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Chapitre : investissement, progrès Notions du référentiel : investissement, FBCF, investissement

technique, innovations immatériel, investissement public

Fiche 1 – Définitions et mesures de l’investissement

Introduction : distinction investissement-capital et accumulation (1 p 66)


Les trois termes ne sont pas synonymes :
• le capital est un stock, c’est-à-dire que :
- l’on se fixe à un instant donné du temps et qu’on dénombre les moyens de production que
l’entreprise détient à cette date.
- Mais ce stock résulte des flux qui ont été réalisés durant les périodes précédentes.

• l’accumulation du capital :
- si le capital est un stock, l’investissement est un flux.
- Mais un investissement ne correspond pas forcément à une augmentation du stock de
capital, ce qui correspond à la définition de l’accumulation du capital. µ

• car il faut distinguer investissements bruts des investissements nets :


- Les investissements bruts correspondent aux flux d’entrée du capital.
- mais au moment même où les entreprises introduisent de nouveaux moyens de
production, elles détruisent du capital, qui est devenu obsolète ou usé, ce sont les
déclassements ( les flux de sortie). L’investissement net sera alors la différence
entre les flux d’entrée : l’investissement brut et les flux de sortie ( les
déclassements ).
- Deux cas doivent alors être distingués :
• Tant que l’investissement net est positif, le stock de capital s’accroît, les
entreprises accumulent du capital.
• Au contraire, si l’investissement net est négatif, soit parce que
l’investissement brut est faible, soit parce que les déclassements sont élevés,
alors les entreprises réduisent leur stock de capital.

Pour une définition plus complète du capital (rappel première) , cliquez ici : ici

Sur la distinction capital fixe-capital circulant, cliquez ici : ici

I- Définitions de l’investissement

On peut définir l’investissement en fonction de plusieurs critères :


• en fonction de l’agent qui investit
• en fonction du type d’investissement réalisé
1. L’investissement en fonction de l’agent ( 1p 58 )

On peut distinguer trois types d’agent qui réaliseront des investissements différents :
TYPE D’AGENT TYPE DE BIEN OBJECTIF DE L’INVESTISSEMENT
les entreprises bâtiments , terrains , machines et améliorer l’efficacité productive de
matériels auquel on pourrait l’entreprise
ajouter l’investissement immatériel
les administrations privées ou les achats de bâtiments , terrains , réaliser des équipements collectifs
publiques gros matériel par les collectivités afin de produire des services non
marchands fournis gratuitement
aux usagers ou à un prix inférieur
de 50% à leur coût
les ménages achats de terrains et de logements se loger tout en épargnant puisque
la valeur du bien se conserve dans
le long terme et que l’on pourra en
tirer un revenu si on le loue

Le type d’agent joue donc un rôle essentiel dans la classification de l’investissement réalisé : ainsi
• Si une entreprise construit un immeuble, il sera comptabilisé dans l’investissement productif.
• Si c’est une administration, dans l’investissement collectif.
• Mais aussi, si une entreprise individuelle achète une voiture pour son activité ( ex : un boulanger
pour livrer son pain ) , cela sera comptabilisé dans l’investissement productif .
• Au contraire, si le boulanger acquiert une voiture pour ses déplacements privés , cet achat sera
comptabilisé comme une consommation durable .

Sur éco dico, une vidéo sur l’investissement public : ici

2. Les différents types d’investissement physique

On distingue trois types d’investissement qui répondent à des motivations différentes et ont des effets
opposés sur l’emploi :

DEFINITION MOTIVATION EFFET SUR L’EMPLOI


INVESTISSEMENT DE il correspond à
Remplacer les machines Pas d’effet évident
REMPLACEMENT l’amortissement, puisqu’il
usées ou victimes de
est acquis grâce aux l’obsolescence, tout en
sommes mises de côté sachant qu’elles ne sont
par l’entreprise pour faire
pas remplacées à
face au renouvellement l’identique , que
du capital généralement les
machines neuves sont
plus productives ,
intègrent du progrès
technique
INVESTISSEMENT DE C’est un investissement il a pour objectif de Puisque qu’il consiste à
CAPACITE destiné à accroître les répondre à une rajouter de nouvelles
capacités de production augmentation de la machines à celles déjà
de l’entreprise demande que reçoivent existantes afin de
les entreprises produire plus, il se traduit
généralement par des
créations d’emploi
INVESTISSEMENT DE il vise à introduire des les entreprises cherchent l’effet sur l’emploi est
PRODUCTIVITE machines plus donc à bénéficier de généralement négatif à
productives intégrant le gains de productivité et court terme, car les
progrès technique donc à produire à moindre entreprises cherchent
coût ainsi à économiser de la
main-d’œuvre
Remarque : La distinction entre ces différents types d’investissement est en partie factice. Un investissement combine
généralement 2 caractéristiques :
• il vise à augmenter le potentiel productif de l’entreprise
• tout en introduisant des machines plus productives

3. La distinction investissement matériel-investissement immatériel ( 3 p 58 )

-Le Conseil National de l’Information Statistique définit donc « un investissement immatériel comme une
dépense qui, bien qu’inscrite en charge d’exploitation, développe la capacité de production et valorise
l’entreprise en s’accumulant sous la forme d’un capital amortissable sur une production future et en
constituant une valeur patrimoniale cessible sur le marché ».
-Pour l’OCDE « l’investissement immatériel recouvre toutes les dépenses de long terme autres que l’achat
d’actifs fixes que les entreprises consentent dans le but d’améliorer leurs résultats. » . On distingue 4
types d’investissement immatériel :
• la Recherche et le Développement ( R-D ) .
• les dépenses de formation de la main d’œuvre
• la publicité
• les dépenses de logiciel

Constat : Aujourd’hui encore, les investissements immatériels ne sont pas comptabilisés dans la FBCF ( sauf les logiciels, les
dépenses de prospection minière, les œuvres littéraires et artistiques , ainsi que les dépenses militaires pouvant servir à des fins
civils : cf. 2 p 56 ) qui prend essentiellement en compte les biens physiques . Ils sont considérés comme étant une dépense
courante.

