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La démarche MERISE

Le Modèle Conceptuel des


Données

MCD
1. Notion de modèle

La modélisation, c'est-à-dire l'élaboration d'un modèle, est (plus

ou moins explicitement) à la base de toute simulation. Elle a

pour but de définir une représentation, par exemple un système

d’équations dont on peut tirer les différentes relations entre variables

caractéristiques du processus étudié.

Il peut être exprimé à l'aide de concepts différents (fonctions

mathématiques, langage naturel, langage formel) et admettre une

représentation graphique.

1.1 Modéliser, c est simplifier pour communiquer

Le modèle est une représentation de la réalité.


1.1.1 Le modèle, outil de représentation

Un bon modèle doit permettre de faciliter la compréhension du

système étudié, car il en réduit la complexité. Il doit aussi

permettre de le simuler, c'est à dire de reproduire ses

comportements.

Par exemple, en construction, les modèles permettent de

dimensionner les éléments à utiliser pour éviter qu'un ouvrage ne

s'écroule à cause d'un vent trop fort.


Un bon modèle :

représente les éléments pertinents du système étudié


reproduit ses comportements
permet de simuler son fonctionnement

1.1.2 Le modèle, outil de communication

Les diagrammes de modélisation sont des instruments de communication.


Communiquer autour d un modèle pour évaluer et comparer des solutions, c est avant
tout « reconnaître » la réalité perçue.
Or, si un modèle est « reconnu », c est avant tout parce qu il était « connu ». Voici
un exemple :

Figure 1 : un modèle "grossier" mais identifiable : la Bretagne


ce schéma qui représent la Bretagne, n’est pas une réussite sur le plan
graphique. Cependant, chacun l’a reconnu !

Figure 2: la réalité correspondant au modèle précédent


Or ce n est pas obligatoirement le cas du schéma suivant !

Figure 3: Un autre modèle grossier et moins identifiable!

Que conclure de cette petite démonstration ?


Un modèle est « reconnu » parce qu’ il était « connu » !
C’est là que se situe toute la puissance des modèles graphiques.
Ils permettent d établir une communication immédiate entre
l’ analyste et le client.

2. Le modèle Entité-Association

On ne modélise bien que ce que l’ on connaît bien. La maîtrise d’un outil de


modélisation ne permet pas de compenser un manque de connaissance du problème
étudié.
En revanche, un bon modèle permet un échange entre les acteurs du système
d’information débouchant sur une meilleure compréhension du SI.
Le formalisme utilisé doit avoir des qualités
contradictoires :
être suffisamment précis pour être utilisable par des spécialistes de l analyse
informatique,
être suffisamment accessible pour permettre un dialogue avec les utilisateurs.

Il faut toujours avoir présent à l esprit que :

modéliser est réducteur


l outil de modélisation, comme tout langage, a ses limites
tout modèle doit être validé sur le plan formel et sur celui de l utilisation

Il existe deux approches pour appréhender la réalité d une


organisation :

s intéresser au niveau le plus élémentaire des données du réel perçu :nom


d un client, quantité d un produit, adresse de livraison .... puis agréger ces
données élémentaires pour mettre en évidence les différents éléments du
système d information.
identifier à priori les éléments qui participent à la gestion en se plaçant à un
niveau plus global, puis compléter leur description.

La plupart du temps, les deux démarches sont menées conjointement.

2.1 Présentation intuitive d un exemple : MODELE ENTITE/RELATION.

Avant de définir le modèle, nous allons présenter un exemple afin de mettre en


évidence les principaux concepts :

Le syndicat d initiative d une ville organise une série de concerts. Afin de gérer au
mieux ces manifestations, le responsable demande à un spécialiste des systèmes
d information de modéliser cette situation.
Celui-ci propose comme base de discussion le schéma
suivant :

Figure 4: Premier schéma de représentation des concerts

Au cours de la réunion, l analyste commente ce schéma en apportant les


précisions suivantes afin qu elles soient confirmées ou infirmées par les
organisateurs :

Un concert peut se décrire de la façon suivante : c est une exécution ou un


ensemble d exécutions d oeuvres dans une salle par un orchestre.
chaque salle de concert a un nom qui permet de l identifier. Elle est également
caractérisée par une capacité d accueil en nombre de places et un coût de
location.
chaque orchestre possède un nom de formation, un nom de chef d orchestre
qui lui est attaché, un coût de prestation.
les oeuvres sont identifiées par un titre, un nom de compositeur, un montant
de droits d auteur.

