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Discours préliminaire de Mr Jean WILLYBIRO-SAKO – Conférence de presse du 26 avril 2014 au Legder Plaza, Bangui - RCA

Excellences…. Madame… Messieurs les Représentants des Partis Politiques Mesdames, Messieurs les journalistes Chers invites

Très respectueusement, je prie l’assistance d’observer

une minute de

silence

en la mémoire de B. BOGANDA Fondateur de la République

Centrafricaine, 1er Martyr et Symbole de l’unité nationale et de la dignité du Peuple centrafricain, de ses Compagnons, mais aussi de tous nos très nombreux morts victimes des terribles violences qui ont endeuillé le Pays tout entier depuis plus d’un an. Qu’il nous soit permis d’adresser nos vifs remerciements à toutes ces personnalités, à tous ces invités et particulièrement à tous ces journalistes nationaux et internationaux qui ont bien voulu répondre si massivement à l’invitation qui vous a été adressé par l’équipe de réflexion ici présente, organisatrice de cette conférence de presse. Depuis quelques mois, les Autorités de la transition conscientes que seul un retour à un ordre constitutionnel normal ayant pour fondement la démocratie et la libre expression du peuple, ont mis en place une feuille de route impliquant l’adoption du code électoral, la création de l’Autorité Nationale des Elections, la désignation de ses membres et favoriser le démarrage de ses activités, appuyées en cela par la Communauté Internationale, qui place dans cette action les seules conditions de l’organisation prochaine d’élections libres, démocratiques et transparentes.

