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Chapitre II LES EQUATIONS D'ECHANGE

II-1 DEFINITION DES COEFFICIENTS D'ECHANGE

II-1.1 Coefficients locaux particuliers et coefficient global d'échange

Considérons un échangeur tubulaire dans lequel on fait circuler deux fluides. Supposons, par exemple, que le fluide chaud circule à l'intérieur des tubes. En régime permanent, les débits massiques de fluides sont constants et la température en un point de l'appareil est constante.

Fluide θ f Fluide θ c x x+dx
Fluide
θ
f
Fluide
θ
c
x
x+dx

Définissons un élément de volume de l'appareil pris entre deux sections droites perpendiculaires aux tubes, situées à des distances x et x+dx de l'extrémité par laquelle entre le fluide chaud. Soient θ c et θ f les températures moyennes respectives des deux fluides dans cet élément de volume. Le transfert de chaleur met en jeu trois résistances :

- une résistance à la convection entre le fluide et la surface interne des tubes (1)

- une résistance à la conduction dans la paroi des tubes (2)

- une résistance à la convection entre la surface externe des tubes et le fluide (3)

Soient h i et h e les coefficients superficiels d'échange respectifs correspondant aux résistances (1) et (3) et dA i et dA e les surfaces correspondantes. Appelons λ t la conductivité thermique du matériau constituant les tubes.

Le flux de chaleur dQ échangé entre les deux fluides est tel que

dQ =

 

θ

c

θ

f

1

e

1

 

+

+

h dA

i

i

λ dA

t

m

 

h dA

e

e

- 21 -

(1)

dA m est la moyenne logarithmique des aires dA i et dA e . En fait, dans le calcul des échangeurs la résistance à la conduction dans la paroi des tubes n'est pas la résistance prépondérante. Aussi, il est d'usage et justifié d'assimiler la moyenne logarithmique à la moyenne arithmétique.

dA

=

dA

i

+ dA

e

m 2

NEWTON a proposé d'écrire

dQ = UdA θ ( − θ ) c f Que l'on peut écrire (
dQ = UdA θ
(
− θ
)
c
f
Que l'on peut écrire
(
θ
− θ
)
c
f
dQ =
1
UdA
1
1
e
1
donc
=
+
+
UdA
h dA
λ dA
h dA
i
i
t
m
e
e

(2)

(3)

(4)

h i est appelé le coefficient local interne particulier d'échange h e est appelé le coefficient local externe particulier d'échange

U est appelé le coefficient local global d'échange

Ces coefficients sont des coefficients locaux car leur valeur est susceptible de varier le long des tubes. Ils s'expriment en kcal/h m 2 °C Btu/hr ft 2 °F ou W/m 2 K.

Il s'agit de choisir pour dA une valeur de référence pratique, bien que l'échangeur calculé ne

dépende pas de ce choix. Il est d'usage de choisir comme aire de référence celle qui correspond à la

résistance thermique la plus grande. Nous avons donc trois possibilités :

dA

= dA

i

dA

= dA

e

dA

= dA

m

(5)

ce qui définit trois coefficients globaux d'échange tel que :

UdA = U dA = U dA = U dA i i e e m
UdA = U dA
= U
dA
= U
dA
i
i
e
e
m
m

(6)

Les trois coefficients n'ont de signification que par rapport à ces aires de références.

On a alors

Soit encore

rapport à ces aires de références. On a alors Soit encore 1 U i = 1

1

U

i

=

1

e

1

h

i

λ

t

dA

m

dA

i

h

e

dA

e

dA

i

+

+

encore 1 U i = 1 e 1 h i λ t dA m dA i

1

U

i

=

1

e

1

+

+

h

i

λ

t

D

e

+

D

i

2D

i

h

e

D

e

D

i

(7)

(8)

Ou D e et D i dont respectivement le diamètre extérieur et le diamètre intérieur des tubes.

