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Presses Universitaires du Mirail

Le rôle économique de la fiscalité dans le Brésil colonial (1500-1800) Author(s): Frédéric MAURO Source: Caravelle (1963-1965), No. 5 (1965), pp. 93-102

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Le rôle économique de la fiscalité dans le Brésil colonial (1500-1800)*

PAR

Frédéric MAURO

Professeur à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Universitéde Toulouse.

Le rôle

économique de la fiscalité,important dans l'intervention-

XXe siècle,insignifiant dans le libéralismedu XIXe, n'a pas

mercantiliste.Fiscalitéredistributricedu

production,

la stimulantau

mesure? Telles sontles ques-

pour l'Europe, champ possessioneuropéenne

nismedu

été

revenu? fiscalité

besoin? ou au contrairefiscalité négative, freinantla consommation,

gênant les échanges ? Et dans quelle tions

réservéà d'autres,mais dans le cas d'une

outre-mer, le Brésil. Celui-ciest traverséentre1500 et 1800,par trois

grandssouffles,

trois grands « cycles » économiques : celui du bois-brésil,celui du

sucre,celui de l'or. Donc trois types de problèmespour l'économie fiscale.

Le bois-brésil.

négligeable à l'époque

protectrice de la

que nous pouvons nous poser, non

le roi lui-mêmedès le débutdu

XVIo siècle,puis par des contratadores, des entrepreneurs à qui le

roiaffermait l'exploitation. Or la fermeestune

L'administration royaledistinguait la coupe du boisetson transport.

Le bois-brésila été

exploitépar

institutionfiscale0).

* Communication présentéeau IIIe Congrès Internationald'Histoire écono- mique, Munich, août 1965.

Mauro, Le Portugal et l'Atlantique, Paris 1960,pp. 121 et suivantes.

(1) F.

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94 LA FISCALITÉ

DANS LE BRÉSIL

COLONIAL

La coupe, au débutdu XVIIe siècle,se trouvesoumiseà un système

de licences,très réglementé. Puis les Jésuitesen reçoivent le

pole,lequelpasse

Comérciodo

l'administration royale faitabattrele bois destinéà contribuerau

donativo,impôt

de la

La coupe est donc pour le roi une opération fiscale.Le transport

aussi,qui oscilleentretrois régimes :

présente deux variantes.Ou bien le Contratador paie à la Fazenda

du contrat.Son bénéfice

une certainesomme

est

augmentée des fraisd'achatet de transport. Ou bien le Contratador

paie

échange, lui paie ses frais après

Le bénéfice, c'est-à-direla différenceentreson chiffred'affaireset

ses frais,revientau roi (*). Par le bois-brésil,le roide

nelle de roi marchand,tantôtdirectement,tantôt par

diairede concessionnaires.Le

par lui,faitde cettefonctionune fonctionfiscale.Et celle-ci permet,

à son tour,

l'économie. Mais ce n'est

capitaines donataires qui concèdentaux colonsdes sesmarias,grands

domainesfonciers;le forai accordé

précise les redevancesdes colonsenversl'un et l'autre.La Couronne

se réservele droitde des métaux et

donataire

perçoit les autresdroits,les uns exigibles dans chaque capitainerie,

comme la

contratsde donation.Par

dizimadu

co-donatairestoutesles minesd'or et d'argent découvertessur leur

territoireet toutle commercede ces métaux(8).

quinto perçoit en lieu et

mono-

ensuiteentreles mainsde la

Companhia Geraldo

Brasil,quand

celle-ciest créée (1649). Enfin, en 1662,

permettre de payer la dot

ferme

extraordinaire qui doit

princesseportugaise devenuereine d'Angleterre.

régie,licences, ferme.La

qui représente le prix

égal

à la différenceentrele chiffred'affairestotalet cettesomme

au roiune somme représentant son chiffred'affaires.Le Roi, en

les avoir fixés, d'accord avec lui.

Portugal retrouvesa fonctiontradition-

l'intermé-

prix

du bois ou du contrat, étantfixé

de stimulerou de freinerl'activitéd'un secteur de

pas tout.Dès 1534-35,le pays

a été partagé entredes

par

le roi à

chaque capitaine

douane, le monopole des drogues et épices, le

pierres précieuses,

les dizimos que le roi

place de l'Ordredu Christ.Le capitaine

pensão et les redizimos,

poisson

exemple,

séchédans sa

les autres variables selon les Duarte Coelho avait obtenula

capitainerie, Joãode Barroset ses

On discute

pour

savoir si les

capitaines

donatairesétaientdes

en échange d'un prélè-

féodauxou de grands concessionnaires capitalistes.Quoiqu'il en soit,

ils recevaientun pays à mettreen valeur

(2) Ibidem,p. 136.

