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Le marché des locaux commerciaux en France

Automne 2009

Les valeurs locatives résistent

en France Automne 2009 Les valeurs locatives résistent Source: Savills Research La hausse des taux de

Source: Savills Research

La hausse des taux de rendement se tasse

Savills Research La hausse des taux de rendement se tasse Source: Savills Research “La demande des

Source: Savills Research

“La demande des enseignes demeure soutenue pour les meilleurs emplacements. Les investisseurs, conscients du caractère défensif des actifs prime, augmentent leurs allocations sur le marché où des positions significatives ont déjà été prises par les acquéreurs audacieux en 2009. La pénurie d’opportunités pourrait caractériser 2010 et faire une réalité de l’adage ce qui est rare est cher

Christophe Gouny - Directeur Commerces

est rare est cher ” Christophe Gouny - Directeur Commerces Le recul de la consommation des

Le recul de la consommation des ménages a été moins marqué en France que dans l’ensemble de la Zone Euro.

Dans un environnement fortement dégradé, les montants engagés en immobilier de commerce atteignent 721 M€ depuis le début 2009, une performance quasi identique à celle de 2008.

Le nombre de m² visés par les CDAC est passé à 2,55 millions en octobre 2009 contre

Avec une progression annuelle de plus de 200%,

3,2 millions en 2008 avec la réforme de l’urbanisme commercial. Les projets inférieurs à 1.000 m² se sont inscrits en forte hausse.

les arbitrages en centres commerciaux ont animé le marché. Respectivement pénalisés par un manque d’opportunité et une décote encore insuffisante, les commerces en pieds d’immeuble et les locaux de périphérie ont moins bien résisté.

L’emplacement est au centre des préoccupations des enseignes qui affichent un intérêt prononcé pour les localisations prime mais délaissent les locaux secondaires.

Après une forte correction en début d’année (+50 à +100 pb), les taux de rendement se sont stabilisés. L’accentuation de la concurrence

Portées par la demande toujours soutenue des enseignes, les loyers ont résisté sur le segment prime mais reculé de 11% à 14% pour les emplacements secondaires.

entre investisseurs au troisième trimestre a excercé une pression à la baisse sur les taux des commerces en pieds d’immeubles (-25 pb sur le trimestre) et centres commerciaux (-50 pb).

Conjoncture, consommation et demande

Conjoncture économique

Soutenue par le redémarrage de la demande étrangère, l’économie nationale a renoué avec la croissance dès le printemps 2009. Ce redressement précoce demeure cependant fragile comme en témoigne la détérioration continue du marché du travail. Face au recul de leur activité, les entreprises ont détruit plus de 500.000 postes, portant le nombre de demandeurs d’emploi à 2,5 millions au terme du mois de septembre 2009. Dans le même temps, elles ont pratiqué des politiques de rigueur salariale aboutissant à une contraction de 0,4% des rémunérations brutes au premier semestre. Dans ces conditions, le pouvoir d’achat s’est montré particulièrement résistant. En effet, le soutien financier apporté par les pouvoirs publics – revalorisation des prestations sociales, versement anticipé de la prime de solidarité active, effacement de deux tiers de l’impôt sur le revenu payé par 6 millions de foyers fiscaux – a permis une progression du revenu disponible brut de 0,8% entre janvier et juin. Le reflux massif du prix des matières premières et des biens de consommation est venu renforcer cet effet. Le supplément de pouvoir d’achat acquis par les ménages au titre de l’année 2009 a ainsi atteint 1,7% au terme du troisième trimestre. Dans cet environnement économique encore incertain, le moral des ménages français a montré des signes de redressement lent mais régulier. Fin octobre 2009, l’indice de confiance des consommateurs dépassait de 12 points son minimum historique de juillet 2008 et s’établissait à -35.

