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Secrétariat général Paris, le 10 février 2009

Source : DGPR

Les OGM
Éléments de langage

1983 : Première plante transgénique


1990 : première commercialisation d'une plante transgénique
1996-1997 : Première commercialisation d'une plante transgénique dans l'UE et première
autorisation en France d'un Maïs OGM
1999 : Début du moratoire européen sur les autorisations pour la commercialisation des
OGM
2002 : Premier accord des quinze pays membres de l'UE sur l'étiquetage et la traçabilité.
Levée du moratoire sur la commercialisation.
2008 : La France suspend la culture du MON810 et adopte la loi sur les OGM

Qu'est ce qu'un OGM ?


Un organisme génétiquement modifié (OGM) est un organisme (animal, végétal, bactérie) dont
on a modifié le matériel génétique pour lui conférer une ou plusieurs caractéristiques nouvelles.
Depuis trente ans, des techniques modernes, dites de génie génétique permettent de transférer
des gènes d'un organisme à un autre, y compris entre des espèces différentes.
En tout, ce sont plus de 60 espèces végétales qui peuvent aujourd'hui être transformées. Les
OGM les plus utilisés dans le monde sont des espèces végétales telles que le maïs, le soja ou le
coton.

Pourquoi a-t-on fabriqué des plantes cultivées OGM ?


Depuis que l'homme cultive des plantes et élève des animaux, il les fait évoluer en sélectionnant
ceux qui ont la meilleure productivité. En utilisant la sélection, les croisements et les greffes, il a
créé de nouvelles variétés ou des races qui n'existaient pas et qui permettent, par exemple, de
meilleurs rendements, une meilleure qualité, une meilleure résistance aux maladies, aux
ravageurs, ou à la sécheresse.
Dans cette même perspective, les firmes semencières se servent aujourd’hui des nouvelles
connaissances apportées par la recherche génétique pour transférer certains caractères d’une
espèce vers une autre en agissant directement sur les gènes.
Les OGM peuvent ainsi améliorer la productivité de l’agriculture. Ils peuvent aussi être utilisés
dans le but de produire des molécules destinés à la santé humaine ou à la recherche.

Quels sont les risques potentiels pour la santé des OGM destinés à l’alimentation ?
Comme tous les produits nouveaux destinés à la consommation, les OGM peuvent présenter des
risques pour la santé humaine (notamment, possibilité de toxicité ou d’allergies liées à la
présence de nouvelles molécules présentes au sein de la plante, altération possible des qualités
nutritionnelles). Ces risques sont recherchés et évalués lors de la procédure d’évaluation qui
précède toute autorisation.
Quels sont les risques pour l'environnement ?
La question de la maîtrise de la dissémination des OGM est centrale. Par exemple, si une
espèce végétale porteuse d’un gène de tolérance à l'herbicide se disséminait, elle pourrait
devenir envahissante du fait de l’inefficacité des traitements herbicides à son encontre.
Les impacts environnementaux de chaque OGM sont étudiés « pas à pas » avant toute
commercialisation. D’abord en milieu confiné, ensuite lors d’essais à petite échelle dans
l’environnement, puis, si aucun effet néfaste n’est identifié, lors d’essais à plus grande échelle. A
chaque étape, des mesures de protection sont prises pour éviter la dissémination de l’OGM au
delà des limites de l’essai.
Des programmes permettant de mieux appréhender les risques potentiels liés aux cultures GM
sont en cours.

Quels sont les OGM les plus utilisés aujourd'hui dans le monde?
Actuellement, les OGM cultivés dans le monde concernent principalement 4 espèces : soja,
maïs, coton, colza.
Ils portent essentiellement sur l'introduction de deux caractères dans les cultures : tolérance aux
herbicides, et résistance aux insectes, ou une combinaison des deux.

Où cultive-t-on des OGM dans le monde aujourd'hui?


Pour 2008, les organisations internationales ont recensé 125 millions d’hectares de plantes OGM
dans 25 pays, cultivés par 13,3 millions d’agriculteurs.
Les principaux producteurs sont les Etats-Unis, l’Argentine, le Brésil, et le Canada. Le
développement des cultures OGM commence également dans certains pays situés à l’est de
l’Union Européenne et s'accélère en Chine.

Quels sont les OGM cultivés en Europe ?


