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CONSTRUCTIONS CIVILES B3

Conservatoire
National
Des arts et métiers Michel BERTHAUD et Alain DUVIVIER
Année 2002 - 2003
CNAM de Basse-Normandie
Reproduction et diffusion interdites sans l’accord de l’auteur
1/25
Séquence 06
LES MURS DE SOUTENEMENT
IDEES DEVELOPPEES
RETOUR AU PLAN GENERAL
EXERCICES APPLICATIONS
IDEES PRINCIPALES
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Année 2002 - 2003
Séquence 06 - Les murs de soutènement 2/25
OBJECTIFS: Il s'agit de définir un mur de soutènement en béton armé, en vérifiant son équilibre
statique, en déterminant son ferraillage et en contrôlant la résistance de son béton.
PREREQUIS: Notion géotechnique de poussée et de butée des terres sur un écran
Principes des calculs du béton armé.
Les matériaux du béton armé.
Calculs de poutres aux états limites.
PLAN DE L'ETUDE: I) DEFINITION DES PROBLEMES
II) EQUILIBRE STATIQUE DU MUR
III) REPARTITION DES SOLICITATIONS
IV) DETERMINATION DES FERRAILLAGES
V) EXEMPLE DE CALCULS
Séquence 06
IDEES PRINCIPALES
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 3/25
I) DEFINITION DES PROBLEMES
Les murs de soutènement sont des ouvrages courants et difficiles à déterminer. Ils sont en effet soumis à
des efforts naturels dont la quantification reste difficile à réaliser. Les théories géotechniques permettant
leurs calculs sont nombreuses et souvent très complexes. On considérera ici que ces théories ont été
étudiées en géotechnique, on se contentera donc d'en utiliser les résultats dans des cas simples (ou
simplifiés). Notre objectif est en effet la réalisation en béton armé de ces murs de soutènement et non l'étude
des sols avoisinants.
Néanmoins un rappel sur les notions d'équilibre des murs est indispensable puisque cet équilibre permet de
dimensionner les parties en béton du mur.
II) EQUILIBRE STATIQUE DU MUR
a) - rappels de géotechnique -
Les deux notions principales de géotechnique à retenir sont la poussée et la butée des terres. On peut les
définir de la manière suivante:
Poussée: action du terrain situé à l'arrière d'un écran s'exerçant sur cet écran; c'est
une force active. Cette poussée est caractérisée par un coefficient K
a
où l'indice a signifie actif
(parfois K
Pa
où l'indice Pa signifie Poussée active).
Butée: réaction opposée à l'écran par le terrain sur lequel il s'appuie: c'est une
force passive. Cette poussée est caractérisée par un coefficient K
p
où l'indice p signifie passif
(parfois K
Bp
où l'indice Bp signifie Butée passive). Le terrain n'est sollicité en butée que s'il y a
déplacement du mur.
Séquence 06
IDEES DEVELOPPEES
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 4/25
Ces deux notions sont directement liées:
principalement à l'angle de frottement interne du terrain correspondant ( ) ϕ , mais aussi
à l'inclinaison ( ) β de la surface libre à la partie supérieure du mur,
à l'inclinaison de l'écran ( ) λ , B'C ou B'D: écran fictif retenu pour les murs en béton armé.
et enfin à l'obliquité de la résultante de poussée ( ) δ .
Notre propos n'est pas de faire des calculs de géotechnique mais de béton armé, on utilisera donc les
valeurs simplifiées suivantes:
• λ β = = 0
• δ = 0 ou δ
ϕ
=
3
valeur couramment utilisée pour des murs en béton armé avec un
coffrage lisse.
Le tableau page suivante donne les valeurs des coefficients de poussée et de butée pour certaines valeurs
de ϕ et de δ .
β
β
δ
δ β ≤
λ
C
B B
D
Schéma type retenu
dans la suite du
cours et des calculs
Ce schéma n'est pas
retenu parce que les
calculs sont beaucoup
trop lourds pour ce
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 5/25
(Réf: LA PRATIQUE DES SOLS ET DES FONDATIONS, de Georges FILLIAT, édition du MONITEUR, page
298)
Valeur deϕ 10 ° 20° 30° 40° 50°
δ
ϕ
= 1
K
a
=
K
p
=
0 65 ,
0 98 ,
0 44 ,
0 95 ,
0 31 ,
0 90 ,
0 22 ,
0 80 ,
0 16 ,
0 64 ,
δ
ϕ
=
2
3
K
a
=
K
p
=
0 66 ,
116 ,
0 44 ,
1 33 ,
0 30 ,
156 ,
0 20 ,
180 ,
0 13 ,
1 60 ,
δ
ϕ
=
1
3
K
a
=
K
p
=
0 67 ,
1 30 ,
0 45 ,
1 70 ,
0 30 ,
2 20 ,
0 20 ,
2 80 ,
0 13 ,
3 60 ,
δ
ϕ
= 0
K
a
=
K
p
=
0 70 ,
1 42 ,
0 49 ,
2 04 ,
0 33 ,
3 00 ,
0 22 ,
4 60 ,
0 16 ,
7 50 ,
Nota 1: Lorsque δ = 0 , la valeur de K
a
est: K tg
a
= −
|
\

