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Les Frères Wouters // mad // HeLvetica // J.r. // cHaumont

Les Frères Wouters // mad // HeLvetica // J.r. // cHaumont é :168 mai 09 mensuel
é :168 mai 09 mensuel – 10,70 E www.etapes.com mai 2009
é :168 mai 09
mensuel – 10,70 E
www.etapes.com
mai 2009
Les Frères Wouters // mad // HeLvetica // J.r. // cHaumont é :168 mai 09 mensuel

Conception graphique : Pierre Finot – © photo RMN – C. Jean – La belle ferronnière, Léonard de Vinci, Musée du Louvre.

La belle ferronnière , Léonard de Vinci, Musée du Louvre. Agence photographique de la réunion des
La belle ferronnière , Léonard de Vinci, Musée du Louvre. Agence photographique de la réunion des

Agence photographique de la réunion des musées nationaux 10, rue de l’Abbaye 75006 Paris - France Tel. : 33 (0)1 40 13 49 00 Fax : 33 (0)1 40 13 46 01 e-mail : photo@rmn.fr

Les images de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine sont sur www.photo.rmn.fr

Royan, Charente-Maritime, vers 1932 René-Jacques (1908-2003)

© RMN - Gestion droits d’auteur

© Ministère de la Culture – Médiathèque

du Patrimoine, Dist. RMN / René-Jacques.

ours directeur de la publication et directeur artistique Michel Chanaud mchanaud@pyramyd.fr rédacteur en chef

ours

directeur de la publication et directeur artistique Michel Chanaud mchanaud@pyramyd.fr rédacteur en chef Étienne Hervy ehervy@pyramyd.fr journalistes Caroline Bouige cbouige@pyramyd.fr Agathe Hoffmann ahoffmann@pyramyd.fr chef de studio Olivier Soury osoury@pyramyd.fr graphistes

Jean Loup Fusz, Vanessa Titzé, Anna Tunick et Maria Roszkowska (stagiaire) création graphique & maquette © Pyramyd ntcv ont participé à ce numéro Rionne Bijleveld, Charlotte Cheetham, David Evamy, Gijs Frieling, Richard Hollis, Ellen Shapiro Isabelle Moisy et Virginie Loste (stagiaires) rédaction-révision Michel Mazoyer responsable publicité et marketing Nadia Zanoun nzanoun@pyramyd.fr publicité David Abouna-Tomé dtome@pyramyd.fr internet Sébastien Augereau saugereau@pyramyd.fr abonnements Laurent Robic lrobic@pyramyd.fr

T +33 (0) 1 40 26 02 65 – F +33 (0)1 40 26 07 03 Vente et abonnement en ligne www.artdesign.fr Prix pour 10 numéros : 104 e France 130 e CEE, DOM-TOM – 149,50 e autres pays impression Les Deux-Ponts, Bresson.

ancien rédacteur en chef / cofondateur du magazine Patrick Morin

N° de commission paritaire : 0911 T 88598 Dépôt légal à parution – issn 1254-7298

© adagp Paris

pour les œuvres des membres.

Avoir 20 ans, avoir 15 ans, sortir de l’adolescence, garder ses illusions trouver l’esprit de raison

Le festival de Chaumont a 20 ans cette année. Au-delà du périmètre du festival, l’occasion se doit d’être accueillie comme la fête du graphisme à part entière, ses constituants français inclus. On se réjouit de tout ce que les graphistes ont accompli à Chaumont avec la conscience aiguë que tout cela, ils ne l’ont pas accompli seuls, mais avec une ville qui a compris quel intérêt réciproque il pouvait y avoir à l’existence d’un festival du graphisme. Avec aussi une population qui chaque année a accepté de vivre l’expérience du graphisme au risque de souligner que la reconnaissance du graphisme n’est pas un acquis. Bon anniversaire Chaumont, nous nous associons d’autant plus volontiers à ces réjouissances qu’étapes fête ses 15 ans. Le magazine a réussi son pari de durer, mais aussi relevé celui de progresser, de ne jamais renoncer à s’améliorer pour exister aujourd’hui en ligne, en anglais, en espagnol et même en chinois. Deux anniversaires pour ce mois de mai qui rappellent qu’en matière de graphisme les choses peuvent durer et évoluer. Ces comptes ronds se produisent à une époque où le graphisme arrive à maturité tant comme profession de design que comme discipline de création contemporaine. Dans les écoles et dans les lieux de réflexion sa connaissance de lui-même s’est solidifiée. Dans le même temps, son contexte s’est modifié en profondeur. L’image et l’information se sont dématérialisées en flux. Quand, hier, le graphisme espérait être employé au service d’un sujet d’importance. Cette relation tend à s’inverser. La responsabilité du graphiste est devenue un investissement critique, car c’est lui qui est aujourd’hui susceptible de retenir un sujet et, en lui conférant sa forme ou sa matérialité, une durée dans le temps.

Dans tous les exemplaires ce numéro comporte, un encart jeté abonnement, un encart jeté Sappi huit pages sous enveloppe, un encart broché abonnement entre les pages 64 et 65.

étienne Hervy

Imprimé sur Magno Matt Classic 150g et 300g, fabriqué par Sappi Fine Paper Europe, à partir de pâte blanchie sans chlore. Le bois utilisé pour cette pâte provient de forêts et plantations gérées de manière durable Papier provenant d’usines certifiées ISO 9001, ISO 14001, EMAS, OHSAS 18001, PEFC Coc et FSC Coc, exempt d’acide et entièrement recyclable.

Cette publiCation peut être utilisée dans le Cadre de la formation permanente.

étapes : est éditée par Pyramyd ntcv

Société Anonyme au capital de 110 000 e dont

le principal actionnaire est Michel Chanaud.

000 e dont le principal actionnaire est Michel Chanaud. 15 rue de Turbigo, 75002 Paris T

15 rue de Turbigo, 75002 Paris

T +33 (0) 1 40 26 00 99

F +33 (0) 1 40 26 00 79 www.etapes.com www.pyramyd.com

99 F +33 (0) 1 40 26 00 79 www.etapes.com www.pyramyd.com “Toute reproduction ou représentation intégrale

“Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle,

par quelque procédé que ce soit, des pages ou images publiées dans la présente publication, faite sans l’autorisation écrite de l’éditeur est illicite et constitue une contrefaçon”. (Loi du 11 mars 1957, art. 40 et art. 41 et Code pénal art. 425)

• Le magazine n’est pas responsable des textes, photos, illustrations qui lui sont adressés • L’éditeur s’autorise à refuser toute insertion qui semblerait contraire aux intérêts moraux ou matériels de la publication • Toutes les marques citées dans étapes sont des marques déposées ainsi que le logo “étapes :”.

actus Portrait de graphiste ou de public ? Détail de l’affiche conçue par Isidro Ferrer
actus Portrait de graphiste ou de public ? Détail de l’affiche conçue par Isidro Ferrer

actus

Portrait de graphiste ou de public ? Détail de l’affiche conçue par Isidro Ferrer pour la vingtième édition du festival de Chaumont. p. 58

P04

MaurIZIo aNZerI

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presse

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Le CoQ SportIF étude de cas

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P28 Le CoQ SportIF étude de cas P30 tecHnews n° 168 Fond & Forme P32 par

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étude de cas P30 tecHnews n° 168 Fond & Forme P32 par gIJS FrIeLINg À amsterdam

P32

par

gIJS FrIeLINg

À amsterdam gijs Frieling est peintre, muraliste, il dirige la galerie d’art W139

est peintre, muraliste, il dirige la galerie d’art W139 LeS FRÈReS Wouters Interview de Job et

LeS FRÈReS

Wouters

Interview de Job et Roel Wouters, frères et graphistes aux Pays-Bas. Leurs inter- ventions à la galerie W139 sont l’occasion de confronter leurs approches. Le premier oriente sa pratique dans une logique conceptuelle et le second se focalise sur le dessin de la lettre.

et le second se focalise sur le dessin de la lettre. P40 par eLLeN ShapIro ellen

P40

par

eLLeN ShapIro

ellen Shapiro vit à New york, elle est l’au- teur de livres et d’articles sur le design et le graphisme.

LA FoLIe DU

mad

Le musée d’Art et de Design rouvre à New York dans un nouveau building. Signée Pentagram, l’identité gra- phique combine les formes modulables conçues par Michael Bierut à une signa- létique interactive déployées par Lisa Strausfeld.

signa- létique interactive déployées par Lisa Strausfeld. P46 par rICharD hoLLIS richard hollis est reconnu pour
signa- létique interactive déployées par Lisa Strausfeld. P46 par rICharD hoLLIS richard hollis est reconnu pour

P46

par

rICharD hoLLIS

richard hollis est reconnu pour ses travaux sur l’histoire du graphisme.

Helvetica

“L’Helvetica, c’est le jeans, l’Univers, le smoking ”

adRIan FRUtIgeR

Suisse, fin des années cin- quante, retour aux origines d’un caractère devenu un basique : le Neue Haas Gro- tesk (rebaptisé Helvetica) par Hoffmann et Miedinger.

d’un caractère devenu un basique : le Neue Haas Gro- tesk (rebaptisé Helvetica) par Hoffmann et

P54

par

CaroLINe BouIge

Caroline Bouige est journaliste au sein de la rédaction d’étapes.

est journaliste au sein de la rédaction d’ étapes . Photo en contexte L’auteur du projet

Photo

en contexte

L’auteur du projet 28 milli- mètres s’efface derrière les initiales JR. La photographie pour médium et la rue pour galerie, il œuvre en grand format à un art d’intérêt général. Women, le denier volet de l’initiative, rétablit la dignité des femmes des bidonvilles et des favelas.

la dignité des femmes des bidonvilles et des favelas. P58 Interview des participants de l’exposition

P58

Interview des participants de l’exposition “Code_source”, dont étienne Mineur est le commissaire.

Chaumont

La 20 e édition du Festival international de l’affiche et du graphisme aura lieu cette année du 16 mai au 14 juin. L’occasion pour étapes de vous dévoiler une partie du programme.

pour étapes de vous dévoiler une partie du programme. part du texte P66 par CharLotte CheethaM
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pour étapes de vous dévoiler une partie du programme. part du texte P66 par CharLotte CheethaM
pour étapes de vous dévoiler une partie du programme. part du texte P66 par CharLotte CheethaM

part du texte

P66

par

CharLotte CheethaM

Charlotte Cheetham anime le blog Many- stuff. 25-27mai à Lyon : une Manystuff room aux Nuits sonores.

Le terrain d’activité du designer graphique ne se Limite pas au design graphique

Les designers s’engagent et prennent des risques en élar- gissant le domaine d’aplica- tion de leurs recherches et de leurs réflexions à d’autres disciplines et d’autres acti- vités, telles que l’art contem- porain, l’écriture, le commis- sariat, l’événementiel, les nouvelles technologies.

sariat, l’événementiel, les nouvelles technologies. P70 par MIChaeL evaMy Michael evamy est l’auteur du livre

P70

par

MIChaeL evaMy

Michael evamy est l’auteur du livre Logo publié chez Laurence King.

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go

l’auteur du livre Logo publié chez Laurence King. Lo go P74 livres P76 agenda P78 répertoire

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livres

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agenda

P78

répertoire

Lo go P74 livres P76 agenda P78 répertoire www.etapes.com P12 en ligne le 11 mai Le

www.etapes.com

P12

en ligne le 11 mai

Le théâtre de poitiers voit jaune

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en ligne le 15 mai

Livius Dietzel ou la crise du caractère

P16

en ligne le 18 mai

Les souliers magiques de Marloes ten Bhömer

P24

en ligne le 26 mai

Iris Schieferstein et son animalerie décadente

P58

en ligne le 7 mai

L’intégralité du dossier Code_source

en ligne le 7 mai L’intégralité du dossier Code_source Podcast pierre Bernard ateLier de création graphique

Podcast pierre Bernard ateLier de création graphique

pierre Bernard revient sur les créations majeures de l’atelier de création graphique, réalisées pour le Louvre, le Centre pom- pidou et les parcs Nationaux

pour le Louvre, le Centre pom- pidou et les parcs Nationaux é : changes en ligne
pour le Louvre, le Centre pom- pidou et les parcs Nationaux é : changes en ligne

é : changes

en ligne le 7 mai

Quelle est votre définition du design d’interactivité ?

Quelle est votre définition du design d’interactivité ? Le graphisme peut-iL sauver La presse ? Jacek

Le graphisme peut-iL sauver La presse ?

Jacek utko, Da du quotidien polonais Puls Biznesu démontre l’utilité et les impacts du design graphique dans la presse : to be good is not enough.

mateLas corrado :

efficacité prouvée

pour la marque Corrado, Saatchi&Saatchi signe une campagne à l’aide d’installations et de manipulations artisanales, où le numérique a minima.

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Au fil du temps Collaborateur du créateur de mode Alexander McQueen et d’Isabella Blow (ancienne

Au fil du temps

Au fil du temps

Collaborateur du créateur de mode Alexander McQueen et d’Isabella Blow (ancienne assistante d’Anna Wintour et rédactrice du magazine Tatler ), Maurizio Anzeri rebondit sur LHOOQ de Marcel Duchamp en affublant les portraits photographiques qu’il déniche sur les marchés et chez les antiquaires de prothèses brodées. Ayant travaillé auparavant le cheveu comme fibre à tisser, l’artiste italien considère la broderie comme un rituel de création, une redéfinition de l’histoire et des anecdotes liées à la personne. AH

la broderie comme un rituel de création, une redéfinition de l’histoire et des anecdotes liées à
la broderie comme un rituel de création, une redéfinition de l’histoire et des anecdotes liées à
la broderie comme un rituel de création, une redéfinition de l’histoire et des anecdotes liées à
la broderie comme un rituel de création, une redéfinition de l’histoire et des anecdotes liées à

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À l’ombre des jeunes filles en fleurs

Créatrice de nombreux papiers peints pour les magasins Ted Bakers de Londres, Linda Florence ramasse des structures d’abat-jour sur les marchés aux puces pour y intégrer ses imprimés. En intervenant sur l’armature, elle relie les abat-jour les uns aux autres à la manière d’un maillage. Générant des sphères ajourées qui démultiplient l’objet et sa fonction, ses créations revisitent le luminaire à partir de formes traditionnelles. AH

www.lindaflorence.co.uk

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Ç Gazon modiste Poilue ou rasée, l’identité du Jardin moderne est de celles qui se
Ç Gazon modiste Poilue ou rasée, l’identité du Jardin moderne est de celles qui se
Ç Gazon modiste Poilue ou rasée, l’identité du Jardin moderne est de celles qui se

Ç

Gazon modiste

Poilue ou rasée, l’identité du Jardin moderne est de celles qui se reniflent les dessous-de-bras avec ferveur sans se soucier des regards de travers. Pour ce centre de ressources, d’aide à la création et à la diffusion de musiques actuelles situé à Rennes, Vivien Le Jeune Durhin et Éléonore Hérissé ont dû composer avec un budget

restreint, s’appuyant sur les ressources locales : membres de l’association pour modèles et les locaux du Jardin moderne pour décors, la boîte à outil photographique s’agrémente d’un budget accessoires rétros de quelques euros. Avec une pointe d’humour potache, la mise en scène joue le décalage, et les programmes, en deux volets, le dévoilement d’un indice sur

en deux volets, le dévoilement d’un indice sur Touffue, 72 pts Ç Regular, 72 pts la
en deux volets, le dévoilement d’un indice sur Touffue, 72 pts Ç Regular, 72 pts la

Touffue, 72 pts

Ç

Regular, 72 pts

la saison de programmation ou l’univers musical. Pas formalistes pour un sou, l’identité et le titrage des documents composés dans l’alphabet Grass rasée ou Grass touffue revêtent les couleurs du moment, du bleu rétro au dégradé seventies . CB

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Le mystère de la chambre jaune Signées par le studio de création portugais P-06, l’identité
Le mystère de la chambre jaune Signées par le studio de création portugais P-06, l’identité
Le mystère de la chambre jaune Signées par le studio de création portugais P-06, l’identité

Le mystère de la chambre jaune

Signées par le studio de création portugais P-06, l’identité visuelle et la signalétique du TAP, le nouveau théâtre et auditorium de Poitiers, renforcent l’harmonie d’un ensemble imaginé par le cabinet d’architecture João Luís Carrilho da Graça et pensé pour intégrer l’espace urbain et naturel environnant. Le bâtiment, dédié à la création et au spectacle vivant, se dessine comme un container poétique de mots et de sons : issus de la police Bs-Monofaked créée par Mario Feliciano, des caractères en liberté sur les murs rencontrent signes et pictogrammes, rappelant la volonté de créer un espace d’échange et d’interaction entre artistes et spectateurs. Relevant d’une étude simultanée de la circulation du public, de la gamme chromatique et de la conception du design intérieur, le jaune apparaît par touches sur les lettres et sur les murs, créant des vibrations chaudes et contrastant avec un ensemble épuré en noir et blanc. Peau translucide, les façades masquent un ingénieux système de projection vidéo piloté par ordinateur permettant à l’édifice de devenir un support de communication à part entière. IM

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à l’édifice de devenir un support de communication à part entière. I M WWW.P-06-ATELIER.P T 12
design & communication visuelle école intuit.lab Paris 90, rue de Javel 75015 PARIS tél. :

design & communication visuelle

école intuit.lab Paris 90, rue de Javel 75015 PARIS tél. : +33 (0)1 43 57 07 75

MASTER II

ADMISSION

5 e année en design & communication visuelle

5 e année en design & communication visuelle Une année professionnalisante de haut niveau. Formation en
5 e année en design & communication visuelle Une année professionnalisante de haut niveau. Formation en

Une année professionnalisante de haut niveau. Formation en alternance. Statut salarié.

MASTER LAB 5 : autonomie professionnelle et maîtrise du projet. Une réponse créative et réaliste aux besoins des professionnels. Fidèle à notre exigence pédagogique reconnue par les professionnels, nous proposons un contrat de professionnalisation à haute densité d’enseignement aussi bien théorique que pratique.

CANDIDATURE

Ouvert aux designers graphique, designers produit, designers espace, directeur artistique, concepteur multimédia.

