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LES TROIS N ET L'ÉPOUVANTAIL par Roberte ARMAND
ON ne voit pas tous les jours un épouvantail qui change de vêtements! Nouvelle piste pour les Trois N, qui se lancent à la recherche d'un drôle de lessé dans une clinique pas comme les autres, d'un testament introuva le, d'un village en!oui et d'un trésor" #es voilà ientôt en pleine aventure" $u% prises avec deu% louches individus, le s&mpathique trio va montrer, une !ois de plus, qu'il sait se dé rouiller dans les situations les plus périlleuses !

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ROBERTE ARMAND

LES

ET L’EPOUVANTAIL
ILLUSTRATIONS DE

HENRIETTE MUNIERE

HACHETTE

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Série les
1" '" (" ." /" -" +" 0" *" 1," 11" 1'" 1(" 1." #es (N et les voleurs d)images 1*+1 ,#es (N et la maison rulée 1*+' ,. #es (N et l)étrange voisin1*+' ,* #es (N et les jumelles 1*+' 11 #es (N et le chien jaune 1*+( ,( #es (N et le outon d)argent 1*+( 1, #es (N et la pêche miraculeuse 1*+. ,/ #es (N et l)épouvantail 1*+/ ,( #es (N tendent un pi1ge 1*+/ ,0 #es (N et le puits hanté 1*+- ,. #es (N sont sur la voie 1*++ ,0 #es (N et les trois c&gnes 1*+0 ,#es (N et le serpent p&thon 1*+* ,1 #es (N et les chats irmans 1*+* 1,

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TABLE 2" 22" 222" 23" 3" 32" 322" 3222" 26" 6" 62" 622" 6222" 623" 63" 632" 6322" #'ouragan #e carnet d'adresses #'am ulance 4ne lettre #e chien pipo #'entrée de service 5ham re 1/ #e chariot #e trio enquête #'archéologue 7ar monts et par vau% #e ravin 4n 8il au eurre noir #e récit du concierge #es murs ont des oreilles 4n stratag1me #e trésor 1+ '+ (* .* -, +, 0, *, 1,. 11. 1'( 1(' 1.1 1/' 1-1 1+'

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CHAPITRE PREMIER L'our ! "
9:;T<5: qu'on rentre ientôt= > demanda Nathalie" :lle parlait d'une voi% étou!!ée, car une longue écharpe de laine !aisait trois !ois le tour de son cou et lui couvrait la ouche" ;on !r1re Nicolas ? dit Nic@ haussa les épaules"

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9 On vient à peine de sortir! A'ailleurs, c'est toi qui as insisté pour qu'on se prom1ne, alors= ? $lors, je ne savais pas qu'il !aisait si !roid! ? On est pourtant au mois d'avril, déclara le jeune garBon, en jetant un coup d'8il sur la campagne oC les premiers ourgeons commenBaient à poindre" ? 3oln& est en altitude, e%pliqua NoDl" :t puis, il & a ce vent""" ? """ un vent asseE !ort pour soulever même une grosse !ille comme Nathalie! > jeta Nic@, en guettant du coin de l'8il la réaction de sa s8ur" 4n grognement de protestation traversa l'épaisseur de la laine" 9 Toi, alors, tu es""" > NoDl coupa court à la prise de ec qu'il sentait venir" 9 5omme ce serait dommage si Nattie nous était enlevée! dit<il en riant" 7our éviter cette catastrophe, je vais la tenir solidement" > :t il saisit un coin de #'écharpe, en criant F 9 Aemi<tour! On rentre à la maison! > Nic@ s'empara de l'autre e%trémité, et c'est dans cet équipage que les en!ants regagn1rent la villa de leur oncle vétérinaire" :lle leur parut plus accueillante que jamais" 5inq minutes plus tard, le trio était installé au
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salon, oC la tante Gose avait allumé un on !eu de ois" Tout en se rôtissant le dos, Nathalie o servait les deu% garBons qui jouaient au% dames, chacun selon son tempérament" Nic@, incapa le de rester en place, remuait sans cesse sur sa chaise, se grattait la tête, ou encore !aisait un petit tour dans la pi1ce" NoDl, au contraire, se tenait tranquille et ré!léchissait longtemps avant d'avancer ses pions" 9 5omme ils sont di!!érents! » pensa la !illette" 2ls ne se ressem laient pas ph&siquement non plus F Nic@, à onEe ans, était run et vigoureu%H NoDl, son aIné d'un an, tr1s grand, tr1s mince, avait des cheveu% londs et des &eu% leus" #es parents de Nic@ et Nathalie l'avaient adopté depuis qu'il était orphelin" 9 NoDl, Nicolas et Nathalie, les Trois N! > chantonna jo&eusement la petite !ille" Jais personne ne l'entendit, car sa voi% !ut couverte par une sorte de hurlement venant du dehors" :n même temps, un sou!!le d'air glacial s'insinua jusque dans la pi1ce et !it vaciller la !lamme des Kches" 9 Lu'est<ce qui se passe= sursauta Nic@" Oh! là, là, comme il !ait noir, tout d'un coup! > :n e!!et, le ciel s'était rusquement assom ri" Or, il n'était que trois heures de l'apr1s<midi"

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A'un même élan, les Trois N se ru1rent vers la porte<!enêtre et coll1rent le neE contre la vitre" Luel spectacle! #es ar res du jardin étaient tous cour és dans la même direction par un vent !urieu% F on aurait dit qu'ils allaient se casser" Aes !euilles, de la poussi1re, des dé ris de toutes sortes volaient tr1s haut dans l'air" #a maison elle<même, quoique solide, gémissait comme un navire dans la tempête" #e ruit du vent, pareil à une immense plainte, était si !ort que Nic@ dut crier pour se !aire entendre"

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9 M'ai l'impression qu'on est rentré à temps! ? NrOce à moi! > triompha Nathalie" :lle se tut" 4n petit !risson lui parcourut le dos, au souvenir de la plaisanterie de son !r1re" 4n pareil vent pourrait<il vraiment emporter quelqu'un= 5omme en écho à ses pensées, NoDl remarquaF 9 Me souhaite que personne ne se trouve dehors en ce moment! 5'est un vérita le ouragan"> Nic@ crut on de détendre l'atmosph1re par une plaisanterie F 9 Aans certains pa&s, dit<il, les ouragans sont de vrais !léau%" $ussi leur donne<t<on un nom""" généralement !éminin" » 2l cligna de l'8il en regardant sa s8ur et ajouta F 9 Ouragan Nathalie, pourquoi pas= > A'a ord su!!oquée d'indignation, la !illette retrouva ien vite l'usage de la parole, 9 :n !ranBais, répliqua<t<elle, ouragan est un mot masculin" $ussi serait<il pré!éra le de l'appeler 9 ouragan Nicolas! > ? :t tac! !it NoDl, réprimant une envie de rire devant la mine décon!ite de son cousin" Pien répliqué, non= > Nic@ ne répondit pas" A'ailleurs, il était ien " di!!icile de soutenir une conversation, avec le
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ruit qui ne !aisait que s'ampli!ier" $ussi le trio se contenta<t<il d'o server le déchaInement de la nature" 7endant une demi<heure, les Trois N rest1rent à la même place, pr1s de la !enêtre" 7uis l'ouragan ? si c'en était un ? partit comme il était venu" #e vent s'apaisa, le ciel s'éclaircit" #es en!ants accompagn1rent l'oncle :douard au jardin pour évaluer les dégOts, qui se limitaient à quelques tuiles tom ées, quelques ranches cassées" #a tante Gosé déclara qu'elle allait préparer un on goKter F tout le monde en avait esoin, apr1s ces émotions! Nathalie trouva l'idée e%cellente" $ quatre heures et demie, il !aisait vraiment eau" $lors la !illette proposa une nouvelle promenade" 9 $ccepté! dit NoDl" ? Tu ne changeras pas d'avis au out de deu% cents m1tres= demanda Nic@, mé!iant" ? Non, non! promis! > #es Trois N s'emmitou!l1rent dans leurs lainages, sortirent de la maison, et prirent un chemin qui conduisait au village d'$vra& en serpentant à travers une plaine limitée de chaque côté par des collines" #'ouragan avait laissé des traces F de menus ranchages jonchaient la route, provenant des uissons qui la ordaient" 5eu%<ci
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avaient leurs !euilles nouvelles saupoudrées d'une !ine poussi1re" Jais le !roid était moins vi! qu'en dé ut d'apr1s<midi, et la promenade parut agréa le au% trois en!ants" $pr1s deu% @ilom1tres de parcours environ, en longeant un champ envahi d'her es !olles et de roussailles, Nathalie poussa une e%clamation F 9 #'épouvantail a disparu! > 2l lui sem lait avoir toujours vu en cet endroit le vieu% mannequin vêtu de loques, dont la tête, !aite d'une outeille, était coi!!ée d'un !eutre délavé" ;ans doute avait<il été planté là autre!ois pour !aire peur au% oiseau% qui chapardaient les récoltes= :n tous cas, il avait !ini de jouer son rôleF le !ermier était mort, et le champ était en !riche" Jais nul n'avait eu l'idée d'enlever l'épouvantai!" 9 #e vent l'aura cassé, dit NoDl" ? Luel dommage! soupira la !illette" Me l'aimais ien" > Tout à coup elle saisit le ras de son cousin et al utia F 9 Gegarde! #e""" le""" revoilà" :t il marche! > :!!ectivement, l'épouvantail qui n'était que renversé, s'était redressé comme par enchantement, et avanBait par saccades dans la direction des deu% en!ants"

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Nathalie était terrorisée" NoDl, lui, se montrait sceptique F il ne cro&ait pas au% épouvantails am ulants" :t puis, comme par hasard, Nic@ avait $4;;2 disparu" Tiens, tiens! 9 5oucou! > cria soudain une voi% ien connue" :t la tête rieuse de Nic@ émergea d'entre les ardes de l'épouvantai!" #a !illette retrouva sa voi% pour protester" 9 5'était donc toi= On n'a pas idée de""" de""" me !aire une pareille !ra&eur! ? $h, ah! s'escla!!a le jeune garBon" $vec toi, au moins, Ba vaut la peine! Tu marches toujours" ? #'épouvantail marchait, lui aussi, dit NoDl en riant" Jais pas tout seul! ? $voue que l'idée était !ameuse! se vanta son cousin" ? Tout à l'heure, quand tu t'es mis à courir devant nous, je me suis demandé oC tu allais! !it remarquer Nathalie" ? M'avais repéré l'épouvantai! ien avant vous! e%pliqua Nic@" 2l était couché par terre" > ? #e pauvre! soupira de nouveau Nathalie" ? Luoi! s'indigna son !r1re" Tu t'apitoies sur un épouvantai!= $h! 5'est ien d'une !ille, de !aire du sentiment à propos d'un morceau de ois!

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?" :lle a ien le droit! la dé!endit NoDl" 2l me plaisait, à moi aussi" 4n épouvantail, c'est tr1s !ol@lorique" ? :h ien, remets<le de out, si tu & tiens" 2l sera un peu plus court, voilà tout" ? ;es ha its sont vraiment trop vilains, déclara Nathalie" ;i on lui en trouvait de plus eau%, alors Ba vaudrait la peine de le replanter" ? OC les prendre, ces vêtements= demanda Nic@, qui commenBait à s'intéresser au projet de sa s8ur" ? #a tante Gosé nous en donnera peut<être=

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? A'accord F allons le lui demander" > 4ne !ois de plus, les Trois N regagn1rent en courant l'hospitali1re maison des Pesson" 9 Tante Gosé! > appela la !illette d1s que le trio eut !ranchi le seuil" #'oncle :douard apparut sur l'escalier" 2l avait son chapeau sur la tête, et achevait de outonner son pardessus" ? 3otre tante est allée !aire des courses au village, dit<il" Joi<même, je m'apprêtais à partir F un !ermier m'a téléphoné pour sa vache malade" 4n vétérinaire ne doit pas !aire attendre ses clients""" ? Luel ennui! !it Nathalie avec une moue si chagrine, que l'oncle :douard en !ut attendri" ? ;i je peu% !aire quelque chose pour vous=""" proposa<t<il" ? Oh, oui, tu le peu%, mon cher petit oncle! s'écria la !illette en se jetant à son cou" N'aurais<tu pas des vêtements tr1s vieu%, tellement vieu% qu'ils ne te servent plus= ? Pien sKr que si! 5'est pour ha iller un pauvre vaga ond= ? :h ien""" euh, non""" pas tout à !ait" ? 5omment, pas tout à !ait= > 5e !ut Nic@ qui répondit F 9 22 s'agit ien d'un vieu% onhomme, mais il est en ois"
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? 4n épouvantai! >, précisa NoDl" A'a ord stupé!ait, l'oncle :douard !init par déclarer avec un on sourire F 9 :h ien, pourquoi pas= 4n épouvantail a ien le droit d'être ha illé, apr1s tout" :t les vieu% vêtements, ce n'est pas ce qui manque dans cette maison! ? Oh! chic, chic! s'écria la !illette en sautillant de joie" OC !aut<il les prendre, ces vieu% ha its= ? Aans le ren!oncement qui se trouve sous l'escalier F vous verreE, il & en a une malle pleine" :t maintenant, il !aut que je !ile" $u revoir, les en!ants! $museE<vous ien! ? Jerci, oncle :douard! > #a porte avait à peine claqué derri1re J" Pesson, que déjà Nathalie se dirigeait vers le recoin o scur qu'il lui avait indiqué"

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CHAPITRE II Le # r"et $' $resses N$TQ$#2: resta cinq onnes minutes à !ar!ouiller dans la vieille malle, pleine à craquer de vêtements usagés" #es deu% garBons, demeurés dans le hall, l'entendirent pousser des e%clamations de plaisir ? preuve qu'elle trouvait ce qu'elle cherchait" :n e!!et, elle reparut ientôt, portant sur le ras une veste et un pantalon de toile dont il était impossi le de déterminer la teinte primitive, car de nom reu%
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lavages les avaient rendus presque ' lancs" Ae plus, elle e%hi a !i1rement un canotier dont la paille dé!raIchie s'ornait d'un ru an noir F cette trouvaille !it s'e%tasier les deu% autres" 9 :t maintenant, allons vite rha iller l'épouvantail! > décida Nathalie en se précipitant hors de la maison" NoDl lui em oIta le pas avec onne humeur, et Nic@ suivit, mi<amusé, mi<grognon" 9 Luelle occupation stupide! > grommela<t<il, regrettant de s'être laissé entraIner à de pareils en!antillages" Jais, une !ois sur place, il se prit au jeu, et c'est volontiers qu'il aida les deu% autres à enlever les vieilles hardes à l'épouvantail, puis à le revêtir de ses nouveau% ha its" #orsqu'en!in le pantalon !ut !i%é sur une des traverses horiEontales, la veste outonnée, le canotier campé sur la outeille, le vieu% onhomme en ois avait presque une apparence humaine" 9 4n vrai gentleman! apprécia Nic@ en prenant du recul pour mieu% l'admirer" 2l ne lui manque que la parole" ? Geste à le replanter, dit NoDl" :st<ce qu'on le remet au même endroit= ? Oh! non! !it sa cousine" Musqu'ici, il était
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à moitié caché par ce uisson" Jaintenant que le voilà si eau, il mérite d'être plus en vue" 7ourquoi ne pas le placer au milieu du champ= ? 5omme tu voudras >, acquiesBa l'aIné du trio" 5e !ut Nic@ qui se chargea !ie l'opération, apr1s avoir élagué l'e%trémité cassée avec son cani!" :nsuite ce lui !ut !acile d'en!oncer le pied de l'épouvantail dans la terre meu le d'une taupini1re" 3oilà qui était !ait! 5ontents d'eu%, les Trois N prirent le chemin du retour, non sans un dernier regard au vieu% onhomme qui, les ras
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étendus, paraissait leur dire 9 au revoir >" RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR 4n peu plus tard, J et Jme Pesson et leurs petits<neveu% se trouvaient de nouveau réunis dans la ti1de atmosph1re de la villa" #'oncle :douard venait de rentrer, et s'était aussitôt emparé des journau% arrivés du matin" 9 Ja journée a été si remplie que j'ai à peine eu le temps d'& jeter un coup d'8il! > remarqua<t<il" $ssis dans un on !auteuil, il se plongea dans la lecture, tandis que NoDl et Nic@ reprenaient leur jeu interrompu, sous la surveillance attentive de Nathalie" Luelques instants plus tard, la tante Gosé pénétrait dans la pi1ce, l'air soucieu%" 9 Ais<moi, :douard, demanda<t<elle, as<tu pensé à appeler le plom ier= ? #e plom ier= répéta l'oncle :douard" $h! oui, pour le chau!!e<eau""" Me m'en occupe tout de suite" > 2l posa à regret son journal, !ouilla dans la poche intérieure de son veston, et en tira un carnet d'adresses qu'il consulta rapidement" $ussitôt, un réel agacement se peignit sur son visage" 9 Naturellement, le numéro de téléphone du
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plom ier se trouve dans mon vieux carnet d'adresses! > #a tante Gosé sourit et !it remarquer, l)air moqueur F 9 :t naturellement, tu ne sais plus ou tu as rangéF ce vieu% carnet= ? Jais sil répondit l'oncle :douard" Me l'ai laissé dans ma veste de toile eige! > 2l ajouta en !ronBant les sourcils F 9 Me sais oC est le carnet""" mais je ne sais pas oC est la veste! ? ;uspendue à quelque pat1re, suggéra la tante Gosé" $ttends, je vais voir" » :lle revint au out de quelques minutes, visi lement contrariée" 9 Me ne la trouve nulle part! > 5e !ut au tour de J" Pesson de se lever et d'aller inspecter portemanteau% et penderies" #es Trois N se mirent de la partie, mais leurs recherches !urent vaines F la veste avait el et ien disparu" Aepuis un moment déjà, Nathalie était assaillie d'un doute terri le" « 4ne veste de toile eige >, avait dit le vétérinaire" Or, celle dont les Trois N avaient a!!u lé l'épouvantai! avait pu être eige, en son temps" 9 7ourtant, je l'ai prise dans la malle, comme me l'a dit l'oncle :douard, pensa

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Nathalie" ;eulement, au<dessus de cette malle, il & a un portemanteau, et la veste a pu tom er""" > 4n appel de la tante Gosé, invitant la !amille à passer à ta le, interrompit momentanément les pensées inqui1tes de la !illette" Qélas! ce !ut ien pire apr1s le repas, lorsque les garBons l'attir1rent sur le vieu% so!a au !ond du salon et que Nic@ déclara F 9 Toi,S tu n'en rates pas une! Tu as encore !ait une elle êtise! #a veste, c'est l'épouvantail qui l'a""" et le carnet d'adresses avec! ? Me le crains, moi aussi >, ajouta NoDl" $insi, son !r1re et son cousin con!irmaient ses propres doutes" 5'est tout juste si Nathalie n'éclata pas en sanglots" 9 Lue""" Lu'est<ce qu'on va""" !aire= al utia<t< elle" ? $ller dare<dare rechercher cette veste! décida Nic@ en se levant d'un ond" ? 2l !ait nuit noire, o jecta son cousin" ? :t apr1s= Tu as peur de l'o scurité, maintenant= ? #'oncle :douard a dit qu'il renonBait pour ce soir à chercher sa veste, !it remarquer Nathalie" Taisons comme lui F attendons demain matin" > Nic@ se laissa !léchir" $pr1s tout, Ba ne
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l'enchantait pas tellement, lui non plus, de sortir par cette nuit !roide!
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#es Trois N se lev1rent de onne heure, avec l'idée d'aller récupérer au plus vite le carnet d'adresses de l'oncle :douard" #e petit déjeuner e%pédié, ils se dirig1rent donc une !ois de plus vers le champ de l'épouvantai!" 2l !aisait encore !rais, mais la journée promettait d'être elle" #es garBons si!!laient jo&eusement en marchant" ;eule, Nathalie sem lait soucieuse" 9 :t si quelqu'un avait pris le carnet= suggéra< t<elle rusquement" ? 7our quoi !aire= répliqua Nic@" 7our téléphoner au plom ier à la place de l'oncle :douard= 7ar ailleurs, qui aurait l'idée de !ouiller un épouvantai!= Ja pauvre Nathalie, tu""" > #e jeune garBon n'acheva pas sa phrase, car le champ était maintenant en vue" :t, en plein milieu du champ, se dressait l'épouvantail" Aepuis la veille, il avait changé d'apparence""" 9 7ar e%emple! s'e%clama Nic@" :st<ce que j'ai des visions= 5es ha its""" ? """ ne sont plus ceu% d'hier! > acheva sa s8ur d'une toute petite voi%"
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:n e!!et, au lieu de la veste et du pantalon de toile, le mannequin de ois était maintenant vêtu d'un p&jama ra&é! #e canotier avait également disparu, laissant à nu la outeille qui !aisait !onction de" tête" 9 5'est""" c'est une histoire à dormir de out! a!ouilla NoDl" ? 5'est le cas de le dire! ironisa son cousin" #'épouvantail est ien de out, et en p&jama! ? 4n p&jama= répéta Nathalie" 7ourquoi un p&jama= ? Jais vo&ons"> parce qu'il sort du lit, lui

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aussi! plaisanta Nic@" 2l n'a pas encore eu le temps de se rha iller! > #a !illette ne put s'empêcher de rire, mais redevint grave aussitôt" 9 :t le carnet d'adresses= ? Aisparu avec la veste, répondit NoDl" $ moins que""" non, ce serait trop e%traordinaire! > 5e disant, il s'approcha de l'épouvantai!, et tOta les poches de la veste de p&jama F elles étaient vides" 9 7ourquoi avoir volé ces ha its= demanda Nic@" 7our les remplacer par ce p&jama""" > ;a question resta sans réponse" 7as plus que ses cousins, NoDl, la 9 grosse tête > du trio, n'arrivait à s'e%pliquer cette étrange su stitution" Nathalie prit une décision soudaine F 9 Gentrons! Me vais avouer tout de suite à l'oncle :douard que j'ai perdu son carnet F Ba lui évitera de chercher" > 5'était, en e!!et, la meilleure chose à !aire" Jais qu'allait dire J" Pesson en apprenant la êtise de sa petite<ni1ce= 5onnaissant son indulgence, Nathalie n'était gu1re e!!ra&ée" 5ependant, elle1 ne se sentait pas tr1s !i1re" #es Trois N regagn1rent donc rapidement la villa et all1rent trouver leur grand<oncle"

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9 Oncle :douard""" murmura Nathalie, penaude" ? Oui, ma petite !ille= ? Me voudrais te dire"" 7our ton carnet""" ? Jon carnet= répéta l'oncle :douard" Tu veu% parler de mon vieu% carnet d'adresses= ? Oui, précisément""" ? $h! je l'ai retrouvé! > #es trois en!ants en eurent le sou!!le coupé" Nic@ !ut le premier à réagir F 9 Tu as donc retrouvé ta veste= demanda<t<il" ? Oui, ien sKr, répondit J" Pesson" Me l'avais laissée dans ma 9 clinique > au !ond du jardin, là oC je soigne mes animau%""" ? :h ien, voilà une onne nouvelle! conclut Nathalie" Oncle :douard, tu ne peu% pas t'imaginer à quel point nous sommes soulagés! > :t les Trois N quitt1rent la pi1ce, suivis du regard par un oncle :douard é erlué"

