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INTRODUCTION

Le plus grand bonheur des hommes réside sans aucun doute en la société, laquelle
assure la sécurité, la paix et la quiétude dont ils ont toujours aspiré. Mais, depuis
peu, le monde fait face à un accroissement inédit de la transcriminalité menaçant de
ce fait, la sécurité et la vie des hommes. Ainsi, une répression prompte et efficace de
ces crimes et délits suscite une vive réaction de la part des Etats. C’est la raison
pour laquelle l’on assiste à une coopération transnationale dans la dynamique
répressive nommée <<extradition>>. A cet effet, quelles sont les difficultés posées
par cette technique ? Aussi, convient-il de présenter l’extradition, pour en établir ses
sources et enfin déterminer ses principes et sa procédure.

1-PRESENTATION DE L’EXTRADITION

La justice est le premier besoin des peuples, la répression des


infractions des infractions est pour une société organisée, une des
conditions essentielles de son existence. A cet égard, l’extradition
demeure l’arme la plus efficace qu’ait trouvé le droit international en vue
de lutter contre le crime. Quel serait donc cette arme redoutable ?
Comment a-t-elle évolué ?

1-Définition de l’extradition

Il existe une pluralité définitionnelle de l’extradition, mais celle qui


parait la meilleure est sans conteste la générale et la plus usuelle. Cette
dernière décrit l’extradition comme étant la remise par un Etat(l’Etat
requis) d’un individu qui se trouve sur son territoire à un autre Etat (l’Etat
requérant) qui recherche cet individu ,soit afin de le juger pour une
infraction qu’il aurait commise, soit afin de lui faire subir la condamnation
que ses tribunaux ont déjà prononcé a son encontre. Ainsi, l’extradition
serait une procédure juridique supposant un acte de poursuite. Cette
technique a connu une évolution historique remarquable d’où l’intérêt de
s’interroger sur son essor.

2-Historique de l’extradition

L’extradition procède d’une origine lointaine. Elle était présente dans


l’antiquité sous une forme autre. Par exemple un peuple livrait à un autre
peuple un grand criminel, mais c’était des faits purement isolés qui ne se
rattachaient en rien à l’application d’un principe.
Au moyen-âge, l’indépendance dont jouissait chaque pays à l’égard de
l’autre, ne lui permettait pas, disait-on de livrer un coupable à la justice
d’un pays voisin. Un étranger quel qu’il soit se trouvait placé sous la
protection immédiate du souverain sur le territoire duquel il était venu
trouver refuge. Le livrer, c’eut été une atteinte à la puissance et à
l’honneur du souverain.

Il fallait attendre vers la fin du 18siecle pour voir l’extradition faire


l’objet d’une réglementation légale. En effet, plusieurs conventions, mais
également de nombreux traités avaient été signées par les souverains en
matière d’extradition. C’est le cas de la plupart des traités conclus par la
France en cette période.

C’est cette même politique de traité que l’on retrouve au 19s à la seule
différence que les Etats ont exprimé le souci d’harmoniser leurs lois
internes avec les traités atant pour référence l’extradition.

De nos jours, les traités conclus entre différente nations dans le


domaine de l’extradition présentent des difficultés énormes. a mesure
que l’extradition dévient nécessaire, elle est moins appliquée du au fait
de la divergence de la règle de droit interne a chaque pays. C’est pourquoi
plusieurs initiatives ont vu le jour afin de palier ces limites. C’est le cas du
congrès international de police judiciaire de 1914 portant sur la conclusion
d’un traité universel d’extradition.

Si la présentation de l’extradition reste un aspect fondamental, il en est


également des sources qui donnent à cet instrument juridique un
fondement légal.

2 - Les sources du droit


extraditionnel
Il importe d’analyser sous cette rubrique deux sources
importantes du droit extraditionnel à savoir : le droit interne et les
conventions internationales.