Sur éco dico, une vidéo définissant l’investissement immatériel: ici

La nécessité de prendre en compte l’investissement immatériel dans la mesure de l’investissement : ici

Un rapport du Sénat de 2002 : la définition de l’investissement : ici

4. Investissement autonome-investissement induit

- L’investissement induit est généralement un investissement de capacité. En effet, c’est un


investissement qui est motivé par l’accroissement constaté ou anticipé de la demande que reçoivent les
entreprises. Cet investissement est donc largement déterminé par l’évolution de la croissance
économique. Dans les périodes d’expansion, il est fort ; dans celles de récession, il est faible.

- L’investissement autonome : pour compenser les fluctuations d’investissement induits, sont lancés
généralement par l’Etat des investissements autonomes qui eux sont indépendants des variations de la
demande. Ils consistent généralement en des programmes d’investissements publics contracycliques,
c’est-à-dire qui visent à aller à l’encontre des tendances naturelles de l’économie .On constate ainsi , que
dans les années 70 les grandes entreprises nationales ont lancé des campagnes d’investissement afin de
compenser la chute du taux d’investissement privé résultant de l’entrée en crise . L’investissement
autonome répond généralement à des préoccupations de long terme ou structurelles ; ils visent ainsi à
améliorer l’efficacité et la compétitivité de l’économie (investissement stratégique) , l’innovation ou à
mettre en oeuvre des infrastructures ( politique de grands travaux ) .

II- La mesure

1. Une mesure absolue

a. La Formation Brute de Capital Fixe

-Dans la Comptabilité nationale, l’investissement est dénommée « Formation Brute de Capital Fixe
( FBCF ) qui est constituée des acquisitions moins cessions d'actifs fixes réalisées par les producteurs
résidents.
-Les actifs fixes sont les actifs corporels ou incorporels issus de processus de production et utilisés de
façon répétée ou continue dans d'autres processus de production pendant au moins un an.
pendant longtemps , seul l’investissement matériel , c’est-à-dire celui qui consiste en l’achat de biens
d’équipement , de machines , a été reconnu .Mais , dans l’économie moderne , les investissements
immatériels qui ne sont pas concrétisés par l’achat de l’objet , mais par des dépenses consacrées à la
recherche et au développement , à la formation du personnel , à la publicité , à l’achat de logiciels et de
brevets , prennent une place considérable et sont intégrés partiellement à la FBCF ( depuis 2000 , les
achats et les dépenses en logiciels sont considérés comme faisant partie de la FBCF et ne sont donc plus
considérés comme des consommations intermédiaires )

b. La Formation Nette de Capital Fixe

Mais, au cours de ces différents processus productifs, le capital s’use ou devient obsolète et doit donc
être déclassé . Cette charge d’exploitation est dénommée amortissement
FNCF = FBCF – Amortissement

2. Une mesure relative : le taux d’investissement

Il vise à mesurer l’effort d’investissement d’un pays, en particulier sa capacité à accroitre sa


compétitivité et à répondre aux variations des commandes
- Le taux d’investissement brut est le rapport entre l’investissement brut (la FBCF) et la valeur ajoutée :
FBCF x 100
PIB
- Le taux d’investissement net : FNCF x 100
PIN
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technique ,innovations

Fiche 2 – Synthèse : Deux logiques opposées de


l’investissement
L’analyse néo-classique / L’analyse keynésienne

analyse néo-classique analyse keynesienne


L’individu est naturellement un L’individu est rationnel, mais sa
homo oeconomicus : rationalité est limitée :
Conception • rationnel • l’individu imite les autres dans un
de la nature • égoïste environnement incertain
humaine Conception : (comportements moutonniers)
• anhistorique
• asociale • prise en compte de la dimension
historique et sociale
Le marché existe, c’est un marché • Keynes : « Il se peut que la
de CPP qui vérifie les hypothèses : théorie classique décrive la
• transparence manière dont nous aimerions que
• atomicité notre économie se comportât.
• homogénéité Mais supposer qu’elle se
Conception • mobilité des facteurs comporte ainsi c’est supposer
du toutes les difficultés résolues »
• libre-circulation
marché
Les différents marchés (travail ,
bien , monnaie , capital ) sont
interdépendants et assurent un • L’économie n’est pas constituée
retour à l’équilibre de plein emploi d’un ensemble de marchés
qui est stable dans le long terme , interdépendants disposant de
grâce à des capacités capacités d’autorégulation
d’autorégulation ( les mouvements (rigidité des prix à court terme)
de prix )
Cadre du Microéconomique : l’équilibre Macroéconomique : les grandes
raisonnemen résulte de l’agrégation des fonctions ou agrégats économiques
t comportements individuels ( cf s’imposent aux agents économiques
A.Smith : la main invisible )
Conception l’avenir est connu avec certitude le monde est dominé par l’incertitude
de l’avenir car les individus rationnels (HO) face à l’avenir
disposent de toutes les informations
possibles leur permettant d’agir sur
le marché
les individus vont alors essayer de
recourir à diverses techniques de
réduction de l’incertain qui doivent
conséquence les individus qui sont des homo leur permettre de réduire les risques
s sur l’action oeconomicus rationnels et égoïstes d’erreurs quant aux décisions telles
des individus n’ont alors qu’à optimiser leurs l’investissement qui engage
actions en fonction du cadre dans l’avenir .Mais la rationalité des
lequel il se situe individus est limitée ; ils vont alors
adopter des comportements
moutonniers qui les conduisent à se
conformer à l’opinion dominante ou à
supposer que l’avenir est une simple
répétition du présent . Il n’en
demeure pas moins que le risque
d’erreur est important.
Dès lors, la monnaie ne se présente la détention de la monnaie va être
que comme une technique qui déterminée par cette incertitude vis-
permet de faciliter les échanges par à-vis de la monnaie. En effet, la
Raisons de la rapport au troc (motif d’encaisses- monnaie présentant l’intérêt, par
détention de transactions) .La monnaie n’est définition, d’être totalement liquide,
monnaie donc qu’un voile . l’individu va la détenir pour des
raisons psychologiques : elle lui
permet de se rassurer . Plus le risque
d’erreur dans les calculs de l’individu
sera fort, plus la détention de
monnaie sera importante
le taux d’intérêt dépend de la contrairement aux néo-classiques, la
sphère réelle ; il a pour rôle d’inciter monnaie n’est pas seulement un
à la renonciation à la voile, du fait de la préférence pour la
consommation en rémunérant liquidité les individus vont détenir de
l’épargne. Dans la logique néo- la monnaie pour elle-même, le rôle
Définition et classique, il n’y a pas de du taux d’intérêt est alors de
rôle du taux thésaurisation car les individus n’y compenser le coût psychologique
d’intérêt auraient aucun intérêt, étant donné que l’individu subit quand il renonce
que la monnaie n’est qu’un à la liquidité en opérant un
intermédiaire des échanges et n’est placement. Keynes considère donc
pas recherchée pour elle-même que, contrairement aux classiques, le
taux d’intérêt n’agit pas dans la
sphère réelle ( il n’opère pas la
répartition du revenu entre
consommation et épargne ) mais
dans la sphère monétaire ( il répartit
ce qui est détenu sous forme liquide
et sous forme de placement )