Croissance et chômage

2008 et s’établissait à -35. Croissance et chômage Source: INSEE Marché locatif Consommation Le repli de

Source: INSEE

Marché locatif

Consommation

Le repli de la consommation des ménages a été nettement moins marqué en France (-0.3%) que dans l’ensemble de la Zone Euro (-0,9%). La montée des incertitudes économiques a accru la propension à épargner des ménages français et les tensions

provoquées par la baisse des rémunérations brutes ont suscité de fréquents arbitrages et transferts de dépenses, notamment dans les domaines des loisirs (-1,05%) et de l’équipement de la personne (-2,85%). Les autres postes de consommation ont été préservés, par la baisse des prix, certaines mesures du Plan de relance et les stabilisateurs automatiques propres à la structure de l’économie française (emploi public et assurance-chômage). Habituellement touchés par les perturbations conjoncturelles, les achats de biens d’équipement de la maison et de biens durables ont ainsi progressé de respectivement 0,95% et 2,25% entre janvier et septembre 2009. La prime à la casse et le bonus écologiques ont soutenu les dépenses automobiles dont la hausse annuelle atteignait 4,4% au terme du troisième trimestre. Bien que légère, la détérioration de la demande domestique s’est traduite par une baisse de la fréquentation des centres commerciaux de 3,7% depuis le début de l’année selon le Conseil national des centres commerciaux (CNCC).

Confiance des ménages et consommation

commerciaux (CNCC). Confiance des ménages et consommation Source: INSEE Demande des enseignes et développements

Source: INSEE

Demande des enseignes et développements

Malgré la stagnation généralisée des chiffres d’affaires dans le secteur du commerce, la demande des enseignes s’est globalement maintenue courant 2009. Seuls les magasins spécialisés dans l’équipement de la personne, confrontés à une détérioration marquée de leurs ventes, ont véritablement réduit leurs projets de développement pour se concentrer sur les sites les plus rentables.

Le relèvement du seuil des surfaces soumises à autorisation de 300 m² à 1.000 m² a entraîné une baisse mécanique du nombre total de dossiers déposés auprès des Commissions départementales d’aménagement commercial par rapport à 2008. Entre janvier et octobre 2009, moins de 850 demandes ont été examinées par ces instances pour une surface totale de 2,55 millions de m², à comparer avec les 2.100 autorisations sollicitées sur la même période

Demande et développements

l’année précédente pour 3,21 millions de m². Le taux d’autorisation a dépassé 83% et 2,1 millions de m² de surfaces de vente supplémentaires pourraient être développées dans les deux années à venir. Elles concerneront majoritairement des ensembles commerciaux – 1,45 millions de m² accordés soit une progression de 31% comparée à 2008. Les opérations planifiées en centre-ville sont restées stables (12%) mais les projets de périphérie ont augmenté tant en nombre (+24%) qu’en volume (+5,6%).

Demandes auprès des CDAC

(+24%) qu’en volume (+5,6%). Demandes auprès des CDAC Source: DCASPL / Urbanicom / Savills Research Les

Source: DCASPL / Urbanicom / Savills Research

Les demandes concernant les surfaces alimentaires (hypermarchés, supermarchés et hard discounters) ont reculé entre les trois premiers trimestres 2008 et 2009 – passant de 540.000 m² à 450.000 m² et ne représentent plus que 21% du total. Elles ont fortement baissé après relèvement du seuil des surfaces soumises à autorisation et cette correction est principalement due au recul du nombre de dossiers déposés par les enseignes de hard discount auprès des CDAC, lequel a considérablement ralenti après relèvement du seuil des surfaces soumises à autorisation. Les autorisations accordées aux hypermarchés et aux supermarchés se sont en revanche accrues sur la période considérée.La volatilité de la consommation des ménages dans les secteurs de l’équipement de la personne, des loisirs et de la culture s’est traduite par un repli annuel de 40% de la demande des enseignes spécialisées. Seuls 294.000 m² ont été autorisés sur les trois derniers trimestres, soit près de 200.000 m² de moins qu’en 2008. En forte progression ces dernières années, la proportion de surfaces dédiées au bricolage et au jardinage a diminué depuis le début de l’année, totalisant moins de 420.000 m² contre 679.000 m² sur les neuf premiers mois de 2008. La demande n’a pas montré d’évolution notable dans les autres secteurs d’activités.

