Ali Bongo à Bruxelles au sommet UE-Afrique : enjeux et thématiques

Publié par Désiré-Clitandre Dzonteu dans À LA UNE, POLITIQUE sur mercredi 02 avril 2014 à 4:22 / 0 commentaires

Depuis plusieurs jours la capitale de l’Europe, Bruxelles, est en ébullition. Motif : le sommet Union européenne (UE)–Afrique qui s’ouvre ce mercredi 2 avril 2014, en présence d’au moins 92 délégations et plus de 80 chefs d’Etats et de gouvernements, parmi lesquels le président gabonais Ali Bongo Ondimba. Le thème : «investir dans la personne pour la prospérité et pour la paix».

© euradionantes.eu

La capitale belge vit depuis quelques jours au rythme des ballets de limousines et autres berlines de luxe qui vont et viennent des aéroports aux hôtels et vice et versa en vue de transporter les officiels, observateurs internationaux et autres journalistes accrédités à cet événement d’envergure entre les deux continents. Un sommet qui fera la point de l’évolution des relations entre l’UE et l’Afrique ces dernières années, mais qui mettra aussi en lumière les résultats que le partenariat continent à continent a permis d’obtenir. Il s’agira également de définir la coopération entre les deux entités pour les années à venir. Les sujets abordés au cours de ce sommet de deux jours – 2 et 3 avril 2014- s’articulent autour des problématiques de l’éducation et de la formation ; des femmes et des jeunes ; des flux migratoire (légaux et illégaux) entre les deux continent, au regard de ce qui se passe aux frontières entre le Maroc et l’Espagne ; de l’investissement en faveur de la paix ; des moyens de stimuler la croissance et de créer l’emploi, ainsi que des différentes manières de renforcer l’aide apportée par l’UE afin de développer les capacités dont dispose le continent africain pour gérer la sécurité sur son territoire. Le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, déjà à Bruxelles, devrait prendre la parole lors de ces rencontres de haut niveau. Son calendrier de travail prévoit en effet que le chef de l’Etat rencontre, tour à tour, les responsables européens ainsi que le roi belge, Philippe Léopold Louis Marie. Il fera un détour à l’assemblée nationale de Belgique où, au-delà de l’échange avec le président du parlement, André Flahaut, il signera le livre d’or. RCA : la patate chaude En ces circonstances, la question du raffermissement des relations avec la Belgique, mais aussi avec les autres pays de l’Union Européenne et les investisseurs de cette zone économique, sera au centre des préoccupations du chef d l’Etat qui multiplie les actions et rencontres dans cette optique. Le point d’orgue de la présence européenne du président gabonais sera la très attendue rencontre, à huis clos, sur la crise en République centrafricaine (RCA) à laquelle va participer le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon. Un conciliabule qui donnera l’opportunité aux communautés africaine et européenne, réunies, de rechercher les voies et moyens de sortir définitivement ce

pays de l’Afrique équatoriale de la crise qui le secoue depuis plusieurs mois. Et là encore, en tant que premier responsable d’un pays de la sous-région abritant la RCA et président de la Communauté économique de l’Afrique centrale (Cemac), le chef de l’Etat gabonais, devrait nécessairement jouer un rôle déterminant lors de cette réunion. En attendant, la présidente par intérim de la Centrafrique, Catherine Samba Panza, a été reçue le mardi 1er avril 2013 à l’Elysée par le président français, François Hollande. Et au sortir de cette audience, elle a fait état de nombreuses promesses d’aide à la RCA en vue de l’aider à sortir de l’ornière des crises. Autrement dit, la rencontre de Bruxelles sur la RCA sera déterminante sur l’avenir de ce pays, d’autant plus que l’on annonce la présence de tous les présidents des pays de la sous-région de la Cemac à Bruxelles. «Les dirigeants qui participent à cette réunion devraient se concentrer sur le besoin urgent de rétablir la sécurité et la stabilité en République centrafricaine, de promouvoir la réconciliation nationale et la transition politique dans le pays et de continuer à coordonner les actions de la communauté internationale à cette fin. La réunion a également pour but d’examiner ce qui peut encore être fait dans le cadre de l’aide humanitaire et de l’aide au développement pour aider la population de la République centrafricaine», annonce un communiqué de l’UE. Périphérie Avant le sommet proprement dit, s’est tenue le 5e forum des Affaires UEAfrique. Cette première phase du forum a permis d’enregistrer les recommandations et autres préoccupations qui devront être remis aux chefs d’Etats et de gouvernement arrivés à Bruxelles. Ce sont en tout, cinq débats en plénières dont les participations des jeunes dans les économies d’aujourd’hui, le cofinancement public-privé, le rôle des banques dans la croissance inclusive et le financement des PME qui ont été vus par les experts et leurs ministres. L’on note également le troisième sommet Afrique-Europe des jeunes leaders qui s’est tenu du 31 mars au 1er avril 2014 et auquel le Gabon a pris une part active. Ici, les jeunes ont demandé la mise en place d’un mécanisme commun propre à eux et qui leur fournirait les éléments pour atteindre les défis qui se posent à eux sur les deux continents. Les sommets entre l’UE et l’Afrique existent depuis avril 2000 au Caire (Egypte) où la rencontre s’était soldée par la mise en place d’un cadre de

dialogue politique global entre l’UE et les parties africaines et d’un plan d’action dans les domaines prioritaires dont l’intégration régionale en Afrique, l’intégration de l’Afrique dans l’économie mondiale, les droits de l’homme, la consolidation de la paix, la prévention, la gestion et le règlement des conflits, entre autres. La deuxième session eut lieu en 2007 à Lisbonne au Portugal et la troisième en 2010 en Libye. Comme lors de la première édition, des plans d’actions et des stratégies communes furent définies afin de mieux faire aboutir ce processus de coopération bilatérale.
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