(3) R. Garcia,

História politica e administrativado Brasil, Rio de Janeiro,

1956,pp. 55 et suivantes.

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CARAVELLE

95

vementfiscal.De la même

mettreen valeurcontreun autre

façon

devaitcréerdes villes,une administrationet une

devait

économique. En créantdes occasionsde gagner de l'argent, de pro-

duire,de mettreen valeur,le fiscsuscitaitune activité.

le colon recevaitun domaine à

prélèvement fiscal.Le donataire

justice.

Le colon

produire.

La fiscalitéavait donc là un rôle de stimulant

Le cycle du sucre.

Distinguons Brésils portugais et hollandais.

1 ) Brésil portugais.

Depuis la créationdu GouverneurGénéralen 1548, les donataires

ont perdubeaucoup

plusguère sureux

toujours moins,pour la pensão, jusqu'en

l'administration portugaise couvrentfacilementles

rantes,mais sontinsuffisants pour répondre aux besoinsmilitaires. D'où les impôts nouveauxet les impôts extraordinaires qui, dans le

cours du XVIIe siècle, viennent grever lourdementles

privés(4).

de sesmariasleur doivent

pourdévelopper le pays.Cependant, les titulaires

de leur

importanceéconomique. On ne compte

pensão

1654). Les

la

et les redizimos (du impôts perçus par

dépenses

cou-

budgets

sont

Par

A

cette époque préstatistique, les comptes des impôtsperçus

dans l'économie

générale.

avonsle tableaude recettessuivant(5) :

les seuls moyens de nous donnerune idée précise de l'importance

respective de chaque capitainerie

exemple,pour 1626,nous

RÉAUX

Bahia

18 671840

Ilhéus

157056

Pt°

Rio de Janeiro

Seguro

121320

1 806520

Espt° Santo

694 040

S. Vicente

328480

Sergipe

Pernambouc

100000

8 717320

Paraiba

2 069381

Itamaraca

371840

Rio Gde

3 018581

Seara

741000

Maranhão

9 706920

Para

7 134000

Total

54138 298

(4) F. Mauro, op. cit. p.

(5) Ibidem,p. 477. Addition légèrementinexactedonnée par le document.

233 et p. 476.

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96 LA FISCALITÉ

DANS LE BRÉSIL

COLONIAL

On notera

l'importance des capitaineries de Bahia et de Pernam-

bouc, du Maranhãoet du Para et mêmedu Rio Grandedo Norteet du Paraiba do Norteaux revenus plus gros que ceux de Rio de Janeiro.

Dès 1570, l'économiesucrièreest devenuel'économiedominante.

Or

pas vaste système fiscal.Seuls les

du moinsen principe. Encore doivent-ils payer des droits.La per-

ception en est parfois assummée par les agents de la Fazenda royale

mais le

monopole de la traite, soit en Guinée,soit en Angola,

Vert,soitdans tousces territoires.A ceux qui exercenteffectivement

la traite, il délivrede

d'esclaves.Il n'est donc lui-même qu'un fermier général, fermier

d'impôts indirects. Georges Scelle a montré qu'il étaitaussi fermier

du domaine privé de l'Etat, dont

légié. Il contrôleet

créant,pour

dans une

Maranhão où le roi conclut un asiento pour l'introductiondes

Noirs: car cette

Le contratrend

norddu Brésil.Et le fisca doncbien là un effetstimulant.De

il fournitau roi un revenuutilisable pour la mise en valeur de

l'empire. Or c'est un impôt

représente à peu près

La production sucrièreelle-mêmeest grevée de lourdes taxes.

