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Le bulletin sans concession de l’AGEPS-UNEF, première organisation étudiante de l’Université Paris IV, décembre 2005/janvier 2006, numéro 3
APPLICATION DE LA REFORME LMD

Pas assez de profs, pas assez de salles, pas assez de cours de langues, pas de place dans les options

PARIS IV IRAIT-ELLE DE MAL EN PITTE?
Éditorial
Sucrons les Fraises change.

L’AGEPS-UNEF change. Tout change et c’est normal. Mais notre fac change aussi. Et pas en mieux. Actuellement, à Paris IV, ça craint; et vous êtes aveugles si vous êtes pas assez grands pour vous en rendre compte. La rentrée s’est mal passée, et il serait injuste de le reprocher au service de la scolarité ou aux UFR. La direction de l’université a décidé d’appliquer la réforme LMD en faisant du zèle, alors qu’aucune rallonge budgétaire n’a été accordée par le ministère. C’est bête et méchant mais sans argent, on ne peut pas payer des profs pour assurer les cours supplémentaires, on ne peut pas mettre les locaux aux normes de sécurité, on ne peut pas trouver assez de places assise dans les cours pour tout le monde. Je ne sais pas vous, mais nous, nous en avons assez. Nous en avons assez de voir des étudiants de M2 inscrits d’office dans une langue rare avec les L1 et y passer des heures au détriment de leurs recherches. Nous en avons assez de voir des étudiantes venir nous voir les larmes aux yeux parce qu’elle n’a pas pu s’inscrire dans l’option de son choix, ce qui est pourtant son droit. Nous en avons assez de voir le président de Paris IV nous attaquer sur le couplet: « si vous dites qu’il y a des problèmes, c’est que vous êtes contre cette université ». Marre de tout ça. Et si on veut que ça change, il va falloir bouger. Nous sommes vos principaux représentants élus dans les instances de la fac. Certes, d’autres syndicats nous ont attaqués, nous reprochant notre « absence ». Mais nous n’étions pas absent: quand certains faisait de l’agitation, nous nous battions danss les cadres pseudo démocratiques de Paris IV, avec parfois des conséquences lourdes pour certains d’entre nous. Nous sommes vos élus, nous sommes la première organisation syndicale étudiante de Paris IV mais nous ne sommes rien sans vous. Il faut bouger et on ne pourra pas le faire à votre place. Tout les jours, on nous redit que ces problèmes n’existent pas alors que nous savons que vous les subissez, comme nous. Tous les jours, on nous rabâche que nous ne vous représentons pas réellement car seuls 5% des étudiants ont voté lors des dernières élections. Paris IV, c’est notre fac, c’est la vôtre, ce sont nos études qu’ils sont en train de détruire, et si nous ne sommes pas résolus à les regarder remettre en cause notre avenir, et nous ne le sommes pas, nous devons nous battre, tous, et dés maintenant.

UNE RENTREE PITEUSE
Erreurs dans le calcul des résultats de la session de septembre (par exemple en philosophie), interdiction de consulter ses copies (UFR d’Histoire de l’Art et Archéologie), refus du passage conditionnel (accordé pourtant par certaines UFR), incohérences des différents services concernant les horaires et lieux de cours, manque de place contre les TD, obligation de s’inscrire dans tel ou tel parcours, incompatibilité des horaires de différents cours… Voilà ce à quoi notre rentrée a ressemblé. Et ce n’est pas fini! Encore aujourd’hui, des étudiants sont contraints de suivre les cours assis par terre à cause du manque de places, des étudiants, considérés par la présidence comme n’ayant « plus de problèmes », sont toujours inscrits dans des langues ou des options qu’ils n’ont pas choisies, parfois en incohérence grave avec leur parcours. Aujourd’hui, n’en déplaise au président de l’université Paris IV, Jean-Robert PITTE, les problèmes sont toujours là et même de plus en

LE DIRECTEUR DE CABINET DU PRÉSIDENT

Tous les TD nécessaires seront créés!
Je dirais même plus: un TD, ça ne se créée pas en huit jours!

