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PASSION DE JESUS

Résurrection de Lazare
A la fin de cet automne-là, il se rendit à Jérusalem
pour un bref séjour.
• C'est à ce moment-là qu'eut lieu la résurrection de
Lazare, qui représente la clef de voûte de Mon enseignement
» (Grand Evangile XI, p. 104).
• Cette action causa l'extrême colère du Temple car
elle avait eu lieu près de Jérusalem. Lazare était l'un des
hommes les plus riches du pays et, après sa mort, le tiers de
son immense fortune devait, selon la loi, revenir au Temple
car il n'avait pas d'enfant. »
Lazare pria Jésus de passer l'hiver chez lui,
comme il l'avait déjà fait une fois. Jésus n'accepta
cependant pas cette invitation et se décida à se retirer
avec ses apôtres (sans Judas) et huit autres disciples, tout
à fait à l'écart. Les autres disciples retournèrent chez eux
passer l'hiver comme de coutume. Jésus se rendit à
Ephraïm qui ne se trouve pas en Samarie, comme le
prétendent certains auteurs mais dans les monts Judas, à
l'est d'Hebron, près de la Mer Morte. Le texte de
l'évangile de Jean 11 : 54 ne permet pas de prétendre que
Jésus se rendit dans le nord. Les disciples restèrent tout
l'hiver à Ephraïm, un petit endroit très peu fréquenté en
hiver, où ils restaurèrent, avec l'aide des anciens, une
forteresse en ruines, pour l'habiter. Ils y demeurèrent
trois mois (Grand Evangile XI, p. 146). En quittant
Ephraïm, Pierre mit une fois encore Jésus en garde
contre le Temple.
« Il devinait que les choses s'étaient aggravées au
plus haut point et, dès ce moment-là, Pierre cacha sur lui une
épée pour offrir sa vie au cas où les gardes viendraient
M'arrêter » (Grand Evangile XI, p. 148).
« Après le retour d'Ephraïm suivirent des journées
significatives où Je dus convaincre Lazare et Mes disciples
du but final que J'avais pour l'humanité et Je leur expliquai
encore beaucoup de choses qu'il n'est pas encore temps de
révéler à l'humanité. Cela viendra plus tard. »
« Le soir, nous étions tous assis au Mont des Oliviers,
dans la grande salle d'une auberge qui appartenait également
à Lazare. La foule défilait pour Me voir et cela était bien car
elle devait Me voir » (Grand Evangile XI, p. 154, 155).
« Le premier soir, à Mon arrivée chez Lazare, nous
nous étions retirés loin de la foule qui n'était pas encore très
importante, dans la salle qui nous servait de logement à tous,
lorsque Judas Iscariote ouvrit la porte et nous salua tous »
(Grand Évangile XI, p. 155).
« Il fit une description haute en couleurs de la
solitude qu'il avait ressentie à Jéricho où il s'était arrêté et de
la pauvreté, de la souffrance et de l'esclavage du peuple qu'il
avait rencontré en chemin. Il termina avec ces mots : O
Seigneur, si j'avais seulement le dixième de Ta force, je
pourrais alors comme je voudrais mettre fin rapidement à
toute violence, libérer et rendre heureux le peuple qui est
asservi et appeler au secours Jéhovah pour qu'Il loue le
Seigneur et jubile devant Dieu. O Seigneur, combien de
temps pourras-Tu encore hésiter et laisser retentir ces
supplications sans les exaucer ? »
• Un grand silence plein d'attente succéda à ces
paroles qui montraient bien à quel point Judas attendait que
Je sois le Messie libérateur terrestre. Je lui répliquai : "N'ai-je
pas appelé à Moi les pauvres de tous temps ? N'ai-Je pas
consolé les affligés, guéri les malades et enrichi les
malheureux autant qu'ils le méritaient ? Qui tarde donc ? Ce
n'est pas Moi, c'est le monde qui tarde et qui ne veut pas de
salut. Le Fils de l'homme atteindra bientôt le faîte de sa
puissance, afin que le monde voie qu'Il a atteint ce à quoi
tous aspirent et qui leur paraît si désirable. Mais cela arrivera
pour le salut de Mon ciel et non pour le salut du monde. Et
toi, console-toi avec ce que tu as déjà vu et verras encore
bientôt." Judas se tut alors et fut tout heureux dans son cœur
car il croyait par ses paroles M'avoir aidé à faire peut-être le
pas décisif qui allait Me décider à libérer le peuple du joug
des Romains car il savait que J'en avais la force » (Grand
Evangile XI, p. 156.)
• Judas imaginait que Je n'étais pas capable de lire ses
pensées secrètes. Avec toutes les bonnes dispositions de
l'esprit que peut avoir un homme matérialiste, il ne percevait
cependant pas très profondément l'essence et l'intelligence de
Ma personne et ne voyait en Moi qu'un être doué de facultés
exceptionnelles » (Grand Evangile XI, p. 158).
• Judas s'en alla vers la foule assemblée devant
l'auberge et raconta à tout le monde que J'étais là et que
J'irais le lendemain à la ville » (Grand Evangile XI, p. 161).
• Mais Je sortis de la maison et Me rendis seul au
sommet du Mont des Oliviers d'où l'on jouit d'une vue
étendue sur Jérusalem et tous les environs. Ici la Divinité se
sépara en Moi du fils de l'homme Jésus et lui dit : "Vois ici
devant toi la ville de ta souffrance, qui va commencer dans
les jours qui viennent, si tu veux prendre librement sur toi le
joug qui servira à sauver l'humanité. Dans ton corps humain,
tu es séparé de Moi, tu es un homme comme tous les autres.
En sacrifiant ta volonté, tu as laissé croître en toi la volonté
du Tout-Puissant. Mais c'est de ta volonté d'homme qu'il
dépend maintenant que tu acceptes le dernier acte le plus
pénible. C'est pourquoi Je te demande : « Veux-tu, en tant
que Mon fils, retourner au Père et donc accomplir tout ce que
Je te demande ? Ou veux-tu, en tant que fils des hommes,
appartenir à cette humanité seulement et rester seulement de
ce monde ? Tu peux être un conquérant et rester un libérateur
du monde ; mais si tu grandis parfaitement en Moi et deviens
par-là le souverain de la vie de toute éternité, tu peux aussi
devenir un chemin qui mène à Moi et qui conduit au plus
profond du cœur de Dieu. Tu peux être un intercesseur des
hommes créés par Ma puissance, sortis du cœur du Père où
ils doivent retourner, mais tu peux aussi être un intercesseur
de l'amour qui commande à la sagesse de changer sa justice
en compassion. Ainsi, choisis maintenant ce qui est devant
tes yeux et ce qui va arriver à ton corps, si tu veux suivre le
chemin à côté de Moi ou le chemin en Moi, car voici venue
la dernière décision. »
(Grand Evangile XI, p. 166).
« Alors parla l'âme de Jésus, le Fils de l'homme :
"Père, Ta volonté est toujours la mienne et qu'il advienne
seulement ce que Tu veux." Alors la Divinité dit au cœur du
Fils de l'homme : "Je te le demanderai encore une fois
comme aujourd'hui et il arrivera ce que tu veux, selon la
réponse que tu donneras. Mais vois ce que le monde va
t'offrir aujourd'hui." » (Grand Evangile XI, p. 167).
« Le lendemain matin, tous étaient réveillés avant le
lever du soleil. Nous sortîmes immédiatement. J'appelai Mes
disciples et les douze apôtres autour de Moi et leur dit : "Mes
chers, ce jour sera un jour de cérémonies pour le fils de
l'homme parce que le Père le veut pour l'amour des
humains." Les disciples, parmi lesquels se trouvait Judas, Me
demandèrent : "Seigneur, que veux-tu dire ? Et comment
pouvons-nous nous protéger de l'ennemi ?" Je me tournai
alors vers Jérusalem et criai : "Mais toi, fille de Sion,
prépare-toi à recevoir ton Roi" » (Grand Evangile XI, p.
167).