Niveau : Bac + 4 ou équivalent (expérience professionnelle)

Renseignement : http://www.ecole-intuit-lab.com

www.ecole-intuit-lab.com

If Concept Award

Concours international lancé par If, le forum dédié au design et organisé par les industries de Hanovre, If Concept Award existe depuis 2001 et récompense des projets dans six catégories comme l’architecture d’intérieur, la communication, la mode, le design industriel, le marketing ou un design universel. Rassemblant des participants de plus de 39 pays différents, le concours sélectionne les créations et les projets les plus innovants chaque année dont quelques-uns sont présentés ici.

www.iFdesign.de

dont quelques-uns sont présentés ici. www.iFdesign.de Water for life • Seok Won Han • USA Water

Water for life Seok Won Han USA

Water for life est une campagne de prévention contre la pollution de l’eau. Chaque affiche représente un organisme dont la forme et les contours sont matérialisés par le flux aquatique.

www.designmemBershiP.com

par le flux aquatique. www.designmemBershiP.com Voice Stick • Samsung Design Membership • Corée du

Voice Stick Samsung Design Membership Corée du Nord

Scanner portable, Voice Stick transforme instantanément des textes en sons audio. Aveugles et malvoyants accèdent aux écrits indisponibles en braille – cartes, magazines, journaux, documents.

www.designmemBershiP.com

Von Päpsten, Grafen und Gummistiefeln Carolin Zorn Allemagne

Von Päpsten, Grafen und Gummistiefeln Posters est une série de onze affiches illustrant l’histoire d’autant de régions allemandes intitulées Rome, Jérusalem ou encore Texas. En parcourant en voiture ces différents lieux, Carolin Zorn a cherché à découvrir l’origine de leur dénomination. Un narrateur est toujours situé au centre, expliquant les origines de ces appellations insolites dans son dialecte ou sa langue d’origine. Regroupée dans un étui commun, chacune des affiches est un récit illustré rassemblant plusieurs vignettes. Le chemin emprunté par le lecteur donne une dimension nouvelle à chaque histoire.

www.iFdesign.de

une dimension nouvelle à chaque histoire. www.iFdesign.de Die Reiter • Studio Livius Dietzel • Allemagne Pour

Die Reiter Studio Livius Dietzel Allemagne

Pour son projet de fin d’études, Livius Dietzel a conçu l’identité visuelle du groupe d’électro-pop allemand Die Reiter. À partir de Livory, typographie créée pour l’occasion, chaque morceau est un prétexte à une interprétation visuelle différente de la police de caractères. Dessinées sur les murs d’un squat, expérimentation culinaire à base de pâte à tarte ou de fruits sur fond de légumes, découpées dans du papier toilette, matérialisées par un assemblage de bonbons colorées ou de disquettes, perforées dans des sacs en papier, les chansons de Die Reiter se succèdent dans un ouvrage musical mêlant photographies hybrides et créations graphiques.

www.liViusdieTZel.com

dans un ouvrage musical mêlant photographies hybrides et créations graphiques. www.liViusdieTZel.com 14 : 5.2009
Beth • Hong-Ik University • Corée du Nord Projet conçu pour les enfants dont la
Beth • Hong-Ik University • Corée du Nord Projet conçu pour les enfants dont la

Beth Hong-Ik University Corée du Nord

Projet conçu pour les enfants dont la maison ne dispose pas de l’eau courante, Beth est une trottinette équipée d’un réservoir hermétique en plastique. Le véhicule facilite la récupération et le transport de l’eau. Premier prix du concours If Concept Award, Beth est issu d’un processus de fabrication économique et intègre une dimension ludique.

www.hongik.ac.kr/english_neo

intègre une dimension ludique. www.hongik.ac.kr/english_neo Surveillance Map • Raul Mandru • Allemagne Surveillance
Surveillance Map • Raul Mandru • Allemagne Surveillance Map est une installation interactive qui met
Surveillance Map • Raul Mandru • Allemagne
Surveillance Map est une installation interactive qui met en scène une carte du monde
composée de pictogrammes symbolisant les systèmes de surveillance à travers le monde.
La densité des éléments représente le niveau de surveillance par é tat. Raul Mandru,
son créateur, a mis au point un processus permettant au spectateur de naviguer avec son
téléphone portable sur la carte projetée. Lorsque le spectateur clique sur un symbole,
il est mis en relation avec la caméra de surveillance du lieu choisi et peut alors observer-
surveiller une rue, un supermarché, un distributeur de billets ou un aéroport. L’expérience
gagne en étrangeté lorsque le visiteur clique sur sa propre localisation, et apparaît à l’écran
en temps réel. Surveillance Map a été réalisée sur les données d’un rapport visant à localiser
les systèmes de surveillance dans le monde et à dénoncer la violation des libertés privées.
www.mandru.de

5.2009 :15

Fétichiste futuriste Loin de l’ancestral escarpin, Marloes ten Bhömer démonte le mythe de la chaussure

Fétichiste futuriste

Loin de l’ancestral escarpin, Marloes ten Bhömer démonte le mythe de la chaussure féminine en s’appuyant sur l’essence du design plutôt que sur celle de la haute couture. Diplômée de l’école supérieure d’arts d’Arnhem et du Royal College of Art de Londres, elle opère un virage radical dans la conception de souliers. Lignes épurées, matières contemporaines, ses créations, parfois expérimentales, ont pourtant vocation à être portées, mais aussi exposées. Mes prototypes constituent une provocation formelle aux esthétiques traditionnelles de la chaussure, les montrer en galerie amorce une réflexion sur le soulier comme objet culturel, explique Marloes ten Bhömer. Combinant des résines, du cuir, de la fibre de carbone, du bois et de l’acier inoxydable, ses créations s’apparentent à des architectures mobiles qui placent le pied au cœur de l’espace. AH

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à des architectures mobiles qui placent le pied au cœur de l’espace. A H www.m A
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à des architectures mobiles qui placent le pied au cœur de l’espace. A H www.m A
Affiches “Laterna Magica”. 2006 :Gianluigi Toccafondo, 2007 : Benoît Bonnemaison-Fitte, 2008 Jochen Gerner. Beau
Affiches “Laterna Magica”. 2006 :Gianluigi Toccafondo, 2007 : Benoît Bonnemaison-Fitte, 2008 Jochen Gerner. Beau
Affiches “Laterna Magica”. 2006 :Gianluigi Toccafondo, 2007 : Benoît Bonnemaison-Fitte, 2008 Jochen Gerner. Beau

Affiches “Laterna Magica”. 2006 :Gianluigi Toccafondo, 2007 : Benoît Bonnemaison-Fitte, 2008 Jochen Gerner.

Beau comme une image

Fondée en 2000 à Marseille par Nathalie Guimard et Vincent Tuset- Anrès, l’association Fotokino œuvre à la promotion des arts visuels sous toutes leurs formes (arts graphiques, photographie, cinéma, peinture, illustration, bande dessinée…). Cette transdisciplinarité passe par le décloisonnement des publics et la sensibilisation des plus jeunes aux pratiques artistiques. Les rapports qu’entretiennent l’image fixe et l’image animée sont questionnés par une programmation qui brise la dialectique pédagogie-récréation habituelle dans l’offre culturelle jeunesse. Chaque année, le festival Laterna magica, images et imaginaires se fait le point d’orgue de leur action et convie des œuvres d’artistes tels que Paul Cox, Ed Fella, Roman Cieslewicz, Jochen Gerner, Gianluigi Toccafondo, Patrick Lindsay, Roman Polanski… autour d’une thématique donnée (la couleur, le conte,

l’absurde…). Les images qui accompagnent leur manifestation conduisent cette excitation du regard et la création de leurs supports de communication est à chaque fois l’occasion d’une carte blanche à l’un des invités pour une diffusion plus large de son univers. Une image inattendue disséminée dans la ville, sur laquelle l’information brute est condensée à l’essentiel afin d’en polluer le moins possible le geste. Au-delà de leurs statuts d’objets de communication, ces images prolongent ainsi les manifestations et les rencontres pour s’inviter subrepticement dans le quotidien ; elles sont également diffusées sous la forme d’ouvrages auto-édités et de “papiers volants” (cartes postales). Le format retenu se tient à distance du format Decaux et privilégie un placardage discret, qui est aussi, il va sans dire, contraint par une précarité propre à la vie associative. ÉL

WWW.FOTOKINO.ORG

propre à la vie associative. É L WWW.FOTOKINO.ORG Le Fotokino illustré , couverture de Frédérique
propre à la vie associative. É L WWW.FOTOKINO.ORG Le Fotokino illustré , couverture de Frédérique
propre à la vie associative. É L WWW.FOTOKINO.ORG Le Fotokino illustré , couverture de Frédérique
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Le Fotokino illustré, couverture de Frédérique Bertrand. Jochen Gerner : livre

édité par Fotokino. Carton de Benoît Bonnemaison-Fitte pour le Petit Cinéma

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• du dessin au graphisme
9 jours : 1 journée par semaine
• maquette graphique
60 heures en cours du soir
• conception et réalisation graphique
16 jours : 1 journée par semaine
POur maîtriser les Outils Du PluriméDia • InDesign – Photoshop – Illustrator plusieurs formules possibles
POur maîtriser les Outils
Du PluriméDia
• InDesign – Photoshop – Illustrator
plusieurs formules possibles
• Créer un site avec Dreamweaver
9 jours
• Réaliser des animations interactives avec Flash
5 jours
POur cOmmuniquer avec vOs Partenaires Dans les règles De l’art • Mise en page texte
POur cOmmuniquer avec vOs Partenaires Dans les règles De l’art
• Mise en page texte et image
• L’imprimé : de la conception à la fabrication
7 jours
4 jours
• Sémantique et communication
• Evaluer un devis
5 jours
1 jour

Financements dans le cadre du ciF, du DiF, du contrat ou de la période de professionnalisation

Illisible Pour donner forme à ses écharpes, le Hongkongais Chifun Wong aligne ou juxtapose des
Illisible Pour donner forme à ses écharpes, le Hongkongais Chifun Wong aligne ou juxtapose des

Illisible

Pour donner forme à ses écharpes, le Hongkongais Chifun Wong aligne ou juxtapose des glyphes extraits de la police Helvetica Neue. Ces assemblages, presque aléatoires, de motifs typographiques créent des pleins et des creux inattendus dans l’alphabet, que le découpage laser permet d’ajouter dans du daim microfibre. Cette indéchiffrable dentelle de caractères s’inscrit dans l’air du temps et se décline en bas de casse, en capitale et en verion chiffrée. Dé

http://littlefactory.com

Impacts typographiques

Sur le principe de l’impression aux caractères en plomb, la vaisselle en argent de Kathryn Hinton porte les marques de la consommation. En apposant des lettres de métal aux pointes des fourchettes et en reproduisant à l’eau-forte leurs empreintes sur la surface des assiettes, elle crée un dialogue inédit entre deux objets aux fonctions indissociables. Cicatrices d’une dégustation violente ou poinçons d’un matériau précieux, ces marques renseignent sur la nature de l’ustensile qui les a frappés (“fork”, en Arial Black) ou sur son propriétaire (“mine”, alternativement en Arial Black et Georgia). Cette version revendiquant l’appartenance invite au duel typographique sur un support double, criblé des deux fontes. La gravure, figée sur l’argent, incite le consommateur à marquer le contenu de son plat et à en défendre sa possession. Dé

www. kathrynhinton.com

à en défendre sa possession. D é www. kathrynhinton.com Brusseline Avant. Métro, boulot, typo Après l’identité
à en défendre sa possession. D é www. kathrynhinton.com Brusseline Avant. Métro, boulot, typo Après l’identité

Brusseline

sa possession. D é www. kathrynhinton.com Brusseline Avant. Métro, boulot, typo Après l’identité visuelle de
sa possession. D é www. kathrynhinton.com Brusseline Avant. Métro, boulot, typo Après l’identité visuelle de
Avant.
Avant.

Métro, boulot, typo

Après l’identité visuelle de la STIB, société des transports bruxellois, l’agence Minale en conçoit le système signalétique. Appliqué aux lignes de métro, bus et tramway depuis le 4 avril 2009, ce dernier clarifie le fonctionnement multimodal des plates-formes de circulation. En blanc sur cercle rouge, les lettres M, B et T privilégient la mention du type de transport. Réorganisation, colorisation, spatialisation, la nouvelle signalétique se veut plus claire, plus indicative. Chargé de la part typographique, Éric de Berranger dessine le Brusseline (en italique pour les inscriptions en néerlandais et en regular pour les textes français), un alphabet qui canalise lisibilité et adaptabilité aux différents supports : signalétique, publicité, édition… cB

www.minaleDesignstrategy.com

http://ericDeBerranger.free.fr

Après.
Après.
Mise en plis Chargé dès janvier 2008 de la DA du magazine de design et

Mise en plis

Chargé dès janvier 2008 de la DA du magazine de design et d’architecture Domus, le studio suisse onlab conçoit depuis mars 2009, son supplément mensuel et thématique Intersections. À la demande de Flavio Albanese, nouveau rédacteur en chef de la revue, qui souhaite que chaque numéro soit une surprise et une innovation, nicolas Bourquin, directeur de création d’onlab, met au point, dans la lignée de sa mission de découvreur de talents, un fonctionnement de collaboration mensuelle avec un artiste, photographe, illustrateur ou graphiste méconnu. Le premier livret dédié à la thématique du web 3.0 est ainsi conçu avec l’illustrateur allemand Tobias Krafczyk. À travers un système de pliages, le lecteur est invité à prendre possession du média, en modeler les contours, à appréhender l’intégralité des compositions pour les reconstituer à partir des minces indices laissés par les graphistes : le dessin des plis. Transposant le fonctionnement interactif et collaboratif d’Internet sur papier, les interférences entre le support et son utilisateur renvoient au complexe d’identité multiple du web participatif. C’est pour cela que nous n’avons donné aucune explication aux pliages, confie nicolas Bourquin, précisant que les portraits d’anonymes évoquent l’internaute lambda. Au-delà de la réflexion sur le média, la page se laisse considérer dans sa dimension architecturale, matériau modulable voué à l’édification d’un ensemble. CB

www.onla B . C h

à l’édification d’un ensemble. C B www.onla B . C h > La Seine-Saint-Denis se dote
à l’édification d’un ensemble. C B www.onla B . C h > La Seine-Saint-Denis se dote
à l’édification d’un ensemble. C B www.onla B . C h > La Seine-Saint-Denis se dote
à l’édification d’un ensemble. C B www.onla B . C h > La Seine-Saint-Denis se dote

> La Seine-Saint-Denis se dote

d’un nouveau logo. Créée par l’agence Euro RSCG, l’identité typographique remplace la marque 93 ou Cg93 par Seine- Saint-Denis, le département.

93 ou Cg93 par Seine- Saint-Denis, le département . > Étienne Robial, Pierre di Sciullo et

> Étienne Robial, Pierre di Sciullo et Franck Tallon sont consultés pour la livrée du TER Aquitaine.

> Directeur du design chez

Renault pendant vingt-deux ans, Patrick Le Quément quitte ses fonctions. Il sera remplacé par Laurens Van den Acker, ancien responsable du design

chez Mazda.

> Après Philippe Starck, Eurostar

choisit Pininfarina pour réaliser

le design intérieur de ses trains. Les nouveaux wagons devraient être mis en circulation en 2012.

> Regroupant les dessins

d’archives des créatifs tels que Jessy Deshais, Philippe Mouche, Anne Steinlein, Placid, l’agence d’illustrateurs Onlygrafic, s’adressant à la presse,

à l’édition et aux agences de communication, vient de voir le

jour sur www.onLyGRAFIC.CoM.

> M/M (Paris) livre son dernier numéro d’Arena Homme + et assure la DA d’Interview.

> M/M (Paris) livre son dernier numéro d’ Arena Homme + et assure la DA d’
Fonte au formol Fille de pasteur, Iris Schieferstein n’a pas eu, étant enfant, les mêmes
Fonte au formol Fille de pasteur, Iris Schieferstein n’a pas eu, étant enfant, les mêmes
Fonte au formol Fille de pasteur, Iris Schieferstein n’a pas eu, étant enfant, les mêmes
Fonte au formol Fille de pasteur, Iris Schieferstein n’a pas eu, étant enfant, les mêmes
Fonte au formol Fille de pasteur, Iris Schieferstein n’a pas eu, étant enfant, les mêmes

Fonte au formol

Fille de pasteur, Iris Schieferstein n’a pas eu, étant enfant, les mêmes idées que les fillettes de son âge à la vue des cadavres d’animaux lovés dans les fossés. Considérant les dépouilles comme un réel matériau de création, elle reconstitue à partir de celles-ci de nouvelles espèces à travers l’art de la taxidermie. Même si l’animal a été écrasé, il n’y a aucun sens à recréer une entité telle qu’elle était à l’origine. Inspirées des œuvres de Paul Thek et de l’univers de David Lynch, ses sculptures chimériques fonctionnent sur le modèle de la relique et de la fable. Life can be so nice, s’instaure comme une morale de fin du cycle du règne animal. AH

www.iris-sc H ieferstein.de

so nice, s’instaure comme une morale de fin du cycle du règne animal. A H www.iris-sc
o spécial diplômes
o spécial diplômes

ospécial

diplômes

N

o spécial diplômes N BONJOUR, ETAPES: PREND RENDEZ-VOUS AVEC LA PROMOTION 2009 DES DIPLÔ- MÉS DES
o spécial diplômes N BONJOUR, ETAPES: PREND RENDEZ-VOUS AVEC LA PROMOTION 2009 DES DIPLÔ- MÉS DES

BONJOUR, ETAPES: PREND RENDEZ-VOUS AVEC LA PROMOTION 2009 DES DIPLÔ- MÉS DES ÉCOLES D’ARTS DÉCORATIFS OU APPLIQUÉS, DE GRAPHISME, COMMU- NICATION OU DESIGN. DEPUIS TROIS ANS, LA REVUE FAIT SA RENTRÉE AVEC UNE SÉLECTION DE PROJETS DE DIPLÔME PRÉSENTÉE DANS LE CADRE D’UN NUMÉRO SPÉCIAL. HEUREUX DES PRÉCÉDENTS RÉSULTATS, NOUS INVITONS LES ÉTUDIANTS CONCERNÉS CETTE ANNÉE, MAIS AUSSI LEURS ENSEIGNANTS ET LEURS ÉCOLES, À NOUS FAIRE CONNAÎTRE LEURS TRAVAUX.

EN OCTOBRE

LES DIPLÔMÉS

2009

Pour faciliter cet échange, soumettez

vos diplômes à l’adresse suivante :

http://diplomes.etapes.com

Avant le 10 juillet, chaque candidat devra y présenter son projet. Ces dossiers ne seront visibles que par leur auteur et l’équipe du magazine.

FONT LEUR

DOSSIERS À

UPLOADER

ÉTAPES: !

RENTRÉE DANS

FONT LEUR DOSSIERS À UPLOADER ÉTAPES : ! RENTRÉE DANS Devront obligatoirement figurer les coordonnées mail,

Devront obligatoirement figurer les

coordonnées mail, téléphoniques et

postales, le nom de l’école et d’un enseignant référent, ainsi que la description et l’intitulé du projet, et le niveau du diplôme.

AVANT LE

10.07.09

/////// Aucun travail ne sera publié sans l’accord préalable de son auteur. /////// Plus d’info sur: etapes.com/diplomes09 ////// Attention, cette démarche concerne uniquement les travaux de diplôme de fin d’études de la promotion 2008-2009. /////// Tout dossier incomplet ou hors catégorie ne sera pas pris en compte. /////// Merci. A bientôt ///////

Immigrés, vos papiers Journal unique presque exclusivement photographique A los invisibles est le résultat de
Immigrés, vos papiers Journal unique presque exclusivement photographique A los invisibles est le résultat de
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Immigrés, vos papiers Journal unique presque exclusivement photographique A los invisibles est le résultat de

Immigrés, vos papiers

Journal unique presque exclusivement photographique A los invisibles est le résultat de la rencontre de Pablo Martin, directeur de l’agence barcelonaise Grafica, membre de l’AGI, et de Consuelo Bautista, photographe colombienne indépendante. Entre 2002 et 2007, cette dernière sillonne le Maroc, le Sénégal et les îles Canaries pour raconter la fuite sans fin des immigrés vers l’Espagne. Dédié à ceux qu’on ne voit pas, le journal, supervisé par Pablo Martin et Ellen Diedrich, rassemble des instants suspendus et l’angoisse de l’échec, au cœur d’images d’une rare force émotionnelle. Balisant les séquences consacrées à chaque pays par un système graphique réalisé avec des tampons en bois, A los invisibles fait dialoguer la photo avec la géométrie et donne dans les dernières pages, la parole à diverses personnalités. Écrivains, sociologues, poètes ou avocats livrent leur perception de cette déchirure identitaire dans de courts textes traduits en arabe, anglais, espagnol, catalan et wolof. Tiré à 2000 exemplaires, A los invisibles a été distribué en octobre 2007, en 45 minutes dans les rues de Barcelone par douze immigrés. AH

www.grAficA-design.com

Jour née Portes ouvertes

Le 16 mai 2009,

de 10 à 17h

extension du CFA,

ouve rtu re des nouveaux lo cau x

du Campus

de la Fonderie de l'Image

nouveaux lo cau x du Campus de la Fonderie de l'Image 80, rue Jules Ferry 93170

80, rue Jules Ferry 93170 Bagnolet Métro Galliéni 01 55 82 41 51 www.cfacom.org

Bagnolet Métro Galliéni 01 55 82 41 51 www.cfacom.org Centre de formation d’apprentis d es Métiers
Bagnolet Métro Galliéni 01 55 82 41 51 www.cfacom.org Centre de formation d’apprentis d es Métiers
Bagnolet Métro Galliéni 01 55 82 41 51 www.cfacom.org Centre de formation d’apprentis d es Métiers

Centre de formation d’apprentis des Métiers de la Communication visuelle et du Multimédia

-Licence professionnelle

scénarisation multimédia de contenus de formation en ligne

-BTS communication visuelle

option A : graphisme, édition, publicité

-Titre professionnel, Intégrateur de données multimédia

reconnu par l’État et inscrit au RNCP (niveau III)

-PRÉPA’com:

Mise à niveau préparatoire artistique* à l’entrée en BTS Communication Visuelle

option, Graphisme ou Multimédia et à l’entrée au Titre reconnu par l’État, d’Intégrateur

dede données multimédias

Mise à niveau Multimédia : PREP’WEB Préparatoire aux filières multimédia

de niveau Bac+2 ou Bac+3

*PREPA’com : Établissement privé d’enseignement supérieur : La prépa est une classe de mise à niveau h rhors apprentissage ; temps plein ; avec coût pédagogique

-BAC Pro Artisanat et métiers d’art

option Communication graphique

-CAP Dessinateur d'exécution en communication graphique -Titre professionnel, Opérateur infographiste multimédia

reconnu par l’État et inscrit au RNCP (niveau V)

étude de cas

Le Coq sportif

design in europe 2008-2009

WWW.DESIGNINEUROPE.CO M

sportif design in europe 2008-2009 WWW.DESIGNINEUROPE.CO M Brief À la suite de son rachat et de
sportif design in europe 2008-2009 WWW.DESIGNINEUROPE.CO M Brief À la suite de son rachat et de

Brief

À la suite de son rachat et de son repositionnement, Le Coq sportif se devait, après quinze ans de silence, de reprendre la parole. Le Web a été privilégié comme premier médium pour son impact, sa flexibilité et le challenge créatif qu’il permet de relever. L’objectif principal est de développer l’attractivité du Coq sportif et de capitaliser sur son patrimoine, sa notoriété et sa modernité.