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CHAPITRE III L' %bul "#e 9 O4T ! #'histoire du carnet était élucidée! Gestait à résoudre l'énigme de l'épouvantail" Lui avait troqué le vieu% costume de toile contre un p&jama, et pourquoi= 9 #e vol des vêtements n'a, en soi, rien d'étonnant, déclara NoDl" 5e qui est m&stérieu%, c'est ce troc""" ? 5'est ce truc, tu veu% dire= 5orrigea Nathalie"
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? Non, je veu% ien dire ce troc, cet échange,"" > Prusquement, Nic@ sauta sur ses pieds en s'écriant F 9 Trêve de avardage! Me propose d'aller enquêter sur place" :n rendant une nouvelle visite à l'épouvantail, nous trouverons peut<être des indices= ? A'accord! > accept1rent d'une seule voi% NoDl et Nathalie" Tout en suivant les deu% garBons, cette derni1re était songeuse" 7our un peu, elle aurait vu de la magie dans cette histoire" Lui sait si l'épouvantail n'allait pas leur réserver encore quelque surprise= 7ourtant, en approchant du champ dans lequel il se dressait, la !illette vit tout de suite qu'il n'en était rien F le vieu% onhomme de ois était toujours vêtu du même p&jama à ra&ures, et sa tête de verre, sans couvre<che!, rillait au% premiers ra&ons du soleil" Nathalie ne put s'empêcher d'en !aire la ré!le%ion tout haut F 9 2l n'a pas changé! ? :h ien, quoi! se moqua son !r1re" Tu t'attendais sans doute à ce qu'il ait revêtu un costume de ville avec chemise et cravate= ? Pien sKr que non, mais"""
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? :%aminons le p&jama, invita NoDl" 2l se peut qu'un nom & soit marqué, ou au moins des initiales" '> $ l'intérieur du col, il & avait ien deu% étiquettes F sur l'une était imprimée la mention F 91,, UVo coton >, sur l'autre le numéro (" 9 Nous voilà ien avancés! ougonna Nic@" ? 7ourtant, ce numéro ( veut peut<être dire quelque chose" > supposa Nathalie" Jais NoDl la détrompa F 9 Jalheureusement non F il indique seulement la taille du vêtement" ? 3o&ons les poches >, décida Nic@" NoDl les avait déjà !ouillées, mais super!iciellement" :%plorées à !ond, elles livr1rent, coincée dans un angle, une petite pilule lanche" 9 4n médicament, diagnostiqua Nic@" Tiens, tiens! > 5ette mince trouvaille ne les avanBant gu1re, les trois 9 détectives > se mirent à chercher des traces de pas sur le sol" 2ls n'eurent pas davantage de succ1s F l'her e s1che n'avait gardé aucune empreinte" 9 ;i ien que nous ne savons ni d'oC venait cet individu, ni oC il est allé >, conclut Nic@ rageur" W la grande déception du trio, l'enquête

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paraissait déjà !inie" Or, s'étant levés tôt, les Trois N avaient une longue matinée devant eu%, qu'il s'agissait de remplir" 9 ;i on rentrait à travers champs= proposa NoDl" #'oncle :douard m'a dit qu'on trouvait des morilles le long des talus" ? Ponne idée! approuva Nic@" #es morilles, c'est moins intéressant que les indices, mais meilleur en omelette! > Or les Trois N ne trouv1rent pas de champignons" 7ar contre, ils !irent une autre découverte" 5inq cents m1tres plus loin, un petit ouquet d'ar res s'élevait au milieu d'un pré" Nathalie s'& dirigea" ;oudain les garBons l'entendirent pousser un cri F 9 3eneE vite! M'ai trouvé""" l'épouvantail > #es deu% cousins échang1rent des regards ahuris" 9 :lle déménage! dit Nic@ péremptoire" ? $llons<&! > invita NoDl, une pointe d'inquiétude dans la voi%" 2ls trouv1rent la !illette immo ile et comme hé étée" :lle leur désigna du doigt un homme endormi sur l'her e, et répéta d'une voi% sans tim re F 9 5'est l'épouvantai!! > :!!ectivement, l'inconnu, qu'on vo&ait de

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dos, était vêtu d'un vieu% costume de toile, et un canotier était posé sur sa tête" 9 Ja parole, elle a raison! > articula péni lement Nic@" Jais NoDl avait déjà repris son sang<!roid" 9 7as de quoi s'a!!oler, dit<il" 2l s'agit tout simplement d'un vaga ond qui s'est emparé des ha its de l'épouvantai!" ? """ et qui lui a laissé en échange son p&jama= PiEarre! commenta Nic@" On comprendrait mieu% s'il lui avait !ait don de ses vieilles guenilles" Ae toute !aBon, nous allons savoir" > 5e disant, le jeune garBon se pencha sur l'homme endormi avec l'intention de lui taper sur l'épaule" 9 Oh! non, protesta Nathalie pas du tout rassurée" 2l va peut<être se !Ocher, si on interrompt sa sieste! > Trop tard! #e geste était !ait" Prusquement tiré du sommeil, le dormeur se redressa d'une seule pi1ce et regarda les nouveau% venus d'un air égaré" $ la surprise des en!ants, il s'agissait d'un homme jeune F vingt<cinq ans tout au plus" Jalgré son visage mal rasé, son aspect loqueteu%, ce personnage paraissait par!aitement ino!!ensi!" Pien plus, la vue des en!ants sem la l'e!!ra&er"
& Oh non, protesta Nathalie, il va peut-être se fâcher.
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9 Non, non, je ne retournerai pas là< as! s'écria<t<il" $lleE<vous<en! ? GassureE<vous, monsieur, on ne vous veut aucun mal, dit NoDl d'un ton apaisant" ? Getourner oC= > questionna Nic@" 7our toute réponse, l'homme répéta F 9 $lleE<vous<en! > 2l se mit de out, mais chancela et il serait retom é, si les garBons ne s'étaient précipités pour le soutenir" 9 4n malade >, supposa NoDl, qui se souvint rusquement de la pilule trouvée dans la poche du p&jama" #e vaga ond e%amina tour à tour les trois en!ants, et le soulagement se peignit sur ses traits" 9 Lui""" êtes<vous= al utia<t<il" ? NoDl, Nicolas et Nathalie Genaud, répondit vivement la !illette" :t nous sommes en vacances cheE notre oncle Pesson, le vétérinaire" > #'homme eut un sursaut d'étonnement" 9 Pesson!""" > répéta<t<il, comme si ce nom lui rappelait quelque chose" ;urpris de cette réaction, les Trois N le press1rent de questions" Jais le sursaut d'énergie qui avait animé le vaga ond pendant un court moment sem lait s'être dissipé" 2l reprit son

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air égaré, et tout ce qu'en tir1rent les Trois N, ce !urent des mots sans suite F 9 $ller""" !leuri""" Pesson""" > Lue signi!iait ce discours= #es Trois N se le demand1rent, perple%es, jusqu'au moment oC l'homme !it mine de se mettre en route" :n même temps il répétait F 9 $ller""" cheE""" Pesson" > 5ette !ois, l'invite était claire F pour une m&stérieuse raison, l'inconnu désirait rencontrer l'oncle :douard" #es Trois N décid1rent donc de l'emmener avec eu%" Pien entendu, Nic@ et NoDl continu1rent à le soutenir, car sa démarche était de plus en plus chancelante"
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Jais en!in la petite troupe réussit à regagner le chemin, et à partir de là ce !ut plus !acile" #es en!ants et leur protégé avaient parcouru environ deu% cents m1tres en direction de la villa des Pesson, quand un ruit de moteur se !it entendre derri1re eu%" Nathalie tourna la tête, et vit une longue automo ile lanche qui !onBait droit sur leur groupe" 9 4ne am ulance! > cria<t<elle" #es quatre piétons venaient juste de se ranger contre les uissons qui ordaient l'étroit chemin, quand la voiture passa pr1s d'eu%, et stoppa presque aussitôt dans 4n grand ruit de !reins" Aeu% hommes en jaillirent F le chau!!eur en livrée,
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et un in!irmier en louse lanche" 5e dernier, un individu grand et large, au torse puissant, s'écria F 9 5'est ien lui! > :t, se précipitant vers le pseudo<vaga ond, il essa&a de l'entraIner jusqu'à l'am ulance" #e jeune homme était devenu tr1s pOle" 2l cria r 9 Non, non! > et résista de toutes ses !orces, s'agrippant à l'épaule de Nic@ comme à une ouée de sauvetage" " #a col1re empourpra le visage du géant, qui ordonna F 9 Tu vas me suivre, compris= > 2l le saisit à ras le corps et le souleva comme un !étu" 9 Tout dou%, Naston! > intervint le chau!!eur, qui, contrairement à son compagnon, était petit, maigre et sec, avec un regard rusé" #'in!irmier, penaud, lOcha sa victime, qui, remise rutalement sur ses pieds, vacilla et !aillit tom er" 4ne !ois de plus, les deu% cousins le retinrent" 9 5'est une honte! s'indigna NoDl" Ae quel droit vouleE<vous emmener cet homme= " ? :t vous de quoi vous mêleE<vous= a o&a l'in!irmier" ? Ne t'énerve pas, Naston, dit le chau!!eur, avec un sourire mielleu% sur son visage cha!ouin"
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5es jeunes gens ont posé une question, pourquoi ne pas leur répondre= $ppreneE, mes en!ants, que cet homme est un malade, qui s'est échappé cette nuit de la clinique La Sapinière. 5'est sur l'ordre de notre patron, le docteur Nau ert, que nous sommes partis à sa recherche" ? Aans ce cas, répliqua Nic@, traiteE<le avec douceur, au lieu de le rusquer comme a !ait votre camarade" ? Pien o ligé, puisqu'il re!use d'o éir! grommela l'in!irmier" ? Me suppose, poursuivit le chau!!eur, que vous vous êtes rendu compte de son état= ;ans doute vous a<t<il tenu des propos""" iEarres= ? :uh""" pas vraiment! répondit Nic@ sans se compromettre" ? Ae toute !aBon, il ne !aut pas en tenir compte" #a !i1vre le rend un peu""" > #'homme n'acheva pas, mais eut un geste éloquent en se !rappant le !ront avec l'inde%" 9 :t maintenant, désolé, mais nous devons le ramener à la clinique, conclut le chau!!eur" 3as<&, Naston" > #e colosse s'approcha du jeune homme et le prit par le ras" Tout d'a ord, le malade parut se résigner à son sort et se laissa entraIner" Jais, au moment de rejoindre la voiture, il !it
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une rusque volte<!ace et !i%a ardemment les Trois N" 5ette !ois, il n'& avait plus trace de !i1vre dans le regard qu'il leur lanBa" On & lisait une intense supplication" 7uis ses l1vres !orm1rent quelques mots, que les en!ants devin1rent plutôt qu'ils ne les entendirent F 9 Il faut absolument que e vous parle! > #es deu% hommes, eu%, ne s'étaient rendu compte de rien" ' :nsuite tout alla tr1s vite" 7oussé, tiraillé par l'in!irmier, le jeune homme pénétra dans l'am ulance" #es porti1re claqu1rent, le véhicule démarra, !it demi<tour X dans un champ, et repartit à toute allure dans la direction d'oC il était venu"

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CHAPITRE IV U"e lettre rest1rent plantés sur la route, regardant s'éloigner l'am ulance" 5ela !aisait un moment qu'elle, avait disparu, et pas un mot n'avait encore été prononcé par les Trois N en proie à un sourd malaise" #a premi1re, Nathalie rompit le silence" 9 3ous n'aurieE pas dK le laisser emmener! déclara<t<elle d'une voi% altérée par l'émotion"
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? Tu en as de onnes! répartit son !r1re" #e mo&en, s'il te plaIt, de s'opposer à cet in!irmier Oti comme une armoire à glace= ? #e chau!!eur, lui, était plus poli, mais tout aussi déplaisant, remarqua NoDl, Ae toute !aBon, nous n'étions pas de taille à lutter! ? A'ailleurs, commenta Nic@, leur histoire tenait de out" Me suis prêt à croire que ce t&pe avait la !i1vre" 2l sera mieu% couché dans un lit que sur l'her e! N'empêche que ses derni1res paroles me tracassent" <? Joi aussi, approuva NoDl pensi!" 2l veut nous parler" 7ourquoi= ?= ;Krement parce qu'il court un danger" ;a répugnance à monter dans l'am ulance le prouve" ? 7eut<être que les deu% hommes étaient des andits déguisés= > suggéra Nathalie" ;on cousin hocha la tête, l'air peu convaincu" 9 :n tout cas, l'am ulance était authentique" 2l & a d'ailleurs une clinique à quelques @ilom1tres d'ici F j'ai entendu l'oncle :douard en parler" :lle s'est installée, il & a peu de temps, dans les Otiments d'une ancienne !erme" ? 2l !audra qu'on se renseigne, déclara Nic@, et qu'on essaie d'avoir une entrevue avec le malade" ? Nous ne connaissons même pas son nom!
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!it NoDl" A'ailleurs, je doute qu'on nous laisse entrer" ? 4ne clinique n'est pas une prison! ? ;ans doute, mais on & permet rarement la visite des en!ants" > Nathalie avait l'air préoccupé" 9 Me me demande s'il est un peu""" en!in""" s'il a vraiment l'esprit dérangé= ? 5e qui est certain, c'est que le chau!!eur voulait nous le !aire croire, répondit son !r1re" $veE<vous entendu, quand il nous a dit de ne pas tenir compte des propos du malade= ? Oui F comme s'il craignait qu'il nous ait !ait des révélations, opina NoDl" ? Luand même, ce jeune homme avait dé drôles de !aBons! insista la !illette" 7ar e%emple, cette idée de se déguiser en épouvantail! > Nic@ leva les &eu% au ciel d'un air découragé" 9 ;i tu n'avais pas une cervelle tout juste grosse comme une noi%, tu aurais déjà compris! 2magine un malade se sauvant d'une clinique la nuit" Ae quoi est<il vêtu= ? A'un p&jama" $h! j'& suis" 2l lui !allait des vêtements pour circuler de jour, alors il a pris ceu% de l'épouvantail" ? 5e qui prouve qu'il n'était pas !ou! commenta NoDl"
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? Pre!, tout est clair de ce côté<là, conclut Nic@" 5e qui l'est moins, c'est la raison de sa !uite" #es malades n'ont pas pour ha itude de <quitter leur lit pour aller courir la campagne! 5ro&eE<moi, il doit se passer des choses louches dans cette clinique" ? #e mieu%, ce serait de se documenter aupr1s de l'oncle :douard >, proposa NoDl" 7lus question de chercher des morilles" #es en!ants regagn1rent la villa, et se rendirent aupr1s de J" Pesson, occupé à soigner ses animau% dans la 9 clinique > au !ond du jardin" #e trio !it une entrée tumultueuse dans la grande pi1ce carrelée de lanc oC le vétérinaire gardait quelques pensionnaires à plumes ou à poils" 9 Lu'est<ce que c'est que cette invasion de ar ares= demanda le grand<oncle avec un sourire indulgent" ? Nous venons admirer ta clinique, et te demander des renseignements sur une autre, appelée La Sapinière, e%pliqua Nic@" ? $h! Tu veu% parler de la clinique privée du docteur Nau ert= ? :%actement" Lu'est<ce que c'est que cet oiseau<là= > #a voi% aiguD de Nathalie lanBa de !aBon inattendue F
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9 Tu vois ien que c'est un perroquet! » 4n triple éclat de rire accueillit Scette réponse" :!!ectivement, Nic@ se trouvait placé pr1s d'un perchoir oC se tenait un vieu% perroquet à moitié déplumé F un des 9 clients > de l'oncle :douard" 9 Me ne vois pas ce qu'il & a de risi le dans ce que j'ai dit! protesta Nathalie tr1s ve%ée" ? 2l & a que tu parles à tort et à travers< comme un perroquet! pou!!a Nic@" Me voulais parler du docteur Nau ert! ? """ et tu en parlais de !aBon !ort impolie, !it J" Pesson en le menaBant du doigt" $pprends qu'il s'agit d'un homme tr1s distingué, et d'un vrai savant" Luant à sa clinique, elle a une e%cellente réputation" ? $h! on" > #es Trois N échang1rent des regards étonnés et presque déBus" $insi, La Sapinière n'était pas le repaire de andits qu'ils avaient, cru! $lors, pourquoi cet appel au secours que leur avait en quelque sorte lancé le pseudo<vaga ond= 5ependant leurs questions avaient réussi à piquer la curiosité du grand<oncle" 9 Luel est ce nouveau m&st1re à propos d'une clinique= demanda<t<il" ? Tigure<toi, oncle :douard, e%pliqua

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NoDl, que nous avons rencontré ce matin un malade échappé de La Sapinière " un homme jeune, qui avait la !i1vre et qui délirait" 4ne am ulance est venue, avec deu% hommes qui l'ont em arqué de !orce" Or, ces deu% hommes nous ont !ait une drôle d'impression" ? :t vous en aveE conclu que l'éta lissement qui les emploie est un endroit peu recommanda le= dit J" Pesson en souriant" Me reconnais ien là l'imagination !ertile de mes petits<neveu%! ? 7ourtant, protesta Nic@, ce malade,"" ? """ est jeune, dites<vous, et paraissait n'avoir pas toute sa tête= ? 5'est un peu Ba" ? Aans ce cas, ré!léchit le vétérinaire, qui sait s'il ne s'agit pas de cet automo iliste qui a eu un accident pr1s de 3oln&, il & a quelques jours= M'ai entendu dire qu'il sou!!rait d'un traumatisme crOnien, et qu'on l'avait transporté à La Sapinière. ? Tu as sKrement raison, oncle :douard! s'écria NoDl" 5e choc sur le crOne e%pliquerait son comportement iEarre" ? Pon, dit le vétérinaire, vous saveE maintenant ce que vous voulieE savoir= Aans ce cas, mes en!ants, laisseE<moi continuer mon travail et alleE jouer, vouleE<vous= >

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:n quittant le la oratoire, les Trois N étaient songeurs, et aucun d'entre eu% n'avait envie de s'amuser, comme le leur avait conseillé leur grand< oncle" #a température s'étant adoucie, as s'assirent sur un anc du jardin et se livr1rent à des commentaires sur ce qu'ils venaient d'apprendre" 9 5ette histoire de traumatisme ne me satis!ait pas, dit Nic@" A'accord, Ba permet de comprendre les propos incohérents du garBon, mais pas sa !uite""" ? """ ni ses derni1res paroles, appu&a Nathalie" 2l a un message à nous con!ier, et ne veut pas que les autres le sachent" Aonc""" ? Aonc, reprit son !r1re, o jecti! numéro 1 pour les Trois N F pénétrer dans la clinique envers et contre tout, et recueillir ce message" > 7our cette e%pédition, il !ut décidé qu'on attendrait l'apr1s<midi" 2l & avait certainement des heures !i%ées pour les visites, et on pourrait toujours !aire une tentative de ce côté<là" #e temps passa lentement au gré des trois 9 détectives > rongés d'impatience" ;ur le coup de midi, l'oncle :douard revint de sa clinique, et son premier soin !ut d'ouvrir son courrier que la tante Gosé avait placé ien en vue pr1s de son couvert" < 9 7ar e%emple! s'écria<t<il" 4ne lettre de mon

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ami $rthur Tleur&! 2l & a des si1cles que je n'ai entendu parler <de lui! ? Tleur&, l'archéologue= questionna Jme Pesson" ? #ui<même" 5e rave $rthur! Aire que nous avons usé nos !onds de culotte sur les ancs du même coll1ge, lui et moi, et qu'il est maintenant un homme cél1 re dans le monde de la science! ? $ quelle occasion t'écrit<il= ? $ttends que je jette un coup d'8il sur sa lettre, qui est !ort longue" Tiens, tiens! 2l vient s'installer à 3oln& pour quelques jours, et me demande de lui retenir une cham re à l'hôtel"
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? $ l'hôtel= Pien sKr que non! Nous avons de quoi le loger à la maison, décida aussitôt la tante Gosé" ? Pon, je vais lui répondre aujourd'hui même en lui transmettant ton o!!re, accepta l'oncle :douard" :n attendant, je vois qu'il & à de onnes choses sur cette ta le F il est temps d'& !aire honneur! > Jais l'un des convives au moins ne prêta qu'une attention distraite à ce qu'il mangeait F NoDl, qu'une idée tenaillait depuis que l'oncle :douard avait mentionné le nom de son ami" 5'est avec impatience que le jeune garBon attendit la !in du repas" $lors, il attira ses cousins sur le vieu% so!a et les questionna" 9 $veE<vous entendu le nom de cet archéologue qui va venir= $rthur #leur$l ? :h ien, quoi= répliqua Nic@, Lu'est<ce que tu & trouves d'e%traordinaire, à ce nom= 5'est joli, c'est poétique, Ba évoque""" ? #leur$, en!in, Ba ne te dit rien= coupa NoDl" ? Gien d'autre que ce que je t'ai dit" Oh! mais si" $ttends""" ? M'& suis! s'écria Nathalie" #'épouvantail""" en!in, je veu% dire""" l'homme qui s'était déguisé en épouvantail""" a prononcé ce mot F fleuri. M'ai même cru qu'il parlait d'un jardin"""
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? Toujours tr1s 2maginative, ma petite s8ur! se moqua Nic@" Aonc, il parlait d'un J" Tleur&, et voilà pourquoi il associait ce nom à celui de Pesson! ? 5e que je me demande, ré!léchit tout haut NoDl, c'est le lien qu'il peut & avoir entre ce jeune homme et l'ami de l'oncle :douard" > Or, au même moment, SJ" Pesson terminait la lecture de sa lettre" 2l !it signe au% en!ants, qui l'entour1rent aussitôt" 9 3oilà qui va vous intéresser! dit<il en randissant la missive" ? Gaconte, oncle :douard! pria Nathalie" ? #e mieu%, c'est que vous lisieE cette lettre vous<mêmes, suggéra le vétérinaire" 3ous & trouvereE sans douté S les réponses au% questions que vous vous poseE" > Nic@ s'en empara vivement, et le trio alla de nouveau s'installer sur le so!a pour & déchi!!rer les pattes de mouche couvrant de nom reu% !euillets"