Faisant désormais l’objet d’un simple dépôt de permis de construire, les projets inférieurs à 1.000 m² se sont inscrits en forte hausse depuis janvier. En croissance

de 10% après la mise en place du régime de l’auto entrepreneur, les créations d’entreprises de commerce ont stimulé la demande sur ce créneau de surface.

Dans le même temps, les enseignes de hard discount ont profité du relèvement du seuil des surfaces

soumises à autorisation pour multiplier leurs projets de développement. Dans le courant de l’été, Lidl et Leader Price ont respectivement annoncé avoir doublé et triplé leurs perspectives d’implantation à l’horizon

2010.

Hard discount alimentaire : Accélération des projets en 2009

En relevant de 300 m² à 1.000 m² le seuil des surfaces soumises à autorisation, la Loi de modernisation de l’économie a ouvert de nouvelles perspectives aux enseignes de hard discount. Les réalisations restent pour le moment modestes mais de nombreux projets de développement devraient aboutir dans les mois et les années à venir.

Leader sur le marché français du hard discount alimentaire, le groupe allemand Lidl a prévu d’engager 200 M€ sur trois pour la rénovation mais aussi l’ouverture de nouveaux magasins en France. Depuis la réforme des CDEC, l’enseigne annonce avoir doublé ses projets de développement.

Numéro 2 sur le marché du hard discount en France, ED (Groupe Carrefour) a ouvert 15 magasins en France sous les enseignes ED et Dia sur les neuf premiers mois de 2009, pour une surface totale de 26.000 m² et prévoit la création de 5 points de vente supplémentaires d’ici la fin de l’année. Entre 30 et 40 ouvertures sont annuellement programmées, qui porteraient le parc de magasin hard discount alimentaire du groupe Carrefour à 200 fin 2013.

Leader Price (Groupe Casino) a ouvert 27 magasins en France depuis janvier 2009 et bénéficié du transfert de 2 supermarchés Casino. Le parc du groupe devrait atteindre à moyen terme la barre des 1.000 points de vente.

Le Groupement des Mousquetaires restructure sa branche hard discount Netto. Un nouveau concept testé dans 6 points de vente pilotes courant 2009 a permis une progression de 50% à 100% du chiffres d’affaires de l’enseigne et de 60% de sa fréquentation. Il sera étendu à 137 magasins soit un tiers du parc d’ici la fin de l’année.

C’est finalement sur le plan qualitatif que les principales évolutions de la demande exprimée ont été constatées. Face à une consommation des ménages de plus en plus fluctuante, les enseignes ont placé la visibilité au centre de leurs préoccupations, affichant un intérêt quasi-exclusif pour les emplacements prime et délaissant totalement les localisations secondaires.

Parc existant et concepts

Parc existant

Au 1er octobre 2009, 51 millions de m² de surfaces de vente supérieures à 300 m² étaient recensées sur le territoire français. Le tiers du parc – environ 15,3 millions de m² – est construit en centre-ville. Il se compose de 12,7 millions de m² de commerces en pieds d’immeuble et de 2,5 millions de centres commerciaux urbains. La majeure partie des ensembles commerciaux – 37,5 millions de m² – est implantée en périphérie, dont les deux tiers dans les parcs d’activités commerciales. Les centres commerciaux totalisent 12,2 millions de m² et les magasins d’usine 510.000 m².

Répartition du parc existant

d’usine 510.000 m². Répartition du parc existant Source: Savills Research Environ 40% du parc existant sont

Source: Savills Research

Environ 40% du parc existant sont dédiés au libre- service alimentaire – hypermarchés, supermarchés et hard discounters. Les enseignes de bricolage et de jardinage s’étendent sur respectivement 6,3 millions de m² et 4,9 millions de m². Les magasins spécialisés dans l’équipement de la maison – ameublement, décoration et électrodomestique – mobilisent 15% du parc et les surfaces dédiées à l’équipement de la personne 3,1 millions de m².