« Les disciples ne disaient plus rien, s'émerveillaient,
chuchotaient entre eux et se demandaient ce que Mon
étrange personne avait à dire. Judas, qui avait entendu ces
paroles, dit en riant à Jean : "Ami, le Maître sait déjà quel
chemin Il va suivre. Il prend les voies de l'oint du Seigneur,
qui mènent non en enfer mais à la gloire et à l'honneur de son
peuple." Il m'adressa ces mots avec enthousiasme en Me
regardant, car Mon puissant appel lui avait paru être la
réalisation de tous ses vœux ; il voyait la voie ouverte à tous
les honneurs qui devraient aussi lui être rendus, à lui qui
avait préparé le chemin du Messie et qui, donc, méritait toute
Ma reconnaissance ! »
« Pierre regarda avec étonnement Judas qui montrait
une si fière assurance. Pourtant, il se tut, émerveillé par le
déroulement de cette matinée et, silencieusement, il se mit en
route avec les onze »
(Grand Evangile XI, p. 168).
« Nous arrivâmes à la moitié du chemin qui séparait
Béthanie des portes de Jérusalem. A main gauche devant
nous, se trouvait une petite bourgade qui s'appelait Betphage
mais qui, aujourd'hui, a complètement disparu. Je demandai
que deux de Mes disciples veuillent bien Me rendre un grand
service. Tous se proposèrent. Je fis le choix de Jean et Pierre
et les priai d'aller à cet endroit qu'ils voyaient devant eux. Là
ils trouveraient à la première maison, une ânesse attachée
avec son ânon et broutant l'herbe. "Amenez-Moi cet ânon car
J'ai besoin de lui. Si l'on vous demande qui vous a envoyé,
répondez simplement : c'est le Seigneur et Il en a besoin, et
on vous le donnera" » (Grand Evangile XI, p. 169).
« Migram, le propriétaire de l'ânon, avait entendu
parler de Moi qui l'avais initié à Mon enseignement. Il était
Romain, et se disait ouvertement Mon partisan ; il ne se
souciait pas des Juifs, n'ayant à faire qu'aux envoyés et aux
citoyens de Rome. Lorsque les deux disciples arrivèrent à sa
maison, ils trouvèrent les deux bêtes, délièrent la plus jeune.
Le propriétaire sortit alors en hâte de sa maison, suivi de tous
ceux qui se trouvaient chez lui pour acheter des fruits. Il
demanda d'un ton rude comment il leur était venu à l'idée de
vouloir emmener cet ânon ? Jean répondit selon Mes paroles
et Migram, plein de joie à la nouvelle qu'il pouvait Me
rendre un service, s'empressa de détacher aussi la vieille
ânesse pour Me l'envoyer avec son ânon. "Mais, dirent les
disciples, le Seigneur n'a besoin que de l'ânon" » (Grand
Evangile XI, p. 169-170).
• Tandis que nous étions encore occupés à ces
préparatifs, une foule de gens empruntait cette route de
Jérusalem. Lorsqu'ils nous aperçurent, ils se précipitèrent
vers nous et, très rapidement, nous fûmes entourés de
centaines de personnes qui voulaient M'acclamer et Me
saluer comme le sauveur d'Israël. La plupart d'entre eux
étaient des Juifs qui Me connaissaient déjà plus ou moins et
m'avaient vu avec Mes disciples exercer Mon ministère de
guérison, au cours de Mes voyages. Ces gens Me
reconnaissaient comme leur roi, ce qui M'avait obligé à
M'enfuir » (Grand Evangile XI, p. 170).
• Lorsqu'ils virent Lazare, que tout le monde
connaissait et dont le nom était sur toutes les lèvres depuis
qu'il était ressuscité, leurs cris de joie ne connurent plus de
limite et ils se mirent à M'acclamer en disant : "Hosanna -
Félicité." Je ne refusai pas ces acclamations et, sans rien dire,
Je montai sur l'ânon qui se dirigea vers Jérusalem. La foule
augmenta de plus en plus, attirée par le bruit ; elle se mit à
brandir des rameaux verts et à en couvrir le sol. Les gens
étalèrent aussi leurs vêtements et firent un chemin pour
l'ânon, tout cela en signe d'hommage, comme on le faisait
pour les anciens rois. Lorsque nous approchâmes du versant
du Mont des Oliviers d'où la vue s'étend sur tout Jérusalem,
nous vîmes que des milliers de personnes se tenaient aux
portes de la ville et couvraient la vallée du Cédron. »
• Lorsque, venant du Mont des Oliviers, nous
arrivâmes à la porte principale de Jérusalem, la garde
romaine tenta de la fermer, craignant une insurrection. Mais
quand les Romains constatèrent que le peuple m'entourait
paisiblement, des palmes et des rameaux à la main, ils
renoncèrent à toute résistance et regardèrent plutôt avec
curiosité ce cortège qui, pour eux, devait sans doute faire
partie de la fête. Nous entrâmes ainsi sans entraves dans la
ville, nous dirigeant immédiatement vers le Temple. Les
pharisiens, les prêtres et les serviteurs du Temple étaient
dans la plus vive inquiétude et se demandaient ce qu'il fallait
faire. Ils convinrent rapidement qu'il était impossible de
barrer les chemins sans provoquer une insurrection contre les
autorités du Temple. La foule était dans une euphorie qui ne
pouvait pas être étouffée par les armes. Ils ne purent donc
faire autrement que de laisser aller les choses et d'attendre le
moment propice pour intervenir. Un conseil fut réuni en hâte,
où le grand-prêtre Caïphe conseilla d'attendre et de voir où Je
voulais en venir. »
« Cependant les serviteurs du Temple furent chargés
d'aller en hâte informer de Ma présence les vendeurs qui, à
nouveau, étaient très nombreux au Temple, afin de leur
éviter une scène fâcheuse, semblable à celle que Je leur avais
déjà réservée une fois ! Mais la mise en garde était inutile !
Les changeurs et les vendeurs de toutes sortes, attentifs aux
rumeurs de la foule qui leur parvenaient de l'extérieur des
murailles, se rappelant ce que Je leur avais déjà fait, avaient
rapidement plié bagage et pris la fuite en emportant leurs
marchandises impures. Cette seconde purification du Temple
s'effectua donc sans Mon intervention directe ; elle est à
l'origine de la confusion commise par ceux qui croient que la
fameuse scène s'est produite ici et non au début de Mon
ministère, comme ce fut le cas en fait. Le peuple entra dans
le Temple en poussant des cris ; il se précipita tout d'abord à
la recherche des prêtres, voulant exiger du grand-prêtre
Caïphe de M'oindre avec la sainte huile et de Me proclamer
roi pour pouvoir ensuite Me conduire à la citadelle de Sion et
M'y rendre hommage ; mais les prêtres étant introuvables, le
peuple traversa les cours et pénétra jusque dans le Saint Lieu.
»
• Les pharisiens et les chefs du Temple avaient jugé
avec exactitude l'excitation du peuple. Tandis que celui-ci
n'avait pas imaginé qu'il ne parviendrait pas à soumettre les
prêtres à sa volonté. Le peuple était maintenant sous l'effet
produit par ce lieu vide, d'où tous les prêtres étaient absents.
