LE MALIN PETIT CANARD

LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

SOMMAIRE
• • • •

DÉPUTÉS FRANÇAIS DÉPUTÉS QUÉBECOIS DÉPUTÉS BELGES REGARDS CROISÉS

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

DÉPUTÉS FRANÇAIS

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
HERVÉ NOVELLI
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? Je n’aime pas trop le terme de carrière politique même si j’en conviens cette notion est devenue une de nos spécificités. C’est certainement une des explications de nos actuels problèmes. En ce qui me concerne, j’ai mené de front engagement politique et carrière professionnelle. Je n’ai pas imaginé pouvoir conduire l’un sans l’autre. J’ai tiré de mon travail de nombreuses idées, propositions pour améliorer la situation des Français et de notre pays. Être élu, c’est sans cesse écouter, faire preuve de pédagogie et tenter de faire avancer ses idées. Si je me suis engagé en politique, c’est au nom de convictions fortes qui me tiennent à cœur. En effet, notre pays dispose d’un formidable potentiel, de formidables atouts qui sont mal exploités. Avec plus de liberté, avec la refondation de notre contrat social qui donnerait tout son sens à la négociation, avec un Etat plus efficient, je suis convaincu que la France pourrait renouer avec une croissance plus forte et plus stable. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Etre législateur, contrôler l’action de l’Etat, participer au débat public sont des fonctions qui apportent d’évidentes satisfactions surtout lorsqu’on obtient des résultats comme ce fut mon cas, par exemple, avec l’assouplissement de la loi sur les 35 heures. Mais, être député, c’est aussi faire preuve d’humilité. Le député se doit de comprendre ses électeurs, les habitants de sa circonscription et plus globalement du pays. Le député ne peut pas tout résoudre et surtout il doit en permanence ne pas oublier que la France souffre d’une surréglementation et d’un excès de lois. Il faut moins et mieux légiférer. Etre député en France est un peu frustrant car le parlement dispose de pouvoirs moins étendus que ceux de ses homologues étrangers. Le droit d’amendement, en particulier en matière budgétaire, est strictement encadré. Pour contrôler un ministère, c’est à dire en moyenne, plusieurs dizaines milliards d’euros de budget, un député ne bénéficie que de l’appui que de un à deux administrateurs. Par ailleurs, l’ordre du jour de l’Assemblée nationale est fixé par le Gouvernement. Je suis, de ce fait, favorable à un renforcement des moyens de contrôle et aussi à la possibilité pour les députés de fixer, sous certaines conditions, eux-même leur calendrier de travail. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation ? Pas de message réducteur. Durant des années, les médias, les hommes politiques se sont plaint que les Français étaient casaniers, qu’ils refusaient d’aller travailler à l’étranger. Aujourd’hui, je constate, avec plaisir, que de nombreux jeunes, de nombreux entrepreneurs et salariés partent en Europe et au-delà. C’est positif. En effet, l’expatriation permet d’acquérir

des compétences, des expériences. Le réseau des Français de l’étranger constitue un vivier pour notre économie. En revanche, je suis plus inquiet lorsque des Français émigrent afin de fuir la pression fiscale, la bureaucratie. Je suis également inquiet lorsque des jeunes émigrent faute de pouvoir trouver un emploi ou un salaire convenable. D’un côté, il y a l’expatriation voulue et positive ; de l’autre l’expatriation subie et négative. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons ? En m’engageant dans l’action politique, en me faisant élire député d’Indre et Loire, j’ai choisi, avec bonheur, de ne pas m’expatrier. Maintenant, au-delà de ce choix, de nombreux pays pourraient m’attirer. Il y a de nombreuses aventures à conduire en Amérique latine ou en Asie, continents en plein décollage économique. Il y a sans nul doute aussi les pays d’Europe du Nord, le Danemark, la Suède ou la Finlande qui en pariant sur les hautes technologies ont parfaitement compris les nouvelles

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4 règles de l’économie mondialisée tout en conservant un haut niveau de vie. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Les Français de l’étranger ne doivent, en aucun cas, être considérés comme des Français de seconde zone. Ils sont représentés au Sénat et peuvent, s’ils le souhaitent, participer aux élections. A la différence de nos partenaires, le développement de l’expatriation est un phénomène récent. Les ambassades n’ont pas encore suffisamment pris en compte ce phénomène. Il y des progrès à réaliser dans ce domaine. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? A mes yeux, la Finlande a réussi le passage dans l’économie mondialisée sans renier ses valeurs. Autrefois, économie de marché tournée vers le géant soviétique, la Finlande a pleinement joué le jeu de la mondialisation et fait la course en tête. La Finlande talonne, voire dépasse les Etats-Unis en matière de compétitivité. Nokia est évidemment le symbole pour les Français de cette belle réussite. Mais, le succès n’a été possible que par l’existence d’un tissu dynamiques d’entreprises qui se sont engouffrées sur les créneaux des techniques de l’information et de plus généralement de la haute technologie. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Française de Finlande ? Ne jugez pas sévèrement votre pays. Au-delà des images terribles que les médias ont diffusées ces derniers mois, il y a des gisements d’espoir. Je crois qu’au-delà des violences dans les banlieues, au-delà de l’affaire du Contrat Premier Emploi, il y a des raisons d’espérer. De plus en plus de Français regardent avec intérêt les politiques menées en Finlande ou Danemark, politique qui associent flexibilité, Etat providence et croissance. Les Français ne sont pas rétifs au mouvement et aux réformes. Je suis convaincu que des changements pourront intervenir après l’élection présidentielle de 2007. Enfin, je juge nécessaire que le Parlement tisse des liens avec les communautés françaises à l’étranger. L’expérience des Français installés en Finlande est une source de richesses que nous nous devons de mieux utiliser.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
PATRICK BEAUDOIN
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? Comme la plupart des Français, mon engagement au service de la politique de mon pays a trois sources : mon éducation, une certaine conception de la dignité de l’homme, et la rencontre avec une personnalité exemplaire. Mon éducation s’est déroulée dans la tradition de mon pays et, surtout, dans l’apprentissage de son destin historique forgé par les siècles. Dès mon plus jeune âge, j’étais fier des grands noms de celle-ci, de Vercingétorix au Général de Gaulle, en passant par Jeanne d’Arc, Napoléon, Clemenceau, mais aussi, de ces anonymes de mon peuple qui avaient parfois perdus des batailles mais avaient gagné à Verdun, à Bir Hakeim et à Cassino, et qui, pour moi, prenaient le visage de mes aïeux les plus proches : mon grand père, mon père…. C’est de ce contact « humain » que j’ai appris que, en France, l’homme était au centre de notre société et que tout combat devait avoir, comme le disait le Général de Gaulle, pour ultime fin sa dignité. Le besoin d’être à l’écoute et au service des autres, d’être toujours solidaire des plus humbles est toujours le moteur de l’engagement politique. A mon arrivée à l’âge adulte, j’avais dans mon esprit l’image du Général de Gaulle et de sa conception du service de la Patrie. Mais, cette image, déjà historique, pour moi, s’est incarnée dans mon prédécesseur qui fut mon maître. Robert-André VIVIEN, qui fut Député de ma circonscription et également Ministre après avoir été un des premiers compagnons du Général de Gaulle en 1940, a été et demeure pour moi le modèle de l’homme politique : un citoyen conscient de ses droits mais aussi de ses devoirs à l’égard de la France ; un homme d’action tourné vers la solidarité avec tous, surtout les plus faibles ; un homme d’Etat servant celui-ci pour le bien-être de tous. Il donnait envie de lui succéder…. et je me suis engagé à ses côtés. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ? La réponse à cette question découle tout naturellement de celle à la première question. Les avantages, c’est de pouvoir exercer une fonction qui correspond à ce qui est une vocation : le service des autres par le service de la Nation. Les inconvénients naissent, à l’évidence, du conflit permanent qui s’élève entre l’idéal que l’on voudrait atteindre et les obstacles pratiques et quotidiens qui contrarient sa réalisation. C’est l’éternel conflit entre Antigone et Créon, mais l’homme politique est tout à la fois l’un et l’autre. Il doit, sans cesse, choisir la solution de compromis qui permette de conduire la réalité possible vers ce qui pourrait être le meilleur. La récompense, c’est l’espérance de la réélection, c’est-à-dire le pouvoir de servir encore. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l’expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays, soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l’expatriation des Français ? C’est vrai que, traditionnellement, la France est considérée comme un pays qui ne s’ouvre pas vers l’extérieur. Nous n’avons pas peuplé des continents comme l’ont fait les Anglo-Saxons, les Slaves d’Europe Centrale, ou les plus méridionaux de l’Europe comme les Espagnols, Portugais, Italiens.

L’expatriation a cependant été vécue, depuis toujours, par les Français comme une aventure : aventure économique comme nos populations de montagnes qui sont allées faire fortune « aux Amériques » ; aventure culturelle aussi qui a été le moteur de la présence de Français allant d’en d’autres pays comme médecins et, aussi, souvent, comme missionnaires. Nous n’avons pas créé de peuplement mais, finalement, nous sommes assez fiers car nos compatriotes ont été à l'origine du développement d’autres Etats ; l’exemple le plus actuel est celui du Québec. L’expatriation est pour nous, essentiellement, la fierté de fournir à d’autres pays des hommes de valeur qui peuvent y faire souche. C’est le même regard que nous jetons sur l’immigration d’ailleurs. Nous sommes heureux que notre Académie Française compte, en permanence, des hommes et des femmes qui, non français à l’origine, le sont devenus par l’intelligence et la culture. Et, il est certain que l’expatriation pour des raisons économiques n’est pas considérée au même niveau. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ? Pour quelles raisons ? La réponse à cette question est aujourd’hui fortement limitée.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4
Peut-on considérer comme expatriation le fait d’aller s’installer dans un autre pays de l’Union Européenne ? En effet, Français, Allemands, Britanniques… Finlandais ne sont plus étrangers l’un à l’autre, mais citoyens de l’Europe. Cette union des patries européennes comme disait le Général de Gaulle, doit un jour être la réalisation d’une patrie de l’Union. S’installer dans un des pays membres, c’est malgré tout rester chez soi. La question d’un établissement temporaire et définitif, c’est un déplacement dans un espace unifié. Comme on ne reproche pas à un Texan de s’installer à New-York, ou aux retraités des Etats du Nord de s’installer à la retraite dans les Etats du Sud des USA, on ne peut reprocher aux Britanniques retraités de se retirer dans le Sud de la France. Pour tout dire, travailler dans un pays quelconque d’Europe ne pose pas de question de principe. On peut y travailler à temps ou y vivre définitivement, c’est une affaire de circonstance et de goût. Le poète Du Bellay au XVème siècle, après avoir longtemps vécu à Rome, était revenu se retirer en France parce que son « Loire Gaulois lui plaisait plus que le Tibre Romain ». Au plan de l’esprit, l’Union des Européens ne date pas du XXème siècle ! Evidemment, il y a les autres continents. Ils offrent des possibilités d’activités, ils offrent aussi une vie différente de celle de la vieille Europe. Si besoin était, je n’hésiterais pas à y exercer une activité, elle serait sans doute enrichissante à tous les points de vue…. Mais, je crois fermement que je reviendrai dans mon Europe natale…. Riche d’une expérience que je pourrais transmettre à d’autres. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d’être considérés par la France somme des Français de seconde classe…. Que souhaiteriezvous leur dire à ce sujet ? Je ne comprends pas que certains expatriés puissent se sentir considérés comme des citoyens de seconde zone. Ils demeurent des citoyens français au plein sens du terme et peuvent exercer tous leurs droits de citoyens et être représentés dans les institutions politiques de la République. Ils ont notamment une représentation spécifique au Sénat. S’ils ont émigré en Europe, qu’ils n’oublient pas qu’aujourd’hui, ils ont deux qualités : celle de citoyen européen et, à ce titre, ils doivent exercer toutes les responsabilités que leur accordent les traités, celle de citoyen français et je leur souhaite de continuer à s’intéresser à la vie et aux progrès de la France. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? Je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter la Finlande. L’image que ne m’en fait vous paraîtra peut-être un peu livresque. Cependant, elle se fonde sur les contacts que j’ai eus avec certains de mes amis qui y résident et y travaillent ou qui ont profité de séjours touristiques dans le pays. La Finlande, c’est d’abord un pays du nord, proche du pôle. Vérité évidente, mais elle évoque pour moi la beauté des pays que l’on qualifie de froid. Il n’y a pas que la Côte d’Azur. Les lacs, les îles, les forêts qui caractérisent le paysage finlandais sont l’image de la fin de notre continent vers le nord. La Finlande est le « Finistère » du septentrion de l’Europe. La rigueur du climat, la lumière, la multitude des îles et des lacs marque bien une frontière entre la terre et les glaces de l’extrême nord. La Finlande, c’est aussi et surtout des femmes et des hommes dont le caractère s’est forgé à la rigueur de la vie quotidienne. Leur première caractéristique est le courage. Le courage pour dominer la nature, mais aussi le courage de défendre la liberté de la communauté finlandaise. Depuis quasiment l’an 1000, les pays du nord et de l’est de l’Europe ont tenté d’annexer la Finlande. A travers toutes les vicissitudes de l’histoire, les Finlandais ont maintenu leur existence en tant que Nation. La seconde caractéristique des Finlandais est le dynamisme dans tous les domaines de la vie économique et culturelle. La Finlande est, certes, un pays limité en superficie et en ressources et, cependant, c’est un des plus prospère de la communauté. Son niveau de vie et sa solidarité sociale sont parmi les premiers de l’Union. Troisième aspect positif de la Finlande, qui m’est toujours présent à l’esprit, c’est l’esprit démocratique qui préside à la gestion de la politique. Une démocratie naturelle qui se réalise sans débats excessifs, sans tempêtes. Et puis, j’ai aussi présent à l’esprit l’apport de la Finlande à la littérature, à la musique avec Sibelius et au sport mondial, athlétisme ou automobile. Sans oublier la « Finlandia » la meilleure vodka ! En résumé, l’image de la Finlande est pour moi une image de fraternité et d’amitié. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Française de Finlande ? Le message est simple, je leur souhaite de travailler et de bien vivre dans ce pays. Ils n’y sont pas seulement le témoin de la France « éternelle », ils sont aussi les artisans d’une construction de l’Union qui n’est pas seulement la mise en place d’institutions spécifiques mais, avant tout, l’interpénétration des patries dont chacune est dépositaire dans ce qu’elles ont de valeur intellectuelle et spirituelle. Ils sont vraiment les pionniers de l’Europe de demain.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
OLIVIER JARDE
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? J'ai été élu maire de ma commune (170 habitants) Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Que des avantages, contacts, avoir l'impression de pouvoir passer ses idées Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Cela montre que les étudiants formés en France sont de bonne qualité Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Nul part et partout Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Qu'ils sont ce que l'on montre à l'extérieur et l'on montre toujours ce que l'on a de mieux Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Excellente Quel message souhaiteriezvous faire passer à la Communauté française de Finlande ? A bientôt car je souhaiterais y retourner rapidement.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
JACQUES MYARD
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? Depuis l’âge de 10 ans, j’ai toujours eu un intérêt vif pour la chose publique et l’action politique. En parallèle, j’ai été élevé par une tante « hussard » de la République qui m’a appris qu’il fallait travailler et aimer la France. Cette éducation m’a conduit presque naturellement à vouloir servir mon pays. Je suis diplomate, conseiller des affaires étrangères dans la vie civile et après plusieurs postes à l’étranger, Alger, Lagos et Berlin, je suis revenu en France en 1980 où je me suis lancé dans l’action politique. Elu conseiller municipal en 1983, j’ai été élu en octobre 1988 conseiller général des Yvelines puis maire en 1989, député en 1993, réélu depuis. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ? Etre député ne peut être analysé en termes d’avantages et d’inconvénients ; il faut avoir la foi et servir ses convictions j’espère que tous les députés en ont – , être tenace, car aujourd’hui face à une réalité devenue complexe, la moindre action est une course d’obstacles pour faire prévaloir l’intérêt général. Le député a trois fonctions. La première est, bien sûr, de légiférer, c’est-à-dire de faire les lois, même si aujourd’hui plus de 60%, voire 70% de notre législation émane de Bruxelles et de la technocratie qui y règne en maître. La deuxième fonction est de représenter, c’est-à-dire de siéger à l’Assemblée Nationale en représentant les Français, la troisième est de contrôler le gouvernement et l’action publique. Cette dernière fonction s’est d’ailleurs fortement développée à travers les missions d’informations et les commissions d’enquêtes. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l’expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire. Quel regard portez-vous sur l’expatriation ? J’ai connu moimême l’expatriation, certes dans des conditions particulières puisque je représentais la France à l’étranger. J’ai rencontré nombre de nos concitoyens qui, à travers leurs actions économiques ou culturelles, concourent directement au rayonnement politique de notre pays. Il me paraît légitime que des jeunes Français veulent vivre cette expérience. Il va de soi que si toute la jeunesse de France partait, la France se viderait de sa substance d’avenir ! A nous de créer les conditions qui feront qu’en termes économiques et politiques, nos concitoyens retrouvent tôt ou tard la mère patrie pour continuer à œuvrer au sein de la communauté nationale. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ? Pour quelles raisons ? Je n’ai pas pour projet aujourd’hui de m’expatrier puisque je suis totalement engagé dans l’action politique et que je me bats pour faire passer un certain nombre de mes idées pour la France. Mais je suis toujours prêt à effectuer des missions à l’étranger soit au nom de la Commission des Affaires Etrangères à laquelle j’appartiens, soit au nom de la Délégation de l’Union Européenne à laquelle j’appartiens également, afin de recueillir, à travers l’expérience personnelle, les nécessaires informations de mon combat politique dans tous les domaines, politique, économique, culturel et sociologique. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d’être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe… que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet ? Les Français qui travaille à l’étranger, je l’ai déjà dit, concourent au rayonnement de notre pays et sont autant de relais individuels pour faire connaître la France : expli-