Concepts

Les concepts actuels de centres commerciaux et de parcs d’activités commerciales sont pensés pour favoriser l’acte d’achat en répondant aux attentes des consommateurs en termes d’accueil, de confort et de convivialité. En supplément de la signature architecturale et d’une accessibilité facilité, les derniers développements ont laissé une part prépondérante aux activités de services et de loisirs associées. A Montpellier, le centre commercial Odysséum a été bâti autour d’un pôle ludique – cinéma, bowling, patinoire, restaurants à thème – prolongé par un pôle commercial articulé autour d’un hypermarché Casino. Entièrement pré commercialisé, le centre commercial Okabe (livraison mars 2010) au Kremlin-Bicêtre tire

son attractivité autant de la qualité de son bâti et de son emplacement que de la palette de services à disposition du consommateur – espaces de détente et de repos, espace nursery, services bancaires etc. Pour accroître la fréquentation du Carré Sénart à Lieusaint, Unibail récemment a misé sur l’ouverture d’un poney club en plein cœur du centre commercial.

Evolution du parc

club en plein cœur du centre commercial. Evolution du parc Source: Savills Research Immobilier commercial et

Source: Savills Research

Immobilier commercial et démarche HQE

Longtemps considérée comme un concept abstrait, la réduction de l’empreinte environnementale de l’immobilier professionnel s’est progressivement imposée parmi les principales préoccupations des promoteurs et des utilisateurs. Après les immeubles de bureaux et les établissements de santé, la certification NF Bâtiments Tertiaires a été étendue aux établissements hôteliers, aux plateformes logistiques et aux locaux commerciaux en janvier 2009. Elaboré par Certivéa, le CSTB et l’ADEME, en collaboration avec le CNCC, le référentiel destiné aux commerces s’articule autour des 14 cibles de la norme HQE pour une démarche environnementale globale. Sont éligibles à la labellisation les centres et quartiers commerciaux, les bâtiments commerciaux en zone d’activités et les commerces en pieds d’immeuble à condition que la totalité du bâtiment soit certifiée. L’obtention du label nécessite un positionnement supérieur à la réglementation en vigueur sur 7 cibles dont la cible énergie et l’obtention de la mention Très Performant sur au moins 3 de ces cibles.

Parallèlement, un nombre croissant de promoteurs et d’investisseurs s’engage dans une démarche de développement durable valorisant leur bien immobilier. Entrée en vigueur au début de l’année 2009, la certification HQE adaptée aux locaux commerciaux a d’ores et déjà été accordée à trois ensembles commerciaux – l’Atoll à Angers-Beaucouzé, Okabe au Kremlin Bicêtre et le centre commercial Italie 2 à Paris.

Valeurs locatives et investissement

Ensembles commerciaux certifiés HQE

Opération

Promoteur

Très

Performant

Base

/ Localisation

performant

ATOLL /

Cie de

Cibles : 1, 6, 9, 11

Cibles : 3, 4,

Cibles : 2, 7, 8, 10, 12 à

14

Beaucouzé

Phalsbourg

5

OKABE /

Altaréa

Cibles : 1, 5,

Cibles : 4, 7,

Cibles : 2, 3,

Kremlin-Bicêtre

Cogedim

6

8, 9

10 à 14

Italie 2 / Paris

Hammerson

Cibles : 3, 5,

Cibles : 1, 2,

Cibles : 9 à

13e

France

6

4, 7, 8

14

Source: Savills Research

Valeurs locatives

L’intérêt prononcé des enseignes pour les emplacements prime a préservé les valeurs locatives sur les douze derniers mois. Sur ce segment, les baux se sont négociés sur une base de 185 €/m²/an dans les parcs d’activités commerciales et de 2.000 €/m²/an dans les boutiques en centres commerciaux. A contrario, pour les localisations secondaires, la baisse de la demande a coïncidé avec un recul marqué des loyers. La valeur locative moyenne en parc d’activités commerciales est passée de 140 €/m²/an à 120 €/m²/an sur les trois premiers trimestres, enregistrant une baisse annuelle de 14%.

