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Joseph chiu yuen Ho

La doctrine de la participation dans le commentaire de saint Thomas d'Aquin sur le Liber de causis
In: Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, Tome 70, N°7, 1972. pp. 360-383.

Abstract The doctrine of participation in St. Thomas' Commentary on the « Liber de causis ». Recent research has shown that the notion of participation occupies a very important place in the metaphysics of St. Thomas. To study the formation of this notion, it is necessary to take note of the In de Causis because : 1) In it the various sources of Neoplatonism are given — the Liber de Causis, the Elementatio Theologica of Proclus and the thought of pseudo-Dionysius ; and 2) The In de Causis, dated 1270, is one of the holy Doctor's mature works. Actually, the present article is a resume of a doctoral dissertation wherein the Commentary on the Liber de causis is thoroughly analysed. Résumé Des recherches récentes ont montré que la notion de participation occupe une place très importante dans la métaphysique de saint Thomas. Pour étudier la formation de cette notion, L'In de causis est un ouvrage indispensable pour les raisons suivantes : 1) Les différentes sources du néoplatonisme y sont présentées : le Liber de causis, l'Elementatio theologica de Proclus et la pensée du pseudo-Denys. 2) L'In de causis, daté de 1270, est un ouvrage de la maturité du saint Docteur. L'article présent est en effet le résumé d'une dissertation doctorale où le commentaire sur le Livre des causes est entièrement analysé.

Citer ce document / Cite this document : chiu yuen Ho Joseph. La doctrine de la participation dans le commentaire de saint Thomas d'Aquin sur le Liber de causis. In: Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, Tome 70, N°7, 1972. pp. 360-383. doi : 10.3406/phlou.1972.5681 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/phlou_0035-3841_1972_num_70_7_5681

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Le commentaire de saint Thomas sur le Livre des causes est rel ativement peu connu et a été peu étudié. On en possède cependant, depuis 1954, une excellente édition critique, qui est l'œuvre du P. Saffrey, O.P. (x). Nous ne pourrions mettre mieux en relief l'intérêt philosophique de cet ouvrage qu'en exposant un thème métaphysique qui inspire tout le commentaire : la doctrine de la participation. Mais il faudra rappeler d'abord ce que fut le Liber de causis pour les maîtres du moyen âge et ce qu'on en sait aujourd'hui. Il faudra présenter ensuite le commentaire de saint Thomas dans son ensemble : impor tance de cet écrit, date de composition, buts poursuivis par l'auteur, méthode d'exposition, sources exploitées. Ces données établies, nous pourrons aborder les principaux aspects de la doctrine de la participa tion telle qu'on la trouve dans le commentaire.

I Le Liber de causis La grande diffusion du Liber de causis (2) et les nombreux comment aires médiévaux de cet écrit montrent l'influence énorme qu'il a exercée sur la littérature philosophique et sur la pensée du moyen (!) H.D. Saffrby, Sandi Thomae de Aquino super Librum de causis expositio, Fribourg (Suisse), 1954. (2) Ibidem, p. xv : « l'on estime qu'il existe encore aujourd'hui entre 120 et 150 manuscrits de ce texte latin ».

3-B-38 du Seminario Maggiore d'Aoste. n° 1269. La plupart des manuscrits attribuent le Liber de causis au Stagirite. (4) A. Fribourg. Dans Vexplicit du ms. on trouve le titre suivant : « Liber Aristotelis de expositione bonitatis pure » (8). 3. Golius 209. pp. 267-281. car. Les Latins du moyen âge sont hésitants quant à l'auteur du Liber de causis. Dans ce manuscrit. episcopi Pictaviensis. 1934. Berlin. A notre connaissance. Ari8toteles Latinus. 1. (8) Cf. Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de la ville de Bruges. 519-521. 2. p. Oesta Abbatum Monasterii Sancti Albani a Thoma Walsingham. dans Berum Brittanicarum Medii Aevi Scriptores. qui possédait déjà vers la deuxième moitié du xne s. sive de intelli- (3) H. Vol.La doctrine de la participation 361 âge latin (3). De Pooeteb. On lit dans Yexplicit du Vat. Codices I. Pour les xme et xrve siècles. le Liber de causis est un écrit très intéressant. de Leiden. 24 de la Bibliothèque bodléienne à Oxford. héritage des grandes religions monothéistes. 2089 : « Expliciunt canones Aristotelis de porno eterno. datant du XIIIe siècle et l'un des plus anciens actuellement connus du Liber de causis. attribue le Liber à Avendauth (5). d'autre part la notion de création. on lit : « Finite sunt propositiones magistri Guileberti Poretensis.Albans. 58. Aristote serait l'auteur des propositions du Liber de causis et le commentaire serait d'Alfarabi. 192. 1882. Il faut noter aussi que le texte arabe du ms. Riley. pp. Gembloux-Paris. L'auteur du Liber de causis serait Gilbert de la Porrée. dans Die Metaphysik im MittelaUer. Ari8toteles Latinus. Ce manuscrit provient de l'abbaye de Saint. Le ms. (8) Cf. Saïtbey. comme en témoignent les attributions variées des manuscrits. Manifestement l'auteur a voulu concilier ces deux positions doctrinales. 1963. Londres. datant du xnie siècle. Codices II. à la fin du Liber de causis on lit : « Explicit Metaphysica Avendauth >. n° 340. vel liber de causis » (4). 4.D. Dans le ms. porte le titre suivant : « Livre de l'exposition d' Aris tote au sujet du bien pur». est aussi mise en évidence. daté de la fin du xne siècle ou du début du xnie. c'est l'unique manuscrit qui attribue le Liber de causis à Gilbert de la Porrée. Au plan doctrinal. . Selden sup. voir l'édition de Bardenhewer. 1876. L'état actuel des recherches sur le Liber de causis comme source de la métaphysique au moyen âge.T. si l'influence du néoplatonisme y est très nette. lat. 463 de la Bibliothèque de la ville de Bruges. ces attributions peuvent être résumées comme suit : 1. p. un scriptorium bien organisé : voir H.