quer ses positions, créer les liens individuels qui viennent enrichir les relations transnationales qui ont pris un essor formidable ces dernières années grâce à la mondialisation. Dans ces conditions, la présence des Français à l’étranger est, dans mon esprit, un élément d’influence que nous ne pouvons pas négliger comme le font d’ailleurs les autres puissances de la planète. Je regrette cependant que nous n’ayons pas su développer une grande chaîne d’information nationale qui puisse alimenter nos concitoyens à l’étranger via les ondes sur les événements de la mère patrie. J’espère que la nouvelle chaîne internationale remplira rapidement cette mission. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? La Finlande restera pour les Français le pays d’un peuple valeureux, qui s’est battu avec succès pour son indépendance. Ce qui est bien la preuve qu’il n’y a pas, contrairement à ce que disent les experts du café du commerce, de corrélation entre la taille et la puissance. La spécificité finlandaise est le charme de cette nation libre. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Française de Finlande ? Vous vivez au sein d’une Nation qui veut rester elle-même, en ayant la volonté de coopérer avec les autres pays d’Europe et du Monde. Pour ma part, j’ai la même ambition pour la France. Votre action s’inscrit dans le cadre de ces réalités pour nourrir le dialogue des cultures, fondement même de l’Humanité.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
BERTRAND AUBAN
SÉNATEUR (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? J'ai toujours été passionné par la vie publique de notre pays, presque dès mon plus jeune âge par imprégnation familiale : mon père fut militant politique à gauche avant la 2ème guerre mondiale, puis résistant, et après la guerre il fut élu député sur la liste de Vincent AURIOL devenu lui même président de la république. Mon père fut ensuite secrétaire d'Etat à l'Aviation Civile avant d'être l'un des fondateurs du PSU . J'ai des souvenirs d'enfant où Michel Rocard venait déjeuner à la maison familiale, en une période des plus troublées où l'OAS employait le terrorisme contre les opposants à la guerre d'Algérie et les partisans de son indépendance. Tout celà m'a donné le goût et l'intérêt pour la vie politique. Aussi suis-je devenu membre du Parti Socialiste sitôt après sa création par François Mitterrand . Les mandats électoraux sont une conséquence logique du militantisme et de l'engagement poltiques. Lorsque l'on croit en des idées politiques, on souhaite les mettre en oeuvre, et en France c'est par le biais de la démocratie et de l'élection que cela se pratique. Ainsi j'ai été élu maire de mon village, puis conseiller général, puis sénateur. Dans le même temps, au plan politique j'étais devenu premier secrétaire du PS en Haute-Garonne. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Sénateur? L'avantage essentiel à mon avis est que le mandat de parlementaire permet de travailler et d'influer sur les lois et la politique nationale. Même si le rôle du Parlement pourrait être encore amélioré, en particulier dans ses rapports avec le Gouvernement, la fonction législative reste l'élément moteur de la vie du pays, qui s'organise à partir des lois proposées, débattues puis adoptées. Les parlementaires ont ainsi une fonction de contrôle sur le gouvernement, mais aussi de proposition de lois, et plus globalement de définition de la politique nationale, donc de la vie quotidienne de nos concitoyens. Les sénateurs ont en outre un rôle, plus officieux mais réel, de représentants des collectivités locales ; un rôle qui découle assez logiquement de leur mode d'élection : ce sont les "grands électeurs", élus locaux, qui les élisent. Cette spécificité leur permet de faire souvent valoir lors des débats législatifs des aspects particuliers aux collectivités locales, que les députés ont moins de facilité naturelle à percevoir. Il y a ainsi une complémentarité efficace entre les deux assemblées. J'ajouterais, en tant qu'élu socialiste, que le mode d'élection actuel du Sénat pose un problème. Non pas en raison du rôle de représentant des collectivités locales qui est tout à fait pertinent, mais à cause d'une certaine surreprésentation des plus petites collectivités dans le collège électoral : celà induit mécaniquement une quasiimpossibilité de basculement de la majorité politique du Sénat. Il a été calculé qu'il faudrait plus de 20 ans de victoires électorales ininterrompues de la gauche pour faire changer cette majorité ! Ce caractère inamovible de la majorité politique du Sénat est à mes yeux un grand inconvénient de cette fonction : il est en effet très frustrant de savoir que vous êtes condamné à être minoritaires, et donc quasi-assurés de ne

pas être entendus lors des débats législatifs, quelle que soit la pertinence de vos propositions. Un autre inconvénient pourrait être le risque de se cantonner strictement aux débats législatifs nationaux et ainsi perdre un peu de vue la vie concrète et quotidienne du pays. Néanmoins le fait que nous soyons également des élus locaux, souvent dans des petites communes, nous permet de faire assez aisément le lien entre les deux, et de ne pas se couper du terrain. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez sur l'expatriation des Français? Je ne perçois pas l'expatriation comme un risque pour le pays, bien au contraire c'est plutôt un enrichissement à la fois personnel pour ceux qui vont au contact d'autres réalités et collectif pour le pays car le retour d'expérience des expatriés permet aussi de faire évoluer notre situation intérieure. Je ne crois pas à une "fuite des cerveaux", la France est au contraire un pays plutôt attractif pour les étudiants et chercheurs étrangers, où on trouve une qualité d'enseignement, un savoir-faire technologique et industriel

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

bien supérieurs à la moyenne, même si des esprits chagrins veulent nous persuader de l'inverse. Quant à l'expatriation elle-même, mon sentiment est qu'elle est plutôt un atout pour le pays et pour ceux qui partent à l'étranger. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? J'ai énormément voyagé de par le monde, aussi je suis bien embarrassé pour vous donner une réponse. J'apprécie beaucoup la Scandinavie, mais également tout le Moyen-Orient, l'Afrique, le Royaume-Uni, la Chine qui est un monde fascinant... Si vraiment je devais faire un choix, peut-être l'Ecosse pour sa proximité culturelle tout en ayant une société "à l'anglo-saxonne" bien différente de la nôtre. Mais très franchement, je n'envisage pas de pouvoir vivre ailleurs qu'en France... Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Fran-

çais de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Il est vrai que le sujet de l'expatriation n'est pas un des éléments majeurs de la vie politique du pays, mais je ne partage pas votre crainte que les expatriés soient mal perçus par la France. A l'heure des contacts internationaux très fréquents, il n'est pas rare que nombre de jeunes fassent des études ou une partie de leur vie professionnelle à l'étarnger, et la vision à leur égard n'est pas négative. Ils sont globalement plutôt bien perçus, et restent considérés à tous égards comme des citoyens français à part entière. Ce que je pourrais vous dire, c'est que la France est plutôt fière d'avoir des citoyens qui sont un peu ses ambassadeurs dans toutes les parties du monde, et qu'ils ne doivent pas penser qu'elle les oublie. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Une image très positive : un pays économiquement dynamique, des relations sociales pacifiques, un pays où la solidarité est importante, également un pays de gens courageux en raison du climat rigoureux mais aussi de leur

voisinage historique avec le puissant voisin soviétique aujourd'hui russe. Solidarité, résistance, courage sont les qualificatifs qui me viennent à l'esprit pour les Finlandais. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Je souhaiterais vous dire que votre présence en Finlande est importante, pour vous bien entendu qui avez des raisons bien justifiées d'y être, mais aussi pour notre pays, pour les raisons que j'exprimais plus haut : les expériences que vous ramènerez en France, l'ouverture d'esprit qui va avec le contact avec une autre culture, l'image positive que vous donnez de notre pays, de personnes volontaires, courageuses, dynamiques. C'est pourquoi, s'il y a pour vous parfois des mauvais moments ou des moments de découragement, et celà arrive peut-être, je vous souhaite de puiser du réconfort et des ressources nouvelles dans cette certitude que votre action est bénéfique pour vous et pour notre collectivité nationale. Et pour terminer, je vous adresse à tous mes bien cordiales salutations.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
JEAN-MARIE DEMANGE
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? A l’âge de 12-13 ans, je voulais déjà être Député, on m’avait demandé de faire un travail sur les bâtiments remarquables de la capitale. En découvrant l’Assemblée Nationale et en apprenant que c’était le temple de la démocratie, j’avais alors évoqué le souhait d’être député. Mon père a été élu Maire au début des années soixante. J’ai été bercée longuement par la vie publique. Après m’être installé à Thionville comme médecin et y avoir exercé en libéral pendant une quinzaine d’année, l’occasion m’a été donné de me présenter au Conseil Général dans le canton de Thionville-Ouest, nouvellement créé. J’ai été élu Conseiller Général, à l’arraché, en 1985. Puis en 1986, Pierre MESMER, Ministre des Armées du Général de GAULLE et Ancien Premier Ministre de Georges POMPIDOU m’a fait l’honneur de me mettre sur sa liste lors des élections législatives, alors à la proportionnelle, en 1986. J’ai été pour la première fois élu Député, je le suis encore sans discontinuité. Ma circonscription est attenante au Grand Duché du Luxembourg, Depuis 1995, je suis également Maire de Thionville et depuis 2004 Président de la nouvelle Communauté d’Agglomération « Portes de France – Thionville » Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Depuis que je suis parlementaire, l’actualité politique et législative m’a conduit à travailler sur des sujets que je connaissais peu ou auquel je n’avais pas été amené à m’intéresser. Membre de la Commission des Affaires étrangères, je suis aussi membre de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPESCT) au sein duquel je me suis particulièrement intéressée aux problèmes de transport. J’ai, pour exemple, été coauteur d’un rapport sur « les réponses offertes par les nouvelles technologies de transport aux problèmes de la saturation des axes Nord-Sud ». L’examen des questions mises à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale, au sein soit des Commissions permanentes, soit des offices parlementaires, des groupes d’études ou d’Amitié, représente autant d’occasions de travailler sur une grande variété de sujets et d’accéder, de cette façon, à une information considérable. Au-delà du fait que cela offre la possibilité d’effectuer certains voyages d’études, c’est une formidable ouverture sur le monde, particulièrement enrichissante sur le plan intellectuel. Par ailleurs, être député permet de rencontrer de nombreux acteurs socioéconomiques et de nouer des contacts importants, cela permet d’être mieux « armé » pour défendre les projets dignes de valoriser le territoire auquel nous sommes tous très attachés. J’ai rencontré des personnalités exceptionnelles, parmi lesquels le Commandant COUSTEAU. Sur le plan National, cela permet de s’impliquer dans le débat concernant les orientations politiques à prendre pour répondre aux besoins de nos concitoyens et réfléchir aux évolutions de notre société dans une perspective européenne et dans un contexte global de mondialisation. L’inconvénient majeur c’est que tout cela prend beaucoup de temps. Outre l’examen des dossiers, il est indispensable de rester disponible et à l’écoute de ses concitoyens. Bien malheureusement, me consacrer pleinement à ma vie d’élu laisse trop peu de place à sa vie personnelle et familiale. A la réflexion, toutes les situations difficiles que j’ai eu à gérer n’ont fait que renforcer mon tempérament que certains qualifient de combatif. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une

menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez sur l'expatriation des Français ? Parmi les personnes expatriés, il me semble que la motivation peut-être très différente selon les cas. Il y a ceux qui quittent la France pour des raisons personnelles : suivre la personne aimée ou plus simplement vivre l’aventure de l’étranger, et ceux qui pour des raisons professionnelles s’expatrient en espérant décrocher à l’étranger l’emploi qu’ils ne trouvent pas en France, phénomène communément appelé « fuite des cerveau ». Dans tous les cas, je salue le courage de ceux qui se déracinent pour relever le défi de l’inconnu. Cela me paraît témoigner d’un goût du risque, d’une grande force morale et d’une capacité à s’adapter, autant de qualités que j’apprécie. Quant à la fuite des cerveaux, il est vrai qu’elle peut - à première vue - paraître dommageable. Cependant, ce qui me paraît le plus fâcheux c’est les difficultés de notre pays à retenir ses talents. D’une manière évidente les deux millions d’expatriés participent au rayonnement de la France à l’étranger, et ce dans une multitude de domaines où l’on sait exceller. Par ailleurs, ceux d’entre vous qui rentrent après de longues années passées hors de nos frontières sont riches d’une expérience qu’ils aiment, en général, partager avec leur entourage lui ouvrant ainsi des perspectives nouvelles extraordinaires. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ?

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
Pour quelles raisons? Je suis député depuis 20 ans et j’ai la chance d’avoir bien voyagé. J’apprécie tout particulièrement les pays froids comptant de grands espaces encore sauvages. Le contact de la nature me permet de me ressourcer. Et d’un point de vue purement culinaire : je suis un grand amateur de saumon. Toutes ces raisons m’ont naturellement conduit à accepter, en 2002, la Présidence du Groupe d’Amitié France - Norvège, qui me permet de rencontrer les 2 et 3 mai 2006, Monsieur Thorbjorn JAGLAND, Président du Parlement de Norvège, alors en visite officielle en France avec une délégation de parlementaire. Idéalement, j’aimerais partager mon temps entre la France et l’un des pays nordiques où j’aurais trouvé un endroit où j’aurais plaisir à m’installer … probablement au bord d’un lac. Il est vrai qu’on dit souvent « loin de yeux, loin du cœur ». En ce qui me concerne, je suis si occupé que certains de mes amis n’ont pas eu de mes nouvelles depuis longtemps. Toutefois, cela ne signifie pas que je ne pense pas à eux. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Il y a quelques années j’ai eu l’occasion de me rendre dans ce magnifique pays. J’y ai apprécié ses décors et la luminosité des pays nordiques. Je me réjouis très sincèrement que la communauté Française continue à tisser des liens chaleureux avec mes amis Finnois.

| VER 1.4

Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet ? C’est un sentiment que je peux comprendre. L’éloignement rend parfois plus sensible la compréhension d’une situation. Cependant, je vous renvoie à ce que je disais précédemment sur l’expatriation. C’est une chance et une richesse pour une nation que de compter, parmi ses compatriotes, des personnalités si fortes qu’elles sont capables de tout abandonner ici pour tout construire ailleurs. Cependant, je n’ai pas le sentiment que notre pays oublie ses compatriotes expatriés, comme en témoigne l’existence de parlementaires qui sont dévoués aux expatriés. Ce sont les Sénateurs chargés de représenter les Français établis hors de France, que vous élisez indirectement. A cet égard, le Sénat consacre un site Internet spécifique aux français de l’étranger (http://www.expatries.senat.fr).

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
ANDRÉ SANTINI
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? C’est l’atavisme corse qui a joué : les Corses ont par nature une passion pour le débat, et contrairement à leur légende, ils aiment travailler, en tout cas ceux qui ont quitté l’Ile, les expatriés, c’est-à-dire les meilleurs d’entre eux, bien sûr ! C’est ainsi très tôt que je me suis intéressé à la politique. Mon premier souvenir d’action politique au sens noble, c’est l’appel de l’Abbé Pierre en 1954. J’avais 14 ans. J’étais à Courbevoie et mes frères et moi avions organisé une chaîne de solidarité. Ma conscience politique est née là. Elle ne m’a plus quitté. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ? Un député a plus de poids lorsqu’il intervient pour un administré auprès d’un ministre, qu’un maire sans mandat parlementaire. On est donc plus efficace. Mais s’il a également quelques autres avantages (immunité, indemnités), les obligations attachées à sa mission sont sans commune mesure : à cause de l’exigence du mandat (travail législatif et en circonscription, présence dans les manifestations locales), un député a peu de week-ends de libres et une vie de famille réduite à peau de chagrin. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l’expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays, soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l’expatriation des Français ? Je juge que l’expatriation est une chance car les expériences à l’étranger sont toujours enrichissantes. On en ressort plus performant. Elle est une chance pour le salarié et pour la France car elle renforce notre image à l’étranger… à condition de revenir ! La vraie menace, c’est le départ définitif dû à un désamour. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ? Pour quelles raisons ? Si je pouvais m’expatrier, je partirais en Asie. Je suis passionné par cette région du monde. Je parle japonais et suis président du groupe d’amitié France-Corée à l’Assemblée nationale. Ma Ville est jumelée avec un district de Pékin, de Séoul et nous entretenons des liens avec la ville japonaise de Mitaka, vitrine des Nouvelles technologies au Japon. J’admire chez les Asiatiques la réactivité, l’imagination, la modestie, l’autodérision et le respect. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d’être considérés par la France comme des Français de seconde classe...que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet ? J’ai été secrétaire d’Etat aux Rapatriés de 1986 à 1987, je vous propose donc de devenir Secrétaire d’Etat aux Expatriés dans le prochain Gouvernement pour faire de vous des citoyens de première classe ! Plus sérieusement, les expatriés sont souvent les plus talentueux d’entre nous. Ne serait-ce que parce qu’ils sont doués pour les langues contrairement à la majorité des Français ! Pour leur donner les moyens de se sentir des citoyens à

part entière, je parie beaucoup sur les Nouvelles technologies (vote par Internet, etc.). Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? J’ai l’image de gens travailleurs, disciplinés et sympathiques. La Finlande est un pays moderne et dynamique : il est en avance en matière de Nouvelles technologies (vote par correspondance, expériences de micro-paiement par téléphone mobile dans des bus...), a réussi à réduire le nombre de ses fonctionnaires de 35% en 10 ans et est le pays européen où la politique est la plus féminisée. Et sa cuisine n’est pas si mauvaise, contrairement à ce que Jacques Chirac a bien voulu dire ! Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Je suis moi-même un expatrié corse, aussi suis-je bien placé pour redire que les expatriés sont les meilleurs d’entre nous. Soyez fiers d’être expatriés, tout en étant fiers d’être français. Prenez le meilleur de la Finlande, car elle a beaucoup à nous apporter en terme de modèle, mais montrez également le meilleur de la France car vous la représentez aux yeux des Finlandais ! Je vous adresse toute mes amitiés.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
DÉPUTÉE (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Du militantisme étudiant, je suis passée naturellement au militantisme politique. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriezvous choisir? Pour quelles raisons? Plus jeune je serais volontiers partie à l'étranger. Surtout en Afrique. J'étais médecin et j'aurais pu ainsi exercer ma profession pendant quelques années au service des populations les plus fragiles. Les évènements intervenus dans ma vie familiale m'ont amené à prendre une autre direction. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Je pense qu'ils ont eu l'envie d'élargir leur horizon, de connaître les autres, de s'ouvrir à d'autres cultures. Que ce sont des Français à part entière qui ont choisi à un moment de leur vie de mener une expérience dont ils sont les seuls acteurs. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Nous ne nous connaissons sans doute pas assez pour nous faire passer des messages les uns aux autres, tant il est vrai que les attentes de chacun sont différentes. Peut-être des échanges par mails pourraient être mis en place, qui n'existent pas.
Photo - Copyright Assemblée Nationale