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Au vu de tous ces efforts, nous voulons sincèrement remercier les Dirigeants de la Transition, Mme la Présidente, Mr le Premier Ministre et son gouvernement, les membres du Conseil National de Transition, les pays membres de la CEEAC, l’Union Africaine, le gouvernement français, l’Union Européenne, les Nations Unies, les nombreux partenaires bi et multilatéraux de la RCA, les ONG Humanitaires Internationales et Nationales pour tous les efforts consentis pour sauver la RCA et son peuple des conséquences dramatiques de toutes ces crises et lui permettre de continuer à exister dans le concert des Nations. Avec ces séries de décisions, il est urgent de commencer à réfléchir à ces futures échéances sans attendre que toutes les autres conditions soient réunies particulièrement celles relatives au rétablissement de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, la libre circulation des personnes et des biens, la mobilisation de tous les moyens nécessaires à la bonne organisation de ces futures élections considérées par certains comme un pari audacieux, mais qui sont tant attendues par le Peuple Centrafricain qui ne rêve que d’un retour rapide à une vie normale et apaisée pour la relance du développement socioéconomique après tant de mois de souffrance, de conditions de vie les moins enviables sur le continent. Mais pourquoi la situation de notre pays nous interpelle plus aujourd’hui qu’hier ? Quelle est la situation de notre pays aujourd’hui ? Pendant longtemps, ce vaste pays ancré, au cœur du continent Africain, même pauvre était considéré comme un havre de paix au sein d’une zone de conflits qui affectaient les pays voisins, un pays charnière entre l’Islam au Nord et le Christianisme au Sud, où la cohésion entre les communautés ne souffrait d’aucun complexe, d’où son appellation autrefois de « SUISSE Africaine » Mais depuis quelques années, des crises à répétition vont secouer le pays, qu’il s’agisse des coups d’états, des grèves prolongées, des mutineries, des rebellions dont la dernière celle de la SELEKA sera la plus dramatique, la plus brutale, la plus meurtrière et la plus destructrice. Les bases de la société seront ainsi fortement ébranlées, entraînant la perte de confiance entre les Centrafricains et leurs Dirigeants, entre les différentes communautés tribales et religieuses, entre les centrafricains tout court.
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Les causes de ces dérives sont connues : Les causes anciennes et durables proviennent : - de la très vaste étendue du pays peu désenclavée et difficilement mise en valeur, dont les populations des zones reculées se sentent abandonnées, voire oubliées, - L’insuffisante prise en compte des problèmes des Jeunes mal formés et souvent désœuvrés qui les poussent à s’exprimer de manière violente et désespérée, - La mauvaise gouvernance qui touche même les financements provenant de l’extérieur, - La gestion peu orthodoxe des secteurs lucratifs comme les mines, les forêts, les impôts, la douane qui sont gérés de manière opaque, - La corruption, - Le détournement des deniers publics, - L’accaparement des richesses économiques par un petit groupe proche du pouvoir à des fins égoïstes, - Le tribalisme, - La culture de l’impunité Les causes récentes concernent : - La mise en œuvre orientée de la démocratie, - La crise de confiance entre les Dirigeants et l’Armée, - L’aggravation de la pauvreté au sein de toutes les couches de la population, - La crise de l’emploi, particulièrement celui des jeunes, - L’abandon où la minimisation du secteur agricole, - La crise du système éducatif et de la formation, - La crise du système judiciaire, - L’arrivée des novices en politique comme dirigeants de l’état sans préparation, sans programme, sans maîtrise des hommes engagés dans l’aventure, sans moyens financiers pour les prendre en charge, - L’utilisation des mercenaires étrangers dans la conquête ou la conservation du pouvoir.
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Plus récemment, avec les dérives de l’état Seleka et les exactions nombreuses commises contre les populations de toutes les zones, surtout contre les chrétiens et les animistes, apparaîtra le groupe des Anti-balaka organisée au départ comme forces communautaires de réaction aux diverses exactions sus mentionnées, lequel groupe contribuera avec d’autres forces à mettre fin au règne des Seigneurs de guerre Seleka. Mais les Anti-balaka au vu de leur succès verront des groupes incontrôlés regagner leur rang ou opérer sous leur dénomination, lesquels groupes se livreront à des actes de pillage, de destruction, et des actions ciblées particulièrement contre des ressortissants de confession religieuse musulmane entraînant la crise crée par la Seleka sur le terrain glissant d’une crise inter ethnique ou inter religieux. Mais pour nous, ces différentes crises sont surtout la conséquence des comportements des Dirigeants qui n’ont pas toujours su assumer leur fonction en serviteur du peuple, respectueux des serments prêtés. Elevés, ils sont souvent tombés dans un système qui les ont détournés de leurs idéaux de départ, à savoir, avoir une conscience permanente de l’intérêt général. Il est reconnu que la plupart de nos dirigeants qui sont arrivés après le Père fondateur Barthélémy BOGANDA, ont souvent débuté leur mandat avec beaucoup de bonnes idées, beaucoup de bonnes réalisations, mais après quelques années, sous la pression de quelques conseillers ou sous la griserie du pouvoir, se sont laissés aller au tribalisme, à la prévarication voire à la dictature. De notre analyse personnelle, la culture de la médiocrité, de l’impunité, la tolérance des actes répréhensibles et illégaux, l’affaiblissement de la justice, l’instrumentalisation des services de sécurité, l’encouragement à la délation ou aux actions de l’ombre, l’esprit de division et de favoritisme sont les principaux maux qui ont gangrené notre société et qui l’ont fragilisée aujourd’hui. Comme conséquence de toutes ces causes, et de ces comportements négatifs, les centrafricains ont beaucoup souffert, ils ont été assez humiliés, abusés et
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trompés. Ce qui leur fait désormais douter de tout et surtout de tous les hommes politiques à qui ils ne font plus confiance. Toutefois, ils ont néanmoins conscience que le pays ne peut rester sans dirigeants après la transition et espèrent voir arriver un Leader et des hommes d’Etat capables de leur recréer l’espoir d’un changement positif et durable à travers des comportements nouveaux, des propositions concrètes pour un Centrafrique renouvelé et restauré dans l’apaisement de tous les esprits, le retour d’une vie agréable et mieux sécurisée. Ce sont toutes ces raisons et les appels de nombreux compatriotes qui ont interpelé le fils du pays que je suis, à voler au secours de son pays en détresse et qui ne saurait rester insensible à ces appels devenus pressants et incessants.

