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Il

AVANT-PROPOS

d'une question philosophique

quelconque,

depuis

les

manuels de baccalauréat jusqu'aux thèses de doc-

torat

es lettres,

jusqu'aux

oeuvres

plus

savantes

des plus illustres

la

de l'Université,

spontanée,

professeurs

française,

 

vous

si

libre

perdre

si

pensée en d'autres

voyez d'allures ces nobles

temps et si indépendante,

s'effacer

elle-même

caractères,

et dispa-

raître

sous

kantien.

Car,

le joug malgré

ce

nom

de Critique

tyrannique

du

des apparences

dont

Kant

a

paré

dogmatisme contraires et son oeuvre,

rien n'est

2.

Il

que

nous

plus

dogmatique

est impossible, connaissions

que ses élucubrations.

enseigne

quelque

le grand chose ;

homme,

nous

ne

sortir

pouvons Nous avons aux personnes

de nos propres tort d'attribuer

ou aux choses

que des apparences

purement

représentations.

des qualités

: ces qualités subjectives.

sensibles ne sont

L'espace

et le temps sont des formes

de

la sensibilité.

Les

événements, considérés en eux-mêmes,

successifs,

les êtres

ne sont

pas étendus.

ne sont

pas

En réalité,

il

n'y

a

pas

plusieurs

êtres

;

le

nombre

est

une

invention

de l'esprit humaine,

pensant.

n'est

l'intelligence

tance,

l'être

en

soi,

n'existe

La causalité,

isolée

do

rien

du

tout.

La subs- En

pas objectivement.

dehors de l'intelligence

qui la conçoit

par une néces-

sité do sa nature,

fantôme

illusoire

la substance et vain.

s'évanouit

comme

un

Y

a-t-il

interprètes

un monde

extérieur

? Les plus profonds dociles aux leçons

de la pensée kantienne,

générales

au

maître

du maître, lui-même,

opinent

on

ne

pourla

négative.

Quant

sait

pas trop

ce qu'il

a

voulu

de

la

dire.

Dans

la première

édition

de

Raison

pure,

il

se

montre

réaliste

la Critique et

paraît

admettre

l'existence

du

monde

;

dans

la

seconde

AVANT-PROPOS

III:

édition,

il est franchement

idéaliste

et nie

toute

exis-

tence objective. Dernièrement

un jeune

professeur

de l'Université

voulut

tirer

au clair

malgré

cette question la

puissance de doute,

y parvenir,

d'élite.

Ce qui

est hors

de

fait

et

ne put

d'une

intelligence

ce qui ressort

avec

évidence

s'il

des principes est

pour

existe,

kantiens,

c'est

nous

inconnu

que le monde, et absolument

inconnaissable.

Quelle

être

la doctrine

de

la

peut et l'immortalité et les attributs

Kant,

n'ont

critique sur l'existence

idées

réelle.

de

Il

sur

la

de l'âme,

spiritualité de Dieu

raison,

divins

aucune

? « Ces valeur

la

est

dit

impossible

que

nous

connaissions

par

la

raison

spéculative.

Entre

l'objet,

toire

hors

la

est absolue; atteindre

séparation

que l'esprit de lui. »

puisse

ce soit et

quoi

que

l'intelligence

il

est

contradic-

une réalité

située

Non

content

d'avoir

creusé

cet

abîme

entre

le

sujet

sophe

connaissant

allemand

et les choses

introduit

la

à connaître, division

au

le philo-

sein

de

elle-même.

l'intelligence non seulement

dictinctes,

pure

ou spéculative,

d'elle-même,

et

la

qui

raison

Nous

mais

avons

deux raisons, : la raison

opposées

ne connaît pratique,

rien

qui,

en dehors do

partant

l'idée

du

devoir

et

de

l'idée

du

bien,

aboutit

à des

conclusions

nous

importe

solides

et nous

apprend

les vérités

qu'il

de savoir.

Celle-ci

reconstruit

l'édifice

de la

science

rasé

jusque

philosophique,

que

dans

ses fondements,

la

première

avait

Ainsi

la contra-

diction

siège en permanence

au coeur

de la doctrine

kantienne du système,

et se répand aboutit

qui

de

sur

toutes

logiquement et sans remède.

cisme sans frein

à

les parties un scepti-

IV

AVANT-PROPOS

3.

Le

bon

sens

se

révolte

avec

indignation

contre cette philosophie

de Kant,

qui

de sens commun.

