AVRIL 2014 / n°195 / 1,70 €

POUR UN PRINTEMPS ÉCOLO
En ce début de printemps précoce, la nature se réveille rapidement. La politique aussi ! En Franche-Comté, c’est la douche froide qui s’abat sur les villes tenues par la gauche. Mais si la conséquence des dernières municipales sera une diminution du nombre d’élus écologistes, les candidats écologistes tirent bien leur épingle du jeu (vous pourrez lire une analyse des résultats dans les pages intérieures). Bravo à tous les élus mais aussi à tous ceux qui ont défendu les couleurs de l’écologie dans cette campagne ! La page des municipales à peine refermée, le changement de Premier Ministre et le choix d’Europe Écologie Les Verts de ne pas participer au gouvernement ont suscité moult débats. Que ce soit au niveau national ou au cours de notre CPR qui s’est réuni le mardi 2 avril, les débats ont été vifs. Mais on a pu constater qu’une majorité des adhérents, des militants, étaient en accord avec la décision prise. Bien sûr, nous ne pouvons que souhaiter que Ségolène Royal réussisse, mais l’expérience des deux années dernières ont amené nos ministres et nos instances à ne pas croire aux promesses du Premier Ministre. Ont-ils eu raison ? Certes, le travail de nos parlementaires n’en sera sans doute que plus compliqué. La question de savoir si l’on est plus utile dehors ou dedans subsiste. Elle n’a pas de réponse absolue. Ce choix laisse cependant un goût amer à tous les écologistes, à ceux qui l’approuvent comme à ceux qui le désapprouvent. C'est vrai, aucune des deux solutions, participer ou non, n’était satisfaisante. Nos ministres, nos parlementaires ont fait un travail remarquable, ils ont imprimé leur marque – c'est une vraie réussite -, mais ils n’ont pas pu faire bouger les lignes de façon significative - c'est une forme d’échec. Ce qui a manqué, c’est une vision à long terme et des lignes directrices claires, la fin de l’obsession de la croissance, l’application de modèles économiques innovants, etc. Sans oublier bien sûr les dossiers du nucléaire et de Notre-Dame-des-Landes. Pourtant, nous savons que la mutation est inéluctable, alors soyonsen acteurs en expliquant et en popularisant nos idées et nos propositions, en valorisant nos réalisations. Ce mois qui arrive sera celui de la campagne des Européennes. Une belle occasion pour développer nos propositions. Sandrine Bélier mènera la liste EÉLV sur l’euro-région Grand-Est, une liste qui comprendra quatre Franc-comtois. Les résultats des municipales, le fort taux d’abstention nous ont montré que les électeurs sont en attente de propositions nouvelles. Profitons-en pour mener une campagne dynamique. Vous serez sollicités pour y participer. Un seul souhait : répondez présent ! Le projet des écologistes, c’est LE projet pour le XXIe siècle.

Corinne Tissier et Bernard lachambre Cosecrétaires régionaux

Sommaire
P 1 : Edito P 2 : La dynamique verte P 4 : Besançon : amère victoire, amère sortie P 5 : lecture : il n’y a pas d’âge pour être écolo P 6 : Egalité des sexes : sois belle et tais-toi! P 7 : Européennes : relancer la dynamique du succès P 9 : En finir avec une Europe mortifère P 12 : La complainte du MEDEF P 13 : Rivières comtoises, état d’urgence P 14 : Center Parc P 15 : Science et écologie P 17 : Les Gripen au secours du climat? P 18 : Un mois, émois, et moi P 19 : Européennes: dernière minute P 20 : 9 mars, manif antinucléaire : photos

Municipales

LA DYNAMIQUE VERTE
Au lendemain d'un scrutin désastreux pour la gauche, chacun y va de son interprétation. Le bilan : certains maires PS , comme à Lure, s'en tirent mieux que d'autres car les électeurs reconnaissent le travail accompli. Le manque de cohérence politique, le changement d’étiquette en cours de mandat, les alliances carpe + lapin, les retrouvailles de façade au second tour sont sanctionnées. Si l'on y regarde de plus près, la « vague bleue » chantée par les médias n'a pas tant déferlé que ça (l'UMP a obtenu 45,8 % des suffrages exprimés en 2008 et 45,2 % en 2014, données de Libé). Le gain en sièges est plus une perte de la gauche qu'un gain de la droite.

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L’électorat de gauche, déçu par l'actuel gouvernement, s'est massivement abstenu pour manifester son aspiration à un changement de cap (variantes : à un virage à gauche, à plus de justice sociale, etc.). La « vague bleue » traduit le souhait des électeurs de revenir à une politique plus sérieuse (variante : à un virage à droite, à plus de liberté donnée aux entreprises, à moins de normes, etc.).

La question que semblent en fait poser les électeurs est la suivante : quel sens cela a-t-il de voter si cela ne change rien à mon quotidien ?
Deux attitudes sont observées en réponse à cette question : - Puisque voter ne semble rien changer, je ne vote pas. - Puisque voter pour les partis classiques ne sert à rien, je vote pour les extrêmes. En effet contrairement à ce que martèle Marine Le Pen, le vote FN n'est pas seulement un vote d’adhésion ; une proportion importante des électeurs de ce parti vote « pour voir », en n'espérant pas forcément en tirer un avantage, mais au moins produire un effet (ce qui peut être également valable pour certains votes Front de Gauche).

Ce vote témoigne de l'exaspération et de la colère des électeurs frappés par la crise, allergiques aux évolutions sociétales et réfractaires à l'ouverture sur le monde (variante : virage réactionnaire, vote d’adhésion au FN, tous pourris, etc.). Tout cela reflète certes une partie de la réalité, mais d'autres éléments sont à prendre en compte :

Cela ne minimise en rien le danger que représente l’adhésion d'une partie de l’électorat à des thèses nationalistes et xénophobes. Reste la question du vote EÉLV. Comment expliquer que ce parti, décrit il y a peu comme moribond par maints commentateurs avisés, ce parti qui (tout au moins au moment du scrutin) partage les responsabilités gouvernementales, sorte plutôt renforcé de cette séquence électorale (14,76 % à Pontarlier, Daniel Feurtey élu au premier tour à Danjoutin, Brigitte Monnet réélue maire à Vincelles, deux nouveaux maires à Montmorot et Saint-Laurent-laRoche, sans oublier Grenoble...) ? Peut être une partie de l’électorat comprend-elle qu'il est possible de conjuguer responsabilité (participation aux exécutifs) et projet de société alternatif ; et cela parce qu’on l'a vu fonctionner dans les exécutifs locaux et qu'on pense que les écologistes influent positivement sur les politiques publiques. En conséquence, partout où nous sommes élus (comme à Besançon), nous devons nous attacher, encore plus qu'avant, à démontrer la « plus-value » des écologistes dans l’amélioration du quotidien de nos concitoyens. Et bien sûr - cela est sans doute le plus important préparer dès aujourd'hui, sur le mode le plus participatif possible, les échéances futures.

Après les européennes qui, malheureusement (1), risquent d'amplifier les résultats des municipales, nous devons mettre en place les modalités d'échange, de dialogue, de concertation pour construire le projet qui sera porté par de belles et fortes listes autonomes écologistes et collégiales aux régionales . C'est ainsi, comme dimanche à Paris, Strasbourg, La Rochelle, Grenoble, etc., que la gauche gagnera en 2015.