Aujourd’hui en Europe, le seul OGM cultivé à des fins de culture est le maïs MON810. Ce maïs,
dont la séquence génétique particulière (ou transgène) est commercialisée par la firme
MONSANTO, possède un gène qui lui confère une résistance à certains insectes parasites de la
plante (Pyrale et sésamie).
La France a déposé une clause de sauvegarde sur la culture de ce maïs. Il n’est donc pas été
cultivé en 2008 en France.
Aucune autorisation de mise sur le marché d’OGM à des fins de culture n’a été délivrée en
Europe depuis 1998.

Quels sont les OGM autorisés à la mise sur le marché en Europe?


OGM alimentaires : une vingtaine d’OGM sont actuellement autorisés pour l'alimentation
humaine et/ou animale (et interdits pour la culture). Il s’agit de variétés de soja, maïs, colza et
coton.
OGM non alimentaires : Des œillets dont la couleur a été modifiée peuvent être importés et
commercialisés en Europe. (Il s’agit uniquement d’importation de fleurs coupées). Leur culture
est interdite en France.
Une dizaine de vaccins à OGM usage vétérinaire sont autorisés.

En quoi consiste un essai en plein champ ?


Un essai en plein champ vise à observer le comportement d'une nouvelle variété végétale OGM
en condition réelle. Il permet d'évaluer comment elle interagit avec l'environnement qui l'entoure.
Chaque essai fait l’objet d’une procédure d’autorisation au niveau national, l’autorisation étant
accordée par le ministre de l’agriculture après accord du ministre en charge de l’écologie. La
commission d’évaluation compétente1 examine chaque demande d’autorisation d’essai et fixe
pour chacune des contraintes strictes qui concernent en particulier la distance d'isolement des

1
La commission du génie biomoléculaire est désormais remplacée par le nouveau Haut Conseil des
Biotechnologies.
cultures et la présence de « pièges à pollen » (rangs de plantes non OGM installés autour des
champs d'essais).

Comment peut-il y avoir une contamination des productions issues de cultures


conventionnelles ou de l’agriculture biologique par des produits ogm ?
La présence accidentelle d’OGM dans des cultures conventionnelles ou biologiques peut
provenir soit de la présence d'impuretés dans les semences, soit d'une dissémination de pollen à
partir de la culture OGM, soit de pratiques de stockage des récoltes et de transport.

Quelle est la réglementation en vigueur en Europe ?


Au niveau européen, toute utilisation d’OGM fait l’objet d’une autorisation préalable basée sur
une évaluation au cas par cas des risques pour la santé publique et l’environnement réalisée par
l'Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) au vu d’un rapport détaillé et argumenté
sur la base d’études et d’analyses précises, réalisé par le producteur de semence.
Une surveillance biologique du territoire a également été introduite afin de pouvoir identifier
toute modification qui surviendrait à la suite d'une nouvelle autorisation.
L'étiquetage des semences génétiquement modifiées est aujourd’hui obligatoire quel que soit
le pourcentage d'OGM présent.
Pour tous les aliments destinés aux humains et aux animaux échangés au sein de l’Union
européenne, ou importés de pays tiers, la traçabilité est obligatoire et la présence d'OGM
supérieure à 0,9%, doit être précisée sur l'étiquetage.
En revanche, malgré les efforts de la France à ce sujet dans les négociations européennes, la loi
n'impose pas d'étiquetage spécifique pour les denrées alimentaires (lait, charcuterie, plats
cuisinés) issues d'animaux d'élevage nourris avec des cultures transgéniques.
Il doit être noté que dans le cadre des échanges internationaux, le Protocole de Carthagène
ratifié par 160 Etats prévoit des dispositions précises relatives au commerce d’organismes
vivants génétiquement modifiés.

Quelle est la règlementation en vigueur en France ?


Le Haut Conseil des Biotechnologies, créé par la loi du 25 juin 2008 sur les OGM, a pour mission
d'éclairer le gouvernement sur toutes les questions intéressant les OGM.
L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) est chargée d’évaluer les risques
des aliments contenant des OGM, ou des produits qui en sont issus, en matière de nutrition et de
santé.