L'excitation générale fit place à un silence solennel, dans
l'attente de ce que J'allais faire. J'avais donné l'ordre aux
miens de rester à l'écart. J'étais donc seul face à tout le
peuple. Je lui parlai à haute voix, disant : "L'heure est venue
car le monde doit apprendre où conduisent les voies qu'il a
suivies jusqu'ici et chacun doit décider s'il veut ou non aller
au Père ! Vous m'avez mené jusqu'ici dans cette maison où
l'esprit visible de Dieu habitait autrefois. Mais il a quitté
maintenant ces murs, et ces lieux sont devenus vides. Il s'est
choisi maintenant une autre demeure, et chaque être humain
peut se construire un temple s'il agit selon Ma parole et selon
Mon enseignement, que Je vous ai donné. Que chacun se
laisse conduire par l'humilité et suive le droit chemin qui
mène à la maison de Dieu, qui est devenue vide, mais qui
doit être remplie d'une nouvelle manière par vos actes et par
votre amour. Chaque acte d'amour est une prière pour la
construction du Temple et ce Temple sera couronné par le
signe de la sagesse et de la force, et l'amour seul en sera la
pierre de fondation. C'est pour cela que Je suis venu à vous
afin que vous appreniez de Moi cet amour que vous négligez,
non l'amour de soi que vous avez déjà, mais l'amour du
prochain que vous n'avez pas mais qui vous illumine en Dieu
et qui, seul, peut vous mener à Dieu. Mais si vous croyez que
Je suis et veux être votre Roi, sachez alors que Mon
Royaume n'est pas de ce monde mais qu'il réside, dans toute
sa gloire, en chaque homme et représente l'héritage que le
Père a donné au Fils et, par Lui, à tous les hommes sur la
terre et dans tous les cieux. Ne croyez donc pas que je vais
M'établir dans le palais de David pour fonder un royaume
terrestre. Que celui qui veut Me suivre, Me suive dans ses
actes, il sera alors bienheureux..." »
Afin que vous voyiez comment la force du Père peut
agir dans l'homme, amenez-Moi les malades qui souffrent
dans leur corps et que Je les guérisse. Mes paroles sont la
vérité et parce qu'elles sont la vérité, elles sont également la
vie et la force de la vie. C'est d'après cela que J'ai agi ici en
tant qu'homme et Je suis donc devenu un Maître de la vie.
C'est pourquoi Je vous le dis à tous : allez et faites de même
mais ne péchez plus, ni dans vos paroles, ni dans vos œuvres.
Ne péchez plus, c'est-à-dire ne faites rien qui soit contre
l’amour de Dieu et du prochain, vous resterez alors en bonne
santé et deviendrez de vrais maîtres de la vie. Levez-vous et
mettez-vous en marche ! »
• A ces mots, toutes les infirmités des malades
disparurent et ceux-ci se levèrent guéris et fortifiés dans leur
corps. Mais le peuple qui était là tout autour éclata à nouveau
de joie, jubilant et Me louant par-dessus tout. Beaucoup se
jetaient à Mes pieds et voulaient saisir Mes mains et Mes
vêtements pour les embrasser. Je ne les en empêchai pas et,
au contraire, les laissai tous venir à Moi. »
• Beaucoup voulurent encore une fois tenter d'obliger
les grands-prêtres à réaliser leur intention de Me faire oindre
et proclamer Roi. Mais les prêtres s'étaient si bien cachés que
ceux qui étaient partis à leur recherche revinrent sans en
avoir trouvé aucune trace ! Ils se pressèrent alors autour de
Moi et M'environnèrent tumultueusement. Je leur donnai
l'ordre de faire silence, disant à tous ceux qui avaient envie
d'un Roi : "Dites-Moi, celui qui devant Dieu est le porteur de
Sa puissance, peut-il être mis plus haut sur terre qu'il ne l'est
déjà devant Dieu ?"
- Maître, répondit, quelque peu frappé, le meneur de
la bande, évidemment pas lui, mais ceux qui lui
appartiennent désirent un signe extérieur visible de sa force
afin que le peuple soit heureux sous sa puissante poigne et ne
soit plus opprimé.
Et Je dis :
« Qu'a donc gagné le peuple lorsque Samuel, sur les
instances du peuple, a oint Saül et l'a proclamé Roi ? Certes
ni la paix, ni le calme mais le combat et l'inquiétude. Et
pourquoi ? Parce que le peuple s'était fatigué du joug facile
qu'il avait demandé au Seigneur d'établir sur lui. Depuis vous
n'avez pas manqué de rois et, actuellement, Hérode est
devenu votre roi. Croyez-vous vraiment qu'un nouveau roi,
que vous cherchez en Moi, vous apporterait la paix s'il
voulait exercer extérieurement son pouvoir ? Hérode et les
Romains chercheraient à le détruire. Il y aurait guerre,
désolation et misère si Je devenais votre roi terrestre et cela
serait en contradiction avec Mon enseignement où Je vous
dis d'aimer votre prochain comme vous-même. C'est
pourquoi, avec Moi, renoncez à l'extérieur. Mon Royaume
n'est pas de ce monde. Erigez en vous-même le juste
Royaume de Paix, c'est là que Je veux être et rester votre
Roi. »
« A ces mots, ceux qui jouaient les bouffons en
réclamant un roi, se détournèrent déçus et pensèrent que Je
n'étais pas le héros que le peuple d'Israël attendait pour son
salut extérieur. Ils se mêlèrent à nouveau à la foule et ne
cachèrent pas leur déception. Mais il était impossible de
retourner le peuple contre Moi car la puissance de Mes actes
avait parlé. »
« Les Juifs du Temple, les prêtres et les pharisiens
avaient maintenant remarqué le grand calme qui régnait sur
toute la place. Quelques-uns d'entre eux, déguisés, s'étaient
cachés dans le peuple pour espionner. Rapidement ils se
joignirent à ces bouffons qui réclamaient un roi et qui, très
contrariés, montraient leur mauvaise humeur et cherchaient à
monter le peuple contre Moi, afin de provoquer une
atmosphère contraire. Mon âme alors ressentit que Mon
heure était venue et fut attristée par les souffrances
prochaines et par l'inconstance du peuple. C'est pourquoi Je
dis à Mes proches qui M'entouraient : "Mon âme est attristée
maintenant. Et que dois-Je dire ? Père, aide-Moi en cette
heure. Et c'est pourtant à cause de cela que Je suis venu en ce
monde. O Père, transfigure Ton Nom!" Alors une voix
retentit du Ciel qui, en réalité, résonna dans les cœurs de tous
ceux qui pouvaient encore s'éveiller à la vie de l'esprit : "Je
l'ai transfiguré et Je vais encore le transfigurer." »
« Entre temps, les prêtres et les chefs du Temple
avaient donc appris que le peuple s'était calmé, que J'avais
refusé d'exercer un pouvoir officiel et que Je n'avais pas
voulu Me faire proclamer Roi. En outre, ils savaient que cela
avait provoqué une déception momentanée. Ils cherchèrent à
profiter rapidement de cet état d'esprit. Les prêtres et les
lévites reçurent l'ordre de préparer en hâte un grand cortège.
Les trompettes ouvraient la marche et des hérauts
annoncèrent au peuple que le grand-prêtre avait reçu l'ordre
de Dieu de faire un grand sacrifice exceptionnel pour les
péchés du peuple. Le Seigneur voulait ainsi lui manifester sa
grâce et lui pardonner tous les péchés commis depuis une
demi-année ! Le cortège se rendit en grande pompe et
magnificence jusqu'au maître-autel du Temple où Caïphe,
lui-même, fit le sacrifice. De cette manière, le Temple
atteignait son but car le peuple était encore très attaché aux
anciennes cérémonies. Ce contre-courant exceptionnel
exerça ainsi une vive impression sur les esprits et déjà, au
milieu du jour, il n'y avait plus trace de l'extraordinaire
excitation du peuple causée par Mon entrée. »
« Peu de temps après, nous étions tous à la maison de
Lazare. Chacun avait suivi le chemin en silence et les yeux
soucieux des Miens croisaient souvent Mon regard car il leur
semblait clair que J'avais essayé de frapper un grand coup
mais, pour eux tous, il était raté ! Où était Ma puissance
miraculeuse qui aurait pu si facilement consolider Ma
Mission par un signe extérieur ! Car la guérison des malades
était devenue quelque chose de quotidien qui réussissait
même à Mes disciples ; cela n'était donc plus quelque chose
d'exceptionnel pour le peuple. Quant à cette voix du ciel, elle
était pour eux douteuse car elle n'avait pas retenti avec
suffisamment de puissance pour pouvoir chasser toute espèce
de doute. »
« Ces questions préoccupaient les Miens lorsque nous
arrivâmes à Béthanie et que Je Me retirai dans une chambre
solitaire pour Me fortifier, c'est-à-dire pour rassembler Mon
âme et pour l'affermir. Parmi les Miens, Judas était celui qui
s'excitait le plus à cause de Mon échec apparent. Il en parlait
ouvertement, disant que "Ma bonté et Ma douceur infinie
M'empêchaient de montrer Ma puissance au peuple : le
Seigneur est, certes, un homme d'une force et d'une sagesse
exceptionnelle et je ne doute aucunement qu’il est le Messie
tant attendu. Mais cet esprit puissant qui habite en Lui et qui
a souvent la force extraordinaire de l'éclair, est contenu dans
une enveloppe trop fragile, laquelle montre encore trop de
faiblesse au peuple. Ce ne sont pas seulement la douceur et la
bonté qui régissent le monde mais aussi le poignet qui sait
manier l'épée lorsqu'il est nécessaire d'assurer son succès par
le sang. Si le Seigneur était obligé de se préserver, Lui et les
Siens, des bourreaux, la force divine qui L'habite se
manifesterait tout différemment pour ne pas tomber avec eux
et pour accomplir son œuvre." »
• Pierre lui dit : "Judas, n'as-tu pas encore vu combien
souvent le Maître et nous-mêmes avons été tourmentés et
que sans cette force qui L'habite, nous aurions déjà sombré
depuis longtemps. Rappelle-toi comme Il a fait taire la
tempête et comme les complots que le Temple tramait contre
Lui ont souvent été déjoués."