Ce n'est

pas que

n'a pas l'ombre

nous

voulions

faire

du

consentement

général

des

hommes

un

critérium

infaillible

ont

reçu pendant

de vérité. longtemps

y a des l'adhésion

Il

erreurs

unanime

qui

des

intelligences

: avant

Copernic,

tait

avec une certitude

entière

du

soleil

autour

de

la

terre

tout

le monde

admet-

le mouvement immobile.

annuel

Mais

si

l'humanité

s'est

trompée

dans

la

solution

d'un

est-il

de

conclure

problème

qu'elle

les

plus

astronomique,

légitime même dans les questions

dans

la préface

se trompe

simples

toujours, ? Kant

le déclare

de

sa seconde

édition

et

se

proclame

modestement

le

Copernic

des temps

modernes.

Le

raison

certain

dessus

bon

n'est

avec

vérités

sens, même, nombre de toute

qui

admet

de

discussion

rien

une

autre

chose

que

certitude

absolue

la

un

:

évidentes, le monde

placées

au-

existe

réelle-

ment

vrais

vrais

et

objectivement

hommes,

de vrais

;

dans

animaux,

minéraux.

Le témoignage

le

monde, de vrais de notre

il

y

a de

arbres,

de

conscience

nous

fait

saisir

par

une

autorité

souveraine

notre

propre

quatre.

droite

existence

substantielle.

Deux

fois

deux

font

Le tout

est plus grand

est

le plus

court

chemin

que sa partie.

d'un

point

La ligne à un autre.

Ces propositions

sont

mais

leur

certitude

est

timent.

Cette certitude

nécessaires indéniable ne résulte

à divers

et force

titres,

l'assen-

pas de la croyance,

ni

de

la

intuition

foi,

ni

de

la

immédiate

sur

démonstration,

mais

la

vérité

objective.

d'une Je suis

persuadé

que

do minéraux,

le

monde

existe

et

qu'il

de végétaux,

d'animaux

est. composé et d'hommes,

parce

que

je

les

vois,

je

les sens,

je

les

entends,

je

AVANT-PROPOS

V

les

touche

;

mes

sens

communication

directe

extérieurs et immédiate

me

mettent

en

avec

le monde

et

les êtres qui non

en

les composent.

être

distincte

Je suis

persuadé et pure comme

de

que

j'existe, rence, mais substance

pas comme

un

phénomène

vrai

et

de mon

appa-

une

mon

comme

soi

réel,

voisin,

chien,

parce

de

mon

chat,

que je

me vois

du

sol

lequel vue directe

sur

par la

je marche, et immédiate

de ma conscience.

Je

suis

persuadé

que deux

fois

deux font quatre,

être

et n'être

est plus

grand

la même le même

chose

rapport,

ne peut

que

que

pas

sous

le tout

intelli-

pas que sa partie,

que mon

parce

gence

qu'elle

voit clair

dans le monde intelligible

savait

avec

une

force

invincible

objectif

et

ces

vérités

en sont le fondement.

et tous

primordiales C'est en vain

qui que Descartes

les kantistes

à

sa suite ments

veulent

abstraits,

dire

la

couleur,

me persuader,

avec des raisonne-

que

les

le

son,

sensibles la saveur,

propres,

c'est-à-

la

résistance,

n'existent

que dans nos sensations

et nullement

dans

Cela n'est

sa

pas vrai résistance

l'objet.

au

marbre

; ce n'est

pas moi qui donne

ni

la

fluidité

à

l'eau

;

ce

n'est

pas mon

pantalon

rouge

oeil

établit

la

qui des soldats

de la

différence

entre

le

ligne

et le pantalon

bleu

foncé

des

chasseurs

à

ils

sont

sains

et

que

je

m'en

pied.

Mes sens,

quand

sers

bien,

atteignent

directement

diatement

leur objet le monde

par eux, extérieur.

:

je connais

immé-

Kant

d'établir,

perd

par

son

des

temps et abstractions

sa

peine

en

essayant

très

obscures,

très

et

très

inintelligibles cience n'atteint

nullement

contradictoires,

moi

que ma

cons-

qu'un réel ni substantiel

apparent,

phénoménal,

n'existe

; quo l'étendue

pas dans les objets,

ni la succession

dan-s les ôvéne-

VI

AVANT-PROPOS

ments,

mais

seulement

dans

ma

sensibilité

subjec-

tive ;

qu'en

disant

j'affirme

seulement

deux

fois

la contrainte

deux

font

quatre,

je me trouve

de

penser

ainsi,

et

que

je

ne

vois

cette vérité.

de telles lui-même

Cela n'est

pas vrai, suis

je

absurdités, et tous

et

les criticistes,

de

leur

cabinet

de

travail

et

pas l'être me

je

de

objectif

révolte

contre

persuadé quand ils ont

qu'ils

que

sont

Kant

hors

cessé

de

s'adonner

systèmes,

Quand

il

à

la

pensent

construction et sentent

de

leurs

comme

moi.

ténébreux

s'agit

de

ces vérités

primordiales

d'évi-

dence immédiate,

raison

le

même. Mais du

témoignage

le sens commun

nous

bon

est identique pas insister

une

à la

sur

ne voulons sens

;

trentaine

depuis

d'années

France,

on

ne

veulent

la

que le pauvre l'écoute pas s'en

philosophie

allemande

règne

en

bon

sens est presque

un inconnu,

guère.

