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Voyage pittoresque et historique au Brésil, ou Séjour d'un artiste français au Brésil, depuis 1816 jusqu'en
Voyage pittoresque et historique au Brésil, ou Séjour d'un artiste français au Brésil, depuis 1816 jusqu'en

Voyage pittoresque et historique au Brésil, ou Séjour d'un artiste français au Brésil, depuis 1816 jusqu'en

1831 [

...

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Debret, Jean-Baptiste (1768-1848). Voyage pittoresque et historique au Brésil, ou Séjour d'un artiste français au Brésil,ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr . " id="pdf-obj-1-2" src="pdf-obj-1-2.jpg">
Debret, Jean-Baptiste (1768-1848). Voyage pittoresque et historique au Brésil, ou Séjour d'un artiste français au Brésil,ici pour accéder aux tarifs et à la licence 2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes publiques. 3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation particulier. Il s'agit : *des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés, sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du titulaire des droits. *des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces bibliothèques de leurs conditions de réutilisation. 4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriété intellectuelle. 5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de son projet avec le droit de ce pays. 6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet 1978. 7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter reutilisation@bnf.fr . " id="pdf-obj-1-4" src="pdf-obj-1-4.jpg">

Debret, Jean-Baptiste (1768-1848). Voyage pittoresque et historique au Brésil, ou Séjour d'un artiste français au Brésil, depuis 1816 jusqu'en 1831 inclusivement / par J.-B.

Debret,

....

1834-1839.

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VOYAGE

PITTORESQUE

ET

HISTORIQUE

AU

BRÉSIL,

ou

DEPUIS

1816

JUSQU'EN

1831

INCIUSIVEMENT,

S/tonr/ai

e/e

/cy&ve'/tetïTenf-

c/e

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cm

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uvauften-.

*sé&.

Ï2Ô.

Jicecw<o

scr,

PAR

J.

B.

DEBRET,

PREMIER

PEINTRE

ET

PROFESSEUR

DE

L'ACADÉMIE

IMPÉRIALE

BRÉSILIENNE

PARTICULIER

DE

FRANCE,

DE

LA

MAISON

ET

CHEVALIER

IMPÉRIALE,

DE

L'ORDRE

MEMBRE

DU

CHRIST.

CORRESPONDANT

DE

DES

BEAUX-ARTS

LA

CLASSE

DES

DE

RIO-.1ANEIR0,

BEAUX-ARTS

DE

PEINTRE

I.'lNSTlTUT

TOME

DEUXIÈME.

FIRMIN

DIDOT

FRÈRES,

IMPRIMEURS

DE

L'INSTITUT

LIBRAIRES,

RUE

.TACOB,

ll\.

M

DCCC

XXXV.

DE

FRANCE,

INTRODUCTION.

JE

me

suis

proposé

de suivre

dans

cet ouvrage

le

plan

que

me traçait

la logique,

c'est-à-dire,

 

la

marche

progressive

de

la

civilisation

au Brésil.

Dès

lors

j'ai

commencer

par

reproduire

les

tendances

 

instinctives

de l'indigène

sauvage,

et rechercher

pas

à

pas

ses progrès

dans

l'imitation

de

Vindustrie

du

colon

brésilien,

héritier

lui-même

des traditions

de

sa mère-

patrie.

La

fusion

de ces deux

êtres

commence

avec défiance,

 

et déjà

elle

s'opère

par

la réciprocité,

 

des

services,

 

est lâchement

arrêtée

par

l'emploi

de

la

force

;

mais

elle

doit

 

s'ache-

ver,

plus

tard,

lorsqu'elle sous

l'empire

des lois.

 

Jeté,

en effet,

 

sur

la

côte

du Brésil,

le Portugais

se retire

d'abord

timidement

dans

les bois

voisins

de

la

plage,

et

s'y fortifie.

 

De

son côté,

l'indigène,

effrayé de l'apparition

d'un

homme

inconnu,

 

l'observe

de

loin,

retranché

derrière

les

épais

réseaux

de ses forêts

vierges.

Mais une

secrète

sympathie

les

attire

l'un

vers

l'autre,

 

et bientôt

la bonhomie

de l'indigène

succombe

à

la

séduction

de l'Européen.

