n° 1 36 - Mars 201 4

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VFD : les patrons se sont servis
Sommaire

Bulletin d'information de l'Union départementale des syndicats Force Ouvrière de l'Isère

Le tractage, pour informer p. 3

Ras-le-bol des salariés p. 6 et 7

Olivier Granier : " Réveillez-vous !" p. 1 2

Directeur de publication : Jean-Pierre Gilquin - commission paritaire : 071 6 S 05801 ISSN 0338-5701 - Impression : Imprimerie Notre Dame - Montbonnot UD FO Isère - bourse du travail - 32 avenue de l'Europe - 38030 Grenoble cedex 02 - tél. 04 76 09 76 36 - fax 04 76 22 42 55 - courriel : udfo.38@laposte.net Prix le numéro : 0.80 € - Abonnement 1 an : 3,20 €

E d it o ri a l
Rapport de force et négociation !

Isère

La Cour des Comptes a audité les VFD (Voies ferrées du Dauphiné), au statut de SEM (société d’économie mixte) et son rapport, rendu voici peu de mois, a de quoi énerver les salariés. Les effectifs ont aujourd’hui fondu : 603 personnes en janvier 2012, 480 aujourd’hui. L’entreprise est dans le rouge et si le retour à l’équilibre est programmé pour 2015, les contribuables et les salariés auront grandement participé au maintien de l’entreprise. Ce qui n’est pas le cas de ses dirigeants. Le rapport décrit l’entrée au capital de Keolis, filiale de la SNCF, qui a engrangé des dividendes sans apporter le soutien que l’entreprise était en droit d’attendre. Daniel Combet, délégué syndical FO, relève que Keolis a empoché 250 000 € de dividendes par an, en 4 ans, alors que leur apport au capital n’avait été que de 750 000 €. Ajoutez plus de 350 000 € par an pour une assistance technique quasi-inexistante et pointée par la Cour des Comptes.

VFD : dividendes et parachute doré...

concédés aux dirigeants d’alors. Exemple : une directrice dont il est peu d’écrire que les résultats obtenus sous sa gouvernance ont été désastreux et dont le départ a coûté 450  000 € à l’entreprise ! On dénonce les maigres avantages accordés aux salariés, mais la direction n’a pas dénoncé, ni tenté d’annuler ce parachute doré, pas plus que l’actionnaire principal censé représenter l’intérêt général, le conseil général, n’a trouvé… bizarre de donner tant d’argent à Kéolis.

La manifestation du 18 mars a été un succès : 5000 manifestants en Isère contre le Pacte dit de responsabilité. Salariés du public et du privé, ensemble, ont rappelé leurs revendications. Marc Blondel, mort quelques jours plus tôt, aurait été fier de notre capacité à lancer un tel mouvement et à l’imposer comme un acte majeur d’opposition à la politique libérale assumée par ce gouvernement. Un gouvernement qui planche pour organiser 50 milliards de coupes budgétaires dans les trois ans, soit une cure d’austérité sans précédent. Au-delà des blocages de salaires (cinquième année dans la Fonction publique) et de très faibles revalorisations des salaires dans le privé, notre protection sociale sera mise en coupe réglée. On parle de 25 milliards d’euros de baisse des prestations. Du jamais vu depuis la création de la Sécurité sociale. Les 180 000 agents sont excédés par la baisse des moyens de fonctionnement (CPAM/ Caf / Carsat/ Urssaf). Tout cela pour financer les 10 milliards du Pacte de responsabilité qui, nous l’avons rappelé le 18 mars, ne créera pas le moindre emploi. Car les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien les croire. Force Ouvrière n’est pas de ceux-là. Nous persistons à penser, comme les rebelles que Marc Blondel nous exhortait à être, que c’est bien par le rapport de force et la négociation que nous obtiendrons satisfaction à nos revendications. Jean-Pierre Gilquin, Secrétaire général.

