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la Nutrition des Plantes

1 LES ELEMENTS NUTRITIFS


INDISPENSABLES
Pour se développer, les plantes prélèvent dans le milieu qui • 9 éléments dits “plastiques” qui participent à la formation
les entoure - atmosphère, eau et sol - les éléments néces- des tissus végétaux, et qui représentent 99 % de leur masse.
saires à la constitution de leurs tissus.
• des éléments appelés “oligo-éléments” présents en très
L’analyse de la matière sèche des végétaux fait apparaître la faibles quantités.
présence de constituants indispensables :

Composition moyenne du végétal en % de la matière sèc he


• ELEMENTS PLASTIQUES
Carbone (C) 42 % Azote (N) 2,0 % Potassium (K) 2,5 %
Oxygène (O) 44 % Phosphore (P) 0,4 % Calcium (Ca) 1,3 %
Hydrogène (H) 6% Soufre (S) 0,4 % Magnésium (Mg) 0,4 %

• PRINCIPAUX OLIGO-ELEMENTS : Fer, Manganèse, Cuivre, Zinc, Bore, Molybdène

• AUTRES ELEMENTS : Chlore, Sodium, Silicium, Cobalt.

2 SOURCES DES ELEMENTS


NUTRITIFS
La plante trouve dans l’air, sous forme de gaz carbonique
(CO2), le carbone et l'oxygène qu'elle fait entrer dans la
formation des glucides par le jeu de la photosynthèse et de
l'assimilation chlorophyllienne. Elle peut également y trou-
ve r, sous forme de SO2, une partie du soufre qui lui est
indispensable.

L’eau prélevée dans le sol, outre ses rôles multiples dans la


physiologie végétale, fournit hydrogène et oxygène par le
mécanisme de l’assimilation chlorophyllienne.

L’azote est, pour la plupart des plantes, prélevé dans le sol


sous forme minérale (nitrique ou ammoniacale) et, pour les
légumineuses, directement prélevé dans l’air du sol par les
bactéries des nodosités racinaires.

Les éléments minéraux (P, K, Ca Mg, la plus grande partie


de S et les oligo-éléments) proviennent du sol où les Figure 1
racines les absorbent à partir de solutions très diluées.

Chapitre II

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3 RÔLE DES ÉLÉMENTS NUTRITIFS La nutrition des plantes se caractérise par :
• ses besoins totaux. Au cours de leur cycle végétatif, les
Tous ces éléments ne jouent pas le même rôle dans la nutri- plantes annuelles prélèvent dans le sol des quantités d’élé-
tion végétale. Les uns (oxygène, carbone, hydrogène, azote, ments nutritifs très variables.
phosphore, soufre) sont les constituants de base des tissus
végétaux et sont assemblés au cours des synthèses orga- Pour l’azote et le potassium, les besoins peuvent dépasser
niques. D’autres, les cations (potassium, calcium, magné- plusieurs centaines de kilos à l’hectare : par exemple, pour
sium) ont principalement pour rôle de maintenir dans le K 2O, 250 à 300 kg pour un blé, 500 kg pour une luzerne ou
milieu interne un équilibre avec les anions. D’autres enfin un ray-grass
(les oligo-éléments) ont un rôle de catalyseurs des réactions
Pour le phosphore, ils se situent en moyenne à 60-90 kg par
du métabolisme. Ces éléments constituent un ensemble où
hectare, exprimés en P2O5.
chacun d'entre eux est strictement indispensable.
Pour les éléments secondaires (S, Mg, Ca), les besoins totaux
des plantes sont en général de 50 à 100 kg par hectare,
4 ABSORPTION DES ELEMENTS exprimés en oxydes (SO3, MgO, CaO) (cf. chapitres V et IX).

MINERAUX ET FERTILISATION Pour les oligo-éléments (cf. chapitre IX), les besoins annuels
par hectare varient de quelques grammes à quelques cen-
L’absorption des éléments minéraux par le système racinaire taines de grammes.
est faite sélectivement, selon des proportions déterminées ; si
l'un (ou plusieurs) de ces éléments est en quantité insuffi- Pour une même plante, les besoins totaux sont fonction du
sante dans le sol, la plante ne peut plus se développer nor- rendement. Il ne faut pas confondre les besoins totaux avec
malement, les rendements en sont affectés, des symptômes les exportations qui sont les quantités réellement enlevées
visibles de carence peuvent même apparaître. du sol par les récoltes et non restituées.