C’est pour cela que je m’engage aujourd’hui solennellement devant vous tous à me présenter aux futures élections démocratiques nationales pour le choix du futur Président de la République en INDEPENDANT et comme UN CANDIDAT DE RUPTURE de ces anciennes pratiques et comportements.
Comme vous le constaterez en parcourant le document de présentation qui vous sera distribué tout à l’heure, cet engagement n’est pas fait à la légère, ni pour une simple ambition politicienne, mais parce que nous pensons posséder les qualifications nécessaires et les atouts pour l’exercice de cette haute fonction d’ETAT. Nos nombreuses formations universitaires et professionnelles en RCA et dans le monde, les expériences accumulées grâce à une longue carrière à des postes différents et diversifiées, à une très grande connaissance du pays et des différentes communautés centrafricaines, à une grande connaissance de l’Afrique et du monde, à des missions politiques et diplomatiques de hauts niveaux et surtout à des éléments pertinents de notre personnalité. Ces éléments ont permis de démontrer que nos passages à ces différents postes ont été une constance dans la manière de considérer le prochain, de servir la Nation et de gérer à la tête des services et de nombreux projets. Ces qualités
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nous permettront sans nul doute demain d’avoir la crédibilité nécessaire dans l’accomplissement futur de cette mission. Nous pensons avoir la capacité nécessaire de diriger notre pays avec foi et conviction, avec courage et fermeté, sans être obligé de consacrer trop de temps à l’apprentissage de la fonction, ni pour mettre en œuvre les actions adaptées à la situation actuelle de note pays et à développer une vision à court, moyen et long terme pour aider à vite recréer la confiance, la paix et la sécurité, relancer le développement socio-économique, désenclaver les zones les plus reculées, restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, rechercher des réponses appropriées aux problèmes des jeunes, développer l’agriculture pour en faire la base principale de l’économie, asseoir partout la bonne gouvernance et la bonne gestion de toutes les ressources nationales et celles provenant des aides extérieures, mettre fin à l’impunité, créer les conditions favorables à l’investissement pour la création des emplois. Tout notre programme déclinera du développement de ces engagements forts qui pourront être mesurés, évalués et pourquoi pas sanctionnés par le peuple qui en sera le gardien vigilent, ceci afin de redonner au Peuple Centrafricain, son unité, sa dignité, en remettant le pays sur les rails d’un développement durable, un environnement plus sain, la justice et la sécurité et ceci grâce aux repères que nous nous engageons à rétablir. Aujourd’hui, chaque minute compte et est précieuse. L’appel qui sera fait à des Centrafricains compétents et dévoués, sans discrimination aucune, du Pays comme ceux de la Diaspora, permettra de disposer de gestionnaires rigoureux, d’interlocuteurs crédibles lors des négociations pour la mobilisation des fonds nécessaires à la mise en œuvre de toutes ces actions. A notre sens, il n’y a pas lieu de désespérer mais de se mettre résolument au travail, dans la dignité, le respect des valeurs défendues par le Père fondateur B. Boganda et dans l’union sacrée à créer ou à faire revivre pour mettre fin au mythe de Sisyphe qui condamne à l’éternel recommencement et à l’éternel statut d’Assistés malgré toutes ces richesses naturelles dont le bon dieu a abondamment dotées la RCA.
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C’est pour symboliser cet espoir, cet engagement pour la Paix des cœurs et dans tout le Pays, que j’ai choisi pour Logo, « NGU TI DE », l’eau qui rafraichit, l’eau qui calme, l’eau qui fait vivre ou revivre les terres desséchées, qui purifie les terres souillées, l’eau cette boisson que tous les êtres crées par Dieu consomment sans réserve et qui, irradiée par le soleil qui pointe à l’Est, redonnera vie et espoir à la République Centrafricaine.

Nous sommes conscients de l’immensité et de la complexité des tâches qui attendent le futur dirigeant, mais nous savons qu’avec courage, détermination et grâce à la mobilisation de tous les fils et de toutes les filles de notre pays, ce défi sera relevé. Frères et sœurs, gardons espoir Aimons notre pays, aimons notre peuple, aimons nous les uns les autres. Que l’esprit de BOGANDA et celui de tous ceux et de toutes celles qui se sont battus pour le mieux-être et la grandeur de ce pays nous soutiennent dans cet engagement. Vive la République Centrafricaine, Terre de Zo Kwé Zo Une et immortelle. Je vous remercie.

Mr Jean WILLYBIRO-SAKO

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