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RAPPORT D’ACTIVITES

ANNEE 2012
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SOMMAIRE


I.LE DISPOSITIF NATIONAL

II.ACTIONS ENTREPRISES EN 2012

2.1.AU PLAN NATIONAL

2.2.AU PLAN INTERNATIONAL

2.3. RELATIONS DE LA CTRF AVEC SES PARTENAIRES NATIONAUX

2.4.RELATIONS DE LA CTRF AVEC SES PARTENAIRES ETRANGERS

2.5. DECLARATION DES SOUPCON

III.PERSPECTIVES 2013








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I. Le dispositif national prévention et la lutte contre le blanchiment d'argent
et le financement du terrorisme
La lutte contre blanchiment de capitaux a été et demeure une des priorités
du gouvernement algérien. La détermination de l’État dans ce domaine a été
maintes fois rappelée au plus haut niveau, tant sur le plan national que sur la
scène internationale.

A l’instar de la plupart des pays, l’Algérie s’est dotée depuis, déjà plus d’une
décennie, d’un dispositif de prévention et de lutte contre le blanchiment
d'argent et le financement du terrorisme et notamment le blanchiment de
capitaux produits du trafic illicite de stupéfiants.

En effet, en avril 2002, a été créée la Cellule de Traitement du
Renseignement Financier (CTRF), organe spécialisé dans la collecte, le
traitement, l’analyse et la dissémination du renseignement financier qu’elle
reçoit des entités déclarantes à travers les déclarations de soupçon ou des
rapports confidentiels.

La CTRF est placée auprès du Ministre chargé des finances et regroupe des
représentants hautement qualifiés des institutions judiciaires, sécuritaires et
financières. Elle joue un rôle central dans l’élaboration de la stratégie
nationale de prévention du blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme et l’amélioration permanente du dispositif opérationnel de lutte
contre ces fléaux.

La stratégie de l'Algérie en matière de prévention et de lutte contre le
blanchiment de capitaux repose sur quatre piliers essentiels qui sont :
1- Un cadre législatif et réglementaire cohérent et évolutif ;
2- Une politique préventive dissuasive ;
3- Une action répressive nationale coordonnée ; et,
4- Une coopération internationale active.

1- SUR LE PLAN LEGISLATIF :
L’Algérie a œuvré à asseoir son dispositif de prévention et de lutte contre le
blanchiment de capitaux sur des bases légales solides. C’est ainsi qu’est
intervenu, en 2004, l’amendement du code pénal (loi n°04-15 du 10 novembre
2004) et du code de procédure pénale (loi n° 04-14 du 10 novembre 2004) :
le premier pour définir et incriminer le blanchiment de capitaux, et le second
pour donner aux officiers de polices judiciaires et aux magistrats (autorités
d’application des lois) , des prérogatives étendues en matière d’enquête.

S’agissant d’une criminalité extrêmement complexe et insidieuse, s’en est
suivie la loi n°05-01 du 6 février 2005, une loi spéciale totalement dédiée à
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la prévention et la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du
terrorisme.

En février 2006, le législateur algérien a renforcé le dispositif national de
prévention et de lutte contre le blanchiment de capitaux par l’adoption de la
loi n°06-01 du 20 février 2006 portant sur la prévention et la lutte contre la
corruption et qui traite des mesures de blanchiment de capitaux.

Devant l’émergence de nouvelles typologies de blanchiment de capitaux, le
dispositif national n’a cessé d’être amélioré pour répondre, d’une part, aux
insuffisances rencontrées sur le terrain dans le cadre de l’application des lois,
et d’autre part, se conformer et s’aligner sur les standards internationaux,
notamment les 40 recommandations du Groupe d’Action Financière (GAFI). A
cet effet, plusieurs textes législatifs et règlementaires ont adoptés,
notamment :

 La définition de la forme, du modèle et du contenu de la déclaration
de soupçon en 2006 (Décret exécutif 06-05 du 09 janvier 2006);
 La révision en 2008 puis en 2010 du Décret exécutif 02-127 du 07
avril 2002 portant création, organisation et fonctionnement de la
Cellule de Traitement du Renseignement Financier (Décret exécutif
n°08-275 du 06 septembre 2008 et Décret exécutif n°10-237 du 10
octobre 2010);
 La fixation, en 2005 puis en 2010, du seuil au dessus duquel les
opérations de paiement doivent être effectuées par les moyens de
paiement à travers les circuits bancaires et financiers (Décret exécutif
n°10-181 du 13 juillet 2010);
 Et enfin, la modification de la loi spéciale n°05-01 du 6 février 2005
par l’ordonnance n°12-02 du 13 février 2012.

