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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

CONTRIBUTION A L’ETUDE DE LA DYNAMIQUE


DES FORETS SACREES DU DEPARTEMENT DE
L’ATLANTIQUE

CHAIRE INTERNATIONALE EN PHYSIQUE MATHEMATIQUE ET APPLICATIONS


(CIPMA - CHAIRE UNESCO)

PROFESSIONNAL MASTER OF SCIENCE (DIPLOME D’ETUDES SUPERIEURES


SPECIALISEES)

Présenté par

KPINDJO Maximin Ferdinand

FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES (FAST)


UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (UAC)
COTONOU, REPUBLIQUE DU BENIN

ICMPA Publishing © 2009

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

ICMPA – UNESCO Chair

UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
D’ABOMEY (UAC), BENIN

FACULTE DES SCIENCES ET TECHNIQUES (FAST)

CHAIRE INTERNATIONALE EN PHYSIQUE MATHEMATIQUE ET APPLICATIONS

(CIPMA - CHAIRE UNESCO)

P.M.Sc N°02/P.M.Sc/CIPMA/FAST/UAC/2007.

CONTRIBUTION A L’ETUDE DE LA DYNAMIQUE DES


FORETS SACREES DU DEPARTEMENT DE L’ATLANTIQUE

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE

MASTER EN GEOINFORMATION ET SES APPLICATIONS A LA GESTION


INTEGREE DES EAUX ET DES ECOSYSTEMES

Présenté par
KPINDJO Maximin Ferdinand

Superviseurs:

Dr Vincent Joseph MAMA Dr George A. AGBAHUNGBA


Impact Assessment Officer Coordonnateur/ Master Professionnel en
CORAF/WECARD Géoinformation CIPMA
Géoinformation/

Jury :

Président : Prof Nestor SOKPON

Examinateur : Prof Abel AFOUDA

Rapporteur : Dr Georges A. AGBAHUNGBA

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DEDICACE

Selon un proverbe peuhl « L’homme n’est rien sans les autres. On nait dans leurs
mains et on part dans leurs mains ».

En ces termes, nous reconnaissons l’importance du rôle joué par les parents et amis.
Aussi, ce travail est dédié :

A mes feux parents Joseph ASSOGBA KPINDJO et Elisabeth

YEHOUENOU,

A mon grand frère Athanase K. ASSOGBA, que Dieu vous accorde

plus de longévité et la paix du cœur car vous avez toujours milité


pour la réussite de nous vos frères,

A mon épouse et à mes enfants qui ont supporté mes longues

absences durant cette formation,

A vous, mes autres frères et sœurs, qui n’avez jamais marchandé

votre assistance à mon égard, soyez-en remercié,

A tous mes amis, en reconnaissance des entraides et des moments

ambiants passés ensemble, trouvez ici la marque indélébile de nos


amitiés

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

REMERCIEMENT

La réalisation de cette œuvre n’a été possible que grâce au concours de plusieurs
personnalités que nous tenons à remercier sincèrement pour les multiples efforts
qu’elles ont déployés pour l’aboutissement de ce travail.

C’est donc ici le lieu de féliciter et d’adresser nos remerciements à tout le personnel
de la Chaire Internationale en Physique Mathématique et Applications pour sa
contribution à notre formation, en particulier :

Au Professeur M. Norbert HOUNKONNOU, Président de la CIPMA pour

son accompagnement et ses conseils durant toute notre formation,

Au Docteur Georges AGBAHUNGBA, vous qui malgré vos multiples

occupations vous êtes toujours montré disponible pour nous porter


votre assistance.

Au Docteur Vincent Joseph MAMA pour nous avoir conduits dans le

monde de la recherche scientifique en général et en particulier de la


télédétection,

Au Docteur Vincent OREKAN pour sa contribution,

Nous tenons également à témoigner nos reconnaissances au personnel du

Centre National de Télédétection (CENATEL) pour leur assistance en particulier à


Adam ABOU, responsable de laboratoire du CENATEL pour sa franche
collaboration,

Mes remerciements vont également à l’endroit de mes amis et conseillers

TCHETON Michel, ALLIGBONONSI Raymond, MONTCHO Clément, AKPOVO


Nestor, MITOU Dénis, ALLOMASSO Tchokponhoué, VIDOGBENA Isidore et tous
les autres qui m’ont aidé de près ou de loin à l’accomplissement de cette œuvre.

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TABLE DES MATIERES

D E D I C A C E ................................................................................. - 2 -
REMERCIEMENT .............................................................................. -3-
RESUME .......................................................................................... -9-
Chapitre 1 INTRODUCTION………………………………………………………-11-
1.1 Introduction:........................................................................... - 12 -
1.2 Problématique ......................................................................... - 14 -
1.3 Objectifs de recherche ............................................................. - 16 -
Chapitre 2 CARACTERISTIQUES DU MILIEU
ETUDIE….………………………………………………………..……..……………-17-
2.1 Environnement physique ......................................................... - 18 -
2.2 Environnement humain ........................................................... - 28 -
Chapitre 3 REVUE DE LITTERATURE ............................................... -30-
3.1 Revue de littérature ................................................................. - 31 -
3.2 Opérationnalisation des concepts ............................................. - 38 -
Chapitre 4 METHODOLOGIE DE RECHERCHE ................................. -40-
4.1 Choix de la zone d’étude .......................................................... - 41 -
4.2 Choix des forêts ...................................................................... - 41 -
4.3 Choix des personnes enquêtées ................................................ - 42 -
4.4 Collecte des données et matériel utilisé. .................................... - 44 -
4.4.1 Matériel: ............................................................................. - 44 -
4.4.2 Méthode : ........................................................................... - 45 -
4.5 Déroulement du travail au laboratoire ....................................... - 45 -
4.5.1 Phase de traitement des données d’inventaire ......................... - 45 -
4.5.2 Phase de traitement des photos ............................................. - 46 -
Chapitre 5 RESULTATS ET DISCUSSION .......................................... -49-
5.1 Présentation des résultats commune par commune. ................... - 50 -
5.1.1 Résultats de la commune d’Allada .......................................... - 50 -
5.1.2 Résultats de la commune de Sô-AVA ...................................... - 56 -
5.1.3 Résultats de la commune de Zè. ............................................. - 62 -
5.2 Physionomie des forêts sacrées ................................................. - 72 -

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5 .2.1 Forêt Assanmeyzoun ............................................................ - 72 -


5.2.1.1 Structure de la forêt sacrée d’Assanmeyzoun ........................ - 72 -
5.2.1.2 Répartition par classes de diamètres des essences forestières
d’Assanmeyzoun ........................................................................... - 74 -
5.2.1.3 Evaluation du sous-bois d’Assanmeyzoun ............................ - 75 -
5.2.2 Forêt sacrée Hêkpazoun ........................................................ - 76 -
5.2.2.1 Structure de Hêkpazoun ..................................................... - 76 -
5.2.2.2 Répartition par classes de diamètres des essences forestières de
Hêkpazoun ................................................................................... - 78 -
5.2.2.3 Evaluation du sous-bois de Hêkpazoun .............................. - 79 -
5.2.3 Forêt sacrée d’Ahouansêzoun ................................................ - 80 -
5.2.3.1 Structure d’Ahouansêzoun ................................................ - 80 -
5.2.3.2 Répartition par classes de diamètres des essences forestières
d’Ahouansêzoun ........................................................................... - 81 -
5.2.3.3 Evaluation de la régénération .............................................. - 82 -
5.2.4 Forêt sacrée de Sindomè ....................................................... - 83 -
5.2.4.1 Structure de Sindomè ........................................................ - 83 -
5.2.4.2 Répartition par classes de diamètres des essences forestières de
Sindomè ...................................................................................... - 84 -
5.2.4.3 Evaluation de la régénération .............................................. - 84 -
5.1.5 Forêt sacrée Avogbézoun ....................................................... - 86 -
5.1.5.1 Structure d’Avogbézoun...................................................... - 86 -
5.1.5.2 Répartition par classes de diamètres des essences forestières
d’Avogbézoun ............................................................................... - 87 -
5.1.5.3 Evaluation de la régénération .............................................. - 87 -
5.3 Discussion .............................................................................. - 90 -
Chapitre 6 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS ........................ - 95 -
6.1 Conclusion ............................................................................. - 96 -
6.2 Recommandation .................................................................... - 97 -
BIBLIOGRAPHIE……............…………………………………………………….-98-

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Liste des forêts sacrées recensées et leurs caractéristiques……44

Tableau 2: Evolution des superficies des différentes unités d’occupation de


la Commune d’ALLADA de 1982 à 2008…..……………………….58

Tableau 3 : Evolution des superficies des différentes unités d’occupation de


la Commune de SO AVA de 1982 à 2008…………………………68

Tableau 4 : Evolution des superficies des différentes unités d’occupation de


la Commune de Zè de 1982 à 2008……..………………………….77

Tableau 5 : Situation des forêts sacrées d’au moins 10 hectares en 2008


dans le Département de l’Atlantique…….....…………………… …78

Tableau 6 : Productivité d’Assanmeyzoun……..…………………………… …..79

Tableau 7 : Nombre de régénération à l’hectare d’Assanmeyzoun…… ……81

Tableau 8: Productivité de Hêkpazoun……………………………………… …..82

Tableau 9 : Nombre de régénération à l’hectare de Hêkpazoun… …….……84

Tableau 10: Productivité d’Ahouansêzoun……………….. ……………….……..85

Tableau 11 : Nombre de régénération à l’hectare de Ahouansêzoun………...87

Tableau 12 : Productivité de Sindomè….…………………………….…………….88

Tableau 13 : Nombre de régénération à l’hectare de Sindomè…………..……89

Tableau 14 : Productivité de Avogbézoun………………………………..…………90

Tableau 15 : Nombre de régénération à l’hectare de Avogbézoun……….……92

Tableau 16: Comparaison de la densité, de la surface terrière, du diamètre


moyen et des indices de Shannon…………………………….…..93

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LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Situation géographique du secteur d’étude……………….……………..18

Figure 2 : Evolution des températures moyennes la station de Niaouli (1973-


1992).....................................................................................................23

Figure 3 : Evolution de l’humidité relative moyenne sur une période de 22 (station


de Niaouli)……………………………………………………..…………….24

Figure4 : Durée de l’insolation mensuelle à Niaouli…………………..……………24

Figure 5 : Evolution interannuelle de l’évapotranspiration potentielle station de


Niaouli………………………………………………………………………..25

Figure 6 : Diagramme climatique de Niaouli FRANQUIN (1973)………..……..…26

Figure 7 : Occupation du sol de la commune d’Allada en 1982……………..…...52

Figure 8: Diagramme des unités d'occupation en 1982…………….……………..53

Figure 9 : Occupation du sol de la commune d’Allada en 1994……………..…...54

Figure 10 : Diagramme des unités d'occupation en 1994…………………….……..55

Figure 11 : Occupation du sol de la commune d’Allada en 2008…….……….…….56

Figure 12: Diagramme des unités d'occupation en 2008………………….………..57

Figure 13 : Synthèse de l’occupation du sol de la commune d’Allada entre 1982 et


2008……………………………………………………………………….…58

Figure 14 : Evolution des différentes unités d’occupation dans la Commune


d’Allada……………………………………………………………………....59

Figure 15 : Occupation du sol de la commune de Sô-Ava en 1982…………...…...61

Figure16 : Diagramme des unités d’occupation en 1982………………………..….62

Figure17 : Occupation du sol de la commune de Sô-Ava en 1994…………...….63

Figure18: Diagramme des unités d'occupation en 1994…………………………..64

Figure19 : Occupation du sol de la commune de Sô-Ava en 2008……….……..65

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure20 : Diagramme des unités d'occupation en 2008………………………….66

Figure 21: Synthèse de l’occupation du sol de la commune de Sô-Ava entre 1982


et 2008………………………………………………………………………67

Figure 22: Evolution des différentes unités d’occupation dans la Commune de Sô-
Ava…………………………………………………………..……………….68

Figure 23 : Occupation du sol de la commune de Zè en 1982……………….…….70

Figure24: Diagramme des unités d'occupation en 1982………………….………..71

Figure 25 : Occupation du sol de la commune de Zè en 1994……………………..72

Figure26: Diagramme des unités d'occupation en 1994……………….…………..73

Figure 27: Occupation du sol de la commune de Zè en 2008………..……………74

Figure28: Diagramme des unités d'occupation en 2008…………….……………..75

Figure 29: Synthèse de l’occupation du sol de la commune de Zè entre 1982 et


2008…………………………………………………………………...……..76

Figure 30 : Evolution des différentes unités d’occupation dans la Commune de


Zè………………...…………………………………………………………..77

Figure 31 : Répartition par classe de diamètres des arbres inventoriés dans


ASSANMEZOUN………………………………………………………….80

Figure 32: Répartition par classes de diamètres des arbres inventoriés dans
HEKPAZOUN………………………………………………………………83

Figure 33: Répartition par classes de diamètres des arbres inventoriés dans
AHOUANSEZOUN………………………………………………………..86

Figure 34 : Répartition par classes de diamètres des arbres inventoriés dans


SINDOME………………………………………………………………….88

Figure 35: Répartition par classes de diamètres des arbres inventoriés dans
AVOGBEZOUN……………………………………………………………91

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

RESUME

Cette étude porte sur des reliques de forêts sacrées pour leur rôle dans la
sauvegarde de la biodiversité dans le Département de l’Atlantique, la région
fortement anthropisée au sud du Bénin. Il s’agit des îlots de forêts de superficie de
quelques dizaines d’hectares. L’étude a visé le suivi de la dynamique des forêts
sacrées grâce à la télédétection, et l’estimation de la quantité et le potentiel
biologique de ces forêts sauvegardées par les croyances traditionnelles. De façon
spécifique, il a été évalué le niveau de dégradation de la végétation, réalisé une
typologie des forêts sacrées recensées, et enfin cartographié les forêts reliques
recensées du département de l’Atlantique.

Il ressort de ces travaux que dans le département de l’Atlantique, sur une vingtaine
d’années, 33,56%.de surface couverte de forêts sacrées sont perdus.
L’analyse floristique a montré que la richesse spécifique moyenne des ligneux est de
vingt (20) espèces par îlot et que le diamètre moyen à hauteur d’homme varie de
33,52 cm à 75,75 cm. La surface terrière fluctue entre 25,24 et 76,95 m2/ha et la
densité des régénérations est évaluée à 1200 - 2580 plants à l’hectare. La densité du
peuplement ligneux varie entre 120 et 820 arbres à l’hectare
Une enquête auprès des populations riveraines a permis de savoir que ces forêts
sacrées perçues comme une partie importante du patrimoine des villages, abritent
parfois des sources d’eau et fournissent de menus produits forestiers non ligneux
aux populations Mais face aux mutations sociales et économiques actuelles, les
modes de gestion endogènes n’arrivent plus à protéger ces forêts sacrées et leur
biodiversité.
Mots clés : Biodiversité, forêts sacrées, données satellitaires, inventaire forestier
protection.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

ABSTRACT

Contribution to the study of the dynamic of land covers of the sacred


forests in Atlantic department of the Southern Benin.
This study has been carried out within the remaining part of the sacred forests,
owing to their role in the safe guard of biodiversity in Atlantic department of the
Southern Benin. Only forest blocks of about ten hectares have been involved in this
study. The main purpose of this study is to have an overview on sacred forest
dynamism, thanks to remote sensing and to value the quantity and biological
potential of these forests safeguarded by traditional beliefs. Specifically, the question
here is to value the level of deterioration of the vegetation, to carry out a typology of
the listed sacred forests in the Atlantic department.
From this study, it appeared that within twenty years, in Atlantic Department
33.56%.of sacred forests cover have been destroyed
The analysis of the vegetation diversity has shown that the average specific richness
is twenty (20) species per islet forest and that the mean diameter at breast height
varies from 33.52 cm to 75.75 cm.
A survey made with residents allowed us to know that these sacred forests are
seen as an important part of the heritage of the neighbouring villages, host useful
water sources and supply the population with forest products But confronted to
economic and social mutations, the indigenous managing approaches do not
succeed in protecting the sacred forests and their biodiversity.
Key words: Sacred forest, Forest inventory, Satellite data, Protection.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Chapitre 1

INTRODUCTION

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

1.1 INTRODUCTION

La recherche des moyens et stratégies pour la satisfaction des besoins


fondamentaux de l’homme oblige celui-ci à agir sur la nature. Il la transforme et la
façonne à sa manière pour en tirer les produits nécessaires à son existence.
Diverses ressources naturelles à savoir les eaux, les sols, les forêts et les animaux
sauvages font l’objet d’une exploitation qui inquiète. Parmi les multiples services et
biens fournis par les forêts aux hommes, on peut citer entre autres: le bois d’œuvre,
le bois de feu, les fruits, les plantes médicinales, le fourrage pour le bétail, les
matières premières pour les activités artisanales (bois à sculpter), les éléments pour
la fertilisation des sols, l’abri de la faune. Les populations dépendent alors pour une
large part des ressources forestières. Pour les populations tropicales en particulier,
les forêts constituent pour des centaines de millions d’êtres humains, des sources
indispensables d’aliments, de médicaments, de matières premières et de revenus
monétaires (Ryan 1993). La manière d’exploiter ces biens naturels n’est pas le plus
souvent conçue de façon à renouveler continuellement ces ressources. L’homme
dégrade de cette manière son environnement, l’écosystème dans lequel il vit et dont
il dépend étroitement.

Du fait des dégradations causées par l’homme pour la satisfaction de ses besoins,
on estime que plus de 20 000 d’hectares de forêts tropicales sont détruits par an
(LANLY 1992). Au Bénin, le taux annuel de déforestation atteint 1,2%
(AGBAHUNGBA et al, 1998). Dans le Département de l’Atlantique, les limites des
forêts naturelles reculent considérablement laissant place aux champs de cultures,
aux habitations et aux plantations artificielles dans certains cas.