- 22 -

De même

Et

De même Et 1 U e = 1 e 1 h i D i D e

1

U

e

=

1

e

1

h

i

D

i

D

e

λ

t

D

e

+

D

i

2D

e

h

e

+

+

Et 1 U e = 1 e 1 h i D i D e λ t

1

U

m

=

1

e

1

h

i

2D

i

D

e

+

D

i

λ

t

h

e

2D

e

D

e

+

D

i

+

+

(9)

(10)

Remarques:

- Dans le cas de surfaces planes parallèles et le cas des échangeurs à plaques, les surfaces de convection sont identiques et il n'existe donc qu'un seul coefficient global d'échange U tel que

1 1 e

U h i

λ t

1

h e

=

+

+

II-1.2 Coefficient d'encrassement

Très souvent, durant le fonctionnement d'un échangeur avec la plupart des liquides et parfois aussi des gaz, un film d'encrassement se dépose graduellement sur les surfaces d'échange. Ces dépôts ont pour effet d'ajouter au cours du temps des résistances thermiques supplémentaires au transfert, abaissant ainsi la performance de l'échangeur. C'est pourquoi un nettoyage périodique s'avère indispensable pour maintenir des performances correctes de l'appareil. La période dépend du type d'industrie et de la faculté des fluides mis en jeu dans l'échangeur à déposer plus ou moins rapidement sur les tubes ou les plaques. Ces dépôts sont éliminés soit par démontage et nettoyage, soit par traitement chimique Dans les industries chimique ou pétrolière, on calcule en général l'échangeur pour que son nettoyage n'intervienne que lors des grands arrêts de l'unité (souvent tous les cinq ans). Dans l'industrie agroalimentaire, on peut nettoyer tous les jours un échangeur. Le calcul de l'appareil sera donc effectué, en général, avec la valeur limite de l'épaisseur de ce dépôt. Bien que ces dépôts correspondent à une résistance au transfert conductif dans un solide, on l'exprime sous forme d'une résistance à la convection. On définit donc des coefficients d'encrassement (coefficient de dépôt) h di et h de , des facteurs d'encrassement 1/ h di et 1/ h de et des résistances limites d'encrassement :

1 R = di h dA di i 1 R = de h dA de
1
R
=
di
h
dA
di
i
1
R
=
de
h
dA
de
e

On peut alors écrire :

θ − θ c f dQ = 1 1 e 1 1 + + +
θ
θ
c
f
dQ =
1 1
e
1
1
+
+
+
+
h dA
h
dA
λ dA
h dA
h
dA
i
i
di
i
t
m
e
e
de
e

(11)

(12)

En appelant U s le coefficient global d'échange de l'échangeur encrassé, on obtient

- 23 -

1

1

1

e

1

1

 

=

+

+

+

+

U dA

s

h dA

i

i

h

di

dA

i

λ

t

dA

m

h dA

e

e

h

de

dA

e

(13)

On peut donc définir trois coefficients globaux d'échange pour l'échangeur encrassé suivant l'aire de référence :

1 1 1 e 1 1 = + + + + U h h D
1
1
1
e
1
1
=
+
+
+
+
U
h
h
D
+
D
D
D
si
i
di
e
i
e
e
λ
h
h
t
e
de
2D
D
D
i
i
i
1
1
1
e
1
1
=
+
+
+
+
U
D
D
D
+
D
h
se
i
i
e
i
h
h
λ
h de
e
i
di
t
D
D
2D
e
e
e
1
1
1
e
1
1
=
+
+
+
U
2D
2D
λ
+ 2D
2D
sm
i
i
t
e
e
h
h
h
h
i
di
e
de
D
+
D
D
+
D
D
+
D
D
+
D
e
i
e
i
e
i
e
i
1
1
1
1
=
+
U dA
UdA
h
dA
h
dA
s
di
i
de
e

On remarque que :

(14)

(15)

(16)

(17)

Des ordres de grandeurs des coefficients globaux d'échanges et des coefficients d'encrassement pour certains couples de fluides sont donnés dans les tableaux suivant.

ORDRE DE GRANDEUR DES COEFFICIENTS GLOBAUX D'ECHANGE U s

Fluide chaud

Fluide froid

U s (W/ m 2 °C)

Gaz Gaz Gaz Liquide visqueux Liquide peu visqueux Liquide visqueux Liquide visqueux Liquide peu visqueux Vapeur se condensant Vapeur se condensant Vapeur se condensant

Gaz Liquide visqueux Liquide peu visqueux Gaz Gaz Liquide visqueux Liquide peu visqueux Liquide peu visqueux Liquide visqueux Liquide peu visqueux Liquide en ébullition

10

- 50

20

- 50

20

- 80

20

- 50

20

- 80

100

- 200

100

- 300

700

- 1800

200

- 400

1000 - 2000

700

- 1500

- 24 -

COEFFICIENT D'ENCRASSEMENT h d

Fluide

h d (W/ m 2 °C)