2- SUR LE PLAN DE LA PREVENTION :
Une multitude de mesures ont été prises par les autorités algériennes afin de
prévenir les opérations de blanchiment de capitaux et de pérenniser le
système financier national et international. Il s’agit de mesures de vigilances
appropriées imposées aux institutions financières et aux entreprises et
professions non financières, susceptibles d’être utilisées par les réseaux
criminels pour blanchir les produits du crime. Ces mesures ont été confortées
par les règlements de la Banque d’Algérie, notamment les règlements numéros
05-05 du 06 juin 2005, 07-01 du 03 février 2007, 09-01 du 17 février
2009, 11-08 du 28 novembre 2011 et enfin, le règlement 12-03 du 28
novembre 2012.

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Le devoir de vigilance rigoureux imposé aux banques et établissements
financiers porte essentiellement sur :
 La connaissance parfaite des clients, des bénéficiaires effectifs et
des donneurs d’ordre;
 La collecte de renseignements sur l’origine, la destination des capitaux
ainsi que sur l'objet de l'opération et l'identité des intervenants;
 La surveillance renforcée et permanente de la relation d’affaires
s’agissant de personnes politiquement exposées (PPE);
 La tenue et la conservation des documents relatifs à l'identité et à
l'adresse des clients ainsi qu’aux opérations effectuées;
 L'élaboration de procédures de contrôle interne;
 La mise en place de systèmes de surveillance des transactions
permettant, pour tous les comptes, de déceler les activités ayant un
caractère inhabituel ou suspect;
 La transmission à la CTRF de déclarations de soupçon concernant les
opérations suspectes;
 La mise en place de programmes permanents de formation;

Une importance capitale est accordée à la formation au profit de tous les
intervenants dans le cadre de la prévention et de la lutte contre le
blanchiment de capitaux. Des cycles de formation de courte, moyenne et
longue durées ont été organisés et se poursuivent notamment avec les
organisations internationales comme l’ONU, l’ONUDC, la Banque mondiale, le
FMI, l’Union Européenne, le Fonds Monétaire Arabe et les partenaires
étrangers, principalement les Cellules de Renseignement Financier.

3- CONCERNANT LES ACTIONS REPRESSIVES COORDONNEES :
La répression du blanchiment de capitaux dans le dispositif algérien va des
sanctions administratives prévues par la loi n°05-01 aux poursuites pénales
prévues par les articles 389 bis et suivants du Code Pénal, en passant par les
facilitations offertes par le code de procédure pénale à l’appareil judiciaire à
travers les techniques spéciales d’investigations. Les poursuites concernent
aussi bien les personnes physiques que les personnes morales.

En vertu de la loi n°06-22 du 20 décembre 2006 et si les nécessités de
l'enquête l'exigent, les officiers de police judicaire peuvent, sous la direction
du procureur de la république compétent recourir à:

 L'interception de correspondances émises par voie de
télécommunications
 La mise en place d'un dispositif technique pour la captation, la
fixation, la transmission et l'enregistrement de paroles prononcées
par une ou plusieurs personnes à titre privé ou confidentiel dans des
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lieux privés ou publics, ou de l'image d'une ou de plusieurs personnes
se trouvant dans un lieu privé;

La loi n°06-01 relative à la prévention et la lutte contre la corruption,
stipule qu’il peut être recouru d'une manière appropriée, et sur autorisation
de l'autorité judicaire compétente à la livraison surveillée ou à d'autres
techniques d'investigations spéciales, telles que la surveillance électronique ou
l’infiltration.
Les actions préventives et répressives s’exécutent de manière concertée, dans
le cadre d’actions coordonnées et un échange permanent d’informations et de
renseignements entre toutes les parties impliquées dans la lutte contre le
blanchiment de capitaux.

Dans un souci d’efficacité, les services d’application de la loi ont dû réadapter
leur organisation interne par la création de structures spécialisées dédiées
essentiellement à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Des résultats probants sont enregistrés, que ce soit en matière de
déclarations de soupçon, de dossiers transmis à la justice ou de
condamnations définitives pour blanchiment de capitaux accompagnées de
mesures conservatoires telles que le gel, la saisie et la confiscation des
avoirs.