Valeurs locatives en PAC

une baisse annuelle de 14%. Valeurs locatives en PAC Source: Savills Research En centre commercial, les

Source: Savills Research

En centre commercial, les loyers ont diminué de 11,5% en l’espace d’une année, pour atteindre 1.150 €/m²/an dans les boutiques. Les valeurs locatives en centre- ville sont restées parfaitement stables cette année. Les commerces prime en pieds d’immeuble en région se négocient en moyenne à 2.000 €/m²/an mais les valeurs locatives peuvent dépasser 10.000 €/m²/an sur les meilleures artères parisiennes.

Parallèlement, les délais de commercialisation se sont allongés. Les promoteurs ne consentant que difficilement une baisse des valeurs locatives faciales, les enseignes discutent désormais plus durement la plupart des clauses juridiques et financières des baux – charges, frais de marketing, prise en charge des travaux par le bailleur, etc – conduisant à une

augmentation notable de la durée de négociation.

Valeurs locatives en centre commercial

de négociation. Valeurs locatives en centre commercial Source: Savills Research Investissement Dans un

Source: Savills Research

Investissement

Dans un environnement morose – seuls 4,2 Mds€ ont été échangés en immobilier d’entreprise ces neuf

derniers mois (-61%) – l’immobilier de commerces a enregistré des performances comparables à celles de

2008.

Produit défensif recherché par un éventail relativement large d’investisseurs, il a capté 721 M€ d’engagements entre janvier et octobre 2009 (hors cessions intragroupes) contre 711 M€ un an auparavant mais sa part dans l’investissement total a doublé en l’espace d’une année. Pour la deuxième année consécutive, le marché a été pénalisé par les difficultés de financement impactant notamment les transactions supérieures à 50 M€. A l’exception des cessions intragroupes – Klépierre / Cardif (150 M€) ou Casino / Mercialys pour 334 M€ – et de l’aboutissement de quelques négociations démarrées en 2007 et 2008 – ventes du 31 à Lille pour 160 M€ et des Trois Quartiers dans le QCA parisien pour 210 M€ dont 84 M€ pour les actifs commerciaux – les grandes transactions ont pratiquement disparu du marché. Impliquant des montants traditionnellement élevés, les opérations de portefeuille ont reculé massivement, passant de 45% des engagements commerciaux en 2008 à 9,2% en 2009. En l’espace d’une année, les externalisations de murs d’enseignes se réalisant généralement par ce biais ont été divisées par plus de 7 et atteignaient 46 M€ au terme du mois d’octobre 2009.

Malgré le décalage persistant entre les attentes des vendeurs et des acheteurs, le marché a été porté par

Investissement et rendement

les arbitrages de centres commerciaux et de galeries commerciales. Après un premier trimestre blanc, les transactions ont accéléré, totalisant 468 M€ entre avril et octobre (+220% comparées à 2008). Les acquisitions du 31 par Pramerica, des Trois Quartiers par MGPA et des Halles de Chambéry par Generali Immobilier (52 M€) ont compté parmi les plus remarquables. Les acquéreurs ont affiché un intérêt prononcé pour les emplacements prime en centre-ville mais moins de 150 M€ ont effectivement été engagés sur ce segment compte tenu du volume unitaire réduit. Conséquence de la résistance des performances locatives des commerces en pieds d’immeuble dans un marché baissier, les investisseurs disposés à céder ce type d’actifs ont été rares et les opportunités d’acquisition peu nombreuses. Les transactions portant sur des parcs d’activités commerciales ont accusé une baisse de l’ordre de 50% comparées aux trois premiers trimestres de l’année 2008. Leur montant est estimé à 103 M€ soit moins de 15% des montants échangés en immobilier commercial depuis janvier. Ces commerces de périphérie ont fait l’objet d’une demande soutenue, les foncières privées se positionnant sur les volumes inférieurs à 15 M€ et les fonds opportunistes sur les plus conséquents (20 M€ à 40 M€). Toutefois, en raison d’une décote encore insuffisante des produits, peu de négociations importantes ont réellement abouti. Ainsi, seules deux transactions supérieures à 20M€ se sont concrétisées sur la vingtaine enregistrée – les acquisitions des Rives de l’Aa à St-Omer et de Cap Malo à Rennes par le fonds Aurora Capital. Stimulant traditionnellement ce segment du marché, les ventes réalisées par les promoteurs sont restées marginales – acquisition de la 2 e tranche du parc d’activités commerciales de Tulle par CAAM RE pour 2,2 M€ et de la 3 e tranche du retail park de Bailleul par Gladstein.

