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Festival du Premier Roman de Chambéry 2011/2012 (25 è m e édition) « La marge
Festival du Premier Roman de Chambéry 2011/2012 (25 è m e édition) « La marge

Festival du Premier Roman de Chambéry 2011/2012 (25 ème édition)

« La marge entre ce que nous pouvons attendre de la réalité et ce que nous en attendons secrètement ne peut être remplie que par l’art et la fiction ». Pour Sganarelle, Romain Gary (1965).

« La lecture n’est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse. Elle maintient, dans l’utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée. Lire ne sert à rien. C’est pour cela que c’est une grande chose. Nous lisons parce que cela ne sert à rien. » Pourquoi Lire ? Charles Dantzig, (Grasset 2010)

« Tout cela peut paraître négligeable au regard de la vie. Comme la littérature au regard du monde .Comme toutes les formes de commentaires au regard du réel. Et pourtant. » Givrée d’Alain Monnier, dernière ligne du roman (Flammarion 2005)

COMMENT LIRE ?

« Je répondrais : avec méthode. La passion est la plus raisonnable »

Pourquoi lire ? Charles Dantzig (Livre de Poche, 2011)

En mai 2012, à Chambéry, dans le cadre du Festival du Premier Roman (25 ème édition), les élèves de seconde 4 et de 1 ère ES2 ont eu la chance et le bonheur de rencontrer Hélène Gestern, auteur profonde et pudique de ce magnifique roman épistolaire Eux sur la photo, la jeune et pétillante Chabname Zariab pour Le Pianiste Afghan, et enfin une jeune professeur de lettres en banlieue, vivante et gracieuse Raphaëlle Riol dont le premier roman s’intitule Comme elle vient.

Hommage soit rendu d’abord aux élèves qui ont affirmé à travers leurs lectures ce qu’ils ont en commun : des capacités certaines d’écoute, d’intelligence, de sensibilité, des qualités d’écriture souvent remarquables, textes à l’appui avec extraits des romans lus, d’un projet, d’une rencontre à l’autre. Ils sont véritablement passés dans La Cour des grands…

Mais aussi, ces derniers ont affirmé dans un même élan tout ce qui les rattache à une communauté scolaire tout en préservant leurs différences, l’accentuation de leurs goûts, les particularités de chacun. A travers ces travaux d’écriture, « d’invention », ils ont prouvé qu’ils savaient respecter des contraintes d’écriture à la manière des exercices de L’Oulipo (Raymond Queneau, Georges Pérec, Hervé Le Tellier) tout en étant autonomes

dans leurs choix, leurs appréciations des œuvres qu’ils avaient lues. Dès que la littérature se penche sur la réalité, nous nous souvenons.

Or, ils se sont souvenus …

Que le roman est un genre « sympathique », que l’œuvre permet donc de communiquer, d’échanger sur la vie et sur ce qui est à l’œuvre dans la fiction pour dire le monde. Dans la littérature comme dans la vie, il est absolument nécessaire de se lancer parce que cela pourrait peut-être avoir un sens que soi-même on ignore et qui prend toute sa cohérence lorsque cette expérience de lecture est écrite, partagée de vive voix par la suite avec un auteur.

Ils ont collectionné, flâné, réfléchi à travers ces romans. Ils ont écouté, regardé, noté, affirmé des goûts, des exigences, critiqué, aimé. Ils ont relevé des citations, des passages qui leur ont plu. Ils ont aussi interrogé les liens de l’écriture avec le réel en croisant dans le cadre du Festival du Premier Roman de Chambéry ou du Festival du livre de l’Esperluette des écrivains qu’on a trop coutume, parfois à leur âge, de reléguer dans un magasin d’antiquités, parce qu’associés à l’enseignement des classiques au lycée ou aux lectures imposées par les professeurs ou/et les parents d’une autre génération. « On confond volontiers « classiques et pantoufles » écrit ironiquement Charles Dantzig dans Pourquoi Lire ? (Livre de Poche 2011)

Ils ont, par leurs écrits, lettres à l’auteur, articles critiques, citations, questions, fait œuvre de témoignage dans une écriture qui tente « méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose »comme l’écrit Georges Pérec dans Espèces d’espaces (1974 pour l’édition originale, revue et corrigée en 2000, aux éditions Galilée).

Par leurs travaux que nous jugeons de grande qualité pour la plupart d’entre eux, par leur investissement scrupuleux et engagé dans l’acte de lire et d’écrire, par leur voix personnelle qu’ils ont fait entendre dans leurs interrogations sur l’œuvre lue, les œuvres lues (certains ont lu 4 à 5 romans), ils ont montré que la littérature porte la promesse, sinon d’un usage du monde, d’un savoir sur celui-ci et que cela vaut le coup de lire, réfléchir, sentir, penser, aimer, dialoguer, partager, écrire.

Nous tenons à remercier tout particulièrement pour leur professionnalisme, leur disponibilité et leurs réponses toujours aimables et adaptées à nos questions, Daniela Faraille, Chargée des Relations internationales, Chargée des relations avec les établissements scolaires et universitaires pour le Festival du Premier Roman de Chambéry ainsi que Danielle Maurel, journaliste littéraire à Grenoble, indépendante, animant certaines sessions de stages (Roman et Histoire, La Critique Littéraire) en lien avec le Festival du Premier Roman de Chambéry et que vous pouvez retrouver sur son blog.

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Ne manquez pas l’adresse internet du Festival www.festivalpremierroman.com oublier la plateforme numérique Alphalire mise en place en 2012 2013.

Nathalie Mazabras, professeur de lettres et Michel Vallier, professeur documentaliste.