Concept & stratégie

Fondé en 1882, Le Coq sportif est une marque historique de l’économie internationale du sport. La stratégie consiste ici à refaire du Coq la marque culte réputée depuis plus d’un siècle pour sa qualité et son style. En privilégiant le Web, lieu de buzz par excellence, la marque se différencie tout en se positionnant comme innovante. Innovation digitale, style et patrimoine historique

de la marque sont au cœur de la stratégie d’Uzik. En accord avec les réflexions de la communication du Coq sportif et en pensant simultanément le contenu de la marque et les possibilités d’interface, Uzik propose une approche par famille de sites en arborescence de la marque : site corporate, blogs thématiques, magasin en ligne… Le processus s’est fait en deux étapes : création d’une galaxie de sites, puis réunion de contenus via un site image. Dans un premier temps, Le Coq sportif a donc investi un maximum de territoires sur

le Web pour gagner en notoriété

et ainsi soutenir sa nouvelle image. Dans un second temps,

la marque s’est recentrée sur

un site image fort, permettant

à l’utilisateur de s’approprier

la marque en lui donnant le sentiment d’explorer directement la médiathèque du Coq sportif via un moteur de recherche.

Processus & création

Dès la 1 re étape, le Coq sportif

a gagné en notoriété tout en

se positionnant comme une marque haut de gamme plus orientée style et mode que purement sportive. Le site Le Coqin, blog sur Le Coq et la mode au sens large, avec son papier peint icône, illustre cette démarche. Pour la boutique, Uzik a mené une étude générale sur la totalité

du spectre d’un achat (du site

à la réception du produit) avant

de produire le design du front- office. L’ensemble des sites galaxie est construit sur une même grille dont la largeur laisse apparaître ces papiers peints spécifiques à chaque fois. Une palette de gris habille les fonds et les outils de navigation. Papier peint, grille et gris

permettent de faire cohabiter une grande variété de contenus et donc de couleurs. Pour combiner ce nouveau

contenu véhiculé sur les différents sites au contenu historique de la marque (ex. : Noah gagnant Roland- Garros tout de Coq habillé), Uzik propose un site indexant l’ensemble sous forme d’un moteur de recherche. Ce moteur de recherche exclusif se présente comme une mosaïque dynamique qui allie un design sobre à une technologie poussée assurant un affichage fluide, rapide et ergonomique. Tous les contenus, des vidéos aux produits de la marque, sont désormais accessibles via ce moteur de

recherche. La prouesse technique incontournable consistait à créer une grille qui

propose une synthèse visuelle équilibrée. Le pilotage intuitif

de la recherche par mots-clés permet d’afficher et de gérer les résultats dans une interface 100 % visuelle selon divers modes de tri : produits (raccourci via la plate-forme boutique), vidéos, textes, etc. Ces possibilités de tri et de

recherche sont présentées sur un navigateur placé en bas de page, où il est aussi possible de marquer ses contenus favoris et de les noter : fonctions basiques et respectives du moteur de recherche type Google et fonctions communautaires typiques des blogs.

Leçons et résultats

L’arrivée en mars 2008

du moteur de recherche dynamique réunissant les différents sites catégoriels

a généré dans les trois premiers mois de son lancement une augmentation du trafic supérieure à 30 %, avec une durée moyenne de connexion multipliée par quatre. Site vitrine à vocation marchande,

il a rempli le double objectif

de créer du trafic et des ventes tout en véhiculant une image de marque forte.

Les ateliers du savoir couvrent 100% de vos AJRC* ! 31 : 5.2009 * Apport

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: 5.2009 * Apport Journalier Recommandé en Connaissances Dynamisez VOS compétences avec NOS formations ! •

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technews Le gestionnaire de polices Extensis Donnant la possibilité aux professionnels de la création de simplifier

Le gestionnaire de polices Extensis

Donnant la possibilité aux professionnels de la création de simplifier leurs processus et de gérer avec sécurité leurs ressources numériques et leurs polices, Extensis a conçu dernièrement Suitcase Fusion 2

version 13.1, pour les utilisateurs de Mac OS

X Tiger v10.4.11. Gestion monoposte,

Suitcase intègre un aperçu et une activation plus rapides, une interface soignée et inclut un nouveau serveur pour une stabilité supérieure, une identification automatique des polices reposant sur des plug-in pour Adobe InDesign®, Illustrator® CS4/CS3 et QuarkXPress® 8/7.

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CS4/CS3 et QuarkXPress® 8/7. WWW.EXTENSIS.COM/F R Adobe Creative Suite 4 Plus rapide, la nouvelle suite

Adobe Creative Suite 4

Plus rapide, la nouvelle suite créative d’Adobe apporte gains de productivité et performances novatrices. Repères commentés, plans de travail multiples pour Illustrator CS4, réglages simplifiés, gestion améliorée des fichiers dans Bridge CS4, options de navigation supplémentaires, Adobe permet aux professionnels de l’image et aux créatifs de gagner un temps de travail considérable. La vidéo et le Web découvriront les avantages de

la transcription de dialogues dans Adobe

Premiere CS4, des outils de navigation dynamiques et innovants et un processus simplifié de création des interpolations de mouvement.

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création des interpolations de mouvement. WWW.ADOBE.COM/F R Kit de survie de Arjowiggins Graphic Nouvelle solution
création des interpolations de mouvement. WWW.ADOBE.COM/F R Kit de survie de Arjowiggins Graphic Nouvelle solution

Kit de survie de Arjowiggins Graphic

Nouvelle solution d’épreuvage Efi Colorproof XF Version 4.0

Développée conjointement par EFI et Epson, cette nouvelle solution d’épreuvage gagne en précision et en productivité. Graphic Réseau, spécialiste des arts graphiques, s’appuie sur les dernières imprimantes Epson Stylus Pro 7900 et 9900 et offre une vérification automatique assurant la qualité de l’impression. Solution révolutionnaire, l’épreuve est basée sur une barre de contrôle dynamique qui comprend les tons directs utilisés dans le travail (Pantone ou autres) ainsi qu’une sélection intelligente des couleurs dominantes. Cette technique est particulièrement adaptée aux travaux d’impression exigeants tels que les livres d’art, le luxe, la publicité et le packaging. Efi Color proof XF 4.0 intègre aussi un calibrage automatique des couleurs et est compatible avec les multiprocesseurs Mac et PC.

WWW.GRAPHIC-RESEAU.CO M

avec les multiprocesseurs Mac et PC. WWW.GRAPHIC-RESEAU.CO M Leader dans la création de solutions papetières pour

Leader dans la création de solutions papetières pour l’environnement, Arjowiggins Graphic lance son Kit de survie pour une communication responsable.

Nouvelles stations de travail chez HP

Outil pédagogique innovant, le kit donne

HP présente sa nouvelle gamme Z, une

une explication étape par étape des enjeux environnementaux qui entourent la fabrication du papier recyclé par la présentation d’une gamme haute qualité de papiers éco-responsables. Destiné aux entreprises, imprimeurs, éditeurs et sociétés de communication, Arjowiggins Graphic mise sur un long travail de

série de 3 stations de travail éco-engagées et très performantes en aluminium brossé. HP Z800, HP Z400 et HP Z200 proposent plus d’une vingtaine d’innovations techno- logiques avec des contrôleurs de mémoire intégrés au processeur Intel Xeon, des solutions graphiques professionnelles, un système audio haute définition.

sensibilisation visant un changement

Z

est la seule gamme du marché avec

durable des habitudes des consommateurs.

une conscience écologique qui comprend

Le produit comprend des fiches-conseils

la

fonction Wattsaver, un contrôle de

pour choisir son papier et pour intégrer

la

puissance dégagée lorsque la station

de bonnes pratiques d’impression, un décryptage des labels, des évaluations sur l’impact des publications.

est éteinte et branchée sur secteur, une régulation de la consommation énergé- tique et de la déperdition de chaleur.

WWW.ARJOWIGGINSGREEN.COM

WWW.HP.CO M

Les Wouters frères

Gijs Frieling, directeur de la galerie néerlandaise W139 dresse le portrait de Roel et Job Wouters, graphistes critiques. Interview à guichets fermés autour de la question de la lettre comme concept et du clip vidéo.

question de la lettre comme concep t et du clip vidéo. Par Gijs Frieling Roel Wouters,

Par Gijs Frieling

lettre comme concep t et du clip vidéo. Par Gijs Frieling Roel Wouters, graphiste, fondateur du

Roel Wouters, graphiste, fondateur du studio Xelor en 2002.

Ce qui frappe au premier abord est que vous semblez tous les deux éviter d’utiliser les logiciels de design les plus courants comme outils de travail.

Roel : Nous nous étions rendu compte qu’Adobe déterminait dans une large mesure notre travail et influençait donc le résultat final. Nous voulions en reprendre le contrôle.

Job : La typographie manuelle est une manière de parler de mes propres fascinations et inspirations d’une manière très directe. La relation entre la satisfaction du client et mon design est en fait très ténue. Comme je fais des lettres, qui transmettent fidèlement le message, je suis presque complètement libre de les peindre comme je le souhaite. À une époque, j’aimais les typos cow-boy 1, alors je les utilisais beaucoup, je jouais avec, mais il n’y avait que très peu de rapport avec le profil de la plupart de mes clients. C’est rapide et facile de travailler avec des lettres écrites à la main. Roel et moi faisons en ce moment deux séries de flyers en couleurs pour les soirées Jungstar 2 à la sucrerie d’Amsterdam.

Roel : En fait, décider de la couleur prend beaucoup de temps.

Job : Alors que le texte est souvent fini en un quart d’heure.

Roel : La série est une sorte de carnet à croquis périodique reprenant nos collaborations, je veux dire, à un certain moment nous repoussions vraiment les limites de la laideur. Maintenant nous avons adopté un système qui nous oblige à plaire au client : chacun de nous crée un design, imprimé sur les deux côtés du papier, et le client choisit celui qu’il préfère, le gagnant étant annoncé sur le flyer lui-même.

Job : Je travaille avec des marqueurs, des stylos et des pinceaux sur du papier, et j’utilise un scanner tout à fait courant. Quand mon original est trop grand, je le découpe et le scanne en plusieurs parties. Au final, l’œuvre complète n’existe qu’en version papier, et j’ai une pile de fragments. Mais le travail que je fais en studio est en fait très proche de ce qui est imprimé, ma méthode est hybride, elle n’est pas qu’artisanale. Je ne pourrais pas faire ce que je fais

3 Job Wouters, typographe surnommé Letman. 1 Durant le Salon Design Miami 2009, Mutabor et
3 Job Wouters, typographe surnommé Letman. 1 Durant le Salon Design Miami 2009, Mutabor et

3

3 Job Wouters, typographe surnommé Letman. 1 Durant le Salon Design Miami 2009, Mutabor et Job
3 Job Wouters, typographe surnommé Letman. 1 Durant le Salon Design Miami 2009, Mutabor et Job

Job Wouters, typographe surnommé Letman.

3 Job Wouters, typographe surnommé Letman. 1 Durant le Salon Design Miami 2009, Mutabor et Job

1

Durant le Salon Design Miami 2009, Mutabor et Job Wouters ont inscrit au marqueur les noms des visiteurs du stand Audi.

Salon Design Miami 2009, Mutabor et Job Wouters ont inscrit au marqueur les noms des visiteurs

5.2009 :33

2
2
2 Présentant des travaux d’artistes émergents depuis 1997, Lost & Found invitent des graphistes à créer
Présentant des travaux d’artistes émergents depuis 1997, Lost & Found invitent des graphistes à créer
Présentant des travaux
d’artistes émergents depuis
1997, Lost & Found invitent des
graphistes à créer les flyers de
la soirée pour chaque session.
Ci-dessus. L’invitation montre
les qualités d’une technique
de reproduction perdue appelée
bande de reproduction. La face
montre la mire en ISO 12233
qui permet de mesurer
la résolution d’une image
imprimée. Au dos, Roel a
essayé de montrer les qualités
de coloration fantastiques
de
cette technique. WWW . LOST . NL
sans ordinateur. D’un autre côté, mon travail demande aussi une certaine compétence, c’est une question
sans ordinateur. D’un autre côté, mon travail demande aussi une certaine compétence, c’est une question

sans ordinateur. D’un autre côté, mon travail demande aussi une certaine compétence, c’est une question d’ego, un désir d’être le meilleur.

Si ce n’était qu’une question d’ego, vous voudriez qu’on vous admire pour ce que vous savez déjà faire. J’ai plutôt l’impression que vous êtes engagés dans un processus d’autoformation permanente. C’est différent.

Job : Je me demandais récemment ce que je pourrais enseigner à un groupe d’étudiants en design à Rotterdam, alors j’ai amené mes marqueurs Edding 300 argentés, mes plumes japonaises, mes marqueurs Posca, ma gouache et autres outils d’écriture, avec leurs propres touchers et possibilités. J’ai également amené une sélection de papiers spécialement adaptés aux différents types de marqueurs et de peintures. Dans la classe, nous avons préparé vingt tables, chacune avec une sélection de papiers et de peintures ou de stylos. Les consignes étaient, par exemple, “fais une lettre en pensant très fort à un animal” ou “écris un mot les yeux fermés”, puis je mettais de la musique et les vingt étudiants devaient commencer, et quand la musique s’arrêtait, ils devaient se rendre à la table suivante. À la fin de l’heure, on avait 400 dessins et ils étaient tous ravis. Je crois que tout est vraiment une question d’expérience et d’une quantité énorme de travail. En décembre 2008, j’étais invité à créer un livre d’or au stand Audi au Salon du design de Miami Beach. J’ai écrit les noms de tous les visiteurs avec

Flyers promotionnels des frères Wouters pour le club Jungstar, situé dans l’ancienne sucrerie d’Amsterdam (page de gauche par Roel, ci-contre par Job).

club Jungstar, situé dans l’ancienne sucrerie d’Amsterdam (page de gauche par Roel, ci-contre par Job). 5.2009

5.2009 :35

6 À partir d’un combat de coqs, une pochette de disque, six affiches et une
6 À partir d’un combat de coqs, une pochette de disque, six affiches et une

6

6 À partir d’un combat de coqs, une pochette de disque, six affiches et une vidéo
6 À partir d’un combat de coqs, une pochette de disque, six affiches et une vidéo
6 À partir d’un combat de coqs, une pochette de disque, six affiches et une vidéo

À partir d’un combat de coqs, une pochette de disque, six affiches et une vidéo ont été réalisées pour le groupe zZz. Pour des raisons légales liées à la protection des animaux, la vidéo a été tournée à Bangkok (Thaïlande) où les combats de coqs sont autorisés. À droite, Bjorn et Daan, les musi- ciens du groupe zZz.

où les combats de coqs sont autorisés. À droite, Bjorn et Daan, les musi- ciens du
où les combats de coqs sont autorisés. À droite, Bjorn et Daan, les musi- ciens du
4 & 5 Grip est un clip musical. Filmé de dessus, il est réalisé à

4 & 5

Grip est un clip musical. Filmé de dessus, il est réalisé à partir d’interventions de gymnastes sur un trampoline qui créent des effets vidéo. Une autre équipe simule les outils et les attributs de la vidéo, comme la progression temporelle.

WWW . XELOR . NL

comme la progression temporelle. WWW . XELOR . NL Réunis autour d’une table, tous les mardis
comme la progression temporelle. WWW . XELOR . NL Réunis autour d’une table, tous les mardis
comme la progression temporelle. WWW . XELOR . NL Réunis autour d’une table, tous les mardis
comme la progression temporelle. WWW . XELOR . NL Réunis autour d’une table, tous les mardis
comme la progression temporelle. WWW . XELOR . NL Réunis autour d’une table, tous les mardis

Réunis autour d’une table, tous les mardis depuis 2008, Luna Maurer, Edo Paulus, Jonathan Puckey, et Roel Wouters se lancent des défis illustrés et publient les résultats sur leurs sites web

WWW . CONDITIONALDESIGN . OR G .

Ci-dessus. Travail sur l’arbre généalogique d’habitants de Flatland. À gauche, image issue de une heure et demie de dessin sans lever le stylo.

5.2009 :37

Série de flyers conçus par les frères Wouters pour le Jour de l’an au club

Série de flyers conçus par les frères Wouters pour le Jour de l’an au club Jungstar, à Amsterdam.

pour le Jour de l’an au club Jungstar, à Amsterdam. Ci-dessus : 1. L’appareil prend des
pour le Jour de l’an au club Jungstar, à Amsterdam. Ci-dessus : 1. L’appareil prend des
pour le Jour de l’an au club Jungstar, à Amsterdam. Ci-dessus : 1. L’appareil prend des

Ci-dessus : 1. L’appareil prend des images toute les 5 secondes. 2. Diffusion de la lumière. 3. Impression contrôlée à partir du site. 4. Sphère argentée (fonctionne comme une lentille). 5. Interface digitale pour parcourir l’histoire. 6. Messages de l’équipe et des visiteurs de W139. 7. Stockage sur disque dur.

7

un marqueur blanc sur le parquet du stand 3. Tous ces Américains répétaient sans cesse : Oh, quel talent ! Mais en fait, tout est le fruit d’un entraînement permanent.

Roel, le premier travail que j’ai vu de vous était le clip vidéo en une seule prise pour Grip par zZz 4 – une vidéo complètement autonome des conventions des clips vidéo, avec des sauts en trampoline, une chronologie peinte à la main et un parapluie arc-en-ciel 5 tournant sur lui-même et qui, presque par hasard, semblait posséder un accompagnement musical. C’était très neuf, étincelant, et je continue à montrer la version YouTube à tous ceux que je rencontre.

Roel : L’idée de faire une vidéo en une seule prise demande une préparation sans faille. Le tournage lui-même devient comme un tour de magie : tout doit marcher comme sur des roulettes. J’ai fait quelques films en une seule prise, et la plupart du temps également un making of qui est souvent plus long que le film lui-même. Le clip Grip est celui qui a permis de mieux comprendre et apprécier ce que je fais. Différentes orientations de mon travail convergent dans ce mode d’expression. C’était alors la plus grosse production que j’avais réalisée. Pendant l’heure qui a suivi le tournage, j’étais dans un état d’excitation folle, très critique sur mon propre travail. C’est aujourd’hui passé, ce qui signifie sans doute que j’avais vraiment mis tout ce que j’avais à l’époque. Aujourd’hui, j’ai davantage envie de prendre du recul, de créer des outils ou des conditions qui génèrent un résultat final pour moi. Les coqs couverts de peinture et qui se battent dans mon nouveau clip vidéo pour zZz 6 en sont un bon exemple.

Le nouveau site web que vous créez pour W139 est aussi une sorte de boîte à outils.