Les salariés résistent et négocient
Toutes les 3 semaines, réunion pour négocier puisque les accords ont été dénoncés par la direction. "Etrangement, on n’entend quasiment pas la CGT, majoritaire (60 % aux dernières élections professionnelles). Nous avons une sorte d’alliance avec la CFTC et nous rendons régulièrement compte aux salariés", explique Daniel Combet, délégué FO. Il poursuit : "Au mépris de la réalité, une partie de la presse explique que nous bénéficions d’avantages exhorbitants. Nous démontrons, après enquête auprès des autres entreprises de transport du département, que nos conditions de travail et de rémunération sont dans la moyenne". Ce que veulent les salariés ? Le maintien de leur sixième semaine de congés et une série de mesures d’organisation du travail, notamment la fin de l’annualisation du temps de travail. Que se passera-t-il une fois achevé le round de négociation chez VFD ? "FO est bien présente dans les entreprises de transport de l’Isère. Cette question de la sixième semaine de congé va prendre de l’ampleur !"

La direction a dénoncé tous les accords
Mais la Cour des Comptes a aussi reproché à la direction de ne pas avoir su "réduire les avantages particuliers liés au statut" des salariés. Résultat de cette recommandation ? La direction vient de dénoncer tous les ac-cords collectifs, pour tenter de réduire encore les coûts d’exploitation, en fragilisant encore plus les salariés. On pourrait presque écrire que c’est le lot de nombreuses entreprises, sauf que chez VFD, le rapporteur relève aussi la pratique de salaires et de parachutes indemnitaires

Daniel Combet, délégué syndical aux VFD.

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La question

Afficher et tracter en entreprise
Une des armes principales des équipes syndicales, est l’information des salariés. Quelques rappels pour pouvoir agir efficacement et sereinement. L’affichage des communications syndicales s’effectue librement dans l’entreprise sur des panneaux mis à disposition de l’employeur. Ces panneaux doivent être différents pour chaque organisation syndicale, et doivent aussi être différents des panneaux réservés aux communications des délégués du personnel et du comité d’entreprise. Le contenu des affiches est libre, mais doit rester de nature syndicale et respecter les dispositions relatives à la presse, sans jamais être injurieux ou diffamatoire. Cela tombe bien puisque ces pratiques disqualifient d’abord celui qui les met en œuvre. Tout peut être écrit sans injure ni grossièreté. L’emplacement, tout comme la taille des panneaux, doivent être négociés ; ils doivent être facilement accessibles et toute obstruction de l’employeur peut être sanctionnée. La diffusion de tracts syndicaux peut avoir lieu soit dans l’entreprise (le choix appartient à la section syndicale), soit aux horaires d’entrée et de sortie du travail. Ainsi dit la loi. On peut aussi aller dire bonjour aux collègues quand on veut ! Dans les deux cas, tout comme pour l’affichage, il faut remettre un exemplaire au préalable à l’employeur, qui n’a pas le droit de modifier le document. Voilà pour le principe ! En pratique, cela lui évite de fantasmer. En plus, c’est toujours une manière intéressante de lui faire passer des messages. Enfin, depuis une jurisprudence récente qui l’a réaffirmé encore récemment, il est toujours possible de tracter sur la voie publique.

Un guide pour les cadres
FO cadres vient d’éditer une brochure très utile pour les cadres. Clause de non-concurrence ou d’objectifs, le plan d’épargne entreprise, le temps de trajet, les heures supplémentaires, les régimes de retraite complémentaire… et toutes les autres questions sont abordées. Des explications denses, claires… Indispensable et disponible, demandez-le à l’Union départementale :

04 76 09 76 36. ou : udfo.38@laposte.net.
Elections dans les HLM
Fin 2014 auront lieu les élections des représentants des locataires dans les HLM (habitations à loyer modéré), ou locataires de bailleurs sociaux. L’Afoc (Association FO consommateurs) recherche des candidats, locataires HLM. Ce scrutin constitue un enjeu majeur pour la représentativité dans un contexte où le logement est en crise. Vous connaissez des locataires dans ce secteur, prenez contact avec l’AFOC 38 : 04 76 09 97 76 ou transmettez leurs coordonnées, l’Afoc prendra contact avec eux.

En résumé…
• Les publications et tracts de nature syndicale peuvent être librement diffusés aux salariés de l’entreprise (Code du travail art. L. 2142-4). • L’affichage des communications syndicales s’effectue librement sur des panneaux réservés exclusivement à cet usage (Code du travail art. L. 2142-3). • Le contenu des affiches est encadré par les articles L 2131-1 et L 2142-5.