HÉLÈNE MIGNON

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
ANNE-MARIE COMPARINI
DÉPUTÉE (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? En premier l’envie de participer à la mise en place des régions dans mon Pays. Très tôt, j’ai été en effet convaincue que le « global-local » est un bon moyen de traiter les problèmes qui concernent nos concitoyens. Puis ayant été plus de 15 ans conseiller régional et présidente de la région Rhône Alpes, le besoin de faire comprendre au niveau national tout l’intérêt qui s’attache à laisser les acteurs imaginer, expérimenter et après évaluation, généraliser s’il le faut les bonnes pratiques. J’ai le regret de constater aujourd’hui que notre Etat trop centralisateur tue les efforts et bonnes idées du terrain. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Députée? Pour toutes personnes qui aiment écouter vivre son pays, il y a beaucoup de plaisir à constater les évolutions en marche …qui viennent d’ailleurs des Français eux-mêmes. Mais les inconvénients sont tous liés à un problème majeur : la France n’a pas la culture de la démocratie et de ce fait, les évolutions peinent à se développer et la bonne volonté des acteurs du développement s’essouffle. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Je fais partie de ceux, aides financières à l’appui cf. politique régionale en faveur des bourses aux jeunes plus de 6OOO en 2004 en Rhône alpes, qui aident les jeunes français à aller travailler ou faire un semestre universitaire à l’étranger car je considère que c’est pour eux le moyen d’accroître leurs compétences et de développer leur personnalité. Leur présence à l’étranger est par ailleurs une bonne chose pour le pays. Un des penseurs que j’apprécie - F. Perroux- disait fort justement que les français à l’étranger sont des « colonies » qui portent notre drapeau. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? En dehors de l’Italie, j’irai en Inde à Bangalore ou dans les pays baltes. Pour quelles raisons? Ils construisent leur avenir sans peur. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Je les remercierai à la manière de Perroux parce qu’ils portent là où ils sont un peu de nous, un peu de notre culture. Ils peuvent ainsi contribuer à donner le réflexe France et donc, aider nos produits à pénétrer ces marchés. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Mes connaissances ne sont que livresques mais je ne vous cacherai pas que je trouve assez formidable leur capacité à s’adapter, je dirai même à avoir construit si rapidement de nouvelles stratégies de vie et d’action.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Vous allez un jour je l’espère, revenir à la « maison ». Je souhaite que vous soyez bien accueilli : tout ce que vous aurez appris en Finlande n’est pas transposable dans notre pays, mais vous aurez acquis une ouverture d’esprit qu’il faudra faire partager dans vos vies privées et professionnelles, car le monde doit être notre horizon.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Au fil du temps j'ai vu se développer une situation de ras-le-bol dans ma commune (Niederbronnles-Bains dans le Bas-Rhin). Professeur agrégé de mathématiques au collège, voir des enfants totalement démobilisés et pour lesquels le système scolaire ne proposait aucune solution d'intégration m'a convaincu qu'il fallait s'investir davantage pour leur avenir. S'engager en politique fut la suite logique de cet engagement en faveur des jeunes. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? L'un des avantages est d'être partie prenante des discussions au sommet de l'Etat -avec une responsabilité accrue devant ses concitoyens et de pouvoir représenter et défendre ses concitoyens. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoirfaire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? Le sentiment d'appartenance à une nation est encore fort et prend le pas sur l'envie de s'investir ailleurs quand les difficultés s'amoncellent. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriezvous choisir? Pour quelles raisons? A priori non... sinon un pays francophone de l'hémisphère Nord Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Surtout pas! Ce sont des ambassadeurs de leur pays d'origine. L'important est qu'ils soient motivés et qu'ils puissent s'épanouir pleinement dans leur vie familiale et professionnelle. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Une très bonne image - La démocratie y fonctionne bien. Il y a un grand respect de l'autre.
Photo - Copyright Assemblée Nationale

FRÉDÉRIC REISS

Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Française de Finlande? Qu'ils respectent les institutions finlandaises... et qu'ils donnent aux Finlandais une bonne image de la France pour que puissent se développer des échanges bilatéraux...

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Le service de l'intérêt général et l'action du Général de Gaulle. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Le message de la France n'est pas le fait que des états mais aussi des individus. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriezvous choisir? L'Afrique, l'Extrême Orient Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Ils ont tort. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? L'image d'un pays travailleur qui a su parfaitement accueillir les Jeux Olympiques il y a longtemps. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Qu'ils portent les couleurs de la France dans un pays ami.
Photo - Copyright Assemblée Nationale

JACQUES GODFRAIN

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Je suis rentré en politique surtout pour défendre mes idées : c’était pour moi le meilleur des moyens. Ensuite le courage et la force de caractère de certaines personnalités m’ont beaucoup influencé : je pense bien évidemment au Général De Gaulle, mais également à Maurice Schumann. Etant professeur de philosophie, je suis bien évidemment également influencé par les différents philosophes politiques, et notamment par ceux qui ont fondé la démocratie libérale : Montesquieu, Tocqueville, Kant… Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? L’avantage est notamment la quantité d’information et la capacité de répondre aux besoins des citoyens. L’inconvénient serait l’absence de véritable pouvoir pour une action concrète et rapide. L’initiative ne vient pas du parlement et son action est entravée. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? L’expatriation est plutôt pour moi une fuite des cerveaux mais qui peut être utile pour maintenir la présence française à l’étranger. Les expatriés peuvent servir de relais de notre pays dans les pays qui les accueillent, et notamment d’un point de vue du développement des échanges culturels, économiques. L’ouverture sur le monde extérieur est aujourd’hui une nécessité vitale pour notre pays. Je souhaite que beaucoup de ceux qui ont trouvé à l’étranger une liberté et un dynamisme qu’ils jugent insuffisants en France reviennent livrer leurs expériences. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriezvous choisir? Pour quelles raisons? Ma femme est italienne. J’ai été littéralement ébloui par ce pays, berceau de notre civilisation. Rome peut vraiment être considérée comme la ville éternelle. En la traversant, on traverse l’Histoire. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Les expatriés sont parfois effectivement les grands oubliés de notre
Photo - Copyright Assemblée Nationale

CHRISTIAN VANNESTE

système. On a vu qu’en Italie, leurs votes avaient fait changé la donne. Je vais poser une Question d’Actualité en mai sur ces nombreux départs à l’étranger de la part des jeunes diplômés : ainsi près de la moitié des 2,2 millions d’expatriés sont des jeunes de moins de 35 ans. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? J’ai tout d’abord l’image d’un pays courageux : j’ai ainsi en mémoire la résistance très courageuse des finnois contre les soviétiques en 1940 ; ensuite, la Finlande représente pour moi un pays innovant (cf Nokia), j’ai par ailleurs deux entreprises finnoises dans ma circonscription ; et enfin, ses paysages en font un pays splendide ! Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Merci de faire passer nos valeurs à l’étranger !

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Je n'ai pas embrassé une carrière politique, ce sont les circonstances qui m'ont amené à me retrouver élu après avoir été licencié à cause de mes activités syndicales. Ce qui me motive, c'est l'injustice de cette société où le fossé se creuse entre ceux qui ont tout et ceux qui ont si peu. Je suis depuis 50 ans de tous les combats contre ces injustices et porteur d'un projet de société qui mette au coeur l'être humain et non le règne de l'argent-roi. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de député? Les avantages: de pouvoir porter au niveau national, devant la représentation populaire, la colère et les souffrances des sans-droit, des salariés, des forces vives de la Nation, être proche des gens pour les aides et agir avec eux dans tous les domaines, mais aussi de formuler des propositions pour un développement humain, social, économique et démocratique. Les inconvénients: les sacrifices demandés à la famille, car la fonction laisse peu de temps. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoirfaire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? L'expatriation est pour moi une solution de facilité sans avenir. Je veux servir mon pays et mes concitoyens. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriezvous choisir. Pour quelles raisons? Jamais je ne m'expatrierai, je pense. Je veux transformer la société française pour que chacun puisse s'épanouir. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... Que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Je n'ai pas d'expérience en ce domaine. Donc ce que je pourrai dire ne part pas vraiment du vécu. Pour moi, je suis Français et j'ai des devoirs à l'égard de mon pays, mes aussi des droits. Ensuite, je pense que chacun fait son choix, personnel. Pour ce qui me concerne je fais le choix collectif. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Je connais la Finlande et les Finlandais. J'aime ce pays avec son originalité, le côté accueillant de ses habitants. La diversité de nos nations et de nos peuples est une richesse pour notre continent. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la communauté française de Finlande? Je souhaite qu'ils continuent à faire connaître la France et oeuvrent à l'amitié et à la solidarité entre nos peuples.
Photo - Copyright Assemblée Nationale

MAXIME GREMETZ

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
CHRISTIAN BLANC
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? En ce qui me concerne on ne peut pas vraiment parler de « carrière » politique puisque j’avais presque 60 ans lorsque je me suis présenté pour la première fois à une élection. Mais cela rend votre question encore plus pertinente : pourquoi vouloir agir en politique après une carrière bien remplie par ailleurs. La réponse est simple : après avoir quitté la présidence d’Air France j’ai beaucoup voyagé, et j’ai fait le constat que la France était en train de passer à coté des grandes évolutions du monde. J’ai estimé qu’il était de mon devoir de partager ce constat avec mes compatriotes, de participer à la pédagogie du monde nouveau en quelque sorte, et de tout mettre en œuvre pour redresser une situation difficile mais pas désespérée. C’est le sens de mon engagement en politique. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? L’avantage principal c’est que le député est un élu de la nation, pas seulement de sa circonscription. Cela lui confère une grande responsabilité mais aussi une grande légitimité pour aborder les sujets qui concernent le futur de la France. L’inconvénient majeur c’est le peu de moyen dont un député dispose pour travailler. Un cabinet parlementaire comporte deux ou trois collaborateurs, pas plus. La conséquence c’est qu’un député est en situation de faiblesse extrême par rapport aux cabinets ministériels et aux partis politiques. C’est d’autant plus regrettable que les partis autant que l’administration ont depuis longtemps fait la preuve de leur incapacité à moderniser le pays. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Pour moi qui ne cesse d’encourager mes interlocuteurs à faire du « benchmark », c’est-à-dire à être curieux de ce qui se passe ailleurs et à se comparer en permanence aux meilleurs mondiaux, le fait que de Français aillent vivre des expériences à l’étranger me parait très positif. Toutefois, il y a un phénomène qui m’inquiète : nombreux sont les jeunes français qui quittent le pays pour trouver un environnement plus favorable à leurs ambitions. C’est particulièrement vrai des jeunes chercheurs et entrepreneurs et c’est pour moi le signe d’un grand échec national porteur de risque pour l’avenir. C’est la raison pour laquelle je me bats pour que la France mènent enfin une réforme visant à réhabiliter ses universités et à offrir des conditions de travail optimale à tous les acteurs de l’innovation : universitaires, chercheurs, entrepreneurs… J’estime que c’est la priorité absolue pour renouer avec la croissance économique. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Au cours de ma vie j’ai eu la chance de vivre en Suède et aux Pays-Bas. J’en garde d’excellents souvenirs. J’ai également des liens amicaux très forts avec la Tunisie ou je possède une maison. Enfin, la Chine est un pays passionnant où j’ai eu l’occasion de voyager à de très nombreuses reprises, mais peut-être me serait-il plus difficile d’y vivre à temps plein ! Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Qu’ils ont tort ! Je pense que l’écrasante majorité des Français a une image très positive de nos compatriotes qui réussissent hors de nos frontières.
Photo - Copyright Assemblée

Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Une image prédomine chez moi à propos de la Finlande. Il s’agit de l’image d’un pays qui a réussi une formidable reconversion économique au tournant des années 1990. J’ai d’ailleurs décrit en détail ce « miracle finlandais » dans mon livre « la croissance ou le chaos ». Même si le contexte est différent, j’aimerai que la France s’inspire de la stratégie utilisée par les finlandais à cette époque pour transformer une économie de matière première mise en faillite par l’effondrement de l’URSS en une économie des nouvelles technologies qui est souvent considérée comme la plus compétitive du monde. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Je leur souhaite avant tout de continuer à tisser des liens d’amitié entre ces deux pays. Et je profite de cette tribune pour leur demander de faire tout ce qu’ils peuvent pour informer les Français à chaque fois qu’ils observent quelque chose qui leur semble intéressant et qui pourrait nous inspirer en France. Je pense par exemple au système scolaire finlandais dont j’ai entendu beaucoup de bien.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4
Copyright Assemblée Nationale

INTERVIEW
CLAUDE GATIGNOL
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? Pour moi, elle relève du pur hasard, par la rencontre avec le député en exercice qui avait en 1977 l’opportunité de devenir maire de VALOGNES, s’il gagnait les élections municipales avec une équipe le soutenant. J’ai accepté d’en faire partie et je suis devenu Premier adjoint en 1977, suppléant du député en 1978, Conseiller Général en 1979. C’est en 1988, que la décision de mon député de cesser son mandat m’a obligé à être candidat et à être élu membre de l’Assemblée Nationale, après accord de la famille ! Quels sont à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ? Les avantages sont ceux d’une vie intellectuelle et sociale riche et très variée. Les rencontres au niveau national et international sont pleines d’intérêt et certains sujets ou d’étude ou de débat sont passionnants. Et vous avez, parfois, vraiment l’occasion de faire bouger les choses par les propositions que vous défendez avec conviction, par le dossier auquel vous vous accrochez. Les désagréments existent : pas assez de moyens logistiques, fortes sollicitations de la société sans retour souvent, critiques incessantes du fait d’un individualisme qui augmente et de la méconnaissance chronique des français en économie, en politique extérieure. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? C’est une question qui n’est pas facile pour moi : j’ai choisi une profession médicale sédentarisée et indépendante. Peutêtre choisit-on selon l’entreprise qui accueille ou le laboratoire de recherche selon l’activité offerte, ou bien selon l’image du pays d’expatriation et sa culture… Les moyens de communication peuvent jouer aussi. La Chine est attirante pour moi… Le Canada, certains Etats des USA, ne manquent pas d’intérêt… Je pense que c’est l’opportunité d’une carrière valorisante qui détermine l’expatriation. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Les expatriés sont pour moi ceux qui ont refusé la fatalité, une situation de blocage, des contraintes excessives pour l’emploi, une absence de bonnes conditions de travail ou de carrière, et ont eu le courage de quitter la proximité familiale, et les caractéristiques de la vie quotidienne pour tenter l’aventure professionnelle au-delà des frontières. Il y a sûrement une conséquence fâcheuse : la « fuite » de compétences. Mais comme Ulysse, certains reviennent… Cela devrait inciter les gouvernants politiques à être plus attentifs à l’attractivité de notre pays et à faciliter les projets de retour. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? La Finlande a l’image d’un pays du Nord, rigoureux, mais efficace, pragmatique, avec des entreprises sérieuses. La décision finlandaise de construire un réacteur nucléaire français est un de mes succès auprès de l’ambassadeur en France. Et des entreprises du Cotentin ont obtenu des parts de marché ! Mais je ne suis jamais allé en Finlande ! Il faut que je pallie prochainement ce déficit pour mieux connaître ce pays ! Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Le message, aux Français de Finlande, sera en premier de les féliciter d’avoir franchi les frontières, de leur souhaiter une vie agréable en s’adaptant à la culture finlandaise, mais sans oublier le France et la francophonie qu’ils représentent… Cependant, vous pouvez nous faire passer des bonnes idées : on dit que le système scolaire finlandais est très efficace… comment fonctionne le droit du travail en entreprise, l’embauche, la formation… ? Je suppose que les liens entre les familles sont facilités par vos journaux, votre radio et Internet et aussi la téléphonie finnoise. Donc pleine réussite à vos projets de communication et à la coopération francofinlandaise. J’espère venir vous saluer en Finlande !