2. 2984. sive de essentia pura bonitatis. mais Alfarabi aurait composé le commentaire. Dans un «livret de l'étudiant» composé entre 1230 et 1240. The Continuity of the Platonic Tradition during the Middle Age. et litt. 1889. (9) R. / divieti ecclesiastici di Aristotele sotto Innocenzo III i Oregorio IX. Codices II. q. p. Beitrâge zur Aristotelesbcnutzung Alberts des Qrossen. (10) M. le passage sur le Liber de causis se trouve à la p. Les propositions seraient de Proclus.. la formule constante des citations du Liber de causis devient : « in libro O Cf.. on lit le titre suivant : « Proclus collegit propositions libri de causis ex dictis quorundam philosophorum. that the Liber de causis was. Klibansky. lat. 116. 1963 (30).-Th. the expression of Aristotle's mature thought. p. qui était un des correspondants de l'empereur Frédéric II (9). d. (12) H. Aristoleles Latinus. 1939. pp. Paris. Selon M. dans Philosophisches Jahrbuch. . Au folio 217r du ms. 1933 (46). In I Sent. le Liber de causis se trouve parmi les œuvres d' Aristote dont la « lecture » est imposée aux étudiants (12). voir aussi M. Klibansky. this work was considered by many Latin scholars as a genuine Aristotelian work». Chartularium Universitatis Parisiensis. C'est le premier indice que nous avons de la présence du Liber de causis dans le milieu universitaire de Paris ("). d'Alvebny. Denifle. Mais dans le Commentaire sur les IIe et IIIe livres des Sentences. daté du xme s. Londres. sive de causis expositi ab Alpharabio ». le Liber de causis est généralement attribué à Aristote au xine siècle. 5. with the Liber de porno. pp. 450-463. 1. 1. Ce manuscrit a été découvert par le P. a.A. 1941. (18) Par exemple. o.8. Borne. Alpharabius vero fecit commentum»(8). doctr. (u) Ibidem. 49. the philosopher Ibn Sab'in. Ce manuscrit date du xine siècle (7). Aristoteles Latinité. Codices II. Le Liber de causis était généralement incorporé à la Métaphysique d' Aris tote (io). Vat. Pelstee. 256-258. sive de esse.362 Joseph chiu yuen Ho gentiis. dans Arch. 17 : « From the time the Emperor Frederick II was informed by his Arabic correspondent. Pelster : voir F. du M. n° 1877. Malgré ces attributions multiples des manuscrits.. Saint Thomas avait attribué explicitement le Liber de causis à Aristote dans son Commentaire sur le premier livre des Sentences (1S). l'auteur a joint le Liber de causis à la Metaphysica vêtus et à la Metaphysica nova pour constituer ensemble le programme du cours de métaphysique. 278. d'Hist. p.l. Gbabmann. pp. 113-127. les Latins doivent cette information au philosophe arabe Ibn Sab'în. Avicenna Latinus. (8) Cf. n° 1846. Dans le statut de la faculté des arts de Paris en date du 19 mars 1255.

H. dans Gôttingische Gelehrte Anzeiger. 54-55. Catalogua librorum hebrœorum in Bibliotheca Bodleiana. M. Die Scholastik des dreizehnten Jahrhunderts in ihren Beziehungen zum Judenthum und zur Jûdischen Liter aiur. Steinschneider (18). tr. (") Cf. P. t. Le Liber de causis.l. q. 1956(131). Pattin. 3-10. Berlin. Bodleian Library. ad 3. 377-378. pp. 1966 (28. 525-526. (23) J. d'Oxford. Jourdain. 1945 (X. In II Sent. pp. Over de Schrijver en de Vertoler van het Liber de causis. Guttmann.A. p. (21) P.A. (24) A. Jourdain (17). . Paris. le saint Docteur n'attribue jamais le Liber de causis au Philosophe dans la Somme Contra Gentiles et dans la Summa iheologiae (15). (1S) C. 1916. spécialement pp. p. a. 1852. 545-546. 2). Aujourd'hui encore. Alôkso. ibidem. c. Le Système du Monde. (17) A. et sur les commentaires grecs et arabes employés par les docteurs scolastiques. A. ql. dans Tijd' schrifi voor Filosofie. 93. pp. La confirmation d'Albert le Grand dans le De causis et processu universitatis. l'identité de l'auteur du Liber de causis reste mystérieuse. 183-185. Les opinions des historiens modernes peuvent être résumées ainsi : 1. Dobessb. (") Par exemple.l.l. 334-338. Selden 24 : « Explicit Metaphysica Avendauth». C'est seulement à partir de son Commentaire sur le Liber de causis qu'il connaît la parenté doctrinale entre YElementatio iheologica de Proclus et le Liber de causis (16). 237-238.. J.3. (19) D. Vansteenkistb. 1902. (18) M. dans Angdicum. sol. 331. p. cols. 1. Le silence du monde arabe prouve que le Liber de causis n'a existé qu'à partir de la première moitié du xne siècle. 741-743 et 1404. Paris. Doresse(23)etA. (22) M. compte rendu sur l'ouvrage de Bardenhewer. Lib.10. Kaotmak». 1883 (I). J. M. 1958 (35). dans Bévue de l'hiatoire dea religions. In III Sent. 1. d. q.3. c. Steinschneideb. édition Saiwrey. 1). d. Las fuentes Uterarias del Liber de causis. Duhem («). Recherches critiques sur l'âge et l'origine des traductions latines d'Aristote. II Liber de cousis negli acritti di San Tommaso. 1843. Alonso (22). Les sources du Liber de causis. 1961 (23). IV. dans Andalus. b. 3. a. pp. Le témoignage du cod. II. Kaufmann (19). 1. (20) J. Pattin(24) ont tenu cette position. fasc. pp. Guttmann (ao). pp.La doctrine de la participation 363 de causis dicituri>(14). 2e édition. De même. Duhem. D.l. Breslau. Arguments en faveur d'Avendauth : a.

2984. Fribourg. . P. Saffrey. 458-463.D. 519-533. Akawati. L'état actuel des recherches. b. 108. D'ailleurs les recherches récen tes ont montré qu'il a existé un mouvement néoplatonicien très im portant dans le monde arabe. Oxford. I. II. Kraus. xxx. Pelster. (29) P. Badawi. pp. pp. par exemp le le cod.C. faso. The Elements of Theology. 211. (27) F.. bekannt under den Namen Liber de causis. comme 0. 1956. Les arguments sont les suivants : a. R.364 Joseph chiu yuen Ho 2. lat. Anawati(30). 2089 (2«). 1933 (46).. (32) A. (28) O. p. lat. H. Certains mss. attribuent le Liber de causis à Alfarabi. dans Mélanges Louis Massignon. Proclus serait l'auteur des thèses. 1936 (113). affirment l'origine arabe du Liber de causis avant le Xe siècle. Seitrâge zur Aristotelesbenûtzung Alberta des Qrossen.. 83. cit. Les auteurs qui. L'autorité d'Albert le Grand. dans Revue de l'histoire des religions. p. p. Vat. Origine arabe plus ancienne. Die pseudo-aristotelische Schrift ûber das reine Oute. 22. Bédoret. art. 61-71. p. On peut noter également une similitude de voca bulaire avec la Théologie d'Aristote (33). xx. Un fragment prétendu de la recension d'Eustochius des œuvres de Plotin. (25) H. Bardenhewer (28). L'auteur et le traducteur du Liber de causis. dans Bévue Néosc. Proclus. Kraus (29). qui attribue le Liber de causis à Alfarabi dans sa Summa de creaiuris. s'appuient principalement sur des données de critique interne. pp. 39-49. David Avendauth serait le traducteur latin de l'ouvrage (27). p. 1933. XII. Paris. 1882. Steels. 273. pp. En fait certains mots caractéristi ques du Liber de causis sont aussi employés dans d'autres écrits néoplatoniciens. Opera haetenus inedita Rogerii Baconis. t. 1935. (31) H. Anawati. 3.D. Voir aussi E. Dodds. p. Gr.O. (2«) Cf. identique au Liber de essentia purae bonitatis. Pelster. Pour le P.C. (30) G. Prolégomènes à une nouvelle édition du De causis arabe. la note 7.D.. Oxford. Bardenhewer. 1938 (41). Vat. Damas. Saffrey(31) et A. Alfarabi est très probablement l'auteur du Liber de causis (25). qui a découvert le ms. de philosophie. dans Philosophisches Johrbuch. Arguments en faveur d'Alfarabi : Pour le P. (33) G. Bédoret. 1968. Badawi(32). La transmission de la philosophie grecque au monde arabe. Alfarabi aurait composé le Liber de causis. q. Quaestiones supra librum de causis.