La sauvegarde et la bonne gestion de l’environnement ont amené l’Etat Béninois à


procéder à des mises en réserve de quelques forêts naturelles connues sous le nom
de ‘‘Forêts classées’’.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Cette tentative de sauvegarde de la biodiversité forestière est en proie à d’énormes
difficultés dont le reflet se note à travers la structure de ces forêts. Dans le
département de l’Atlantique il existe cinq (5) “forêts classées” dont une a disparu (la
forêt classée de Tozoun dans la commune d’Allada). Les quatre autres sont dans un
état de dégradation avancée, ce qui a amené l’Etat à intervenir en procédant au
reboisement des parties détruites de ces forêts. Dans ce cadre, dans la forêt classée
de Pahou (Ouidah) il a été reboisé 492 hectares sur un total de 765 hectares soit
64,31% de biodiversité perdue au niveau de cette forêt (CARDER ATLANTIQUE,
1985). Dans cette lutte contre la dégradation des ressources forestières, nul ne sera
de trop et la participation de tous est souhaitée. Aussi, la présente étude se propose
d’examiner la participation du socioculturel, du sacré, du mythique, de la croyance
dans la gestion des forêts dans ce département côtier du Sud Bénin.

Considérant les difficultés rencontrées au niveau des aires protégées par les lois de
l’Etat, la nécessité de comprendre les raisons profondes qui motivent souvent le
respect des brousses et buissons abritant des divinités traditionnelles s’impose dans
la recherche d’une approche soutenable en harmonie avec les pratiques locales. Il
est à remarquer que malgré les fortes pressions que subissent les forêts classées,
les forêts reliques n’en subissent pas pour autant. Cette réputation de la croyance
semble attirer l’attention de certaines personnes dont GNOHITE (1994) qui
s’exprimait en ces termes : « Une forêt classée n’inspire aucune crainte aux
populations. En revanche, nul ne touchera à une forêt sacrée. La tradition est bien
plus forte que la loi ». Le besoin de comprendre le fondement de cette réalité urge
donc surtout si l’on admet que l’Etat ne pourra jamais mettre un garde-forestier
derrière chaque ennemi de la forêt, au contraire le génie du village veille en
permanence sur les consciences collectives et individuelles. Si tel est le cas, n’est-
ce-pas là un moyen pour réduire considérablement les charges de l’Etat en matière
de protection de l’environnement ? Il apparaît nécessaire d’étudier cet important
problème qui s’énonce comme suit : “Dynamique des forêts sacrées dans le
département de l’Atlantique”.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

1.2 PROBLEMATIQUE

Lors de la conférence de Rio (Brésil) tenue en 1992, les Organisations Non


Gouvernementales (ONG) ont fortement insisté sur le fait que les connaissances et
pratiques traditionnelles forestières des peuples indigènes doivent être valorisées et
maintenues et les droits traditionnels des peuples garantis. En dehors du bienfait
spirituel, la croyance procure-t-elle consciemment ou inconsciemment d’autres
bonheurs à la population ? Partant du fait que les croyances traditionnelles
s’inscrivent dans le cadre de référence des populations, est-on en mesure de dire
aujourd’hui que le fait de sacraliser certaines forêts est une méthode efficace contre
les imprévoyances et les assauts incontrôlés des populations ? La gestion des forêts
naturelles ainsi assurée par la méthode de la sacralisation des forêts ne compte-t-
elle pas des atouts et des faiblesses qu’il importe de connaître en vue de
l’amélioration et de l’adaptation de l’approche aux réalités de nos jours ?

Les sites sacrés jouent un rôle important dans la gestion des ressources naturelles et
la conservation de la biodiversité. En Afrique, en Amérique Latine et en Asie, les
sites sacrés, en particulier les forêts sacrées, intéressent de plus en plus les
scientifiques et les organisations de protection de la nature (Gadgil et Vartak, 1976 ;
Guinko, 1985 ; Ramakrishnan et al., 1998 ; Ouattara, 1988 ; Camara, 1994 ; Hay-
Edie et Hadley, 1998 ; Chandrashekara et Sankar, 1998 ; Swamy et al., 2003).

Sur le continent africain, les forêts sacrées sont signalées depuis très longtemps
(Chevalier, 1993 ; Aubréville, 1937 ; Jones, 1963). Dans les pays à faible couvert
forestier, comme le Bénin et le Togo, l’intérêt des forêts sacrées en ce qui concerne
le maintien de reliques de végétation forestières anciennes et de leur diversité
biologique, a fait l’objet de plusieurs études (Sokpon et Agbo, 1999 ; Kokou et
Sokpon, 2006 ; Kokou et al., 1999a ; 1999b ; Kokou et Caballé, 2000 ; Kokou et
Kokutse, 2006). Dans certaines régions du Sud Bénin, notamment dans l’Atlantique
en pleine urbanisation, les forêts sacrées sont les seuls témoins de l’élément
forestier.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Mais face à cette pression foncière et les mutations socioculturelles en rapport avec
les religions monothéistes en voie d’expansion, ces forêts subissent actuellement
des dégradations rapides et massives, entraînant la réduction de leur superficie,
voire leur disparition complète (Kokou et al. 1999b).

La Convention sur la Diversité Biologique requiert la conservation des zones


sensibles de la biodiversité, des espèces et habitats menacés, des espèces clefs et
des espèces à répartition restreinte. Le Bénin a signé et ratifié cette conservation et
cet engagement lui consacre le devoir de conserver et d’utiliser durablement la
diversité biologique et d’intégrer sa gestion dans les plans, programmes et politiques
sectoriels ou intersectoriels. Mais entre ces discours internationaux et les réalités de
terrain en matière de gestion des ressources naturelles, qu’en est-il exactement ?

La présente étude, basée d’une part sur une approche de la géo information donc de
l’utilisation des images aérospatiales pour détecter les changements de superficies
des forêts et d’autre part sur une approche phytosociologique et des entretiens avec
les populations, analyse l’importance des forêts sacrées dans le Département de
l’Atlantique, qui est l’une des circonscriptions administratives du pays avec les plus
peuplées du Bénin.

1.3 LES OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

L’OBJECTIF PRINCIPAL

L’objectif principal est d’analyser la dynamique des forêts sacrées grâce aux
techniques de la télédétection et des données d’inventaire.

LES OBJECTIFS SPECIFIQUES.

Quatre objectifs spécifiques sont retenus :


1- Evaluer le niveau de dégradation de la végétation ;
2- Utiliser les outils de télédétection pour cartographier quelques forêts reliques du
département de l’Atlantique ;
3- Estimer l’influence des populations traditionnelles dans la sauvegarde de ces
forêts.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

1.4 LES HYPOTHESES DE RECHERCHE

H1 : Les croyances religieuses ancestrales continuent de protéger une part


importante de la biodiversité malgré les pressions anthropiques.

H2 : Les outils de télédétection utilisés généralement pour l’étude des grandes


superficies sont aussi adaptés aux aires réduites comme les forêts sacrées.

H3 : Les forêts sacrées dans l’Atlantique présentent encore une richesse floristique
élevée.

1.5 PLAN DE TRAVAIL

La présente étude est scindée en quatre grandes parties à savoir :

• la revue de littérature ;

• la Présentation du milieu d’étude ;

• la méthodologie ;

• les résultats et discussion ;

• Conclusion et recommandations.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
.

Chapitre 2

LES CARACTERISTIQUES DU MILIEU ETUDIE

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les caractéristiques du milieu seront étudiées suivant deux volets à savoir les
caractéristiques physiques et les caractéristiques humaines.

2.1 ENVIRONNEMENT PHYSIQUE

Le Département de l’Atlantique jouit d’un environnement non uniforme mais peu


diversifié. Cette section va aborder de manière plus détaillée sa situation dans
l’espace, son relief et le réseau hydrographique qui le parcourt, le sol et la végétation
ainsi que le climat de cette région méridionale de la République du Bénin (voir Figure
N°1).

2.1.1 SITUATION GEOGRAPHIQUE

De forme trapézoïdale, dont la grande base repose sur le Golfe du Bénin, le


département de l’Atlantique couvre une superficie d’environ 3.206 km2 (CENATEL
2007). Cette grande base constitue le bord sud de ce département. Au Sud Est, il est
limité par le département de Littoral, à l’Est par la vallée du fleuve Ouémé, à l’Ouest
par la vallée du fleuve Kouffo. Au Nord, il est limité par la dépression de la Lama
(Dépression argilo-marneuse riche en montmorillonites). Retenons que c’est le plus
peuplé des départements du Bénin. Il subit de ce fait une forte influence des
activités humaines, de l’agriculture au commerce. Ce département comprend huit (8)
communes (Toffo, Kpomassè, Allada, Tori Bossito, Ouidah, Sô-Ava, Abomey-Calavi,
Zè) façonnées sur un relief doté d’une hydrographie particulière qu’il est nécessaire
de connaître.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
2.1.2 RELIEF ET HYDROGRAPHIE

Situé dans le bassin sédimentaire du bas-Bénin, le Département de l’Atlantique a un


relief dominé par le plateau d’Allada dans lequel se trouvent entaillés au Sud-Est le
lac Nokoué et au Sud-Ouest le lac Ahémé.

Il s’agit en fait d’un plateau de faible altitude présentant une pente qui s’incline vers
le littoral se trouvant lui-même parsemé de marécages et de lagunes qui
communiquent avec la mer.

Ce plateau couvre une superficie d’environ 2140km², soit plus de 2/3 de la superficie
totale du département (Dissou 1986).Il est limité au Nord par la dépression de la
Lama avec laquelle il présente une pente relativement forte. Dans la région d’Agon-
Sèhouè apparaît un escarpement très remarquable. En effet Le village Agon se
trouve à une altitude de180 mètres alors que Sèhouè est aux environs de 60
mètres. Ce plateau est traversé immédiatement au sud d’Allada par deux failles
presque parallèles de direction Nord-Est Sud-ouest. Ce sont des accidents de terrain
se présentant sous forme de fossés profonds à fond non fonctionnel, c’est-à-dire ne
contenant pas de l’eau comme les rivières. La limite sud de ce plateau est constituée
par la bande côtière, à l’Est et à l’Ouest il est respectivement limité par la vallée de la
Sô et celle du Kouffo.

La dépression de la Lama, quant à elle, présente une série de plateaux dont les
altitudes varient entre 20 et 60 mètres tandis que la zone littorale est essentiellement
constituée de terrains quaternaires dominés par le sable .Le réseau hydrographique
est constitué par un ensemble de vallées à fonds plats telles que les vallées de
Bakanmè et de Toho.

Les plus importants cours d’eaux sont représentés par la rivière Sô, le fleuve Ouémé,
le fleuve Kouffo, les lacs Nokoué et Ahémé. La rivière Sô prend sa source au niveau
de la dépression de la Lama et coule presque parallèlement au fleuve Ouémé. C’est
une rivière qui se jette dans le lac Hlan et présente deux périodes de crue dont la
plus importante se situe au mois de septembre. La rapidité de la Sô en période de
crue ne favorise pas les activités de pêche sur la rivière à cette période. Elle est

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
alimentée par des chenaux comme la Ouovi et le Dra. Les autres plans d’eau jouent
un rôle important dans les activités de pêche et dans l’agriculture surtout en en ce
qui concerne les cultures de décrue qui apportent des revenus considérables pour
les riverains qui en pratiquent.

2.1.3 SOLS ET VEGETATION

Les sols de ce département sont dominés par des sols argilo-sableux de couleur
rouge appelés terre de barre. Dans la dépression de la Lama se rencontrent des
vertisols de couleur noire renfermant une forte teneur en argile (montmorillonites).
Ces argiles noires sont très gonflantes rendent la circulation difficile en temps de
pluies (le sol présente un aspect boueux et colle aux pieds). En saison sèche, lors de
l’amenuisement de la disponibilité en eaux, les argiles se rétractent donnant
naissance à des fentes de retrait plus ou moins grandes. Pendant cette période de
l’année le sol a un aspect fissuré résultant de la particularité des propriétés du type
d’argile qu’il contient. C’est un sol particulièrement riche qu’exploite la population
pour la production des cultures vivrières surtout le maïs qui est une des cultures les
plus pratiquées avec 111896 hectares emblavés et 104868 tonnes récoltée en 1985
(Dissou, 1986).

Les vallées fluviales et lacustres, présentent des sols hydromorphes. Pendant la


saison des pluies, les eaux charrient des débris de matières organiques et minéraux
qui envahissent les sols. En saison sèche et pendant l’étiage, le retrait des eaux
laisse un dépôt d’alluvions très exploité par des riverains pour les cultures de
décrues comme le maïs, le manioc et les cultures maraîchères.

Le littoral présente des sols sableux anciens comme récents. Ces sols sont formés à
partir des quaternaires et sont le plus souvent utilisés pour la plantation de cocotiers.
Ce sont des sols peu évolués et relativement pauvres. La terre de barre constitue
l’essentiel du sol du plateau d’Allada. On en distingue deux sortes sur ce plateau:
• les sols rouges argileux. Ils sont peu répandus et présentent un pourcentage
élevé d’argile, ce qui rend le sol compact et impropre aux cultures pérennes. Ces
sols y sont peu répandus,

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
• les sols rouges argilo-sableux. Plus riche en sable, ce type de sol a une structure
favorable à la culture des palmiers à huile. Ces sols y sont répandus sur le
plateau d’Allada, c’est ce qui explique l’installation des plantations de palmiers à
huile sélectionnés sur ce plateau (palmeraie du Grand Hinvi, d’Abomey-Calavi)
qui concourt à la modification du paysage de ce département.

Le couvert végétal est fortement marqué par l’empreinte humaine. Ainsi on remarque
la disparition quasi-totale des forêts denses primaires de la région, qui ne sont
représentées que par quelques îlots de forêts reliques et certaines parties des forêts
classées du département. Ces forêts classées sont théoriquement au nombre de
cinq couvrant une superficie totale environ 21967 hectares (CARDER Atlantique :
Etat des forêts classées). Il s’agit en fait des forêts classées de la Lama, de Djigbé,
de Tozoun, de Ouèdo et de Pahou.

En dehors de ces aires protégées par les populations et par l’Etat, le paysage du
plateau d’Allada est fortement marqué par des plages de champs de cultures
annuelles intercalées par des peuplements de palmier à huile (Elaeis guineensis) de
densité variable associés à des espèces arbustives diverses. Ces peuplements
servant de jachères se présentent, soit sous forme de palmeraies traditionnelles
associées aux jachères arbustives, soit sous forme de palmeraie avec une jachère
herbacée, résultats de la dégradation des forêts primaires. Dissou (1986) avait
constaté ce phénomène quand il s’exprimait en ces termes : « L’association de la
palmeraie naturelle ou traditionnelle aux jachères arbustives comportant diverses
essences tient une place importante dans le couvert végétal du Bénin méridional.
Elle représente en effet, la forme de dégradation la plus couramment observée, des
forêts de départ, une dégradation essentiellement marquée par l’action de
l’homme ».

Dans les jachères arbustives, les palmiers sont souvent associés à des espèces
végétales comme Dialuim guineense, Psidum guajava, des lianes tels que Adenia
lobata et des herbacées tel que Panicum maximum, Andropogon gayanus var
bisquamaltus rendant touffue la végétation. Ces jachères auxquelles font recours les
paysans quand les parcelles exploitées deviennent pauvres sont sujettes aux
cultures répétées pendant plusieurs années. Toutefois, lors des défrichements les
palmiers sont respectés, élagués et laissés dans les champs.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Dans le cas où l’appauvrissement de ces sols se trouve à un stade avancé on voit


apparaître une graminée redoutable : l’Imperata cylindrica (chiendent). Au niveau de
la dépression de la Lama, on observe une forêt dense sèche où on rencontre des
essences forestières comme le Chlorophora excelsa (Iroko), le Ceiba pentendra
(fromager), le Lonchocarpus cynescens (Indigo) et L’Antiaris africana souvent utilisé
comme bois de coffrage. Dans cette zone où le sol est fortement riche en argiles
noires, le palmier à huile est presque inexistant.

Sur le littoral on observe des plantations de Cocos nucifera en dehors des forêts
marécageuses qui peuplent les bas-fonds.

Les vallées fluviales présentent des forêts galeries à Pterocarpus santalinoides,


Ceiba Pentendra, Daniellia oliveri, et Parkia biglobosa.

2.1.4 LE CLIMAT

Le climat est un facteur important dans la détermination du couvert végétal d’un


milieu. C’est donc une nécessité pour nous de connaître les éléments les plus
déterminants de ce climat que sont : les précipitations, la température, l’insolation et
l’hygrométrie de notre secteur d’étude.

Les données climatiques sont celles obtenues à la station météorologique de Niaouli.

2.1.4.1 Température

La figure 2 montre l’évolution des températures moyennes sur une période de 22


ans, de 1973 à 1992.La moyenne des maxima pour cette période est de 31.5 tandis
que celle des minima est de 22.3. La moyenne annuelle est de 29.9, les mois les
plus chauds de l’année sont février, mars et avril alors que juillet, août, septembre
sont les mois les plus frais.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Dégré °c
40
35
30
25 Maxi
20 Moy
15 Mini
10
5
0
J F M A M J J A S O N D Mois

Figure 2 : Evolution des températures moyennes la station de Niaouli (1973-1992).

2.1.4.2 Humidité relative

Elle provient de plusieurs sources, de l’évaporation de l’eau tellurique, des nappes


d’eau et des vents humides. Elle joue un rôle atténuateur du déficit hydrique. Il y a
une liaison directe entre le déficit de saturation et la nature des formations végétales.
La figure 3 indique les variations mensuelles sur une période de 22 ans de (1973 –
1992).
Les moyennes mensuelles sont très élevées en saison des pluies (juin, juillet,
septembre) et avoisinent 88%. Les valeurs faibles s’observent au mois de janvier
avec une humidité relative de 76%. L’humidité peut varier dans le département à
cause de la présence des îlots forestiers qui créent un microclimat.
88
86
84
82
%

80
HR
78
76
74
72
Mois
70
68
J F M A M J J A S O N D

Figure3 : Evolution de l’humidité relative moyenne sur une période de 22 (station de Niaouli).

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

2.1.4.3. Insolation

La figure 4 montre l’évolution, des moyennes mensuelles de l’insolation la moyenne


mensuelle de la durée de l’insolation est de 83.8 à 193.4 heures. La valeur la plus
faible (140 heures) se situe au mois de juillet alors que la plus forte est 218 heures et
se situe au mois d’avril. Les mois les plus ensoleillés vont de novembre en janvier
tandis que les mois moins ensoleillés vont de juillet en septembre.