Roel : L’idée est de créer une double interface entre Internet et la galerie W139. J’ai créé une installation avec différents outils, comme un grand écran tactile, un ordinateur, une boule à facettes, une imprimante, une caméra haute définition et un carnet de croquis 7, qui peuvent tous être utilisés par l’équipe et les visiteurs de la galerie. Avec l’imprimante, les artistes du monde entier peuvent publier un dessin ou un texte dans l’espace de la galerie. Les photos qui sont faites de la galerie toutes les trente secondes sont téléchargées et permettent de voir sur Internet tout ce qui se passe dans et autour de l’installation.

Job, vous travaillez aussi sur un projet très important pour W139. Pour notre trentième anniversaire, W139 monte une exposition avec soixante-dix œuvres venues des collections de trente membres collectionneurs d’art de W139. Cela s’appelle Remain in Light d’après l’album des Talking Heads de 1980. Vous allez dessiner des cadres autour des œuvres 8 et écrire toutes les tailles, les titres, et les noms des artistes sur les murs.

Job : Oui, avec mon meilleur ami et compagnon Yvo Sprey, je vais travailler en live dans la galerie, sans doute dix jours d’affilée. L’espace est énorme et très haut. J’estime que nous devons couvrir près de cinq cents mètres carrés. Nous ne dessinerons qu’aux marqueurs dorés et argentés, donc tout l’espace brillera et étincellera comme l’intérieur d’une église orthodoxe. Nous avons demandé au photographe et designer Simon Wald-Lasowski de photographier toute l’exposition et de créer un catalogue à partir de ces photos. Tout le contenu du livre, y compris les noms des œuvres, des artistes, un essai sur l’exposition, les numéros de pages, etc., viendra des dessins muraux.

Gijs Frieling est peintre, muraliste, et dirige la galerie d’art W139 à Amsterdam.

des dessins muraux. Gijs Frieling est peintre, muraliste, et dirige la galerie d’art W139 à Amsterdam.

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des dessins muraux. Gijs Frieling est peintre, muraliste, et dirige la galerie d’art W139 à Amsterdam.

5.2009 :39

Le musée d’Art et de Design rouvre à New York dans un nouveau building. Signée Pentagram, l’identité graphique combine les formes modulables de Michael Bierut à une signalétique interactive conçue par Lisa Strausfeld.

une signalétique interactive conçue par Lisa Strausfeld . Par Ellen Shapiro À New York, la destination

Par Ellen Shapiro

À New York, la destination du moment, celle à ne manquer sous aucun prétexte, est un bâtiment gracile de neuf étages, à l’extérieur couleur gris pâle, qui renferme une collection multiculturelle d’objets fabriqués à la main. Le musée des Arts et du Design, à l’acronyme MAD – pour Museum of Arts and Design – bien inspiré, est un endroit susceptible de vous combler. Le MAD est le joyau de la couronne de ce qui fut l’une des intersections les plus déprimantes de la Grosse Pomme : Columbus Circle, où se croisent la 59 e Rue, Broadway, Central Park West et la Huitième Avenue. Le musée occupe un immeuble vide – et âprement disputé – depuis 1998, la galerie d’Art moderne (Gallery of Modern Art), conçue en 1964 par l’architecte Edward Durrell Stone pour servir de lieu d’exposition aux œuvres collectées par Huntington Hartford, l’excentrique héritier de la chaîne de supermar- chés. Pendant dix ans, politiciens, architectes, défenseurs du patrimoine et citoyens ordinaires ont débattu des mérites du bâtiment, jalon moderniste digne d’être préservé pour les uns, construction à démolir à tout prix pour les autres, qu’Ada Louise Huxtable, critique d’architecture au New York Times, avait qualifié de découpe de palais vénitien posé sur une sucette dans une formule restée célèbre. Les forces du changement l’emportèrent et, en 1995, les permis de rénovation et de transformation furent accordés. Le musée lui-même est une réincarnation. Précédemment dénommé musée de l’Artisanat américain (American Craft Museum), il était situé dans la 53 e Rue Ouest, en face du MoMA, le musée d’Art moderne (Museum of Modern Art). Il y a de cela sept ans, les directeurs du musée prirent la décision, audacieuse, d’en modifier le nom, de lever près de cent millions de dollars de fonds et de se porter acquéreur de l’immeuble situé au 2 Columbus Circle. Le choix de l’architecte fit l’objet d’une compétition internationale, remportée par Brad Cloepfil, de Allied Works Architecture. Son concept s’articulait autour de coupes géométriques,

ménagées dans le béton afin de laisser entrer la lumière et créer des perspectives, la façade extérieure, quant à elle, était recouverte de panneaux de céramique et de rubans de verre. Pentagram fut retenu pour la création de

l’identité graphique et de la signalisation. Dans un certain sens, le bâtiment lui-même constitue

le premier objet de la collection, déclare Holly

Hotchner, la directrice du musée. Nous sommes situés dans la seule rue de Manhattan qui forme une petite île. On peut faire le tour du bâtiment, à pied ou en voiture, et en voir les quatre côtés. C’est un cercle. Un carré. Un triangle. La géométrie est au fondement même de l’architecture du bâtiment. La façade extérieure, avec la lumière qui s’y réfléchit, symbolise la revitalisation d’un espace urbain majeur et souligne notre attachement aux matériaux et au processus, ajoute-t-elle. Nous disposons d’un espace d’exposition capable d’accueillir la totalité de notre collection permanente. À l’un des étages se trouvent nos

programmes éducatifs, ainsi que trois studios d’artistes ; le MAD est ainsi la première institution pluridisciplinaire à proposer au sein même du musée des programmes artistiques éducatifs et un accès au processus créatif lui-même. Sur cinq étages, les collections et les expositions rassemblent objets et œuvres divers, comme des décorations corporelles, de la vaisselle, des tentures, ainsi que du mobilier travaillé par les artistes avec des matériaux tels que le verre, la céramique, les métaux et les textiles. D’autres musées sont divisés par époque historique, lieu ou période : l’Angleterre du xviii e siècle, par exemple, explique Hotchner. Nous, nous traversons les frontières. Il est ainsi possible de commencer la visite au septième étage dans les studios d’artistes et de s’initier au processus artistique par la part d’inspiration qu’il recèle.

Il n’est pas rare d’entendre les visiteurs déclarer :

“Je veux prendre des cours et me mettre moi

aussi à créer aujourd’hui.” Tout le monde

a travaillé la terre. Mais, dans notre musée,

il ne s’agit pas de loisirs ni d’artisanat populaire. Nous présentons les œuvres d’artistes confirmés issus des cinq continents dont la voix ne peut

se faire entendre dans d’autres musées.

Ces artistes au talent incroyable illustrent de façon concrète tout ce que la magie des mains et de l’esprit permet de créer. Lors de l’une de mes récentes visites, j’ai été particulièrement sensible à certains objets

exposés dans la collection permanente, comme l’œuvre intitulée Trésors de grand-mère (Grandmother’s Treasures) de la céramiste hollandaise Vika Mitrichenka : un assemblage

“On peut dire que cet édi- fice est le premier objet de notre collection.” holly
“On peut dire que cet édi- fice est le premier objet de notre collection.” holly

“On peut dire que cet édi- fice est le premier objet de notre collection.”

holly hotchner, directrice du MAD

de notre collection.” holly hotchner, directrice du MAD Allied Architecture a demandé à la céramiste hollandaise

Allied Architecture a demandé à la céramiste hollandaise Christine Jetten de créer un émail unique recouvrant les presque 20 000 panneaux en céramique de la façade. L’architecte chargé du projet, Kyle Lomen, nous explique qu’ils ont recherché une couleur blanche, mais aussi une couleur pouvant changer subtilement selon la vue et la lumière. Nous avons envisagé une teinte opalescente. Jetten a atteint cette opalescence en adaptant un émail normalement utilisé pour la vaisselle et les objets d’intérieur, pour l’extérieur. Selon Jetten, c’est probablement le premier édifice dans le monde ayant un émail opalescent résistant aux intempéries sur sa façade. Le bâtiment apparaît en blanc vu d’un certain angle (image de gauche) et prend un aspect nacré, vu d’un autre angle (ci-dessus).

Photos : hélène Binet

5.2009 :41

Ci-dessus. incarnations du logo final. La version rouge est utilisée pour le papier à en-tête.
Ci-dessus. incarnations du logo final. La version rouge est utilisée pour le papier à en-tête.
Ci-dessus. incarnations du logo final. La version rouge est utilisée pour le papier à en-tête.
Ci-dessus. incarnations du logo final. La version rouge est utilisée pour le papier à en-tête.
Ci-dessus. incarnations du logo final. La version rouge est utilisée pour le papier à en-tête.

Ci-dessus. incarnations du logo final. La version rouge est utilisée pour le papier à en-tête. Les autres versions sont

des options réalisées à partir des matériaux dans lesquels sont conçues les pièces du musée.

Ci-dessous. Croquis à un stade du développement du logo. À droite. Le logo dans son utilisation promotionnelle.

À droite. Le logo dans son utilisation promotionnelle. de tasses à thé en porcelaine, cassées et
À droite. Le logo dans son utilisation promotionnelle. de tasses à thé en porcelaine, cassées et
À droite. Le logo dans son utilisation promotionnelle. de tasses à thé en porcelaine, cassées et
À droite. Le logo dans son utilisation promotionnelle. de tasses à thé en porcelaine, cassées et

de tasses à thé en porcelaine, cassées et recollées comme si la vision de cette grand-mère lui faisait défaut. Les grands colliers en perle de l’artiste biélorusse Robert Ebendorf, créés

à partir de journaux chinois, m’ont prouvé que,

dans les pays à l’économie émergente, les bijoux destinés aux femmes – qui restent des femmes ! – peuvent connaître un véritable succès de mode même lorsqu’ils sont fabriqués à partir de

matériaux ordinaires et bon marché. J’ai aussi admiré le buste en terracotta, un autoportrait, de Robert Arneson, sculpté dans le style gréco- romain héroïque. La première exposition du musée de l’Art et du Design, intitulée Second Lives: Remixing the Ordinary, regroupe quant

à elle les œuvres d’une cinquantaine d’artistes,

avec pour thème les objets du quotidien revisi- tés. Sur deux étages sont exposés des
avec pour thème les objets du quotidien revisi- tés. Sur deux étages sont exposés des
avec pour thème les objets du quotidien revisi- tés. Sur deux étages sont exposés des
avec pour thème les objets du quotidien revisi- tés. Sur deux étages sont exposés des

avec pour thème les objets du quotidien revisi- tés. Sur deux étages sont exposés des objets et des assemblages réalisés à partir de toutes sortes d’articles : peignes, assiettes, paires de lunettes, gants en caoutchouc, seringues, pièces de monnaie, ferraille, couverts, accessoires de bureau, comme cette pyramide de cuillères en plastique assemblée par des élastiques. J’ai été également touchée par le portrait réalisé par Terese Agnew d’un ouvrier du textile devant sa machine à coudre. En observant avec attention ce portrait, j’ai remarqué alors qu’il était “peint” au moyen de milliers d’étiquettes de vêtements :

Armani, Yves Saint Laurent, Calvin Klein. J’ai consacré également plusieurs minutes à la découverte de l’œuvre de Michael Rakowitz

intitulée The Invisible Enemy Should Not Exist, évocation poignante d’œuvres issues du musée pillé de Bagdad, réalisée à partir de magazines et d’emballages irakiens. C’est à Michael Bierut, du studio Pentagram de New York, que l’on doit l’identité visuelle, très intelligente, du musée. Le logo, qui se décline dans une multitude de variations et de couleurs, a essaimé dans la ville, sur les bus, sur les panneaux de rues et les sacs de shopping, dans des magazines et dans le métro. Il apparaît sur les lettres d’informations, les catalogues et les invitations conçus par Pentagram, et s’est imposé comme véritable alphabet pour les titres. Sans oublier, naturellement, ses déclinaisons sur les tee-shirts, les bijoux et les autres articles

sur les tee-shirts, les bijoux et les autres articles En haut. Trésors de grand-mère par Vika

En haut. Trésors de grand-mère par Vika Mitrichenka, commandé par Frozen Foutain à Amsterdam.

www.FrozEnFountAin.nL

En bas à gauche. Portrait d’une travailleuse textile par terese Agnew.

www.tArdArt.CoM

Photo : Peter DiAntoni

En bas, au centre. Collier par robert w. Ebendorf.

Photos : John Bigelow tAylor, 2008

En bas à droite. Vue intérieure de l’exposition.

Photo : © 2008 Peter MAuss/esto

5.2009 :43

L’ensemble des objets de la collection ont été digitalisés. En utilisant un écran tactile, les

L’ensemble des objets de la collection ont été digitalisés. En utilisant un écran tactile, les visiteurs peuvent sélectionner un des matériaux répertoriés pour regarder les pièces qui lui sont spécifiques.

Photos PAges 44‑45 © 2008 Peter MAuss/esto

disponibles dans la boutique du musée. La géométrie du logo reflète les cercles et les carrés de la forme du bâtiment, explique Bierut. Nous recherchions un logo graphique, inventif et surprenant, qui incarne les valeurs du musée et qui puisse se décliner sous différentes formes en différentes occasions. Car le musée, après tout, est dédié à des artistes qui s’emparent de formes banales, des récipients ou des chaises, par exemple, et ne cessent de les transformer. Les caractères font également référence, sur un mode subtil, aux colonnes en forme de “sucettes” du bâtiment, qui restent visibles avec la nouvelle façade, ajoute-t-il. La signalisation et les supports numériques conçus par Lisa Strausfeld, de Pentagram, constituent une autre caractéristique frappante du MAD. La numérisation de l’ensemble de la collection est un projet qui a nécessité cinq ans. L’équipe dirigée par Strausfeld a ensuite consacré deux ans à la création d’écrans animés

disposés face au trottoir, qui présentent aux passants ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment. Ils ont aussi conçu les panneaux d’ascenseurs qui constituent en fait des annuaires virtuels de ce qui est exposé sur les neufs étages, sans oublier des kiosques interactifs grâce auxquels les visiteurs peuvent explorer la collection. La technologie, c’est trop génial ! s’est exclamé un visiteur en touchant l’image d’un vase sur le motif “papier peint” d’ouverture – une grille multicolore constituée des vignettes de tous les objets de la collection sur un arrière-plan noir – pour l’afficher en plein écran et obtenir des informations sur l’artiste, l’année de créa- tion, les matériaux et les techniques. Le motif constitue un élément majeur de l’identité, comme c’est le cas dans l’art, constate Bierut. Les gens se perdent toujours dans les musées, poursuit Hotchner. Il est indispensable de leur donner de nombreuses informations sur la façon de se mouvoir dans l’espace. Il nous a fallu

Base de données du calendrier Base de données de la collection Vidéothèque médias informatifs médias

Base de données du calendrier

Base de données de la collection

Vidéothèque

médias informatifs médias interprétatifs
médias informatifs
médias interprétatifs
Vidéothèque médias informatifs médias interprétatifs Ci-contre. un diagramme explique la structure conceptuelle

Ci-contre. un diagramme explique la structure conceptuelle sous-jacente au programme de signalisation.

Ci-dessous. Exemples de signalétiques utilisées à l’intérieur du MAd.

Panneaux

Panneau

Panneaux

expositions

Collection

Borne de recherche

séduisants

d’orientation

d’orientation

interactives

interactive

sur les collections

à l’entrée

interactive sur les collections à l’entrée quelques années et quelques prototypes, mais je crois que

quelques années et quelques prototypes, mais je crois que nous avons réussi à intéresser les visiteurs à cette démarche consistant à venir découvrir les objets mais aussi ce qui les relie. Quelques mois après l’ouverture, nous totalisions plus de visiteurs que toute l’année précédente cumulée. Les adhésions ont doublé. Nous disposons d’un noyau jeune et énergique composé de designers et d’étudiants new-yorkais, mais aussi de visiteurs du monde entier. Un soir (le musée est ouvert jusqu’à 21 heures avec un système de participation libre le jeudi soir), on entendait davantage parler espagnol, français, italien, hébreu, japonais et russe qu’an- glais. Super, super intéressante, disait l’un des visiteurs à ses enfants. Au départ, j’avais du mal à déterminer la langue dans laquelle elle s’expri- mait – elle m’expliqua par la suite qu’elle et sa famille étaient originaires d’Argentine – mais je pris conscience alors que ses mots étaient un assemblage multiculturel, comme l’art lui-même.

– mais je pris conscience alors que ses mots étaient un assemblage multiculturel, comme l’art lui-même.

5.2009 :45

Suisse , fin des années cinquante , retour aux origines d’un caractère devenu un basique

Suisse, fin des années cinquante, retour aux origines d’un caractère devenu un basique : le Neue Haas Grotesk (rebaptisé Helvetica) par Hoffmann et Miedinger.

: le Neue Haas Grotesk (rebaptisé Helvetica) par Hoffmann et Miedinger. Par Richard Hollis 46 46

Par Richard Hollis

: le Neue Haas Grotesk (rebaptisé Helvetica) par Hoffmann et Miedinger. Par Richard Hollis 46 46

4646:: 5.20095.2009

: le Neue Haas Grotesk (rebaptisé Helvetica) par Hoffmann et Miedinger. Par Richard Hollis 46 46

Un long métrage consacré à une fonte ? Une exposition au musée d’Art moderne de New York dédiée à une police de caractères ? En 2007, lors du cinquantième anniversaire de la création de l’Helvetica, ces idées saugrenues sont deve- nues réalité. En 1957, pourtant, la naissance de l’Helvetica n’avait pas fait l’effet d’une bombe. Comme souvent dans l’industrie graphique, la nouvelle fonte constituait une mise à jour d’une police traditionnelle, conçue pour répondre à des besoins de natures tout autant commerciales qu’esthétiques. Au début des années 1950, l’Akzidenz Grotesk constituait la police moderne la plus populaire auprès des designers suisses. En fait, ce fleu- ron de la modernité pouvait déjà se prévaloir de plus de cinquante ans d’existence. Eduard Hoffmann, directeur général de la fonderie Haas, près de Bâle, conscient de la demande soutenue de l’industrie pour la police Akzidenz, pensa qu’il avait mieux à offrir aux designers et à son entreprise. Les créations graphiques réalisées à partir de polices sans empattements représentaient un marché en plein essor. Les polices avec empattements étaient considérées comme obsolètes et désuètes, comme des orne- ments purement décoratifs, incompatibles avec le machinisme de l’époque moderne. Pourtant, dans les années 1930, en dépit de la prédilec- tion du mouvement avant-gardiste Nouvelle Typographie pour l’art abstrait géométrique, très peu de créateurs graphiques avaient adopté les nouvelles polices sans empattements carac- téristiques de cette période, comme Erbar et Futura. Ils continuaient de s’en remettre aux polices dites grotesques du xix e siècle conçues pour l’impression commerciale, notamment la police Akzidenz Grotesk, créée par la fonderie berlinoise Berthold. À l’époque où Hoffmann commença à dessiner cette nouvelle police de caractères, les tech- niques d’impression connaissaient une profonde mutation : l’impression typographique à partir de plaques de plomb cédait le pas à l’offset comme procédé d’impression dominant. Les techniques de composition, elles aussi, allaient connaître une transformation radicale, en deux vagues successives. La première fut constituée, dans les années 1960, par la photocomposition. Deux décennies plus tard, il devenait possible, grâce à l’informatique, de créer des polices à partir d’images numériques. Hoffmann, quant à lui, débuta la création de l’Helvetica à l’ère du plomb, caractérisée non seulement par la technique, employée depuis plusieurs siècles, d’assemblage manuel des caractères au plomb, mais aussi par la composition mécanique, dans laquelle un opérateur, à partir d’un clavier, com- mandait la composition des caractères faits de lettres distinctes (Monotype) ou fondus dans un bloc unique (Linotype). Pour les créateurs pro- gressistes, le choix, en matière de composition mécanique, était singulièrement restreint. La police Monotype Grotesque constituait ce qui

Couverture d’une page du cahier de travail de Hoffmann alors qu’il développe l’Helvetica.restreint. La police Monotype Grotesque constituait ce qui Le détail compare le Neue Haas Grotesk (sur

Le détail compare le Neue Haas Grotesk (sur un papier plus clair) à l’Akzidenz.ce qui Couverture d’une page du cahier de travail de Hoffmann alors qu’il développe l’Helvetica. 5.2009

5.2009 :47

Images et extraits de courriers entre Miedinger et Hoffmann sur le développement du Neue Haas
Images et extraits de courriers entre Miedinger et Hoffmann sur le développement du Neue Haas

Images et extraits de courriers entre Miedinger et Hoffmann sur le développement du Neue Haas Grotesk qui deviendra l’Helvetica.