Philippe Chatelain et Brigitte Monnet
Porte-parole régionaux

(1) Malheureusement, car on ne peut se réjouir à l'idée d'un paysage politique allant du bleu au noir, même si EÉLV peut espérer un bon résultat aux Européennes .

Félicitations !
André Barbarin Montmorot

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Daniel Feurtey Danjoutin

Brigitte Monnet Vincelles

Claire Rousseau Eric Piolle Grenoble Pontarlier

Vu de Besançon

AMÈRE VICTOIRE, AMÈRE SORTIE

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La liste PS-EÉLV-PC-membres dits « de la société civile » (1) conduite par le maire sortant Jean-Louis Fousseret a donc remporté l'élection municipale à Besançon. Mais avec seulement 47,39 % des suffrages exprimés contre 44,41 % à la liste conduite par Jacques Grosperrin (UMP) et 8,2 % pour la liste d'extrême droite (en baisse de plus de 3 % par rapport au premier tour), il n'y a guère de quoi être fier. Cette victoire a un goût amer, avec un taux d'abstention record de 42,8 % et un total de voix de droite + extrême droite de 52,61 % ! Des électeurs de gauche ont fait la grève des urnes, suivant sans doute pour certains l'absence de consigne de la tête de liste Parti de gauche, Gauche anticapitaliste et Alternatifs. Des candidats de premier tour, issus des rangs du PS mais que celui-ci n'avait pas retenus sur sa liste, ont plus ou moins ouvertement appelé à voter à droite (2) et il est probable que nombre de leurs électeurs les aient imités (3). Certes, au regard des cuisantes désillusions à Dole, Montbéliard et Belfort, on peut toujours trouver un certain réconfort dans le fait que Besançon reste à gauche, mais il n'y a pas vraiment de raison de pavoiser.

terme, sans véritablement comprendre les enjeux sociaux et économiques d'une politique écologique. Le président affirme avoir entendu le message des déroutes locales, mais il ne change pas de politique ; bien au contraire, il garde le cap du Pacte de responsabilité et Manuel Valls est censé incarner tout à la fois la continuité et l'instillation d'un peu de social (Pacte de solidarité, baisse de cotisations pour les salariés, baisse d'impôts d'ici à 2017...), voire d'un peu de transition écologique (c'est l'homme de la situation !), sans dire un mot des économies envisagées ni de leurs effets sur le niveau de protection sociale ou sur la capacité à investir des projets d'avenir tels que les collectivités territoriales peuvent les porter.

Avec la fin du gouvernement Ayrault, il est
logique que soit une nouvelle fois posée la question de notre participation au gouvernement, même si cela ne s'opère pas dans les termes initialement envisagés autour de de la loi sur la transition énergétique.

La stratégie d'alliance définie par le groupe EÉLV à l'automne dernier et la manière dont nous
avons pu peser sur le programme ont peut-être contribué à éviter le pire, mais comment le savoir réellement ? On ne refait pas l'histoire et, en tout état de cause, il va peser sur les élus une responsabilité encore plus forte : donner le sens le plus concret possible aux engagements. Cela pourrait s'avérer d'autant plus difficile que la tentation est grande, chez les socialistes d'un point de vue général, de sacrifier ce qui relève de l'écologie pour afficher des objectifs sociaux et économiques à court

La fin d'un gouvernement oblige à interroger son bilan sans attendre d'autres échéances : une réorientation libérale de la politique économique, le quasi-abandon de toute réforme fiscale et le peu de considération pour la fiscalité écologique, une politique de l'enseignement supérieur qui ne fait qu'aggraver la situation des universités, une politique pénale en panne (le projet de loi est largement en-deçà des attentes) ; la loi sur le logement, la réorientation de la coopération, les avancées sur les questions d'exil et de fraude fiscale ne suffisent pas à contrer un sentiment de trahison. À l'opposé d'une posture dite de radicalité, qui se paie de bons mots, nous avons essayé, nous avons osé : nos ministres, nos parlementaires ont travaillé à infléchir sinon à orienter les politiques. Les espérances se sont éteintes les unes après les autres et le choix de ne pas participer au gouvernement Valls en est la conséquence.

De fait, la victoire de Besançon se révèle doublement amère : au piètre résultat local s'ajoute l'incapacité de l'exécutif à comprendre le sens d'une débâcle.

Michel Boutanquoi

(1) Une expression difficilement compréhensible tant pour moi « civil » s'oppose avant tout à « militaire » ! (2) Parmi eux Didier Gendraud, qui fut un temps chez les Verts ! (Cf. « Échos de campagne », in La Feuille Verte n° 192, janvier 2014) (3) Jacques Grosperrin (31,64 % au premier tour) a capté une partie de l'électorat frontiste et une partie de l'électorat de l'autre liste de droite, conduite par Jean-François Humbert, qui avait obtenu 4 % mais cela ne suffit pas à expliquer son score. À l'inverse, Jean-Louis Fousseret, (33,63 % au premier tour) ne bénéficie visiblement pas d'une dynamique de report.

Lecture 5

IL N'Y A PAS D'ÂGE POUR ÊTRE ÉCOLO
Un ami a récemment attiré mon attention sur un album de littérature de jeunesse intitulé Le Petit Écologiste. Si vous voulez sensibiliser les enfants à la protection de l'environnement, leur apprendre à économiser les ressources naturelles et à avoir une alimentation équilibrée, n’hésitez pas à leur mettre ce livre entre les mains. Il est truffé de petits conseils et de moyens simples pour prendre soin de l’univers qui nous entoure. Et surtout, il leur apprend à observer et à réfléchir. Il leur délivre aussi en message ultime le respect la vie sous toutes ses formes. On peut proposer cet album à des enfants de cycle 3 (CE2-CM1-CM2), mais on peut aussi aisément raconter cette histoire à des plus jeunes et les faire réfléchir sur chaque thème abordé.

Suzy Antoine

Christina Goodings et Massumi Furukawa, Le Petit Écologiste, Éditions Médiaspaul, 2009

Égalité des sexes

SOIS BELLE ET TAIS-TOI !
Les élections municipales ont mis à jour certains comportements pour le moins très désagréables dans les communes de moins de 1 000 habitants, non soumises à l'obligation légale de parité homme / femme. En premier lieu, force a été de constater que certaines listes étaient majoritairement composées d’hommes. Reconnaissons tout de même que là où il y avait une présence des écologistes, la parité était grosso modo respectée, ce qui est tout à notre honneur. Dans un deuxième temps, lors du dépouillement - qui se faisait alors nom par nom, puisque le panachage était possible -, on s'est aperçu que, dans certaines communes, les noms des candidates avaient été systématiquement rayés pour être remplacés par ceux d’hommes d’autres listes. Lamentable !