• Judas répondit : "Ce n'est pas une preuve car,
chaque fois, les circonstances ont été favorables et nous
aurions peut-être pu échapper au danger par notre propre
force. Non, je veux dire que si, tout à coup, un danger
physique se présentait à lui, que chacun pourrait voir et
craindre, le Seigneur n'agirait-Il pas alors avec beaucoup plus
de force ? Le peuple ne serait-il pas alors de Son côté d'une
toute autre manière, et Se laisserait-Il encore retourner par la
niaiserie de la comédie pompeuse du Temple ?" »
• Pierre et les autres, en hochant la tête, se
demandaient : "Comment cela pourrait-il arriver et qui en
déciderait ? Le Seigneur Lui-même saura mieux ce qu'Il a à
faire et ce qu'Il fera." Judas se tut et resta tout le jour sombre
et renfermé. Tout était calme dans cette maison de Lazare et
personne ne Me troublait. Je restai seul dans une petite
chambre, dialoguant en Moi avec mon Père. Mais aucun être
humain ne peut vraiment comprendre comment cela est
possible. »
• Là-dessus, Nicodème, accompagné de trois hauts
fonctionnaires de ses parents, vint de nuit me trouver en
secret pour M'informer des dangers qui Me menaçaient. Je
leur répondis : "Ne vous préoccupez pas de ce qui est arrivé
et de qui arrivera encore. Le Père le veut ainsi. Encore un
peu et le Fils sera éternellement dans le Père. Mais vous
n'avez pas à vous préoccuper de la manière dont cela doit
arriver, et cependant cela sera pour votre bien et pour le bien
de toute l'humanité." »
• Nicodème répondit : "Seigneur, nous ne
comprenons pas vraiment Tes paroles mais il nous semble en
tous les cas nécessaire que Tu penses à Ta propre sécurité ;
c'est pour cela que nous sommes venus ici Te proposer notre
aide selon nos forces. Ne serait-il pas préférable que Tu
quittes ces lieux et Te caches dans la montagne ? Le fils de
mon père, que voici, Te conduirait sûrement car il a de
nombreuses relations hors du pays où Tu pourrais vivre un
certain temps en parfaite sécurité." »
• Jésus répondit : "Ne soyez pas insensés, Je n'ai
besoin de l’aide de personne. Voudrais-Je anéantir Mes
ennemis que ce ne serait pour Moi qu'une peccadille ! Mais
Je ne le veux pas. Car vous aussi, vous devez prendre part au
salut et tout le peuple avec vous. Je reste. Soyez certains que
personne ne Me saisira avant que Je ne l'aie voulu Moi-
même." »
• Lorsque le jour vint, Judas chercha à s'approcher de
Thomas et à le prendre à l'écart. Ils sortirent, Judas disant à
Thomas : "Frère, peux-tu vraiment comprendre la façon
d'agir du Seigneur ? Hier nous avons tous deux été témoins
de Son triomphe et nous avons vu comme il aurait suffi de
peu pour que le peuple, qui Lui est si attaché, Le suive là où
Il aurait voulu. Et au lieu de convaincre le monde de Sa
mission messianique, Il s'est laissé prendre des mains tous
les fruits de Son travail sans entreprendre ce que le peuple
attendait de Lui. Il a pourtant en Lui la puissance de
commander le Temple et les Romains, pour autant qu'Il
veuille bien rassembler en Lui toutes Ses forces ! A quoi Lui
sert toute la puissance de Dieu, avec laquelle Il peut
commander les tempêtes, les malades et tous les malheurs,
s'Il est assez faible en Lui-même pour ne pas utiliser cette
force-là où elle est nécessaire!" »
« "Mon cœur tressaille de joie dans mon sein lorsque
je pense à ce que cela pourrait être, mais comme cela n'est
pas ! Et pourquoi n'en est-il pas ainsi ? Parce que Lui, qui est
le seul en qui la force de Dieu vit, n'a pas le courage de
prendre rapidement une décision pour agir... Moi aussi, je
suis persuadé qu'Il est le seul à pouvoir apporter le salut au
monde mais je suis également persuadé qu'il faut que
quelque chose se passe pour que ce salut se réalise. C'est
maintenant ou jamais." »
« Hérode Lui est favorable, les forces romaines sont
actuellement moins importantes du fait qu'elles sont utilisées
ailleurs. Tout Lui est donc propice pour qu'Il soit l'homme le
plus puissant, s'Il le veut bien. Mais comment éveiller en Lui
cette volonté ? Tout est là ! Nous avons vu comme Il est
hésitant et nous avons entendu ce que veut le Temple. S'Il ne
trouve pas en Lui le courage d'entreprendre ce qui est
nécessaire, il faudra qu'Il soit forcé de le faire." Thomas,
effrayé, demanda : "Forcer ? Qui veut forcer Celui par qui
parle le Tout-Puissant ?" »
Jésus quitta Lazare et se rendit à Jéricho avec ses
disciples, et passa deux jours au bord du Jourdain.
« Je consacrai ce temps à expliquer encore aux
apôtres leur mission et Mon enseignement. Là-dessus, Judas
prit congé de nous et se rendit à Jérusalem. Il apprit
rapidement que Ma disparition soudaine avait surpris tout le
monde. Il ne restait plus rien de la grande euphorie
provoquée par Mon entrée. Le peuple croyait, en général,
que J'avais fui devant la puissance du Temple. Celui-ci était
surveillé par les gardes du Temple et par les soldats d'Hérode
; en plus, les soldats romains parcouraient la ville
journellement pour dissiper tout rassemblement populaire
éventuel. Le Temple avait demandé l'appui et le soutien du
gouverneur romain Ponce Pilate, en cas d'un soulèvement
quelconque, et M'avait dénoncé comme agitateur. »
« Pilate lui-même avait ordonné des recherches qui
avaient montré que le peuple n'avait manifesté aucun signe
d'hostilité mais, uniquement, un grand enthousiasme pour ce
sauveur miraculeux qui n'était, dès lors, plus inconnu de
Pilate. Il ne prêtait donc aucune importance particulière à cet
événement, tout en donnant cependant l'ordre à ses troupes
de parcourir la ville. Le peuple était impressionné par ces
mesures et savait par trop que la puissance et la sévérité
romaine seraient redoutables s'il faisait le moindre écart. »
« Le Temple en avait assez et pensait qu'il était temps
de porter un coup définitif. Si seulement ils avaient pu savoir
où et comment Me saisir fortuitement. En conseil secret, ils
délibérèrent sur les moyens et les chemins à prendre, sans
parvenir à un accord. Là-dessus, il leur fut annoncé qu'un
homme voulait informer le Haut Conseil du lieu où se tenait
le Nazaréen. »
« Tout heureux, Caïphe fit venir à lui Judas Ischariote
et le mena devant le Haut Conseil. Caïphe lui demanda
alors : "Sais-tu où il se trouve ?" Judas répondit : "Non, car je
ne peux pas savoir s'il a déjà quitté l'endroit mais je sais que
cette année, comme toujours, il voudra manger l'agneau
pascal en compagnie de ses partisans et que cela ne peut
avoir lieu ailleurs que dans les environs de la ville." Un des
pharisiens répondit : "Le mieux serait de le saisir pendant la
nuit, d'une part à cause du peuple qui tient à lui et, d'autre
part, j'ai toujours entendu dire que la force de ce genre de
magiciens est plus faible la nuit," Caïphe ne voulut pas tenir
compte de tout cela car il était certain que le Nazaréen n'avait
pas d'autres forces que celles qu'on connaissait aux Esséniens
; cependant, il était aussi d'avis d'arrêter Jésus, de nuit, pour
éviter d'être remarqué. »
• Il fut convenu avec Judas que celui-ci se trouverait
au Temple le soir du jour de l'agneau pascal et retrouverait
les archers pour les conduire au lieu où le Nazaréen se
trouverait. Judas, qui se réjouissait intérieurement que le
Haut Conseil soit tombé dans le piège qu'il croyait avoir
tendu, fut plus heureux encore de voir que son plan qui
rapportait de l'argent, alors que cela n'avait pas été dans ses
intentions. Il exigea les trente sicles d'argent qui lui furent
promis s'il venait le soir convenu.»