Les « dizimes » (dizimos), d'abord affermésà

Bahia, puis dans chaque capitainerie,portent sur

du sol; maisc'estle sucre

le système colonial portugais, il a une

dérable.D'autre

charges du senhorde engenho.Or,

études,les comptes de celui-cisont,en général, déficitaires.Heureu-

sement pour lui, le roi

point de vue,par ce maniementde

rôle

Sergipe do

premiergouverneurgénéral du Brésil,Tomé

en

de sucre sans esclaves. La traitedes iNoirs repose sur un

sujetsportugais sontadmisà la faire,

plus

souvent, elle est afferméeà un contratador qui reçoit le

avenças,

licences

pour

soit au

Cap

un nombredéterminé

l'appareil fiscala ici un rôle privi-

régularise le trafic;et même il le stimuleen

des capitalistes, l'occasionde fairedes investissements

du

entreprise de transport. La preuve, c'est l'exemple

capitainerie en manque trop (après

1650).

possiblel'approvisionnement en

main-d'œuvredu

plus,

le

assez lourd,impôt

à la

productionqui

quart de ce que peutgagnerVavençador(8).

qui y joue

Lisbonne,puis à

tous les

produits

le rôleécrasant.Dans la mesure

cet impôt sertà la défensemilitairedu Brésil, c'est-à-direde tout

part,

il a

importanceéconomique consi-

Il

s'ajoute

aux autres

un rôle négatif.

commel'ont montrécertaines

peut

lui accorderdes franchises.Et de ce

l'impôt, la fiscalité joue

encoreun

de Sousa, avait décidé,

économiqueimportant. Les engenhosecclésiastiques, celui de

par exemple, sont dispensésd'impôts. De plus, le

Conde

1560,que toutconstructeurd' engenho serait exempt du paiement

(6) Ibidem,pp. 157 à 173.

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des dizimes pendant dix ans à

Cette

facilitela reconstructiondes engenhosaprès les invasionshollan-

daises de Bahia et de Pernambouc.

Evidemment,on a essayé de fraudersur les franchises.Certains

colonsont

ans prés

années; au besoin,ils ont laissé un peu s'abîmer

terminer,reconstruisent pour obtenirdix nouvelles

daterde la constructionde

findu XVIe et au (XiVIPsiècles. Elle

Vengenho.

règle

restevalable à la

présenté de

de se

fauxcertificats.D'autres,la franchisede dix

Vengenhopour

suppriméepour ceux qui cessent

ceux

qui

celui-ciait cessé de mou-

parce qu'en trop mauvais état,qu'enfin les

leurs

perdu

avantages. En 1626,

faciliterleurfraude.Le gouvernement s'efforcede luttercontreces

abus. Il préciseque la franchiseest

de moudre

pendant deux ans, qu'elle ne joue pas pour

engenho, à moins que

mettentà neufleur

dre

trapiches, les moulinsà bœufs,ne comptentpas comme engenhos et ne peuvent être exemptés de droits.

augmenter

la municipalité de Bahia, devant la crise de la production

sucrière,demande que les droitssoient supprimés, au

moins pendant

qui de 1623,cellede 1624,et la plus

compter un vrai sac de la ville par les troupesespagnoles.Et, 1645, à son tour,le Provedorda Fazenda du Maranhão demande

que les colonsne paientpas les dizimes pendantcinq

les deux années

la moitiéde la récolte

pendantquatre ans

Les colons cherchentà

viennent.On a

grandepartie de celle de 1625, sans

ans.

en

l'administration

devraient

Le souci de

percevoir les

dizimes a encouragé

locale à

les payer. C'estainsi

protéger les grandesexploitations sucrières qui

que, en 1612,on interditde saisirles lavradores

endettés,pour plus de la moitiéde leur récolteet les senhoresde

engenhos,pour plus des deux tiers. Les hommes d'affairesde

Lisbonne

engenhos,disent-ils,n'ont

royale ayant accordé des délais aux débiteursdes senhores de

engenhos, une autre provision(le 14 avril 1615) l'annule.En 1632,

esclaves et des bœufsde labour,et, en

1636,il rappellequ'on ne peut saisir les bœufsni le matériel, les

cuivresen

le roi interditla saisie des

protestent.Ja'mais les lavradores et les senhores de

été plus riches.Pourtantune provision

particulier. A plusieursreprises,par exemple le 23 décem-

les moulinsne peuvent être mis en

des

par

les

sucre,l'impôt étant payé en

bre 1663, le roi rappelleque

gages pour dettes,mais seulementleurs revenus.