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CHAPITRE V Le #'ie" Pi(o #$ #:TTG: de l'archéologue était un vrai roman !leuve, et, en outre, tru!!ée de termes< savants" $ussi, lorsque NoDl en eut achevé la lecture à voi% haute, Nathalie déclara qu'elle n'& avait rien compris" 9 5'est parce que tu es idiote! !it Nic@ en haussant les épaules" ? Luel toupet! s'indigna la petite !ille" ;i
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tu es tellement plus intelligent que moi, m'e%pliqueras<tu ce que c'est qu'une 9 soli!luction>= ? :h ien""" euh""" a!ouilla le jeune garBon em arrassé, c'est un truc""" un machin""" ? Qa! ha! s'escla!!a Nathalie, je constate que mon génial !r1re n'a pas mieu% compris que son idiote de s8ur! > NoDl intervInt avec diplomatie" 9 M'avoue qu'il & a là<dedans des tas de mots savants qui ne m'ont pas paru tr1s clairs, à moi non plus" 5ependant, si vous vouleE, je peu% vous résumer l'essentiel de la lettre" ? Ponne idée! approuva sa cousine, cependant que Nic@ prenait l'air résigné de celui qui sait déjà tout" ? Aonc, commenBa NoDt, ce J" Tleur& annonce à l'oncle :douard sa prochaine arrivée à 3oln&" 2l compte être ici apr1s<demain, je crois, et séjourner quelque temps dans le pa&s" #a raison de sa venue= 2l e%plique qu'a&ant étudié de vieu% manuscrits, il est tom é par hasard sur un te%te qui lui !ait soupBonner l'e%istence d'un trésor archéologique tout pr1s d'ici" ? 4n trésor! répéta Nathalie en ouvrant de grands &eu%" ? 7euh! !it Nic@" Tu aurais tort de te monter
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la tête, ma !ille" 2l ne s'agit sKrement ni d'or ni de ijou%" 4n trésor, pour un archéologue, c'est un tas de vieilles pierres, ou une momie toute desséchée, ou encore une molaire a&ant appartenu à l'homme des cavernes""" > #a !illette, toute déBue, se tourna vers son cousin" 9 5'est vrai, ce qu'il dit= ? Ja !oi, c'est un peu Ba! acquiesBa NoDl en riant" Jais laisseE<moi continuer, ou nous n'en !inirons pas" Aonc, J" Tleur& a l'intention de rechercher ce trésor, dont il ignore l'emplacement e%act" :t voici maintenant le plus intéressant F il a déjà envo&é sur place un jeune homme du nom de Qu ert 5lément, qui est en quelque sorte un apprenti archéologue et qui lui sert de secrétaire" 5e 5lément est chargé de prospecter le terrain en attendant la venue de son patron, retenu par un congr1s""" > Nic@ !it un ond et s'écria F 9 #e malade de la clinique, pardi! ? :vident! acquiesBa NoDl" ? :"st<ce que J" Tleur& sait que son secrétaire a eu un accident de voiture, questionna Nathalie, et qu'il sou!!re d'un trau""" d'un trau""" ? """ matisme, acheva<son "cousin" 2l sem le
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que non F sa lettre n'en parle pas" :t même, il annonce à l'oncle :douard la visite d'Qu ert 5lément" ? 3isite qu'il n'a pas pu !aire""" et pour cause! commenta Nic@" 7ourtant, je suis prêt à parier qu'il s'est échappé de la clinique parce qu'il avait quelque chose à con!ier à son patron" Ou, à dé!aut, à l'ami de celui<ci, J" Pesson" ? #'oncle :douard aurait été ien étonné, remarqua Nathalie, si ce J" 5lément s'était présenté à lui dans un vieu% costume lui appartenant, et avec ce canotier ridicule! > Nic@, tout à son idée, la !it taire et poursuivit F 9 5ette visite qu'il voulait !aire, c'est nous qui la lui !erons, et le plus vite possi le" ? Me t'ai déjà o jecté""", commenBa NoDl" ? Oui, je sais" 7our les si et les mais, mon cher cousin est toujours un peu là! ;eulement, j'ai mon idée" > ;ans plus d'e%plications, il s'approcha de J" Pesson qui !umait tranquillement sa pipe en parcourant le journal" 9 Ais, oncle :douard, tu as ien l'intention d'aller voir ce malade, n'est<ce pas= ? Luel malade= demanda le lecteur" $h! 5e jeune archéologue= :h ien oui, je pense qu'une visite s'impose" Jais j'ai comme une
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idée que le sort de ce garBon intéresse au plus haut point mes petits<neveu%" :st<ce que je me trompe= ? Non, oncle :douard, dirent les Trois N d'une seule voi%" ? :t vous allieE proposer de m'accompagner""" par pur esprit de charité, naturellement! A'accord" M'accepte de vous & emmener, mais laisseE<moi le temps d'achever ma pipe et mon journal" > #es en!ants échang1rent un regard de triomphe" 4n peu plus tard, le trio prenait place dans l'automo ile du vétérinaire, qui s'engagea sur la petite route si souvent parcourue depuis la veille" :n approchant du champ de l'épouvantai!, trois têtes se tourn1rent dans la même direction, et un 9 Oh! > de surprise jaillit des trois ouches F le vieu% onhomme de ois n'avait plus d'ha it" $insi dépouillé, il avait l'air si mina le que Nathalie en !ut consternée" 9 Luel dommage! > soupira<t<elle" 2l lui sem lait qu'elle avait perdu un ami" 9 Oncle :douard, pria NoDl, pourrais<tu t'arrêter un instant= ? Pien volontiers" > #e jeune garBon venait d'apercevoir un petit tas
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de vêtements négligemment jetés par terre F le costume de toile et le canotier" 9 3eneE, invita<t<il F on va le rha iller" > ;es cousins ne se le !irent pas dire deu% !ois" 7endant l'opération, menée en un temps record, NoDl e%pliqua F 9 #e chau!!eur et l'in!irmier auront voulu récupérer le p&jama" 2ls ont donc désha illé l'épouvantail, mais ne se sont pas donné la peine de le rha iller" ? 5e n'est vraiment pas chic de leur part! » déclara Nathalie" On repartit" 4n @ilom1tre plus loin, la voiture tourna sur la droite, dans un petit chemin qui a outissait à la clinique" 5elle<ci était un vaste Otiment au% murs épais et solides F une ancienne !erme, comme l'avait dit NoDl, mais modernisée à grand ren!ort de crépi et de peinture, Tout autour s'étendait un parc !ermé par une grille, à travers laquelle on apercevait des pelouses ien tondues parsemées de massi!s de !leurs" Aerri1re le Otiment, s'élevait le ois de sapins qui avait donné son nom au domaine" 7ar le portail ouvert, l'automo ile s'engagea sur une allée de graviers" $u passage, un homme en costume leu marine à outons dorés et casquette galonnée, qui se tenait sur
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le seuil d'un petit pavillon, !it un grand salut au vétérinaire" 9 5'est Qector #ouvet, le concierge, e%pliqua l'oncle :douardH 5hacun sait dans le pa&s qu'il n'a pas inventé le !il à couper le eurre! 2l a été longtemps valet dans l'ancienne !erme" Luand elle a été trans!ormée en clinique par le docteur Nau ert, celui<ci n'a pas voulu chasser le pauvre homme" $ussi lui a<t<il donné ce poste, et ce rave Qector n'est pas peu !ier de son el uni!orme! > #a voiture rangée dans le par@ing spécialement aménagé pour les visiteurs, J" Pesson et

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ses petits<neveu% gravirent les marches d'un perron, et, par une porte vitrée, pénétr1rent dans un hall" 4ne emplo&ée se tenait assise derri1re une ta le oC un panneau indiquait F %enseignements. 9 Me désire rendre visite à un malade nommé Qu ert 5lément, e%pliqua le vétérinaire" 7ouveE< vous me dire le numéro de sa cham re= > #'emplo&ée, qui avait un neE pointu chaussé de grosses lunettes, consulta un !ichier, puis répondit F 9 #es visites à ce malade sont interdites F ordre du médecin" ? Me suis J" Pesson, le vétérinaire, plaida l'oncle :douard, et je connais personnellement le docteur Nau ert" 7eut<être me permettrait<il""" ? $ucune e%ception n'est admise >, coupa s1chement l'emplo&ée" 7uis elle se replongea dans ses !iches, sans plus prêter attention au% visiteurs" 5eu%<ci se retir1rent, horri lement désappointés en ce qui concernait les Trois N" Luand ils !urent de nouveau dans le jardin, ce !ut un concert de protestations F 9 Luel accueil charmant! s'écria NoDl" ?4n vrai dragon! appu&a sa cousine" ? 2l n'& a vraiment pas mo&en de contacter

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le docteur sans passer par 2ntermédiaire de ce cer 1re= > insista Nlc@" J" Pesson secoua la tête" 9 7eut<être, mais je n'en !erai rien" Qu ert 5lément est sans doute tr1s !atigué à la suite de son escapade, d'oC cette interdiction" ? #e pauvre! compatit Nathalie" ? Me téléphonerai demain pour avoir de ses nouvelles >, promit l'oncle :douard" Jais cela ne consola pas les trois en!ants, qui !aisaient grise mine en remontant dans l'auto" 5omme celle<ci !ranchissait à nouveau le portail, un homme, avec de grands gestes, !it signe au conducteur de stopper F c'était Qector #ouvet" #'oncle :douard !reina, se pencha par la porti1re et demanda F 9 Lue se passe<t<il= ? 5'est pour le chien 7ipo, e%pliqua hOtivement le concierge, qui roulait des &eu% a!!olés sous sa elle casquette galonnée" Me ne sais pas ce qui lui prend? il étou!!e! » Aéjà le vétérinaire avait sauté hors de la voiture et ordonnait F 9 JontreE<le<moi! > #ouvet l'entraIna vers une niche située derri1re le pavillon oC il logeait" Pien entendu, les Trois N suivirent, dévorés de curiosité" 4n
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spectacle asseE lamenta le les attendait F couché sur le !lanc, un vieu% chien de erger haletait péni lement" Ae temps à autre un gémissement lui échappait, et il levait vers le concierge un regard suppliant" Tandis que J, Pesson s'agenouillait pr1s de la pauvre ête et l'e%aminait, Qector e%pliqua F 9 5'est le chien de !eu mon maItre, que j'ai recueilli à sa mort" 2l a ien quinEe ou seiEe ans maintenant, je ne sais plus" > 5ependant, le vétérinaire, a&ant retroussé sa manche, introduisait sa main dans la gueule du chien" :t rusquement, il poussa une e%clamation de triomphe en randissant quelque chose" 9 3oilà le responsa le, dit<il" 5'est un morceau d'os qui s'était coincé dans le gosier" #e pauvre 7ipo est presque édenté à !orce de vieillesse F il !audra éviter désormais de lui donner des aliments trop durs" > Aéjà le chien se remettait sur ses pattes" 5oupant court au% marques de gratitude d'Qector, l'oncle :douard lui demanda de quoi se laver les mains" #e concierge le !it entrer dans sa loge, qui était petite et encom rée, puis lui amena une cuvette d'eau ti1de et une serviette" 9 3ous aveE sauvé le chien de mon maItre F

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grand merci, monsieur Pesson >, ne cessait<il de répéter" Luelques minutes plus tard, apr1s avoir pris congé du rave homme qui agita longuement la main dans leur direction, les trois en!ants et leur grand<oncle remont1rent en automo ile" 9 :t voilà F une visite manquée! > commenta NoDl" 5e n'était pas l'avis de Nic@, qui ar orait un large sourire" 9 7enses<tu! dit<il à mi<voi%" 4n coup pour rien, d'accord! Jais !ais<moi con!iance F il & aura une suite! >

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CHAPITRE VI L'e"trée $e ser)i#e :N $TT:NA$NT cette suite promise par Nic@, les Trois N jug1rent utile de se renseigner sur La Sapinière. $ussi, pendant le trajet de retour, le grand<oncle !ut<il om ardé de questions" $ qui appartenait la !erme avant sa trans!ormation en clinique= demanda NoDl"

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? Jais, vo&ons, intervint NathalieH tu as entendu aussi ien que moi! #e propriétaire s'appelait J" Teu""" un drôle de nom, d'ailleurs! ? Luoi! Lu'est<ce que tu chantes là ! > s'e%clama Nic@ ahuri" 4n peu décontenancée, la !illette e%pliqua F 9 Tout à l'heure, le concierge, en parlant de 7ipo, a dit F 9 le chien de ! eu "mon maItre" > Tu vois ien! ? 5e que je sais, c'est que tu n'en rates pas une, de êtise! > répondit Nic@ entre deu% éclats de rire" NoDl lui<même se retenait de pou!!er" ;eul, l'oncle :douard réussit à garder son sérieu% pour e%pliquer à Nathalie morti!iée F 9 #eu est un vieu% mot qui signi!ie 9 décédé >" :n réalité ce !ermier s'appelait $lphonse 7ichon" 5'était un vieil homme solitaire, sans !emme ni en!ants, qui gérait son domaine avec l'aide d'un unique valet" ? Qector #ouvet= ? #ui<même" ;ur la !in de sa vie, 7ichon a renoncé au travail de la terre, devenu trop dur pour lui" 2l s'est contenté de cultiver son jardin et d'élever quelques poules et quelques lapins" Jais il a gardé son !id1le Qector, qui l'a servi jusqu'au out"
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? :t le docteur Nau ert, dans tout Ba= interrogea Nic@" ? M'& arrive" 5e médecin cherchait à !aire construire 4ne clinique de plein air" #a !erme de 7ichon lui a plu F il a réussi à la lui acheter en viager" ? 3iager! Lu'est<ce que Ba veut dire= questionna Nathalie" ? Lue le docteur Nau ert pa&ait une pension au vieu% !ermier, mo&ennant quoi, à la mort de celui<ci, la !erme lui appartiendrait" Jais j'ai entendu dire que 7ichon avait cédé seulement les Otiments et le terrain qui l'entoure""" ce qui constitue l'actuelle clinique et son parc"
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? :t le reste des terres= s'enquit NoDl" ? M'ignore à qui elles ont été attri uées" ;ans doute au% héritiers du vieu% !ermier""" s'il en e%iste"> On arrivait à la villa" #e vétérinaire rentra sa voiture au garage, puis se rendit à son ca inet de consultation" Aemeurés entre eu%, les Trois N se concert1rent" 9 On saute sur nos vélos et on retourne là< as! invita Nic@" ? Tu comptes réussir à !orcer la porte de la clinique= demanda son cousin" ? 7as tout de suite" Me voudrais d'a ord interroger le concierge" 2l ne pourra rien nous re!user, maintenant que l'oncle :douard a sauvé son chien" ? Qum! Me doute qu'il nous soit d'un grand secours! 2l ne paraIt pas dé order d'intelligence""" ? """ lui non plus! > acheva Nic@ en regardant sa s8ur avec malice" $ sa grande surprise, celle<ci ne réagit pas" 9 Ae toute !aBon, poursuivit le jeune garBon, l'intelligence n'a rien à voir là<dedans" 2l connaIt les lieu% à !ond, c'est ce qui m'intéresse"

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? A'accord pour cette e%pédition, dit NoDl" Jais je re!use de l'entreprendre tout de suite" $ttendons au moins que le jour aisse" > Nathalie se rangea immédiatement à l'avis de son cousin, si ien que Nic@ dut céder à un contre deu%" ;a patience, qui était courte, !ut mise à rude épreuve" 3ers les si% heures il n'& tint plus" 9 22 !ait asseE som re, maintenant! assura<t<il" :n route! > #es Trois N en!ourch1rent leurs vélos, et pédal1rent all1grement sur le chemin de La Sapinière. $rrivés à pro%imité de la clinique, ils cach1rent leurs engins dans un !ourré" 7uis ils gagn1rent à pied le pavillon du concierge" 5e dernier était cheE lui, en train de manger en compagnie de 7ipo ? lequel paraissait tout à !ait en !orme" 9 Ponjour, monsieur" Me pense que vous nous reconnaisseE= dit NoDl" Nous sommes venus tout à l'heure avec notre oncle, J" Pesson" ? Pien sKr! acquiesBa Qector #ouvet" Me n'ou lie pas les services rendus, moi! ;ans lui, mon pauvre ca ot""" ? Nous l'avions accompagné pour rendre visite à un malade, coupa Nic@" Qu ert 5lément, vous connaisseE=
Ils alignèrent à pie le pavillon u concierge,*
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? :uh, non! répondit le concierge, !ronBant les sourcils dans un grand e!!ort de ré!le%ion" ? 4n jeune homme qui a été victime d'un accident d'auto! insista NoDl" ? $h! j'& suis! s'écria l'e%<valet de !erme" 5elui qui a reBu un coup sur le crOne, et qui s'est sauvé cette nuit= ? Mustement" ;aveE<vous oC on l'a mis= ? Pien sKr, que je le sais! #es malades un peu agités, on leur donne la cham re numéro 1/, celle qui a des arreau% devant la !enêtre" :lle est au premier étage" ? Jais ce jeune homme n'est pas un agité! protesta Nathalie" ;'il s'est sauvé, c'est que""" > :lle se tut, car son !r1re venait de lui écraser les orteils en signe d'avertissement" 5hangeant aussitôt de sujet, le jeune garBon remarqua F 9 3ous ha iteE une ien elle clinique! Me suppose que vous en connaisseE tous les recoins= ? :t comment! se rengorgea l'homme" M'& étais déjà au temps oC c'était la !erme à J" 7ichon! > Nic@ !it un clin d'8il à son cousin, qui entra aussitôt dans le jeu" $ l'aide de questions ha iles, au%quelles l'e%<valet répondit complaisamment, les Trois N réussirent à se

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!aire une idée e%acte de la con!iguration des lieu%" #e parc, tout d'a ord F celui<ci n'était entouré d'une grille que sur trois côtés, le quatri1me étant occupé par le petit ois" Aonc, pour & entrer ou pour en sortir, pas de pro l1me" Luant à la maison, elle possédait deu% issues F la grande porte empruntée par les visiteurs, et, à l'opposé, l'entrée des !ournisseurs donnant sur les cuisines" #'une et l'autre étaient !ermées apr1s neu! heures du soir"

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;atis!aits des renseignements qu'ils venaient de glaner, les en!ants prirent congé d'Qector #ouvet" 4ne !ois dehors, Nic@, promu che! de !ile, entraIna les deu% autres le long de la grille, de !aBon à atteindre le ois de sapins" 5omme sa s8ur traInait en arri1re, il l'apostropha vivement" 9 Aépêche<toi, Nathalie! ? M'avancerais plus vite, si je n'avais pas si mal à un pied! riposta la !illette" Luand tu marches sur les orteils de quelqu'un, toi, alors, tu n'& vas pas de main morte! ? Ae pied mort! recti!ia Nic@" A'ailleurs, si je t'ai écrasé le pied, c'est pour t'éviter de !aire une ga!!e""" une de plus! ? Jéchant, va! ? 5hut! intervint NoDl" On va !inir par vous entendre de la clinique! > #e !r1re et la s8ur, un peu con!us, se turent aussitôt" #es Trois N avaient maintenant atteint le petit ois" Tournant à angle droit, ils march1rent sous les sapins" 2l & !aisait som re, et Nathalie, craintive, alla , prendre la main de son cousin" $pr1s quelques diEaines de m1tres, Nic@ s'arrêta rusquement" 9 3oici l'entrée de service, chuchota<t<il"

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5'est par là que je vais essa&er de pénétrer dans la place" ;ur la !ace arri1re du Otiment, on distinguait en e!!et une petite porte !ermée" 9 5'est imprudent! estima NoDl" $ cette heure< ci, il & a sKrement eaucoup de monde dans les cuisines F regarde toutes ces !enêtres éclairées! ? :h ien, justement! Me passerai plus !acilement inaperBu" ? N'& va pas, Nic@ >, pria Nathalie, toute rancune envolée" Gien n'& !it F le jeune garBon resta iné ranla le dans sa décision" 2l recommanda au% deu% autres de l'attendre à cet" endroit, se glissa entre les sapins, !ranchit en courant la Eone sans ar res qui séparait le ois de la maison, et s'arrêta en!in devant la petite porte" 2l attendit quelques secondes, puis tourna lentement la poignée" NoDl et Nathalie le virent s'engou!!rer à l'intérieur de la clinique, et peu apr1s la porte se re!erma derri1re lui"

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CHAPITRE VII C' %bre +, se trouvait dans un étroit couloir !ai lement éclairé" 7ar contre, de la lumi1re !iltrait au<dessus d'une porte donnant sur une pi1ce dans laquelle "on !aisait grand ruit" Ae plus, il en sortait d'alléchantes odeurs" 9 #a cuisine >, supposa le jeune garBon" 2l avanBa sur la pointe des pieds, mais à
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peine avait<il dépassé cette porte qu'elle s'ouvrit" Luelqu'un allait sortir! Nic@ chercha un endroit oC se dissimuler" 4ne autre porte !aisait suite F il tourna une cle!, et trouva""" un placard si rempli de vaisselle, qu'un chat n'aurait pu s'& loger" 9 3ite, une autre issue! > 5'est grOce à la lumi1re provenant de la cuisine, dont la porte était maintenant grande ouverte, que Nic@ en découvrit une autre sur la cloison opposée" 4n simple loquet à soulever, et la cachette idéale se présenta à lui F c'était une resserre, dans laquelle des quantités de provisions étaient rangées sur des étag1res" 5omme il venait d'& pénétrer, il vit sortir de la cuisine une emplo&ée traInant une ta le roulante couverte de mets" 7ar chance, elle marchait à reculons, et ne se retourna qu'une !ois la ta le engagée dan> le couloir" Jais déjà le jeune garBon se trouvait en sécurité" « 5ette !emme va porter les repas au% malades, pensa<t<il" A1s qu'elle aura pris de l'avance, je sortirai de là" » 5e qu'il !it au out d'une minute à peine" 4n coup d'8il circonspect sur le couloir lui apprit qu'il était de nouveau désert" Nic@ le

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parcourut rapidement, et dé oucha, par une porte attante, sur un palier au milieu duquel se trouvait une cage d'ascenseur" $ côté s'amorBait un escalier" 2l nota que la ca ine de l'ascenseur était en train de monter F l'emplo&ée et sa ta le, sans doute" $lors il emprunta l'escalier, au% marches recouvertes d'un tapis F par!ait pour étou!!er le ruit de ses pas! $rrivé au premier étage, il dut se plaquer contre le mur F la !emme sortait de l'ascenseur en tirant la ta le" #'opération terminée, elle se dirigea vers une porté marquée d'un +, et disparut dans une cham re" $lors Nic@ prit à tout hasard le couloir de gauche, e%aminant chaque porte, et parvint ainsi au numéro 1," :nsuite, plus rien F il avait choisi le mauvais côté! 9 5'est ien ma chance! > maugréa<t<il" 2l dut attendre, avant de repartir en sens inverse, que l'emplo&ée eKt quitté la cham re + pour pénétrer dans la 0" $lors Nic@ !onBa de l'autre côté du couloir, qu'il longea hOtivement" $ premi1re vue, pas de cham re 1/! 7ourtant, Qector avait dit 9 au premier étage >! Lue !aire= Aans sa perple%ité, Nic@ ne vit pas s'ouvrir la porte de la cham re 1.""" et se

