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Définir les propositions et concepts suivants (4 points)


1. Contrat d’adhésion (5 lignes maximum)Convention dont les clauses, la totalité ou la
plupart, sont imposées par une des parties à l’autre, qui n’a d’autre choix que d’accepter ou de
refuser.
2. Offre (5 lignes maximum): Proposition contractuelle complète, précise et portant sur des
éléments essentiels du contrat à conclure. Elle doit être ferme et manifester une volonté
définitive de l’auteur de se lier juridiquement.
3. Remplacement (5 lignes maximum) peut être unilatéral ou judiciaire. C’est une forme
d’exécution forcée en nature, unilatérale ou moyennant autorisation judiciaire, qui consiste à
faire exécuter par un tiers l’obligation en souffrance, qui accomplira alors la prestation aux
dépends du débiteur.
4. Res perit domino (5 lignes maximum) est une règle qui prévaut dans les contrats
translatifs de propriété.
Selon l’article 1138 du Code civil, la propriété d’une chose certaine est transférée à l’acheteur
dès l’échange des consentements, bien que celui-ci n’en ait pas reçu la livraison.
Le transfert de propriété entraînant la charge des risques (art. 1138 alinéa 2), l’acheteur
propriétaire mais créancier de la livraison reste tenu de payer le prix au vendeur alors que
celui-ci n’a pourtant pas livré.
Ce régime ne concerne que la livraison d’un corps certain et non d’une chose de genre.
1. Lettre d’intention (5 lignes maximum)
2. Dol incident (5 lignes maximum) Le dol est une tromperie commise dans la conclusion
d’un acte juridique, qui implique l’emploi de moyens répréhensibles par un partenaire dans le
but de tromper l’autre partie et l’amener à accomplir un acte juridique qu’elle n’aurait pas
accompli si elle n’avait pas été sous influence. Le Dol incident est celui qui qui fait contracter
à des conditions moins avantageuses mais qui n’a pas déterminé le consentement. 1116 CC
3. Nullité absolue (5 lignes maximum) est un mode de dissolution du contrat avec effet
rétroactif….
4. Subrogation légale (5 lignes maximum) Mécanisme par lequel, dans un rapport
juridique, une personne ou une chose (subrogée) remplace une autre (subrogeante) et doit être
considérée comme la chose ou la personne qu’elle remplace. Art 1251 CC

Subrogation réelle : Une chose en remplace une autre
Subrogation personnelle : Une personne en remplace une autre

1. Acceptation (5 lignes maximum)Adhésion inconditionnelle à la proposition
suffisamment précise et ferme émanant de l’offrant.
2. Lésion qualifiée (5 lignes maximum) Déséquilibre manifeste présenté par un contrat dès
sa formation suite à l’abus par une des parties des passions, de la faiblesse, de la légèreté, de
l’inexpérience ou des besoins de l’autre partie. Art 1907ter + dispositions éparses…
3. Nullité relative (5 lignes maximum) 1304 CCiv
4. Paiement subrogatoire (5 lignes maximum) 1249 3° CCiv est une hypothèse de
subrogation personnelle…
1. Remplacement (5 lignes maximum) Le remplacement est une forme d’exécution forcée
en nature qui consiste à faire exécuter par un tiers l’obligation en souffrance. Ceci suppose
que l’obligation du débiteur ne lui est pas purement personnelle. Le remplacement aboutit à
une exécution en nature puisque le créancier obtient ainsi une exécution conforme à son
attente. Le remplacement est accordée en principe par jugement, contre le gré du débiteur.
C’est le remplacement judiciaire dont les articles 1143
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et 1144 du Code civil font application en matière d’obligations contractuelles de faire et de
ne pas faire. Le remplacement judiciaire peut aussi aboutir à l’exécution forcée en nature des
obligations de donner.
2. Avant-contrat (5 lignes maximum)
3. Res perit debitori (5 lignes maximum) : « la chose périt à la charge du débiteur », est un
principe qui généralise la théorie des risques : c’est la partie débitrice de l’obligation devenue
impossible à exécuter qui subit le poids des risques et le débiteur libéré ne peut réclamer la
contrepartie prévue malgré les frais éventuellement consentis pour sa propre prestation.
4. Contrat entre absents (5 lignes maximum)
20. Délégation
Opération par laquelle une personne, le déléguant, demande à une autre, le délégué, de
prendre, de prendre un engagement envers une 3
e
personne, le délégataire, qui accepte.
L’acceptation du délégataire est un élément essentiel lors d’une délégation, car il s’agit
d’une transmission d’une dette. On distingue la délégation parfaite, par laquelle le
délégataire accepte la délégation et accepte aussi son nouveau débiteur en déchargeant
le déléguant et la délégation imparfaite, par laquelle le délégataire accepte la
délégation mais n’accepte pas de décharger le déléguant, ce qui fait que le délégataire
se retrouve avec 2 débiteurs. Art 1275 et 1276 CCiv

