Vous êtes sur la page 1sur 3

JNR 2008 : ELEMENTS DE LANGAGE 

L'évolution du contexte géostratégique a entrainé une refonte de notre appareil de défense caractérisée en
particulier par la professionnalisation des armées et la suspension du service national. Dans ce cadre, la force
militaire d'appoint que constituait la réserve mobilisable en temps de guerre a connu une mutation importante.

De la réserve captée à la réserve volontaire.

Cette profonde rénovation concrétisée par la loi du 22 octobre 1999 modifiée par la loi du 18 avril 2006 a fait
apparaître une notion de réserve d'emploi directement adaptée au besoin de la défense en suivant un double
objectif:
- apporter à l'armée professionnelle le complément quantitatif et qualitatif nécessaires pour répondre aux
missions tant permanentes que temporaires. C'est le rôle de la réserve opérationnelle.
- favoriser le maintien du lien entre la Nation et la défense et participer au développement de l'esprit de défense.
C'est l'affaire de tous mais en particulier de la réserve citoyenne, deuxième composante de la réserve militaire.

La réserve opérationnelle : une vie doublement active.


Composée de volontaires qui ont souscrit un engagement à servir dans la réserve (ESR) voire en cas de crise
majeure d'anciens militaires soumis à l'obligation de disponibilité, elle a pour objet de renforcer les capacités des
forces armées.
Pleinement intégrée à l'armée professionnalisée, cette réserve d'emploi est appelée à assurer les mêmes missions
que les forces d'active et à être engagée dans les mêmes conditions.

Un recrutement ambitieux et ouvert.


Le volume de cette réserve est donc directement lié aux besoins opérationnels identifiés par les forces armées.
Les études ont arrêté ces besoins à 94150 volontaires (40000 pour la gendarmerie, 29000 pour l'armée de terre,
8600 pour le service de santé, 8250 pour l'armée de l'air 7700 pour la marine, 500 pour service des essences et
100 pour la DGA). Au 31 décembre 2007, 58 827 volontaires étaient engagés sous ESR.

La durée d'activité est fixée à 30 jours par an. Ce maximum peut-être porté à 60 jours pour répondre aux besoins
des armées, à 150 jours en cas de nécessité liée à l'emploi des forces et à 210 jours, sur décision du ministre de
la défense, pour les emplois présentant un intérêt de portée nationale ou internationale (participation à des
actions civilo-militaires...).
En 2007, la moyenne d'activité des réservistes opérationnels était de 22,7 jours par an.

La réserve opérationnelle est jeune (37,5 ans), féminisée (17%) et pour 37 % issue de la société civile.

Des garanties légales pour les réservistes mais aussi pour l'employeur.
Aux réservistes, la loi assure une rémunération identique à celle des militaires d'active du même grade, une
protection sociale et la garantie du maintien de leur emploi civil à l'issue des périodes militaires. Malgré la
suspension du contrat de travail, celles-ci sont considérées comme des périodes de travail effectif en ce qui
concerne les avantages légaux et conventionnels en matière d'ancienneté, d'avancement, de congés payés et de
droits aux prestations sociales.
Le réserviste qui accomplit ses activités militaires pendant son temps de travail est tenu de prévenir l'employeur
de son absence un mois avant le début de celle-ci. De plus, au-delà de 5 jours d'activités par an, il doit obtenir
l'accord de son employeur.
Des mesures permettant de faciliter, au-delà de l'obligation légale, l'activité et la réactivité dans la réserve
opérationnelle peuvent résulter de conventions conclues entre les employeurs et le ministre de la défense.
La réserve citoyenne : des bénévoles en renfort des militaires.
Composée de volontaires agréés par l'autorité militaire en raison de leurs compétences, de leurs expériences ou
de leur intérêt pour les questions relevant de la défense nationale, la réserve citoyenne a pour objet d'entretenir
l'esprit de défense et de renforcer le lien entre la nation et ses forces armées.

Un recrutement élargi et dénué de contraintes.