La mise en commun (totale ou partielle) de ces éléments est indispensable à


l exécution, donc à la réalisation d un concert. De plus, à cette mise en commun,
s ajoutent des informations supplémentaires qui caractérisent l exécution elle-même :

la date d exécution
la durée
l heure de début
le prix des places
le nombre de participants dans le public
On distingue deux catégories d’ éléments :

les éléments figurant dans des rectangles


un élément figurant dans un rectangle aux bords arrondis

La présence de deux formes graphiques différentes exprime que l on a affaire à


des éléments qui n appartiennent pas à la même catégorie :

SALLE, ORCHESTRE, UVRE sont des éléments qui ont une existence
propre et indépendante de l organisation des concerts dans cette ville là, à ce
moment là. La salle peut être utilisée à un autre moment, dans d autres
circonstances pour des manifestations d une autre nature. L orchestre et le
soliste ont eu des activités avant cette série de concerts et poursuivront leur
carrière après. Enfin, l uvre exécutée existait avant ce concert et sera à
nouveau interprétée ou enregistrée après ce concert particulier.
EXECUTE correspond à la mise en commun, à un moment donné, dans des
circonstances précises de tous les éléments que nous avons énumérés plus
haut. En cela, cet élément n a pas d existence propre, autonome en dehors
des circonstances et des participants cités.

On constate donc que deux types d éléments participent à la modélisation. On


nomme les premiers (salle, orchestre, soliste, uvre) ENTITES, et le second
(exécution) ASSOCIATION.

Le schéma de la figure décrit la situation de façon générique. Il représente n


importe lequel des concerts organisés dans le cadre de ce festival.
En revanche, un concert particulier correspondra à la figure suivante :

Figure 5:Une réalisation du modèle précédent


2.2 Définition du modèle
Les quatre concepts fondamentaux du Modèle Entité-Association sont les
suivants :

Entité
Association
Propriété
Cardinalité

2.2.1 L entité

L ENTITE est un élément concret ou abstrait qui a une existence propre et sur
lequel nous souhaitons enregistrer des informations qui lui sont spécifiques. En
général, l entité est exprimée par un substantif(nom).

NOM DE L ENTITE

Figure 6:Formalisme de représentation d'une entité

L entité est représentée par un rectangle. Son nom figure dans le bandeau
supérieur.
Comme nous le verrons plus loin, une entité n est totalement définie que
lorsqu elle possède la liste de toutes les propriétés qui la caractérisent, avec parmi
celles-ci, son identifiant.

Figure 7: Une entité "théorique" et ses propriétés


Une entité peut être considérée comme une structure permettant de stocker des
données. On parle alors d occurrences de l entité. Voici par exemple une entité
« client » :

Figure 8: Une entité "Client"

Et voici des occurrences de cette entité :

Figure 9: Des occurrences de l'entité "Client"

2.2.2 L association

Une ASSOCIATION est un regroupement nécessaire de deux ou plusieurs


entités. Elle n a pas d existence propre. En général, l association est exprimée par un
verbe.

Formalisme :

NOM DE L ASSOCIATION

Figure 10: Formalisme de représentation d'une association


L association est représentée soit sous la forme d un ovale soit sous la forme d un
rectangle aux bords arrondis. Son nom figure dans le bandeau supérieur. Elle peut

posséder des propriétés qui sont alors énumérées dans la partie principale.

On ne peut pas représenter une association sans les entités qui lui sont liées.
Voici quelques exemples d associations permettant d exprimer certaines des
caractéristiques attachées à ce concept.

Une association est reliée aux entités constitutives de la relation par des
segments. Le nombre de segments constitue la dimension de l association.

Une association entre deux entités est dite « binaire », entre trois « ternaire »,
au delà on parle d association « n_aire ».

Livre écrit par Auteur

Figure 11: Une association de dimension 2

Figure 12: Une association de dimension 3

Personne

est mariée

Figure 13: Une association réflexive


11

Appartient

Joueur Equipe

Est capitaine

Figure 14: Deux associations reliant deux entités

2.2.3 Les propriétés

Une propriété est une donnée élémentaire d une ENTITE ou d une


ASSOCIATION que l analyse a conduit à répertorier au niveau de la réalité perçue et
qui prendra des valeurs précises pour chaque occurrence.

Le nom de chaque propriété est inscrit dans le cadre principal de l entité ou de


l association.
Chaque occurrence d une entité doit pouvoir être repérée sans ambiguïté afin de
la distinguer de toutes les autres. Pour cela, une ou plusieurs propriétés jouent le rôle
de discriminant.
L identifiant d une entité est une propriété ou un ensemble de propriétés qui
permet de repérer une occurrence. On représente l identifiant d une entité en
soulignant la (ou les) propriété et en la faisant figurer en tête de la liste. On parle aussi de
Clé.

Figure 15: Propriétés des Entités et des Associations


Remarque :

Il n est pas rare qu une propriété ou un ensemble de propriétés ne constituent


pas un identifiant discriminant d une entité. Dans ce cas, on est amené à « créer » un
identifiant artificiel sans signification particulière (Numéro enseignant, Code Produit).

Pour les associations, elles ont également un identifiant qui permet de les
repérer de façon unique, mais celui-ci est implicite et ne figure pas dans le formalisme
graphique. Plus loin dans ce cours, nous présenterons les règles de passage du
Modèle Entité-Association vers le Modèle Relationnel. A cette occasion, les principes
de construction des identifiants d associations seront détaillés.