|
.
|
2
4 2
π ϕ
et
K
K
tg
p
a
= = +
|
\

|
.
|
1
4 2
2
π ϕ
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 6/25
b) - stabilité du mur au renversement -
On localise arbitrairement l'axe de rotation du mur à l'arête extérieure de la fondation et on compare les
moments résistants et sollicitants par rapport à cet axe
.
Le coefficient de sécurité au renversement doit être au minimum de 1,5 à l'ELS.
A l'ELU, le moment sollicitant est donné par la poussée des terres, la charge d'exploitation (et l'action de
l'eau éventuellement): 1 35
3
1 5
2
, , ⋅ ⋅ + ⋅ ⋅ P
h
Q
h
a a
où P
a
est la poussée du terrain (éventuellement il faut
tenir compte de la poussée de l'eau d'une manière similaire) et où Q
a
est la poussée due à la charge
d'exploitation sur le terre plein.
Le moment résistant est donné par le poids propre de l'ouvrage et des terres de remblais affecté d'un
coefficient 0,9 soit: 0 9 , . ⋅

G d
i i
.
On doit donc contrôler que: 1 35
3
1 5
2
, , ⋅ ⋅ + ⋅ ⋅ P
h
Q
h
a a
< ⋅

0 9 , . G d
i i
q
G
4
G
3
G
2
G
1
A
P
a
Q
a
h
h
2
h
3
1
d
B
d
4
d
3
d
2
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 7/25
c) - stabilité du mur au glissement -
Le glissement du mur se fait au contact de la semelle d'appui et du sol de fondation. C'est la composante
horizontale de la poussée qui tend à faire glisser la fondation sur sa base. Elle est équilibrée par l'adhérence
et par le frottement de la fondation sur son terrain d'assise.
Dans le cas ou une pellicule de terre reste solidaire de la fondation, ce sont alors la cohésion du terrain et
son angle de frottement interne qui entrent en jeu.
Par sécurité, on néglige couramment la cohésion.
Dans ce cas, à l'équilibre, on doit avoir: Q Q tg
h v
≤ ⋅ ψ où ψ est l'angle de frottement interne du terrain de
fondation.
Les valeurs suivantes de ψ sont généralement retenues:
terrain à gros éléments, sans silt ni argile: ψ = ° 30
terrain à gros éléments pouvant contenir du silt: ψ = ° 25
terrain silteux ou argileux: ψ = ° 20
On recherche habituellement un coefficient de sécurité à l'ELS de 2 à 3 que l'on peut réduire à 1,5 lorsque
l'on néglige totalement la butée en pied.
A l'ELU, on retiendra la combinaison suivante: 1 35 15 , , ⋅ + ⋅ < P Q
a a
G tg
i