 

Les

avait

présents,

presque

les

services

confondus,

réciproques

lorsque

forment

premiers des souverains

les

liens;

l'avidité

d'Europe

et

la

lance

reconnaissance

au milieu

d'eux

les

des

forces

militaires

 

qui

détruisent,

en

un

instant,

 

de liaisons

sociales.

A

cette

trahison,

toute

la population

indigène

plusieurs années se retranche

dans

ses positions

inexpugna-

 

bles,

et après

une

lutte

repoussante

à décrire,

le

Portugais,

enfin

établi

au Brésil,

renonce

pour

quelque

temps

à soumettre

l'indigène.

Il

fait

acheter

sur

la

côte

 

d'Afrique

des

esclaves

soumis,

qu'on

lui amène

pour

l'aider

à défricher,

tout

en combattant,

 

le

sol

qui

lui promet,

 

plus

tard,

des

sonniers,

mines

confondus

d'or

diamant, avec ses esclaves.

et

de

découvertes

Travaux

à

la faveur

du Pauliste,

des indices

habitant

par de la province

donnés

de

ses pri-

Saint-

Paul,

auquel

on

dut

l'exploitation

 

régulière

des mines

au

Brésil.

Tout pèse

donc,

au

Brésil,

sur

Yesclave

nègre :

à

la

roça

(bien

de campagne)

il

arrose

de ses sueurs

les plantations

du cultivateur

; à la

ville,

le négociant

lui

fait

charrier

de pesants

fardeaux

; appartient-il

au rentier,

 

c'est

comme

ouvrier,

 

ou

en

qualité

 

de

commissionnaire

 

banal,

qu'il

augmente

le revenu

de

son

maître.

Mais,

toujours

médiocrement

nourri,

et

mal-

traité,

il

contracte

parfois

les vices

de nos domestiques,

 

et s'expose

 

à

un

châtiment

public,

 

révoltant

pour

l'Européen

; châtiment

bientôt

suivi

de

la

vente

du

coupable

à l'habitant

 

de

l'intérieur

des terres,

et

le

malheureux

va

mourir,

ainsi,

au

service

du

mineur

(habitant

de

la

province

 

des

mines).

Sans passé qui

le console,

sans avenir

qui

le soutienne,

 

Y africain

se distrait

du

présent,

 

en

savourant

à l'ombre

des cotonniers

le

jus

de

la canne

à sucre;

et comme

eux,

fatigué

de pro-

duire,

il s'anéantit

à deux

mille

lieues

de sa patrie,

sans récompense

 

de son

utilité

méconnue.

 

La

civilisation,

était

donc

stationnaire

au Brésil,

lorsqu'en

1808

on

vit

arriver

la

cour

de

Portugal

dans

cette

colonie,

jusqu'alors

abandonnée

aux

soins

 

d'un

vice-roi.

1816

 

vit

se

réunir

sur

la

tête

de Jean

VI

la triple

couronne

du royaume

uni

du

Brésil,

du Portugal

et

des Algarves.

Mais

le dernier

élan

devait

être

donné

 

six

ans après,

 

quand

le prince

 

royal,

 

T.

11.

a

ii

INTRODUCTION.

 

don

Pedro,

échangea

son

titre

contre

celui

de Défenseur

perpétuel

du

Brésil,

et,

quelques

mois

plus

tard,

y réunit

celui

d'empereur

de

sa patrie

adoptive,

 

délivrée

désormais

de l'influence

portugaise.

 

Rio-Janeiro

devint

alors

la

capitale de

l'empire,

et

le

centre

 

d'où

la

civilisation

 

devait

rayonner

sur

toutes

les parties

du territoire.

Et

en

effet,

bientôt

le

luxe

y

crée

des

artisans

habiles;

les

sciences

y forment

des

sociétés

d'encouragement;

 

les

arts,

des élèves;

et

la

tri-

bune

des orateurs.

 

,

Quittant,

 

à son

tour,

sa patrie,

le jeune

Brésilien

visite

aujourd'hui

 

l'Europe,

y rassemble

des notes

sur

les

sciences

et l'industrie

; et,

riche

de ces précieux

documents,

il

deviendra,

à

son tour,

l'un

des plus

précieux

soutiens

de

sa patrie

régénérée.

