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Correction de la dissertation du 20/11/2009

Le progrès technique est-il une condition nécessaire et suffisante


pour assurer un développement durable ?

La conférence de Copenhague qui doit se tenir du 7 au 18 Décembre 2009 a pour objectif de tirer les leçons de l’échec
relatif de Kyoto et de proposer de nouvelles mesures pour préserver l’environnement. En effet, depuis une vingtaine
d’années, de nombreux signaux inquiétants apparaissent : augmentation de la température moyenne sur la planète,
élévation du niveau de la mer, raréfaction des ressources naturelles et hausse de leur prix. Cette dégradation de
l’environnement a généré alors le concept de développement durable défini par le rapport Bruntland en 1987 : un
développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures. Se
pose ainsi le problème de la durabilité de notre modèle fondé sur une croissance toujours plus forte.
Pour les libéraux, c’est un faux problème ; il n’y a en réalité aucune inquiétude à avoir : le progrès technique grâce aux
innovations de produits et de procédés permettra à la fois d’améliorer le sort de la population aujourd’hui(le
développement) tout en assurant aux générations futures un environnement préservé et des ressources pour produire (le
développement durable). Certes, le progrès technique que l’on peut définir comme l’ensemble des modifications qui
affectent les procédés de production et la nature des biens réalisés est une condition nécessaire pour assurer
développement et développement durable. Cependant, celui-ci, même s’il a un rôle essentiel à jouer, n’est pas suffisant
pour concilier croissance et développement durable ; d’autres conditions se révèlent indispensables.

I. Le progrès technique est une condition nécessaire pour assurer développement et


développement durable

A. Les progrès technique permet d’améliorer le sort des génération actuelles

Les innovations sont indispensables pour augmenter l’IDH de la population. La Chine en est un très bon exemple (doc 5).

1. La croissance extensive vient buter sur des goulets d’étranglement

Pour améliorer le sort de la population, une augmentation des richesses créées est indispensable. La première source de croissance est
l’augmentation de l’utilisation de la quantité de facteurs de production. Or, celle-ci est limitée par les contraintes physiques. C’est ce
qui se passe en Chine ; elle manque de terres et d’eau pour nourrir une population croissante. « Nourrir 20% de la planète avec
seulement 7% des terres arables et des ressources en eau insuffisantes impose des innovations majeures »

2. Il faut donc passer à une croissance intensive : le rôle du progrès technique

En effet, « l’innovation technologique est nécessaire au développement économique « (doc5).

a. Le rôle des innovations de procédés sur le développement

Les innovations de procédés qui visent à introduire de nouvelles méthodes de production génèrent une réduction des coûts de
production par un accroissement des gains de productivité. Les entreprises peuvent alors produire plus avec autant, voire moins de
facteurs de production. Les goulets d‘étranglement disparaissent, ce qui permet de passer à une croissance forte et durable. Comme la
croissance est une condition nécessaire et suffisante pour assurer du développement selon les libéraux, les innovations de procédés ont
un effet indirect sur le développement.

b. Le rôle des innovations de produit sur le développement

Les innovations de produit qui correspondent à l’introduction de nouveaux biens ou services sur le marché ont, quant à elles, un effet
direct sur l’amélioration actuelle du sort de la population. En effet, ces nouveaux produits répondent à une demande potentielle ou
existante. Les meilleurs exemples sont ainsi les vaccins qui en luttant efficacement contre des maladies contagieuses permettent
d’’accroître l’espérance de vie (doc6).A contrario, la Chine a connu une augmentation de sa mortalité du fait d’épidémies récentes qui
ne connaissent pas encore de médicaments (SRAS en 2003, grippe aviaire en 2004, doc 5)
B. Sans détériorer celui des générations futures

Or, accélérer la croissance pour satisfaire les besoins des générations présentes pose des problèmes environnementaux majeurs. La
Chine est là aussi un très bon exemple : « en 2001, la Chine contribuait à 14% des rejets mondiaux de CO2 et abrite 16 des 20 villes
les plus polluées » (doc5). Là aussi, les libéraux sont très optimistes : le progrès technique devrait permettre d’atteindre le
développement durable.