Pourquoi la France a-t-elle été condamnée par la Cour de justice des Communautés
européennes ?
La France a été condamnée le 9 décembre 2008 au paiement d’une amende de 10 millions
d’euros parce qu’elle a tardé à transposer une directive européenne de 20012. Les Etats
membres devaient transposer cette directive, qui prévoit notamment la consultation de public et
l’étiquetage des OGM, avant Octobre 2002. La directive a été transposée en France en mars
2007.

Quels sont les engagements pris lors du Grenelle environnement ?


Lors de la conclusion du Grenelle, le Président de la République a annoncé la création d'une
Haute Autorité sur les OGM (rebaptisée Haut Conseil des Biotechnologies par la loi de juin
2008). Un comité de préfiguration de la future haute autorité a été chargé en décembre 2007 de
« réévaluer les risques et bénéfices pour l'environnement et la santé publique susceptibles d'être
attachés à la dissémination volontaire du maïs MON810 ».
Le comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM a rendu son avis le 9 janvier 2008. Il
souligne la publication de plusieurs faits scientifiques nouveaux depuis 1998 concernant l'impact
du MON810 sur la santé humaine, l'économie et l'agronomie.

2
Directive 2001/18/CE
Suite à cet avis, le gouvernement français a décidé, en application du principe de précaution,
d’engager la procédure contradictoire vis-à-vis de la société MONSANTO afin de pouvoir
déposer une clause de sauvegarde à l’encontre du maïs MON810.
A l’issue de cette procédure, le Gouvernement a demandé à la Commission européenne la mise
en œuvre de la clause de sauvegarde jusqu’à la réévaluation par les instances européennes de
l’autorisation du MON810 et a pris le 7 février 2008 un arrêté de suspension de la culture du
maïs MON 810.

Quels sont les faits scientifiques nouveaux soulignés par le comité de préfiguration de la
Haute Autorité sur les OGM?
 Dissémination :
De nouvelles études ont caractérisé la dispersion du pollen sur de grandes distances.
Des pollens de champs OGM sont donc susceptibles de menacer la pureté de
semences des champs sans OGM à l'échelle d'une petite région agricole par exemple.
 Résistance :
Apparition de résistance chez certains insectes ravageurs ciblés.
 Effets sur la faune non ciblée :
Des faits nouveaux confirment que le MON810 peut avoir des effets à long terme sur
certains animaux, dont par exemple des lombrics.
 Santé humaine :
Certains scientifiques estiment que les protocoles d’évaluation de la toxicité à long
terme qui sont réalisés en laboratoire sur des rats sont insuffisants.

Quand le Haut Conseil des biotechnologies verra-t-il le jour?


La composition, les attributions ainsi que les règles de fonctionnement, de saisine et de
déontologie du Haut Conseil des Biotechnologies ont été fixés par décret du 7 décembre 2008.
Les nominations des membres du comité économique éthique et social devraient aussi intervenir
prochainement.
Information complémentaire (à la date du 9 juin 2009). Les membres du Haut Conseil des
biotechnologies ont été nommés le 30 avril 2009 par décret.

Peut-on interdire les importations d'OGM en provenance de pays tiers ?


Conformément aux règles de l'organisation mondiale du commerce (OMC), toute entrave au
commerce est interdite sauf si elle est fondée sur des motifs valables, notamment de santé
publique.
Les OGM importés dans l'Union Européenne sont soumis à des autorisations de mise sur le
marché. Ces autorisations accordées par les instances de l'Union Européenne sont valables sur
tout le territoire de l'Union. Elles ne peuvent être remises en cause que lorsque des éléments
scientifiques nouveaux mettent en évidence un risque pour la santé et l’environnement.

Qu’est-ce que le principe de précaution ?


C'est le principe selon lequel l’absence de certitude, compte tenu des connaissances
scientifiques et techniques du moment ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et
proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à
l’environnement à un coût économique acceptable.

Qu’est-ce que la clause de sauvegarde ?