ψ
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 8/25
d) - résistance du sol de fondation –
Nota 2: La résistance du sol de fondation est rarement prépondérante devant la stabilité au
glissement. Il est cependant nécessaire de la vérifier systématiquement.
On admet, par simplification, une répartition linéaire des contraintes sous la fondation du mur. En fonction
de la largeur B, de l'excentrement e de la composante verticale de la résultante des efforts sollicitants
Q
v
, les contraintes extrêmes sont :
σ
Max
v
Q
B
e
B
= ⋅ +
|
\

|
.
| 1
6
et σ
min
= ⋅ −
|
\

|
.
|
Q
B
e
B
v
1
6
Si on veut éviter la décompression du terrain, il faut limiter l'excentrement à: e
B
=
6
Le calcul de l' excentrement est conduit à l'ELS.
C'est le problème général de la force portante d'une fondation soumise à une charge excentrée et inclinée.
Cette force portante doit être limitée en fonction des risques de poinçonnement et des tassements
e
B
<
6
e
B
>
6
e
B
=
6
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 9/25
e) - stabilité interne du mur -
M
1
M
2
M
3
La section de béton la plus sollicitée est la section
soumise au moment M
1
: section d'encastrement du fût
sur la semelle.
Il faut aussi calculer les sections soumises aux moments
M
2
et M
3
, moments dus aux réactions du sol sur la
semelle.
Ce sont ces calculs qui vont être développés dans le
paragraphe suivant.
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 10/25
III) CHARGES ET SOLLICITATIONS
a) - inventaire des charges -
Après avoir rappeler tous les points à étudier, on passe maintenant à la partie pratique des calculs. On a vu
qu'il fallait travailler sur quatre domaines différents:
• stabilité au renversement
• stabilité au glissement
• résistance du sol de fondation
• stabilité interne
Ces différents points d'étude ont tous en commun les mêmes charges:
charges permanentes verticales:
• poids propre de la semelle (et éventuellement de la bêche),
• poids propre du fût,
• poids propre du remblai à l'arrière du mur (remblai interne),
• poids propre du remblai à l'avant du mur (remblai externe).
charges permanentes horizontales:
• poussée des terres sur l'écran
• butée des terres sur l'avant du mur (négligé par sécurité)
charges variables ou d'exploitation verticales:
• surcharge d'exploitation sur le remblai arrière
• modification des charges permanentes due à la présence d'eau (poids déjaugé des
remblais et charges hydrostatiques selon les différents niveaux de la nappe).
charges variables ou d'exploitation horizontales:
• poussée sur l'écran due à la charge d'exploitation
• poussée hydrostatique sur l'écran arrière.
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 11/25
b) - prédimensionnement du mur -
La plupart des charges sont liés aux dimensions du mur. Il faut donc prédimensionner le mur afin de )pouvoir
effecteur les calculs.
Le prédimensionnement se fait de manière arbitraire à partir des valeurs retenues par Messieurs COSTET et
SANGLERAT (Cours pratique de mécanique des sols, tome 2, Calculs des ouvrages, édité chez DUNOD),
valeurs reproduites ci-dessous: si h est la hauteur totale du mur, (semelle + fût), alors les différentes parties
auront pour dimensions arbitraires:
• largeur du fût en tète: l
ft
= min de
h
cm
24
30 ;

¸

(
¸
(
• largeur du fût en pieds et épaisseur de la semelle: l
fp
= min de
h
cm
12
30 ;

¸

(
¸
(
• largeur de la semelle:
h
B
h
2
2
3
≤ ≤
• largeur de la semelle avant: l
B
av

3
• largeur du talon: l B l l
t av ft
= − −
Ces valeurs sont éventuellement retouchées par la suite, mais elles sont généralement confirmées par les
calculs.
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 12/25
c) - calculs des charges de base -
Tous les calculs sont effectués pour une longueur de mur de 1 mètre.
CHARGES STABILISANTES charge
unitaire
largeur hauteur coef. Charge totale
Q = surcharge d'exploitation
q
0
l
t
_ _
Q = q l
t 0

G
1
=poids pr. du remblai avant
γ
r l
av
h l
av fp

_
G
1
= γ
r av
l ⋅ ⋅ ( h l
av fp
− )
G
2
= poids propre du fût
25
l l
ft fp
+
2
h l
fp