1- Le droit interne

Les lois nationales sur l’extradition sont très variables dans la


mesure où elles peuvent fixer les règles de procédure d’extradition, mais
peuvent aussi définir les conditions devant figurer dans les traités
d’extradition à venir. Au Maroc, ce sont le Dahir du 28 novembre 1958 et
le Code de Procédure Pénale qui sont habilités à traiter les dispositions
relatives à l’extradition. En effet, l’essentiel du chapitre 2 du Code de
procédure pénale est consacrée entièrement à l’extradition, lequel en son
article 757 stipule :<<les dispositions du présent chapitre ne reçoivent
application qu’en l’absence ou dans le silence des conventions avec les
autres Etats>>. Cette idée s’amplifie davantage à l’alinéa deuxième de
l’article 761, précisant :<< que les conditions de forme et de fond de
l’extradition sont réglées par un Dahir spécial>>. Il s’agit notamment du
Dahir susdit. Les lis nationales ne sauraient à elles seules constituer les
sources du droit extraditionnel, c’est pourquoi elles font appel à d’autres
sources complémentaires.

2- les sources internationales

Les sources d’inspiration internationales sont les conventions


signées par le Maroc dans ledit domaine. Celles –ci sont nombreuses et
peuvent revêtir diverses formes. Il s’agit par exemple des conventions
judiciaires bilatérales entre le Maroc et plusieurs pays du monde. Il en est
ainsi du Dahir n°1-01-39 du 29 rabii 1 1422 (22 juin 2001)
portant publication de l’arrangement fait a Rabat le 12 mai 1999 entre le
gouvernement du royaume du Maroc et le gouvernement de la
république de Hongrie relatif à la coopération en matière de lutte contre
la criminalité organisée internationale et la distribution illicite de
stupéfiants ou encore le Dahir n°1-99-113 du 26 moharrem
1420 ( 13 mai 1999) portant publication de la convention faite à
Madrid le 30 mai 1997 entre le royaume du Maroc et le royaume de
l’Espagne sur l’entraide judiciaire en matière pénale.

La thématique des sources est une invite à l’examen des


principes et à la procédure d’extradition.

3 -les principes et la procédure


d’extradition
L’extradition est un instrument s’inscrivant dans la
droite ligne juridique qui répond à un certain nombre de principes et
surtout exige une procédure rigoureuse qu’il convient d’observer.

1-les principes de l’extradition


Il existe une multitude de principes en matière
d’extradition. Cependant, il convient de mettre en exergue les principes
fondamentaux.

 L’influence de la nationalité sur l’extradition.

<<Les Etats ne consentent pas à livrer leurs nationaux>> ainsi


s’exprimait. Il en résulte que le Maroc ne peut réclamer que l’extradition
d’un marocain ou d’un étranger refugié dans un pays autre que celui
auquel il appartient. Autrement dit, les nationaux marocains ne peuvent
faire l’objet d’une extradition. Un grand nombre de traités contiennent
cette clause de même que plusieurs codes étrangers. Il s’appuie sur la
méfiance réciproque émanant de chaque Etat à l’égard des autres. Ainsi, il
s’engage à juger lui-même ses ressortissants dans les conditions fixées
par sa propre législation. Ici, il est plutôt question de l’application de
l’adage latin « aut tradere, aut judicare>> (soit remettre, soit juger).

 le principe de la territorialité de la loi pénale

Ce principe peut entrainer le refus d’extrader. Car, on estime


que le pays du territoire duquel le crime a été commis, est compétent
pour juger l’affaire dans la mesure où il est le seul capable d’apprécier à
sa juste valeur le trouble occasionné par le crime. L’application de ce
principe assure par conséquent la souveraineté totale au pays requis.
Cette conception trouve illustration en l’article 5 -3 du Dahir du 28
novembre 1958.

 La nature de l’infraction extradable

Il est de tradition d’admettre que la nature de l’infraction


occupe une place de choix dans le droit extraditionnel. L’infraction selon le
code de procédure pénale met en relief deux aspects à savoir la gravité et
la nature de l’infraction.

La gravité de l’infraction est un trait caractéristique des


traités récents reposant sur la qualification tripartite fondée sur la gravité
objective de l’infraction. C’est sans aucun doute ce stipule l’article 4-1 du
Dahir lequel précise que l’extradition peut être demandée ou accordée <<
pour tous les faits punis de peines criminelles par la loi de l’Etat
requérant>> et relativement au délit , ils peuvent être soumis à la remise
de leur auteur si la peine encourue est égale ou supérieure a deux ans
d’emprisonnement.