Mais à qui profite « le crime » ?
Bien sûr, au premier degré, à nos pères, nos maris, nos compagnons, nos copains, ou encore nos fils. Mais pas si sûr ! En effet, qui ne fait aucun effort en haut lieu pour changer ces règles électorales inégalitaires ? Rappelezvous que les membres du Sénat sont élus par les grands électeurs, autrement dit les maires et adjoints des communes dont la majorité est rurale (36 000 communes en France). Maintenir des règles électorales inégalitaires profite donc principalement à ces parlementaires du Sénat (74,70 % d’hommes) assis sur des institutions d’un autre âge. D’ailleurs, n’ont-ils pas récemment voté pour le non-cumul des mandats, sauf pour eux-mêmes ??? On a de plus en plus le sentiment que la nuit du 4 août 1789 (abolition des privilèges) n’a pas eu lieu dans ce pays ! Bref, j’exprime ma révolte par le biais de La Feuille Verte. Cependant je suis bien consciente que le combat des femmes, simplement pour exister à égalité avec les hommes, est encore loin d’être gagné, surtout dans un pays bien latin comme le nôtre. Nous avions des égéries : Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, Simone Veil. N’oublions pas non plus le mouvement Ni putes, ni soumises. Des hommes de tout bord et des élus convaincus sont venus apporter leur contribution et leur soutien à la cause des femmes. La prise de conscience est plus importante qu'avant, mais reste insuffisante. Je me demande toujours combien de défaites nous devrons encore assumer, combien d’humiliations subir, avant que tout cela ne cesse.

Le milieu rural serait plus machiste que le milieu urbain ? En tout cas, le législateur
a renforcé ce comportement en n’imposant pas la parité dans les communes de moins de 1 000 habitants. Est-ce bien constitutionnel ? Cette situation est injuste et mérite d’être revue. Pourquoi les femmes auraient-elles droit à « moins d’égalité » dans les campagnes que dans les villes ?

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Autre constat : le 19 mars, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes comptait, pour ces municipales, 83 % des têtes de liste occupés par des hommes !… Une analyse plus poussée au niveau départemental montrait des données allant de 25 % à 4 % de représentation féminine. Pas brillant ! Le partage du pouvoir n’est pas encore dans les mœurs.

Grâce aux lois sur la parité, les conseils régionaux
et les collectivités territoriales sont composés quasiment d’autant de femmes que d’hommes élus. Il a fallu des mesures contraignantes pour parvenir à ce résultat au bout de 15 ans. Faudra-t-il beaucoup plus de temps pour que les mentalités changent ? Cela passe bien évidemment par l’éducation, celle donnée par des parents conscients du problème (ce qui n’est pas gagné !), mais aussi celle prodiguée par l’éducation nationale. Tout récemment encore, la lutte contre les stéréotypes masculins et féminins, enseignée à l’école, a provoqué une incroyable levée de boucliers chez les parents « bien-pensants ».

Terminons donc par une « petite annonce » :
Cherche d'urgence copine, copain (égalitaire !) et égérie de cette cause pour attaquer la loi électorale actuelle devant le Conseil constitutionnel, voire le Conseil de l'Europe...

Suzy Antoine

Européennes

RELANCER LA DYNAMIQUE DU SUCCÈS
À l’heure où vous lirez ces lignes, les municipales seront déjà loin, un nouveau gouvernement sera en place et les élections européennes auront commencé à pointer le bout de leur nez. Trois écologistes d’Europe Écologie Les Verts de Franche-Comté figurent sur la liste que notre mouvement présente dans la circonscription Est. Celle-ci, rappelons le, sera conduite par notre députée européenne sortante Sandrine Bélier. Audrey Ariapoutri, Eva Pedrocchi et moi-même porterons les convictions des écologistes franc-comtois pendant cette courte mais intense campagne. tion européenne. C’est à cette échelle que les stratégies conduisant à la transformation écologique de l’économie peuvent se mettre en place, à cette échelle qu’une nouvelle donne équilibrant les relations entre besoins et ressource peut être identifiée, à cette échelle que les politiques sociales et fiscales peuvent trouver un point d’équilibre. Et la liste pourrait continuer.

L’Europe : ses composantes et ses limites
Après plus de soixante ans de mise en œuvre, le constat s’impose : nous vivons dans au moins trois Europe (s). Celle de l’euro, celle de l’Union, celle du continent. Par une sorte de mouvement incontrôlé (une espèce d' « effet de compensation »), l’élargissement a eu pour conséquence de resserrer les liens autour du dénominateur commun de la monnaie. Mais cette dimension renforce les déséquilibres entre les États et donne aux plus puissants des pouvoirs exagérés sur les plus faibles. Il est donc impératif de revoir les formes de cette intégration, afin que soit comblé le fossé entre la dimension économique, aujourd’hui dominante, et les dimensions sociale, environnementale, culturelle, etc. La question de l’Ukraine pose, non sans risque, celle des limites de cet espace, mais interroge aussi la capacité à gérer les modalités de partenariat avec les périphéries européennes, au sud de la Méditerranée par exemple.

On le sait, les enjeux européens sont mal connus. Plus grave encore, l’Europe sert de prétexte à de nombreux rejets de la part de ceux qui se sentent délaissés par les décisions politiques. Les écologistes eux-mêmes, qui font pourtant profession d’être des Européens convaincus, peinent à placer le projet européen au cœur de leurs préoccupations. Nous devrions pourtant garder en tête que l’opinion nous reconnaît ce label et nous l’a montré dans les consultations précédentes. Rappelons-nous 2009 : notre parti avait engrangé à cette date l’un de ses meilleurs résultats. Portant depuis lors l’Europe dans son appellation même, il doit justifier de son engagement pour promouvoir non seulement l’idée européenne pour ellemême, mais aussi les solutions qu’elle apporte face aux enjeux d’aujourd’hui. De mon point de vue, quatre dimensions doivent structurer notre discours sur l’Europe.

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Quelle organisation politique pour l’Europe ?
Question tarte à la crème, mais qui revient de façon lancinante. S'affirmer europhile convaincu ne devrait pas dispenser de fournir des propositions concrètes sur l’avancement du processus d’intégration. Depuis toujours, ça porte un nom : le fédéralisme. Encore faut-il en trouver des formes adaptées. Ce ne sera ni le fédéralisme suisse, ni l’allemand, ni celui des États-Unis ou du Brésil. Il ne naîtra pas non plus comme une fabrication ex nihilo,

L’Europe comme une réponse à la crise, ou plutôt aux crises cycliques du système
Certes, la globalisation de la production et des échanges, qui permet de jouer sur les différentiels sociaux, est une cause majeure des difficultés que nous connaissons. Mais, en attendant une future mondialisation de la solidarité, les grands ensembles géopolitiques doivent constituer des formes politiques protectrices pour leurs ressortissants. C’est, me semble-t-il, le sens de la construc-

mais devra tenir compte de l’existant. Cependant il n’est plus temps de traîner, et tout commence par des transferts de souveraineté clairs et massifs. Il est urgent de faire passer le budget européen au-delà du 1 % de la richesse de l’Union. Cette Europe des nations a montré ses limites : inventons les formes du fédéralisme, en proposant d’identifier par exemple ce qui pourrait relever, à terme, de territoires intermédiaires préservant les cultures respectives (pour faire simple), et ce qui pourrait être transféré à un État (n’ayons pas peur des mots) organisé à l’échelle européenne.

De nouvelles formes démocratiques pour l’Europe
Le déficit en la matière est patent. Et ce n’est pas le référendum d’initiative populaire, excellente idée au demeurant, qui suffira à combler le vide. Permettre aux citoyens européens d’afficher une préférence pour désigner le Président de la Commission européenne, c’est bien, mais donner au Parlement la possibilité d’être à l’initiative des lois ce serait mieux. Imposer aux dirigeants européens de ne pas avoir deux discours, l’un lors des Conseils européens ou des ministres, l’autre au niveau national, ce serait bien aussi. Il faudrait pour cela introduire une sorte de droit de regard des parlements nationaux sur les actions de leur gouvernement à l’échelle européenne ou imposer, symétriquement, un « droit de regard » du Parlement européen sur les gouvernements nationaux. Quelques pistes de réflexion, d’ordre général, dans cette préparation de la campagne, mais qui seront suivies de contributions plus ciblées dans la prochaine Feuille Verte. À suivre, donc. Tous sur le pont !