_
G
2
= 25
2

+
⋅ −
l l
h l
ft fp
fp
( )
G
3
= poids propre de la semelle
25 B l
fp
_
G B l
fp 3
25 = ⋅ ⋅
G
4
= poids pr. du remblai arrière
γ
r l
t
h l
fp

_
G
4
= γ
r t
l ⋅ ⋅ ( h l
fp
− )
G
5
= poids propre de la bêche
25
l
fp
h
b
_
( )
G l h
fp b 5
25 = ⋅ ⋅
CHARGES DE RENVERSEMENT
P
a
= Poussée des terres
γ
r
_
h K
a
P
a
=
γ
r a
h K ⋅ ⋅
2
2
Q
a
=Poussée de la surcharge q
0
_
h K
a
Q
a
= q h K
a 0
⋅ ⋅
d) - sollicitations au renversement -
Les calculs se font par rapport à l'arête inférieure avant (arête inférieure du patin, point A)
MOMENTS DE RENVERSEMENT Charges Bras de
levier
Valeurs à
l'ELS
Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poussée des terres
P
a
h
3
P
a

h
3
1 35 ,
1 35 , P
a

h
3
Poussée de la surcharge
Q
a
h
2
Q
a

h
2
15 ,
15 , Q
a

h
2
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 13/25
MOMENTS RESISTANTS Charges Bras de
levier
Valeurs à
l'ELS
Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poids pr. du remblai avant
G
1
d
1
G d
1 1

0 9 ,
0 9
1 1
, ⋅ ⋅ G d
Poids propre du fût
G
2
d
2
G d
2 2

0 9 ,
0 9
2 2
, ⋅ ⋅ G d
Poids propre de la semelle
G
3
d
3
G d
3 3

0 9 ,
0 9
3 3
, ⋅ ⋅ G d
Poids pr. du remblai arrière
G
4
d
4
G d
4 4

0 9 ,
0 9
4 4
, ⋅ ⋅ G d
Surcharge d'exploitation Q d
4
Q d ⋅
4
0 9 ,
0 9
4
, ⋅ ⋅ Q d
e) - sollicitations au glissement -
Le calcul se fait uniquement à l'ELU. D'autre part on néglige la butée.
SOLLICITATIONS MOTRICES Charges Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poussée des terres
P
a
1 35 ,
1 35 , P
a
Poussée de la surcharge
Q
a
15 ,
15 , Q
a
SOLLICITATIONS RESISTANTES Charges Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poids pr. du remblai avant
G
1
Poids propre du fût
G
2
Poids propre de la semelle
G
3
tgψ
( ) Q G
i
+

⋅ tgψ
Poids pr. du remblai arrière
G
4
Surcharge d'exploitation Q
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 14/25
f) - contraintes sur le sol -
Dans un premier temps on calcule l'excentricité des charge verticales par rapport à A:
( )
e
M
Q G
A
i
/
=
+


On en déduit l'excentricité par rapport au milieu de la semelle.
On vérifie que l'excentricité est comprise dans le tiers central de la largeur de la semelle, soit e
B

6
On calcule les contraintes minimales et maximales à l'ELU.
σ
uMax
i
Q G
B
e
B
=
⋅ + ⋅
⋅ +
|
\

|
.
|

1 5 1 35
1
6 . , ,
et σ
u
i
Q G
B
e
B
min
, ,
=
⋅ + ⋅
⋅ −
|
\

|
.
|

15 1 35
1
6
On contrôle que ces contraintes sont bien inférieures à q
c
et supérieures à 0 .
σ
uMax c
q ≤ et σ
u min
≥ 0
Puis on calcule les contraintes minimales et maximales à l'ELS.
σ
sMax
i
Q G
B
e
B
=
+
⋅ +
|
\

|
.
|

1
6
et σ
s
i
Q G
B
e
B
min
=
+
⋅ −
|
\

|
.
|

1
6
On calcule enfin les contraintes du sol au droit des nus avant et arrière du fût, à l'ELU et à l'ELS, soit:
σ σ
σ σ
M av
B
B l
2
= +