Chapitre : investissement, progrès Notions du référentiel :


technique, innovations

Fiche 3 -La loi de Say et sa remise en cause


L’opposition entre les néo-classiques et les keynésiens repose sur la possibilité ou non d’un équilibre entre offre et demande qui
est basée sur une conception de la monnaie particulière

I- Pour les néo-classiques, il n’ y a pas de problèmes de débouchés

1. Présentation de la loi de Say ou loi des débouchés ( rappel de première)

La loi de Say indique que l’offre crée sa propre demande et l’amène à son niveau.En effet, le niveau de
production des entreprises est fixé sur le marché du travail en fonction du taux de salaire réel
d’équilibre . Les entreprises vont donc réaliser une production qu’elles n’auront aucune difficulté à
écouler puisque les revenus qu’elles auront distribués serviront à acquérir les biens qu’elles auront
produits :
• la partie du revenu qui sera consommée fournit directement des débouchés
aux entreprises
• la partie du revenu qui est épargnée fournit quant à elle des débouchés
indirects

Conséquences de la loi de Say : l’épargne est automatiquement investie :


• On ne voit pas en effet pourquoi un ménage épargnerait s’il ne reçoit pas une
rémunération sous forme d’intérêt,
• on ne comprend pas pourquoi quelqu’un distribuerait une rémunération à
l’épargnant s’il ne faisait pas une utilisation productive de l’épargne sous
forme d’investissement

Conclusion : La monnaie n’est donc qu’un voile, qui n’influence pas l’activité économique . Cela
s’explique par la théorie quantitative de la monnaie

Pour l’explication de J.B.Say , cliquez : ici

2. L a théorie quantitative de la monnaie ( rappel de première )

Postulat de base : La théorie quantitative de la monnaie considère que la monnaie est un voile qui
n’a aucune influence sur le volume de la production , ni sur les taux d’intérêt réels qui sont déterminés
par les facteurs réels de l’économie . En effet, si l’on pose : MV=PT
sachant que :
• M représente la masse monétaire en circulation
• V la vitesse de circulation de la monnaie, c’est-à-dire le nombre de fois où M
est utilisé dans les échanges ( V supposé constante à court terme ) ,
• P le niveau général des prix
• T le niveau des transactions (qui dépend du niveau de production ) .

Que se passe-t-il si l’on augmente la masse monétaire en circulation ?


- D’après les auteurs néo-classiques, ceci n ’aura aucun effet sur le niveau des transactions ,
cela se répercutera complètement dans une augmentation proportionnelle des prix .
- Dès lors une politique d’expansion de la masse monétaire visant à augmenter la demande
des ménages par distribution de revenus n’aura aucun effet sur la production
- Elle engendrera certes une augmentation du salaire nominal, mais celle-ci étant compensée
par l’augmentation des prix, le salaire réel demeure constant.
- Cela n’aura pas non plus d’effet dans la répartition entre épargne et consommation .En
effet, l’augmentation de la masse monétaire va engendrer une augmentation de l’inflation
que les prêteurs de capitaux ont anticipé, s’ils ne sont pas victimes d’illusion monétaire. Ils
vont réagir par une augmentation du taux d’intérêt nominal compensant l’augmentation
des prix, le taux d’intérêt réel demeurant alors constant, ainsi que le niveau d’épargne
souhaité par les agents.

3. Conclusion : la politique monétaire


Dans une perspective néo-classique, la seule chose que les autorités publiques ont à faire afin de
favoriser l’accumulation du capital est d’intervenir le moins possible. En effet, le système s’autorégule :
les entreprises n’ont aucune difficulté à trouver des débouchés (loi de Say ) . Si elles veulent accroître
le niveau de leur investissement, il leur suffit d’accepter une augmentation du taux d’intérêt réel qui
engendrera une augmentation du niveau d’épargne qui assurera l’équilibre du marché du capital.