Quelle forme pour la réforme de la santé au travail
Loi : 21/7/2011, décrets : 30/1/2012. Enjeu majeur pour la politique sanitaire et sociale ainsi que pour la compétitivité des entreprises, cette réforme vise à répondre à une attente des salariés face à des risques professionnels et des formes d’organisation ou de production nouveaux. Implication renforcée des partenaires sociaux dans la gouvernance des services de santé au travail. La Mission exclusive consistant à éviter toute altération de la santé des salariés du fait de leur travail est confiée au service de santé qui conduit des actions de 2 types : - actions de prévention, correction ou amélioration des conditions de travail collectives ou individuelles. - suivi individuel de l’état de santé du salarié et mise en place des entretiens infirmiers et des actions pluridisciplinaires. Le contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens, l’agrément et le projet pluriannuel de service sont des leviers d’action pour le pilotage de la politique de santé au travail régionale. Quelle évolution pour l’emploi dans les services de santé au travail ? En dépit de la pénurie importante dont souffre cette spécialité de médecine du travail depuis plusieurs années, l’emploi dans les services de santé se développe au bénéfice de nouveaux métiers chargés de la prévention des risques professionnels ainsi que par l’embauche d’infirmiers pour lesquels des formations en santé au travail sont prévues.

CEPL : risque de fermeture du site de La Tour-du-Pin
Le groupe ID Logistics a racheté en juillet dernier l’entreprise CEPL spécialisée dans le picking, dont l'activité est en grande partie liée aux commandes par internet. Une unité est basée à la-Tour-du-Pin. Les 125 salariés, dont beaucoup sont dans la cinquantaine, ne sont pour le moins pas très rassurés. En effet, ils constatent que nombre de leurs collègues optent pour une rupture conventionnelle plutôt que de risquer d’être mutés à Saint-Quentin-Fallavier ou Satolas. Ils ne sont pas remplacés et le surcroît de travail est important pour ceux qui restent. La perspective de la direction, en fait, semble être une fermeture du site de LaTour-du-Pin. Fermeture contre laquelle le syndicat FO a déjà engagé la bataille.

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Isère

La FGTA, proche des syndicats de base
Il a indiqué qu'il souhaitait que sa fédération soit plus proche des militants et qu'il ne resterait pas à Paris, mais ferait des visites de terrain régulièrement. La priorité sera donnée aux syndicats de base et la fédération met à disposition tous des moyens de communication : impression de tracts et d'affiches. Ce nouveau service permettra d'alléger leurs tâches et d'avoir des slogans plus percutants.
Dejean Terglav, secrétaire de la Fédération générale de l'agriculture...

Hôpital de Bourgoin : première victoire
Des conditions de travail très difficiles au service des urgences de l’hôpital de Bourgoin, plusieurs agressions en 2013 (voir site FO : http://www.fo38.fr/?q=node&page=3) et des inspectrices de l’ARS (agence régionale de santé) Rhône-Alpes qui viennent enquêter sur place… cela produit un rapport de 86 pages ! Au cours de l’enquête les inspectrices ont tenu à recevoir les représentants du personnel. FO, seule organisation à revendiquer, argumenter avec documents à l’appui, a dénoncé les dysfonctionnements des services, le management et la discrimination subie par FO. Le rapport a invité la direction à respecter l’organisation syndicale. Cela a permis aussi d’accélérer les actions d’amélioration des conditions de travail pour les agents des urgences. Est-ce un hasard ? Le directeur part en juillet 2014. Mais tout n’est pas réglé, il reste encore le problème des effectifs…

Le 11 février Dejan Terglav, le nouveau secrétaire de la Fédération générale de l'Agriculture et de l'alimentation (FGTA) était dans notre département pour rencontrer les syndicats locaux. Le matin à Grenoble et l'après-midi à l'Isled'Abeau, il a échangé avec les salariés de Carrefour, Dia, Eurest, Sodexo, etc. Les salariés lui ont rappelé les revendications sur les questions des salaires, de l'emploi, de la précarité et des amplitudes d’ouvertures des magasins (nocturnes/ dimanches/ jours fériés).

Sofyane Zayani et Jean-Charles Gauvin.

Martine Jarry.

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Isère

Mardi 18 mars, 5 000 manifestants dans l'Isère ont clamé leur opposition au pacte de responsa manifestations a été rejoint par la CGT, la FSU et Solidaires. Ce pacte de responsabilité fait déb sociale pour les salariés. Salaires qui n'augmentent plus, gel dans la fonction publique, attaque Le ras-le-bol !