⋅ −
min
max min
( ) et σ σ
σ σ
M t
B
l
3
= +


min
max min
e) - sollicitations dans le mur -
Les sollicitations dans le mur se calculent à l'ELU et à l'ELS.
à l'ELS à l'ELU
M P
h
Q
h
1 1
1
1
1
3 2
= ⋅ + ⋅ avec h
1
hauteur du fût M P
h
Q
h
1 1
1
1
1
1 35
3
1 5
2
= ⋅ ⋅ + ⋅ ⋅ , ,
( ) M
l
sMax sM
av
2 2
2
6
= + ⋅ σ σ ( ) M
l
uMax uM
av
2 2
2
6
= + ⋅ σ σ
( ) M
l
sM s
t
3 3
2
6
= + ⋅ σ σ
min
( ) M
l
uM u
t
3 3
2
6
= + ⋅ σ σ
min
Nota 3: lorsque la hauteur du fût est supérieure à 2 m, on détermine les moments
à
h
1
3
et à
2
3
1
h
afin de limiter les ferraillages dans le fût.
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 15/25
IV) DETERMINATION DES FERRAILLAGES
Que se soit pour le fût ou bien pour la semelle, le calcul du ferraillage se fait en flexion simple avec les
valeurs trouvées précédemment.
Le patin de la semelle est fréquemment ferraillé avec les aciers du fût retournés horizontalement
Les aciers calculés pour le talon de la semelle sont nécessaires aussi bien en haut (rotation du fût et du
patin avec le talon fixe) qu'en bas de la semelle (rotation du talon vers le haut avec fût fixe). Par conséquent
le ferraillage calculé à partir de M
3
est disposé en haut de la semelle et en bas: en pratique on le dispose
sous forme de cadre sur l'ensemble de la semelle.
Pour compléter le ferraillage, il est nécessaire de disposer longitudinalement un ferraillage de peau:
(Art. A.8.3) 3 cm² par mètre de parement dans le cas de fissuration non préjudiciable
ou préjudiciable,
(Art. A.4.5,34) 5 cm² par mètre de parement dans le cas de fissuration très préjudiciable .
Ces aciers de peau sont également répartis verticalement sur la face externe du fût.
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 16/25
a) - hypothèses -
On cherche à définir un mur de soutènement dont les caractéristiques sont les suivantes:
différence de niveau entre le terre-plein amont et le terre-plein aval: 3,60 m
profondeur d'encastrement de la semelle, minimum pour mise hors gèle: 0,80 m
caractéristiques des terrains rencontrés:
γ = 18 kN/m
3
ϕ ψ = = 30°
terrain perméable de bonne qualité pouvant être utilisé en remblai:
aucune présence d'eau n'est prévisible.
q MPa
u
= 1 20 ,
forme du fût: section verticale rectangulaire ( λ = 0)
terre-plein arrière: β = 0
charge d'exploitation sur le terre-plein arrière: q kN m
0
10 = / ²
b) - prédimensionnement du mur -
hauteur minimale du mur: h m = + = 3 60 0 80 4 40 , , ,
largeur du fût en tète: la section du fût est prévue rectangulaire, par conséquent la largeur en tète sera la
même que la largeur en pied soit: l
fp
= min de
h
cm
12
30 ;

¸

(
¸
(
= min de
4 40
12
30 0 367
,
; , cm

¸

(
¸
(
=
arrondi à l m
fp
= 0 40 ,
largeur de la semelle:
h
B
h
2
2
3
≤ ≤ soit:
4
2
8 80
3
,40 ,
≤ ≤ B ou encore: 2 20 2 95 , , ≤ ≤ B ;
on prendra B m = 2 85 ,
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 17/25
largeur de la semelle avant: l
B
av

3
= =
2 85
3
0 95
,
, m
largeur du talon: l
t
= − − = 2 85 0 95 0 40 150 , , , , m
c) - calculs des charges de base -
Tous les calculs sont effectués pour une longueur de mur de 1 mètre.
CHARGES STABILISANTES charge
unitaire
largeur hauteur coef. Charge totale
G
1
= γ
r av
l ⋅ ⋅ ( h l
av fp
− )
18 0 95 , 0 4 , _
G
1
= 6 84 , kN
G
2
= 25
2