Ce dispositif permet à un pays européen d’interdire provisoirement sur son territoire un OGM
bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché au niveau de l’Union européenne. Mais
seulement à condition de justifier cette mesure avec des données scientifiques inédites qui
prouvent un risque nouveau pour la santé ou pour l’environnement. La France a déjà activé cette
clause à deux reprises, en 1998 pour deux variétés de colza génétiquement modifié dont
l’importation n’est toujours pas autorisée. Et dernièrement, par arrêté pris le 7 février 2008,
concernant la culture du maïs Monsanto 810 sur son territoire.
Jusqu'à quand la clause de sauvegarde du 7 février 2008 a-t-elle cours?
L'arrêté qui suspend l'autorisation de culture du maïs MON810 en France est en vigueur jusqu'à
ce que les instances européennes se prononcent sur le renouvellement de l'autorisation de mise
sur le marché (AMM) de cet OGM.
Le 31 Octobre 2008, l’EFSA (Agence Européenne de Sécurité des Aliments) a estimé que les
éléments fournis sur le maïs MON 810 par le gouvernement français n’apportaient aucune
preuve scientifique nouvelle sur les risques pour la santé humaine et animale et l'environnement.
Le 21 janvier 2009, la Commission européenne a proposé l’adoption d’une décision visant à
imposer à la France la levée de sa clause de sauvegarde. La procédure d’adoption de ce projet
de décision est actuellement en cours.

Quelles sont les principales mesures de la loi sur les OGM votée en juin dernier3?
● La création d’un Haut Conseil des biotechnologies. Ses avis, rendus publics,
porteront à la fois sur les risques et sur les bénéfices des OGM pour l'environnement et la
santé4.
● La garantie de la « liberté de produire et de consommer sans OGM ». La définition
du « sans OGM » sera évaluée au niveau européen5.
● La récolte, le stockage, le transport et la mise en culture d'OGM seront encadrés
par un certain nombre de prescriptions réglementaires visant à limiter les risques de
contamination ;
● Les agriculteurs dont la production est contaminée par les OGM pourront être
indemnisés. Les cultivateurs d'OGM en assumeront la charge.
● Chaque parcelle de culture de plante OGM devra être déclarée dans un registre
national qui sera rendu public sur internet.
● La « destruction des champs " sera passible de 2 ans de prison ;
● Un comité de surveillance biologique du territoire devra « s'assurer de l'état
sanitaire et phytosanitaire des végétaux et des effets non intentionnels des pratiques
agricoles sur l'environnement ».

Les OGM sont-ils économiquement rentables ?


Des analyses faites sur le soja dans des pays non européens montrent que le soja transgénique
et le soja conventionnel ont des résultats économiques équivalents, malgré le prix plus élevé des
semences. La différence apparaît de prime abord favorable à l'OGM, mais, si le soja normal est
écoulé dans un circuit "garanti sans OGM", il sera vendu plus cher et l'écart devient finalement
négligeable.
De plus, les principaux OGM sont élaborés pour résister aux insectes nuisibles et mauvaises
herbes. Or on observe des phénomènes de résistance chez certaines mauvaises herbes, qui
deviennent insensibles au produit. Après quelques années de culture des OGM, les exploitants
doivent donc parfois à nouveau augmenter les quantités de pesticides utilisés. Compte tenu du
coût plus élevé des semences OGM, ils voient alors parfois leurs revenus diminuer.
Il reste néanmoins à conduire des observations précises sur plusieurs années dans le contexte
européen pour évaluer précisément l’impact économique mais aussi écologique (par la baisse
annoncée des traitements phytopharmaceutiques).

Pourquoi y a-t-il des brevets sur les semences OGM ?


Les agriculteurs ont depuis l'origine sélectionné les plantes afin de préserver ou d’augmenter les
volumes récoltés et d'obtenir des produits de qualité, tout en allégeant leur travail. Depuis le
milieu du XIXe siècle, les sélectionneurs ont de plus en plus rationalisé leurs méthodes.
Avec l'essor des biotechnologies et afin de garantir une rémunération aux efforts de recherche
supportés par les inventeurs et les sélectionneurs, le brevet a été introduit pour les semences.
3
Loi n°2008-595 du 25 juin 2008 relative aux organismes génétiquement modifiés
4
Composé d'un « comité scientifique » qui formule des « avis » et d'un « comité économique éthique et social »,
qui émet des « recommandations ». Ce conseil sera présidé par un scientifique et pourra être saisi par des
associations ou par n'importe quel citoyen par l'intermédiaire d'un parlementaire
5
Dans l'attente d'une définition au niveau européen, le seuil correspondant sera fixé par le Gouvernement (par voie
règlementaire), sur avis du Haut Conseil des Biotechnologies.
Quelle est la teneur de la recherche française dans le domaine des OGM?
Actuellement 90% de la recherche sur les OGM est liée aux semenciers qui ont intérêt à la vente
des OGM déjà en catalogue, et elle porte sur des développements qui ne sont pas forcément
intéressants pour l'intérêt général.
La recherche française, pionnière dans le domaine des biotechnologies végétales se penche, au
cas par cas, sur les risques pour la santé et pour l’environnement. Conformément aux
recommandations du Grenelle Environnement, ces efforts seront poursuivis et amplifiés.
Valérie Pécresse, ministre en charge de la Recherche, a annoncé en fin d’année 2007 une
augmentation des crédits en faveur des biotechnologies de 45 M€ sur trois ans.