dizimos, les producteurs de sucre doivent payer le cruzado, c'est-à-direle droitd'un cruzado

d'autresdroits:

caisse, du moins jusqu'en 1605; la vintena, crééeen 1631 pour

dépensesmilitaires,et qui faitnaîtreun véritable problème écono-

mique et social. Car sur 20 arrobesde

nature,le planteur en donnedeux aux dizimoset un

à la vintena;

En

plus

7

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98 LA FISCALITÉ DANS LE BRÉSIL COLONIAL

et

mauvaise qualité, difficileà vendre.Sa vente n'est donc pas un

moyen

Les

sont

un impôt

pour

celle-ci,il doit fournirles caisses. Le sucre livré est de

sûr et

rapide

de subveniraux besoins de la

garnison.

s'ils

vintenaest remplacéepar

caractèresocial,mais,par leurattri-

budget

pas),

le teston

pauvrespaientplus que les riches qui corrompent les juges

poursuivis. C'est pourquoi, en 1650,

d'une demie

pataque impôts n'ont qu'un

la

par canada de vin.

D'autres

n'existe

importanceéconomique : par exemple,

à

Bahia, en 1646, le

de la forteresse.

C'estun impôt de circonstance.Il

y

en a d'autresmais

par

butionà une dépense déterminée (l'unité de

peuvent avoirune

lavradoret le senhorde

engenho en paient chacun la moitié.Il sertà la constructionde la

grandedigue et

par tarefa de sucre;

qui peuvent

s'étendreà l'ensembledu Brésil.Par exemple le « subside »,

l'entretiende l'infanterie: 300 réaux

rons la date de sa création; mais il existe encore vers 1710.

Le donativo pour la dot de la reine

pour

caisse de sucre.Nous igno-

d'Angleterre(une princesse

portugaise) : c'est un véritable impôt de répartition, levé à partir

de l'année 1667. Le Brésil doit fournir14000 cruzados

répartis entreles diverses capitaineries et obtenu

d'un «

« cinq centsréaux» sur les mêmesmarchandises.

par an,

par la perception

impôt

dit des

vingtième » sur le sucre et

le tabac et d'un

Enfind'autres impôts surle sucresont perçus à Lisbonnemême:

des côtes, la « sise »,

» du sucre,créévers1653.Le 10 %

le consuladode 3 %, crééen 1592 pour la garde

impôt surles venteset le «

d'entréeet le 10 % de sortiesur les sucres qui

ou les Açores sont payés dans ces îles : il y a

contrela

quint

passentpar

Madère

là un moyen de lutter

contrefaçon du sucrede Madère.

L'ensemblede tousces

temps,

prix

impôts finit par représenter un poids

du

consi-

dérable: 30 % du

proportionqui

lourdementsur le

même

de la

domaine (7).

2) Brésilhollandais. La question financièrea été la

colonie hollandaise(*). Les moulins à sucre étant ruinés

sucre,estimeun Hollandaisvers 1624;

aura tendanceà augmenter. La fiscalité pèse donc

prix.

Et nous venonsde le voir,elle modifieen

selonles circonstanceset les nécessités,les conditions

production. Son rôle économique est donc important dans ce

grandequestionangoissante de la

par la

(7)

(8)

Pour toute cettefiscalitédu sucre cf. F. Mauro, op. cit. pp. 219 et suiv. Pour la fiscalitédans le Brésil hollandais cf. H. Watjen, O dominiocolo-

Paulo 1938,pp. 310 et suivantes.

nial hollandez no Brasil, S.

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guerre, il était difficiled'en tirer quelque chose du point de vue

fiscal.Avantl'arrivéede JeanMauricede Nassau, l'administration

colonialeavait établiun droitde 10 % sur la

un autrede 20 terresoumis à viande ou de

pesée du sucre.Il

pelaient un peu celles des Portugais,qui

production et la consommationet où le sucreavaitun rôleessentiel.

production du sucre,

% sur les transports, une taxe sur les produits de la

taxe à la consommationde la

l'exportation, une

l'alcool, enfinun impôt dit de la balance, payé à la

y

avait là un ensemblede contributions qui rap-

touchaientà la fois la

Jean Maurice de Nassau réorganisa ce système fiscal en 1636.

Portugais - y

a une

part

écra-

y ajouter

celui du mêmetaux sur les autrescultures

l'élevage, une taxesur les moulinsà sucre,une « sise » sur le vin,

vie, un impôt

sur

l'abattage des bêtes,un impôt

des

Et nous possédons la listedes impôtspour 1637. L'impôt de 10 %

sur le sucre - l'anciendizimodes

sante.Il faut

et

la bièreet l'eau de

de la balance, des péages, des droitsde transport en barque, droitssurla pêche.