Hommage à Hergé

plus graves, puisque personne ne semble pouvoir (ou vouloir pour certains ?) les résoudre. Le service de la scolarité et les secrétariats d’UFR servent, depuis la rentrée, de tampon entre les étudiants et la présidence, rôle ingrat qu’ils ne méritent pas, considérant que sans aucun moyen (en personnel ou en en matériel) supplémentaire, ils sont supposés gérer harmonieusement l’université, ce qui est impossible en l’état. Comme seule réponse aux inquiétudes des étudiants, le président n’a fait q’un procès stalinien injurieux et honteux contre le viceprésident étudiant lors d’une réunion du bureau de l’université. Le VPE, issu de l’AGEPSUNEF, avait été attaqué personnellement lors de cette réunion avec comme prétexte notre tract dénonçant les nombreux problèmes. Cette attitude avait marqué le mépris de la direction de l’université envers les étudiants et leurs études mais également envers les représentants démocratiquement élus des étudiants. Les problèmes ne font que commencer: alors que les UFR, bien malgré eux, ne sont pas encore complètement au point concernant les entrées informatiques des inscriptions pédagogiques, les examens approchent à grands pas. Au point que lors du CEVU du 9 décembre dernier, les modalités de contrôle des connaissances ont été votées malgré l’opposition des élus étudiants présents (uniquement l’AGEPSUNEF et la FSE). Mais ces modalités de contrôle des connaissance ne sont actuellement… pas définies!!! Le CEVU a donc voté un chèque en blanc, laissant peut-être les UFR mais surtout la présidence faire à peu près ce qu’elle veut pour ces examens. Assurément, la direction de l’université fait preuve de son mépris envers les étudiants et nous pourrons en voir les résultats lors des examens de janvier. Si nous ne voulons pas que notre année universitaire soit sacrifiée, nous devrons faire entendre notre voix.

BILAN DE LA VISITE DU MINISTERE A PARIS IV
Le Comité National d’Évaluation (CNE) a passé plusieurs jours à Paris IV lors du printemps dernier. Comme son nom l’indique, cet organe, attaché au ministère, est chargé d’évaluer les universités. A cela s’ajoute la visite, il y a quelques semaines, de représentants du ministère. Si le rapport du CNE n’est pas encore communiqué à tous, certains éléments nous sont néanmoins parvenus. Pour le CNE, la mise en place du LMD pose problème, par manque de moyens (en particulier en ce qui concerne les professeurs) sans qu’il y ait eu une réelle réforme de fond pour autant. Le LMD s’enorgueillie d’être une fantastique opportunité, une invitation à plus d’interdisciplinarité, mais aujourd’hui, où est l’interdisciplinarité? La réforme, inacceptable à la base, est qui plus est incohérente à Paris IV! Le CNE reconnaît lui-même nos graves problèmes financiers. Pour le CNE, nous serions en cours de résolution de ces problèmes. Cependant, l’équilibre financier reste très fragile. Si Paris IV n’est pas (encore?) mise sous tutelle financière, le président fait voter une modification des statuts instituant une obligation d’informer heure par heure le recteur de nos actions budgétaires. Dans la mise en place du LMD, le président semble toujours vouloir avoir une politique ambitieuse. Mais l’incohérence est de mise. Si nous considérons que cette réforme n’aurait jamais dû être appliquée, le CNE (et on reconnaît bien la patte du ministère) considère que Paris IV l’applique à reculons. La réforme soutenait une pseudo refonte de l’ensemble des études et de l’organisation interne de la fac et rien n’a été fait. L’université, dans ses propositions faites au ministère, s’est contentée de plaquer les institutions et parcours d’études existants aux nouveaux schémas, l’interdisciplinarité n’est pas prise en compte, chaque chapelle reste chez elle et il n’est pas question de se mélanger: où est la grande université des humanités? Sous le prétexte de la réforme, la présidence fait en fait à peu près ce qu’elle veut, et surtout remettre en cause nos conditions d’études.