21. Remplacement unilatéral : Mode d’exécution forcée en nature par laquelle un
créancier victime d’une inexécution d’une O° contra par son débiteur s’adresse à une
autre personne et la charge de procéder à l’exécution de l’obligation en souffrance.
Pour que le remplacement unilatéral puisse avoir lieu, plusieurs C° doivent être
remplies : il faut des circonstances exceptionnelles (urgence…), il faut également que
le créancier insatisfait procède à la mise en demeure du débiteur défaillant, également
que l’inexécution de l’O° soit imputable au débiteur. Il faut aussi que le créancier
agisse avec BF. Il y aura un contrôle a posteriori par le juge pour vérifier si les droits
de la défense on été respectés. Art 1144 CCiv, 1236 CCiv
22. Condition résolutoire : La condition résolutoire désigne, en matière de modalités
des obligations, un évènement futur et incertain dont dépend l’extinction d’une
obligation. Art 1188 et s CC
23. Nemo auditur propriam turpidutem allegans :Personne ne peut invoquer sa propre
faute en justice, c’est à dire que personne ne peut demander l’inexécution d’une
obligation ou d’une convention qui serait contraire aux bonnes mœurs ou à l’ordre
public.

II. Commenter les deux phrases suivantes (4 points)

1. La distinction entre dol et faute lourde n’a, en droit belge, aucun intérêt. (1 page
maximum).
La notion de dol est assez diversement définie par la doctrine. Sur le plan psychologique, le
dol comporte un élément intentionnel que ne comporte pas la faute lourde. Le dol a toutefois
plusieurs acceptions.
Une première conception est aujourd’hui abandonnée, celle qui fait du dol une faute
volontaire commise avec l’intention de nuire au créancier
Le dol vise la volonté délibérée de se soustraire à l’exécution d’un engagement contractuel,
sans souci de l’inconvénient qui pourra en résulter pour le cocontractant. On peut citer
l’exemple d’une société d’aviation qui pratiquerait la surréservation. Le refus de s’exécuter
n’est pas dicté par l’intention directe de nuire mais il y a violation volontaire d’une obligation
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dont le débiteur sait ou doit savoir qu’il peut en résulter un préjudice pour le contractant.

La notion de faute lourde est le plus souvent définie par rapport à la gravité du manquement
commis par le débiteur contractuel. Ainsi la culpa lata est une faute tellement grossière,
tellement excessive, qu'elle ne se comprend pas d'une personne raisonnable.

La distinction entre dol et faute lourde conserve deux intérêt en droit belge : 1) en
ce qui concerne l’étendue du dommage réparable et 2) pour la possibilité d’assurance.

La faute lourde, contrairement au dol, est assurable (cf. art 8 de la loi du 25 juin 1992 sur
le contrat d’assurance terrestre). Par contre, l’intérêt s’amenuise en ce qui concerne la validité
des clauses exonératoires entre entreprises et consommateurs depuis les lois du 14
juillet 1991 (voir art. 32, 11°) et du 6 avril 2010 (art.74. 13).

2. Il est plus avantageux d’être bénéficiaire d’une stipulation pour autrui que d’être
bénéficiaire d’une action directe. (1 page maximum)
La stipulation pour autrui est une exception à la relativité des conventions énoncée à l’article
1165 du Code civil. Visée à l’article 1121 du Code civil, la stipulation pour autrui est une
opération par laquelle une personne (le stipulant) demande à une autre (le promettant), qui
accepte, de prendre un engagement envers une troisième (le tiers bénéficiaire). Cette dernière
devient créancier du promettant en vertu d’un contrat auquel elle n’a pas participé. C’est en
principe le bénéfice d’un contrat que le tiers recueille et non les charges.