+
⋅ −
l l
h l
ft fp
fp
( )
25 0 40 , 4 00 , _
G
2
= 40 kN
G B l
fp 3
25 = ⋅ ⋅
25 2 85 , 0 40 , _
G
3
28,5 = kN
G
4
= γ
r t
l ⋅ ⋅ ( h l
fp
− ) 18 1 50 , 4 00 , _
G
4
= 108 kN
Q = q l
t 0

10 1 50 , _ _
Q kN =15
CHARGES DE RENVERSEMENT
P
a
=
γ
r a
h K ⋅ ⋅
2
2
18 _ 4 40 , 0,333
P
a
= 58 10 , kN
Q
a
= q h K
a 0
⋅ ⋅
10 _ 4 40 , 0,333
Q
a
= 14 67 , kN
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Conservatoire
National
Des arts et métiers Michel BERTHAUD et Alain DUVIVIER
Année 2002 - 2003
Séquence 06 - Les murs de soutènement 18/25
d) - vérification au renversement -
Les calculs se font par rapport à l'arête inférieure avant (arête inférieure du patin, point A)
MOMENTS DE RENVERSEMENT Charges Bras de
levier
Valeurs à
l'ELS
Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poussée des terres 58 10 , h
3
= 1 47 ,
85 21 , 1 35 , 115 04 ,
Poussée de la surcharge 14 67 , h
2
= 2 20 ,
32 27 , 15 , 48 41 ,
Moment de renversement total: 117 48 , 163 45 ,
MOMENTS RESISTANTS Charges Bras de
levier
Valeurs à
l'ELS
Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poids pr. du remblai avant 6 84 , 0 475 , 3 25 , 0 9 , 2 92 ,
Poids propre du fût 40 0 , 115 , 46 00 , 0 9 , 41 40 ,
Poids propre de la semelle 28 5 , 1 425 , 40 61 , 0 9 , 36 55 ,
Poids pr. du remblai arrière 108 2 10 , 226 80 , 0 9 , 204 12 ,
Surcharge d'exploitation 15 2 10 , 31 50 , 0 9 , 28 35 ,
Moment résistant total: 348 16 , 313 34 ,
Vérifications au renversement:
à l'ELS: coefficient de sécurité:
348 16
117 48
2 96 1 50
,
,
, . , = >
à l'ELU: 313 34 163 45 , , >
Conclusion: le mur est vérifié au renversement.
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Année 2002 - 2003
Séquence 06 - Les murs de soutènement 19/25
e) - vérifications au glissement -
Le calcul se fait uniquement à l'ELU. D'autre part on néglige la butée.
SOLLICITATIONS MOTRICES Charges Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poussée des terres 58 10 , 1 35 , 78 44 .
Poussée de la surcharge 14 67 , 15 , 22 01 ,
sollicitation motrice totale 100 45 ,
SOLLICITATIONS RESISTANTES Charges Coef. Valeurs à
l'ÉLU
Poids pr. du remblai avant 6 84 ,
Poids propre du fût
40
tgψ
Poids propre de la semelle 28 5 ,
= ° tg30
114 44 ,
Poids pr. du remblai arrière 108 = 0 577 ,
Surcharge d'exploitation 15
Vérification au glissement: 100 45 114 44 , , <
Conclusion: le mur ne glisse pas.
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 20/25
f) - contraintes sur le sol -
Excentricité des charge verticales:
( )
e
M
Q G
A
i
/
=
+


=

=
348 16 117 48
198 34
116
, ,
,
,
L'excentrement par rapport au centre de la semelle est de e = − =
2 85
2
116 0 26
,
, , < =
2 85
6
0 425
,
,
On calcule les contraintes minimales et maximales.
σ
Max
i
Q G
B
e
B
=
⋅ + ⋅
⋅ +
|
\

|
.
|

1 5 1 35
1
6 . , ,
=
⋅ + ⋅
⋅ +
⋅ |
\

|
.
|
1 5 15 1 35 183 34
2 85
1
6 0 26
2 85
., , ,
,
,
,
⇒ 0 147 , MPa
σ
min
, ,
=
⋅ + ⋅
⋅ −
|
\