Ceux

qui

l'aiment

et

ne

séparer

s'abstiennent

d'en

parler,

de crainte transcendants

d'attirer

des

l'invoquerons

pas

sur

lui

et

penseurs

directement

critique;

et qu'on

nous pardonne

sur

eux

les

dédains

modernes. dans de lui

Nous

no

cette

Etude

accordé

avoir

cette petite

4.

place dans

Y Avant-Propos.

D'ailleurs,

la philosophie

réaliste

tive

possède à son service

d'autres

armes,

et

objec-

très puis-

contre

le système sur

kantien.

La critique

de

la

santes, Raison Pure le grand

une

contradiction

évidente

et

repose

homme,

selon

la

pittoresque

juste

;

du

P. Tilmann

Pesch

a

commencé

expression par scier

Le

but

(1),

veut

la branche

du

sur laquelle allemand

il

s'asseoir.

n'est

de

philosophe

pas à la connaissance

recherchorcommcnt

nous arrivons

(1) Pesch.

Chap. I.

Die

JlaltlosigkeU

der

modernen

Wissenschaft.

AVANT-PROPOS

VII

objective,

possèdent

pour

nous

et

d'examiner

avec

soin

quelle

autorité

l'expérience,

la

conscience

et

la raison,

conduire

à la possession

de la vérité.

Une

telle intention

serait louable.

Aucune et sans

philosophie ne critique les don-

des

persua- qu'elle sait. s'il

négli-

peut accepter nées du sens commun

sions

instinctives.

Le philosophe

sans examen

et

manquerait

les

résultats

La science doit

à

sa

savoir

mission

geait de contrôler

chacune

des

facultés

humaines

:

sens extérieurs etintérieurs, conscience, intelligence,

s'il

n'expliquait

certitude

de

la

pas clairement connaissance

et complètement

et

en

particulier

la

de

sensible. le but

l'expérience

Tel

n'est

du grand

Il

ne

à

maître

se

de

la philo-

pas sophie contemporaine.

demande

pas ; il chose.

comment nous parvenons

pose en question

la

connaissance

quelque

si nous connaissons

Il

il

le nie ; son démontrer

par

en doute, de

que

ouvrage n'a point d'autre d'atteindre

Il

y

a

décrète de puis-

but

l'impossibilité la raison

savoir

jamais

que

l'objet

spéculative.

ce

qu'il

nous

ne pouvons

sance dans nos facultés

par

la Critique

de

pour la Raison

connaître

le vrai

Pure,

c'est-à-dire

que

par

l'analyse de la pensée dépouillée

de toute

expérience.

Par la conscience, dit-il, moi

phénoménal

;

par

nous ne saisissons

nous

que

les sens,

n'atteignons

le

que

l'apparence

des choses sensibles

;

par

l'enten-

dement,

nous

ne

percevons

pas

les

objets

vrais,

mais

seulement

tels

nous

que par une contrainte

nous-mêmes

nous les formons

naturelle.

à

Les

idées

do

la

raison

elle-même

n'ont

aucune

valeur

subjective.

Alors

sion

do ce début serait

il

ne reste

rien

; et la conclu-

de cesser d'ôcriro

et môme

de

penser.

Mais

s'il

écrit,

s'il

veut

enseigner

quelque

VIII

AVANT-PROPOS

chose,

absolue.

il

commence En mettant il

se contredire

d'une

par

façon

de

la

en question une

la possibilité recherche

connaissance, avec des forces

Malgré

fût

d'une

qu'il

Donc

entreprend qu'il ne tient

Kant

critique certaines. osé dire

qu'il

ni

humaine, des nôtres.

sa raison

pas pour

n'a jamais

à la

nature

son orgueil, nature

supérieure des facultés

extérieurs,

différentes

sa conscience,

possédât ses sens

ne peuvent

atteindre

rien

d'extérieur.