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Claude Mercier

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Dans deux mois, les élections européennes

EN FINIR AVEC UNE EUROPE MORTIFÈRE
Peut-être n'avez-vous jamais entendu parler de la théorie économique du « trickledown », terme anglais pour « ruissellement ». C'est une des principales justifications des politiques libérales. D'après cette théorie, la redistribution des revenus se fait naturellement, par ruissellement, des plus riches jusqu'aux plus faibles : les riches ne sont donc pas riches aux dépens des pauvres. D'après les partisans de cette théorie, l'intervention de l'État perturbe la création de richesses et, au final, diminue globalement celles qui sont redistribuées. Il faut donc réduire au maximum le rôle de l'État et le confiner à ses fonctions de police, de défense et de justice. C'est cette théorie économique qui inspire Emmanuel Barroso et les commissaires qui conduisent actuellement la politique européenne. vices en provenance des consommateurs, des entreprises, des administrations publiques et des exportateurs).

Les effets désastreux des inégalités
Dans son livre Le prix de l'inégalité (1), Joseph Stiglitz démontre très clairement que la « théorie du ruissellement » n'a pas du tout fonctionné dans la mondialisation et le tournant néolibéral des politiques de Thatcher et Reagan. Jusqu'à cette période, en particulier entre 1949 et 1980, aux États-Unis, la productivité et la rémunération horaire ont évolué parallèlement. Une protection forte des salariés corrigeait le déséquilibre des forces économiques entre capital et travail, qui existe sans elle. A partir de 1980, la politique néolibérale inflige un taux de chômage élevé qui va faire pression, à la baisse, sur les salaires. Ce déséquilibre est un facteur important de l'aggravation des inégalités. Comme le « pouvoir de négociation des travailleurs a été massacré » (2) par le chantage à la délocalisation ou au licenciement, les salaires ont encore baissé davantage. Il en résulte une grave crise de la demande globale (demande de biens et de ser-

Stiglitz montre aussi toutes les autres conséquences négatives de cette aggravation des inégalités. D'abord, cela augmente l'instabilité économique : les trois réductions d'impôt successives de Bush en huit ans ont dégagé des capitaux qui se sont investis non dans l'économie réelle, mais dans la spéculation. La première bulle va se former sur les nouvelles technologies et va éclater en 1991, aboutissant à une première récession. La crise asiatique va éclater en 1997. Puis c'est une autre bulle spéculative sur l'immobilier, qui va impliquer beaucoup de monde et qui aboutit à la crise des subprimes de 2008, avec des conséquences très graves qui durent encore aujourd'hui. Au passage, Stiglitz explique que réduire les impôts des riches ne stimule que très faiblement l'économie, mais que par contre ça « jette de l'huile sur le feu de la spéculation ».

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Comme la baisse des impôts des plus riches « rétrécit l'État », il y a des conséquences négatives sur les infrastructures, sur l'éducation et sur la santé qui, grâce à l'État, aident l'économie à bien fonctionner. Le système financier aboutit aussi à un gaspillage des meilleurs talents qui, au lieu de travailler à de nouvelles avancées technolo-

giques dans l'économie réelle, se consacrent aux innovations dans le domaine de la finance, celles-ci ayant comme but essentiel de contourner la réglementation. Quel détournement de la créativité de la jeunesse au profit du système financier ! En résumé, « l'inégalité a un prix, elle est la cause et la conséquence de la faillite du système politique et elle alimente, dans notre système économique, une instabilité et une inefficacité qui l'aggravent à leur tour » (2).

plus. Les salariés n'ont droit ni aux congés payés, ni aux arrêts maladie et sont donc taillables et corvéables à merci. Et dans certains cas, ils doivent respecter l'exclusivité avec un seul employeur, c'est-à-dire qu'ils doivent rester à disposition, même sans travail. Cette forme d'esclavage moderne est utilisée pour 90 % de ses emplois par McDonald’s, mais aussi par d'autres employeurs comme Ryanair, Subway ou Sports Direct. Selon le gouvernement britannique, il y aurait 250 000 emplois de ce type en Grande-Bretagne, un million selon le CIPD (3). Cette course au moins-disant social est mortifère pour l'Europe. Elle ne profite qu'à une toute petite minorité (1 % des plus riches selon Stiglitz) au détriment de tous les autres. Et dix ans après, Schröder lui-même se pose des questions, puisqu'il trouve que les employeurs allemands ont exagéré et affirme que, si d'autres pays adoptaient de telles réformes, cela leur permettrait « d'améliorer ainsi leur compétitivité au détriment de l'Allemagne » (4). Globalement, ces orientations économiques, compétition plutôt que coopération, baisse des dépenses publiques, chômage et précarité accentuent encore la crise de la demande et cassent les velléités de reprise économique en Europe.

La course au moins-disant social en Europe
Mais quel est le bilan, pour les travailleurs, pour les salariés, des politiques libérales menées en Europe ? Dans cette ambiance de compétitivité exacerbée, ce sont les Européens les plus modestes qui ont trinqué dans une course folle au moins-disant social. Examinons sommairement deux exemples en Europe - en Allemagne et au Royaume-Uni. Les commentateurs politiques, hérauts de la pensée libérale en France, vantent assez souvent les mérites des « réformes » opérées par Gerhard Schröder, sous le vocable de l'Agenda 2010, à partir de 2003. Par ces « réformes », Schröder s'est attaqué à l'État-providence allemand et à la protection des salariés : diminution des allocations chômage et même suppression de celles-ci en cas de refus d'un emploi, augmentation des temps partiels non choisis, déremboursement des médicaments, etc. Le prix à payer de la compétitivité allemande a donc été une augmentation considérable de la flexibilité et de la précarité. Comme il n'y avait pas jusqu'à maintenant de salaire minimum en Allemagne , la pression a été accrue sur les salariés : multiplication des emplois à bas salaire (parfois à 3 ou 4 € de l'heure), remplacement des salariés permanents par des salariés temporaires, etc.