La phrase du mois
Prononcée par Daniel OLLIVIER, le directeur de cabinet du Président qui annonce doctement que la création d’un TD « ne se fait pas en 8 jours ». Rassurant quand on sait que ce sont des dizaines de TD qu’il faut créer et étrange quand on se souvient que le Président a annoncé que tous les TD nécessaires seraient créés. Double discours ou prédiction pour l’horizon 2010?

fond Du i Au couloir
ession de septembre à l’UFR d’Histoire de l’Art et d’Archéologie. Monique MAYTRAUD, responsable administrative du centre Michelet, annonce aux étudiants que, pour leur bien, elle ne les laissera pas consulter leur copies. Elle avait décidé que c’était inutile si le professeur correcteur n’était pas présent mais n’avait pas organisé de consultation ouverte avec les professeurs. Les étudiants de cette UFR durent se battre, avec notre aide, pour faire respecter leurs droits. Nous conseillons vivement à Mme MAYTRAUD de relire la législation si elle ne veut pas, à court terme, être convoquée au tribunal administratif. ’élu FSE du Conseil d’Administration de Paris IV critique, sur le forum Luttes Étudiantes, la caricature du président de l’université présente sur nos tracts et la qualifie de « même pas ressemblante ». Très constructif. Mais est-ce vraiment étonnant de la part de quelqu’un qui a plus à cœur de taper sur l’UNEF que de défendre les étudiants, en défendant ceux qui passent devant la commission disciplinaire où il est élu, par exemple? e journal officiel de l’Université, Sorbonne en Bref, nous apprend que le groupe industriel Amec Spie a financé en partie un ouvrage publié par les Presses Universitaires de Paris Sorbonne. Ce livre porte sur la société de construction des Batignolles, dont Amec Spie est l’héritière. Il s’agira d’être vigilant: une société peut-elle financer des recherches historiques qui la touchent de près sans être tentée d’influer sur les conclusions? e syndicat DIES, deuxième force syndicale étudiante de Paris IV avait fait de l’opposition à l’augmentation des droits d’inscription en Diplôme d’Université son principal cheval de bataille lors des élections en mars dernier. Lors du Conseil des Études et de la Vie Universitaires (CEVU) du 17 juin, quand le sujet est soumis au vote des élus, seules l’UNEF et la FSE votent contre. Grâce à l’abstention de DIES, l’augmentation est renouvelée. Trois jours plus tard, DIES obtient un local flambant neuf à Clignancourt. Coïncidence? ’Université Inter-Âge a fêté ses 24 ans d’existence. Ce service, qui propose des cours à des personnes non étudiantes à Paris IV (et souvent retraitées) par des professeurs de notre université est aujourd’hui forte de 16 000 inscrits par an. Mais est-il aujourd’hui cohérent de dispenser ces « cours » dans les locaux de notre université, considérant que nous manquons cruellement de place pour les cours de Licence, master ou doctorat et que de nombreux étudiants se retrouvent assis par terre, sans table ni chaise? Assurément non. L’Université Inter-Âge loue d’ores et déjà des locaux extérieurs à l’université (comme l’auditorium Saint Germain) pour certaines de ses conférences. Il devient urgent de généraliser cette pratique à toutes ces conférences, afin d’améliorer nos conditions d’étude.

28 OCTOBRE 2005

Quand le president tenta d’endormir les etudiants
Le directeur de cabinet du Président est aussi le chef de la Communication. Et ça se voit. Presque un mois et demi après l’apparition de cette lettre un peu partout (entre autres sur la porte du local de DIES mais passons) nous avons pu constater la sincérité du Président et l’efficacité de son équipe. Les problèmes sont toujours les mêmes, rien n’a été résolu, les TD sont toujours surchargés, les étudiants sont toujours inscrits de force à des langues ou des options qu’ils n’ont pas choisies. Mais le Président a tenté son coup de com’ malhonnête et injurieux pour les étudiants. Revenons sur les circonstances de cette lettre: le 17 octobre, nous commençons à distribuer un tract parlant des problèmes de rentrée sur Malesherbes et Michelet; le 19 octobre, le Vice-président étudiant de Paris IV, membre de l’AGEPS-UNEF, est pris à parti par le Président; le 20 octobre, l’AGEPS-UNEF colle des affiches partout dans la Sorbonne; une semaine après, le temps de trouver un réponse appropriée à notre campagne, trop timide, nous le reconnaissons volontiers, la fameuse lettre apparaît. L’ignominie du procédé est une chose. Le fait que des étudiants aient réellement cru que les problèmes des TD de langues allaient être résolus est bien plus grave. Cette lettre est la preuve que le Président se moque de nous et n’a aucune conscience des vrais problèmes auxquels nous avons été confrontés. Mais peut-il en être autrement quand cette lettre a été écrite par son directeur de cabinet? Comment cet homme, professeur d’anglais, n’a-t-il pu assurer aucun cours alors que, cette année, les professeurs d’anglais nous font cruellement défaut? Nous avons posé la question au Président et il nous a répondu, avec colère, que cet homme travaillait « 20 heures par jour ». On ne sait pas à quoi, mais il ne semble certainement pas travailler à résoudre les problèmes des étudiants.

