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CE décembre 1999 « Société Aubettes »

Dans l'arrêt société aubettes, le président du conseil général de la Seine et Marne a conclu
avec la société Decaux un marché relatif à la location-maintenance d'abribus au sein des
décisions du 29 juil. 1991 et du 17 fév. 1992.
La société Aubettes se sentant lésée a décidé d'agir en justice. Cette dernière a demandé au
préfet de Seine et Marne de mettre en œuvre la procédure de déféré afin d’obtenir l’annulation
du marché. Le recours a été enregistré au greffe du tribunal administratif de Versailles le 28
oct. 1991.
Le préfet s’est finalement désisté de son déféré.
La soc Aubettes a alors saisi directement le tribunal administratif de Versailles le 23 nov.
1993 d’une demande tendant à l’annulation du marché conclu entre la soc Decaux et le
département de la Seine et Marne.

Le désistement d’un préfet concernant un déféré peut-il permettre la réouverture du délai du


recours contentieux ?

Le tribunal administratif a rendu un jugement en faveur de la soc Aubettes le 6 juin 1996 en


annulant les décisions du 29 juil.1991 et 17 fév.1992.

Un appel a été interjeté. La cour administrative d’appel a annulé le jugement rendu en


première instance sur le motif que la société disposait d’un délai de 2 mois pour exercer
directement un recours contentieux et que lorsque le préfet ainsi saisi défère puis, en cours
d’instance se désiste, la notification de l’ordonnance du jugement donnant acte de ce
désistement n’a pas pour effet de rouvrir au profit de l’administré auteur de la saisine du
préfet, le délai du recours contentieux.

Le C E a alors été saisi : estimant que la cour administrative d’appel n’a pas commis d’erreur
de droit, la requête de la société Aubettes a été rejetée.

En effet , a compter de la notification de la réponse du préfet à une demande tendant à ce qu’il


mette en œuvre la procédure de déféré préfectoral prévu par l’article 3 de la loi du 2 mars
1982, le demandeur dispose d’un délai de 2 mois pour exercer directement, s’il s’y croit
fondé, un recours contentieux et la circonstance que le préfet se désiste finalement de son
déféré ne peut rouvrir, au bénéfice du demandeur, le délai de recours contentieux dont il
disposait.
I/ le déféré prefectoral

A. le désistement préfectoral

Le désistement préfectoral prive l'administré de la possibilité de contester à son tour l'acte en


cause devant le tribunal administratif dans l'hypothèse où il a préféré solliciter le préfet plutôt
que de former directement un recours

B. la marge de manœuvre préfectorale

Le Conseil d'Etat a élaboré une jurisprudence particulièrement favorable au représentant de


l'Etat, en ce qu'elle lui reconnaît une compétence discrétionnaire en matière de déféré.
Cependant, certaines juridictions inférieures ont pu en juger différemment. Le tribunal
administratif de Lyon avait ainsi considéré que le déféré constituait une compétence liée à
laquelle s'ajoutait l'impossibilité, pour le préfet, de se désister en cours d'instance (TA Lyon, 6
février 1984, Syndicat des transports en commun de la région lyonnaise ; TA Lyon, 10 juillet
1984, Commune de Fons). De même, le tribunal administratif de Bastia avait estimé que
l'obstination de l'autorité préfectorale à s'abstenir de saisir la juridiction administrative de
décisions manifestement entachées d'illégalité constituait une négligence fautive susceptible
d'engager la responsabilité de l'Etat (TA Bastia, 3 juillet 1997, Commune de Saint-Florent).
Le Conseil d'Etat n'a toutefois pas suivi ces orientations, considérant que les carences de l'Etat
en matière de contrôle de légalité étaient de nature à n'engager sa responsabilité qu'en cas de
faute lourde (CE, 6 octobre 2000, Ministre de l'Intérieur c/ Commune de Saint-Florent)

II / le recours contentieux d’un administré

A. après un désistement préfectoral

pas possible de rouvrir le délai..

B. sans passer par le biais du déféré prefectoral