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Le New Deal d'aujourd'hui, c'est la transition écologique
Les politiques économiques d'austérité nous conduisent droit dans le mur. Elles ont des conséquences très négatives sur l'emploi sans régler les problèmes de déficit, comme les chiffres récemment publiés en France viennent une nouvelle fois de le démontrer. Il y a une grave erreur de diagnostic de la part de François Hollande et de tous les dirigeants européens quand ils prétendent qu'il s'agit d'une crise de l'offre. Et à partir d'un mauvais diagnostic, on ne peut que proposer de mauvaises solutions, comme le Pacte de responsabilité. Ce Pacte de responsabilité participe de la course au moins-disant social. D'une certaine façon, il s'inscrit aussi dans la « théorie du ruissellement ». La tentative sera forte, du côté des grosses entreprises, de faire en sorte que les 50 milliards de cadeaux prévus aillent plutôt gonfler les dividendes distribués. De toute façon, les entreprises n'investiront pas et n'embaucheront

Autre exemple d'ultraflexibilité, les contrats « zéro heure » en Grande Bretagne. Avec ce système, les employeurs ont recours à de la main d'œuvre par l'intermédiaire d'un contrat de travail le plus souple possible. Il n'y a aucun horaire minimum. La durée du travail varie d'une semaine sur l'autre, de quelques heures à 30 heures ou

pas si l'activité économique continue d'être déprimée par l'insuffisance de la demande. La campagne des élections européennes devrait être l'occasion de proposer une autre politique économique en Europe, autour d'une plus grande justice sociale et de la transition écologique. C'est vrai qu'il n'y a pas de solution miracle à la crise, comme une simple relance de la consommation. On doit tenir compte, aujourd'hui, de la finitude de la planète et en finir avec la course à la croissance et à l'hyperconsommation. Mais il faut proposer une distribution plus juste des richesses par l'augmentation des bas salaires et une réforme de la fiscalité. Dans l'introduction du livre de Richard Wilkinson et Kate Pickett, Pourquoi l'égalité est meilleure pour tous (5), Pascal Canfin écrit : « La réduction des inégalités possède donc un double bénéfice : elle diminue la consommation ostentatoire des plus aisés et améliore le bien-être, matériel et psychologique, d'un nombre beaucoup plus important de personnes, rendant ainsi la société plus stable. »

- le développement de la durabilité des produits, du recyclage et de l'économie circulaire, - la réorganisation de l'urbanisme et des modes de déplacement autour des transports en commun et des transports doux, - la mutation de l'agriculture vers le durable et le bio, etc. En prenant Valls, symbole d'une politique conservatrice social-libérale totalement dépassée, comme Premier Ministre, ce n'est malheureusement pas ce choix qui a été fait par François Hollande. Celui-ci semble n'avoir tiré aucune leçon de la défaite aux municipales puisqu'il annonce ne rien vouloir changer à sa politique d'austérité. Et pourtant, seul un grand projet européen de transition écologique serait susceptible de préparer l'avenir du Vieux Continent en le rendant moins dépendant du pétrole, de créer des millions d'emplois, de faire reculer les inégalités et de contrecarrer la montée de l'extrême droite en France et en Europe.

Gérard Mamet

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Ce qu'il faudrait proposer à l'Europe, c'est une sorte de « Plan Marshall » de la transition écologique, avec des investissements publics et privés massifs dans ce domaine. Cela supposerait le gel de la dette pour récupérer des marges de manœuvre pour les politiques publiques. Ce projet pourrait redonner de l'enthousiasme à des millions de jeunes Européens dans des activités comme : - l'organisation et le développement des filières d'énergies renouvelables, - la recherche sur de nouveaux matériaux (isolants...) et de nouvelles technologies au bénéfice de la transition, - la refonte des programmes d'enseignement dans le sens du développement durable, (1) Joseph Stiglitz, Le prix de l'inégalité, Les Liens qui libèrent, 2012. (2) Le prix de l'inégalité, p. 109. (3) Le CIPD est un consultant indépendant en Grande-Bretagne. (4) Gilles Raveaud, L'Économie politique, mai 2012. (5) Richard Wilkinson et Kate Pickett, Pourquoi l'égalité est meilleure pour tous, Les Petits Matins, 2013.

Précarité, chômage, emploi...

LA COMPLAINTE DU MEDEF
Même les puissants ne sont pas épargnés par les difficultés économiques. Tout le monde souffre et eux, c’est certain, encore plus que les autres. C’est pourquoi notre bon François a couru à leur secours pour qu’ils ne fuient plus la France. Mais l’ANI, c’est aussi : - une volonté affirmée de faire consacrer la signature syndicale comme critère essentiel de la légitimité des ajustements voulus par la flexibilité, - une belle tentative de procéder à l’exclusion du contrôle judiciaire, - un accord qui ouvre la voie au licenciement du salarié inapte à comprendre les vertus de la mobilité (un refus du salarié entraîne un licenciement pour motif personnel, et non plus pour motif économique), - un accord qui contribue à la soumission du travailleur précaire, à exiger notamment pour le salarié à temps partiel une durée minimale de 24 heures hebdomadaires (2) - sauf pour les services d’aide à la personne et à la demande de salariés fainéants qui souhaiteraient travailler moins. Certains trouvent peut-être super-chouette de vouloir sortir juridiquement les « temps partiels subis » de la précarité, moi je réponds que cette mesure condamne de nombreux salariés, qui n’ont que des petits CDD pour arrondir les fins de mois, à plonger un peu plus dans la précarité... Genre celui qui a des missions de 10 heures par mois de-ci, de-là et qui, en attendant mieux, s’en contente. Dites-moi : c'est ça qu’on attendait ?!

L’ANI

Pour les puissants entrepreneurs, François a commencé par faire signer en 2013 un nouvel Accord National Interprofessionnel « pour un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels (annexe 1) ». Alors là, chapeau, il a osé faire ce que l’UMP n’avait pas osé faire en soumettant le Code du travail à un sacré coup de nettoyage !

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Pour Michel Sapin, l’ANI est « un accélérateur à la création de l’emploi ». Merci, on a vu les dernières statistiques du chômage. Hilarant ! L’ANI, c’est quoi ? C’est plus de flexibilité donnée aux employeurs pour qu’ils puissent licencier plus vite et sans souci, notamment en cas de refus de mobilité interne (1), une dénonciation plus facile d’avantages salariaux. Mais c’est pas grave, on ne touche pas au 1er-Mai et le salarié pourra enfin découvrir le monde gratuitement grâce aux clauses de mobilité.

Le pacte de responsabilité
Pour faire durer le plaisir des adhérents du MEDEF, notre bon François a décidé d’en remettre une couche pour 2014 en lançant le Pacte de responsabilité (3). Ça commence ainsi sur le site du gouvernement : « Entreprises, aidez-nous à vous simplifier la vie.»

En donnant plus de flexibilité aux entreprises pour qu’elles soient compétitives, François a mis un sacré coup de pied dans les droits qu’ont les salariés, afin qu'ils soient dégagés plus vite des entreprises et que celles-ci puissent s'installer rapidement dans un autre monde (Inde, Chine...).

Et les entreprises, emmenées par Pierre Gattaz, ont répondu en jubilant qu'elles voulaient : - payer moins d’impôts en France, - pouvoir licencier encore plus vite,

- ne plus verser une seule cotisation sociale sur les salaires, - recevoir 30 milliards d'euros d’aide de l’État, - que le SMIC soit revu, mais à la baisse, - que le Code du travail soit supprimé, - que les conseils de prud’hommes soient supprimés aussi, et les congés payés, et les arrêts maladie, et l’âge limite de retraite, et l’âge limite d’embauche des adolescents... Le tout sans contrepartie, bien évidemment ! I ne faut pas exagérer, « nous ne sommes pas à l’école », a dit Gattaz. « Heureusement que nous sommes sous un gouvernement de gauche », répondent les autres, « ça aurait pu être pire ».

leur devoir de responsabilité en mettant sur le dos des privés d’emplois leur promptitude à se débarrasser des travailleurs français. C’est pas à nous de payer, chante le MEDEF, c’est à l’État et aux collectivités de prendre le relais avec l’aide sociale. Ben tiens... Il va peut-être falloir leur apprendre, aux entrepreneurs, une autre chanson, celle de leur responsabilité. Et leur signifier que, plutôt que passer leur vie à pleurer et vivre sous perfusion de l’État et des collectivités territoriales grâce aux aides sociales outrancières (5), ils doivent se mettre sérieusement à travailler à entreprendre : ce serait déjà un bon début, bande de fainéants !