C’est un facteur essentiel pour la photosynthèse des plantes chlorophylliennes. Ces


valeurs suffisamment élevées ne constituent pas un facteur limitant pour la
végétation comme l’a fait remarquer SOKPON en 1995.

200

180

160
Heures

140

120 Temps…
100

80

60
Mois
40

20

0
J F M A M J J A S O N D

Figure 4 : Durée de l’insolation mensuelle à Niaouli.

2.1.4.4 Evapotranspiration potentielle (ETP)

L’évapotranspiration potentielle est la perte d’eau par une surface couverte des
végétaux. Selon FRANQUIN (1969), l’ETP permet de déterminer en lieu et pour une
période donnée, un bilan hydrique théorique où les caractéristiques du sol
n’interviennent pas. L’intérêt de l’étude de l’ETP réside dans l’estimation théorique
des besoins en eau de la plante. La figure 5 représente l’évolution de l’ETP au cours
de l’année. La moyenne est de133.15mm avec un écart type de12.93 mm.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

180
160
140
120
mm

100 E TP
80
60
40
20
0
M o is
J F M A M J J A S O N D

Figure 5 : Evolution interannuelle de l’évapotranspiration potentielle station de Niaouli.

2.1.4.5 Pluviométrie

La figure 6 montre la variation de la pluviométrie moyenne mensuelle interannuelle


de l’Atlantique (station de Niaouli). La hauteur des pluies calculée sur une période de
20 ans (1973 –1992) est de 1100 avec un écart - type de 246 mm. La plus faible
pluviométrie a été enregistrée en 1973 avec une hauteur moyenne de 349.8 mm
tandis que la plus forte (1465.6 mm) est enregistrée en 1980.

La pluie est un facteur écologique primordial en zone tropicale, et c’est l’élément de


différenciation climatique le plus marquant (CTFT 1989). Selon AKOUEGNINOU
(1984), l’intérêt de la répartition des pluies dans l’année réside dans la connaissance
de la période humide favorable à la végétation mais surtout de la période sèche au
cours de laquelle les plantes sont soumises à des conditions de vie extrêmement
difficiles qui menacent leur existence. ADJANONHOUN (1964) cité par SOKPON
(1995), mentionne que les facteurs climatiques quels qu’ils soient pris isolement, ne
suffisent pas pour caractériser les divers climats locaux et ne permettent pas non
plus de comprendre les caractères changeants de la végétation pour la définition des
périodes humides dans l’année. Les méthodes les plus performantes combinent la
pluviométrie à la température (diagramme climatique de WALTER et LEITH, 1964)
ou mieux à l’évapotranspiration potentielle (diagramme climatique de FRANQUIN,
1969, 1973). Il définit la période sèche par les mois où la pluviométrie est inférieure
ou égale à la moitié de l’ETP.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

mm
250

200

150 Pluies
ETP
100 ETP/2

50

0
J F M A M J J A S O N D
Mois

Figure 6 : Diagramme climatique de Niaouli FRANQUIN (1973)

Comme le montre la figure 6 le département jouit d’un climat subéquatorial avec


deux saisons sèches :
• une grande saison pluvieuse allant de mars à juillet ;
• une petite saison sèche au mois d’août ;
• une petite saison pluvieuse allant de septembre à novembre ;
• une grande saison sèche allant de décembre à mars.

2.1.4.6 Les vents

Les vents sont la manifestation du déplacement de l’air atmosphérique. Ils modifient


le régime normal des pluies par rapport à l’air sec ou humide et les climats locaux
(vents frais). Violents, ils provoquent des chablis, engendrant ainsi des trouées
forestières qui sont considérées comme le point de départ de la sylvigenèse
(OLDMAN, 1974) cité par SOKPON (1995). Les vents secs provoquent une
transpiration excessive des feuilles et des organes tendres, ainsi qu’une dessiccation
du sol.

Les vents en général jouent un rôle prépondérant dans la dissémination des


diaspores de certaines espèces et sont de ce fait un facteur important dans la
régénération naturelle des forêts (SOKPON, 1995).

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

2.2 ENVIRONNEMENT HUMAIN

2.2.1 CARACTERISTIQUES GENERALES DE LA POPULATION

La région qui fait l’objet de cette étude est peuplée de diverses ethnies possédant
chacune une civilisation caractéristique. Les principaux groupes ethniques
rencontrés sont les « Aïzo (41%) (CARDER Atlantique : Plan de campagne 1993-
1994,) les « fon » (31%). On retrouve aussi des groupes minoritaires comme les
«Toffin », les «Adja», les« Plah», les «Pedah», les «Yoruba», et les «Haoussa ».
Tous ces groupes concourent au peuplement du département qui compte aujourd’hui
environ 900.373 habitants engendrant une forte densité de l’ordre de 322 habitants
au kilomètre carré (INSAE 1993, 2è Recensement général de la population). Le
nombre total des actifs agricoles est estimé en 1993 à 185.364 individus dont
102.612 femmes et 82.752 hommes. C’est cette marée humaine qui, dans ses
rapports quotidiens avec la nature, modifie pour le meilleur ou pour le pire le couvert
végétal de cette région.

Cette réalité avait été bien perçue par PENN (1975) quand il soutenait que l’homme
est le seul animal qui possède la capacité de modifier l’environnement pour le
meilleur et pour le pire. Un regard rétrospectif sur l’histoire du peuplement de ce
département côtier du Bénin montre que la
région était peuplée par les «Aïzo» dans la partie Nord du plateau d’Allada; un peu
plus au centre, on rencontrait les «Tori». La provenance de ces groupes ethniques
n’est pas encore connue, mais on sait qu’ils existaient sur le plateau avant l’arrivée
d’autres groupes venus de Tado (une localité de la République Togolaise) vers le
16ème siècle (Adandédjan, 1986).

2.2.2 REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES GROUPES ETHNIQUES

Les «Aïzo», un des groupes humains les plus anciens, se rencontrent presque
partout sur le plateau d’Allada mais ils sont beaucoup plus concentrés dans la
partie Nord de ce plateau. En effet, constitués en communautés essentiellement
consacrées à l’agriculture, les «Aïzo» se rencontrent surtout dans des localités

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
comme Ahouanonzoun, Koundokpoé, Dawé, Domè, Tanto, Zè, Dodji-Bata, Dodji-
Ouankon, Agbanou, Ayou, Sèdjèdénou etc…

Les «Tori», communautés agricoles,sont localisés dans l’actuelle commune de Tori-


Bossito. Leur fief est constitué des localités comme Tori-Bossito, Azohouè-Cada,
Azohouè-Aliho, Tori-Gare, etc… De ces localités situées immédiatement au Sud de
la ville d’Allada, sont partis des groupes qui ont colonisé presque toutes les terres
agricoles de cette région.

Les localités abritant les «Fon» sont un peu dispersées dans l’espace. En effet,
Allada se situe sur le plateau entre la zone des «Aïzo» et celle des «Tori», un peu
plus au Sud-Ouest, alors que Ouidah et Abomey-Calavi sont localisés
respectivement au Sud-Ouest du plateau (donc au Sud de «Tori») et Sud-Est de ce
même plateau à quelque distance au Nord de Cotonou. En dehors de ces localités
on en rencontre le long de l’axe Abomey-Ouidah où les rois avaient installé des
postes de péage après avoir vaincu les royaumes d’Allada et de Ouidah.

En dehors des «Aïzo» des «Tori» et des «Fon», on dénote des pêcheurs, les
«Toffin» à Godomey, en bordure du lac Nokoué. C’est probablement de cette région
que sont partis les «Toffin» pour coloniser le bas delta de l’Ouémé dans la zone
lacustre de Sô-Ava. Mentionnons que des minorités ethniques comme les
«Haoussa» et les «Yoruba» se rencontrent dans les centres commerciaux de Ouidah
et Ahouanonzoun. Ce sont de véritables commerçants comme leurs homologues de
Cotonou.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
.

Chapitre 3

REVUE DE LITTERATURE

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
D’importantes investigations ont été faites sur les forêts sacrées au Bénin et dans la
sous région. Ce chapitre nous permettra de passer en revue les points saillants de
ces investigations.

3.1 REVUE DE LITTERATURE

Depuis la deuxième moitié du XIXème siècle, les lieux de culte vodun situés dans le
Sud du Bénin en Afrique occidentale ont connu de nombreuses perturbations, suite
de destructions - reconstructions dont nous tenterons d'analyser les processus et les
enjeux qui en ont découlé.

Cette région, connue à l'époque précoloniale sous le nom de Côte des Esclaves,
regroupe des populations appartenant à une même aire culturelle dénommée Aja-
Fon, pratiquant le culte des vodun. La plupart des peuples dont il sera question sont
originaires d'Oyo, cité Yoruba du Nigeria. Ils se sont progressivement mis en place à
partir du XV siècle jusqu'à la fin du XIX siècle. Il s'agit notamment des «Ayizo», des
«Xweda», des «Fon», des «Gun» et des «Yoruba». Les récits de migrations relatent
l'émergence de différents royaumes: celui de Ouidah avec à sa tête un roi Xweda et,
dès 1600, le royaume d'Allada, berceau des dynasties gun du royaume de Porto
Novo et fon du royaume du Dahomey.

Les principaux lieux de culte sont représentés par des arbres, des forêts, des
sources ou des pierres qui abritent les divinités ou vodun de cette religion. Ces lieux
sacralisés sont donc respectés et protégés par un certain nombre d'interdits. Chaque
divinité a ses attributs qui permettent à tous de les identifier. L'histoire ou l'origine
des sites sacrés renvoie à la constitution du panthéon vodun qui se révèle être d'une
grande complexité par la diversité des divinités et les interférences qui opèrent entre
elles. Cette diversité est liée à l'histoire des individus comme à celle des sociétés. En
simplifiant, nous parlerons des vodun émanant de la cosmogonie des populations de
la région. Mahu et Lissa, divinités fondatrices du monde, le vodun Sakpata qui
représente la terre, le vodun Hèvioso qui se manifeste par la foudre, Dan, le serpent
qui lie la terre au ciel, symbole de fécondité est invoqué en cas de sécheresse. Ce
dernier est aussi associé au lignage royal des «Xweda».

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
A côté de ces vodun issus de la cosmogonie, figurent un grand nombre de divinités
en relation avec des événements historiques ou la manifestation de phénomènes
interprétés comme surnaturels. Ainsi, chaque lignage a ses propres divinités, dont
l’ancêtre fondateur mythique ou déifié. Ces fétiches peuvent acquérir une renommée
et un pouvoir en dehors du lignage d'origine selon leur histoire ou leur rôle social.
Dan a été adopté par le lignage royal du Dahomey et des vodun de ce lignage se
sont diffusés dans l'ensemble du royaume, au fur et à mesure des conquêtes. Le
contrôle politique du territoire passait par le contrôle religieux. Les vodun participent
aux stratégies de domination et d'alliances entre lignages et populations. Ils ont à la
fois une connotation identitaire et politique qui dépasse la simple unité familiale.
Chaque village a sa divinité tutélaire, liée aux circonstances de la fondation ou
simplement installée par les premiers occupants. Parmi les dynamiques sociales
créatrices de sites sacrés, il ne faut pas oublier de mentionner les migrations de
populations. En effet, les vodun, sous la forme de leur représentation matérielle,
suivent les hommes dans leurs déplacements.

Les migrants emportent avec eux les divinités tutélaires qui seront réinstallées et
participeront par cet acte à la fondation des nouveaux établissements et à la
reproduction de l'identité du groupe. La création, par des segments de lignages, de
nouveaux établissements villageois s'accompagnent toujours de l'installation de la
représentation matérielle de l'ancêtre fondateur du lignage dont une partie a été
prélevée sur la représentation originelle en vue de sa réinstallation sur
l'emplacement du nouvel habitat. Les ancêtres fondateurs sont considérés comme
des vodun particuliers à des familles, appelés Toxwyo. Ils sont généralement
matérialisés par un arbre, souvent un lokotin, Milicia excelsa, parfois planté mais
souvent spontané et qui porte un nom propre. Les hommes emportent les Toxwyo
dans leurs déplacements ce qui est à l'origine de la fondation de nouveaux lieux de
cultes.

L'histoire des relations entre les royaumes et les chefferies de l'aire Aja-Tado s'est
traduite plus souvent par la création de nouveaux sites sacrés que par leurs
destructions. Ainsi, certains bois sacrés ont pour origine la sacralisation de "lieux
historiques" : palais royaux abandonnés au cours d'épisodes guerriers, anciens sites
d'habitats respectés car un culte aux mânes des ancêtres continue à y être rendu.

En effet, traditionnellement, les défunts étaient enterrés dans leur habitation. De

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

même, certains arbres acquièrent leur sacralité en relation avec un événement


historique; l'arbre sert à matérialiser un lieu qui devient par la suite lieu de mémoire
et d'identité communautaire. Ces sites sont certes chargés d'histoire, mais ils sont
aussi parfois emblématiques d'une indépendance politique perdue.

Les sources historiques contiennent de nombreux exemples de sacralisation de lieux


reflétant les capacités d'adaptation, de diffusion et de syncrétisme de ces sociétés.
Elles nous apprennent que la création de lieux sacrés est continue à travers le temps
et qu'elle peut avoir des fondements divers. Aujourd'hui encore des arbres sont
sacralisés, ces lieux sont alors protégés ce qui permet à la végétation forestière de
se développer favorisée par les conditions climatiques actuelles dans cette région.

Cependant, ces lieux de culte, depuis l'arrivée des Européens sur cette côte au
XVème, ont connu de profondes perturbations liées en premier lieu à la diffusion du
christianisme dans cette région. Cette «nouvelle religion» représente un des
premiers facteurs de déstabilisation des cultes vodun. Dès leur arrivée dans les
années 1860, certains missionnaires s'opposèrent violemment à la religion vodun et
à ceux qui la pratiquaient, en osant notamment profaner des lieux de culte; un certain
nombre de récits relatent ces événements. Certains prêtres célébrèrent des offices
dans des forêts sacrées pour démontrer à la population la puissance supérieure de
leur Dieu unique. Les missionnaires ont souvent choisi d'implanter leurs
établissements en fonction des lieux de cultes vodun. C'est ainsi qu'en 1860, la
mission catholique de Porto Novo fut construite en partie sur la forêt défrichée de la
divinité Shango, malgré l'opposition des autorités religieuses vodun. Le père
Borghéro, fondateur de la mission, fait état dans ses récits de ses relations
conflictuelles avec les prêtres vodun. Ceci montre l'importance de l'enjeu pour les
missionnaires qui réussirent à se concilier les autorités politiques contre les autorités
religieuses vodun. Vingt ans après l'installation de la mission, le lieu de culte a
finalement été déplacé, comme le rapporte le père Baudin, dans ses écrits :
« A Porto Novo, près de la mission, se trouve un lieu célèbre par une de ses
descentes de Chango. Il y avait là pendant de longues années un temple et un
collège de féticheurs et féticheuses. Depuis quelque temps, le temple est désert, un
seul féticheur en prend soin; le collège a été transporté ailleurs, gêné par notre
voisinage. » (Baudin, 1884)

Cet aspect de la diffusion du christianisme en Afrique n'a pas encore été étudié bien

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
que de nombreux travaux se soient intéressés à cette question.

Après la conquête coloniale (1894), les politiques menées par les administrateurs
contribuèrent elles aussi à la déstructuration du tissu social et de l’espace.

En effet, pour développer les cultures de rente - maïs, arachide et coton -, le


gouvernement colonial a encouragé les défrichements culturaux au dépends des
zones forestières. Parmi celles-ci, un certain nombre de bois sacrés ont été sacrifiés
au développement du marché agricole. Une station d’essais agricoles fut implantée a
Niaouli où se trouvaient au moins deux forêts sacrées dont l’une était en relation
avec une source, Ava. A Porto-Novo, ce qui restait de la forêt sacrée empiétée par
les missionnaires en 1860, fut transformé en 1895 en station d’essais agricoles par
l’administration coloniale. Le site est aujourd’hui occupé par le Jardin des plantes et
de la Nature. Seuls quelques grands arbres témoignent encore de l'existence de ce
site. La mémoire du lieu est conservée, mais les pratiques qui lui étaient associées
ont par contre cessées et sont tombées dans l'oubli.

Des botanistes comme Chevalier (1933) et Aubréville (1937) se sont alarmé devant
l'accélération des défrichements et ont tenté d'alerter les autorités coloniales. En
1933, Chevalier, dans une communication à la Société de Biogéographie sur les
bois sacrés, les qualifie de sanctuaires de la nature; il termina son exposé en
expliquant que « malheureusement, à notre contact, le primitif renonce à ses
croyances, les bois sacrés disparaissaient. Presque tous ceux du Bas - Dahomey
qui entouraient des sources maintenant éteintes ou appauvries ont disparu depuis
20 ou 30 ans … » Chevalier s’est montré pessimiste, les bois sacrés du Sud de ce
pays sont loin d’avoir tous été défrichés. Il n’en demeure pas moins que les relations
avec les Européens et plus particulièrement les missionnaires ont certainement été
déterminantes dans la désacralisation de nombreux sites sacrés.

Toutes ces offenses restées sans suite ont contribué à déstabiliser les responsables
des cultes vodun, à déséquilibrer les relations que les hommes entretenaient avec
leurs divinités et leur environnement, ce qui entraîna la désacralisation et la
destruction de nombreux sites. Aujourd'hui, lorsque l'on veut abattre un arbre sacré
ou défricher une forêt vodun, il suffit de transférer la ou les divinités dans une
nouvelle maison construite à cette intention. Notons que dans bien des cas, ces
destructions suivies de déplacements sont justifiées par la construction d'un édifice

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
public (maternité, complexe scolaire, route ...). A titre individuel cette fois, certains
agriculteurs christianisés continuent à abattre des arbres sacrés implantés dans leur
champ. Ils ne craignent pas ou plus les vodun y résidant et ne pensent qu'à gagner
des terres cultivables qui font défaut dans cette région densément peuplée et
intensivement exploitée (les jachères n'existent pratiquement plus).