18 mars, le ras-le-bol
Isabelle et Hervé
Hôpital de Voiron

La mobilisation c'est difficile chez nous, car on est systématiquement On est là parce que se soigner va assignés, on doit donc quand même devenir compliqué en France pour travailler et le mouvement ne se voit les plus pauvres. pas. Il y a un exemple très simple sur le financement de la protection sociale  : le budget des hôpitaux est actuellement déficitaire d'un milliard d'euros. Avec le pacte de responsabilité et l'austérité annoncée c'est 5 milliards d'euros en moins pour le budget des hôpitaux. On va faire comment ? C'est dingue que les gens ne se mobilisent pas plus car la santé ça touche 100 % de la population ! Que faire après le 18 mars ? A l'hôpital, on sort d'une action qui a duré un an, car on est menacés par les restructurations. C'est dur de relancer la mobilisation après ça.

Françoise et Dominique

Sami et Enné Jean Noël
Semitag

Carrefour Meylan
On est venues parce qu'on est contre ce pacte qui a été signé par la CFDT, la CFECGC et la CFTC et qui brade le peu qui nous reste. Mais je pense qu'on n'est pas assez nombreux ! C'est difficile de mobiliser. Je prends l'exemple chez nous où on a obtenu un demi mois de salaire supplémentaire, ce qui est bien. Malgré tout, les salariés n'ont pas compris que ça vaut le coup de se battre et de se mobiliser.

Telem
Toujours tout pour les mêmes. C’est comme dans mon travail : on m’a donné plus de responsabilités en me faisant des promesses. Après, plus rien ! Le patron a tourné les choses à son avantage. Je ne signerai pas l’avenant à mon contrat. Ma femme est au chômage depuis 1an 1/2. Peutêtre a-t-elle trouvé quelque chose mais rien de sûr. Nous avons un petit garçon et les fins de mois sont difficiles. Cela fait peur.

On est là pour nos salaires, on acquis. Après les VFD, c'est Semitag qui est attaquée. En ve qu'on existe. Ce qu'il faudrait, c'e se limiter à une manifestation.

La révolution ? Ce qui est sûr sont décidées en haut et qu consulte. Et ça ça ne passe pas. On est quand même tous respo se passe actuellement.

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ponsabilité. Lancé par FO lors de la journée du 29 janvier 2014, l'appel à la grève et aux t déborder la coupe, déjà bien pleine des cadeaux incessants aux patrons et de la régression taques sur les conquis et démembrement du service public et de la protection sociale...

Vanessa
Caf Isère
Nous sommes contre le pacte de responsabilité qui vise à réduire des cotisations familiales. A la Caf (Caisse d’allocations familiales), on nous parle depuis des années de restrictions budgétaires parce qu’il n’y a plus d’argent. Aucune preuve que, derrière cela, le patronat est prêt à embaucher ou à faire quoi que ce soit ; il a déjà obtenu des allègements de cotisations mais il n’a pas embauché pour autant. Ce sera comme d’habitude. Il faudrait plus médiatiser, informer encore plus les gens, leur expliquer que leur Sécurité sociale est en danger ; que tôt ou tard il n’y en aura plus ! Tout est en danger.

Catherine

DDT (direction départementale du territoire)
La baisse des effectifs, le gel des salaires… trop c’est trop. On est totalement contre ce cadeau fait aux entreprises au détriment de ceux qui travaillent. Trop de contrats à durée déterminée, trop de petits boulots ! Là, c’est encore aider les entreprises à employer les gens sur des courtes durées. La précarité s’installe et on appauvrit notre jeunesse. Tout le monde devrait se sentir concerné par cet appel mais il y a trop de résignation chez les gens, c’est dommage !

res, on veut garder nos , c'est maintenant la e. En venant, on montre rait, c'est pas seulement tion.