Cerise sur le gâteau : l’indemnisation des chômeurs
Gattaz et ses amis sont de sacrés gloutons, ils en veulent toujours plus. Pris d’une véritable addiction au « régime de suppression », ils veulent également que le système d’indemnisation du chômage soit réformé. Moins d’indemnités, baisse des cotisations patronales mais augmentation des cotisations salariales, allongement de la durée de carence, différé d’indemnisation des intermittents du spectacle (4)... Une façon de détourner

Estelle Chardon

(1) Voir l'article 7 de l’ANI consacré à « l’articulation de l’accord de maintien dans l’emploi et des conditions de travail ». (2) Voir l’article 11 et le « complément d’heures » qui offre à l’employeur la possibilité de faire travailler le salarié à temps partiel au-delà de la durée contractuelle sans avoir à payer de majorations pourtant prévues... (3) http://www.faire-simple.gouv.fr/entreprises (4) Voir l'accord Unedic de mars 2014. (5) Terrains et bâtiments fournis, loyers trop modérés, financement outrancier de la recherche et de l’innovation, aides à l’emploi favorisant les bas salaires, apprentissage, tout cela fourni par l’État et les collectivités territoriales.

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RIVIERES COMTOISES, ÉTAT D'URGENCE

MANIFESTATION SAMEDI 17 MAI SAINT-HIPPOLYTE (DOUBS)
Quatre années déjà que nos rivières comtoises se meurent, avec des hécatombes de truites et d'ombres : Dessoubre 2010, Doubs franco-suisse 2011, Bienne 2012, Dessoubre 2014. Pour que l'État prenne enfin ses responsabilités face à ce désastre écologique qui affecte nos rivières, le tourisme et l'image de Franche-Comté et bientôt la santé publique, le collectif SOS Loue et Rivières Comtoises et le collectif Doubs-Dessoubre organisent une grande manifestation le samedi 17 mai, à Saint-Hippolyte (Doubs), ville à la confluence du Doubs et du Dessoubre. Venez nombreux exprimer votre mécontentement et votre inquiétude pour l’avenir. Défilé et conférences dès le matin pour sauver nos rivières. Réservez dès maintenant votre samedi.

EÉLV Franche-Comté

Center Parc

Il y avait deux « heureux » candidats qui attendaient l'annonce officielle. Depuis le 28 mars, c'est fait. Et le plus « beau », c'est que Pierre et Vacances double la mise en annonçant la construction de deux Center Parcs, l’un à Poligny (Jura) et l’autre au Rousset (Saône et-Loire), à quelque deux heures de route l'un de l'autre… Rappelons nos interrogations - non exhaustives : Quel impact économique d'un tel aménagement sur les structures d'accueil touristique locales (gîtes, accueil à la ferme, hôtels...) ? Pour l’heure, aucune étude d’impact n’est consultable. Quel coût précis, y compris les infrastructures nécessaires à cet aménagement (voirie, assainissement, alimentation en eau potable, énergie, etc.) ? Quel montant réel de dépenses des différentes collectivités ? Quel montage financier et juridique précis ? Qui sont aujourd’hui les partenaires privés de la SEM (1), clairement identifiés, prêts à investir des dizaines de millions d’euros ? Pourquoi les financeurs privés ne se ruent-ils pas sur un investissement identifié comme étant si rentable ? On nous promet 200 emplois locaux pendant la construction du site et 300 emplois pour son fonctionnement. Cette promesse d'une main-d’œuvre locale, tant annoncée et espérée par tous, fait oublier un peu vite qu’un amendement parlementaire voté début novembre en première lecture introduit dans la loi la notion de « discrimination à l'adresse » : impossible désormais de privilégier tel ou tel candidat en fonction de son domicile. Enfin, pour mettre sur pied le projet, deux structures juridiques font alliance : - la société immobilière Pierre et Vacances, qui crée pour l'occasion une société indépendante, « Center parc » : elle construit les 400 cottages ; - la société d'économie mixte composée des collectivités territoriales, du prêt consenti par la Caisse des Dépôts et Consignations et de capitaux

privés (mais lesquels ?) : elle construit les infrastructures touristiques. Côté Pierre et Vacances, pas trop de soucis de financement : les cottages sont vendus à des particuliers sur plan ; autrement dit, ils sont achetés avant d'être construits. Côté Collectivités territoriales, qui dit collectivités dit réglementation des marchés publics, qui sont ouverts à toute l'Europe. Donc une entreprise d'un État membre autre que la France pourra-être retenue (2). Finalement, qui prend les risques dans cette affaire ? Non pas Pierre et Vacances, mais les collectivités locales... avec l’argent public.

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Véronique Guislain
porte-parole d'EÉLV Lons-le-Saunier

(1) Société d'Économie Mixte (2) Exemple du Center Parc qui doit ouvrir ses portes dans la Vienne en 2015 : « C'est une entreprise de Moselle, Demathieu Bard (DB), présente en région nantaise, qui a obtenu ce juteux contrat, face à un groupement d'entreprises de la Vienne et à une PME tourangelle. DB, dont personne d'ailleurs ne conteste la compétence, est accompagnée pour une petite part par une entreprise régionale, Legrand Bâtisseurs, basée à Niort. DB pourrait encore sous-traiter une partie du marché à des PME de la Vienne. L'entreprise mosellane confirme que des contacts en ce sens ont été pris. À l'heure actuelle, la « part » totale des entreprises régionales est estimée par le Conseil général de la Vienne à 70 %, ce qui situerait celle de la Vienne aux alentours de 40 à 50 %. »

Science et écologie

CAMPANIFORME, ANTARCTIQUE, PEROVSKITES ET STATINES
La science pour éclairer les choix de l'écologie politique. La réflexion politique pour développer la critique de la science. 1. Il y a 5 000 ans, une mystérieuse unité européenne
Entre 3 000 et 2 000 avant J.-C., on trouve, dans une grande partie de l'Europe, un gobelet en forme de cloche renversée. Ce type de poterie porte le nom de « campaniforme » (1). La parenté entre des gobelets retrouvés dans des régions aussi éloignées que l'Espagne, l'Angleterre ou la Grèce ne fait guère de doute : il s'agit systématiquement de poteries fines, de couleur brun orangé et décorées de la même façon. On a cru d'abord qu'il pouvait s'agir du succès commercial d'un objet peu à peu exporté dans toute l'Europe. Or les analyses montrent que les objets n'étaient pas transportés sur de longues distances mais fabriqués sur place à partir d'une matière première locale. (La Recherche n° 484, février 2014, pp. 42-46) d'environnement. C'est en 1982 qu'a été créée la CCAMLR, pour gérer les ressources marines de l'océan Austral et prévenir les excès de la pêche, notamment de la légine et du krill. L'océan Austral est unique par son isolement et son évolution constitue un bon témoin pour comprendre les changements globaux affectant notre planète, comme le réchauffement climatique et l'acidification des océans. Or en novembre 2013, les 25 pays de la Convention n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la création d'un réseau d'aires marines protégées. La Russie, l'Ukraine et la Chine s'y sont opposées. (Pour la Science n° 437, mars 2014, pp. 14-15)