2.2.4 Les cardinalités

Produit Dépôt
Stocker
No Produit No Dépôt
Libellé Adresse
Prix Unitaire Capacité

Figure 16: Produits Stockés dans des Dépôts


Le Modèle présenté figure ci-dessus exprime que des Occurrences de l Entité
PRODUIT et de l entité DEPOT sont reliées (ou non) à des occurrences de
l association STOCKER.

Par exemple les deux schémas ci-dessous expriment :

le produit 23 est stocké dans le dépôt 56


le produit 36 n est pas stocké.

PRODUIT DEPOT

23 STOCKER 56
Bureau ZI Nantes
1200 1500

PRODUIT DEPOT

36 STOCKER

Chaise
560

Figure 17: Occurrences de Produits par rapport à l'action de Stocker

On peut exprimer ces situations différentes en valorisant les liaisons entre les
entités et les associations en terme d occurrences minimum et maximum. Ainsi, pour
Une occurrence d’entité on recherche combien d’occurrences de l’ association
avec une autre entité peuvent exister.

2.2.4.1 Définition

La cardinalité d une entité par rapport à une association s exprime par deux
nombres appelés cardinalité minimum et cardinalité maximum.

La cardinalité minimale peut être égale à 0 ou à 1. Si la cardinalité est égale


à 0, c est qu il existe au moins une occurrence de l entité qui ne participe pas aux
occurrences de l association. Si la cardinalité est égale à 1, chaque occurrence de
l entité participe aux occurrences de l association.

La cardinalité maximale. Elle exprime le nombre maximum de fois où une


occurrence de l entité participe aux occurrences de l association. On la note égale à n,
elle peut être fortuitement égale à 1.

Patte

Cardinalité Cardinalité
minimale maximale

Figure 18: Représentation graphique des cardinalités

Suite de l exemple précédent (stocker des produits dans des dépôts):

« Une entreprise gère des produits qui peuvent ne pas être stockés (articles
vendus uniquement sur commande) ou qui peuvent être stockés dans des dépôts
spécifiques (un produit ne se trouve que dans un seul dépôt) . Cette entreprise a des
dépôts qui contiennent au moins un produit, en général plusieurs »
Figure 19: Expression des Mini et Maxi par les cardinalités

un produit peut ne pas être stocké, c est à dire qu il peut exister une
occurrence de PRODUIT sans occurrence de STOCKER (cardinalité minimum
= 0)
lorsqu un PRODUIT est stocké, il ne peut être stocké que dans un seul
DEPOT, c est à dire que pour une occurrence de PRODUIT, il ne peut exister
qu une occurrence de STOCKER (cardinalité maximum = 1)
un DEPOT a en stock au moins un PRODUIT, c est à dire que pour une
occurrence de DEPOT, il existe au moins une occurrence de STOCKER
(cardinalité minimum = 1)
un DEPOT peut stocker plusieurs PRODUITS, c est à dire que pour une
occurrence de DEPOT, il peut exister plusieurs occurrences de STOCKER
(cardinalité maximum = n)

2.2.4.2 Représentation ensembliste des cardinalités

Tous à tous :

E1 E2
A
1,n 1,n

Tous à quelques uns :

E1 E2
A
1,n 0,n

Quelques uns à quelques uns :

E1 E2
A
0,n 0,n
Quelques uns à tous :

E1 E2
A
0,n 1,n

Un à tous :

E1 E2
A
1,1 1,n

Aucun ou un à tous :

E1 E2
A
0,1 1,n

Figure 20: Les cardinalités exprimées sous forme ensembliste

2.3 Sémantique des cardinalités minimales

Une cardinalité minimale égale à 1 lie l'existence d'une occurrence de l'entité à sa


participation à l'association. Elle n exprime pas ce qui peut se produire à un moment
donné, ou ce qui est susceptible de se produire dans l avenir. Toute notion liée à
l écoulement du temps doit être absente d un MCD.

Cl i ent
No Cl i ent Com m ande
Nom Adresse Passe
1,n 1,1 No Com m ande
Code postal
Com m une Date Com m ande
Figure 21: Entité « Client » liée à l association « Passe »

Sur le plan sémantique, cela signifie que pour une occurrence de « client » il
existe une occurrence de « passe ». Les clients ont vocation à passer des
commandes.

Une cardinalité minimale égale à 0 rend indépendante l'existence d'une


occurrence de l'entité de sa participation à l'association. Si pour une occurrence de
« client » on ne trouve aucune occurrence de « passe », cela signifie qu il existe des
clients qui ne passent pas de commande, et qu il s agit là d une règle de gestion !
Donc, il est nécessaire de revoir la sémantique de l entité pour préciser que ce ne sont
pas des clients, mais des clients/prospects.