Eau distillée Eau de mer Eau de ville Eau de rivière filtrée

10000

5000

- 10000

2500

- 5000

2500

- 5000

Eau de rivière non filtrée

1500

- 2500

Mazout

1000

Liquides organiques

5000

Saumure

5000

Air industriel Résidu de crackage

2500

500

II-2 NOMBRES SANS DIMENSION - ANALYSE DIMENSIONNELLE

Il existe trois types de méthodes permettant de déterminer les coefficients d'échange de chaleur par

convection :

- Les solutions mathématiques exactes ou approchées des équations de continuité, de quantité de mouvement et d'énergie thermique qui s'appliquent principalement à un écoulement en régime

laminaire

- Les analogies entre les transferts de chaleur et de quantité de mouvement

- L'analyse dimensionnelle du phénomène en appui d'expériences

L'analyse dimensionnelle contribue peu à la compréhension du phénomène, elle est inutile sans les expérimentations correspondantes, par contre elle permet de limiter le nombre d'expériences à faire et regroupe les données expérimentales sous forme de nombres adimensionnels plus pratiques à manipuler. Il existe différentes techniques pour déterminer les groupes adimensionnels :

- la méthode de BUCKINGHAM (Théorème de π BUCKINGHAM)

- la méthode de RAYLEIGH

- La méthode de réduction des équations différentielles de bilans lorsque les phénomènes peuvent

être traduit mathématiquement. Cette dernière méthode est celle qui conduit à des nombres adimensionnels qui ont une signification physique. Les deux autres nécessitent une compréhension

physique pour être mise en œuvre correctement.

Rappelons ici la nomenclature utilisée pour ce chapitre et les suivants :

D

Diamètre intérieur ou extérieur de la canalisation

v

vitesse moyenne du fluide

ρ

masse volumique du fluide

µ

viscosité dynamique du fluide

ν

viscosité cinématique du fluide

L

dimension caractéristique de la surface

g

accélération de la pesanteur

β

coefficient de dilatation volumique à pression constante

∆θ

différence entre deux températures (paroi et fluide)

- 25 -

L

LT -1

ML

-3

ML -1 T -1

L 2 T 1

L

LT -2

θ -1

θ

C

λ

h

U

W

α

p

chaleur spécifique du fluide conductivité thermique du fluide coefficient local d'échange coefficient global d'échange débit massique de fluide

diffusivité thermique

L 2 T -2 θ -1

MLT

MT

-3

-3

MT

MT

-1

-3 θ -1

-1

θ

θ

-1

L 2 T -1

Dans le cadre des transferts thermiques on est souvent conduit à utiliser les nombres adimensionnels suivant :

- le nombre de REYNOLDS

Dvρ

Re =

µ

qui mesure le rapport des forces d'inertie aux forces de viscosité pour la convection forcée

- le nombre de GRASHOF

L ρ gββ∆

2

3

2

Gr =

µ

qui caractérise le mouvement du fluide provoqué par les variations de température pour la

convection naturelle et joue un rôle analogue au nombre de Reynolds

- le nombre de PRANDTL

C

p

µ

Pr =

que l'on peut écrire encore

Pr =

λ

C ρ

  µ

  

p

 

=

λ

ρ

ν

α

et qui est le rapport de deux diffusivités (quantité

de mouvement et thermique). Pour les gaz, Pr est inférieur à 1 et ne varie pas avec la température, pour les liquides usuels, Pr est supérieur à 1. Pour les métaux liquides, Pr est très petit. Dvρv

- le nombre de PECLET

que l'on peut considérer comme le rapport du flux d'énergie thermique transporté par degré par le

fluide en mouvement au flux d'énergie thermique transféré par conduction.

- le nombre de NUSSELT

qui représente le rapport du flux de chaleur globalement transféré au flux de chaleur transféré par

conduction et que l'on peut interpréter aussi comme le rapport du diamètre du tube à l'épaisseur du film de fluide dans lequel se trouverait concentré le gradient de température

- le nombre de STANTON

Pe =

p

λ

= hD

λ

= Re Pr

Nu

Nu

=

h

St =

Re Pr

C vρ

p

qui mesure le flux de chaleur globalement transféré dans le fluide au flux de chaleur transporté par le fluide en mouvement.