Pourquoi certains disent-ils que la culture d’OGM rend les agriculteurs dépendants ?
Le système de brevetage des semences oblige les agriculteurs à racheter chaque année les
semences, en leur interdisant de se servir d’une partie de leur récolte pour les semis de l’année
suivante.
Aujourd’hui, beaucoup d’agriculteurs estiment indispensable de racheter chaque année tout ou
partie de leurs semences du fait de la moindre qualité des semences issues de leur propre
récolte. En ce qui concerne les plantes OGM, ils sont dans l’obligation de le faire
systématiquement pour la totalité de leur semis. Les agriculteurs sont ainsi dépendants des
compagnies semencières qui sont réduites aujourd’hui à un petit groupe (environ 6 entreprises)
ayant acquis les brevets par leurs capacités de recherche et leurs capacités financières.

Pourquoi la France et les autres Etats membres de l’Union européenne continuent-t-ils à


importer du soja génétiquement modifié?
Tous les pays de l’Union européenne, dont la France, sont actuellement dépendants des pays
producteurs de soja car ils importent en grande quantité des tourteaux6 de soja afin d’apporter
aux animaux d’élevage les protéines qui manquent dans les fourrages et les céréales produits
sur place.
Plusieurs filières dites sans OGM ont été mises en place dans certains pays producteurs mais, à
cause du développement des cultures OGM dans ces pays et des difficultés qu’ils rencontrent à
séparer les flux de production et de transport, ces filières sans OGM ne fournissent aujourd'hui
qu'une quantité très limitée de soja.

Comment la France peut-elle envisager de limiter ses importations de Soja OGM?


Le gouvernement français réfléchit à un plan de relance de la production de protéines végétales
sur le territoire national pour aller vers une plus grande indépendance en matière d'alimentation
des animaux d'élevage.

Quelles sont les perspectives d’évolution au niveau européen?


Le Conseil de l’Union Européenne a entamé une révision des procédures d’évaluation OGM
avant toute nouvelle homologation.
La France a également demandé que la Commission définisse un seuil de présence d’OGM au-
dessous duquel les produits (végétaux et animaux) puissent être étiquetés "sans OGM"7.

Le 4 décembre 2008, les ministres européens de l’environnement se sont accordés sur les
actions suivantes pour mieux encadrer les OGM :

- renforcer l’évaluation des impacts sur l’environnement, à moyen et long termes, des OGM
cultivés, notamment ceux produisant des pesticides ou résistant à des herbicides
- lancer en 2009 une réflexion communautaire, par les Etats membres et la Commission
pour définir et prendre en compte des facteurs d’appréciation socio-économiques relatifs
aux OGM. Un rapport de la Commission est programmé d’ici 2010.

6
Résidus solides obtenus après extraction de l'huile des graines ou des fruits de plantes oléagineuses ; C'est l'un des
principaux coproduits utilisés dans l'alimentation animale.
7
Seuil techniquement et économiquement raisonnable pour toutes les filières agricoles dans une situation de
coexistence des cultures.
- Améliorer le fonctionnement de l’expertise, notamment en associant d’avantage els Etats
membres au processus d’expertise confié à l’Autorité Européenne de Sécurité des
aliments (AESA)
- Fixer des seuils communautaires de présence d’OGM dans les semences
conventionnelles
- Protéger au cas par cas des zones sensibles et/ou protégées, telles que Natura 2000, et
prendre en compte les pratiques agricoles spécifiques.

La relance de la production de protéines végétales en Europe est également pour la France un


objectif qui sera mis en avant à l’occasion du bilan de santé de la politique agricole commune.

Contacts informations supplémentaires :

Yasmina Lakhdar, DGPR, correspondante communication, Tel : 01 42 19 15 08/09