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L’enseignement

Madina

Cheikh Abdel-Bari At-Thoubéïti

Vendredi 6/7/1423 (13/9/2002)

Je vous recommande, ainsi qu’à moi-même, la crainte d’Allah, Allah (qu'il soit exalté) a dit :

{O vous qui avez cru ! Craignez Allah à sa juste mesure et veillez bien à ne mourir que dans la foi islamique}.

L’enseignement dans la communauté islamique a une place importante, car il aide à la formation des cerveaux des enfants de la communauté et à leur instruction, et ce sont eux qui représentent la structure principale dans les sociétés et les pays.

L’enseignement au début de l’Islam répondit aux besoins de la communauté, il forma des générations développées, il fit qu’elle dirigea (le monde) et ne fut pas dirigée, il la rendit glorieuse et non abaissée (humiliée), les gens la suivaient et elle ne suivait personne, une communauté qui donnait plus qu’elle ne prenait.

Les hommes qui sont responsables de l’éducation et de l’enseignement, de même que les enseignants, doivent orienter les générations, leur enseigner la foi et les protéger des tentations ; la communauté ne doit pas vouloir que l’enseignement soit un moyen pour augmenter le niveau de l’économie tout en négligeant les buts principaux de l’éducation.

L’enfant se rend à l’école en étant comme un récipient vide, puis, pendant les années, ce récipient se remplit avec les travaux, les comportements et les études qu'il reçoit dans le milieu de l’enseignement, pour ensuite former ses qualités, dessiner le chemin de sa pensée et sa façon de vivre.

Ainsi, l’enseignement aide à la formation de la société et de la communauté, et à la mise en valeur de ses vertus et de ses principes.

A cause des nombreuses définitions modernes de l’éducation, nous, les musulmans,

oublions parfois certains principes ; le rôle principal de l’enseignement est l’éducation de l’enfant en lui apprenant les vertus de l’Islam et les principes avec lesquels le messager

d’Allah (qu'Allah prie sur lui et le salue) est venu, pour qu'il soit un musulman dans la croyance, les sentiments et le comportement, et pour qu’il soit soumis dans tous les

domaines de sa vie à l’Islam, il se prosterne pour Allah, son coeur est rempli de crainte

et il pleure lorsqu’il entend les versets d’Allah, il espère avoir la miséricorde d’Allah, et il

se méfie de son châtiment.

Les communautés ne progressent pas en rassemblant des connaissances, elles progressent avec l’éducation qui aide à implanter les vertus et les principes.

Les gens doués de raison, de même que les hommes de l’éducation ne disent pas que

le but de l’enseignement est de remplir les cerveaux et d’apprendre les textes sans

réfléchir à leurs significations.

Si nous voulons vraiment l’éducation des générations pour qu’ils s’élèvent jusqu’à la perfection, quel que soit le niveau de connaissances acquises et le niveau

d’expériences dans le domaine de l’électronique, cela seulement ne fera pas progresser

la personnalité, ne préparera pas un homme et ne fera pas bouger l’humanité pour

accomplir une seule action dans le bien ; ce qui fait bouger l’humanité pour accomplir le bien est sa foi dans les vertus et ses principes élevés.

Le fait d’apprendre la signification des programmes de l’enseignement n’a aucune valeur sans que ses significations ne pénètrent dans le coeur et sans que les comportements ne changent, car comment peut-on s’occuper des cerveaux et des esprits et négliger les âmes ?

Le rôle de l’enseignement avant de donner les connaissances est la formation de ce coeur qui utilisera les connaissances dans le bien et pas dans le mal, pour être utile à l’humanité et pas pour lui être nuisible, et cela n’est possible qu’avec l’éducation qui implante la croyance dans le coeur pour qu’il ne soit pas atteint par les doutes et ne suive pas les envies ; une éducation de la foi éloignée des distractions et des futilités, une éducation dont la base est le Coran et la Sounnah, dont le chemin est la compréhension des pieux prédécesseurs de la communauté, et qui donne de l’importance à la purification de l’âme ; une éducation qui fait que l’âme soit accrochée aux choses élevées et ne se préoccupe pas des choses basses ; donc, elle n’est satisfaite que pour Allah, elle ne se fâche que pour Allah, elle n’aime que pour lui, et elle ne combat que pour lui.