“Zurich, le 5 octobre 1956 Cher Herr Hoffmann, Veuillez trouver ci-joint une première version des majuscules de A à Z de la semi-bold Neue Haas Grotesk. J’ai dessiné la police de caractère semi-bold strictement plus lourde que la Französische Grotesk, la semi-bold Berthold Akzidenz Grotesk, et que la bold normale Grotesk, pour que vous

puissiez voir dans les lettres collées ici. Je ne suis pas complètement satisfait de certaines lettres et je

dois encore les améliorer

votre revue, j’ai noté, dans une liste séparée ci-jointe et classée de A à Z, plusieurs corrections, changements et améliorations ”

que j’aimerais inclure

Pour

“EH, le 6 octobre 1956 Cher Herr Miedinger, Nous avons reçu votre lettre et les dessins préliminaires pour la nouvelle police grotesque dont vous comparez, dans un tableau, les formes avec la Französische, la Normal et la Berthold Akzidenz Grotesk. Comme vous l’avez souligné, les majuscules ne sont pas toutes satisfaisantes, en particulier A B D F L M N O P R S U. Mais notre priorité se situe sur le mot “Hämburg”. C’est un mot universel fondateur qui contient toute une variété de caractères Avant que vous ne commenciez à changer les majuscules, complétez, s’il vous plaît, dès que possible, les dessins pour le mot mentionné ci-dessus et nous pourrons ensuite comparer dans le détail avec la Berthold Grotesk, mais elle doit être ”

mieux que l’Akzidenz

Grotesk, mais elle doit être ” mieux que l’Akzidenz 48 : 5.2009 Une page et des
Grotesk, mais elle doit être ” mieux que l’Akzidenz 48 : 5.2009 Une page et des
Grotesk, mais elle doit être ” mieux que l’Akzidenz 48 : 5.2009 Une page et des
Grotesk, mais elle doit être ” mieux que l’Akzidenz 48 : 5.2009 Une page et des

48: 5.2009

mais elle doit être ” mieux que l’Akzidenz 48 : 5.2009 Une page et des caractères

Une page et des caractères du Neue Haas Grotesk présentés au public pour la première fois dans Neue Graphik en 1959.

s’apparentait le plus à une police dite grotesque, et offrait en outre l’avantage de proposer plu- sieurs graisses. Au milieu des années 1950, la fonderie Haas commercialisa une police dénom- mée Normal Grotesque pour la Linotype, mais son emploi resta limité. En 1956, Hoffmann décida de prendre comme modèle la police Akzidenz et de la retravailler. Haas commercialisait déjà une police grotesque de style xix e siècle, illustrée par Jan Tschichold dans son ouvrage Meisterbuch der Schrift sous le nom de Französische Grotesk (“grotesque française”) et décrite comme présentant une graisse agréable, un dessin de lettre plaisant et un bon interlettrage. Peut-être Hoffmann en avait-il conclu que l’interlettrage généreux de la police Haas Grotesk jouait en défaveur de cette dernière, dans la mesure où elle permettait de composer moins de mots par ligne. Pour dessiner une nouvelle police grotesque, Hoffmann recruta Max Miedinger, créateur graphique indépendant, qui avait déjà col- laboré avec son entreprise. Bien qu’employé comme représentant, il avait alors conçu une police très condensée à empattements quad- rangulaires, avant de s’établir à son compte en 1956. L’expérience lui avait appris ce que les imprimeurs et les créateurs recherchaient. Le résultat fut le Neue Haas Grotesk, qui allait devenir l’Helvetica. Hoffmann fit appel à des créateurs de premier plan, dont ceux qui collaboraient avec les entre- prises pharmaceutiques de Bâle CIBA et Geigy :

leurs imprimeurs seraient des acheteurs impor- tants de cette nouvelle police ; un investissement considérable. La collaboration entre Hoffmann et Miedinger donna lieu à des mois de corres- pondance intensive, avec de nombreux allers et retours et d’infinis ajustements, pour aboutir à une première version d’une police de graisse moyenne dénommée Neue Haas Grotesk, qui serait lancée à l’été 1957 lors d’un Salon profes- sionnel de l’imprimerie en Suisse, et viendrait compléter la famille existante composée des fon- tes Normal Grotesk et Französische Grotesk. Dans les années qui suivirent, tandis que Miedinger travaillait sur différentes graisses pour le Neue Haas Grotesk, Hoffmann fit appel à certains des professionnels les plus respectés pour créer des supports publicitaires et utilisa les colonnes de la revue professionnelle mensuelle Typographische Monatsblätter pour promouvoir et présenter la nouvelle police de la fonderie Haas. Après d’autres modifications, la nouvelle police fut présentée au public en décembre 1959, dans le numéro quatre du magazine trimestriel suisse Neue Grafik, de renommée internatio- nale. L’article était signé Hans Neuburg, l’un des éditeurs du magazine. Neuburg soulignait les différences entre les fontes Neue Haas Grotesk et Berthold Akzidenz : les déliés des caractères arrondis, les capitales C, G, S ainsi que les cara- ctères bas de casse c, e et s étaient presque “coupés” horizontalement, les capitales M et

W ouvraient les espaces intérieurs des angles

aigus, la capitale R disposait d’une jambe arrondie. En outre, les caractères étaient conçus pour mieux s’ajuster les uns aux autres et occuper moins d’espace. Bien qu’il fût, depuis plus de vingt ans, un uti- lisateur fidèle de la police Berthold Akzidenz, Neuburg ne manquait pas de critiquer son manque de cohérence. Ainsi, la boucle du cara- ctère g en bas de casse ne suivait pas l’arrondi

du haut du caractère a ; par ailleurs, l’ellipse du

caractère e bas de casse saillait à droite et les courbes du o n’étaient pas verticales. Hoffmann lui-même, qui avait en tête les imperfections

de la fonte Akzidenz, écrivait en 1962 dans un

dépliant promotionnel : Tout le monde s’accorde

à dire que la nouvelle fonte Grotesque doit con-

server la même épaisseur de trait et les mêmes courbes. Toutefois, les caractères de forme pleine (a, m, s, w, M, W) doivent être légère- ment affinés à un endroit perceptible par l’œil,

à savoir à l’intérieur du caractère, pour éviter

qu’ils s’impriment avec trop d’épaisseur. En outre, il attachait énormément d’importance au fait que les formes typographiques ne devaient pas évoquer le té ni le compas, mais au contraire souligner l’aspect artisanal fondé sur les formes

géométriques du rectangle et de l’ovale. Il attirait également l’attention sur la hauteur d’x, aug- mentée, de la nouvelle police, qui accentuait

la ligne horizontale et, prétendait-il, rendait la

police plus lisible. Un éditeur, Josef Müller-Brockmann, collègue

de Neuburg à Neue Grafik, conçut une brochure à

feuilles volantes, devenue célèbre, regroupant des exemples de caractères en Neue Haas Grotesk,

imprimés en rouge et noir. Cette création inédite, qui combinait texte courant et titres pouvant être détourés et insérés sur des présentations, remporta un tel succès que la fonderie dut faire face à des centaines de demandes de pages de remplacement provenant de l’étranger. Neuburg

et Nelly Rudin conçurent alors un épais cata-

logue à spirale après que la police fut renommée Helvetica (appellation dérivée du nom latin de la Suisse, Confederatio Helvetica), modifiée par la fonderie Stempel, puis adaptée à la composition mécanique par la fonderie Linotype en 1962 en Allemagne. Une étude des annuaires des industries gra- phiques publiés dans le monde témoigne de la propagation régulière de l’Helvetica. Ainsi, dans l’édition datée de 1961-1962 de Modern Publicity, une ou deux publicités suisses emploient cette nouvelle police. L’année suivante, la police a gagné les pays voisins : elle est utilisée par des créateurs de premier plan (Franco Grignani pour une de ses affiches) et se diffuse aux agences de publicité françaises par le biais de Hollenstein, compositeur suisse installé à Paris.

De façon surprenante, Hoffmann concédait dans sa publicité que certains préféreraient peut- être une autre police grotesque, avant d’ajouter :

Que dire de la pauvreté de notre époque si nous

Neue Haas Grotesk Berthold Akzidenz Neue Haas Grotesk Berthold Akzidenz Neue Haas Grotesk Berthold Akzidenz
Neue
Haas
Grotesk
Berthold
Akzidenz
Neue
Haas
Grotesk
Berthold
Akzidenz
Neue
Haas
Grotesk
Berthold
Akzidenz
Neue
Haas
Grotesk
Berthold
Akzidenz
Berthold Akzidenz Neue Haas Grotesk Berthold Akzidenz Essais réalisés en 1957 issus du cahier de Hoffmann.
Berthold Akzidenz Neue Haas Grotesk Berthold Akzidenz Essais réalisés en 1957 issus du cahier de Hoffmann.

Essais réalisés en 1957 issus du cahier de Hoffmann. Hämburg est un test sur l’espace entre les lettres. La troisième option, plus stricte, a été choisie. Herrn Burgdorf Sorgen montre plusieurs R.

a été choisie. Herrn Burgdorf Sorgen montre plusieurs R. Helvetica Bold (version digitale). Neue Helvetica Bold,
a été choisie. Herrn Burgdorf Sorgen montre plusieurs R. Helvetica Bold (version digitale). Neue Helvetica Bold,

Helvetica

Bold

(version

digitale).

Neue

Helvetica

Bold,

1983.

5.2009 :49
5.2009 :49

Autour de l’Helvetica : sélection d’exemples de polices grotesques antérieures, actuelles et postérieures à la Haas Neue Grafik (Helvetica).

Exergues issus d’une liste chronologique plus approfondie présentée dans le livre Helvetica Forever Lars Müller Publishers, 2009.

1816 – Égyptienne, William Caslon 1832 – Sans-serif, Vincent Figgins
1816
– Égyptienne, William Caslon
1832
– Sans-serif, Vincent Figgins
William Caslon 1832 – Sans-serif, Vincent Figgins v. 1898 – Akzidenz Grotesk, Berthold 1902 – Franklin

v. 1898 – Akzidenz Grotesk, Berthold

Vincent Figgins v. 1898 – Akzidenz Grotesk, Berthold 1902 – Franklin Gothic, Morris Fuller Benton, ATF

1902 – Franklin Gothic, Morris Fuller Benton, ATF

Berthold 1902 – Franklin Gothic, Morris Fuller Benton, ATF après 1915 – Akzidenz Grotesk, Haas (rebaptisé

après 1915 – Akzidenz Grotesk, Haas (rebaptisé Normal Grotesk en 1943)

Akzidenz Grotesk, Haas (rebaptisé Normal Grotesk en 1943) 1916 – London Underground, Edward Johnston 1922 –
1916 – London Underground, Edward Johnston 1922 – Erbar Grotesk, Jakob Erbar, Ludwig & Mayer
1916
– London Underground, Edward Johnston
1922
– Erbar Grotesk, Jakob Erbar, Ludwig & Mayer
1926
– Monotype Grotesk Series 216
1927
– Futura, Paul Renner, Bauer
1928
– Gill Sans, Eric Gill, Monotype
1957
– Neue Haas Grotesk (Helvetica)
1982
– Arial Regular, Monotype
1982
– Swiss 721, Bitstream
2001
– FF Bau, Christian Schwartz, Fontshop International
2004
– Akkurat, Laurenz Brunner, Lineto
International 2004 – Akkurat, Laurenz Brunner, Lineto Le stand Haas au Salon professionnel de l’impression de
International 2004 – Akkurat, Laurenz Brunner, Lineto Le stand Haas au Salon professionnel de l’impression de

Le stand Haas au Salon professionnel de l’impression de Lausanne, Suisse, 1957.

professionnel de l’impression de Lausanne, Suisse, 1957. G for Grotesk! Une brochure publicitaire pour la nouvelle
professionnel de l’impression de Lausanne, Suisse, 1957. G for Grotesk! Une brochure publicitaire pour la nouvelle
G for Grotesk! Une brochure publicitaire pour la nouvelle police.
G for Grotesk! Une
brochure publicitaire
pour la nouvelle police.
Une brochure publicitaire pour la nouvelle police. a et s . Ces caractères au plomb de
Une brochure publicitaire pour la nouvelle police. a et s . Ces caractères au plomb de

a et s. Ces caractères

au plomb de l’Helvetica montrent comment les blocs sont ajustés à la largeur de la lettre, leur permettant d’être étroitement liés.

devions recourir sans cesse à la même police gro- tesque ? Constat réaliste. Les adeptes de la police Akzidenz n’appréciaient pas la nouvelle venue et lui reprochaient sa fade uniformité. Cette aversion, chez certains créateurs suisses, a eu la vie dure. Wolfgang Weingart, par exemple, s’est toujours refusé à employer l’Helvetica, la qualifiant non seulement d’exemple même de la laideur, mais allant jusqu’à prétendre que qui- conque utilisait l’Helvetica ne connaissait rien aux polices de caractères. D’autres, en revanche, l’ont adopté, comme Theo Ballmer Jr pour le quoti- dien Ouest-France, composé depuis quarante ans en Helvetica. Des polices basées sur la fonte Akzidenz Grotesk similaires à l’Helvetica furent dessinées à peu près à la même époque, comme par exemple le Folio Grotesk en Allemagne et le Mercator aux Pays-Bas. Principal concurrent de l’Helvetica, l’Univers fut créé en France par Adrian Frutiger, autre créateur graphique suisse. L’Helvetica, c’est le jeans ; l’Univers, le smoking, déclarait Frutiger. Police sans empattements, l’Univers, qui ne puisait pas son inspiration dans les polices dites grotesques du xix e siècle ni ne se fondait sur une construction géométrique, était conçu comme une famille complète de fontes, disponible en différentes graisses (léger, nor- mal, medium, gras, très gras) et, pour chaque graisse, en version étendue et condensée. La famille Helvetica, quant à elle, s’est déve- loppée progressivement selon le même schéma, jusqu’en 1983, date à laquelle la fonderie Linotype en proposa des versions retravaillées. Cette famille, Neue Helvetica, qui ne compte pas moins de 51 fontes, se caractérise par une meilleure lisibilité, due à l’élargissement des chiffres et de certaines lettres, comme par exemple les capi- tales M et W. Au début des années 1960, pendant quelques années, les annuaires des industries graphi- ques témoignaient d’une diffusion équivalente des polices Berthold Akzidenz et Helvetica. Connue en dehors de l’Europe sous le nom de Standard, l’Akzidenz a inspiré certains des plus grands créateurs américains. Jusque vers 1960, les typographes qui avaient besoin des effets d’une police grotesque recouraient aux fontes

américaines, notamment le Franklin Gothic, le Trade Gothic et le News Gothic, toutes disponi- bles en plusieurs graisses et pour la composition machine. À la fin des années 1950, des créa- teurs graphiques américains qui visitaient la Suisse devenaient de vrais admirateurs de la police Akzidenz et comprenaient la raison de son succès. Rudolph de Harak était l’un d’eux et ne cessait de l’utiliser pour des couvertures de livres. Autre adepte de l’Akzidenz, Paul Rand, qui l’avait choisie pour le logo d’IBM. L’Akzidenz fut

également la police initiale retenue pour la signa- lisation du métro de New York, en 1966, créée par Bob Noorda et Massimo Vignelli. Vignelli avait précédemment employé cette police à Milan, pour la création d’affiches de théâtre, sur

lesquelles l’interlettrage des titres était tel que les caractères se touchaient presque. Un faible interlettrage, notamment dans les logos, était une approche fréquemment retenue par cer- tains créateurs graphiques suisses. Facteur de la popularité précoce de l’Helvetica, “l’ajustement” rapproché des caractères permettait des com- positions plus resserrées qu’en Akzidenz. Avec un grand corps, pour les affiches, les caractères présentaient, aux extrémités, peu de blanc, de sorte que la composition pouvait être très rap- prochée ou, plus traditionnellement, espacée de façon régulière. À la différence de la composition numérique, caractérisée par un espacement (ou crénage) variable, les caractères au plomb dispo- saient d’un espace fixe qui les séparait des lettres avoisinantes. Cette contrainte disparut avec la photocomposition et la mode de l’interlettrage très rapproché. L’emploi persistant de l’Akzidenz s’expliquait en partie par le fait que cette police, historique- ment, avait été créée avant l’Helvetica pour les systèmes à transfert direct comme Letraset, et que l’Helvetica ne fut disponible qu’en 1972 pour le procédé Monotype. Ces deux polices symbolisent le “style suisse”, synthétisé en quelque sorte par l’ouvrage très influent de Josef Müller-Brockmann intitulé Les Problèmes d’un artiste graphique. Publié en 1961, avant que la police Helvetica soit largement disponible, il fut entièrement composé en Akzidenz. Müller- Brockmann, lui aussi, ne cacha pas, quelques années plus tard, ses réserves quant à la police Helvetica : J’en suis arrivé à préférer l’Akzidenz Grotesk à ses successeurs l’Helvetica et l’Univers. Elle est plus expressive et ses formes élémentaires sont plus universelles. Il était notamment attaché aux particularités soulignées par Neuburg :

Par exemple, l’extrémité du e est une diagonale qui forme des angles droits. Avec l’Helvetica et l’Univers, les extrémités sont droites et produisent des angles subjectifs, aigus ou obtus. (Eye n° 19, hiver 1995.) L’Helvetica s’est imposée comme la police par défaut, non seulement pour des artistes gra- phiques recherchant un effet lisse et moderne, mais aussi sur des millions d’écrans d’ordinateurs de par le monde. Adoptée par des multinationales (BMW, Container Corporation), des compagnies aériennes (Lufthansa, American Airlines), par British Gas et les Chemins de fer danois, elle reste le choix de prédilection pour la composi- tion d’innombrables rapports annuels, papiers à en-tête, formulaires gouvernementaux et affiches de protestation, pour la signalisation dans les transports en commun et les vitrines, dans les titres et les sous-titres des programmes de télévision. L’Helvetica a émergé, triomphante, des révolutions technologiques, de la composi- tion au plomb à la photocomposition jusqu’à l’ère numérique. On la trouve aux quatre coins du monde… et même au-delà, poursuivant sa révolution autour de la terre dans une station spatiale de la NASA.

autour de la terre dans une station spatiale de la NASA. Une page de Loose- leaf
autour de la terre dans une station spatiale de la NASA. Une page de Loose- leaf

Une page de Loose- leaf System, de 1960 créé par Josef Müller- Brockmann, issu d’un ensemble publicitaire de qualité pour la Neue Haas Grotesk.

La version digitale de l’Helvetica Bold.

Haas Grotesk. La version digitale de l’Helvetica Bold. KLMNOPQRS TUVWXYZAB abcdefghijk mnopqrstuv wxyzabcdel

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TUVWXYZAB

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ABCDEFGH

JKLMNOPR

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123456789

5.2009 :51

Une affiche de 1964 issue d’une série de Massimo Vignelli pour le théâtre Piccolo de
Une affiche de 1964 issue d’une série de Massimo Vignelli pour le théâtre Piccolo de
Une affiche de 1964 issue d’une série de Massimo Vignelli pour le théâtre Piccolo de
Une affiche de 1964 issue d’une série de Massimo Vignelli pour le théâtre Piccolo de
Une affiche de 1964
issue d’une série de
Massimo Vignelli pour le
théâtre Piccolo de Milan.
Une affiche de 1965
de Peter Megert pour le
Kunsthalle de Berne.
Une affiche de 1966
de AG Fronzoni pour
la galerie La Polena
à Gênes.
L’Helvetica utilisé dans Ouest-France et The Guardian et sur une pile. Une affiche réalisée par
L’Helvetica utilisé dans Ouest-France et The Guardian et sur une pile. Une affiche réalisée par
L’Helvetica utilisé dans Ouest-France et The Guardian et sur une pile.
L’Helvetica utilisé
dans Ouest-France et The
Guardian et sur une pile.
dans Ouest-France et The Guardian et sur une pile. Une affiche réalisée par Gérard Miedinger, le
dans Ouest-France et The Guardian et sur une pile. Une affiche réalisée par Gérard Miedinger, le

Une affiche réalisée par Gérard Miedinger, le frère de Max, un

réalisée par Gérard Miedinger, le frère de Max, un designer moderniste important dans les années 1930

designer moderniste important dans les années 1930 à Zurich.

moderniste important dans les années 1930 à Zurich. Une affiche de 2009 pour une exposition liée

Une affiche de 2009 pour une exposition liée au livre Helvetica Forever . Helvetica Forever.