L’action directe est un mécanisme légal en vertu duquel une personne peut se prévaloir d’un
contrat, conclu par son débiteur, auquel elle n’est pas partie et exercer un droit propre et
personnel contre le débiteur de son débiteur. L’action directe met en présence un créancier
direct (titulaire de l’action directe), un débiteur immédiat (ou intermédiaire) et un sous-
débiteur. Ainsi dans l’article 1798 du Code civil qui instaure une action directe au profit du
sous-traitant, le sous-traitant est titulaire de l’action directe, l’entrepreneur, débiteur immédiat
ou intermédiaire et le maître de l’ouvrage, sous-débiteur et défendeur à l’action directe.

Le bénéficiaire d’une action directe jouit souvent d’une situation plus avantageuse que celui
d’une stipulation pour autrui, en tous cas dans certaines assurances de responsabilité
obligatoires où le législateur prévoit ce type d’action au profit de la victime et la fait
bénéficier d’un régime de faveur en ce qui concerne les exceptions que le sous-débiteur peut
lui opposer. De plus elle simplifie le recours et elle évite le concours avec les créanciers du
débiteur immédiat de l’obligation. Le créancier direct est investi d’un droit propre, d’une
exclusivité sur la créance objet (effet de privilège), comme pour la stipulation. En outre, le
législateur fait parfois bénéficier le titulaire de l’action directe d’un certain régime
d’inopposabilité des exceptions.

1. Cet extrait de l’arrêt du 13 septembre 1973 de la Cour de cassation : « le transport
de créance ne peut nuire au débiteur cédé ; (…) celui-ci conserve, en règle, à l’égard
du cessionnaire les droits et les exceptions qu’il pouvait opposer au créancier
cédant ». (1 page maximum)

2. L’article 1162 du Code civil. (1 page maximum)
Selon l’article 1162 du Code civil, « Dans le doute, la convention s’interprète contre celui
qui a stipulé et en faveur de celui qui a contracté l’obligation ». Le fondement de cette
règle est discuté. Le principe étant que l’on est libre d’obligation, il serait logique, en cas
de doute, de penser que celui qui s’engage n’a l’intention de s’engager qu’au minimum.
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Une autre explication voit dans ce principe d’interprétation une sorte de sanction contre le
stipulant pour n’avoir pas rédigé le contrat ou la clause plus clairement.

Il s’agit ici d’un doute que les méthodes et conseils d’interprétation exposés plus haut n’ont
pas permis de réduire. Cette disposition ne peut jouer qu'en cas de doute réel, c'est-à- dire si le
juge ne parvient pas à déterminer de façon suffisamment certaine la portée précise du contra à
l’aide des éléments intrinsèques et extrinsèques à l’acte.
La question de savoir « qui s’oblige » et « qui stipule » est difficile à résoudre dans les
contrats synallagmatiques où chacune des parties est à la fois débitrice et créancière. Dans un
arrêt du 22 mars 197976, la Cour de cassation belge a considéré que celui qui bénéficie d’une
clause d’exonération est celui qui a stipulé au sens de l’article 1162. Ce qui n’est pas sans
poser des problèmes : l’assureur qui s’est engagé à payer une indemnité en cas de dommage
est-il stipulant ou est-il celui « qui a contracté l’obligation » ?

L’article 1162 est utilisé, avec plus ou moins de rigueur, pour protéger la partie la plus faible
dans les contrats d’adhésion. La partie qui rédige ou impose le contrat est souvent considérée
en jurisprudence comme celle qui a stipulé. Même si aujourd’hui d’autres mécanismes
viennent protéger la partie faible (tel que l’article 40 de la loi du 6 avril 2010), l’article 1162
du Code civil garde toutefois son utilité dans les relations entre professionnels et entre non-
professionnels.

1. L’article 1690, alinéa 3, du Code civil. (1 page maximum)
Est une exception à l’opposabilité sans aucune formalité aux tiers d’une cession de
créance. Depuis le 6 juillet 1994, l’opposabilité à lieu de plein droit à l’égard des tiers
du seul fait de la conclusion du contrat de cession de créance. Auparavant
l’opposabilité aux tiers était conditionnée par l’acceptation authentique du débiteur
cédé ou par la signification par exploit d’huissier. Qui était une formalité lourde et
couteuse et surtout non justifié à l’égard des tiers. Grâce à la loi du 6 juillet 1994, la
cession devient opposable au cédé soit dés le moment ou elle lui a été notifié soit dés
l’instant ou il l’a accepté (art 1690 al.2). Mais pour les autres tiers, la cession est
opposable par le seul fait de la conclusion (al. 1).