|
.
|

1 5 1 35
1
6 Q G
B
e
B
i
=
⋅ + ⋅
⋅ −
⋅ |
\

|
.
|
1 5 15 1 35 183 34
2 85
1
6 0 26
2 85
., , ,
,
,
,
⇒ 0 043 , MPa
La contrainte ultime du sol est q MPa
u
= 1 20 ,
La contrainte de calcul q
c
est donc: q
q
MPa
c
u
= =
2
0 60 ,
On contrôle que ces contraintes sont bien inférieures à q
c
et supérieures à 0 .
σ
Max c
q = ≤ = 0 147 0 60 , , et σ
min
, = ≥ 0 043 0
On calcule enfin les contraintes du sol au droit des nus avant et arrière du fût, soit:
σ σ
σ σ
M av
B
B l
2
= +

⋅ −
min
max min
( ) ( ) = +

⋅ − 0 043
0 147 0 043
2 85
2 85 0 95 ,
, ,
,
, , = 0 112 ,
σ σ
σ σ
M t
B
l
3
= +


min
max min
= +

⋅ 0 043
0 147 0 043
2 85
150 ,
, ,
,
, = 0 098 ,
Nota 4: Les calculs des contraintes sur le sol ont été réalisés à l'ELU afin de comparer avec
les contraintes de calcul du sol. On utilisera aussi ces contraintes pour le calcul des aciers de la semelle à
l'ELU (il n'y a pas de venue d'eau prévisible donc la fissuration n'est pas préjudiciable).
Il faudrait calculer les contraintes extrêmes et au nu du fût à l'ELS si la fissuration était préjudiciable ou très
préjudiciable afin de déterminer les moments M
2
et M
3
.
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Année 2002 - 2003
Séquence 06 - Les murs de soutènement 21/25
g) - sollicitations dans le mur -
La fissuration n'est pas préjudiciable, seul le calcul à l'ELU nous intéresse.
On doit reprendre les calculs des poussées à la base du fût (hauteur h
1
= − = 4 40 0 40 4 00 , , , ).
P
1
=
γ
r a
h K ⋅ ⋅
1
2
2
=
⋅ ⋅ 18 4 00 0 333
2
2
, ,
= 95 9 ,
Q
1
= q h K
a 0 1
⋅ ⋅ = ⋅ ⋅ 10 4 00 0 333 , , = 13 32 ,
M P
h
Q
h
1 1
1
1
1
1 35
3
1 5
2
= ⋅ ⋅ + ⋅ ⋅ , , = ⋅ ⋅ + ⋅ ⋅ 1 35 95 9
4 00
3
150 13 32
4 00
2
, ,
,
, ,
,
= ⋅ 212 58 , kN m
⇒ 0 213 , . MN m
( ) M
l
G
l
Max M
av av
2 1 1
2
6 2
= − + ⋅ + ⋅ σ σ ( ) = − ⋅ + ⋅ + ⋅ ⋅

2 0 147 0 112
0 95
6
6 84 10
0 95
2
3
, ,
,
,
,
= 0 064 , . MN m
Nota 5: Le poids des terres de remblai avant étant peu significatif, on a pour habitude de le
négliger (ici: 0 0032 , . MN m).
Soit: ( ) M
l
Max M
av
2 1
2
6
= − + ⋅ σ σ ( ) = − ⋅ + ⋅ 2 0 147 0 112
0 95
6
, ,
,
= −0 064 , . MN m
( ) ( ) M
l
G Q
l
M
t t
3 3 4
2
6
1 35 1 5
2
= + ⋅ − ⋅ + ⋅ ⋅ σ σ
min
, ,
( ) ( ) = + ⋅ ⋅ − ⋅ + ⋅ ⋅ 0 098 2 0 043
150
6
1 35 0 108 15 0 015
150
2
, ,
,
, , , ,
,
= − 0 020 0 126 , , = 0 106 , . MN m
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Année 2002 - 2003
Séquence 06 - Les murs de soutènement 22/25
h) - détermination des ferraillages -
On prend d h = 0 9 , . soit d = 0 36 , (Rappel: b
0
1 00 = , )
Béton: f MPa
c28
25 = ⇒ f MPa
bu
= 14 17 ,
Acier: Fe E 500 ⇒ f MPa
su
= 435
Formules utilisées Base du fût (M
1
) Section M
2
µ =
⋅ ⋅
M
f b d
u
bu 0
2
µ =
⋅ ⋅
0 213
14 17 1 0 36
2
,
, ,
= 0 115 , µ =
⋅ ⋅
0 064
14 17 1 0 36
2
,
, ,
= 0 035 ,
( ) α µ = ⋅ − − ⋅ 1 25 1 1 2 , ( ) α = ⋅ − − ⋅ 1 25 1 1 2 0115 , ,
= 0 153 ,
( ) α = ⋅ − − ⋅ 1 25 1 1 2 0 035 , ,
= 0 045 ,
( ) z d = ⋅ − ⋅ 1 0 4 , α
( ) z = ⋅ − ⋅ 0 36 1 0 4 0 153 , , , = 0 34 , ( ) z = ⋅ − ⋅ 0 36 1 0 4 0 045 , , , = 0 35 ,
A
M
z f
st
u
su
=