car on trouve dans le texte latin du Liber de causis des mots qui sont généralement employés par Dominique et non par Gérard. Pelster (34). (M) A. A propos du traducteur du Liber de causis. Le Liber de causis.. («?) Ibidem. 78-82. C'est l'unique (34) p. Pelster. L'auteur attribue le rôle de traducteur à Avendauth. qui venait d'être traduit par Guillaume de Moerbeke . Die Kurze Vita und dos Verzeichnis der Arbeiten Qerhards von Cremona von seine Schviem und Studiengenossen kurz nach 1187 verabfasst.La doctrine de la participation 365 II nous semble que jusqu'ici aucun argument décisif ne permet de déterminer l'identité de l'auteur du Liber de causis. . Stjdhopf. pp. YElementatio theologica et le pseudo-Denys. pp. (38) K.. sauf la contestation du P. En comparant avec le Canon medicinae traduit par Gérard. 98-100. mais encore parce que ce dernier disposait à ce moment d'un autre écrit néoplatonicien. Beitrâge. à Proclus et à Gilbert de la Porrée doivent être rejetées. II Le Commentaire de saint Thomas Le commentaire de saint Thomas est très important comme témoin du dernier développement de sa pensée. 1966 (28). der Mediz. Ainsi le mot « intellectibilis » ne figure jamais dans les autres traduc tions de Gérard. 100. Pattin. dans Tijdschrifi voor Fiîosqfie. La version latine est due à Gérard de Crémone et elle a été effectuée entre 1167 et 1187.. les recherches doivent s'orienter vers les sources arabes. Mais l'hypothèse selon laquelle Dominique Gundisalvi aurait fait quelques corrections à la traduction de Gérard de Crémone. mais bien dans le De anima de Dominique (37). à Avicenne. 1914 (VIII). est très acceptable. fur Oesch. dans Arch. YElementatio theologica de Proclus. pp. à Tolède. On trouve dans la liste des versions arabo-latines faites par Gérard un écrit intitulé Liber Aristotelis de expositions bonitatis purae.. tout au long de son commenta ire. on constate la parenté des vocabulaires des deux traductions (36). les savants sont beau coup plus unanimes. saint Thomas fait une comparaison remarquable entre le Liber de causis. qui est sans doute identique au Liber de causis (35). p. 462-463. non seulement parce que ce commentaire se situe deux ou trois ans avant la mort de l'auteur. Quant à la solution positive. Les attributions à Aristote.

A propos du problème de l'unicité de la forme substantielle. Fribourg (Suisse). p. 1. l'auteur n'a pas l'intention de critiquer la théorie des formes séparées des Platonici. 3. a. les objections 1 et 2 sont construites sur le texte d'Aristote et les deux autres n'ont aucun rapport avec la théorie des formes séparées. pp. . p. 1954. puisqu'il nous renseigne sur l'évo lution de la pensée du saint Docteur et spécialement sur son attitude vis-à-vis des Platonici. Walz . 76. chapitres IX et XVI (selon l'édition Perrier). CCLxm.D. Saffrey. Pjsbrusb. D'après l'étude minutieuse du P. p. la Quaestio de spiritualibus creaturis. dans Opem omnia de saint Thomas. a. pp. Die Werke des heiligen Thomas von Aquin. p. Novabina. L'argumentation du P. editio Leonina.4 . pp. Saffrey. P. le commentaire sur la 3e proposition du Liber de causis. 163-164. le commentaire de saint Thomas se situe entre 1270 et 1272. Il est important de le dater avec précision. Sancti Thomae de Aquino super IAbrum de causis expositio. Cette comparaison permet de constater ce qui suit. Fribourg (Suisse). Makdokket. déjà employé dans la Quaestio de spiritualibus creaturis. M. xxxm-xxxvr. 104. le traité De substantiis separatis. (41) Ibidem. (4°) A. 147. Ia.P. La manière d'exposer la doctrine platonicienne est très semblable à celle du In de causis. (38) J. L'argument que l'on trouve dans la Quaestio de spiritualibus creaturis (1267-1268) (40) est beaucoup plus développé que celui de la Somme théologique et a pour but de réfuter la théorie des formes séparées (41). 215. Munster. On y trouve l'exemple de l'animal bipes. Saint Thomas à"Aquin (Philosophes médiévaux. nous avons comparé les arguments de quatre écrits de saint Thomas : la Somme théologique. ce fut probablement un des derniers écrits composés à Paris (89). 1962. 1910. L'authenticité du commentaire n'a jamais été contestée (88). 1. Le chapitre IX du De substantiis separatis (1272) critique la parti cipation des différentes formes substantielles (42). q. 39-45. Des écrits authentiques de saint Thomas d'Aquin. Ia pars (1267-1268). nous nous bornons à ajouter les remarques suivantes : 1. Dans la Somme théologique. 1949. de RtTBEis.366 Joseph chiu yuen Ho écrit dans lequel il étudie en même temps ces trois formes différentes du néoplatonisme. Grabmann. (39) H. V). Saffrey est solide . Louvain. (42) Éd.

mais il est tiré du commentaire d'Averroès Super VIIIm Physicorum (46). éventuellement. Voici le texte : « Haec enim videtur esse efficacissima ratio ponentium aeternitatem mundi. l'argument est plus condensé. quae sumitur ex immobib'tate factoris» (45). p. le but premier est naturellement de préciser la position doctrinale de cet écrit et. Saint Thomas a été rappelé en Italie après la fête de Pâques (24 avril 1272). pour l'éternité du monde.. La parenté entre le De substantiis separatis et Vin de causis fait penser que ces écrits sont contemporains. 24. Les buts de YExpositio in Librum de causis sont manifestes. 23. saint Thomas con damne explicitement la théorie des formes séparées. 75. ni dans le traité Deaeternitatemundi. 25-p. mais. Cette décision inopinée est tombée assez soudainement. tout au long de ce commentaire. le commentaire de saint Thomas devient soudain beaucoup plus bref. peut-être par son départ imminent de Paris pour Naples . qui est communément daté de 1270» (44). de le critiquer en s'appuyant («) Éd. car l'année scolaire n'était pas terminée. (**) Ibidem. ou bien si simplement les textes qui suivent la proposition 20 sont dépourvus d'intérêt doctrinal à ses yeux. p. Saffeby. Tout d'abord. xxxiv. Saffrey basé sur le fait que « saint Thomas mentionne dans le commentaire sur la proposition 11 une ratio efficacissima contre l'éternité du monde . 7 et seq. 1. mais le commentaire d'Averroès n'y est pas mentionné. («) Ibidem. Une autre remarque concerne l'argument du P. p. (47) G. Kappelons que. A partir de la proposition 21. au contraire. il ne s'agit pas d'un argument contre l'éternité du monde. . On peut se demander si l'auteur était pressé de se libérer pour de nouvelles occupations. 180-210. En fait. 3-4. 39. Le même argument se trouve dans l'opuscule de Boèce de Dacie De aeternitate mundi (47). 3. qui n'est utilisée ni dans le commentaire sur la Physique.. p. Berlin. Boetii de Dacia Tractatus de aeternitate mundi (QueUen und Studien zw Geschichte der Philosophie. 75.La doctrine de la participation 367 Dans Vin de causis. IV). mais l'exemple de Socrate ne se trouve dans aucun des trois autres écrits (43). 1964. p. («) Ibidem. 3. 2. Sajô. prop. d'autant plus que ce sont les seuls écrits où saint Thomas cite YElementatio theologica d'après la traduction de Moerbeke. vu l'importance accordée au Liber de causis et sa grande diffusion. Cet argument n'est pas non plus inventé par saint Thomas.