S’il y a une double cession de la créance à des cessionnaires différents on n’applique
pas le principe de l’antériorité de l’acte (qui se justifie par une application stricte de
l’al. 1
er
) car si tel était le cas la première cession serait opposable au 2
e
cessionnaire
par le seul fait de la conclusion et le premier serait préféré. La solution n’a donc pas
été retenue.

On privilégie au contraire le cessionnaire qui aurait accompli en 1
er
les formalités
d’opposabilité à l’égard du cédé (qui n’est pas nécessairement le premier). Mais pour
appliquer ce principe il faut BF c’est à dire que la personne doit être le titulaire
légitime de la créance et il doit y avoir méconnaissance de la cession antérieure. Il
s’agit donc d’une BF subjective (on sonde l’esprit du cessionnaire, ce n’est donc pas
1134 al3 CC qui est appliqué) . On fait application de la solution retenue en cas de
cession successive des mêmes droits sur un immeuble : est preféré l’acheteur qui a
accompli en premier les formalités d’opposabilité, c’est à dire l’inscription au registre
des hypothéques.
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2. Cet extrait de l’arrêt du 22 mars 1979 de la Cour de cassation : « Attendu que
l’arrêt énonce que, dans le doute, la clause d’exonération de responsabilité doit être
interprétée contre celui qui a stipulé, c’est-à-dire contre le ‘créancier de
l’exonération’ ; Attendu qu’au sens de l’article 1162 du Code civil celui qui dans une
convention bénéficie d’une clause d’exonération de responsabilité est, quant à cette
clause, celui qui a stipulé, tandis que l’autre partie est celle qui a contracté
l’obligation ». (1 page maximum)

La jurisprudence belge, use de techniques d’interprétation permettant de limiter la portée de
la clause. La jurisprudence considère que les clauses limitatives ou exonératoires de
responsabilité rédigées en termes généraux ne trouvent pas à s'appliquer en cas de faute lourde
du débiteur, à moins que les parties aient prévu cette exonération de manière expresse ou
qu'elle résulte nécessairement de la disposition concernée.

Le principe de l'effet utile prévu par l'article 1157 du Code civil est également utilisé.
Quand une clause prête à diverses interprétations, il est parfois possible de l’interpréter dans
un sens qui la rend licite. Une clause rédigée en termes généraux, qui semble exonérer le
débiteur de toute responsabilité en cas d'inexécution, peut, par application de l'article 1157,
être écartée en cas de faute dolosive ou de faute lourde, mais être considéré comme efficace
en cas de faute légère.
Selon l'article 1162 du Code civil tel que la Cour de cassation l’interprète, en cas de doute sur
la portée d'une clause, celle-ci doit s'interpréter contre celui qui a stipulé, en l'occurrence la
partie qui bénéficie de l’exonération274.

1. Commenter, de manière critique, l’arrêt de la Cour d’appel de Bruxelles du 22
novembre 1991 (R.G.A.R., 1993, n° 12237) reproduit à la page suivante. (1 page
maximum)
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III. Question de réflexion (4 points)

2. Comparez acte authentique et acte sous seing privé du point de vue de leur force
probante respective à l’égard des tiers. (1 page maximum)
La force probante est l’intensité que la loi attache à la preuve et qui s’impose au juge.
La preuve littérale comprend 2 grands mode de preuve : l’acte authentique et l’acte
sous seing privé.
Un acte authentique (1317- 1321 Cc) est un acte émanant des autorités publiques ainsi
que des actes notariés sous certaines conditions.

Un acte sous seing privé est un écrit établi sans l’intervention d’un officier public, par
des simples particuliers et signé par eux.

L’article 1322 al 1
er
Cc suggère un différence entre la force probante des 2 actes.
L’acte sous seing privé est dépourvu de toute force probante quant à son origine, il ne
constitue pas une preuve tant qu’il n’a pas été reconnu ou légalement tenu comme tel.
Celui auquel on oppose un acte sous seing privé peut donc toujours se borner à
désavouer son écriture ou sa signature. Il incombe alors à celui qui invoque l’acte en
question d’en rétablir la force probante en prouvant l’authenticité de la signature, au
besoin par le recours à une demande en vérification d’écriture (art 1324).