 

Mais

il

n'emprunte

 

pas

à Y Europe

seule

toutes

ses

innovations

;

il

va

lui-même

 

les

de-

mander

et

le

chameau,

ce

portefaix

de l'Arabe,

 

y

propage

sa race

depuis

i834,

après

un

à Y Asie; an

d'importation.

 

Déjà

même

à

cette

époque,

on

projetait

des chemins

de

fer

dans

l'intérieur,

et

les villes

maritimes

rivalisaient

 

de

zèle

pour

la prospérité

du Brésil.

 

Ce

n'est

pas sans justice

que

les

voyageurs

qui

ont

parcouru

 

le nouveau

monde

citent

le

Brésilien

comme

l'habitant

le

plus

doux

de l'Amérique

du. Sud.

 

Cette

douceur,

il

la doit,

en partie,

à l'influence

d'un

climat

délicieux,

qui,

fécondant

ses

belles

plantations,

l'importation

fait

iie

lui

la base

qu'à de son commette

laisse

en

surveiller

maritime.

paisiblement

les

abondantes

récoltes,

dont

Reconnu

aujourd'hui

par

les

puissances

européennes

comme

indépendant

des

intérêts

de

son territoire,

 

il

vit

heureux

de

son

industrie,

et conserve

une

et régulateur attitude paisible

espagnole;

,

environné

des commotions

populaires

qui

ensanglantent

l'Amérique

 

commotions

qui,

sans doute,

contribuent

à lui faire

sentir

tout

le

prix

d'un

stable,

 

fondant

la gloire

et

le

repos

de sa patrie

sur

adopter.

une

législation

moderne,

gouvernement fille de l'Europe,

et qu'une

judi-

cieuse

expérience lui

a fait

 

Ajoutez

à

ces

éléments

de tranquillité

que

le Brésil

possède

le

rare

aArantage

de

ne pas

compter,

pour

ainsi

dire,

de classe intermédiaire

entre

le

riche

cultivateur

, propriétaire

d'une

nombreuse

population

d'esclaves

soumis

à

une

vie

régulière,

et

le

négociant

intéressé,

par

calcul,

au maintien

de

l'ordre

protecteur

de

ses spéculations

 

étendues,

et garant

du

retour

périodique

de

leurs

résultats

lucratifs.

Aussi,

quand

finit

la journée

consacrée

tout

entière

à

l'accroissement

de

sa

fortune,

le voyez-vous,

fidèle

à

ses anciens

 

usages,

chercher

dans

la

fraîcheur

de

la soirée

et d'une

partie

de

la

nuit

un

délassement

voluptueux

au sein

des plaisirs

tranquilles.

Le

gouvernement

portugais

a déterminé,

par

onze

dénominations

 

usitées

dans

le langage

vulgaire,

la classification

 

générale

de la population

brésilienne,

d'après

leur

degré

de civilisa-

 

tion.

ire

Le Portugais

d'Europe,

Portugez

legitimo,

ou

fils

du royaume,

filhio

do

Reino.

2e

Le

Portugais,

né

au

Brésil, de

génération

plus

ou moins

ancienne,

Brésilien,

Brazilieiro.

 

3e Le

mulâtre,

d'un

blanc

et

d'une négresse,

mulato. 4e

Le

métis,

mélange

de

la

race

blanche

et

indienne,

mamalucco.

5e L'Indien

pur,

habitant

primitif,

 

Indio;

femme,

china.

6e

L'Indien

civilisé,

caboclo,

Indio

manço

( Indien

doux).

yc

L'Indien

sauvage,

dans

l'état

primitif,

gentio

tapuya,

bugré.

8e

Le

nègre

d'Afrique,

nègro

de

Nâçao;

molèké,

négrillon.

 

9e Le

nègre

au Brésil,

cre'olo.

ioc

Le

métis

delà

race

nègre

et

mulâtre,

bodè;

femme,

cabra,

i

Ie

Le métis

de

la

race

nègre

et indienne,

ariboco

(*).

(*)

Cette

population,

d'après

les

rapports

authentiques

transmis

par

le

veridique

M.

Ferdinand

Denis,

se

monte

aujourd'hui

à4574Ij558

individus,

dont

a,534,889

hommes

libres,

i,i36',66g

esclaves,

et

800,000

Indiens

sauvages connus.

*

T.

11.