Notons que tout produit ou rapport de nombre sans dimension est un nombre sans dimension, la plupart de ces nombres ont un équivalent lorsqu'on s'intéresse au transfert de matière et qu'il existe également des nombres sans dimension résultant du rapport de deux nombres sans dimension équivalent pour le transfert de chaleur et le transfert de matière.

Exemple d'application au transfert de chaleur en convection forcée à l'intérieur d'un tube :

- 26 -

Considérons un fluide s'écoulant à l'intérieur d'une canalisation de diamètre D et de longueur L. Le coefficient d'échange de chaleur à la surface tube h est une fonction

- des propriétés physiques du fluide ρ, µ, C p , λ

- de sa vitesse moyenne v

- des caractéristiques de la canalisation D, L

On peut donc écrire

h = f(ρ, µ, C p , λ, v, D, L)

(18)

Bien sûr, si l'on oublie des propriétés physiques ayant une influence sur le coefficient ou d'autres paramètres, le résultat de l'analyse dimensionnelle sera faux.

RAYLEIGH admet que la fonction peut se développer en série de la forme :

h

=

 

α i

β i

C

γ

i

λ

δ

i

ε

i

D

ν

i

σ

L

i

a ρ

i

µ

p

 

v

 

i

= 1

Chaque terme de la série a la dimension de h, soit :

[ MT

[

LT

1

3

θ

]

ε

i

1

]

[

L

= [

ML

]

ν

i

[

L

]

σ

i

3

]

α

i

[

ML T

1

1

]

β i

[

2

L T

2

θ

1

]

γ i

[

MLT

3

θ

1

 

(19)

]

δ

i

(20)

Cette équation aux dimensions doit être vérifiée pour chacune des unités fondamentales, soit :

[

M

L

T

[

[

[

θ

]

]

]

]

:1

: 0

:

=

α

i

+

= −

3

β

γ

i

i

= −

1

= −

i

:

β

+

- 2γ

δ

i

β

i

i

δ

i

+

i

i

i

+

δ

i

ε

i

+

ε

i

+

ν

i

+

σ

i

(21)

7 inconnues et 4 équations, on peut donc calculer 3 variables par rapport aux autres

par suite

ou

β

i

=

γ

i

α

i

δ

i

=

1

γ

i

ε

i

=

α

i

ν

i

=

α

i

σ

i

1

 

µ

γ

i

L

D

σ

i

h

=

i

=

1

a

i

λ Dvρ

D

µ

α i   C

 

p

λ

   

hD

Dvρ

= g

 

C µ

p

L

λ

µ

,

λ

,

D

(22)

(23)

(24)

Suivant le choix des variables, nous aurions pu obtenir d'autres nombres sans dimension avec éventuellement aucune signification physique.

Plus simplement on aurait pu dire qu'il existe h fonction de 7 variables (au total 8) avec 4 unités fondamentales. Il existe donc une relation entre 4 (8-4) nombres sans dimension représentant le phénomène. L'analyse dimensionnelle ne prédit pas le type de relation que l'on va trouver.

- 27 -

En étudiant un nombre adimensionnel par rapport aux trois autres, on cherche ensuite une "bonne" relation traduisant les résultats expérimentaux dans une plage donnée de variations des nombres sans dimension.

Pour

10 4 < Re < 12.10 4 0,6 < Pr < 120 L/D > 60

Mc ADAMS effectuant une synthèse de nombreux résultats expérimentaux, a trouvé que la relation

hD

Dvρ

µ

= 0,023

0,8

C

p

µ

0.4

λ

λ

(25)

rendait compte des résultats avec une précision de l'ordre de 10%

II-3 DETERMINATION DE L'AIRE D'ECHANGE - UTILISATION DE LA DIFFERENCE DE TEMPERATURE MOYENNE LOGARITHMIQUE DANS LES ECHANGEURS TUBULAIRES

Considérons un fluide chaud et un fluide froid s'écoulant dans un échangeur tubulaire. En régime permanent, les températures des deux fluides sont fixes en un point mais varient tout au long de l'échangeur.

L'allure des profils de températures est représenté sur les figures suivantes. Par convention nous noterons 1 les températures des fluides à l'extrémité par laquelle entre le fluide chaud et 2 les températures des fluides à l'autre extrémité.