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
CHARLES DE COURSON
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? Trois raisons majeures ont fait que j’ai choisies la carrière politique : premièrement, par tradition familiale, deuxièmement, par goût pour la « chose » publique et en dernier lieu, tout simplement, du fait des circonstances de la vie. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ? Du côté des avantages, il y a la variété des thèmes abordés par les députés, les contacts permanents avec l’ensemble des milieux représentatifs de la société française et la possibilité de rendre service aux autres. Du cotés des inconvénients, je citerais l’incertitude de l’action en raison de la durée du mandat d’un député et le caractère chronophage de cette activité. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français ? Je considère l’expatriation comme une excellente chose dans le cas où la personne retourne dans son pays après quelques années. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ? Pour quelles raisons ? Si l’opportunité se présentait, je choisirais l’Amérique du Nord et les EtatsUnis en particulier pour une durée de trois à cinq ans, car ce pays est la principale puissance économique et politique au monde. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet ? Je trouve bien triste que ce genre de sentiment puisse être ressenti par les expatriés car ces derniers font partie intégrante de la communauté nationale. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? De la Finlande, j’ai une image faite de lacs et de forêts. Quant aux finlandais, je les trouve courageux et inventifs.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Mon message est le suivant : on aime d’autant plus son pays qu’on en est éloigné.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
Jean-Louis Bianco
Député (France)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Au départ, j’étais plutôt tenté par l’enseignement ou la recherche. Je crois que mon engagement est né de mon sentiment de révolte devant l’injustice. J’ai d’abord été militant étudiant, puis de quartier, avant d’être secrétaire général de l’Elysée auprès de François Mitterrand. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Je parlerais d’intérêts et de limites plutôt que d’avantages et d’inconvénients. Intérêts : représenter du mieux possible celles et ceux qui vous ont élu, en connaissant et en comprenant leurs problèmes et leurs aspirations. En même temps, participer à l’élaboration de l’intérêt national. Intérêt encore : la formidable variété des sujets. Inconvénients : en France, on légifère beaucoup trop, et trop vite. En même temps, le rôle du Parlement est trop limité. Un député de la majorité est souvent cantonné au soutien du gouvernement et un député de l’opposition à la critique. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Pour moi, l’expatriation est sans doute une chance pour celles et ceux qui la vivent (du moins si elle n’est pas subie et si elle apporte des satisfactions). Elle est indiscutablement une chance pour notre pays : les expatriés contribuent à tisser des liens avec leur pays de résidence, ils peuvent aider des deux côtés à mieux se comprendre, et ils sont aussi les ambassadeurs de la France.

par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Je ne crois pas que la France, dans son ensemble, considère les expatriés comme des Français de seconde classe. Je crois que trop souvent elle les ignore – ce qui n’est pas beaucoup mieux. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Je connais peu la Finlande et les Finlandais. J’ai l’image de gens assez différents des autres pays d’Europe du Nord, avec une grande admiration pour leur capacité passée à résister à la pression soviétique, et pour leurs performances économiques et sociales, en particulier en matière d’éducation.

Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Je choisirais plutôt des pays que j’aime : Italie, Allemagne, Angleterre, Brésil … La durée dépend de ce que j’aurais à y faire : à priori, pas moins d’un an, mais pas trop longue quand même. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés

Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande? Soyez vous-mêmes. Gardez des liens avec vos origines. Multipliez les occasions de rencontre et de contacts entre Finlandais et Français.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
JEAN-CLAUDE LEFORT
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Vous savez, pour ma part, cela n’a pas été un choix ou une volonté mûris et travaillés de longue date. Je n’y ai jamais pensé tous les matins en me rasant ! Les choses ont été plus simples et plus limpides pour moi. J’étais un militant engagé de longue date dans mon parti et quand les élections législatives de 1988 se sont engagées sur un autre mode de scrutin que précédemment (avant, de 1986 à 1988, c’était le scrutin proportionnel sur liste nationale) mes amis ont pensé à me proposer comme candidat dans la nouvelle circonscription qui venait d’être créée là où j’habite, à Ivry-surSeine. C’est donc le hasard (la modification du mode de scrutin) et la confiance de mes amis qui ont fait les choses. Et naturellement les électeurs qui, à quatre reprises, m’ont renouvelé leur confiance. Pour moi, devenir et être député, c’était poursuivre et prolonger mon action politique sous une autre forme. Quant à mon engagement politique, il résulte de ma volonté de donner corps à une société débarrassée de ses injustices de toutes natures. L’action politique c’est cela : faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers ; faire que les choix et intérêts de notre peuple dans son ensemble prévalent sur tout le reste. Et donc se mettre à son service et non pas l’inverse. Comme le disait Vaclav Havel « la vraie politique c’est simplement le service du prochain ». Etant entendu que le fait est acquis : quand bien même vous ne vous intéressez pas à la politique, la politique s’occupe de vous. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Les deux termes sont en réalité mêlés. On apprend beaucoup mais on donne beaucoup. On agit mais parfois en vain. On s’occupe des autres mais peu de soi. Et ainsi de suite… Du moins c’est ainsi que je vis les choses et ne prétend nullement que tout le monde soit dans le même état d’esprit. D’ailleurs cela se remarque, non ? Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Personnellement je pense que c’est une chance pour notre pays mais aussi pour celles et ceux qui ont fait ce choix. Une chance pour notre pays car les « expatriés » comme on dit ne se détachent pas pour autant de la France. Ils l’a portent en eux et du même coup il font œuvre utile pour notre pays. De plus, connaître d’autres pays est aussi un plus pour la France. C’est une manière d’intégrer d’autres expériences, d’autres modèles, d’autres façons de vivre. Et cela enrichit notre propre pensée. Nous sommes très hexagonaux en France. Quand nous ne sommes pas purement et

simplement nourris de l’idée que nous sommes le sel de la terre. C’est pour le moins excessif. Nous avons à apprendre d’autres que nous. C’est une évidence, et pourtant… Quant aux personnes qui ont fait le choix de « s’expatrier » – décidément que ce mot est laid – ils s’enrichissent aussi ne serait-ce « que » culturellement. Et c’est majeur. Dans le monde d’aujourd’hui, qui est un village, la connaissance de l’extérieur est majeure. C’est un peu comme la cellule humaine. Sans son enveloppe qui la protège, elle ne peut vivre. Mais sans contact avec l’extérieur elle meurt aussi. C’est pourquoi j’estime que c’est une chance pour le pays et les individus. Je pense même que si les conditions pouvaient être réunies pour cela il serait bon que pour une durée donnée et choisie les français – et je pense ici aux jeunes plus spécialement – devraient avoir un cursus scolaire ou/et professionnel les amenant à passer une partie de leur vie à l’étranger. Il verraient mieux leur pays et verraient mieux le monde dans lequel ils devront désormais évoluer. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? J’irai certainement en Afrique ou dans un pays en développement. Il y a tant

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
à faire dans le monde d’aujourd’hui. Se dire qu’on a été « un peu utile » est la plus belle des choses que puisse ressentir tout individu. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Des français de seconde classe ? C’est non seulement méprisant mais c’est tout simplement absurde. Et pourquoi donc ? Moi je ne dis pas l’exact contraire, à savoir qu’ils seraient au dessus des autres (ce qui serait pure démagogie) mais je dis qu’ils sont en quelque sorte des ambassadeurs de notre pays là où ils vivent. C’est une chance pour la France, encore une fois, que cette présence de milliers de français à l’étranger. Ce qui est de « seconde classe » c’est de ne pas le comprendre ! Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Je ne parlerai pas strictement de moi mais de mon sentiment : la Finlande est peu connue des français. C’est vrai qu’elle ne fait pas de « bruit » comme d’autres. Et pourtant que de talents, d’innovation, d’intelligence et de culture dans ce pays aux nuits blanches. Et que de chaleur humaine dessous cette neige et ce froid qui l’enveloppent des mois durant. C’est donc son image qu’il faudrait faire connaître plus nettement dans notre pays. Elle n’est pas seulement, loin s’en faut, celle qui a donné le Père Noël au monde ! Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Mon message résulte de ce que je vous ai dit précédemment. Il y a beaucoup à faire pour que les relations de toutes natures se développent entre nos deux pays. La communauté française en Finlande est certainement la mieux à même d’y travailler. Peut être lui faut-il fait preuve de plus d’audace en ce sens. Et, si elle le souhaite, elle pourrait s’appuyer sur des relais en France, en particulier sur les parlementaires qui peuvent être utiles à bien des égards pour cela. On n’a pas, je pense, utilisé le potentiel de plus | VER 1.4 value pour la France et pour la Finlande que ces relations pouvaient générer. Chacun peut y réfléchir d’autant plus que chacun a nécessairement un parlementaire « sous la main » dans son lieu d’origine en France. Je parle des parlementaires mais la chose vaut pour beaucoup d’autres personnes engagées dans la vie sociale ou publique. C’est une idée… Et puis qu’il me soit permis, cette interview étant réalisée alors que Pâques sonne à la porte, de souhaiter à chacune et à chacun une bonne fête de Pâques à la mode finnoise de même qu’une bonne fête du 1er mai qui revêt dans votre pays d’accueil des allures toutes particulières, un mariage d’international et de national avant que ne vienne la saint Jean… et les beaux jours sans nuits !

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
JEAN-MARIE LE GUEN
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Je militais depuis longtemps dans le mouvement étudiant. Une opportunité s'est présentée dans le quartier où j'habitais d'avoir un poste de responsabilité politique. J'avais envie de continuer à défendre l'idéal que je portais depuis le mouvement étudiant sur une plus large échelle, cette opportunité en a été l'occasion. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? Je pense que l'expatriation, qu'elle soit pour travailler ou pour étudier est une bonne chose. Je ne porte pas de jugement de valeur sur le choix fait par les personnes qui décident de s'expatrier, cela fait partie des libertés individuelles de choisir son lieu de résidence et de travail. Partir ce n'est pas oublier son pays. C'est un moyen concret de le promouvoir. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? La distance peut mener à un décalage mais le monde actuel nous rapproche. Je reste attentif dans mon engagement politique à ce qu'aucune discrimination sociale ou politique ne soit faite entre les citoyens.
Photo - Copyright Assemblée Nationale

Quel message souhaiteriezvous faire passer à la Communauté Française de Finlande? Réchauffez la Finlande et contribuez à apporter à notre pays les qualités d'une culture et d'une civilisation différentes.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

MARCEL DEHOUX
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez - vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? Des amis qui m'ont convaincu d'être d'abord Maire de ma Commune. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ? Pour ce qui est des avantages : Croire que l'on peut influencer la gestion de son pays. Les inconvénients : Voir que l'on influence peu la gestion de son pays face à l'administration. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portezvous sur l'expatriation des Français ? Très utile pour le rayonnement de la France et surtout du Français. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ? Pour quelles raisons ? Je choisirais l'Afrique, pour une période d'un an dans le cadre d'une aide humanitaire. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez - vous leur dire à ce sujet ? Qu'ils sont les véritables ambassadeurs de notre pays et qu'ils méritent mieux que l'indifférence des administrations Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? Un pays où la qualité de la vie est très élevée... mais un pays où le climat est peu attirant.

Quel message souhaiteriezvous faire passer à la Communauté française de Finlande ? N'hésitez pas à faire du "lobbying" auprès des Elus, des Administrations et faites lui part de vos difficultés.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

Photo - Copyright Assemblée Nationale

INTERVIEW

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

JEAN-MARC ROUBAUD
DÉPUTÉ (FRANCE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? La passion de faire avancer et évoluer mon pays. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Avantage : être au coeur de l'action. Les médias français font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Français? Une chance et une contribution à la diffusion du savoir-faire et de la culture française. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Je suis bien en France. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par la France comme des Français de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Chacun doit pouvoir choisir son destin. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Démocratie et système social avancé, peuple solidaire. Quel message souhaiteriezvous faire passer à la Communauté française de Finlande ? Un message d'amitié et de fraternité.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

Photo - Copyright Assemblée Nationale

INTERVIEW

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

DÉPUTÉS QUÉBECOIS

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
SYLVAIN LÉGARÉ
DÉPUTÉ (QUÉBEC)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Ma famille a toujours été impliquée dans notre milieu, dans notre quartier. Sur le plan politique, nous nous sommes impliqués lors d’élections aux trois paliers, municipal, provincial et fédéral. M’engager en politique était donc une simple continuité de l’implication de ma famille. Sur le plan idéologique, il y avait longtemps que je suivais l’Action démocratique du Québec et son chef Mario Dumont lorsque j’ai décidé de me lancer. Je me dis que tant qu’à jouer les gérants d’estrade et à commenter la politique avec mes amis et mes proches, autant sauter moimême dans l’arène et essayer de faire changer les choses ! Le Québec devra relever des défis importants au cours des prochaines années : pénurie de main d’œuvre, vieillissement de la population, lourde dette publique, système de santé qui craque de partout. Pour ma génération, il est important qu’on s’occupe de ces problèmes le plus rapidement possible sans attendre que le contexte oblige à faire des choix déchirants. J’ai envie de relever ces défis. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? C'est un immense privilège que de pouvoir aider les gens de ma circonscription. C'est ce qui me passionne le plus dans mon travail. Les groupes et les organismes du milieu me présentent leurs projets et je les épaule du mieux que je peux pour qu’ils se concrétisent. Au quotidien, des petits comme de plus grands projets améliorent constamment la qualité de vie des gens que je représente, et ça me motive énormément. Quant aux inconvénients reliés à la fonction de député, en toute honnêteté, je n’en vois pas pour le moment. Je suis encore en lune de miel, étant élu depuis septembre 2004 seulement. J’en apprends encore sur mon travail et mon comté tous les jours, et j’adore ça ! Évidemment, être député est très exigeant mais c'est tellement motivant et valorisant ! Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? Premièrement, je crois qu’il faudra toujours respecter les gens qui choisissent de quitter un pays pour s’installer ailleurs. Chaque année, des gens quittent le Québec et d’autres viennent s’y installer. C'est une roue qui tourne et un phénomène normal dans une ère de mondialisation. Le Québec apprend beaucoup au contact de ses nouveaux citoyens et c'est certainement la même chose pour un pays qui accueille un Québécois d’origine. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? J’adore voyager mais sincèrement, je n’ai jamais envisagé l’expatriation. J’adore découvrir d’autres pays et d’autres cultures, mais c'est au Québec que j’ai toujours vécu et que je veux faire ma vie. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays et par leurs élus comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Pour moi, chaque citoyen a la même valeur et doit être considéré de manière égale. Le Québec est une société ouverte sur le monde. Chaque culture a beaucoup à retirer du contact avec les autres. Cela dit, nous avons encore du travail à faire pour que les nouveaux arrivants du Québec se sentent pleinement intégrés. C'est le cas en ce qui a trait à la reconnaissance des acquis et des compétences. Souvent, les gens qui entament le processus d’immigration au Québec ne sont pas suffisamment bien informés et se retrou-

vent ici sans que leur diplôme soit reconnu, ce qui les empêche de travailler à la hauteur de leurs compétences. C'est une situation qui me préoccupe beaucoup. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? L’ADQ, ma formation politique, prend souvent exemple sur la Finlande pour ce qui est de l’organisation de ses services gouvernementaux. C'est un pays qui est considéré comme un berceau de la socialdémocratie et qui a à cœur la solidarité sociale, comme le Québec, mais contrairement à nous, il a su s’adapter aux nouvelles réalités. La Finlande n’a pas eu peur, par exemple, de revitaliser son système de santé et de faire une place au secteur privé. Elle a aussi un système d’éducation enviable sur lequel nous devons prendre exemple. Au Québec, la social-démocratie est figée depuis trop longtemps et les dogmes nous empêchent parfois d’avancer. Sur une note plus légère, pour les Québécois, la Finlande est évidemment incarnée par le célèbre joueur de hockey du Canadien de Montréal, Saku Koivu. Nous avons tous encore en mémoire sa ténacité dans son combat face au cancer dont il a été atteint il y a quelques années. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? J’ai fureté sur le portail de la Communauté Francophone de Finlande et j’ai été heureux de découvrir votre vitalité. J’aimerais bien visiter la Finlande éventuellement, et je vous invite à venir découvrir le Québec !