Partie correspondante de Y Elementatio theologica. Comme dans ses autres commentaires. L'autorité de la foi n'intervient qu'à titre de référence. L'examen attentif du commentaire conduit. croyons-nous. le commentaire sur la 23e proposition. saint Thomas ayant reconnu la parenté doctrinale qui existe entre le Liber de causis et Y Elementatio theologica. le commentaire sur la 2e proposition. Enfin. Notions ou définitions à éclaircir (dubia circa litteram) : voir. En outre. il a procédé à une comparaison très précieuse entre le Liber de causis. par exemple. par exemple.368 Joseph chiu yuen Ho sur le pseudo-Denys. le commentaire In de causis n'est guère différent des commentaires de saint Thomas sur les écrits d'Aristote. c'était l'occasion de critiquer les positions des Platonid. Presque toujours. Cet esprit systématique est une des caractéristiques de sa pensée. jugement de saint Thomas sur la doctrine exposée. par exemple. Exposé doctrinal : a. saint Thomas essaie tou jours d'encadrer le texte à exposer dans une structure rigidement logique. Tantôt les commentaires sont plus littéraux. Situation du texte : a. tantôt le développement est plus libre. Place de la proposition dans l'ensemble du Livre. les Platonid. aux constatations suivantes : 1. notamment la théorie des formes séparées. le commentaire sur la 24e proposition. elle n'est jamais citée comme argument. très souvent. compar aison avec la partie correspondante de Y Elementatio theolo gica. b. et saint Thomas n'a pas caché son intention de le faire. Proclus et le pseudo-Denys. b. 2. ltd. Cette méthode comporte les étapes suivantes pour chaque proposition : 1. d. Exposé du contenu de la proposition et. Confrontation des opinions : Aristote. c. a voulu déterminer dans quelle mesure le premier dépend du second. En ce qui concerne la méthode d'exposition. le pseudoDenys et l'auteur du Liber de causis. Ensuite. fides Christiana est mentionnée à propos de cinq questions : .

p. 96. — La forme qui est plus abstraite et plus universelle. p. 68. p. p. intermédiaires entre le Summum Bonum et l'ordre des intellects? La réponse de la foi (et aussi celle d'Aristote) est négative (51). (66) Ibidem. ils sont mus par un esprit (49). («0) Ibidem. p. 15. 1. 13. 6. 47. 17. — Les corps célestes : la foi nous dit que les corps célestes ne possèdent pas d'âme . p. 28. p. 94. 104. 27 . 10. 38. p. 8. p. 27. p. 13. 13. p. (54) Ibidem. p. p. 15. — Y a-t-il des formes séparées. («) Éd. . p. — Le premier principe est l'Idée de Bonum et d'Unum (59). 13. 82. 22. 5. p. 137. 58. Platon lui-même est cité trois fois. 43. 13. 26. (69) Ibidem. p. 44. 74. Leurs doctrines peuvent être ramenées aux points suivants : — Les formes séparées sont éternelles (56). 9. 20. 41. p. p. 15. p. p. (5?) Ibidem. 104. 67. — Le corps et l'âme participeront-ils ensemble à la vie future? La réponse de la foi est affirmative (50). p. 17. p. 94. p. — Sur les divers modes de la causalité. p. 27. p. selon les saints Docteurs. 28. 25. 12. 15. — La matière première ne participe pas à l'être (55). 2. 18. Les Platonici sont mentionnés trente fois et les positiones platonicae sept fois. p. est plus parti cipée (57). 79. 16-17. 22. (62) Ibidem. 12. p. (66) Ibidem. 11 . 83. 3. 78. 16. 8. 6. 33. p. 15. — Les formes existent en soi (64). 92. 9. 14. p. (68) Ibidem. Saffeby. p. 9. Saint Thomas n'indique pas les sources d'après lesquelles il cite l'opinion de Platon et des Platonici. p. — Le premier dans un genre lui appartient par son essence et est participé par les autres sujets du genre (58). 20. 2. (63) Ibidem. («) Ibidem. (Si) Ibidem. 19. 22. à propos de trois questions : — L'âme est le principe de son propre mouvement (63). 31.La doctrine de la participation 369 — L'éternité du monde : la foi enseigne que le monde n'a pas toujours existé et n'existera pas toujours (48). p. on rencontre l'unique passage où la foi est déclarée en accord en même temps avec Platon et Aristote (52). 15. mais. 15. p. p.

Vansteenkiste. dans le commentaire sur la première proposition. La version latine de V Elementatio theologica a enrichi énormé ment la connaissance que saint Thomas avait du néoplatonisme. L'utilisation de cet écrit est généralement très précise . 82. 44. p. parfois cepen dant elle appelle quelque correction : ainsi. («I) Ibidem. 21. Prodi Elementatio theologica translata a Guilelmo de Moerbeke. 291. p. tant par la structure que par l'exemple employé et par les raisonnements développés (69). 87. Le mot Platonici a un sens très vague. 23. («2) Ibidem. («) Ibidem. La théorie des formes séparées est considérée par saint Thomas comme une théorie fondamentale du platonisme. 1951(13). p. p. (»7) Ibidem. 106. sur la base de cette doctrine caracté ristique. 24. Il semble que saint Thomas n'est pas conscient du développement historique considérable du néoplatonisme. p. 68. 20.370 Joseph chiu yuen Ho — L'Être est une forme séparée. 21 . — L'Ame possède un corps incorruptible (fl4). 10. 1. 3. («S) Ibidem. p. 12. p. (°9) Éd. p. 7. («3) Ibidem. — L'individu participe de plusieurs formes (67). 144. La théorie de l'émanation n'est jamais traitée dans son commentaire. 4. 2. dans Tijdschrift voor Filosofie. p. 106. — Le réel comporte quatre ordres (65). 10. p. 23. alors que la 70e proposition de Proclus est beaucoup plus proche de la pre mière proposition du Liber de causis. 15. — L'Intelligence participe à l'ordre des Idées (61). 3. 41. 5. p. saint Thomas estime que les propositions 56 et 57 de Y Elementatio correspondent à cette proposition (68). . 19. 4. — Il existe plusieurs dieux dans l'ordre des dieux (66). à opposer la doctrine du (««) Éd. p. 38. p. à plusieurs reprises. («4) Ibidem. p. p. 29. 38. Il est conscient du fait que la doctrine de la création y est exprimée et. 103. elle est citée pour être réfutée. (<W) Ibidem. 67. Le commentaire de saint Thomas révèle une connaissance profonde du Liber de causis. 4. p. 16-23. il n'hésite pas. — L'Ame est le principe de son propre mouvement (62). 30. Proclus est un repré sentant des Platonici. — L'Ame subit l'influence de l'Intelligence (63). supérieure à la Vie et à l'Intell igence (60). p. Saffrby. p. 29.