2009 pour une exposition liée au livre Helvetica Forever . Cet article fait suite à la

Cet article fait suite à la publication de Helvetica Forever aux éditions Lars Müller, duquel il tire la majeure partie de son iconographie. Helvetica Forever aux éditions Lars Müller, duquel il tire la majeure partie de son iconographie.

Lars Müller et Victor Malsy, contributions d’Axel Langer et Indra Kupferschmid 19 x 26 cm 160 pages – Relié Anglais – 37 ¤

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Pour toutes les images : © JR/Agence VU

Photo contexte en

L’auteur du projet 28 millimètres s’efface derrière les initiales JR. La photographie pour médium et la rue pour galerie, il œuvre en grand format à un art d’intérêt général. Women, le dernier volet de l’initiative, rétablit la dignité des femmes des bidonvilles et des favelas.

de l’initiative, rétablit la dignité des femmes des bidonvilles et des favelas . Par Caroline Bouige

Par Caroline Bouige

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De Montfermeil à Rio, de Phnom-Penh à Kibera ; l’histoire de JR commence avec l’acquisition

De Montfermeil à Rio, de Phnom-Penh à Kibera ; l’histoire de JR commence avec l’acquisition hasardeuse d’un appareil photographique. Suivre les graffeurs, capturer les créations au moment de la transgression ; les clichés qu’il réalise embrassent bientôt la même destina- tion que ses cibles : les murs de la cité des Bosquets, là où le photographe fait ses armes, ici aussi où Romain Gavras et Kim Chapiron – par ailleurs fils du graphiste Kiki Picasso – ont monté le collectif multidisciplinaire Kourtrajmé, une bande à laquelle JR n’est pas tout à fait étranger. En 2005, alors que les émeutes des banlieues s’emparent des journaux télévisés, et font trembler le spectateur du 20 h, JR déclenche l’opé- ration 28 millimètres. Le format de son objectif détermine son angle d’atta- que. Sa volonté, celle de proposer une autre vision des cités, traverse la bar- rière périphérique pour s’étaler sur les façades parisiennes. “Portraits d’une génération”, les visages des “jeunes de banlieues” moitié grimaçants, moitié déformés par un objectif grand angle qui arrondit les lignes horizontales en plan rapproché, habitent désormais d’autres quartiers.

Deux ans plus tard, JR va plus loin… Réfutant une nouvelle fois l’unilatéra- lisme de la voix médiatique, il colle des portraits géants de Palestiniens sur les murs des maisons d’Israéliens et réci- proquement, sollicite leur approbation, recouvre le mur de Gaza d’expressions drolatiques, conjurant l’appréhension d’une réconciliation impossible. Dans la prolongation de 28 millimètres, le projet Women exporte la portraitisa- tion grand format dans les bidonvil- les d’Afrique (Sierra Leone, Liberia, Soudan et Kenya), au Cambodge, au Brésil, dans une favela de Rio. JR a écouté les femmes de ces bidonvilles, discriminées en temps de paix, cibles en temps de guerre, et a pensé que faire partager leur histoire et leur existence serait une manière de guérir les bles- sures. Comme chacune des interven- tions du photographe, l’arrivée dans un lieu s’amorce par la rencontre avec la population. Plus que partie prenante du projet, elle en est son sujet et son pre- mier acteur. Car si JR s’entoure d’une petite équipe, les dimensions gargan- tuesques de ses installations et la voca- tion même de ses collages intempestifs s’inscrivent dans le cadre d’une action

collective. Sur le terrain, c’est l’emploi de plusieurs hommes pour installer les photographies in situ. Dans le déroule- ment du projet, c’est la compréhension et l’adhésion de l’ensemble de la popu- lation qui est requise. À la favela Morro da Providência, l’une des plus ancien- nes et des plus meurtrière de Rio, cela impliquait de discuter avec les trafi- quants. À mi-chemin entre art et acti- visme, JR se définit comme artiviste. Il ne cherche pas à comprendre les cau- ses des violences, mais à agir en sym- biose avec la population. À l’encontre de l’image misérabiliste de la femme afri- caine, le projet Women répond avec l’ex- pression de visages humains. JR a laissé les femmes s’affirmer librement devant l’objectif. Des yeux ouverts, fermés, des grimaces, des cris, ou le visage paisi- ble, chacune a confié l’image qu’elle souhaitait livrer au monde. Au Kenya, le papier d’impression a été remplacé par des bâches qui recouvrent les habi- tats précaires en tôle ondulée. Là où les toiles plastiques étaient trop petites, les habitants ont rappelé l’équipe pour qu’ils les remplacent où qu’ils bouchent les trous. JR a également prévu de reve- nir pour couvrir d’autres habitations et

Décharge publique de Phnom-Penh, Cambodge, les yeux de Ratana, 28 ans, se promènent sur la décharge publique où une foule se presse pour fouiller les ordures des citadins. Sur le blog de JR, on apprend que Ratana a travaillé ici jusqu’à l’âge de 10 ans. Elle se couvrait le visage pour se protéger la peau car elle voulait la garder belle et douce. Elle ne voulait pas non plus attraper les nombreux virus comme la plupart des gens, ne pas se couper, elle nous parle également de cette odeur à laquelle on ne s’habitue jamais.

étendre les 2 000 m 2 de photographies. Visible depuis les lignes de chemin de

étendre les 2 000 m 2 de photographies. Visible depuis les lignes de chemin de fer, le projet s’est prolongé sur la voirie et le train qui passe quotidiennement au bord du village. Le premier jour, avec la complicité du conducteur, le train a ralenti, laissant aux habitants, le temps d’observer l’assemblage des visages de femmes, dont les yeux, collés sur les wagons, rejoignaient les bouches acco- lées à la colline. À Rio, dans une favela, JR est revenu pour ouvrir un centre où les jeunes pourraient, avec le matériel dont il disposait lui-même, continuer le projet photographique, leur ouvrant la voie à un autre avenir que celui de la guerre des gangs. JR ne veut pas du sou- tien d’associations humanitaires ; son indépendance lui est chère et il finance lui-même ses interventions grâce à son travail en galerie. L’étonnante beauté des images qu’il nous livre émane sans doute de cette gratuité, un simple regard sur le monde.

Pour en savoir plus :

www.jr-art.net

http://jr.blogs.liberation.fr

http://www.kourtrajme.com

Ci-dessus. Projet Women à Kibera au Kenya. Plusieurs mois après l’intervention, les bâches sont encore là, protégeant les habitations de la pluie et du vent. À droite et pages d’ouverture. Favela Morro da Providência, Rio de Janeiro, Brésil/ Let’s do it.

vent. À droite et pages d’ouverture. Favela Morro da Providência, Rio de Janeiro, Brésil/ Let’s do

5.2009 :57

Chaumont

La 20 e édition du Festival international de l’affiche et du graphisme aura lieu cette année du 16 mai au 14 juin. L’occasion pour Étapes de dévoiler le programme.

juin. L’occasion pour Étapes de dévoiler le programme. Piotr Mlodozeniec Vanessa Verillon R2 design 80 graphistes,
Piotr Mlodozeniec
Piotr Mlodozeniec
Vanessa Verillon
Vanessa Verillon
dévoiler le programme. Piotr Mlodozeniec Vanessa Verillon R2 design 80 graphistes, 80 affiches et autant d’objets

R2 design

80 graphistes, 80 affiches et autant d’objets représentent le graphisme français de ces 25 dernières années :

Philippe Apeloig – Maria Arnold – Claude Baillargeon – Bernard Baissait – André Baldinger – Jean-Marc Ballée – Michal Batory – Ruedi Baur – Dirk Behage – Jean-Baptiste Blom – Michel Bouvet – François Caspar – Roman Cieslewicz – Cyril Cohen – Pascal C

Jan en Randoald I s i d r o F e r r e r

Jan en Randoald

Jan en Randoald I s i d r o F e r r e r À

Isidro Ferrer

À une époque où le graphisme, en tant que pro- fession tout autant que comme discipline de créa- tion contemporaine arrive à maturité, le Festival de Chaumont fête ses vingt ans. L’occasion pour le graphisme en France de se retrouver, de comp- ter ses acteurs et de dire leur valeur. L’occasion aussi de regarder vers l’avenir avec Code_source. Étienne Mineur, commissaire de l’exposition y dresse une frise chronologique du design d’in- teractivité et présente les projets actuellement menés par des professionnels et étudiants de premier plan. Dans les pages qui suivent, nous avons demandé à plusieurs d’entre eux de se pré- senter en quatre questions : leur parcours, leur projet, les quatre événements les plus marquants dans leur domaine et leur définition du design d’interactivité. Nous publions ici une partie de leurs réponses dont l’intégralité sera mise en ligne sur www. etapes.com en mai.

Tant pour les graphistes que pour la population locale, l’affiche du festival a toujours été sujet d’attention et de dis- cussions. Pour ses vingt ans, le festival témoigne de son attachement au sup- port et a commandé 20 affiches à autant de graphistes internationaux. Produite dans le cadre de la Commande publi- que du ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Champagne- Ardenne, cette série sera exposée dans les rues de Chaumont pendant le festi- val puis dans la France entière au cours de l’année 2009. L’affiche d’Henning Wagenbreth (voir p. 65) a été distinguée par un jury constitué du président, du vice-président et des DA du festival, d’une représentante de la municipa- lité, d’Anne-Marie Sauvage, d’Alain Le Quernec et d’Étienne Hervy.

Les 20 graphistes sélectionnés :

Reza Abedini (Iran) / Isidro Ferrer (Espagne) / Haichen Zhu (République populaire de Chine) / Jan en Randoald (Belgique) / Radovan Jenko (Slovénie) /Dima Kavko (Russie) / Alejandro Magallanes (Mexique) / Shin Matsunaga (Japon), Paulina Matusiak (Pays-Bas), Piotr Mlodozeniec (Pologne), Christoph Niemann (États-Unis) / Alexandra Noth et Megi Zumstein (Suisse) / Istvan Orosz (Hongrie) / Pony Ldt (Royaume- Uni) / R2 Design (Portugal) / Claudia Roethlisberger (Suisse) / Leonardo Sonnoli (Italie), Thonik (Pays-Bas) / Vanessa Verillon (France) / Henning Wagenbreth (Allemagne).

Colrat – Arnaud Corbin – Thomas Couderc – Sébastien Courtois – Paul Cox – Ronald Curchod – Pierre di Sciullo – Sylvain Enguehard – François Fabrizi – Laurent Fétis – André François – Vanina Gallo – Thomas Hirschhorn – Denis Imbert – Christophe Jacquet (T

5.2009 :59

Geoffrey Dorne

Votre parcours, votre fonction Voilà 5 ans que je suis étudiant en design graphique & multimédia à l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris (Ensad), je réalise mon diplôme cette année sur le thème du hacking citoyen. En dehors de ça, je suis designer graphique indépendant depuis 2 ans et également blogueur sur Graphism.fr et Jaffiche.fr

les puces RFID, une carte qui recense les emplacements des caméras de surveillance, etc., autant d’idées- objets qui permettent de retrouver un peu sa tranquillité.

Depuis les années 1950 quels sont les quatre événements les plus marquants dans votre domaine ? Trois événements majeurs, pour moi, se distinguent :

Un projet précis ou votre apport fut

l’invention du stylo Bic en 1953

décisif (intéressant, essentiel, original, imprévu)

l’e-mail en 1971 Google en 1998.

Mon projet de diplôme porte sur le hacking citoyen. Il est basé sur la manière dont le citoyen peut déjouer la surveillance omniprésente de l’État au travers de différents procédés, objets et autres prototypes. Un bonnet qui aveugle les caméras de surveillance, un dispositif qui brouille

Votre définition du design d’interactivité ? Pour reprendre cette expression, le design d’interactivité c’est le design du faire faire. Faire communiquer deux entités, faire interagir un objet avec un autre, faire réagir une foule

interagir un objet avec un autre, faire réagir une foule Jean-Jacques Birgé Votre parcours, votre fonction
interagir un objet avec un autre, faire réagir une foule Jean-Jacques Birgé Votre parcours, votre fonction
interagir un objet avec un autre, faire réagir une foule Jean-Jacques Birgé Votre parcours, votre fonction

Jean-Jacques Birgé

Votre parcours, votre fonction

– études de cinéma à l’IDHEC

– compositeur de musique (avec le

groupe Un Drame musical Instantané) -

CD-Rom en 1995 en tant que compositeur et designer sonore

– auteur multimédia dont le célèbre

Alphabet d’après l’illustratrice avec la

Tchèque Kveta Pacovska. - sur Internet

avec lecielestbleu.com, flyingpuppet.com

et somnambules.

– mes dernières aventures en art

numérique sont une longue collaboration avec le peintre Nicolas Clauss dans

le cadre de nos Somnambules, et avec

Antoine Schmitt pour Nabaz’mob, l’opéra de 100 lapins Nabaztag dont

nous sommes également les designers comportementaux et sonores.

– activités pédagogiques et mon blog quotidien depuis 4 ans

Un projet précis ou votre apport fut décisif (intéressant, essentiel, original, imprévu) ?

Parmi tous les projets où mon apport fut décisif, ce qui n’est pas difficile tant

le son est négligé dans tous les médias

audiovisuels, la conception de l’univers sonore du lapin communiquant Nabaztag

a été déterminante. J’ai décidé d’une voix féminine, découvert l’auteur et la voix du lapin dans les six langues développées, réalisé tout ce qui passe par le conduit auditif !

Depuis les années 1950 quels sont les quatre événements les plus marquants dans votre domaine ? J’ai acheté mon premier synthétiseur, un ARP 2600, en 1973, ce qui m’a permis de travailler en indépendant dès mes

débuts professionnels qui ont marqué

les débuts du home studio.

En étendant le traitement sonore

aux sons réels, les échantillonneurs ont étendu considérablement la palette du musicien contemporain.

Le séquenceur a révolutionné

la pratique de la composition, puisqu’on pouvait désormais tester ses élucubrations avant les premières

répétitions d’orchestre, et maintes

applications inventives ont transformé la musique.

Enfin il est évident qu’Internet m’a

permis de travailler chez moi, dans mon propre studio, sans avoir besoin de rencontrer mes clients. Je les vois seulement lorsque cela me fait plaisir ! Au-delà des innovations technologiques

impliquant des œuvres nouvelles, tous ces événements nous ont permis une indépendance salutaire.

Votre définition du design d’interactivité ?

L’interactivité consiste à confondre

l’interprète et l’utilisateur. Mon souhait

est de procurer à chacune et chacun le

même plaisir que j’ai de jouer avec mes machines, et ce sans apprentissage.

Le rôle du designer sonore est

d’apporter du sens et de l’émotion à un médium froid et désincarné en évitant autant que possible d’être illustratif, mais plutôt complémentaire. Le design interactif sonore souligne (validant les gestes de l’utilisateur) ou prend de la distance, invente des possibles que l’utilisateur s’appropriera. L’interactivité permet à l’utilisateur de prendre possession de l’objet abordé, ergonomiquement, confortablement et si possible avec créativité.

confortablement et si possible avec créativité. (Toffe) – Maroussia Jannelle – Sylvie Jupin –
confortablement et si possible avec créativité. (Toffe) – Maroussia Jannelle – Sylvie Jupin –

(Toffe) – Maroussia Jannelle – Sylvie Jupin – Guillaume Lanneau – Anne-Marie Latrémolière – Alain Le Quernec – Martin Lechevallier (Tamanoire) – Yann Legendre – Anette Lenz – Michel Lepetitdidier – Andrzej Lewandowski – Lucie Lom – Laurence Madrell

Jean-Louis Frechin / NoDesign.net

Votre parcours, votre fonction Fondateur et dirigeant de NoDesign.net, agence de design numérique spécialisée dans la création, l’innovation et les réflexions stratégiques centrées sur les pratiques et les usages des technologies de l’information et de la communication(IT). Lauréat de la Carte blanche du Via 2008, JlF est également impliqué dans les projets de développement de la recherche à l’ENSCI.

Un projet précis ou votre apport fut

décisif (intéressant, essentiel, original, imprévu). Wablog nodesignlab – Jean-Louis Frechin – Uros Petrevski. Wablog est une proposition d’objet

nouveau low-tech. [

]

Wablog, est

à l’âge du tout-technologique, et du

high-tech, un objet de communication primaire opéré par un humain. Wablog permet ainsi de manipuler sa représentation sur les réseaux : un

avatar temps réel, afin de communiquer par des gestes et des signes réduits

à l’extrême. Il permet d’exposer ou

de percevoir une présence avec les personnes qui nous sont proches ou de laisser des “signaux” sur l’un de ses réseaux. il permet également d’être averti d’une connexion ou d’un commentaire sur un de ces services. Wablog permet de communiquer avec recul et distanciation, de choisir d’autres filtres, d’autres focales, et d’autres profondeurs de champ. Il met en pratique les notions de présence plutôt que de télésurveillance. C’est la matérialisation humaine, légère, émotionnelle et diffuse des possibles du réseau : communication, information et interaction sociale. www.nodesign.net/wablog

Depuis les années 1950 quels sont les quatre événements les plus marquants dans votre domaine ?

Le Système des objets de Baudrillard qui annonce et critique la société de consommation.

Gabriel Jorby

et critique la société de consommation. Gabriel Jorby • La séparation de l’or et du dollar

La séparation de l’or et du dollar qui annonce la naissance de la société de l’immatériel et des échanges.

L’informatique personnelle avec

l’apparition des Micral, Apple II, IBM PC et autre TRS80 qui annonce l’augmentation des capacités et pouvoirs d’expression des gens.

1969, année de l’homme sur la Lune,

du transport de masse avec le 747, de l’hypervitesse avec Concorde et du monde en réseaux avec la connexion d’Arpanet, futur Internet, entre trois universités américaines. Les enjeux et les constituants du monde actuel.

Votre définition du design d’interactivité ?

Nous avons développé à l’agence et

dans notre enseignement une pratique

globale et holistique, le design numérique qui prend en compte le

contexte et les situations d’usages, les interactions c’est-à-dire la création de

relations ainsi que les représentations qui les font exister : forme, représentation symbolique, représentation sociale, etc.

“Le design numérique est une activité de conception généraliste qui s’attache, par ses capacités

à dialoguer avec l’ensemble des disciplines, à scénariser, à configurer

et à incarner dans une synthèse sensible les usages, l’expérience, les produits et services issus des technologies de l’information et de la communication. Le design numérique cristallise un dessein important. L’invention de “nouvelles matérialités”, conjonctions créatives, raisonnées, éthiques, culturelles et esthétiques de situations,

de représentations et d’interaction nouvelles pour l’homme et de son environnement”.

nouvelles pour l’homme et de son environnement”. Votre parcours, votre fonction DA pour les médias

Votre parcours, votre fonction DA pour les médias internet. Études de commerce et de marketing, puis travaille en Chine un an. DA conception de sites internet pour Le Figaro et Le Point. Repart s’investir en Chine cette année.

Un projet précis où votre apport fut décisif (intéressant, essentiel, original, imprévu) ? Lors de la nouvelle version du site internet du Point, beaucoup de maquettes ont été validées et en fin de production, vient la phase de tests du site. Dans ces moments-là, je me permets de passer la typographie du site à nouveau au crible, quitte à modifier celle-ci de manière drastique. Cette méthodologie de travail ne fonctionne que par contact rapproché du développement et de la DA.

Depuis les années 1950 quels sont les quatre événements les plus marquants dans votre domaine ?