θ c1

θ c2

f2

θ

θ f1

θ

températures des fluides à l'autre extrémité. θ c1 θ c2 f2 θ θ f1 θ -

- 28 -

θ c1

θ f1

θ

c2

θ f2

θ

températures des fluides à l'autre extrémité. θ c1 θ c2 f2 θ θ f1 θ -

On constate que, dans les échangeurs à co-courant, la température la plus basse du fluide chaud dans l'appareil est nécessairement supérieure à la température la plus élevée du fluide froid.Par contre, dans les échangeurs à contre-courant, la température de sortie du fluide chaud peut être inférieur à la température de sortie du fluide froid.

Le fonctionnement à contre-courant est donc plus efficace que celui à co-courant.

Dans le cas des échangeurs multipasses, le fontionnement est moitié à co-courant, moitié à contre courant et les profils de températures sont plus complexes.

θ c1 θ f1

θ c1

θ c1 θ f1

θ f1

θ c1 θ f1
θ c1 θ f1
θ c1 θ f1
θ c1 θ f1
θ c1 θ f1

θ c2

θ f2

co-courant

- 29 -

θ c1

θ f1 θ f2
θ f1 θ f2
θ f1 θ f2
θ f1 θ f2

θ f1

θ f1 θ f2
θ f1 θ f2
θ f1 θ f2
θ f1 θ f2
θ f1 θ f2
θ f1 θ f2

θ f2

θ c2

contre-courant

II-3.1 Echangeurs à une seule passe Nous traiterons dans ce cours uniquement les appareils à
II-3.1 Echangeurs à une seule passe Nous traiterons dans ce cours uniquement les appareils à

II-3.1 Echangeurs à une seule passe

Nous traiterons dans ce cours uniquement les appareils à contre courant. Les appareils à co-courant se traitent de manière similaire et nous n'en donnerons que les résultats.

Fluide chaud

WcCc

θ f2 Fluide froid WfCf θ f θ f +d θ f θ θ θ
θ f2
Fluide froid
WfCf
θ
f
θ f +d θ f
θ
θ
θ c +d θ c
θ
c1
c
c2
θ
f1

- 30 -

Considérons un échangeur tubulaire et supposons que le fluide chaud circule à l'intérieur des tubes. Soient Wc son débit massique et Cc sa chaleur spécifique. Appelons Wf et Cf respectivement le débit et la chaleur spécifique du fluide froid. Nous supposerons que les chaleurs spécifiques sont constantes dans l'échangeur. Considérons un élément de volume de cet échangeur limité par deux sections droites situées respectivement à x et x+dx de l'entrée du fluide chaud (l'extrémité 1). Soit dQ le flux de chaleur échangé entre les deux fluides à travers la surface dA On peut écrire

dQ

= UdA(θ

c

θ

f

)

=

UdA(∆θ)

Le problème à résoudre pour obtenir l'aire d'échange de l'appareil est l'intégration de cette équation en remarquant que ∆θ et le coefficient global d'échange U varie avec x (U dépend des coefficients locaux d'échange eux-même fonction des températures par l'intermédiaire des propriétés physiques.

Le flux de chaleur dQ est cédé par le fluide chaud :

dQ = −W C dθ

c

c

c

Il est gagné par le fluide froid

dQ = −W C dθ

f

f

f

Soit en combinant les deux équations

Posons

dQ = −

 

(

d ∆θ

)

 

1

1

 

W C

c

c

W C

f

f

Ψ =

1

W C

c

c

1

W C

f

f

 
On en déduit d ∆θ ( ) dQ = − Ψ
On en déduit
d ∆θ
(
)
dQ = −
Ψ

En combinant les équations on obtient

(

d ∆θ

)

∆θ

= ΨUdA

- 31 -

(26)

(27)

(28)

(29)

(30)

(31)

1er cas U constant le long de l'appareil

Considérons que le coefficient global d'échange ne varie pas avec la distance (U Constant)

Les équations s'intègrent entre les extrémités 1 et 2 de l'échangeur

2 ( ) 2 d ∆θ − ∫ = ΨU dA ∫ 1 ∆θ 1
2
(
)
2
d ∆θ
− ∫
= ΨU dA
1 ∆θ
1
2
2
d∆∆
dQ
= −
Ψ
1
1