II- La critique keynésienne ( rappel première )

1. La remise en cause de la loi de Say

Selon Keynes, l’offre ne crée pas obligatoirement sa propre demande. En effet, le revenu se partage en
2 parties :
- la consommation qui va être un débouché pour la production
- l’épargne : selon Keynes toute l’épargne n’est pas investie car celle-ci est décomposée en 2
parties :
• une partie est bien investie
• une autre est thésaurisée, c’est-à-dire qu’elle est conservée sous forme monétaire

Pour en savoir plus : ici

Ainsi, le montant de la production est supérieur aux débouchés . Cela tient à la conception de la
monnaie de Keynes qui s’oppose à celle des néo-classiques

2. La remise en cause de la théorie quantitative de la monnaie

- Selon les néo-classiques, les individus sont rationnels et ne sont pas victimes d’illusion monétaire : la
demande de monnaie ne résulte que d’un seul motif :le motif de transaction : le besoin de monnaie
pour la réalisation des échanges personnels et professionnels .L’individu est obligé de conserver une
partie de son revenu sous forme monétaire entre le moment où il l’encaisse et celui où il le décaisse
( en réalisant un achat )

- Keynes en ajoute 2 autres :


• le motif de précaution qui résulte d’un besoin de sécurité : l’individu va conserver une partie
de ses ressources sous forme liquide, par exemple pour parer aux éventualités qui exigeraient
une dépense imprévue.
Selon Keynes, ces deux premiers motifs sont peu sensibles au taux d’intérêt. Par contre, leur montant
varie en fonction du revenu des ménages

• le motif de spéculation qui résulte directement de l’incertitude quant à l’avenir : selon


Keynes, l’évolution future de la gamme des taux d’intérêt n’est pas connue aujourd’hui, elle
n’est pas probabilisable. Chaque individu va alors essayer de profiter de ce qu’il considère être
comme une meilleure connaissance du marché que celle dont fait preuve l’opinion générale
.L’individu spécule .Le motif de spéculation, contrairement aux deux précédents va, lui être
directement déterminé par le taux d’intérêt

Remarque : La détention de monnaie en raison du motif de spéculation sera d’autant plus forte que le
taux d’intérêt sera faible

Conclusion : Dès lors , le taux d’intérêt n’est plus une récompense de l’abstention de consommation
opérant le partage du revenu entre consommation et épargne ; il sert à récompenser la non-
thésaurisation , c’est-à-dire qu’à partir d’un niveau d’épargne déterminé par le niveau de revenu , le
taux d’intérêt assure la répartition de l’épargne entre les placements en titres ( faible liquidité
compensée par une rémunération : le taux d’intérêt ) et la conservation d’encaisses monétaires oisives
( forte liquidité , pas de rémunération )

Sur le site de C.Rodrigues, un diaporama (à partir de la diapo 55) sur la relation consommation/épargne chez les néo-
classiques et Keynes et la loi de Say: ici

Un article de D.Clerc sur la controverse de l’épargne chez les néo-classiques et Keynes : ici

3. Les conséquences sur la politique monétaire


- Ceci va avoir des répercussions sur la possibilité pour l’Etat d’agir sur le taux d’intérêt par une
politique monétaire

- En effet, puisque le taux d’intérêt assure la répartition entre épargne détenue sous forme monétaire
et épargne détenue sous forme non monétaire, c’est une variable monétaire.

- Une politique monétaire expansive par l’augmentation d’offre de monnaie par les autorités
monétaires déterminera une chute du taux d’intérêt qui rendra les placements financiers moins
attractifs et augmentera la détention de monnaie pour le motif de spéculation

- La politique monétaire est alors une arme dont disposent les autorités pour sortir une économie de la
crise dans laquelle elle peut se trouver, car même si elle n’influence pas le montant de l’épargne , elle
va déterminer , en partie , la décision d’investissement des entreprises.

Sur le site de l’Université de Paris 7, un article sur la loi de Say et sa remise en cause : ici

Chapitre : investissement, progrès Notions du référentiel : taux de rentabilité, taux d’intérêt, épargne ,
technique ,innovations autofinancement , financement externe

Fiche 4 – La logique de l’offre :


la prise en compte du rôle du profit et du taux d’intérêt

La logique libérale considère que les variables de l’offre sont primordiales : elle regarde uniquement les modalités de
financement de l’investissement

Introduction : les différents modes de financement (rappel première)

1. financement externe – financement interne

- le financement interne correspond à la situation où un agent économique, en particulier une


entreprise, finance l’achat de son capital par des ressources propres, c’est-à-dire par le recours à
l’autofinancement .
-Mais généralement, celui-ci se révèle insuffisant pour assure le développement d’une société dans un
contexte très concurrentiel. Dès lors, celle-ci est obligée de recourir à un financement externe qui
peut prendre 2 formes: direct ou indirect

2. financement direct – financement indirect

- le financement direct (5 p 75) : consiste en une mise en rapport direct de l’emprunteur ayant une
capacité de financement et du prêteur ayant un besoin de financement. Leur relation s’opère sur un
marché régulé par le taux d’intérêt : l’agent économique ayant un besoin de financement émet un titre
(action, obligation , bons du Trésor ) qui est acquis par un agent disposant d’une capacité de financement
. C’est un financement direct, car la créance détenue par l’agent qui épargne est la contrepartie de la
dette de celui qui emprunte

- au contraire, le financement indirect (6 p 75) : correspond à l’intermédiation qui est la situation


dans laquelle une institution financière collecte des ressources auprès de ceux qui ont des excédents au
profit de ceux qui ont des déficits

On dit qu’il y a intermédiation dans la mesure où la créance détenue par les agents (comptes bancaires,
livrets ) est différente de la dette des agents à déficit , et ce d’autant plus , qu’une partie de
l’intermédiation correspond à la capacité des banques à c réer de la monnaie , en accordant des crédits
aux agents économiques sans collecte d’épargne préalable .