A
st
=

0 213
0 34 435
,
,
⇒14 40 , ² cm A
st
=

0 064
0 35 435
,
,
⇒4 20 , ² cm
Choix des aciers
8 16 HA par m ( st = 0 125 , ) 6 10 HA par m
remplacé par les aciers du fût
retournés horizontalement
Aciers de peau
3 cm² par m de parement soit 6 8 HA par m dans les deux sens
Section M
3
µ =
⋅ ⋅
0 106
14 17 1 0 36
2
,
, ,
= 0 058 ,
( ) α = ⋅ − − ⋅ 1 25 1 1 2 0 058 , ,
= 0 075 ,
( ) z = ⋅ − ⋅ 0 36 1 0 4 0 075 , , , = 0 35 ,
A
st
=

0 106
0 35 435
,
,
⇒ 6 96 , ² cm
7 12 HA par m
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Séquence 06 - Les murs de soutènement 23/25
7 12 HA par m
en fait on mettra 8 HA 12par m que
l'on liera avec les 8 16 HA du fût
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Année 2002 - 2003
Séquence 06 - Les murs de soutènement 24/25
Exercice n° 1
Reprendre l'exercice du cours et rechercher la largeur minimale de la semelle qui permet de satisfaire à la
condition de glissement.
Définir le ferraillage correspondant.
Exercice n° 2
a) - hypothèses -
On cherche à définir un mur de soutènement dont les caractéristiques sont les suivantes:
différence de niveau entre le terre-plein avant et le terre-plein arrière: 2,40 m
profondeur d'encastrement de la semelle, minimum pour mise hors gel 0,80 m
caractéristiques des terrains rencontrés:
γ = 20 kN/m
3
ϕ = 35°
ψ = 20°
terrain perméable de bonne qualité pouvant être utilisé en remblai:
aucune présence d'eau n'est prévisible dans la hauteur du mur
présence d'eau salée au niveau des semelles.
q MPa
u
= 0 8 ,
forme du fût: section verticale rectangulaire ( λ = 0)
Séquence 06
EXERCICES
Retour au plan
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Année 2002 - 2003
Séquence 06 - Les murs de soutènement 25/25
terre-plein arrière: β = 0
charge d'exploitation sur le terre-plein arrière: q kN m
0
25 = / ²
béton: f MPa
c28
25 =
Acier: Fe E 500
b) - travail demandé -
Prédimensionner le mur
Définir les charges et les sollicitations
Vérifier le mur au renversement et au glissement, (éventuellement redimensionner le mur et recommencer)
Vérifier les contraintes au sol
Définir le ferraillage
Exercice n° 3
Reprendre les hypothèses de l'exercice 2 et effectuer les vérifications et les déterminations en limitant la
largeur de la semelle à 1,50 m.
Pour cela vous devrez faire intervenir la butée et vraisemblablement réaliser une bêche à l'extrémité du
talon.
Attention : réduire la semelle à 1,50 m n’est peut-être pas possible. Dans ce cas, à vous de le démontrer.
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