. ad 10. 6. In IX Metaph. commun à tous les existants. Tout au long de son commentaire. Pattut. 18. 136. qui est un donné phénoménal. Saiwbey.l. une manifestation singulière de Y esse. condamnée expressément. Dans la terminologie de saint Thomas. a. dans le commentaire de la proposition 4.2.ll. Dans les passages obscurs. par lequel Yens est et sans lequel il devient néant. saint Thomas fait toujours siennes les positions du pseudo-Denys . La notion de Vesse A partir du fait d'exister.2.33.La doctrine de la participation 371 Liber aux positions communes du platonisme. 20-21. q. a. à plusieurs reprises. 6. saint Thomas adopte la méthode de la benigna interpretation notamment en ce qui concerne l'éternité du monde. Et dans la Somme théologique : « Esse (70) In I Sent. 21. 5. notamment à la théorie des formes séparées. Il profite également de certains passages obscurs pour exposer sa propre pensée : par exemple. IX. 5. (7«) Éd. principe ultime. 17-p..l. 26-p. p. q. 1896-98. 101. (71) Éd. l'auteur inconnu emploie l'exemple de la composition et de la décomposition d'un être concret pour démontrer que l'esse est la forme la plus intime des étants (71). 135. p. On peut souligner certaines caractéristiques de Yesse : a. la réflexion philosophique découvre l'acte d'exister. il interprète la composition de l'infini et du fini dans le sens de la composition de Vesse et de Yessentia. . Yens est un existant concret. Aristote reste toujours la première autorité. Développant la première proposition du Liber de causis. saint Thomas écrit à la proposition 18 : « Esse igitur. ad 3. a.. tandis que Yesse est l'acte par rapport à l'essence. commune est omnibus » (72). d. L'esse est considéré comme l'acte premier. ad 1. quod est primum. Quodl.l. leot. III La doctrine de la participation 1.l. De pot. il critique la position des Pîatonici à l'aide de l'autorité du pseudo-Denys. p. Satfbby. sauf en ce qui concerne l'éternité du monde. l'acte le plus intime d'un étant concret (70). éd. nn. q. Dans son commentaire.

non enim bonitas vel humanitas significatur in actu. a.3. cum sit formale respectu omnium quae in re sunt» (73). car c'est de Vesse que toutes les autres perfections ontologiques dérivent : « Omnium perfectiones pertinent ad perfectionem essendi»(74). p. il exige une cause plus parfaite. Oportet igitur quod ipsum esse comparetur ad essentiam quae est aliud ab ipso. L'être. et hoc modo dicitur aliquid fieri per creationem. Quia ergo intelligere praesupponit vivere et vivere praesupponit esse. 7-11.. Dans Vin de causis. p. ne présuppose aucun autre acte. mais aussi dans la hiérarchie des perfections. c. Saothey. inde est quod Primum Ens dat esse omnibus per modum creationis» ("). donc la causalité de l'être est une production ex nihilo : « alio modo causatur aliquid nullo praesupposito. y Ibidem. 3. sicut actus ad potentiam » (76). esse autem non praesupponit aliquid aliud prius.372 Joseph chiu yuen Ho est illud quod magis intimum cuilibet et profundius inest. Is. L'esse est le premier effet de la création. et sic non ponemus multos deos sed unum» (75). on lit : « esse est actualitas omnis formae vel naturae . 104. I». q.4. I». a. Il ne s'agit pas de deux éléments séparés. or l'être est l'effet le plus commun . 20.. donc c'est l'effet propre de Dieu. Summa theol. ag^r / In de causis. b. Oportet enim dicere quod omnia ista sunt essentialiter ipsa Prima omnium Causa. d. (73) (7*) (75) (76) (") Summa theol. o. L'esse est l'acte premier non seulement chronologiquement. In de causis. 5-11. Toutes les formes ne sont que des puissances en comparaison avec Yesse. Une autre raison est fondée sur le principe suivant : quand un effet est plus commun. JJesse est l'actualité de l'essence. leur rapport peut être exprimé par le couple aristoté licien acte et puissance. Dans la Somme théologique. prop.8.2. prop. o. 18. Secundo. Saïtbey. a qua res participant omnes hujusmodi perfectiones. nisi prout significamus earn esse.l. « Quia enim primae et supremae causae efficacia seu causalitas ad plura se extendit. . comme acte premier. éd. ut scilicet aliud esset per se bonitas et aliud per se esse et aliud per se vita et sic de aliis. cette conception de Vesse joue un rôle décisif contre la théorie platonicienne des formes séparées : « Hanc autem positionem corrigit Dionysius quantum ad hoc quod ponebant ordinatim diversas formas separatas quas 'deos' dicebant.4. q. q.. éd. a.

On arrive alors à distinguer une double composition : la composition de la forme et de la matière. ensuite. Ils sont dissemblables. consequens est quod non semper habeat praedictam habitudinem ad (78) In de causis. par la matière individuelle s'il s'agit d'êtres matériels. qui est comblée parfaitement par la forme participée. 68. il n'y a plus aucune raison de changement substantiel. éd. en recevant une nouvelle forme. prop. elle peut donc toujours être transformée. p. 1. La composition constitutive des êtres finis La ressemblance et la dissemblance existent concrètement dans chaque étant. La composition de forme et de matière reste au plan essentiel. qui est pure puissance. 7-9. 4. p. prop. comme celle des corps célestes. éd. ni la matière seule. ne peut être actuée pleinement par la forme. Mais s'il existe une matière. et l'e ssence a une relation définie à l'esse : « Kes autem composita ex materia et forma non habet esse nisi per consecutionem suae formae : unde per suam formam habet habitudinem ad primum essendi principium . Saffbey. Dans les êtres matériels. et la composition de l'esse et de l'essence. (") Ibidem. 9. Voici un texte du comment aire à la proposition 10 du Liber de causis : « Materia enim inferiorum corporum participât quidem formam aliquam ad esse specificum. en ce qui con cerne le rôle créateur des Intelligences. 2. 25-p. Tout au long de Y In de causis. saint Thomas manifeste son souci de défendre cette conception en présence de certains passages dangereux du Liber de causis. tout d'abord par leur nature spéci fique . . sed tamen illa forma non repletur materiae potentia. Saffbey. Les êtres finis sont semblables. notamment des propositions 3 et 9. 10. C'est la cause du devenir du monde matériel. ensuite par leurs propriétés communes. ni le composé ne suffisent à rendre compte de l'existence concrète.La doctrine de la 'participation 373 necesse est quod id quod primo subsistit in omnibus sit a prima omnium causa »(78). materia vero caelestium corporum repletur forma quam participât. sed quia materia tempore praeexistit formae in hac re generata. mais la matière. La forme est participée par la matière comme l'acte par la puis sance. ni la forme seule. quae adhuc ad alias formas se extendit . quia non remanet in ea potentia ad aliam formam» (79). 69. tout d'abord parce qu'ils possèdent tous l'acte d'exister .