S’agissant de la nature des infractions, il a été consenti que les


infractions politiques
ne peuvent donner lieu à l’extradition selon l’article 5-2 (art. 721 NCPP) du
Dahir du 28 novembre. En fait, aucune définition de l’infraction politique
n’est donnée par le droit international donc la tache revient a l’Etat requis
de savoir s’il est en présence ou pas d’une infraction politique. C’est la
raison pour laquelle plusieurs catégories d’infractions ont vu le jour. Il en
est ainsi des infractions dites complexes (infractions de droit commun),
celles-ci sont des infractions ayant des fins politiques.il existe également
un genre d’infractions nommés connexes, celles qui s’effectuent dans un
contexte de guerres civiles. Ici, l’extradition n’est possible que lorsque la
guerre est terminée. Enfin, nous avons une catégorie d’infractions qui
n’est en aucun cas comparables aux précédentes. Il s’agit des infractions
sociales, lesquelles sont assimilables à une forme de terrorisme. Cette
dernière se manifeste notamment par des détournements d’aéronefs,
l’assassinat de hautes personnalités.

 Le principe de spécialité

Reposant entièrement sur l’article 21 du Dahir, ce principe


signifie que l’individu pour lequel l’extradition a été demandée ne peut
être poursuivi, jugé et détenu que pour les faits ayants motivé
l’extradition. Si l’Etat requérant découvre postérieurement à l’extradition
des agissements antérieurs, il demande à l’Etat requis l’autorisation de
poursuivre sur ces faits nouveaux. Ce principe comprend tout de même
des exceptions.

Les principes de l’extradition sont des éléments


indispensables pour la bonne marche de cette technique juridique
nécessitant de ce fait une procédure rigoureuse.

2- la procédure d’extradition
Celle-ci sera envisagée sous deux angles : dans l’Etat requérant
d’une part et dans l’Etat requis d’autre part.

Pour le premier cité, la procédure se présente deux formes


selon qu’elle soit normale ou exceptionnelle. Le procédé normal est
l’image des exigences diplomatiques, lesquelles énoncent clairement que
la demande d’extradition doit être communiquée aux autorités étrangères,
accompagnée d’un jugement ou encore d’un arrêt de condamnation.
Quant à la méthode dite exceptionnelle, c’est un acte immédiat du pays
requérant procédant à l’arrestation rapide de la personne visée par tous
les moyens. Mais, elle devrait se conformer par la suite aux lois en vigueur
en matière d’extradition.
La procédure dans l’Etat requis est tout autre, car elle
implique l’autorité administrative et celle désignée sous le terme
judiciaire.

L’autorité administrative joue un rôle majeur. C’est à elle


que s’adresse les demandes d’extradition par voie diplomatique
comportant les pièces justificatives mentionnées par l’article 9 du Dahir.
Elle bénéficie également de l’opportunité lui permettant d’accorder ou de
résilier l’extradition pour des raisons qui lui sont propres. Cependant elle
fait recours à l’avis de l’autorité judiciaire.

La procédure judiciaire est l’œuvre de la cour suprême ayant pour


objectif principal d’examiner la demande d’extradition. Au Maroc, cette
autorité n’est pas habilitée à se prononcer sur une demande d’extradition.
Elle a simplement une mission consultative et non exécutive. Car le refus
de ladite autorité d’accorder l’extradition lie l’administration tandis qu’en
cas d’accord de cette autorité, l’administration peut au-delà de la simple
question de légalité, examiner la question de réciprocité ou de
l’opportunité d’extrader.

Conclusion
L’extradition telle qu’elle a été présenté demeure un
atout d’une importance capitale dans la lutte contre la
transcriminalité. Elle devient pour la société internationale un
gage de sécurité et de justice à cause de son caractère
répressif. Mais au reste, L’extradition viendra t-elle au bout de
la transcriminalité ?