Pour le reste les 2 types d’actes sont pratiquement sur le même pied, l’acte sous seing
privé reconnu à la même foi que l’acte authentique (art 1322 al.1
er
).
L’acte sous seing privé à vis-à-vis des tiers la même force probante qu’entre partie. Il
y a cependant 2 réserves :
- les tiers peuvent prouver contre ou outre l’acte sous seing privé par toute voie de
droit.
- la date de l’acte sous seing privé n’est opposable aux tiers que dans certaines
hypothèses énoncées, à l’article 1328, afin de les protéger contre les actes antidatés ou
postdatés.

Tandis que pour la force probante de l’acte authentique envers les tiers : aucune des
mentions de l’acte authentique ne fait « pleine foi » à l’égard des tiers. L’acte
authentique est susceptible d’une preuve contraire : soit par l’inscription de faux soit
par un autre acte écrit ou encore par toute voie de droit.
Seulement certaines mentions de l’acte authentique sont couvertes par l’authenticité :
l’origine et les contestations personnelles de l’officier public ex propriis sensibus. Ces
mentions là ne peuvent être combattue que par la procédure d’inscription de faux.

1. Il n’est jamais possible, en droit belge, de s’exonérer contractuellement de sa faute
lourde. (1 page maximum)
La jurisprudence considère que les clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité
rédigées en termes généraux ne trouvent pas à s'appliquer en cas de faute lourde du débiteur, à
moins que les parties aient prévu cette exonération de manière expresse ou qu'elle résulte
nécessairement de la disposition concernée
On sait en tous cas que la Cour de cassation, depuis son arrêt du 25 septembre 1959279, rejette
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l’assimilation de la faute lourde au dol et admet que le débiteur s’exonère du dol (et de la
faute lourde) de ses préposés ou agents d’exécution pour autant toutefois que l’obligation
contractée ne soit pas anéantie. Cette solution, assez choquante et pour d’aucuns illogique, est
explicitement rejetée par l’article 74.13 de la loi du 6 avril 2010 (ancien 32.11 de la loi du 14
juillet 1991) dans les rapports de consommation. Cette disposition répute abusives les clauses
et conditions qui ont pour objet de « libérer l’entreprise de sa responsabilité du fait de son dol,
de sa faute lourde ou de celle de ses préposés ou mandataires, ou, sauf cas de force majeure,
du fait de toute inexécution d’une obligation consistant en une des prestations principales du
contrat. »

2. L’action directe n’est en définitive qu’une application de la stipulation pour autrui.
(1 page maximum)
D’origine légale, l’action directe diffère aussi de la stipulation pour autrui qui est
conventionnelle. Le bénéficiaire d’une action directe jouit souvent d’une situation plus
avantageuse que celui d’une stipulation pour autrui, en tous cas dans certaines assurances
de responsabilité obligatoires où le législateur prévoit ce type d’action au profit de la
victime et la fait bénéficier d’un régime de faveur en ce qui concerne les exceptions que le
sous-débiteur peut lui opposer.


5. Comparez l’action oblique et l’action directe, illustrez votre réponse.
(ACOMPLETER)
L’action oblique désigne, en matière de mesure de protection des droits du créancier,
un droit propre reconnu au créancier pour sauvegarder le patrimoine de son débiteur,
en cas d’inaction de ce dernier. Elle permet au créancier de se substituer à son débiteur
inactif pour exercer au nom et pour le compte de celui-ci, les droits à l’action qu’il
détient contre ses propres débiteurs.
Plusieurs C° sont nécessaires :
- créancier doit détenir une créance certaine contre son débiteur
- Débiteur inactif
- Créancier doit se justifier d’un intérêt à agir.
Elle est prévue à l’article 1166 du CC