Sur le site de J.P.Simonnet, les différentes formes de financement : ici

I. L’analyse néo-classique de l’investissement : la relation investissement – taux d’intérêt (8 p 62 )

Pour cette partie, on s’appuiera sur les connaissances issues des cours de première sur la monnaie et sur la régulation par le
marché (loi de l’offre et de la demande), ainsi que sur la fiche du chapitre marché du travail.

1. les déterminants de l’offre de capital


Postulat de base :
• L’offre de capital correspond à l’épargne : à revenu constant, une
augmentation de l’effort d’épargne de la part des ménages nécessaire pour assurer
l’accroissement des capacités de production requiert une réduction des dépenses de
consommation.
• Or selon les néo-classiques, les ménages sont caractérisés par la préférence
pour le présent (time preference ) qui les conduit à déprécier le futur : un ménage préférera
toujours consommer aujourd’hui plutôt que de reporter sa consommation dans le futur .
• Pour que le ménage épargne, il faut qu’en contrepartie du coût psychologique
que génère la renonciation à consommer aujourd’hui, ils reçoivent une rémunération qui leur
permettra de consommer davantage demain
• Cette rémunération est le taux d’intérêt réel ( les ménages n’étant pas
victimes d’illusion monétaire ) .

Conclusion : Ainsi, l’épargne est une fonction croissante du taux d’intérêt réel car pour que le
ménage accepte de sacrifier une partie croissante de sa consommation d’aujourd’hui, il faut qu’il
reçoive en dédommagement une rémunération croissante qui compense le coût psychologique de
l’effort d’abstinence qu’il réalise

2. les déterminants de la demande de capital

Postulat de base : Les entreprises fixent la demande de capital en fonction d’une analyse coût-
bénéfice (elles sont rationnelles) Elles comparent donc:
• ce que leur coûte une unité supplémentaire de capital, c’est-à-dire le taux
d’intérêt réel , qu’elles doivent rembourser si elles empruntent , qu’elles perdent ( coût
d’opportunité ) si elles ne placent pas leur capital sur le marché financier .
• à ce que leur rapporte une unité supplémentaire de capital , c’est-à-dire la
productivité marginale du capital . Sachant que les néo-classiques postulent l’existence de la loi
des rendements décroissants, les entreprises ont une productivité marginale du capital
décroissante quand le capital augmente .

Conclusion : P.Delfaud peut en conclure : les entrepreneurs ne vont accroître leur investissement que
si la rémunération du capital s’abaisse, la demande de biens capitaux est donc une fonction
décroissante du taux d’intérêt réel

3. l’équilibre.

Détermination de l’équilibre :
L’offre et la demande de capital sont déterminées par le taux d’intérêt réel
- Offreurs et demandeurs de capitaux vont donc se rencontrer sur le marché des capitaux ; il en
résultera un équilibre du marché du capital qui égalise l’offre et la demande de capital pour un taux
d’intérêt réel d’équilibre.
- Ce taux d’intérêt réel d’équilibre présente la caractéristique d’égaliser le taux de préférence pour le
présent des ménages et la productivité marginale du capital des entreprises.

Remarque :
- Une fois que les ménages ont déterminé en fonction du taux d’intérêt réel leur niveau d’épargne, ils
fixeront le niveau de consommation qui est un reliquat : la consommation = Revenu - Epargne.
- les entreprises prennent leurs décisions d’investissement en fonction du seul taux d’intérêt réel car
les néo-classiques postulent qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à écouler leur production. Ceci
résulte de la loi de Say..

Conclusion : Dans une perspective néo-classique, la seule chose que les autorités publiques ont à faire
afin de favoriser l’accumulation du capital est d’intervenir le moins possible. En effet, le système
s’autorégule : les entreprises n’ont aucune difficulté à trouver des débouchés (loi de Say) . Si elles
veulent accroître le niveau de leur investissement, il leur suffit d’accepter une augmentation du taux
d’intérêt réel qui engendrera une augmentation du niveau d’épargne qui assurera l’équilibre du marché
du capital.

Sur éco dico, une vidéo sur la relation entre investissement et taux d’intérêt : ici

Un rapport du Sénat de 2002 : l’analyse néo-classique : ici

II. La nécessaire prise en compte des déterminants financiers de l’investissement ( 9 p 60)

1. Le théorème de Schmidt

Dans les années 80, H.Schmidt, chancelier allemand met en évidence le rôle central du profit dans la décision d’investir : « Les
profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain » . Le profit joue sur l’investissement de 2
manières complémentaires :
- il finance l’investissement : l’autofinancement est la forme de financement la moins coûteuse
- il motive l’investissement : puisque investir assure du profit, investir davantage génère davantage de profit

2. La rentabilité de l’investissement (3 p 69-70)

Malinvaud écrit : « Toutes les études économétriques sur l’investissement ont montré que le facteur le
plus manifeste était celui connu sous le nom d’accélérateur : quand la production a eu tendance à
augmenter rapidement, les investissements se sont élevés . Cette influence est si bien établie
aujourd’hui que l’identifier dans chaque étude économétrique nouvelle apparaît comme une
indispensable première étape nécessaire à déblayer le terrain en vue de dégager le rôle des autres
facteurs qui sont moins aisément apparents (...) Cependant les non-économistes , qu’ils s’agissent
d’hommes d’affaires ou de spécialistes de la gestion financière ont tendance , au contraire , à attribuer
spontanément un grand rôle à la profitabilité. »

a. la rentabilité économique ( RE)(3 p 69)

L’ entreprise, dont la motivation essentielle est l’appât du gain et qui est rationnelle , va prendre en
compte la rentabilité de l’investissement avant de le réaliser .
- Elle va pour cela étudier la RE qui s’obtient de la façon suivante : VAB = EBE + MS +T où :

 EBE = Excédent Brut d’Exploitation


 MS : Masse Salariale (salaire et cotisations)
 T : Taxes indirectes prélevées par l’Etat sur les entreprises

Donc : EBE = VAB - MS - T

- La rentabilité économique brute va rapporter l’ EBE au stock de capital fixe détenu par l’entreprise ( K ) :
EBE x 100
K

- La REB sera donc d’autant plus importante que :


• la productivité du capital (VAB / K) sera forte
• que la répartition de la VA sera favorable à l’entreprise, c’est-à-dire que le taux de
marge sera élevé : Taux de marge = EBE x 100
VAB

- On peut aussi calculer une Rentabilité Economique Nette : REN = ENE/K où ENE = EBE - amortissement

La décomposition de la rentabilité économique : ici

Celle-ci est l’indicateur le plus approprié, puisqu’elle calcule ce qu’on peut appeler le taux de profit net,
c’est-à-dire la part de la VA qui reste à l’entreprise une fois qu’elle a payé les salaires, les taxes et
l’amortissement du capital .