1

a

"VOYAGE

PITTORESQUE

AU

BRÉSIL.

 

Le

Brésil,

ou

mieux

Brazil,

situé

entre

les

4°

ï-8',

34°

55'

de latitude

sud,

comprend

le

tiers

de l'Amérique

méridionale.

 
 

La

partie

septentrionale

de cette

contrée

fut

découverte

le

26 janvier

 

15oo par

don

Vincent

¥anez

Pinzon,

et

ce fut

seulement

à

la

pointe

méridionale

 

qu'aborda

Pedro

Alvarès

Cabrai,

qui

débarqua

sous

le

17°

de latitude

dans

la

baie

de

Porto

 

Seguro,

le

24

avril

de

la même

année.

Ce navigateur

portugais

planta

une

croix

dans

une

île

encore

appelée

aujourd'hui

la.

Croix-Rouge,

 

prit

ainsi

possession

 

du pays

au nom

du

roi

de Portugal,

 

et y laissa

des déportés

sans autre

secours

que

leur

industrie

(*).

 

La

côte

découverte

par

Cabrai

fut

d'abord

appelée

Terre

 

de

Sainte-Croix,

nom

bientôt

remplacé

par

celui

du Brésil,

Brazil,

corruption

 

du

mot portugais

braza

 

(braise),

et employé

pour

exprimer

la

couleur

vive

du

brésillet

ou

bois

de Brésil

(cesalpina),

ibirapitanga,

langue

indienne.

 

La

bas,

baie

peuple

de

Guanabara

sauvage

qui

[pierre

dominait

 

brute,

en langue

sur

une

grande

indienne), ainsi de cette

partie

côte,

appelée

par

futdécouverte

les Tupinam-

en

i5i5

par

Juan

Dias

de

Solis,

navigateur

 

castillan

, qui

lui donna

d'abord

le

nom

de Sainte-Lucie.

Plus

tard,

Alfonzo

deSouza,

 

capitaine

portugais

envoyé

par .lean

J.1I au

Brésil,

y aborda

le

ier janvier

 

i53a,

et

la

nomma

Rio

de Janeiro

(fleuve

de janvier),

ayant

pris

faussement

l'entrée

de cette

baie

pour

l'embouchure

d'un

grand

fleuve.

 
 

A

gauche

de l'entrée

de

la baie,

s'élève

l'aride

 

rocher

granitique,

de forme

conique,

appelé

le

Pain

de sucre.

Cette

partie

gauche

 

de

la côte,

dominéepar

des montagnes

sur

des plans

diffé-

rents,

représente

dans

son ensemble

une

figure

 

d'homme

couchée

sur

le

dos ,

dont

le

Pain

de

sucre

forme

les pieds

; aussi les navigateurs

l'appellent-ils

le Géant

couché.

( Voir

la planche

2. )

 

Ce

fut

seulement

en

i566

que

M.en

de

Sa, troisième

gouverneur

du Brésil,

jeta

les fonde-

ments

d'une

ville

qui,

empruntant

 

son

nom

à

la

baie

au fond

 

de laquelle

 

elle s'élève,

s'appela

Rio-Janciro

;

ville,

protégée

d'avance

par

des fortifications

 

établies

sur

diArers points

dans

l'in-

(*)

Ce

fut

surtout

 

de

i53a à

 

i536

que

se multiplièrent

les

découvertes

 

sur

les

différents

 

points

de

la

côte

du

Brésil,

 

les

Portugais

avaient

eu

soin

de

laisser

aussitôt

un

certain

nombre

de

déportés

qui,

à la

fois,

servaient

 

à

former

 

un

commencement

d'établissement,

 

et

à

préparer

 

des

interprètes

entre

les

Portugais

et

les sairvages.

 

Les jésuites

qui,

quinze

 

ans

après

la

découverte

du

Brésil,

 

y

avaient

déjà

des

missionnaires,

 

sentirent

la

nécessité,

 

et

surtout

 

les avantages

de

ce

système

de

colonisation,

 

car,

plus

adroits

que

le

gouvernement

portugais,

ils

parvinrent,

 

en

régularisant

la langue

gouaranis,

 

à donner

une

éducation

aces

peuples

sauvages,

dont

ils

se firent

des

vassaux que,

plus

tard,

ils

espéraient

soustraire

 

à

leur

souverain

légitime.