Avec la décolonisation, on aurait pu s'attendre à un regain d'intérêt pour les cultes


Vodun. Si tel fut peut- être le cas dans les années qui suivirent l’indépendance, les
lieux de cultes Vodun ont encore subi au Bénin les attaques des nouvelles autorités
politiques, particulièrement de 1977 à 1980, sous le gouvernement de la République
Populaire du Bénin, d’obédience marxiste- léniniste. Ce régime politique a
violemment lutté contre les "pratiques obscurantistes″ des religions dites
"traditionnelles ou animistes″, provoquant encore la destruction de nombreux sites.
Le processus de destruction engagé cent ans auparavant s'est à nouveau intensifié.
Les responsables religieux furent contraints de cesser d'exercer leurs pratiques.

A partir des années 1980, devant la dégradation de la situation économique et celle


croissante de l'environnement (terres surexploitées, défrichements intensifs, érosion
des sols), les populations se tournèrent à nouveau vers les pratiques religieuses
vodun. Ceci eut pour conséquence la réactivation des pratiques religieuses
traditionnelles ; un certain nombre de lieux furent "reconstruits", réaménagés. C'est
ainsi que l'on peut observer la formation récente de certains bois sacrés qui ont pour
le moment l'apparence de fourrés, comme celui consacré au vodun Oro non loin de
Sèjè mais dont la vitalité est certaine. Cette forêt consacrée au vodun Oro, défrichée
suite à la politique menée à partir de 1977, a donc été reconstituée vers 1986 non
loin du site initial; il y a donc eu destruction, réactivation de pratiques et
reconstruction d'un lieu de culte avec un déplacement par rapport au site originel.
Des lieux de cultes sont réaménagés et les arbres morts ou abattus sont parfois
remplacés. A Lissèzun, près d'Abomey, la réhabilitation d'un lieu de culte dédié à
Yahèsè, un guerrier vaincu par le roi du Dahomey, a été décidé par les villageois en
juillet 1991. Ces initiatives de réactivations des sites sacrés sont le fait des
habitants eux-mêmes, sans interventions extérieures, mais en relation avec la
diminution de la tension entre le pouvoir politique et les autorités religieuses vodun.

Simultanément à ces initiatives des habitants et communautés locales, des

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
scientifiques commencèrent à s'intéresser aux bois sacrés car ils représentaient pour
eux des conservatoires de la biodiversité. En 1985, au cours d'un colloque
international qui s'est tenu à Cotonou, un botaniste béninois fait une communication
sur les bois sacrés qu'il considère comme les "conservatoires" de la diversité
génétique de la flore et de la pédofaune forestière ...

Entre 1980 et 1990, la situation au Bénin est donc devenue plus favorable à la
conservation de ces îlots forestiers, même si l'on assiste encore à des défrichements
de bois sacrés et à l'abattage d'arbres vodun.

Les arbres et les forêts sacrés semblent à nouveau protégés non seulement par
l'influence renouvelée des cultes vodun mais aussi par les actions des institutions en
faveur de la protection de l'environnement et d'une gestion durable des ressources.
En 1989 eut lieu la « conférence des forces vives de la nation » qui déposa l'ancien
régime et instaura le renouveau démocratique. Les travaux des forestiers, des
botanistes et des agronomes se poursuivent et aboutissent à la réalisation d'un
inventaire national de ces formations (Sokpon, Agbo et Sodégla, 1992), premier pas
pour la reconnaissance au niveau de l'état de ce patrimoine à la fois naturel et
culturel. Les scientifiques, en accord avec les autorités religieuses traditionnelles, qui
retrouvent alors toute leur importance sur la scène politique et sociale, ont réussi à
convaincre les autorités politiques de l'importance de leur conservation et de leur
protection.

Kokou (2002) a effectué l’analyse des spectres biologique et biogéographique de la


flore des forêts sacrées du sud Togo (en cours pour le Nord-Togo, le Bénin et le
Burkina Faso). Ces travaux montrent que malgré leur protection par les interdits
religieux, la pression exercée par les populations riveraines y est très forte. Dans
bien des cas, leur structure verticale est complètement perturbée ; les grands arbres
sont coupés provoquant ainsi une descente de cime. Le sous-bois s’embroussaille et
devient impénétrable. Certaines forêts ont même été totalement défrichées. De plus,
le pourcentage de flore exotique qui envahit ces îlots forestiers est relativement
élevé. En termes de densité, la flore exotique supplante la flore locale dans certaines
forêts, notamment celles qui jouxtent les habitations (Kokou et al.1999b).

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les conséquences de la destruction complète de forêts sacrées se traduisent par
une perte importante de la biodiversité. Par exemple, c’est dans la forêt sacrée de
Tchékpo Dévé aujourd’hui disparue que Sphenocentrum jollyanum, une
Ménispermaceae arbustive jamais signalée dans la flore du Togo a été récoltée pour
la première fois (Kokou, 1999). Pancovia sessiliflora récolté dans la partie femelle de
la forêt Anagali a disparu avec celle-ci. Les prospections au Togo n’ont pas encore
permis pour le moment de les localiser ailleurs.

En somme, La diffusion du christianisme à partir de la 2e moitié du XIX e


siècle
entraîne des mutations sociales par les conversions de plus en plus nombreuses,
l’abandon ou l’adaptation des pratiques et des rites religieux, le manque de respect
des règles qui régissent les sites sacrés. En effet, dès leur arrivée, les missionnaires
chrétiens rivalisent systématiquement avec les prêtres des religions locales, à la fois
dans leur prêches et dans l’implantation des églises qui bien souvent jouxtent des
bois sacrés, dans le but non dissimulé de s’y substituer. Ce processus s’accélère
encore avec la diffusion notamment des nouvelles religions issues du christianisme
et dans une moindre mesure de l’islam.

Autre facteur de déstabilisation, l’exploitation agricole coloniale est marquée par un


accroissement considérable des défrichements aux dépens des zones forestières
pour développer une économie de plantations et de cultures de rentes. Enfin, le
classement de zones de forêts par l’administration coloniale provoque le
déguerpissement des habitants et l’abandon de nombre de lieux de culte (Juhé-
Beaulaton et al. 2002).

Après les indépendances des années 1960, les nouveaux Etats poursuivent la même
politique d’exploitation et de protection en conservant le même cadre administratif.
De plus, la densité démographique croissante a en corollaire une pression de plus en
plus forte sur l’environnement (besoin de terres cultivées et de bois énergie).

Si au Togo, l’Etat a appuyé son pouvoir sur le contrôle des chefs politiques locaux en
leur accordant notamment une rente, au Bénin, les relations de l’Etat et des autorités
politico-religieuses locales se sont particulièrement tendues à partir de 1975, sous le
régime marxiste-léniniste de l’ex-Président de la République du Bénin. La lutte contre
les pratiques « obscurantistes de sorcellerie » entraîne la destruction de nombreux
sites (arbres et bois sacrés abattus).

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
La situation évolue à partir des années 1980, quand les scientifiques commencent à
s’intéresser aux bois sacrés considérés comme les conservatoires de la biodiversité
(Mama, 1985 Guinko, 1985 ; Sokpon et al. 1998). C’est dans ce contexte que nous
nous proposons d’étudier la dynamique de ces forêts par le thème : Contribution à
l’étude de la dynamique des forêts sacrées dans le département de l’Atlantique.

Nombreux sont les scientifiques qui se sont intéressés à ces forêts sacrées pour en
étudier la dynamique. Tous ces travaux jusqu’à nos jours ont abordé la dynamique
sous son aspect écologique et botanique. La combinaison des données de la
télédétection avec les indices de la végétation pour caractériser les types de savane
a été tentée par Anderson et al (1976) et Natta (2000). Cette méthodologie est
utilisée par Mama et al (2005) et a abouti à des résultats concluants. La particularité
de notre travail réside en l’utilisation de la télédétection pour voir l’évolution précise
des périmètres de ces formations en fonction du temps donc il est questions de
réaliser l’étude diachronique des forêts à partir des images aérospatiales. Il est utilisé
dans ce travail ; pour chaque forêt sacrée, trois photographies de différentes
dates de dix ans d’intervalles; lesquelles images ont permis d’avoir des informations
comparatives sur l’occupation du sol de ces forêts à ces trois dates. Ces informations
sont complétées par une étude écologique.

3.2 OPERATIONNALISATION DES CONCEPTS

Pour mieux comprendre nos intentions il s’avère indispensable de préciser ici la


signification des termes clés du sujet de l’étude. Ainsi nous tâcherons d’indiquer le
contenu des mots “forêt”, “gestion” et des expressions “forêts sacrées” et “ressources
forestières”.

Forêt : Ensemble constitué par les végétaux et les animaux grands et petits
vivant sur un sol donné, le tout constituant un écosystème ouvert c’est-
à-dire procédant à des échanges avec le milieu environnant.

Forêt sacrée: (Forêt relique) : Nous appelons forêt sacrée toute forêt crainte ou
abritant une divinité (quelles que soient sa nature et sa fonction)
adorée par la population.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Gestion : Elle doit être perçue comme un ensemble constitué des règles d’accès
aux forêts, des méthodes d’usage en vigueur pour les différentes
utilisations faites des biens et services fournis par les forêts sacrées.

Ressources
Forestières : C’est l’agrégat constitué par le sol, les cours d’eau, les végétaux
et les animaux composant la forêt.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
.

Chapitre 4

METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Elle porte sur le choix de la zone d’étude, des forêts et des personnes enquêtées; la
collecte des données, le matériel utilisé puis sur le traitement des photos et des
données d’inventaire

4.1 LE CHOIX DE LA ZONE D’ETUDE

Le choix du département de l’Atlantique se justifie pour plusieurs raisons :


• Cette région de la République du Bénin a une forte densité humaine de l’ordre de
322 habitants par km2 (INSAE, 1993) ce qui prédispose le paysage à une forte
action humaine préjudiciable à la conservation des ressources naturelles.
• Les multiples rapports de cette population côtière avec la nature ont engendré un
taux de déforestation d’environ 2,1% (pour l’Afrique de l’Ouest côtière) alors que
ce taux n’est que de 0,2% en Papouasie, Nouvelle-Guinée (Lanly 1992). C’est là
encore une raison importante qui a orienté notre étude vers cette région du
Bénin.
• En outre ce département avait subi et continue de subir une forte influence du
“vodoun” qui est à l’origine des forêts reliques qui font l’objet de cette étude
(surtout dans les zones de Ouidah, Allada et Abomey-Calavi).

4.2 LE CHOIX DES FORETS

Les forêts sur lesquelles porte notre étude sont choisies selon un seul critère. C’est
celui de la superficie de la forêt qui doit avoir au moins 10 ha compte tenu de la
résolution spatiale des images dont nous disposons pour notre travail et compte tenu
du format d’impression (A4) qui est le format de présentation du rapport de ce
travail. Les formations végétales de petites tailles seraient pratiquement comme des
points sur ces images, donc difficiles à manipuler.

En effet si l’échelle des photos est de 1/20.000, l’échelle d’impression au format A4


serait très petite car 1cm sur la carte équivaut à 200km sur le terrain. Si c’était des
photographies aériennes de haute résolution que nous avons à notre portée, ce
critère de taille devrait être traité autrement. Le tableau suivant montre les forêts
sacrées choisies. Au total six (06) forêts sont ainsi retenues pour une étude
minutieuse.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Ce tableau est construit à partir du rapport de l’inventaire des forêts sacrées de Agbo
et Sokpon dans lequel les forêts sacrées répertoriées y sont avec leur superficie
qu’ils ont trouvée à partir des interviews et témoignages.

Tableau 1 : Liste des forêts sacrées recensées et leurs caractéristiques

CARACTERISTI SUPERFICI ESSENCES


ARRONDIS NOMS DES
COMMUNES VILLAGES QUES DU E ESTIMEE CARACTERI
-SEMENTS FORETS
SACRE (HA) STIQUES

Celtis
mildbraed
Agbano Agbanou Fétiche
Allada u Centre
Hêkpazoun
Hêkpa
25 eii
Cola
millenii
Manilkara
Avogbézoun Fétiche 10 multinervi
s,
Mollugo
Sindomè Cimetière 10
Sô-Ava Lokpo Lokpo nudicaulis
Dialium
guineese,
Ahouansêzoun Fétiche 10
Albizia
zigia
Ceiba
pentandra
Domey- Fétiche Antiaris
Zê Dawé
sêko
Assanmeyzoun
assanmey
10
africana,
Panicum
maximum

Milicia
Kpomassè Sey Sey Centre Zounkidja Fétiche 10
excelcia

Source: AGBO et SOKPON (1998).

Il faut signaler que la forêt de Kpomassè comme l’a située le rapport de AGBO et
SOKPON (1998) n’a pas été retrouvée sur le terrain et d’après les investigations
aucune localité de Kpomassè ne se nomme Sey. On a dû finaliser notre travail avec
les cinq autres forêts reliques.

4.3 CHOIX DES PERSONNES ENQUETEES

L’enquête est réalisée à partir d’un questionnaire élaboré en conséquence par


rapport à chaque groupe d’acteurs ciblé au sein des villages concernés. Lesdits
villages sont ceux à qui appartiennent les forêts identifiées. L’enquête est menée
dans une approche non directive.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Le choix des personnes enquêtées s’est effectué selon les catégories


socioprofessionnelles et confessionnelles ci-après :
• les vieux et les chefs de village. Ils sont plus indiqués pour avoir des
informations sur l’histoire de la forêt, ses rapports avec les populations ;
• les adeptes et chefs cultes “vodoun” et Guérisseurs traditionnels. Nous avons
ici des personnes qui sont sensées mieux connaître les pratiques “vodoun”, les
rituelles, les interdits au niveau des forêts ;
• les agriculteurs. C’est un groupe ou une catégorie socioprofessionnelle qui
exerce une influence considérable sur les forêts naturelles à la recherche de
terres cultivables pour leur production agricole dans les zones rurales ;
• les menuisiers. Ils sont aussi directement concernés par la déforestation, en
raison de l’abattage des arbres dans les forêts pour des buts divers ;
• les pratiquants des nouvelles religions. Leurs appréciations des forêts
“vodoun” permet de déceler le degré de respect que suscitent les aires protégées
par le ‘’vodoun’’. Elles renseignent sur le niveau d’intégration des différentes
religions, toute chose pouvant compromettre ou améliorer le principe traditionnel
de protection des forêts ;
• Les femmes. Elles sont incontournables dans la gestion des ressources
forestières. Elles sont plus indiquées pour s’informer sur la recherche de bois du
feu, la cueillette des fruits.

Avec ce qui précède, il ne reste plus personne. Toutes les catégories sociales ont
été prises en compte

Deux personnes sont retenues pour chaque catégorie précitée. Il vient donc que 12
personnes sont enquêtées par forêt, ce qui nous donne un effectif de soixante
personnes pour les cinq (05) forêts étudiées. Ce nombre de personnes par catégorie
a été choisi pour éviter de recueillir des informations fausses ou biaisées qu’on
pourrait avoir si l’on choisissait une personne par catégorie. Un nombre plus élevé
serait difficile à manipuler compte tenu du temps et des moyens matériels dont nous
disposons. De plus certains villages dans lesquels se trouvent des forêts ne
disposent pas d’un grand nombre d’habitants pour permettre d’avoir un nombre élevé
d’enquêtés.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

4.4 LA COLLECTE DES DONNEES ET LE MATERIEL


UTILISE.

Pour collecter les données primaires relatives aux forêts sur le terrain, il est utilisé un
certain nombre de méthodes au nombre desquelles il y a la levée ou l’enregistrement
des coordonnées des forêts au GPS, un inventaire forestier, des interviews, des
discussions et causeries ; enfin des prises de vues (Photographie) des faits serviront
de preuves pour fixer le lecteur sur la réalité des forêts, et des diverses utilisations de
la faune et de la flore.

4.4.1 LE MATERIEL:

Pour la réalisation des travaux d’inventaire, les matériels suivants seront utilisés :
• deux GPS de marque Garmin 76S et C12Xl pour géo référencer les forêts et les
placettes dans le système d’information géographique ;
• un dendromètre clinomètre SUUNTO avec sa mire pour les mesures de hauteurs
des arbres : Hauteur au premier défaut (Hp), Hauteur fût (Hf) et Hauteur totale (Ht) ;
• un cordeau pour l’alignement des jalons et le piquetage ;
• un ruban type regulator π de mesure de diamètre (dbh à 1,30m du pied de l’arbre
au sol) à lecture directe et en centimètre ;
• un appareil photo de marque Nikon FM pour les prises de vue d’illustration ;
• une machette pour la réalisation des layons de circulation ;
• carte d’occupation du sol de 2007 de chacune des trois communes concernées
au 1/400000.

Données de base

• la carte topographique au 1/200 000 de Porto-Novo NC-31-XV ;


• la carte touristique au 1/600 000 publiée par IGN Bénin en collaboration avec
IGN France en 1992 ;
• les Photos aériennes noir /blanc et couleurs au 1/20 000, missions IAP, HLB
1982 et MAPSGEO System 2007 au 1/20 000 qui ont été scannées et
redressées avec le logiciel Erdas Imaging 8.2 puis montées en mosaïque pour
l’interprétation.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

__ Logiciel de traitement

• Arc View 3.2


• Erdas Imaging 8.2

4.4.2 METHODE :

Sur le terrain, le travail se déroulera en trois grandes étapes :


• Le remplissage des questionnaires d’enquête ;
• La levée des coordonnées géographiques de chaque forêt à l’aide du GPS par
mode traking ;
• Inventaire de chaque forêt. Au total 2 placettes rectangulaires de 50 m x 10 m
sont installées par forêt. Dans chaque échantillon, il a été collecté les données
suivantes :
− le type de formation végétale et sa localisation ;
− les données relatives à la topographie (type de relief, l’érosion, type du sol) ;
− les coordonnées du centre de la placette ;
− description sommaire du site échantillonné (formation forestière, actions
anthropiques, indices de présence de faune…) ;
− données relatives aux arbres (essences présentes et leur nombre, hauteur
des arbres et leur diamètre).