Montants engagés en immobilier d’entreprise

Gladstein. Montants engagés en immobilier d’entreprise Source: Savills Research / * hors cessions intragroupes Les

Source: Savills Research / * hors cessions intragroupes

Les investisseurs nationaux ont animé le marché pour la deuxième année consécutive, achetant pour près de 340 M€ d’immobilier commercial soit 46,8% du total.

Les acteurs dotés d’importants fonds propres ont été particulièrement actifs. UFFI REAM (SCPI) a finalisé l’acquisition d’un parc d’activités commerciales et d’un centre commercial pour un total de 24 M€ ces six derniers mois. Sofidy et Financière Teychené ont réalisé une quinzaine de transactions portant sur des volumes moyens compris entre 1M€ et 7 M€. Pour des raisons tant structurelles – positionnement sur des actifs en forte pénurie – que conjoncturelles – décollectes massives contraignant certains fonds à la fermeture en début d’année – les Allemands n’ont conclu qu’un nombre limité de transactions. Ils ont cependant capté 28,4% du marché en initiant la principale acquisition de l’année – achat du centre commercial lillois le 31. Souvent contraints au refinancement, les investisseurs anglo-saxons tels que Hammerson, CBRE Investors se sont davantage positionnés comme vendeurs nets que comme acquéreurs en 2009. Ils ont généré moins de 17,5% des engagements en immobilier commercial soit 126 M€. Les Australiens ont été les plus dynamiques avec l’acquisition de la galerie marchande des Trois Quartiers dans le QCA parisien pour 210 M€ dont 85 M€ pour les actifs commerciaux, suivis des Britanniques avec 41 M€ placés dans le marché français. Les investisseurs américains n’ont effectué aucune opération.

Répartition des montants engagés par type de locaux commerciaux

des montants engagés par type de locaux commerciaux Source: Savills Research / *hors cessions intragroupes

Source: Savills Research / *hors cessions intragroupes

Rendements

En première partie d’année, le durcissement des conditions de financement, l’augmentation des marges bancaires et l’affaiblissement de la concurrence entre investisseurs ont entraîné une forte correction des taux de rendement. Ils ont progressé de 50 à 100 points de base selon la classe d’actifs considérée. Les signes de reprise se multipliant au troisième trimestre, cette pression à la hausse s’est relâchée. Depuis juillet 2009, les taux de rendement constatés des centres commerciaux régionaux ont reculé à 6,00% (+100 pb en glissement annuel) et ceux des actifs secondaires à

Perspectives

7,25% (+175 pb). En parcs d’activités commerciales, les taux prime comme les taux secondaires sont restés stables à respectivement 7,25% (+100 pb sur douze mois glissants) et 8,50% (+120 pb). Une tendance à la baisse est également notée en centre-ville où les taux de rendement prime des commerces en pieds d’immeuble sont passés de 5,75% à 5,50% ces trois derniers mois, retrouvant ainsi leur niveau de 2008.