Ces impôts

dépenses d'administrationou les

militaireset dans une bonne mesurela constructionde

couvraient les

dépenses

Mauricia,la nouvelleville de Pernambouc,la ville administrative.

vont obliger très vite à renforcer

Mais les

cettefiscalité.Dès 1643 un nouvel

Commeaux maîtresde moulinsruinéset insolvableson accordait

des délais pour

çantsqui ont supporté le poids de la fiscalité.Il

une certaine mesure,redistributiondu revenu par l'impôt.

attaques des Portugais

payer

impôtfrappe les commerçants.

les taxes dues, ce sonttrèsvite les commer-

y a donceu là, dans

Le cycle de Tor.

Après

le départ des Hollandaiset la

crise des années 1670-1680,

par

une autreactivité qui lui

l'activitésucrièrea repris son élan etelle esttrès prospère vers1710.

Mais à ce moment-làelle est menacée

enlèvesa main-d'œuvreservileau momentoù elle doitluttercontre

la

La

Bientôt s'y

la

fisc profite-t-il de la situationnouvelle? Le diamant

a été laissé d'abord à

vernementa affermécette exploitation, ce qui donnaità la couronne

concurrencedes Antilles: l'exploitation de l'or dans le Minas.

production ne va cesser d'augmenterjusqu'aux

région de

années 1760.

ajoute la production du diamant,découverten 1729dans

ce qui va devenirla villede Diamantina(•).

Commentle

l'exploitation libre. Puis en 1739 le gou-

(9) Pour cetteétudede la

poussée minièreon

partirade F. Mauro, Le Brésil

de 1759 à 1808,InformationHistorique,1964, n° 4.

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100 LÁ FISCALITÉ DANS LE BRÉSIL COLONIAL

un revenu

Pour l'or, l'impôt

appréciable; enfin,en

essentiela été le

déjà

1735 le

1771, il

Ta prise en régie.

du

cinquième,

qui

a

quinto impôt

qui

pris une importance considérabledu fait de cette découverte.

Cependant en

qui obligeaitchaque

Ce

Minasvers1750,représentait 113 arrobas (1 arroba

le total

mineurà

payer

existait

avant la découverte de

quinto a été remplacépar

17

l'or, mais

une «

capitation »

esclave.

serviledu

kg).

Mais

grammes d'or par

population

=

12

qui, pour

100 000 esclaves, c'est-à-direla

perçupar le fiscdevait toujours être supérieur à 100arrobas.

En 1750Pombalest revenuau

qui

la

système du quinto, touten conser-

pouvantcompen-

précédait ou la suivait. Pourquoi ce retour

vantle minimumde 100 arrobas, une bonneannée

ser la mauvaise

au quinto ? Parce que, estimait Pombal, la

tementla

le quinto devait rapporterplus.

la lei de trintena.Selon cetteloi, était exempt de saisie pour dette

tout propriétaire de plus de 30 esclaves.

capitationfrappaitinjus-

de

grossepoussée minière,

prospection et qu'en période

Le système fut complété en 1752 par

Ce

sysème

fiscalfonctionnabien

il

jusqu'en 1760. Mais quand la

production baissa beaucoup,

décidé

devaitle compléterpar la derrama, taxe exigée de la population et

produisaitpas au moins100 arrobas, on

s'enraya. Pombal, en effet, avait

que si le quinto ne

qui représentait le paiement de la différenceentrele quinto réelet

les 100 arrobasdues.Or la contributionde chacunà cet

impôt était

calculée un

peu

soufflaitdans la

au hasard. D'où les abus, et le ventde terreur qui

régionchaque fois que

l'on recouvraitla derrama.

On sait qu'ils devaientamenerla révoltedite de « l'Inconfidence

Minière».