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Commentaire : Le campaniforme semble attester que des déplacements de population de grande envergure avaient déjà lieu à cette époque en Europe. Ainsi on a pu établir qu'un homme, mort dans le sud de l'Angleterre vers 2 400 avant J.-C., était né dans les Alpes. Il est possible que, dans un premier temps, de petits groupes d'hommes de cette culture dite « campaniforme » se soient implantés dans des régions étrangères pour y vendre leurs produits, puis se soient mis à produire localement leur gobelet. Deux mois avant les élections européennes, toute ressemblance avec ce qui se passe aujourd'hui dans l'UE n'est pas fortuite…

Commentaire : La protection de l'Antarctique semblait acquise. Or certains lobbies industriels lorgnent sur les ressources pétrolières et minières de ces territoires. La CCALMR n'est pas une structure contraignante. Les États ne sont contraints que par leur propre volonté. La prochaine négociation aura lieu en octobre 2014 et l'issue en sera décisive. Si les discussions échouaient, les ONG devraient adresser un signal fort aux dirigeants du monde pour que l'Antarctique garde le statut de réserve naturelle dédiée à la science et à la paix. 3. Un nouveau matériau dope les cellules solaires
Jusqu'en 2009, la quasi-totalité des cellules solaires étaient constituées de tranches minces de silicium. Il y a 5 ans sont entrées en scène des

2. L'Antarctique et l'océan Austral sont menacés
Le protocole de Madrid, signé en 1991 par les 25 pays de la CCAMLR (2), protège l'Antarctique de l'exploitation pétrolière et minière. C'est un des rares succès diplomatiques de la coopération multilatérale en matière

technologies à base de pérovskites, qui sont des matériaux bon marché et faciles à produire. En 4 ans, le rendement des cellules en pérovskite a été multiplié par 4 et devrait atteindre dès cette année les 20 %. On envisage maintenant de construire des cellules tandem en associant les pérovskites au silicium. (La Recherche n° 484, février 2014, pp. 50-54)

prescriptions et sont même nocives dans 10 % des cas. (La Recherche n° 485, mars 2014, pp. 91-93)

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Commentaire : Au moment où devrait s'engager la transition énergétique, cet exemple montre que le problème ne vient pas des difficultés techniques. À partir du moment où des efforts de recherche sont engagés, des solutions sont trouvées. En France, une part beaucoup trop importante de la recherche est encore consacrée à l'industrie nucléaire, ce qui réduit d'autant les efforts consacrés aux énergies renouvelables. C'est donc bien la volonté politique qui manque pour arriver à un mix énergétique qui s'affranchisse progressivement du nucléaire et du pétrole. Ce qui aurait aussi pour effet, à terme, de réduire le déficit commercial et la dépendance énergétique de la France. 4. Les statines sont-elles efficaces ?
Les statines sont des médicaments destinés à réduire le taux sanguin de cholestérol et donc les risques de maladies cardiovasculaires. Du moins c'est ce qu'on pensait jusqu'à la parution du livre de Philippe Even en février 2013. Pour lui, les statines ne servent à rien dans 95 % des

Commentaire : Dans ce numéro de La Recherche, deux avis contradictoires s'expriment. L'un continue de dire que les statines réduisent les risques de maladies cardiovasculaires : par conséquent, la diffusion des opinions défavorables aux statines mettrait en danger la vie de certains patients. L'autre met en cause les études « orientées » des laboratoires pharmaceutiques, les statines représentant leur plus gros marché au niveau mondial. Pour les détracteurs des statines, ce sont même des médicaments toxiques dangereux pour les patients, avec des risques de diabète et de cancer.
Il est donc urgent de faire appel à des experts indépendants des industries pharmaceutiques pour évaluer l'efficacité réelle des statines et leurs effets secondaires.

Gérard Mamet

(1) De campana, qui signifie cloche en bas-latin. (2) Convention on the Conservation of Antarctic Marine Living Ressources (Convention sur la Conservation de la Faune et de la Flore Marines en Antarctique).

Europe Ecologie Les Verts de Franche-Comté (14, rue de la République, 25000 Besançon) Directeur de publication : Gérard Roy Comité de lecture : Michel Boutanquoi, Gérard Mamet, Gérard Roy, Suzy Antoine CPPAP: 0518 P 11003 Maquette : Corinne Salvi Mise en page : Suzy Antoine

Chez nos voisins helvètes

LES GRIPEN AU SECOURS DU CLIMAT ?
« Les Jeunes Verts de Suisse se sont prononcés aujourd’hui pour l’achat des Gripen (1). Ils sont convaincus que le climat suisse ne peut être défendu que par de nouveaux avions de combat. Les émissions de CO2 de l’étranger ne doivent pas influencer notre climat. Ce n’est qu’avec les Gripen que le changement climatique peut être arrêté aux frontières suisses. Les Gripen permettront à l’armée de l’air suisse de faire face efficacement aux nouvelles attaques de gaz à effet de serre. Ils rendront possible la destruction précise de ces gaz dangereux. Ainsi, les gaz à effet de serre pourront être éliminés à la frontière, avant qu’ils ne puissent nuire à notre pays. Les émissions des Gripen seront par là même largement compensées. » « La vraie menace pour la Suisse est le changement climatique. (…) Au lieu d’investir des milliards dans des avions de combat inutiles, utilisons-les pour une meilleure protection du climat ! Par exemple, pour la promotion de la mobilité douce. 10 milliards (2) permettraient aussi l’installation de suffisamment de panneaux photovoltaïques pour couvrir plus de 10 % des besoins suisses en électricité. » Les Verts se sont donc lancés dans la campagne anti-Gripen, bien décidés à démontrer l'absurdité d'une telle dépense. Après le consternant résultat de la votation de février contre la prétendue « immigration de masse », souhaitons aux Verts et à la gauche en général de connaître, cette fois, un franc et massif succès.

Gérard Roy

Délirant, non, ce que vous venez de lire ?! Mais vous l'aurez sans doute compris : le mot le plus important, dans ce communiqué de presse des Jeunes Verts suisses, c'est « aujourd'hui », c'est-à-dire le... 1er avril. Rassurez-vous, donc : les Verts d'outre Jura, jeunes ou moins jeunes, ne sont pas fous, qui continuent ainsi :

(1) Le Gripen est un avion de combat fabriqué par le constructeur suédois Saab. L'armée de l'air suisse, déjà suréquipée, veut s'en offrir 22. Une votation lancée par les Verts et la gauche aura lieu à ce sujet le 18 mai. Cf. « Non au Gripen », in La Feuille Verte n° 190, novembre 2013. (2) 10 milliards de francs suisses (8,2 milliards d'euros), c'est le prix d'achat de ces avions, de leur utilisation et de leur entretien.

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Encore un peu de Charlie Hebdo?

UN MOIS, ÉMOIS, ET MOI
Rosette. C'est fou le nombre de canailles russes,
proches de Poutine, qui ont été décorées de notre Légion d'Honneur. Ça rend d'autant plus consternant le nombre de ceux qui, chez nous, aspirent à cette breloque. Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Mickey. Pub pour Disneyland Paris : « À l'âge où
leur imagination est sans limite, n'attendez pas pour les y emmener. » Histoire de la brider une bonne fois pour toutes, l'imagination des gamins.

Écoutes. Me Herzog optimiste quant au sort judiciaire de son client Sarko-Bismuth, « sauf si le droit finit par l'emporter ». Le droit !? C'est quoi, ce gros mot ?