Ses idées sont

donc subjectives, alors

puisqu'il

son moi ne

peut

est une simple

pas

sortir

de

apparence,

son

moi

et

toucher

un

objet

quelconque,

peine

quelle

de philosopher autorité

peuvent

et

de

avoir

pourquoi

prend-il

la

composer

son

les conceptions

livre

?

d'un

homme

qui doute

de son existence,

de ses

sens

et

de

sa

raison,

qui

le

dit,

s'en

vante

et donne

cette

invention

comme une découverte

révolutionner

la pensée humaine

admirable ? Comment

qui va ! vous

déclarez

matique

ne rien

!

C'est

savoir,

entendu

votve

:

alors

existence

est

problé-

vous

ne pouvez

rien

je m'en

m'apprendre, chez vous.

plus

vais

et

ne

reviendrais

jamais

En

s'obstinant

posé en noumène

à composer foi

;

il

ajoute

son

livre,

Kant

à la puissance

s'est

de sa

propre

raison

;

il

existe

donc

vraiment

et ses facultés

atteignent

flagrante

kantienne.

leur objet. avec l'idée

Mais

mère

ceci est en contradiction

qui

a inspiré

l'entreprise

« Kant, de

espoir

n'admets

dit

le

P.

Pesch,

doit

se

mouvoir

sans

salut

dans

cette

suite

de

rien

avant

do

le comprendre,

pensées :

je

c'est-à-dire

avant

do l'avoir

ne

me

fie

pas

démontré

par

ses fondements

: je

à

mon

intelligence

avant

de l'avoir

comprise.

Mais

je

no peux

comprendre

mon

intelli-

AVANT-PROPOS

IX

gence

ligence,

ne

l'ai

autrement

à laquelle encore

pas

comprendre.

Voilà

que

par

le moyen

je

ne puis

comprise.

le

résultat

me fier, Donc je

positif

de

mon

intel-

parce ne peux

que je rien

et réel auquel

aboutit

tesque 5. —

le

travail

gigantesque ! »(1). donc

permis

de Kant

Il

est

de

de

l'esprit

gigan-

s'étonner

qne

des

philosophes v célèbre

entre

appartenant

toutes,

dit

à

la

nation

le Souverain

française,

Pontife,

par

son

amour

pour », soient

langage

la

clarté

des

idées

et

celle

du

devenus

avec tant

d'enthousiasme

les disciples

très humbles d'une doctrine

si contra-

dictoire

et si ténébreuse.

Mais

ce

qui

est mille

fois

plus

tous

étrange

encore,

ce

qui

les

penseurs

chrétiens,

attriste

c'est

liques,

des prêtres

mêmes

subissent

Léon que des

XIII

et

catho-

la séduction

do

l'enseignement

officiel,

de

saint

Thomas

et

la

abandonnent

combattent

la philosophie

avec

les

argu-

ments

M.

ou plutôt

l'abbé

Piat,

les rêveries

dans

son

de la critique

livre

sur

la

kantienne.

Personna-

lité

humaine,

nie

que

atteste

la

substantialitô

la

conscience

psychologique

du

moi

(2).

«

Poser

la

question

demander

de

si

la

substantialité

l'âme

subsiste

de

l'âme,

en

elle-même,

c'est

ou

se

s'il

faut

la

concevoir

comme

immanente

manière,

à l'insondable

nature.

Or,

je

de quelque crois qu'au

problème

peut

que

ainsi

très

délimité,

la

difficilement

psychologie

fournir

actuelle

no

une

réponse

(1) Die Halllosigheit.

Ch.

I, à la

fin.

Personnalité

(2)

Paris,

La

humaine,

C. Piat, professeur

romarquablo

à

parl'abbé

page 60. Cot

très

est d'ailleurs

objections

en outre, une

par une contre

intellec-

chef-

ouvrage

des

réfutation

l'unité

tuelle

forto

phOnoménistcs sur l'abstraction

est

un

du moi.

et

sur

Il contient, l'intelligence,

étude qui

vrai

d'oeuvre.

AVANT-PROPOS

décisive.

En dehors

dite,

la substantialitô

do la psychologie de l'àmo

peut

proprement

s'éclairer

à

la lumière

do la théologie

naturelle,

soit

à la

moi,

que se trouve

soit lumière

do la foi,

et c'est

là,

pour

la vraie

solution

du problème

(1).

»

Saint Thomas

en

ce monde,

il

enseigne

n'y

a

que dans l'homme deux

substances,

pas

vivant

mais

une seule composée

d'âme

la

et do

corps;

personne

et que

cette

unité substantielle

de

humaine

est

attestée

d'une

façon invincible

et souveraine

par

le

témoignage de la conscience

Ma conscience

me

dit

en effet voisin,

la plume

que

je

différent

suis

un

être

do la chaise

qui

me sert

en soi, je

différent suis assis,

de mon et do

Quant

à

la

à écrire. de la spiritualité

question

de

l'âme,

elle n'est

pas

résolue

par la conscience.