L’action directe est une exception importante au principe de relativité des conventions
(1165 CCiv), elle désigne un mécanisme légal en vertu duquel une personne exerce un
droit propre et personnel contre le débiteur de son débiteur. Cette action est de stricte
interprétation et doit être prévue légalement (pas d’action directe sans texte). Par ex :
l’article 1798 du CC prévoit une action directe au profit du sous-traitant contre le
maitre d’ouvrage.
2 conditions sont nécessaires :
- Créance valable et exigible du titulaire de l’action directe contre le débiteur
immédiat ou intermédiaire.
- il faut que le débiteur intermédiaire soit en possession d’une créance contre son
propre débiteur qui est le défendeur à l’action directe.
Ces 2 actions ont en commun la possibilité pour le titulaire d’exercer un droit contre
un tiers par un fondement contractuel (exception principe relativité des conventions) .
Par contre l’action oblique à un intérêt limité dans la mesure ou le créancier n’agit pas
en son nom personnel, mais au nom et pour le compte de son débiteur : les démarches
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du créancier transitent donc nécessairement par le patrimoine de son débiteur et y
prennent effet, tandis que dans une action directe le créancier agit en son nom propre :
droit direct et propre.
En plus, l’action directe consacre l’effet dit de privilège qui permet au créancier,
titulaire de l’action directe, d’échapper à la loi du concours des créanciers du débiteur
intermédiaire.

La théorie des groupes de contrats vous paraît-elle un fondement adéquat pour
justifier une action contractuelle directe entre parties extrêmes d’un ensemble
contractuel ?
La théorie des groupes de contrats a débuté en France avec les travaux du professeur
Theyssie. En distinguant toujours la notion de groupe de contrats et ensemble
contractuel, il s’agissait de justifier la possibilité pour une personne d’intenter une
action contractuelle directe contre un tiers à la formation du contrat, mais qui
appartenait au même ensemble contractuel ou groupe de contrat : en fait, la notion du
tiers devait à présent ne plus être considéré à l’échelon du contrat, mais à l’échelon du
groupe : ainsi, on tendait donc vers une extension du champ de la responsabilité
contractuelle et un rapprochement des 2 ordres de responsabilités (contra et déli).
La Cour de cassation française a alors cassé un jugement, qui de façon classique aurait
apprécié la responsabilité délictuelle d’un sous-traitant à l’égard du maitre d’ouvrage
(Arrêt du 8 mars 1988). De nombreuses critiques ont alors attaqué cette jurisprudence
et cette tendance à l’application générale de la théorie des groupes de contrats : outre
l’imprécision de la notion de « groupe de contrat » ou a mis en avant la difficile
délimitation du domaine d’application de la théorie et le fait qu’en recourant à cette
théorie on favorisait plutôt l’auteur de l’inexécution fautive de l’obligation que la
victime de cette même inexécution…


IV. Casus à résoudre (2 x 4 points)

1. Après avoir réussi son baccalauréat en droit, Cédric décide de revendre sa collection
complète de Codes Bruylant et tous ses syllabus. Il met alors sur WebCampus l’avis
électronique suivant : « À vendre : collection complète de Codes Bruylant (à jour au
30 juin 2006) et les syllabus annotés de droit romain, obligations, pénal, famille,
judiciaire, social, biens, etc. Excellent état. Prix global : 1000 euros. Si vous êtes
intéressé, envoyez un e-mail à l’adresse suivante : cedric.eco@skynet.be ». Quelques
jours plus tard, il reçoit un e-mail de Céline Menteuse :

From: Céline Menteuse <celine.menteuse@hotmail.com>
To: Cédric Eco <cedric.eco@skynet.be>
Subject: Code Bruylant et syllabus à vendre.
Date: Tue, 20 July 2006 20:12:43

Cher Cédric,

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En tant que future nouvelle étudiante à la fac de droit de Namur, je suis
fortement intéressée par ta collection de Codes Bruylant et tous tes syllabus de
droit.
Merci de me les mettre de côté. C’est OK pour 1000 euros.
Je suis prête à venir les chercher chez toi. Dis-moi quand cela t’arrange.

A bientôt,
Céline Menteuse
Rue du Président, 20 à 5000 Namur

Ravi d’avoir si vite trouvé un acquéreur, Cédric répond sur-le-champ :

From: Cédric Eco <cedric.eco@skynet.be>
To: Céline Menteuse <celine.menteuse@hotmail.com>
Subject: Re : Code Bruylant et syllabus à vendre.
Date: Thu, 20 July 2006 20:50:25

Salut Céline,

Tu fais un très bon choix ! Crois-moi, tu ne seras pas déçue.
L’affaire est conclue : ma collection de Codes Bruylant et mes syllabus sont à
toi.
Passe chez moi mercredi prochain (le 25/07) vers 16h. Mon adresse est la
suivante : Clos des Juristes, 5 à 5000 Namur.