Figure 2 - Prélèvements des principaux éléments nutritifs par du blé

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• ses besoins instantanés. Les prélèvements de ces quantités Le développement optimal des plantes est donc lié à la satis-
totales d’éléments minéraux ne sont pas constants au cours faction de leurs besoins totaux et instantanés (exigence des
du cycle végétatif. cultures).
Le rôle de la fertilisation est d’éviter les insuffisances, glo-
Il existe des périodes où les besoins instantanés sont très
bales et instantanées, qui pourraient apparaître dans la nutri-
importants, par exemple sur céréales, au cours de la période
tion des cultures. Pour ceci, elle devra être calculée d’après
redressement - floraison (figure 2).
les exportations, élément de base du bilan, en fonction des
pertes par lessivage, par exemple pour CaO et MgO, et des
A titre d’exemple, pour P2O5, les besoins “de pointe” peu-
c a ractéristiques du sol pour l’élément en question, par
vent atteindre, par hectare et par jour :
exemple P2O5 (notion de biodisponibilité).
• 2 kg pour le blé, entre la montaison et la floraison,
Les engrais minéraux apportés aux terres sont destinés à être di-
• 3 kg pour le maïs, à la floraison mâle,
sous, car les radicelles les absorbent sous forme de solutions
• 3 à 4 kg pour le colza, en mars-avril, alors que la
salines nutritives. Cela souligne l’importance de l’eau, véhicule
solution du sol ne contient que quelques centaines de
des éléments nutritifs dissous nécessaires aux cultures.
grammes de P2O5 à l’hectare.
Dans une certaine mesure, les feuilles peuvent participer à
La non-satisfaction de ces besoins instantanés à partir de la l’alimentation minérale du végétal ; cette propriété est parfois
solution du sol risque d'entraîner des diminutions notables utilisée pour lutter contre des carences en oligo-éléments,
de rendement. C’est ainsi que l’on explique les résultats par- magnésium ou autres éléments par des pulvérisations foliaires
fois spectaculaires du P2O 5 soluble-eau apporté avant un de sels en solution. Toutefois, la fumure foliaire ne peut être
stade de besoins intenses. qu’un complément pour les éléments majeurs et secondaires.

Le maïs a des besoins nutritifs particulièrement élévés lors de la floraison mâle

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5 EQUILIBRE PHOTOSYNTHESE- aujourd’hui 1,5 %, le maximum se situant aux environs de
4 %. Cet accroissement est le résultat de l’amélioration de
ALIMENTATION MINERALE l'ensemble des techniques culturales, en particulier des
techniques de fertilisation minérale.
Pour que la photosynthèse et le développement de la plante
puissent s’effectuer dans de bonnes conditions, il est souhai-
table que soit réalisé dans l'alimentation un certain équilibre
entre le carbone fixé dans les feuilles (formation des glu-
6 CONCLUSION
cides) et les éléments minéraux absorbés par les racines.
L’activité des racines et des feuilles doit se poursuivre harmo- La plante puise les éléments nécessaires à son alimentation
nieusement, sinon des accidents peuvent survenir (verse, dans l'air et dans le sol.
échaudage...) et les rendements s’en trouvent réduits.
Soumise aux facteurs climatiques (insolation, température,
La pleine efficacité de la fertilisation minérale intensive pluviosité, etc.), la plante joue un rôle essentiel dans
nécessite une assimilation chlorophyllienne optimale : tout l'épuration de l’atmosphère. Elle y prélève le gaz carbo-
doit donc être mis en oeuvre pour que les cultures reçoivent nique nécessaire à la synthèse de ses tissus et y rejette de
et utilisent au maximum l’énergie solaire disponible : densité l’oxygène.
de semis, placement des graines, choix des variétés, désher-
bage, lutte contre les parasites et les maladies... Elle est également sous la dépendance étroite des proprié-
tés physiques et chimiques du sol, que de bonnes pra-
Le rapport entre la valeur énérgétique des récoltes et l'éner- tiques culturales et une fertilisation bien conduite permet-
gie solaire reçue, qui était de 0,25 % au Moyen-Age, atteint tent d’améliorer.

Une fertilisation minérale équilibrée et bien conduite contribue à l’augmentation constante des rendements en blé.

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