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Charlotte Klein.

Mars 2008. Ensuite, ce travail, s’est prolongé via la


réalisation de la carte (en cours) du restau-
rant spécialisé dans les abats: «le Riboul-
dingue».
Ambiguïté et ironie Ici, j’ai voulu confronter un univers fémi-
nin, «cul-cul», avec l’univers de la tripe,
des boyaux.
Lors du travail «premières fois» autour du thème «manger», j’ai apprécié parler de l’enfance
tout en injectant dans cet univers une dose de perversité, et ceci, afin de ne pas idéaliser l’en-
fance, de ne pas la rendre naïve.
Ce qui fait l’intérêt de ces illustrations c’est
Ceci s’est exprimé tant dans la confrontation de visuels, via le collage; que dans les textes.
qu’elles provoquent autant la répulsion que
l’attraction.
Ce travail est pour moi très représentatif de ma personnalité :
De plus j’y insère encore la notion de scé-
- Il y a une grande part d’autofiction, choses que je souhaite traiter dans mon mémoire. J’aime
nario (de manière plus éclatée), en effet il y
écrire des scénarios, des narrations plus ou moins inspirées de mes souvenirs, ici, cela s’est
a ici la volonté de raconter le plat, de l’ex-
traduit par les recettes pour fêter ses premières fois.
pliquer, via les schémas et les légendes.
- J’y traite de l’enfance chose qui est récurrente dans mon travail.
- La dimension d’objet (ici, le livre la collection) m’intéresse beaucoup.
- La notion de sentiment, d’émotionnelle, ici lié à la nourriture.

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La relation couleur-motif-espace.
J’aime la couleur, enfin j’en aime certaines, qui me touchent particulièrement. Un bleu un peu Pour moi qui ne viens pas d’une filière textile, Je ne savais pas ce qu’était un motif au sens strict
éteint, et pourtant lumineux. Un rose un peu voilé. Un vert doux et presque acide. Des cou- du terme.
leurs mates, sourdes, douces. Mais, pour moi, ces couleurs ne seraient rien sans le rapport au Pour ce travail de « motifotheque », j’ai d’abord effectué des motifs au feutre, répétitifs, sur des
BLANC, qui les magnifient, et les rendent plus lumineuse. grands formats.
Réaliser ces motifs m’a prit beaucoup de temps, du fait de la grande surface, ce qui m’a fait
réfléchir à propos de la temporalité du dessin, du rapport au temps, le temps de production (ex-
J’aime fabriquer des matières, des périmenter la patience contre l’envie, l’impulsion).
structures en couleurs, et les photogra-
phier.
En effet, la photo permet de rendre
compte de leur aspect brillant ou mat,
de la transparence ou de l’opacité, de
les mettre en scène.

La transparence, la superposition est


quelque chose avec lesquelles j’aime
jouer. Ce qui m’a particulièrement plu
lors de l’installation «Maître de mon
mur». En effet c‘est une bonne maniè- Ensuite, je me suis mis à faire l’inverse, des tout petits dessins, principalement en noir et blanc;
re d’utiliser la lumière. et surtout le motif ici n’est pas caractérisé par la répétition: il s’agit de petites icônes, uniques.
J’ai pratiqué ici le dessin «automatique», aléatoire, afin de créer une foultitude d’espaces, de
De plus ce projet m’a fortement inté- mises en scènes, d’ambiances, à la fois imaginaires et intrigantes.
ressé dans son propos : il s’agit d’une
installation interactive, que chacun
est libre de s’approprier afin de créer
son propre environnement d’images et
d’objets.

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Travailler autour de l’objet
Je suis actuellement très attirée par la notion de «mémoire des objets»; en effet, les objets de Article Wikipedia à propos de Boltanski :
notre quotidien, les bâtiments, les choses, ont une vie autonome et voient défiler des généra- Une des particularités de Boltanski est sa capacité à reconstituer des instants de vie avec des
tions de vies.
Ensuite je suis aussi intéressée par la valeur «magique» que comportent certains objets (les objets qui ne lui ont jamais appartenu mais qu’il expose pourtant comme tels. Il raconte une
photos en particulier), la dimension affective que l’on projette dedans, nous avons tous besoin vie qu’il prétend avoir vécu et tous les objets de ses dossiers, livres, collections et autres sont
de collectionner, des souvenirs, des tickets de cinéma... les dépositaires d’un souvenir auquel se rattache un pouvoir émotionnel fort, permettant à
chaque individu de s’y reconnaître. Ces objets, il les met en scène non seulement dans l’es-
Enfin, les vêtements sont sûrement les objets qui portent en eux le plus de charge affective,
ils sont imprégnés d’une personne, que deviennent des vêtements des morts ? pace mais également dans le temps, puisque chaque objet nous remémore un passé, un passé
qui soit réel fictif ou encore personnel.
Ce ne sont que quelques pistes de recherches, voici, quelques documents qui précisent ma
pensée :

Jan Švankmajer (artiste surréaliste tchèque) :


«Je préfère les objets qui, à mon sens, ont une sorte de vie intérieure propre. En accord avec Extrait de la chanson «Drouot» de Barbara :
les sciences ésotériques, je crois à la conservation de certains contenus dans les objets que «Dans ce vieux lit cassé, en bois de palissandre
des êtres ont touchés dans les conditions d’une certaine excitation de leur sensibilité. Les Que d’ombres enlacées, ont rêvé à s’attendre
objets effectivement chargés de la sorte sont ensuite susceptibles, là encore dans certaines Les choses ont leurs secrets, les choses ont leurs légendes
conditions, de livrer ces contenus et, à leur contact, se révèlent des associations d’idées et des Mais les choses nous parlent si nous savons entendre
analogies de nos propres frissons inconscients».
Le marteau se leva, dans la salle des ventes
Une fois, puis deux fois, alors, dans le silence
Elle cria: «Je prends, je rachète tout ça
Ce que vous vendez là, c’est mon passé à moi»

C’était trop tard, déjà, dans la salle des ventes


Le marteau retomba sur sa voix suppliante
Elle vit s’en aller, parmi quelques brocantes
Le dernier souvenir de ses amours d’antan»

Les vides greniers, les brocante, Emmaüs: des


lieux où les objets changent de vie.
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