Un format, le SWF, s’est imposé

comme le standard de publication de contenus multimédias depuis 1998,

ce fut le résultat d’un formidable jouet, l’outil de création lui-même. Alors que la plupart des concepteurs multimédias envisageaient l’interactivité vers une sortie sur CD-ROM, avec des langages puissants mais non exportables directement sur

le Web (Lingo avec Director), il fallait

concevoir un plug-in de navigateur internet pour afficher ses contenus. Fin des années 1996-1997, nous sommes où les plug-in font vraiment partie du paysage des navigateurs. Un peu comme une extension Firefox.

Molette sur la souris (fin des années

1990) lorsque la souris et le trackball ont été en conflit, et que le trackball

a commencé à disparaître, les

ingénieurs se sont demandés si le plus simple n’était pas de trouver une combinaison entre les deux. Inventée par Eric Michelman, cette molette a d’abord été conçue pour parcourir des documents Excel. Il s’était aperçu

qu’utiliser un joystick équipé de

molettes verticales et horizontales

le besoin d’instaurer des règles va

permettait de zoomer et de dézoomer

devenir pressant

et ne va plus

au sein des données. La solution a

s’arrêter.

ensuite été utilisée pour scroller au

sein d’autres documents. [

invention a considérablement modifié

notre façon de consulter les sites et la façon dont ils sont conçus. Les blogs et les sites de presse sont aujourd’hui

conçus dans la verticalité. Avec les interfaces comme celle de Google Earth, la fonction initiale du zoom de données reste d’actualité.

Hourtin. C’est en 1997 que la France

et ses politiques reconnaissent officiellement la fin du Minitel comme

unique et principale technologie de l’information, lors des conférences de l’Université d’été à Hourtin.

Les politiques concèdent qu’un mouvement est en marche avec Internet. Internet vit avec ses utopies, ses rêves et ses envies suscitées par la mondialisation. La démocratisation d’Internet commence, mais le commerce

électronique n’est pas entré dans

se sent dépassé,

les mœurs. [

]

Cette

]L’État

Votre définition du design d’interactivité ? Le design interactif, une discipline qui consiste à imaginer, penser et conceptualiser le comportement et les relations d’individus, non seulement vis-à-vis des machines, mais également vis-à-vis d’autres personnes.

machines, mais également vis-à-vis d’autres personnes. le – Malte Martin – Robert Massin – Fanette Mellier

le – Malte Martin – Robert Massin – Fanette Mellier – Pierre-Emmanuel Meunier – Rudy Meyer – Étienne Mineur – Annick Orliange – Muriel Paris – Gérard Paris-Clavel – Vincent Perrottet – Gérard Plénacoste – Jean-François Porchez – David Poullard – Fabri

5.2009 :61

Éric Viennot

Votre parcours, votre fonction Cofondateur et directeur de création de Lexis Numérique, un important studio de développement de jeux vidéo indépendants français. Game designer, j’ai créé Les aventures de l’oncle Ernest, une série de jeux pour enfants traduite en quinze langues.

Un projet précis ou votre apport fut décisif (intéressant, essentiel, original, imprévu) ?

[

2006), réalité et fiction se confondent. Contrairement à la plupart des jeux

vidéo, dans In Memoriam on est soi- même enquêteur d’un thriller interactif réaliste dont on a du mal à s’extraire, même quand on finit d’y jouer. Surfer sur de vrais sites, recevoir de vrais mails, de vrais SMS sur son téléphone, à n’importe quel

]Dans

In Memoriam I et II (2003-

moment, rend l’expérience de jeu plus immersive. L’utilisation des procédés cinématographiques et d’acteurs est une conséquence de ce choix. Il fallait que les joueurs aient l’impression que les héros existent ou aient existé. In Memoriam a été également pionnier en matière de jeux communautaires.

Depuis les années 1950 quels sont les quatre événements les plus marquants dans votre domaine ?

Le domaine des jeux vidéo a subi de profonds bouleversements depuis 30

ans. [

de quelque chose d’important, d’un art en devenir, qui n’a pas fini de nous étonner. Pas facile, dans cette histoire très dense, d’indiquer les quatre événements les plus marquants. l’apparition du premier jeu grand public (Pong) qui définissait déjà

]Nous

sommes au tout début

certains éléments de grammaire essentiels (place du joueur,

déplacement, trajectoire, game over,

dimension multi-joueurs

l’invention du joystick

l’apparition du premier jeu en 3D temps réel (Wolfenstein ?, Doom).

l’apparition des jeux en ligne massivement multi-joueurs,

l’invention de la Wiimote.

)

Votre définition du design d’interactivité ? Un design qui invite le spectateur à prendre les commandes, un design travaillé de telle sorte qu’il lui permette de passer du rôle de spectateur passif et souvent contemplateur, dans lequel il était cantonné dans le design classique, au rôle d’acteur, de joueur, de metteur en scène, voire de créateur.

de joueur, de metteur en scène, voire de créateur. Projet MÜ Votre parcours, votre fonction •

Projet MÜ

Votre parcours, votre fonction

Béatrice Lartigue, conceptrice/

réalisatrice multimédia DA junior au sein de l’agence Hyptique. www.epure.it

Pierre Thirion, concepteur/

réalisateur multimédia graphiste/

animateur freelance et designer interactif au sein du collectif LAB212. www.21h42.fr www.lab212.org

Wahiba Khadri, développeur pour le studio Madewithlove. www.doublevk.com

Erik Escoffier, Lead développeur, développeur multimédia au sein de l’agence Qi-Ideas. www.neriksworkshop.com

Simon Doury, Designer +

Développeur Flash (AS3, Flex) et graphiste pour l’agence interactive 5 meGauche.

www.alma-vogler.com

Un projet précis ou votre apport fut décisif (intéressant, essentiel, original, imprévu) ? Projet réalisé durant la formation CRMA aux Gobelins durant 9 mois (en apprentissage 1 semaine/2). Complémentarité des 3 développeurs pour : “rendre la technologie transparente” et des 2 graphistes afin de : “créer un univers ludique et poétique”. L’objectif : “mettre instituteur et élèves sur un même pied d’égalité”. Moyens et méthodologie mis en œuvre : documentation approfondie sur la cible (enfants de 5 à 6 ans), visites d’ateliers et d’écoles,

et parcours utilisateurs, production

et enfin tests utilisateurs. Puis, validation par l’école maternelle partenaire et validation auprès de l’équipe pédagogique des Gobelins.

Depuis les années 1950 quels sont les quatre événements les plus marquants dans votre domaine ?

portabilité/miniaturisation des

ordinateurs déplacement des lieux et

temps de consultation, accès constant et immédiat, développement

d’activités ludiques

réalité augmentée : superposition

d’un monde imaginaire à la réalité, création d’un univers “des possibles”.

multiplication des outils/services en ligne gratuits (Netvibes, GoogleMaps) adaptation et redéfinition des contenus proposés, vision globale et sélective, nouvelle compréhension de notre environnement

apparition des blogs

développement de la liberté d’expression, création, appropriation et personnalisation du contenu, le visiteur devient acteur (commentaires), questions sur l’authenticité et la confidentialité des contenus.

Votre définition du design d’interactivité ?

design : qui traduit une forme dans son rapport à sa fonction

interactivité : qui prend en compte

l’utilisateur (son expérience et son usage) dans un contexte donné

(son expérience et son usage) dans un contexte donné Fabrice Praeger – Michel Quarez – Stéphane
(son expérience et son usage) dans un contexte donné Fabrice Praeger – Michel Quarez – Stéphane
(son expérience et son usage) dans un contexte donné Fabrice Praeger – Michel Quarez – Stéphane
(son expérience et son usage) dans un contexte donné Fabrice Praeger – Michel Quarez – Stéphane
(son expérience et son usage) dans un contexte donné Fabrice Praeger – Michel Quarez – Stéphane

Fabrice Praeger – Michel Quarez – Stéphane Robert – Étienne Robial – Grégoire Romanet – Thierry Sarfis – Raymond Savignac – Mathias Schweizer – Bruno Souêtre – Loran Stoskopff – Frédéric Teschner – Thérèse Troïka – Jeanne Verdoux – Vanessa Verillon –

Abstractmachine

Votre parcours, votre fonction Artiste d’origine américaine, Douglas Edric Stanley est professeur d’Arts numériques à l’école supérieure d’art

d’Aix-en-Provence où il intervient dans des champs tels que l’esthétique informatique, l’interactivité, la robotique et la programmation. Il a participé en tant qu’artiste

à de nombreuses expositions liées

à l’art informatique. Actuellement,

il travaille sur les questions liées

à la physicalisation d’un monde

de plus en plus algorithmique.

Un projet précis ou votre apport fut décisif (intéressant, essentiel, original, imprévu) ? Le projet Cubed (³) a été conçu comme une nouvelle forme d’interface de programmation. Je me pose la question de l’après-code, c’est-à-dire de la possibilité de faire de l’algorithme autrement, y compris

avec des interfaces physiques. Je ne suis pas le seul à me poser cette question, loin de là. De Guitar Hero aux interfaces multi-touch, il n’est question finalement que de ça. Je cherchais un objet qui serait lui-même un objet hautement

algorithmique[

l’avantage de condenser des choses intéressantes pour la manipulation d’algorithmes : jeu, couleur, permutation, motifs, forme, orientation. Mais avant tout, et voici où il devient essentiel pour l’informatique : c’est une véritable machine “à état”. Un des problèmes que j’ai rencontré en transformant le Rubik’s Cube en interface concernait la visibilité de son état : comment connaître l’état du Rubik’s Cube dans son ensemble ? Du coup, j’ai introduit un élément d’interface qui m’intéresse depuis longtemps : le son. Il m’aide à “sentir” l’état de l’objet dans son ensemble.

Et c’est ici que l’ontologie de mon objet s’est transformée : en calant un son sur chaque case du Rubik’s Cube selon sa couleur, j’ai une nouvelle forme

d’instrument

séquenceur temps réel à 6 pistes.

]

Le Rubik’s Cube a

le Rubik’s Cube comme

Depuis les années 1950 quels sont les quatre événements les plus marquants dans votre domaine ?

Ivan Sutherland ; Sketchpad

Avant la souris, il y a eu le “light-pen”, qui permettait de dessiner directement sur l’écran, tel un stylet sur Palm Pilot dans les années 1990 ou aujourd’hui le doigt sur iPhone. Mais encore plus important

que cette interface physique était

le célèbre logiciel qui s’en servait, le “Sketchpad”, qui dès 1963 avait posé la plupart des concepts de base de la quasi-totalité des logiciels graphiques

en vigueur aujourd’hui [

Myron Krueger ; Videoplace (1972)

C’est génial de pouvoir interagir avec un clavier et une souris et ça me permet plein de choses, mais franchement ça me fait bien chier aussi. J’écoute du MP3 toute la journée, mais je dois rester assis car ma machine est configurée pour une des postures les plus dépressives de l’histoire humaine : un pauvre type confiné à son bureau. Dès 1972, Myron Rueger propose un autre modèle :

l’interaction gestuelle, voire corporelle.

]

Il s’agit de l’EyeToy des années 1970. Son dispositif est simple : une caméra pointée vers un fond illuminé transforme tout ce qui se trouve devant en silhouette. À partir de là, divers algorithmes détectent les éléments saillants de cette forme en noir et blanc (bitmap) : un angle très court serait par exemple la pointe du

doigt et permettrait de dessiner des

formes ou jouer avec des objets. [

Seymour Papert ; Logo (1967)

Presque tous les jours, j’ouvre un petit environnement de programmation

graphique Processing pour tester diverses idées. C’est une merveille que tout graphiste devrait au moins essayer une fois dans sa carrière. Mais pour que Processing puisse voir le jour, il a fallu quelque 30 années auparavant un petit langage pour enfants nommé Logo. Logo est un environnement de programmation

graphique basé sur l’idée d’une petite tortue (virtuelle ou physique, peu importe) qui se balade avec un stylo sur la queue. En donnant des instructions minimes (avancer, tourner 30° à gauche, avancer) on dessine des formes. Le langage est très simple, et n’importe qui peut l’apprendre en quelques minutes. Mais à l’intérieur de cette simplicité charmante se cache une des forces redoutables de la programmation :

la récursivité. Je peux dessiner un pétale qui peut ensuite être démultiplié pour assembler une fleur qui peut être démultipliée pour assembler un champ de fleurs, qui peut former à son tour une forêt, puis une planète, puis une galaxie,

etc. [

les années 1970 : si on veut faire des ordinateurs puissants, il faut donner comme cible un utilisateur de 10 ans.

Si un enfant peut commander un

ordinateur dans toute sa puissance, n’importe qui pourra le faire.

Steve Russell, et. al ; Spacewar !

(1962) Spacewar ! annonce l’introduction d’une nouvelle scène théâtrale sur fond intergalactique :

celle d’une lutte à mort, autrement dit, le jeu vidéo. L’importance ici n’est pas la forme graphique désincorporée qui me réincorpore telle une marionnette dans un espace céleste, mais plutôt la forme qui réside à l’intérieure d’elle :

c’est-à-dire son comportement programmé. Je suis en relation avec une forme comportementale – je joue directement avec le programme. La forme graphique du jeu vidéo n’est quasiment rien sans ce comportement qui tend vers l’autonomie. Je ne contrôle plus la machine dans sa totalité. La scène de cette lutte est désormais la destination de l’image qui annonce dès lors sa mutation :

l’image vibre, la forme graphique grogne, et si je ne me tire pas de là

− et vite ! − elle risque de me faire exploser (kaboom !). C’est du coup non pas la communication entre les humains qui est visée, mais la communication avec une autre espèce, celle de la machine et c’est elle qui tire les ficelles de la mise en scène.

]

].

Alan Kay l’avait prédit dans

Votre définition du design d’interactivité ? Le design d’interaction concerne notre expérience sensorielle du monde.

concerne notre expérience sensorielle du monde. Longtemps on a défini cette expérience comme étant celle
concerne notre expérience sensorielle du monde. Longtemps on a défini cette expérience comme étant celle

Longtemps on a défini cette expérience comme étant celle de la communication entre les êtres humains : l’être humain avec lui- même, et aujourd’hui de plus en plus

l’être humain avec la nature, l’être

humain avec les autres espèces, l’être humain avec la mémoire et les idées, etc. Mais la communication n’est qu’une partie de cette interaction qui passe néanmoins, et tout d’abord, par une interaction humain-machine. Il s’agit d’une modification de l’expérience sensorielle et de sa mise en relation avec de nouvelles formes

de pensée. [

me gêne parce qu’elle n’assume pas suffisamment ce projet anthropologique auquel le designer se livre (forcément). On n’est pas devant une surface neutre de communication désintéressée, nous designons et désignons notre monde d’action et de perception de demain, notre “Umwelt”. C’est une lourde responsabilité. Il reste enfin la forme particulière de cette modification, que j’identifie comme l’introduction massive des formes algorithmiques dans le quotidien. C’est pour cela qu’on a besoin d’autant d’appareils et de médias asynchrones : la machine travaille si vite et sous des formes si étranges qu’il faut du temps tout simplement pour les percevoir. Le designer doit gérer ces nouvelles temporalités, les rendre compatibles, mais aussi agréables, voire jouissives – allons, sublimes ! – vis-à-vis notre appareil

psycho-sensitif.

]

L’idée de l’interface

appareil psycho-sensitif. ] L’idée de l’interface – Jean Widmer – Catherine Zask – Antoine + Manuel

– Jean Widmer – Catherine Zask – Antoine + Manuel – Atelier de Création Graphique – Change Is Good – Devalence – Docteur pêche – Fabrication Maison – Fauchère/Corbin – Grapus – Gusto – La Fabrique d’Images – Labomatic – Les Arpètes – Les Graphistes A

5.2009 :63

i manifestation 1 concours p conférence b exposition

Les Silos / Maison du livre et des affiches /

La chapelle des Jésuites

Maison du livre et des affiches / La chapelle des Jésuites b Graphisme in France Présentation
Maison du livre et des affiches / La chapelle des Jésuites b Graphisme in France Présentation

b Graphisme in France

Présentation d’un objet graphique propre à

chacun des 80 graphistes exposés.

b Les Plus Beaux Livres français

Expositions des affiches des Lauréats du Concours

2008 des “Plus Beaux Livres français”.

Sernam

Conférence-débat autour du graphisme français

vu de “l’extérieur” de 14 h à 17 h au Sernam avec

Caroline Glazenburg et Xavier Alamany, les 20

graphistes sélectionnés cette année, les anima-

teurs des ateliers, et le jury des concours.

b Code_Source

État des Lieux sur les pratiques contemporaines

du design interactif réalisé par Étienne Mineur.

Hôtel de Ville

b 20 affiches pour une 20 e édition

Exposition des affiches de 20 graphistes sélec-

tionnés pour les 20 ans du festival.

b 19 Affiches depuis 1990

Exposition des affiches des 19 éditions précédentes.

Espace Public

b L’Encroyable / Inkredible

Installation de Fanette Mellier mettant en scène

une page à échelle humaine.

Mellier mettant en scène une page à échelle humaine. b Dutailly dans la rue Exposition d’affiches

b Dutailly dans la rue

Exposition d’affiches de la fin du xix e siècle issues

de la collection de Gustave Dutailly dans 4 lieux

de la ville.

la collection de Gustave Dutailly dans 4 lieux de la ville. b Parcours d’affiches Affichage de

b Parcours d’affiches

Affichage de 15 panneaux géants, 6 m sur 4 m, sur

les murs de la ville proposant une lecture d’ima-

ges emblématiques de l’Histoire du graphisme.

Entrepôt des Subsistances

b Concours International d’affiches

Exposition d’une sélection des affiches reçues

cette année.

p Remise des prix

En présence d’un jury composé de 5 graphistes de

renommée internationale, et représentatif de 4

continents et d’un Excellence Award ICOGRADA,

le même jour.

Jury : Gert Dumbar (Pays-Bas) / Sadik Karamustafa

(Turquie) / Woody Pirtle (États-Unis)/ Koichi Sato

(Japon) / Garth Walker (Afrique du Sud).

Concours “Étudiants, tous à Chaumont !”

Exposition d’une sélection des affiches reçues

dans le cadre du concours étudiant 2009 sur

le thème “Avoir 20 ans”.

Samedi 16 mai : Remise de trois prix.

Jury concours étudiant : Nawal Bakouri (France) /

Manuel Delannoy (France) / Pascal Humbert

(France) / Alex Jordan (France) / Anaïs Lancrenon

(France).

Workshops

Sur le même thème, le festival accueille 7 works-

hops animés par Jocelyn Cottencin (France), Flag

(Suisse), Eva Kubinyi (France), Tania Mourinho

(Allemagne), Hugo Puttaert (Belgique) et Frédéric

Teschner (France). 105 étudiants du monde entier

seront réunis pendant trois jours pour concevoir

et réaliser une affiche.

Espace Bouchardon

i 7 e Salon de l’édition graphique Rencontres autour de l’édition et de la création, le samedi 16 mai de 11 h à 20 h et le dimanche 17 mai de 10 h à 17 h

Collège Camille Saint-Saëns

i Pixel Factory

Installations, visites virtuelles, expositions, échan-

ges autour du champ du multimédia, le samedi 16

mai de 11 h à 23 h et le dimanche 17 mai de 10 h à

17 h.

Avec : Superscript 2, Ic&k et Frédéric Dubouchet,

Laborama, le BTS multimédia de Chaumont, la

licence UFR de Reims, Denis Lecocq, Numo et le

collectif Troglodyte.

Nous sommes heureux qu’Étapes soit partenaire du festival et espérons vous y rencontrer lors du week-end d’ouverture. Le catalogue sera publié aux éditions Pyramyd.