2

2

dQ

= W C

c

c

c

1

1

2

2

1

dQ

W C

= f

f

1

f

∆θ 1 Soit Ln = ΨUA ∆θ 2 ( ∆θ − ∆θ ) 1 2
∆θ
1
Soit
Ln
= ΨUA
∆θ
2
(
∆θ
∆θ
)
1
2
Q =
=
W C
θ
)
=
W C
θ
)
c
c
c1
c2
f
f
f1
f2
Ψ
(
∆θ
∆θ
)
1
2
Q
=
UA
D'ou
∆θ
1
Ln
∆θ
2
Ou A est l'aire d'échange
∆θ
θ
1 θ
= c1
f1
∆θ
θ
2 θ
= c2
f2

L'équation 38 peut encore s'écrire :

Q = UA∆A ml
Q = UA∆A
ml

Bien sûr la moyenne logarithmique est symétrique

Q

∆θ

∆θ

∆θ

2 ∆θ

1

= UA

(

∆θ

1

∆θ

2

)

= UA

(

∆θ

2

∆θ

1

)

Ln

1 Ln

2

- 32 -

(32)

(33)

(34)

(35

(36)

(37)

(38)

(39)

(40)

(41)

Si ∆θ 1 =∆θ 2 on peut démontrer que Q = UA∆A 1 θ f2
Si ∆θ 1 =∆θ 2 on peut démontrer que
Q = UA∆A
1
θ f2
Fluide froid
WfCf
θ
f
θ f +d θ f
Fluide chaud
θ
θ
c1
θ c +d θ c
θ
c
c2
WcCc
θ
f1
Pour un co-courant la démonstration conduit à
Q
=
W C
θ
)
=
W C
θ
)
c
c
c1
c2
f
f
f2
f1

et

Q = UA∆A ml
Q = UA∆A
ml

(42)

(43)

(44)

Exemple : 10 T/h d’huile s’écoulant dans un tube est refroidie de 100 à 40 °C par de l’eau liquide passant de 20 à 40 °C. Le coefficient global d’échange Us est égal à 300 W/m 2 K

Fluide

 

Eau

Huile

 

Masse volumique (kg/m 3 )

992

902

Chaleur Spécifique (J/kg °C)

4185

1520

Calculer l’aire d’échange nécessaire à contre courant et co courant.

 

Q=WCp∆θ soit Q=10000/3600*1520*(100-40) = 253333W

A

contre courant

 
 

∆θ

2

∆θ

1

soit

 

Q

=

U A

 

Ln

∆θ

∆θ

2

1

- 33 -

∆θ = 36.41 C ° ml =  40 − 20  Ln  
∆θ
=
36.41 C
°
ml =
40
− 20 
Ln 
100
− 40
A=23,2 m 2
A co courant
∆θ
=
0 C
°
ml =
Ln 
100
− 20
Il nous faudrait donc une aire d'échange infinie, ce qui montre bien que le co courant est moins
efficace que le contre courant

(

40

20

)

(

100

40

)

(

40

40

)

(

100

20

)

40

40

 40 − 40 

2ème cas U varie le long de l'appareil

Les coefficients locaux d'échange h i et h e dépendent des propriétés physiques des fluides et sont donc fonction de leurs températures. En intégrant les équations 26 et 27 entre l'extrémité 1 de l'appareil et une abscisse variable on peut déduire la relation entre θ c et θ f en chacun des points de l'appareil. On peut également déterminer le coefficient global d'échange de l'appareil U en fonction de ∆θ = (θ c - θ f ). On peut diviser cette courbe en segments que l'on assimilera à des droites

U i+1 i U i ∆θ ∆θ i+
U i+1
i
U i
∆θ
∆θ i+

Soit U=U ci (1+n i ∆θ ) l'équation de la droite sur le segment i

L'équation s'écrit donc

(

d ∆θ

∆θ

)

− =

ΨU

ci

(1

+ n ∆θ)dA

i

Qui intégrée entre les extrémités i et i+1 s'écrit

∆θ (1 + n ∆θ ) i i i + 1 Ln = ΨU A
∆θ (1
+
n ∆θ
)
i
i
i
+ 1
Ln
= ΨU A
ci
i
∆θ
(1
+
n
∆θ )
i
+
1
i
+
1
i

- 34 -

(45)

(46)

Ou A i est l'aire du tronçon i de l'échangeur. En éliminant Ψ entre les équations, il vient

Q

 

=

U

 

A

(

∆θ

i ∆θ

i

+

1

)

 

i

ci

i

Ln

∆θ (1

i

+

n ∆θ

i

i

+

1

)

 

∆θ

i

+

1

(1

+

n

i

+

1

∆θ )

i

U

ci

(

∆θ

i

∆θ

i

+

1

)

=

U

i

+

1

∆θ

U ∆θ

i

i

+

1

 

i

Q

 

=

A

(

U

i

+

1

∆θ

i

U ∆θ

i

i

+

1

)

i

i

Ln

∆θ U

i

i

+

1

 

∆θ

i

+

1

U

i

En remarquant que

On en déduit que

(47)

(48)

(49)

Il suffit donc de calculer la surface pour chaque tronçon et d'ajouter les surfaces correspondantes.