Cédric

Ayant appris par la suite qu’une de ses cousines éloignées venait de terminer le droit à
Namur et qu’elle était d’accord de lui prêter ses Codes et ses syllabus, Céline n’est
plus intéressée par ceux de Cédric. Le 25 juillet 2006, elle ne se rend donc pas chez
Cédric. Fort de ces connaissances en droit des obligations, Cédric estime qu’un contrat
de vente a été conclu entre lui et Céline. Parviendra-t-il à prouver l’existence d’un tel
contrat ? Justifiez votre réponse en distinguant selon que l’e-mail de Céline est ou non
assorti d’une signature électronique. (2 pages maximum)


2. Alfred Coquelicot est propriétaire d’une villa comprenant un magnifique jardin
japonais de 15 ares. Depuis qu’il est à la retraite, ce clerc de notaire s’est en effet
consacré à sa passion pour le jardinage en confectionnant un jardin d’exception dans
lequel se trouvent quelques espèces rares. Malheureusement, avec son âge avancé, il
n’est plus en mesure d’effectuer certains travaux de jardinage. Toutefois, pas question
pour lui de laisser son jardin à l’abandon. Il décide dès lors de recourir aux services de
Michel, patron d’une société d’horticulture de grande renommée. Le 1
er
juillet 2004,
un contrat d’entreprise est rédigé par Michel en deux exemplaires signés par lui. Ce
contrat prévoit que John, un collaborateur de Michel, travaillera dans le jardin
d’Alfred Coquelicot chaque mercredi après-midi et chaque samedi toute la journée,
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moyennant une rémunération de 400 euros par mois. Par sécurité, Michel insère dans
le contrat la clause suivante : « En cas de non paiement de la rémunération avant le
cinquième jour de chaque mois, Alfred Coquelicot sera tenu de payer une indemnité
forfaitaire correspondant à 150% de la rémunération due ». Sachant qu’Alfred
Coquelicot est en vacances pendant un mois, Michel lui envoie les deux exemplaires
du contrat par La Poste et l’informe par mail du contenu de la convention, en lui
demandant de lui renvoyer un exemplaire signé dès son retour. Alfred Coquelicot lui
répond le jour même, par mail non signé, qu’il est totalement d’accord que John
effectue les travaux de jardinage pour 400 euros par mois. Toutefois, Alfred
Coquelicot, un peu distrait, oubliera de signer les deux exemplaires et de renvoyer
celui de Michel.

Le samedi 2 septembre 2004, après une nuit blanche à la suite d’une soirée bien
arrosée, John se rend chez Alfred Coquelicot pour tondre sa pelouse. En raison de la
fatigue, John s’endort au volant du tracteur tondeuse et démolit tout un parterre de
rosiers ainsi que la clôture du voisin, Polux.

Furieux en constatant les dégâts, Alfred Coquelicot vous consulte et vous pose les
questions suivantes :

a) Puis-je agir en justice contre John pour lui demander de réparer les dommages
causés à mon parterre ? Si oui, sur quelles bases et à quelles conditions ?
b) Quels moyens sont, le cas échéant, à ma disposition pour sanctionner, en
justice, l’inexécution contractuelle de Michel ? Quels sont les conditions et les
effets attachés à ces moyens ?
c) Si je décide de ne pas payer la rémunération du mois d’août, Michel pourrait-il
invoquer la clause contractuelle ?
d) Suis-je en mesure de prouver l’existence du contrat ?
e) À quel moment précis mon action contre Michel sera-t-elle prescrite ?
f) Polux peut-il agir en justice contre John pour obtenir la réparation de sa
clôture ?

Justifiez soigneusement chacune de vos réponses en précisant les bases légales
invoquées et les différentes étapes de vos raisonnements. (3 pages maximum)