• Judas était certain que Je réussirais sans peine à
conquérir tout le peuple en un acte héroïque quelconque. Le
peuple avait peut-être bien été surpris mais il ne M'avait pas
complètement laissé tomber. Cette idée le réjouissait et
l'affermissait dans son intention de Me mettre dans une
situation qui M'obligerait à M'opposer à Mes agresseurs, en
les détruisant ou en ne leur faisant rien, mais où Je ferais en
sorte que chacun reconnaisse clairement que personne sur
terre ne peut Me résister.
Puis vint le jour de l'agneau pascal. L'évangile de
Jean raconté exactement tout ce qui arriva ce soir-là.
Nous reprendrons ici seulement l'enchaînement des
événements afin de mieux comprendre comment ils se
sont accomplis.
« C'était la coutume qu'après le repas, le maître de la
maison rompît un morceau de pain en disant un verset de
l'écriture à celui qui recevait le morceau. Tandis que Je
préparais ces morceaux, Mon âme fut envahie d'une grande
tristesse et Je prononçai ces paroles : "L'un d'entre vous Me
trahira!" Horrifiés par cette parole qui leur semblait obscure,
les disciples M'assaillirent de questions, demandant ce que Je
voulais dire et qui Me trahirait ? Je refusai de répondre et Me
mis à rompre les morceaux en faisant encore une exhortation
à chacun, selon son caractère. Pierre, qui fut un des premiers,
était très impressionné par Mes paroles et fit signe à Jean qui
était à côté de Moi, disant qu'il aurait bien voulu savoir à qui
Je pensais.
« Il faut ici expliquer l'expression "couché sur le sein
de Jésus" qui souvent à été mal comprise. Il s'agit en effet
d'un cas très particulier de l'idiome de cette époque. Nous
n'étions pas couchés à table à la façon des Romains, comme
on le prétend parfois, car c'était une coutume païenne que les
Juifs repoussaient comme ils évitaient tout ce qui pouvait
avoir un rapport avec les peuples païens. Nous étions assis.
Celui qu'on voulait marquer d'un signe particulier d'amitié
était assis à la droite du maître de maison et avait ainsi
l'honneur de devoir lui tendre les plats. Le maître de maison
devait donc, pour cela, souvent tourner sa poitrine de son
côté. Dans l'usage de la langue de cette époque, ce détail
correspondait donc à l'expression qui a été traduite par
"couché sur le sein".
• Jean Me questionna doucement et à lui, qui était le
serviteur en qui J'avais le plus de confiance, Je répondis :
"C'est celui auquel Je donnerai ce morceau de pain!" Judas
reçut alors ce morceau, avec ces mots : "Ce que tu fais, fais-
le au plus tôt." »
• Les autres disciples, évidemment, ne pouvaient pas
comprendre le sens de ces paroles. Mais Judas, qui avait été
effrayé par Mes premières paroles concernant la trahison
d'un disciple, prit ces derniers mots pour un encouragement à
réaliser ses plans, se leva rapidement et sortit
triomphalement. Tout l'orgueil du futur triomphateur qu'il
escomptait devenir grâce à Moi, ainsi que les plus vifs désirs
de gloire et d'honneur, l'envahirent, de sorte que Satan et tous
les démons de la vanité s'emparèrent de son âme, embrasée
du désir de régner et d'anéantir tous ses adversaires. »
« Nous sortîmes et nous nous dirigeâmes vers le
Mont des Oliviers, là où se trouve ce jardin qu'on appelle
encore aujourd'hui Gethsémané, mais qui est indiqué à un
tout autre endroit. Ce jardin faisait partie de cette auberge du
Mont des Oliviers qui appartenait à Lazare et qui était un lieu
de promenade réputé. Un parc s'étendait au-dessous de
l'auberge et un chemin très agréable conduisait au sommet de
la colline d'où l'on jouissait d'une vue agréable. Ce parc était
Gethsémané à proprement parler et n'avait que son nom de
commun avec ce qu'on montre aujourd'hui à un tout autre
endroit, sous prétexte que certains arbres y sont très
anciens*. »
« Nous nous installâmes en retrait du chemin et
J'invitai Pierre, Jacques et Jean à faire quelques pas à l'écart
des autres. Ils le firent et Me suivirent. C'est ici que surgit cet
instant où tout le poids du prochain malheur du Fils de
l'homme s'abattit sur lui et où l'esprit de Dieu se retira
complètement pour permettre à l'homme Jésus une décision
parfaitement libre. Il ressentit cette heure amère avec
épouvante, disant : "Mon âme est accablée de tristesse
jusqu'à la mort !" Il dit alors aux trois autres : "Restez ici et
veillez avec Moi !" Puis, étant allé un peu à l'écart, Il pria
aussi en disant "Mon Père, que cette coupe s'éloigne de moi
si cela est possible ; toutefois, non pas comme je veux, mais
comme Tu veux." »
• Mais, à ces mots, sa propre décision n'était pas
encore prise fermement, la divinité n'étant pas encore
revenue en lui. Jésus retourna vers les siens et les trouva
endormis. »
• A nouveau poursuivie par la crainte, Son âme
cherchait une communication extérieure auprès des Siens. Il
les trouva encore une fois endormis, si profondément qu'ils
ne se réveillèrent pas et, sous l'ivresse du sommeil,
remuèrent seulement à Son appel. »
• Pour la troisième fois, Il se retira. Maintenant,
Jésus, le Fils de l'homme, avait gagné. Revenant vers les
Siens, Jésus leur jeta un regard compatissant et appela à
haute voix : "Père, Je sais qu'il est possible que cette coupe
s'éloigne mais que Ta volonté seule soit faite, Je veux la
boire." »
« Alors la Divinité revint en lui et le fortifia, le
pénétra complètement, disant : "Mon fils, pour la dernière
fois, tu avais à te décider. Maintenant le Père et le Fils sont
unis en toi et devenus inséparables à jamais. Porte ce qui t'a
été donné de porter ! Amen !" »
« Je Me relevai encore une fois et retournai à Mes
disciples qui dormaient de nouveau, et les réveillai. A ce
moment-là, une troupe armée de gardiens du Temple
s'approcha avec des torches, menée par Judas qui voulait la
conduire à l'auberge où il pensait Me trouver. Les disciples
Me demandèrent ce que cela signifiait. Je leur demandai de
rester en arrière et M'avançai sur le chemin, vers la troupe.