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
LÉANDRE DION
DÉPUTÉ (QUÉBEC)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? C’est l’amour du Québec et de la liberté et la conviction que le pouvoir de décision sur son propre destin est la porte d’entrée vers le développement durable. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de député ? Un avantage incontestable de ma fonction est d’être au cœur d’un réseau d’information et d’influence qui permet d’aider ses concitoyens et de travailler au progrès de la société. C’est un privilège pour moi de jouir de la confiance des gens, aussi j’assume les défis de la fonction avec reconnaissance, malgré les difficultés passagères inévitables. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l’expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays, soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portezvous sur l’expatriation des Canadiens ? Vu sous l’angle de la question posée, l’expatriation est d’abord un droit personnel de vouloir vivre dans un autre pays que celui de sa naissance. Ce droit n’entraîne toutefois pas automatiquement un droit d’être accueilli dans un pays en particulier. Il appartient à chaque collectivité de déterminer ses règles à cet égard. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir et pour quelles raisons ? Un très grand nombre de pays me semblent être de très bons endroits pour y vivre. J’ai déjà vécu dans d’autres pays que le Québec et j’en ai conservé de très bons souvenirs. Cependant, le Québec représente la seule terre où je me sente parfaitement « chez nous ». Aussi, je ne désire pas aller vivre dans un autre pays. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d’être considérés comme des Canadiens de seconde classe. Que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet ? Me fondant sur ma propre expérience de vie à l’étranger, je dirais à toute personne qui immigre au Québec : comme on dit ici, prenez le temps d’accrocher votre chapeau. Si vous parlez déjà français, c’est un actif. Cependant, connaître la langue n’est pas suffisant, il faut connaître le peuple, son histoire, ses traditions, les conventions tacites qui règlent le comportement quotidien des gens et des rapports entre eux. Au début, il est normal, inévitable même de se sentir désorienté. Il ne faut pas voir cela comme un problème, mais bien comme un défi, une belle aventure. On n’aura d’autre choix que de se remettre en question parfois, mais le jeu en vaut la chandelle parce qu’on a beaucoup plus à y gagner qu’à y perdre. Si l’on compare, ce doit être pour mieux comprendre et non pour dire que tel autre peuple, telle autre culture, celle d’où l’on vient par exemple, est supérieure. Au contraire, il faut toujours se souvenir qu’une culture nationale est le fruit de siècles de compromis de toutes sortes qui visent la coexistence pacifique et le bien-être individuel et collectif des citoyens. Quand on émigre, ce ne doit pas être pour changer de pays d’accueil, mais bien pour s’y adapter. C’est à ce prix que l’on peut espérer y être heureux et l’influencer avec les richesses de sa culture d’origine. Quelle image avez-vous de la Fin-

lande et des Finlandais ? J’admets ne pas bien connaître la Finlande. Je l’imagine cependant comme un pays qui jouit d’un climat comparable au nôtre et de ressources naturelles semblables à celles du Québec. Son peuple a vécu sous la domination de peuples voisins et a fini par s’en libérer grâce à son courage et à sa détermination. Il m’apparaît comme un peuple pacifique, industrieux, discipliné et l’un de ceux qui ont avancé le plus sur la voie de la justice sociale, de la scolarisation et du dynamisme économique endogène. J’aimerais avoir un jour l’occasion de visiter la Finlande et de connaître ce peuple qui me semble très près du peuple québécois par les valeurs qu’il cultive. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande ? Il y a en Amérique un peuple intéressé par vos réussites relatives, entre autres, à la politique forestière, à la scolarisation et aux mesures de partage social de la richesse. Malgré ses sept millions et demie d’habitants, mon peuple occupe un territoire que l’on pourrait dire de trop étendu pour lui. Aussi, est-il accueillant, tolérant et pacifique. Fort de son histoire, fier de sa langue française et de sa culture, il est déterminé à prendre le contrôle de son destin, à vivre en harmonie avec ses voisins et à contribuer à la paix et à la bonne entente entre les peuples.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
AGNÈS MALTAIS
DÉPUTÉE (QUÉBEC)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? J'ai eu la chance d'avoir des parents qui, tous deux, se sont engagés dans leur communauté à divers titres, dont celui d'élus municipaux. Ils ont su m'inculquer la volonté d'être un acteur du changement plutôt qu'une victime de l'inertie. La nature, mon environnement ou le hasard, ou les trois, m'ont doté d'une faculté de résistance à la peur et à l'injustice qui, plus souvent qu'autrement, m'ont menée à la tête de combats dans toutes sortes de domaines. Les citoyens de ma circonscription m'ont repérée comme une meneuse, le jeu politique a fait le reste. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Députée? Le grand avantage est celui d'avoir un droit de parole très puissant en plus de la faculté d'agir. Je suis une femme de pouvoir mais je n'ai jamais considéré le pouvoir comme un mot neutre, comme un objectif. Je le vois comme un moyen. Le verbe pouvoir est emballant, il appelle à la concertation et à l'action. Le grand désavantage est une notoriété qui, dans un pays de petite dimension comme le Québec, m'a forcé à oublier l'anonymat, ce qui rend difficile la protection de la vie privée. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? En fait, l'important dans l'expatriation est que le flux migratoire ne soit jamais trop négatif pour le pays d'origine des migrant-es. Le Québec est en demande pour des personnes qui désirent immigrer, particulièrement celles qui parlent français. L'expatrié de l'un est le migrant tant attendu de l'autre. Toutefois, dans les pays à petite population comme la Finlande ou le Québec, le flux migratoire ne doit pas devenir trop important. On parle d'exode des cerveaux quand des personnes ayant une formation très spécialisée quittent. Par exemple, chez nous, l'exode des médecins spécialistes vers les États-Unis est un sujet qui revient constamment dans les médias. Pourtant, cet exode n'est pas validé par les chiffres officiels. Parfois, j'ai l'impression que la peur des peuples de se voir disparaître joue. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Un pays nordique, sûrement, parce que j'aime les variations des saisons. J'aime penser que le constant renouvellement de la nature force hommes et femmes à bouger, à conserver leur mobilité. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays et par leurs élus comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Que si, selon les beaux mots de la chanson de Maxime Leforestier, «être né quelque part, c'est souvent un hasard», choisir un pays, c'est un effort et ce pays doit le considérer come un honneur. Il n'est pas facile de trans-

planter ses racines, le pays qui vous accueille doit en être conscient. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? De gens qui, comme nous, ont relevé la défi de vivre la nordicité. D'un pays qui a une vie démocratique souvent citée en exemple. La Finlande semble avoir réussi à conjuguer modernité et tradition, progresser sans y perdre son âme. Elle a toute mon admiration. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? À titre de Québécoise, je considère que chaque communauté francophone est un îlot de résistance qui nous permet d'espérer en la victoire de la diversité des cultures. Francophones de tous les pays, unissons-nous !

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
RITA DIONNE-MARSOLAIS
DÉPUTÉ (QUÉBEC)

Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Je croyais et je crois encore que c'est la façon la plus concrète de changer le monde! Si on peut participer au processus législatif, on peut s'assurer que ses valeurs et ses priorités soient considérées. On change le monde en y participant activement et en s'y engageant. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Députée? Les avantages sont de participer à l'établissement des priorités nationales et aux décisions sur les grands enjeux de nos sociétés. Le désavantage est certainement que nous ne pouvons plaire à tout le monde et qu'il faut savoir recevoir les critiques et reproches comme les compliments d’un même front. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire).

Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Canadiens? Le monde d'aujourd'hui est totalement mobile et ce, plus les personnes sont qualifiées. C'est dommage de perdre des citoyens, mais il faut aussi savoir en accueillir d'autres. Il faut se questionner sur les raisons de leur expatriation et agir en conséquence pour les intéresser soit à revenir ou à ne pas quitter. Ce n'est pas simple. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Dans mon cas, je ne vois que la cause de l'amour pour envisager un expatriation et encore. J'aime vivre au Québec. Pour avoir fait des stages et travailler à l'étranger pendant un certain nombre d'années, j'apprécie le Québec. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Je les trouve très sympathiques et je crois que nous avons beaucoup d'affinités si ce n'est que par les conditions climatiques et de vie qui se ressem-

blent un peu. Quel message souhaiteriezvous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? J'aimerais les inviter à venir nous visiter, peut-être trouveraient-ils ici un endroit où ils envisageraient de s'établir!

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

DÉPUTÉS BELGES

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
WILLY BORSUS
DÉPUTÉ (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique ? Je pense que mon engagement politique trouve ses racines dans deux ou trois éléments. Premier élément, j’ai toujours été attiré par la vie publique, la « gestion de la cité », l’actualité politique régionale, nationale ou internationale, par la vie de mon village aussi bien que la vie du monde. Deuxièmement, je suis attaché à des convictions de tolérance, de respect de l’autre, de liberté, de responsabilité dans la société. Enfin, j’ai toujours éprouvé le besoin de bouger, de m’engager, de tenter de me rendre utile. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député ? La Fonction de Député me permet, tout d’abord, de me consacrer pleinement à la vie publique, d’assumer un rôle plus significatif au sein des assemblées parlementaires de la Région wallonne et de la Communauté française. Etre Député permet aussi, très concrètement, de débattre de projets, d’être à l’initiative de propositions de textes, de pouvoir faire pression sur le cours des choses. Au titre des inconvénients, mentionnons certainement que dans nos systèmes très clichés par les partis politiques, on doit bien constater que l’espace réel des décisions d’un Député surtout lorsqu’il est, comme c’est mon cas actuellement, dans la minorité parlementaire – reste restreint. Je voudrais aussi citer, au titre des inconvénients, le fait qu’une fonction de Député, c’est un engagement plein et entier qui laisse donc peu de temps pour ses proches, pour ses loisirs. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l’expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l’expatriation des Belges ? Il est exact que le message concernant l’expatriation est quelque fois contradictoire que ce soit dans les médias ou dans l’esprit des gens. En ce qui me concerne, je pense que la mobilité des gens fait intrinsèquement partie de la vie sociale en général. Cette mobilité depuis ou vers notre pays doit être, à mon estime, abordée positivement. Elle permet à certains de nos compatriotes également de trouver des horizons humains, culturels, économiques qui sont pour eux de réelles opportunités de vie. Pourquoi, dès lors, les en priver ? Quant au point plus particulier de la fuite des cerveaux, j’ai la conviction que notre pays, notamment à travers une politique de réduction singulièrement de la fiscalité via les taux margi-

naux d’imposition ainsi que via des actions circonstanciées de réductions des cotisations sociales, doit mettre en place les conditions pour rester attractif et pour que la carrière professionnelle, en Belgique, demeure intéressante. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir ? Pour quelles raisons ? Je me considère comme citoyen du monde même si mes racines ont généré en moi un lien affectif plus particulier avec un village, une région, un pays. Si je devais m’expatrier, je ne souhaiterais pas exclure a priori certaines régions. Parmi les raisons qui pourraient m’amener à m’expatrier, probablement des raisons professionnelles, peut-être pour faire un break à moins que ce soit pour me consacrer à l’écriture. Quant à la durée, je vous avoue qu’à ce stade, je n’en ai aucune idée, nous verrions le cas échéant.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4 Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d’être considérés comme des Belges de seconde classe … que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet ? J’aimerais leur signaler qu’il ne me semble pas percevoir ce type de conviction dans notre opinion. D’autre part, le Mouvement réformateur, dont je fais partie, a toujours souhaité que les Belges résidents de longue durée à l’étranger puissent continuer à exercer leur droit politique en participant aux diverses élections nationales. C’est probablement aussi un moyen de continuer à les considérer comme pleinement citoyens et participant au choix démocratique effectué dans notre pays. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais ? Il m’a été donné de travailler et aussi d’être en contact avec un certain nombre de Finlandais. Une partie d’entre eux sont devenus des amis. J’ai donc une image positive de la Finlande et de celles et ceux qui ont choisi ce beau pays pour y vivre. Parmi les images que j’associe à la Finlande et aux Finlandais, il y a très certainement leur grand respect de la nature et de l’environnement, une connaissance souvent avant-gardiste des nouvelles technologies et des contacts humains positifs. Quel message souhaitez-vous faire passer à la Communauté francophone de Finlande ? Tout d’abord les saluer puisque je n’ai, à ce stade, pas encore eu l’occasion de les connaître et les féliciter pour le choix ou la possibilité qui leur a été offerte de s’installer dans un pays nordique, les inviter à rester en contact non seulement avec la Communauté locale mais aussi avec cette vaste communauté de la Francophonie dont nous faisons tous partie.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
PHILIPPE FONTAINE
DÉPUTÉ (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Dès ma jeunesse ,je me suis engagé dans le scoutisme où j'ai exercé des responsabilités d'animateur ;,j'ai une formation d'enseignant et après avoir enseigné, j'ai travaillé dans le secteur de l'assurance tout en étant actif sur le plan politique ,,je suis conseiller communal depuis 29 ans .Ce n'est qu'à l'âge de 53 ans en 1999 que je suis devenu député wallon .Je n'ai donc pas vraiment fait une carrière politique car mon mandat actuel est plutôt l'aboutissement d'un long travail de militant bénévole.C'est parce que j'ai toujours aimé les contacts humains que je me suis engagé en politique et parce que je crois que c'est un passage indispensable pour faire bouger les choses. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? c'est un avantage de se trouver là où les décisions se prennent et où les textes se construisent.. Je découvre et j'apprends chaque jour mais l'inconvénient c'est l'incapacité de maîtriser son emploi du temps si l'on veut rester disponible et à l'écoute des gens. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Belges? Je crois que l'expatriation est une chance pour le pays d'où provient l'expatrié car s'il est compétent ,il est un ambassadeur exceptionnel pour son pays. Dans le monde actuel ,il est normal que les cerveaux voyagent comme ils l'ont fait au Moyen-âge en allant d'une université européenne à l'autre à la recherche du meilleur savoir. Il ne faut pas se replier sur son pays ou sa région.C'est aussi une chance pour le pays d'accueil car cela permet le contact avec d'autres cultures et d'autres méthodes. Je crois que les belges craignent souvent l'éloignement et restent attachés à leurs origines même s'ils s'en défendent souvent. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Si je devais m'expatrier ,moi qui suis très attaché au village où j'habite depuis ma naissance ,je crois que je choisirais l'Afrique Centrale francophone que mon mandat politique m'a permis de connaître et a été pour moi une révélation.J'y ai découvert au delà de la misère et des conflits le sens de certaines valeurs humaines que nous avons oubliées en Europe et il y a tant à faire pour les aider à se prendre en charge. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés comme des Belges de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? C'est vrai que souvent ou manque de considération pour nos compatriotes de l'extérieur mais c'est parce qu'on les voit peu et surtout parce qu'on les écoute peu. je pense qu'à l'instar de ce qui vient de se passer pour les élections italien-

nes ,il serait normal que les belges de l'étranger puissent être représentés dans nos différents parlements fédéraux et régionaux .Je suis conscient du rôle important qu'ils jouent dans la promotion de notre pays et s'ils ont souhaité rester belges ,nous devons leur permettre de s'exprimer en tant que citoyens d'un pays auquel ils sont resté fidèle. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Je connais peu la Finlande ,j'ai à l'esprit le modèle pédagogique du système d'enseignement finlandais qui nous est souvent cité en exemple pour sa qualité et son efficacité mais aussi cette réussite exceptionnelle dans le domaine de la téléphonie mobile.Un pays discret ,efficace et qui a été capable de résister à son voisin tout puissant l'URSS. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? Merci de m'avoir fait découvrir votre existence et je vous encourage à entretenir les liens francophones au bout de l'Europe.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
FRANÇOISE BERTIEAUX
DÉPUTÉE (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Je suis née et j’ai grandi à Etterbeek, l’une des 19 communes de la Région bruxelloise où j’évolue au quotidien soit en y élevant mes enfants, en y faisant mon shopping, soit en participant aux activités organisées par les autorités communales, soit en me promenant dans ses parcs, etc. Au fil des années, j’ai donc trouvé normal de m’impliquer de façon « officielle » dans la vie de ma commune. Et me présenter aux élections m’a semblé le meilleur moyen pour tenter d’améliorer le quotidien de mes concitoyens que ce soit en terme de propreté, d’embellissement, de sécurité, d’emploi…. Un travail que j’ai souhaité, ensuite, continuer au niveau de toute la Région ! Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Députée? Les avantages ? Je dirais la possibilité réelle et concrète de mener une politique de terrain qui touche les citoyens dans leur quotidien, comme en matière d’enseignement où notre groupe politique est parvenu, tout en étant dans l’opposition, d’interdire le tabac au sein de l’école ! Quant aux inconvénients… C’est en effet parfois difficile pour un député de siéger sur les bancs de l’opposition et de se sentir impuissant lorsque des politiques absurdes, voire néfastes, sont votées à leur corps défendant. Néanmoins, être dans l’opposition nous permet aussi d’être un groupe de pression efficace et écouté en nous faisant le porte-parole, au parlement, de biens des combats menés dans la société civile. Et cela porte parfois ses fruits ! Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Belges? Cela ne peut être qu’une chance pour notre pays de faire valoir sur la scène internationale nos talents, nos savoir-faire et compétences ; tout en restant inquiète lorsque cette « fuite des cerveaux » s’effectue dans de mauvaises conditions ! Mais il est également important de ne pas rompre totalement le lien avec son pays d’origine. C’est aussi à nous, les politiques, de faire en sorte que les Belges expatriés ne se sentent pas définitivement coupés de leurs racines en mettant en place des lieux de rencontre et d’information. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Très certainement, l’Amérique du Nord. Quelque part en Nouvelle Angleterre, ou peut-être au Canada. Mais je ne pense pas être capable de quitter la Belgique et ma commune de façon radicale ; cela ne pourrait être que pour des longues escapades. Je suis très attachée à ma commune et mon quartier ! Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés comme des Belges de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Qu’au sein du Mouvement Réformateur (MR), mon parti politique, nous y travaillons sérieusement. En effet, jusqu’il y a peu les étrangers vivant en Belgique pouvaient voter aux élections communales et, ainsi, participer à la vie citoyenne du pays qu’ils avaient choisi. Mais c’était encore interdit aux Belges vivant à l’étranger ! Une abérration ! Aujourd’hui, le MR a obtenu gain de cause et a même nommé un représentant à l’étranger, dont le travail consistera à rencontrer des Belges expatriés et à les tenir au courant de l’évolution de la scène politique belge. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Nous comptons très peu de Finlandais sur le sol belge et l’image que nous en avons ne peut, donc, être que « stéréotypée »

malheureusement : un climat rude, des villes propres et agréables à vivre, un coût de la vie plutôt élevé…. Et la maison du Père Noël ! Mais nous entendons souvent parler de la qualité de l’enseignement finlandais, l’une de mes matières de prédilection en tant que députée à la Communauté française. Peut-être devrions-nous d’ailleurs en parler plus longuement et imaginer un échange d’idées à ce propos ? Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? De rester convaincus de l’importance de continuer à faire vivre de façon dynamique et proactive une Communauté francophone de Finlande… et d’ailleurs ! A l’heure où certaines velléités communautaires se réveillent en Belgique, il est plutôt encourageant de savoir que où que l’on ait choisi de vivre, on reste toujours un peu belge au fond de soi et que vous ne souhaitez pas rompre ce lien…un bien beau message pour certains qui, tout en vivant en Belgique, l’oublient un peu trop !