3.Margot Bordeaux vient d’hériter d’une vieille fermette de sa grand-mère. Etant
esthéticienne et ayant une sainte horreur des travaux manuels salissants, elle fait appel
à M. Moutarde, patron de la société VivaColor, pour repeindre l’extérieur du bâtiment.
Le 1
er
août 2004, un contrat d’entreprise est rédigé par M. Moutarde en deux
exemplaires signés par lui. Ce contrat prévoit que Zinzolin, un collaborateur de M.
Moutarde, achèvera les travaux avant l’hiver 2004, moyennant une rémunération totale
de 5000 euros, dont la moitié devra être payée le cinquième jour du mois qui suit celui
au cours duquel le contrat est conclu et, l’autre moitié à l’achèvement des travaux. Par
sécurité, M. Moutarde insère dans le contrat la clause suivante : « En cas de non
paiement de la rémunération aux échéances prévues, Mme Margot Bordeaux sera
tenue de payer une indemnité forfaitaire correspondant à 150% de la rémunération
NOM :
Prénom :
11
due ». Sachant que Margot Bordeaux est en vacances jusqu’à la fin du mois, M.
Moutarde lui envoie les deux exemplaires du contrat par La Poste et l’informe par mail
du contenu de la convention en lui demandant de lui renvoyer un exemplaire signé dès
son retour. Margot Bordeaux lui répond le jour même, par mail non signé, qu’elle est
totalement d’accord que Zinzolin effectue les travaux de peinture moyennant une
rémunération de 5000 euros, payable selon les modalités prévues. Toutefois, Margot
Bordeaux, un peu distraite, oubliera de signer les deux exemplaires et de renvoyer
celui de M. Moutarde.

Le samedi 2 septembre 2004, après une nuit blanche à la suite d’une soirée bien
arrosée, Zinzolin se rend chez Margot Bordeaux pour peindre les gouttières de la
façade avant. En raison de la fatigue, Zinzolin s’endort, perd l’équilibre et se rattrape
de justesse pour éviter de dégringoler de l’échafaudage. Dans l’agitation, il laisse
cependant tomber deux pots de peinture, dont le premier s’écrase sur la tête d’Olive, la
voisine, qui venait rendre visite à Margot Bordeaux, et le second explose sur l’appui
de fenêtre d’une chambre du premier étage, causant des dommages irréparables à la
pierre bleue de cet appui de fenêtre. Furieuse en constatant les dégâts, Margot
Bordeaux vous consulte et vous pose les questions suivantes :

a) Puis-je agir en justice contre Zinzolin pour lui demander de réparer les
dommages causés à mon appui de fenêtre ? Si oui, sur quelles bases et à quelles
conditions ?
b) Quels moyens sont, le cas échéant, à ma disposition pour sanctionner, en
justice, l’inexécution contractuelle de M. Moutarde ? Quels sont les conditions
et les effets attachés à ces moyens ?
c) Si je décide de ne pas payer la moitié de la rémunération, M. Moutarde
pourrait-il invoquer la clause contractuelle ?
d) Suis-je en mesure de prouver l’existence du contrat conclu avec M. Moutarde ?
e) À quel moment précis mon action contre M. Moutarde sera-t-elle prescrite ?
f) Olive, la voisine de Margot Bordeaux, dont la plaie a dû être suturée, peut-elle
agir en justice contre Zinzolin pour obtenir la réparation de son dommage ?

Justifiez soigneusement chacune de vos réponses en précisant les bases légales
invoquées et les différentes étapes de vos raisonnements. (3 pages maximum)

1. Rien ne va dans la vie de Gaston : il a déjà raté deux fois sa première année de
baccalauréat en droit, il n’a toujours pas rencontré la femme de sa vie et surtout, cela
fait deux ans qu’il est dépendant à la cocaïne et qu’il en vend pour se faire de l’argent
de poche. Il sait que prendre de la drogue ne résoudra pas ses problèmes mais il
n’arrive pas à trouver la motivation pour arrêter. Il n’hésite dès lors pas, lorsqu’il
rencontre dans une soirée, Jules, son principal acheteur, à lui en fournir une grande
quantité, en acceptant de n’être payé que la semaine suivante.

Durant cette même soirée, un copain lui présente une magnifique jeune fille dont il
tombe éperdument amoureux et qui réussit rapidement à le convaincre d’arrêter le
trafic de drogues et de se remettre à étudier.
NOM :
Prénom :
12

Fou amoureux, il accepte et décide de lui offrir une magnifique bague de fiançailles,
qu’il achète à Pierre, un ami bijoutier, en échange de la créance qu’il détenait à
l’encontre de Jules. Prudent, Pierre en avertit immédiatement Jules, par lettre.

a) Oubliant le contenu de ce courrier, Jules paye le montant dû à Gaston.

b) Jules refuse de payer la somme due à Pierre, prétextant que le contrat initial,
conclu avec Gaston, n’était pas valable.

Qu’en pensez-vous ? (1,5 page maximum)