« L'âme,

dit

Saint

Thomas,

 

no se connaît

Et

pas,

no peut

se con-

naître

par son

essence

».

le saint

Docteur

donne

des preuves

très belles et très convaincantes

do cette

impossibilité.

 

La

conscience

est

souveraine

pour

affirmer

les

existences,

et

non

pas pour

expliquer

les

natures,

les

essences ;

cette

oeuvre

relève

du

raisonnement.

plus

familiarisé

Si

le savant

professeur

avec

la

philosophie

était

un

thomiste

peu

et

il

chrétienne, plète du dualisme

y

aurait

trouvé

une réfutation

com-

cartésien

et n'aurait

pas eu besoin

d'alléguer

contre

cette

erreur

mille

fois

l'objection en ces termes

plus erronée concevoir

manière,

à

formule

: Faut-il

qu'il

l'âme

comme

de quelque Objection très

immanente,

nature

?

l'insondable

obscure,

très

Plus

loin,

kantienne,

et de saveur

panthéistique.

M.

Piat

déclare

que la question

de

la

(1)

La

Personnalité

humaine,

pago 65.

AVANT-PROPOS

XI

substantialitô

la personnalité

do l'âme humaine.

« n'intéresse Que je

qu'indircctomont sois une substance

ou non,

je

n'en

reste

et permanent,

doué

n'en suis franchement

pas moins

ne

pas entre la substantialitô

pas moins d'intelligence une

un sujet

et

de

indivisible

liberté

; jo avouons

». Nous

personne

comprendre

cette

distinction

et lapersonnalitôhumaines

(1).

Elle nous lière entre

une

confusion

paraît

inspirée

par et la substance.

le noumène

Mais

un abîme incommensurable

et la substance

6.

Rien

entre le noumène ...

!

opportun

que

péripatéticienne n'est donc plus

singu- il y a kantien

les

ins-

tructions chrétiens S. Thomas. un

jetant

pontificales

d'étudier

On

s'en

coup d'oeil

qui ordonnent

et

do

méditer

aux philosophes

les

oeuvres

de

convaincra

rapide

sur

mieux

encore,

en

l'état

de l'enseigne-

ment

philosophique

dans

les

établissements

libres.

Nous avons

entre les mains

un Cours de philosophie,

au

baccalauréat

préparatoire ïAlliance des maisons le manuel

classique,

d'éducation

mis

et patronné chrétienne

entre

les mains

par

c'est

; des élèves

dans un grand

nombre

de collèges

et

fruit

d'un

de petits

sémi-

naires.

Ce volume

est

le

travail

persévé-

rant

et révèle

une

vaste science

chez son auteur.

Le

chapitre

sur

l'Objectivité

des

a

pour

sous-titre

: Fondement

de

la

perceptions à la

croyance

réalité

monde extérieur.

fortement

discutées,

Là,

sont

exposées une multitude

clairement de doctrines,

du

et

les

systèmes

des

Ecossais,

de Berkelay,

de Hume,

do

Stuart

Mil!,

de Taine,

de Maine

de

Biran,

de Descartes,

etc ..

Mais

on

de Malebranche, constater

peut

(1) On connait

la

définition

splendido

scolastiques : Persona tanlia.

est rationalis

de la naturae

personne

individua

les par subs-
les
par
subs-

XII

AVANT-PROPOS

une omission

très regrettable,

on

no voit

sur le systômo,

si

clair,

si complet

et

si

rien

du tout

vrai

de la

philosophie péripatéticienne

et thomiste.

lo subjcctivismo dogmatiquement

do Descartes en ces termes

et de Kant

:

u 11 est impossible

d'admettre

avec

le

Bien plus, est affirmé

sens com-

mun

l'intuition

des choses mêmes en dehors

de notre

esprit

et de soutenir

que les qualités

sensibles

sont

réellement

raissent.

môme

:

il

dans les objets

telles

qu'elles

L'esprit

ne perçoit

intuitivement

nous appa- que lui-

n'a

conscience

que de lui-même.

»

C'est

une erreur.

Le

sens commun

a raison

:

ici,

il est identique

l'oxpôrience

à la

raison

à la conscience,

un

ami dans

même, Je rencontre

universelle.

à

la

rue,

je

lui

serre

la main,

je

le

félicite

de sa brillante

santé,

il