Elle est constituée de volontaires qui souhaitent apporter leur contribution à la défense mais qui n'ont pas la
possibilité ou la disponibilité pour s'engager dans la réserve opérationnelle.
Issus directement de la société civile, sans passé militaire, anciens militaires au terme de leur disponibilité ou
réservistes opérationnels au terme de leur engagement, les réservistes citoyens ne sont soumis à aucune
condition d'âge ou d'aptitude physique. Ils accomplissent leurs activités en tant que collaborateurs bénévoles du
service public.
Une information initiale et continue sur la défense leur est dispensée afin qu'ils constituent un relais de qualité
au sein de la société civile.

Des activités à la lisière du monde civil et militaire


L'action des réservistes citoyens s'exerce en matière de communication et relations publiques au profit des
forces armées, d'aide au recrutement dans l'armée d'active et de réserve, d'aide à la reconversion, de contribution
au devoir de mémoire et d'action de sensibilisation et d'information notamment dans les quartiers difficiles.
Ces réservistes sont des relais vers la société civile au titre d'un engagement citoyen.

Un interlocuteur privilégié : le conseil supérieur de la réserve militaire.


Créé par la loi de 1999, le conseil supérieur de la réserve militaire (CSRM) est un lieu de concertation où se
côtoient la société civile et les militaires réservistes sous la forme de 6 collèges distincts (parlementaires,
représentants de l'administration, employeurs et professions libérales, salariés et agents publics, réservistes et
enfin personnalités qualifiées).
Il est principalement chargé de proposer des avis et des projets dans le domaine de la politique de la réserve
militaire.
Le CSRM est placé sous la présidence du ministre de la défense. Un secrétariat général, composé de personnels
des différentes armées et formations rattachées, est placé sous l'autorité d'un officier général. Il assure le
fonctionnement courant de toutes les structures du CSRM. Il est particulièrement chargé d'orienter et de
coordonner la réserve opérationnelle et d'animer la réserve citoyenne. Rattaché au cabinet du ministre de la
défense, il en reçoit des missions d'études particulières et participe aux différents groupes de travail sur des
sujets spécifiques dans le domaine de la réserve militaire. Il joue un rôle de proposition et de coordination.

Le partenariat entreprise/défense : une nécessité.


Les conventions de soutien à la politique de la réserve militaire : un plus pour l'entreprise et les armées.
L'activité militaire des réservistes prise pour partie sur leur temps de travail ne doit pas mettre en péril leur
activité civile. Parallèlement, il faut susciter l'adhésion des employeurs à la nouvelle politique de la réserve.
La loi définit les conditions d'emploi des réservistes et en particulier les modalités d'absence dans leur
entreprise. Celles qui mettent en œuvre des dispositions plus favorables que la loi en signant une convention
avec le ministère de la défense peuvent bénéficier de certains avantages (stage d'intelligence économique,
contacts privilégiés entre responsables des ressources humaines...) et se voir attribuer par arrêté ministériel la
qualité de « Partenaire de la défense nationale » et le logo qui lui est associé.

Un réseau de partenariat étendu partout en métropole et en outre-mer.


Le CSRM, chargé de la mise en place et du suivi de ce partenariat, active deux instances :
- au niveau national, le comité de liaison réserve-entreprise (CLRE) permet de définir et de suivre la politique à
conduire afin d'améliorer le dialogue entre les armées et les entreprises.
- au niveau régional, un réseau de correspondants régionaux entreprises-défense (CRED), est chargé d'obtenir,
par la signature de conventions de partenariat, le soutien des acteurs socio-économiques en faveur de la réserve
militaire. Ils assurent la médiation de premier niveau entre les employeurs, les réservistes et les forces armées.
En ce sens, c'est la véritable cheville ouvrière du partenariat.

La JNR : une reconnaissance de la nation à ses réservistes.

Afin de mettre en valeur les citoyens qui acceptent de servir volontairement leur pays au sein des forces armées,
la loi du 22 octobre 1999 modifiée a institué une journée nationale du réserviste.
Cette année, cette journée se déroulera le 26 septembre 2008 et en cohérence avec la présidence française de
l'union européenne aura pour thème « les réservistes porteurs de valeurs pour l'Europe »
Elle donnera lieu une centaine de manifestations à travers la France dont un multiplex qui reliera par
visioconférence les colloques de Nice, Paris et les ambassades de France dans les pays membres de l'union
européenne. Ce multiplex permettra aux acteurs de la réserve, aux ambassadeurs et aux attachés de défense
d'échanger sur la réserve en Europe.