Néanmoins la RE brute ou nette se révèle un indicateur insuffisant pour expliciter la prise de décision
de l’entreprise. En effet, l’entreprise rapporte toujours le rendement de l’investissement ( RE ) à son
coût ( le taux d’intérêt ) .La RE intéresse l’entrepreneur , par contre ce qui motive l’actionnaire est la
rentabilité de son apport mesuré par la Rentabilité Financière .

Sur le site de J.P.Simonnet,la relation entre taux de marge, taux de profit, Rentabilité économique : ici

b. La rentabilité financière ( RF ) ( 3 p 69 )
L’entreprise calcule alors une rentabilité financière qui prend en compte les facteurs financiers
RFB = EBE -iD RFN = ENE - iD
K-D K-D
Où :
• i : taux d’intérêt réel
• D : dettes accumulées par l’entreprise,
• K-D : fonds propres (FP) , c’est-à-dire le capital détenu en propriété par l’entreprise , résultant des
apports successifs des actionnaires .

On peut transformer la RF pour faire apparaître la RE : RFN = RE + D ( RE - i )


FP

La RF sera fonction du signe de l’effet de levier : RE- i

2 cas peuvent alors être distingués :


• si RE > i, alors on dit que l’effet de levier est positif, plus le levier ( D/FP) est élevé ( c’est-à-dire plus
le degré d’endettement est fort ) , plus la RF sera importante . Dans ce cas-là, l’entreprise a intérêt à
investir, à s’endetter si elle ne peut autofinancer la totalité de ses investissements.

• si RE< i, alors l’effet de levier est négatif, plus le levier est fort , plus la RF sera faible , l’entreprise
n’a donc pas intérêt à investir en capital fixe , ni à s’endetter ; elle doit au contraire chercher à
réduire son investissement en remboursant une partie de ses dettes par anticipation . L’entreprise
préfère alors placer ses réserves sur le marché financier.

Remarque : Une période d’effet de levier élevé résultant de taux d’intérêt faible conduit les
entreprises à accroître leur degré d’endettement. Ceci peut s’avérer, à terme, fort dangereux et se
transformer en effet boomerang si les taux d’intérêt réels augmentent fortement, entraînant un effet
de levier négatif

Sur le site de J.P.Simonnet, l’effet de levier : ici

c. La profitabilité ( 3 p 70 )
Les entreprises s’intéressent, de plus en plus, à un indicateur qui leur permet de prendre en compte la
dimension financière de leur investissement. C’est la profitabilité : RF - i
La profitabilité correspond à l’écart existant entre le rendement du capital dans l’entreprise et le
rendement moyen d’un placement financier.
- si la profitabilité est négative, il est plus intéressant d’opérer des placements sur le marché
financier que d’investir en capital fixe dans l’entreprise.
- si elle est positive, il est plus intéressant d’effectuer un investissement

Sur le site de J.P.Simonnet


- le rôle des variables financières (profit, taux d’intérêt) sur l’investissement : ici

- la contrainte de rentabilité et la profitabilité : ici

Un rapport du Sénat de 2002 : le rentabilité et la profitabilité dans la détermination de l’investissement : ici

3. La détermination de l’investissement dépend de la comparaison profit-taux


d’intérêt
L’entreprise, afin de déterminer son niveau d’investissement, va prendre en compte le taux d’intérêt
et son taux de profit . On peut distinguer plusieurs cas :
- si l’entreprise ne fait pas de profit ou a accumulé des profits insuffisants pour
autofinancer ses investissements, elle va être obligée d’emprunter auprès des banques
ou sur le marché obligataire ( sachant qu’une entreprise dont la rentabilité est faible aura
du mal à augmenter son capital social par émission d’actions sur le marché financier afin
d’obtenir des fonds supplémentaires ) . Le taux d’intérêt réel (taux d’intérêt nominal - taux
d’inflation ) représente le coût de cet investissement que l’entreprise va comparer à ce que
lui rapporte cet investissement ( la RE )
- si l’entreprise réalise des profits suffisants pour autofinancer ses
investissements, encore faut-il que ce projet dégage le rendement le plus élevé, puisque
l’entreprise peut soit investir en capital fixe, soit placer ses réserves sur le marché financier.
Dès lors, l’entreprise va prendre en compte le taux d’intérêt réel qui représente le coût
d’opportunité de l’investissement en capital fixe, c’est-à-dire ce que l’entreprise aurait
gagné si elle avait placé ses capitaux sur le marché financier .

Un dossier du Conseil d’Analyse économique : une étude sur la relation entre profit et investissement dans les entreprises
cotées : ici
Chapitre : investissement, progrès Notions du référentiel :demande anticipée
technique ,innovations

Fiche 5 – Le rôle de la demande dans l’investissement


L’analyse keynésienne

Dans l’analyse keynésienne, demande et investissement sont reliés par le biais de 2 canaux :
• la demande détermine l’investissement : c’est le modèle de l’accélérateur
• l’investissement détermine la demande : c’est le modèle du multiplicateur

I. Les déterminants de l’investissement

1. La décision d’investissement des entreprises

L’apport de Keynes dans ce domaine est plus réduit

Postulat de base :
- selon Keynes la décision d’investissement des entreprises dépend de la comparaison entre
l’efficacité marginale du capital (en terme moderne , on parlerait de productivité marginale
du capital ) et du taux d’intérêt du marché qui dépend lui-même de la préférence pour la
liquidité des ménages et du niveau de l’offre de monnaie fixée par l’Etat .
- L’entreprise investira si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt du
marché.