Donc, notre besoin de coeurs remplis de foi n’est pas inférieur à notre besoin de têtes remplies de connaissances, pour que ces personnes ne soient pas comme des diables qui provoquent le mal, et qui répandent la destruction dans le monde, et pour qu’ils ne soient pas attirés par les drogues, les mauvaises pensées et les croyances qui mènent à l’égarement.

Le prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) ne laissait pas la personne avec ses passions lorsqu’elle croyait en Allah et en son messager, mais il faisait son éducation et l’enseignait, de même qu'il enseignait à ses compagnons à agir de la même façon ; lorsque Oumaïr ibn Wahb (qu'Allah soit satisfait de lui) embrassa l’Islam, le prophète

(qu'Allah prie sur lui et le salue) dit à ses compagnons :

(Enseignez la religion à votre frère et apprenez-lui à lire le Coran).

L’Imam Ahmed rapporte d’après Abi Abderrahmane qu’un parmi les compagnons du prophète (qu'Allah prie sur lui et le salue) qui leur enseignait, a dit que :

- « le messager d’Allah (qu'Allah prie sur et le salue) leur lisait dix versets du Coran, et ils ne passaient pas aux dix versets suivants avant d’apprendre la science qui se trouvait dans ces versets et de les mettre en pratique » ; ils dirent : « enseigne-nous donc la science et la pratique ».

Et nos pieux prédécesseurs appelaient celui qui enseignait les enfants : l’éducateur ; Ibn

Al-Moubarak (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :

- « Nous avons appris les bonnes manières pendant trente ans, et nous avons appris la science pendant vingt ans ».

Ibn Sirine a dit :

- « ils apprenaient la guidée comme ils apprenaient la science »

Ibn Moubarak rapporte d’Ibn Al-Hassane :

- « Nous avons un plus grand besoin d’apprendre les bonnes manières que d’apprendre les hadiths ».

L’enseignement qui est utile et qui apporte ses fruits, est celui qui est donné avec l’éducation ; donc, l’éducation et l’enseignement sont inséparables car l’enseignement sans éducation ne sert à rien et ne fournit aucune garantie.

La séparation entre l’éducation et l’enseignement engendre une génération qui a une foi faible, qui ne possède aucune personnalité, et dont les pensées sont troublées ; une génération qui ne respecte pas les valeurs, qui est une proie pour les pensés et le sectes destructrices ; et il se peut que sa science soit la cause de sa perte et de celle de sa société.

Quelle est la valeur de la science si celui qui la possède ment et trahit, vit dans la bassesse et diminue les principes de l’éducation peu à peu avec son comportement et ses mauvaises qualités !

Quelle est la valeur de la science si elle n’apparaît pas sur l’étudiant dans son comportement avec la science, ses professeurs, ses frères et ses livres !

L’enseignement n’est pas tout simplement un livre que l’on apprend ou des connaissances que l’on récite ou des rangées de classes dans lesquelles on arrange les élèves, mais il est la préparation d’une génération, l’éducation des enfants, la construction de la croyance et la consolidation des compréhensions, il est l’implantation des vertus et des qualités ; et une communauté ne peut continuer à exister que selon sa capacité à transmettre les éléments de sa croyance, de ses qualités et de son histoire dans sa propre langue à travers ses générations.

Les problèmes des moeurs et les mauvais comportements apparaissent dans la communauté, de même que les sociétés souffrent lorsqu’elles négligent l’éducation ou séparent l’éducation de l’enseignement.