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
VÉRONIQUE CORNET
DÉPUTÉE (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Mon objectif a toujours été de travailler au quotidien dans le souci et le respect de l’autre. Etre mandataire politique me permet, je l’espère, très modestement, de participer au bonheur de ma région et de ses habitants. Ce qui m’intéresse, c’est la qualité de vie des Belges et, particulièrement, des habitants de ma commune, de répondre aux difficultés qu’ils rencontrent, aux souhaits qu’ils nourrissent,… Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Députée? J’ai la chance d’être Députée mais également Bourgmestre de ma commune. Ces deux fonctions sont réellement complémentaires. Mon expérience de Bourgmestre éclaire mon action parlementaire et inversement. Le Bourgmestre est véritablement une personne de terrain. Il vit au jour le jour dans sa commune. C’est à ce niveau qu’on peut mesurer concrètement, en direct, les besoins de la population dans de très nombreux domaines : sécurité, environnement, logement, aide sociale,… mais aussi santé, enseignement, formation... C’est cette écoute qui est à la base de mon action parlementaire. Les députés ont l’opportunité de peser sur les décisions prises par les Gouvernements dont ils contrôlent l’action. Nous avons donc un rôle incontestable dans l’évolution de notre pays, de notre région. Etre en mesure de « pouvoir faire bouger les choses », une fois de plus très modestement, est un avantage incontestable des fonctions que j’occupe. Le désavantage que je pourrais citer est lié à cet avantage. En effet, si en tant que parlementaire, nous avons l’opportunité de faire évoluer notre société, les réformes sont trop souvent lentes et complexes à mettre en œuvre. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? Si l’expatriation résulte d’un choix et pas d’une obligation, elle doit avant tout être considérée comme une chance. Il s’agit là d’une expérience de vie inestimable. Une occasion de découvrir le monde, ses richesses, ses habitants,… De plus, l’expatriation est très souvent synonyme d’opportunité de carrière, d’apprentissages nouveaux, de rencontres,… Quant à la fuite des cerveaux, il est clair que ce phénomène est problématique pour les pays en voie de développement, par exemple. Mais en ce qui concerne les pays européens, c’est aux états de faire en sorte que les conditions de travail soient intéressantes pour les chercheurs. La Belgique a d’ailleurs pris récemment une série de mesures visant à améliorer les statuts de ses chercheurs. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Je passerais 2 ans sur chaque continent pour offrir à mes enfants (3,5 ans

et 8,5 ans), l’opportunité de devenir de véritables « Citoyens du monde », ouverts, tolérants, respectueux de l’identité, des valeurs et des convictions de chacun. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Je pense que c’est aux hommes et aux femmes politiques de prendre les mesures nécessaires pour qu’il n’en soit pas ainsi. On oublie trop souvent que les expatriés sont également une chance pour les pays dans lesquels ceux-ci s’installent. Ils doivent à ce titre bénéficier des mêmes droits et être investis des mêmes devoirs que tous les autres citoyens. Je considère la multiculturalité comme une véritable source de richesses. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Je ne me suis malheureusement jamais rendue personnellement en Finlande. Et je le regrette. Quelques-unes de mes connaissances se rendent parfois dans ce magnifique pays. De leurs commentaires et photos, je retiens

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
l’image d’un pays aux paysages à perte de vue, plus beaux (plus blancs) les uns que les autres, une rigueur, une détermination, une volonté d’aller de l’avant et une qualité de vie impressionnante ! Les Finlandais sont, je pense, respectueux de leur pays, de leur cadre de vie, de leur environnement, ils manifestent beaucoup d’intérêt pour l’enseignement et la formation, ils sont ouverts sur le monde et font en sorte d’offrir les mêmes chances à chacun. C’est également un pays qui compte de nombreuses entreprises actives dans le secteur des nouvelles technologies. Vous savez dans nos débats politiques, la Finlande est souvent citée en exemple !! Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? Je leur dirais simplement que quelles que soient leurs motivations, ils doivent vivre une expérience enrichissante dont ils doivent profiter à 300%. | VER 1.4

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
JACQUES ETIENNE
DÉPUTÉ (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Mes études de droit et mon engagement dans les mouvements de jeunesse étudiants m’ont naturellement ouvert à la chose politique. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Avantages : une grande autonomie de travail ainsi que la possibilité de contacter facilement tous les milieux professionnels, sociaux, économiques. Inconvénients : l’hyper médiatisation du fait politique et la pression des sondages conduisent trop souvent à des objectifs à trop court terme. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portezvous sur l'expatriation? L’expatriation constitue bien plus une chance qu’un handicap. Elle constitue une formidable expérience humaine et une ouverture sur le monde. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? J’ai été séduit par Madagascar, magnifique pays avec tant de possibilités inexploitées. Un congé sabbatique de deux ans serait une belle opportunité d’aider à réaliser certains projets avec des collectivités locales. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Vous avez la chance de faire connaître votre pays à l’étranger : c’est l’occasion de valoriser les atouts de votre pays et « d’importer » à votre retour ce que vous avez appris à l’étranger. L’ouverture au monde est toujours synonyme de progrès et de paix. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Nation particulièrement active et inventive : technologies (Nokia etc…), excellents sportifs automobiles. Quel message souhaiteriezvous faire passer à la Communauté Francophone de Fin-

lande? Il y a certainement d’excellentes « recettes » d’organisation de la société en Finlande. Venez en témoigner chez nous et puis, pourquoi pas, invitez nous làbas !

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
FRANÇOIS ROELANTS DU VIVIER
SÉNATEUR (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? L'écologie. En 1984, j'étais responsable d'une ong spécialisée dans l'environnement. Les choses n'avançaient pas dans ce domaine. On m'a proposé de devenir candidat au Parlement européen. J'ai accepté et...j'ai été élu. Alors que je pensais n'y faire qu'une brève incursion, je suis resté dans la politique depuis lors. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Sénateur? Etre sénateur, ou parlementaire, c'est la grande satisfaction de travailler pour améliorer les choses, mais surtout l'honneur redoutable -car il faut s'efforcer d'être sans cesse à la hauteur - de représenter les citoyens. L'inconvénient, c'est parfois de beaucoup sacrifier de sa vie familiale à cette mission. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? L'expatriation -celle des pays industrialisés - peut être une remarquable occasion de s'ouvrir au monde, tout en étant l'ambassadeur de sa culture et de son pays d'origine. En outre, je pense que lorsqu'il s'agit d'une installation dans un pays européen, on ne devrait plus parler d'expatriation. Car nous construisons tous ensemble un nouveau pays: l'Union européenne. Bien sûr, tout n'est pas aussi rose qu'on le présente parfois: je le sais ayant été pendant les vingt premières années de ma vie un expatrié avec mes parents. Mais c'est en se frottant à d'autres cultures qu'on est le mieux à même de résister aux nationalismes et aux populismes de plus en plus fréquents hélas aujourd'hui. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Aujourd'hui, je serais partant pour une nouvelle vie en Italie, pays où l'art et la beauté ont élu domicile et, historien de l'art de formation, j'y écrirais des livres. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Je leur dirais qu'ils peuvent être fiers d'abord de s'être faits tous seuls, sans le tissu de relations que chacun a dans son pays, et que leur pays d'origine a besoin d'eux. J'ai ainsi contribué à ce que les Belges de l'étranger puissent voter aux élections législatives, ce qui est le cas depuis 2003, et je continue à travailler pour étendre ce droit aux élections régionales. Ma proposition de loi sur la double nationalité, dont les Belges ne bénéficient toujours pas, permettra je l'espère une meilleure reconnaissance de mes compatriotes expatriés (voir sur mon site www.roelantsduvivier.be).Bref, vous l'avez compris, pour moi les expatriés sont des citoyens égaux aux autres, avec souvent plus de mérite dû à la

difficulté de s'établir professionnellement et socialement loin de ses racines. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Une image très sympathique. les Finlandais sont bien représentés dans ma ville, Bruxelles, à partir des fonctionnaires dans les institutions européennes, Ils sont les seuls nordiques à faire des efforts en français, ils sont enthousiastes et gentils naturellement. Et puis j'adore Arto Paasilina, un grand écrivain à mes yeux. C'est pourquoi je me réjouis de découvrir ce pays en septembre, lorsque je me rendrai pour la première fois à Helsinki pour une réunion des présidents des commissions des affaires étrangères des parlements des pays membres de l'Union européenne. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? Défendez votre langue et votre culture, Faites les rayonner à l'heure où l'anglais envahit tout.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
FRANÇOISE FASSIAUX
DÉPUTÉE (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Mon goût pour la discussion, la communication et surtout le fait que j’habite dans une région où la famille politique à laquelle j’appartiens (Parti socialiste) n’était pas représentée. J’ai donc participé à des élections communales, provinciales et régionales afin de communiquer mes avis, mes intentions politiques très différentes de ceux de la majorité en place. Ce qui fut très constructif. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Députée? Les avantages, c’est de rencontrer d’autres mandataires, de partager les valeurs qui sont les nôtres, de défendre sa région, de mieux comprendre comment fonctionne notre pays. C’est intéressant de se familiariser avec les rouages du fonctionnement politique : participer à des commissions, élaborer des décrets, les amender…cela est passionnant. Les inconvénients, c’est qu’on a très peu de temps libre pour sa famille et même pour soi-même : ce mandat est très prenant, les journées et les soirées sont très souvent occupées. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Belges? Je suis toujours ravie de rencontrer des Belges dans les pays étrangers que je visite. Ma fille a d’ailleurs passé des mois en Hollande et à Dublin. Je crois qu’il est indispensable que les jeunes (et les moins jeunes aussi d’ailleurs) partagent le monde, échangent leurs expériences, leurs soucis, leurs projets. Si les cerveaux s’expatrient, si le savoir-faire s’exporte, ce n’est jamais dans un seul sens : d’autres jeunes, d’autres pays souhaitent sans doute à leur tour, travailler et vivre en Belgique, c’est sans doute un pas vers une mondialisation d’échanges fructueux … et non seulement économique et de profit. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? L’Angleterre ou l’Irlande sans aucun doute : ce sont des pays où je me sens bien. Mon âge (60 ans) fait qu’il n’y a sans doute plus aucune chance que je m’expatrie à d’autre titre que culturel… Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés comme des Belges de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? L’appartenance à un pays ne me paraît pas indispensable : c’est la valeur de l’individu qui prime. Je me sens belge évidemment, mais avant tout solidaire de la misère qui règne dans le monde. A ceux que je rencontre j’essaie non pas de faire passer un message natio-

naliste restrictif mais plutôt un message de justice qu’il faut essayer de respecter dans le monde face à la faim, à la misère, aux violences. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? J’ai eu trois élèves dont la mère est finnoise, elle est très chaleureuse et elle décrit son pays comme une merveille de la nature. Donc, l’image que j’ai de la Finlande est très sympathique Cela pourrait être un jour l’objet d’un de mes voyages Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? Un message de sympathie, bien sûr, et beaucoup de félicitations quant à votre réussite sur le plan scolaire et certainement sur l’apprentissage des langues modernes qui semble l’un des apanages de votre enseignement. Beaucoup d’amitiés…

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
MARC BARVAIS
DÉPUTÉ (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? Continuation du rôle social du métier de base : Médecin généraliste Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Avantages : contacts avec des personnes de qualité de tous les horizons politiques et avec les décideurs Inconvénients : horaires trop fluctuants Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir–faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation des Belges? Je pense que c'est un chance. Les expatriés = AMBASSADEURS favorisant vos exportations Cela peut représenter un menace, uniquement si les conditions proposées aux têtes sont trop faibles. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Le Congo car il y a beaucoup à faire Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés comme des Belges de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Que les expatriés ont un rôle d’Ambassadeur Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? Positive, notamment par rapport au développement des services sociaux Quel message souhaiteriezvous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? Celui de favoriser les exportations belges et wallonnes vers la Finlande

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
PIERRE BOUCHER
DÉPUTÉ (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? J’ai commencé à m’intéresser à la politique via les questions municipales. J’ai été élu conseiller communal ensuite j’ai gravi tous les échelons pour devenir député provincial (Province de Brabant) puis député régional et communautaire (Région wallonne et Communauté française WallonieBruxelles). Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? En tant que député je suis évidemment à la base des lois et décrets à promouvoir dans l’intérêt général mais la complexité des dossiers nous rend de plus en plus dépendants de l’avis d’experts. Ces avis sont souvent très techniques et difficilement compréhensibles pour les non initiés. En conséquence il y a un gros de travail de vulgarisation à fournir car ce que la population ne comprend pas lui paraît inquiétant ou même suspect ; on l’a vu avec la constitution européenne. D’autre part, ma fonction me permet de relayer les attentes de citoyens, voir à faire corriger certaines erreurs. Les députés exercent un contrôle permanent sur le Gouvernement qui leur permet d’aborder n’importe quel sujet de société, aussi délicat soit-il, en vertu du « freedom of speech ». Par contre la multiplication des textes de lois et le suivi de toutes les matières constitue un réel inconvénient. Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? Avec la mondialisation l’expatriation devient de plus en plus courante et je dirais même qu’elle est inévitable. Il faut admettre qu’elle coûte cher au Pays qui a formé des étudiants, des chercheurs mais souvent ces derniers quittent leur Pays pour pouvoir disposer de moyens pour progresser dans leur branche. En ce qui concerne les cadres, c’est souvent pour des raisons fiscales qu’ils s’expatrient pour des durées moyennes ou longues. Mais nous faisons de même ; la Belgique connaît un déficit d’universitaires dans les sciences exactes, les sociétés pharmaceutiques mais aussi les bureaux d’ingénierie recrutent massivement à l’étranger (pays de l’Est, Inde …). Je ne pense pas que ce soit une menace car on remarque aussi que beaucoup d’expatriés font connaître leur Pays et sont à l’origine d’échanges commerciaux. J’ai aussi remarqué que les expatriés dans les pays en voie de développement revenaient en général après un temps plus court que les expatriés des OCDE pour des questions de soins de santé, de régime politique, de sécurité ou même du climat. Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Si je devais m’expatrier je pense que ce serait en Amérique du Nord (au Canada) parce qu’il s’agit d’une région à fort potentiel de développement économique, peu peuplée, avancée sur le plan social et culturel et qu’il s’agit d’un démocratie. S’il existait une raison pour que je m’expatrie elle serait suffisamment importante pour que ce soit à titre définitif. Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? Je crois au contraire qu’il faut les considérer comme des ambassadeurs. C’est eux qui pourront faire connaître notre Pays à l’étranger et leur savoir-faire en donnera

une image positive. J’espère toutefois qu’ils reviendront un jour pour nous faire bénéficier des connaissances et de l’expérience acquises pendant leur absence. Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? UN pays de neige, de lacs et forêts. Le renne (et Père Noël) immortalise la Finlande. Les Finlandais, que je ne connais pas, me donnent l’image d’un peuple instruit, démocrate, habile (la cohabitation avec l’URSS est un exploit) et respectueux de la nature mais aussi des autres peuples. Pour moi le symbole du savoir-faire finlandais est Nokia. Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? Je souhaite qu’elle soit gardienne de notre identité et de notre culture. Cela passe par le maintient, la défense et la promotion de la langue française. Il faut donc la faire apprécier par ses côtés les plus positifs en organisant des activités culturelles au sens le plus large, cela va des beaux-arts au théâtre en passant par la gastronomie ou le folklore. Nous sommes à votre disposition pour vous aider dans cette voie.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

INTERVIEW
SÉBASTIAN PIRLOT
DÉPUTÉ (BELGIQUE)
Pourriez-vous nous dire ce qui vous a fait embrasser une carrière politique? La volonté d'apporter ma petite pierre à la construction d'un monde meilleur. Le hasard des rencontres également, puisqu'au départ, je suis journaliste de formation. Enfin, le désir d'améliorer la vie quotidienne des citoyens en menant à terme des projets concrets. Quels sont, à votre avis, les avantages et les inconvénients de votre fonction de Député? Parmi les avantages : la chance de pouvoir faire des rencontres intéressantes et enrichissantes sur le plan humain, la possibilité réelle de pouvoir "peser" directement sur certaines réalisations, le sentiment d'être utile à la collectivité et de servir l'intérêt général. Parmi les inconvénients : peu de vie privée, vu le rythme de travail (au minimum 12 heures par jour, 6 jours sur 7 !). Les médias font parfois passer un message contradictoire sur l'expatriation. On la présente soit comme une chance pour le pays soit comme une menace (fuite des cerveaux et du savoir-faire). Quel regard portez-vous sur l'expatriation? Un regard plein de tolérance : je crois qu'il appartient à chacun, en fonction de sa situation personnelle, de choisir sa destinée. C'est un dilemme difficile que de devoir trancher entre l'attachement à ses racines et une nouvelle expérience de vie à l'étranger... Si vous aviez la possibilité de vous expatrier, quelle région du monde et quelle durée pourriez-vous choisir? Pour quelles raisons? Par passion pour l'Antiquité gréco-romaine, je choisirais sans hésiter la Méditerranée ! Quant à la durée, tout dépendrait des circonstances (choix professionnel, familial, etc...) qui m'amèneraient à m'expatrier. Probablement à titre provisoire, car je ne me sens pas la force de quitter ma région d'origine ! Certains expatriés peuvent parfois avoir le sentiment d'être considérés par leur pays comme des citoyens de seconde classe... que souhaiteriez-vous leur dire à ce sujet? De ne jamais regretter leur choix, quel qu'il soit. Et de ne jamais prêter attention au regard des autres. Profondément égalitariste, je ne crois pas qu'il y ait des citoyens de première ou de seconde zone. Etre un citoyen, c'est déjà bien ! Quelle image avez-vous de la Finlande et des Finlandais? C'est un pays que je connais relativement mal. Mais fasciné par les paysages de la Laponie, je me suis promis de me rendre un jour en Finlande.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer à la Communauté Francophone de Finlande? Je lui souhaite beaucoup de bonheur, où qu'elle soit et quelle qu'elle soit ! Je lui souhaite de réussir parfaitement son intégration, tout en se souvenant des liens culturels l'unissant à la Francophonie.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