Répercussion des politiques monétaires :


- On voit bien ici l’influence des autorités monétaires sur la décision des entreprises. Si
l’efficacité marginale du capital est réduite, les entreprises n’investiront que si le taux
d’intérêt est faible,
- les autorités monétaires doivent donc intervenir pour diminuer le taux d’intérêt en
appliquant une politique monétaire expansive

Conclusion : L’apport fondamental de Keynes ici est de montrer que :


• l’investissement ne résulte pas d’une offre de capital préexistante,
accumulée sous forme d’épargne,
• mais qu’au contraire c’est l’investissement qui engendre en tant que
composante de la demande, l’épargne.
2. La demande effective , cause de l’investissement : le modèle de l’accélérateur ( 2 p 67 )

a. Présentation du modèle

- Keynes, dans la théorie générale fait dépendre la décision d’investissement du rendement futur du
capital investi, c’est-à-dire de son efficacité marginale.
- Harrod , qui est un de ses proches collaborateurs va s’efforcer de montrer dans une perspective
keynésienne que la demande solvable anticipée par les entreprises ( la demande effective ) va , à court
terme , déterminer la mise en oeuvre d’un volume de production et d’emploi , à capital constant .
-Dans le long terme la demande effective va influencer l’efficacité marginale du capital (elle sera
d’autant plus importante que la demande anticipée sera forte car les machines ne demeureront pas
inutilisées ) . Dès lors, la décision d’investissement de l’entreprise résulte à la fois :
• de la comparaison entre l’efficacité marginale et le taux d’intérêt
• des prévisions des entreprises sur l’évolution de la demande effective

Pour voir la présentation mathématique de l’accélérateur : ici

Un rapport du Sénat de 2002 présentant litérairement l’accélérateur : ici

Sur le site de J.P.Simonnet, le mécanisme de l’accélérateur : ici

Conclusion :
- le modèle de l’accélérateur démontre donc que le niveau d’investissement des entreprises
dépend, non pas du montant anticipé de la demande mais du montant des variations de la
demande anticipée.
- L’investissement s’élèvera donc tant que la demande augmentera : c’est à dire que la
variation de la demande anticipée sera positive. .
- A partir du moment où l’accroissement de la demande diminue (c’est-à-dire que la
demande augmente moins vite , non pas qu’elle baisse ) alors l’investissement chutera .
- Ce modèle montre aussi que le coefficient de capital étant supérieur à 1, les fluctuations de
l’investissement sont supérieures aux fluctuations de la demande

Sur le site de J.P.Simonnet, le rôle de la demande sur l’investissement : ici

b. Les politiques à mener

Dans ce contexte, les variations de la demande exercent un rôle essentiel :


- une augmentation suffisante des salaires est essentielle pour que la demande solvable des
ménages s’accroisse suffisamment pour maintenir l’incitation à investir des ménages : le
partage de la valeur ajoutée ne doit pas être trop défavorable au travail : (2 p 63)
- Mais, la demande est aussi influencée par la répartition du revenu des ménages entre
consommation et épargne des ménages pour Keynes, l’épargne est « le vilain de la pièce » :
une augmentation de l’épargne est néfaste
- Or, ce sont les plus pauvres qui ont la propension à consommer la plus forte : il faut donc
privilégier les plus pauvres. Quand le revenu des plus pauvres augmente, comme leur
propension à consommer est forte, leur consommation augmente rapidement. La
croissance de la demande effective génère alors une augmentation de l’investissement,
d’après le modèle de l’accélérateur.

Pour voir la démonstration de Keynes, cliquez ici : ici

Conséquences :.Dans la logique keynésienne , ceci est inquiétant ; car plus le pays est aisé , plus le
taux d’épargne des ménages va augmenter , ce qui va peser sur les perspectives de demande des
entreprises et risque de réduire leur incitation à investir . Il apparaît alors souhaitable que les autorités
publiques interviennent afin de soutenir la demande rendue défaillante par l’évolution de la
consommation .Cette intervention est d’autant plus souhaitable qu’une augmentation de
l’investissement va générer, pas le biais du multiplicateur une augmentation de la demande finale.

c. Les critiques à l’encontre du modèle de l’accélérateur


Le modèle de l’accélérateur repose sur des hypothèses très contraignantes et qui ne sont absolument
pas réalistes :
- Face à une augmentation de la demande, les entreprise peuvent préférer augmenter les prix
pour avoir plus de profit plutôt qu’investir pour produire davantage

- Car ,contrairement aux hypothèses du modèle de l’accélérateur (et paradoxalement


conformément aux affirmations de Keynes) , les incertitudes sont nombreuses , d’autant plus
que l’on se situe dans une période de crise . Or , tout investissement comporte une grande part
d’irrerversibilté : une fois que l’investissement est effectué , il sera très difficile de revenir en
arrière. Dès lors , dans le contexte économique actuel , une augmentation de la demande
anticipée ne se traduira par une augmentation de l’investissement que si elle est considérée par
les entreprises comme étant réellement durable . En cas d’augmentation de la demande
provisoire les entreprises préfèrent accroitre leurs prix plutôt que d’investir.