est sûr c'est les choses et qu'après on nous e pas. s responsable de ce qui

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Débrayage chez Schneider

DDT : à quand l'inversion de la courbe ?...
La Direction départementale des territoires (DDT) regroupe les anciennes directions départementales de l'Equipement, de l'agriculture et de la forêt et le service environnement de la préfecture. Depuis 1982 et les premières lois de décentralisation, les tâches attribuées à ces organismes ne cessent d'être transférées et les effectifs fondent ; avec des conséquences non négligeables. Ainsi, le Conseil général sous-traite l'entretien des routes à des sociétés privées sous contrats, ce qui engendre évidemment des surcoûts. Les services s'occupaient aussi de l’ingénierie publique et de la maîtrise d’œuvre. Les services étaient rendus par des agents neutres mais soucieux du bien commun. Et qui, surtout, vérifiaient la qualité du travail effectué ! Mais sacrilège que d'embêter les patrons ! On se retrouve souvent avec des travaux qui n'en finissent pas et un manque de coordination qui engendre des coûts faramineux. Le déneigement est aussi sous-traité à des entreprises n'ayant que la rentabilité en tête, avec des contrats de date à date. Fini les agriculteurs locaux disponibles et connaissant les lieux ! Depuis leur création en 2010, le nombre de salariés de la DDT est passé de 1300 à 400.

Isère

Au centre Denis Bouchard, délégué FO.

Les négociations annuelles obligatoires (sur les salaires) ont commencé chez Schneider, l’un des plus gros employeurs de l’agglomération grenobloise. La proposition de la direction : pas d’augmentation générale ; seulement des augmentations individuelles plafonnées à 1 %. L’intersyndicale FO-CFDT-CGC a appelé à un débrayage lundi 24 février. A l’heure où nous écrivions les négociations se poursuivaient.

Régie de quartier de la Villeneuve
Les salariés de la Régie de quartier de la Villeneuve (Grenoble) ont élu deux de leurs collègues, candidats sous le sigle FO dans le cadre de la délégation unique du personnel. C’est la première fois que FO était présent. La CGT a également obtenu deux sièges et la CFDT un.

Alain Lazarelli, chargé d'aménagement à la DDT.

Crolles

8 mars journée de la femme

FO chez STMicroelectronics
membre du CHSCT (comité d’hygiène, sécurité et conditions de travail), à la base sans étiquette. Et puis un délégué de la CFDT est venu me rencontrer, d’où mon affiliation à ce moment là à cette organisation".
Pourquoi as-tu décidé de rejoindre FO ?

Vizille, Grenoble, Voiron et Vienne… Des militants FO étaient sur les marchés et en centre ville, samedi 8 mars, pour distribuer une carte postale rappelant que, en matière de progrès social, les femmes ont été et sont toujours en première ligne. La carte rappelait l’engagement de Lucie Baud, syndicaliste qui a créé, au début du 20ème siècle, le syndicat des ouvrières de la soie à Vizille avant de s’engager dans la grande grève de 1906 à Voiron. Elle donnait aussi les coordonnées de l’Union départementale. Parce que le combat pour l’égalité professionnelle est toujours d’actualité.

Cela fait 12 ans que Farid Bouhout travaille sur le site de ST Microélectronics à Crolles en tant que technicien d’opération en maintenance. Il a récemment décidé d’être désigné représentant de section syndicale afin de pouvoir présenter une liste FO aux prochaines élections.
Es-tu novice dans la fonction de représentant du personnel ?

"J’ai exercé mon premier mandat en tant que

"Les dernières élections professionnelles ont eu lieu en décembre dernier et cela fait quelque temps que je ne me sens pas vraiment à ma place à la CFDT. Je ne la trouve pas assez revendicatrice ! J’adhère complètement au slogan FO est le syndicat de la fiche de paie. Je me reconnais dans cette revendication".
Que souhaites-tu apporter avec l’implantation de FO dans l’entreprise ?

Farid Bouhout.

"Sans prétention, je souhaite un nouveau souffle syndical dans l’entreprise : fédérer, proposer et revendiquer, éviter que les salariés s’isolent. Je tiens beaucoup à l’amélioration des conditions de travail. En résumé, du vrai syndicalisme".