4- DANS LE DOMAINE DE LA COOPERATION INTERNATIONALE :
Il est évident qu’on ne peut lutter efficacement contre le blanchiment de
capitaux sans coopération internationale intense et efficiente, car il s’agit
d’une criminalité transnationale complexe, ayant le plus souvent recours aux
technologies de l’information et de la communication (TIC) et qui menace
sérieusement le système financier mondial.

Sur le plan régional et international, l’Algérie n’a ménagé aucun effort pour
jouer le rôle qui est le sien en matière de prévention et de lutte contre le
blanchiment de capitaux, en tant que membre fondateur du Groupe d’Action
Financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN) ; en
ratifiant et en implémentant, dans le droit positif interne, les instruments de
l’Organisation des Nations Unies en la matière notamment la convention des
Nations Unies contre le trafic illicite des stupéfiants et des substances
psychotropes, la convention des Nations Unies sur la lutte contre le
financement du terrorisme et la convention des Nations Unies contre la
criminalité organisée transfrontalière. L’Algérie participe activement à
l’élaboration de ces instruments et veille à leur application ainsi que les
résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

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La coopération policière et judiciaire internationale s’opère depuis plusieurs
années à travers les canaux traditionnels (tels que INTERPOL…etc.) et repose
essentiellement sur les accords bilatéraux et multilatéraux, ainsi que sur le
principe de la réciprocité en matière de requêtes d'entraide judiciaire.

L'Algérie a signé plusieurs conventions bilatérales avec nombres de pays sur
la coopération judiciaire en général, qui inclue l'assistance judiciaire mutuelle.
Ces conventions réglementent les conditions officielles et appropriées pour
l'échange d'information et la fourniture d'assistance sous forme de
commissions rogatoires.

Dans ce cadre, la CTRF peut communiquer aux organismes des autres Etats
qui exercent des missions similaires les informations qu’elle détient sur des
opérations qui paraissent avoir pour objet le blanchiment de capitaux ou le
financement du terrorisme. Elle peut, en outre, obtenir des informations des
assujettis et des autorités compétentes après avoir reçu des demandes
émanant des institutions des autres états exerçant des missions similaires.

La CTRF a signé plusieurs Mémorandum d’entente et de coopération avec des
organismes similaires étrangers. La coopération et l'échange d'informations,
s'effectuent dans le respect des conventions internationales et des
dispositions légales internes applicables en matière de protection de la vie
privée et de communication de données personnelles sous réserve que les
organismes étrangers compétents soient soumis aux mêmes obligations de
secret professionnel que la CTRF.

La coopération judiciaire est établie entre les juridictions algériennes et les
juridictions étrangères lors des enquêtes, poursuites et procédures judiciaires
relatives au blanchiment d'argent, sous réserve de réciprocité et dans le
respect des conventions bilatérales et multilatérales applicables en la
matière, ratifiées par l'Algérie, et conformément à la législation interne.

La coopération judiciaire peut porter sur des demandes d’enquête, des
commissions rogatoires internationales, l’extradition de personnes recherchées
conformément à la loi ainsi que la recherche, le gel, la saisie et la
confiscation des capitaux blanchis ou destinés à être blanchis et de leurs
produits de même que des capitaux utilisés ou devant être utilisés à des fins
de financement du terrorisme, ainsi que des instruments de telles infractions
ou d’actifs d’une valeur équivalente sans préjudice des droits des tiers de
bonne foi.

D’autres domaines de coopération judiciaire internationale sont explicitement
prévus par le code de procédure pénale en matière de commissions rogatoires
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internationales, l'envoi de témoins et de détenus aux juridictions étrangères
et la communication des pièces et de documents.

Pour rappel, le dispositif algérien de prévention et de lutte contre le
blanchiment de capitaux a été évalué par les experts du Groupe d’Action
Financière pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN) en 2009
et a fait l’objet d’un rapport d’évaluation mutuelle adopté par le groupe en
Décembre 2010. A cela s’ajoute l’évaluation et le suivi permanent du
dispositif par le Groupe Régional de Suivi (RRG) relevant du Groupe de Suivi
de la Coopération Internationale (ICRG) du Groupe d’Action Financière
(GAFI).

L’Algérie a réaffirmé, à maintes reprises, son engagement de haut niveau
pour améliorer davantage son dispositif national de prévention et de lutte
contre le blanchiment de capitaux, conformément aux standards
internationaux et œuvre actuellement a adhérer au groupe EGMONT pour
augmenter ses capacités opérationnelles en matière d’échange d’informations.