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trouva neE à neE avec un malade en ro e de cham re, qui lui jeta un regard surpris" Prusquement, le garBon se décida" 9 ;'il vous plaIt, monsieur, la cham re 1/= ? #a cham re 1/= répéta l'homme" $h! oui" 5'est celle qui est dans le ren!oncement au out du couloir, > Nic@ remercia, et courut à l'endroit indiqué" 7as étonnant s'il n'avait rien vu! $u !ond d'une sorte de niche o scure, il & avait une porte sur laquelle était peint le numéro 1/" 7our l'ouvrir, il dut tourner une cle!" $pr1s la premi1re porte, une seconde, celle<là capitonnée et munie d'un verrou" :t le jeune garBon se trouva rusquement plongé dans l'atmosph1re moite d'une cham re de malade" $ucune lampe n'était allumée, et c'est à peine si l'arrivant distingua une silhouette allongée dans un lit" 9 Jonsieur! chuchota<t<il" ? Qein! Lui est là= > !it l'homme en sursautant" Ou!! 5ette voi% parut !amili1re au jeune garBon" 9 5'est moi, Nicolas Genaud, sou!!la<t<il" 3ous saveE= On s'est déjà rencontrés ce matin""" et il & avait aussi ma s8ur et mon cousin" $h! oui, les trois en!ants= >
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? #e ton du jeune homme e%primait le soulagement" 9 $insi, vous aveE pu me retrouver= Me n'& comptais gu1re" 2ls m'ont en!ermé ici, et c'est comme si j'étais en prison" ? Lui, i+s= ? #es deu% hommes qui m'ont rattrapé ce matin" #es mêmes qui""" mais il !aut d'a ord que je vous' e%plique""" ? 5ela ne vous !atiguera pas trop= ? Oh! vous saveE, je vais déjà ien mieu%! ? $lors, pourquoi interdit<on les visites= ? 2ls ont intérêt à ce que je ne parle à personne" Jon escapade a !ourni un e%cellent
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préte%te pour me oucler" Jaintenant, je vous en prie, écouteE<moi! > $lors commenBa un long récit, que Nic@ enregistra dans les moindres détails F Qu ert 5lément, envo&é à 3oln& par son patron, avait donc été victime d'un accident avant même d'& parvenir F un pneu éclaté, puis la rencontre rutale avec un ar re""" Aes villageois, le trouvant inanimé au milieu des dé ris de sa voiture, le transport1rent à #a Sapinière. Jalheureusement, la clinique était au complet" Ne pouvant le renvo&er dans cet état, l'économe lui avait !ait préparer un lit dans une salle du dernier étage, qui servait ha ituellement de dé arras" 5'est là qu'au cours de la nuit précédente, le lessé était pour la premi1re !ois sorti de l'inconscience" 5e qu'il vit alors lui !it croire que son délire persistait F deu% hommes rôdaient dans la pi1ce, e%aminant à la lueur d'une lampe de poche les vieu% meu les qui l'encom raient" Or Qu ert ne rêvait pas F il s'agissait ien de deu% individus en chair et en os, lesquels, ignorant sans doute sa présence, parlaient entre eu% sans se gêner, ien qu'à voi% asse" 9 5e maudit papier n'a pas,"l'air d'être ici! dit l'un des deu%, une esp1ce de colosse" ? 7ourtant, quand j'ai tiré les vers du neE à ce
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pauvre Qector, répondit son compagnon, qui était petit et maigre, il m'a a!!irmé que le testament avait dK être écrit" ? ;eulement, voilà! 2l ne l'a jamais retrouvé""", et nous pas davantage! ? #e vieu% l'aura caché soigneusement avant de mourir" ? 7ourquoi ici plutôt qu'ailleurs= ? Jon pauvre Naston, ce que tu peu% être ouché! #es vieilleries provenant de l'ancienne !erme n'ont pas été encore jetées F tout a été rassem lé dans les com les, en particulier dans cette pi1ce" Tu comprends, maintenant= ? Oui, Gaoul" Jais à !orce de chercher sans rien trouver, je commence à ne plus & croire! ? Joi> je suis sKr qu'on & arrivera" ;eulement, le temps presse! $rthur Tleur&, l'archéologue, arrivera sous peu dans le pa&s" Nous devons à tout pri% le devancer" > :nsuite, le silence régna, car les deu% comp1res se livraient activement à leurs !ouilles F ils ouvraient des tiroirs, soulevaient des planches, glissaient les mains dans des rainures""" en vain, sem lait<il, 9 3o&ons le lit! dit soudain le plus petit" #es sommiers constituent d'e%cellentes cachettes" > 7lus mort que vi!, le lessé les entendit
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venir" $lors il se hOta de !eindre le sommeil" Jais quand une lourde main se posa sur lui, il ne put s'empêcher de sursauter" #e dénommé Naston laissa échapper un juron" 9 22 & a quelqu'un de couché dans ce lit, dit<il" 2l ne dort pas" Aonc, il a tout entendu" ? 7as sKr, répliqua son compagnon" 2l paraIt plutôt mal en point! ? Tout de même, il !aut !aire quelque chose pour l'empêcher de jaser, au cas oC""" ? Tu as raison F on s'en occupera d1s demain matin" Jaintenant, !ilons!

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? :t voilà! conclut le malade" 5ette conversation m'avait appris une chose F d'une !aBon que je ne m'e%plique pas encore, ces deu% individus cherchent à contrecarrer les projets de mon patron" 2l faut absolument les en empêcher" > #e lessé avait presque crié ces derni1res paroles" :nsuite il se tut, apparemment épuisé" 2l reprit au out d'un moment F 9 5'est cette idée qui m'a poussé à !uir F je devais sans tarder avertir J" Tleur&" Ou du moins, s'il n'était pas encore venu, entrer en relations avec son ami, J" Pesson" M'ai attendu l'au e pour me glisser dans les couloirs de la clinique, et j'en suis sorti grOce à une !enêtre du reE<de<chaussée laissée ouverte" M'ai marché un peu au hasard, et, dans un champH m'est apparu un épouvantail F il m'a !ourni des vêtements plus décents qu'un p&jama" M'ai continué à errer, cherchant à gagner le village" Jais un malaise m'a pris, j'ai dK m'étendre par terre, et""" la suite, vous la connaisseE" > 4ne nouvelle pause, puis le lessé murmura F 9 Me compte sur vous pour mettre en garde J" Tleur&" 5'est le t&pe même du savant qui vit dans les nuages" 2l est si on, si naZ!""" aideE<le, je vous en prie!

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? 7romis! > dit gravement Nic@" ;oudain, il & eut un ruit de pas dans le couloir" 9 On vient! jeta le malade" 3ite, cacheE< vous!> 9 5'est sKrement la !emme qui apporte le repas », pensa le jeune garBon tout en se glissant sous le lit" Jais ce n'était pas elle" #a premi1re porte !ut rutalement plaquée contre le mur, puis la seconde, quelqu'un !it irruption dans la cham re, et presque aussitôt la lumi1re inonda la pi1ce" Ae sa cachette, Nic@ aperBut deu% grands pieds surmontés d'un pantalon F un homme! $lors il sut, sans doute possi le, qu'il s'agissait de Naston, l'in!irmier"

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CHAPITRE VIII Le #' riot N25Y eut immédiatement con!irmation de ses soupBons, car une voi% !orte, qu'il reconnut trop ien, éclata dans le silence F 9 Lui est entré dans cette cham re et n'a pas re!ermé les portes à cle! en ressortant= > voci!éra l'arrivant" #'in!irmier ? car c'était lui ? ajouta d'un

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ton plus calme F 9 Me parie que c'est cette écervelée d'$nna, quand elle est venue apporter le repas! > 9 Ou!! pensa Nic@" Au moment qu'il croit tenir la responsa le, il ne cherchera pas plus loin" > Qélas! ;on soulagement !ut de courte durée, car peu de temps apr1s on !rappa à la porte""" et la serveuse !it son entrée avec la ta le roulante" $ vrai dire, le jeune garBon ne vit que les roues de la ta le, et les pieds d'$nna" Jais cela lui su!!it pour comprendre que c'en était !ini de sa relative sécurité" #'in!irmier, cherchant qui avait ouvert les portes, penserait à un visiteur venu de l'e%térieur""" et ne tarderait pas à le découvrir" :!!ectivement l'homme, apr1s un temps de ré!le%ion, s'écria F 9 2l & a quelqu'un dans cette cham re ! > et il se mit à !ureter un peu partout, en commenBant par le placard" :nsuite il revint vers le lit, et se aissa pour regarder dessous" Tort heureusement Nic@ ne l'avait pas attendu F il avait rampé pour s'en e%traire, et, toujours cour é, opérait maintenant un mouvement tournant destiné à le rapprocher de l'entrée" Or la serveuse n'avait pas re!ermé les portes, ce qui donnait une chance au jeune

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garBon" Ae plus, la ta le roulante !ormait partiellement écran entre lui et l'in!irmier, occupé en ce moment à se remettre sur pieds F opération péni le qui lui arracha des grognements" Jais derri1re la ta le il & avait $nna, restée plantée en cet endroit pour o server la sc1ne dont le sens devait lui échapper" Nic@ décida de jouer son va<tout" 7enché en avant, il prit son élan et !ranchit en un éclair la distance qui le séparait de la premi1re porte" 4n cri jaillit, poussé par $nna F 9 Luelqu'un vient de sortir! > 9 5atastrophe! > pensa Nic@ en accélérant son allure" 9 M'en étais sKr! a o&a l'in!irmier" #aisseE<moi passer, vous! > 2l & eut un nouveau cri de la part de la serveuse, qu'il avait dK ousculer, puis un ruit de vaisselle risée F la ta le roulante avait mal résisté à l'assaut! Jieu% F un chapelet d'imprécations !it comprendre au !ugiti! que l'homme pataugeait dans les sauces renversées" 9 Ponne a!!aire, se dit Nic@ en riant intérieurement" 5'est autant de gagné pour moi! > :n e!!et, il put !ranchir la seconde porte, puis suivre le couloir jusqu'au palier, sans

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apercevoir derri1re lui la massive silhouette de l'adversaire" Jais il se trouvait devant un dilemme F quelle voie emprunter= Naturellement, il aurait eu intérêt à redescendre l'escalier pour tenter de gagner la sortie" Or il jugea la chose impossi le, car juste à ce moment, quelqu'un en gravissait les marches" Gestait l'autre partie du couloir, ou l'escalier vers le haut" #e couloir, il le savait, a outissait à une impasse" $lors il choisit l'escalier" Jais les précieuses secondes qu'il avait perdues à hésiter, l'adversaire les avait mises à pro!it F il apparut comme Nic@ se trouvait à mi< étage, et grimpa aussitôt à sa suite" $rrivé au palier supérieur, le jeune garBon, vit un autre couloir, et le prit à tout hasard sur la gauche" Aes cham res, encore des cham res""" $h! 3oilà qui était nouveau F une porte sans numéro, mais avec une inscription F 9 ;alle de pansements >, lut<il" 2l l'ouvrit sans di!!iculté, entra, puis re!erma et s'adossa au cham ranle pour reprendre son sou!!le" :n même temps il e%aminait son re!uge, cherchant avec des &eu% a!!olés quelque recoin oC se lottir F rien! 2l n'& avait, dans cette pi1ce, que des vitrines ourrées de !lacons et d'instruments à usage

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médical" Or, déjà le pas de son poursuivant résonnait sur le palier, hésitait, repartait ? ô joie! ? dans la partie opposée du couloir" 3ite! 2l !allait pro!iter de ce sursis" 5'est alors qu'à la !ai le lumi1re qui régnait dans la salle, Nic@ posa les &eu% sur une sorte de long chariot recouvert de moles@ine et monté sur quatre roues caoutchoutées" 4n drap plié était posé sur la ta lette horiEontale" 9 5e truc doit servir à transporter les malades>, pensa<t<il" $ ce moment il & eut un choc de hauts talons sur le carrelage du couloir, accompagné d'un ruit de voi% !éminines" #es pas s'arrêt1rent devant la porte de la salle de pansements" 9 7lus une seconde à perdre! > se dit Nic@" ;aisi d'une inspiration, il se glissa sous le chariot, et, arc< outant ses pieds et ses mains contre les montants, se plaqua sous la couchette" 9 5omme position con!orta le, on !ait mieu%!> pensa<t<il" Jais il n'avait pas le choi%" #'essentiel était de passer inaperBu" 7our cela, en se contorsionnant, il réussit à< dé!aire le drap pour en !aire retom er les pans sur les côtés"

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2l était grand temps! Aeu% !emmes arriv1rent ? deu% in!irmi1res, jugea Nic@ ? et !irent de la lumi1re" Optimiste, le jeune garBon supposa F 9 :lles viennent seulement chercher un o jet" ;i je ne ouge pas, elles repartiront sans me voir" > 2l ne se trompait pas" Jais l'o jet que venaient prendre les arrivantes n'était ni un !lacon, ni une ande de gaEe" 9 5e chariot !era l'a!!aire, dit l'une d'elles" 5'est pour le malade du ." #e docteur veut qu'on le lui am1ne à la salle d'opérations pour un e%amen" ? ;i tard que Ba= s'étonna l'autre" ? Lue veu%<tu! ;es journées sont tr1s chargées, en ce moment" > Tout en parlant, les in!irmi1res avaient mis le chariot en mouvement" #'une poussant, l'autre tirant, elles le !irent sortir de la salle de pansements, éteignirent, re!erm1rent la porte" Nic@, atterré, se plaqua davantage encore contre la couchette, regrettant de ne pas être aussi plat qu'une sole""" et aussi léger qu'une plume! #es deu% !emmes n'allaient<elles pas s'apercevoir de ce !ardeau supplémentaire= Mustement la premi1re remarqua F 9 2l est ien lourd, ce chariot! ? 5'est vrai F les roues doivent avoir esoin d'être graissées, répondit la deu%i1me"
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? :t ce drap qui est tout dé!ait"""! Tu m'aides à le replier= ? Gien ne presse F nous le !erons en arrivant" :coute plutôt""" > 4n !lot de paroles suivit F apparemment, les deu% in!irmi1res avaient des tas de choses passionnantes à se raconter, et c'est ce qui 3alut à Nic@ de ne pas être découvert" Jalgré tout, sa situation n'avait rien d'envia le F ses muscles raidis étaient menacés de crampe" Tiendrait<il encore longtemps= 2l !rémit en pensant à ce qui se passerait s'il lOchait prise"

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Naston se trouvait sKrement dans les parages! $ cette idée, il !it appel à toute son énergie pour mieu% se cramponner" De toute !aBon, il lui !audrait ien sortir de là< dessous à un moment ou à un autre, et comment le !aire sans attirer l'attention= 2l décida d'attendre ? si possi le ? l'instant oC les in!irmi1res !eraient passer le malade de son lit dans le chariot" ;oudain, il nota que le véhicule avait stoppé sur le palier" 7uis il comprit que ses convo&euses appelaient l'ascenseur pour descendre à la cham re ." Ou!! #a délivrance était proche" Jais, comme la ca ine venait d'arriver, un pas lourd se !it à nouveau entendre""" et l'in!irmier s'approcha, si pr1s que Nic@ aurait pu le toucher" 9 3ous n'aveE pas vu quelqu'un qui !u&ait= demanda<t<il" ? Non, répondit l'une des !emmes" :st<ce qu'il s'agit encore du malade de la nuit derni1re= > #'homme marmotta une réponse inaudi le et s'éloigna" 4ne onde de soulagement su mergea Nic@" :lle !ut de courte durée" #e chariot avait déjà deu% roues dans la ca ine, quand une sorte de rugissement retentit F 9 $rrêteE! Me le vois F il est caché là<dessous! >

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Aans le rouhaha qui suivit, Nic@ perBut les e%clamations de surprise des in!irmi1res, les ordres jetés par Naston F 9 OteE<vous de là! #aisseE<moi l'attraper! > #e jeune garBon, a!!olé, réagit avec rapidité" Tandis que l'homme se saisissait du chariot et le tirait en arri1re, il opéra un mouvement inverse qui l'amena au niveau de la ca ine" $lors il se laissa tom er sur le plancher de celle<ci" Tandis que la porte se re!ermait automatiquement devant Nic@, un ré!le%e lui !it appu&er sur le outon marqué 9 G"5" > F reE<de< chaussée" #'ascenseur se mit en mouvement, et son passager entendit des voci!érations, suivies d'une cavalcade de pas F Naston et les in!irmi1res tentaient de le rejoindre en empruntant l'escalier" 9 7lus vite! 7lus vite! > murmura le jeune garBon en trépignant, comme si l'ascenseur avait pu l'entendre et lui o éir" Pien que la descente lui parKt d'une mortelle lenteur, Nic@ arriva pourtant en as on premier" 2l entendait encore, ien au<dessus de lui, les pas qui é ranlaient les marches" 2l jaillit hors de la ca ine et se rua sur la

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porte attante" 7ar chance, le couloir desservant les cuisines était désert" :t ientôt le !ugiti! !ranchissait le seuil de l'entrée des !ournisseurs et se retrouvait dehors" 2l était li re! :n!in, provisoirement, car l'in!irmier pouvait surgir d'un instant à l'autre" $ussi le jeune garBon prit<il sa course en direction du ois de sapins plongé dans l'o scurité" $rrive sous le couvert, il émit un petit si!!lement F un si!!lement identique lui répondit, et deu% om res sortirent de derri1re un ar re" 9 $lors= questionna NoDl" ? Tu as pu le voir= dit Nathalie" ? Tout à l'heure,""! al utia Nic@, ;auvons< nous vite! > ;ans plus de questions, les deu% autres détal1rent à sa suite" Tandis qu'ils contournaient le parc de la clinique, les trois en!ants ne !irent aucune rencontre !Ocheuse" 2ls retrouv1rent leurs ic&clettes, et, sans allumer leurs lanternes, se mirent à pédaler de toutes leurs !orces en direction de ce havre de sécurité que représentait pour eu% la villa de l'oncle :douard"

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CHAPITRE ILe trio e".u/te concilia ule se tenait, le lendemain matin, dans la maisonnette au !ond du jardin oC les Trois N avaient leur salle de jeu%" Nic@, le héros de l'aventure de la veille, avait été chaudement !élicité par les deu% autres pour son esprit d'initiative et son sang<!roid" 9 #e !ait est, dit<il en essa&ant de prendre un
4N NG$3:

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air modeste, que le ilan de cette visite clandestine à la clinique est tout à !ait positi!" A'a ord, l'énigme de l'épouvantai! se trouve compl1tement résolue""" ? :n e!!et, approuva NoDl" ? :n plus, nous avons appris que deu% hommes, Naston et Gaoul, veulent damer le pion à J" Tleur&" ? :ncore vrai" :t tu penses, comme moi, qu'ils sont à la recherche""" ? """ du trésor, oui" ils comptent s'en emparer avant l'archéologue" Tout Ba, c'est l'évidence même" ? $lors, intervint Nathalie, tu crois que l'in!irmier et le chau!!eur s'intéressent "au% vieilles pierres, au% momies, au%""" ? Pien sKr que non! ré!uta Nic@ en haussant les épaules" 5es hommes n'ont qu'une envie F remplir leurs poches"""< et certainement avec autre chose que des caillou%! ? 7ourtant, tu m'as dit qu'un trésor archéologique""" ? M'ai dit Ba""" comme j'aurais dit autre chose, pour t'empêcher de rêver" Jais, dans ce cas particulier, je suis prêt à parier qu'il s'agit d'un vrai trésor" ? $dmettons, dit NoDl" Musqu'ici, l'a!!aire
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est claire" Jais pour le reste, il & a des quantités de points o scurs" ?Me te trouve ien di!!icile! protesta Nic@" #esquels, par e%emple= ? :h ien, comment e%pliques<tu que les deu% hommes soient au courant de l'e%istence de ce trésor= > Nic@ !it la grimace" 9 #à, j'avoue que je s1che" 2l & a une histoire de testament, dont l'ancien valet de !erme a eu connaissance et qu'il a révélée au chau!!eur""" ? #e testament du 9 vieu% >, répéta Nathalie" Luel vieu%= > 5e !ut NoDl qui répondit F 9 22 ne peut s'agir que d'$lphonse 7ichon, l'ancien !ermier" Jais lui, comment savait<il= :t pourquoi un testament= Aestiné à qui= 5omment se !ait<il qu'il ait disparu= ? Ae grOce, asseE de points d'interrogation! s'écria Nic@ en se ouchant les oreilles" 5'est on, tu m'as convaincu F mon entrevue avec Qu ert ne nous a appris qu'une partie de la vérité" Aans ce cas, je suis décidé à la découvrir tout enti1re" ? 7as toi tout seul, mais les Trois N! recti!ia sa s8ur" ? Naturellement!