 

L'or

et

les

diamants

recueillis

 

par

ces

naturels

ne

leur

coûtaient

que

quelques

chapelets,

 

et

ces

riches

produits

,

envoyés

directement

 

en

Italie,

donnaient

une

nouvelle

 

puissance

à

l'ordre

redoutable

de

Saint-

Ignace,

dont

les

membres

crurent

peut-être

aussi

de

leur

devoir

d'inspirer

 

aux

sauvages

convertis

un

sen-

timent

de

haine

contre

les

Portugais.

 

Dans

les

premiers

temps,

 

ces

missionnaires

choisissaient

des

frères

 

lais

parmi

les déportés,

 

et

aidés

de

leur

concours

 

,

ils

s'avançaient

peu

à peu

dans

l'intérieur

des terres,

leur

génie

adroit

finissait

par

obtenir,

même

chez.les

Botocoudos,

 

quelques

points

d'appui,

payés,

il

est;

vrai,

chaque

année

,

par

un

certain

nombre

de

confrères

 

moins

adroits

ou

pins

indiscrètement

audacieux,

qui

devenaient

la

proie

des

sauvages.

 
 

VOYAGE

 

PITTORESQUE

 

AU

BRÉSIL.

 

3

lérieur

delà

baie,

telles

que

les

forts

de Santa-

 

Cruz,

de

l'Age,

 

de

San-Joao,

de

Ville-ga-

 

gnon,

fondé

en

i554

par

Durand

 

de

Villegagnon.

 

Enlevée

au

Portugal

 

par

la

Hollande,

 

elle

rentra

le

27

janvier

i654

 

sous

la

domination

 

de

Jean

 

IV

(*).

En

1671,

Dugay-Trouin,

 

passant

 

sous

le

feu

de

tous

ces forts

qui

le

foudroyaient,

pénétra

 

dans

la

baie

jusqu'à

l'extrémité

 

la

plus

reculée

 

de

la

ville, et

s'arrêta

à

la

pointe

de

l'île

das

Cobras

(des

serpents),

dont

il s'empara

malgré

 

ses fortifications,

 

pour

faire

son point

d'attaque

 

et

de débarquement.

 

L'accroissement

de

la

ville

de Rio-Janeiro

fut

rapide.

 

Sous

le ministère

 

de Pombal,

 

Saint-Sébastien

de

Rio-Janeiro

 

devint

 

une

des

villes

les

plus

importantes

de

l'Amérique

 

portugaise;

 

en

1750 le

ministre

y

envoya

son

frère

Carvalho

en

qualité de

gouverneur.

La

population

 

s'élevait

 

alors

à plus

de quarante

mille

âmes.

Déjà

en

1773

elle

était

la capitale

de

la

colonie

brésilienne,

lorsque,

en

1808, la

cour

 

de

Portugal

vint

s'y

établir,

pour

lui

conférer,

 

le

16

décembre

1815,

 

le

titre

de

capitale

du

royaume

du

Brésil,

uni

à celui

du

Portugal

et

des

Algarves.

 

La

cour

de

Portugal

quitta

Rio-Janeiro

 

le

22

avril

1821,

et

le

roi

y

laissa

son

fils

aîné

don

Pedro,

avec

le

titre

de

prince

 

régent;

enfin,

 

le 12

octobre

1822,

elle

devint

la

capitale

de

l'empire

 

brésilien,

et

résidence

de

S.

M.

don Pedro

Ier,

empereur

 

du

Brésil,

jusqu'au

7

avril

i83i,

époque

à laquelle

il

abdiqua

 

en faveur

de

son

fils,

qui lui

succéda

 

sous

le

nom

de

don

Pedro

segundo,

empereur

du

Brésil,

 

et

qui

y

règne

aujourd'hui.

 

Rio-Janeiro,

 

située

à

trois

quarts

de

lieue

 

de

l'entrée

de

sa baie,

 

est

bâtie

sur

le

bord

oriental

de l'intérieur

de

sa rade,

au milieu

de

trois

montagnes

qui

la

com

mandent.

Les

divers

plans

élevés

dont

elle

est

environnée

 

ont

été

généralement

utilisés

par

l'établissement

de

forts,

de

redoutes,

ou