Lorsque Judas Me vit, il vint vers Moi et voulut M'embrasser
en signe de connivence avec les archers. Mais Je l'en
empêchai, lui disant "Judas, tu trahis donc le Fils de l'homme
? Il serait préférable que tu ne soies jamais né !" Là-dessus,
Je Me tournai vers l'escorte et demandai d'une voix forte :
"Qui cherchez-vous ?" Le chef répondit : "Jésus de
Nazareth." Là-dessus, Je Me rendis à eux, disant : "Je le suis"
et Je fis quelques pas pour M'approcher d'eux. Les archers
reculèrent car ils avaient entendu parler de Ma puissance et
la craignaient. C'est pourquoi Caïphe n'avait choisi que des
archers qui ne Me connaissaient pas encore. Quelques-uns
même de ceux qui se trouvaient derrière, tombèrent au sol
sous la poussée du recul des premiers. Comme ces hommes
armés hésitaient et restaient là, anxieux, une fois encore Je
demandai : "Qui cherchez-vous ?" Et à la réponse du chef, Je
répétai encore : "Je vous l'ai dit, Je le suis. Si c'est Moi que
vous cherchez, laissez ceux-ci s'en aller." Lorsque ces
hommes armés virent qu'il ne leur arrivait rien, ils eurent
honte de leur première épouvante, se précipitèrent sur Moi et
M'entourèrent aussitôt ; le chef, exécutant l'ordre du grand-
prêtre, ordonna qu'on ne saisisse que Moi. »
« Judas restait là, attendant que quelque chose se
passe qui put effrayer les archers. Et comme rien ne se
passait, il pensa avec d'autant plus d'assurance que Ma force
se manifesterait devant le Haut Conseil. »
• L'escorte traversa le Cédron et la porte par laquelle
J'avais fait Mon entrée. Les gardiens du Temple Me
conduisirent tout d'abord chez Hanne qui était le beau-frère
du grand-prêtre Caïphe et son représentant. C'est pourquoi on
lui porta tout d'abord la nouvelle qu'on avait réussi à
M'arrêter. »
• Il n'y a pas lieu de répéter ici tout ce que développe
l'Evangile de Saint-Jean car ce présent ouvrage ne doit pas
rendre superflu l'évangile de Jean. Il s'agit uniquement de
combler certaines bévues dans le déroulement des faits
historiques. On peut y lire comment Hanne Me reçut et
comment Pierre se comporta. Hanne Me fit lier et M'envoya
chez Caïphe. »
• Judas, qui constatait bien que tout se déroulait
autrement qu'il ne l'avait prévu, vit comment Je fus emmené
et suivit, consterné et terrifié par l'échec de son projet. Il
voulut même entrer avec Moi chez le grand-prêtre mais
l'entrée lui fut refusée. Tout le Haut Conseil était réuni chez
Caïphe et attendait Ma comparution avec une impatience où
couvait la vengeance. On procéda à l'accusation dans toutes
les formes. Des témoins comparurent. J'étais un grand traître.
On utilisa Mon entrée et le fait que J'avais osé pénétrer dans
le Saint Lieu, en disant que Je prenais un droit sacré que Je
ne possédais pas. En outre, il fut prouvé très subtilement que
Je voulais soulever le peuple contre l'empereur romain pour
Me faire Roi Moi-même. Mais lorsqu'ils cherchèrent des
témoins pouvant affirmer par serment que Mes paroles
avaient manifesté cette intention, ils n'en trouvèrent aucun. »
« Finalement comparurent des témoins qui
prétendirent que J'avais dit : "Détruisez ce Temple et, dans
trois jours, Je le rebâtirai." Caïphe dit alors que c'était un
blasphème contre le Temple lui-même. Car, pour accomplir
cela, il faut la puissance divine que seul possédera l'Oint du
Seigneur, qui viendra un jour dans toute sa force. Je dis alors
que J'étais le Christ, l'Oint. Caïphe alors Me conjura de dire
si, véritablement, J'étais le Christ, le Fils de Dieu ? Je
répondis : "Tu le dis ; et, de plus, Je vous le dis, désormais il
arrivera que le Fils de l'Homme siégera à la droite de la
Puissance de Dieu et viendra, sur les nuées du ciel, au Père
qui habite en Lui ! Alors le grand-prêtre déchira ses
vêtements en disant : "Il a blasphémé ! Qu'avons nous encore
besoin de témoins ? Vous avez entendu vous-même son
blasphème!" »
• Naturellement ils furent tous du même avis car
Caïphe n'avait réuni dans ce conseil que ceux dont il était sûr
et qui lui avaient prouvé, lors des dernières séances, qu'ils
M'étaient hostiles*. C'étaient ceux qui avaient appris la
trahison de Judas et qui, de ce fait, avaient eu l'intention de
Me faire arrêter. »
• La condamnation à mort fut donc rapidement
terminée, et il ne s'agissait plus que d'avoir l'approbation de
Ponce Pilate. Au lever du jour, Je fus conduit chez lui et il
fut dit au gouverneur la chose suivante : J'étais un rebelle et
un blasphémateur et, en tant que tel, méritais la mort. Ponce
Pilate, à qui Mon entrée était connue et qui n'y avait trouvé
aucun caractère de rébellion, chercha à me sauver car il était-
enclin, en tant que Romain, à voir en Moi une sorte de demi-
dieu, doué de forces particulières. Il s'entretint avec Moi
comme on peut le lire dans l'Evangile de Jean et déclara aux
gens du Temple qui attendaient devant le prétoire qu'il ne
trouvait aucune faute en Moi. »
• Les prêtres et les autorités du Temple avaient réuni
tous leurs gens devant le prétoire (25 000 personnes vivaient
grâce au Temple) et ne laissaient pénétrer personne du reste
du peuple, de sorte qu'il n'y avait à proximité que les fidèles
qu'on avait intimidés. Cette clique du Temple cherchait donc
de toutes ses forces à réaliser son désir de Me supprimer.
Elle M'avait fait conduire à Pilate pour qu'il Me juge. S'il
acceptait, ils étaient enfin tranquilles et, s'il refusait, ils le
dénonceraient à l'Empereur, ce pour quoi Hérode leur
donnerait avec joie un coup de main. »
• Pilate n'ignorait pas ce plan mais il ne savait
comment réagir, c'est pourquoi il choisit de laisser aller les
choses. Alors qu'il s'interrogeait sur ce qu'il devait faire de ce
fameux Jésus, ils lui amenèrent le prisonnier, exigeant un
jugement immédiat. Pilate savait que l'enjeu était sérieux ;
comme s'il était descendu des nuages, il demanda d'une voix
de tonnerre : "Qua donc commis cet accusé en qui je ne vois
aucune faute ?" Mais le clergé et les gens qu'il avait
soudoyés crièrent dix fois plus fort : "C'est un agitateur, un
chef d'insurrection, un blasphémateur qui ne respecte pas le
sabbat et qui se fait passer pour le fils du Dieu vivant. Il est
passible de mort selon nos lois que Rome respecte, et selon
les lois de l'Empereur. C'est pourquoi juge-le et fais-le
crucifier, sans quoi tu es l'ennemi de l'Empereur!" »
• Cette menace fit tressaillir Pilate qui ne savait
réellement que faire ! En hâte, il pensa qu'il n'y avait pas
d'autres possibilités, qu'il devait faire bonne figure à mauvais
jeu et, qu'au nom du fatum incompréhensible, il fallait
accorder à ce clergé, qu'il détestait par-dessus tout, ce qu'il
exigeait de lui. »
• Pilate était intimidé. Il connaissait le Temple et
savait de quoi celui-ci était capable. Il tenta, par tous les
moyens, de libérer Jésus mais c'était peine perdue ; enfin,
dans la plus extrême indignation, il se lava les mains en
disant : "Je veux être innocent du sang de ce juste. Vous avez
vos lois, prenez-le et jugez-le." Alors les grands-prêtres
crièrent : "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !
Mais nous n'avons pas le droit de souiller nos mains de sang.
Aussi donne-nous des soldats romains. Après la libération de
Barabas, la foule obstinée réclama la crucifixion de Jésus et
ne voulut pas entendre parler d'incarcération ; elle traita
même Pilate de lâche. Celui-ci fut alors au comble de
l'indignation et dit : "Misérables, prenez votre malfaiteur, qui
est plus juste que vous tous. Voici des archers. Retirez-vous
et faites-en ce que vous voudrez. De mes propres mains, j'en
donne l'attestation : mon témoignage sur lui et sur vous vous
suivra." Ayant dit cela, il se retira et leur remit Jésus que les
archers du Temple saisirent et firent crucifier » (Grand
Evangile XI, p. 170-228)
Théologiens et historiens se demandent depuis
longtemps comment, en effet, ce puissant procurateur
romain, qui agissait habituellement avec la plus extrême
brutalité à l'égard des Juifs, a pu céder à la pression des
grands prêtres et condamner Jésus à mort contre sa
propre conscience ? Existe-t-il un autre cas semblable
dans l'histoire du droit où le juge condamne à une mort
atroce un accusé qu'il déclare innocent de sa propre
bouche ? Certains ont tenté de résoudre le problème. Ils
estiment que les paroles de Pilate ne sont pas exactes et
qu'elles ont été ajoutées par la suite.
