disti

55

.

Exemples:

• cas du lex i que généra l :

fr ç (c lô t urer ] -> a j rig « t ac h e l h i t ) ( clôt ur e ) e t afrag « t ac h e lnit ) ( a c t i o n G = ::':"~:.':-2;-; :

a lt e r nance vocalique;

rzzf « tachelhit) (aller en visite, visiter) -> tarzzif « tachelhit) (cadeau de vis i te) e t

arzzaf t : tachelhit) (le fait d'aller en visite): alternance du genre;

zdm (< tachelhit) (ramasser du bois) -> azddam

bo i s) et tazdmt (< tachelhit ) (fagot de bo i s, d'he r be, etc.) : alternance d u gen r e;

bu ! « tachelhit ) ( ur i ner) -> abzt j « tac h e l h it) ( acti on d'ur i ner ) e t ib z4an « tac h elhi t )

(l es urines) : alternance du p l uriel .

« tachelhit) (action de ramasser du

• Cas des néologismes terminologiques

Nom d ' action verbal

tuddist (composition) uddis (composé) Alternance du genre

tasuddmt (distillat) tabbaqqavt (explosif) tadrust (rareté) tafsayt (solution)

anssis ( liquide en petite quantité issu d ' un Alternance du genre fil t re naturel ou arti f iciel)

t a n ssist ( filtration )

asuddm (distillation) abbaqqav (explosion) tadrsi (réduction) afsay (dissolut