REGARDS CROISÉS 7 QUESTIONS POUR MIEUX
CONNAÎTRE NOS ÉLUS

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

QUESTION 1
POURRIEZ-VOUS NOUS DIRE CE QUI VOUS A FAIT EMBRASSER UNE CARRIÈRE POLITIQUE?
Pour moi, elle relève du pur hasard, par la rencontre avec le député en exercice qui avait en 1977 l’opportunité de devenir maire de VALOGNES, s’il gagnait les élections municipales avec une équipe le soutenant. J’ai accepté d’en faire partie et je suis devenu Premier adjoint en 1977, suppléant du député en 1978, Conseiller Général en 1979. C’est en 1988, que la décision de mon député de cesser son mandat m’a obligé à être candidat et à être élu membre de l’Assemblée Nationale, après accord de la famille ! Claude Gatignol / Député (France) Trois raisons majeures ont fait que j’ai choisies la carrière politique : premièrement, par tradition familiale, deuxièmement, par goût pour la « chose » publique et en dernier lieu, tout simplement, du fait des circonstances de la vie. Charles de Courson / Député (France) Au départ, j’étais plutôt tenté par l’enseignement ou la recherche. Je crois que mon engagement est né de mon sentiment de révolte devant l’injustice. J’ai d’abord été militant étudiant, puis de quartier, avant d’être secrétaire général de l’Elysée auprès de François Mitterrand. Jean-Louis Bianco / Député (France) Vous savez, pour ma part, cela n’a pas été un choix ou une volonté mûris et travaillés de longue date. Je n’y ai jamais pensé tous les matins en me rasant ! Les choses ont été plus simples et plus limpides pour moi. J’étais un militant engagé de longue date dans mon parti et quand les élections législatives de 1988 se sont engagées sur un autre mode de scrutin que précédemment (avant, de 1986 à 1988, c’était le scrutin proportionnel sur liste nationale) mes amis ont pensé à me proposer comme candidat dans la nouvelle circonscription qui venait d’être créée là où j’habite, à Ivry-sur-Seine. C’est donc le hasard (la modification du mode de scrutin) et la confiance de mes amis qui ont fait les choses. Et naturellement les électeurs qui, à quatre reprises, m’ont renouvelé leur confiance. Pour moi, devenir et être député, c’était poursuivre et prolonger mon action politique sous une autre forme. Quant à mon engagement politique, il résulte de ma volonté de donner corps à une société débarrassée de ses injustices de toutes natures. L’action politique c’est cela : faire prévaloir l’intérêt général sur les intérêts particuliers ; faire que les choix et intérêts de notre peuple dans son ensemble prévalent sur tout le reste. Et donc se mettre à son service et non pas l’inverse. Comme le disait Vaclav Havel « la vraie politique c’est simplement le service du prochain ». Etant entendu que le fait est acquis : quand bien même vous ne vous intéressez pas à la politique, la politique s’occupe de vous. Jean-Claude Lefort / Député (France) Je militais depuis longtemps dans le mouvement étudiant. Une opportunité s'est présentée dans le quartier où j'habitais d'avoir un poste de responsabilité politique. J'avais envie de continuer à défendre l'idéal que je portais depuis le mouvement étudiant sur une plus large échelle, cette opportunité en a été l'occasion. Jean-Marie Le Guen / Député (France) Des amis qui m'ont convaincu d'être d'abord Maire de ma Commune. Marcel Dehoux / Député (France) J'ai eu la chance d'avoir des parents qui, tous deux, se sont engagés dans leur communauté à divers titres, dont celui d'élus municipaux. Ils ont su m'inculquer la volonté d'être un acteur du changement plutôt qu'une victime de l'inertie. La nature, mon environnement ou le hasard, ou les trois, m'ont doté d'une faculté de résistance à la peur et à l'injustice qui, plus souvent qu'autrement, m'ont menée à la tête de combats dans toutes sortes de domaines. Les citoyens de ma circonscription m'ont repérée comme une meneuse, le jeu politique a fait le reste. Agnès Maltais / Députée (Québec) Je croyais et je crois encore que c'est la façon la plus concrète de changer le monde! Si on peut participer au processus législatif, on peut s'assurer que ses valeurs et ses priorités soient considérées. On change le monde en y participant activement et en s'y engageant. Rita Dionne-Marsolais / Député (Québec) L'écologie. En 1984, j'étais responsable d'une ong spécialisée dans l'environnement. Les choses n'avançaient pas dans ce domaine. On m'a propo-

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

sé de devenir candidat au Parlement européen. J'ai accepté et...j'ai été élu. Alors que je pensais n'y faire qu'une brève incursion, je suis resté dans la politique depuis lors. François Roelants du Vivier / Sénateur (Belgique) Mon goût pour la discussion, la communication et surtout le fait que j’habite dans une région où la famille politique à laquelle j’appartiens (Parti socialiste) n’était pas représentée. J’ai donc participé à des élections communales, provinciales et régionales afin de communiquer mes avis, mes intentions politiques très différentes de ceux de la majorité en place. Ce qui fut très constructif. Françoise Fassiaux / Députée (Belgique) Continuation du rôle social du métier de base : Médecin généraliste Marc Barvais / Député (Belgique) J’ai commencé à m’intéresser à la politique via les questions municipales. J’ai été élu conseiller communal ensuite j’ai gravi tous les échelons pour devenir député provincial (Province de Brabant) puis député régional et communautaire (Région wallonne et Communauté française Wallonie-Bruxelles). Pierre Boucher / Député (Belgique) La volonté d'apporter ma petite pierre à la construction d'un monde meilleur. Le hasard des rencontres également, puisqu'au départ, je suis journaliste de formation. Enfin, le désir d'améliorer la vie quotidienne des citoyens en menant à terme des projets concrets. Sébastian Pirlot / Député (Belgique)

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

QUESTION 2
QUELS SONT, À VOTRE AVIS, LES AVANTAGES ET LES INCONVÉNIENTS DE VOTRE FONCTION?
Les avantages sont ceux d’une vie intellectuelle et sociale riche et très variée. Les rencontres au niveau national et international sont pleines d’intérêt et certains sujets ou d’étude ou de débat sont passionnants. Et vous avez, parfois, vraiment l’occasion de faire bouger les choses par les propositions que vous défendez avec conviction, par le dossier auquel vous vous accrochez. Les désagréments existent : pas assez de moyens logistiques, fortes sollicitations de la société sans retour souvent, critiques incessantes du fait d’un individualisme qui augmente et de la méconnaissance chronique des français en économie, en politique extérieure. Claude Gatignol / Député (France) Du côté des avantages, il y a la variété des thèmes abordés par les députés, les contacts permanents avec l’ensemble des milieux représentatifs de la société française et la possibilité de rendre service aux autres. Charles de Courson / Député (France) Je parlerais d’intérêts et de limites plutôt que d’avantages et d’inconvénients. Intérêts : représenter du mieux possible celles et ceux qui vous ont élu, en connaissant et en comprenant leurs problèmes et leurs aspirations. En même temps, participer à l’élaboration de l’intérêt national. Intérêt encore : la formidable variété des sujets. Inconvénients : en France, on légifère beaucoup trop, et trop vite. En même temps, le rôle du Parlement est trop limité. Un député de la majorité est souvent cantonné au soutien du gouvernement et un député de l’opposition à la critique. Jean-Louis Bianco / Député (France) Les deux termes sont en réalité mêlés. On apprend beaucoup mais on donne beaucoup. On agit mais parfois en vain. On s’occupe des autres mais peu de soi. Et ainsi de suite… Du moins c’est ainsi que je vis les choses et ne prétend nullement que tout le monde soit dans le même état d’esprit. D’ailleurs cela se remarque, non ? Jean-Claude Lefort / Député (France) Pour ce qui est des avantages : Croire que l'on peut influencer la gestion de son pays. Les inconvénients : Voir que l'on influence peu la gestion de son pays face à l'administration. Marcel Dehoux / Député (France) Le grand avantage est celui d'avoir un droit de parole très puissant en plus de la faculté d'agir. Je suis une femme de pouvoir mais je n'ai jamais considéré le pouvoir comme un mot neutre, comme un objectif. Je le vois comme un moyen. Le verbe pouvoir est emballant, il appelle à la concertation et à l'action. Le grand désavantage est une notoriété qui, dans un pays de petite dimension comme le Québec, m'a forcé à oublier l'anonymat, ce qui rend difficile la protection de la vie privée. Rita Maltais / Députée (Québec) Les avantages sont de participer à l'établissement des priorités nationales et aux décisions sur les grands enjeux de nos sociétés. Le désavantage est certainement que nous ne pouvons plaire à tout le monde et qu'il faut savoir recevoir les critiques et reproches comme les compliments d’un même front. Rita Dionne-Marsolais / Députée (Québec) Etre sénateur, ou parlementaire, c'est la grande satisfaction de travailler pour améliorer les choses, mais surtout l'honneur redoutable -car il faut s'efforcer d'être sans cesse à la hauteur - de représenter les citoyens. L'inconvénient, c'est parfois de beaucoup sacrifier de sa vie familiale à cette mission. François Roelants du Vivier / Sénateur (Belgique) Les avantages, c’est de rencontrer d’autres mandataires, de partager les valeurs qui sont les nôtres, de défendre sa région, de mieux comprendre comment fonctionne notre pays. C’est intéressant de se familiariser avec les rouages du fonctionnement politique : participer à des commissions, élaborer des décrets, les amender…cela est passionnant. Les inconvénients, c’est qu’on a très peu de temps libre pour sa famille et même pour soi-même : ce mandat est très prenant, les journées et les soirées sont très souvent occupées. Françoise Fassiaux / Députée (Belgique) Avantages : contacts avec des personnes de qualité de tous les horizons politiques et avec les décideurs

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4 Inconvénients : horaires trop fluctuants Marc Barvais / Député (Belgique) En tant que député je suis évidemment à la base des lois et décrets à promouvoir dans l’intérêt général mais la complexité des dossiers nous rend de plus en plus dépendants de l’avis d’experts. Ces avis sont souvent très techniques et difficilement compréhensibles pour les non initiés. En conséquence il y a un gros de travail de vulgarisation à fournir car ce que la population ne comprend pas lui paraît inquiétant ou même suspect ; on l’a vu avec la constitution européenne. D’autre part, ma fonction me permet de relayer les attentes de citoyens, voir à faire corriger certaines erreurs. Les députés exercent un contrôle permanent sur le Gouvernement qui leur permet d’aborder n’importe quel sujet de société, aussi délicat soit-il, en vertu du « freedom of speech ». Pierre Boucher / Député (Belgique) Parmi les avantages : la chance de pouvoir faire des rencontres intéressantes et enrichissantes sur le plan humain, la possibilité réelle de pouvoir "peser" directement sur certaines réalisations, le sentiment d'être utile à la collectivité et de servir l'intérêt général. Parmi les inconvénients : peu de vie privée, vu le rythme de travail (au minimum 12 heures par jour, 6 jours sur 7 !). Sébastian Pirlot / Député (Belgique)

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

QUESTION 3
LES MÉDIAS FONT PARFOIS PASSER UN MESSAGE CONTRADICTOIRE SUR L'EXPATRIATION. ON LA PRÉSENTE SOIT COMME UNE CHANCE POUR LE PAYS SOIT COMME UNE MENACE (FUITE DES CERVEAUX ET DU SAVOIR-FAIRE). QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR L'EXPATRIATION?
Les expatriés sont pour moi ceux qui ont refusé la fatalité, une situation de blocage, des contraintes excessives pour l’emploi, une absence de bonnes conditions de travail ou de carrière, et ont eu le courage de quitter la proximité familiale, et les caractéristiques de la vie quotidienne pour tenter l’aventure professionnelle audelà des frontières. Il y a sûrement une conséquence fâcheuse : la « fuite » de compétences. Mais comme Ulysse, certains reviennent… Cela devrait inciter les gouvernants politiques à être plus attentifs à l’attractivité de notre pays et à faciliter les projets de retour. Claude Gatignol / Député (France) Je considère l’expatriation comme une excellente chose dans le cas où la personne retourne dans son pays après quelques années. Charles de Courson / Député (France) Pour moi, l’expatriation est sans doute une chance pour celles et ceux qui la vivent (du moins si elle n’est pas subie et si elle apporte des satisfactions). Elle est indiscutablement une chance pour notre pays : les expatriés contribuent à tisser des liens avec leur pays de résidence, ils peuvent aider des deux côtés à mieux se comprendre, et ils sont aussi les ambassadeurs de la France. Jean-Louis Bianco / Député (France) Personnellement je pense que c’est une chance pour notre pays mais aussi pour celles et ceux qui ont fait ce choix. Une chance pour notre pays car les « expatriés » comme on dit ne se détachent pas pour autant de la France. Ils l’a portent en eux et du même coup il font œuvre utile pour notre pays. De plus, connaître d’autres pays est aussi un plus pour la France. C’est une manière d’intégrer d’autres expériences, d’autres modèles, d’autres façons de vivre. Et cela enrichit notre propre pensée. Nous sommes très hexagonaux en France. Quand nous ne sommes pas purement et simplement nourris de l’idée que nous sommes le sel de la terre. C’est pour le moins excessif. Nous avons à apprendre d’autres que nous. C’est une évidence, et pourtant… Quant aux personnes qui ont fait le choix de « s’expatrier » – décidément que ce mot est laid – ils s’enrichissent aussi ne serait-ce « que » culturellement. Et c’est majeur. Dans le monde d’aujourd’hui, qui est un village, la connaissance de l’extérieur est majeure. C’est un peu comme la cellule humaine. Sans son enveloppe qui la protège, elle ne peut vivre. Mais sans contact avec l’extérieur elle meurt aussi. C’est pourquoi j’estime que c’est une chance pour le pays et les individus. Je pense même que si les conditions pouvaient être réunies pour cela il serait bon que pour une durée donnée et choisie les français – et je pense ici aux jeunes plus spécialement – devraient avoir un cursus scolaire ou/et professionnel les amenant à passer une partie de leur vie à l’étranger. Il verraient mieux leur pays et verraient mieux le monde dans lequel ils devront désormais évoluer. Jean-Claude Lefort / Député (France) Je pense que l'expatriation, qu'elle soit pour travailler ou pour étudier est une bonne chose. Je ne porte pas de jugement de valeur sur le choix fait par les personnes qui décident de s'expatrier, cela fait partie des libertés individuelles de choisir son lieu de résidence et de travail. Partir ce n'est pas oublier son pays. C'est un moyen concret de le promouvoir. Jean-Marie Le Guen / Député (France) Très utile pour le rayonnement de la France et surtout du Français. Marcel Dehoux / Député (France) En fait, l'important dans l'expatriation est que le flux migratoire ne soit jamais trop négatif pour le pays d'origine des migrant-es. Le Québec est en demande pour des personnes qui désirent immigrer, particulièrement celles qui parlent français. L'expatrié de l'un est le migrant tant attendu de l'autre. Toutefois, dans les pays à petite population comme la Finlande ou le Québec, le flux migratoire ne doit pas devenir trop important. On parle d'exode des cerveaux quand des personnes ayant une formation très spécialisée quittent. Par exemple, chez nous, l'exode des médecins spécialistes vers les États-Unis est un sujet qui revient constamment dans les médias. Pourtant, cet exode

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4 n'est pas validé par les chiffres officiels. Parfois, j'ai l'impression que la peur des peuples de se voir disparaître joue. Agnès Maltais / Députée (Québec) Le monde d'aujourd'hui est totalement mobile et ce, plus les personnes sont qualifiées. C'est dommage de perdre des citoyens, mais il faut aussi savoir en accueillir d'autres. Il faut se questionner sur les raisons de leur expatriation et agir en conséquence pour les intéresser soit à revenir ou à ne pas quitter. Ce n'est pas simple. Rita Dionne-Marsolais / Députée (Québec) L'expatriation -celle des pays industrialisés - peut être une remarquable occasion de s'ouvrir au monde, tout en étant l'ambassadeur de sa culture et de son pays d'origine. En outre, je pense que lorsqu'il s'agit d'une installation dans un pays européen, on ne devrait plus parler d'expatriation. Car nous construisons tous ensemble un nouveau pays: l'Union européenne. Bien sûr, tout n'est pas aussi rose qu'on le présente parfois: je le sais ayant été pendant les vingt premières années de ma vie un expatrié avec mes parents. Mais c'est en se frottant à d'autres cultures qu'on est le mieux à même de résister aux nationalismes et aux populismes de plus en plus fréquents hélas aujourd'hui. François Roelants du Vivier / Sénateur (Belgique) Je suis toujours ravie de rencontrer des Belges dans les pays étrangers que je visite. Ma fille a d’ailleurs passé des mois en Hollande et à Dublin. Je crois qu’il est indispensable que les jeunes (et les moins jeunes aussi d’ailleurs) partagent le monde, échangent leurs expériences, leurs soucis, leurs projets. Si les cerveaux s’expatrient, si le savoir-faire s’exporte, ce n’est jamais dans un seul sens : d’autres jeunes, d’autres pays souhaitent sans doute à leur tour, travailler et vivre en Belgique, c’est sans doute un pas vers une mondialisation d’échanges fructueux … et non seulement économique et de profit. Françoise Fassiaux / Député (Belgique) Je pense que c'est un chance. Les expatriés = AMBASSADEURS favorisant vos exportations Cela peut représenter un menace, uniquement si les conditions proposées aux têtes sont trop faibles. Marc Barvais / Député (Belgique) Avec la mondialisation l’expatriation devient de plus en plus courante et je dirais même qu’elle est inévitable. Il faut admettre qu’elle coûte cher au Pays qui a formé des étudiants, des chercheurs mais souvent ces derniers quittent leur Pays pour pouvoir disposer de moyens pour progresser dans leur branche. En ce qui concerne les cadres, c’est souvent pour des raisons fiscales qu’ils s’expatrient pour des durées moyennes ou longues. Mais nous faisons de même ; la Belgique connaît un déficit d’universitaires dans les sciences exactes, les sociétés pharmaceutiques mais aussi les bureaux d’ingénierie recrutent massivement à l’étranger (pays de l’Est, Inde …). Je ne pense pas que ce soit une menace car on remarque aussi que beaucoup d’expatriés font connaître leur Pays et sont à l’origine d’échanges commerciaux. J’ai aussi remarqué que les expatriés dans les pays en voie de développement revenaient en général après un temps plus court que les expatriés des OCDE pour des questions de soins de santé, de régime politique, de sécurité ou même du climat. Pierre Boucher / Député (Belgique) Un regard plein de tolérance : je crois qu'il appartient à chacun, en fonction de sa situation personnelle, de choisir sa destinée. C'est un dilemme difficile que de devoir trancher entre l'attachement à ses racines et une nouvelle expérience de vie à l'étranger... Sébastian Pirlot / Député (Belgique)