De telles simplifications sont toujours suspectes et
n'expliquent pas les causes profondes des faits. D'autres
auteurs, comme Rudolf Bultman, pensent que Pilate était
extérieur à l'événement et ne pouvait comprendre le
caractère proprement apolitique de l'enseignement de
Jésus ; c'est pourquoi il aurait condamné Jésus par
erreur. Bultman contredit ainsi les propres paroles de
Pilate dont la signification est pourtant claire et plausible.
Pilate était au courant des prédications de Jésus, dont il
connaissait exactement les intentions. Il est hors de
question que les Romains n'aient pas surveillé de très
près un homme qui attirait des foules de 20 à 30 000
hommes. Dans l'état explosif où se trouvait la Palestine,
les Romains étaient sur leurs gardes car ils n'avaient avec
eux sur le territoire que trois cohortes d'infanterie, c'est-
à-dire 2 500 hommes et 500 cavaliers. Lors de
l'insurrection de 68, leurs forces armées furent
rapidement dépassées par les Juifs insurgés et ce n'est
qu'en 69 et 70 que les Romains purent reprendre en main
le pays, grâce à l'aide de légions venues d'autres pays.
Certains auteurs encore pensent que Jésus fut réellement
un chef d'insurrection et qu'il fut jugé simplement à
temps.
La Nouvelle Révélation jette ici une nouvelle
lumière sur les arrière-pensées de Pilate et nous explique
ce qui le poussa à commettre un crime contre la justice.
Pour le comprendre, jetons un regard sur les événements
de Rome à cette époque. Tibère était sur le trône. Son
conseiller le plus intime était Séjan, général de la garde
prétorienne, l'ennemi juré des Juifs. En l'an 19, il avait
chassé tous les Juifs de Rome. L'historien Eusèbe nous
apprend qu'il projetait d'exterminer complètement la
race juive (« universam gentem judaeorum deperdendam
exposcebat »).
En l'an 26, Séjan devient l'homme le plus puissant
aux côtés de l'empereur. Tibère vieillit, n'éprouve plus de
joie à régner et se retire de plus en plus dans son île de
Capri. Mais il n'oublie pas de faire surveiller secrètement
Séjan à qui incombe tout le pouvoir. Et l'empereur fait
bien car, depuis Lucifer, certaines autorités haut placées
n'aiment pas que d'autres autorités plus hautes encore
règnent au-dessus d'elles. Cette année-là, Séjan nomme
procurateur de Judée, Pilate, qui était chevalier de
second rang. Selon les usages de l'époque, Pilate ne
pouvait être nommé à une telle fonction. Il l'obtint
uniquement grâce aux faveurs de Séjan qui savait le
mépris de Pilate pour les Juifs.
En l'an 30, Séjan entreprend une action générale
contre les Juifs du monde entier. Les gouverneurs et les
procurateurs de toutes les provinces reçurent ses ordres,
ainsi que Pilate qui n'attendait que son signal pour sévir.
Au printemps de l'an 30, Pilate frappe une nouvelle
monnaie de provocation avec le lituus, emblème du
pouvoir impérial. Cette même année, le grand sanhédrin
de Jérusalem perd son droit de condamner à mort.
En janvier 31, Séjan reçoit le consulat pour cinq
ans avec l'empereur. Pilate fait à nouveau frapper sa
monnaie, ce qui provoque un bain de sang parmi les
pèlerins de Jérusalem. Sur les instances de Séjan, le
procurateur consciencieux reçoit le titre honorifique
d'Ami de César, honneur qui lui assure les plus hauts
privilèges et une carrière éclatante.
Mais Tibère sait que son collègue veut l'évincer,
aussi le devance-t-il. Le 18 octobre, Séjan est arrêté à
Rome et exécuté. Ses amis sont dénoncés et tombent les
uns après les autres ou se suicident. La chasse aux
prétendants commence dans tout l'Empire. Les chefs de
toutes les provinces reçoivent l'ordre de cesser
immédiatement toute mesure antisémite.
Pilate, placé en Judée par les faveurs de Séjan,
craint le pire. Une lettre de Hérode Agrippa I à
l'Empereur Caligula nous montre que, dès lors, Pilate
redoute que les Juifs se plaignent de lui à l'empereur
(Philon, Legatio 38/299/305). Par tous les moyens, il tente
d'éviter tout ce qui pourrait lui porter préjudice. Le haut
clergé juif était conscient de cette situation. La pression
exercée par les grands prêtres était une pure tactique.
Lorsqu'ils constatèrent que Pilate tardait à se rendre à
leur volonté et à leur livrer un innocent, ils utilisèrent
leur arme la plus terrible, en criant : « Met Jésus à mort,
sans quoi tu es un ennemi de l'empereur. » Pilate avait
compris ! Brutal, plein de compromis, chevalier de
second rang, peu lui importait la condamnation d'un
innocent ! Mais ce crime ne le sauva pas de la chute qu'il
craignait tant ! Quelques années plus tard, il ordonna en
Samarie une intervention brutale contre des pèlerins
désarmés. Dénoncé à l'empereur, celui-ci le destitua et
l'exila. Il ne fut pourtant pas envoyé en Gaule comme le
dit la légende, mais dans les environs de Naples, près de
Pompéi, où il termina ses jours dans la misère (Grand
Evangile XI).
La Nouvelle Révélation nous dit qu'il est
impossible de comprendre le martyre de Jésus parce que
« ce sont des choses qu'aucune âme humaine ne peut
comprendre dans son corps. Il s'agit donc ici seulement de
donner quelques éclaircissements afin d'avoir une image
précise des dernières heures du Fils de l'homme, telles
qu'elles sont décrites avec assez d'exactitude dans les
Evangiles » (Grand Evangile XI).
« Sur Mon passage se trouva Simon de Cyrène, qui
avait reçu Mon enseignement. Il remarqua avec effroi Mon
état pitoyable et fut ému de compassion. Un homme du
Temple l'interpella et lui cria : "Regarde, ton maître est
incapable de s'aider lui-même. C'est toute sa fameuse force
divine!" Simon, horrifié, répondit en prophétisant "L'heure
viendra où vous maudirez ce que vous avez fait mais, moi, je
désire pouvoir servir mon maître et l'aider dans sa peine."
"Tu n'as qu'à le faire, crièrent plusieurs prêtres furieux, car
puisque tu oses condamner les actions du Temple, tu vas
faire pénitence. Tu dois porter la croix de ton maître !" »
« Lorsque Simon entendit cela, il s'approcha la joie
au cœur prit la lourde croix sur ses fortes épaules et Me
tendit la main pour m'aider à Me relever. Je pris sa main et
Simon fut si fortifié dans son énergie qu'il lui fut facile de
porter la lourde charge... Tous Mes amis les plus proches, qui
n'avaient pu pénétrer dans le prétoire, Me suivaient
maintenant. Le peuple qui avait été tenu jusque-là à l'écart
s'approcha également. Là où le passage s'élargissait près de
la porte en une vaste place, ces gens avaient l'air menaçant.
Mais les pharisiens s'y attendaient et avaient fait placer une
garnison de soldats romains près de la porte afin que l'ordre
fût parfaitement respecté. Lorsque tous ceux qui Me
voulaient du bien virent que J'étais tout à fait perdu et qu'il
était absolument impossible de Me libérer des mains des
archers du Temple, il s'éleva une clameur de désolation, au
milieu des femmes particulièrement. Je Me tournai vers les
plus proches d'entre elles, en disant : "Ne pleurez pas pour
Moi mais pour vous et vos enfants car ce qui leur arrivera
sera pire que ce que vous voyez M'arriver maintenant. Je vais
vers Mon Père mais, eux, ne sauront pas où ils vont!" »
« La tradition de l'Eglise raconte ici que la servante
Véronique Me tendit un mouchoir pour sécher Ma sueur.