Cettecontributionétaitd'autant

pour

le

mariage

-

des

plus péniblequ'elle s'ajoutait

de circonstances:

1756

pour

la reconstruc-

à

d'autres.D'abord les multiplesdonativos,impôts

en 1727

tion de Lisbonne

Ajuda, à Lisbonne, abîmé dans

s'ajoutaient les droitsassez lourds payés

leur entréedans la

impôts ou sises sur la consommation,le subsidioliterário,créé

Pombal

Certainsde

entradas,par exemple,

catégories : sèches et mouillées. La catégorie

sèches

princes - en

en 1778 pour la restaurationdu palais de la

un incendie(10).A ces donativos

sur les marchandisesà

capitainerie(d'où leur nom de entradas), les

par

développement de

l'instruction publique.

les

pour

financerle

ces impôts étaient particulièrement maladroits.Pour

les marchandisesétaientdiviséesen deux

des marchandises

n'étaient pas comestibles;

comprenait toutes celles qui

(10) J. Dornas Filho S. Paulo, 1957,pp. 31-32.

:

O ouro das

Gerais e a

civilização da capitania,

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CARAVELLE

101

elles payaient un droitde 1

comestiblesetboissons,payait undroitde 750réaux par «

de 2 ou 3 arrobes.Par

à Rio800 réaux,payait au Minas750réaux d'impôt, soit94 %. Dans

la

miniersarrivaientà

alors que lestextilesne

leur légèreté. On favorisaitainsiles produits de luxeet de consom-

mationau détrimentdes moyens de

première nécessité (u). D'autresmesuresfiscalesfavorisaientl'industrie portugaise au

la

125réaux pararroba; l'autre catégorie,

charge »

coûtait

suite Valqueire de sel (13 litres)qui

catégorie des

marchandisessèches,les instruments agricoles et

payer, vu leur poids,

payaientque

1

75 à 93 % de leur

prix,

%, 0,5% etmoinsencore,vu

production ou des produits de

production locale. Jusqu'en1788,les produits de

consommationinternene

payaientque

les

détrimentde la

capitainerie destinésà la

dizimos,

Le ministred'OutreMer,Martinhode Meloe Castrocréealorsun

consommation équivalent à celuid'entrée pour maintenir

impôt de

lesdeux catégories de produits dansunecertaine égalité etfavoriser

ainsile commerceentreles

produits extérieursau Minas

ministretenaità favoriser ("). La politique fiscalede Pombalavaitdoncd'abordététrèshabile

puisqu'elle avaitfavoriséla prospection minière.Mais elle n'avait

pas su s'adapter à l'évolutionde la conjoncture. D'autre part le

système fiscalétaitresté médiocre,mal

que

l'ensembleétaittrèslourd,représentant sans

produit « national» dansle Minas<18).D'ailleursdès 1775la part

du

à la

Mais par le

commele

mulets,les impôts à tante(M).

ceux venantde l'extérieur payaient aussi Ventrada.

capitaineries. En faitune partie de ces

venaientde la Métropole,que le

adapté à

la réalitééconomi-

etlessuccesseursdePomball'avaient plutôt fait empirer.Enfin,

doutele

quart

du

quintodevienttrèsfaibledansles recettesbrésiliennes. L'impôt

productionressemblealors beaucoup à ce qu'il étaitavant1700.

développement de

nouvelles régions consommatrices

Minas,par le développement des transports, desroutesde

la consommationont pris une placeplusimpor-

Conclusion.

Impôts à la production ou impôts à la consommation,les impôts

prix.

brésiliens,finalementtrèslourds,ont beaucouppesé sur les

(11) R. Garcia, op. cit. pp. 197-198.

(12)

(13)

(14) Cf. M. Zemella, O Abastecimentoda

Ibidem, pp. 212-213. ti. Garcia, op. cit. p. 198.

Capitania das Minas Gerais no

do Sal no Estado do Brasil,

século XVIII. S. Paulo 1956.

S. Paulo 1951; M. Ellis, O Monopolio

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102 LA FISCALITÉ DANS LE BRÉSIL COLONIAL

Leur utilisationcommeinstrumentde la

été qu'amorcée dans certainscas bien précis et souventsans doute

de

sièclesïnercantilistesd'économiede

à la guerre. Avecla paix du XVIIP siècleet l'or du Minas,l'impôt a

financésoit les

a surtoutservi

politiqueéconomique n'a

façoninvolontaire,sous

dépenses

la

pression

des circonstances.Dans ces

de

guerre,l'impôt

de luxe de la

Cour, soit une politique

constructions grandioses au Brésilou dans la

la redistributiondu revenuau détrimentdu Brésil.

Métropole, accentuant

Dans l'ensemble, il a pesé

d'un

poids lourdsur les producteurs et

les consommateurs; donc sur l'économie.

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