1. Constat

a. Les innovations permettent la réduction des émissions de CO2 et évitent donc le


réchauffement climatique

En effet, pour réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère, il faudra innover et multiplier les innovations (doc 2). Si on ne fait
rien, les émissions de CO2 devraient être quasiment multipliées par 2 entre 2000 et 2050. En revanche en accumulant les innovations
(les énergies renouvelables, l’énergie nucléaire, le captage de carbone, le changement de combustible), on devrait réussir à réduire les
émissions de CO2 de 40 gigatonnes en 2000 à 30 gigatonnes à l’horizon 2050. Cet effort entraînerait uneaugmentation des
températures moyennes de seulement 2°.

b. Et luttent contre la raréfaction des ressources naturelles

Les innovations assurent aussi une économie des ressources rares, ce qui permet de produire plus plus longtemps. On note ainsi une
corrélation entre richesse d’un pays et économies d’énergie : un pays riche a les moyens d’innover pour réduire sa consommation de
matières premières non renouvelables.
La consommation d’énergies par habitant vérifie bien l’analyse de Grossman et Krueger : la courbe reliant le PIB/hab et la
consommation d’énergie par habitant (doc 1) est identique quelle que soit le pays. Toutes les courbes ont la forme d’un U renversé
symptomatique de la courbe environnementale. On peut prendre l’exemple des Etats-Unis : pour un PIB/hab de 15 000$ PPA de
2000, sa consommation moyenne par habitant est de 6 tep ; dans un premier temps, l’enrichissement du pays se traduit par une
augmentation de la consommation par habitant de 6 à 8 tep, puis à partir du seuil de 35000$, elle stagne et commence maintenant à
diminuer. On remarque que plus le pays entame sa croissance tardivement, plus vite il atteint le pic de consommation énergétique : il
est atteint pour 35 000$ PPA de 2000 pour les Etats-Unis, 25000£ PPA pour l’Europe ou le Japon.
Cette corrélation s’explique par une autre corrélation : celle entre PIB/hab élévé et efficacité énergétique. On note en effet que plus le
pays est riche, plus son intensité énergétique est faible, c'est-à-dire qu'il utilise moins d'énergie pour produire une unité de PIB : au
Japon, il faut 200 tep/ millions d’euros du PIB au prix de 1995 (en PPA), il en faut 800 en Russie.

2. Explications

a. Le rôle des innovations sur le développement durable

Deux types d’innovations permettent d'économiser les ressources et réduire la pollution.Les premières sont les innovations de produits
qui permettent de trouver des substituts aux ressources naturelles limitées. Par exemple, le colza ou l'éthanol sont aujourd'hui utilisés
pour remplacer les produits pétroliers dans les moteurs.Les secondes sont les innovations de procédé au process qui ont un double
impact sur le développement durable. Elles accroissent d'abord les gains de productivité, c'est-à-dire le rendement d'utilisation de ces
ressources naturelles ; les entreprises peuvent alors produire davantage avec la même quantité de ressources. Ainsi, grâce au progrès
technique, les voitures consomment nettement moins d'essence au litre. On peut aussi prendre l'exemple du programme BedZed qui
« permet d'économiser 90 % de chauffage par rapport aux logements traditionnels » (doc4). Ces nouvelles méthodes de production
réduisent aussi la pollution car elles permettent de produire autant en dégageant moins de résidus.
En plus d’avoir un effet à court terme sur le développement durable, les innovations ont aussi un effet à long terme.En effet, selon
Schumpeter, les innovations arrivent par grappes : les innovations ne se produisent pas de manière continue dans le processus
économique, mais de manière cyclique. Quand une entreprise introduit une innovation radicale ou majeure, celle-ci est à l'origine de
nouvelles innovations qui viennent en complément. On peut donc dire que les innovations s'engendrent les unes des autres par un
processus de déséquilibre successif.Les théoriciens de la croissance endogène en concluent donc que les innovations sont source
d'effets externes positifs, car les innovations permettent d'en créer d'autres. Ses effets externes passent par l'intermédiaire de deux
canaux principaux. Le premier est l'accumulation des connaissances, les chercheurs sont d'autant plus productifs que le stock des
connaissances accumulées est déjà important : chaque entreprise bénéficie donc gratuitement des efforts de recherche des autres. Le
second tient au fait que le coût principal du progrès technique est fixe. En effet, quelque soit la production vendue, les dépenses
engagées par l'entreprise afin d'innover restent identiques. Dès lors, plus l'entreprise bénéficie de débouchés croissants, plus les
économies d'échelle dont elle bénéficiera seront importantes.
Ces innovations profitent alors à toutes les entreprises, à tous les pays. Cela permet ainsi une économie beaucoup plus forte des
ressources naturelles. Ainsi, plus 1 pays commence sa croissance tardivement, moins celle-ci se traduit par une consommation par
habitant d'énergie forte puisqu'il profite des progrès technique sdes autres. On retrouve ici l'analyse de Rostow qui postule que tous les
pays passent par les mêmes stades de développement