éd. 20-26. (83) Ibidem. sed quia ipsa non est suum esse. p. 9-18. 50-53. 157. il s'agit ici de la composition de Yessentia et de Yesse : bien que l'essence des substances spirituelles subsiste en soi. 142. Pour saint Thomas. l'Intelligence est composée du fini et de l'infini (82) . 126. 13-14. Saffbey. prop. éd. Pattin. p. la perfection de l'être est participée d'une manière finie ou limi tée(84). 64. 26-p. éd. La nature. 9. sed postmodum superveniente forma» (80). 30. 3. p. sed etiam ipsum corpus cujus est forma. 25. Pattin note que yliatim a été traduit par universitas dans la prop. prop. (86) Ibidem. prop. . éd. 4. quia corpus naturale est vere compositum ex materia et forma. Selon le Liber de causis. Satfrey. 64. (Si) Ibidem. 6-8. 6. note h. prop. Saint Thomas traduit le même mot par materia : « Nam intelligentia habet yliatim. p. dicitur enim yliatim ab yle. Saffeby. p. p. 94-97. p. S'il existe une forme qui subsiste en soi et n'a pas besoin d'être unie à la matière. 27 du Liber de causis. éd. p. qui détermine l'étant à être tel et à n'être pas l'autre. 127. prop. 5. 145. La participation est la raison de la finitude et de la composition. C'est le cas des substances spirituelles : « Si ergo aliqua substantia sit ipsa forma. Similiter etiam natura est habens yliatim. p. quia non habet esse partic ipatum. Sait-but. 47. sed sit simul concomitans cum sua substantia quae est forma» (81). Et similiter etiam anima est habens yliatim. Le P. non solum ipsam formam subsistentem. Saffrey. prop. (W) Ibidem. prop. Patthî. sed est subsistens in esse participato. elle a cependant la disposition à recevoir Yesse. Causa autem prima nullo modo habet yliatim. participe selon sa propre limite (8") In de causia. quod est materia». (8a) Liber de causis. et par universalitas dans la prop. sequitur quod semper habeat habitudinem praedictam ad causam primam nec adveniat ei post tempus. 21-30. Le texte suivant nous paraît capital : « Quidditas enim et substantia ipsius intelligentiae est quaedam forma subsistens immaterialis. (84) In de causis.374 Joseph chin yuen Ho principium essendi neque simul cum fuerit materia. comparatur ipsa forma subsistens ad esse participatum sicut potentia ad actum aut materia ad formam. Il est donc clair que la composition constitutive des êtres finis trouve son explication ultime dans la participation : « Ens autem dicitur id quod finite participât esse»(86). éd. id eat aliquid materiale vel ad modum materiae se habens. 9. sed ipsa est esse purum» (85). éd. 4. parce qu'ils participent tous à l'être. 29 : voir son édition. 126. Tous les êtres créés sont composés. et l'Ame l'est aussi (88).

qui englobe à la fois le passé. 39. Le couple aristo télicien montre que l'être participé et l'essence participante sont unis concrètement et réellement dans l'étant . éd. sed secundum modum naturae participantis » (87). a.27. et aliud ipsum esse participatum. . idest ex eo quod est et esse»(88). 18-20.l. donc la participation ne peut être entendue au sens originel du platonisme. c. Saïtbey. (87) In de causis. p. i nquantum scilicet suum esse est ejus substantia . ita quod aliud sit in eo sub stantia participans esse. (88) Quodlibet III.La doctrine de la participation 375 à l'être. qui est de soi illimité : « ipsum autem esse participatum vocat infinitum quia non participatur secundum totam infinitatem suae universalitatis. et pour éviter certains malentendus. Sic ergo omnis substantia creata est composita ex potentia et actu. qui peut être lu parallèl ement avec les textes qui viennent d'être cités : «manifestum est enim quod solus Deus est suum esse.20. pour lequel le participé et le participant restent toujours séparés ontologiquement. Oportet ergo quod quaelibet alia res sit ens participative. quasi essentialiter existens. tandis que le couple aristotélicien est incapable d'assurer cette tâche. On le voit.3.. Saint Thomas propose donc l'équi valence entre les trois couples suivants : le participant et le participé.. L'a. la puissance et l'acte. le présent et le futur ? Est-ce le Principe intime de la réalité. De verUate. o. 5. qui se dévoile et se manifeste selon différentes étapes dialec tiques de l'histoire ? ad 8. Le couple platonicien exprime plus correctement la causalité métaphysique.. qu'est-ce que l'esse en soi? Est-ce la Totalité de la présence du Tout. qui est le fondement de la composition constitutive des êtres créés. Citons encore un texte du Quodlibet III. esse per essentiam » et ï'« esse per partidpationem » Si les étants ne participent que partiellement de l'esse. voir aussi Quodlibet II. a. le parti cipant ne possède pas réellement la perfection participée. l'essence et l'être. 3. q. Omne autem participans se habet ad participatum sicut potentia ad actum. a. prop. saint Thomas était conscient des faiblesses propres à chacun de ces deux couples. Pour lui le couple aristotélicien (puissance et acte) peut compléter le couple platonicien (participant et participé) pour exprimer plus correctement la composition de l'e ssence et de l'être.

en affirmant la simplicité de la Cause première. cognoscitur aliquid esse perfectius vel minus perfectum in génère illo » (95). saint Thomas critique la théorie des formes séparées. nom. In de causis.376 Joseph chiu yuen Ho Pour saint Thomas. Saffrey. Tout au long du Commentaire sur le Liber de causis. après avoir cité le chapitre 5 du De divinis nominibus. c. p. 1965. q. Cette identité absolue est appuyée par le texte de Y Exode. 3. quidquid pertinet ad perfectionem bonitatis et esse. cum Deus sit ipsum esse et ipsa essentia bonitatis. Introduction à la philosophie de saint Thomas d'Aquin. prop. il explique ainsi le texte cité : « Quomodo autem hoc esse possit. q. nn. .6. ut scilicet ipse sit essentia vitae et sapientiae et virtutis et ceterorum » (92).. 3. É. De pot. ipsum autem nihil participât » (91). (8») (80) (81) (82) (83) Paris.1. éd. ad 21. Dans le commentaire à la proposition 3. 97. qui ne participe absolument à rien et est participé par tous les étants : « Ipsum esse est actus ultimus. pp. les êtres spirituels sont simples.. p. prop.. car toutes les autres perfections ne sont que des dérivés de Yesse. car leurs essences ne sont pas composées. ad 2. mais ils sont composés de l'être participé et de l'essence participante. au sens le plus fort du mot. Yipsum esse est Dieu lui-même : « Deus principalius nominatur per ipsum esse»(89). de anima. a. La perfection du participant est mesurée par sa similitude avec le participé : «Primum in quolibet génère est mensura illius generis. éd. 16. éd. ex hoc ostendit consequenter quia. Saotbey. 3.) La priorité ontologique de Yesse est mise en évidence par le couple per essentiam et per participationem : « Manifestum est autem quod id quod est per se est mensura et régula eorum quae dicuntur per aliud et per participationem »(94). 22 (93. qui participabilis est ab omnibus. 3. L'essence des êtres matériels est composée de forme et de matière . 5. 633-636. per accessum ad ipsum vel recessum ab ipso.. 3-6. I. a. Pbba. Un autre texte est encore plus explicite : « Esse quod rebus creatis inest non potest intelligi nisi ut deductum ab esse divino » (96). Seule la Cause première est absolument simple. 14. Gilsok.5.16. totum ei essentialiter convenit. In I Rom. Depot. 20. Le thomisme. 123-139. In de causis.. éd. 6e (84) (85) (8«) In de div. 1. a. in quantum. 15-19. Q. lect. car en elle il n'y a même pas distinction entre l'être et l'essence. III. dans le Contra Gentiles. Dieu est l'acte infini qui contient la plénitude de l'esse (90).