Associés – Lieuxcommuns – M/M – Nous Travaillons Ensemble – Péronnet/Van Rooijen – Polymago – Presse-Papier – Tatum – Tout Pour Plaire – Verdet/Lakits – Vier5

à leur avis

par charlotte cheetham

Le terrain d’activité du designer graphique ne se limite pas au design graphique

Les designers s’engagent et prennent des risques en élargissant le domaine d’application de leurs recherches et de leurs réflexions à d’autres disciplines et d’autres activités, telles que l’art contemporain, l’écriture, le commissariat, l’événementiel, les nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’édition, la diffusion… Via ces activités, les graphistes poursuivent, approfondissent ou engagent de nouvelles problématiques, légitimes par leur rôle politique et esthétique ainsi que par leur capacité d’analyse, de théorisation, de critique et de réflexion en tant que designer graphique. Fait logique même, le graphisme n’est-il pas directement imbriqué, et d’importance non discutable, dans tous ces champs disciplinaires : on peut le penser. Huit designers graphiques nous présentent leur projet, leur démarche, et témoignent de leur “transdisciplinarité” active.

art of music galleri steinslandberliner, stockholm
art of music
galleri steinslandberliner, stockholm

Art of Music / Ill Studio (Thomas Subreville)

www.ill-studio.com

La problématique d’un graphiste qui étend son champ d’action à d’autres types de “métiers” n’en est pas vraiment une pour ma part, étant donné que je ne considère pas le graphisme comme mon métier. D’ailleurs, je ne crois pas avoir un métier. Si j’étais dans le cinéma, je dirais que j’en ai plusieurs, mais je préfère dire que je n’en ai pas pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais suivi aucun cur- sus “scolaire” dans le but d’exercer une profession bien précise (comme la plu- part des membres de notre studio). Nous avons fait tout un tas de choses aupara- vant et ce que nous faisons aujourd’hui est le résultat d’une accumulation d’expérien- ces personnelles. Un projet comme Art of Music est une extension naturelle de notre activité qui n’est non pas délimitée par un métier

bien précis, mais par un fonds culturel commun. Le graphisme, l’édition, le com- missariat sont simplement des outils qui permettent de donner une forme à une idée de fond. Que nous fassions un maga- zine, organisions une expo ou sortions un disque, comme nous allons le faire d’ici peu, c’est exactement la même chose, du moment que nous le faisons avec la même approche. En d’autres termes, graphiste,

c’est un métier que l’on exerce parce qu’il

a bien fallu en choisir un, au même titre

que pâtissier. Après, il y a ceux qui se contentent de faire des tartes à la fraise

et d’autres qui étendent leur savoir faire

à d’autres sphères. C’est une question de

vision globale et de libido culturelle, mais ça, on ne l’apprend pas à l’école. D’ailleurs un graphiste pourrait faire un très bon pâtissier, pour peu qu’il soit gourmand…

un très bon pâtissier, pour peu qu’il soit gourmand… Sang bleu / Maxime Buechi www.maximebuechi.com http

Sang bleu / Maxime Buechi

www.maximebuechi.com

http ://sangbleu.com

Sang bleu est né à Londres en 2004. C’est une publica- tion proposant une vision expérimentale et contem- poraine des notions de style et de culture. Rejetant les usuelles segmentations et catégories. Le position- nement de Sang bleu est de mêler art contemporain, mode, mais aussi tatouage, fetish et autres “sous-cultu- res” pour décrire les individus et sociétés urbaines. Ma motivation est la frustration. Ou plusieurs frus- trations, mais, entre autres, celle du statut très pro- blématique du graphiste “auteur”, comme il en sort tant des écoles d’art. Car la réalité est souvent très différente de ce qu’on imagine durant ses études, et je me suis rendu compte que malgré mon intérêt pour l’esthétique graphique et typographique, l’aspect de service qui au fond est la principale distinction entre design et art plasticien, ne me plaisait pas. De plus, je me suis simplement rendu compte que pas mal de domaines d’application du graphisme ne m’intéres- saient pas et que mon intérêt se portait surtout sur le papier et le magazine à cause de leur rôle social et de leurs qualités de vecteurs de sens littéraire et artis- tique. J’ai aussi toujours eu un faible pour l’image photographique, or elle n’est que marginalement pré- sente dans le corporate design, par exemple. J’ai assez vite, après mes études, eu l’opportunité de déménager à Paris et ensuite à Londres, où j’ai décou- vert la réalité des professions du magazine, ce qui m’a beaucoup plu. Actuellement, je ne travaille pra- tiquement plus comme graphiste. Je suis tatoueur, type-director (pour B&P), éditeur et enseignant. Le seul graphisme que je fais est celui de mes propres projets, ou alors, j’interviens plutôt comme art direc- tor ou creative director sur des projets de communica- tion d’une certaine ampleur, ce qui me convient bien mieux. Je développe aussi en parallèle une activité de commissaire pour des expositions d’art, et je com- mence aussi à éditer des livres d’art et essai. Toutes ces choses fonctionnent de manière très cohérente. En conclusion, Sang bleu est une sorte de manifeste, de positionnement qui représente la manière dont peuvent s’articuler ces domaines. C’est une sorte de Gesamtkunstwerk (“œuvre d’art totale”) dont je maî- triserais le fond et la forme, tout en étant une vitrine pour mes activités de DA, de commissariat, pour la fonderie, etc. Je me considère très chanceux d’avoir pu transformer ces frustrations en épanouissement !

Call Me I’m an Artist / Alexandra Ruiz

www.madameparis.com / www.naphtaline.li/blog/call-me-im-an-artist

Le projet est né d’une rencontre fortuite. J’avais depuis quelque temps l’envie de mener un projet plus ancré dans les arts visuels et qui aurait une certaine uti- lité. En rencontrant Sandro Santoro (de Naphtaline, association dont un des buts est de faire de la promotion artistique), nous avons spontanément décidé de créer un projet ensemble, et c’est ainsi que Call Me I’m an Artist est né. En décembre 2007, alors que Madame Paris travaillait pour les Urbaines (festi- val des créations émergentes à Lausanne, Suisse), l’idée est venue de faire un hap- pening. Nous avons acheté une page dans le programme du festival où nous avons écrit : Call Me I’m an Artist et un numéro de téléphone portable. L’idée était que des gens appellent ce numéro et puissent par- ler à un artiste, lui poser des questions, etc. Le téléphone a circulé pendant un mois dans les mains d’une dizaine d’artis- tes de domaines différents (architecture, littérature, design, photographie). Ensuite, au bout d’un mois, l’identité des artistes a été révélée sur le site de Naphtaline. À la suite de cet événement, nous avons commencé les expositions : une série d’“expositions-éclairs” ne durant que 24 heures (le vernissage a lieu le vendredi à 18 heures et l’exposition se termine le lendemain à 18 heures), ce qui permet à l’artiste d’être présent sur le lieu durant toute la durée de l’exposition. Dans le cadre de ce projet, nous mettons à la dis- position de l’artiste l’espace et notre temps (pour le montage de l’exposition, la promo- tion, l’accueil durant l’exposition). Mais on laisse l’artiste totalement libre, il n’y a pas

de volonté de commissariat, si ce n’est par le choix de l’artiste, qui doit être un artiste local, et qui ne serait pas encore associé à une galerie. En revanche nous avons essayé de diversifier notre approche en exposant des plasticiens, des photogra- phes, des designers et aussi bien des hom- mes que des femmes. Je vois ce projet comme une activité tota- lement distincte de ma pratique. Cela me donne l’occasion de changer de rythme et surtout de fonction. Je ne produis plus, je me mets au service de la création d’un tiers. Cette dimension altruiste est impor- tante et tranche radicalement avec mon activité de designer, où l’égocentrisme est très présent. Il y avait aussi une volonté de faire découvrir l’art à des gens qui pous- sent rarement la porte d’une galerie d’art contemporain. En faisant des expositions dans notre atelier, cela permettait à nos proches de s’intéresser à la jeune création de manière simple et conviviale. Forcément, il y a des fois où les deux acti- vités entrent en conflit, et où trouver du temps pour Call Me I’m an Artist est diffi- cile, car le temps que j’utilise pour le pro- jet se fait au détriment de Madame Paris. Mais finalement, l’investissement est moindre par rapport à l’enrichissement que ce projet a pu nous apporter. Non seu- lement cela permet de voir le processus créatif d’artistes de plus près et de ren- contrer des personnes en dehors de son propre champ d’activité, au final cela sert aussi pour sa propre promotion artisti- que, et peut être un sérieux avantage pour de futurs projets. Ne serait-ce que par l’agrandissement de son réseau.

L’Apprenti exposition de laurent Kropf
L’Apprenti
exposition de laurent Kropf
de son réseau. L’Apprenti exposition de laurent Kropf Rendez-vous sauvage / À 2 c’est mieux www.a2cestmieux.fr

Rendez-vous sauvage / À 2 c’est mieux

www.a2cestmieux.fr

http ://rendez-vous-sauvage.fr

Notre activité artistique est totalement complémen- taire à notre profession. Nous ne nous considérons pas comme graphistes mais comme directeurs artis- tiques ayant une vue d’ensemble sur les projets dans lesquels on s’engage. Cette posture globale nous inté- resse au plus haut point car elle nous pousse à avoir un avis, une idée, un regard sur les moindres détails. Car bien au-delà du graphisme pur, nous aimons travailler le sens de la formule, prendre des décisions et devoir imaginer de nouveaux concepts au service d’une marque, d’un événement ou d’une exposition. Le métier de directeur artistique est très stimulant, car il permet de s’immerger dans des univers très différents du nôtre. Depuis le début, l’organisation de projets collectifs est une donne essentielle de notre activité. Nous aimons fédérer des créateurs venant d’horizons très divers comme les arts plastiques et appliqués, la sculpture, la vidéo, l’illustration ou la mode. C’est ce que nous mettons en œuvre avec l’aven- ture Rendez-vous sauvage, qui est une opportunité formidable de rassembler des artistes autour d’un projet 100 % indépendant. Main dans la main avec Jade Fourès-Varnier, nous avons défini le nom et le logo de l’événement, le thème et le titre de chaque exposition et une programma- tion sur plusieurs mois. Les événements sont toujours accompagnés d’un poster et d’une identité originale, déclinée sur les flancs du camion, dans la scénogra- phie et les accessoires. Pour chaque rendez-vous, de jeunes artistes sont invités soit à s’exprimer libre- ment autour du thème proposé soit à présenter une œuvre unique ou multiple dans le camion. À la base, le cabinet de curiosités mobile a été imaginé par Jade Fourès-Varnier pour présenter ses sculptures et faire intervenir de jeunes créateurs. Le concept de Rendez-vous sauvage est basé sur l’ouverture, la spontanéité et une certaine joie de vivre, le postulat de base étant : Si tu ne viens pas à l'art, lart viendra à toi. Nous agissons dans le cadre de rendez-vous cultu- rels officiels (la FIAC, la Force de l’art, Nuits sonores, etc.) mais nous stationnons dans la rue et cela attire un autre type de public, plus diversifié que celui que l’on trouve dans les musées. L’idée est de profiter du rayonnement d’un événement de grande ampleur pour promouvoir des artistes de notre génération. Il faut bien noter que Rendez-vous sauvage n’est pas une activité visant à contrer les méthodes de présen- tation classiques. Il vaut mieux l’appréhender comme un complément aux expositions, un angle de vue ori- ginal et indépendant.

5.2009 :67

Étienne Mineur

www.mY-os.net/blog

Pourquoi as-tu monté ce projet ? Différentes raisons : la première, j’adore tester plein de nouveaux softs, techno- logies, gadgets… et donc il y a cinq ans j’ai installé un moteur de blog pour voir un peu comment ça marchait. La deuxième raison, à l’époque j’étais maître de conférence à l’école Louis-Lumière et je faisais des conférences sur les généri- ques de films, l’animation expérimentale, le design interactif… et j’ai commencé à mettre en ligne sur mon blog les références, les images et les liens de toutes les réfé- rences que j’utilisais afin de faciliter un peu la vie des étudiants. Troisième raison, ce blog se nomme “archive”, il s’agit avant tout de mon pense- bête, de mes bookmarks… et il me semblait très facile de mettre cela en ligne afin d’y revenir très facilement. Il m’a fallu atten- dre presque un an avant de comprendre que ce blog était lu par d’autres personnes que mes étudiants et moi. Fin 2005, très énervé par une série de logos catastrophiques dont nos agences de communication ont le secret, j’ai écrit un billet intitulé “Le grand bêtisier graphique de cette année 2005 1 ”, et j’ai eu très rapide- ment un grand nombre de commentaires, me montrant que ce blog était lu par de nombreuses personnes (ce qui n’était vraiment pas mon but au départ). J’ai aussi compris l’intérêt d’un blog : ses commentaires et les discussions qu’il peut susciter. Quel est ton propos ? Le design graphique lié aux nouvelles technologies avec soit des exemples que je trouve très bien, soit des pistes que j’essaye de développer, et aussi des réac- tions à chaud (j’aime bien râler). Cette activité est-elle pour toi complémentaire à ta profession, le graphisme, ou en est-elle au contraire distincte ? C’est totalement lié à mon activité, par contre, je ne montre que très rarement mes travaux, ce blog n’est pas mon portfolio ou un site vitrine.

ce blog n’est pas mon portfolio ou un site vitrine. The Names (composé par wayne daly).
ce blog n’est pas mon portfolio ou un site vitrine. The Names (composé par wayne daly).

The Names (composé par wayne daly).

Comment concilies-tu les deux ? Très mal, en ce qui concerne mon plan- ning, je fais de plus en plus de conférences ou des débats, mon blog me permet de mettre à jour mes notes, rassembler des idées, tester certaines idées avec les com- mentaires qui suivent un billet, bref ce blog devient un outil pour mon travail. Quel enrichissement, pour l’une et l’autre de tes activités, cela entraîne-t-il ? Cela permet de mieux articuler mon tra- vail et surtout mon discours, je suis très lent à écrire (écrire est vraiment un cal- vaire pour moi). Je suis assez à l’aise à l’oral (bref super-bavard), et écrire per- met de mieux me concentrer et réfléchir un peu avant de parler. Le blog ne m’a jamais ramené de travail en tant que gra- phiste, mes clients ne lisent jamais mon blog (ils ne savent même pas qu’il existe souvent), par contre les autres graphis- tes, designers… autour de moi le lisent souvent, cela permet d’échanger pas mal d’idées. J’ai aussi pas mal de gens qui m’envoient des liens, des références pour voir si je peux en parler sur mon blog (on commence à connaître mes obses- sions : le site web de la SNCF et l’histoire des jeux vidéo). Par contre, le blog m’a ouvert de nouvelles pistes, j’ai commencé à écrire pour des revues comme Magazine (sur les logos), pour Amusement, Étapes, pour d’autres blogs comme Fluctuat… je m’occupe d’une exposition pour le Festival de Chaumont (voir page 58) et j’enseigne de plus en plus, on me demande aussi de faire des conférences sur des thèmes beaucoup plus large que mon propre travail (je pré- fère parler du travail des autres)… bref des choses qui au début n’était pas du tout prévues. J’ai aussi pu rencontrer dans “la vraie vie” beaucoup de gens grâce à ce blog.

1. www.my-os.net/blog/index.php?2005/12/

14/200-le-grand-betisier-de-cette-annee-2005

For Further Information / Wayne Daly

www.forfurtherinformation.org

L’idée de For Further Information (FFI) est venue d’un besoin de trouver un moyen pratique de publier des ouvrages bon marché sur l’art, le langage et des inté- rêts connexes, avec des amis et des collaborateurs, sans avoir à investir beaucoup d’argent, et qui soit facile à monter, concevoir, imprimer et distribuer. L’impression à la demande semblait être le moyen le plus approprié, ainsi qu’une manière pour moi de voir ce qui pouvait être fait avec cette nouvelle ressource, une chose que j’avais eu envie de faire depuis quel- ques années, mais pour laquelle je n’avais jamais vrai- ment trouvé les projets commerciaux adéquats. Parallèlement à mon travail pour AA Studio et Bedford Press, j’ai une activité qui n’est pas centrée sur le revenu. En ce sens FFI correspond peut-être à un modèle de micro-imprimerie, publiant chaque année une toute petite quantité de livres (moins de cent copies) pour un très faible (voire aucun) profit. J’ai fixé le prix de vente des livres presque au niveau du coût de production pour m’assurer qu’ils soient le plus abordable possible – c’est important pour moi, et ça l’est encore davantage dans le climat économi- que actuel. Mon principal intérêt dans l’utilisation de l’impression à la demande est de m’obliger à travailler dans un cadre strict et me plier volontairement à des conditions de production rudimentaires, par égard au contenu. La qualité de l’impression et des finitions ne fait pas partie de mes priorités avec FFI. Je souhaite au contraire éviter tout excès et promouvoir l’utilisa- tion de l’essentiel. L’impression à la demande répond parfaitement à ces conditions. Le deuxième intérêt est de tester des méthodes de distribution alternatives : la chaîne principale, pour l’instant passe par lulu.com ; je suis curieux de voir comment cela fonctionne, surtout que je ne suis pas du tout impliqué dans le processus de commande et d’impression. Cette absence partielle de maîtrise constitue pour moi l’aspect le plus stimulant du projet. FFI complète mes rôles chez AA ; où je travaille avec Zak Kyes, Claire McManus et Phil Clatworthy. Notre investissement commun dans la publication à petite échelle et notre engagement à bouleverser le proces- sus montage/conception/production se reflètent dans les attributions de FFI : les modes de production sont peut-être différents, mais les ambitions restent les mêmes. Je n’en suis qu’à mes premiers balbutiements avec FFI, mais mon implication dans ces deux projets séparés mais néanmoins d’objectifs apparentés aura je l’espère un effet bénéfique mutuel.

Jérôme Saint-Loubert Bié

http ://jslb.fr

Après des études d’art à CalArts, je mène en parallèle une activité d’artiste (repré- senté par la galerie Cardenas Bellanger) et de designer de livres d’art contempo- rain (notamment pour des catalogues de Claude Closky, Jonathan Monk ou Tatiana Trouvé). Ces deux pratiques se nourrissent réciproquement et me permettent d’abor- der de manière différente les mêmes cen- tres d’intérêt. J’ai également eu l’occasion de mener des projets éditoriaux (comme Irrégulomadaire), et aussi de travailler comme photographe. J’enseigne depuis sept ans le design gra- phique à l’école des beaux-arts de Rennes, et cette activité m’a amené à m’intéres- ser de plus près au travail d’autres gra- phistes et à concevoir des expositions comme “Earthquakes & Aftershocks, les affiches du California Institute of the Arts 1986-2004” et “Doubles Pages, 50 gra- phistes, 100 livres d’art, 10 ans”. Par leur contenu, ces expositions sont directement liées à mon travail de graphiste, mais la manière dont j’ai cherché à les aborder recoupe mes préoccupations d’artiste. Celles-ci se focalisent sur les conditions de diffusion de l’art par la documentation et les moyens de reproduction, en ques- tionnant les notions d’auteur, de collec- tion et d’archive. “Earthquakes & Aftershocks” (2005) pré- sentait une sélection d’affiches d’étu- diants de CalArts qui annonçaient des conférences sur une période de vingt ans. Cet ensemble, tout en regroupant des travaux graphiques particulièrement remarquables, constituait rétrospective- ment une documentation des activités de cette école. Pour “Doubles Pages”, que j’ai organisé avec Christophe Keller et Catherine de Smet en 2008, nous avons sollicité une cin- quantaine de graphistes impliqués dans

le domaine du livre d’art contemporain. Nous leur avons demandé de choisir et de photographier une double page dans deux livres d’art récents qui leur semblaient les plus aboutis visuellement et conceptuelle- ment. L’idée était de produire une collec- tion d’images, une sorte d’“instantané” de l’état du livre d’art contemporain du point de vue de graphistes. Ayant moi-même souvent photographié des livres dans mes projets artistiques, j’étais curieux de voir ce que d’autres feraient en partant de ce principe, les ouvrages qu’ils sélec- tionneraient et la manière dont ils les photographieraient. D’abord montrées à l’école des beaux- arts de Rennes, ces deux expositions ont par la suite circulé (“Doubles Pages” est visible jusqu’en septembre au Mudam, Luxembourg). Étant vraiment conçues au départ à l’intention des étudiants, elles étaient systématiquement liées à des pro- positions pédagogiques. “Earthquakes & Aftershocks”, accompagnée d’un colloque et suivie de la publication d’un catalogue, fut l’occasion de monter un atelier d’affi- ches d’étudiants, un peu sur le modèle des affiches de CalArts. Présentées simultané- ment, “Doubles Pages” et l’exposition de Christoph Keller “Kiosk”, que j’avais fait venir à la galerie art & essai de l’univer- sité de Rennes, ont fait l’objet d’un col- loque, “Le graphiste, l’artiste et le livre”, ainsi que de deux workshops