Cela est vrai. Elle était au premier rang de ces femmes en
lamentations. Mais l'impression de Mon visage dans le tissu
est une légende née plus tard. Il n'y a jamais eu non plus de
Juif du nom de Ahasver qui M'ait chassé de sa maison. Les
légendes sont apparues parmi les fidèles qui cherchèrent à
entourer Ma mort de toutes sortes de miracles. Si, réellement,
il y avait eu ces tremblements de terre, cet obscurcissement
du soleil, l'apparition des esprits, comme on le raconte,
Jérusalem, se sentant obligée de faire pénitence n'aurait pas
douté de Ma résurrection et l'aurait acclamée comme un
signe de pardon. Mais il n'y avait aucune raison qu'il se passe
quoi que ce soit d'aussi extraordinaire pendant ce moment de
la mort de Mon corps » (Grand Evangile XI).
« On dit que les ténèbres apparurent lorsque Mon
corps fut pendu sur la croix. Oui, une grande nuit intérieure
pénétra Jérusalem. Non pas une nuit extérieure mais une nuit
intérieure que chacun ressentit comme s'il avait perdu
quelque chose sans savoir ce que c'était ; même les grands-
prêtres, les scribes, les pharisiens et les Juifs du Temple qui
avaient exigé Ma mort, n'éprouvaient aucune satisfaction et
aucune joie dans leur action. C'est d'ailleurs la raison pour
laquelle le Temple ne prit aucune mesure contre Mes
disciples et Mes proches, ni contre Nicodème, Joseph
d'Arimathée et Lazare, qui Me suivirent jusqu'au pied de la
croix où ils assistèrent à Mon agonie. C'est évidemment
grâce à Nicodème, membre du Haut Conseil, que les Miens
obtinrent l'autorisation de rester sur place, alors que les
Romains ne laissaient pénétrer personne. A sa demande, on
fit exception pour lui. Mes plus proches disciples, à
l'exception de Jean, étaient tous absents, comme Je l'avais
souvent prédit. "Le berger était frappé et ses brebis étaient
disséminées." Après Mon arrestation, la plupart se
réfugièrent chez Lazare. Seul Jean osait se montrer
ouvertement et offrait son soutien et sa consolation à Marie,
Ma mère selon la chair. »
« Pierre, pris d'un très profond remords depuis sa
chute, suivit secrètement Mon passage à travers les rues et
les places de Jérusalem, se tenant éloigné parce qu'il
éprouvait en son âme le besoin d'être seul et commençait à
comprendre enfin les intentions de Mon œuvre. C'est ici que
lui servirent tout particulièrement les exercices qu'il avait
faits à Ephraïm. Il comprenait l'être et le but de Mon
incarnation terrestre et était pénétré par la nécessité de cette
incarnation. Sans mot dire, il mettait sa confiance dans Ma
résurrection que J'avais annoncée. »
• Lorsque Mon âme se sépara du corps, il y eut
effectivement un tremblement de terre. Mais cela fut peu
remarqué car, de Mon temps, les forces souterraines de la
vallée du Jourdain se manifestaient beaucoup plus souvent
qu'aujourd'hui et les tremblements de terre n'étaient pas
rares. Mais évidemment, les Juifs endurcis ne virent pas que
cela avait un lien avec Ma mort. »
• Il est également vrai que le rideau du Temple se
déchira, en signe extérieur, montrant qu'il n'y avait plus de
barrière pour parvenir au cœur central du Très-Haut et que
chacun pouvait parvenir au Père pour recevoir la vie
éternelle. Mais ce signe, quoique miraculeux, n'attira
l'attention de personne. Les novices suspendirent à nouveau
le rideau et l'incident fut clos. »
• On dit que le soleil s'assombrit. Comme nous
l'avons déjà dit, il y eut une obscurité mais il est connu que
dans les pays chauds, les tremblements de terre provoquent
un fort obscurcissement de l'atmosphère où le soleil perd son
éclat. Ce fut ici le cas. Cette perte d'éclat du soleil avait en
plus une autre cause. »
• Lorsque le corps fut inanimé et que la vengeance
des ennemis se fut refroidie, le peuple se retira car cette
sensation intérieure d'horreur causée par cette fameuse
obscurité poussait chacun à retrouver chez soi une sécurité.
C'était la tombée du jour, le moment où il s'agissait pour les
Juifs de préparer le sabbat selon la loi. Mes partisans s'étaient
approchés de plus en plus du lieu du supplice, de sorte que le
cercle de Mes proches s'était agrandi. Joseph d'Arimathée
était allé auparavant demander à Pilate la permission de
prendre Mon corps. Cette permission n'était pas toujours
accordée mais Pilate la lui accorda volontiers car il voulait
ainsi aiguiser la colère des Juifs, comme il 'avait fait avec
l'écriteau placé au sommet de la croix, où il était écrit en trois
langues que J'étais le Roi des Juifs. »
« Mes amis descendirent le corps, le lavèrent,
l'oignirent et le portèrent délicatement dans un tombeau
appartenant à Joseph d'Arimathée et situé sur un terrain que
celui-ci avait acheté à Nicodème pour y établir sa propre
sépulture. Golgotha était, il est vrai, sur un promontoire
rocheux, tandis que le lieu du tombeau était situé dans un
quartier où beaucoup de Juifs et de Romains s'étaient fait
construire de magnifiques villas ou maisons de campagne.
Ceci explique la proximité du jardin... Des gardes romains
furent placés près du tombeau qu'ils devaient garder pendant
cinq jours » (Grand Evangile XI).

La résurrection de Jésus
« Au matin de Pâques, le troisième jour, la Divinité
revint et appela le corps du Fils de l'homme qui,
immédiatement, fut dissous et devint le vêtement de l'âme.
Les gardes romaines virent cet événement s'accomplir dans
une lumière éblouissante remplissant tout le tombeau. Ils
furent effrayés et se sauvèrent en courant annoncer que
J'étais ressuscité. Les prêtres leur donnèrent beaucoup
d'argent pour qu'ils s'enfuient, ce qu'ils firent aussitôt. C'est
alors qu'on raconta qu'on avait volé le corps et cette croyance
demeure encore aujourd'hui » (Grand Evangile XI).

L'Ascension
« Les disciples s'en retournèrent à leurs affaires et à
leurs maisons. Je leur avais demandé de se retrouver à une
certaine date chez l'aubergiste (du Mont des Oliviers), ce qui
advint le quarantième jour après Pâques. Tous ceux qui
tenaient à Moi s'y trouvèrent également. J'arrivai au milieu
d'eux et les conduisis au sommet du Mont des Oliviers d'où
la vue est dégagée. Je fis réunir les apôtres autour de Moi, les
autres disciples formant un cercle un peu plus loin. Je les
exhortai encore une fois à tenir fermement à Moi et à Mon
enseignement. Je donnai à Mes disciples la mission d'aller
prêcher Mon Evangile, en Mon Nom, dans le monde entier.
Puis Je pris congé d'eux en leur disant qu'ils n'allaient plus
Me voir physiquement mais que, dès lors, ils seraient liés
spirituellement à Moi. Puis Je les bénis et disparus aussitôt
d'au milieu d'eux » (Grand Evangile XI).

Pentecôte
A diverses reprises, la Nouvelle Révélation nous
indique que la descente du Saint-Esprit, décrite par les
Evangiles, est en majeure partie « 1’œuvre de la fantaisie
des Miens ». Il est ajouté que le témoin oculaire, Jean,
n'en savait rien et, pour cette raison, n'a pu en parler
(Grand Evangile XI).

L'action des disciples


« Après la Pentecôte, les disciples restèrent douze ans
en Judée où ils fondèrent des communautés. Puis ils allèrent
dans divers royaumes connus de la terre. Mais ils
travaillaient peu. Leurs communautés s'éloignèrent
rapidement si complètement du principe de base de Mon
enseignement que Je fus dans l'obligation de réfuter leurs
égarements par le truchement de Jean dans ses Révélations. »