4.5 DEROULEMENT DU TRAVAIL AU LABORATOIRE

4.5.1 PHASE DE TRAITEMENT DES DONNEES D’INVENTAIRE

Toutes les fiches de données ramenées du terrain ont été stockées dans des fichiers
spécifiques Excel. Les résultats calculés sont par essences et par forêt. Ces résultats
concernent :
• le nombre d’arbres à l’hectare (N/ha)
• la surface terrière à l’hectare (G/ha)
• la hauteur totale moyenne (Htm)
• le diamètre moyen (Dm)

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

La surface terrière à l’hectare G/ha, exprimée en m2, est la somme des sections des
ligneux de dbh ≤ 10 cm par placette ramenée à l’hectare. Elle est déterminée par la
formule Gi = πDi2/4 avec Di = diamètre de l’arbre i (dbh) et Gi la surface terrière
élémentaire, G = ∑Gi x 10 de i à n avec G (surface terrière) en m2/ha.
ISH (indice de Shannon)= - Σ ((Ni / N) * log2 (Ni / N)), Ni : nombre d'individus d'une
espèce donnée, i allant de 1 à S (nombre total d’espèces). N : nombre total
d'individus.

ISH est minimal (= 0) si tous les individus du peuplement appartiennent à une seule
et même espèce, H est également minimale si, dans un peuplement, chaque espèce
est représentée par un seul individu, excepté une espèce qui est représentée par
tous les autres individus du peuplement. L’indice est maximal quand tous les
individus sont répartis d’une façon égale sur toutes les espèces (Frontier, 1983).

4.5.2 PHASE DE TRAITEMENT DES PHOTOS

La particularité de ce sujet qui s’est surtout penché sur l’aspect quantitatif nous a
amené à utiliser les images aérospatiales à faible résolution du département de
l’Atlantique pour la réalisation des cartes thématiques. Ces images sont de trois (3)
dates: 1982-1994-2007. Ces images vont permettre l’étude diachronique.

4.5.2 1 INTERPRETATION

L'échelle de production de la mosaïque photographique est de 1/50 000 ; mais


compte tenu de l'échelle initiale des photos (1/20.000) et pour des raisons
d'efficacité, l'échelle d'interprétation est fixée à 1/5 000 afin de ne pas minimiser des
informations mais d'en tirer plutôt le maximum.

L'interprétation proprement dite a été réalisée directement à l'écran à partir du


logiciel de cartographie, Arc View 3.2. Elle s'est faite de manière méthodique, de
proche en proche, formation par formation en respectant la clé et les critères
d'interprétation. Les informations ainsi tirées de ces mosaïques redressées
actualisent et complètent celles tirées des cartes topographiques.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Ces informations conduisent à la réalisation de la carte d’occupation qu'on peut


constater physiquement sur le terrain. Cependant, il faut reconnaître que des erreurs
d'appréciation ou d'inscription peuvent se glisser dans cette interprétation et porter
des préjudices aux résultats. C'est pourquoi des contrôles ont été effectués sur le
terrain pour corriger des imperfections éventuelles.

4.5.3 CONTROLE TERRAIN

Généralement le contrôle terrain constitue une phase importante dans l’élaboration


de la carte d’occupation du sol. Elle vise à aller se rendre compte des différentes
unités d’occupations identifiées à partir de la clé d’interprétations et à faire les
corrections qui s’imposent.

Au total, le travail au laboratoire a consisté après avoir scanné et redressé avec le


logiciel Erdas Imaging 8.2 puis monté en mosaïque pour l’interprétation des photos
se retrouvant sous fichier papier, à :
• Projeter ces coordonnées géographiques afin de localiser ces forêts sur les
images dans un ensemble de formations végétales ;
• Comparer l’étendue de chacune des forêts par rapport à trois images de
différentes dattes, ce qui va permettre de se rendre compte de l’évolution de ces
forêts ;
• Produire des cartes d’occupation du sol des forêts à différentes dates par
l’interprétation et procéder à leur analyse;

Traiter les données d’inventaire floristique et forestier pour la description des


différents groupes végétaux (la diversité floristique, la distribution d’abondance
spécifique des peuplements, la surface terrière).

4.5.4 LES INTERVIEWS

Des interviews individuels et de groupes sont réalisés. Les interviews de groupes ont
beaucoup servi au cours de la phase exploratoire où il était question d’identifier les
différentes forêts reliques et de les localiser. Des interviews et entretiens individuels
ont permis surtout de recueillir des informations détaillées sur la gestion, les forces et
les faiblesses des forêts “vodoun”. A ce sujet, il est utilisé un questionnaire ayant

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
servi de guide d’entretien. Ce guide nous a permis d’aborder les mêmes sujets
partout, ce qui a facilité la comparaison des résultats pour une analyse aussi
raisonnable que possible.

Il faut retenir que le guide d’entretien est élaboré de façon spécifique pour chaque
catégorie sociale. Ainsi le guide utilisé pour les vieux et les chefs de village par
exemple n’est pas le même que celui utilisé pour les menuisiers car chaque
catégorie se prête mieux à certaines informations que d’autres. Par exemple, les plus
âgés sont supposés être mieux informés de l’historique de la forêt que les jeunes.
Par ailleurs, les menuisiers du fait de leurs activités semblent être aussi bien
renseignés sur les coupes de bois d’œuvre dans les forêts, les femmes sur la
recherche du bois de chauffe.

Les données collectées vont permettre de conclure sur le rôle socioculturel,


économique et écologique que ces formations végétales jouent au sein des
populations.

Au total, le suivi rigoureux de cette méthodologie va permettre de vérifier les


hypothèses afin de tirer des conclusions pratiques.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Chapitre 5

RESULTATS & DISCUSSION

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Il sera question de présenter d’abord les résultats de l’interprétation des photos et du
traitement des données d’inventaire et ensuite faire les discussions possibles.

5.1 PRESENTATION DES RESULTATS COMMUNE PAR


COMMUNE.

Ces résultats se présentent sous la forme de cartes puis de tableaux indiquant


l’évolution des superficies des différentes unités d’occupation de 1982 à 2008
concernant les trois communes ayant fait l’objet de notre étude.

5.1.1 RESULTATS DE LA COMMUNE D’ALLADA

5.1.1 1 Cartes d’occupation de 1982, 1994, 2008.

L’occupation du sol dans le département d’Allada pour ces trois années est donnée
par les figures 7 à 14.

Figure 7 : Occupation du sol de la commune d’Allada en 1982

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Le diagramme suivant montre la proportion relative des différentes unités
d’occupation dans la commune.

Figure 8: Diagramme des unités d'occupation en 1982

En 1982, l’unité d’occupation la plus importante est la mosaïque de cultures à


palmerais (45,58% de la superficie totale). Les savanes arborées occupent la
commune à 12,17%. Les agglomérations (2,27%) et les forêts sacrées d’au moins
dix hectares (0,07%) sont les unités les moins étendues (Voir figure 8).
8

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure 9 : Occupation du sol de la commune d’Allada en 1994

De cette carte, on extrait les informations suivantes sous forme de diagramme :

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure 10: Diagramme des unités d'occupation en 1994


Les forêts sacrées ont subi un rognage d’environ trois hectares en douze ans. Cette
dégradation est très faible par rapport à celle obtenue au niveau des savanes qui
sont passées de 12,17% en 1982 à 7,6% en 1994. Ces superficies végétales sont
détruites
ruites au profit des cultures et des agglomérations.

Figure 11 : Occupation du sol de la commune d’Allada en 2008

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

De 1982 à 2008, 9,57 hectares de forêts sacrées sont détruits. Pratiquement toues
les savanes de la commune sont détruites car de 12,17% en 1982, ces forêts sont
son
passées en 2008 à 1,08% (Voir diagramme).

Figure 12: Diagramme des unités d'occupation en 2008

Les marécages aussi ont subi une régression sensible, 8,10% à 6,22%.
6,22% La
synthèse de ces différents changements dans l’occupation du sol dans cette
commune est résumée sur la carte de la figure 13.

Figure 13 : Synthèse de l’occupation du sol de la commune d’Allada entre 1982 et 2008

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les superficies des différentes unités d’occupation du sol pour les trois années dans
cette commune d’Allada sont montrées par le tableau 2.

Tableau 2: Evolution des superficies des différentes unités d’occupation de la Commune


d’ALLADA de 1982 à 2008

Superficies des unités d’occupation Variation


(Ha) de
Types d’unité d’occupation
superficies
1982 1994 2008 1982-2008
Agglomération 870,58 1070,18 1811,44 +940,86
Forêt dense sacrée 28 25,45 18,43 -9,57
Marécage 3702 3102 2380,4 -1321,6
Plantation 9042,37 8442,17 7961,4 -1080,97
Savane arborée arbustive 2544,37 4547,46 415,52 -2128,85
Mosaïque de culture et jachère 4650,84 2650,84 6691,72 +2040,88
Mosaïque de culture à palmeraie 17453,63 18453,63 19012,82 +1559,19
Total 38291,79 38291,73 38291,73

Le graphe suivant (figure 14) fait la comparaison de ces unités pour les trois années :

100

10
Pourcentage

0,1

0,01 Savane Mosaïque de Mosaïque de


Agglomération
Hêkpazoun Marécage Eau Plantations arborée- cultures et cultures à
s
arbustive jachère palmeraie

1982 2,27 0,07 9,66 1,04 23,61 12,17 6,64 45,58


1994 2,8 0,07 8 1 22,05 7,6 11,28 48,2
2008 4,73 0,06 6,21 1 20,8 1,08 17,47 49,65

1982 1994 2008

Figure 14 : Evolution des différentes unités d’occupation dans la Commune d’Allada


(Graphe à l’échelle logarithmique)

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Dans cette commune d’Allada, on note que les savanes, les forêts, les plantations,
les marécages sont les unités qui ont connu de régression du point de vue superficie
au détriment des unités qui révèlent la présence humaine tels que les mosaïques de
cultures et jachères, les mosaïques de cultures
cultures à palmerais et les agglomérations.
Presque la totalité des savanes a disparue. Remarquons néanmoins que les forêts,
malgré leur petitesse n’ont subit qu’une réduction de 9,57 hectares au cours des
vingt six années.

5.1.2 Résultats de la commune de Sô-AVA

Cartes d’occupation de 1982, 1994, 2008.

L’occupation du sol dans le département de Sô-Ava


Sô Ava pour ces trois années est
donnée par les figures 15 à 22.

Figure 15 : Occupation du sol de la commune de Sô-Ava


Sô Ava en 1982

Page - 56 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les proportions de ses différentes unités d’occupation estt données par la figure
16(Voir diagramme).

Figure16 : Diagramme des unités d’occupation en 1982.

Environ 90% de la commune sont occupés par l’eau (plan d’eau, marécage,
mangrove) avec près de 26,1% de mangrove et 10,15%
10,15% de marécage. Les forêts
sacrées ayant au moins dix hectares de superficie sont dans une proportion de
0,24%.

Figure 17:: Occupation du sol de la commune de Sô-Ava


Sô Ava en 1994

Page - 57 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Le diagramme suivant montre les proportions des différentes unités d’occupation.

Figure18:: Diagramme des unités d'occupation en 1994.

En 1994, les agglomérations ont connues un léger accroissement, 2,2% au lieu de


1,43% en 1982. Notons que les mosaïques de cultures ne connaissent pas un
accroissement sensible en superficie. Pour les forêts sacrées d’au moins dix
hectares de superficie, on est passé de 0,24% en 1982 à 0,21% en 1994.

Figure 19:: Occupation du sol de la commune de Sô-Ava


Sô Ava en 2008

Page - 58 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les résultats de cette carte permettent de construire
truire le diagramme suivant qui
indique les proportions des différentes unités d’occupation.
d’occupation

Figure20:: Diagramme des unités d'occupation en 2008.

La superficie des forêts sacrées de la commune atteignant au dix hectares a connu


une réduction d’environ 16 hectares en vingt six ans. Les agglomérations
agglomér sont
passées de 1,43% en 1982 à 3,47% en 2008 soit une extension de près de 382
hectares

La synthèse de ces différents changements dans l’occupation du sol dans cette


commune est résumée sur la carte de la figure 21.

Page - 59 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure 21: Synthèse de l’occupation du sol de la commune de Sô-Ava


Sô entre
tre 1982 et 1994

Page - 60 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les superficies des différentes unités d’occupation du sol pour les trois années dans
cette commune de Sô-Ava sont montrées par le tableau 3.

Tableau 3 : Evolution des superficies des différentes unités d’occupation de la Commune


de SO AVA de 1982 à 2008

Variation
Superficie des unités
de
d’occupation (Ha)
Types d’unité superfici
d’occupation es
1982 1994 2008 1982-
2008

Agglomération 272,39 412,18 654,17 +381,78

Forêts denses sacrées 46,37 40,2 30,73 -15,64

Mangrove 4901,74 4312,49 3363,61 -1538,13

Marécage 1914,78 2014,78 1274,18 -640,6

Eau 9605,57 9413,57 9381,87 -223,7

Plantation 75,35 72,19 61 -14,35

Mosaïque de culture et
812,64 1190,58 2477,58 +1664,94
jachère

Mosaïque de culture à
1187,65 1360,50 1573,65 +386
palmeraie

Total 18816,49 18816,49 18816,79

Le graphe suivant montre la comparaison des superficies de ces différentes unités


d’occupation du sol en fonction de l’année (figure 22).

Page - 61 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

100
P o u rc e n ta g e

10

0,1 Mosaïque Mosaïque


Agglomérati Forêts
Mangroves Marecages Eau Plantations de cultures de cultures
ons sacrées
et jachère à palmeraie

1982 1,43 0,24 26,1 10,15 51 0,4 4,35 6,33


1994 2,2 0,21 22,93 10,7 50,02 0,38 6,4 7,16
2008 3,47 0,16 17,87 6,77 49,85 0,32 13,2 8,36

1982 1994 2008

Figure 22: Evolution des différentes unités d’occupation dans la Commune de Sô-Ava
(Graphe à l’échelle logarithmique).

Dans cette commune de Sô-Ava, on note que les mangroves, les forêts, les
plantations, les marécages et les plans d’eau sont les unités qui ont connue de
régression du point de vue superficie au détriment des unités qui révèlent la
présence humaine tels que les mosaïques de cultures et jachères, les mosaïques de
cultures à palmerais et les agglomérations. Remarquons néanmoins que les forêts
étudiées, malgré leur petitesse n’ont subit qu’une réduction de 15,64 hectares au
cours des vingt six années.

5.1.3 Résultats de la commune de Zè.

Cartes d’occupation de 1982, 1994, 2008.

L’occupation du sol dans le département de Zè pour ces trois années est donnée par
les figures 23 à 30.

Page - 62 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure 23:: Occupation du sol de la commune de Zè en 1982

Page - 63 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
De cette carte on a les informations suivantes présentées sous forme de diagramme

de Camembert et qui indique les proportions des différentes unités d’occupation.


d’occupation

Figure24: Diagramme des unités d'occupation en 1982.

Dans la commune de Zè, se sont les plantations et les mosaïques de cultures


culture à

palmerais qui dominent : 29,04% et 34,95%. Les forêts sacrées, objet de la présente

étude représentent 0.07%.

Page - 64 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure 25:: Occupation du sol de la commune de Zè en 1994

Page - 65 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les résultats peuvent être présentés sous forme de diagramme indiquant les

différentes proportions des unités d’occupation.

Figure26:: Diagramme des unités d'occupation en 1994.

En l’intervalle de douze ans, seulement trois hectares environ de forêts sacrées sont

détruits. Les plantations ont sensiblement diminuées au profit des agglomérations et

les mosaïques de culture et de jachères. Les mosaïques de culture à palmerais ont

encore une proportion de 34,60% alors que les plans d’eau sont dans une faible

proportion (1%).

Page - 66 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure 27:: Occupation du sol de la commune de Zè en 2008

Page - 67 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
De cette carte on a les informations suivantes présentées sous forme de diagramme

de Camembert et qui indique les proportions des différentes unités d’occupation.

Figure28:: Diagramme des unités d'occupation en 2008.

Il est surtout à noter que la totalité des savanes a disparue au profit surtout des

mosaïques de cultures (43,27% et 18,01%) et des agglomérations (1,59%).


( Dans

cette commune en vingt six ans, seulement 5,87 hectares de forêts sacrées sont

perdues.

La synthèse
ynthèse de ces différents changements dans l’occupation du sol dans cette

commune est résumée sur la carte suivante (figure 29) :

Page - 68 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Figure 29: Synthèse de l’occupation du sol de la commune de Zè entre


tre 1982 et 1994

Page - 69 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les superficies des différentes unités d’occupation du sol pour les trois années dans
cette commune de Zè sont montrées par le tableau 4.

Tableau 4 : Evolution des superficies des différentes unités d’occupation de


la Commune de Zè de 1982 à 2008

Superficie des unités


d’occupation (Ha) Variation
de
Types d’unité d’occupation
superficies
1982 1994 2008 1982-2008

Agglomération 632,69 832,62 1049,92 +417,23

Forêt dense sacrée 18 15,33 12,13 -5,87

Marécage 9110,45 8736,16 7536,14 -1574,31

Plantation 19200,86 14411,36 16391,37 -2809,49

Eau 687,62 660,36 601,37 -86,25

Mosaïque de culture et jachère 3305,74 8840,47 11908,58 +8602,84

Savane arborée arbustive 10047,37 9736,46 0 -10047,37

Mosaïque de culture à palmeraie 23101,76 22871,73 28605,28 +5503,52

Total 66104,49 66104,49 66104,79

Le graphe suivant (figure 30) montre la comparaison des superficies de ces


différentes unités d’occupation du sol en fonction de l’année.

Page - 70 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

100

10
Pourcentage

0,1

0,01 M o saïque de M o saïque de


A gglo mératio n Savane arbo rée-
A ssanmeyzo un M arécage Eau P lantatio ns cultures et cultures à
s arbustive
jachère palmeraie
1982 0,95 0,07 13,77 1,04 29,04 15,19 5 34,94
1994 1,25 0,06 13,2 1 21,8 14,72 13,37 34,6
2008 1,58 0,06 11,35 1 24,79 0 18 43,22

1982 1994 2008

Figure 30 : Evolution des différentes unités d’occupation dans la Commune de Zè.

L’analyse de ces résultats de la commune de Zè, révèle que les savanes, les forêts,
les plantations, les marécages et les plans d’eau sont les unités qui ont connue de
régression du point de vue superficie au détriment des unités qui révèlent la
présence humaine tels que les mosaïques de cultures et jachères, les mosaïques de
cultures à palmerais et les agglomérations. Remarquons néanmoins que les forêts
étudiées, malgré leur petite taille n’ont subit qu’une réduction de seulement 5,87
hectares au cours des vingt six années.