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Yves Zarb, une énergie inépuisable
Yves Zarb ? Vous le connaissez, Il s'occupe de la logistique à l'Union départementale(UD) FO. Après les manifs vous pouvez vous restaurer, discuter entre copains devant la tente de l'UD. C'est lui, avec son équipe, qui sert les merguez, les boissons. Bientôt en retraite, cet hyper-actif a su s'occuper de son syndicat à GEG (Gaz électricité de Grenoble, 450 salariés) et assurer la relève. Adhérent depuis 32 ans, Il est entré au bureau de son syndicat en 1988. Depuis, il a construit ! Le couronnement de cet acharnement, de ce travail, sont les résultats aux élections professionnelles de 2010 : de 18 %, le syndicat FO est passé à 28 % puis, fin 2013, à 32 %. C'était l'un de ses objectifs. "Progression due à une équipe de jeunes, la relève", commente-t-il. Durant tout ce temps il a tenu sa place au sein de sa fédération en étant un des leaders des ENN (entreprises non nationalisées). Cette dernière a d’ailleurs salué cet investissement de terrain en lui décernant, récemment, une médaille jusqu'à présent réservée

Grenoble

Discrimination chez Morin

aux seuls responsables fédéraux. Fier de cet honneur, Yves. "Que du bonheur !" s'exclame t'il, "C'est la première fois que cette médaille est remise à un homme de terrain". Il a souhaité la dédier à Alain Sanchez, ancien secrétaire de FO GEG, qui lui a tout appris. "Sans lui je ne serais pas arrivé à ce niveau". "Francis Pourchi (voir Alpes FO de décembre 2012) m'a apporté une aide précieuse, ainsi que mon équipe syndicale. Tous comptent pour moi".
Benjamin Rubin-Delanchy, un des camarades discriminé.

Voici des mois que trois élus FO sont placardisés : aucune tâche à réaliser et, dernièrement, non-paiement des heures de délégation pour le CHSCT. La pression sur ces militants a débuté dès la création du syndicat voici trois ans. Elle s’est accentuée au fur-et-à-mesure de sa construction, de la montée en puissance de son action de défense des droits des salariés. D’abord entreprise familiale, Morin Logistique appartient aujourd’hui majoritairement à La Poste via l’une de ses filiales. La direction précédente est restée en place lors de ce rachat. L’Union départementale a missionné un avocat pour défendre ces élus FO.

Vincent Hernandez, Secrétaire général de la Fédération énergies mines, et Yves Zarb.

Plus d’infos sur www.fo38.fr

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Transport urbain et interurbain

En retraite et toujours dans la lutte !
Au niveau national, les retraités FO sont réunis au sein de l'Union confédérale des retraités (UCR-FO). Le secrétaire général en est Philippe Pihet. Dans chaque département l'Union départementale des retraités FO prend le relais. L'UDR FO 38 fonctionne avec une équipe solide qui s'est constituée progressivement. Elle s'occupe de la communication syndicale avec les adhérents et avec l'UCR. Elle s’occupe aussi du suivi des demandes des adhérents et de la vie locale (accueil, décès…). Si la communication électronique se développe, la voie postale reste la forme de diffusion principale. Les adhérents ont toujours une carte FO : 32€ et incluant l'adhésion à l'Afoc. Gladys Blache insiste : "C'est une cotisation parmi les plus basses". Par ailleurs l'Afoc et l'UDR
L'UDR en assemblée générale à la Bourse du travail.

Isère

Les représentants du personnel des entreprises iséroises de transport urbain et interurbain ont fait le point, jeudi 13 mars à Grenoble. Fernando Martins, délégué syndical à la SEMITAG, en charge du dialogue social pour la fédération des Transports a animé la réunion. Après échange des participants, un point a été fait sur les problème rencontrés, marchés, appels d'offre, conventions collectives.

se connaissent bien. Toujours syndicalistes, les adhérents de l'UDR sont au rendez-vous des manifestations, comités généraux, des actions spécifiques réalisées par les intersyndicales de retraités. Certains sont aussi conseillers du salarié. Des permanences sont assurées à l'UD et dans les UL. Bernard Gehring conclut : "Il faut dire aux militants FO qu'il y a une vie chez les retraités FO après la vie active. Avant de déprimer, rejoignez-nous ! La lutte continue  !".
Coordonnées :

USM
L’Union des syndicats de la métallurgie FO (Isère et HautesAlpes) a obtenu, après de rudes négociations salariales, une augmentation de 1,2 % des rémunérations minimales pour l’ensemble des métallos.

Voir sur : http://www.fo38.fr/

Stage CE
Un stage pour les élus des comités d’entreprise est organisé du 7 au 11 avril à Grenoble. Il permettra aux participants de découvrir ou de mieux connaitre les attributions et les pouvoirs des comités d’entreprise.