- dans le long terme le progrès technique génère une forte croissance de la productivité du
capital (les nouvelles machines sont plus performantes), l’hypothèse de la constance de la
productivité du capital valables dans le court terme n’est donc pas réaliste (Keynes ne
s’intéresse qu’au court terme)

-
II. Les conséquences de l’investissement : le multiplicateur

1. La relation keynésienne entre épargne et investissement

a. Rappel : la conception néo-classique de la relation épargne-investissement

Dans l’analyse néo-classique, l’épargne est un préalable qui détermine l’investissement. Ceci permet,
en particulier, de justifier une répartition inégale des revenus. Les ménages aisés, pour pouvoir
épargner, doivent disposer d’un revenu suffisant. Une redistribution en faveur des plus pauvres aurait
pour effet de réduire l’incitation et la capacité d’épargne des ménages et donc les capacités de
financement des investissements.

b. La conception keynésienne

Dans l’analyse keynésienne, la relation existant entre l’épargne et l’investissement est inversée par
rapport à celle des néo-classiques :c’est l’investissement qui engendre l’épargne en accroissant le
revenu par le phénomène du multiplicateur. En effet , comme l’écrit D.Clerc : « si ,d’une période à
l’autre , le montant de l’investissement augmente , les revenus supplémentaires sont distribués ,
lesquels engendrent une demande nouvelle , laquelle ,à son tour , engendre des revenus aux bénéfices
du producteur qui satisfont cette demande nouvelle , etc. . En d’autres termes , la circulation du revenu
supplémentaire fait que la somme initialement mise dans le circuit au titre de l’investissement
provoque une augmentation totale de la demande nettement plus élevée : c’est le mécanisme du
multiplicateur d’investissement »

2. Présentation du modèle de multiplicateur


- Sous l’hypothèse d’économie fermée , quand la demande augmente , la production augmente de manière plus
forte :
Prenons pour exemple : une propension à consommer de 0, 8 et une augmentation initiale de la demande de 100 :
Demande ↑ de 100 → production ↑ de 100→ Revenu ↑ de 100→ consommation ↑ de 80 →
Demande ↑ de 80 → production ↑ de 80 → Revenu↑ de 80 → consommation ↑ de 64 ( 80 x
0,8 )→
Demande ↑ de 64 → production ↑ de 64 → Revenu ↑ de 64 → consommation ↑ de 51,2 →
Peu à peu l’effet diminue puisque l’augmentation initiale s’est transformée en épargne
- L’effet multiplicateur est d’autant plus fort que la propension à consommer est forte et donc que les fuites vers
l’épargne sont faibles

Pour une présentation plus détaillée : ici

3. Les conséquences sur les politiques économiques


Toute la question est alors de savoir si dans une économie de marché, dans laquelle les décisions
d’investissement relèvent des entreprises, il se trouvera toujours suffisamment d’entreprises pour
renouveler l’apport initial d’investissement de période en période.
On peut en douter, même dans le cas où l’es autorités monétaires mèneraient une politique monétaire
expansive visant à diminuer le taux d’intérêt réel. Ceci conduit « Keynes, ce libéral éclairé, à aboutir à
l’idée que, à l’avenir une assez large socialisation de l’investissement s’avérera le seul moyen d’assurer
approximativement le plein emploi ». Keynes justifie ainsi le développement de l’intervention étatique,
en démontrant que les capacités d’autorégulation du marché sont illusoires , et donc que seul l’Etat est
capable d’assurer un équilibre de plein-emploi .

4. Les critiques à l’encontre du modèle du multiplicateur


Le modèle du multiplicateur n’est pas, comme Keynes le reconnaissait lui-même , adopté à toutes les situations
- le modèle du multiplicateur ne semble pas adapté à la situation des PVD

Mais même dans les PDEM le modèle du multiplicateur semble provoquer des effets pervers et ne semble plus
adapté au contexte actuel . En effet, à l’époque à laquelle Keynes écrit son célèbre ouvrage : la théorie générale,
• le taux d’ouverture des économies est réduit, généralement inférieur à 10 % . Les
pays ne subissent donc pas de contraintes extérieures.

Rappel : taux d’ouverture d’une économie = (exportation + importations) x 100


2 PIB

• Au contraire depuis le début des années 50 mais surtout depuis le début des années
80, avec la libéralisation des échanges internationaux les taux d’ouverture
progressent rapidement et la contrainte extérieure « finit par jouer pleinement à
partir des années 70 au moment précis où les pouvoirs publics auraient souhaité
disposer de marges de manœuvre étendues pour faire face à l’augmentation
simultanée de l’inflation et du chômage . (..)

Pour voir un exemple : la relance en France en 81-82 et son échec : un article du Monde du 18/02/2009 : ici

• Keynes ne niait pas ce fait puisqu’il écrivait dés l’entre deux guerres : « dans un
système ouvert en relations commerciales avec l’étranger, le multiplicateur de
l’investissement supplémentaire contribuera en partie à relever l’emploi dans les pays
étrangers, puisqu’une partie de la consommation additionnelle réduira l’excédent de
notre balance extérieure; aussi bien lorsqu’on considère l’effet d’un accroissement de
l’investissement sur le seul emploi intérieur, en tant que distinct de l’emploi mondial,
il faut réduire la pleine valeur du multiplicateur ».

• Il n’en reste pas moins que nombre d’économistes et de gouvernements considèrent


aujourd’hui que le multiplicateur n’est plus d’actualité. Ceci traduit le retour d’une
logique de l’offre qui se substituerait à la logique de la demande qui avait été
dominante durant les trente Glorieuses. Le succès des modèles de la rentabilité
économique, financière et de l’effet de levier en sont le meilleur signe.

Un article du Figaro du 29/08/2008 sur les difficultés de reprise de l’investissement : ici

Sur le site de J.P.Simonnet, une présentation détaillée de l’analyse de Keynes : ici

Sur le site de la prépa ECE1 du lycée Henry IV , un cours sur l’investissement (à partir de la page 7) : ici

Un cours d’université de préparation au Capet sur Keynes: ici