Summa theol. la loi de continuité. dans Speculum.l. a. p.4. 18 et 32. sit ci (Deo) simile» (97). ni au chapitre 3 du De substantiis separatis. Deux notions caractérisent l'échelle des êtres décrite dans le Liber de causis : l'une est la division du réel. prop. La notion de participation implique le passage du multiple à l'un. 16. diffunditur in omnia a Causa prima» (98). les intellects. non habent esse secundum totam virtutem essendi. on trouve souvent l'exposé. a. via. Sweeney l'a noté (108). (»7) Contra Gentiles. inquantum habet esse. Idealis in the Terminology of Thomas Aquinas. p. sed solus Deus. les âmes et les corps. Saffbey.3. Pbea. q. 20-21. l'autre. (") In de div. .5. II. quod est communissimum. sicut superius dictum est. a.. Non seulement la similitude entre l'Être et les êtres est fondée sur la participation de l'être. Saffbey. Comme le P. éd. 9. lect. ("«) Ibidem. et ad 1. en tant qu'ils participent à l'être de Dieu . du moins parfait à la perfection et du composé au simple : « oportet autem quod omne participatum derivetur ab eo quod pure subsistit per essentiam suam»(101). (98) In de causis. Il est intéressant de noter que saint Thomas ne manifeste guère sa propre opinion sur cette division du réel. appartiennent à Dieu per essentiam et aux créatures per participationem. 500.3.La doctrine de la participation 377 Les êtres sont l'image de Dieu. I». 17-18. a. La participation de l'être est l'effet propre de la causalité métaphysique : « esse enim.c.3. p.c. q. d'abord parce que les attributs qui sont communs aux êtres créés et à Dieu.629. et c'est l'unique preuve de l'existence de Dieu mentionnée dans cet écrit (102). ni dans son commentaire. note 34. c'est l'être participé qui assure la similitude entre le créateur et les créatures : « Cum omne ens. (103) L. prop.7. (10*) In de causis. q. La ressemblance entre Dieu et les créatures n'est pas univoque. 9. 1. qui est ipsum esse subsistens. éd.7..7.2. 3. q. nom. 1958 (33). Sweeney. prop. secundum totam virtutem essendi esse habet» ("). ad 2. mais aussi la différence ontologique qui existe entre eux : « Omnia alia. 23. inspiré du néoplatonisme. (100) Depot. Cette preuve de l'existence de la Cause première est la célèbre quarto. 3. éd. q.. ibidem. c. n. qui est évoquée à plusieurs reprises dans le Commentaire sur le Liber de causis. a. 64. dans les ouvrages les plus tardifs de saint Thomas.7. o. ensuite parce que l'être est participé selon une échelle de perfections (10°). de la division de l'univers selon quatre ordres : les formes. ibidem. 22. Voir aussi Depot.

152. I. In de causis. Tout d'abord. 8. La Cause première est la cause de chaque étant. Liber de causis. Pour saint Thomas. p. une double causalité efficiente. 126. l'ordre supérieur n'est à aucun titre la cause suffisante de l'ordre inférieur. 138. prop. Saffrey. in de causis. p. 135.378 Joseph chiu yuen Ho où l'on trouve le même exposé (104). Saffbey. Pour saint Thomas. scilicet forma per quam aliquid actu est et agens quod facit actu essei>(109). c'est la causalité même qui garantit cette continuité : la loi de continuité est donc exprimée par la chaîne : Causa — causatum et causa — causatum (108). 469-470. Fabro lorsqu'il dit que la causalité chez saint Thomas remplit deux tâches essentielles : attribuer aux substances la causalité au sens propre du mot (uo) et concilier la création avec la causalité des êtres finis (1U). la causalité métaphysique existe exclusivement entre la Cause première et les êtres créés. D'autre part. éd. 343. prop. Contra Gentiles. en tant qu'elle est la cause de chaque espèce. 3-5. 4-6. 26. 26. pp. Sur ce point nous sommes en plein accord avec le P. . En d'autres termes. pour le néoplatonisme. car il participe à l'être et à la forme spécifique. Il y a donc une double participation dans un étant concret. Louvain. l'étant est l'effet d'une double causalité : « Est autem duplex causa essendi. éd. p. In de causis. Saffbey. en tant qu'elle est la source unique de la participation à l'être. éd. Ibidem. Fabro. 18-20. « unumquodque participât esse secundum habitudinem quam habet ad primum essendi principium (107). 30. donc la similitude continue et déchéante est maintenue (105). 128. per modum (W4) (W5) (io«) (i<") (108) (109) (110) (1") Éd. l'échelle des êtres est le résultat de la partici pation inégale de l'être. prop. au contraire. Participation et causalité. p. c. ce n'est pas la similitude de la perfection formelle qui assure la continuité de l'échelle des êtres. il existe un intermédiaire qui participe au supérieur et est participé par l'inférieur. Au contraire. Des divergences séparent nettement saint Thomas du néoplato nisme dans la conception du processus du réel. éd. 26. p. elle est en même temps la cause de chaque série. la loi de continuité est acceptée dans Y In de causis : entre deux termes tout a fait diffé rents. prop. la forme spécifique étant transmise par la génération. Pattin. p. 14-17. Les textes ne laissent aucun doute : «res propter hoc differunt quod habent diversas naturas quibus acquiritur esse diversimode » (108) . 1961. Pebrieb.

a. nettement différente de la con ception aristotélicienne de la causalité. Pour saint Thomas. éd.7. Ensuite. Toutef ois il existe une unité au sein de cette complexité : cette unité. Depot. La prédication analogique de la notion d'être n'est métaphysiquement valable qu'en tant qu'elle correspond à la structure réelle des étants. il existe deux causalités. le Maxime Ens est la cause créatrice de tous les êtres limités. 174.. dans l'échelle des êtres. p. car l'être est reçu.La doctrine de la 'participation 379 creationis et per modum informationis. 4. Summa thecl. (lia) (118) (114) ("«) Liber de catisiê. qui assurent l'aspect vertical et l'aspect horizontal de cette échelle. participé différemment selon la capacité et les limites des essences qui le reçoivent : « Ipsum esse est commune omnibus secundum aliqualem analogiam » (113). ad 3. I». q. separ. la notion d'être est analogue. 149.3. a. oh. éd. 54-61. q. 18.. Patch?. l'affirmation de la création est un élément indispensable de la quarta via. c'est-à-dire entre ce qui est per essentiam et ce qui est per participationem (1U). c. De subst.7.. le réel existe grâce à la causalité créatrice. inconnue de Platon et d'Aristote. est connue de l'auteur du Liber de causis (m). p. Pebbieb.4. La notion d'être est dite analogue parce que l'être est réellement et proportionnellement réalisé dans les divers êtres. le plus parfait et le moins parfait. L'analogie Pour saint Thomas. initiative volontaire de Dieu. . Le rapport entre l'analogue principal et les analogues secondaires peut être exprimé par le rapport qui existe entre le participé et les participants. Ensuite. les points suivants nous semblent très importants : D'abord. Ainsi l'unité conceptuelle correspond à l'unité structurale qui est son fondement (114). la transcendantale et la prédicamentale. D'après ce qu'on vient de dire. dans laquelle on rencontre la re ssemblance et la dissemblance. prop. c'est l'être participé. Enfin. 6. le couple esse per essentiam et esse per participationem implique une liaison dynamique entre ces deux termes : c'est la causalité créatrice ou transcendantale. pour le néoplatonisme le réel est le résultat de l'émanation naturelle et nécessaire à partir de l'Un.