Si ce progrès scientifique n’est pas accompagné de vertus élevées et de règles morales, ceci conduira sans aucun doute à une destruction inévitable ; n’est-ce pas cette civilisation moderne qui a suscité en l’espace d’un tiers de siècles deux guerres mondiales et qui a fabriqué et utilisé les armes destructrices qui menacent l’humanité entière d’une destruction complète.

La civilisation moderne se trouve dans un précipice de débauche malgré son progrès scientifique ; et des problèmes dans la croyance, la pensée et les moeurs se sont produits dans la communauté islamique, et la seule protection contre ces problèmes, est le retour aux vertus de la foi et à la guidée divine ; c’est la raison pour laquelle les savants de l’éducation ont dit que la première chose dans la correction (la piété) est l’éducation, et la dernière dans la correction est l’éducation.

Le programme de l’enseignement ne demeure que de l’encre sur du papier s’il ne se change pas en un homme qui traduit les principes du programme et ses significations par ses comportements, ses façons d’agir, ses sentiments et ses pensées.

L’enfant grandit en étant honnête si ses yeux ne tombent pas sur la tromperie, si ses oreilles n’entendent pas de mensonges ; de même qu'il apprend les bonnes manières si son environnement n’est pas pollué par l’immoralité ; il apprend la miséricorde s’il n’est pas traité avec dureté et sévérité ; et il est élevé en apprenant à être loyal si la société arrête la trahison ; Ibn Abbass (qu'Allah soit satisfait de lui) trouva des gens qui priaient la nuit, alors il s’empressa de faire la même chose, et il rejoignit le messager d’Allah

(qu'Allah prie sur et le salue) (pour prier), rapporté par Al-boukhari

(qu’Allah lui fasse

miséricorde).

Nous devons profiter des sciences de notre époque sans oublier de les purifier de leurs défauts et de leurs impuretés, car elles ont été inventées dans un environnement dont la pensée est purement matérialiste et dans une société qui vit une lutte entre la science et la religion, ce qui a poussé les gens à ne donner aucun respect à la religion et aux vertus.

Les sciences modernes doivent être purifiées par des musulmans pour qu’elles soient en accord avec l’Islam et l’unicité d’Allah l’Unique, ainsi, les sciences dans tous les domaines seront bénéfiques et réaliseront les buts de l’éducation, et les étudiants posséderont les bons comportements, les bonnes qualités, la science et la foi ; de même qu’elles doivent être purifiées pour que chaque matière du programme de l’enseignement soit en rapport avec la religion ; Allah (qu'il soit exalté) a dit :

{C’est Lui qui envoya parmi les illettrés (les Arabes) un Messager des leurs, leur récitant Ses versets, les purifiant (des fausses croyances et de l’erreur) et leur enseignant le Livre et la sagesse bien qu’auparavant ils fussent assurément dans un égarement manifeste}.

Deuxième sermon :

L’enseignement est un devoir pour l’homme et la femme ; et étant donné les différences entre eux, nous devons prendre en considération les programmes qui permettent à chacun d’entre eux d’accomplir son rôle naturel dans la vie.

Tout en enseignant à la fille les sciences et les connaissances utiles, elle doit être préparée pour son travail principal en tant qu’épouse, mère, femme de foyer, et éducatrice des générations et des véritables hommes ; de même que le garçon doit être préparé pour devenir un chef de famille qui dirige les affaires de la maison avec sagesse et science.

La préparation de programmes concernant la famille et ce qui s’y rapporte dans les niveaux d’étude avancés, est devenue une chose importante et une obligation sociale, à cause de la situation des familles de nos jours qui vivent des relations faibles, le manque de tendresse, l’ignorance de la signification de ce qu’est le chef de famille, des bases de la vie conjugale et de l’éducation des enfants, ainsi que l’ignorance de la manière de résoudre les problèmes familiaux ; sans oublier le taux de divorce élevé et l’augmentation des femmes d’un âge avancé qui ne sont pas mariées (célibat féminin).