Remarques : si l'on considère un seul segment sur tout le domaine, on obtient

Q

=

A

i

 

∆θ U

∆θ U

1

2

(

U ∆θ

1

2

U ∆θ

2

1

)

Ln

2

1

Ce qui est la plupart du temps suffisant

(50)

Exemple : 10 T/h d’huile s’écoulant dans un tube est refroidie de 100 à 40 °C par de l’eau liquide s’écoulant à contre courant dans l’espace annulaire d’un échangeur double tube et passant de 20 à 40 °C. Le coefficient global d’échange Us varie avec la différence de température entre l’huile et l’eau comme suit :

Différence de température(°C)

20

30

40

50

60

 

Us (W/m 2 K)

223

256

289

322

355

Fluide

Eau

Huile

 

Masse volumique (kg/m 3 )

992

902

Chaleur Spécifique (J/kg °C)

4185

1520

Calculer l’aire d’échange nécessaire.

 
 

- 35 -

Q=WCp∆θ soit Q=10000/3600*1520*(100-40) = 253333W

380 360 340 320 300 280 260 240 220 200 20 25 30 35 40
380
360
340
320
300
280
260
240
220
200
20
25
30
35
40
45
50
55
60
Coefficient d'échange

Différence de température

La courbe U=f(θ c -θ f ) est une droite. Nous pouvons donc calculer l’aire d’échange :

Q

U

1 ∆θ

Ln   355 * 20

Ln

 

 

2

 

 


 

223 * 60

U

2 ∆θ

1

A=25,56 m 2

= A

U

1

∆θ

2

U

2

∆θ

1

soit 253333

= A

355 * 20

223 * 60

Les équations d'échanges sont valables également dans le cas ou l'un des fluides change d'état si toutefois ce changement se passe à température constante (condensation d'une vapeur pure saturée par exemple)

- 36 -

II-3.2 Echangeurs multipasses

Dans ce cas, le problème est plus complexe. Les auteurs ont cherché des solutions analytiques représentant le flux échangé. Ils ont exprimé le flux sous la forme :

Q = U AY ∆θ

ml

ou ∆θ ml représente la différence de température à contre courant et Y est un coefficient correctif qui est inférieur à 1. Notons que dans la conception des échangeurs on fera en sorte que ce coefficient correctif soit supérieur à 0,8 pour garantir que la surface d'échange utilisée le soit avec une bonne efficacité. Examinons le cas d'un appareil 1-2, soit avec une passe côté calandre et 2 passes côté tubes

θ θ A2 B1 θ AII θ AII + dθ AII θ B θ B
θ
θ
A2
B1
θ AII
θ AII + dθ AII
θ B
θ B + dθ B
θ AI
θ AI + dθ AI
dA
θ
θ
A1
B2

Soit W A , Cp A , W B , Cp B les débits massiques et les capacités calorifiques des courants A et B respectivement. On supposera que :

-Le régime est permanent -Les chaleurs spécifiques et le coefficient global d'échange sont constant -Les températures sont uniformes sur une section droite de l'écoulement.

Effectuons les bilans thermiques entre les plans a et b, globalement, sur la surface dA.

Entre a et b : Entrée - Sortie = 0

W

A

Cp

A

AI

θ

AII

)

+

W Cp

B

B

B

θ

B2

)

=

0

W

B

Cp

B

B

θ

B2

)

=

W Cp

A

A

AII

θ

AI

)

 

Posons

W Cp A A R = W B Cp B
W
Cp
A
A
R =
W
B Cp
B

- 37 -

(51)

(52)

(53)

On obtient

(θ − θ ) = R(θ − θ ) B B2 AII AI
θ
)
=
R(θ
θ
)
B
B2
AII
AI

(54)

Sur l'aire dA on écrit un bilan sur le fluide AI, un sur le fluide AII et un sur le fluide B

W

 

Cp dθ

A

AI

=

U

dA

 