AU SENAT LE 1ER DECEMBRE

67 MILLIONS EN MOINS

à l’égard des problèmes rencontrés par la jeunesse. Le choix est fait d’affaiblir le service public alors que l’insertion des jeunes des quartiers sensibles passe sans aucun doute par son renforcement. Bien que le premier ministre se soit engagé à la rentrée universitaire pour que des bâtiments publics soient cédés au CNOUS, le sénat a adopté un amendement supprimant 5 millions d’euros pour le logement étudiant. Il s’agit là d’une inacceptable remise en cause du plan Anciaux. Nous nous inquiétons également des propos du ministre délégué, François Goulard, qui juge intéressant la proposition de transférer les missions de construction et de gestion des bâtiments des CROUS au privé. Ces déclarations sont de véritables provocations à l’égard des difficultés rencontrées par le logement étudiant.

Pour LES ETUDIANTS
e jeudi 1er décembre, le sénat a opéré brutalement de fortes coupes budgétaires concernant les étudiants. Le budget de la mission interministérielle «recherche et enseignement supérieur» déjà fortement dénoncé par les organisations syndicales se voit amputé à hauteur de 37 millions d’euros. Sauf l’amendement du gouvernement, les suppressions budgétaires se seraient élevées à près de 60 millions d’euros.

Logement étudiant

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Alors que le premier ministre vient de s’engager pour que l’année 2006 soit celle de l’égali-

MOUVEMENTS ETUDIANTS

1968

1986

2006?

Première organisation étudiante de Paris IV, l’AGEPS-UNEF dispose de 57 élus dans les différents conseils d’UFR et de 10 élus dans les conseils centraux de Paris IV. En tant qu’étudiants, nous travaillons chaque jour à ce que notre voix à tous soit prise en compte dans la gestion de la fac. Rejoignez-nous! Nos locaux: SORBONNE: salle E660bis, cour Cujas, à côté du service des bourses MALESHERBES: salle 113, premier étage CLIGNANCOURT: salle 305, RDC, à gauche en sortant des amphis

agepsunef.paris4@free.fr

Formations supérieures et recherche universitaire

té des chances, les sénateurs décident de financer le « plan d’urgence pour les banlieues » en supprimant des crédits destinés à la formation des jeunes. L’amendement voté en dernière minute sur proposition du gouvernement réduit les coupes budgétaires afin de financer la recherche scientifique. Il aggrave par contre la situation des établissements, les suppressions budgétaires concernant le programme « Formations supérieurs et recherche universitaire » passent de 13,1 millions d’euros pour s’élever à près de 33 millions d’euros.

L’intervention du gouvernement renforce nos inquiétudes à l’égard du projet de « Pacte pour la recherche ». Tout porte à croire que les missions de formations feront les frais d’un projet de loi qui privilégie la recherche appliquée et privée aux missions fondamentales de l’État. Pire, le vote d’une rallonge de 400 000 euros à l’augmentation de 3 millions d’euros destinés à l’enseignement privé illustre l’hypocrisie du gouvernement. Après la proposition d’abaisser la scolarité obligatoire à 14 ans, la suppression de moyens accordés à la formation témoigne de la démission des pouvoirs publics