b. le rôle du profit sur les l'innovations : l'internalisation des effets externes


Or, d'après les libéraux, ces innovations se produiront automatiquement grâce à la loi de l'offre et la demande. En effet, les ressources
naturelles sont limitées : l'offre tend donc à diminuer. La régulation par le marché se traduit mécaniquement par une hausse des prix
(doc trois). Celle-ci incite alors les entreprises à innover comme l’explique Schumpeter : l'entrepreneur est animé par des motivations
individuelles de réussite ; le profit est à la fois le but et l'instrument de mesure de sa réussite. Le but, car c'est lui qui motive
l'entrepreneur à lancer ses innovations, alors qu'il court un risque non négligeable d'échouer ; l'instrument de mesure car le profit est
issu de l'innovation qui a réussi sur le marché. L'entrepreneur fait donc d'autant plus de profit qu'il est supérieur à la moyenne dans
l'art d'effectuer des combinaisons économiques par des innovations de processus de production ou par la découverte de produits
nouveaux, pour lesquels il se retrouvera monopole.

Comme le progrès technique est une condition indispensable pour assurer la satisfaction à la fois des besoins des générations
présentes et ceux des générations futures, les pays doivent innover. C’est ce que fait aujourd’hui la Chine (doc 5) : elle dépense
annuellement 153 milliards de yuans pour la R-D , soit la 3° place mondiale en termes absolus (doc 5 ).

II. Mais elle n’est pas suffisante

Les libéraux ont donc une vision très optimiste : les innovations permettent à la fois développement et développement durable. Or,
même si le progrès technique est une condition nécessaire, il s’avère être insuffisant pour concilier développement présent et
préservation de l’environnement.

A. Le progrès technique n’est pas une condition suffisante pour assurer du développement
En effet, plusieurs conditions sont nécessaires à l’apparition du progrès technique ; celles-ci sont réunies uniquement dans les pays
riches.

1. Des conditions nécessaires à l’apparition du progrès technique réunies uniquement dans les pays
riches

La première étape du progrès technique est l’invention qui est la découverte d’un principe nouveau ou d’un produit nouveau qui ne
sont pas toujours susceptibles d’applications pratiques.L’invention nécessite donc de disposer d’une main d’œuvre très qualifiée de
haut niveau scientifique.
La seconde étape est la traduction de l’invention en innovation, c’est-à-dire à la mise en application d’un principe théorique ou d’une
idée nouvelle qui permet donc de rendre économiquement viable l’invention. 2 conditions sont alors nécessaires : des hauts revenus
qui permettent de rendre solvables la demande ; des entreprises riches et à fort profit capables de financer des montants importants de
R-D .
Or seuls les pays riches disposent de ces 3 conditions ;les entreprises vont donc concentrer leurs efforts et leur recherche sur des
produits où la demande est importante et financée par un pouvoir d’achat élevé : : « les programmes de recherche sont déterminés par
les intérêts de chercheurs et d’inventeurs travaillant dans des pôles scientifiques et motivés par les besoins et les désirs des
consommateurs à revenu élevé » (doc 6)