A

2

B

θ

AI

)

W

A

Cp

A

AII

=

U

dA

2

AII

θ

B

)

 

W

 

Cp dθ

B

U

dA

B

θ

AI

)

+

U

dA

 

θ

 

)

=

 

 

B

B

2

 

2

B

AII

d α =

 

U

 

dA

 

W

A

Cp

A

AI

=

1

θ

 

 

2

B

AI

)

AII

= −

1

 

θ

 

)

 

2

B

AII

1

B

= −

θ

1

 

+ θ

)

 

R

B

2

AI

AII

Posons

On obtient donc :

et

(55)

(56)

(57)

(58)

(59)

(60)

(61)

En différentiant cette dernière expression et en remplaçant les dθ A à l'aide des équations précédentes on obtient :

1

d

2

θ

B

= −

B

+

1

 

θ

 

)

R

2

R

AII

AI

En utilisant la première équation, il vient :

d

2

θ

B

+

R

B

B

θ

B2

)

= 0

2

 

4

Posons

θ θ − B B2 Θ = θ θ − B1 B2
θ θ
B
B2
Θ =
θ θ
B1
B2

- 38 -

(62)

(63)

(64)

Il vient donc l'équation avec les deux conditions aux limites suivantes :

α =

0

Θ =

1

 

UA

 

W

A

Cp

A

= 0

d

2

Θ

d Θ

Θ

  

d

α

2

+ R

d

α 4

α =

= α

T Θ = 0

La solution générale de cette équation est

Θ =

ue

r1

α

+

ve

r2

α

r1 et r2 étant solution de

 

r

2 +

Rr

1

= 0

 

4

Soit

r1 =

2 − R + R + 1
2
R
+
R
+
1

r2 =

2 − R − R + 1
2
R
R
+
1
 
 

2

2

Les deux conditions aux limites donnent

 
 

α =

0

u

+

v

=

1

2 UA R + 1
2
UA
R
+ 1

α = α

T

Θ =

0

u

v

=

e

e

r2 α

r1 α

T

T

= e

W

A

Cp

A

D'où l'on pourrait tirer u et v

L'équation 61 pour α=0 s'écrit

1

d

θ

B

= −

θ

1

(

θ

+ θ

)

=

0

R

d

α

B1

2

 

A1

A2

 

Soit en remplaçant dθ B par sa valeur :

θ

 

R

θ

B2

+

  B1

1 (θ
2

θ A1

θ

A2

)

 

=

ur1

+

vr2

B1

   

θ

 

1

θ

A1

+

  B1

1 (θ
2

θ A1

θ

A2

)

=

ur1

+

vr2

A2

   

1 θ

θ A2

B1

+

θ A1

θ

B1

=

ur1

+

vr2

2 θ

θ A2

A1

θ A2

θ

A1

 

- 39 -

(65)

(66)

(67)

(68)

(69)

(70)

(71)

(72)

Posons

− θ θ A2 A1 E = − θ θ B1 A1 1 1 1
− θ
θ A2
A1
E =
− θ
θ B1
A1
1
1
1 
 −
+
1 −
2
 
E E
 

=

ur1

+

vr2

soit

1

+

1

=

ur1

+

vr2

 

E

2

(73)

(74)

Que l'on peut multiplier par u+v qui est égal à 1 pour obtenir :

u(2r1E E + 2)+ v(2r2E E + 2)= 0

u

=

r2

e

α

T

=

UA 2 R + 1
UA
2
R
+
1

W

A

Cp

A

=

2

(

E 1

2r2

)

v

e

r1

α

T

 

e

2

E(1

2r1)

 

UA

 

=

1

Ln

2

E

R

+

1

2 R + 1
2
R
+
1

W Cp

A

A

2 R + 1
2
R
+
1

2

E

R

+

1

+

2 R + 1
2
R
+
1

(75)

(76)

(77)

On peut écrire le flux de chaleur quel que soit le fluide chaud :

écrire le flux de chaleur quel que soit le fluide chaud : Q = UAY (

Q

=

UAY

(

θ

B1

θ

A2

)

(

θ

B2

θ

A1

)

Ln

(

θ

B1

θ

A2

)

(

θ

B2

θ

A1

)

=

W Cp

A

A

(

θ

A2

θ

A1

)

θ A2 ) ( θ B2 − θ A1 ) = W Cp A A (

UA

W Cp

A