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

QUESTION 4
SI VOUS AVIEZ LA POSSIBILITÉ DE VOUS EXPATRIER, QUELLE RÉGION DU MONDE ET QUELLE DURÉE POURRIEZ-VOUS CHOISIR? POUR QUELLES RAISONS?
C’est une question qui n’est pas facile pour moi : j’ai choisi une profession médicale sédentarisée et indépendante. Peut-être choisit-on selon l’entreprise qui accueille ou le laboratoire de recherche selon l’activité offerte, ou bien selon l’image du pays d’expatriation et sa culture… Les moyens de communication peuvent jouer aussi. La Chine est attirante pour moi… Le Canada, certains Etats des USA, ne manquent pas d’intérêt… Je pense que c’est l’opportunité d’une carrière valorisante qui détermine l’expatriation. Claude Gatignol / Député (France) Si l’opportunité se présentait, je choisirais l’Amérique du Nord et les Etats-Unis en particulier pour une durée de trois à cinq ans, car ce pays est la principale puissance économique et politique au monde. Charles de Courson / Député (France) Je choisirais plutôt des pays que j’aime : Italie, Allemagne, Angleterre, Brésil … La durée dépend de ce que j’aurais à y faire : à priori, pas moins d’un an, mais pas trop longue quand même. Jean-Louis Bianco / Député (France) J’irai certainement en Afrique ou dans un pays en développement. Il y a tant à faire dans le monde d’aujourd’hui. Se dire qu’on a été « un peu utile » est la plus belle des choses que puisse ressentir tout individu. Jean-Claude Lefort / Député (France) Je choisirais l'Afrique, pour une période d'un an dans le cadre d'une aide humanitaire. Marcel Dehoux / Député (France) Un pays nordique, sûrement, parce que j'aime les variations des saisons. J'aime penser que le constant renouvellement de la nature force hommes et femmes à bouger, à conserver leur mobilité. Agnès Maltais / Députée (Québec) Dans mon cas, je ne vois que la cause de l'amour pour envisager un expatriation et encore. J'aime vivre au Québec. Pour avoir fait des stages et travailler à l'étranger pendant un certain nombre d'années, j'apprécie le Québec. Rita Dionne-Marsolais / Député (Québec) Aujourd'hui, je serais partant pour une nouvelle vie en Italie, pays où l'art et la beauté ont élu domicile et, historien de l'art de formation, j'y écrirais des livres. François Roelants du Vivier / Sénateur (Belgique) L’Angleterre ou l’Irlande sans aucun doute : ce sont des pays où je me sens bien. Mon âge (60 ans) fait qu’il n’y a sans doute plus aucune chance que je m’expatrie à d’autre titre que culturel… Françoise Fassiaux / Députée (Belgique) Le Congo car il y a beaucoup à faire. Marc Barvais / Député (Belgique) Si je devais m’expatrier je pense que ce serait en Amérique du Nord (au Canada) parce qu’il s’agit d’une région à fort potentiel de développement économique, peu peuplée, avancée sur le plan social et culturel et qu’il s’agit d’un démocratie. S’il existait une raison pour que je m’expatrie elle serait suffisamment importante pour que ce soit à titre définitif. Pierre Boucher / Député (Belgique) Par passion pour l'Antiquité grécoromaine, je choisirais sans hésiter la Méditerranée ! Quant à la durée, tout dépendrait des circonstances (choix professionnel, familial, etc...) qui m'amèneraient à m'expatrier. Probablement à titre provisoire, car je ne me sens pas la force de quitter ma région d'origine ! Sébastian Pirlot / Député (Belgique)

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

QUESTION 5
CERTAINS EXPATRIÉS PEUVENT PARFOIS AVOIR LE SENTIMENT D'ÊTRE CONSIDÉRÉS PAR LEUR PAYS COMME DES CITOYENS DE SECONDE CLASSE... QUE SOUHAITERIEZ-VOUS LEUR DIRE À CE SUJET?
Je trouve bien triste que ce genre de sentiment puisse être ressenti par les expatriés car ces derniers font partie intégrante de la communauté nationale. Charles de Courson / Député (France) Je ne crois pas que la France, dans son ensemble, considère les expatriés comme des Français de seconde classe. Je crois que trop souvent elle les ignore – ce qui n’est pas beaucoup mieux. Jean-Louis Bianco / Député (France) Des français de seconde classe ? C’est non seulement méprisant mais c’est tout simplement absurde. Et pourquoi donc ? Moi je ne dis pas l’exact contraire, à savoir qu’ils seraient au dessus des autres (ce qui serait pure démagogie) mais je dis qu’ils sont en quelque sorte des ambassadeurs de notre pays là où ils vivent. C’est une chance pour la France, encore une fois, que cette présence de milliers de français à l’étranger. Ce qui est de « seconde classe » c’est de ne pas le comprendre ! Jean-Claude Lefrort / Député (France) La distance peut mener à un décalage mais le monde actuel nous rapproche. Je reste attentif dans mon engagement politique à ce qu'aucune discrimination sociale ou politique ne soit faite entre les citoyens. Jean-Marie Le Guen / Député (France)

Qu'ils sont les véritables ambassadeurs de notre pays et qu'ils méritent mieux que l'indifférence des administrations Marcel Dehoux / Député (France) Que si, selon les beaux mots de la chanson de Maxime Leforestier, «être né quelque part, c'est souvent un hasard», choisir un pays, c'est un effort et ce pays doit le considérer come un honneur. Il n'est pas facile de transplanter ses racines, le pays qui vous accueille doit en être conscient. Agnès Maltais / Députée (Québec) Je leur dirais qu'ils peuvent être fiers d'abord de s'être faits tous seuls, sans le tissu de relations que chacun a dans son pays, et que leur pays d'origine a besoin d'eux. J'ai ainsi contribué à ce que les Belges de l'étranger puissent voter aux élections législatives, ce qui est le cas depuis 2003, et je continue à travailler pour étendre ce droit aux élections régionales. Ma proposition de loi sur la double nationalité, dont les Belges ne bénéficient toujours pas, permettra je l'espère une meilleure reconnaissance de mes compatriotes expatriés (voir sur mon site www.roelantsduvivier.be).Bref, vous l'avez compris, pour moi les expatriés sont des citoyens égaux aux autres, avec souvent plus de mérite dû à la difficulté de s'établir professionnellement et socialement loin de ses racines. François Roelants du Vivier / Sénateur (Belgique)

L’appartenance à un pays ne me paraît pas indispensable : c’est la valeur de l’individu qui prime. Je me sens belge évidemment, mais avant tout solidaire de la misère qui règne dans le monde. A ceux que je rencontre j’essaie non pas de faire passer un message nationaliste restrictif mais plutôt un message de justice qu’il faut essayer de respecter dans le monde face à la faim, à la misère, aux violences. Françoise Fassiaux / Député (Belgique) Que les expatriés ont un rôle d’Ambassadeur Marc Barvais / Député (Belgique) Je crois au contraire qu’il faut les considérer comme des ambassadeurs. C’est eux qui pourront faire connaître notre Pays à l’étranger et leur savoir-faire en donnera une image positive. J’espère toutefois qu’ils reviendront un jour pour nous faire bénéficier des connaissances et de l’expérience acquises pendant leur absence. Pierre Boucher / Député (Belgique) De ne jamais regretter leur choix, quel qu'il soit. Et de ne jamais prêter attention au regard des autres. Profondément égalitariste, je ne crois pas qu'il y ait des citoyens de première ou de seconde zone. Etre un citoyen, c'est déjà bien ! Sébastian Pirlot / Député (Belgique)

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

QUESTION 6
QUELLE IMAGE AVEZ-VOUS DE LA FINLANDE ET DES FINLANDAIS?
La Finlande a l’image d’un pays du Nord, rigoureux, mais efficace, pragmatique, avec des entreprises sérieuses. La décision finlandaise de construire un réacteur nucléaire français est un de mes succès auprès de l’ambassadeur en France. Et des entreprises du Cotentin ont obtenu des parts de marché ! Mais je ne suis jamais allé en Finlande ! Il faut que je pallie prochainement ce déficit pour mieux connaître ce pays ! Claude Gatignol / Député (France) De la Finlande, j’ai une image faite de lacs et de forêts. Quant aux finlandais, je les trouve courageux et inventifs. Charles de Courson / Député (France) Je connais peu la Finlande et les Finlandais. J’ai l’image de gens assez différents des autres pays d’Europe du Nord, avec une grande admiration pour leur capacité passée à résister à la pression soviétique, et pour leurs performances économiques et sociales, en particulier en matière d’éducation. Jean-Louis Bianco / Député (France) Je ne parlerai pas strictement de moi mais de mon sentiment : la Finlande est peu connue des français. C’est vrai qu’elle ne fait pas de « bruit » comme d’autres. Et pourtant que de talents, d’innovation, d’intelligence et de culture dans ce pays aux nuits blanches. Et que de chaleur humaine dessous cette neige et ce froid qui l’enveloppent des mois durant. C’est donc son image qu’il faudrait faire connaître plus nettement dans notre pays. Elle n’est pas seulement, loin s’en faut, celle qui a donné le Père Noël au monde ! Jean-Claude Lefort / Député (France) Un pays où la qualité de la vie est très élevée... mais un pays où le climat est peu attirant. Marcel Dehout / Député (France) De gens qui, comme nous, ont relevé la défi de vivre la nordicité. D'un pays qui a une vie démocratique souvent citée en exemple. La Finlande semble avoir réussi à conjuguer modernité et tradition, progresser sans y perdre son âme. Elle a toute mon admiration. Agnès Maltais / Députée (Québec) Je les trouve très sympathiques et je crois que nous avons beaucoup d'affinités si ce n'est que par les conditions climatiques et de vie qui se ressemblent un peu. Rita Dionne-Marsolais / Députée (Québec) Une image très sympathique. les Finlandais sont bien représentés dans ma ville, Bruxelles, à partir des fonctionnaires dans les institutions européennes, Ils sont les seuls nordiques à faire des efforts en français, ils sont enthousiastes et gentils naturellement. Et puis j'adore Arto Paasilina, un grand écrivain à mes yeux. C'est pourquoi je me réjouis de découvrir ce pays en septembre, lorsque je me rendrai pour la première fois à Helsinki pour une réunion des présidents des commissions des affaires étrangères des parlements des pays membres de l'Union européenne. François Roelants du Vivier / Sénateur (Belgique) J’ai eu trois élèves dont la mère est finnoise, elle est très chaleureuse et elle décrit son pays comme une merveille de la nature. Donc, l’image que j’ai de la Finlande est très sympathique Cela pourrait être un jour l’objet d’un de mes voyages Françoise Fassiaux / Députéé (Belgique) Positive, notamment par rapport au développement des services sociaux Marc Barvais / Député (Belgique) UN pays de neige, de lacs et forêts. Le renne (et Père Noël) immortalise la Finlande. Les Finlandais, que je ne connais pas, me donnent l’image d’un peuple instruit, démocrate, habile (la cohabitation avec l’URSS est un exploit) et respectueux de la nature mais aussi des autres peuples. Pour moi le symbole du savoir-faire finlandais est Nokia. Pierre Boucher / Député (Belgique) C'est un pays que je connais relativement mal. Mais fasciné par les paysages de la Laponie, je me suis promis de me rendre un jour en Finlande. Sébastian Pirlot / Député (Belgique)

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4

QUESTION 7
QUEL MESSAGE SOUHAITERIEZ-VOUS FAIRE PASSER À LA COMMUNAUTÉ FRANCOPHONE DE FINLANDE?
Le message, aux Français de Finlande, sera en premier de les féliciter d’avoir franchi les frontières, de leur souhaiter une vie agréable en s’adaptant à la culture finlandaise, mais sans oublier le France et la francophonie qu’ils représentent… Cependant, vous pouvez nous faire passer des bonnes idées : on dit que le système scolaire finlandais est très efficace… comment fonctionne le droit du travail en entreprise, l’embauche, la formation… ? Je suppose que les liens entre les familles sont facilités par vos journaux, votre radio et Internet et aussi la téléphonie finnoise. Donc pleine réussite à vos projets de communication et à la coopération francofinlandaise. J’espère venir vous saluer en Finlande ! Claude Gatignol / Député (France) Mon message est le suivant : on aime d’autant plus son pays qu’on en est éloigné. Charles de Courson / Député (France) Soyez vous-mêmes. Gardez des liens avec vos origines. Multipliez les occasions de rencontre et de contacts entre Finlandais et Français. Jean-Louis Bianco / Député (France) Mon message résulte de ce que je vous ai dit précédemment. Il y a beaucoup à faire pour que les relations de toutes natures se développent entre nos deux pays. La communauté française en Finlande est certainement la mieux à même d’y travailler. Peut être lui faut-il fait preuve de plus d’audace en ce sens. Et, si elle le souhaite, elle pourrait s’appuyer sur des relais en France, en particulier sur les parlementaires qui peuvent être utiles à bien des égards pour cela. On n’a pas, je pense, utilisé le potentiel de plus value pour la France et pour la Finlande que ces relations pouvaient générer. Chacun peut y réfléchir d’autant plus que chacun a nécessairement un parlementaire « sous la main » dans son lieu d’origine en France. Je parle des parlementaires mais la chose vaut pour beaucoup d’autres personnes engagées dans la vie sociale ou publique. C’est une idée… Et puis qu’il me soit permis, cette interview étant réalisée alors que Pâques sonne à la porte, de souhaiter à chacune et à chacun une bonne fête de Pâques à la mode finnoise de même qu’une bonne fête du 1er mai qui revêt dans votre pays d’accueil des allures toutes particulières, un mariage d’international et de national avant que ne vienne la saint Jean… et les beaux jours sans nuits ! Jean-Claude Lefort / Député (France) Réchauffez la Finlande et contribuez à apporter à notre pays les qualités d'une culture et d'une civilisation différentes. Jean-Marie Le Guen / Député (France) N'hésitez pas à faire du "lobbying" auprès des Elus, des Administrations et faites lui part de vos difficultés. Marcel Dehoux / Député (France) À titre de Québécoise, je considère que chaque communauté francophone est un îlot de résistance qui nous permet d'espérer en la victoire de la diversité des cultures. Francophones de tous les pays, unissonsnous ! Agnès Maltais / Députée (Québec) J'aimerais les inviter à venir nous visiter, peut-être trouveraient-ils ici un endroit où ils envisageraient de s'établir! Rita Dionne-Marsolais / Députée (Québec) Défendez votre langue et votre culture, Faites les rayonner à l'heure où l'anglais envahit tout. François Roelants du Vivier / Sénateur (Belgique) Un message de sympathie, bien sûr, et beaucoup de félicitations quant à votre réussite sur le plan scolaire et certainement sur l’apprentissage des langues modernes qui semble l’un des apanages de votre enseignement. Beaucoup d’amitiés… Françoise Fassiaux / Députée (Belgique) Celui de favoriser les exportations belges et wallonnes vers la Finlande Marc Barvais / Député (Belgique)
Je souhaite qu’elle soit gardienne de notre identité et de notre culture. Cela passe par le maintient, la défense et la promotion de la langue française. Il faut donc la faire apprécier par ses côtés les plus positifs en organisant des activités culturelles au sens le plus large, cela va des beaux-arts au théâtre en passant par la gastronomie ou le folklore.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006

LE MALIN PETIT CANARD
LE BULLETIN ÉLECTRONIQUE DE LA COMMUNAUTÉ FRANCO-FINLANDAISE REGARDS CROISÉES / DÉPUTÉS - PARLEMENTAIRES - SÉNATEURS
| VER 1.4
Nous sommes à votre disposition pour vous aider dans cette voie. Pierre Boucher / Député (Belgique)

Je lui souhaite beaucoup de bonheur, où qu'elle soit et quelle qu'elle soit ! Je lui souhaite de réussir parfaitement son intégration, tout en se souvenant des liens culturels l'unissant à la Francophonie.
Sébastian Pirlot / Député (Belgique)

INTERVIEW RÉALISÉE PAR VINCENT LEFRANÇOIS - 2006