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? Tu parais ou lier, remarqua NoDl de sa voi% posée, que cette a!!aire intéresse en premier lieu J" Tleur&, l'archéologue" ? Nous le mettrons au courant, ien sKr" Mustement il doit arriver""" ? """ demain à midi, précisa Nathalie" #a tante Gosé est en train de lui préparer la cham re d'amis, et j'ai promis de l'aider à con!ectionner le repas, qui sera délicieu%" 2l & aura""" ? Taratata! coupa Nic@" "5'est ien de toi, de te préoccuper de menus alors que nous avons une a!!aire grave à résoudre! ?F Tellement grave, que je me demande si nous ne devrions pas en parler à l'oncle :douard >, suggéra NoDl" ;on cousin ne paraissait pas tr1s chaud" 9 Qum! 2l !audra alors lui avouer notre équipée d'hier soir, remarqua<t<il" 2l n'appréciera pas tellement, j'en ai peur! ? 5'est vrai, admit NoDl" $ttendons plutôt la venue de J" Tleur&, et nous nous dépêcherons de le mettre au courant" ? Musque<là, les Trois N vont se croiser les ras= regretta Nathalie" ? Pien sKr que non! répondit son !r1re" Nous allons au contraire pro!iter, de ce délai pour !aire une enquête"
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? Lue proposes<tu pour commencer= demanda NoDl" ? A'aller à notre tour 9 tirer les vers au neE > à Qector" 5e qu'il a raconté à Gaoul, il consentira sKrement à nous le répéter" ? #'idée est onne, approuva NoDl, mais""" ? Jais""" quoi= s'impatienta Nic@" 3as<&, mon vieu%, dé alle tes restrictions F avec toi , j'ai l'ha itude! ? 2l & a que tu es maintenant 9 rKlé > au% &eu% des deu% hommes, et nous avec, répondit son cousin" :st<il ien prudent de retourner là< as= ? 7rudent, non, mais utile à la cause de la ;cience! déclara Nic@ d'un air tr1s no le, #es Trois N, par ma ouche, ont promis d'aider J" Tleur&""" ? """ et nous sommes prêts à tenir cette promesse, approuva NoDl en souriant> ;eulement il s'agira de ne pas nous !aire repérer" > #es en!ants en!ourch1rent donc leurs vélos, mais a andonn1rent ceu%<ci à quelque distance de la clinique" :nsuite ils continu1rent à pied en prenant par les champs" $rrivés pr1s du portail de La Sapinière, ils jet1rent un coup d'8il sur la !aBade F tout paraissait calme" $lors, avec ensem le, le trio courut jusqu'à la porte du pavillon d'Qector #ouvet"

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$u% coups !rappés par NoDl, il & eut le ruit d'un pas tramant à l'intérieur, puis le panneau s'entrouvrit, et le concierge passa une tête mal rasée par l'ouverture" ;i les Trois N s'étaient attendus à un accueil chaleureu%, ils !urent ien déBus" 9 Me""" ne peu% pas vous recevoir, a!ouilla l'homme en essa&ant de re!ermer la porte" ? Jais, monsieur, nous ne vous dérangerons pas longtemps! insista Nic@ en glissant son pied dans l'entre Oillement" Muste quelques questions à vous poser"

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? 2mpossi le, je vous dis! répéta le concierge, l'air gêné" ? :n!in, pourquoi= demanda NoDl" 3ous saveE ien que nous sommes vos amis! ? #a derni1re !ois, appu&a Nathalie, vous nous aveE tr1s ien reBus, apr1s que l'oncle :douard a guéri votre chien" ? Pien sKr, mais""" > #'homme paraissait si malheureu% que NoDl lanBa un clin d'8il au% autres pour leur !aire comprendre de ne pas insister" Nic@ retira son pied, et le concierge, avec un soulagement visi le, re!erma la porte" 9 [a alors! s'écria le plus jeune des garBons, é erlué" 5et homme<là, quelle girouette! Lu'est<ce qui lui prend, de nous recevoir comme des chiens dans un eu de quilles= ? Joi, j'ai ma petite idée, !It son cousin d'un air entendu" Me vous l'e%pliquerai quand nous nous serons éloignés d'ici" ? $ propos de chien, dit Nathalie, j'aimerais rendre une petite visite à 7ipo" 3ous m'attendeE une minute= ? Pien sKr, et même on t'accompagne" > #es trois N contourn1rent le pavillon, et se dirig1rent vers la niche du vieu% chien" 5elui<ci les accueillit avec de touchantes
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démonstrations de joie, remuant la queue et poussant des jappements de ienvenue" 9 #ui, au moins, nous reBoit ien! remarqua Nic@ en !lattant la tête !risée" ? Aommage qu'on n'ait pas pensé à lui apporter une !riandise, regretta Nathalie" ? Touille tes poches, lui conseilla son !r1re" 5omme ce sont de vrais garde<manger, tu & trouveras sKrement quelque chose" ? #es tiennes ressem lent à une outique de ric<à< rac! > riposta la !illette" Jais elle o éit à la suggestion de Nic@, et dut convenir qu'il avait raison, car elle trouva deu% morceau% de sucre au !ond d'une de ses poches" 9 [a ne sera pas trop dur pour ses dents= ? 7enses<tu! > ' #e !ait est que 7ipo croqua le sucre en un clin d'8il, puis il remua la queue de plus elle en signe de remerciement" Jais soudain son humeur parut changer, et il montra les dents tout en émettant un sourd grondement" Aestiné à qui= #es Trois N se retourn1rent d'un loc, et aperBurent l'in!irmier qui descendait les marches du perron" Tort heureusement, il ne regardait pas de leur côté" 9 3ite! Aerri1re la niche! > jeta Nic@"

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#es en!ants gagn1rent d'un ond cet a ri précaire, mais l'alerte !ut de courte durée F l'homme se dirigea vers la porte d'un garage situé dans une aile de la maison, et disparut à l'intérieur" NoDl leva par hasard les &eu% sur One !enêtre s'ouvrant à l'arri1re du pavillon" 2l & avait un visage collé contre la vitre F celui d'Qector #ouvet" #e jeune garBon & lut une e%pression oC se mêlaient la col1re et la peur" 7uis l'homme a aissa les &eu%, et vit les trois en!ants" $lors, l'air em arrassé, il laissa retom er le rideau" #es Trois N avaient repris la route et discutaient !erme" 9 $pparemment, 7ipo partage nos antipathies, commenta Nic@" $veE<vous vu son air !éroce quand il regardait l'in!irmier= ? :t la !aBon dont il grondait! appu&a Nathalie" Me suis sKre qu'il avait envie de lui mordre les mollets! ? Aommage qu'il n'ait pas d'asseE onnes\ dents! remarqua NoDl en souriant" 7ar contre, 7ipo !ait !ête au% Trois N" Lue !aut<il en conclure= ? Lue c'est un chien qui a du jugements

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répondit Nic@" ;on maItre devrait en prendre de la graine! ? ;'il s'est comporte avec nous comme il l'a" !ait, ce n'est pas de sa !aute, plaida NoDl Tout à l'heure j'en avais là vague idée, maintenant c'est une certitude" ? :%plique<toi" ? 5'est simple F Naston et Gaoul ont certainement appris que nous étions en ons termes avec Qector, depuis le sauvetage du chien par l'oncle :douard" 2ls ont donc supposé, avec raison, que nous chercherions à lui soutirer des renseignements au sujet de l'ancien, !ermier""" ? Me vois! interrompit Nic@" 7our lui ôter l'envie de parler, ils l'ont tout onnement menacé d'une raclée" #e procédé est ien dans la mani1re de cette grande rute d'in!irmier! ? """ et de ce !au%<jeton de chau!!eur, appu&a NoDl" ? 7auvre Qector! compatit Nathalie" Me comprends son mauvais accueil, maintenant" :t je crois qu'à sa place j'aurais !ait comme lui" ? Tu crois, seulement= Joi, j'en suis sKr! railla Nic@" Troussarde comme tu l'es"""! > #a !illette pinBa les l1vres, et NoDl se hOta d'enchaIner"

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9 #'ennui, c'est que notre enquête se trouve ien compromise, du moment que le principal témoin nous re!use sa colla oration! ? 5'est vrai, Ba! !it son cousin avec dépit" Nous voilà loqués" Lue !aire, maintenant= > 7ersonne ne répondit, !aute d'idée" $lors les Trois N appu&1rent sans ardeur sur leurs pédales pour regagner la villa" 5omme ij !allait ien passer le temps, le trio alla o!!rir ses services à l'oncle :douard, qui !aisait les premiers semis dans ses plates< andes F il lui !ut dévolu la tOche ingrate de l'arrachage des mauvaises her es" NoDl en pro!ita pour poser
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quelques questions au vétérinaire sur Te%< !ermier 7ic@on, mais n'apprit rien de nouveau" 7eu avant midi, la tante Gosé appela ses petits< neveu% pour une course au village F il s'agissait d'aller acheter le pain" 5'est avec joie que les en!ants saut1rent sur leurs vélos" Or, à la oulangerie, qui se tenait sur la place de la mairie, on ne vendait pas seulement du pain, mais aussi des on ons" 5'est pourquoi Nathalie en sortit avec une miche dorée sous le ras, et un gros caramel dans la ouche" #e caramel avait été gracieusement o!!ert par NoDl" #es &eu% perBants de la !illette avis1rent un jeune homme qui, sur le coup de midi, sortait d'une elle demeure s'élevant de l'autre côté de la place" #es dents collées par l'énorme on on, elle réussit à dire F 9 5'est le clerc de notaire" ? 5omprends pas, !it Nic@ qui avait !ort ien entendu" ? #e ? clerc ? de ? notaire! articula Nathalie, une joue gon!lée par le caramel roulé en oule" ? Qein! s'e%clama NoDl" $ttendeE une minute F je cours lui dire deu% mots" ? Lu'est<ce qui lui prend= s'étonna son cousin" On le connaIt à peine, ce garBon! >
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7ourtant, une conversation amicale s'était engagée entre NoDl et le clerc" Nic@ et Nathalie, en s'approchant, comprirent qu'il était question d'$lphonse 7ichon, l'e%<!ermier" #e résultat de l'entretien, NoDl le résuma peu apr1s à l'intention de ses cousins" 9 7ichon, sem le<t<il, est el et ien mort intestat" ? 5'est<à<dire""" d'une maladie dé l'intestin= > risqua timidement Nathalie" Pien sKr, elle avait dK dire une êtise, rien qu'à voir la tête de Nic@ et même celle de NoDl! #e premier, qui riait à s'en décrocher les mOchoires, tenta d'e%pliquer F 9 2ntestat""" Qa, ha! [a signi!ie""" hi, hi!""" ? """ que tu es un idiot""" ho, ho! acheva Nathalie tr1s ve%ée" ? 5e mot veut dire 9 sans testament >, intervint NoDl" ? Gien que Ba= :h ien, ce clerc doit se tromper, déclara la !illette" ;i Naston et Gaoul cherchent ce testament, Ba prouve qu'il e%iste, non= ? 7eut<être, mais personne ne l'a retrouvé" Aonc, c'est comme s'il n'& en avait pas" ? 7ourquoi le notaire s'en occupe<t<il, alors= ? 7arce qu'il est chargé de retrouver les
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héritiers" Or personne ne s'est encore présenté" Luant à l'héritage, il se compose de quelques parcelles de terrain situées à une certaine distance de l'ancienne !erme" ]< Me parie que le champ de "#'épouvantai! en !ait partie= supposa Nic@" ? Oui, justement" > #e trajet de retour se !it en silence, chacun ré!léchissant à ces renseignements" 5'était un maigre utin, mais qui donnait au% Trois N l'impression de n'avoir pas tout à !ait perdu leur matinée"

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CHAPITRE L' r#'éolo!ue attendu vers midi le lendemain, arriva !ort en retard, au volant d'une antique voiture qui !it dire à Nic@ F 9 22 a dK la trouver dans un tom eau ég&ptien!> #'homme qui jaillit du véhicule était petit, lég1rement edonnant, avec un crOne aussi lisse qu'un 8u!, et quelques poils de ar e grisOtre lui hérissant le menton" Aerri1re les lunettes
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T#:4G^,

au% verres om és, ses &eu% leus avaient un regard on et naZ!" 9 Jon vieil $rthur, quelle joie de te revoir apr1s toutes ces années! > s'écria l'oncle :douard en s'avanBant la main tendue" #e savant la lui serra longuement, et !it de même avec la tante Gosé, en redouillant des paroles de remerciement pour son hospitalité" #es Trois N s'approch1rent à leur tour" J" Pesson les présenta F 9 Jes petits<neveu%" ?i& 5harmants en!ants! » !it J" Tleur& en leur tapotant distraitement la joue" 9 22 nous prend pour des é és! » pensa Nic@ un peu ve%é" Jais le savant avait un sourire si désarmant qu'on ne pouvait s'empêcher de le trouver s&mpathique" #es Trois N l'aid1rent à décharger les agages entassés dans son automo ile" :n!in on passa asta le, au grand soulagement de la tante Gosé qui éprouvait de justes inquiétudes pour son on repas" Qélas! #e rôti était trop cuit,, le sou!!lé tout aplati" Jais pour l'attention qu'& porta le convive, autant eKt<il valu lui servir des pommes de terre ouillies! 2l restait le plus souvent la !ourchette en l'air, tout occupé à parler de son sujet !avori F l'archéologie"
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#es Trois N trouv1rent sa conversation !ort ennu&euse" Jais, au dessert, leur attention s'éveillaF le nom d'Qu ert 5lément venait d'être prononcé" 9 Me suppose qu'il t'a rendu visite, comme je le lui avais conseillé= demanda J" Tleur& à son ami" Me n'ai reBu aucune nouvelle de lui" 2l est vrai qu'une lettre a pu s'égarer F pour une question de réservation trop tardive, je n'ai pas eu de placé à l'hôtel oC je descends d'ha itude, dans la ville oC a lieu le congr1s" ? 2l & a plus grave », répondit J" Pesson" :t il conta les mésaventures du secrétaire" #'archéologue parut navré" 9 Qu ert n'est pas seulement un jeune homme tr1s doué, dit<il" 5'est aussi un e%cellent garBon, pour qui j'ai une a!!ection quasi paternelle ? et ceci d'autant plus qu'il est seul au monde" '? Ne sois pas trop inquiet à son sujet, le rassura l'oncle :douard" M'ai téléphoné au docteur Nau ert, qui m'a!!irme que sa vie n'est pas en danger" ? 7ourtant, cette interdiction de lui rendre visite= ? 5omme il est sujet à des acc1s de !i1vre, le médecin juge pré!éra le de le laisser au calme" »

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#es Trois N échang1rent un coup d'8il entendu F l'interdiction venait du docteur, certes, mais le chau!!eur et l'in!irmier avaient dK man8uvrer de leur côté" ;i ien qu'Qu ert se trouvant éliminé, J" Tleur& demeurait le seul o stacle sur le chemin conduisant _au trésor" N'avait<il pas tout à craindre de la part de ces adversaires sans scrupules= #a conclusion, c'est qu'il !allait l'avertir au plus tôt du danger qui le menaBait" 7our le moment, le savant e%posait devant son petit auditoire la raison de son séjour à 3oln& F :n étudiant de vieu% manuscrits, il avait appris qu'au troisi1me si1cle de notre 1re, une 9 villa > romaine avait e%isté au voisinage de l'actuelle ourgade" 9 3ous saveE sans doute que le mot 9 villa >` à cette époque, avait un sens eaucoup plus large que maintenant= e%pliqua le narrateur" 5'était,, non pas une simple maison de campagne, mais un village tout entier, comprenant la demeure du maItre avec ses dépendances, ainsi que les maisonnettes des esclaves chargés de cultiver ses terres" > Or ce domaine agricole en pleine prospérité avait été soudain détruit par une soli!luction" :ncore ce mot! #es Trois N !urent plongés
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dans la perple%ité, jusqu'au moment oC J" Tleur& laissa entendre qu'il s'agissait d'un glissement de terrain" 9 5e n'est que Ba= pensa Nic@" 7ourquoi dia le ces savants ne peuvent<ils emplo&er te langage de tout le monde! > < Aonc, une colline s'était rusquement écroulée, ensevelissant en une nuit les maisons et leurs ha itants" "" 9 #e maItre de la villa, Octavius Tulvius, était un personnage important venu de Gome pour coloniser ce coin de Naule, poursuivit l'archéologue" 2l est plus que pro a le que de grandes richesses ont été enterrées avec lui, et c'est pour les retrouver que je suis ici" > $u mot 9 richesses >, les Trois N avaient dressé l'oreille" 5e trésor en!oui sous la terre, c'était sKrement celui que poursuivaient le chau!!eur et l'in!irmier! J" Pesson, tr1s intéressé, questionna son ami F 9 :st<ce que tu connais l'endroit précis oC s'élevait ce village romain= > #e savant secoua la tête" 9 Qélas! non" A'apr1s le manuscrit que j'ai déchi!!ré, je peu% seulement délimiter une région peu étendue oC ces vestiges ont toutes les chances de se trouver" >

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5e disant, il déplia une carte détaillée de 3oln& et de ses environs sur laquelle il avait tracé un cercle au cra&on" 9 5'est à l'intérieur de ce cercle que je vais limiter mes recherches >, dit<il" J" Pesson se pencha sur la carte et hocha la tête" 9 Qum! #e programme me paraIt asseE vaste! 5'est tout le terrain qui s'étend du côté du village d'$vra& que tu devras e%plorer F la plaine, et les collines qui la ordent" ? $lors, La Sapinière en !ait partie= demanda NoDl"

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? Oui, ien sKr" ? 7eut<être que le trésor est juste au< dessous de là clinique= supposa Nathalie" ? 2nvraisem la le! > la contredit son !r1re" NoDl, lui, trouvait l'idée séduisante" #es deu% hommes qui recherchaient le trésor n'ha itaient<ils pas la clinique, justement= Oui, mais""" le rôle du testament, dans tout Ba= 9 4ne elle salade! > pensa le jeune garBon, qui prêta de nouveau l'oreille à la" conversation" 9 5omment comptes<tu opérer tes recherches= demandait le vétérinaire" ? :n !aisant de la géomorphologie, répondit le savant" M'ai ien pensé à utiliser l'avion, mais c'est un procédé coKteu%" > #es Trois N ouvrirent de grands &eu%" 9 #a géomorphologie""" Ba signi!ie quoi, au juste= > questionna Nic@" #'archéologue parut étonné, un peu scandalisé même, qu'on pKt ignorer un terme aussi simple" Néanmoins il e%pliqua patiemment F 9 Néomorphologie veut dire F étude de la !orme du terrain" Luand un morceau de colline se met à glisser, il "en reste des traces, même apr1s des si1cles" Ae plus, ce glissement de terrain se !ait plus volontiers en sol argileu%" 3ous le vo&eE, cela

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limite les recherches" ? Jais pourquoi l'avion= insista Nathalie" ? :h ien, si des vestiges tels que des murs de maisons sont en!ouis sous la terre, la végétation n'a pas la même teinte en ces endroits<là" ? M'ai compris! s'écria NoDl" 5es di!!érences de teintes, on ne peut les voir que de haut""" d'un avion, par e%emple" ? :%act! > applaudit J" Tleur&, qui ajouta, en se tournant vers son ami F 9 5es en!ants me paraissent avoir une vraie vocation d'archéologues!> #'oncle :douard sourit malicieusement" 9 ;i mes petits<neveu% ont une vocation, mon cher $rthur, c'est celle de détectives F ils adorent résoudre les énigmes" ? :h ien, l'archéologie n'en pose<t<elle pas= répondit le savant" Getrouver une villa romaine en!ouie depuis des si1cles, par e%emple! > 2l parlait avec tant d'enthousiasme que les Trois N se sentirent un commencement d'ardeur pour cette aust1re science" $ vrai dire, ils rKlaient surtout d'élucider un m&st1re actuel, en relation étroite avec un événement ancien" 4n peu plus tard, J" Tleur& mani!esta le

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désir d'aller classer des documents dans sa cham re" #es en!ants s'empress1rent d'o!!rir leurs services, qui !urent acceptés F pour eu%, c'était une e%cellente occasion de parler en secret à l'archéologue" 5'est apr1s une heure d'un !astidieu% travail qu'ils purent en!in a order le sujet qui les préoccupait" #e savant 3enait de leur montrer un parchemin tout jauni, celui<là même oC était révélée l'e%istence de la villa romaine" 9 :st<ce que d'autres que vous ont pu le lire, monsieur= demanda NoDl" ? Me crois être le premier à avoir posé les &eu% dessus, répondit J" Tleur&" ? 7ourtant, déclara Nic@, deu% hommes sont au courant de l'e%istence d'un trésor sous la terre, et veulent vous devancer" > #es &eu% du savant s'agrandirent d'étonnement derri1re le verre épais des lunettes" 9 5omment le saveE<vous= > #e jeune garBon lui répéta les paroles de son secrétaire" J" Tleur& écouta le récit sans roncher, puis secoua doucement la tête" 9 2mpossi le, dit<il en!in" Lui donc oserait !aire passer son intérêt personnel avant celui de la ;cience= Non, mes en!ants" Jon cher Qu ert a été

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entraIné par son E1le, à moins que la !i1vre ne l'ait égaré! ? 7ourtant, je vous assure""" > commenBa Nic@" Jais il se tut, découragé" $ quoi on essa&er de convaincre cet homme, trop con!iant, que quelqu'un menaBait ses chers travau%= ;on secrétaire l'avait ien jugé, en a!!irmant qu'il vivait dans les nuages" 7our l'en !aire descendre, ce serait di!!icile! Aéjà J" Tleur& changeait de sujet" 9 Me pars en campagne demain à l'au e, déclara<t<il" Lui veut m'accompagner= ? Joi! > cri1rent en ch8ur les Trois N" 2ls étaient décidés à veiller sur l'archéologue malgré lui, a!in de tenir" la promesse !aite à Qu ert"

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CHAPITRE -I P r %o"ts et ( r ) u0 !rais, de si grand matin, et Nathalie se réjouit d'avoir emporté sa longue écharpe" J" Tleur&, tout guilleret, marchait en tête, suivi par les Trois N encore ensommeillés" #e savant était équipé de pied en cap comme pour une e%pédition lointaine F costume de drap @a@i, souliers !errés, et sur son crOne chauve une invraisem la le casquette à carreau% munie de cache<oreilles" Ae
2# T$2;$2T

11.

plus, il emportait tout un attirail de géologue et une paire de jumelles," #a petite troupe sillonna longuement la plaine qui s'étendait en direction d'$vra&, puis gagna les collines et en commenBa l'escalade" #'avance était !ort lente, car J" Tleur& s'arrêtait à tout moment pour e%aminer le terrain, dont il prélevait par!ois des échantillons" 7uis il repartait pour recommencer le même man1ge un peu plus loin" Pre!, il !aisait de la géomorphologie" Jais les en!ants étaient loin de trouver "ennu&euse cette course à travers la nature" #a compagnie de l'archéologue les intéressait de plus en plus" Luand il consentait à parler comme tout le monde, sa conversation était passionnante F il connaissait des tas de choses sur les animau%, les minérau%, les plantes et en !aisait pro!iter ses jeunes compagnons" ;i ien que les heures coul1rent rapidement, et que midi trouva les e%plorateurs au sommet d'un plateau her eu% F e%actement l'endroit qu'il !allait pour une halte" 9 M'esp1re que le pique<nique est copieu%= Me meurs de !aim! s'écria Nic@ en s'emparant du panier que portait sa s8ur" ? #a tante Gosé !ait toujours ien les

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choses! a!!irma Nathalie" A'ailleurs, je l'ai aidée" ? Oh! alors, je te !ais con!iance! Luestion nourriture, tu es im atta le! ? 5herchons un coin om ragé, et nous appellerons J" Tleur& >, proposa NoDl" 4ne !ois installés, ils invit1rent l'archéologue à passer à ta le ? en!in, !aBon de parler! 5e dernier !init par arriver, un el échantillon de g&pse dans la main droite" Nathalie lui mit un sandaich dans la main gauche" #e savant considéra les deu% o jets d'un 8il

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vague, hésita, et !init par porter à sa ouche<le sandaich" Ou!! #es Trois N avaient eu chaud! 4ne !ois leur appétit calmé, les en!ants s'étendirent sur l'her e, et leur !atigue était telle, apr1s cette longue matinée, qu'ils s'endormirent" NoDl s'éveilla le premier, et regarda autour de lui F J" Tleur& n'était plus là! $!!olé, il "secoua les deu% autres, et tous trois se mirent à la recherche du savant" 2l n'était pas loin F perché sur un rocher, à l'e%trême ord du plateau, il e%aminait soigneusement à la jumelle le pa&sage en contre as" ;oulagés, les en!ants l'imit1rent""" en se servant seulement de leurs &eu%" 9 7ar e%emple! s'écria Nic@, La Sapinière est juste au<dessous de nous! ? M'aperBois le pavillon du concierge, et la niche de 7ipo, enchérit Nathalie" ? :t moi, je croIs voir autre chose, ajouta NoDl" GegardeE cette !enêtre, tout en haut de la clinique F il & a quelqu'un dans l'encadrement" ? 5'est vrai, approuva la !illette" :t""" je crois ien que c'est Gaoul" ? Qein! s'e%clama Nic@ en !aisant un ond" $ttendeE un peu" >