.lors de la manifestation de septembre 2013, pour défendre leur pouvoir d'achat.

Bernard Gehring, président, b.gehring@bbox.fr, 06 76 75 35 26. Gladys Blache, secrétaire, blachegladys@neuf.fr, 06 21 51 25 30 Permanences à l'UD le mercredi 14h-17h.

Inscription au 04 76 09 76 36.
Soïtec

Guy Curtil 84 ans, toujours militant
Militant de la première heure, Guy Curtil à travaillé et milité toute sa vie active chez Merlin-Gerin. Il est à l'origine du combat des retraités FO en Isère. A 84 ans, il est président d'honneur et trésorier de l'UDR-FO 38. En dépit de ses problèmes de santé, Guy est toujours en action au sein de l'UDR. Il a transmis ses valeurs et sa motivation à l'équipe actuelle. Celle-ci est fière d'approfondir le sillon qu'il a tracé. L'UDR étant aussi un lieu de convivialité, le bureau à eu l'occasion de fêter la nouvelle année chez Guy.

L’entreprise a programmé la suppression de 90 emplois, soit 9 % de l’effectif. FO s’est battu pour qu’une phase de départs volontaires précède les licenciements secs. Début mars, 60 départs volontaires étaient initiés. Les projets de ces partants vont de la création d’entreprise à une embauche ailleurs. La mise à disposition dans une autre entreprise est aussi possible. Le syndicat FO travaille au cas par cas.

Assis : Guy Curtil à gauche, Roger Millier à droite, deux vétérans à l'origine de l'Association des retraités et de l'UDR.

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Olivier Granier

"Il faut bien des gens pour gueuler un peu : Réveillez-vous !"
Des copains au volley, un passé de compétiteur, catégorie ski de vitesse, une famille dont deux enfants en bas âge et un petit souci : "A La Poste, ils m’ont dit que j’en étais au dixième contrat et ils ne veulent plus m’en faire. On verra bien ce que je deviendrai au printemps". Peut-être ne redeviendra-t-il pas facteur, Olivier Granier. Mais il sera toujours syndiqué FO l’été venu. L’adhésion, annuelle, ne fond pas avec la neige et son engagement syndical, récent, durera. Pourquoi se syndiquer ? "L’envie de se battre. On passe tout de même un tiers de sa vie dans l’entreprise. Avant, je pensais que c’était la politique qui changeait vraiment les choses. Mais le monde a évolué. De plus en plus, les financiers tirent les ficelles, pas les politiques ! De l’intérieur, on voit mieux comment cela se passe. Alors il faut bien des gens pour gueuler un peu : réveillezvous ; on va tous perdre nos emplois !"

FO dans tout cela ? "J’aimais bien entendre Blondel. J’aime bien ce que dit Mailly. La CFDT est trop pro-patronale ; la CGT parfois trop jusqu’au-boutiste". FO donc… avec une liste pour les élections professionnelles dans les remontées mécaniques des sept-Laux, en février dernier. Voilà bien longtemps que FO n’avait pas été présente dans le premier collège. "On a fait courir le bruit que nous étions propulsés par la direction ! Je dis plutôt qu’en 15 saisons, je n’ai pas vu un gars d’un syndicat venir me donner des infos ou me demander mon avis ! Nous avons eu 22 voix (ndlr. sur un effectif d’une centaine de personnes) et pas d’élus. Cela ne va pas nous empêcher de faire le boulot, d’informer et de défendre les collègues. Je vais faire le tour des cabanes (ndlr. en bout des remontées mécaniques). A une centaine, on devrait avoir des idées !".

De l’entraînement et de l’obstination
Lui qui voulait (se) "syndiquer depuis longtemps" l’a fait auprès du syndicat de La Poste. Mais c’est à la société des remontées mécaniques des Sept-Laux où il travaille l’hiver qu’il a pris des responsabilités syndicales.

Mais aussi, de l'engagement, des idées...
Côté engagement, cet homme-là a de l’entraînement, il est vrai. "Petit, j’ai fait plein de manif’ avec mes parents". Plus grand, il a manifesté contre le grignotage du système de la retraite. "Jamais vu autant de monde et cela n’a rien changé. Tout le monde s’est fait avoir. Hollande continue. C’est fou !".

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