De l’analyse des figures 14, 22, 30, il ressort que ce sont les forêts sacrées qui sont
globalement de faibles proportions par rapport aux autres unités du point de vue
superficie soit un pourcentage de 0,38% en 1982 puis 0,28% en 2008 de la
superficie du département. La comparaison des variations de leur superficie avec
celle des savanes (27,36% en 1982 puis 1,08%) révèle clairement que, bien que les
deux unités soient des formations végétales évoluant dans le même environnement,
la dégradation est plus accentuée dans le temps au niveau de la savane qu’au
niveau des forêts sacrées. En moins de trente ans, dans la commune d’Allada,
4235,32 hectares de savane sont détruits tandis que pendant la même durée, pour
les forêts sacrées, de superficie très nettement inférieure, moins de 10 hectares ont
été détruits. Il en est de même pour les autres localités. Cet état de chose constitue
un premier indice de conservation de la forêt par la tradition.

Page - 71 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

En résumé, pour les trois communes (Allada, Sô-ava et Zè), le tableau 5 récapitule la
situation des forêts sacrées d’au moins 10 hectares en 2008.

Tableau 5 : situation des forêts sacrées d’au moins 10 hectares en 2008 dans le
Département de l’Atlantique.

Superficie de Superficie des Forets


Communes Pourcentage
la commune d'au moins 10ha

Allada 38291,73 18,43 0,05%

Sô-ava 18816,79 30,73 0,16%

Zè 66104,79 12,13 0,02%

Total 123213,31 61,29 0,23%

Moyenne 41071,10 15,28 0,08%

Pour l’ensemble des trois communes, la superficie totale est de 123213,31hectares.


On note que la superficie totale des forêts sacrées en 2008 est de 61,29 hectares
avec une moyenne de 15,28 hectares par commune. Ce qui représente un
pourcentage de 0,23% par rapport à la superficie des trois communes et une
moyenne de 0,08%.

5.2 PHYSIONOMIE DES FORETS SACREES

5 .2.1 FORET ASSANMEYZOUN

5.2.1.1 Structure de la forêt sacrée d’Assanmeyzoun

Ces résultats sont présentés dans le tableau 6.

Page - 72 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Tableau 6 : Productivité d’Assanmeyzoun

G/ha
ESPECES N/ha Dm (cm) Hfm Htm
(m2)
Albizia ferruginea 10 0,75 31 5 8

Albizia zygia 10 0,22 17 4 6

Antiaris africana 10 0,8 32 6 10

Berlinia grandifolia 10 0,2 16 7 10

Bligia sapida 10 1,8 48 8 12

Ceiba pentendra 20 2,26 38 13 16,5

Celtis adolphifrederis 10 0,22 17 12

Celtis mildbraedii 90 19,48 52,5 6 9,5

Cola giganthea 40 9,85 56 7,5 10,5

Dialium guineense 30 0,49 14,5 10,5 14

Dracaena arborea 10 0,13 13 11 15

Irvengia gabonensis 10 1,13 38 6 12

Leucaniodiscus cupanioides 20 13 91 5 8

Malancantha alnifolia 10 0,35 21 7 11

Monodora myristica 10 0,22 17 6 10

Morinda lucida 10 0,25 18 5 8

Trichilia heudelotii 30 0,49 14,5 6,5 11,5

Trichilia prieurianna 80 12,72 45 6,5 11

Triplochiton scleroxylon 90 10,75 39 10,5 10

Zanthoxylum zanthoxyloides 10 0,38 22 6 9

Totaux 520 75,49 33,52 7,25 11,5

Moyenne 26 3,77 32,02 7,22 10,7

Coefficient de Variation 106 155 61 33 23

Page - 73 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Pour la productivité, les espèces les plus abondantes dans cette formation sont
Celtis mildbraedii (90 pieds à l’hectare), Trichilia prieurianna (80 pieds à l’hectare) et
de Triplochiton scleroxylon (90 pieds à l’hectare). C’est Zanthoxylum zanthoxyloides,
Monodora myristica, Morinda lucida, Albizia ferruginea, Albizia zygia, Antiaris
africana, Berlinia grandifolia ,Bligia sapida qui sont les moins représentées avec (10
pieds à l’hectare). L’effectif d’arbres à l’hectare est de 520 avec une moyenne de 26
pieds pour les espèces. Le coefficient de variation est très élevé 1,06.

La forêt d’Assanmeyzoun est une formation végétale fortement anthropisée (Voir


photo). La hauteur totale moyenne est de 11,5 m. Le diamètre de l’arbre moyen est
32,02 cm. Les essences ayant un grand diamètre sont Cola giganthea (56 cm),
Celtis mildbraedii (52,5 cm) Leucaniodiscus cupanioides (91 cm) alors que la hauteur
totale moyenne est de 10,7 m.

5.2.1.2 : Répartition par classes de diamètres des essences forestières


d’Assanmeyzoun

La répartition par classes de diamètres des espèces ligneuses de la forêt sacrée


d’Assanmeyzoun est donnée par la figure 31.

250

200

Fréquences
150

100

50

0
10 à 15 15 à 20 20 à 25 25 à 30 30 à 35 35 à 40 40 à 45 > 45
Classes de diamètres
Figure 31: Répartition par classes de diamètres

des arbres inventoriés dans ASSANMEZOUN

C’est une répartition en cloche c'est-à-dire que les arbres de petits diamètres et ceux
de diamètres élevés sont les plus abondants.

Page - 74 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

5.2.1.3 Evaluation du sous-bois d’Assanmeyzoun


Sont rangés dans le sous-bois les pieds régénérés de diamètres (dbh) < 10cm (voir
tableau 7).
Tableau 7 : Nombre de régénération à l’hectare d’Assanmeyzoun

Espèces N/ha Fréquences

Antiaris Africana 150 5,81


Celtis mildbraedii 160 6,2
Chassalia kolly 30 1,16
Dialium guineense 120 4,65
Dichapetalum guineense 160 6,2
Dracaena arborea 70 2,71
Ficus capensis 10 0,39
Ficus exasperate 40 1,55
Ficus thonningii 30 1,16
Leucaniodiscus cupanioides 450 17,44
Malancantha alnifolia 130 5,04
Mallotus oppositifolius 80 3,1
Monodora myristica 170 6,59
Morinda lucida 80 3,1
Rothmania longiflora 30 1,16
Spondias mombin 140 5,43
Sterculia tragacantha 30 1,16
Teclea verdooniana 70 5,43
Trichilia heudelotii 50 1,94
Trichilia prieurianna 130 5,04
Triplochiton scleroxylon 360 13,95
Zanthoxylum zanthoxyloides 90 3,49
Totaux 2580 100
Moyenne 117,27 4,66
Coefficient de variation 90 88

Page - 75 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Le nombre de pieds régénérés à l’hectare est de 2580, les essences dominantes
sont les suivantes :Triplochiton scleroxylon (13.95%) et Leucaniodiscus cupanioides
(17.44%). Pour cette régénération, dans la forêt de Assanmeyzoun, c’est l’espèce
Ficus capensis qui est très faiblement représentée (0,39%) suivie de Chassalia kolly,
Ficus exasperata, Ficus thonningii, Rothmania longiflora, Sterculia tragacantha qui
sont représentées dans l’ordre de 1%.

5.2.2 Forêt sacrée Hêkpazoun

5.2.2.1 Structure de Hêkpazoun

Le nombre d’arbres à l’hectare (N/ha) dans cette formation est 420 et le diamètre de
l’arbre moyen (Dm) est 75,75cm. La hauteur totale moyenne est 13,25m comme
l’indique le tableau 8.

Tableau 8: Productivité de Hêkpazoun

N/h G/ha
ESPECES Dm (cm) Hfm Htm
a (m2)

Albizia ferruginea 30 8,34 59,5 9,5 12,5

Albizia zygia 10 4,65 77 10 13

Antiaris Africana 20 1,02 25,5 5,5 14

Bligia sapida 10 3,01 62 4 13

Ceiba pentendra 30 11,87 71 14 18,5

Celtis mildbraedii 30 8,91 61,5 6,5 10,5

Cola giganthea 10 2,12 52 4 9

Dialium guineense 70 4,94 30 4,5 8

Page - 76 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Dracaena arborea 40 2,04 25,5 4 9

Leucaniodiscus cupanioides 10 7,62 98,5 6,5 10

Malancantha alnifolia 10 1,66 46 7 14

Morinda lucida 20 5,1 57 5 8

Teclea verdooniana 10 3,11 63 8 12

Trichilia heudelotii 10 0,53 26 5 11

Trichilia prieurianna 60 4,82 82 7,5 12,5

Triplochiton scleroxylon 40 9,93 47 6 10

Zanthoxylum zanthoxyloides 10 0,28 19 4 9

Totaux 420 76,95 75,75 7 13,25

Moyenne 24,7 4,7 53,08 6,52 11,41

Coefficient de Variation 75 74 42 41 23

Dans cette forêt, les ligueux sont dominés par les Dialium guineense, (70 pieds à
l’ha) Trichilia prieurianna (60 pieds à l’ha). Les espèces faiblement représentées sont
Albiza zygia, Bligia sapida, Cola giganthea, Leucaniodiscus cupanioides, Malacantha
alnifolia, Trichilia heudelotii puis Zanthoxylum zanthoxyloïdes qui sont présentent
toutes 10 pieds à l’hectare.

La surface terrière est plus élevée au niveau de Ceiba avec 11,87 m²/ha alors que la
moyenne est de 4,7 m²/ha. C’est Zanthoxylum zanthoxyloïdes qui présente la
surface terrière la plus faible (0,28 m²/ha). Le diamètre moyen est plus élevé chez
Leucaniodiscus cupanioides (98,5cm) alors que la moyenne est de 53, 08 cm. Les
ligneux les plus hauts dans cette station sont également les Ceiba pentendra.

Page - 77 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
5.2.2.2 Répartition par classes de diamètres des essences
forestières de Hêkpazoun

La répartition par classes de diamètres des espèces ligneuses de la forêt sacrée de


Hêkpazoun est donnée par la figure 32 et présente une structure en J. Les éléments
de classe de diamètres élevés sont les plus représentés, c’est-à-dire que le
renouvellement n’est autant assuré. Les gros arbres sont épargnés car ce sont des
arbres sur lesquels repose la forêt.

250

200

Fréquences

150

100

50

10 à 15 15 à 20 20 à 25 25 à 30 30 à 35 35 à 40 40 à 45 > 45

Classes de diamètres

Figure 32: Répartition par classes de diamètres des arbres inventoriés dans

HEKPAZOUN

Page - 78 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
5.2.2.3 Evaluation du sous-bois de Hêkpazoun

Tableau 9 : Nombre de régénération à l’hectare de Hêkpazoun

Espèces N/ha Fréquences


Albizia ferruginea 30 1,38
Antiaris Africana 130 6,02
Berlinia grandifolia 20 0,93
Bligia sapida 20 0,93
Celtis adolphifrederis 90 4,17
Celtis mildbraedii 220 10,18
Dialium guineense 170 7,87
Dichapetalum guineense 60 2,78
Dracaena arborea 50 2,31
Ficus exasperate 20 0,93
Ficus thonningii 20 0,93
Leucaniodiscus cupanioides 70 3,24
Malancantha alnifolia 210 9,72
Mallotus oppositifolius 110 5,09
Monodora myristica 30 1,39
Morinda lucida 60 2,78
Spondias mombin 20 0,93
Sterculia tragacantha 20 0,93
Teclea verdooniana 40 1,85
Trichilia heudelotii 50 2,31
Trichilia prieurianna 530 24,54
Triplochiton scleroxylon 130 6,02
Zanthoxylum zanthoxyloides 60 2,78
Totaux 2160 100
Moyenne 93,91 4,34
Coefficient de variation 454 455

Page - 79 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
La régénération est assurée par Trichilia prieurianna (24.54%) suivie de Celtis
mildbraedii (10,18%). Les espèces les moins représentées au niveau de la
régénération sont : Bligia sapida, Ficus exasperata, Ficus thonningii, Spondias
mombin et Sterculia tragacantha avec une fréquence de 0,93% chacune. Le
coefficient de variation est très élevé, preuve que c’est un variable très alléatoire.

5.2.3 Forêt sacrée d’Ahouansêzoun

5.2.3.1 Structure d’Ahouansêzoun

Le nombre de ligneux (dbh > 10cm) à l’hectare est de 210. La hauteur totale
moyenne est de 9,29 m alors que le diamètre moyen est égal à 58,96.

Remarquons que la productivité est faible au niveau de Ahouansèzoun avec 210


pieds à l’hectare. C’est les Trichilia prieurianna qui sont les plus abondantes avec 50
pieds à l’hectare suivies de Celtis mildbraedii et Dialium guineense avec 30 pieds à
l’hectare. Les autres espèces sont approximativement à 10 pieds à l’hectare.

Tableau 10: Productivité d’Ahouansêzoun

Dm
ESPECES N/ha G/ha Hfm Htm
(cm)
Albizia zygia 10 5,3 82 13 16
Celtis mildbraedii 30 14,1 77 7,66 11,33
Cola giganthea 10 2 51 6 10
Dialium guineense 30 6,9 54 6 11
Dracaena arborea 10 4,7 77 7 10
Ficus exasperate 10 4 72 9 13
Irvengia gabonensis 10 13,4 131 4 7
Leucaniodiscus cupanioides 10 1,9 49 4 8
Malancantha alnifolia 10 3 61 5 8
Morinda lucida 10 0,2 16 2 6
Trichilia heudelotii 10 1,5 43 6 6
Trichilia prieurianna 50 4,5 33,5 4,8 8,5
Zanthoxylum zanthoxyloides 10 0,3 20 2 6
Totaux 210 61,8 58,96 5,88 9,29
Moyenne 16,15 4,75 58,96 5,88 9,29
Coefficient de variation 78 93 51 50 32

Page - 80 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

La surface terrière est plus élevée au niveau des Celtis mildbraedii (14,10m²) et des
Irvengia gabonensis (13,4m²). C’est les Morinda et Zanthoxylum qui présentent leur
surface terrière faible.

Le diamètre moyen est de 58,96 cm alors qu’au niveau de Irvengia gabonensis le


diamètre est plus élevé (131 cm). La hauteur totale moyenne est très grande au
niveau de Albizia zygia (16 cm) alors que la moyenne est de 9,29 cm. Le coefficient
de variation pour la densité est de 0,78. Le coefficient de variation est de 0,78 pour la
densité, 0,93 pour la surface terrière et de l’ordre 0,5 pour les autres paramètres.

5.2.3.2 Répartition par classes de diamètres des essences forestières


d’Ahouansêzoun

La répartition par classes de diamètres illustrée par la figure 33 montre que les pieds
de diamètres supérieurs à 45cm sont plus nombreux. La régénération est mal
assurée.

80

70
Fréquences
60

50

40

30

20

10

10 à 15 15 à 20 20 à 25 25 à 30 30 à 35 35 à 40 40 à 45 > 45

Classes de diamètres

Figure 33: Répartition par classes de diamètres des arbres

inventoriés dans AHOUANSEZOUN

Page - 81 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

5.2.3.3 Evaluation de la régénération.

Le tableau 11 renseigne sur cette régénération dans la forêt sacrée de


Ahouansêzoun.

Les pieds régénérés à l’hectare sont au nombre de 1250. Les espèces dominantes
sont Lecaniodiscus cupanioides (30,40%) et Teclea verdooniana (10,40%). Les
espèces faiblement représentées au niveau de la régénération sont les Dracaena
arborea et Morinda lucida avec une fréquence de 0,8%. Le coefficient de variation
est de 1,04 pour la régénération.

Tableau 11 : Nombre de régénération à l’hectare de Ahouansêzoun

Espèces N/ha Fréquences


Antiaris Africana 70 5,6
Celtis mildbraedii 50 4
Dialium guineense 90 7,2
Dichapetalum guineense 150 12
Dracaena arborea 10 0,8
Ficus exasperate 40 3,2
Leucaniodiscus cupanioides 380 30,4
Malancantha alnifolia 110 8,8
Morinda lucida 10 0,8
Pavetta corymbosa 60 4,8
Teclea verdooniana 130 10,4
Trichilia heudelotii 20 1,6
Trichilia prieurianna 70 5,6
Zanthoxylum zanthoxyloides 60 4,8
Totaux 1250 100
Moyenne 89,28 7,14
Coefficient de Variation 104 104

Page - 82 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
5.2.4 Forêt sacrée de Sindomè

5.2.4.1 Structure de Sindomè

Le nombre de ligneux à l’hectare est de 130. Le diamètre moyen (Dm) est de 59 cm


et la hauteur totale moyenne est 11,5 m.

Cette productivité est également faible avec une moyenne de 21,66 pieds à l’hectare.
Les ligneux sont dominés par les espèces comme Trichilia prieurianna (avec une
densité de 60 pieds à l’hectare suivies de Dialium guineense qui présente 30 pieds à
l’hectare.

Tableau 12 : Productivité de Sindomè

Dm
ESPECES N/ha G/ha Hfm Htm
(cm)
Celtis mildbraedii 10 0,25 18 7 13

Dialium guineense 30 5,1 46,5 6 9

Morinda lucida 10 0,41 23 3 7

Trichilia heudelotii 10 0,23 17 9 13

Trichilia prieurianna 60 11,54 49,5 9 12,5

Vitex doniana 10 8,01 101 12 16

Totaux 130 25,54 59 7,5 11,5

Moyenne 21,66 4,21 42,5 7,66 11,75

Coefficient de Variation 94 113 75 40 27

Dans cette forêt de sindomè, la richesse spécifique ainsi que la diversité spécifique
sont faibles. C’est les espèces comme Celtis mildbraedii, Morinda lucida, Trichilia
heudilotii et Vitex doniana qui sont faiblement représentées avec une densité de 10
pieds à l’hectare. La surface terrière moyenne est 4,21m. Cette surface est plus
importante au niveau de Trichilia prieurianna (11, 54m²). La hauteur totale est plus
élevée au niveau Celtis mildraedii (13m) et Trichilia prieurianna (12,5 m).

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

5.2.4.2 Répartition par classes de diamètres des essences


forestières de Sindomè

La figure 34 donne cette répartition pour la forêt de Sindomè.