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22 courut vers J" Tleur& et revint avec les jumelles qu'il s'était !ait prêter, puis il les raqua dans la direction indiquée" 9 5'est ien lui! annonBa<t<il" :t teneE<vous ien! 2l est tout onnement en train de nous o server""" avec des jumelles, lui aussi! ? Tais voir! > s'écri1rent les deu% autres en ch8ur" $pr1s e%amen, NoDl, puis Nathalie durent convenir que Nic@ avait raison" $ n'en pas douter, le chau!!eur avait repéré le petit groupe et surveillait ses !aits et gestes" Aans quel ut= 5ette découverte mit les Trois N mal à l'aise" #e danger qui menaBait l'archéologue n'était pas un !ruit de leur imagination F ils en étaient sKrs maintenant" 7lus que jamais, ils se promirent de veiller sur leur nouvel ami" 5ependant le reste de la journée se passa sans incidents" Luand en!in les e%plorateurs prirent le chemin du retour, à la nuit tom ée, J" Tleur& n'avait encore rien trouvé, mais se montrait !ort optimiste" 9 #e ut approche, mes en!ants! > répétait<il en se !rottant les mains" Tant mieu%! Jais pour les Trois N e%ténués, seul comptait pour le moment un ut plus
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immédiat F la maison du grand<oncle oC les attendaient leurs lits" 2ls & arriv1rent en!in, mang1rent du out des l1vres et s'endormirent d'un sommeil pesant" ;i pesant, que les ra&ons d'un soleil déjà haut les éveill1rent le lendemain matin" NoDl consulta sa montre F elle marquait di% heures" #e jeune garBon, son cousin sur les talons, descendit en trom e à la cuisine oC s'activait la tante Gosé" 9 OC est J" Tleur&= ? 7arti depuis si% heures ce matin" 2l a ien recommandé de ne pas vous réveiller, pensant que la journée d'hier avait été rude pour vous"
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? 7ourtant, s'écria Nic@, nous tenions a solument à l'accompagner" ? Oui, a solument! > répéta Nathalie apparaissant à son tour" #'air consterné des trois en!ants !it sourire la tante Gosé" 9 3ous êtes décidément mordus pour l'archéologie! ? 5e n'est pas Ba, mais""" >, commenBa la !illette" 4n regard de Nic@ la !it taire" 9 Ja !oi, c'est vrai que Ba nous plaIt ien, dit< il" :st<ce que J" Tleur& rentrera pour le repas= ? 2l a demandé de ne pas l'attendre, répondit Jme Pesson" M'ai insisté pour lui préparer un en< cas" 2l ne voulait pas, a!!irmant qu'il serait de retour en dé ut d'apr1s<midi" > #es Trois N se consult1rent" Tallait<il tenter de le rejoindre= 2l était déjà ien tard! $lors ils s'arm1rent de patience, et se livr1rent à des jeu% pour passer le temps" Jais le c8ur n'& était pas F une sourde inquiétude les rongeait" 2l s'& mêlait une pointe de remords, pour n'avoir pas su tenir leur promesse" 5omme ils s'en voudraient, si quelque chose arrivait à l'archéologue! $ deu% heures de l'apr1s<midi, celui<ci n'était

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pas rentré" $ trois heures, pas davantage" #'inquiétude devint de l'angoisse, et les en!ants décid1rent de partir à sa recherche" Jais quelle direction prendre= 9 5elle de la colline que nous n'avions pas !ini d'e%plorer hier >, proposa NoDl" #es Trois N accomplirent aussi vite que possi le la premi1re partie du trajet, celle qui se !aisait en plaine" :nsuite, ils grimp1rent le long d'un sentier asseE raide" Ae temps à autre, ils s'arrêtaient pour crier en ch8ur F 9 Jon ? sieur ? Tleu? r&! > Jais seul leur répondait l'écho de la colline" 3ers le sommet, un petit ois se présenta et la marche devint plus agréa le" Jais, depuis un moment, Nathalie traInait en arri1re" Jal remise des !atigues de la veille, elle avait grande envie de prendre un instant de repos" $rrivée dans une clairi1re, elle n'& tint plus" 4ne souche d'ar re sem lait l'inviter à s'asseoir F elle s'& laissa tom er et regarda autour d'elle" Aes Kcherons avaient dK travailler là, car des troncs gisaient à même le sol` et les ranches sciées par leurs soins, toutes de même longueur, étaient assem lées en un grand tas de !orme cu ique" #a !illette se sentait délicieusement ien et s'a andonnait à une douce torpeur, quand un
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cri lointain la !it sursauter" Lui l'avait poussé= :lle pensa à NoDl, à Nic@ et à J" Tleur&, et l'an%iété l'envahit" Jais, n'entendant plus rien, elle se rassura peu à peu" 7eut<être le cri venait<il d'une ête de la !orêt= 4n chant d'oiseau, dans un ar re voisin, lui !it lever la tête" :t alors elle vit""" une casquette à carreau% suspendue à une ranche asse" #e couvre<che! de J" Tleur&! 3ite! 2l !allait avertir les deu% autres" :lle s'empara de la casquette et ouvrit la ouche pour lancer son appel""" mais la re!erma F elle venait d'entendre un ruit de pas, et son instinct l'avertissait de se taire" 5e pas""" à qui appartenait< il= 7as à Nic@, ni à NoDl, elle en était sKre" :n e!!et, Nathalie vit dé oucher dans la clairi1re un homme à la carrure puissante dont la vue la glaBa d'e!!roi F c'était Naston"

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CHAPITRE -II Le r )i" sa !ra&eur, la petite !ille chercha des &eu% une cachette" Ai!!icile, dans cette clairi1re! Taute de mieu%, elle se dissimula derri1re le tas de ois" #'homme l'avait<il vue= 7eut<être pas, car il !onBait droit devant lui, un mauvais sourire sur les l1vres F on aurait dit qu'il se réjouissait de quelque chose" ;ans
;:5O4$NT

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qu'elle sKt pourquoi, la !illette en eut !roid dans le dos" 7ourtant il sem lait qu'elle n'eKt rien à craindre pour elle<même, car l'in!irmier contourna le tas de ois sans regarder derri1re, et poursuivit son chemin" 5'est seulement quand elle cessa de le voir que Nathalie se remit en route" Jais oC se diriger= NoDl et Nic@ devaient être loin maintenant et elle n'osait pas les appeler, de crainte d'alerter Naston" $lors elle erra à travers ois, et ientôt se trouva compl1tement perdue" :lle s'arrêta, s'adossa à un ar re et se mit à pleurer" 4n ruit éclata de nouveau, dans la direction prise par l'in!irmier" 5ette !ois elle en devina sans peine la provenance F un chien poussait un hurlement de douleur, suivi d'une série d'a oiements !urieu%" Tout de suite, Nathalie eut une pensée pour 7ipo" :lle ne se trompait pas F quelques minutes plus tard elle le vit apparaItre, la langue pendante et oitillant lég1rement F elle supposa que le vieu% chien avait lui aussi rencontré Naston, et que ce dernier lui avait donné un coup de pied" 9 #e vilain onhomme! > pensa<t<elle" :n tout cas, c'était une présence rassurante"

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7our mieu% garder l'animal pr1s d'elle, Nathalie le tint !ermement par le collier" 7uis elle repartit sur la trace des garBons" Luel soulagement quand elle entendit s leurs voi%! 2ls la cherchaient eu% aussi, l'appelant de temps en temps par son nom" #es retrouvailles !urent jo&euses" Jais, presque aussitôt, la !illette entama le récit de ses o servations et montra la casquette qu'elle n'avait pas lOchée" 9 3oilà qui est à la !ois réjouissant et inquiétant! commenta NoDl" 5ette casquette, que J" Tleur& a dK ou lier au cours d'une halte, prouve qu'il est passé par ici F tant mieu%" Jais ce cri perBu par Nathalie""" et la présence de Naston""" > 7as esoin de s'e%pliquer davantage F les deu% autres avaient compris et partageaient ses appréhensions" Lue !aire= Getrouver l'archéologue de toute urgence, ien sKr! 9 4ne idée! dit" Nic@" 7ourquoi ne pas utiliser le !lair de 7ipo= Nous avons la chance de posséder un o jet appartenant à J" Tleur& F la casquette" > 2l la mit sous le neE du vieu% chien, qui la !laira longuement" 9 Jaintenant, cherche, mon on chien, cherche! > l'encouragea le jeune garBon"

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#'animal, le neE ail sol, décrivit un grand cercle et !init par découvrir une piste, car il partit en !l1che dans une direction déterminée" #es Trois <N le suivirent, pleins d'espoir" Ai% minutes plus tard, quittant l'a ri des ar res, ils dé ouch1rent sur un sommet" 4ne !ois de plus, ils dominaient la plaine" :t ce qu'ils apercevaient au<dessous d'eu%, c'était le champ de l'épouvantai!" Jats que d'o stacles pour l'atteindre! A'a ord, une pente !ortement inclinée, rendue glissante par un ruissellement d'eau" :nsuite, une rusque coupure !ormant un petit ravin dont les en!ants ne pouvaient voir le !ond" #e chien s'arrêta et se mit à a o&er" 9 Me crois que nous rKlons! s'écria NoDl" M'aperBois une empreinte de pas dans l'argile mouillée F des semelles à clous" J" Tleur& est venu jusqu'ici! , ? """ et il a glissé dans le ravin! acheva Nic@, la gorge serrée par l'angoisse" ? $ppelons<le >, proposa Nathalie" < Ae nouveau le triple cri retentit F 9 Jonsieur Tleur&! > 7uis les Trois N prêt1rent l'oreille""" et perBurent un !ai le son qui venait du !ond du ravinF 9 Qou<hou! > #es en!ants !urent si soulagés qu'ils ne
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s'aperBurent pas de la disparition du chien" Aéjà ils cherchaient un mo&en de gagner le ord de l'entaille sans utiliser la dangereuse pente mouillée" 4n petit sentier qui s'amorBait un peu plus loin le leur permit" :t, rusquement, leurs regards plong1rent dans une dépression arrondie en !orme de cuvette" $ mi< hauteur, un petit méplat coupait la paroi" Ae l'her e et des ar ustes avaient poussé sur cette plate< !orme, et un homme s'& trouvait, agrippé au% ranches qui avaient dK amortir sa chute" A'un instant à l'autre celles<ci pouvaient céder, et ce serait la glissade jusqu'au !ond du ravin" J" Tleur& ? car c)était lui ? leva la tête lorsque les en!ants le hél1rent, et ses &eu% de m&ope clign1rent comme s'il ne les vo&ait pas" 9 22 a perdu ses lunettes dans sa chute >, remarqua NoDl" Nic@ mit les mains en porte<voi% et cria F 9 Nous allons essa&er de vous tirer de là! > Jalgré sa situation critique, l'archéologue eut le courage de sourire" 9 M'étais sKr que vous viendrieE >, dit<il simplement" Tant de con!iance toucha les Trois N" 9 Me tente la descente >, annonBa Nic@" Tacile à dire, mais pas à !aire! #e jeune garBon, pourtant doué en
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g&mnastique, mit eaucoup de temps pour parvenir jusqu'à la plate' !orme" 7our cela il utilisa, comme prises, les rares tou!!es d'her e poussant sur la paroi" :n!in il rejoignit l'archéologue" Gestait à !aire suivre à celui<ci le même chemin en sens inverse" 9 7ourreE<vous grimper à ma suite, monsieur= demanda Nic@ sans grande conviction" ? Me ne crois pas, répondit le savant sans s'émouvoir" :n tom ant, je me suis !oulé une cheville" > 9 5atastrophe! > pens1rent en même temps

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les Trois N" 5ar NoDl et Nathalie, à genou% au ord du ravin, avaient tout entendu" Lue !aire maintenant= #e découragement gagna le petit groupe, et chacun resta muet, cherchant désespérément une solution" #e silence !ut rompu par un a oiement venant, non pas d'en haut mais d'en !ace" :t 7ipo apparut sur l'autre ord de la cuvette" 2mmédiatement derri1re lui, Qector #ouvet" 5e dernier em rassa la sc1ne d'un coup d'8il, et demanda F 9 $veE<vous esoin d'aide= ? :t comment! répondit Nic@" 7ourrieE< vous aller chercher une corde= ? Me reviens tout de suite >, répondit l'homme" $ vrai dire, il se vantait, car il lui !allut une demi<heure pour reparaItre avec l'o jet demandé" :ntre<temps, en !aisant un long détour, Nathalie et son cousin avaient pu gagner le !ond de la dépression" NoDl se pencha pour ramasser quelque chose qui rillait dans l'her e F les lunettes de J" Tleur&" 7ar chance, elles étaient intactes" Jais juste à côté, il nota la présence d'une longue Kche de ois qui avait été de toute évidence coupée à la scie" Or il n'& avait pas d'ar res au% alentours"
& !ourrie"-vous aller chercher une cor e# *

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9 :lle est tout à !ait sem la le à celles du tas dans la clairi1re >, assura la !illette" 5ette trouvaille laissa le jeune garBon rêveur" #e sauvetage de l'archéologue !ut long et péni le" 2l !allut le ceinturer avec la corde, puis le !aire descendre, et en!in le hisser sur le ord opposé du ravin" Ae là une pente douce rejoignait la plaine" Mugeant sans doute qu'il en avait asseE !ait, Qector #ouvet s'éclipsa discr1tement, 7ipo sur les talons" #es Trois N n'eurent même pas la possi ilité de le remercier" #e rescapé se trouvait maintenant en terrain plat" 5omme il lui !allait marcher à cloche<pied, soutenu par les deu% garBons, NoDl se dit que le retour n'en !inirait pas" 2l prit une décision soudaine F 9 Me vais chercher l'oncle :douard avec son auto" 3ous, Jonsieur, attendeE<moi ici" Jes cousins resteront avec vous" > 2l se mit à courir, et se retourna au out d'un moment" #e savant et ses deu% gardiens s'étaient installés dans le champ de l'épouvantail , juste au pied de celui<ci" Aans le crépuscule, le mannequin de ois, les ras étendus, paraissait veiller sur J" Tleur& et ses jeunes compagnons"

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CHAPITRE -III U" 1il u beurre "oir 9 T'$3$2; ien deviné que votre su it 9 engouement pour l'archéologue cachait quelque m&st1re! > déclara l'oncle :douard en souriant" 2l avait écouté attentivement le récit que NoDl, d'accord avec ses cousins, lui avait !ait des récents événements" 5et entretien avait lieu le même soir, dans le la oratoire du vétérinaire"

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J" Tleur&, dont la cheville avait été soignée, était déjà au lit avec un somni!1re" 2l s'était montré sure%cité, au retour de sa malencontreuse e%pédition, ne cessant de répéter F 9 Aire que me voilà handicapé au moment oC je tenais en!in la solution! > Aes e%plications avaient suivi, aussi savantes que tou!!ues" #es en!ants ne les écout1rent que d'une oreille, tant ils étaient préoccupés par ce qui s'était passé dans la journée" :t maintenant, le temps des révélations était venu, car l'a!!aire devenait décidément trop grave! 9 7ourquoi ne m'avoir pas mis au courant plus tôt= demanda l'oncle :douard avec un soupBon de reproche dans la voi%" ? 5'est que""" j'avais peur d'être grondé, avoua Nic@" :t puis, nous ne pensions pas que quelqu'un puisse être en danger""" jusqu'à hier" ? Tu veu% parler de l'accident de mon ami $rthur= ? Au pseudo<accident, oui" > J" Pesson sursauta" 9 A'apr1s vous, demanda<t<il, quelqu'un l'aurait poussé= ? 7as e%actement, intervint NoDl" J" Tleur&, alors qu'il se trouvait sur la pente, a reBu dans les chevilles une ille de ois, qui
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lui a !ait perdre l'équili re" :t cette ille de ois, quelqu'un l'avait el et ien !ait rouler depuis le sommet" ? Naston F c'est sKrement lui, a!!irma Nathalie, ? 3oilà une grave accusation! s'écria l'oncle :douard" :n aveE<vous la preuve= ? 7as vraiment la preuve, avoua NoDl, mais de !ortes présomptions, Ba oui! A'a ord Nathalie a entendu un cri et, peu de temps apr1s, elle a croisé l'in!irmier""" Ae plusS, j'ai ramassé au !ond du ravin une Kche provenant d'un tas de ois situé à deu% cents m1tres au moins du sommet F elle n'a pas pu arriver là toute seule! ? 5'est en e!!et !ort trou lant, admit l'oncle :douard" $rthur, lui, ne s'est rendu compte de rien= ? 2l se rappelle seulement qu'un choc l'a déséquili ré, mais en ignore la cause" ? Me le reconnais ien là F il est si distrait! commenta J" Pesson" ? :t si con!iant! appu&a NoDl" Luand je lui ai suggéré que quelqu'un avait causé sa chute exprès, il a re!usé de me croire" ? 3oilà qui rend di!!icile notre tOche, si nous voulons empêcher ces deu% individus de nuire, reprit le vétérinaire" 7orter plainte
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contre eu%= $rthur s'& opposera" :t de toute !aBon, nos preuves sont insu!!isantes" 5omme l'a dit NoDl, ce ne sont que des présomptions" ? 2l & a le témoignage d'Qu ert 5lément","= suggéra Nic@" ? :ncore moins convaincant! 4ne conversation entendue la nuit, par un homme, lessé à la tête"""! ? Me comprends F on pensera qu'il est""" ? """ toc<toc! acheva Nathalie en se !rappant le !ront avec l'inde%, comme l'avait !ait le chau!!eur quelques jours auparavant" ' 5'est trop !ort! ragea Nic@" On ne peut tout de même pas laisser en li erté ces andits! ? ;ans compter qu'ils vont pro!iter de l'accident de J" Tleur& pour le devancer! appu&a NoDl" ? Me ne vois pas comment les empêcher, répondit l'oncle :douard d'un air perple%e" :n tout cas, nous serons quatre désormais à veiller sur notre ami" :t comme il lui sera di!!icile de ouger""" ? 7as sKr! rétorqua Nic@" 5et homme<là serait capa le de !aire encore de l'archéologie avec les deu% ras et les deu% jam es dans le plOtre! > #e vétérinaire ne put s'empêcher de rire"

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9 Tu l'as ien jugé! Jais ne crains rien F je saurai le contraindre au repos" ? ;i au moins nous pouvions le remplacer! regretta NoDl" Jalheureusement, nous ne sommes pas asseE savants! ? 2l & a au moins une chose que nous pouvons !aire, remarqua son cousin F aller remercier Qector #ouvet F il l'a ien mérité! ? 7ipo aussi, appu&a Nathalie" ? :ntendu F nous irons< d1s demain, accepta NoDl" ? ;urtout, so&eE prudents! recommanda J" Pesson" 3ous aveE pu constater que ces hommes sont capa les de tout! >

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2l se leva pour clore l'entretien, ajoutant F 9 Jaintenant, vite au lit! $pr1s cette éprouvante journée, vous deveE avoir esoin de repos! > #es Trois N donn1rent raison à leur grand' oncle en !aisant presque le tour du cadran" $ussi se sentaient<ils !rais et dispos le lendemain matin, et décidés plus que jamais à donner suite à leur projet" 2ls all1rent d'a ord prendre des nouvelles de J" Tleur& F lui aussi avait passé une nuit calme" Jais, comme il !allait s'& attendre, il réclamait à grands cris le droit de repartir en e%pédition en s'appu&ant sur deu% cannes" #'oncle :douard !ut in!le%i le"
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4n peu plus tard, les en!ants roulaient à nouveau sur la route de la clinique" 4ne !ois encore, ils dissimul1rent leurs machines derri1re un uisson et continu1rent à pied" 7ersonne de visi le à l'intérieur du parc F le trio s'enhardit à !ranchir le portail, et se trouva dans l'enceinte de La Sapinière. $pr1s une courte hésitation, Nathalie prit une décision F 9 $llons d'a ord voir 7ipo! M'ai quelque chose pour lui" > 5'était un morceau de rioche prélevé sur son petit déjeuner" :lle s'en était privée en !aveur du chien, qui ne manquerait pas de lui mani!ester sa reconnaissance" :lle se trompait F 7ipo n'était pas d'humeur à se montrer gourmand, même pour de la rioche" Tout de suite, les en!ants s'en rendirent compte en s'approchant de sa niche" 2l gisait par terre, les &eu% clos, l'air si a attu qu'il n'eut même pas la !orce de tourner la tête vers les arrivants" 9 2l paraIt malade! dit NoDl" ? 4n client pour l'oncle :douard >, épilogua Nic@" #a !illette s'agenouilla pr1s du chien, lui prodiguant des caresses" 9 Lu'est<ce que tu as, mon pauvre 7ipo= > demanda<t<elle d'une voi% émue"
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7our toute réponse, l'animal se contenta de gémir doucement" $u même moment, il & eut un léger ruit qui alerta le petit groupe F quelqu'un !rappait contre une vitre, celle de la !enêtre située à l'arri1re du pavillon" :t, comme la derni1re !ois, une tête apparut derri1re le rideau soulevé F celle d'Qector #ouvet" Jais un Qector #ouvet presque méconnaissa le, avec un 8il au eurre noir, une grosse osse sur le !ront, un neE rouge et tumé!ié" Ae nouveau il cogna contré la vitre et, d'un signe de la main, invita les Trois N à !aire le tour pour entrer cheE lui" Luelques secondes plus tard, les en!ants !rappaient à la porte du pavillon" 5elle<ci !ut ouverte immédiatement, et #ouvet s'e!!aBa pour les laisser entrer, non sans jeter un regard mé!iant sur les alentours" $pr1s quoi, il re!erma soigneusement la porte en donnant un tour de cle!" ;es !aBons de conspirateur auraient paru comiques en toute autre circonstance" Jais, ainsi dé!iguré, le pauvre homme ne prêtait pas à rire" $u contraire, à sa vue, une sourde inquiétude assaillit les Trois N" 9 3eneE vous asseoir >, invita le concierge" 2l poussa ses hôtes dans un salon minuscule

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qui !aisait suite à la cuisine" 7our tous meu les, cette pi1ce contenait une ta le asse et quelques si1ges" Nic@ se laissa choir dans un !auteuil et demanda à rKle<pourpoint F 9 Lui est<ce qui vous a arrangé comme Ba= ? 5'est lui! répondit l'homme avec rancune" ? #'in!irmier= ? Oui" 2l m'est tom é dessus hier soir par surprise, et m'a roué de coups" ? :t 7ipo= questionna Nathalie" ? 7ipo aussi, répondit Qector d'un air som re" 2l a voulu me dé!endre, vous compreneE" $lors l'autre l'a ourré de coups de pied jusqu'à ce qu'il tom e par terre" >