comme la notion d'être. Ceci est exprimé au plan conceptuel par l'analogie prédicamentale. 26-28 (2<* éd. car l'unité verticale et la différence ontologique sont l'effet de la participation de l'être. saint Thomas conserve la primauté de la substance. Aucun texte n'atteste que saint Thomas est conscient d'une double participation : la participation-réception et la participa tion-limitation ou la participation formelle. Essayons de les définir : (116) cf. tous les participants sont limités et composés (118) . éd. (US) Ibidem. 39. et en même temps. Cette doctrine est fondée sur la participation. prop. 1953). L'accident n'existe que par participation à l'être de la substance. 64. 6. L.. est une notion centrale de la métaphysique de saint Thomas. différents apports à la doctrine de la participation. avoir l'être par participation implique la composition réelle. Elle sert à expliquer tout d'abord la ressemblance et la dissemblance entre l'Être et les êtres au plan sémantico-ontologique . prop. p. Pour les êtres finis. p. Enfin. est assez artificielle (116). la possibilité de connaître Dieu est assurée .-B. 9-18. Être participé signifie de soi être limité par le principe qui participe (117) et. la distinction entre Dieu et les créatures est préservée. La participation La notion de participation. pp. Geigeb. ensuite l'immanence et en même temps la transcendance de l'Être à l'égard des êtres au plan réel. qui trouve son origine dans le platonisme. 5. La participation dans la philosophie de 8. Sabteby. qui va marquer en conséquence la limitation ontologique des êtres. 18-20.380 Joseph chiu yuen Ho Par l'analogie. par conséquent. la notion de participation est exprimée par le couple esse per essentiam et esse per participationem. 5. éd. conception si chère à Aristote. Conclusion On peut discerner. 1942. Paris. Thomas d'Aquin. (117) In de causis.. 9. ceci est très clair dans Vin de causis. . dans le commentaire In librum de causis. grâce à la même notion de participation. Au plan prédicamental. La distinction de deux sortes de participations comme deux systè mesdont chacun jouerait un rôle essentiellement différent. cit.

Ibidem. 3. Ibidem. On peut aussi dire que le principe platonicien est appliqué pour défendre l'unicité de la forme substantielle : la forme substantielle contient en elle-même la perfection des formes inférieures. p. En unifiant toutes les formes dans la simplicité de la Cause première. Ensuite. il nous semble que la vigueur du principe platonicien est maintenue en ce sens que l'être. se révèle en deux étapes.La doctrine de la participation 381 a. Les apports de la notion platonicienne de participation. il est aussi animal (121). 21-23 et p. et les formes supérieures sont participées par les inférieures (119). Saïfbey. Ainsi Socrate ne participe pas séparément à l'humanité et à l'animalité . l'ordre universel dépend immédiatement de lui. Ibidem. L'unité du réel et sa différenciation sont basées sur le rapport avec l'Un . 4. Cette notion. 20. 29. 18. dans le platonisme la relation de participation existe entre la forme séparée et les réalités particulières qui la participent (122). 13-16. telle qu'elle est connue ici par saint Thomas. . Pour saint Thomas. p. la relation entre la forme et les singuliers est remplacée par une rela tion plus radicale : la relation entre Y esse per essentiam et l'esse per participationem. les formes n'existent pas séparément. étant la perfection formelle la plus commune. éd. ce rapport est mesuré par la par ticipation selon plus ou minus (123). est participé par toutes les autres formes. les autres le sont par participation. Ibidem. p. 14-17. éd. b. du fait qu'il est homme. par conséquent. 32. 24. prop. La conception de la hiérarchie et celle de l'ordre du réel ont mani festement influencé saint Thomas. mais. La relation de participation existe d'abord à l'intérieur de l'ordre des formes séparées : les formes les plus abstraites et les plus universelles sont supérieures à celles qui sont moins abstraites et moins universelles. 8-11. 24-p. Mais. 22. C'est là une des (il») (i20) («I) (122) (123) In de causis. p. Les apports du néoplatonisme. Malgré cette divergence essentielle. tandis que la participation néoplatonicienne se réalise dans l'émanation continue et déchéante. pour saint Thomas tous les êtres limités sont causés immédiatement par Dieu et. p.. Dans chaque genre il y a un premier qui est par essence la perfec tion du genre. 23. mais toutes sont contenues d'une manière éminente dans la Cause première (18°). prop. 7-9. 5. cit.

car celui-ci a été influencé profondément. p. souvent répété dans le Liber de causis. et notamment pour la quarto. 3. 21-p. 5. l'acte à la fois le plus universel et le plus intime. D'autre part.. 27-29. Contre la théorie des formes séparées. éd. cit. c. p. . est repris par saint Thomas pour formuler la doctrine de la participation. prop.. 24. lui aussi. 4. p. prop. L'esse per essentiam n'est pas simplement l'existence pure.. — L'échelle des êtres est déterminée par les perfections participées : (124) In de cousis. d. 20-24. prop. éd. l'être le plus parfait et la cause créa trice du monde des êtres finis. 40. et cette concep tion peut remonter jusqu'à Platon à travers Aristote (124). 34. L'esse est considéré comme le premier effet de la création. Quant à la contribution d' Aristote. Cette parenté doctrinale est connue par saint Thomas. il nous semble que sa concep tion de l'immanence des formes dans la matière a approfondi la partici pation platonicienne.. ibidem. éd. p. — La conception de Yesse. ibidem. mais l'être possédant en luimême toutes les perfections ontologiques. pour accentuer l'aspect dynamique au sein de cette hiérarchie (126). cit. éd. 5-13. — Tous les êtres créés sont composés. Le Liber de causis Dans son ensemble. prop. 3.. (12?) Ibidem. Elle est aussi fondamentale pour la participation thomiste. cit. via (125). ibidem. (12«) Ibidem. 20-21. bien qu'il y reste un certain résidu de platonisme. Ce principe. 5. La composition du fini et de l'infini est due à la participation de l'être. 9. sa théorie de l'acte et de la puissance est appliquée par saint Thomas à l'échelle des êtres. p. 23. e.382 Joseph chhi yuen Ho conceptions fondamentales de Y Elementatio theologica. 18. 13-21. par Platon et ses disciples. cit. éd. cit. 8-p. prop. est déjà très développée. 22. ibidem. p. 10-23. 33. 64. prop. le Liber de causis expose d'une manière assez constante certaines doctrines qui intéressent l'élaboration de la notion de participation : — La Cause première est unique. éd. p. 28. p. Le fait que saint Thomas suit fidèlement le pseudo-Denys est très significatif. (12«) Ibidem. — Une perfection est participée selon la capacité du participant. 4. 21. saint Thomas s'appuie toujours sur l'autorité du pseudo-Denys (127). 17. Saitbey.

. Mais saint Thomas les a synthétisés d'une manière personnelle et originale. Louvain. combinés avec la pensée chrétienne. saint Thomas aborde plusieurs des plus im portants problèmes métaphysiques et y apporte des solutions per sonnelles. La notion de participation. telle qu'elle apparaît dans le comment aire In librum de causis. Des él éments du platonisme.La doctrine de la participation 383 les supérieurs sont plus parfaits que les inférieurs. A l'aide de cette notion. la causalité aristotélicienne est également dépassée. La participation est une clé du système thomiste. Il a voulu expliquer la création au plan philo sophique . ont contribué à l'élaboration de la notion de participation. atteint le stade de la pleine maturation. et la relation entre eux peut être traduite par la relation entre l'acte et la puissance. de l'aristotélisme et du néoplatonisme. Telle est l'originalité de saint Thomas. la participation telle qu'il l'enseigne n'est plus celle du plato nisme . Joseph chiu yuen Ho.