II. ACTIONS ENTREPRISES EN 2012 :
La Cellule a mené un plan d’action intense tant sur le plan national
qu’international, visant d’une part, à accroître son efficacité opérationnelle et
d’autre part, à améliorer le dispositif algérien de prévention et de LBC/FT
suite aux insuffisances relevées par les évaluateurs du Groupe d’Action
Financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (GAFIMOAN) ainsi par
le Groupe de Suivi de la Coopération Internationale (ICRG) relevant du GAFI.

2.1. Au plan national :
Au plan des ressources humaines, la CTRF a œuvré à améliorer ses
performances en dotant la Cellule de ressource humaine qualifiée, en
multipliant les actions de formation de ses personnels et en vulgarisant les
notions de Lute contre le blanchiment d’argent et le financement du
terrorisme en direction des entités déclarantes et de ses partenaires
(Magistrats, Officiers de la Police Judiciaire de la Sureté Nationale et de la
Gendarmerie Nationale, Administration des Impôts, des Douanes, des
Domaines, de l’Inspection Générale des Finances et de la Banque d’Algérie),
en relation notamment avec l’Union Européenne, l’ONUDC, les États-Unis
d’Amérique…

Des journées d’information ont été également organisées par la CTRF au
profit des cadres de la de Gendarmerie Nationale, Sureté Nationale ainsi que
des Banques.

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Le plan d’action du Gouvernement pour la mise en œuvre du programme de son
excellence Monsieur le Président de la République, adopté en octobre 2012, a
prévu, «concernant la lutte contre le blanchiment d’argent, le renforcement
de l’organisation de la cellule CTRF à l’effet de lui permettre d’accroître son
efficacité opérationnelle».

Au plan législatif, le dispositif de prévention du blanchiment d’argent et le
financement du terrorisme a été adapté par la promulgation de l’ordonnance
n°12-02 du 13 février 2012 modifiant et complétant la loi n° 05-01 du 6
février 2005 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment
d’argent et le financement du terrorisme.


A cet effet, Son excellence Monsieur le Président de la République a, à
l’occasion de l’adoption du projet d’ordonnance suscité lors Conseil des
Ministres du 07 février 2012, «enjoint au gouvernement, à la Banque
d'Algérie, et à toutes les autorités de régulation concernées, de veiller au
strict respect des règlements relatifs à la prévention du blanchiment
d'argent et du financement du terrorisme, et d'apporter leurs pleins concours
à la cellule nationale de renseignement financier, placée auprès du Ministre
des Finances».

La législation suscitée conforte l’indépendance de la cellule nationale de
renseignement financier, à l’instar des organismes similaires dans le monde,
par la révision de sa nature juridique l’érigeant en une Autorité
Administrative Indépendante, placée auprès du Ministre chargé des Finances
(article 4 bis de l’ordonnance suscitée),

Cela lui permettra d’améliorer ses performances, d’avoir plus d’autorité et lui
confèrera des prérogatives plus étendues vis-à-vis de ses partenaires et un
mode de fonctionnement et de gestion encore plus souple conformément aux
standards internationaux.

Au plan réglementaire, la Banque d’Algérie a adopté deux (02) nouveaux
règlements : n°11-08 du 28 novembre 2011 relatif au contrôle interne des
banques et établissements financiers et n°12-03 du 28 novembre 2012
relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent et le
financement du terrorisme conforme aux standards internationaux qui abroge
le règlement n°05-05 du 15 décembre 2005.

2.2. Au plan international :
La Cellule a mené des actions en direction du GAFI en assistant aux réunions
annuelles qu’il organise ainsi qu’aux réunions d’évaluation organisées par l’ICRG
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et le GAFIMOAN. Ceci a contribué considérablement à la présentation du
dispositif algérien de LBC/FT et a même permis de parer aux défaillances
stratégiques relevées sur son dispositif.

Le Groupe d’Action Financière (GAFI) a, lors de la réunion plénière qui s’est
tenue en France en octobre 2012, tout en constatant les progrès accomplis,
relevé l’engagement politique des autorités algériennes pour travailler avec le
GAFI et le GAFIMOAN en vue de répondre à ses insuffisances en matière
de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme
(LBC/FT).