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CHAPITRE -IV Le ré#it $u #o"#ier!e 9 L4:##: PG4T:! s'indigna Nathalie" Trapper un pauvre vieu% chien! ? """ et un homme qui !ait la moitié de son poids! enchérit NoDl" < Oh! n'a&eE crainte! riposta le concierge en om ant son maigre torse" 2l a eu droit à quelques coups de pied dans les jarrets F" j'ai de la dé!ense, moi! Jais pas le vieu% 7ipo" 5et homme<là, c'est""" c'est""" >

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#'indignation !aisait éga&er Qector"" 9 """ un lOche, acheva (ic). Jais""" la raison de cette rossée= ? Me crois la deviner, dit NoDl" 2l a voulu punir le chien et son maItre d'avoir contri ué au sauvetage de J" Tleur&" ? Tout juste! approuva Qector" 2l !allait entendre ses reproches, pendant qu'il me attait! :t quand je lui ai dit que je me plaindrais aupr1s du docteur Nau ert, il m'en a promis le dou le, si je le !aisais" ? Jaintenant, au moins, nos soupBons sont con!irmés, remarqua Nic@" Naston savait que l'archéologue était au !ond du ravin, donc c'est lui qui l'& a poussé" ? Pien sKr, que c'est lui, déclara le concierge" Jême que je l'ai vu !aire" ? Tormida le! triompha Nic@" Nous tenons donc un témoin! Jais""" par quel hasard= > 2l ne s'agissait pas tellement de hasard, à vrai dire" Aepuis la veille, Qector avait remarqué que Gaoul espionnait le 9 monsieur savant > en séjour cheE les Pesson" :t ien sKr, il s'était douté que ce n'était pas dans une onne intention" $lors, ce jour< là vers trois heures, vo&ant Naston sortir de la

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clinique et se diriger vers les collines, 9l'avait tout onnement suivi de loin en compagnie de 7ipo" 4n peu plus tard, posté sur l'autre versant du ravin, il avait assisté impuissant à la chute de J" Tleur&, provoquée par un o jet que l'in!irmier avait !ait rouler sur la pente" 5'est à ce moment que le chien avait quitté son maItre, pour le rejoindre un peu plus tard" #a suite dé 1 histoire, les Trois N la connaissaient" 5ependant, ce récit avait ramené les pensées de Nathalie vers la pauvre ête" 9 :st<ce qu'au moins 7ipa guérira= s'inquiéta<t< elle" ? Pien sKr ! la rassura son cousin" Nous demanderons à l'oncle :douard de le soigner, et tu sais comme il est ha ile! » #ouvet approuva énergiquement, mais il gardait un air malheureu%" $pparemment, il avait quelque chose sur le c8ur" Tout à coup, il se décida, 9 Taites e%cuse pour le mauvais accueil de l'autre jour, dit<il" 5'est de la !aute de Naston F il m'avait menacé""" ? 5'est déjà ou lié, coupa NoDl" ? 3ous en vouloir, alors que vous nous aveE tellement aidés= 2l ne manquerait plus que Ba! appu&a Nic@"
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? 5'est ien honnête de votre part! s'écria Qector en retrouvant le sourire" A'ailleurs, maintenant que j'ai compris ce que valait cet homme, plus question de lui o éir! 7oseE<moi toutes les questions que vous vouleE F je suis prêt à répondre" > #es Trois N échang1rent une 8illade triomphante" 9 3as<&, Noel >, invita Nic@" #'aIné du trio se livra à un interrogatoire serré, auquel le concierge répondit avec une onne volonté évidente! 7eu à peu, les en!ants arriv1rent à reconstituer l'histoire du testament F 9 Tout a commencé il & a deu% ans, e%pliqua Qector" Me vivais alors à la !erme en compagnie de mon maItre""" > $ cette époque, le vieu% !ermier avait déjà cessé de travailler F la rente viag1re que lui versait le docteur Nau ert lui assurait de quoi vivre largement" ;'il ne travaillait plus, il se promenait eaucoup, et son chien 7ipo l'accompagnait !id1lement dans ses tournées" 4n apr1s<midi, le vieil homme rentra à la !erme sans son chien" Qector le vit s'emparer d'une pioche, et repartir" 4n peu plus tard, c'est la lanterne de l'écurie qu'il vint chercher" :n!in, au out de deu% heures, le !ermier et
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l'animal rentraient ensem le, et le valet remarqua que son maItre paraissait agité niais ra&onnant" 9 Qector, lui dit<il un peu plus tard, je suis devenu un homme riche" > :t comme l'autre ouvrait des &eu% ronds, il lui e%pliqua F 9 M'ai trouvé un trésor sous la terre""" grOce à 7ipo, qui a disparu dans un trou en poursuivant une elette" ? 4n trou! répéta #ouvet" :t oC est<il, ce trou= > #e !ermier se mit à rire" 9 Tu voudrais ien le savoir, pas vrai= :h ien, non, mon rave Qector" Ni toi, ni personne""" en!in, pas encore" 5e trou, je l'ai re ouché soigneusement, et ien malin qui le retrouvera! ? Jais en!in""" vous ne vouleE pas devenir riche= ? W mon Oge, l'argent ne m'intéresse plus, répondit le vieil homme" Jais la célé rité, Ba oui! 5rois<moi, Qector F un jour viendra oC le nom d'$lphonse 7ichon sera connu ien au<delà de ce village" > #e valet s'imagina que son maItre radotait""" et n'& pensa plus" ;i ien que la vie à la !erme recommenBa comme avant" $u out d'un an, $lphonse 7ichon se mit à
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décliner, et dut garder la cham re" 4n jour, il appela son valet" 9 Qector, donne<moi de quoi écrire F je veu% !aire mon testament" > #ouvet apporta une !euille de papier lanc, un sous<main et un st&lo à ille, puis s'en !ut vaquer à ses travau%" 4ne heure apr1s, il entendit un gémissement venant de la cham re de son maItre, et, s'étant précipité, trouva celui<ci à demi écroulé sur son si1ge" #e st&lo était tom é à terre, le sous<main également, mais la !euille de papier

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n'était pas visi le" #e malade eut le temps de murmurer de !aBon tr1s distincte F 9 :crit""" testament""" qui indique""" trésor" #e""" porter""" au""" notaire" > 5e !urent ses derni1res paroles, car il devint par la suite incapa le de parler ni de ouger" #e médecin diagnostiqua une attaque" $lphonse 7ichon devait en mourir trois semaines plus tard" :ntre<temps, Qector avait cherché le testament, mais ne put mettre la main dessus" #e notaire eut donc la tOche de trouver d'éventuels héritiers pour les parcelles de terre non comprises dans le viager" :nsuite le docteur Nau ert prit possession de la !erme, et les travau% pour la trans!ormer en clinique !urent entrepris" 2l venait souvent visiter le chantier, conduit par son chau!!eur Gaoul 5ha!!ardeau" 5'est ainsi que ce dernier !it la connaissance d'Qector, autorisé à ha iter dans une dépendance de la !erme" 4n jour que Gaoul avait pa&é un verre à Qector au ca!é du village, la langue de l'e%<valet se délia F il parla du testament introuva le et du trésor qu'il était censé indiquer" #e chau!!eur, a&ant o tenu tous les détails qu'il désirait, !it jurer à Qector de garder le secret" Jo&ennant quoi il lui promit d'user de

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son in!luence aupr1s du docteur Nau ert pour lui !aire o tenir le poste de concierge dans la !uture clinique" 7eu apr1s l'ouverture de celle<ci, arriva Naston JaEet, l'in!irmier" 5ha!!ardeau en !it son complice ? peut<être se connaissaient<ils déjà= ? et tous deu% se mirent en chasse pour dénicher le testament" 7ersonne ne se douta de leur man1ge""" jusqu'au jour oC Qu ert 5lément !ut amené, lessé, à La Sapinière. #e narrateur se tut, et les Trois N rest1rent un moment silencieu%, !aisant le point de ce qu'ils venaient d'apprendre" 5'était eaucoup et c'était encore trop peu" $lphonse 7ichon était tom é par hasard sur le trésor que poursuivait l'archéologue F cela, ils l'avaient déjà deviné" :t le testament, que contenait<il= ;ans doute des précisions sur le lieu de la découverte F un trou dans le sol, par oC avait disparu 7ipa" Or ce trou avait été re ouché par les soins du !ermier" 5omment le retrouver= 9 5'est le testament qu'il nous, !aut, conclut Nic@" ? :%iste<t<il seulement= demanda NoDl, $lphonse 7ichon était vieu%, malade""" ? 2l e%iste! déclara Qector d'un ton sans réplique" M'avais apporté à mon maItre <une

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!euille de papier lanc pour qu'il le rédige" Luand je suis revenu, elle avait disparu" :t puis, pourquoi aurait<il parlé comme il l'a !ait= 2l était encore lucide, à ce moment<là" ? 5'est asseE convaincant, en e!!et, admit NoDl" 7eut<être alors l'a<t<il caché apr1s l'avoir écrit= ? 2nvraisem la le! ré!uta Nic@" 7ourquoi le cacher, s'il désirait qu'on le porte au notaire= ? Ponne remarque, apprécia son cousin" #a conclusion, c'est que J" 7ichon n'a pas caché ce papier, mais qu'il a été égaré, d'une !aBon ou d'une autre" ? #e vent l'a peut<être emporté= suggéra Nathalie" ? 2mpossi le, trancha Qector" Jon maItre se trouvait dans sa cham re, et la !enêtre était !ermée"> #a !illette, qui n'était jamais à court d'imagination, supposa encore qu'une souris avait grignoté le papier" Jais cette h&poth1se n'eut aucun succ1s" 9 2l est peut<être tom é dans le !eu= > supposa Nic@" #e concierge ala&a cette suggestion comme les précédentes F
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9 #e !eu n'était pas allumé" > 2l & eut de nouveau un silence lourd de ré!le%ion, et soudain NoDl questionna F 9 J" 7ichon écrivait<il devant un ureau= Ou un secrétaire= ? 7as du tout, répondit Qector" 22 était assis dans son !auteuil, avec le sous<main sur les genou%" ? 4n !auteuil! répéta Nic@" 4n de ces anciens si1ges en tapisserie, avec un dossier raide= ? Jais non! 4n !auteuil moderne, en cuir, qu'il avait commandé sur catalogue dans un grand magasin" ? Me suppose qu'il se trouve relégué au grenier, avec les autres meu les= > demanda NoDl" #ouvet secoua la tête" 9 5omme il était encore en on état, je l'ai transporté dans ma loge" ? Luoi! s'e%clama Nic@ tr1s \e%cité" 5omment se !ait<il, alors, que Gaoul et Naston ignorent ce détail= ? 2ls ne me l'ont pas demandé! ? :t ce !auteuil, oC est<il= ? :h ien, vous êtes justement assis dessus, répondit le concierge sans s'émouvoir" ? Luoi! > répéta Nic@"
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:t il plongea !é rilement les mains entre le coussin et les accoudoirs du !auteuil" 2l en retira successivement F un outon, une pi1ce de monnaie, une épingle" $u !ur et à mesure, son visage re!létait une déception de plus en plus vive" Nathalie se précipita à la rescousse" 9 #aisse<moi !aire, o!!rit<elle" M'ai des doigts plus petits que les tiens" > :n tirant la langue, elle glissa une main dans le mince intervalle" ;oudain son visage s'éclaira" :lle cria F 9 Me l'ai! > et, quelques secondes plus tard, elle randissait une !euille de papier lanc portant des mots écrits à l'encre noire" Nic@ lui arracha le !euillet des mains, & jeta un coup d'8il, et, prenant une large inspiration, se mit à lire à haute voi% F $eci est %on testa%ent.

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CHAPITRE -V Les %urs o"t $es oreilles N25Y s'apprêtait à poursuivre, quand sa s8ur lui intima l'ordre de se taire" 9 M'ai cru entendre 7ipo gronder >, dit<elle" $ussitôt les Trois N se ru1rent vers la !enêtre, celle<là même qui donnait sur l'arri1re du pavillon, et d'oC l'on pouvait voir la niche" Or, le vieu% chien avait lég1rement changé de

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place, mais il n'& avait personne aupr1s de lui" 9 Tausse alerte, conclut NoDl" 5ontinue, Nic@" > #e jeune garBon reprit sa lecture F 9 *e soussigné +ic,on -lp,onse, sain de corps et d'esprit, déclare léguer . la commune de /oln$... ? 7ar e%emple! s'e%clama Nathalie" 4ne commune qui !ait un héritage= 5'est trop drôle! ? Luand tu auras !ini de m'interrompre, toi alors! grommela Nic@, qui poursuivit F ? """ . la commune de /oln$, un terrain situé le long de la route d'-vra$, au lieu dit 9 Le 0uissonnet >, à c,arge pour ladite commune de donner mon nom . un musée o1 seront exposés les ob ets de valeur se trouvant dans le sous&sol de ce c,amp. L'emplacement exact de l'entrée de la galerie conduisant au trésor est marqué par un épouvantail que '$ ai placé... ? #e champ de l'épouvantail! s'écri1rent d'une seule voi% Nathalie et son cousin" ? 2l nous poursuit, décidément! remarqua Nic@" ;i au moins on avait pu deviner"""! ? 2l aurait !allu être ien malins""" ou savants comme J" Tleur& >, recti!ia NoDl" 2l tendit la main vers le précieu% testament"
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9 Aonne F je veu% l'e%aminer" > Or Nic@ avait lu l'essentiel F le reste n'était que !ormules sans intérêt" Jais le vieu% !ermier n'avait ou lié ni la date, ni la signature" 9 22 me paraIt vala le >, conclut NoDl en rendant le papier à son cousin" #e concierge paraissait plongé dans une pro!onde ré!le%ion" 9 #'épouvantail! répéta<t<il" 5'est ien vrai que mon maItre l'a changé de place juste à cette époque" Jême que Ba m'a étonné, vu que ce champ était inculte depuis des années" ? :n tout cas, réjouissons<nous que le testament soit tom é dans nos mains et non dans celles des deu% andits! > remarqua NoDl" $ peine venait<il de parler qu'un nouveau grondement se !it entendre à l'arri1re du pavillon F encore 7ipo! 5ette !ois, tout le monde l'entendit" Luatre têtes se< tourn1rent vers la !enêtre""", et les occupants de la petite pi1ce virent, avec horreur, le visage de l'in!irmier apparaissant juste à la hauteur de l'appui" ;es &eu% en!oncés !i%aient méchamment le petit groupe médusé" 7uis le poing énorme de Naston s'a attit sur le montant de la !enêtre, qui s'ouvrit instantanément" $lors on vit le colosse soulever comme une plume le chau!!eur jusqu'ici invisi le, en ordonnant H
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9 3as<&, Gaoul! Luand tu auras tourné la cle!, j'entrerai à mon tour, mais par la porte" Luant à vous, ne ougeE pas, et surtout n'essa&eE pas de l'arrêter, sinon"""! > 5ette menace s'adressait au% Trois N et à leur hôte, qui n'eurent pas la moindre envié de déso éir" Tandis que le chau!!eur traversait le pavillon, Nic@ se mit à penser au testament, qu'il tenait encore à la main" 2l !allait le mettre en lieu sKr, et vite" Jais oC= ;es &eu% !irent le tour de la pi1ce, s'attard1rent sur les murs sans ornements, sur les si1ges, sur la petite ta le qui se trouvait juste derri1re lui" ;ur cette ta le, un tas de vieilles revues toutes cornées à !orce d'avoir été !euilletées" 9 7as le choi%, pensa<t<il" Me vais glisser le papier entre deu% pages F c'est un coup à risquer" > 2l !it passer le !euillet derri1re son dos et l'introduisit dans une revue, presque au as de la pile" 7endant ce temps, Naston promenait sur le groupe le regard mé!iant de ses petits &eu%, mais il ne parut pas se douter du man1ge de Nic@" 5elui<ci n'était pourtant pas satis!ait" 9 #a cachette est vraiment trop simple! se dit< il" Oh! 4ne idée! >

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2l tira de sa poche une arre de cheaing<gum et, toujours avec des gestes !urti!s, l'introduisit dans sa ouche" 5ependant Gaoul avait ouvert la" porte, et son complice le rejoignit à l'intérieur" :nsem le, ils s'avanc1rent vers les occupants du salon" 9 Jerci d'avoir travaillé pour nous! déclara le chau!!eur d'un ton suave" 5e n'est que justice, d'ailleurs" 5e testament, nous l'aurions déjà trouvé, si Qector nous avait mieu% renseignés" ? 2l a esoin d'une leBon F laisse<moi la lui donner! > gronda l'in!irmier" #'autre le retint" 9 $ quoi on, puisque nous savons ce que nous voulions savoir= 5e garBon ? il désignait Nic@ ? a poussé l'o ligeance jusqu'à nous !aire la lecture à haute et intelligi le voi%! > #'intéressé était rouge de !ureur contenue" $insi, les deu% andits se trouvaient depuis un moment sous la !enêtre, ne perdant rien de ce qui se passait dans la pi1ce! Nathalie pensa aussitôt F 9 M'avais raison, quand j'ai entendu grogner 7ipo une premi1re !ois" > Jais elle n'en tira aucune gloire" 9 $ propos, il nous le !aut, ce testament, dit l'in!irmier" Aonne<le<nous, gamin"
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? :ssa&eE toujours de le prendre! répondit Nic@, qui se mit à mOcher son cheaing<gum, puis l'engloutit avec un grand e!!ort apparent" 2l' !audrait pour cela que vous m'ouvrieE l'estomac! ? Luoi! Tu l'as avalé= rugit Naston, en prenant le jeune garBon par l'épaule et le secouant comme un prunier" 4ne !ois de plus, le chau!!eur tempéra la !ureur de son complice" 9 2nutile de te !Ocher, Naston F 5e papier est détruit= Tant pis pour les éné!iciaires du
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testament, tant mieu% pour nous" Nous connaissons l'emplacement du trésor, c'est l'essentiel" ? Tu as raison, admit l'in!irmier, lOchant à regret l'épaule de sa victime" Tout de même, ce gamin méritait une onne leBon! > Nic@, apr1s ce traitement, mit un moment à reprendre son sou!!le" 2l se pencha vers son cousin et lui glissa dans l'oreille F 9 Aécidément, le passe<temps !avori de Naston consiste à rosser les autres! > 7our toute réponse, NoDl mit un doigt sur ses l1vres F il essa&ait d'entendre la conversation des deu% complices, qui se consultaient au sujet des prisonniers" 9 On les oucle ici, et on court s'occuper du trésor= suggéra l'in!irmier" ? Tu n'& penses pas! > dit Gaoul" :t, désignant la !enêtre restée ouverte, il ajoutaF 9 2ls auraient, tôt !ait de se sauver par là! ? 7as si on les ligote" ? Trop compliqué F il !audrait des m1tres et des m1tres de corde" OC les prendre= :t puis, les gosses sont malins F j'aime mieu% les avoir à l'8il" ? Tu ne veu% tout de même pas qu'on s'em arrasse d'eu%=

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? ;i, justement" M'ai mon idée F l'am ulance" ? :h ien, quoi, l'am ulance= ? Ne devrions<nous pas la sortir pour aller chercher un malade= ? ;i, mais dans une heure seulement" ? $ucune importance! trancha Gaoul" #e docteur n'& regardera pas de si pr1s! > :t sur le ton du commandement, il e%pliqua F 9 Tu vas rester ici et les surveiller" Joi, pendant ce temps, j'am1ne l'am ulance pr1s du pavillon, et j'ouvre toute grande la porte arri1re" $ ce moment tu !ais sortir les prisonniers" Jais attention! 2l !aut que cette opération se !asse en silence! > 7endant que le chau!!eur e%posait son plan, les Trois N étaient passés par des sentiments divers F crainte, consternation" 4n peu d'espoir leur vint à la pensée qu'ils passeraient quelques instants dehors, avant d'être en!ermés dans l'am ulance" 7eut<être qu'en se mettant à crier, ils attireraient l'attention des occupants de la clinique= #a suite de la conversation leur enleva cette envie" 9 5'est simple, dit Naston en s'emparant du ras de Nathalie, qu'il serra tr1s !ort" ;'ils essaient seulement de pousser un cri, c'est la gosse qui écopera" »

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2l accentua son étreinte F la !illette, sous l'e!!et de la douleur, se mit à pleurer silencieusement" 9 Prute! > jeta Nic@ entre ses dents" NoDl serra les poings, prêt à se ruer contre le colosse" Jais il comprit que celui<ci l'écraserait comme une mouche" $lors il se !orBa au calme, et attendit la suite" " 5e ne !ut pas long" Gaoul alla ouvrir le garage et !it sortir le long véhicule, qui vint se ranger doucement à un m1tre à peine de l'entrée du pavillon" $lors Naston ouvrit là porte, poussant devant lui, en !ile indienne, Qectpr, NoDl et Nic@" #ui<même !ermait la marche en maintenant Nathalie devant lui" Tout ce monde s'engou!!ra dans la ca ine arri1re, dont la porte se re!erma d'un coup sec" 7uis Gaoul se mit au volant, et l'am ulance sortit lentement de la clinique pour prendre la route qui conduisait au champ de l'épouvantail"

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CHAPITRE -VI U" str t !2%e N e%amin1rent leur étroite prison F à l'avant, deu% si1ges, dont celui du conducteur" 4n troisi1me dans la ca ine arri1re, sur lequel se laissa tom er Naston" #e long d'une paroi, une couchette destinée au% malades" 4ne couverture & était posée, et c'est là<dessus que s'assirent les capti!s, sau! Nathalie que l'in!irmier tenait toujours contre lui"
#:; TGO2;

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A1s que la voiture eut gagné la route, elle prit de la vitesse, et quelques minutes plus tard les en!ants aperBurent l'épouvantai! dressé au milieu du champ F on arrivait au% 9 Puissonnets >" 9 Me vais dissimuler l'am ulance dans ce petit ois, juste en !ace >, décida Gaoul" 2l o liqua rusquement dans un chemin poussiéreu%, et, peu apr1s, le véhicule stoppait au milieu d'une !utaie" 9 5omme Ba, on ne nous verra pas depuis la route, déclara le chau!!eur" :t maintenant, il s'agit de s'organiser" > 2l ré!léchit un moment, puis ajouta F 9 Toi, Naston, tu vas t'occuper du trésor" Joi""" ? 2l me !audrait des outils, coupa l'in!irmier" ^ as<tu pensé= bb Pien sKr! répondit le petit homme" M'ai de la tête, moi! Gegarde sous la couchette F j'& ai dissimulé une pelle et une pioche" ? OteE<vous de là! cria Naston à l'adresse des deu% garBons et d'Qector" 2l trouva e!!ectivement les outils à l'endroit indiqué" 9 :t alors= demanda<t<il" ? 2l !aut donc tout te dire! protesta son complice" Aépêche<toi d'aller creuser la terre sous l'épouvantai! F tu trouveras sans doute
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&aston sortit la voiture, e%portant une pette et une pioche.