70

60
Fréquences

50

40

30

20

10

10 à 15 15 à 20 20 à 25 25 à 30 30 à 35 35 à 40 40 à 45 > 45

Classes de diamètres

Figure 34 : Répartition par classes de diamètres des

arbres inventoriés dans SINDOME

Cette figure 34 montre que les ligneux à gros diamètres sont aussi nombreux mais
également la régénération n’est pas moins assurée.

5.2.4.3 Evaluation de la régénération

Page - 84 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Le nombre de pieds régénérés à l’hectare est de 2640. L’essence qui prédomine est
Leucaniodiscus cupanioides (30,94%).

Tableau 13 : Nombre de régénération à l’hectare de Sindomè

Espèces N/ha Fréquences

Antiaris Africana 170 6,41


Bligia unijugata 70 2,64
Celtis mildbraedii 140 5,28
Chassalia kolly 20 0,75
Dialium guineese 130 4,9
Dichapetalum guineense 110 4,15
Dracaena arborea 50 1,86
Ficus capensis 20 0,75
Ficus exasperate 130 4,9
Ficus thonningii 40 1,5
Leucaniodiscus cupanioides 820 30,94
Malancantha alnifolia 100 3,77
Mallotus oppositifolius 90 3,4
Morinda lucida 60 2,26
Rothmania longiflora 30 1,13
Spondias mombin 70 2,64
Sterculia tragacantha 40 1,5
Teclea verdooniana 120 4,52
Trichilia heudelotii 50 1,86
Trichilia prieurianna 220 8,3
Triplochiton scleroxylon 120 4,52
Zanthoxylum zanthoxyloides 50 1,86

Totaux 2650 100


Moyenne 120,45 4,53
Coefficient de Variation
136 137

Remarquons que l’écart entre l’espèce la plus présente dans la régénération et les
autres est très important car après la plus grande fréquence de 30,94%, le

Page - 85 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
pourcentage qui suit est 8,3% (Trichilia prieurianna). Les espèces faiblement
représentées dans la régénération sont Chassalia Kolly (0,75%) et Rothmania
longiflora (1.13%). Le coefficient de variation est élevé (1,36).

5.1.5 Forêt sacrée Avogbézoun

5.1.5.1 Structure d’Avogbézoun

Le nombre de ligneux (dbh >10cm) est égal à 120. Cet ensemble est dominé par
Celtis mildbradii (30 arbres/ha) voir tableau 14.

Tableau 14 : Productivité de Avogbézoun

ESPECES N/ha G/ha Dm (cm) Hfm Htm

Antiaris Africana 10 4,53 76 7 13

Celtis mildbraedii 30 8,06 58,5 7 14

Cola giganthea 10 0,28 19 4 7,5

Dialium guineense 10 2,4 55 9 13

Ficus exasperate 10 5,8 86 9 13,5

Ficus thonningii 20 9,43 77,5 6,5 12,5

Leucaniodiscus cupanioides 10 5,15 81 8 12

Trichilia prieurianna 20 1,71 33 5,5 10,5

Totaux 120 37,36 59,83 6,22 10,66

Moyenne 15 4,67 60,75 7 12

Coefficient de Variation 50 67 39 24 17

La hauteur totale moyenne est de 10,66 m avec un diamètre de 59,83 cm. La


productivité est faible dans la forêt d’Avogbézoun avec un total de 120 pieds à

Page - 86 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
l’hectare avec une moyenne de 15 pieds à l’hectare. L’sp la plus représentée au nivo
des ligneux à dbh, 10 cm est Celtis mildbraedii (30pieds à l’hectare). Les moins
représentées présente une densité de 10 pieds à l’hectare. C’est les Ficus
Thonningii et Celtis mildbraedii qui présentent les plus élevées surface terrière (9,43
m² et 8,06m²) alors que la surface terrière moyenne est de 4, 67m² pour cette forêt.
Toutes les sp ont une hauteur voisine de la hauteur moyenne (12m). Le cœfficient de
variation est de 0,5 pour la densité, 0,39 pour le diamètre moyen et de 0,17 pour les
hauteurs totaux.

5.1.5.2 Répartition par classes de diamètres des essences forestières


d’Avogbézoun

La répartition par classes de diamètres présente une structure en J. Les pieds de


diamètres élevés sont protégés par les garants de la forêt. C’est le cas d’Anthiaris
africana (76 cm), Ficus thonningii (77,5 cm) Ficus exasperata (86 cm) et de
Lecaniodiscus cupanioides (81 cm).

80

70

60
Fréquences
50

40

30

20

10

0
10 à 15 15 à 20 20 à 25 25 à 30 30 à 35 35 à 40 40 à 45 > 45
Classes de diamètres

Figure 35: Répartition par classes de diamètres des arbres


inventoriés dans AVOGBEZOUN

5.1.5.3 Evaluation de la régénération.

Page - 87 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Cette régénération est donnée par le tableau 15.

Le nombre de ligneux régénérés à l’hectare est de 1200 avec une dominance de


Leucaniodiscus cupanioides (33,33%). La régénération est de 1200 pieds à l’hectare.
Elle est assurée par les espèces comme Leucaniodiscus cupanioides (33,33%),
Celtis mildbreadii (8,33%) et Teclea verdoniana (6,66%). La richesse floristique est
de 18 sp. Et la diversité floristique est plus faible avec Morinda Lucida (0,83%),
Pavetta corymbosa (0,83), Trichilia heudelotii (0,83%). Le coefficient de variation est
fort de l’ordre 1,34.

Tableau 15 : Nombre de régénération à l’hectare de Avogbézoun

Espèces N/ha Fréquences


Antiaris africana 60 5
Celtis mildbraedii 100 8,33
Chassalia kolly 30 2,5
Dialium guineense 120 10
Dichapetalum guineense 30 2,5
Ficus capensis 20 1,66
Ficus exasperate 30 2,5
Leucaniodiscus cupanioides 400 33,33
Malancantha alnifolia 40 3,33
Morinda lucida 10 0,83
Olas subcorpiodea 20 1,66
Pavetta corymbosa 10 0,83
Sterculia tragacantha 30 2,5
Teclea verdooniana 80 6,66
Trichilia heudelotii 10 0,83
Trichilia prieurianna 70 5,83
Triplochiton scleroxylon 100 8,33
Zanthoxylum zanthoxyloides 40 3,33
Totaux 1200 100
Moyenne 66,66 5,55
Coefficient de Variation 134 134

 Les fonctions des forêts

Page - 88 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Partout, les forêts sacrées assurent plusieurs fonctions. Entre autre nous
avons :
La fonction socioculturelle :
Certaines forêts sont des cimetières, des lieux d’initiation, des anciens sites de
village ou sont demeurés les fétiches. Quatre sur les cinq forêts étudiées sont
confirmées étant des forets qui hébergent des fétiches.
La fonction écologique :
Selon les déclarations, sur les cinq forêts étudiées, seule Hêkpazoun joue un
rôle écologique important. Elle sert d’habitat pour certains grands mammifères tels
que les singes, les crocodiles...
Toutes ces forêts servent d’habitat pour les oiseaux, les rats palmistes, les
aulacodes...

La fonction religieuse :
Les fonctions religieuses assignées aux forêts sacrées sont la protection
sanitaire des communautés locales, le bonheur, la prospérité.
La fonction économique :
Selon les déclarations, les forêts sacrées n’ont pas une fonction économique
clairement définie
 Gestion locale des forêts sacrées

Les garants de ces forêts sont les chefs religieux, les chefs de terre, les chefs
coutumiers et les notables. Les garants et ses collaborateurs protègent les forêts
contre les occupations et les prélèvements anarchiques.
Dans la forêt de Assanmeyzoun à Zè, tout prélèvement est strictement interdit. Les
contrevenants sont bastonnés dans la cour du Roi qui est en même temps le chef
religieux du fétiche Datin de cette forêt.
Les quatre autres forêts font l’objet de prélèvements anarchiques et incontrôlés
surtout dans la commune de Sô-Ava ou la terre ferme est un facteur limitant.
Seulement, les types de prélèvements autorisés dans ces forêts sont les plantes
médicinales, les fruits comestibles et quelque gibier, les bois de feu qui ne devraient
être que des bois morts.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Les plantes médicinales sont les plus récoltées. Viennent ensuite les bois morts
ramassés pour le chauffage au niveau des ménages. Dans Hêkpazoun, on note des
coupes frauduleuses pour la fabrication du charbon.
 Les pressions anthropiques

Les menaces d’origine anthropique sont dues aux fortes densités de population.
Ceci se manifeste par l’extension des champs de cultures, l’exploitation frauduleuse
des arbres de valeur, des feux de brousse, les influences de nouvelles religions.
 Les sanctions et mesures dissuasives

Plusieurs sanctions sont encourues par les populations riveraines qui enfreignent
aux règles régissant les forêts sacrées. Les sanctions vont du simple avertissement
verbal à l’envoutement du contrevenant et même sa mort. Le fautif peut payer des
taxes. Ces taxes peuvent être des amendes comme des bouteilles de Sodabi, des
poulets, des cabris et le payement d’une somme d’argent selon la gravité de la
violation relevée.
 Les types d’aménagements souhaités par les populations

Les populations désirent enrichir les forêts sacrées avec des essences de valeur
(bois d’œuvre, bois de chauffe, des plantes médicinales et parfois avec des
essences à fruits comestibles).
Elles ont suggéré la protection de ces forêts sacrées contre les feux de brousse par
l’installation de pare-feux régulièrement nettoyés.

5.3 DISCUSSION

La phytocénose des forêts sacrées est un véritable témoin de la forêt primaire du


département en matière de composition végétale. On y distingue un étage des
arbres dominants dont les canopées sont peu jointives. La hauteur des arbres peut
atteindre 30 m avec des troncs de circonférences atteignant parfois 5 m surtout dans
la forêt relique Hêkpazoun.

Les espèces rencontrées fréquemment dans ces forêts sont :


Antiaris africana, Ceiba pentendra, Triplochiton scleroxylon, Albizia zygia, Trichilia
prieurianna.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
La couche des dominés présente des espèces comme Dialium guineense,
Xanthoxylum xanthoxyloïdes, Leucaniodiscus cupanioïdes. L’aspect dense de ce
sous bois lui est conféré par l’existence des espèces lianescentes qui se sont
considérablement développées dans ces forêts précisément celles de Hêkpazoun et
d’Assanmeyzoun.

La comparaison des différentes caractéristiques de forêts reliques de l’Atlantique


étudiées avec celles d’autres forêts naturelles étudiées au Bénin est présentée dans
le tableau 16 :

Tableau 16: Comparaison de la densité, de la surface terrière, du diamètre


moyen et des indices de Shannon

Forêts N/ha G (m2) Dm ISH

Assanmeyzoun 820 75,49 33,52 4,11


Hêkpazoun 750 76,95 75,75 3,74
Présente
Ahouansêzoun 210 61,18 58,96 3,43
étude
Sindomè 130 25,24 59,00 3,58
Avogbézoun 120 37,36 59,83 3,17
33 à
Sokpon (1995) 346 à 494 39,2 à 42,3 4,71 à 4,96
38,10
Bénin : Lozoun
740 40,67 26,5 2,71
Sinadouwirou (1997)
6 forêts étudiées au Bénin. 19,97 à 29,8 à
140 à 338 -
Amètépé (1997) 53,85 56,5
Allomasso (2001) 408 34,36 32 4,1

Les différents indices de diversité de Shannon calculés pour chacune de ces 5 forêts
étudiées se retrouvent dans les fourchettes données par ces études antérieures. Il
faut remarquer que la forêt relique de Domè (Assanmeyzoun) présente un indice
supérieur à ceux des autres forêts. Ceci est dû aux soins particuliers apportés par le
roi de cette localité à la forêt. Ces soins sont bien visibles sur le terrain avec
l’implantation des bornes et des arbres sur certaines limites de la forêt pour freiner la
percée dans cette forêt par les cultivateurs ; la mise en terre de pépinières pour
corriger les trous observés dans cette forêt.
Notons que les valeurs observées pour l’indice de diversité de Shannon
renseignent sur une diversité moyennement élevée de ces différentes forêts.
Remarquons que le fort taux de ces indices n’indique pas nécessairement une forte

Page - 91 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
diversité. Il est interprété de deux manières : soit une richesse spécifique élevée due
à la présence des espèces ou à un nombre élevé d’individus dans la distribution
observée.

Concernant la diversité et la surface terrière des forêts reliques du département de


l’Atlantique, il ressort de la comparaison que les valeurs obtenues par Hêkpazoun et
Assanmeyzoun sont bien meilleures à celles obtenues par Allomasso (2001),
Sokpon (1995) et Sinadouwirou (1997) dans la forêt de Lozoun.

Par contre, pour les trois forêts reliques de Sô-Ava ayant fait l’objet de notre étude,
ces valeurs sont très faibles.

Cet état de chose s’explique aisément par les résultats de nos enquêtes et de nos
constats sur le terrain.

En effet, la forêt de Domè (Assanmeyzoun) et celle d’Agbanou (Hêkpazoun)


montrent une dégradation moindre du fait de la mobilisation des riverains et plus
particulièrement des chefs coutumiers, des féticheurs et de leurs adeptes. Dans ces
forêts, la crainte de la chose traditionnelle est encore grande malgré l’importance des
nouvelles croyances. Nul n’a le droit de pénétrer la forêt de Domè (Assanmeyzoun)
pour y prélever quoi que ce soit, même les adeptes du vodoun Datin. Les
contrevenants qui y sont surpris sont amenés dans la cour du roi pour subir les
punitions (généralement la bastonnade). Il existe des endroits dans cette forêt qui
font exceptionnellement peur où seuls le roi et ses proches ont accès. Quand un
contrevenant franchit ces endroits et est surpris ou non, ses parents doivent réunir
les offrandes pour une cérémonie rituelle dans la forêt pour délivrer ce dernier sinon
c’est la mort qui sanctionne.

La forêt de Agbanou (Hêkpazoun), quant à elle, ne bénéficie pas tellement


des soins de la tradition comme on l’a constaté à Domè mais elle n’est pas pour
autant dégradée. Ceci est dû au fait que la population continue de croire à 90% en
l’existence d’un lion qui représente le totem du fétiche Hêkpa dans la forêt. Et quand
le fétiche se met en colère, le lion se montre à ceux qui pénètrent dans la forêt. Il
constitue alors un danger permanent dans la forêt car on ne sait pas toujours par où
il va surgir.

Page - 92 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
La dégradation y est ainsi moins prononcée et se limite dans sa globalité au rognage
périphérique et aux coupes d’arbres toujours périphériques. Il y a néanmoins
quelques intrusions qui se font en groupe pour aller couper les gros arbres pour la
réalisation du charbon.

Alors que les trois forêts de Sô-Ava se situent dans une localité où la terre est
un facteur limitant, ces forêts reliques font l’objet d’attention et de respect en période
de saisons sèches tandis que pendant les saisons des pluies, où tout est inondé, les
populations y vont chercher du bois de feu. Les troupeaux y sont également conduits
pour le pâturage. Il est néanmoins à remarquer que les arbres de gros diamètres
sont toujours préservés pour la subsistance de la forêt mais la régénération est mal
assurée du fait des coupes pour le feu. Voilà autant d’indices qui montrent que bien
que ces forêts soient dans un milieu à forte pression démographique, la richesse
floristique et la diversité spécifique se trouvent encore dans les normes relevées par
les études antérieures (Sokpon 1995, Sinadouwirou 1997, Amètépé 1997 et
Allomasso 2001). Ceci s’explique aisément quand on observe les résultats fournis
par l’interprétation des images satellitaires qui révèlent qu’en vingt six ans, c’est
seulement 30,21hectares de forêts sacrées qui sont perdus. Les menaces qui pèsent
sur les ressources génétiques forestières peuvent se résumer en la destruction de
l’habitat des espèces à la faveur des activités incontrôlées et consommatrices de
l’espace forestier comme l’agriculture, l’exploitation forestière anarchique
(Agbahungba et al, 1998). Concernant donc les forêts sacrées, la destruction est
moins importante par rapport à celles annoncées par les études antérieures pour les
autres formations végétales au Bénin. FAO (1999) annonce que la couverture
forestière du Bénin est passée de 4 923 000 ha en 1990 à 4 625 000ha en 1995 soit
une perte totale de 298 000 ha de forêts en cinq ans. Agbahungba et al (1998) ont
estimé à 1,2% le taux de déforestation annuel au Bénin. Ce taux de déforestation
calculé dans le compte de notre étude est de 0,32% en vingt six ans ce qui est très
faible par rapport à 1,2%.

En définitive, les raisons fondamentales de la conservation de ces forêts


reliques sont la croyance et le respect de la tradition. Selon la croyance, les diverses
divinités de ces forêts jouent plusieurs rôles parmi lesquels on a la protection de ces
adeptes. Après ces raisons principales, il y a la protection des plantes médicinales
que l’on y retrouve facilement aujourd’hui. Elles sont également de véritables jardins

Page - 93 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
botaniques où l’on retrouve beaucoup d’espèces disparues où ces îlots forestiers
assurent la protection du sol contre les érosions de toutes sortes et la dégradation
des sols. C’est donc un témoin qui peut permettre de connaître la fertilité initiale des
zones où ils se trouvent.

Les forêts sont placées sous l’autorité du chef traditionnel. Le mode de


protection de ces différentes forêts est le même. La sacralisation est l’approche de la
conservation et de la protection de ces forêts. Les mânes des ancêtres, le vodoun,
les revenants y résident. Toute exploitation anarchique de ces forêts porte atteinte à
ces différentes divinités que les populations, bien que les nouvelles croyances
pullulent, continuent de respecter. Ceci explique pourquoi ces forêts existent encore
de nos jours. Ces mêmes observations ont été faites par d’autres auteurs tels que
Sodégla (1993) Tchoukpéni (1995), Amètépé (1997) Sinadouwirou (1997),
Allomasso (2001) sur les forêts sacrées au Bénin.

Mais ce respect se perd suite à la fragilisation du pouvoir des chefs


traditionnels en ce sens que la poussée démographique fait que les populations ne
sont plus homogènes du point de vue origine culturelle. Les étrangers qui s’installent
sur les territoires échappent aux influences du chef traditionnel. Ils arrivent à
contaminer certains autochtones par ce comportement de non respect de la chose
traditionnelle.