Le Groupe d’Action Financière pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord
(GAFIMOAN) a adopté, lors de la 16e réunion plénière du GAFIMOAN qui
s’est tenue du 25 au 29 Novembre 2012 à Marrakech (Maroc), le premier
rapport de suivi de l’Algérie et a révélé les progrès réalisés par notre pays
dans l'élaboration de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux
et le financement du terrorisme.

Pour rappel, le Rapport d’Evaluation Mutuelle de l’Algérie a été publié en
décembre 2010.

La CTRF a reçu, dans le cadre de la visite-pays, la visite à Alger des
experts des deux pays (France et Égypte) parrainant la candidature de
l’Algérie pour l’adhésion au Groupe EGMONT.

Outre le Conseil ainsi que le personnel de la CTRF, les experts ont rencontré
les responsables de la Direction de la Police Judicaire de la Sureté Nationale,
des Affaires Judiciaires et Juridiques du Ministère de la Justice, de la
Direction Générale de l’Inspection Générale de la Banque d’Algérie ainsi que le
correspondant d’une Banque.

Les principales lacunes relevées dans le dispositif national ont été prises en
charge par l’ordonnance modifiant et complétant la loi n° 05-01 du 6 février
2005 relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et
le financement du terrorisme ainsi que le dernier Règlement de la Banque
d’Algérie n°12-03 du 28 novembre 2012.

La CTRF a signé à ce jour 15 Mémorandums d’Entente et d’échanges
d’informations avec des Cellules similaires, dont trois (03) en 2012 avec
notamment, l’Égypte, Sultanat d’Oman et le Liban.

La CTRF a élaboré un plan d’actions prioritaires à mettre en œuvre,
notamment :
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 La révision, en relation avec le Ministère de la Justice, de la loi 05-01
du 06/02/2005, portant prévention et lutte contre le blanchiment
d’argent et le financement du terrorisme,
 La mise en œuvre de moyens matériels et humains nécessaires à
l’amélioration de l’efficacité de la LBA/FT, notamment en matière de
formation,
 Le renforcement de la coopération internationale avec les instances du
GAFI, le GAFIMOAN et les Cellules de Renseignement Financier (CRF)
homologues,
 La poursuite des actions de sensibilisation et d’information sur la lutte
contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, en
direction de toutes les entités déclarantes,
 Le lancement de journées d’information et de sensibilisation en direction
des entités soumises à la déclaration de soupçon, notamment les
professions financières et des partenaires de la CTRF (Magistrats,
Officiers de Police Judiciaire et Administrations des Finances),

2.3. RELATIONS DE LA CTRF AVEC SES PARTENAIRES NATIONAUX
Durant l’année 2011, la Cellule a poursuivi ses opérations de sensibilisation
sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme,
en direction des assujettis et partenaires.
Des demandes d’assistance ont été adressées par la CTRF à ses partenaires
nationaux, notamment les Administrations des Impôts, des Douanes, des
Domaines, de la Banque d’Algérie, du Commerce et de la Direction Générale
de la Sureté Nationale.

Des demandes d’assistance ont été émises à la CTRF par ses partenaires
nationaux, notamment la Gendarmerie Nationale et la Justice, dans le cadre
de procédures judiciaires.

2.4. RELATIONS DE LA CTRF AVEC SES PARTENAIRES ETRANGERS
En ce qui concerne la coopération internationale, la CTRF a entrepris un
certain nombre d’actions qui se résument comme suit notamment la signature
de mémorandums d’entente avec les CRF d’Égypte, du Liban et du Sultanat
d’Oman, des demandes d’assistance adressées à ses homologues étrangers.

La CTRF a également reçu des demandes d’assistance des Cellules étrangères.

2.5. DONNEES STATISTIQUES :

Année Nombre de Déclarations de Soupçon Nombre de Rapports
2005 11 /
12
2006 36 /
2007 66 /
2008 135 /
2009 328 /
2010 1083 2219 *(1)
2011 1576 394
2012 1373 *(2) 108

Depuis le démarrage des activités opérationnelles de la CTRF en 2005,
celles-ci ont connu une montée en cadence régulière, conséquence, à la fois,
des évolutions successives du dispositif juridique anti-blanchiment et des
actions de sensibilisation menées pour une meilleure efficience dans la lutte
contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Le secteur bancaire occupe le premier rang en matière de fourniture du
renseignement financier.

Rapporté à leur périmètre d’intervention, le niveau de participation des autres
professions non financières s’avère nul.