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rapidement l'entrée d'une galerie" $ ce moment, appelle<moi" ? Ais donc, c'est moi qui m'appuie tout seul le oulot= ? Pien sKr F tu es tellement !ort! dit Gaoul, !latteur" Joi, je surveille les prisonniers F il ne !audrait pas qu'ils nous !aussent compagnie maintenant! ? A'accord >, accepta Naston, qui sortit de la voiture en emportant la pioche et la pelle" 7eu apr1s, les Trois N, qui par la vitre arri1re pouvaient voir le champ, aperBurent le colosse qui arrachait rutalement l'épouvantail et le lanBait à terre un peu plus loin" Nathalie poussa un énorme soupir" Luant à Gaoul, il était sorti derri1re son complice, peu désireu% sans doute de rester à l'intérieur du petit espace, seul contre quatre" 2l !erma les deu% porti1res à cle!, ainsi que la porte arri1re" « Pouclés! ragea Nic@" :t sans espoir d'évasion, j'en ai peur! > :n e!!et, tel un gardien de prison, le chau!!eur s'était mis à e!!ectuer une ronde autour bdu véhicule" :t, à chaque tour, il jetait un long regard à travers les vitres, à l'avant comme à l'arri1re" 5'est seulement quand il longeait les côtés de
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l'am ulance qu'il lui était impossi le de voir l'intérieur, à cause des rideau% qui masquaient les !enêtres" NoDl consulta sa montre, qui était munie d'une trotteuse" 9\;i l'un de nous essa&ait de s'échapper, il disposerait de trois secondes, annonBa<t<il ientôt" ? Nettement insu!!isant! commenta Nic@ d'un ton découragé" ? 7as sKr! ? Luoi! Tu aurais une idée= ? 7eut<être" #aisse<moi ré!léchir" Toi, pendant ce temps, continue à o server Gaoul" :n particulier, regarde s'il continue à tourner dans le même sens" > 9 NoDl va sKrement trouver un mo&en, pensa Nathalie avec con!iance" 2l est tellement intelligent! > Luant à Qector #ouvet, il était évident qu'on ne pouvait compter sur son aide F il s'était laissé tom er sur le si1ge laissé vacant par le départ de Naston, et restait là, les ras allants, l'8il vide, une e%pression de pro!ond désarroi sur son visage" ;oudain NoDl leva la main pour réclamer l'attention" 9 Me crois que j'ai trouvé », dit<il" :t, calmement, il e%posa son idée"
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9 Nénial! commenta Nic@" Jais pourquoi choisir Nathalie et pas moi= ? 7arce que je suis la plus mince >, répondit la !illette d'un air de dé!i" NoDl se hOta d'approuver" Nathalie s'attendait à une riposte ironique de la part de son !r1re, telle que F 9 Ja petite s8ur= Tu as esoin de lunettes, mon pauvre NoDl! > Or, non seulement Nic@ ne protesta pas, mais il approuva !inalement le choi% de son cousin" 9 $pr1s tout, pour la comédie qu'on va jouer, mieu% vaut utiliser Nathalie F ce sera plus vraisem la le" ? Pon" ;i tout le monde est d'accord, allons<&! > décida le plus grand" :t il e%pliqua à chacun son rôle" 7our commencer, il pria sa cousine de lui donner son écharpe" :nsuite, aidé de Nic@, il disposa la couverture sur la couchette en la !aisant gon!ler, de !aBon à simuler la présence d'un corps humain" 7our compléter l'illusion, l'écharpe roulée en oule !ut placée en haut, comme si elle entourait une tête invisi le" :ntre<temps, la !illette avait reBu l'ordre d'aller se cacher entre le si1ge avant et celui oC était assis le concierge" #es deu% garBons

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s'accroupirent alors à la gauche d'Qector, et attendirent" #a réaction de Gaoul ne tarda pas à se produire" $rrêté à l'arri1re de l'am ulance, il regarda une !ois de plus par la vitre, !ronBa les sourcils, et !rappa pour attirer l'attention des prisonniers" 9 Qein= s'e%clama Nic@, !eignant la surprise" ? 2l manque la !ille" OC est<elle= > cria le chau!!eur" NoDl désigna du doigt la couchette, et déclara F 9 3otre ami l'in!irmier l'a tellement secouée qu'elle s'est sentie mal F nous l'avons !ait s'étendre"> #es occupants de l'am ulance vécurent alors les instants les plus angoissants d'une matinée pourtant !ertile en émotions F Gaoul, l'8il mé!iant, o serva pendant un moment la !orme immo ile ? et pour cause! ? étendue sur la couchette" 9 ;'il continue son e%amen, il trouvera louche cette immo ilité prolongée! > pensa Nic@, qui sentait la sueur perler à son !ront" Qeureusement, lui et son cousin réussirent à garder une attitude détachée" ;i ien que le chau!!eur reprit sa promenade en rond, toujours dans le même sens, et ? sem lait<il ?

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en ralentissant un peu" 7eut<être était<il !atigué= 7ar prudence, NoDl attendit qu'il eKt !ait cinq !ois le tour de l'am ulance" :ntretemps il regarda sa montre, et conclut F 9 Jaintenant, la durée est de quatre secondes" Me pense que Ba su!!ira" > ;u itement, l'opération !ut déclenchée par un ordre qu'il jeta à sa cousine F 9 3as<&! > $ partir de ce moment, tout se déroula comme dans un allet ien réglé, dont NoDl aurait été le che! d'orchestre, ses cousins les e%écutants" Aans un premier temps, la !illette se glissa à l'avant, pr1s de la porti1re de droite que Gaoul venait de dépasser" :lle a aissa vivement la vitre, et s'accroupit" #e tout avait duré moins dé quatre secondes" #e chau!!eur apparut à l'arri1re, puis s'éclipsa" 5e !ut alors à Nic@ d'entrer en sc1ne F pour commencer, il rejoignit sa s8ur" Aeu% secondes lui su!!irent pour la !aire passer, les pieds les premiers, à travers l'ouverture" 2l lui en restait à peine autant pour remonter et retourner à sa place, entre son cousin et le concierge" 5e !ut miracle s'il & parvint, mais, lorsque le visage de Gaoul apparut<derri1re le pare< rise, tout paraissait normal à l'intérieur du véhicule" Ae plus, l'opération s'était déroulée
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dans un relati! silence" Luant à Nathalie""" 9 $ elle de jouer! murmura Nic@ d'une voi% altérée" ? Ponne chance! > ajouta NoDl sur le même ton, en s'adressant à sa cousine invisi le" 7uis l'attente commenBa pour les trois capti!s" #e chau!!eur continuait sa ronde comme si rien ne s'était passé F donc, Nathalie avait réussi à s'en!uir" 7eu à peu, l'étau d'angoisse qui étreignait les deu% garBons se desserra, ils se mirent à respirer plus li rement" A'ici peu,

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grOce à la ruse de NoDl, les secours allaient arriver" 3ingt minutes s'écoul1rent" :t soudain Naston !it irruption" #e visage cramoisi, la sueur lui ruisselant jusque dans les &eu%, il avait l'air !urieu%" 2l se mit à invectiver son complice" 9 M'ai ien eu tort de t'écouter, à propos de cette histoire de trésor! Me n'ai rien trouvé sous l'épouvantai! ? Tu n'as pas dK asseE creuser, supposa Gaoul" ? 7as asseE, pas asseE"""! 3oilà plus d'une demi<heure que je trime tout seul, pendant que toi, tu te prom1nes, et tu oses me dire Ba= 3a donc juger sur place F j'ai !ait un trou plus grand qu'une aignoire sans rencontrer la moindre galerie" Lu'est<ce que tu en penses= ? Me ne sais pas, moi, répondit le chau!!eur" 7ourtant, le testament""" ? #e testament! répéta l'in!irmier d'un ton rageur" Lui sait si ces gosses ne se sont pas moqués de nous= Tiens, !ile<moi la cle! F je veu% leur parler" > 7lus morts que vi!s, Nic@ et NoDl virent le colosse pénétrer dans l'am ulance" Tout de suite, il remarqua F 9 Jais il manque quelqu'un F la gamine! > $u
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même moment il aperBut la !orme allongée sur la couchette, et, d'un geste rutal, écarta la couverture" 9 22 n'& à rien là<dessous! glapit<il" ? 5omment! :lle à donc réussi à se sauver= s'écria Gaoul qui arrivait derri1re son camarade" ? Qein! Tu t'es laissé erner par ces gosses, toi qui te crois si malin= tonitrua Naston" :sp1ce d'im écile, va! > ;on complice ne réagit pas à l'insulte F il était devenu tr1s pOle" 9 7lus une seconde à perdre, jeta<t<il" 2l !aut !iler" > 2l re!erma la porte, et courut se mettre au volant" Naston, médusé, ne protesta pas et le rejoignit à l'avant" 9 :t eu%, qu'est<ce qu'on en !ait= demanda<t<il en désignant les occupants de la ca ine" ? On les emm1ne! > :t l'am ulance démarra rutalement en marche arri1re"

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CHAPITRE -VII Le trésor $ 7:2N: N$TQ$#2: eut<elle posé les pieds par terre, qu'elle se laissa tom er à plat ventre et rampa sous le !euillage de !aBon à s'éloigner au plus vite de l'am ulance" Luand Gaoul passa de nouveau devant la porti1re droite, la !illette était déjà hors de vue" :lle traversa le petit ois et dé oucha dans un pré" Aésormais, elle se trouvait en terrain
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découvert, et devait redou ler de précautions" :n longeant des haies de noisetiers, qui lui procuraient un a ri su!!isant, elle !it un grand crochet à travers la campagne et rejoignit en!in là route" 7ersonne en vue F donc sa !uite était passée inaperBue" Ou!! Tantôt courant, tantôt marchant à grands pas quand elle était par trop essou!!lée, elle parcourut le long trajet sans s'octro&er le moindre repos" #e salut de NoDl, de Nic@ et d'Qector ne dépendait<il pas de sa rapidité= #a !illette était a solument sur les genou%F quand en!in lui apparut la maison de l'oncle :douard" :ncore un e!!ort, et elle poussa le portail du jardin, puis courut vers le la oratoire, oC, à cette heure, devait se trouver le vétérinaire" 2l & était, occupé à soigner ses animau%" 9 Oncle""" :douard! > cria Nathalie depuis le seuil" J" Pesson se retourna, et se rendit compte au premier coup d'8il que sa ni1ce était ouleversée" 2l alla la prendre par la main et lui parla doucement" 9 Lu'& a<t<il, ma petite Nathalie= ? 3ite! 2l !aut""" avertir""" les gendarmes! Nic@ et NoDl""" dans""" l'am ulance" > 5inq minutes plus tard, a&ant réussi à o tenir
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un récit à peu pr1s cohérent de l'aventure, l'oncle :douard rentrait dans son ureau pour téléphoner à la gendarmerie" 2l dut parlementer un moment F le rigadier re!usait de prendre au sérieu% cette histoire rapportée par une !illette de neu! ans" Jais le vétérinaire avait la réputation d'un homme en qui on pouvait avoir con!iance" :t du moment qu'il se portait garant de ses petits< neveu%""" 9 5'est on, j'arrive avec l'esta!ette" Nous prendrons la petite !ille au passage F elle nous guidera" > 7our Nathalie, le temps parut long F son imagination lui représentait des périls sans cesse plus grands au%quels étaient e%posés les capti!s" :n!in la voiture "noire se rangea le long de la villa, et la !illette, qui attendait devant le portail, s'& engou!!ra aussitôt" :lle se trouva entourée d'uni!ormes, et on lui demanda d'indiquer la direction à prendre" #'esta!ette s'engagea donc sur la route d'$vra&, suivie de pr1s par l'automo ile de l'oncle :douard" $ côté de lui avait pris place $rthur Tleur&, qui, malgré les remontrances de son ami, avait insisté pour !aire partie de l'e%pédition" $u moment oC les deu% véhicules approchaient du champ de l)épouvantail, une

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am ulance venant d'un chemin latéral dé oucha sur la route en marche arri1re" Nathalie poussa un cri F 9 5e sont eu%! ? 2ls nous !ilent entre les doigts! s'écria le rigadier consterné" 2l va !alloir engager une poursuite" 7eut<être vaudrait<il mieu% !aire descendre la !illette= > Or, au moment oC l'am ulance venait de s'arrêter pour repartir en marche avant, on la vit !aire deu% ou trois sou resauts puis s'immo iliser" 4n cri jaillit de l'esta!ette F 9 ;top! Tout le monde dehors" :n avant les gars! On va les cerner""" mais so&eE prudents F n'ou lieE pas qu'ils détiennent trois otages! > *** NoDl et Nic@ n'avaient que trop ien compris l'intention des andits F devinant qu'ils allaient être poursuivis, ils avaient esoin d'otages qu'ils pourraient, le cas échéant, échanger contre leur li erté" 2l !allait à tout pri% !aire quelque chose""" #es deu% garBons se consult1rent du regard, et se comprirent sans échanger une parole" Gestait à attendre l'instant propice pour agir F celui oC l'am ulance man8uvrerait pour
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repartir dans la direction d'oC elle venait ? c'est<à<dire en tournant le dos à 3oln&" Gaoul venait de terminer sa marche arri1re et posait déjà le pied sur l'accélérateur, lorsque les deu% cousins ondirent sur lui" #e saisissant chacun par un ras, ils le tir1rent vivement en arri1re F le petit homme n'atteignant plus les pédales, la voiture !it quelques em ardées puis s'arrêta" Jais il & avait Naston, qui allait inévita lement réagir pour secourir son complice" 5'est alors qu'Qector #ouvet, jusqu'ici passi!, se jeta dans l'action" $visant la longue écharpe rouge de Nathalie, restée sur la couchette, il s'en< saisit et Oillonna le colosse" 5elui<ci, avec un grognement de !ureur, porta la main à son visage F le concierge en pro!ita pour entourer les poignets de l'homme" :n!in il ramena les deu% pans de l'écharpe 9t les noua solidement dans le dos de l'adversaire" Muste à ce moment, l'am ulance !ut cernée par les gendarmes, et les porti1res s'ouvrirent" 9 7ar e%emple! s'e%clama l'un des hommes" "GegardeE, che! F le travail est déjà terminé" 2l ne nous reste plus qu'à cueillir nos clients" ? Ponne a!!aire! se réjouit le rigadier, sortant de sa poche deu% paires de menottes" Me
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vous !élicite de votre initiative, jeunes gens! ? 5'est Qector qui a !ait le plus di!!icile, déclara Nic@" $ lui seul, il est venu à out de l'in!irmier" > #e concierge ne !ut pas peu !ier de recevoir les compliments qu'il méritait" Nathalie, descendue de la !ourgonnette, se !ra&a un chemin jusqu'à son !r1re et à son cousin" #es Trois N, jo&eu% de se retrouver, se congratul1rent à qui mieu% mieu%, jusqu'au moment oC une 'e%pression scandalisée apparut sur le visage de la !illette F elle venait d'apercevoir Naston dans ses liens improvisés" 9 Jon écharpe! s'écria<t<elle" :lle va être toute dé!ormée, maintenant! > Nic@ !aillit s'étrangler d'indignation" Tout ce qu'il réussit à dire, ce !ut F 9 $h! les !illes! > tandis que NoDl, en souriant, !aisait remarquer à sa cousine F 9 Ais donc, tu gagnes au change! :lle a au moins allongé de cinquante centim1tres! > Tandis que les gendarmes em arquaient Naston et Gaoul dans la !ourgonnette, J" Tleur& s'approcha en oitillant, soutenu par l'oncle :douard" 9 :st<ce que ces hommes ont mis la main sur le trésor= questionna<t<il"
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? Ja !oi, je l'ignore, répondit le rigadier" 7our le moment, je les inculpe de tentative d'enl1vement" Me vous prierai, J" Pesson, de passer cet apr1s<midi à la gendarmerie avec vos petits< neveu% F j'aurai esoin de leur témoignage" > #e vétérinaire promit, et l'automo ile noire s'éloigna, emmenant les deu% prisonniers" Luant à l'am ulance, conduite par un gendarme, elle !ut ramenée à la clinique, avec Qector #ouvet comme passager" #es Trois N, restés seuls avec leur oncle et l'archéologue, se dirig1rent vers le champ de l'épouvantail" 4n grand trou apparaissait à l'endroit oC avait été planté le mannequin de ois, maintenant arraché" $u !ond de ce trou, rien que de la terre et des caillou% F pas la moindre amorce de galerie" 9 5'est ici que devrait se trouver le trésor, s'il !aut en croire le testament, déclara NoDl" ? Luel testament= > demanda J" Tleur&, qui n'avait pas encore été mis au courant" #e jeune garBon e%pliqua toute l'a!!aire, et conclut F 9 7uisque l'in!irmier a creusé à l'endroit indiqué sans rien trouver, c'est que le renseignement était !au%" > #'archéologue avait l'air consterné"
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9 Aans ce cas, je me suis moi<même trompé, remarqua<t<il, car j'étais également arrivé à la conclusion que la villa romaine était quelque part dans le sous<sol de ce champ" > ;oudain Nic@ poussa un vérita le cri de triomphe" 9 M'& suis! $lphonse 7ichon a marqué l'emplacement du trou en & plantant l'épouvantail" Or cet épouvantail""" ? """ a été déplacé par nous, acheva Nathalie" $uparavant il se trouvait pr1s d'un uisson, là< as" ?& Nous sommes idiots de n'& avoir pas pensé tout de suite! s'écria le jeune garBon con!us" ? 3ous êtes ien e%cusa les! intervint l'oncle :douard" N'importe qui aurait la mémoire em rouillée, apr1s de pareilles émotions!> 5ependant NoDl ré!léchissait" 9 #'endroit précis sera !acile à découvrir, dit<il en!in" Luand l'épouvantail a été cassé par l'ouragan, un morceau de ois est resté dans le sol"> #es Trois N, d'un même élan, se précipit1rent vers le uisson, et ne tard1rent pas à dénicher le tronBon de ois demeuré en terre" 9 3ite, la pioche! > s'écria Nic@" 2l n'eut qu'à prendre celle que Naston avait
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laissée" NoDl s'empara de la pelle, et tous deu% se mirent à creuser avec une ardeur qui ravit J" Tleur&, décidé à voir en eu% de !uturs archéologues" 4n quart d'heure plus tard, un9 hourrah > retentissant, jailli de la ouche de Nic@ F la pointe de sa pioche venait de mettre au jour une étroite !ente" NoDl l'élargit à l'aide de la pelle, et ientôt les en!ants, munis d'une lampe de poche prêtée par l'oncle :douard, purent se glisser l'un apr1s l'autre dans une sorte de couloir s'en!onBant en pente douce sous la terre"
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4ne dénivellation rusque, et la galerie s'élargit tout d'un coup F les e%plorateurs se trouvaient maintenant dans une pi1ce d'ha itation dont le sol, sous les gravats qui le recouvraient, était en !ine mosaZque" Aes o jets divers l'encom raient F vases, statues, colonnes, dont quelques<unes étaient risées" #es Trois N e%aminaient avec respect ces vestiges d'un autre temps, mais se montraient surpris" 2l & avait là, certes, de quoi ravir un archéologue""" et non de quoi enrichir des hommes comme le chau!!eur et l'in!irmier" $lors= Jais une longue ré!le%ion n'était pas du goKt de Nic@" 5omme toujours il avait hOte d'agir" 9 $llons vite !aire part de nos découvertes à J" Tleur& et à l'oncle :douard, proposa<t<il" ? Oh! oui! appu&a Nathalie" 2ls seront sKrement ien contents" ? Jieu% encore F organisons un va<et<vient pour transporter quelques<uns de ces o jets jusqu'à eu%, poursuivit son !r1re" ? $h! non! le contredit NoDl" J" Tleur& désirera certainement en !aire une étude sur place", du moins quand il en sera capa le" ? Tu e%ag1res! protesta Nic@" Me suis sKr au contraire qu'il est tr1s impatient de connaItre ce que contient la salle souterraine"
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? $llons lui demander son avis >, trancha Nathalie" Or l'archéologue donna satis!action à l'un comme à l'autre des deu% cousins F a&ant écouté avec intérêt la description détaillée que lui !it NoDl, il pria les en!ants de lui rapporter quelques échantillons de ce qu'ils découvriraient" Muste de quoi se rendre compte" $insi !ut !ait" $ chaque trouvaille qu'on lui présentait, J" Tleur& poussait des e%clamations de plaisir qui pa&aient les e%plorateurs de leurs peines" 5ependant Nic@, qui !ar!ouillait dans un coin de la pi1ce, heurta du pied un grand vase en ronEe à demi<enterré" 2l !allut la pelle pour le dégager, mais il était si lourd que les e!!orts réunis des Trois N ne purent réussir à le soulever" 9 :nlevons le couvercle >, suggéra NoDl" 5ette !ois ce !ut !acile F quelqu'un avant eu% l'avait déjà descellé F $lphonse 7ichon, sans aucun doute" Nathalie plongea sa main dans le vase, et en ramena une poignée de pi1ces d'argent" ? Ae la monnaie romaine! commenta J" Tleur& quand il eut en main quelques<unes de ces pi1ces" #eur valeur est énorme" :st<ce qu'il & en a eaucoup= >

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Ai% minutes plus tard, les garBons étaient en mesure de lui donner la réponse e%acte" 9 1 '.*! annonBa Nic@ tr1s e%cité" ? #e voilà, le !ameu% trésor! > épilogua NoDl" 2l devint grave et ajouta F 9 M'esp1re que le v8u d'$lphonse 7ichon sera respecté, et que tous ces o jets précieu% seront e%posés dans un musée portant son nom= ? M'& veillerai personnellement, promit l'archéologue" ? Nous irons le plus tôt possi le récupérer le testament, et le porter au notaire, ajouta l'oncle :douard" ? :t nous en pro!iterons pour rendre visite à Qu ert 5lément, suggéra Nathalie" ? 5ertainement" 2l sera le premier à se réjouir de notre réussite >, déclara J" Tleur& dont le visage ra&onnait" 2l était midi passé" 2l !allut, à regret, quitter les lieu%" Jais les Trois N se promirent d'& revenir souvent, en attendant que l'archéologue soit su!!isamment remis pour procéder lui<même à des !ouilles appro!ondies" 9 :st<ce que ce n'est pas imprudent de laisser toutes ces choses précieuses sans surveillance= demanda Nathalie"
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? 7lus maintenant que Gaoul et Naston sont sous cle!, répondit NoDl" 2l serait invraisem la le que d'autres voleurs apparaissent su itement! > Nic@ alla ramasser l'épouvantail qui gisait à terre et le replanta à l'entrée dut trou" 9 3oilà, dit<il, nous allons lui redonner son vrai rôle" > :t, s'inclinant cérémonieusement devant le vieu% mannequin de ois, il prononBa d'une voi% !orte F 9 Me te nomme désormais 2ardien du 3résor. >

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