Cet état de choses est dû, pour une part, aux scientifiques qui n’ont pas su vite
prendre au sérieux cette gestion traditionnelle des ressources forestières. Il est dû
également aux décideurs qui ne font rien pour encourager et aider les garants de la
tradition dans ce mode de conservation des ressources forestières.

Page - 94 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Chapitre 6

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Page - 95 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

6.1 CONCLUSION

Au terme de la présente étude sur la contribution à la surveillance des forêts sacrées


de l’Atlantique, il ressort que les forêts sacrées présentent une grande importance
culturelle, socio-économique et écologique. Les forêts représentent soit des lieux
d’initiation aux cultes vodoun et autres, soit le lieu où reposent les ancêtres du
village. Par conséquent, elles sont protégées par le sacré, la divinité et ne
nécessitent pas trop de surveillance. Ce sont des aires qui ne sont pas aussi
grandes que les forêts classées.

Habituellement, la télédétection est utilisée pour la surveillance de grandes


superficies végétales. Nous l’avons adapté à cette étude qui porte sur des étendues
végétales faibles. Les outils de la télédétection nous ont permis de démontrer que
malgré leur petite taille, les forêts sacrées qui se retrouvent dans un ensemble de
formations végétales connaissent une dégradation moins avancée par rapport aux
autres formations végétales qui ne sont pas sacrées. Pour trente ans environs, on a
connu une régression de forêts sacrées de :
• Hêkpazoun, 10 hectares environ ;
• Assanmeyzoun, 5,5 hectares environ ;
• Ahouansêzoun, Sindomè et Avogbèzoun, 16,5 hectares environ pour
l’ensemble.

La télédétection a permis alors de connaître avec beaucoup plus de précision la


vitesse de dégradation de ces forêts reliques de nos jours. Elle a permis également
de géoréférencer dans un système d’information géographique ces forêts sacrées
pour une surveillance efficace. Cette étude permet également de faire voir
actuellement l’état de ces forêts sacrées étudiées c’est-à-dire leur structure et leur
fonctionnement. Il se présente comme suit :
• La structure verticale présente trois strates
• La densité du peuplement ligneux (dbh ≥ 10 cm) varie entre 120 et 820 tiges/ha.
• La surface terrière varie entre 25,24 et 76,95 m2 /h.
• Le diamètre moyen varie entre 33,52 cm et 75,75 cm.
• La densité de régénération 1200 à 2580.

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
Cette étude a révélé que si toutes les forêts sacrées étudiées sont en dégradation,
celles de Sô-Ava le sont particulièrement (en terme de superficie et richesse
spécifique). Mais malgré les fortes pressions qui s’exercent sur ces forêts sacrées,
elles ne sont pas autant menacées que les autres formations végétales qui ne sont
pas gardées par la tradition.

L’enquête sur le mode de conservation et de gestion dans les localités de ces forêts
sacrées nous permet d’affirmer qu’à plus de 98% de ces populations, personne ne
veut voir ces forêts disparaître. Elles toutes ont affirmé que la forêt rend d’énorme
bien à l’homme. Ils souhaitent que l’Etat ou les municipalités aident les chefs
traditionnels dans la gestion de ces forêts pour qu’elles soient sauvegardées pour le
bien être des populations.

53% des populations recommandent que l’on interdise tout prélèvement dans ces
forêts.

6.2 RECOMMANDATIONS

Les recommandations pour un plan de gestion durable consistent principalement en


4 types d’actions présentées ci-après à l’endroit de tous les acteurs tels que les
autorités locales, les chefs traditionnels, les scientifiques :

a. Recenser, délimiter et inventorier les forêts sacrées.


L’exiguïté et la multiplicité des forêts sacrées entraînent des difficultés de
localisation et l’absence de repères clairs et tangibles de leurs limites facilite
leur érosion foncière. Il est alors essentiel et prioritaire de cartographier toutes
les reliques forestières et de matérialiser les limites.

b. Limiter la pression humaine car les prélèvements pour l’autoconsommation ne


constituent pas une menace. Il s’agit de concilier la préservation et l’exploitation
des ressources.

c. Gérer les feux de brousse accidentels. Il est nécessaire de créer des bandes
pare-feu et les entretenir.
d. Etablir un plan de gestion et d’aménagement intégré. Ce plan doit lier les objectifs
écologique, social, culturel et économique développés par les populations

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
locales, et être appuyé par un partenariat (forestiers, ONG, chercheurs) qui
informe, conseille et renforce les liens. Il faut également établir un système de
ceinture consolidant le noyau forestier.

Page - 98 -
Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

ANNEXES

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

ANNEXE 1 : ILLUSTRATIONS PHOTOGRAPHIQUES

Photo 1 : Place de regroupement à l’intérieur de Assanmeyzoun

Photo 2 : L’entrée d’Assanmeyzoun

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Photo 3 : Relevé dendrométrique dans Assanmeyzoun

Photo 4 : Forêt Hêkpazoun rognée par une mosaïque de culture et


jachère à palmier

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Photo 5 : Hêkpazoun perturbée par une culture de tomate

Photo 6 : Gros arbre de Hêkpazoun abattu pour la fabrication de charbon

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Photo 7 : Défrichage de portion de Hêkpazoun

Photo 8 : Vue panoramique de Ahouansezoun pendant la période de


crue

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Photo 9 : Vue de Sindomè en période de crue

Photo 10 : Coupe d’arbres dans Avogbézoun

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
ANNEXE 2 : TABLEAU MONTRANT LA CLE D’INTERPRETATION
DES PHOTOS AERIENNES

Types de Code Description


Formation
Végétale
Ce sont des formations forestières denses, fermées ou
Galeries
non, le long des cours d'eau. La hauteur des arbres est
Forestières ou GF
généralement moins grande comparativement à la forêt
cordons ripicoles claire.

Elles sont caractérisées par un peuplement dense


Forêts Denses
constitué de grands arbres. Le recouvrement est supérieur
sèches FD à 80%.

Elles sont caractérisées par un peuplement multi strate à


feuilles caduques, les arbres sont de taille moyenne Leurs
Forêts Claires FC cimes sont jointives à 60-80%, l'ensemble du couvert
demeurant clair

Forêt marécageuse FM Forêt dans un milieu d'humidité permanente

Ce sont des formations d’arbres et d’arbustes avec un


Savanes Boisées SB
recouvrement de 25-50%

Ce sont des formations d’arbres et d’arbustes avec un


Savanes Arborées SA tapis herbacé. Le recouvrement par les arbres et arbustes
est compris entre 5-25%

Ce sont des formations d’arbustes avec un tapis herbacé.


Savanes Arbustives ST
Le recouvrement par les arbustes varie entre 5 et 25%

Savanes Ce sont des formations de savanes en milieu


SI
Inondables temporairement inondé

Savanes Ce sont des formations herbeuses comportant un tapis de


SH
Herbeuses hautes graminées mesurant au moins 80 cm.
Elles sont principalement composées d'essences
Plantations P
exotiques
Sol dénudé SD Sol sans couverture végétale

Affleurements Qui sont des surfaces planes cuirassées sans formations


AR
rocheux végétales
Cultures et/ou
CJ Elles constituent les zones de cultures et de jachères
Jachères
Agglomérations AG Villes, villages, hameaux

Plan d’Eau PE Retenue d’eau, barrages, rivière

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
ANNEXE 3 : TABLEAU DES COORDONNEES DES PLACETTES
INSTALLEES.

Placette 1 Placette 2
Forêts
X Y X Y

Hêkpazoun 399919 737431 398637 737722

Ahouanseyzoun 435405 726677 434890 726978

Sindomè 435326 727145 434977 727295

Avogbézoun 434391 727358 434874 727636

Assanmeyzoun 416300 740887 415028 741021

ANNEXE 4 : LISTE ALPHABETIQUE DES ESPECES RENCONTREES.

Espèces Familles

Albizia ferruginea Mimosaceae

Albizia zygia Mimosaceae

Anthiaris africana Moraceae

Antiaris toxicaria Moraceae

Berlinia grandifolia Caesalpiniaceae

Bligia sapida Sapindaceae

Bligia unijugata Rubiaceae

Ceiba pentendra Bombacaceae

Celtis adolphifrederis Ulmaceae

Chassalia kolly Rubiaceae

Cola giganthea Sterculiaceae

Dialium guineense Caesalpiniaceae

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

Dichapetalum guineense Dichapetalaceae

Dracaena arborea Agavaceae

Ficus capensis Moraceae

Ficus exasperata Moraceae

Ficus thonningii Moraceae

Irvengia gobonensis Irvengiaceae

Leucaniodiscus cupanioides Sapindaceae

Malancantha alnifolia Sapotaceae

Mallotus oppositifolius Menispermaceae

Monodora myristica Annonaceae

Morinda lucida Rubiaceae

Olax subcorpiodea Olacaceae

Pavetta corymbosa Rubiaceae

Rothmania longiflora Rubiaceae

Spondias mombin Anarcadiaceae

Sterculia tragacantha Sterculiaceae

Teclea verdooniana Rutaceae

Trichilia heudelotii Meliaceae

Trichilia prieurianna Meliaceae

Triplochiton scleroxylon Sterculiaceae

Vitex doniana Verbenaceae

Zanthoxylum zanthoxyloides Rutaceae

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

ANNEXE 5 : GUIDE D’ENTRETIEN.

VIEUX ET CHEFS DE VILLAGE

Nom :…………………………………………………………………………………………
Prénoms :……………………………………………………………………………………
Age :……………………………………………………………………………………………
Durée de séjour dans la localité :………………………………………....................
1. Quel est l’historique de cette localité ?.......................................................
…………………………………………..………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
2. Le couvert végétal (les forêts) était-il ce qu’il est aujourd’hui ?...................
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
3. Que pensez-vous de la dégradation de ces ressources ?.............................
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4. Quelles sont selon vous les causes de cette dégradation ? ……………………
…………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………..….
5. Que peut-on faire pour limiter cette dégradation ?.....................................
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………...
- a cet égard, que pensez-vous de la forêt………………… ?..............................
…………………………………………………………………………………………………
……………………………..……………………………………………………………………
6. Depuis quand cette forêt-est-elle devenue sacrée ?.................................
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
7. Etait-elle plus grande que ce qu’elle est aujourd’hui ?...............................
.....................................................................................................................

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
7.1. Quelles sont les modifications subies ?.................................................
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
7.2. Quelles sont les causes les causes de ces modifications ?........................
…………………………………………………………………………………………………
………………….…………………………………………………………………………….
8. Sur le plan social quelles sont les utilités que cette forêt fournit à la
population …………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………..
8.1 Y-prélève-on des bois d’œuvre en cas de besoin ?.....................................
- Oui
-comment ?....................................................................................................
- à quelles occasions ?...................................................................................
- si non pourquoi ?........................................................................................
8.2. y-prélève-t-on des plantes médicinales en cas de besoin ?.......................
- Oui Quelle procédure suit-on ?.....................................................
- Non Pourquoi ?.............................................................................
8.3. A-t-elle réellement une utilité religieuse ?...............................................
- Comment ?..................................................................................................
9. Quels sont les critiques des populations à l’égard de cette forêt ?...............
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..
10. Pensez-vous qu’on peut y remédier ?.......................................................
-Oui Comment ?............................................................................
- non Pourquoi ?..............................................................................

LES ADEPTES DU VODOUN, LES CHEFS CULTES ET LES


GUERISSEURS TRADITIONNELLES

Nom :………………………………..…Prénoms :…………………………………………


Age :……………………………………………………………………………………………
Durée de séjour dans la localité :………………………………….........................
1. Quel type de vodoun adorez-vous ?...........................................................
……………………………………………………………………………….…………………

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

2. Quels sont les responsables de la forêt ………………. ?..............................


…………………………………………………………………………………………………
3. Fait-on des cérémonies rituelles dans cette forêt sacrée ?..........................
………………………………………………………………………………………………….
4. Citez-les et dites quand et comment se déroulent-elles ?............................
…………………………………………………………………………………………………
5. Quels intérêts la population en tire-elle ?..................................................
…………………………………………………………………………………………………
6. Quelles sont les raisons du maintien de cette forêt ?.................................
6.1. Le maintien du vodoun pour bénéficier de ses services ?
6.2. La protection de certains végétaux précieux pour la
médecinetraditionnelle
6.3. Le maintien de l’équilibre écologique ?
6.4. Autres à préciser
7. Y-prélève-t-on
- du bois ? Oui Non
- des plantes médicinales ? Oui Non
- des gibiers ? Oui Non
8. Si non pourquoi ?.....................................................................................
…………………………………………………………………………………………………
9. Si oui quelles sont les procédures à suivre pour un tel prélèvement ?.......
………………………………………………………………………………………………...
10. Quelles sont les autres formes de prélèvement ? Si possibles (citez-les)….
…………………………………………………………..………………………………………
11. Quels sont les inconvénients de cette forêt pour la population ? Dans le
domaine de :
- l’agriculture ………………………..……………………………………………………
- Rapport avec les autres croyances………………………………………………….
-La paix et la quiétude sociale (la sorcellerie)……………………………………..
-Autres à
préciser…………….………………………………………………………………………..

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

12. Quels sont les lieux sacrés de cette forêt ?................................................


…………………………………………………………………………………………………
- Toute la forêt
- Une partie de la forêt (dans ce cas quels rôles jouent les parties non
sacrées)………………………………………………………………………………………
13. Peu-t-on déplacer le vodoun qui y réside dans un temple spécialement
aménagé pour lui en agglomération ?............................................................
………………………………………………………………………………………………….
- Si non pourquoi ?.......................................................................................
14. A quels types de sanctions s’exposent les contrevenants aux règles
d’accès à cette forêt ?....................................................................................
Numéro d’ordre Types d’infraction Types de sanctions
1
2
3
4
5

15. Ces mesures arrivent-elles à susciter le respect de la forêt (ou des règles
d’accès) par la population ?...........................................................................
………………………………..………………………………………………………………..
16. Depuis son existence, quelles sont les modifications subies par cette
forêt que vous connaissez ?...........................................................................
………..………………………………………………………………………………………..
- En superficie ?.............................................................................................
- En composition végétale et animale ?...........................................................
………………………………………………………………………………………………….
- En ce qui concerne les règles d’accès ?........................................................
…………………………………………………………………………………………………..
17. Existe-t-il une jeunesse initiée pour prendre la relève de cette tradition ?
……………..........………………………………………………………………………......

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

18. Quelle est l’attitude des jeunes en général face à cette tradition ? ..........
- Favorable
- Défavorable à cause de :
- Des nouvelles religions
- De la scolarisation
- De la crainte des pré-faits de cette tradition
19. La forêt dispose-t-elle d’un statut juridique reconnu par l’Etat Béninois ?
- Oui
- Non

LES AGRICULTURES

Nom :…………………………………………………………………………………………..
Prénoms :…………………..…………………………………………………………………
Age :…………………………………………………………………………………………….
Durée de séjour dans la localité :………….………………………........................
1. Avez-vous assez de terre pour votre installation ici?...................................
2. Ne pouvez-vous pas prendre une partie de cette forêt pour votre
installation ?.............................…………………………………………………………
3. Que vous arriverait-il si vous le faisiez ?.....................................................
…………………………………………………………………………………………………..
4. En quoi cette forêt vous est-elle utile ? (sur le plan)
- culturel
- médical
-fourniture des biens et services
- Autres (précisez)
5. Si cette forêt revêt une quelconque utilité pour vous, est-elle actuellement
bien entretenue ?...........................................................................................
- Si oui, comment ?
- Si non, pourquoi ?
6. Face à la disparition des arbres, quelle est votre stratégie de régénération
de l’espace vert ?...........................................................................................

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique
7. Plantez-vous des arbres ?..........................................................................
…………………………………………………………………………………………………

8. Pour quel but ?.........................................................................................


…………………………………………………………………………………………………
………………………..

LES MENUISIERS

Nom :………………………………………..…………………………………………………
Prénoms :……………………………………………………………………………………..
Age :……………………………………………….…………………………………………..
Durée de séjour dans la localité :…………….………………………………………...
1. Depuis quand menez-vous cette activité dans le village ?...........................
…………….……………………………………………………………………………………
2. Où trouvez-vous du bois pour vos activités ?.............................................
- Achat
- Dans la forêt
- Autres (précisez)……..……………………………………………………….…..
3. Pour les bois prélevés dans les forêts naturelles, avez-vous aujourd’hui la
même facilité qu’auparavant ?........................................................................
…………………………………………………………………………………………………
4. Comment expliquez-vous cette situation ?.................................................
…………………………………………………………………………………………………
5. Avez-vous prélevé une fois du bois dans une forêt fétiche (laquelle,
précisez)
- A quelle occasion ?............................................................................
- Sans autorisation ?............................................................................
- Après avis de qui ?.............................................................................
- Quelle a été la procédure suivie ?.......................................................
6. Que pensez-vous de la gestion des bois de la forêt de …..……… ?…….......
…………………………………………………………………………………………………

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Contribution à l’étude de la dynamique des forêts sacrées de l’Atlantique

LES ADEPTES DES NOUVELLES RELIGIONS

Nom :……………………………………………………..……………………………………
Prénoms :……………………………………………………………………………………..
Age :………………………………………………………………………….………………..
Durée de séjour dans la localité :…………………………….………………………...
1. Quelle est votre religion ?..........................................................................
…………………………………………………………………………………………………..
2. Quelle position occupez-vous dans la hiérarchie de votre congrégation
religieuse ?....................................................................................................
3. Quelle est la religion de vos parents ?........................................................
- Père
- Mère
- Grand-père
- Grand-mère
4. Connaissez-vous la forêt sacrée ……………… ?...........................................
……………………………………..……………………………………………………………
5. Pensez-vous qu’elle procure un bienfait à la population sur le plan ?..........
-culturel ?......................................................................................................
- de la pharmacopée ?...................................................................................
- de la conservation des végétaux et des animaux ?.......................................
- autres (précisez) ?.......................................................................................
6. Quels sont les inconvénients de cette forêt pour la population ?.................
…………………………………………………………………………………………………
7. Que faites-vous dans votre religion pour promouvoir la bonne gestion des
ressources naturelles ?.................................................................................
8. Est-il possible (au niveau de votre religion) d’envisager un lieu saint local
qui puisse permettre la régénération de l’espace vert ?..................................

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