*(1) Le nombre important de rapports reçus en 2010 (2219) comparativement
à 2011 (394) et 2012 (108) s’explique par le fait que la Banque d’Algérie
avait entamé en 2010 une large opération de contrôle au niveau des banques
et établissements financiers, y compris les services financiers d’Algérie Poste,
sur la mise en œuvre du Règlement n°05-05 en matière de conformité et de
diligence requise dans le cadre de la loi relative à la Prévention et à la Lutte
contre le Blanchiment d’Argent et le Financement du Terrorisme.

*(2) La baisse des déclarations de soupçons enregistrée en 2012 (1373)
rapport à 2011 (1576) s’explique par les mesures de vigilance ainsi que des
procédures de contrôle mises en place par les Banques pour la surveillance des
transactions permettant de déceler particulièrement les opérations douteuses.
Les entités déclarantes ont été sensibilisées, à travers des programmes de
formation et autres journées d’information, pour une transmission sélective
des déclarations à soumettre à la CTRF en privilégiant la qualité plutôt que la
quantité, excluant de ce fait les opérations sans lien avec le blanchiment.

L’ensemble des informations reçues sont enregistrées, traitées et donnent lieu
à une pré-enquête par la Cellule, à travers des correspondances adressées
aux Institutions nationales et éventuellement étrangères concernées.

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A défaut de transmission aux autorités judiciaires, quand le traitement de
l’information ne confirme pas le soupçon, les dossiers sont mis en «attente».
Les renseignements qu'ils contiennent alimentent la base de données de la
Cellule, en vue d'une exploitation éventuelle ou d’une demande d’assistance.

S’agissant des transmissions à la Justice, la CTRF a transmis à ce jour sept
(07) dossiers dont Deux (02) en 2007, Deux (02) en 2011 et Trois (03) en
2012.

Au titre des mesures conservatoires prévues par les dispositions de l’article
17 de la loi n°05-01 modifiée et complétée, la CTRF a procédé en 2012 au
blocage de l’exécution de trois (03) opérations bancaires pour une durée de
soixante douze (72) heures.

Il convient de signaler que le nombre de dossiers reçus n’est pas proportionnel
au nombre de dossiers transmis à la Justice.

En effet, le nombre de dossiers reçus en 2011 est de 1576 pour trois (03)
transmissions à la Justice alors que le nombre de dossiers reçus en 2012 est
de 1373 pour trois (03) transmissions à la Justice et trois (03) mesures
conservatoires de gel des opérations.

A ce nombre, il convient d’ajouter d’autres affaires de blanchiment d’argent
et de financement du terrorisme traitées par la Justice en application des
dispositions du Code Pénal (article 87 bis 4 pour le financement du terrorisme
et la section VI bis pour le blanchiment d’argent).

III. PERSPECTIVES POUR L’ANNEE 2013 :
Au plan national, outre le changement du statut de la Cellule en une Autorité
Administrative Indépendante (projet de décret au niveau du Secrétariat
Général du Gouvernement), la CTRF envisage d’organiser des actions de
formation, d’information et de sensibilisation au profit de son personnel, de
ses partenaires et des entités déclarantes , notamment les professions non
financières.

Au plan international, la Cellule s’attèle, au même titre que tous les pays, à
mettre en œuvre son plan d’actions pour améliorer son dispositif en relation
avec le Groupe d’Action Financière pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord
(GAFIMOAN) ainsi que le Groupe d’Action Financière (GAFI).

Parrainée par deux pays (France et Égypte), la candidature de l’Algérie pour
l’adhésion au Groupe EGMONT sera examinée, lors de la prochaine réunion qui
aura lieu en Belgique du 22 au 23 janvier 2013.
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Des Mémorandums d’entente et d’échange d’information sont aussi envisagés
avec des cellules homologues (notamment l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Irak,
la Libye, le Koweït, le Japon, la Russie...).

La Cellule envisage également d’organiser des séminaires de formation avec le
concours de l’Union Européenne, de l’ONUDC, de la Banque Mondiale, du FMI,
du GAFIMOAN ainsi qu’avec d’autres Cellules étrangères homologues,
notamment les USA, la France, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et
des pays membres du GAFIMOAN.

Enfin, elle s’attellera à renforcer ses capacités opérationnelles et à améliorer
son système d’information avec l’assistance de ses partenaires nationaux
et/ou étrangers.