Taux de rendement prime

ainsi leur niveau de 2008. Taux de rendement prime Source: Savills Research / * taux actés,

Source: Savills Research / * taux actés, transactés

Perspectives

Consensus Forecasts prévoient une poursuite du redressement de l’économie française à un rythme modéré jusque fin 2009 et un recul annuel du PIB limité à 2.1%. Un redémarrage est attendu dès les premiers mois de l’année 2010, portant les perspectives de croissance en France à 1,2% sur l’ensemble de l’année. La dégradation du marché du travail ralentira mais le taux de chômage pourrait passer la barre des 10% au terme de l’année prochaine. Les incertitudes pesant sur l’emploi entraîneront une hausse mécanique de la propension à épargner des Français, au détriment de la consommation. Avec la reprise annoncée de l’inflation, l’affaiblissement programmé du soutien public aux consommateurs et la stagnation des revenus tirés de l’activité, le pouvoir d’achat devrait marquer le pas. La hausse des dépenses des ménages en produits manufacturés franchira difficilement le seuil des 0,7% en 2009 comme en 2010.

Une incertitude forte pèsera sur l’évolution du chiffre d’affaires des enseignes dans les mois à venir. En accordant aux collectivités locales le droit d’augmenter la TASCOM pour compenser les pertes de recettes liées à la suppression de la taxe professionnelle, les pouvoirs publics pourraient amputer les marges du commerce de détail. En revanche, l’adoption cet été de la proposition de loi du député Richard Mallié concernant l’ouverture dominicale des commerces dans les zones d’intérêts touristiques et les périmètres d’usage de consommation exceptionnels, devrait

stimuler les ventes. Mieux orientée depuis la mi-année, la consommation des ménages soutiendra la demande des enseignes en 2010 mais la stagnation annoncée du pouvoir d’achat amènera probablement les consommateurs à se tourner vers les produits à bas prix. Dans ce contexte, les enseignes se positionneront une nouvelle fois sur les emplacements prime. Les valeurs locatives devraient se maintenir pour les locaux les mieux situés en particulier en centre commercial et centre-ville. Pour la seconde année consécutive, les baux des commerces les moins bien localisés pourraient en revanche se négocier légèrement à la baisse.

Croissance comparée des ventes dans le commerce de détail

Croissance comparée des ventes dans le commerce de détail Source: Oxford Economics Le redémarrage du marché

Source: Oxford Economics

Le redémarrage du marché de l’investissement devrait se confirmer au quatrième trimestre et porter le volume des engagements à plus de 6 Mds€, un volume inférieur de moitié à celui de l’année précédente. Le segment des commerces enregistrera des performances comparables à celles de 2008. A titre d’exemple, 3 transactions importantes sont en cours de finalisation – l’externalisation d’une vingtaine de magasins d’une enseigne de sport pour environ 100 M€, un immeuble prime de centre-ville et une galerie d’hypermarché en région pour un montant unitaire de 70 M€ environ. Les volumes engagés pourraient dépasser 1,2 Md€ sur l’ensemble de l’année, aboutissant à un doublement de la part de marché du commerce dans l’investissement total par rapport à 2008. L’année 2010 s’annonce incertaine en termes de volumes. Les opportunités intéressantes sont en cours de négociation mais de manière générale, les acheteurs potentiels pourraient seront confrontés à une forte pénurie de produits prime. Cette situation engendrera une nouvelle pression à la baisse sur les taux de rendement laquelle pourrait inciter certains propriétaires à mettre sur le marché des actifs de qualité.

Le marché des locaux commerciaux en France

Densité commerciale

des locaux commerciaux en France Densité commerciale Pour tout complément d’information, contacter: Christophe

Pour tout complément d’information, contacter:

Pour tout complément d’information, contacter: Christophe Gouny Directeur Commerces +33 1 44 51 73 91

Christophe Gouny Directeur Commerces +33 1 44 51 73 91 cgouny@savills.fr

Directeur Commerces +33 1 44 51 73 91 cgouny@savills.fr Alexandre Boucly Investissement Commerces +33 1 44

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Christian Nehmé Commercialisation Commerces +33 1 44 51 73 26 cnehme@savills.fr

Commerces +33 1 44 51 73 26 cnehme@savills.fr Magalie Mollet Associé Recherche France +33 1 44

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