Durs ! Ils n'y sont pas allés de main morte, les
Européens, dans les sanctions infligées au Kremlin après l'annexion de la Crimée. Elles ont concerné tellement de seconds couteaux qu'on s'étonne de n'y trouver ni le chien de Poutine, ni ses poissons rouges.

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

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Grammaire. La journaliste américaine Ann Friedman écrit dans le New York Magazine que s'en prendre au langage sous prétexte de lutter contre le sexisme « est une stratégie féministe qui a déjà échoué dans le passé. Le mouvement pour l'égalité des sexes est à son meilleur quand il crée plus de choix pour tout le monde, non pas plus de règles. » Celle-là, elle n'a pas intérêt à demander son adhésion aux Verts !

Dessin publié avec l’aimable autorisation de Charlie Hebdo

Girouette. Ex-secrétaire national des Verts, Yann Wehrling se fait élire sur la liste de NKM à Paris 15e. Qu'est-ce qu'on peut en dire, sinon « Pauvre type » ?... Différence. Deux mois après son lancement,
l'Émission pour tous, de Laurent Ruquier, censée relancer le 18-20 de France 2, est déprogrammée faute d'audience. On n'a toujours ni lu, ni entendu à son sujet les tombereaux d'insultes et de quolibets déversés sur l'émission précédente. Animée par qui, déjà ? Ah ! oui : Sophia Aram - jeune, femme et arabe.

Lingerie. À l'occasion du lancement de ses Confessions d'une catho républicaine, Frigide Barjot confie, entre autres faits passionnants, qu'elle n'a « jamais enlevé [s]a culotte ni [s]on soutien-gorge ». Elle a en revanche ôté son cerveau, mais ne sait plus où elle l'a mis.

Cancre. La dernière évaluation PISA souligne le
bon niveau des élèves français en résolution de problèmes faisant appel au sens logique. Et cela malgré l'élève Hollande, qui tourne à droite pour aller à gauche.

François. Le pape défend l' « objection de conscience » ! Ouéééé !... Sur la contraception. Rhhooo !

Positivons ! Une méthode pour ne pas désespérer devant les votes et les sondages : les lire « en creux ». Exemples : une majorité de Français n'a pas voté pour le FN, 65 % d'entre eux ne se disent pas racistes et 81 % ne font pas confiance à François Hollande.

Pustule. Dès avant son élection à Béziers, Robert
Ménard voyait dans les sondages la « preuve que nous [le FN et ses séides] ne sommes pas la représentation de la peste bubonique en marche ». Non, simplement d'une grosse métastase.

77 chacun. 529 Frères musulmans condamnés
à mort en Égypte. Si on considère que ce sont des martyrs du combat pour l'islam, va falloir leur trouver d'urgence 40 733 vierges au paradis d'Allah.

Erratum VINGTIÈME ?
Sans doute emportés, voire exaltés, par un enthousiasme bien compréhensible, nos deux cosecrétaires régionaux ont, dans leur édito de mars, clamé urbi et orbi qu'entre autres anniversaires, on fêterait cette année le vingtième de La Feuille Verte. Notre canard a beau figurer, sans contestation possible, dans le peloton de tête (1) des plus anciennes publications Vertes, sa « nouvelle formule » n'a commencé à paraître qu'en novembre 1995, sous le numéro 38 – car nous avions omis de faire apparaître ce changement et ainsi prolongé d'un mois la numérotation de la FV « ancienne formule ». Celle-ci, d'abord organe des Verts du Jura, a vu son n° 1 paraître en janvier 1991. Quant à La Feuille Verte des Verts-Besançon-Écologie, j'ai sous les yeux un n° 28 datant d'octobre 1992. Pas de 20e anniversaire en 2014, donc... mais probablement un n° 200 !...

Que choisir ? Le Conseil constitutionnel censure la loi Florange. Entre l'amateurisme du PS qui vote d'abord et réfléchit ensuite et la perversité de l'UMP qui se vautre aux pieds des patrons, décidément, mon cœur balance.

Stades. Au Brésil, le taux d'adhésion au Mondial
de foot est passé de 79 % en 2008 à 52 % aujourd'hui. Encore un effort et le foot sera là-bas aussi populaire que le hollandisme ici.

Fringues. Il a beau coûter la bagatelle de 80 euros, le maillot de la Coupe du monde devrait se vendre, rien qu'en France, à 300 000 exemplaires ! L'été va être élégant. Livres ? Plus gros succès de librairie en France,
en 2013 : le dernier Astérix et... la trilogie de Cinquante nuances de Grey. C'est très mal d'être élitiste, je sais, mais là, franchement, j'en peux plus.

Grotte. Lourdes passe de droite à gauche ! On
ne m'enlèvera pas de l'idée que la Vierge y est pour quelque chose.

Gérard Roy
(1) Si l'on veut bien me pardonner cette métaphore aussi banale que sportive...

Gérard Roy

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Européennes : dernière minute
Le Conseil Fédéral a validé la liste des candidats écologistes pour les élections au Parlement Européen, élections qui se dérouleront le dimanche 25 mai. Dans cette liste conduite par Sandrine Bélier, députée sortante, on retrouve quatre franc comtois. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. Sandrine BELIER Antoine WAECHTER Patricia ANDRIOT Philippe HERVIEU Eliane ROMANI Alsace 67 Bas-Rhin EELV Alsace 68 Haut-Rhin MEI Champagne-Ardenne 52 Haute-Marne Bourgogne 21 Cote d’Or EELV Lorraine 57 Moselle EELV

EELV

Claude MERCIER Franche-Comté 25 Doubs

EELV

Laura CHATEL Alsace 67 Bas-Rhin Co sec-nat Jeunes Ecolo Vincent HERBUVAUX Lorraine 54 Meurthe et Moselle Jeunes Ecolo Anaïs HUBERT Bourgogne 58 Nièvre EELV

10.
11. 12.

Jean-Louis CANNELLE

Franche-Comté 25 Doubs
EELV

Société Civile

Nadine CORTIAL Champagne-Ardenne 51 Marne Julien VICK Lorraine 57 Moselle EELV

Deux temps forts à noter d’ores et déjà sur vos agendas :
Meeting à Dijon le 12 mai Manifestation à St Hippolyte le 17 mai 2014 avec SOS Loue et rivières comtoises

13.
14. 15. 16.

Audrey ARIAPOUTRI

Franche-Comté 70 Haute-Saône

EELV

François LOTTEAU Bourgogne 71 Saône et Loire EELV Christine L’HEUREUX Lorraine 88 Vosges EELV Patrick BARBIER Alsace 67 Bas-Rhin EELV

17.
18.

Eva PEDROCCHI

Franche Comté 90 Terr de Belfort
Champagne-Ardenne 08 Ardennes

EELV
EELV

Christophe DUMONT

9 mars, manif antinucléaire

Dégustation de poisson contaminé organisé par des militants EELV du Pays de Montbéliard au lieu dit "La Pierre à poissons" pour rappeler aux passants le 3e anniversaire de la catastrophe de Fukushima.

Sandrine Bélier, députée européenne du Grand Est, avec Naoto Matsumura , le paysan japonais de Fukushima qui a refusé de quitter sa terre natale.

La présence de manifestants de nombreux pays européens

14, rue de la République 25000 Besançon / 03 81 81 06 66 / http://franchecomte.eelv.fr/

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