2. Ce qui crée un progrès technique biaisé et une hausse des inégalités


Ainsi, les innovations améliorent la situation de la population des pays riches sans que celle des pays pauvres soit affectée. Par
exemple, les recherches médicales sont destinées en priorité aux maladies des pays riches : en 1992, moins de 10% des dépenses
mondiales de recherche dans le domaine de la santé concernait 90% des maladies ; entre 1975 et 1996, sur 1223 nouveaux
médicaments, seul 182 (soit 0,2%) traitaient de maladies tropicales (doc6).
Dans ces conditions, « la recherche scientifique et l’innovation technique entre les mains des pays riches ont creusé un fossé béant
entre ceux-ci et les pays en développement » (doc6). L’innovation n’améliore la situation que d’une partie de la population mondiale,
la plus favorisée, ce qui crée des inégalités de développement.

B. Le progrès technique n’est pas une condition suffisante pour assurer du développement
durable

Le progrès technique n’est donc pas le seul facteur permettant la satisfaction des besoins des générations présentes ; il n’est pas non
plus le seul facteur assurant celui des générations futures.

1. Le progrès technique ne peut assurer mécaniquement un développement durable

a. Constat

Il n'y a en effet pas de corrélation systématique entre richesses du pays et économie d'énergie. Les pays les plus riches du monde sont
ceux qui ont la consommation d'énergie par habitant la plus forte du monde : les États-Unis ont un PIB par habitant de 70 000 $, une
consommation d'énergie de neuf tep par habitant alors que Hong Kong a un PIB par habitant de 26 000 $ et une consommation de 2
tep par habitant.
Contrairement à l'optimisme de Grossman et Krueger, à partir d'un certain seuil de richesse, la consommation d’énergie par habitant
ne diminue pas. Depuis que les États-Unis ont atteint le seuil de 25 000 $a, la consommation d'énergie reste à huit tep/habitant.

b. Explications
Ce paradoxe s'explique tout simplement par l'effet-rebond. Le progrès technique génère certes une amélioration de l'efficacité
énergétique : pour produire une unité de PIB, les entreprises utilisent moins d'énergie.Comme cette éco efficience entraîne une
réduction du prix des ressources, les populations sont incitées à consommer davantage. Les pays profitant de ces gains d’efficacité
vont alors consommer davantage de ressources pour produire davantage (exemple : les 4-4 gros consommateurs d'énergie). On y
gagne en terme d'intensité unitaire, mais on y perd en terme d'énergie totale utilisée. Ainsi, l'efficacité énergétique est plus que
compensée par l'augmentation de la production, ce qui limite l'intérêt du progrès technique.
Autre insuffisance : comme les innovations n'influencent qu'une partie du comportement humain, leur rôle ne peut donc être que
limité. On le voit avec l'exemple BedZEd: même si la consommation d'énergie de ces programmes d'habitation diminue , les habitants
gardent toujours les mêmes habitudes de consommation caractéristiques des pays occidentaux : « comme tout le monde, les habitants
de BedZed roulent en voiture à essence. La plupart ne sont pas végétariens, quand la moitié des terres cultivées sert à nourrir le bétail.
» (doc 4)

Les innovations ne sont donc pas suffisantes pour réduire l'empreinte écologique à un seuil inférieur à 2 ha par habitant. D’autres
solutions plus ou moins radicales doivent être prises.

2. d'autres mesures plus volontaristes doivent le compléter

a. Constat

En effet, pour réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère, la réduction de la demande sera indispensable : celle-ci représente un
quart des efforts à faire pour qu’en 2050, les émissions de CO2 soient divisées par 2,

b. Explications

Il faudrait donc instaurer un nouveau modèle de croissance rompant avec le modèle productiviste développé depuis les 30 glorieuses :
l'objectif ne devrait plus être produire toujours plus de biens matériels. Cela passe par un changement de modèle de production ( par
exemple définir dès la conception du produit des éléments recyclables ) et une modification de notre modèle de consommation en
favorisant les activités de services, basée sur la personne et moins polluantes.
Ces ruptures ne se produiront pas automatiquement ; elles nécessitent une intervention de l'État. Celle-ci est d'autant plus nécessaire
que le marché s'avère insuffisant pour assurer une croissance durable et assurer un développement durable. Des politiques de
réglementation (politique de quotas) ou d'incitation (crédit d'impôt) et l'instauration d’un marché des droits à polluer peuvent s'avérer
indispensables pour diminuer les besoins en énergies de nos économies. La difficulté est l'absence d'organisations internationales
régulant l'environnement (il existe une OMC mais pas d’OME : Organisation mondiale de l'Environnement). Des mesures prises dans
un Etat voirE dans une zone (l'union européenne prône une application des accords de Kyoto) risque d'inciter les entreprises
polluantes à se délocaliser vers les pays appliquant le moins-disant environnemental. Or la pollution ne connaît pas de frontières et les
effets cumulés de la pollution aggravent les répercussions : on serait ainsi passé dans un Nouveau Monde, celui de l’Anthropocène :
« la vénérable société savante des Géologues britannique a proclamé dans l'indifférence générale la fin du monde tel que nous l'avons
connu. L'époque de l’Holocène, débutée voilà voici plus de 10 000 ans, s'est selon eux achevée pour laisser place à l’Anthropocène,
nouvelle période où l'empreinte humaine sur détermine l'ensemble des mécanismes naturels. Les bouleversements de l'écosystème
terrestre sont d'une telle en ampleur que l'évolution sur la planète prend un virage décisif, lourd de conséquences. »
Dès lors retarder l'application de mesures pourtant nécessaire rend impératif l'application de mesures drastiques selon les théoriciens
la croissance zéro voire de la décroissance.
Le club de Rome avait ainsi proposé dans les années 70 la croissance zéro : pour éviter de manquer de ressources naturelles, il
faudrait que le PIB des pays riches n’augmente plus. Or, pour des auteurs comme S.Latouche et N. Georgescu- Roegen, une
croissance zéro ne paraît pas suffisante, puisqu'elle impliquerait de laisser les plus pauvres dans leur état de pauvreté. La solution
serait alors la décroissance : selon Latouche et Georgescu-Roegen, les pays riches devraient réduire leurs quantités de richesse créée
pour permettre aux populations les plus pauvres de connaître une augmentation du niveau de vie et la satisfaction des besoins
élémentaires.
Certes, en théorie, cette solution paraît pouvoir assurer à la fois la satisfaction des besoins présents et celle des générations futures ;
mais elle présente une limite fondamentale : comment persuader les populations des pays riches d'accepter une baisse de leur niveau
de vie ?

Le progrès technique est bien essentiel pour assurer à la fois une amélioration du sort des populations les plus pauvres actuellement et
préserver l’environnement pour satisfaire les besoins des générations futures. Il assure en effet une croissance des richesses sans
augmenter proportionnellement la quantité de facteurs de production utilisée, ni les émissions de pollution. Cependant, croire que les
innovations régleront tous les problèmes comme le pensent les libéraux paraît beaucoup trop optimiste ; d’autres mesures devront
s’ajouter au rôle du progrès technique : au minimum un changement de modèle de production, au maximum une baisse de la
croissance.
Or, même si les pays riches semblent avoir pris conscience du problème, les mesures n’ont pas été à la hauteur des espérances. La
conférence de Kyoto a ainsi été peu suivie d’effets. Cependant, il est urgent de réagir, notamment pour les pays pauvres : la FAO a
ainsi mis en évidence que le réchauffement climatique générerait des sécheresses accrues qui réduiraient les récolts et aggraveraient
les problèmes de famine, créant « des réfugiés climatiques »